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Full text of "Observations chirvrgiqves"

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I 


UNIVERSITYOF 
TORONTO  LIBRARY 

The 
JasonA.Hannah 

Collection 

in  the  History 

of  Médical 

and  Related 

Sciences 


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C^ 


OBSERVATIONS 

CHIRVRGiaVES 

V  E 

GVILLAVME    FABRI 

"DE    HILDEN 
MEDECIN    ET     CHIRV-RGIEN 

Tres-renommé  de  S.A.  George    Fp^ideric, 

Marquis  dcBADEN&DovRLACH,&dela 

Republique  &:  Canton  de  B  e  r  n  e. 

tirées  de 

SES    CENTVRIES.   EPITRES;   TRAITES 

de  la  Vyfenterie ,  Gangrené ,  Brûlures ,  &  autres  œuvres. 

Traduites  de  Latin  en  François ,  (^  réduites  en  ordre  far  vu  ÎZ>.  Médecin» 

Aufquclles  on  a  ajoute  vn  Traitté  de  la  gangrené  mis  en  lumière  du  viuanc 

de  l'Auiheur. 

Anec  les  Indices  des  Chapitres  ,    Matières  ^  Tl£itres. 
Ouvrage  nouveau  &  ncccfTairc  à  ceux  qui  veulent  ioindrc  l'expérience  à  b  TJi»"'-- 


Pour  Pierre  Choucc 

tJH.    D  C.    LX  I  X. 
Aucc  Pxiuilcgc  de  Sa  Maicftc  Tres-Chrcfticanc. 


Digitized  by  thé  Internet  Archive 

in  2010  with  funding  from 

University  of  Ottawa 


http://www.archive.org/details/observationschirOOfabr 


UI  M  P  RI  M  E  V  R 

oAu  Lecteur  3 

E  trauail  faifant  vue  partie  d*yn  plus 
grand  ouurage^  qui  a  pour  titre  Méde- 
cine   Efpicàce  Ôc    Operative 
&:c.  contient  ce  que  les  modernes  ont 
âporté  d'éclairciflement  à  la  Proiefrion3 
le  ne  m'étcndray  pas  beaucoup  fur  cette  Tradudtion  y 
liTuffit  d'aducrtir  que  celui  qui  fa  entrepris,  s'eft  con- 
tenté de  donner  au  Public  les  Observations  Chirvr.- 
GiQVES  de  cet  autheur  ayant  iugé  qu'il  efloit  fuperflu 
de  prendre  cette  pêne  en  toutes  fes  œuvres,  qui  font 
mêlées  &C  contiennent  beaucoup  de  chofes  purement 
Medecinales  &:  hors  de  la  profeflion  du  Chirurgien: 
Son  but  à  efté  d'enrichir rArt&  le  rendre  parfait  en 
vne  chofè  en  laquelle  il  (êmbloit  défediueux  y  afcauoir 
en Hiftoires ôc  Obferuations particulières,  qui  néan- 
moins font  de  grande  efficace  pourfortifier  TExperien- 
ce,quieftvnedes  ïambes  fur lefquelles  marche  cette 
Profeffion  :    On  en  trouve  véritablement  quelques 
vncs  qui  font  éparfes  dans  les  œuvres  de  ceux  qui  ont 

'    f  * 


écrit  en  Chirurgie  >  mais  il  n'eft  venu  aucun  Autheur  à 
maconoilîancequi  en  ait  donné  vn  volume  entier  en 
nôtre  langue.    Il  a  fait  choix  particulièrement  de  celui 
ci,  comme  du  plus  Expérimente,  du  plus  ludicieux^du 
plus  Sincère  &C  m.oins  Referué  qui  ait  écrit  en  ce  ficelé: 
ayant  donc  quelque  ordre  à  ces  ObferuationsrSi  quel- 
ques vns  trouvent  à  redire  à  la  politefTc  du  langage^qui 
ne  s'y  trouuera  pas ,  ils  doiuent  c  oniidercr  que  le  prin- 
cipal s'y  rencontre,  afçauoir  la  fidélité  delà  tradudion, 
ôcquiln'a  fait  aucune  violence  à  T  Autheur,  comme 
cela  eft  familier  à  ceux  qui  s'attachentpar  trop  au  choix 
des  mots  :  mais  principalement  que  ce  défaut  eft  re- 
compencé  par  la  multitude  des  belles  chofes  &C  curieu- 
(cs  qui  y  font,  &C  que  cette  matière  eft  de  telle  nature, 
quelle n'eft pas  capable  de  beaucoup  d*ornement:à 
mon  égard ,  i'ay  cru  que  la  réputation  de  cet  Autheur 
étant  allé  il lcin,auec  l'approbation  de  tous  les  Doâies, 
ie  f:eroisfaueur  aux  Chirurgiens  François  en  leur  pro- 
curant cet  ouurage,  &  qu'ils  le  receuront  en  bonne 
part^aufli  bien  que  les  iVllemands  qui  l'ont  voulu  aiioir 
en  leur  langue:  I'ay  û  foin  de  le  rendre  parfait  par  l'ad- 
ionftion  des  Figures  Sc  Tables  necelfairesiSi  mon  def- 
fein  eft  bien  refiu,  comme  ie  refpcrc ,  ie  trauailleray  â 
bailler  des  oeuvres  de  cette  nature,  defquelles  lesvnes 
font  fous  ia  preiTc,  &  les  autres  fous  la  plume  du  Tra- 
ducteur.     A  Dieu. 


Table  des  observations 

LIVRE  PREMIER 

DES 
TVMEVRS  CONTRE  NATVRE- 

'VlSf  Abfcés  derrière  les  oreilles,  ou  parotide.  pag,    i . 

U'ôngr.inà^  Abfcés  entre  la  plcnre  &  les  côtes  p.  i. 

'D'vn  abfcés  au  carpe,  p  ^^ 

D'va  Abfcés  en  Ihypochoridre  gauche  auec  vlceratîoi  dn 

V.  D'vn  Abfcés  des  mufcles  de  /'  Abdomen  omiert  en  dedans  p,  2 . 

V  I.  B'^dn  Vlcere  aux  T^eins  auec  vn  grand  Abfcés  entre  le  péritoine  &  les  mufcles 
outiert  en  dehors,  p  , 

VII.  D^vn  Abfés  fjiu  le  rnufclepfoas.  paa.  6, 

VIII.  D'vnfembl-ble  Abfcés  pL   -^ 
I  X.  Ty'vn  abfcés  au  boyau  colon  après  vne  colique.  p_  q, 

X.  D'vn  dangereux  abfcés  prés  le  fondement  y  après  vne  faignèe  faite  mal  à  propos  y 
paç.  9, 

X  I.  D^vn  abfcés  rompu  en  la  vcjfiey  duquel  font  frtls  des  vers  auec  l'vrine.  p.  ir. 

X  I  I.   D'vne  inflammatlin  au  viJa^C'  p^  ^^ 

XIH.  l^'vne  inflaîmnation  auec  autres  accidensprouenus  d'vn  ciron.         p.  n 

X I  V-   Du  Panaris.  '         p[  ,^ / 
X  V".  Du  danger  i^u' apportent  les  Repercufifs  appliqués  mal  à  propos.  p  14. 

XVI-  D'vne  inflammation  au  Foye  après  ^application  de  médicaments  chauds 
fur  l  orifice  de  l'ejîomach. 

XVII-  D'vne  Paraphymofe  c'/  Inflammation  au  bout  de  la  '■ôeroe. 
X  V  1 1 1    Cure  de  la  Ph'mofe  &  Paraphîmofe  verolique. 
XIX.  Delà  Taraphimofe  des  erf.ints. 
X  X.  D'vne  dxnoereufe  infiamm.ition  en  la  plante  du  pié. 

XXI.  Ty^'ie  Dartre  corro fine  après  vne  'egere  brûlure, 

XXII.  D'vne  Snfypele  conuertie  en  Gangrené  pour  y  aaoir  fms  de  Phuyle  '  p  i\. 

îî'     " 


p.iS. 

P-  iT» 
pa(r^.  i<. 

p.  20. 

p.u. 

^i4. 


Table  des  Obfcruations, 

XXIII.  D'vn  Hydrocéphale  monftruenx.  pét^.  ij. 

XXW.  D'vn  Hydrocéphale  artificiel.  p.  2^. 

XXV.    D'vri  Hydrocéphale  rnoT.^rueitw  p.  z8. 

X  X  V  l.  Des  Efcri'uelles  au  col  deprodifùeufe  oroffenr.  p.  30. 

XXVII.  Delà  Cure  des  écrouelles  es  enfants.  p.  31, 

X  X  V  1 1  I.  D'vneTiimeuy  œdcmateiife  an  genoùil.  p.  ?5. 

X X  I  X.  Du  Schirre  dr  de  fa  cure.  p.^i,, 

XXX.  Que  les  tumeurs  Chancreu/ès  "tiennent  plus  manuaifes  par  Y'^^fage  des 
me d' carne  ts emoUients.  P'y^- 

XXXI.  Du  ■'  har.cre  é"  de  la  maUgnîté  de  t  Arfenic.  ■  f  •  40« 

XXXII.  D  \^n  Chancre  en  la  langue.  p.  4Z. 

XXXIII.  V'^V'i  Chancre  de  viammelle  auec  vrieturneuY  au  bras.  P"^S- 

XXXIV.  De  la  Cure  du  Chincre  occulte.  ^  /'•55* 

XXXV.  De  la  Cure  d'vn  Schirre  au  carpe.  p.  yx. 

XXXVI.  D'vn  fchirre  aup  es  de  l'oreille.  f .  73. 
X  XXVII.  D'v'i  fchirre  en  la  matrice  ^ul  empêchoit  l'kcouchement.  p-7h 
XXXVIII.  D'vnfchirreijtù  entourât  l'orifice  interne  de  la  matrice.  p-lh- 
XXXiX.  D'vnfchirre  dans  lecol  de  la  matrice  au  deuant  dePonfce  interne.p.j^. 
XL.  De  la  Luette  endurcie  en  fungusfchirreu.x.  /'•74' 
X  LI.  D'vne tumeur fchlrreiffe  verslaracine  de  la  luette.  p.  7). 
X  L 1 1.  Des  tumeurs  refjemblantes  aufchirre  p.  75. 
X  L  H 1.  Des  Fungus.  p.  y6. 
X  L  I  V.  Des  Fu'igus  tant  charnus  quofsées  ^ui  naijfent  en  diuerfe s  parties  du 

corps.    ^  pagjj. 

X  L  V.  D''-cne  tumeur  monfirueufe  de  rcmentum.  p.  84. 

X  L  V  I.   D  '•jne  c/a-'ide  tumeur  fous  le  nombril.  /^-  84. 

X  L  V  I  i .    D  "^i'.e  tumeur  au  prépuce  &  membre  viril.  p.  %j. 

X  LV  i  I  I    Cti^e diffie tumeur augeioiitl.  p  85. 

X  L  1  X    D'vnfea'orne  en  la  iambe.  P-  87« 

L.  D  V  le  verrue  au  pouce.  p,  S8. 

L  '•  .D  vne  verrue  au  pouce.  p.  88é 

LU.   D  vne  Ecihytnofeés  par iies génitales  auec  tumeur  du  fcrotum  &  des  geni- 

toires.  p.  85. 

L  1 1     D'vn  comme'icement  de  fchirre  en  la  mammelle.  p.  90. 

L  1 1  î.  De  la  Cure  des  boutons  ^  taches  <jue  les  enfant  alertent  du  ventre  de  U 

rnere.  f-?!* 

L  1  V.  Indices  ou  examen  delà  Lèpre.  f-95. 

LVD  vn  Aneurifne  au  cvl.  p.  95. 

LV  1.  D'vn  Aneitrifme en  la  poitrine.  P-95- 

LV  II.  Cuerifon  mractil^tifedv;:  aneurfme  après  l'ouuerture  d'vn  artère,  p.c)^. 
L  V  i  n.  Traité  de  l'aneurifîne par  Michil  Doringius  Aiedecin  à  PreJÎAU.  p,  97. 

55).  D'vne 


Table  des  Obferuations 

LlX.     B'vne  enterocele.  /?.«04. 

L  X.      D'vne  enterocele,  f.io^. 

L  X  I,     Manière  de  réduire  les  intefiins  decendtts  au  ferotum.  f  •  ?o7 

L  X 1 1.     Sur  le  même  fuiet.  P^^^' 

L  X  I  1 1.  Sur  le  memefuiet.  f-'o^' 

L  X  I  V.      Delà  Gangrené  après  'Mr.e  enterocele.  pic9- 

L  X  V.     ^«r  le  même  fut  t.  P-  '  ^9- 

L  X  V  I.     D'vne  hernie gnerie  en  vn  vieillard,  f.iio- 

L  X  V 1 1.  D'vne  ilta^ue pajfton  en  vne  Dame  causée  par  ''^re  defcente  de  boyau. 

pag.  no. 
L  X  V  1 1 1.  Cure  de  la  Gangrené  après  vne  hernie  tnteflinale  ,  auec  erojîon  du 

boyau.  '  /'•ï"- 

L  X  I  X.     D^vne  dangereufe  hernie  en  vn  "ôicillard,  f  •»*  i- 

L  X  X.        D'vne  dangereufe  hernie.  P'^'5' 

L  X  X I.     D'vne  hernie  auec  iliaque  p.nffion  en  vne  femme.  /7.118. 

L  X  X  1 1 .     D\»:e hernie  fuiuie d'iliaque paffion.  p.n^» 

L  X  X  1 1 1.    D'vne  hernie  înteflinale fuiuie  de  plufieurs  accidents.  p.  no. 

L  X  X  I V.    Dvne  bubonocele.  p.112., 

L  X  X  V.     De  rzf^ge  des  Unements,  le  boyau  étant  au  fcroturn.  ^  p.\  i7« 

LX  X  V  I.  DeUfarcocele  ,  Etpourquoy  elle  vient  leplusfouuent  au  côté  droit* 

pag.iiS. 
L  X  X  V  1 1.     'D*vne  hydrocele  en  laquelle  fe  trotma  vne  carnofité  âtachée  aux 

'vaijjeau.vfpermatics.  /7.130. 

LXX  V  1 1  1.    D  vne  hydrocele  heHreii/e?nent  coupée.  p-^^' 

L  X  X  I  X.      Duftccés  de  l'tnctfion  d  vnehydrocele,  P  ^53' 

L  X  X  X,       De  la  mort  (^m  ef  arriuée  après  l'incifon  d'vne  hydrocele.        p. ' }  4- 
L  X  X  X  I.     Dvn  Tubercule  reflé  après  la  rnorfuredvne  mouche  guêpe.      p.i^S- 


LIVRE     SECOND     DES     PLAYES, 

I.  C^"^^  les  playes  du  cerneau  ne  font   pas  necejfairement  mortelles  cjuoy 
\^      (]U  vne  portion  enfoit  ôiée,  p^g.^9' 

I I.  Sur  le  w.êine fuiet.  p.iAO. 

I I I.  Sur  le  méînefmet.  /'•H'- 
I  V.       Sur  le  même  fuiet.  p-H'' 

V.  D'vne  playe  en  la  tefle  auecfraSlure  du  crâne,  rendue  mortelle  par  la  colère, 
pag.  141. 

VI.  'Du  pus  très  puant  rnélé  auec  des  vers  en  la  dure  we^e.  p-^-\^- 
Vil.  D'vne  blejfure  de  tefle  auecfraUure  du  crâne, rendue  mortelle  par  la  cpulatio. 


Table  des  Obferuations. 

VïU.  D'il,, Y  hleJJUree):  la  îesle  Auec  fraBurc  an  Crâne  âenenue  mortelle  par  du 

b ^uit  auprès  du  wa  'U de  pao.  145. 

I  X.  Uvns  p'a)e  syi  U  ié:e  deuenue  mortelle  par  négligence.  p.  14  j. 

X    Dv>ie!Yes-âangeyeHfe  pi itye  de  téie.  p. '44* 

X  I.  D'vn  coup  mortel  fur  TocapHt  y  Cy"  dvne  étrange  puanteur  après  la  mort. 

p^g.  145. 
XII.  D'vae  danger eife  hl ejlure  de  tête.  p.  146. 

XIÎI.  D\'fîe  p'aje da-'gereufecn  la  tête  auec  fraElure  &  enfonceure  du  Crâne» 

pag.  '4^. 
X  I  V.  T>;i  mèmefuîet.  p.  150. 

X  V^.  D'vne  dangereufe  playe  de  tejie  auec  perte  d'vfie  particule  du  Cerneau. 

pag.  15 1, 
X  V  i.  D'vne  pla^e  de tcfiefuluie  d'vnTetafse  &fpaf?/ie  cynique',  ou  lae^uejîion 

ejl  décidée, files  playes  du  Sincîput  font  mortelles  comme  veut  Colurnbus.    p.  152. 
XVII.  Q^^ipres  l'onuerture  du  Crâne  ^  on  a  tromié  /a  Dure  mère  qui  luy  était 

infep  ar  ah  leynent  attachée  p.  155. 

X  V  1  1  I    Dvn  Funaus  mal  traitté(^  de  la  mort  ijulafuîui,  p.  56. 

XIX.  Vraye  méthode  de  guérir  le  Fuhgus.  p.  \^6. 

X  X.    D'vne  playe  en  la  face  très  dangereufe.  p.  158. 

X  X  ï.    Des  playes  des  Tempes,  &  s'il  eji  licite  d'y  aplic^uer  le  Trépan.       p.  155», 
XXII.   D'ô.iienne  homjne  qui  recouurala  "oeué  d'vn  œil  duquel  t humeur  aquée 

et  oit /ortie.  p.  165. 

XXI I  1.  D'vne  mort fubite  après  ''0.7e hlejfure  d'vne  veine  au  grand  canton  de 

l'œil.  p.  164. 

XXIV.  D'vne  dangereufe  ophthalmie  &  perte  d  vn  œil  à  caufe  d'vne  légère  playe 
proche  fa  paupière.  p  16^. 

XXV.  De  t'ohfiruBion  du  'S!  ef  optique,  à  caufe  d'''ô'ie  blcfure  de  la  Paupière  fu- 
perieure.  p.  16). 

XXVI.  D'''or,e  pLiye  co-r.tufc  en  l.i  paupière  doite.  p.  166, 

XXVII.  D'aune  légère  blepure  contufe  au  lord  des  pairpieres.  p.  ic  6. 
X  X  V  I  l  I.    De  la  Cure  d'vne  bleJJ'ure  de  la  Langiie.  p.  167. 

XXIX.  l'^es  T  entes  mfes  e-'.  ^ô.e  p'a^  e  de  poitrine  fortics  par  la  toux.       p.  167. 

XXX,  D'vn^pla^e  en  la  poiiriie  auec  perte  d  V'teportio^idelafubjfance  des  poul' 
mons.  p.  168, 

XXXI  D''-^nepl.iye  de  la  poitrine  auec  dilaceration  du  diaphragme,  par  laque'le 
l'efiornach for  toit  hors,  p.  16^, 

X  X  X  I  i.  D'vne  playe  en  la  poitrine  auec  blejfure  du  poulmon.  p.  69. 

X  X  X  1 1  I.  D  vneblefjure  en  l'y^'bdomen  auec  déperdition  d'vne  particule  du 
Foye.  P»'7^' 

XXXIV.  D'vne  blejfure  en  labdomen.  p.  175. 

"yiXXy.  D^'-jne playe  au  Nombril fiihie  de  înortfubit^.  /^- 176. 

^é.D'ynê-.- 


Table  des  Obferuations 

X  X  ^  V  I.    V'Vneplaye an  bras ,  exemple  d  1)^;^  plujC  redoublée.  p-U7- 

XXXVII.  D'^vie  bieffure  an  coude.                        '  p.iyS. 

X  X  X  V  I II.  D'vfie  playe  an  carpe.  p-^79' 

X  X  X  1  X.  Dvr.eblejjHre  au  d  igt.  p-  Bo. 

XL.      Uijne  ble fur  eau  doigt.  p.iZo- 
X  L  I.     Des  pi  a)  es  des  do'gts  &  mains.  &  qu'il  les  faut  tenir  ouuerteSy  cofitre  l  o~ 

pinion  de  Félix  Vtiirtz,.  p.iSi, 
X  L  1  1.  Vvne  playe  redoublée  en  la  cuijfe.  pAÎ^. 
X  L  11  !.  D'vne blejjkre  en  la  cu'ijfe par  vn  coup  d' arcjucbufe.  p.i%y 
XL  IV.  Uvne playe  au genouiL  p-^99' 
X  LV.  Uvne  bief  lire  au  piépur  vn  coup  d^  moufquet,  p.ioo% 
X  L  V  I.  De  lamorfare  d'vn  homme.  p.ioi. 
X  L  V  1 1.  D'vne  autre  morfme  dhornme.  p.ioi. 
XLV  lll.Encordelamorfure.  p.ioz, 
XL  IX.  D'vne  autre  mor fur €'  p.ioi. 
L.  D'vne  morfur£  de  chien  enragé.  p.  205. 
L  L  D'vne  autre  morfUre  de  chien  enrage.  f-io^. 
L  I  L  D'vne  autre  mor fur e  de  chien  ep.r âgé.  p.  îp4• 
L  II I.  De  la  cure  de  la  mcrfure  du  chien  enrage  y  p.106. 
L  I V.     Remarques  fur  la  rnorfure  du  chien  enragé  (^  fur  la  cure  précédente . 

pag.  Z07. 

L  V.       D'vne  rnorfure  de  chien  enrage.  p.iop- 

LVI.     De  la  rnorfure  d'^M  chat  enragé.  p.iii., 

L  V  1  I.    D'vne  morfure  de  loup.  p.iiu 

L  V  1 1 1.   D'-y^f  piqueure de  doigt  par  vn  épine.  p. m. 

L  1  X.      D' vne  piqueure  de  doigt  par  ''on  arête  de poijjon.              ^  p.iM. 

L  X.       Delapiqueured'vn  doigt  par  du  verre.  p-^lh 

L  X  I.     T)'vne piqueure au pié par  vne  épine,  p-^^S* 

L  X  1 1.    D'vne  piqucure  de  mouche  guêpe.  /'•i'3- 

L  X  1  IL  D'vne  playe  de  nerf.  /7.114. 

L  X  I  V.    Que  le  rire  ejî  dangereux  à  ceu.\'  qui  fera  blefsês  aux  r.trfs%  p.i  1 4  • 

LXV.      Sur  le  même  fui  et.  P'^  S^ 

LXV-I.    l 'vne b'efure  d'artère.                      .  pii6. 

LX  V  1 1.  D'vne  blejjure  des  vénes  iugulaires.  p.iiG> 

hKll  i.  DerH<i:morrhagiequîfuruientaux  places.  f-i'?' 

L  X  1  X.    Desf'Copes  qui  furulennent  aux  blefés.  p  ^  7' 

LXX.     De  l'oiguent  de  frnpaihie.  p.iiS, 

LXXI.    D^ve  playe  cicatrisée  auant  le  temps.  p^^9' 

L  X  X  1 1.  Remarque  fur  la  cure  des  places.  p.iLO. 
L  X  X  1 1 1.  D'vneplaje  d'arquebufade  dan  fies  mufcles  del'abdcmen.        p  2.10. 

L  X  X 1  y.  Que  les  baumes  font  dangereux  e?nployes  hors  de  propos.  p..  11. 

!  î     3 


Table  lics  Obferuations. 


^-«,>  <i.i%i 


LIVRE     TROISIEME. 
Des  ulcères 3  Fijlules  y  Gangrené  Çf  "Bruflnres. 

I>''  %'^l^n'''ilccye  incunable  vers  laiointure  de  la  mâchoire.  pag.iz^. 

il-  X,J  D'-'j^  v/cere  après  v/ie  Tumeur  dure  en  la  ioinmre  des  rnâchoires.p.ii] . 

i  1  I.  D'^invlcere  en  laGorqe.  ,  PiH- 

\  V.  D'vn  vie  ère  au  N'es  dr  au  Talaîs.  /'•ii  î- 

V.  D'vLvlcereau  Nés  ouOT^-ne.  p-^2.j. 

VI.  ly'vn^ôlcere ei  l'Epaule  p.ifê, 

VII.  S'il  eft perrnts  de  fermer  les  vUeres  inueterês.  p-iiÇ)- 
Y  LI I  Uvite  exulceration  des  glandes  proflates.  p.i\o. 

IX.  *D^vn 'ulcère  ford: de  augsnouU,  p.i^O' 

X.  D'vn '■•ôlccre pourri  Auec  71'iortification,  P'^l^' 
X  I.     ■/  -'«^  "'.^Iccre  inueterè  0'  malin  par  i  application  des  médicaments  trop  rafrai* 

chijfant s  fur  vne  Brûlure.  /'•^jî* 

XII.      D'vn  vlcere  inueterè  au  gros  orteil.  /'•^34' 

X  1 1  !•     P^f  les  bal-is  ne  font  pas  touftours  propres  pour  la  guerifon  des  vlceres  m- 

ucterès.  p-'^lS- 

XIV.       De  tvfage  de  la  pierre  medicamenteufe  de  Crollîns  es  vlceres  inueterês. 

pag.^7.^ 
X  V .      ly'vn  "olcere  malin  &  chancreitx  en  la  racine  de  L\  Lano^ue.  p-'']9- 

XVI.  D'vn  vlcere  fifluleux  CT  inueterè  guéri  heur eufe ment  &  en  peu  de  temps 
pag.i^^.       ,  ^      . 

XVII.  ^es  danf^ereux  effets  de  la  colère  ej  ceux  a;ii  ont  des  vlceres,  p.  iH. 
XVIII-  D'va  vlcere  fijlulcux  cjui  a  fnccedê  à  la  fnppreffion  des  H<tmorrhoides. 

ObferH.\^  des  ffîules  au  périnée.  '  p.i  4 ,'. 

XIX.      De  la  cure  d'vn  vlcere  auec  carie  de  Cos.  f  -  ^  4  4- 

X  X.       Delaguerifon  d'vne  fifule  auxlumbes.  /'.2-49- 

XXI.  U''ôiefi!lule  après  vne  p.trotide,  p-^^9- 

XXII.  Desfijînles  de  la  machop-e  inférieure.  p. 1^0. 

XXIII.  D'vne  filiale  en  l'vrachus,  f-i^'- 

XXIV.  Comment  il  faut  ronger  la  callofïté  des  fijlules.  P'^S^* 

XXV.  D'vne  admirable  carie  du  crâne  auec  diuers  accidents.  ^    p-^)^. 

XXVI.  De  la  vertu  de  l'Euphorbe  en  la  cane  des  os.  p-'^S^' 
XXVII  Q^e  les  os  dècouuerts  par  caufe  externe  n'en  font  p^s  toufiours  offeneès  & 

n'en  deuiennent  pas  toufiours  cariés.  -  pag. 254. 

XXVI 1 1.  Que  les  os  dècouuerts  par  vne  caufe  interne  ne  sexfoliet  pas  toujours,  p. 1^6. 

XxlX. 


Table  des  Obferuations 

X  X  1  X.  De  la  Ga/i^qrene  après v?!e  faîonée.  p-^57' 

X  X  X.     De  la  Gangrené  après  vne  hrulure.  p.i^S. 
XXXI.  T^e  la  Gangrené  aux  larnhes  d'vn  Hydrçpîi^He  après  l'application  diS 
veficatoires.               •■   '            '•                 \.                                               paKX<^^, 

X  X  X  1 1  'l^e  la  Gangrené  aux  oenciues  après  vn catharre.  f •2-5 9« 
XXXIII.  D'vie  mortification^  du  dos  après  ^r.e  defluxionfar  icelui.  f-MÎ^» 
X  X  X  I  V.  D'v  e  Gangrené  causée  par  l'îmerception  des  efp  rit  s  animaux.     /?.z6(. 

XXXV.     D'''j'?f  Gangrené  après  vue  fupprejfion  d'vrîne.  p.iG], 

XXXV  î.    D'vne  Ganareneauxinteftins.  /7.264. 

XXXVII    Delà  Ganqrene  au  foye.'  D,i64, 

X  X  X  V  i  I  I.Df  /.î  Gahgrer.e  aux  parties  génitales  d'vn  enfant.  /'.164. 

XXXIX.  De  la  Gangrené  après  "on  erefpele.  P-^^5- 

X  L.        De  la  Qangrene  après  'm  tubercule.  p-'^^S- 

X  L  I-     De  la  Gangrenées  iarnbes  d'vn  Hydropîi^ue.  p.i66. 

X  L  1 1.      Delà  Gangrené  après  vne  contujion.  p,z66. 

X  L 1 1  I.  Delà  Gangrené  après  vne  pi^ueure  de  mouche  guêpe»  p-iji- 

X  L I  V.  Delà  Gangrené  après  vne  dartre.  p.  171. 

X  L  V.   De  la  Gangrené  après  vne  rétention  SU vrine.  p-VI^- 

X  L  V  I.  T)e  la  Gangrené  après  la  rnorfitre  d'vn  homme.  p.  178. 

X  L  V  II.  Delà  Gangrené  es  deux  iarnbes  par  vne  caufe  occulte.  P'^79- 

X  L  V  1 1 1.  Delà  Gangrené  au  col  de  la  matrice^  p'^79- 

X  L  1  X.  Delà  Gangrené  aufcrotum.  /7.180. 

L.       Encor  de  la  Gangrené  aufcrotum.  p  i  ■  o. 

L  I.       Delà  (^angrenepar  tout  le  corps  après ''^ne  brûlure.  p.iS\. 

L  I  I.    De  la  Gangrené  venue  de  froid.  p.z'éi. 

LIII.     Sur  le  rnérne fuiet.                                                        '  /7.185. 
LiV.Df  laGagreneprocedée  â'imeperlefoide&feche  aiiec  défaut  de  nourriture  p. 1% 

L  V.        De  la  Gangrené  causée  par  intempérie  froide  &feche.  fi84« 

L  V I.      De  la  Gangre'ie  après  l'vfage  des  narcotics.  /'•^85. 

L  V  1  I.    Delà  Gangrené  causée  par  intempérie  froide  &feche.  p  zb6. 

L  V  II  I.  De  la  Gangrené  après  vne  fièvre  venant  de  caufe  occulte.  p.i^j. 

L  1 X.      De  la  Gangrené  après  la  grojfe  vérole.  /7.289. 

L  ,X,       De  la  Gangrené  &  mortificaiio-^,  après  la  pefie.  /7.189. 

L  X  I.     De  la  Gangrené  après  vne  morfure  de  cheual.  /7.290. 

L X  II,     D'vne  brûlure  mortelle.  /7. 19 1 . • 

L  X  l  II.    Heureufe  guerifon  dv:ie  dangereufe  brûlure.  /7.Z91. 

LXlV.   De  Li  guerifon  d'vne  brûlure  en  tout  le  corps.  P-^9h 

L  X  V.      De  la  brûlure  de  lafarey  ».29  4. 

L  X  V  I.    D'une  brûlure  de  la  main,  p'i-9S* 

l^'^V  II.  Des  nerfs  retirés  après  la  bru/ure.  P''^95- 

l-XVllLDela  perte  d'vn  œil  par  vn  grain  de  poudra  à  canon.  p.  196. 


Table  des  Obferuadons 


^'i.'.-A*' 


LIVRE      QVATRI  Ë  M  E. 
Des  Fraéinres  Çf  Luxations. 

i.     l*^^'^''^'  admirable  FraBnre dn  bras.  pa£,  icfj, 

I  I.  \^ De  la  Cure  d  vne  Fra^nre  d  ■  bras  en  vn  "j'iei'-ard  P.  i$8, 

III.  D  vne  Jurande  Fra^ure  de  bras^  ou  les  os  font  demenrés/èparês  .  ça^.  25)^1 

I  V.  D''\}>ie  Fratlnre  du  bras  p.  300. 

V.  De  la  guerifon  dv?:e  fr/iclure  de  Cojîes  p.  500. 

V  I.  Qui  eontient  vne  méthode  nouue^le  de  rhabiller  la  FraBure  de  l'os  de  la  cuif- 
fi'  p.  501. 

V  n.  De  la  fraisure  de  la  Rotule  /^*  5*ï« 
VIII.  De  lamérnefaElure.  /'•5'5' 
I  X.  Oe  la  fraclure  de  la  ïambe.  p.  314. 
X.  D^vr.e  autre  fra^ure  de  ïambe.  p.  5 1 j, 
X  I.  De  lajftuaiion  ^u  il  faut  donner  anx  ïambes  fraBnrées  p.  516. 
X  1 1 .  Z) '''Mc adfmrable  fraBure  du piè  p-Î^J- 
X  n  I.    /*''U«f  admirable  fragilité  des  os.  p.  317, 

XIV.  Dv.'.efemblable  fragilité.  p- P^- 

XV.  Sur  le  rrémefuiet,  p-5^9- 
X  V  ï.   Des  accidents  ^id  arrîuent  quand  on  déplie  trop  tard  les  bandes  des  f ra- 
clures.                                                                                                     p-  i'9' 

XVII    Sur  le  rnèmefuiet.  p.  ^10. 

XVI  il.  Sur  le  même  fulet.  p.  ^ïq» 

XIX.  De  l'incommodité  que  donnent  les  écorces  d'arbres  defjnelles  on  fe  Jert  en 
lieu  de  Férules.  P' j^i- 

XX.  Que  l'Ernola/lre  Oxjcroceuyn  ejîfouuent  dangereux  aux  Fratlures.  p.\zi. 

XXI.  De  P  excellence  de  la  pierre  Ojieocollaés  fratluyes.  p,  5  -.3. 
XX  I  î.    Des  accidents  que  produit  la  pierre  OfleocoUa  emplojée  mal  à  propos, 

/74^.314. 
X  X  1 1 1.  Tye  la  génération  de  la  pierre  O^eocolla.  p.  ^zy. 

XXIV.  De  la  façon  de  vlure  que  doiuent  obferuer  ceux  quifo'itf^aSÎHyês.  /^.31^. 

XXV.  D'''ône  contHJîon  desvertebres  du  col pnfe pour  vue  Luxation.       .  p  327. 

XXVI.  Sur  le  même  fulet.  /'32.^' 

XXVII.  Sur  le  même  fulet.  p-  319. 
X  X  V  1 1  L  D'vne  Luxation  diabolique*  /^'  35^' 
X  X  IX.  De  la  manière  de  réduire  la  Luxation  de  t  échine  faite  en  dedans.  p-y->\. 

XXX.  De 


Table  des  Obferuations. 

XXX.  De  la  Cure  de  la.  bojfe  des  Lumbes.  pAg.  55  4. 

XX  Xï.  JX'yne  luxation  du  bras.                                    ,  f-h^* 

XXXII.  Delà  luxation  de  la cuijje.  p,  y^-j, 

XXXIII.  Del'  extenjïon  des  dé  loueur  es  faîte  mal  a  propos»  /^-  5  40  • 

XXXIV.  Sur  le  mémefulet-  p.  341, 
X  XX  V.  Sur  le  mémefuiet.  p.  341. 
XXXVI.  Sur  le  mémefuiet»  p.  344, 
X  X  X  V  1 1.  Sur  le  mémefuiet.  p,  54^, 


LIVRE      CINQ  VIE  ME. 
Des  Opérations  de  Chirurgie iÇfc> 

I.  T^^  louuerture  des  vénes  insulaires.  paç.  543. 

II.  ji^  'De  l'application  de  la  pierre  CaHfli<]ue,  p,  344. 

II I.  nJMauuaisfucccs de H application d'vne  pierre Çauftique au  bras.      P- Î45« 

IV.  Comme  il  faut  faire  le  Seton  à  froid.  /^-  34'^« 

V.  Ai aniere  d'ouurir 'M  Seton  formé.  «».348. 

V I.  D'f^n  infîrurnent  propre  à  entretenir  vn  Seton  ouuert .  P*  H^. 

VII.  Que  le  Seton  en  la  nuque  efl  plus  propre  aux  e' fiants  que  le  Cautère,  p.  549. 

VIII.  "D^vn  fragment  de  verre  tiré  de  la  chatr  p,  lei, 
I  X.  Dvne  manière  facile  de  tirer  les  baies  d' Arquebufe,  p,  3^? , 
X.  T>es  accidents  qui  font  arriués  après  ''ône  émotion  de  Cerueau  négligée,  p.  356^. 
X  I.  De  la  Cure  de  l^ émotion  du  Cerueau  p.  lej, 

XII.  D'vne  émotion  de  cerueau  (T  des  accidens  quelle  a  apporté.  p.  3?  §. 

XIII.  D'vne  mort  pro?npte  après  vne  grande  émotion  du  cerueau.  p.  jjo. 
XIV'  D'vne  grande  émotion  de  cerneau  qm  a  été  fniute  de  perte  de  "Jeuë.  p.  360. 
X  V.  'D'vne  émotion  de  cerneau  qui  a  fini  en  parotide.  p  361. 

XVI.  D'vne  émotion  de  cerueau  quia  causé  la  mort  quelques  mois  après  le  coup, 
pag.  ^61. 

XVII.  D^vne  concuffion  de  cerueau  auec  playe  en  la  tête.  p.  3^3. 
X  V  1 1 1.  D'vn  garçon  qui  efî  deuenujfupide  après  vne  enfonçeure  du  crâne,  p.^6^, 

XIX.  D'vne  enfonçeure  du  crâne  accompagnée  de  grands  accidents  p  ^66. 

XX.  De  l'èleuation-ducrane  y  principalement  en  ceux  qui  fontauancés  en  âge. 
pag.  ^67. 

XXI.  T)e  ia  manière  de  releuer  le  crâne  enfoncées  enfants.  ».  tyi, 

XXII.  De  l'vfage  de  la  ventoufe  pour  releuer  le  crâne  e; foncé  aux  enfants. 

î!î 


Table  des  Obferuations 

X  X 1 1 1.     De  t application  du  Trépan  deux  mois  après  le  coup.  pag.  ?74. 

XXIV.  T)e  l application  dn  trépan  en  Povziéme  leur.  p.  57). 

XXV.  i^vne  blefj'u^e  de  tête  rendus  mortelle  pour  amir  refusé    le  Trépan. 

XX  Vf.    D.- 1  e.v.irparion da^gereufe  d'v?e  cicatrice  en  laprunellcé  p.  578. 

XXV  l.   De  l.i  çueyifjn  d'vne  luée  en  l'œil.  /?.  yjcf. 

XXVI  II.  Sitrlernêmefuiet.  /7.380. 
XXIX.  D'vn  nouuelinjîrurnentnecejfaireijnand 071  abat  la  CataraBe.  f.38z. 
X  X  X.  D  vrefuffli/ton  venue  en  'M  œil  après  atioir  trop  pleure.  p.  583. 
X  X  X  F.  T)  "'j'ie  ^ujfafon  cjni  a  paru  en  V'i  moment.  p.  383. 
X  X  X  l  [.  Ponr^jHoy  il  nj  a  point  de  douleur  en  la  depojttion  de  la  CataraBe^ 

pag.  ^84. 
XXXIII  De  lexophthalmie,  dite  Oeil  de  bœuf.  p.^Sô. 

XXXIV.  D'vne  exophthalmle  après  vn  coup  donne  fur  la  tejîe.  f.  385. 

XXXV.  De  Yexcifion  de  l'œtl  fortain  hors  defon  orbite.  p.  387. 

XXXVI.  T^e  la  rnaniese  de  tirer  les  chojes  étranges  ^ni  font  tombées  dedans  les 
yeux.  p- 190, 

X  X  X  V  1 1.    D'vne  écaille  de  fer  <^tii  ètolt  entrée  dedans  la  membrane  adnata. 
pag.  35>2. 

XXXVIII.  De  l'exiraBion  d''-M  morceau  de  plomb  de  dedans  lœil.       p.  55)1. 

XXXIX.  De  l'extraBion  d'vne  écaille  d'acier  hors  de  la  Cornée,  p.  39;« 
X  L.  Dvne  Fibule  lachrymale  guérie  heureufement.  p.  5^4. 
X  L I.  De  la  Cure  de  la  f'tfiule  lachrjmale.  p-  595.' 
X  L  1 1.  De  l'excellence  du  Set  on  pour  guérir  la  Fijlnle  lachrymale.  Pi97* 
X  L  I II.  'De   l'extirpation  d'vn    tiens  Schirreux  au  grand  canton  de  l'œil, 

pag.  ^97. 
X  L  I  V.  De  r extirpation  d'vn  Ficus  chancreux  au  dedans  l'orbite  de  l'œil,     p.55). 
X  L  V.   De  lafeparation  de  U pAUpiere fuperteure agglutinée  à  lœil.  p.  398. 

X  L  V  ï.  Q^e  l'inci/ion  de  l'Hydrocéphale  e(i  dangereufe*  p.  i*?. 

X  L  V  I  I.   De  la  re/lltutwndu  Ne's  ccttpé,  p.  399- 

X  L  V  I  IT.  D''\ine écrc'ueUefuvpurée.  p- i8. 

X  L  l  X.    Qu^il  y  a  du  da.iger  à  couper  les  êcroùelles.  p.  30. 

L.     i''vyie  mo-flflrwufe  înafj'c  de  ckatr  en  l'occiput  dvn  ehfant.  F'^l' 

L  î-  De  l'extirpation  d'vn  Funqusfchlrreux  cjuifortoit  de  l'oreille.  p.^oo» 

L  H-    De  textraUion  des  chofes  étranoes  ejjttifont  entrées  dedans  le  conduit  de  l'o- 

reJIJe.  p.  405« 

LUI-  De  l'extraUion  d'vne  épingle  du  dedans  du  conduit  de  F  oreille,  p,  408. 
L  I  V.  D'vn  noyau  de  cerife  ^ul  e[î  fcrti  du  dedans  de  l'oreille  acres  la/uppura' 

tion.  p.  408» 

L  V.  De  la  SeBion  du  ligament  qui  efi  dejfous  la  langue.  p-  40^' 

L  V  ï.    Sur  le  tnémefuiet,  p.  410. 

57î  ^" 


Table  des  Obfcruations 

LVII.    T>e  la  relaxation  de  i'-cuule.  p\i' 

L  V  1 1  I.  De  rvfage  des  poudres  en  U  relaxation  de  f'VtiHle ,  p-4i5 

L  I  X.     Sur  le  mêmefuiet.  /^  4 1 6 

V.      L    X.       *De  l'olJirH&io/i  de  fœfopkagiie.  pA^^ 

'       L  X  I.     'D\n  petit  es  aualé.  Z'  4^^ 

L  X  1 1.     D'vne  arejle  de  poijfon  arrejlée  ait  go  fier.  p'^^7 

L  X  1  1 1    D'vne  èpi'gle  anale e.  p A^7 

L  X  I  V.   De  la  mort  après  des  areFtes,oJfelets,  (^c. anales.  f^iS 

L  X  V.     De  U  manière  de  tirer  hors  du  gcjter  les  cho/es  étranoes.  f'-4'9 

L  X  V  I.  Uv:j  petit  os  attache'  à  l'cefophaoue.  /^•4-2. 

LXVII.  De l'extra^ion  d'vne  épi-agle  analée.         .  /'•4^5 

L  X  V  I  1 1.  D^'-M  ojfef  et  anale.  p-'^'^^ 
L  X  I  X.     De  t^Hel^ues  épingles  attelées /ans  beaucoup  d'incommodité.        /^•4^5 

L  X  X.      Qiie  des  enfants  deuisnnent  h^ffis  étants  prefsés  dans  leurs  habits 

Pfig.417' 
L  X  X I.  De  f  extirpation  d'vne  tumeur  chancreufe  vers  la  racine  de  la  dent  de 

l'œil.                                                    ^  pagij 

LXXII.  De  l'extirpation  d' une  f.imcur  chancreufe  enlaiou'é.  p.^'-j 

L  X  X I  î  I.  D'vn  chancre  en  la  inamnielle.  p<^6 

L  X  X I V.  Qjiil  eft  dargcreux  de  traiter  "cn  chancre  occulte*  /?.  4  8 

L  X  X  V.     D'^nchancre  exulceré.  ^.55 
L  X  X  V  ï.  D^vnfchirre  chancreux  en  la  mammelle  engendré  de  laifl  caillé,  p.yf 

L  X  X  V  1 1.  D'''^^nfchirre  conuerti  en  chancre.  p.  58 

L  X  X  V  1 1 1.  D'vn  grand  alfcs  en  la  région  du  foye.  P'A^9 

L  X  X  I  X.  D'vn  fernblable  abfcés,  /'•4^9 

L  X  X  X.     D'''^in  fernblable  abfcés.                                             -  pA^9 

L  X  X  X I.    De  U  paracentefe  de  l'abdomen  es  Hydropiques.  p  430 

L  X  X  X  I  I.  Sur  le  mhnefiiet.  p'^\\ 
L  X  X  X 1 1  l.D;/  malheureux  fuccés  de  fauuerture  du  nombril  d\>n  JHydropique 

pag4,r,i. 

L  X  X  X I  Vi  De  l'exomphalos.                             '  p-Ayy* 

LXXXV.  De  l'exomphalos.  /'•4<5 

LX  XXVI.  D'vne  ri^re  ajfetiion  du  norrtbril  &  defaguerifon,  /^-434 

LX  X  X  V  1 1.  D'vne  dijjiculté  d'vri:ier  après  l'herniotomte.  p-43^ 

L  X  X  X  V  1 1 1.  Df  /^  réduction  du  boyau  culier.  p-A^l 

"^  X  X  X  l  X.  Du  fondement  non  percé.  P«4  ji^ 

X^.         D'vne  pierre  tirée  de  lave^fe  d'vne  femme.  /'•439 
^  M.     D'vne  pierre  de  mo^ijlmenfe groffeur  tirée  de  la  veffie  d^vn  homme.  /^.44 o. 

,  ^'      Qiiilfant  entretenir  la  pl(i)e  ounene  après  l'extra^ion  de  la  pierre  de 

A  ^wj  i  i      D'vne  pierre  attachée  a  la  vejjie,  /^•444» 


Table  des  Obferuations 

X  C 1  V.  Qh  après  PextraUion  de  U  pierre  il  faut  diligemment  nettojer  U  '•Jejfie  & 

voir  s'il  nen  refle  point.  P.444« 

X  C  V.         Sur  le  ??îê?ne  fuiet.  P-445- 

XC  V I.     Uvnfcloirre  en  la  "ôeffic  pris  pour  vue  pierre*  /'•44J* 

X  C  V  I  I.  D^'-one  pierre  retenue  dans  le  condHÎt  de  U  vejfie.  P-44^' 

X  C  V  n  I.  Des  ivjlmments  propres  à  recemir  t'-orine  en  ceux  tjttl  nepeuuent  pas 

Ut  retenir.  /7.  447« 

X  C I X.  U'-m  instrument  propre  à  rccenoir  l'vrine  en  marrhant.  p.  447t 

C.  Du  prépuce  attache  an  haï  amis.  /'448* 

C  ^  De  rirnpuijj'ance  'vénérienne  à  cauje  que  le  ligitmem  de  la  verge  et  oit  trop 

court  &  dur.  £7.449. 

C 1 1.     De  texceffiue  longueur  du  me)rnhre  viril^caufe  de  (lerilité.  p.  450V 

cm.     De  Cavipmation  du  membre  viril  à  caufe  ^'iv;  fungus  chancreux.  page 

45'- 

C  I  V.     Que  r ArKpHtatlon  du  membre  viril  efi  danger eufe»  p'^S^- 

C  V.        D'une Ci^rnncule  en  U''o:rge.  p- Ml' 

C  V  î.     De  l'amp'Ua.  lan  d'vn  prépuce  monjlruetix.  p'454' 

C  V  I  I.   'X"  U  cajlrnt'ion.  f -455' 

C  -^'  n  1.    D'vne  hernie  de  la  matrice  &  de  r accouchement  Cdfarien,  /^•4î<»« 

ClX»       D'vn  hyflerocele.  /'•4^5' 
C  X.     De  l'ay^lutwation  de  l'crifce  delà  matrice  après  vn  accouchement  difficile. 

pag.^6<^. 

CXI.    Uvne  décente  de  matrice.  p.  467, 

C  X  1 1.  D'vne  décente  de  matrice.  p.  468. 

C  X 1 1 1.  D'vne  autre  décente  de  matrice.  pA^9- 

C  X  (  V.    De  la  rnatnce  non  percée.  P--{^9' 

C  X  V.     D  V)ie  membrane  au  trauers  du  col  de  la  matrice.  pAJo. 

C  X  V  r  D'vne  fernbLible  membrane.  p.  471.. 

CXVIÏ.   De  l'extraclion  de  la  mole.  /''47^* 

C  X  V  l  i  l.Sur  te  rncrrie  fuiet.  /'•474- 

C  X  I  X.     D'Tnefemfnet^utay.tnt  fait  vne  jnole  au feptiéme  mois  ,  âcoucha  heu- 

reufemext  avn  fil  s  au  nenfiième.  /'•47^- 

CXX.  Dvne  tmle  a^îteufe.  /'•477« 

C  X  X  I.   îf^'-ne  grande  mole  &  de  'a  matrice  attachée  au  péritoine*  p.  477. 

C  X  X  1 1.  Dé'  l'extraclion  d'zn  enf.wt  rnort.  p-^l^- 

C  X  X  1 1  \.De  l'éirafi-e  fit  nation  d'vn  enfant  dans  U  matrice,  p.  ^y 

C  X  X  I  V.  -Df  lextraEiion  de  l'enfant  mort  awventre.  p.  ^^' 

CXXV.    Sur  le  même  r^'et.  T^^'. 

CXXVl.  Sur  le?r;émefuiet.  ^      /-482. 

CX  X  V  I  /  Queflion  ,  fivne  femme  enceinte  venant  à  mourir  doit  être '^J^"^^^<^ 

auecfon  fruit.  P-^o^- 


Table  des  Obferuations. 

C  X  X  V 1 1 1.  Qfie  î enfant  peut  demenrer  ^nel^ue  temps  comme  mort  en  la  ma- 
trice. ^  ^  paf.  484. 
C  X  X  I  X.  D'wîe  femme  à  ^ui  on  a  Arraché l' enfant  pourri  par  incifion  du  nom» 
hril,                                  ^    ^  ^        ^  V'^gA^S- 
CXXX.  D'^jw  enfant  mort  quia  été  porté  c^uatre  ans  dans  le  ventre  de  la  rnere,  ç^ 
a  été  tiré  par  incifion.  p   .  g^_ 
CXXXI.  Des  difficultés  ijnîfe  rencontrent  en  l'extraBion  d'vn  enfant  mort. p.  489. 
C  X  X  X  1 1.  D'-ône  rétention  de  l'arriére  fais  mortelle.                              0,  aoo. 
C  XX  XIII.  Delà  manière  de  tirer  l'arrierefais.  p^  4„f^ 
C  X  X  X  I V.  De  la  mon  àvnefemme  en  t accouchement  a  caufe  d'vnfchirre  en 
la  matrice.                                                                                        /'^^•491. 
C  X  X  X  V.  Delà  rupture  de  la  matrice  en  t  enfantement,  p.  49  ? 
C  X  X  X  V  I.   De  Varnpmation  du  bras.                                                     p. 494  ' 
C  X  X  X  V  1 1.  De  l'amputation  de  la  ïambe.                                           P.  494 
CXXXVIII.  Des  fauffes  imaginations  qtti  viennent  à  ceux  à-  qui  on  a  coupé 
(quelque  membre.                                                                            '     p.  .ce, 
C  X  X  X  l  X.  Exemple  de  ces  fauffes  imagifjations.  p^  .    . 
C^X  L.  Du  lieu  &  de  la  manière  défaire  amputation  d^n  ?nembrefphacelé.  p.  49c 
C  X  L  I.  ^e  ceux  cjui  ont  les  pies  tortus.  p  aô' 
C  X  L  1 1.  Sur  le  mémefmet.                                                                     p'       ' 
C  X  L  I  1  î.  Sur  le  mémefuiet.                                                                   p^  ^J^' 
C  X  L  I  V.  1)es  Clous  ou  corps  des  pies.                                                      p  \  ' 

CX  L  V.   U'Mne  varice  en  la  larnhe  auec  vlcerc.  « 

P-  ^2,1 

C  X  L  V  I.  zy^duertijfement  au  Chirurgien  cjui doit  tailler (^uelcjue membre,  p  c^i 
C  X  L  V  1 1.  D'^Me  mortfiibite  arriuée  en  coupant  vne  tumeur fchtrr eu fe.  p  \^* 
C  X  L  V  II  I.  De  t  extirpation  d'^on  grand  fie  atome.  If ^  '* 


LIVRE     SIXIEME. 
Qui  contient  des  Ohfer muons  mêlées. 

L    /"^Velaverolefe  commHnicjtie  fans  copulation.  P^^  SU» 

1 1-  V2 Sur  le  même  fuiet.  pj^^  ^^^ 

•II.  De It'nonBton  mercuriale    .  P  U7 

*  ',  De  la  Ceinture  ointe  de  mercure.  #» . ,  « 

'  *  omment  tl  faut  traitter  la  vérole  tnueteree,    '  o  .-.  /» 

^  ^'^ue  les  fripions  font  le  feul  antidote  de  la  ver ok  pour  tnueteree  ijuelle  fcii 

ÎH     3 


Table  des  Obfcruations. 

VII.  Qtie  tcnfe  peut  innocemment  fermr  de  UfriSlwn  es  femmes  enceintes  &  en- 
fants, pag.  5J1. 

V  I  H.  Exemple  d'vne  femme  ofui  a  été  guérie  de  la  vérole  pour  amir  derneuré  quel- 
cjue  temps  en  "Me  chambre  deflmèe  n  faire  les  fri^llons  auec  le  mercure    p- y-,^- 

I  X.  Exemple  d'vne  fermne  a/ ni  a  encouru  de  grands  accidens  pour  amir  demeuré 
cjuelcjue temps  en  vne  telle  chambre  P  Slh 

X.  Des  accidents  (jui  fuinott  l'ino?iSîion  faite  mal  à  t>rcpos,  p.  )  54, 

X  f.  Surlememefuiet.  /'•55)- 

XII.  Sur  le}r,é  f,.\pii  t.  p-5y^' 

XIII.  Sur  le  rncmefniet.  p.  ^56. 
X  i  V.  Du  tnertieilleiix  effet  du  mercure  précipité.  P'SU- 
X  V.  Que  le  parfum  de  Cinabre  efl  dangereux  employé  hors  de  propos,  p.  ^58. 
XVI.  Sur  le  même  fuie:.  p.  55p. 
X '^  I  !•  D'vn  b'.ibon  vénérien,  P-j}?- 
X  V  1 II.  T>€s  vlcercs  veiieriens  en  la  bouche.  p.  540. 

XIX.  D*vn  vlcere  '^enerien  aux  parties  honteufes.  f'S  4-  '• 

XX.  DmnaHuaîs  fuccés  des  ventotifesa^pli^uéesfur  les  épanles.  /'•54^* 

XXI.  Du  malheureux  Jltcccs  de  l' application  des  ventoufes  pour  arrejîer  vne  h£- 
morrh.îgie.  p- H^- 

X  X I  I.  D'vne  inflammation  de  Foye  après  l'application  des  -Jentoufesfxr  la  Région 

d'icelity.  /'•J4Î' 

XXIII.   ^Du  maunaisfucccs  d'vr.r/Hignée  au  bras.  p.  544. 

XX  I  V.  D'vne  tumeur  dit  bras  après  vne/aignée  faite  mal  à  propos.  p'H^' 

X  X  V.  T^'vne  Artère  ouv.erte  auec  la  veine.  p.  54  7. 

X  X  V  I.    T^e  lafaignée  NeroniijHe.  £».547. 

X  X  V  n.  Du  rnaunaisfuccés  de  l^'-f^lg  'éc  en  vn  corps  impur,  p.  5 48. 

XXVIII.  De  Ufaigr.ée  A'ero;.l:jue.  p.^  1 8. 

XXIX.  Tiu  ynauuaisfucccs  à'''dnefiiig'.êe  en  vn  ccrps  impur,  p.  J49. 

XXX.  D'vne  danger enje  ophthalmie  auec  perte  de  la  veué  (^  de  la  parole^  c^ui  a 
/uiiii lafaignée  en  la  véne  dufrmn.  p  550. 

X  X  X  I.  Dequelcjues  accidents  fitrnenus  après  t application  d'vn  cautère,  p.  551. 
X  X  X  1 1.    Manière  d'applicjucr  la  pierre  Caufticjue  p.  55 1. 

X  X  X  1 1 1.   D'vne  tumeur  du  bras  après  l'àplication  de  la  pierre  Caufique. 

pag.  5>3. 
X  X  X I V.  Des  dangereux  effets  de  P  antimoine*  -  p,  554. 

XXXV.  'D'vne  fiupidité  d'efprit  après  vne  potion  antimonia  V.  p.^^à 

XXXVI.  Dangereux  effets  des medicamens  Chymicfues.  p.<S- 

XXXV II.  Surlememefuiet.  '5)5- 
X  XX  VIII.  Sur  le mémefuiet.  '  55<^- 
X  X  X  /  X.  Du  mercure  dulcifié  &  defes  effets.  P'  55^. 
XL,  Surlememefuiet,  PSS? 

4^'    Sur 


Table  dc^  Obferuations. 

X  L  I.     Sur  le  rnhnefpiiet.  Z'*  ÎÎ7  • 

X  L  H-  Sur  le  même  fuie  t.  p,  rrj, 

X  L  1 1 1.  Sur  le  même  fui  et.  P-S  '^' 

X  L  l  V.  5«r  le  même  fuiet.  p  ^rg, 

X  L  V.     Sur  le  même f met.  PSS9' 

X  L  V  I.  Sur  le  même  [met.  P  iS9- 

X  L  V  1 1.    Ce  la  perte  de  ht  "ôeue  causée pAr  la  fnSlion  mercuriale,  P'SS)- 

X  L  V  I  H-  /^f"  l'i£nvrance  des  fzne femmes.  /7.560. 

X  L  I  X.  D'vne  baie  de  plomb  ^ui  a  demeuré  Çix  mois  au  cerueau  fans  donner 

aucune  incommodité.  p  e^Q^ 

L-        De  lapoflure  ^uil  faut  donner  au    mulade  ^m  doit  receuoir  vn  lauement. 

pa^,'j6i. 
L  I.    Figure  &  defcriptîon  d'vn  inflrument par  le  moyen  duquel  vn  malade  fe  peut 

donner  vn  lauement.  /^  ç6i. 

L 1 1.    -Q^l'arfèmc  applicjue  extérieurement  eft  dangereux*  p.<6î. 

L  1 1 1.  Plie  le  vin  employé  en  dehors  tfî  dangereux  aux  nerfs.  p.  c(,2, 

L I V.  Des  accidents  <ju  apporte  femplafire  oxycrocecurn  &  de  mucilaginibus  apli- 

t^ué  mal  à  propos,  ,  P'5^3» 

Fin  de  Tlndicc  des  Obferuations. 


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LIVRE   PREMIER 

CL.V  1 
CONTIENT   LES   T  V  M  E  V  R  S 

CONTRE     M  A  T  V  R  E. 

OBSERVATION     V  REM  1ERE 

D'v.'je  Pûr</tiâe  ou  Aûf<.és  derrière  fûrei'l(Lj. 

^^^  'A  N  1)99.  au  commcncemrnc  d'Avril  ie  vis  à  Cologne 
vne iîUe  de  4 o. ans  ia.j.iclle  auoic  vn  Ablccs  derrière 
roreille  ganchc  appelé  par  les  M -decins  Parocls  j  Elle 
eftoic  lans  fièvre  au  commencement  ^  ne  ton ok  pas 
même  L:lid&  agilloicpar  la  maifon  :  enuiron  le  14. 
iour  de  la  m.aladic  rAbfccs  vint  à  la  srolPur  du  poine 
^^  '^v  la  macierc  Kic  cncicrement:  meure,  m.iis  eftant  rcce- 
^  nue  par  répaillcurde  la  n?au  ,  elle  dccuidoit  en  hxî. 
Ayant  cfté  appelé  ,  ie  rrouuay  que  rAbiccs  s'eiloit  rompu  quelques  heures  at- 
parauancde  foy  même  j  &  li  m.alade  aucc  fièvre  ,  dcfaillances  ,  mal  de  cœur, 
dcgouft,  veilles  douleu-:  du  Dos  &  des  Reins,  ne  ibrrant  qi:ali  rien  de  rAblcc?, 
fanspouuoir  ram.ener  !.■  pusenhaut,  ce  qui  fut  caufc  qu'elle  mourut  peu  dr 
:s  après  ;  On  peur  iiihrer  par  là  qu'en  lellc  lorrc  d'AKlcé-s,  foi:  qiuls  loyenc  ^ 


leurs  ; 


dans  les  cmunCloiics  on  dans  les  parrics  voiiines ,  il  ne  faur  pas  atund.e  qu'ils 
le  rompent  d'eux  m^fine  :  Obfe/Hxtion  39.  de  i.i  i.  Centurie. 

O  B  S  E  RFA  rj  ON      S  F  C  O  N  7)  E 
D'vi  grayid  u-llnis  entre  ht  pleure  &  les  ccjlss. 


i  Liure  Picmiet 

«îe  pr.s  vn  mois  entier,  fans  qu'elle  en  fentit  vn  grn.nd  foulagement ,  î'vîccre 
étant  fermé  les  accidents  augmentèrent,  ailàuoii-  iu  Toux  la  dilHcultc  de  rcfpi- 
ur,  h  diminution  des  forces  Hc  le  dcgouft,  de  io"  te  qu'elle  vint  à  mouiir  enui- 
ron  i%e  de  dix  huit  mois:  Son  corps  étant  ouuert  ie  trouuay  vn  grand  Abfccfs 
fous  i'Aiirjile  gauche  entre  la  Pleure  &  les  codes  aucc  t]uan;i:é  de  l^us  :  c'cft 
chofc  mcruciilcufe  qu'vn  tel  Abfccsaît  peu  être  engcndic  en  vn  enfar.t  dclica: 
comme  ci  lui-!à  ,  !k  en  vne  partie  qui  a  vn  fentimencfort  vif  i  fans  danger  de 
mort.   ObCenu  28.  fie  U  Cenurie  z. 

OIS  SERV  JTION     TROISIEME 
D^'-on  Ayfiès  au  Carpe. 
l'ay  trri:tccn  Tan  16'^.  vue  Dame  de  Beine  laquelle  rcfpacc  de  4.  ans  a  porte 
vn  Abfccs  au  Carpe  de  la  m.-:i:5  droite  dans  lequel  ic  trouuay  de  la  matière  (  la- 
^  quelle  feiTei-nbioic  à  dq  lard  )  enfermée  dans  vne  membrane,  qui  au  bout  de  de- 
mi h^urc  deuicnt  dure  comrnc  pierre  ayant  elle  mifc  à  l'bir:  lettre  îroijiéme. 
OBSERVjûTl  ON     ir. 
D''\:n  Abfcés  en  fh.pochonâre guuche  Attec  zlceratien  auBcydn, 
L'-'^n  !  éci.  au  mois  d'Octpbre  Nijod.  Ellopey  p^yfan  ^c  de  50.  ans  homme 
robun:e><^tit  faill  d'vnc  violei-tj  Colique  q«i  le  tcnoit  piiiiCi(alcmont  fous  les;. 
fanifcs  coites  du  côtégiuche  aurc  conftipation  de  ventre.  Or  comm.c  il  ne  se* 
tcitferui  d'a'icun  remedt  pr^^prcik  que  les  excréments  qui  s'ctoyent  fort  en.- 
durcij,  ne  pojioyenr  pas  palkr  par  ce  detroic  qui  a  eitc  premièrement  décou- 
iitrt  dans  linteitin  Colon  par  ce  grand  Anatomicien  6c  Botanicien  Gafpar  Bau- 
hinus,  llntcftin  d'autie  coircs'c.fUiitcn[ic  parla  quantiicdcs  cxcremcnts&  des 
vcncs,  ladotilcur&:  le  tourment  s  augmenta  ,  De  là  s'cnfi.iuirent  vne  ficurc 
conrinue  &  violctîte  auec  vomilVemenc,  des  fréquentes  défaillances,  rcueiie  bc 
.autres  fâcheux  accidents  ,   de  forte  qu'il  vint  en  grand  danger  de  la  vie  :  i'in- 
^  iîamiTiAtion  qui  s'cftoit  faite  au  colon,  fat  conucicic  en  vn  Abfcés  par  où  fortir 
rent  Its excréments  S.'  quelques  vers.  Ayantcftc  appelé  par  Mr.  M^rleMiniûre 
à  Pa)errfC  &  par  Abraham  Eftopéc  Maiilre  d'Efchole  au  dit  litu>  ie  trouuay 
le  m.alade  Tiux  cxcrcmifés,  carontreî' s  accidents  que  nous  auons  rjicontc  ,  ia 
matière  focale  fortit  par  iVlccrc  refpacc  de  deux  mois:Ne2ntmoins  à  l'aide  des 
remèdes  internes «;?c  exrtines,  la  doiiltur,  fîévrc  &  antres  accidents  s'appaifercnc 
peu  à  pcii,de  forte  qu'ea  f'efpacc  de  trois  mois  il  f^ill:  remis  par  la  grâce  dcDieii> 
ïàiw  ou'il  y  loic  demeuré  aucune  fiihilc.  Ol/fem,  54.  Ce-ntur.  i. 
OBSERVATION     T. 
J)'vn  Ahfcês  des  ninfcles  de  tty^bàcmen  rompu  tn  dedans. 
L*^an  <5oL  vne  honeltc Dame  de  Lnufanne  ie  plaignant  d'vne  violente  &  pi- 
quante douleur  de  l'cftomach,  me  lit  demander:  ic  trotiuay  vne  duteté  vis  à  vis 
de  l'cftcmach  à  ccftéde  la  ligne  blanche  vers  le  Foy/*  entre  les  mufclcs  de  l'Ab- 
domen, laquelle  on  ne  pouuoit  dccouin  ir  qu'en  re</erchant  auec  la  main,  car  il 
nç  t:aioiirQit  lien çn  dehors:  ijyauoitaufij  heure  continue,  grande  douleur 

auec 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  j 

auec  pîqucure  &  battement:  Par  où  iccônus  aifemenc  fquoy  qu'il  n'y  eut  ai.icu- 
nc  cbaleur  en  dehors  ]    qu'il  y  auoit  vn  Abfccs  caché  entre  le  Pcriroine  \k  les 
mufclcs  de  l'Abdomcnrvoyant  lcdanger,&  qiicfi  on  ne  venoit  àladilïcdio  de- 
ces  mufclcs,  il  pourroit  furuenir  vue  mort  prompte,  ic  fus  d  auis  que  l'on  app-- 
laft  le  Dodeur  laques  Aubert  Vandomois  fameux  Médecin  à  Laufannc:ïl  auoiia 
auec  moy  qu'il  y  auoit  vne  inflamm.iïioH  cacl'icc  laqu;;llc  menaçoit  d'vnc  more 
fubite  ou  d'vne  maladie  longue  6c  de  rres  difHeile  guciifon  Ci  on  ne  vcnoic 
promptcmcnt  à  l'incifion:  ce  qui  rendit  cftonncs  ceux  qui  cioycnt  auprès  de  la 
malade,  parce  qu'il  ne  paroiiïoit  en  dehors  m  iiitempcrie  ni  tumeur  fans  pou- 
uoir  être  pcrfuadcs  qu'il  y  eut  vn  Abkés  cachéjrcicttaus  au  loin  Huis  que  nous 
auions  donne  de  faire  ouucrcure  aux  mufcles,  demandants  ncancmoins  que  Tou 
tâchatd'appaifcr  la  douleur  par  des  remèdes  Anoiynsâpliqnés  en  dehors,  .Se 
d'addoudr  en  quelque  façon  par  des  rcmcdcs  imernes  la  fièvre,  Nausée  ik  des 
Rapports  ou  vents  de  rcftomaLh;  Apres  aucir  prognoftiquc  le  danger  noas  fil- 
mes tout  ce  qui  ctoitnecelïiu'reaucc  la  diligence  rcquilc:  Quelques  iours  après 
la  douleur  s'ccant  apaisée  fur  la  miniiic,  la  malade  crut  être  gucrie  entiereTOenc, 
&  à  pêne  fuîmes  nous  entrés  à  la  m.iifon  vtrs  les  fept  heures  du  matin  que  le 
mari  venant  au  dcuant,  nous  vint  annoncer  que  (a  fe»nme  ctoit  entièrement  de- 
liuccc  de  la  douleur,  ce  que  nous  trouuahîics  véritable  ,  en  ctïc:  clic  ne  fentoic 
quafi  point  de  mal,  car  la  ccnfion,  les  vents  &  la  nausée  l'ajoycnt quitté  :  en 
couchant  les  hypochondres,  nous  n'y  trouualmcspiefqiic  point  de  dureté  ,  la 
fièvre  auoit  diminué  «Se  le  pouls  étoicafscsbon:  d'où  nous  conie6tuiâmes  qu'af- 
farémcnt  rAbfcés  étoit  rompu  en  dedans  ,   ôc  que  la  matière  s'ctoit  versée  5 
dans  la  capacité  du  ventre:  peu  de  iours  après  ayant  fenti  de  nouueau  de  la  dou« 
leur  au  bas  ventre,il  fnruint  vne  fièvre  ardente  Ôc  continue,  &c  en  fin  vne  défail- 
lance accompagnée  d'vne  Tueur  froide  qui  l'emporta  doucement  hors  de  ce  motp- 
de.  Nous  auons  recité  cette  hiAoire  auiong  afin  que  les  ieunes  Chirurgiens  ap- 
prennent ce  qu'il  faut  faire  Se  prédire  en  des  cas  de  cette  nature.  Ojf.  .^j.Cent.i. 
OBSERVATION     VI. 
D'vn  vlcere  a.hx  Reins  anse  vn  grand  Ahfcés  entre  le  Péritoine  &  les  wh/cIcs» 

oHuen  en  dehors* 
Madame  Magdclaine  Bi(s  femme  de  Noble  VuernerSalccConfulà  Soleurrc 
âgée  denuJron  40.  ans,  en  Tan  1617.  fur  la  fin  de  lanuier  commença  à  fe  plain- 
dre d'vnc  douleur  pcfante  an  collé  droit ,  clic  parut  preraiçrcment  au  droit  des 
feuiîcs  colles  ^i  delà  p.uiicrupciieure  du Foye,  puis  dclcendit  peu  à  peu  iuf- 
qucs  à  la  région  du  Rein  dioit ,  uns  nous  pouuoic  dire  aucune  caufe  externe 
de  cette  douleur  ,  fon-vrine,  comme  le  remarqua  loîgneuf.ment  Mr.  le  D. 
Scharande  ,  dcnint  bour.r.e  d'abord  6c  peu  de  temps  après  p aruluntc  ,  il  luy 
furninranHi  delà  fièvre  auec  nausée  ,  ayant  lur  tout  la  chair  en  aueilion  :  Mr. 
Scharande  luy  ayant  ordonné  quelques  remèdes,  iî:  amener  dos  eaux  de  Griel- 
4)ach  à  Soleurrc  dciquelics  s'ctanticiiii  aiix  mois  de  Uauicr  &  Février ,  clic  ic- 

A  i. 


4^.  Liurc  premier 

CGUiifarappetit  £c  rendit  vne  grande  quantité  de  maïuiaifcs  humeurs  par  les 
vrincs ,  fans  que  poiartanc  la  douleur  s'arrérac  cntitrcmcnt ,:  le  mois  d'Aouft 
fuiuanl  cîan:  allée  aux  Bains  de  Poiure  dans  le  pai's  des  Giifons ,  les  doukurs 
s':iugmentercnr  en  forte  (jue  dés  ce  temps  Jamais  elle  n'en  a  ccc  quitte  :  en  l'an 
i/îi^.  au  mois  de  Février  cette  douleur  viiîc  fort  grande  ,  c'cft'  pourquoy  on 
ioignit  à  Mr.Sciiarandclc  Docteur  Martin  Chnnilicc  Médecin  à  Bail:, on  la  pur- 
gra  djiechcflclon  l'Art,  elle  fut  f:iigi\éc  trois  fois  au  bras  3c  vne  fois  au  pic,  elle 
b:itau{î5  parinrcruallcs  des  eaux  aigres  de  Giicfpach^defqu.liesclie  lentit  quel- 
que beucficesCepcnàaiit  ell.-  rendoit  oïdinaire-ncnc  de  la  mariere  purulente  auec 
Icsviines^J  parfois  du  fable,  on  y  remarqua  auÛi  fort  fouuent  dans  icelle 
des  fîl«n"icnts  de  la  longueur  de  demi  doic  :  les  douleurs  venants  à  ^'augmenter 
àiii'cndroir  du  ReinichiS  auiîi  appelé  le  15.  de  luin  1618.  poui:  confulcer  aucc 
Mr.  Schirandcde  ce  qu'il  faloit  iaiici.ipres  Tauoir  derechef  piugéc  nousellaya- 
mes,  mais  en  vain,  d'àpailcr  La  douleur  iS:  de  rcloudre  inl*.  nllblement  la  maticre 
par  inunclions,fomcntations,cataplaimcs  &  chofes  fembiablcs,  ce  qui  nous  o- 
'bligea  à  ncjs  ieruir  dciuppuracits,  maii  il  nous  futimpoiîiblc  d'amener  la  ma- 
tière à  fuppuration,  pai'quoy  le  6.  de  luillcc  vnpcu  auàutdifner  i'y  appliqua/ 
^  mon  Cauftic,  quoy  qu'il  n'y  eut  en  dehors  aucune  âparcncc  d'Abfccs,  ou  il  fefîc 
vne  efcharc  de  trois  doigts'dc  longueur  à  l'endroit  du  Rein  tirant  vn  peu  vers  le 
Nombrils  iur  le  ("otr  ic  coupay  l'ciuharrc  aucc  vne  Scalpclle  propre  iufquà  la 
chair  viue,  laquelle  n'étant  pas  afsés  profonde,  ic  mis  encorvn  peu  de  ce  Cau- 
ftic  au  fond  de  l'incilion;  le  iour  fuiuant  ayant  continué  a  incifcr  à  trauds  i'cl- 
charre  iufqucs  à  la  maticre  puruhnte,  il  commença  à  en  forti:  abondamm.cnc 
du  Pus  blanc  &  bien  cuit,  n'en  ayant  ncantmoinslail'ié  fortir  pour  la  première 
fois  qn'eniiiiOn  quarre  onces  de  peurdâb^tre  les  forces,  verslefoir  Se  le  iour 
fuiuant  il  en  ("ortit  cncor  beaucoup,  ce  qu'on  en  tira  en  l'clpace  de  2.4.  heures, 
pefa  treize  onccs,apresquoy  tous  lesaccidcntscommcncerent  à  diminuer  com- 
me la  fièvre,  Nauscc,  mal  de  cœur,  veilles  ôc  autres  principalement  la  douleur 
tart  du  colle  gauche  que  celle  quiêcoi:  vis  à  vis  de  Tcilomach  ,  quiauoit  tant 
traup.illc  la  malade  quelle  ne  pouuoit  pas  mém:  rcpofcr  fur  la  plume,  &  la  nui: 
fuiuanïe  fut  suiTi  apaisée  la  couLur  qu'elle  auoit enduré  rres-violente  en  la  cuii- 
le  dicirc,  fans  que  l'on  la  peut  adoucir  par  aucuns  rcmedesj&cclla  entièrement 
au  bout  de  quelques  fouiS  l'ans  aucuns  rcmcdes-j  le  pus  ne  laiila  pas  de  couler 
abondamm.enr  vn  mois  durant  &  au  delà  ,  ôc  ceci  cil  à  remarquer  qu'auant 
Touncrture  de  l'Ablccs  ,  il  foi  toit  fouuent  des  grumeaux  de  faiig  auec  l'vrine 
de  la  grandeur  d'vne  len;illc,qui  ne  parurent  plus  parmi  Tviinc après  ladite  ou- 
ueiturc,  mais  Ibrrircnc  auec  le  i-'us  de  l' Vlcerc  j  11  le  trouua  aufli  moins  de  ma- 
tière puriilcnte  parmi  l'viinc,  par  où  nous  coni<  élurafmcsque  l'Abfcés  e  oit  en- 
tre h-  Péritoine  «Se  Its  mulclts  &  qu'il  communiquoitauec  les  Reins  ,  ce  qui  le 
iT-anifclla  cl  ircmerr  en  la  fuitc>  car  il  fortoir  de  i'Viccre  de  la  matière  fereufe 
mêlée  aucc  le  Pu$,mais  ileii;  m.alaisc  de  trouusi  les  r:ilai;cj;Ncus nous  feruimes 

de 


V 

i 


Des  Tumeurs  contre  Nature.'  S 

de  cctOiig'ient  A!iO(!yn&:  cIigc(l:'ffonruiire  tomber  prompcemcnr  rEf.hi- 
rc  2^.  Certcnoùitl'].  ColophotiiA  <:lr  Cittm.^iJ  Eiemi  a;i.  ^b,  crocilil.  curn  ol.rofm, 
(^a'nygd.d.  cj.ffvvgn  addîto  otiivitcllo  ;■  Ainii  l'Vlccre  ayant  fuiïi'amracnc 
fuppuic  ,  uoui  L'  moiidifiamcs  aucc  duPrecipirc  diiigcmmcnc  uiepacc  oi  re-  S 
dificrricléauecdub.urrc  fi:aîs  :  Il  fjtcn  n\\  confolidé  &c  fermé  de  dcatrice 
auec   des  Tentes  ticn-.pécs  en  du  Baume  du  ?cru  ,  lur  h  fin  du  mois  d'Aoufi::  ^ 
Il  fiuc  icmaïquci:  qu'en  le  feiuant  de  la  luldiîtc  poudre  ,   il  Uiy  furuint  vne 
Icgers  inflammation  des  Gengiucs  au;.c  flux  de  bouclic  ne  plus  ne  moins  que 
li  on  s'eftoic  feruide  l'inondion  de  vif  argent, tant  la  ir>aladc  croit  dclicare  »5: 
nioUejtandis  que  nous  nous  Tommes  leruis  deô  remèdes  Topiques  ,  nous  n'a-  ic 
uons  rien  laifsc  en  airicre  de  ce  qui  etoit  neccflairc  ,  elle  le  lèruoic  dVn  bon 
régime  de  viure ,    Nous  luy  auons  fouuent  donné  le  pois  d'vn  Efcu  des  Tco - 
chilcs  de  Gordon  en  du  laict  de  Chèvre  &:  quelquefois  vn  peu  de  Tercb-uthinc 
à  icun  aucc  des  Trochifes  d'Aikckenge ,  Et  apics  fouper  du  fuccre  Rcfat  auec 
du  petit  laicT:  :  Or  comme  elle  auoit  de  la  painc  à  prendre  les  Médicaments  en 
bruuagc  ,  nous  luy  faiiions  âualer  à  diuciTcs  fois  des  Pilules  fuiuantcs  au  poids 
de  deux  fcrupulcs  CV  vn  peu  aptes  vn  bouillon  de  chair  fans  pain, afin  que  leAie- 
dicamét  fc  peut  dilïoudrc  tant  plus  aifement  en  l'Elomach  &  par ucnir  à'!a  partie 
offensée.  ijf^.Tereh'tijh.^ptAc-tm  decoBo  Aràrnon.  veronic£  ^  AlchymtlUfamcU' 
U,p)roU&  lî(^Hir .%v\.piilH.ltcjulr .^vi.fpir.T erebmth.  rcdifcm.  9  ii  6.  M^.&fat 
TnaJJ'a  :  Les  A:cidcnts,commei'ay  dit,  commencèrent  à  s'appaifcr  par  l'vlage 
de  CCS  remèdes  &  les  forces  à  luy  rcuenir  peu  à  peu,  rendant  rojtesfois  tous  les 
ioursdu  Pus  auec  les  Viines  ,  à  caufe  dequoy  nous  luy  confcillafmes  d'vfer  à 
l'ordinaire  des  Trochifcs-  de  Gordon  ôc  des  Pilules  fufdittcs  :  Elle  cbsit  qutl-   - 
que  tem.ps ,  maiss'cftant  dcgoufice  enSn  des  remèdes ,  elle  en  quittarvlage: 
clic  fe  porta  toutcsfois  afsés  bien  ii.lqaes  au  mois  de  îuin  de  l'an  1619.    auquel 
temps  elle  commença  derechef  à  fc  plaindre  du  codé  malade,en  forte  que  nous 
famés  contraints  au  dcufrcme  11  illsc  d'y  appliquer  dcrechcfle  Cauftic  &  faire 
ouuerrure  comme  auparauaiit  dans  les  mulcics  iniques  au  Péritoine  ^  non  pas 
toutesfois  en  la  même  place  mais  vn  peu  plus  haut  6c  en  approchant  tant  foit 
peu  du  mnlcle  droit  de  l'Abdomen  :  le  Pus  lortit  encor  abondamment  comme 
aupruMuant,   &  la  cicatrice  de  l'autre  Vlcere  fe  rompit  quelques  mois  -près, 
nous  filmes  alors  paifn  le  Cordon  de  foye  d'vn  Vlcere  à  l'autre  afin  que  la  ma- 
tière ibrrit  plus  librement  ôc  que  L-  mal  du  Rein  p.  ut  en  finêcre  guéri  :    pour 
cet  eft-ct  nous  luy  ordonnafmes  aulîi  l'vlage  des  Décodions  vulnéraires  pour 
quelque  temsjfaii'ans  aulfi  des  inicdtionsaucc  icclle  dans  PVlcere,mais  ce  fut  en 
vain,car  la  matière  s'écoula  peu  à  peu  en  bas  fur  laCuiùc,  Elle  fe  fcruitauflitle 
pluficurs  fortes  deMcdicamtnts  tant  en  dedans  que  dehors  ,  même  des  fudori^ 
iics  fans  aucune  vtiliré,&  étant  enfin  allée  aux  Bains  de  Baden  en  Suiilc,  la  ma- 
tière fc  ramalfa  dercch-f ,  parquoy  on  ouuiit  TAi^oitemc  ep  pref.i,edu  Do- 
^"tcm-  Scharandc  vers  le  milieu  du  nuifclc  dir  iaiiflimus  ôc  picfquc  ^  n  la  même 

A     3 


é  Liure  Premier 

place  ou  Vel'il  Ta  remarque  en  la  Table  X.Iî  en  foi  tirencor  du  P us  en  abondâ- 
ce  :  clic  d.mciira  quelque  temps  aux  Bains  puis  leuinc  en  la  maifon  où  clic 
(c  poita  aisés  bien  >  IcsVlccrcs  neantmoins  fc  Ton:  eiicor  ouncics  cicfqucls  il 
dccouh  tous  les  iouis  beaucoup  de  Pus,mais  en  nou  ù  g  .inuc  ouancicc,&  rend 
ai.ili  oïdinairemcnc  des  Viines  purulentes. 

Oi  cpmmc  elle  Se  fou  mari  auoycnc  vnc  grnndc  confiance  aux  eaux  de  Gii- 
erpach/icqucl  s'en  écoic  fcrui  hcurcuremcnt  pour  la  pierre  des  R:ins)elle  vou- 
lu: Tçaiioir  li  clic  s'en  pourroic  Leruir  vtilcmcnc,£llc  ne^Touhaitcc  pas  beaucoup 
que  les  Viccres  viennent  à  confoiidation,  mais  elle  croit  que  les  ViTccres  inter- 
nes pourron:  crrcnctcoycs  deshumeurs  vitieufcs  «Se  fortifiés  par  l'vlagc  de  ces 
eaux  )  que  rril-mcsrVkere  inceine  pourra  par  ce  moyen  fe  conlolidcr.-  miis 
ni  Mr. SùiiaranJnirnoy  ne  pculrneslcs  approuucr,  car  il  cft  clr.ir  que  les  exul- 
cerations  internes  ne  font  pas  cncor  coufolidé'.^s,  veuTabDadancc  de  Pus  qui 
fort  tous  les  iours  par  les  viines  :  Or  rcxpcticDwC  fait  voir  en  quelques  vus  que 
li  i:s  eai'X  aigres  fonc  conti aires  aux  cxulceracioas  internes  à  caitfe  Jc  l'acrimo- 
nie que  leur  donne  le  Vitriol  ;  Elles  ont  bien  la  faculté  ,  comme  Si  Taber- 
nxmorit^nus  en  Ton  Thrcfoi;  des  eaux  chapitre  4.  de  nettoyer  Ls  R;:ins  «Se  les 
conduits  de  i'Vrine  des  humcuis  mauuaiies  &  gluanres ,  mais  nous  nions  auec 
luy  qu'elles  puifrnrconlbliitr  les'Vlceres  des  parties  internes  à  caufc  de  leur 
acrimonie  qui  l'empéchc,-^  ij  nous  femblc  que  Ic^  Trochir:s  de  Gordon  pcu- 
itenefuHite  aucc  les  i'ii.iles  JjTcrcb.nthip.c  ou  quclqu:  Dccoclion  vuluerai- 
.re  pour  ach^uer  la  cure. 
|j       le  me  lbuui,ns  qu'enuiton  r.in..J5  87.  comme  ic  commer.çoîs  à  exercer  la 
Chiru:gij  à  Laufinnc  ,  i'ay  veu  guérir  vnc  Exukcration  des  Reins  p.ir  le 
Voù.  nr  Claude  Aibcri  ceUb.e  iVled''cin,par  vn  SyiQp  magiPcral  lai:  de  pyio- 
le,  fanicle  d<:  pié  de  Lyon a:icc  Succrc^'  mi'.l ,  fans  laillcr  en  arrière  Ijs  rcm.c- 
i^  des  généraux  :  On  peut  demanda-  fi  f.s  Vlccrcs  externes  pourront  être  cpn- 
foli  jcs  Sz  guéris  far.s  danger  de  la  vie  ,  Nous  difons  q-Jc  non  ,  car  la  m.;hc!e 
cftfuictrcdcspluficur^anncesà  desdbftrudlions  de  l-oycj^  des  Vêncs  mila- 
laïqucs,  comme auOTi  à  des  douleurs  de  Matri:e|.-  il  efi;  donc  manifcftc  que  la 
Nature  s'efl  fait  ce  paîîàgc  pour  chalïcr  lcsm.iuuufi.shumeuiS.hors  du  corps, 
lequel  il  ne  faut  pas  boucher  tcmcraircmcnt.O^/^-^.t  f'</.6. 
OBSERVATION     VIL 
D^'-^^idAhfcèsfoHs  lemiifcîe  Vf^ds, 
CofmcSlotani^srrci  habile  Chirurgien  en  Btrsham  ayant  été  appelé  au- 
.prcsd'vne  hororable  Dame,  îa  tiouua  au  licl;  fc  pi  lignant  d'vne  douleur  fort 
■  aiguë  aux  Ïambes ,  auec  fièvre,  défaillance  &  dilhcultà  d'yiiner:  ayant  reconu 
pat  le  genre  de  la  douleur  «S^  autres indicei  qa  il  y  aaoit  vn  Abicés  i«tcrne,  f  car  * 
il  ne  parciircit  tien  en  dehors  &  on  ne  po'.Moit  rien  dccouurir  auec  la  main,) 
Jfous  le  mufclc  Pfoas  qui  elt  félon  Vcl^al,  le  uxiéme  de  cciîx  qui  remuent  la  Cuif- 
fc  oc  marque  e  ea  la  flptiénic  table  des  mulUes ,  il  fi:  entendre  qu'il  y  auoic 

danger 


Des  Tumeurs  contre  nature.  7 

âaf^a  de  la  vif  il  on  ne  baiilolt  pas  ilîlic  à  l'iiurnciir  ^^'li  cftoir  cnfcrrrce  en  fii- 
faacoiinerruie  nu  côic  :  Les  amis  du  malalcy  ayanis  confcntijil  oiuuitaii^c  le  i5 
Rafoii  la  peau  ^  les  mufclcs  cxtjiicurs  iu^qu'au  Pfoas  à  cô:é  de  l'Echinc 
du  Dos  :  il  en  foitic  vjiuntitc  ti'humcur  purulente  6<:  puante  :  dés  ce  temps 
tons  les  fymptomcs  s'aiictcrent  &  elle  fat  rcmilc  en  peu  de  rerrps  ayant  \c- 
cu  en  bonne  iantc  plufieurs  années  après  :  1  Vlcerc  fut  entretenu  ouneit  quci- 
qucsfois  auec  des  rentes  de  racine  de  gentiane  ^  qneKpefois  cuec  des  Épon- 
ges préparées  tnmpées  en  écs  medicainenrs  mondificacifs  &  abRerfifs.  après  il 
incarna  l'Vlcere  auec  ks  Sarcotics  :  il  ne  fe  leruit  pourtant  point  des  inic-  j^ 
<îlions,cc  qu'il  faut  rcmarcjucr  en  toute  playc  &  Vkeie  qui  fonc  en  la  Poîri iiic 
ou  au  bas  Vcntre,car  il  pourioit  entrer  en  la  cauitc  de  l'vn  ou  de  l'autre  quel- 
que partie  de  i'inicdIon,ou  elle  produiroit  de  grands  accidents  qui  mctcroyent 
le  malade  en  danger.  Ohf.éyCent.i. 

OBSERVATION^  VIII, 
X>'  vnfembUble  ^i  bfc  es. 
En  l'an. 1585.  vn  leune  homme  de  27.  ans  en  décendant  du  fommet  du  Mont 
Cenis  tomba  rudement  à  la  renucrfe  en  vn  fentier  fort  penchant  &  pour  com- 
ble de  mal  la  poignée  de  fon  Efpéc  fe  trouua  engagée  fous  ks  faulks  codes  &c 
le  Rein  gauche  où  il  A;  fît  vne  afsés  grande  contulîon  &c  mcurtiilTure:  il  ne 
fentit  pas  pour  lois  beaucoup  d'iocommodité  Ck  ne  laiilà  pas  de  continuer  Ton 
chemin  :  Quelques  iours  après  il  fendt  vne  légère  doukur  au  côté  gauche 
vers  les  lumbes^qui  augmentant  peu  à  peu  veint  à  le  touimcnter  excremcmcr.t, 
en  forte  qu'il  en  perdit  le  fommt  il  (k  l'appctit ,  quoy  qu'il  ne  fut  pas  altéré  6c 
qu'il  y  eut  fort  peu  de  fièvre  :  il  n'y  parciioir  rien  de  liuide  en  la  paitie  fans  au- 
cune tumeur  ni  tache  aucune  j  mnis  tout  étoit  naturel  :  Il  (c  veifa  vne  grande 
abondance  d'humeurs  de  tout  le  corps  fur  le  mufclc  gnuthe  des 'deux  internes 
du  Dos  appelés  par  ks  Grecs  Pfoas  fur  lefquels  ks  Reins  fe  Tcpofcnr ,  qui  font 
iîtués  dans  le  plus  profond  des  Luinbes  :  Cette  cheutc  auec  la  violence  de  la 
contuhon  auoycntcté  cnuic  que  les  humeurs  s'y  ctoyent  iettécs  ,  kfquclles 
étants  retenues  dans  ce  détroit  &  ne  poiiuant  pas  tranfpircr ,  {c  corrompirent 
facilement  &c  par  leur  qu  intiré  y  engendrèrent  vn  vray  Abfcf  s  :  Car  comme 
cnfcignc  Galien  en  fon  y:a  micr  liure  de  la  di-ifeience  des  hévres  chnp.3  Ce  qui 
t'il;  chaud  &  humide  étant  retenu  en  vu  lieu  chaad,y  pourrit  facilement,  s'il  ne 
peut  pas  tec  c  noir  de  l'air  e^c  être  iafr.ichi  :  Qjant  à  i'humcur  qui  êtoit  dans 
l'Abkés  i'eRimc  qti'cllc  êtoit  prîii«:;pakmcnt  pituitculc  quoy  qu  il  y  en  eut 
aufli  des  autres,  les  Accidents  qui  fji.'ind.cnt,  mêle  fout  croirc,jar  1a  blle,^3<: 
fur  tout  la  ia:jne,qaai>'i  elle  pou;  ar  ^  s'échiuftc  outre  mefurc  ,  (î  elle  domine 
iiir  les  autres  humcui s  ,  fait  vne  grande  îi.nnmmarion  auec  vne  fîcvrc  aigu'c, 
m  Hs  icy  elle  êtoi:  ft  légère  qu'à  peine  la  ponuoit-on  remarqir.  r  ;  outre  que  ic 
malade  n'éta.it  pasalteié  on  ne  pouuoir  pas  coiiiecf  urrc  autr^  chofc  iiwov  qu'il 
y  auoit  bcouooupdepimitccnfon  C0i.ps  &  priacipakmciK  daiîs  l'Eiloniach 


8  Liure  Premier 

i.iq'.icUe  pojuoîc  amener  le  cîcgoull  fans  caufcr  Je  la  foîf  :  OLitre  que  le  iciinc 
liDnipc  auoit  pafsé  pluficurs  années  en  des  licax  proches  de  la  mer  où  il  k  nour- 
liiroic  ce  Poil]R)n  îk  de  viandes  qui  cngendreac  le  phlegrac  :  La  violence  de  la 
douleur  vcnoiren  p.irtie  de  rinflninmàclon  quoy  que  it-gcrc  ,    en  pairie  à  caufc 
delà  grande  ditlcnlion  des  î-ncn:biancs,Ncrfs 3-:  autres  paities  fenilbles  lerqiiei- 
ics  croycnt  prcres  à  ic  rompre  par  U  trop  grande  quantité  d'iiu meurs  qui  les 
prcfl'oit  ;  La  violence  de  la  douleur  cfloic  caufc  qu'il  ne  pouuoic  point  repola; 
Il  fut  mené  en  cet  état  à  Gcncue  d'où  il  n'-^coic  pas    beaucoup  éloigné  ,  ÔC 
y  fut  traitré  par  vn  Mcdecia  comme  s'il  eut    été  trauaiilc  de -laGrauelle, 
croyant  où  qu'il  y  auoic  vne  inflammation  en  la  fubibiiice  du  Rein  où  quelque 
ob(lrucl:ian,&;  luy  ht  prendre  des  potions  qui  pouuoyent  airétcr  rinHamnna- 
tion  ÔC  chalfer  la  Pierre>mais  mal  à  propos ,  car  il  u  auoit  point  diirliculcé  d'V-, 
tinerjfans  ardeur  ni  baue  en  f  on  Vrine<5c  fans  dureté  de  Vcntie,  qui  (ont  lesii- 
gncs  infèparabics  de  la  Grauclle;cctce  méthode  n'ayant  pasiciili],  il  fut  mjnc 
par  l'Apothiquairc  à  M.Ican  Griifon,  lequel  reconnue  incontinent  ce  que  c'é- 
coicdu  mal  ^^our  en  auoir  tiaitté  vn  fcmolablc  peu  de  "temps  auparauant. ,    fai- 
fani  entendre  au  malade  que  11  on  ne  fecourcit  pas  la  nature  en  donnant  illuc 
auPusqui  ctoit  enfermé ,  qu'il  c'toit  en  vn  grande  apparent  danger,ùtLuioic 
'S  qu'il  airiueroit  infailliblement  que  T/iblcés  venant  à  Ce  rompre  inteiieure- 
ment  &:  le  Pus  à  fe  vcrfer  dedans  la  cauiré  de  l'Abdomen  ,    il  corromproic 
peu  à  peu  la  fubftancc  des  Reins,  le  Pciiroine  &  les  ViiTiles ,  outre  que  les  va? 
peurs  qui  s'en  cleucroycn:  ne  manquetoycnt  pas  de  monter  au  cœur  &  d'y  al- 
lumer vne  chaleur  étrangère  3^  fievrcufc  en  étouFant  ^  éteigiiant  la.chvtlcur 
iuturclle  .3c  infctuuit  les  cfpiiLS  qui  ii  diihibucnt  par  le  co:ps  >  Q^  tout  cela 
ctoit  capable  de  le  m:r:re  en  danger  de  la  vie  ,  Ces  raiibns  pcrruaucient  le  ma- 
lade à  ic  mettre  entre  les  mains  d'vn  Chirurgien  li  bien  intentionné.,  lequel  met 
d'abord  cette  Veific  que  la  maiicrc  qui  croit  éparlc  par  toute  la  région  deskim- 
bes  fut  ramafsée  en  vn  feul  lieu  par  des  Médicaments  puiliammenti  artiaaii's> 
'9  alTàuoir  là  où  ii  y  auroit  petit  nombre  de  Vaiifcaux  (k  peu  conlidciabiescv  cù 
il  y  âuroit  le  moins  de  danger  d'ofFcncer  les  organes  du  mo'.:ucmi ut ,  ce  qu'a-r 
yant  reconu  parie  fcntim.entdela  partie,  portarit  çà  &  la  vne  Sonde  d'argc.itj 
il  fît  fur  le  champ  vne  ouuertute  au  côte  gauche  vers  la  quatiicmc  veucbrç 
2.0  des  lumbes  auec  vn  Rafoir  rougi  au  Feu,  protondant  a  la  longueur  dudcigc 
,Indice>comme  on  le  pouuoit  recueillir  par  la  Tente  qu'on  y  racLCoif,nc  iaillant 
pas  d'y  mettre  cncor  deux  doigts  pour  élargir  l'enacetSc  baiileriîiue  au  Pus  qui 
fortiten  abondance;  Ayant  modéré  la  vacuation  Lion  l'Art^il  f.t  BirevncCan- 
nulc  d'argent  de  laquelle  il  fe  deuoit   leruir  refpace  de  quelques  mois  aprcs 
l'auoir  enduitte  d'onguents  Purgatifs  ÔC  dctcrHfs:  Ayant  pratiqué  tOL;c  cela  ré- 
gulièrement auec  vQC  falTbn  de  viurc  conucnablc  ,  les  leurcs  de  laPlavc  Ce  f;.r- 
mcrcnt  d'elles  mêmes  auec  vne  Ci  ferme  cicatiice  qu'il  n'y  ui\a  ni  Fillule  ni 
lien  d'ouucrr,  Ainfi  il  fut  fi  bien  remis  qu'il  ne  fcntic  iamais  aucune  iacommo- 

dite 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  9 

dire  ni  à  ctcnJre  la  Ciiiilè  ni  ï  ployer  le  Dos,ni  en  aucune  antre  de  Ces  Actions 
Obfemanons  1.3.  Cent.  i.  communiquée  par  Mr>  Boucard,  Profejfcur  en  Plnlofophis 
à  Laufanne.  %k 


OBSERVATION     IX. 

D^vn  Ahfcès  au  Boy  au  Colon  Apres  vne  Colique. 

L'An -1603.  19.  Février  Louyfe  femme  d'Hurnberc  Vnillard  iîcur  de  Chate- 
nai  fur  actaqucc  d'vne  violente  Colicjuc  auec  conftlpation  de  Ventre  &c 
vomiircment  qui  futTaiuie  incontinent  de  fièvre  :  le  mal  ayant  ccc  négligé ,  la 
douleur  augmenta  en  telle  forte  qu'elle  ne  peut  p^int  prendre  de  repos  l'cipacc 
de8  iours,El!e  laprclloic  auec  piqueure  principalement  au  cô:c  gauche  fous  les 
faulïls  colles,  Ayant  été  demande  le  troiiiemc  Mars  ie  la  trouuay  en  fîcvre  très 
ardente  ,  (on  Ventre  étoit  bouiîi  de  iXicme  que  li  elle  eut  ccc  hydropique  <!><:: 
tendu  comme  vn  tambour,!!  n'elloic  foai  ni  vent  ni  aucun  excrément  de  Ion 
corps  rcfpace  de  huitiours ,  ce  qui  luy  auoit  apporte  de  la  diiïculté  à  refpirer 
&  des  défaillances, Et  quoy  que  ie  la  vilFe  en  giand  danger  Ac  la  vi?,ie  ne  laif- 
fay  pas  de  luy  donner  vn  Laucment  lenitif,  mais  la  coulîipation  croit  fi  gran- 
de tu  le  Vencre  (\  plein,  que  ne  pouuant  monter  en  haut ,  il  fortit  incontinent 
fans  rien  faireiEn  cette  même  nuic  l'Abfcés  fe  rompit  en  l'hypochondrc  gauche 
là  où  leBoyau  Colon  eft  le  plus  ctroit,Ie  le  reconus  par  1:-  Pus  qui  fortit  par  le 
bas  Ventre'.il  fembla  que  le  malade  en  reçeut  quelque  allégement ,  mais  vnc 
iueur  froide  luy  écant  furuenucauec  fyncope,  elle  trefpalfa^à  l'aube  du  iour 
■  Obfa nation  74.  Ceriturie  i. 


OBSERVATION     X. 

1)*vn  dangereux  Abfcésp-és  du  Fondement  ap/es  \mefaignee  faite  mal  à  propos. 

N  Avril  16 -.cMonfieur  Nicolas  Henzius  Profcirein- de  la  Langue  Grec-  , 
^queàBcrne  fcfirfu;;ncr  pluftoll  par  couflumc  que  par  nccdlîté:  il  crue 
<\uiï  kroit  mieux  (i  o!i  liroic  vnc  bonn^  quantité  de  fang  fc  faifinroiiurir  devx 
Vênesen  même  temps  ('comme  cclafe  pratique  parmi  nous  '  IVne  au  bras 
droitjl'aurre  en  la  m.;ip.  i^auche  ,  Q^-iniuet'-il?  A  peiîic/cpallat'-il  rtois heu- 
res des  la  iaigncc  qu'apirs  vne  grande  agitation  du  f  mg  ii\:  des  hurr.cuis ,  il  s'ea 
fit  vne  décharge  lur  le  Fondement,  de  forte  qu'il  eut  que  toutfon  faner  cieuoit 
loîtir  p.ir  leiiege  auec  impotuofité  :  car  le  fang  qui  étoir  cmeu  âcLa:^  I.i  Véne 
Cauc,mJmcsdans  le  Foye  Ck  la  Vêiie  perte,agita  aaliîi'humcar  m:].ri:holiquc 

B 


21 


10  liarc  Premier 

quirôbci  ficîîcment  fiii  l/>  fondcrre::  Cclaarriiia  nifcmércn  vn  corps rerr^pH  de 
maiiuûi/es  iiiineii.s  pvi;tcîpa!cmcnc  de  i'atiabihiie  f  Liquclle  par  la  pcjâteiir  al- 
loir  ci?  roy-mcme  r.i:  fug?  pp-  les  Véncs  lictmoiihoiJ.iles  ;  ^<.  cncor  plus  paicc 
qu'  1  n'aiioiî  pain':  erc  puigc  aiianrlâlaigutc:  La  douleur  donc  d<.  iniiairmauo 
-ctanis  fuiucDucs  trois  h-juros  aprcs h  i:ug!iéc,la  nui:  faiuârc  fut  fort  fach'^ufciLc 
iour  ?.D:ts  croyant  fj.diiicitirp.iv  la  promenade  ,  rincommodirc  s'augii^cnta  t^,: 
fe  coniienk  en  vn  Ablccsdur,dolourcux  îiicc  icnicejice  ,  il  iiiriii.it  r.uilide  la 
lîcvrc  ^' les  veilles  aiicc  rinqiiiétndc  s'augmentèrent  :  ainfi  il  fut  touimentc 
dVx:>.{lUKS  l'ouicuvs  aucc  conilip.uioii  iulcjucs  au  fixicme  iour  :  Ccpcndaiit 
ifK;Bùibi:i  laid':  en  r.riierc  l.'s  rc:r_:-dcs  vuiueiTcls  >  &  fe  contente  de  Con  Ein- 
vïkïc  inconnii:Sc  fus  Jt  mard-;  le  5. de  May  ilir  le  foii  Se  le  tiouuay  grandemenr 
opPiclsé  :  e  rr;t-  fcitiis  aufli  roll:  de  (bppolitoires  pour  lay  lâcher  le  Ventre  j  vn 

^3  Laucment  auroir  ecc  plus  à  p.  opos  ,  mais  c'cft  vne  chofe  étrange  qu'autant  ks 
liorKiBcs  Doules  ..V  les  plus  grands  que  les  moindres  or.t  en  horreur  ce  remède 
comme  s'il  y  a>;oit  quelque  choie  de  ba'.bare  ,  Enuironlcs  neuflieures^iu  foir 
ie  l'jy  fis   prendre  vne  potion   Anodync  ik  cordiale  de  confcdtion  Alkemes> 

2  A  Extrait  Anodyp, Eaux  de cauLllc  ,s^  borrache  ,  appliquant  ce  CaraplafmeAno- 
6yi\6c  mmmz.vS.'^^Var.Trltic.iu.fennenti  It.pnlu.fcL  aUhtt.malu&crifp&  an.l^. 
fem.lini  fceuugr.nÂonioy.an.T^tl.pinguedin.porc  i^T' pictiaual .an.-^t^i  croci di.co^Han- 
tur  cnm  c^iuî  comiDU  feCatapl.additisoaoiwiulhs  i.applsca  calidè:\\  rcpofa  quel- 
que peu  ccrt..  nuit  ià,le  iour  iuiuanc  le  mcmeCataplarme  fut  applique  par  deux 
fois,luy  faiGnr  encor  prendre  après  le  louper  la  potion  fiifdifte  :  rAbfcés  fur 
meurau  7.  ioui  parle  Cataplairae 5^;  lur  rAtibe  du  iour  il  le  rompit  j  d'où  il 
forri:  de  la.maticrerercurejbourbeulè,liuide&  h  puante  que  toute  la  chambre 
f'jt  remplie  d'vnc  odeur  comme  de  charogne  >  de  forte  qu'il  falut  charger  non 
f,  Lîkmeiudc  bandes  6c  de  chcmife,  mais  a  cil]  de  lûiceux  &  de  couctre  «Sc  par- 
fumer 1.)  chambre  tout  ie  iour.Qu?nràrAb!ccs  qui  étoit  en  la  fcllc  gauche  pro- 
che le  f-^ndement,  il  fe  rompit  en  deux  endroits  Ayant  m.is  la  foiide  en  l'vn  & 
l'rutrc  Vlceie  ic  trouuay  en  celuy  d'eishau:  vn  Sinus  de  cinq  do'grs  de  tiauers 
en  logueur  qui  alloit  droit  en  hant:5«:  en  l'autrcjvn  qui  alloit  vers  i'inteftin  Re- 
ctum'de  coté  àla  piofondcnr  de  deux  coigtsenrrauers  :  la  fonde  entroit  en 
l  vn  i^  l'autre,  principalement  dans  le  plus  profond^fans aucune  douleur  ,  tant 
auoir  été  grande  la  pouriirure  :lcmelcruisau  commencement  du  Digcftif  & 
drifafdit<-at^plafmc  i'efpace  de  quelques  iours  tV  en  fuite  des  m.ondificatifs 
rucc  la  Decodion  vulnéraire:  Il  ht  r'prcscclarem.is  &  fc  porte  à  prcfcnttrcs- 
bicn  :  On  recognoiil:  d'icy  (jue  telle  a  très- Bien  dit  Qu^il  eft  tres-malaisé  à  vn 

5-  ignorantdc  tirer  dufang,c'cft  à  dire,bien  à  propos  t\  auec  fruit  :  Nous  1ère- 
maïquons  tous  les  iours  &  principalement  parmi  les  Allemands  qui  croyent 
que  la  iaignée  eft  vue  Panacée  contre  toutes  fortes  de  maux  ,  Et  comme  ils  fe 
co;;fi-nt  k  des  ignoiants,  il  ne  faut  pas  frouuerctrange.fi  ce  rcnjcde  en  tue  vne 


m- 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ,         n 

înfinité,veu  que  félon  Galicn  auliiirc  delafcaiifîcation  ,  il  fort  beaucoup  d'ef^ 
prie  vital  aaec  le  fang.d'ou  viciKque  tout  le  corps  le  rcftoidit  &  que  toutes  ic^ 
fonikions  naturelles  s  en  font  plus  mal.  Cett.V.Obfem/iy. 


OBSERVATION     XI. 

D'vn  Abfcc!  rompu  en  la  Vejjie  da^ds^  font  fort  is  des  vers  âhcc  l'urine. 

L'An  1591.au  mois  de  luilîet  ie  fas  demande  à  Garrad  pour  voir  la  femme 
d'Hviman  Hickup  âgée  de  50-  ans  iicancmoins  fort  roburce,  laquelle  ie 
^'  ^uuav  trauaillcc  de  violé:es  douleurs  au  b^^s  Ventre  auec  vnc  m.inifefle  dureté: 
£'llc  ne  rendoit  de  l'eau <^c les  excréments  qu'auec  des  horribles  douleurs,  ne 
plus  ne  m.ains  que  fi  elle  eut  êcé  c\.\  trauail  d'eiifant ,  èr..\\M  par  fois  en  fif  vre  & 
ayant  quelquefois  des  def.ii lances: l'ayant  purj^cc  doucemenc  par  Aci  Lau^mécs, 
cmoilicr.s,ie  H*  vnc  inicdion  Anodync  auec  desfomcnracions  de  même  nature, 
ayant  condnué  quelques  iours,  i'Ab.cés  le  rompit  en  tin  dans  la  Velîic  qui  cou' 
la  l'clpacc  de  S. ou  o.io jrs  à  chique  fois  q  je  la  m  dade  rendoit  de  l'eau  ,  (ce  qui 
luy  arriuoit  louucnt)  elle  rendoit  quantité  de  Pus  fœtide  auec  vnc  infinité  de 
petits  vers  ftmblables  à  ceux  qui  font  au  fromage  .•  après  quoy  la  douleur  <5<: 
autres  fymptomes  ccirercnt:  Ayant  cnfuitte  fait  vne  inieciion  daiis  la  Veiîie 
quelques  iours  durant  de  décoction  de  Centaurée,  Abfynthe,  mille  pertuî  ,her- 
niaria  en  vin  blanc,y  adioutant  vn  peu  de  miel  rorat>la  malade  fut  rcmh'e  &;  a 
vécu  gaillarde  longtemps  après. 

Col'me  Slotan  grand  Chirurgien  m'a  fouuen:  raconte  qu'il  auoit  ouuert  le 
corps  d'vn  homme  coniîderable  duquel  la  Vefîîc  êtoit  veuuedcla  groilcur  de 
la  Tétc  dVn  enfant  par  vn  rchirrc:il  auoit  été  trauaillé  quelques  années  aupara-  *7 
uantd'vnc  difficulté  d'Vriner  auec  tres-frraiîdes douleurs  .-le  fchirre  étoiratta- 
chc  fermement  à  la  Veiric  de  tous  coites  hormis  à  l'endroit  ou  les  vrcteres  y 
entrent,  la  Nature  s'écantie-refué  ces  conduits  iufques  à  li  Verge  pour  la  Va- 
c nation  de  l'Vrinc. 

Il  y  a  îï\  ans  que  ic  vis  à  Laufannc  auec  le  Docteur  Rous  3c  Cl-tudeMarion 
Apothiquiire  vnc  Dame  qui  auoit  dans  le  corps  même  de  la  Veflie  vn  fchirre 
plus  gros  que  le  poi!ig,comme  on  le  pouuoir  découurîr ,  tant  par  le  doigt  mis 
au  Col  de  la  Muacc  que  par  h  Sonde  cs:  leCathxtcr. 

L'an  1599.  ie  traittois  à  Cologne  a  ;ec  le  Dic^cur  lean  Siotanus  vn  feune 
ho.TiiTic  auquel  TViiine  s'arrêta  après  vue-  ciî.utc  fur  le  Dos:on  appliqua  plufieurs  iS 
rcmedes.maisilnc  peut  iamais  rcadie  de  l'eau  que  par  le  moyendelaSor.de 
iniques  au  dixleptîemciouris'ctanr  enfin  rompu  vn  Abfcés  cnlaVefrtc,  il  vci/Ia 
librement  du  pus  trcfpuanr  auec  rVtine  &  fuil  bien  roll  remis  :  O'jfrHM'i.jt 
j6.Ce;if.i. 

'    B     2. 


li  Liure  Premier 


OBSERVATION     XU.  . 

D'^vrie  Jfijiamwafion  au  Vifage. 

AV  mois  d'Avril  i6  vau  Village  de  Puiili  pioche  LaiifannejVnc  ccttainc  de- 
fluxion  tomba  fui  kl  moitié  du  Vitage  à  vne  Femme  de  i4.?.ns,  il  s'clcu:î 
auiTi  vn  bouton  nccompngnc  <  c  grande  douleur  aucoiii  de  la  Icvrc  de  dc<îiis,  elle 
me  dcma!;da  an  >  .ionr  cic  la  maïadierlt  tioiuiny  tout  le  vifsge, même  la  Lançuc 
&.  le  Col  rellemcntcnfifs  qu  à  peine  poiiuoit  cUeaualei'  ni  viande  ni  biuungej 
il  y  auofrhcvre  coiitinue>dêgOL:ft&  doulcundcTeftcrinflammarion  écoit  fort 
grande  auccqutKjuc  liuidité,dc  foitc  qu'on  ne  pouuoic  croiie  autre  chofc  li- 
non que  la  Gangrène  s'y  alloit  mettre  S>c  qu'elle  ctoit  ctï  danger  de  la  vie  :  le  la 
traittay  de  cette  façon^Aprcsluy  auoir  laihc  le  Ventrc^ie  luy  ouniis  la  Vêne  au 
bras  droit  ^-  luy  tiray  iulques  à  x  onces  de  lang  ,  Car  elle  étoi[  fort  fanguine. 
Eu  aprcs  i'appliquay  ce  (~i-.taplafmc.  TC^SempernJui  rninor.  Geran.j  an.  m.  ]•/•■«- 
rt//.Lordell  iv.îiiJiligennjJtwè  in  rnortario  fcatafl.  addira  aq.rofar.cj.^  applica  te- 
piàèjQtno.  n  ém.e  nuit  ille  le  porta  mieux,  le  lendemain  ic  lapurgcay  auec  vn 
Médicament  ld"io!agogaCj'3<:  luy  ordonnay  vn  régime  de  viure  très  iobre.N'a- 
yan' f  .'srcrenula  picmiere  potionàcaule  de  l'abondance  d'humcuis qui  êtoit 
cnl'Hftorrachjie  la  rtïteray  le  lendemain  &c  auecfucccs ,  Car  elle  fur  remile  en 
peu  de  ioM's  auec  admiration  de  tous  ceux  qui  l'auoyent  veu. 

3*^.  Le  Cliiiingien  doit  faire  cette  remarque  iur  cet  exemple  que  s'il  vient  va 
Eryrjpeleau  Viu-ige  anec danger  de  fullocation  ,  qu'il  faut  tirer  du  lang,  car 
l'Erclypele  ayaiit  accoutumé  de  produire  des  grandes  Inflammations  non  feu- 
le meni  par  l'abonuance  d^ s  humeurs  &i  du  lang,  mais  aulTi  à  taufe  de  la  quali- 
té d'iceluy,elle  demande  vnpuilïantrafraichiiîeraent  ,-mais  chacun  fçait  (  mê- 
mes les  Appreiuifs  )  combien  ileft  dangereux,  de  crainte  que  les  Médicaments 
Rcfiigeradfs  &  rcpeicuffifsnerenuoyentles  humeurs  aux  paitie^Noblcsprinci- 

^^  p,  1',  m.ent  au  Cerneau,Voila  pourquoy  il  faut  rafraîchir  le  corps  non  leulemenc 
parles  remèdes  Topiques  ,  mais  aufli  par  la  façon  de  viure  8>c  par  les  Médica- 
ments interncs,tirent  du  (.Tg  du  bras  qui  eft  ducocé  du  mal ,  après  auoir  lâche 
le  Ventre  par  vn  Lauement.  de  peur  .que  l'Inflammation  ne  Te  charge  en  Gan- 
grené. ÀH  liure  de  lit  Gangrené  chap.  xn. 

f ^^ 

OBSERVATION     XllI. 

D''-jne  J/ifiammation  &  autres  Accidents  prouenus  d'vn  Ciron. 

'Aul)99-  En  la  Caiiicule,E(licnnc  Fauconnier  de  Cologne  âgé  de  4-O.ans, 
robuilc  de  complcxion  fu-guinc ,  anoit  vn  Ciion  au  Métacarpe  prés  le 

doigc 


L 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  15 

doi^t  M^clicînal,s'ctant  gratte  la  main,il  y  vint  Inflammations  douleur  très  ci- 
fiielaucc  fiévrc,malde  cœur  Ov'  aiuics  grands  acciJciUS,qui  me  firentcroirc  que 
laGanercnc  n'étoituas  loin, car  Icshumcuts  k  i.^roycntauec  irrpetiîolîic  luria 
partie:  ayant  neantmoins  ordonne  vne  façon  de  viure  rafraichillàntc  &  humc- 
itaue  :  aprcs  auoir  purge  le  corps  aucc  \'ckâ:JAue  de/ucco  rcfur.ik/yr.  rof.foL 
compof.  cu?n  %heo  &fenria,  comme  auîli  aprcs  raaoirfai^r.c  au  bras  oppolkc  *^v 
m'ctant  ferai  de  rcmcdes  Topiqucs,premierement  adiliingrnts,  rafrf.ichiiranrs 
^  rcpcrcurfifs  ,  en  fuircde  ceux  quiicfoluent&:  difiipent ,  la  main  fut  icmifc 
par  la  grâce  de  Dieu  en  bon  érat, 

lime  fouuicnt  d'aucir  olii  de  la  propre  bouche  de  ce  grand  perfonnage 
Théodore  de  B-ze,  qu'il  auoit  connu  vn  homme  trcs-conliccrable  lequel  éroit 
mort  de  la  même  façon.  On  doit  apprendre  d'icy  qu  il  fciut  tenir  vne  m..ladie  32. 
pour  grande,  non  feulement  celle  qui  attaque  les  parties  Nobles,  allauoir  le 
Ccrueau,  le  cœur  &  le  Foyc:  ou  bien  celle  quicft  grande  d'elle  mefme,  com- 
me eft  la  Squinance,  la  Fleurcfie,  la Peiipncumonic  ,  mais  aufli  celle  qui  pro- 
uient  de  Cacochymie  3^  m.aliguité  d'humeurs,  comme  cnfcigneGalicn  au  liurc  - 
4.&  7.  defamtthoic,  Obfcnt.  06.  Cent.  i. 


OBSERVATION     XIV. 
Dh  Panaris  ou  Paronichîe. 

CHacun  fçait  combien  cernai  canie  de  douleurs  &  combien  de  temps  il 
faut  pour  le  guérir  :  fi  neantmoins  on  fait  vne  iiKihon  en  la  partie  dés  le 
commencement,  la  douleur  paflc  incontinent  &  le  malade  cft  bien  roil  guéri, 
comme  ie  l'ay  expérimente  à  diuerfes  fi»is  :  Il  y  a  quelques  années  que  ie  fus 
'appelé  à  Cologne  pour  voir  la  femme  de  Mr.  lean  Birgois  M.  D.  S.  £.  laquel- 
le fouftioit  vne  douleur  infupportablc  au  bout  du  doi^t  aucc  Ucvre,  lâ:hcté,  ^, 
nausée  &  autres  grands  accidents:  Il  n'y  auoit  pourrauc  ni  iiiflammntior.  ni  tu- 
meur, car  le  mal  ctoit  en  fon  commencement,  le  conpmtu^ay  doncainlila 
Curespremiercment  ic  fis  tremper  qiiclqur-  tcms  le  doit  en  du  laict  de  vache  ou 
auoycnt  cuit  des  fleurs  de  Camomille, melilocfemcu^e  de  fœnugrec  &:de  coins, 
après  i'ouuris  fuperfîciellcmentlapeau  peu  à  peu  ,  i  .elle  étant  raclée  parurent 
certaines  tâches  louges,  Iclquelles  ayant  coupe  auec  lapo-ii.te  du  Canif  ie  troa- 
uay  vne  goutte  ou  deux  d'eau  rouilc  lous  la  pi.au  ,  Toyaut  netto)éc  i'oppliquay 
vn  linge  trempe  en  eau  de  vie,  en  laquelle  i'auois  dillout  w  pv  a  de  1  !i.  .iaquc: 
la  douleur  s'arrefta  incontinent  aptes  &  le  doigr  fut  guéri  par  ce  f  i.i  icmcde 
&:  tous  les  autres  accidents  dilparurent ,  l'ayant  neantmoinïpurf.  'vv,eiement 
auparauant. 

En  l'an  1604.  ie  fus  âpelc  pour  voir  Madame  de  Mont  Bernoile  ,  qui  ai'cit 
p^fic  trois  nui(Stii  iaiis  dormir  à  caufc  de  la  violence  de  la douieui  :  ayauc  1  aelc 


14  Liurc  Premier 

h  pcaïuetromiay  (ovs  kcWc  au  bout  du  tioigt  vne  tâche  de  cette  grandeur  O 
diiis  laquelle  à  peine  y  aiiok-il  vue  goutte  de  fanie  :  après  auoir  ouucit  cette 
tâcrtc  ^  àplique  fur  h  doigt  du  coton  trempé  en  eau  de  vie  ,  en  laquelle  croit 
diilbute  de  la  Thcriaque  ,  ik  fur  la  main  &  le  poignet  vn  linge  double  trempe, 
en  Oxycrat,  la  douleur  s'arrcfta  incontinent ,  de  lortc  que  dés  le  lendemain  le 
doigt  fut  gued  enricrcment. 

R  E  MA  R  QJ^  E. 

Ayant  e(Tayc  cette  Cure  en  Tan  1593.  premièrement  en  ma  femme  ,  ic  m'en 

/uis  après  ùrui  licurculcment  en  ces  Dames  &  pliilleurs  autrcS;Ayant  touliours 

trouuc  vers  l'ongle  ious  la  peau  quelque  peu  de  ianie  :  mais  cette  iaciiion  de  it 

.;Ctre  faite  des  le  commencement ,  aucrcmient  la  violence  de  la  douleur  attiic  in- 

coiuincnr  des  humeurs  qui  caufcnt  Inflammation  &z  Tumeur  (S:  corrompent  la 

.  chair  qui  ci't  au  dcifous,  &  m.éme  l'os  ;  car  la  [eau  en  cet  endroit  eil  foie épaif- 

..fe,  de  forte  que  l'humeur  laquelle  cft  caufe  de  ce  mal   [  qui  cft  m.aligne  J   ne 

.  pouuanten  aucune  façon  euapDrer    ,  acquiert  vne  plus  grande  aciimonie  ôc 

\dcuicnc  venimeufc,  de  forte  que  Icdoigr,  &:  même  toutes  la  main  vicnc  às'cn- 

ilet  à  caufe  de  la  véhémence  de  la  douleur ,   aiafi  l'hicifion  ne  lert  prci'que  de 

lien  fuion  que  lam.uicre  foit  meure  &  conuertiecn  pus  :  Un'ya  point  de  dan- 

gir  àfnirccetteinciàou&:  ne  caufe  pas  vne  grande  dov-lcur  n  oitjnl  mt  ni  nerf 

ni  tendon  veu  qu'elle    eft  i'upciliciiUc  :  Celle  dont  le  fcrucnt  orduui.emcnt 

^^  les  Praticiens  cft  p! us  dangcrcufe  Liqucll'j  va  iufques  à  l'os ,  car  on  peut  ojfencer 

les  Nerfs  &   les  Tendons  cC  caufcririBamm;.tion,  fièvre  6i  a-Jtrcs  accidwius. 

ObferH.  5.7.  Cent,  u 

OBSERVATION    XV. 

Du  àai^er  ^uily  a  àe  fefenÙY  des  Referarfifs  rnalàp^cpos. 

CErtc  fentencc  d'Hippocrate  eft  bien  remarquable  ,  (>i'il  y  a  du  da>^ger 
quand  vne  Eryfip  le  va  du  dedans  au  dehors  :  or  elle  ell  vciiîJDle  non 
feulement  en  l'Ereùpclc  ^  es  inflammations,  mais  aulTi  en  toute  forte  d'Ab- 
fccs  ,  principalement  s'ils  font  aux  cm.ar.ftoircs  ou  aux  cnuirons  ,  car  comme 
ce  lont  des  parties  molles,  laxeSjfpongieufcs  &  foibles  ,  la  matière  cft  aisément 
rcpoulsée  &  renuoyéc  aux  parii.s  Nobles  qui  for.t  proches  :  l'en  ay  veu  vn 
exemple  à  CoIogiK-  en  vne  femme ,  laquelle  ayant  rcceu  vn  coup  de  bafton  fur 
refpaule&  la  partie  ctant  enflée,  elle  mit  deflusvn  cataplafmc  fait  de  bol  ar- 
ménien, fcirine  d'orge,  vinaigre  (3c  vn  bhnc  d'œuf  :■  mais  ayant  remarqué 
quelqucsioursapresquelemalalloiten  augmcatant,  elle  me  demanda  :  k  la 
rrouuay  en  fièvre  auec  douleur  de  cofté ,  vne  petite  toux  &:  diflicultc  de  refpi- 
rer ,   par  où  ic  rcconus  que  les  humeurs  s'tlloyciit  icttcs  fur  la  poitriaie ,  la 

Pleure 


^) 


Des  Tumeurs  centre  Nature.  I5 

Pleure  iX'  !es  iv. .l'.clcs  c^ui  fcrucnr  à  Ki  Rcrpiration  parce  qu'cil :  s'edoic  fcnii  mùl 
ï  propos  de  ip.cJicamcr.rs  rafiakhiiranci  ëc  rcpcrcufTifs  :  Or  ic  la  rraitiy  ainfî  : 
liiy  ayniU  ordonne  v'ic  bonne  façon  de  viiire  od  donné  vn  Inucmenc  commun, 
ie  lay  oanris  !e  mcxeioui  la  veine  du  bras  du  mcmecoftc,  luy  tirancenuiron 
ri(ùc  onces  de  i"^ng,  car  c'cftcic  vue  femme  robuftc  &:  qui  rbon  Joir  en  ianc?  r  îç 
luioignis  la  1  oicrine,  l'cpaule^S:  tour  le  bris  au  ce  le  linimcnt  fuiuant  TC.  ci., 
hlior.  vîoUr.^rnygei:  d.  pi'igned.gall.  an.  %^. pirjg:îeÀ.  buman.  |  Ci.  vng.DlalL  5  »  j.  5^ 
:roci  9  j. Comme  elle  le  Icruoic  amli  à  l'ordinaire  d'vn  £lc<5tuaire  cxpedtoratif, 
&  fui  le  foii  elle  récent  cncor  vn  laucm.ent.-  le  lendemain  ieluy  donnay  vn  fu» 
doiific  pour  poulïer  la  m.âtiere  qui  cllioiten  la  Poitrine  aux  emun(âoircs  &  à 
la  peau  :  a^rcs  lequel  la  douleur  de  ccftc,la  Toux  ,  la  fîcvre  ^  tous  les  c.czi- 
dcurs  diminuerenc:   &c  ayant  continué  quelques  iouis  deieferuir  de  l'elcc'lur.irc  ' 
5c  de  l'ongucDrcUefat  enritrcmentremife  :  la  mcuitrillcure  dubraStSj  dcl'e- 
paule  fur  guérie  par  le  Cacaplafme  fuinant  C^.far.fié.ir.  cjr  /e.'jt.  an.  5  / ;"j.  &«/«.  57 
Hor.camomill.  melilot.fambnc.  aù/^y/ith.  rofar.   (^  baccnr.  myrt'iU.  ah.  Z].  fera, 
^«niig.  anif.  an.  5  /  j  fafs  J  /  j.  tn.  cum  vino  rubro  :  applica  his  m  die  cou'ide.Auzni: 
l'application  du  Cataphlme  i'oignis  tout  le  bras   &  l'épaule  auec  mon  huyle 
ie  fleurs.   Ohfern.  yS.  Cent,  5. 


OBSERVATION     XVI. 

D^vne  inflammation  de  Fo)e  causée  par  l' application  de  ?/jedicamems 
trop  chauds  far  fcriflce  de  l'eflcrnach. 
l'Ay  connu  à  Cologne  vn  homme  incomm.odc  d'Intcmperze  froide  d'e/îo- 
l  mach  auec  chaleur  de  Foye  ;  vn  Charlatan  luy  âpliqua  plusieurs  cmalafties 
!^  onguents  fort  chauds  faits  auec  i^oit:rc,  Gardam.omiim  ,  huyle  cfe  g'iro'i-s^ 
;anclîe  &;  fcmblables,  au  droit  de  h  Cartilage  Xyphoide,^ui  furent  caulé  d'vne 
.nflaramation  au  Foye  de  laquelle  il  eut  bien  de  la  pêne  d'c  JiaDper  :  mais  cnHn 
c  le  remis  auec  l'aide  de  Dieu  par  les  choies  qui  rafraichllicnt'  le  Fove  com'ir.'c 
ulicpd*caudeCîJiorce,Endiue.  Agrimoine,  Véronique  ,  auec  fyrop  de  li- 
nons, d'ozcille,  mettant  en  dehors  ie  CcratSantalin. 

Pour  en  fçauoir  la  raifon,  il  faut  regarder  la  fituation  duFoycj  car  il  couure  '8 
nek|nc  toute  la  partie  antérieure  dcFulomach  de  droirte  à  çrauche  ,    par  fa  ' 
urricimrerne  oucauc,  de  forte  que  les  médicaments  defqueîson  lli'crrpour 
cc.hauiier  ,  agilïcnt  premièrement  fur  le  Foye  auant  que  palFer  iuiqucs  à  IV. 
tomach.  Obfern.  4(<.  Csntur.  2.  a      r  i  t 


V 


OBSERVATION     XVIÎ. 
^'"^«^  P'irapkimore  oh  Inflammation  an  bout  de  la  Ver  Je 
Nlaineepo-oxde  famille  Pacriri.nneà  r.crnea^e  d'en.iron  Z4  ans  rau 
mois  de  laïuua-  i^j6.;  carelÏÏ^u  trop  ardemment  fou  cpouf.  5:  Lif^^  ?or$ 


i^    .  Liùtù  premier 

Con  âpprcntî£age/e  joupît  lefrsrnum  aiiQC  tant  de  violence  &  le  prépuce  fut 
fi  fort  renuersé  en  ariicie  ;ju'il  s'en  enfuiuit  vne  ires-giandc  douleur  auec  en- 
flure de  tout  le  m^  mbre  :  llciclia  de  honte  aa  commencement  Ton  mal ,  mais 
les  Accidents  venants  à  augmenter,  il  mi.  demanda,  le  luy  ordonnay  premicre- 
tnenCvne  faconde  viute  fobie  Se  rahaichaLuite,  aptes  ie  le  purgeay  auec  les 
médicaments  qui  purgent  la  bile  ik:  luy  ouatis  ia  veine  du  bras  tirant  afscs  bon- 
ne quantité  de  lung,car  il  y  en  auoic  abondance, deux  fois'lc  iour  on  lui  oignoit 
les  Reins  auec  vn  onguent  rafiai-hilïantck  fur  la  pairie  malade  on  mit  ce  Ca- 

2«  caplafme  IjC.far.  HortUl  |  i  v.  PhIh.  rofar.  myrtill.  an.-^  i  j,  biilanjlior  nue,  cu^r. 
an.  5  j.  cci^He  inacj.rofac.  i:$'  fLtntag  ^ parumaccti  rof.cumoni  vuello  f.  catap/. 
apphcA  teplde  bis  \n  die  :  s'ellant  (erui  quelques  iouis  de  ces  remèdes,  la  douleur 
qui ctoit  véhémente s'appaila  j  mais  commcil  cftoi- nojuellcmcntmarié  ,  le 
membre  viril  venant  à  s'enii:r,  principalement  de  nuit,  il  en  fut  tellement  in- 
commode que  prefque  toute  la  Cure  fit  gâtée,  car  à  chaque  fois  q  le  cela  arri- 
uoitjle  prépuce  lerroiLTifarc  leBalanusqiic  le  mai  venoit  às'a^gmoncer  :  com- 
me cela  me  mctco't  en  pcne,  ie  lis  écarter  (Il  femme  «ik  mcincs  l'en  priuai  en- 
tièrement, en  après  ie  le  piirgçay  encor  auec  des  Choligog^cs  &  fis  oindre  les 

^o  lumbes auec  ces  huyles  ^.  ol.  violac'Nymph.  Çj  Rofn.an.  |).  oL  Hyafci.imi. 
expr.  5  /  j  camph.  dtJJolHta,  maceto  rof.":))  m.  i?}  mortano  :  cela  t liant  fait  ie  luy 
donnay  après  fouper  aidant  le  iomm.eil  vne  doze  de  L.'îù.ianam  ,  il  en  repofa 
mieii^x,  &  l'eredtion  ne  fut  p.js  fi  fréquente  :  luy  en  ayant  donc  donné  quclqacs- 
fois  ,  ayant  rcïcere  les  inuuclious  des  iumbcs  ik  continué  Tairplication  des  Ca- 
taplifmes,  le  membre  .d"S-tnfia  bien-ccrt  ,  defortequc  peu  dç  cemps  après  il 
pouuoit  porter  en  arnere  ic  auant  le  picpucc  C<c  couurir  le  babnus,  il  fut  re- 
mis &  dés  ce  temps  il  eut  quelqu.s  entants  de  ix  iemme. 
.,       il  faut  remarquer  icy  que  ce  Catâ[l  ime  eft  dangereux  fi  la  Parapliiniofc 

'  '  vient  pour  auoir  couche  auec  vncfem.ne  iutcdte  ,  c^r  la  m  Tiercm.iignc  r'en- 
rreroit  dans  les  viire-res  d'où  fiiuroyent  des  vlcerts  maluji,  corr^mc  on  verra 
en  l'obleruation  fuiuante:  Obferu.  ^6.  Cent  5. 


OBSERVATION    X  V  1 1 1. 

Cure  de  ta  Tioiînofe  &  P araphtmcfe  vénérienne . 

42  J'^  £  mal  cft  afsés  familier  à  ceux  qui  s'apt  rochcntriop  des  fcmmes,«Si  le  plus 
V,-^  fouuent  fc  guérit  auec  pêne  ,  ccmme  i?  l'ay  rcirsarqué-,,  eu  dans  cet  ac- 
couplement illicite  Se  trop  luxurieux  ,  les  conduits  de  tout  le  corps,  principa- 
lement du  membre  viiil  qui  ell  plein  J.e  pores,  étants  otiuercs ,  il  Te  -iiir  fici- 
lement  quelque  vapeur  maligne  &  imp  r.c,  Il  c'ell  vne  garce  qui  ait  ou  la  vcrol- 
Icjoufes  ordinaiies  ou  des  fîurs blanches ,  ou  fiellc  s'eft  mêlée  auec  quelque 
iîommequifoittrauaiilcd'viie  Gonoirhcc  virulente.    Il  arriuc  prciiiicremenc 


vne 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ly 

vneJcmangcâiTon  autour  du  Ba'anus  &  du  Prépuce  qiù  du  commencement  • 
donne  quelque  plaifir,mais  încoiuinent  après  la  matière  venant  à  s'échaufijr, 
elle  dénient  acre  parce  qu'elle  cfi;  retenue  autour  de  ces  parties  de  le  prurit  Te 
change  en  douleur,  tout  le  membre  gvoflît,  après  quoy  le  Prépuce  on  fe  retire 
en  arrière  «Se  s'enfle  dcmefuremcnt ,  ou  fe  porte  au  dcuant  du  Bû'.anus  en  (ortc  ^^ 
que  l'vriue  a  de  la  peine  à  fortir  :  ce  dernier  mal  eft  appelé  Phimofe  &c  le  pré- 
cèdent Paraphimole  :  Jl  fur  nient  aufî:  des  Vlccrcs  virulents  &:  m.alius  fur  h 
Balanus  quife  gueriilcnt  mal  aisiment  à  cauG  de  la  maligne  qualité  qui  dl 
impiimcc  au  membre  par  cet  a.couplement  impur  :  Et  ie  me  fouui-iisd'a- 
uoir  veu  vnc  (I  grande  pourriture  venir  en  fuicte  ,  tant  à  c:ivSQ  de  \\  maiigni-  44 
té  proccdée  de  cette  i\\i:ù.\on  S:  imp  iaice  au  mcmbi-e  viril  j  comme  aulîî  à 
caufe  de  l'abondance  des  mauuailcs  humeurscn  vn  corps  fale  &  impur  qui 
tombent  facilement  fur  vue  partie  porcuie  ôc  flafque  comme  celle  là, 
Qu^il  a  efté  necclÎJire  de  couper  vne  pairie  de  la  verge  ,  &  cela  arriue  afsés 
fouucnt  li  on  commet  quelque  faute  en  la  Cure  :  Sans  en  amener  des  exem- 
ples ,  comme  ie  le  pourrois  faire,  ie  rr.e  contenteray  de  propoi'cr  ce  que  i'ay  te- 
marquéen  les  traittant.  "  ^' 

Or  cette  maladie  cft  ou  fimple  ou  coniointe  a.  des  autres  plus  grands  acci- 
dents,comme  à  vne  Gonorrkée  virulente,  grolfe  verollc  ,  cxulccration  «Se  in- 
flammation ('fans  parler  de  la  douleur  qui  leur  tient  toufiours  compagnie  J 
ce  qu'il  faut  obferuer  diligemment  en  la  Cure  pour  ne  laitier  rien  en  arrière: 
I<i  faut  par  auance  décharger  le  corps  des  mauuaifes  humeurs  tant  par  Purga- 
cions  que  par  faignce  ;  Tay  connu  vn  habile  Chirurgien  au  Pays  Bis  qui  46 
auoitaccoufl:um,cdedonner  à  ces  vilains  dés  le  commencement  vne  infiiilon 
d'Antimoine,  ce  qui  n'ed  pas  mal  à  propos  en  des  corps  robuftes  &  pituitci.x, 
principalement  Ci  on  donne  le  Crocus  mecallorum  ,  car  parce  moyen  non 
lêulement  on  chalîè  les  manuaifes  humeurs,  mais  en  excitant  le  vomilîcment 
on  fait  Rcu'jlfioii  des  humeurs  qui  ie  ictcent  fur  la  partie  incommodée,  or 
les  Praticiens  OHt  remarqué  que  cemcaicamcnt  n'clt  pas  fcur  en  des  corps 
foibles  &  exténués  :  fur  tout  il  faut  diligemment  s'ip.foimcr  li  la  garce  n'cfl:  49 
point  eutackée  de  vérole ,  car  alors  il  faut  s'abftenir  de  ce  Ciocus  C  lequel  tire 
auec  violence  au  centre  des  parties  les  plus  éloignées  J  comme  aufli  de  tous 
medicameHts  qui  purgent  aucc  violence  parle  Yomilïcment,  de  peur  que  les 
mauuaifes  humeurs  ne  foyent  attirées  des  parties  de  la  génération  au  Foyc ,  Se 
qu'ainfi  il  ne  le  fice  vne  mala aie  vniuei  fciie  en  lieu  d'vnc  particulière  comme 
ic  I'ay  qutlquesfois  remarqué  :  Il  vaut  donc  mieux  ,  comme  ie  le  pratique 
hcurculcment  :  purgeu  dourcment  en  cette  f^çon.  2^.  f^ad.  Pei)p.  cîchor. 
laPA'h.  ne.  an.  jt  j.  conic.  Inîer.  radie. fra-ngii-.&  5  i  v.  herh.fcAbiof.  fun:4r.  <*-'»•/- 
mon.  Vero'u  cHfcmx,  a;:,  m.  p.  trlamflor.  eord.  Geniftdi  an.  pHg.  j.  fol.feyw.  5  j.fcm. 
anif.  5  t  &. coque  in  ife  t  Ç\.  asj.  ad  l  x.  infandeper  noUem  Rhabarb.  el.  l  i  i  j.  Tur- 
MgHinm,  Jgar.  rtctrochifcflor,  Tart.  m.  ^iÇ>.  mnam^oL  &Jpec.  Duirrheâ, 

G 


iS  Liure  premier 

Abb.ii.i,  9  i  ').  expreljlomforti  adde/yr.  r cf.  fol.  compof  cnm  Rheo,  Jo/ir.  &  fem. 
fjr.de  cichcr.  cum  RhAb.  An.  ^  j.  m.  f.  poopro  i  i  j.  doz.ibus  alicrnis  diebits  /?;  cre- 
pufculo  m>itHhiic  fumeiidls  carn  cujlvdui.    Apres  la  picmicre  priTc  il  fàur  oiiurîr 


oiics  iours  de  fuiccc  ,  afin  cjue  la  maticic  maligr.e  ,  d  tllc  a  dcia  pfsré  du  Scrc- 
rum  aille  (le  du  corps  ,  s'tn  nillc  par  les  jorts^^  (c  ciiiipc  en  vapeurs,     2^. 
Theriac.  opt.   9/j.  C.  C.  \'j}l  &  jpptt  9j.  f/r.  de  fncco  Itinon.  |  fs.  cnm  f  q.  a<j. 
CArd.ben.f.  pOD  Et  pour  les  délicats  If.lap.  bez.oa,rt^  ocad.  gr.  viîy   waoif^er, 
perlar.  9  ii.  conf.  Kermef^'].  fr.  defaccoliïNoyi»  -^yicf  cinnum.  fne  vino  dijJill. 
an.  I  fi.  Aq.ca.rd.  hen.  q.  f  f.  poo  ,    ou  bicni'  f  ai"  faire   vue  Dccoclion-  fu- 
docifique  aucc  Gai.':c>Chine  >  fahs.  par  :  ^  kenhLiblcs.  Il  y  en  a  qui  appliquent 
i^f)  d'abord  kir  la  partie,  muii  mal  à   propos,  des    remèdes    rafraiciùirants  & 
repercu'/îfi  p:.tce  .ju  il   y  voyc.i:  d:  i'iiJîammacion ,    car  par   ce  moyen  ils 
r.p  Hi.'iu.:  an  dedans  cette  maiere  viiidente  &  m.,  ligne  &  renferment  dans 
L  partie  ,  >roù  naJlfcnr  des  vlccrcsviailcnts  &  malins  :    Or  comme  le  prin- 
-^    cipal  a:cidcr!t  qui  tiauaiile  le  plus  le  malade  ,  cVfl  la  douleur  ,    il  faut  com- 
yo  mencerlaCuic  par  là  y  appliquant  ce  Cat^plafmc  Anodin  ^.  farin  fab.ir. 
Hordei  an.l  i ]  fem.  cydon,  5  \.fcsr:itgf,  3  ?'.  pulu  rofar.  mb.  l  B.croci  9  j.  cum  laBe 
vaccif.o  f.  Catapl.  adde  'vitell  ouor.  t).  il  le  faut  appliquer  chaudement  :  Tout 
le  membie  vLil  (  s'ilri'y  a  vne  fort  grande  inflammation  ,    à  laquelle  l'huy- 
5.1  le  cft  contraire  IcIcnGalien  J  doit  eihe  oint  de  celle- ci,  ^.    cl.  Amygd.  d. 
rec, exir.  c!  Roftr. an \  \.oLd9  vitelL  chor.  3  6.  m.    Tandis  que  Ion  fe  fcrc  de 
CCS  medi  am.cnts ,  il  faut  obferuer  vue  Dicttc  cxquife  s'abftenant  du  vin  & 
écartant  toute  pensée  lafciuc ,  par  les  raifons  contenues  en  robferuation  pré- 
cédente.    Mais  comme  vne  feule  Purgation  ne  fuffic  pas,    il  faut  réitérer 
la  précédente   :    le  me  fcj  s  afscs  fouuent  de  l'extrait  d'ccorces  d'Efula  comme 
5i  arffi  dans  la  Gonoi.hce  virulente  &  femblabks ,  car  il  iemble  qu'elle  a  vne 
propriété  particulière  pour  nettoyer  ces  pa.  ries  :  La  douleur  cftant  appaîscc, 
Ç\  la  tumenr  duBalanus«S:  Prépuce  nefe  diiljpe  pas,  en  forte  qu'on  ne  le  puif- 
fc  poulîer  ni  auant  en  arrière  ,  il  fiiut  mettre  ce  Cataplafme     ^.  fax.   fabar. 
y^  Ur:iiumo  hli]  an.  3  i  b.  puht.  rofar.  Abfyuh.fior.  Camom  farabnc.  an.  5/fi,  cum 
d^cùciof.ur.  betin.camorfufufKl'UC.  &  rofar.  fiât  catapl.  cum  'uhe/l.ouor.  ij.  Jl 
faut  concinacr  ces  remèdes  iufquesàce  que  le  Prépuce  puiife  retourner  en  fà 
place,  il  c'ett  Pa!aphimofc^,ou  que  l'on  puiiïè  dccouurir  le  Balanus  Ci  c'cft 
Phim.cfc:  Et  c'cft  lavraye  &  plusalTLuce  miCthode  de  guérir  ce  mal  quand  il 
vient  de  copulation  impure  :  CKies'ilya  encor  quelqu'autre  accident  com- 
me Gonorihcc  viuikntc  ou  vérole,  il  faut  palier  plus  auaiit  >  mai*  cen'eil  pas 
.  iione  deiftin  d'en  parler. 

le 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  i9 

le  dîray  (eulcmcnt  vn  mot  de  l'exulccration  du  Balanus  &  du  orcjuico  ,  que 
l'on  appelé  Carie ,  aurnnt  de  fois  que  l'on  applique  des  medicamcius  ic-  ^^ 
fiigeratifs  en  la  Phimofc  ou  Paraphimofc  qui  viennent  de  copulation  infcd;:, 
ôc  que  l'on  j  encloft  cette  méchante  matière  ,  elle  y  acquiert  vnc  fi  gvande 
acrimonie,  qu'il  en  naît  des  vlccrcs  malins  ,  putrides  5c  vivubnrs  ik  quel- 
quefois la  Gangrené ,  plufieurs  font  des  grandes  fautes  en  traictant  ces  VIceres 
fe  fcruants  d'eau  forte,  d'eau  de  plantin  auec  Vitriol,  Alun,  verdct,  on-  ^* 
guent  v£giptiac  &  fcmblablcs  chyfcs  acres  auec  l'.Tqucllcsils  lauent'ccs  Vlcc- 
resj^adioutants  mal  l'ur  mal  ,  c?ir  par  ce  moyen  ils  augmentent  la  douleur 
&  amc'nent  des  mauuatks  humeurs  de  tour  le  corps  fur  la  partie,  ce  qui  at- 
tire inflammation  5c  autres  accidents ,  mais  il  faut  traittcr  doucement  ces 
Vlceres  en  cette  manière  ;  premicrcmcnr  s'ils  font  fordîdcs,il  les  faut  lauer  ce 
auec  ccttz  Decodion  2^.  I.i^ni  Gaiaci  ^  j.  rad.  chinA  ,  vincetox.  A'igel.  an. 
^  fi.  h.fcahioffamar.  Ayjynth  fcordî]  nn.  pug  ïj.  rofar.  rnb.  m  j.  faittes  cuire  eu 
eau  à  laconfomption  du  tiers ,  girdcs  la  Colature  j  fi  on  veut  augmenter  la 
vertu  abftcrfiue  ,  on  y  peut  aJioutcr  via  peu  de  miel  Rofat  :  les  Vlccrcs  étants 
kués ,  i'ay  de  coutume  dés  Iccom.mcnccment  ,  la  douleur  étant  encor  farau- 
de, d'y  mettre  vn  onguent  fiit  auec  cire,  Tercbcnth.  gomme  Elerai  ,  auec  .• 
hiiylc  d'amandes  douces,  de  moyeux  d'œufs  &  f^fïtan  ,  y  adioutant  le  cata- 
plafmc  Anodyn  proposé  ci-delfus  :  icelle  étant  appaiscc  ôc  l'Vlcerc  af- 
sésmeurî,  il  le  ftutm-oadifier  auec  du  Précipite  rcébitic  diligemment  auec 
cfpritde  \m  &  lauc  fouucnt  en  eau  rolc  ,  mettant  la  poudre  feule  ou  auec  du  ^ 
beurre  frais  ou  onguentRofat  auec  de  la  Charpie:  l'Vlcerc  eftant  mondific  ,  il  j^ 
le  faut  cicatrifcr  auec  onguent  de  cerulîà ,  de  minio  ,  Pompholige,  ou  auec 
le  Collyre  fuiuaut  ^.  A^.fUntag.  &  rcfar.  an.lt].  fem.cydon,  tiijl.  3/j.  îh- 
fundehoristv.  colat.  fortiter  expr.  adde plu?nl;i  f^uammoji  &  fuhtiliJJ'i  triti  An- 
timon.  crudi&  diligenter  puluer.  C.  C.  i]/il ,  cerujjk  lot£  ,  lap.  calam  an.  9*.], 
corail, _^pti  5  6.  w.  d"  tefide  cnm  Iviteis  applica  :  En  la  phimofe,  à  caufe  que 
ronnepeutpasdccouurir  le  Balaïus,  il  faut  faire  vnc  inicdlion  auec  la  dc- 
codion  décrite  ci-dcllùs  entre  iccluy  &  le  Prépuce  ,  netroyinr  fo^'^neufement 
le  Pus  ,  tâchant  par  toutes  fortes  de  moyens  d'appaiTer  la  douleur  lS:  à  dilîjpet 
i'cnflure  du  membre ,  afin  que  l'on  puillè  découurir  IVlccrc  &  y  appliquer  les 
remèdes  ;  ou  en  vicndja  à  bout  par  des  purgations  reVcerérs,  par  la  fiif^née  ôc 
application  de  Caraplafmes  :  le  balanus  eftant  dicouuert  ,  s'il  s'y  trouuc 
quelque  Vlcere,  il  le  fruttraitter  p:*r  les  remèdes  proposés  ci-deifus  :  que  fi 
on  n'en  vient  pas  à  bout  &  qu'il  y  air  apparence  de  vcrolle ,  il  y  faut  apporter 
des  remèdes  appropiics.     Ohf.  ^j^Cent  ^. 

Ci 


>p  Liurc  Premier 


OBSERVATION      XIX. 

De  la  Pamphimofe  des  erfantSi 

NOii  feulcmcnc  cz\:^x  qui  s'attKhcnt  trcp  aux  femmes  tombent  en  ce  mai 
pai:  vn  iiiftc  chârimcnc  de  Dieu  ,  en  loite  que  quelques  vns  en  ont  perdu 
le  mcmbie  viiil  ou  vnc  partie  d'iccluy  ,    mais  aiillî  les  enfants ,    mcme  ceux 
qui  lont  encoi  à  la  mammelle  ,  car  il  aniue  quelque  fois  à  caufe  du  mauuais 
laid  de  la  Nourrice  ,  qa'vne  humeur  acre  le  ietre  fur  ces  parties  de  l'enfant  èc 
y  caufc  de  la  dcmangeaiiba  ,  klquels  venants  à  les  gratter  &  à  caufe  de  l'acri- 
monie de  IViine,   il  fe  ietie  des  hiim.eufs  fur  le  Balanus&  Prépuce  qui  font 
le  plus  fouuent  fluultntcs  &  picuitcufijs  :  or  comme  le  membre  cil  vne  partie 
fort  molk  *i5<:  poreufe  ,    elle  reçoit  facilement  ces  humeurs,  de  forte  que  le 
Prcpuces'ctend  outre  mefurc:  ils'y  fait  aulTi  quelquefois  Inflammation  àcau- 
^i  fc  de  raciimonit  dd  Vrinc  :  or  ft^-ichant  que  quelques  impertinents  Barbiers 
traittcnt  cruellement  ces  enfants,  faifants  àqs  fcarilications  profondes  &  ap- 
pliquants des  médicaments  acres  ,  la  charité  chrétienne  m'oblige  depropofcr 
ic)  les  remèdes  df  Iquclsie  me  fuis  fcruiauec  (uccés  en  fem.blablc  cas,  premie- 
*^  rement  i*.  fais  obllrucrà  la  Nourrice  vn  régime  de  viure  fobre  6c   rafrai^hif- 
fant:  en  apies  ie  la  purge  fclon  l'humeur  qui  prî^dominc,  mais  le  plus  fou- 
uent par  cette  pocion    Q/L.  Rad.  Cichor.  Oxylap.  polypod.  an.  5).  certic.  rad.fran- 
guLz  5  ■'.     lierb.  fcabicf,  veronic.  agrlmon.  a»,  pug.  j.  fior.  cord.  an.pug.  G.fenn, 
znnnd.^fern.  autf.an.T^  i].  coijne  in  aûj.ad^î],  tn  colat.   dijj'olue,  EL  defpicc» 
^°f  6^)  f)'''  '^°f'fi^  eomp,  cum  Rhub.  yîgar.  à'fcnn.  5  ^.  rti.f.  poo.     Si  la  pitui- 
te piaedomine ,  en  lieu  d'Elcdiuairc  de  faceo  rof.  i'y  mets  511;.  de  Diacartha- 
mum:    fi  l'enfant  eftleurc,   ie  luy  donne  des  vne  dragiBcs  iufques  à  trois  du 
Syrop  Rolat  composé  auec  de  la  Ptifane  ouauec  dccottion  d'Agrimoiiie  &  de 
Véronique:  des  le  commencement;  s'il  y  a  douleur  &infl;mmaiion  i'y  mets 
^   ce  Cataplufme  ^.  rnlcx,  panis  albi  5  *  »).  ptilu.  rofar.  rub.  baUn/i.  an,  5  /  ;.  croci 
B\.bntyr.r.lj.cumLtCîe^}acclnof.CatapUfma,  addito  omvitello/ubfinem,  l'en 
ay  remis  quelques-  vns  par  ces  remèdes  réitérant  la  Purgaiion  quand  il  y  auoic 
ncccîTité  :  Que  fi  le  mal  ne  cedc  pas,  ie  mcfers  dufuiuant  Cataplafme,  ^, 
64  far.  fabar  1 1  j.  pnfji.  fumrnii.  Abfynth,   Jîor.  camcTaill.fambttc  an. '^i  i'].  pH/n. 
fem.fœriHgr.  5  î  |.  CH?mn.  5  it  j.  cotjue  curn  viro  rub.  aujîe^o  ad  formam  CatapL 
callde  applicabis  m  die  :    s'il  y  a  quelque  excoriation  ,  en  lieu  devin  iemc 
^^  1ers  de  décoction  de  ficurs  de  Camomille  ,    meliiot  fufeau  &  rofcs  ,    met- 
tant cet  onguent  fur  l'excoriation   ^.   ol.  rcjac.  g  j  (^.  cerujj'.lotd,  TuthU  ^pu^ 
c-c.zjii&jpt.  coralIcr.^pr.pluriibifu^MawmoJïiin.  x^iil. ca?nphor. foin! ,ina^.  rofar^ 
3  ^jn'^.&  agitainmortario  ad  linimemi  confifamam, 

RBMARQVE 


Des  Tumeurs  contre  Nature.'  Lt 

R  E  M  J  R  Q^V  E. 

lê  veux  icyaJncrru- le  LcCt^ar  que  i'ay  quelquefois  traittc'des  enfans  Cii   ' 
qui  ce  mal  a  ccc  li  ôpiuiatie  que  i'ay  cté  p-lic  trois  fcm<iin:'s  àrtntoiir,piinci- 
palcmcnt  en  l'an  1607. en  vu  cofanc  de  l'ayernc  duquel  la  Nounicc  ctoit  cxcrc- 
memcnt  Cacochyme  foui  iiiliàut(^par  le  moyen  du  lairja  l'ordinaire  de  la  ma«- 
tiercpcccante,partani  ie  luy  fis  prendre  par  tois  des  Apozcmcs  6cla  purgfay 
à  bon  efcienCjluy  ordonnant  vn  bon  régime  de  viure  ,  Qjnnt  auxMedicamcntSy  ' 
externes  ie  n'y  voulois  rien  chuiger  parce  que  ie  m'en  ctois  autrefois  ferai 
tref-licureufemenr,veu  que  félon  (^i.aphor.^i  Jk  dire  d'Hippocrate  Quand  on 
agit  auecraifon,ilne  faut  point  faire  de  chang:mcnc  fi  ce  qui  a  fcmblcbon 
dés  le  commencement  iublillc  encor  &  s'il  ne  furuienc  aucun  accident' qui 
oblige  a  changer  de  tablature  :  Quant  à  ce  malade,aprcs  auoir  purgé  à  diucrfcs 
fois  Ta  merc  Se  faigncj  ayant  aufli  applique  le  Cata|  lafmc  de  mie  de  pain  blanCa    - 
poudre  de  rofes,&c.quclques  iours  de  fuittCjla  douleur  &  rinflammation  s'ap- 
paiferent  en  même  tcmps,la  Tumeur  demeurant  en  même  ctatpafics  quator- 
ze iours,mais  comme  ie  me  fcuuenois  que  le  même  m'c'toit  aniuc  en  quelques   ' 
cnfânts(efqucls  i'auo is  elfayc  pluficurs  remèdes  en  vainjie  ne  laiiTay  pas  de  con-   ' 
tinuer  ce  Cataplafmc  félon  le  fentimcnt  d'Hîppocrate  :  A  la  fin  lanarurc  fit  vn 
effort  &  fur  le  champ  chalTa  la  matière  pcccante^dc  forte  que  dans  24.    heures 
la  Tumeur  difparut  entièrement,   ce  que  i'ay  remarque  en  d'autres  maladies    ' 
d'en  fants.  Ohfj,  8.  Cem.V. 


OBSERVATION      XX. 

D'vns  Tumeur  Pimitenfe  &JUtueufe  enU  chenille  du'Vié. 

L'An  i<>  jS.ie  traittay  vn  enfant  d'enuiro  iS.mois  à  Mr.  Chriftophie  Burckard 
Bourgeois  de  Balle  auec Martin  Chmilicc  &  lean  Fridcric  Wirtcnbcrc^ius 
celcb;  es  Médecins  à  Baflcvil  luy  ctoit  venu  après  la  perite  Vérole ,  entre  au'cres 
accidents,vneTumcur  picuitcufc  &venteufe  autour  du  malleok  gauche  laquel- 
le en  apparence  deuoitfc  conucrtir  en  Abfccs,  Or  comme  telle  foi te  d'Apoftc-  g/ 
mes  autour  des  lointutcs  font  de  difficile  &tardiucgnerifon  qui  rono-cntcnfiii 
^'Ncrfs  &  les  Os  ,  nous  conclûmes  entre  nous  de  fjire  en  forte  par  toiîs 
moyens  poflibles  que  la  matière  enfermée  put  être  difîîpéepar  inf.nfible  rranf- 
piration  ;  Nous  appliquâmes  donc  vn  Cataplafmi  f  ;it  il  fin'ne  de  ^cvçsy  lu-  «^ 
pins,yvroye,poudre  de  fleurs  de  Camomille,  Suzeau,  mililot  ,  bayes  de  laurier, 
iemence  d'Anis,cumin,&c.cuics  en  Icxiae  fimpl  c\-  s\n  cuir  aut  c  vn  peu  de  Scf, 
Nous  mifmes  ce  Cataplafme l'efpace  de  iç-ou  i  ^.iom  s  fu,s  t kn  anarc.  r ,  enfin 
la  matière  s'étantcrhaurfcc  en  la  partie,  il  vint  f  .bitemcntdc la  dcmange.n'fon 
auec  vue  Dartre  boutonnée  ou  miliairc,paiquoy  nous  la!(î'>-m-s  le  Ca  .n^l..f  ne 
poutvi^iourcmdçip^&oigaifmeilapaiçiw  uucc  du  bUucRhilis  pcrmcctaiità 

C     5 


ti  Liure  Premier 

l'Enfaïi:  de  ù  gratrci  à  Ci  fantn£ic ,  crnnt  Coiti  beaucoup  d'humidité  de  ces  bou- 
tons,! i  Tumeur  dirîinua  5:  les  pullules  étants  confolidces  ,  nous  applicames 
dcicchef  ic  C.itapUimc  iufqucs  à  ce  qu'il  y  vint  encor  des  boutons  IcfqueU 
nous  se'clumcs  dctcchefauec  du  blâcRliafis  remettants  encor  le  Cataplafme, 
vfanrs  aUcrnaiiuemtrnt  de  ces  remèdes ,  enfin  ce  mal  Ci  opiniâtre  &  rebelle  fut 
f^ueri  :  Tay  voulu  aduertir  les  Chirurgiens  de  ceci  afin  qu'ils  ne  viennent  pas 
à  charger  de  Médicaments  fi  toll  qu'ils  ne  voycnt  pas  du  Cuccés  ,  Car  aux  en- 
£7  fants  Hc  pcrfonnes  dcbiles  il  faut  du  temps  auant  que  la  Nature  rcucilie  h  puif- 
fance  du  Médicament  ^  luyfnce  pioduiic  Ton  etïl-t  :  Il  ne  faut  pourtant  pas 
perdre  cournge  mais  piutoft  attendre  lemouiiemcnt  de  la  Nature.  D'yci  nous 
pouuor.s  rcconnoitrc  pourquoy  les  Médecins  voiie  ks  plus  habiles  «S:  les  mieux 
înteiitiouiiés  font  fi  mai  traictcs  par  leurs  malades  qui  comme  d.s  garces  vou- 
drovent  changer  tous  les  iours  de  Médecin  recourants  le  piusfouuencà  desim- 
pofteurs,^»:  même  à  des  Bourrca  ix^Eu  voici  la  caufe.  Bien  lonuent  vn  Médecin 
aura  ordonne  vn  remède  (clou  l'/^rt  (Se  s'en  feruira  quelques  iours  auec  toute  la 
diii^^cnce  requife,  fans  pourtant  sucun  fucccs  >  Et  com.me  la  icrDcnce  que  l'on 
ictcc  en  tcirene  germe  pas  tout'  alhcureA  la  viande  ne  le  conuercit  pas  en  lang 
cii  vu  momét,auin  faut-il  du  tcps  au  Médicament  auant  qu'il  produilc  i'x  vcr- 
t.u:fi  peu  Jant  ce  tepS' vn  ignorant  vient  à  donner  quelque  rcmeck  i-npernnenr, 
Ôi  que  le  prem.ier  Médicament  vienne  à  faire  (on  cfi-^clcn  forte  q^ie  le  malade 
<yucn"llè,alors  le  premier  qui  vcïitablement  à  rendu  l'a  fin  té  ,  fera  coi:aert  de 
honio  &:  ce  dernier  fera  loué  iufques  au  troiHîme  cici  ik  aura  la  rccomp:na; 
<jni  cil  dci;c  au  premier. 

En  voiwi  vn  exemple  ,  lean  Dirkmannusiadis  Médecin  tiefcekbie  à  Colo- 


auec  Quelques  fyrops  &:  eaux  diniiilécs,  par  lequel  le  maladc,fuc  rcllerrient  fou- 
bcTcquc  le  iour  fuiuant  le  dit  Tihnannus  i'ccant  rcucnu  voir  ,  il  en  reHeuc  dix 
florins  d'or  :  comme  il  fortoit  de  la  maiion  du  m,Uade,il  eut  à  la  rcnco:,rrc 
Biikmannus  auquel  il  monftra  cette  reçompcnce  luy  dilanr  ,Monfieur  xojs 
ûués  femé  &  moy   i'ay  moilïbnné ,  Ce  que  ï'ay  ouï  dire  à  Tilmannus  mcme. 


OBSERVATION     XX. 
Xy'^rie  dangereufe  Inflammation  ou  la  Plagie  du  Pié. 

LA  Plante  du  Pié  étant  vue  partie  nerucufc  ôc  pour  cccte  rajfon  ayant  vn 
trcs  vif  fciuiincnt&  étant  en  vnlicu  bas  ,  il  arriuc  de  grands  accidents 

quand 


Des  Tumeurs  contrenature^  15 

quand  ils'y  fuir  i:ifl.imm.icioi-»,  tk-qiioy  ic  baillcray  quelques  cxempk-stvnlcu- 
ne  homme  de  Cologne  âgé  de  virgctiixjs  ans  ayant  trop  couru  feiuic  de  la  dou- 
leur en  la  plante  da  Pic  :  ncs'ctaiit  ferui  d'aucuns  remèdes  dés  le  commence- 
ment, la  douleur  augmenta  laquelle  fut  fuiuic  d'ii-flammarion  :  Ayant  ctc 
demande,  ic  rrouuay  tout  le  Pré  rum.efic&  enflamme  :  la  douleur  ctoit  très 
grande  qui  s'ctendoit  iufques  aux  Cuillùs  aucc  Hcvrc  continue  ôc  ardente,- 
Inquiétude  ,  trcnchécs  Se  maux  de  cœur  :  le  proceday  ainli  en  la  Curc^Ayanc 
ordonne  vue  façon  de  viure  fobre  ,  ic  le  purgeay  aucC  cette  potion»  ^.  Ele^ 
de  fiicco  rcfar.piilti.Taj]'zua:'it.  cu7n  Ehab.  an,  5  6,  fyr.  rof.  foL  §  j.  cnm  déco- 
Uo  A^ïmon-  veron  rad.  OxyUp.  cortic.  i'iterior.  rad.fratigidA  &  fem.  anif.  f, 
poo  y  laquelle  le  purgea  doucement  :  Ce  mcmc  iour  deux  heures  après  fou- 
per  ,  ic  luy  donnay  iufques  à  (îx  grains  de  laudanum  ;  il  rcpofa  cette  nuit  la 
&  en  fut  quelque  peu  fortifié  ,  parqnôy  le  lendemain  ic  luy  fis  ouuiir  la  Vê- 
ne  du  bras  de  même  codé,  tirant  iufques  à  dix  onces  de  fan  g  ,  parce  qu'il 
ctoit  fanguin&robufle,  ce  qui  diminua  grandement  les  douleurs,la  fièvre  & 
l'inflammation  :  Aulîi  toft  au  commencement  i  oignis  la  CuilTcle  gcnouïl,  & 
tous  les  endroits  où  il  n'y  auoit  point  d'inflammation  auec  ce  liniment.  ^«  ol. 
rafac.  5  »•  oL  lambric.  ^  axung.  hurnan.  an,  5  w.w'^.Et  fur  la  partie  ie  mis  ce  Ca-  ^4 
taplafmcf  parce  que  félon  la  Do6trioe  de  Galicn  il  ne  fe  faut  pas  feruir  de  cho-  6|, 
ks^ï:iiXcsJ'^Sem.Cydomor.fœnugr.alth.an.lii.piilu€rifentHr  &  macerentnrin  dq^ 
calidaper  duas  horas.addefar.hordei  liii.pulH.  rofar.  |  ^.coqti.  inf.ûj.  açjUAadfor- 
marn  Cataplafmatis  addiio  ouo  iûtegro,appîicetur  &  rencuetHr  ^uoties  opus  videùl-- 
mr  :  Par  ces  remèdes  la  douleur  commença  à  s'appaifer<Sc  l'endroit  où  la  ma- 
tière ctoit  r.mafsces  vint  à  paiêtrc,fur  lequel  i'appliquay  l'Emplitre  Bafiiicuni 
&  le  Caraplafme  i'nîâit  fur  tout  le  Pic,  Et  parce  que  cet  endroit  eft  fort  cal- 
leux ,  i'y  fis  vne  fomentation  long.ue  auec  du  lait  échauffé  dans  lequel  auoyent 
C4ait de  la femence  de  foEiiugrec,  des  feuilles  de  mauues  &:  violert,;s,  empor- 
tant par  après  cette  ciUofirc  auec  leRafoir ,  comme  i'ay  procède  en  U  Cu- 
re de  la  Paronychie  Oùfemation  quatorze.  Ainfi  l'Apoltume  .s' étant  creucc 
en  peu  de  temps ,  il  guérit  heurcuiement  :  Tandis  que  ic  le  traittois.  Mada- 
me de  Lend  m'a  fouuent  raconte  qu'vn  de  (es  Patents  ctoit  mort  en  peu  de  ^<^ 
iours  d'vn  femblable  mal,  Ce  qu'il  ne  faut  pas  trouuer  étrange  vcu  que  cette 
partie  eft  ucrueufe  ôc  d'vn  vif  fentiment  d'oà  viennent  des  grands  Accidenw- 
Oùferh.iQoCcfft-i'^i- 


ti-  Liure  Premier 


OBSERVATION     XXI. 

D'vne  Dartre  Corrojtue  après  vne  légère  BrpUure» 

VNieuac  François  fucbriilcpar  de  la  poudre  des  le  pic  iufques  au  gcnouïl 
mais  fort  lcgcrcmcnc,veu  que  la  p'^auà  peine  croie  cntatnéc:Il  eut  recours 

6j  à  vn  Charlatan  qui  au  commencement  y  appliqua  Tetpace  de  quelques  iours 
de  largille  de  forgCjbol  ix  blancs  d'œufsauec  les  fucs  de fcmpcruiiuim  &  fola- 
trum,  enueloppanr  la  ïambe  aucc  des  lingf^s  trempés  en  ces  fucs  &?.uecicurs 
eaux  diûillcesda  douleur  qui  croit  déjà  grande  s'augmenta  par  IVlagc  de  ces 
Médicaments  &  fut  fuiuie  de  fièvre ,  inqui-tude  &:  defluxioii  d'humicurs  far  la 
partie  anec  inflammation  de  toute  la  ïambe  iufques  à  la  Cuiirc  ,  Enfin  ilviiic 
vne  Darte  rongeante  fur  toute  la  Ciiilïè  ^c  il  grande  que  les  Chirurgiens  croy- 
oient  qu'il  la  faudroit  couper,  il  en  l'eut  peu  faire  du  gcnouïl  :  Au  bout  de  lix 
mois  on  me  l'amena  à  Colognc,où  il  fut  guéri  par  cetre  méthode  ,  anec  l'aide 
de  Dieu  II  fut  premièrement  doucement  purgé  par  cette  potion.  l/L.  Rad.fcro- 
phtilar.  mAî.cortic.  imerior.rad.franff-iUypoljfod.an.  l  (v.  Herb.  fur^ur.ctlfcHt£.fca' 
{^lof.nn.  m.  Ç^i.  fol.fenn.mHria.T^ni.  cojne  tnaij.aà'^îv.  In  coUtur.diffoltte  conf.  Ha- 
Viech  5  /  i.fyr.rof.folm.plur.înfHf.  §  i.  tn.f.  poo.  Le  iour  fuiuant  ie  luy  ouuris  la 
VcneBafilique  du  même  côte  &tiray  fept  onces  de  fing  ,  &  pour  préparer 

y*  d'auantr.ge  les  humeurs  &:  purger  en  même  temps,ilplit  cet  Apozeme.!^.^.<??^. 
oxyljpJcrophHl.mai.C0rtk.ifiter.rad.frari^^:U,p0hpod,petrofeLcorttc.Trtmay-tff:.a>f. 
3  i.  Herb.AgrimQn.veronicfciibiof.fumay.CHfcHt<£,,ceteraclo,an.7n.î.  ^Mmfier.cordi^d. 
& genijïx  an.pAg.uJiaHlr.pin.JJ'ntar.an.l  Ifem.  ^rtj.d;'  fœ.nc.an.  5  ii.f.decoUio  in 
f.tjd^.pHriJJ.adconfumptionem  tertitt  partis  i:-:  colatur.  tfe  i  6>.  infnndef,  a.  Âl:abr.ri?. 
'  el'Agfgr.rec.trochifc.an.T^iiii  fol  fenn.^ii.f.f.ti.  Apoz.enupro  w.deTtbus  :  Le  corps 
ayant  ctc  ainfî  purgé  ô:  ayant  ordonne  vn  bon  régime,  ie  vinb  ajx  Topiques, ^5c 
parce  que  la  peau  auoir  été  endurcie  par  ces  Médicaments  froids  des  le  coni- 
menccmcnt,ic  me  feruis  de  cette  fooientation  cmollicnte  deux  o,u  tio.'s  lois  le 
iour  fur  toute  la  Izmbc.'^'Àith  totiHs,rad.'?x-yLip  fcrcfhu! .  an  ^  i  i.fol.r/jala.vio- 
iftr.fior  melilot  ftimbucoii.m  i.fcm.fœnuor.  jii.  cccjhc  m  a^j  ad  co'^ifn?/jpiio'jem  tertid 
partis  :  Il  faut  appliquer  fur  toute  la  iambc  d:s  linges  doubles  ou  des  grandes 
,  <^  Efponges  trempées  en  cette  Decodrion  ,  après  I  ;  fom^-ntarion  f^ite  iVfpace  de 
demi  heure  on  y  appliqiu  ccr  EmplâZvC'lC.ftr.fùbar.lMpirior.ai.  ife  (l.  foenugr.  (^ 
linian.^ii.Rad.Alîh.recensco^A  &  crîbrata  '^îv.  pulu.  flor.  Cavioinlll  melil.rejar. 
.rub.abJymh.vHlg.  ^  /.  f.f.  a.  Catapl.lz  proccday  en  ctzzc  marJcre  quatorze  iours 
durant  :  cependant  la  peau  fur  ramollie  &  la  douleur  app.iisée  &  la  Sanie  ou 
humeur  acre  &  virulente  qui  fortoit  des  Viccres  futé[>aiine  &c  préparée  à  la 
concoâ:ion:Ie  mis  fur  les  Vlceres  du  Précipité  lauc  en  eau  d.  plantîn  i'c  de  ro- 

/®  fcs  de  cet  Emplâtre  par  dclFus.  ^.  BinpLdemHçilag.  Palmei  an.  tb  $.  Empl.  de 

Ranis 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  '  ^5 

JUniseum  mercurio  l  iualum.  vJîlX^^lcamb.an.  li.ol.roftc.ij  f.f.f.  a.CeratHm:  fur 
la  fin  ie  mcleruis  de  cet  ov\gncm.'^>K^d.fcYophul.mai.Oxylap.cortic.fra:iguU  afr. 
%iv.fitccifciibiof.[nm<!tr.acetl.an.]^\.pingii.porciru  \o\\.conqHaj]entiir  radiceSydein  if* 
lebece  cmn  pingiteàine  é'  Jaccis  coâinamur  adfuccorum  confUmptionem  ,  cole.nnr  & 
YefeYuetnrptngtieaoyHmHS-lfi.^iPnlii-Aluin.  & vuricl.xfli.far.liiphi.uaccar.UHrh 
cinerHmfnUginis  an.^  i  il.argcmt  viui  extinSli.  \ii.  Therlac.\i.f.f.a.  vrgu.in  mortA' 
rio.  cjHo  inungatur  ma  Tihla,  horis  matminis  :  Il  fut  purge  au  moins  vue  fois  b  Çc- 
iT5aine,mais  légèrement ,  par  la  Médecine  (iirditte  ou  quelque  autre  rcn:iblablc, 
comme auec  ks  Pilules  Qcfurn^tr»conjeU.Hamcch.EleEl.Inio  mai\:^  firniLcum  de- 
i:oU.  fumar.  fiabiof.  cufcutA  &  rad.  Oxylap.  sxhibttis  :  A  l'ai  Je  de  ces  rtmedef  II 
fut  gueri(par  la  grâce  de  Dierjjn  refpacc  de  deux  mois. 

R    Br  M  A  R  QJ^  E. 
il  n'y  a  point  de  doute  que  cccte  Dartc  auoic  été  proiuitce  par  ces  remèdes  ' 
trop  rafcaichilîants  i^c  parles  Emplaties,car  iclon  Hippocvacedc froid  maid  les  7} 
VlccrcSjdurcit  i.i  peau,  empêche  qiie  la  doijlcur  nevicnne  à  lupputation  ;  rend 
la  partie  noire,  caufe  des  fdirons  de  ficvrc  ,  des  conuulfions  6c  diil^  niions  de 
membres  :  A  raifon  d^quoy  les  humeurs  qui  s'ctoyent  icttccs  fur  la  partie  à 
.caufe  delà  folution  de  continuité  &c  violence  de  ladouleur/urent  retenues  fous 
le  cuir  par  l'vfagc  de  ces  Médicaments  rafraichilîanrs ,  Icfqucls  s'y  étants  pour- 
ris &C  deuenus  acres, rongèrent  la  T^td.n.Obfer,i.ioo.Cent  i. 


OBSERVATION    XXII. 

Vvn  Erifypele  ^ni  fe  conuertlt  en  Çangrene  pour  y  anoirmls  de  l*hu)ie. 


V 


N  Payfan  ayant  vn  Eiifvpclc  auec  Phlegmon  en  la  main  gauche  ,  par  le 
confeii  d'vn  B:abicr  s'oignit  la  main  6c  ie  bras  auec  de  1  huylc  Rofat ,  ce 
qui  augmentâtes  douleurSjrinHammation  &  les  autres  Accidents,  de  forte  que 
la  Gangrené  vint  en  toute  la  main ,  étant  venu  vers  moy  il  fut  guéri  par  la  fca- 
rification  «Si:  autres  remèdes  qui  font  nccellaires  encemal,Par  où  il  faut  appren- 
dre quei'huyle  ne  vaut  rien  dans  les  Inflamations  comme  ditGalicn  en  fon  5.  -ta 
iiurede  lafacultc  des  Medicaracnts.O^/8z.O«/.io. 


O  B  S  E  R  V  A  T  I  O  N      XXIII. 
Z>V«  Hydrocéphale  monJîrHeux. 

IL  faut  mettre  ce  mil  an  rang  de  ceux  q-uiarrinent  rarement,  Eftanr  à  Colo- 
gne i'ay  veu  À  diucrfes  fois  vn  E^fanr,nc  de  Pcrc  6c  Merc  crcsrobjites,au<iuc> 


O 


Kf  Liiire  Premier 

'ftTcftc  croit  vrnàcd'vnc  cffloynble^ioirjur  ,  Car  elle  anoirvnc aulne  &  vn 
quart  i-  Toiumcfui-eiie  Colog.i?  ,  Et  en  liautcur  ,  d'vnc  Oreille  à  l'anti-Cjil  y 
p.uoit  ci'.iuanrao-e  :  Un  ctoit  pisnc  ninfi  rronfliucux,iT!ais  étant  venu  à  l'àgc  de 
ù'-.i  maisila  Telle  commença  à  Iny  grclTn-,  11  n'auoit  point  érc  malade  aupara- 
uantjtontcsfoiilc  rcftc  Jn  corps  icccuoir  peu  de  nourriturc-.mais  en  l'elpacc  de 
trente  mois  la  Tcftc  vint  peu  à  peu  à  cette  grollenr  >  finalement  ii  tomba  en  vn 
atrjn!Î-:m-nf  ktliu-j^iqjc  &  mourut  bien  toft  aptes  ,  Le  Ciane  ayant  ctcoa- 
iiert  en  picfencc  de  Jean  Slotanus  &  Henri  Pallaniius  Dodeurs  en  Médecine, 
nous /trouu.ifmes  dans  ks  deux  intcrienrs  ventricules  du  Cerueau  iufqnes  à 
d!>.h':/icl:liurcs  d'eau  plus  claire  i]  le  v.  hyftil ,  c  eitc  eau  auoit  dilate  non  Teule- 
mcn:  les  ventriciks  mais aulîi  la  lublt.incc  du  Cerueau,de  forte  qu'il  ctoit  (a  la 
reftfu?  du  Ccrcbellurr,  J  élargi  comme  vn  lac  ,  ce  qui  ctoit  caufe  que  les  con- 
uolutions  Ôc  replisdu  Cerueau  ne  T.- voyoyencpis,tout  étant  boufli  :  la  dure  6c 
Pic  mac  ctoyent  en  leur  entier  mais  ficLirgies  qu'elles  couuroyent  tout  le  Cer- 
ueau: le  Crâne  aufTi  croit  dibté,  nnis  il  a[>prochoitpar  tout  plutoft  de  la  na- 
ture d'vne  membrane  que  d'vn  Os  :  ic  la  gnrdc  encor  en  mon  cabinet: le  tioifie- 
nc  ventricule  nefe  pouuoic  pas  voir  étant  confondu  aiiec  les  dcuxnntcrieurs: 
nous  rrouuamcs  dans  le  quatrième  vue  certaine  maâcre  gluante  mais  en  petite 
quantité,!!  n'y  auoit  rien  de  changé  en  h  bak-  du  Cerueau  ,  fans  pouuoir  trou» 
ucr  les  conduits  par  kfqucls  cette  matière  fcrcufe  s'ctoit  gUfsee  an '-^  erueau» 
quelque  exade  reccrche  que  nous  en  ayons  f.iit  :  Ei;fia  toutes  ks  pai  tics  Natu- 
relles &:  vitales  écoyent  belles  à  mcrueillc,  ce  qui  étoit  cauf-  que  kuis  foi^clios 
fe  ftifoycntafsés  bien>ayant  à  pcnccu  Jamais  de  k  fièvre,  mangtanr,beuuant  & 
fe  vuid.inî  6<  dormant  comn-c  s'il  eut  été  en  plaine  faute  ;  il  ne  m.nquoit  rien 
lînon  que  la  nourriture  ne  luy  profitoit  pas,  car  tout  le  corps.a  larcierne  de  la 
Tefte,demeura  petit  &  exténue  :  Q^nt  auxadions  Animak.s  con  me  l'tfpiic, 
la  parole,  la  vec.ë,  ToUyc  &  autres  ,  il  en  étoit  entièrement  priué,  rernu  int  auec 
pcne  ks  bras>i  iaî^bcs  lèvres,  yeux  <^  paupières  volontairement ,  mais  (ouucnt 
contre  foti  " rc  >  c'tft  à  dire,  qu'il  a  oit  des  contrarions  ôc  conuulfions  à  l'ordi- 
naire, mais  lans  douleur. 

Vày  connu  aufll  vue  petite  fdlc  de  Icnn  Slotanus  Médecin  à  Cologne  qui- 
auoit  ce  mak.elle  fe  porta  paifàitcemcnt  bien  iufques  à  l'âge  de  trois  ans, La  Te- 
lle commença  dés  lois  à  grcflir  mais  non  pas  lî  prodigiaifement:  LU  mourut 
en  fia  de  1^  petite  Vérole  :  Ayant  ouuert  le  Crâne  ou  trouua  beaucoup  d'eau 
dans  les  deux  antérieurs  ventiicules  du  Cerueau.  Obferttation  X.tentJ.W  y  a  vnc 
exemple  à  peu  prés  femblable  en  la  Ccntuti,-  W  .ObfcrH.X. 

*""  OBSERVATION     XXIV. 

Que  lincifion  de  l' Hydrocéphale  ejî  dargereufe. 
Ai^lc  fur  le  Rhofne,villc  appartenante  au  Canton  de  Berne  en  ran.i<5o8. 
il  naquitvn  Enfant  de  Père  ik.  Merc  de  bonne  compkôtion  &  confticu- 

tion> 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  2,7 

tîon  »  /înon  que  celle-ci  pendant  fa  grofîèllc  s'ctoic  rcoiiucc  plus  foiblc  que  à' 
coutume  ,  il  ne  le  trouua  ncantmoiiis  aucune  deformitc  en  i'cnfiinc  fi  ce  n'cft 
que  l'œil  gauche  fcmbloic  vu  peu  plus  enfonce  que  l'autrciA  paine  vr  il  atteinc 
trois  mois  que  la  Teftc  commença  peu  à  peu  à  hiy  grofîir,  de  foite  que  n'ayant: 
pasencor  huicmoiSjiU'auoic  plus  groifc  que  quel  home  que  ce  fur,  car  de  l'eau 
très  claire  dilatoit  fi  foit  le  Ciane,  que  la  peau  &  cour  ce  qui  cftoicdellbus  en 
croit  venu  tranfparent,car  mettant  la  chandcle  d'vn  côrc  ou  aux  rayons  du  So- 
kil,on  dccouuioir  cette  eau  tresaîicmcnt  dedans  la  Teftc  :  Il  tettoit  cependant 
très- bien  quoy  qu'il  Ru  fort  chagrin  ,  prenant  nourriture  comme  les  autres  en- 
fants, mais  qui  s'en  niloit  toute  a  laTettc,lcrcrte  du  corps  ne  profitant  pa-^iMâ- 
fieur  Anthoine  d'Erlach  Bailiif  dulieufçachant  que  i'étois  ciuieux  des  chofes 
rares  mefîtvenir  pour  levoir,cc  qucicne  pus  faire  parce  qu'il  me  falloir  aller  à 
Bourg  en  Bicircpour  voir  Noble  lacobVuallici*  malade  d'vn  coup  d'inrquebu- 
fade:durant  mon  voyage  ils  le  ieruircnt  d'vn  icune  Chirurgien  afsés  entendu: 
iceluy  ayant  fait  vue  incifion  au Sinciput  droir,en  tira  pour  h  première  foiscn- 
uiron  vne  liare  d'eau  claire,  &  ayant  mis  vue  Tenteaucc  vn  Emplâtre,  il  ferma 
lapiaye,mais  laTcfte  croit  fort  plaine  d'eau  laquelle  couloit  fans  celle  &  eu 
quantircjilen  déuint  fifoiblc  qu'il  mourut  au  bout  de  ^6  heures,  ayant  atteint 
neuf  mois  ik.  quatre  iours. 

On  peut  voir  par  la  combien  cft  dangereufe  l'apertion  du  Crâne  5:  l'cua- 
cuation  de  cette  eau  ,  laquelle  eft  contenue>  comme  ie  l'ay  vcu  par  deuxfjis, 
dans  les  antérieurs  ventricules  du  Cerueau ,  que  i\  quclqu'vn  veut  elfaycr  de  l'c- 
uaciier ,  il  eft  neceiïàirc  de  faire  incifion  des  membranes  &  de  la  fubftance  du 
Cerueau  »  ce  que  l'on  ne  peut  faire  fans  tuer  le  patient ,  Que  faut  il  donc  faire? 
Pour  moy  ie  tiens  que  ce  mal  eft  entièrement  incurable  appuyé  fur  la  raifon  Se 
fur  l'expérience  :  Quant  à  celle-ci ,  ie  fçay  que  Ican  Slotanus  cckbre  Médecin  à 
Cologne  a  fait  tous  les  efforts  pojr  guérir  vu  lien  enfant  ,  s'étauc  ferui  mêmes 
duconlcildesplus  grands  Médecins  d'Allem.agiK:Et  la  raifon  montre  que  cet- 
te maladie  eft  très  grande ,  pour  laquelle  il  faut  employer  les  dcrnivrs  remèdes, 
tels  que  font  le  Fer,  le  Feu  ,  les  grandes  vacu^tions  «Se  vue  cxjuife  façon  de  yi" 
ure  :  Or  qui  of croit  s'en  icruireu  d<:s  petits  Enfancs? 

Outre  que  le  Cerue.iu  eft  Ci  fort  détraque  &  aftbibli ,  que  non  feulement  il 
conuert'-t  la  plus gLindepai tiède fi  nourriture  en  ferofités,  mais  aulfi il  reçoit 
toutes  celles  qui  (ont  au  icftc  du  Cor^-'s ,  veu  que  les  m.cmbres  robuftes  ont  ac- 
coutumé de  (edéch.ugerlur  les  fci'jL'S,  de  là  vientquele  rcfte  du  corps  ne  ù 
nourrit  point>quov  que  les  ovgancs  nourriiîitrs  le  portent  bien.  Ocffcra.  Xf^U, 
Cent.  m. 

'  D     1 


tM  Liiïrc  Premier 


OBSERVATION    XXIV. 

D'vn  Hydrocéphale  A^t'fiàei. 

'An  1595.  on  vie  à  Paris  vn^arfon  tie  15.  ouiS.  rr  ois  auquel  la  peau  de  la 
ITefte  ècoic  liforc  tendue  qu'elle  rurpalfoic  de  beaucoup  la  grolîèur  de  la 
Teftc  des  Enfants  dojit  il  cil  parlé  en  l'obferuaiion  précédente  :  les 
Pcre  èc  Mère  de  cet  Enfant  le  poitoycnt  de  lieu  en  lieu  comme  vn  mon- 
ftre  :  comme  l'abord  du  monde  croit  giand,  le  Magillrarfoupronna  qu'il 
y  auoit  de  la  fraude  ik.  lit  mettre  les  Père  &  Mère  en  prilon  ,  étants  appliques  à 
la  qucflion^ils  confelîerent  leur  crime,airiuoiL-  qu'ils  auoycnt  fait  au  fommet  de 
la  Tcfte  iniques  aux  mufclcsjvn  petit  trou  par  lequel  fourrant  vue  Tyringuc  ils 
iouffloyent  entre  la  peau  &c  les  iiiulclcs,de  iorte  que  peu  à  peu  &c.  continuant 
ainii  tous  les  iours  ,  ils  l'anoycnt  fiit  venir  à  cctre  gioircin-jla  Syringue  étant 
otcc  ils  bouchoyent  le  tiou  auec  delà  ciic  ou  quelque  chofe  de  lemblable. 

le  riens  cette  hiftoire  de  Noble  Louys  Vvallier  qui  a  veu  cet  Enfant  auec. 
Noble  Philippe  d'Eltauayf,Seigneur  de  Mxilonàms.Obf.i^.Cent.i. 


OBSERVATION     XXV, 
^D'fiôn  rnmJTrHe'AX  Hydrocéphale. 

Î'Ay  veu rani6ii.au mois  dOdobre à  Hildcn  ma Patric,par  après  à  Duflè!- 
dori-^vn  icune  homme  de  iS»  ans  trauaillc  d'vn  Hydrocéphale  ,  il  étoitdela 
haute  Allemagne,ili  Tcfte  ctoit  prodigicufe  car  elle  auoit  en  rondeur  deux  pics 
de  Roy  <S<:^dix  pouces  &  en  hauteur  autant  :  le  relie  du  corps  ôc  principale- 
rneut  les  Pics  flcfqueis  il  auoit  tournes  &  retiics^  &  les  ïambes  étoycnt  fort 
amaigriesjlc  Crâne  n'ecoit  pas  membraneux  comme,  aux  autrcs,m.ais  on  lefen- 
toit  manifcllement  dur  Ik,  foiidf.il  ctoit  de  petit  iens  ,  parloir  ncantiàîoinsafscs 
difl;inâ;cmcnt  :  il  mangeoit  beaucoup  &:  gloutonnement  :  cftoit  fort  fuiet au 
mal  Caduc  :  la  Tcfte  comm.ença  à  luy  grollir  à  trois  ans  après  être  relcuc  d'vnc 
Ta2.hidkâi^iié.OhfernA^.Cent.2. 


M 


OBSERVATION     XXVI. 

D^'-one  Ecrmel/e/ùppure'e. 

R.  Ican  Chiifinet  Miniftre  à  S.Martin  dans  le  Bailliage  d'Yuerduii  âgé 
JLde  plus  de  70.  ans  auoit  vne  ECcroiisilc  des  fa  ieiuicilè  qu'il  portoit  fans 

aucune 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  i^' 

aiicuneîncommoditc,  hormis  vue  feiuoLiciirc  par  iiucniallesicaufe  d'vne  dc~ 
lînxion  quiluy  tomboicfur  1.-  v^oficréi:  !•'.  Trachée  Autcre:  Au  commencement 
d'ocbobre  i6o8.ayant  eu  prcinicrcmcnt  quelque  douleur  de  Tcftc,  illuy  vint  vn^ 
grand  Rhume  c\'  plus  fâcheux  que  de  coutume  qui  luy  tomba  fur  le  col  &  fur 
rccrolicllc  :  Ne  s'cfl:ai«t  fcrui  au  cotTimenccmcnt  de  médicaments  ni  d'aucu- 
ne Reuulfion,  &  la  Dcfluxion  continuant  touliours  à  verier  fur  la  partie  laquel- 
le ctoic  dcia  foible  ,  il  luy  vint  vnc  grande  diHicultc  d'aualler  :  il  ne  laiiloir  pas 
de  faire  fi  charge  parce  qu'il  auoit  la  voix  &  la  Rcfpiration  libre  ;  le  mal 
augmentant  deiour  en  iour  2c  ncpouuant  plus  rien  auailer  ,  il  demanda  con* 
fcil  à  Mr-Rofcius  D.  M.  qui  luy  ayant  enuoyc  vn  laucmenr,  vnc  Médecine  aiicc. 
quelques  onguents  Se  cataplafmcs  ,  luy  conftiilaencor  de  me  demander,  afin 
que  ie  reconnulle  de  plus  prés  le  mal ,  auant  que  venir  à  l'Opération  manuelle: 
il  récent  le  lauemcnt  qui  luy  fit  du  bi^n;  fans  pouuoir  auallcr  vue  goutte  de  la 
Médecine,  Tcftant  venu  voir,  ie  trouuay  ce  bon  vieillard  extrcmem.ent  dcbilc 
auec  vnPoulsintermittant,  cariln'auoitni  beu  ni  mange  il  y  auoit  pafsc  jf. 
iours,  fans  pouuoir  auailer  vnc  goutte  de  boiiiilon ,  &  ce  qu'il  prenoit  ayant 
pafsc  l'epiglottis  fortoit  fans  toux  ni  vomiirement,  mais  par  vn  certain  fêchcux 
effort  ,  il  n'auoit  pourtant  pas  perdu  l'appctit,  ce  qui  i'obligcoit  à  s'écrier, 
mifetable  que  îe  fuis  qui  meurs  de  faim  !  au  coftc  gauche  de  la  Trachée  artè- 
re pendoit  cette  cfcroiielle  de  la  groiFcur  d  Vn  œuf  d'Auftruche,  laquelle 
n'ctoit  pas  fort  dure  ni  attachée  à  icclle,  c'eft  pourquoy  il  n'y  auoit  ni  diffi- 
culté déparier  ni  de  refpirer  :  on  nepcutricn  dccouurir  contre  nature  autour 
de  la  Luette  ni  des  Amygdales ,  quoy  que  l'on^ut  baifsé  la  langue  en  mettant 
le  Spéculum  cris,  car  le  mal  êroir  plus  profond ,  partant  le  malade  àshva  que 
iemiire  vue  fonde  d'argent  pour  tâcher  doter  cet  empêchement,  ayant  donc 
pris  vne  Cannule  bien  courbée  à  laquelle  i'auois  attaché 'vne 'éponge  ,  ie  la 
fourraydansl'Oefophague  :  àcôtéduhaut  du  fternum  ,  là  où  les  deux  claui- 
cules  fe  if>!gnent ,  ie  trouuay  vn  fi  grand  cmpéch -mait  ôc  vn  G  grand  détioit, 
qiiele  Cacheter  ne  peut  entrer  qu'à  grand  force  :  l'y  ayant  neantmoins  mis  S-z 
remis,  il  s'y  attacha  vne  certaine  matière  gluante  qui  rclTcmbloit  à  du  lard,  qui 
fortit  pourtant  fans  vomiirement  mais  auec  le  même  etfort  qu'auparauanr:  Far 
où  ie  connus  que  cette  écroueilc  étoit  venue  à  ffcippuration  en  cet  endroit ,  car 
on  trouue  Icphis  fciiuent  de  fcmblable  matière  en  ces  tumeurs  :  l'y  ren-sis  la 
fonde  trois  ou  quatre  fois  &  toufioursi'amcnay  quelque  peu  de  cette  matière 
après  quoy,  il  peut  auailer  vn  peu  de  vin  &  de  laicî  d'Amendes ,  &  croyant  être 
remis  il  me  donna  mon  congé ,  mais  il  mourut  vn  peu  après  mon  départ,  parce 
qu'il  auoit  été  fort  atîoibU&  amaigri  par  le  ieune  preccdcnc ,  ^  que  rOcfb- 
phague  vint  à  fe  remplir  derechef  de  femblablc  matière.    O  ^'tfr«.  54.  Cent.  3. 

D  j 


^95 


59  Liurc  premier 

OBSERVATION      XXV. 
P«V/  y  a  dtt  dunger  à  omcrir  les  Ecro'ùelles, 

L'An  iÇ9^.  ic  visa  Gencuc  anccMr.Ican  Antoine  SarraziiiMedccm  du  Roy, 
vnc  fille  de  dix  ans  qui  auoicvne  efcrciicUe  en  la  partie  droite  du  col,  6c 
comme  elle  êtoitfort  at:achce  àla  Trachée  artère  &  au  netfrccurreatjclle  l'em- 
pcchoit  en  quelque  façow  de  parler  &  de  rt  fpircr,  parquoy  la  mcre  me  pria  de 
couper  cette  Tumeur  de  peur  qu'elle  ne  la  rendit  difforme  &  ne  l'cmpcchat  de 
ftf  maricr>  croyant  que  cela  (e  pouuoit  faire  fans  da-igcr  parce  qu'elle  n'eftoit 
pas  plus  grolïèqu'vn  œuf  d'Oye  ,  mais  Monfr,  S:.rraziu  &  moy  n'en  fufment 
pas  d'auis,  tant  à  caufe  du  danger  d'ha:morrhagieque  de  perte  de  la  voix,  car  ks 
vdnes  iugulaircs  &  le  nerf  récurrent  fcmbloic  ctreenucloppc  dedans  cette  Tu- 
meur, parquoy  nous  la  laiiralmes  là  :  mais  vn  peu  de  temp> après  vn  certain  té- 
méraire de  Tonnon  vint  en  ville  qui  promit  hardiment  de  poiiuoir  couper  cet- 
te c'crolicllc  fans  danger,  accorda  du  prix,  &:  toucha  l'argent,  mais  ayant  mis  le 
rafoir,  ellcmourut  dans  l  Opération,  cccimpofteur  futmis  en  prifon  &  rcb- 
chc  après  auoir  paye  vne  groflc  amende.  Ohfern.  35.  Csntur.  3. 


OBSERVATION    XXVI. 
D.s  Efcroùelles  hh'  col  de  prodigîeufe  grcjjeur. 

VN  Gentil  homme  d'Auftrichc  âge  de  zo.  ans  étudiant  à  Orléans,  comme 
il  lu  y  fut  Tenu  quelques  éciolLllesaucol,  fc  feruir  du  Conicil  des  Mé- 
decins &  Chirurgiens  du  lien  lelqucls  ayant  tout  cflàyé,  mais  en  vain,  &  icclbs 
augmentans  de  iouren  iour,  il  vint  à  Lyon  où  il  conlulta  auflj  les  Mcdecins  ik. 
Chirurgiens  du  lieu,  qui  dïayercntauflTi  lans  (ucccs  plulîeurs  remèdes  rnnt  en 
dedans  que  dehors,  enfin  étant  venu  à  B.iilc  il  (c  mit  entre  les  mains  du  D.  Fé- 
lix Platerus,  &  comme  i'cftois  pour  lors  à  Balle  fcruanr  vn  Prince  en  qualité  de 
Chirurjjien,ic  fus  auQi  demande  :  le  mal  cftoit  prodigieux  <5<:  horrible  ,  car  les 
ccrolklîes  étoyent  venues  à  vne  fi  cxcciïiue  grandeur ,  que  le  col  auoic  pifsé 
quatre  Paulmes  de  tour  rcmplillànts  non  (eulement  le  creux  qui  efl  fous  le  men- 
ton, mais  venants  iufqucs  aux  oreilles  ,  la  future  Lambdoidc  &  au  milieu  du 
fternum,  elles ctoycnt  fort  dures ,  incg-îlcs  &liuidcs,  ent'ironnécs  de  veines 
remplies  de  ^^ng  noir  ;  Moiifi-.  Platerus  fit  aufli  ce  qa'il  pût  mais  fans  cftct,  &c 
comme  il  voulut  aller  aux  Bains,deBadeD, il  y  confentic  après  l'auoir  prépare 
Qc  purge:  l'y  vis  ce  miferable  auquel  i'ordonnay  aufll  quelques  médicaments 
palliatifs, mais  ayant  demeure  inutilement  deux  moisaux  Bains,  il  retourna  de- 
rechef à  Baflc  ou  il  mourut  ctoufte.  OhfcrH,  ^,  Cent.  5. 

OBSER- 


Des  Tumeurs  contre  Naturel 


OBSEPvVATION    XXVII. 
De  la  Cure  des  écroùelles  es  enfants, 

CEfnal  ne  dolc  pas  être  mcpilic ,  car  telle  forte  de  Tumeurs  glandulcufcs 
autour  ducoU'cndurciCnt  aisément  &  dcuiennent  malignes  ,  de  forte  -, 
qu'elles  font  de  très  difîicilc  guciifon,  principalement  fi  elles  viennent  àcreuer 
&  iur  tout  aux  enfants  c|ui  font  délicats  de  nature  &  ne  pcciucnt  pas  porter  èQS 
médicaments  acres  ;  Il  faut  ordonner  vn  bon  régime  de  viurc  ,  défendre  l'air 
froides  humide  &  les  viandes  de  cette  nature  :  faire  manger  du  bon  pain,  bien 
Icuc  qui  ait  vn  peu  de  foujde  la  chair  qui  ne  foitpas  trop  hamide,  celle  ik  porc, 
de  fauuagine&  d'o)  féaux  deRîuicre  eft  contraire  &  toute  celle  qui  eil  fumce 
&falce  :  il  faut  prcCrire  celle  qui  dcllèche  comme  d'oyfcaux  de  bois,  bœuf, 
mouton  iSc  femblablcs,  pliitoft  ônequeboliilliejil  ne  faut  point  donner  de  ra- 
gouftsfi  ce  n'cll  du  boliilionde  ch.n*i  où  aura  cuit  de  lafaugc,  rofraarin,  m^io- 
raine  &  fanictc:  il  faut  faire  ibitcnir  de  toute  forte  de  légumes ,  hcrbcs,fruirs 
qui  (e  corrompent  aiscmcufjcommc  de  prunes,  ceiilestScC.  Il  faut  faire  cuiter 
aulll  toute  lorte  de  poilfonSjlaicagCi  hormis  le  beurrc,o'dôner  du  petit  vin  blanc 
lequel  on  trempera  aucc  dccodtion  d'Agi  imoine  &  de  peu  de  véronique  :  il  eft 
necedaiie  de  purger  de  temps  en  tcmp;:&  parce  que  cela  ne  fe  peut  faire  par  des 
pilulesjil  faut  donner  des  t.-iblertcs  de  Diacarthamum  iufqu  ;s  à  i.  dragmes ,  ou 
bien  5(5.  d'c'peces  d' EleEluarintn  Inânm  minus  en  du  bouillon:  vn  peu  de  pou- 
dre de  m.echoacan  cftauflî  à  propos:  en  après  il  faut  fortifier  le  ccrueau  par  de- 
dans &  dehors  :  ilTautdonncr  tous  les  maiins  vn  p^u  deconferu^  de  fleurs  de 
Ectoinc,raugcou  maioraine  JL-  confcru.jlor.  Béton,  falu.  fummlt.  mAioran.  an.  ^  j. 
fpec.  Aromat.Yof.  Diarrhod.abb.  an.  ^j.cumj}r,  de  béton,  f.  eleUar.  Apres  le  repas 
ondonn^iade  lamiuacydon.  fimple  ou  de  la  fcmence  d'Anis(5v:corianJicprc-  -^ 
parc:  la  Decoélion  de  fallafras  f  ir  des  mcrueilles  en  ce  cas, car  il  fortifie  &  dei- 
scche  le  cerneau, il  la  faut  ainli  préparer  l^.Ugnifajj'afr.optimi  minutim  dtjfe^i  jj. 
jioY.beîon.p.].herb.Agrimon.veron'ic.an.rn.Çs.infunde per  hor.îs x.v.in  acj»fontis  tevidâ 
Ib  tv.  dein  cocjue  le  no  igné  &  vafe  bene  claufo  ad  confumptionem  ].  partis  ^  capiat 
de  colatitrafacch.  diilcorat'î  7^  il]  hora  G.matittina  y  il  faut  s'endormir  après  on 
repofer  l'elpace  de  deux  heures  (ii\s  contraindre  à  fu'ér ,  car  la  caufe  coniointe  V7 
(^comme  on  i'appelejde  ce  mal,cftant  vnc  humeur  froi  JCiCralfe  ôc  gluante,pcuc 
s'epailfir  en  f_hirrc  par  les  fucur^:  ce  fera  donc  afscs  de  confumer  la  caufe  antc- 
ccdentc,àf(^anoir  l'humeur  phlegmatique  qui  eft  au  rcftc  du  corps  parla  fufditc 
dccodion, tandis  que  l'on  t.auoj^era  à  ramollir, &  à  diflîper  înfcnhblcment  la 
itumeur  par  des  remèdes  cxternes:il  faut  doc  tenir  le  garçon  en  vn  lieu  mediocre- 
«icnc  chaud  nuec  vnc  bônc  faconde  yiurccaiicfoitpcudeficcat^e,neluy  donnic 


,^z  ^Liurc  Premier 

point  cîe  boiiiUons  nî  de  fiuîts humides ,  en  lieu  def^ucls  il  mangera  des  ra£- 
fins  (ccsy  des  Amandes  ^  du  bîfcuît:  ;  il  boiia  de  cetre  dccodion  vingt  iours 

durant  ou  Wf^acc  d'vn  mois,  en  le  pmgcant  de  dix  eu  dh  iours;  on  fera  vn  au- 
tre Dccociion  auec  le  icfte  de  la  première  y  adiouranc  de  l'eau,  vn  peu  de  railîns 
iccs  &  de  rcglillè  laquelle  il  boira  aux  repis  en  lieu  de  via  ,  on  l'aromÀtizcra 
auec  vn  peu  de  Coiiandrc  &  de  Canclle  ;  on  luy  metrra  fur  la  Tcfte  de  ceftc 

,  ..poudre  de  laquelle  on  luy  pourra  faire  vne  coefte.  ')^.flor,  béton,  ftoech.  rofar. 
rnb.  anthos ,  fummît.  ntaiorc  an.  m.  y  cori^nd.  fppti  5  i).  lignialoés  5  j.  rnalîich. 

.  thur.  an.T^iÇs.  fiyr.calarn.benlo^in ,  garioph.  an.'X^'y  mofch.gr.  G.  m.  &  contnn- 
âanturf.a.  Le  corps  cllancruiHiammenc  purgé,  il  faut  venir  aux  Topiques,  ils 
|H^  doiuent  tous  eftre  emollitifs ,  difculîîfs  6c  vn  peu  delî:cacits  ;  on  fc  feruira  de 
cette  fomentation.  O^.raâ.Alth.  bryon.  fcrophnUr.  wai.  ebull  an,l  j.  jîor.  ea- 
Tnom.metHot.fambuc.  ebttli  an.  m.'].fem.an\f.  ^  fœnugr.an,  ^  (s.  coi^ue  in  a<^  aà 
cofum  5*.  partis  :  on  appliquera  vne  éponge  ou  vn  feutre  trernpc  en  cette  deco- 
.jibion,  fomentant  deux  fois  le  iour  la  partie  refpacc  d'vne  derrii  heure  :  après 

80  quoy  onoindrale  col  de  cet  onguent  7^.  vngn.Dialrh.  5  fj  ol.lilior.  alb,piagued» 

^allind,  /in/erts,  vrfi  &  hnman.an.  i  (?.  a^.  vît  a  5  i\.  m.f.  Unimenium  :  en  après 

^..feion  le  confeil  d'Auicenne  on  froillerales  ccroiiellcs  bicwfortaucc  i-s  doigts, 

'  •  cil  fin  on  appliquera  dcllus  l'Emplâtre  Diachylum  cum  gumm.is ,  y  adioucaat 

vn  peu  derÊmplâtrc  de  Ranis  :  il  faut  vfer  de  cette  meibodc  i>.  iours  durant, 

âpres  on  adioutcra  à  la  Djcodîon  &  au  Uniment  vn  p.-u  de  vinaigre  jfjyllitic^ 

.  &^cn  lieu  de  l'EmpUftre  Diachylum^  on  y  m-ctcra  de  la  gomme  Ammoniac  dif- 

'  **  foute  en  vinaigre  où  nôtre  EmpUilrc  de  Cicuc  quifaic  dcsmerui-illes  en  ce  cas, 

^  lettre  ji. 


jtr^'^ • — 

OBSERVATION     XXVII. 

'  Defcription  £vn  Onguent  expérimenté  cful  refout  c^  dljfipe  les  écrcKclles 
&  Tumeurs  fdiirrenfe s. 

e         ^.  Raâ.  brion.  cychimli.  heleni]^  cncumer.  agreft.  an.  5  j«  co^ue  in  vtni  albi  & 

acett  an.  cj.  f.  dein  pifîentur  & per  fetaceum  percolentur ,  coh.rura  adâe  p:i!u.  raâ. 

irid.rnyrrhdfoltbant.ma/îtchts.crodyari/loloc.rot.  an.  ■^^i'^.flor.  camont.  rneUlçt, 

JambHC.an.  pu^.  /.  opopan  fia^apem^ajnmo'i.  b4elh\,  q^^dba-n  tna'j.  v'noi  d>J]olnt.  an. 

^Q.^gum?nlhederXi /iiracls caUrnirnan.  5  lij.  EHphod\  3  '•0 .  femin .  flaphfagrié.  7^  itG. 

jirgemi  vinifalinA  IjQminis .teiwne.xtiriElt  ^  i].  ol.  lUior.  de  vitell.  omr.  Oefpian, 

4n.  5  V).  Adep.  Anferin.  Anaiinl  ,  fuîUi,  mednlU  oHor.  vituU,  m.  ^j.mHci/ag.  fi- 

^  min.  ImifœnHgr.  rad.  Althottan.  l  \,  m.  &  cumf  q..  cera  jUna  &  Terebinthina 

yjsat  Emptajlrfimj  Qbf.  38.  Cent.  5.  ^ 

OBSER- 


Des  Tumcun  contre  Nature.  Ji 


OBSERVATION    XXVIH. 
lyvne  Tumeur  Oeâematsufe  ah  Ger.oml. 

VNGcntil  homme  du  Bourg  die  Villeneuve  fur  1j  bard  du  lac  Léman, 
étant  crauaiilc  d'vneTumeur  nce  de  matière  froide  t^c  vilcidcau  Gcnoiiil, 
recourut  à  vn  Barbier  ieqncl  faiisaucir  aucua  égard  à  la  caufc  antécédente  cii' 
trepric  de  le  guérir  par  les  fculs  Topiv^ucs  :   il  mit  donc  des  vcutoufes  puis  vu 
Cauftic  à  côcc  de  la  Palette  «S^  y  fait  vue  fontanelle  afin  d'en  faire  i'orrir  la  ma- 
tière :  cela  ne  reiilîîiriat  pas  ,  il  y  mit  vn  Cataplarmefait  de  Icuain  &  de  eau-  '5 
tliarides  &  exulccre  tout  le  gcnoiiil  :  cela  fut  fuiui  dVne  ttes-grande  douleur 
autour  du  genoLiil,  aucc  inquiétude,  fièvre  6c  autres  grands  accidents ,  &  cn- 
tt  autres  d'vne  doiîleur  deRcitis,  des  lumbes  &  du  ventre  qui  le  tourmentoit 
extrêmement  ,  &  peu  après  furuicat  vne  fi  grande  ardeur  dVrine  qu'il  n'en 
pouuoitpas  rendre  vne  goutte  fans  grand  tourment  6c  crier  à  haute  voix,  or 
:  les  gouttes  qu  il  rcndoit  ctoyent  laHglantcs  :  ayant  ôte  ce  Cataplafme  cette  ar- 
deur d'vrine  &  les  autres  accidents  s'appaîferent  vn  peu,  la  Tumeur  du  gcnoiiil 
ayant  diminue  en  quelque  fiÇon  ,  car  la  violence  de  ce  veficatoirc  auoit  diiîi- 
^pc  vne  partie  de  la  matière  ,  mais  la  plus  fubtiie  >  ce  Barbier  applique  encor 
,  fon  Cataplafme  qui  réueilla  les  mêmes  accidents,  principalement  l'ardeur  d'r- 
rine,  mais  auec  plus  de  violence  qu'auparauant,  ce  qui  obligea  le  malade  à  le 
quitter  ;  il  me  vint  donc  trouuer  à  Laufanne  où  ie  le  traittay  en  préparant  l'hu- 
meur piciiiteufc  par  Apozemes  &  ie  purgeant  par  fois  auec  les  Pilules  Aggrc- 
gatiues,  d'Hetmodadtes  :  ic  luy  £:  aulli  prendre  la  Decodtion  deGaiac  ,  faiîi- 
Fias  &  chine  pour  le  faire  fuct  doucement ,  &i.  feulement  pour  échauffer  cette 
matière  froide  &:  gluante  qui  ctoic  ai:tour  du  genoliil,  en  après  i'appliquay  le 
Cataplafme  fuiuant  pas  de  Guidon,  ^5*^.  far.faùar.  Hotde'uin.  ^iv.fn^fnns her.e 
trïtt  m.  if.Jîerc.  caprin.  îriti  It»  (5.  c.irnjtn.  meiJkt.  an.  rn.  j.  citrn  l:xhiîo  &  fap&  a.  84 
f.  ex  omnibus  fi,u  Empl.^.ddâr.do.oL  camo?n.dr  J^'icih.an.  1 1\  nppUca  cnUde  bit 
An  die.  s'eftant  ferni  de  ce  Caraplaimc  prelques  vn  mois  entier,  il  fut  guéri;  mais 
comme  la  caille  auoit  été  aftu»ibli^  p  it  la  longueur  du  m.d  ,  .  ie  luy  confeilUy 
.J'allei  aux  Bains  de  Valay  où  il  fux  entièrement  rétabli.  Gbpsïu,  <î8.  Cent.  6, 


OBSERVATION     XXIX. 

Ph  Schirre   c^r  de  fa  Curation. 


Ous  m'écriués  qu'vneDame  âgée  de  50.  ans  en  l'an  \Cii.  fut  atcaquc; 'de 
^  Pcftc  5c  eut  vn  Btibon  en  l'Aine  d^oirc  ,  duquel  pendant  lîx  mo^  Il  cft 
fouhouis  forti-vnc  matiac  iereufc,  que  mainccaant  il  y  reile  vne  rumeur  ie  U 


Liure  premier 


plus 

durcie  peu  à  peu  :  l'ay  rcmaïquc  à  dideifci.  foiscjue  la  rrcme  choie  cft  arri- 
liée  es  AbCés  Jcs  mammclbsqui  lerjutconueicis  cnfchirie  :  or  11-  Mcdcciu 
qui  l'a  traicrc  a  eu  railan  (J'entccccuii:  l'vlccie  ouucrt  des  le  commencement, 
comme  il  leiaut  pratiquer  en  toutes  les  mahJics  c]ui  ont  de  la  malignité, 
comme  en  la  Pdte ,  en  la  moifure  du  chien  cnvagc  &  d'autres  Animaux: 
mais  canJis<]ue  l'on  entrerIcncrvL-crcouuert,  il  faut  mettre  aux  Tentes  des 
mcdicamei.ts  q'ji  a:rircnt  les  humeurs  du  centre  à  la  fui  face  du  corps ,  ce  qui 
u'a  pas ertc  f '.if  au  commencement  de  la  Cure,  d'où  vient  que  la  pnrcie  tcr- 
reflrc  &  ^  irquculc  de  l'humeur  ell  reftce  :  ce  que  ie  conîcdure  par  c^,t  endroit 
dévoue  lettre  où  vous  ccrii.cs  que  quelques  m.ois  après  les  glandçs  de-  l'Aine 
fe  loue  eniices  peu  à  peu  &  qu'y  cflant  furucnu  de  nouuenu  de  la  d*alcur, 
rougeur  Se  douleur,  le  mal  s'eft  tourne  en  Abfccs  &  vlccre  ,  lequel  a  tfté  gue- 
lipardcsLulUes  u'Aviftoloche  ,  faillies  èc  racines  de  grande  ortie,  Valcria- 
îie  ,  Herbe  Robert ,  Véronique,  Saniclc  ,  mettant  autant  d'vne  que  d'autre, 
Icrqucllcs  on  a  fait  cuîie  en  vinaigre  &  vin  :  Il  cft  derechef  manifeftc  que  l'on 
a  manque  en  cet  endroit,  à  Içanoirque  l'on  n'a  pas  attiic  luififammenr  cette 
matière  cralft  OJc  viieide  par  des  Tentes,  ou  au  moins  par  ks  medicamcnl-s 
qu'on  y  met,  &  que  l'Vlcere  n'a  pas  été  parfaitement  mondifié  ,  vcu  que  il  y  a 
iieuxa:'sque  ccit.  glandule  a  comTrencc  derechef  à  augmenter  :  le  remarque 
donc  p.V'  vô-rc  lettve  que  la  fem  nce  du  mal  à  croupi  des  le  commencement 
d'icelui  i  :(qu'à  maintenant  dans  l'Aine,  L  f  hirrc  étant  venu  à  la  giolfeur  d'va 
œuf  d'oye  ,  A  quoy  a  beaucoi:p  connibuéji-  Ion  mon  iugemcnt,ie  vinaigre  du- 
quel on  s'l  ft  iaui  mal  à  propos ,  car  cjuoy  qu'il  découppe  les  humeurs  crnlTes, 
qu'il  defsc«.he  &  qu'il  aide  la  pénétration  ,  ccmîTsc  dit  G2I.  2.  ad  Giauc.  &c  14. 
mt:h.  mcd.  li  elt  ce  qu'il  s'en  faut  feruir  modérément ,  &  en  tel  cas  il  le  faut 
mêler  aucc  des  médicaments  cmollitifs,  autrement  il  p.tiifîc  par  manière  de  di- 
re les  huir.curs  crallv-s  ,  diminue  la  chaleur  miru  elle  ,  6t  oftence  les  parties 
nerucufes  :  le  mal  donc  duquel  il  s'agit  cft  vnfchirre  formé  d'vne  humeur  pi- 
tuireufe^craif  .vifcide  qui  s'tft  endurcie  ,  laquelle  n'cft  pas  en  apparence  exem- 
pte de  rralifT;,it- ,  prcmieremc  it  parce  quelle  tire  fon  Oiigine  d'vne  matière 
mali'^ne  i^  pcllilentielle  la  iuelic  la  Nature  n'a  pou  dompter  infqucsà  prcfentni 
chàlîncntieiefrcr.thors  du  coips  dans  lequel  elle  cft  cncor  cachée,  comme  il 
appert  par  les  douleurs  qui  fc  renouuellent  dans  l'Aine  toutes  les  années  à  la  S. 
lean.  Secondement  i'cftimc  qu'il  y  a  de  U  malignité  parce  qu'iKft  enuieilli,  car 
les  Schirres  pour  la  plufpart,  mêmes  en  ceux  qui  fe  portent  bien,acquierent  en 
dndc  la  maiif'nité  ,  i'cn  pourrois  amener  plulicurs  exemples  f\  ie  voulois  :  en 
troilicme  lieu  il  peut  être  dcuenu  malin  à  caufe  de  la  conftitmion  du  corps,car 
vol  scciii:és  que  cette  D.ime  acte  trauailléc  de  mtlancholie  à  caufc  <fvîie  hu- 
meur 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  J5 

mciir  bruice  qu'elle  aiioit  amafsc  dans  les  veines  :  le  mets  rout  ceci  pourvu  js 
fiire  voir  que  ce  fchirrc  ne  peut  pas  être  gacri  Ci  on  ne  vient  à  l'Opération 
inanuellepar  rxtirpatlon,  ce  que  ncanrmoins  il  ne  faut  pas  entreprendre  légè- 
rement ,  principalement  s'il  a  des  racines  profondes  Ôc  attachées  au  Pciitoine: 
car  fi  on  ne  l'arrache  pas  entièrement  aiicc  toutes  fcs  racines  l'Opération  /cra 
nulle  :  le  fuis  donc  d'adiiis  que  l'on  fe  feruc  du  Cure  palliacine  qui  empê- 
che l'augmentation  ,  &  qu'il  ne  fc  conuertiire  en  Vijcrc  malin  &  chan- 
creux. 

On  procédera  donc  ainfi.  Premièrement  on  obferucra  vue  façon  de  viurc 
qui  engendre  du  bon  fang  ôc  des  humeurs  douces:  rc:ondcmenton  purgera  par 
fois  CCS  humeurs aduftcs,  troi(îci"ncmenr  on  luy  tirera  du  fang  ,  feiou  fcs  fsrces 
pour  le  moins  deux  fois  r.injpriucipalcmcnt  au  Printemps  &  Automne ,  mais 
i'approuue' particulièrement  l'oui-errurc  des  veines  harmor. h jidalcs  ,  car 
Texperiencc  montic  que  h  fang  bruic  s'cuicuc  pàncipalcmcnr  par  czuc  Toyc: 
quatiicmcmcnt  il  fautpLcndrc  garde  de  ne  commettre  aucune  Luzccn  l'ap-pli- 
cation  des  Topiques,  &  fur  rout  de  ne  pas  appliquer  ceux  qui  ramoliilkn: 
par  trop,  car  i'ay  remarque  à  diaerfcs  fois  qu'ils  font  trop  contraires  aux* 
Tumeurs  fchiireufes  qui  panchent  au  Chancre  ,  &  Galion  die  rauoirremiar- 
qucau5.  liurede  fimpl.  medic  facult.  cap.  8.  fies  humeurs  dures  dit-il  engen- 
drées d'vtt  fuc  atrabilaire  font  routes  Chancrcufes  &  deuicnnent  toutes  plus 
mauuaifes  par  les  médicaments  emollidfs ,  J  il  faut  aufli  ibigneiifcment  fe  don- 
ner garde  de  ne  pas  fe  feruir  de  ceux  qui  peuuent  faire  exuîccration  ou  la  moin- 
dre excoriation ,  de  crainte  que  la  Twmeur  ne  fe  conuertiffe  incontinent  en  vu 
Vlcere  malin ,  comme  le  I'ay  veu  il  y  a  vn  an  en  vne  Dame  cor.iiderablî  au 
voifinage  ,  il  faut  remarquer  icy  auec  Heurnius  qu'il  y  a  deux  yciùiis  caches 
es  atfedlions  Chancrcufes ,  l'vn  putrefa6èif&  l'autre  corrofif ':  fi  on  fc  ferC 
de  chofes  chaudes  ôc  humides  qui  produii'ent  du  Pus  aux  Vijeres,  la  ma- 
tière fe  pourtira  &  infedlcra  les  parties  voillnes  :  Que  il  on  veut  corrfo-er 
cette  crudité  par  les  Cauftics  ou  médicaments  acres  ,  on  rcueille  l'autre 
venin  lequel  cil  corroiîf  dans  le  Chancre  îk  met  le  feu  aux  paitijs  voifincs; 
11  ne  faut  pas  donc  irriter  ce  mal  :  ni  fe  feruir  de  la  Cure  méthodique  qui  fc  fait 
parles  contraires,  mais  feulement  de  laPalliatiue. 

Ourre  les  remèdes  Généraux  ,    ie  voudrois  mettre  fir  la  Tumeur  ce  qui 
pcutarreftcr  &c  reprimer  la  malignité,  comme  aulîi  empêcher  l'cxulcerarion. 


fjil  liipid.  ca'amii.  Itth.trg.  nttrer ,  cincrwn  R.tKAr.  &  CA'^rnaror.  a  k  5  fi. 
m.  f  piilHirtcnuilfimt:<: i  z:\  après  '^/L.  Rad.Jc^ophu'..  mai.  & plAntaç.  hfrbx  R»- 
heni  ,  fckb,  fol^tr»  femper»,  nrt.  q.  f  i.idiitmur  (^  contHndmtur  in  m9rta- 


55  Liurc  Premier 

y;V  ,  iStrjhc.A:r  fuccîis  ad  v/îir» ,  huhts  ^.5  'f^i.feorjîm  ,  el.  rcfac.  %V).  mclcs 
aucc  les  poudres  en  vn  mortJccde  plomb  aucc  vu  pilon  aiini  de  plomb  i'cTpacc 
de  iîx  heures  pour  le  moins,  vciiint  peu  à  peu  l'hnyle  ^  le  fuc  félon  l'ai  t,  alccr- 
natîutmcnt,  iufcjucs  à  ce  qu'il  vienne  en  Onguent  lequel  il  faut  gaidcr  en  vu 
Vuillcau  de  teivc on  de  verre  ,  on rétenùrarui  vue  peau,  l'appliiiuanc  vue  fois 
audcuxleiour,0.^yî:}'/>'.  75  Ce:u.6% 


OBSERVATION     XXX. 

Que  !es  Tumeurs.  Chômer  en fes  vlentiem  plus  mauuaifes  par  fvfao^e  des 
meÀicaments  emolUtifs. 

roo  /^  Voyqucla  maxime  foie  tres-verirabicqu'vn contraire chafK;  Tautrcjil  f<iu£ 
VX  neantmoins  que  les  Clûiurgicns  prennent  garde  de  ne  pastrauaillet  à  ra- 
moliii  les  Tumeurs  Chancrcufes  pour  dures  qu'elles  foynt,  Galicn  en  rend 
laiaiîon au  5.  liure  des  faculccs  des  médicaments  ,  l'en  veux  produire  quel- 
15UCS  exemples ,  la  femms  du  Ijge.  d'Obcrrad  proche  Cologne  ayant  porté 
vn  Schine  au  Foye  24.  ansôc  d'auantage,  enfin  l'an  1)94,  ayant  applique  par 
le  confeil  ài!'^^^  Empiiiquc  plufieurs  emolHents  ,  à  fçauoir  fomentationsj, 
inunctions  &  Emplalhes,  il  furuint  vnc  douleur  très- aiguë,  ficvrc,  inflam- 
mation ô^  en  fuictc  vn  grand  Abfccs  au  Foye,  de  forte  que  le  mal  fe  commu- 
niqua aux  mufclesde  l'Abdonscn  &  à  la  peau  qui  en  furent  vlcercs  ;  on  de- 
manda conf.il  au  DoclcurArnould  Manlius  premier  ProfcfTcur  eu  Médecine 
à  Cologne  ,  lequel  dccouuiit  aucc  moy  vue  grande  Tumeur  à  Tcndroit  du 
Foye,  lequel  s'ccoit  rompu  vn  peu  auautnoftre  arriucc  ,  auec  vue  cxccfîiuc- 
puantcur  :  Jl  s'y  forma  vn  grand  vlccrc  duquel  il  fortit  quantité  de  matie- 
rcfanglante ,  fubcile  &  très  puante,  6c  en  même  temps  plulleurs  lopins  de  To- 
mentum  2<.  du  lobe  du  Foye  cnticiemcnt  Gangrenés ,  clic  mourut  peu  de  iours 
âjjres. 

lean  AuffJer  Luffc  d'Hilden  ma  Patrie  ayant  porté  pluiwurs  années  de 
fuitre  vue  Tumeur  Ichirrc  ufc  en  l'vnc  des  FelUs  ,  il  recouru:  à  vn  Barbier  de 
Dulfeldorp  lequel  fans  coniidcrcr  la  nature  du  malj  (c  (eruit  de  plu/îeurs  inoa- 
clions  &  Cataplafmcs  pour  amener  la  matière  à  luppuration  :  y  étant  venu 
Inflammation  aueC  douleur  tres-aiguc  ■>  il  y  mit  le  rafoir  ,  mais  il  n'en  fortit 
rien  que  quelque  peu  de  far.g  b;  ulc  :  la  douleur  augmenta  de  iour  en  iour  la- 
quelie  on  ne  peut  sacur/rm.ent  appaifsr,  &c  l'vlcere  en  peu  de  iours  gagna  route 
la  fefle  ayant  des  leures  dures  &  deuces ,  renuersées  &  calleufcs:  ou  ncfçauroic 
rcprefenter  les  tojirnenrs  qu'il  endura  :  le  le  vihtay  par  foii  auec  Renier 
Solenander  M:deciu  du  Duc  de  Cleucs  &  aucc  Cofme  Slotanus  Chirur- 
9K]\  du  même  Prince  :   m.ais  qyciques  efforts  que  nous  fiflions  pour  arrêter 

vn 


Des  Tumeurs  contre  naiiire.  57 

▼H  pju  U  douleur  »   nous  ne  pûmes  pourtant  ri.nauanccr ,    IlmoBrut  en  fitt  en  ' 
ce  tourment  L' 17.  May  1581.. 

MonficurFolicr  de  Laufannc  aactrauaillc  pluncurs  années  d'vncTisvntaê 
Chancrcnfc  autour  du  bourde  la  mainmcllc  gauch.»  de  la  grandeur  dVn  œuf 
de  Pouh:il  y  vr  des  Mcd-jciiis  oui  Iny-confillcrcat  de  cacher  à  la  ramollir  pca 
a  peu  i5<:  à  la  dilîîpcr  aucc  les  Emplâtres  de  mucilnginibus  ,  mclilod  5c  fcmbla- 
btes-.mais.mflTi  toft  qu'ilyen  eut  mis.il  y  vint  aufli  roll  douleur  6c  inflamma- 
tron,de  forte  qu'ilfut  conrrainrde  les  airracher  ^  d'y  mettre  quelque  chofc  de 
ra-fraichiiraut  :  La  douleur  &  linflammation  étant  arrêtée  il  y  remit  encordes 
emollients  qui  atriierent  derechef  la  douleur  :  Enfin  voyant  par  expérience  que 
cette  douleur  &  inflammation  ne  piouenoit  que  de  Tvlage  de  cci  Mirdicamc'S, 
il  s'en  abfttnt  dés  lors  ôc  a  vécu  longtemps  après.  Obfùy.Certi^. 


OBSERVATION     XXXI. 

De  rexilipatiand'vneT'tijneHr  Chancrenfe  vers  la  racirt^^- 
de  U  Dent  de  fœil. 

Alien  parlant  des  Chancres  qui  ne  pcuucnt  receuoir  giierifon ,  dit  entre 
[autres  chofcs que  ccuxqui  ontcoupéou  b.ulé  vn  Chancre  au  Palais,ou 
au  lîége  ou  au  Col  de  la  Matrice  n'ont  Jamais  peu  cicatrizcr  i'Vlcere  ;  Ce 
n'cft  pas  fansTailbn  qu'il  dit  au  Palais  &  non  en  h  boaclic ,  Cai  Ls  Chancres 
du  Palais  viennent  le  plus  fouuent  auprès  de  TVuuk  veu  qu'elle  eft  fla^ue,moI-  joç^ 
le  &  très  propre  à  receuoir  les  hiimcurs  qui  dcfccndent  de  la  Teftc  ,  mais  ic 
vous  piiv.-  qui  eft  ce  qui  peut  tailler  ou  brûler  en  cet  cndroitrGalîen  donc  a  rai- 
fon  de  dire  qu'ils  font  incurabLs,  mais  ToblVruadon  fuiuaiîtc  faix  voir  qu'on  les 
peut  guciir  es  autres  endioits  d  la  bouche. 

Vuilhcm  ScheidtConfeilier  du  Duc  de  (  leues,  Scc.  auoit  dés  plu/îeurs  an- 
nées vn  Tubercule  en  la  racine  de  la  dont  de  rœil  gnuche  lequJ  luy  étoitvenu 
aptes  des  grandes  d.  flexions  fur  les  dents  }  Comme  il  augmu, toit  auec  la  dou- 
ieur,poureùitervne  plus  gtandc  incommodité  il  me  demanda  en  l'an  i)^  ,^ 
îctraitray  en  cette  manicrc,  Ce  Tubercule  écoit  de  la  grandeur  d'vne  Noix  fon 
dur  ,  lipide  5^  inégal  attache  en  partie  à  la  Icvre  en  partie  à  In  genciue  de  forte 
qu'on  voyoitauancer  quelque  chofe  en  dehois,  il  y  auoit  a.ifli  vue  douteur  pif 
quantc  &  des  autres  /ïgnts  qui  vont  auec  le  Chrauie  :  Or  comme  il  etoit  fujedb 
aux  d.fluxions  fur  les  tients,  de  peur  que  dans  l'Opération  dl:  ne  nous  donnaf- 
fcnr  de  rincommodité,nous  primes  rclblurio.i  de  bi:n  préparer  le  corps  aupa- 
rauant,luy  donnans  premièrement  cet  Apoz-mc  pour  incifer  V  prcruci  Ls 
humcms, '^.Rad.clcher,cnmtoto,pciroj7',frnrc  an.^ri.pohp^  l  ^.co^'lcf^in^hU 
liioniCcappAr^p  T*imaruin,i  *  &.He'hfcd*pend.  veronicét^  betc: [HmAr.fJlfiof.  '*W 


)8  Lîurc  Premier 

m.i^.fisi'.hrrai.  hugloff.  rorifmar.  httnic/fémmie.  thymi &  matorAn.An^Hg.'].fem» 
a-7if.fœn:c.an.^tj,eoriand.pp(£  ^i.coriAtici ppta  Zi.pajfnlar.  corinth  IC)).  co^  iaa^.^. 
f.dr  '"'iint  i^tpane ad  confumptionem  medu partis,  Hnius  y^pozer/j.TC.^iill.macera 
per  mLÎem.lhab.el.ii/lgar.r.trochifc.tHrbUhgiimm.  an.  ^ij./ean.murrdat  ^t\./èni, 
^■irtf.Cir  cremor. T art. an.  ^'t'y  fiât  lents  ebullitio  &  fonts  e:^preJJïo  cui^ddefyr.  de 
polypod.t^.Aiji  cinr.arn  ^  f^.  m.  f  poo.  Le  corps  ayant  crc  ainli  purgé,il  prîr  quel- 
ques iours  du  fuldir  Apo^ernc  deux  fois  le  iour  cuois  hciircs  auanc  difnei  «1^  aiî- 
tanc  auaiu  foiipcrjrciLcranc  aptes  la  rufdicte  M:decine:TandIs  q  i'il  prcnoit  cet 
Apozcme ,  ie  luy  ojuiii-  vne  Vcne  au  bras  gauche,  rvojsljy  applicârncs  après 
des  Vcntoufcs  premièrement  fjchcs  ,  puis  après  auec  Icarificat ion  >  Le  corps 
ayâiétcainll  prépaie  &  pm-gé  par  les  grandes  voycs,  ie  lefisaiifli  fucr  quatorze 
ionrs  durant  àuec  cette  DccocTrion.  Of- ItgnifajTafras  op^.  %i].  Caiaci  raà.  fal- 
/xpar.an.^  j.  cinr,arn.  5  *?.  mettes  le  tout  en  vn  pot  d'etain  oa  de  terre  y  veri.uic 
Wi\.  d'eau  claire ,  il  le  faut  foigncufwment  couurir  pr rmicrcment  d'vn  parche- 
min mouïlic>par  après  d'vn  linge  de  peur  de  i'eueritcr  ;  Puisil  1:  fiut  faire  cuire 
en  bain  marie  ,  Il  ne  faut  pas  déboucher  tout  à  l'iieure  le  pot ,  mais  il  f-ut  ac- 
rendrc  qu'il  dcuienne  froid  de  foy  msm.e  ,  jl  prit  siv.  de  cette  Décoction  à  \\ 
fois,  deux  fois  le  iour ,  Apres  la  fucur  ie  le  purgeay  derechef  iinlT.     X-  ^'^^' 
Polypoi.cj .cortîc .raàfrangn! AiT amarifc.O'  cappar.a>i.^].ceterachifnrr.arjccljpend. 
an.pug.  \.  fior.  bugloj].  borrag.viclur.  an.pug.  ^..fern.  arnf.fa:::ic.  an.  5  Çs.fol.fenn. 
(Klex.mHnd.'h'S.  co^juatit. in a<j.  fumar.&  fcablof.  adlnj.iicolat.  htfnndcf.a.  Rh.ib. 
rad.rncrhcac.  j4gar.trochifc.an  .t^],  7^.  & fem.amj.an  9j   rnanea^t  perncHenu 
iit  infajîan.e ..in  colat.  forttte'  fiSa  dijjllue  El.  refit,  mef'es  ,  i']f)r.  de pclypod.ivi. 
Diafenn,  Brajfaucli  9  6.  A^j.  cinnam  ^iij.  m.  da  in  Anrora  :  Tandis  qu'il  fe  ier- 
uoit  de  la  DvCodion  fudorifique  il  ie  gugarifoic  fouuent  labou  he  aucc  cet- 
te Dcco^ion  pour  fortifier  la  partie  contre  h  Dcfluxion  auant  i'Opera:ion. 
^.Ro/.rub.m.j.fior.  malti£  hort.  m.  /î.  cortic.  granat.  >^1).  bala'.tjî . gaUar .  imrnat.  aiu 
5/.  fior.  béton.  Jlabiofan.p.i.  rad.  fcrophid.z^îG.coifiiant.rn  Itlv.Fi/ii  r^bri  anjler  i 
ad  tertio,  partis  confumptioriein  ,  colatitrx  adde  mell.  rof.  ^ii.  Diartutrùn.  (jr  mel/. 
l/ioLïC.  an.  \i.  m.  le  hs  faire  aufli  àcux  fachvtii  auec  les  mêmes  herbes  découpées 
menu  dont  IVn  auoit  trois  doigts  de  longueur  <Sc  deux  en  largeur ,  l'autre  auoic 
de  largeur  autant  qu'il  en  faloit  pour  couurir  la  l-,:ure  de  dellus ,  le  Né  &  la 
ionc:  ie  les  fis  boiiïUir  en  vin  rouge  <5<:  âpre,  les  appliquant  tiédesiur  la  par- 
tic /ans  intermiflion  :  Le  corps  ayant  été  luffifamment  prépare  6c  ptirgé  tant 
par  vnc bonne  façon  de  viurc  que  par  les  Médicaments  fuldirs  ,   ie  m.is  le  ma- 
lade fur  vn  fiege ,  U  Teftc  panchce  vn  peu  en  arrière  fur  la  nuque  ,   Ayant  vn 
fcruîtcur  derrière  non  feulement  pour  tenir  la  Tcftc  ferme  auec  les  deux  mains, 
mais  auffi  pour  hauifer  la  Icvrc  d'enhaiit  auec  les  doigts  indices  5    Cela  ctant 
fait,i*attiray  peu  à  peu  la  Tumeur  aucc  vne  aiguille  courbe  ayant  vn  fiht  dou- 
bJç  de  la  coupay  iufques  à  la  mâchoire  auec  yn  couteau  propre  à  cela  :  Apres 

qu(V 


Des  Twnieurs  contre  Nature.  39 

qncic  l'eus  coupe  i'y  mis  dclfiis  démette  poudre  aucc  des  êcouppcs  trempées 
en  Vil  blanc  d'œuf  pour  arrêter  le  fmgjes  tenant  attachées  auec  vne  bande.  "jJL. 
Far.  volatil,  l  ^.  holi  orient,  terr.figill.  an.  dlv.paluer.  album,  omrumfole  exjtc- 
■tat.  3  t.  fllor.  Uporls  mhiuiiffimè  inafonim  9  i,  corallor  pprum  3:i.  m.  f.  Put- 
uis  tenHiJJ\  Les  iours  fuîuints  ic  misfur  lapiaye  dcrhnylc  de  iaunes  d'œufs 
mcice  atiec  vn  peu  de  Tiffran  &  du  Charpis  :  La  playe  ayant  fuffîramment  fup- 
purc  ic  luy  fis  foiiuenr  huer  la  bon  1;ij  aucc  ce  gn-garilme.  2^.  Flor.  béton,  ro- 
far.  fol.  AlchyrntlLfanîc.  pyroU  ,  fcabiof.  an.  p.  ij.  cotjue  in  ajiidi  tb//r.  ad  mediét 
partis  confumptionem ,  In  coLunrd  dijjhlne  melU  rcf.  col.  pii.  Sur  la  fin  de  la 
Cure  ie  mis  de  cette  pondre  fur  la  playe  auec  vne  (ubcile  lame  de  plomb.  ^. 
Tutiappt£  jpulner.  gaynmarorum  alurn.  rfiian.  9/.  m.  Il  fut  gucii  par  ces  rc' 
medes  &  dcliurc  d'vn  grand  dai.ger  ,  de  forte  qu'il  vccut  iufqucs  a  l'an  1 6i  i . 
T^indis  que  ie  penfois  la  pj.iyc  ,  ic n'oubliay  rien  quant  aux  remèdes  vniuer(cls^ 
Si  le  Ventre  croit  rtiïcrrc ,  ie  luy  faifoU rcceaoir  des  Laucmcnts,  appliquer  des 
Ventoufes  fcarificesjil  fe  fcruit  d'vne  Opiate  Corroboratiue  duCcrueau  ,  prc- 
noit  après  les  repas  du  Codignacou  de  la  femence  d'Anis  S<.  de  fenouil  confit: 
31  porta  aulli  vne  coeftè  piquée  pour  dclîccher  le  Ccrueau:  ie  luy  ordonnay 
cncorvn  vin  Mc-dicinal  duquel  il  buuoît  vn  verre  vn  peu  auant  difner^compo- 
sc  de  Mcdrtaments  cephalics.  Et  pour  fortifier  les  gengiues,  il  le  ieruoit  de  ce 
Dentifrice  ^.  Corail,  ppti.  rof.r.  r.  an.^i,  thuris yC.C.  vjîi&ppti.  ca>;cr9r, 
pprttm  an.  "^ii.fang.  drac0ms,baîauJi.an.'^i.  margarif.pprt4?n,ojfis/epi<£  a?).  9  (b.  rad, 
Jrid.jior.'x^xC'i  alHmsofii^l.m.f.puluis  fubtil. 

l'ayétc  long  en  la  defcription  de  cette  mr.ladie,mais  à  defTein  de  rcpreiènter 
lagrandeur  du  mal  :  le  l'appelle  grand,car  le  Chancre  qui  vient  aux  Icvrcs&: 
genciues  eft  le  plus  fouuent  incurable  ,  fi  on  ne  Te  fcrf  pas  à  propos  des  remè- 
des g -nerauXjLes  Empiriques  &  Charlatans  n'obfcrr an ts  rien  de  cela^il  ne  faut 
pas  trouuer  étrange  file  rnal  renouucUe  ou  s'il  dénient  pire.  Celui  donc  qui 
voudra  acquérir  de  la  réputation,  doit  auoir  foin  de  bien  préparer  le  corps  & 
d'ôter  le  mal  iufques  à  la  racine  coupant  dans  la  partie  faine  ,  car  s'il  demeure 
la  moindre  fibre  du  mahcctteOp-Tation  fera  nulle.  O^iy-.Ct;?;.^. 


OBSERVATION     XXX  U, 

De  P Extirpation  d'<'we  'Tumeur  Chancrenfe  en  Ulo'àe. 

L'An  159 4. ie  traittay  à  Cologne  la  vefvc  de  maître  Henri  le  Court uiier ,  Elle 
auoit  porte  plufieurs  années  vn  Tubercule  Chaucreux  en  la  Touc  dioitc  de 
la  grolfeur  d'vne  petite  «oifette  ,  Il  êtoit  dur ,  liuidc  &  inégal  fans  qu'il  parut 
lien  en  dehors:  Le  corps  ayant  été  bien  préparé  tant  par  la  façoa  de  viure  que 


40  Liurc  Premier 

par  (ckciéus  piïrgatîons  &  faj'gtKe  ♦  ie  mis  la  malade  fur  vn  iîcgc ,  smcc  dc^ic 
rcruEFciits  fieirrîeice.rvn  pour  cenir  h  Tefle  &  l'autre  pour  rcnuerlêr  la  machoi- 
fc  metcaat  les  deux  doigts  'indices  en  la  boucjie  &  ks  deux  pouces  à  côté  du 
Tubercule,  iceluy  étant  afscs  eu  veuc  Se  l'ayant  perce  auec  vue  aiguille  courbe 
^:  fait  palîer  le  filet ,  ic  le  taillay  aujc  riiiftrument  marque  en  i'obferuatiQn 
précédente  »  Et  ayant  procédé  de  rncmcs  quant  au  rcfte  ,  elle  Tut  heureufemcut 
exLZïïz.Obferii.iZ.CentV. 


Q  B  S  E  R   V  A  T  I  O  N     XXX  MI, 

Du  Chancre  &  de  la  malignité  is  l'y^rfenic, 

^IKE  traite  vnc  Dame  qui  a  vn  Chancre  incurable  fur  lequel  i'appîîquay  der- 

Jlnierement  refpacc  de  trois  leurs  de  mon  vnguent  en  la  compoliLion  duqutl 

entre  l'Arfenic  étendu  fur  vn  linge  dclic,mais  feulement  vnc  fois  le  iour.cncor 

'à  peine  y  en  auoit  il  deux  gi-ains  à  chaque  appliwaticn  ,  neantrroius  il  cft  (utue- 

4"^^  nu  de  très  grands  acciJcnts,quoy  quel  Vlcercne  foitproch'j  d'aucunes  VèiKSy 

Altères  Se  parties  nerueufes,mais  ils  ont  tousccGc  en  refpacc  de  deux  ioats  Se 

tout  va  main:enantà  fouhaitmêmerVlcererA.péne  ai-ie  employé  fix grains  de 

cet  onguent  pour  faire  venir  l'cfchare  dans  lequel  il  n'y  peut  pas  entrer  vn  graiii 

&  demi  d'Aifenic ,  Car  en  vn  fcrupule  d'onguent  il  n'y  a  que  cinq  grains  d'Ar- 

fenic&  vn  tiers  de  grain:  On  peut  recueillir  de  là    i.    La  .quaucitc  d ongucnî: 

4qz  qu  ilfaut  mettre  fui-  l'Vlcere,  En  après  ledinger  qu'il  y  a  à  fe  fcruir  de  la  poudre 

^        pour  le  Cluucrc  de  M  jUerus  Se  Pcnotus  ,  parce  qu'il  y  entrebcaucoup  d'Atfe- 

^«ic  fans  marquer  la  dozed'icclle  ,  Partan:il  nc.faut  pas  s'étonner  li  vn  Saiirca 

perdu  la  vie  pour  s'en  être  ferui ,  car  il  cil  tellement  ennemi  des  parties  Nobles 

qu'il  caufe  de  la  rcueric>dcs  défaillances,  &  la  maife  dufang  êraat  cchauiice  par 

•  la  maligne  qualité  ,  il  met  tout  le  corps  en  feu ,  pioduifait  auiîi  nausée  Se  àé~ 

goutjdes  vents  &:  autres  fyTîpcomcs'.mais  on  demande.  Si  TVlcerccfl:  grand  6c 

la  quantité  de  l'onguent  que  i'ay  marqué  n'cft  pas  (ulEfantc,  que  faut-il  faiiç? 

-Pour  moy  i'outrcpalîè rarement  laquanticé  de  iix  grains  d'ong  icnt,  que  il  elle 

ne  fuffitpas,i'y  aioute  vn  peu  d'onguent  digcftif  oa  de  beurre  hais  :  Voila  quant 

à  la  quantité'  ,  mais  ie  veux  bailler  vn  exeiiipie  de  fa  vertu  dans  les  méchantes 

playeSjfordides  Se  malignes. 

L'an  lyjo. pratiquant  au  Pays  bas, vn  Icunc  homme  de  zo.ans  furblcfsc  en 
tnc  rencontre  dVn coup  d'arquebufe  au  metacavpc,labâleé:cit  empoiibnnee,la 
playe  fe  conucrtît  en  Vlcere  fordide  &  malin: m'ctaiit  venu  trouucr  à  Hildcn  ic 
vis  que  l'vlcere  êtoitfuperficielifans  fradure  ou  Cai  ie  d'os,Ô<:crus  en  venir  bien 
toft  à  bout,  mais  ie  fus  trompé  en  mon  opinion  ,  car  1  s  Médicaments  dcfqueU 
4f  m'ccois  fcrui  ea  d€S autres  hcureufement;  ne  f4ifo><cac  point  d'effet  ;  Enfin  y  ! 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  41 

ayant  mis  vn  peu  cîe  mon  ongiicjit  Efcharodq-ic  ëc  l'ECAiave  ccnut  tompcc  pr  r 
Je  moy?!!  du  Digcftif,il  fat  g'icii  en  peu  de  ioiiis  :  Oi  Li  baie  qui  êioîc  cmnoi- 
fonnce  aiioit  imprimé  vnc  qi'ialicé  maligne  dans  l' Vlccr:,lac]acllc  f  ,c  accLcc  pat 
l'onguent  à  canfc  delà  familiaricé  q-i'il  aaii-C  le  poifon  I.iiisquov  qu'il  aie  tiic 
cctcri^jc  en  ce  cas>&  qiioy  aiu  iJm'en  fois  fcL-ai  cres-li.'urculcmcnc  en  djs  au- 
tres mcchincs  Vlcercs  ik  fordidcjjCS  Er-rûii.'lleE,fiilp.L-s  ^c  autres.  Une  faut  p,i3 
croire  pourront  qu'on  j'en  pL.iir-rf.-riiir  d.i:is  les  :fF  ctions  Claincrciùcs  aiilqucl- 
les  il  eli  très  contraire  comme  i :  le  (ç  7  p.ir  cxpcrience,Ej:  vous  aucs  été  cémoiti 
aucc  moy  comme  vn  Empiric  (c  f.ruic  m.uhearcufcmenrd'vn  M:dicamcnt  ou 
entroic  l'Arfenic  en  D.im.oifcUc  Mngicii-tc  Sjhcidm-.mnin  à  Spire  IitikHc 
auoic  vn  Chancre  en  vnc  d  s  mam.^nulesili  faut  donc  ex  imûvjr  du-  prcsles  M> 
diciments  dcFcdron  contre  le  Ciimcrc  auanr  que  s'en  ictuir  dans  icfquels  cr- 
tre  d'Aîfenic  :  Il  ne  fuit  pis  r,o:i  p'ais  ouïr  Pcro:  leqviel  en  Ton  liutc  de  1a 
vrnye  prep::rdtion  de  ving:  desM-\iicamenrs  chym.ics  recomm.indefjn  remedo 
fait  l'A'  fenic  comm.c  vn  (ccrcr ,  mais  ie  crois  que  ie  bon  homme  acte  ânapc 
&  qu'il  n'en  a  iamais  frt  l'elfiy  non  pbs  que  le  D.  MuUcrus  qui  l'a  loge  patmi 
ies  miracles  &  m.yfteres  cli .  mies. 

Mn's  il  faut  connoirre  l'origine  de  cet  erreur  laquelle  cû;  venue  de  Thcodo- 
ric  Se  de  Lanrranc  Icfquels  Guidon  a  ijiui,Ils  diftiugaenr  le  '^hincrc  en  Chan- 
cre Apofleme  6c  en  Chancils  Vlccre,Le  Chancre  Apoltsm.e  cit  le  Chancre  pro- 
prement dit  par  Hippocrate,  Galicn,  Ajicennc  ôc  autres  Médecins  &c  Chirur- 
giens Rationelsimais  le  CluncrcVleercfpour  me  fcruir  des  termes  de  Gaidon>] 
le  fait  quand  les  Vlccres  ôc  Playe:;  ("  à  caufe  de  quelque  irritarion  faite  par  des 
chofcs  acres  ^  attirent  des  mauuai^es  hamenrs  6c  mclancholiques  de  tout  ie 
corps  Si  des  membres  voiiîns  IcfqucUcss'y  pourriiFcnt  &échnuii["  nt  S:  yacquie- 
lent  de  l'acrimonie  aucc  vue  qu  di:c  miaiigne  qui  engendrent  -^  ;u!gmentent  la 
j-naunaife  dirpoficion  d'où  ie  fait  le  Chancre  :  m'ais  telle  forte  d'  ■•  Icercs  quoy 
qu'ils foycnt  maliii^^:  très  opini  itrcs  ,  ne  pe.:ucnt  point  p.'.ller  pour  Lhanctc 
duquel  la  malice  «S:  opiriatretf  palfe  celle  de  tous  Vlccres. 

Or  mon  onguent  Efclurotic  ccLfecret  coiitrc  le  Chincre  de  ceux  qui  fc 
-vantent  l'auoîr  peuuent  auoir  lieu  au  Chancre  Vlccrc  de  Th.  odoric  de  Gui- 
don ou  pLillcd  aux  Vlccres  rriéehanrs  Se  malins  cfqucls  il  fur  d:s  merueilles, 
mais  il  ne  le  fnut  point  apliquer  au  vray  C  huicre,Car  commedit  Auiccnnc,lcs 
Remèdes  forts  au'gm.nrc nt  la  malice  du  Chancre ,  Se  certainemca:  cette  di- 
ltin(5tion,o!i  plutoil  erreur, com.mc  aufiî  touchant  Tvl-^gc  de  l'Arii-niciclL  glii- 
sc  en  l'art  de  Chirurgie  aucc  vn  inlîgn.c  prtiudice  des  m.aLides,cc  Moine  Tn  o- 
doric'cn  avr.nt  été  le  premier  întro^rCteur ,  car  il  écrit  ainfi  au  chapitre^,  de 
Ton  liure  où  il  parle  du  Chancre  venu  d'Aporccmc  ou  de  iHaye  titrÀ  pe^^ce,  ** 
Qij  le  Chancre ,  dir-il ,  foit  mortiScaucc  de  1  ArLnic  lubHmé  (clon  notre  do   " 
d:.inc,cari]  tue  dés  le  premier  iourla  fi-lulc,le  Chancre  ,  l'Hcrpes  £ï^  h.omene  " 
ouLoui>,Noli  me  tangercou  formis  -Hi  toutes  celles  maladics:Vuiia  vue  grande  " 

F 


^t  Liure  Premier 

^rrcur,i"Dnis  il  eft  conftant  que  le  mcmc  Theodoric  cn  gucrillûnt  ces  mnîadics 
Oublie  ia  dillindioa  ,  car  au  chapitie  luiiianc  auquel  il  parle  rcparemcnr  du 
Chancre  Apoftcmc  ,  il  ne  faic  pourrant  aucune  diltinCi-'on  dcsMcdicainencs, 
mais  il  les  traitre  rons  deux  de  même  fa^on  ,  ayanc  luiui  ia  plus  grand  part  des 
Chirurgiens  qui  ont  vécu  quelques  ccnrair.es  d'années  auparauant  ,  alfauoii: 
GuîdonjRolandsValcfcus  de  Tharanta,comme  on  le  voit  dans  leurs  écrits. 

Il  ieroic  à  fouhaittcr  que  cette  pcrniticufc  Dcdiine  quia  vogue  même  en- 
tre les  Dodcs.ne  fut  pas  venue  iutques  à  nous ,  car  il  n'y  a  prcfquc  point  de  mal 
où  il  Te  commette  plus  de  fautes  qu'au  C  hancre,En  veut  on  (auoir  la  caufc?  Il  y 
en  apeu  qui  concilient  le  mal  .Se  la  nature  ,  s'arrétants  trop  precifement  à  l'A- 
xiome qui  dit  qu'vn  ccmtraire  i;uerit  l'autrCjCar  voyants  vnc  Tumeur  fort  du- 
re ils  tachent  de  lagueiir  par  des  cmoUicnts  <S;  rcfolutifs  contre  1  intention  de 
Galien:quand  par  après  la  Tumeur s'efl:  conuertie  en  Vlcere  ,  ils  veulent  confu- 
fner  les  Icvresquisôt  autour  fort  dures  auec  les  Efcharotics  &  corrolih.Sc  coc- 
ric^er  l'ordure  &  puanteur  dcl'Vlcerc  auec  T-^igiptiac  &  fcmblablcs^ce  quicÊk 
très  abfurdc  &:  perniiicuxiO^/SiX^w/.-z/i.^ 
Defcrimion  de  l'ongitent  Efcharotïc  prife  â\ne lettre  enmyce  à-Tanl  Cro^uerus, 

le  me  fcrshcurcufement  du  Précipite  rcdtifié  auec  l'tfprit  de  vin  &  lauc 
auec  eau  lofe  &  de  plantain  >  pour  ronger  les  callofitcs  des  fiftales  ,  ic  la  mets 
toute  feule  ou  mêlée  auec  du  beurre  frais  &c  mife  auec  des  tentes:  fi  le  Précipi- 
té n  eft  pas  afsés  fort  de  foy  même ,  i  adioute  à  vne  demi  dragme  de  Précipité 
vn  demi  fctupulc  de  vitriol  calciné  tant  qu  il  deuicnnc  rouge ,  de  fublimé  & 
opium  choiii  de  chacun  fix  graius^vrgisntrQfatl  i  j.  broyés  longtemps  en  vn 


mortier. 


OBSERVATION    XXXIV»- 
jyvn  Chancre  en  la  Langue. 

ON  m'amenavnîeune  homme  de  bonne  minc^robuHc, bien  portant,  do- 
cte èc  de  bonnes  mœurs  mais  ftucrc  com.me  vn  Caton,  il  auoitde  la  pêne 
à  bienprononccr,ayant  la  Langue  grallcà  caafe  derabondancedlium.eursqui' 
tom>boit  du  Ccrucau  ,  rcilémblant  cn  cela  à  Ton  Perc  qui  auoin  été  fort  fujctaux 
dtnuxion5<3c  ctoic  mort  d'Apoplexie  pour  auoir  dilcontinué  la  Dccodion  de 
Gaiac  de  laquelle  il  s'étoic  (èrui  trcshcurcufemeiit  auparauant  .Ilviutàcc  ieu- 
Mc  homme  à  l'entrée  de  l'Eftévnboutonjfort  petit  au  commencement,  cn  l'ex- 
trcmité  de  la  Langue  tant  foit  peu  du  cofté  droit  :  Il  fut  bien  tofl:  après  de  la 
«rrolTcur  d'vn  pois  chiche,  après  d'vne  fève ,  «Se  enfin  (  n'en  ayant  tenu  contc>> 
d'vnc  petite  chatagne  &  puis  àï^vit  grande,  fans  aucune  douleur,  mais  auec  vue 
grande  dureté  :  il  augnaenra  peu  à  peu,  mais  d&  ibrte  que  ic  trouuay  la  racine 

de 


Des  Tumeurs  contre  nature.  4$ 

cîe  cebautonquiétoicêparfcpar  lafubftatice  de  la  Langue  comme  vu  gros 
filctcnla  preilancjilfuc  de  mcme  grotïcui:  tout  le  mois  dcFcviier:  vn  mois 
ou  deux  auant  l'hyuer  il  luy  fortic  vu  bubon fioid ,  indolent  «Se  dur  de  lagrof- 
ifeur  dVn  œuf  d'oyc  ,  lequel  a  reûftc  à  tous  les  remèdes, lyant  durciulqucs  à  la 
mort  :  il  parut  au(îî  en  la  glande  derrière  l'oreille  vue  Parotide  froide  ôc  mol- 
le laquelle  en  vn  iour  ou  deux  dccendit  peu  à  p>.*u  fous  la  mâchoire  inférieure 
Se  les  mufclesdc  l'Os  hyoïdes  &:  de  la  Langue  î:  s'cll  terminée  infcnliblcmcnt 
en  vne  longue  corde  d'Ecroii.lles ,  Et  preiquc  toutes  les  fcmaines  des  le  com- 
mencement de  l'hyver  iufqucs  au  commencement  de  l'Eflc    ,   auquel  temps  il 
mourut ,  principalement  au  croillànt  de  la  Lune  ,  il  vcnoii  quelque  nouuvllc 
Parotide  froide,  molle  laquelle  romboit  crfin  fur  les  cnnundoiresfous  la  mâ- 
choire finilHut  toulîûurs  en  Ecioiieilcs  .lufTi  dures  que  pierre  6c  fi  grandes  que 
venants  à  le  rencontrer  auec  celles  du  cô:é  gauche  ,  elles  remplirent  enfin  tout 
ce  vuide  qui  cft  autour  du  CoUous  le  menton  r  Icelles  augmentants  tous  ks 
iourSjil  me  demanda  con(cil  au  moisdeFevrii-r  :  A  yant  examine  de  prcfs  fou 
natureljCes  Tumeurs  de  la  Langue  Se  du  Col  «5^  autres  circonftances  ,  ie  foup- 
fonnay  incontinent  que  ces  Tumeurs  ctoyentd'vne  nature  chancreufe,  me  fou- 
uenant  du  dire  de  Galicn ,  Que  tout  ce  qui  prouiut  dVne  humcuratrabilairc  ve- 
nant às'cndurcir,tient  du  Chancre,parcant  ic  luy  déclarai  que  en  Tumeurs  n  c- 
toient  pas  des  ordinaires  mais  qu'il  y  auoit  de  la  raaliguicc  :  A  caufe  de  h  ri- 
gueur du  froid  ie  n'ofay  rien  entreprendre  &  me  coiitcnray  de  donner  quel- 
ques lenitifs,  Le  mal  cependant  augmentoit  de  iouv^ivionr ,   b  Langue  ôc  les 
Ecroliellcs  croiirants  fi  demefurement  qu'il  fembloit  deuoir  étouffer  ,  Et  l'ay 
vcueii  vn  même  iour  ce  Tubercule  Cliancreux  de  la  Langue  auec  vn  bouton 
auprès  delà  Vcne  Ranine  droite  laquelle  croit  tendue  &:  farcie  dVn  grofllicr 
fang  &:  noir  :  le  malade  poulFant  fouuent  dehors  fa  Langue  bDufiîr,ouurit  cette 
Vcne  la  grattant  auec  les  Dents,  iccUeérant  déchargée,  i'cmpcchay  que  les 
humeurs  ne  s'y  icttalfent  ,    6c  à  laide  d'vnGargauifme  &:  auec  vne  irrigation 
d'huyle  de  bois  de  Genevre  ,  la  Lang.ie  dclenfla  enticremcnc ,  la  madère  ayant 
ctc  par  cemoyen  deduée  par  la  bouche  :  le  iour  fuiuanr  ieljy  baillay  vn  lyrop 
auec  Drcodion  delenuc  &  quelques  iours  après  des  fudorilics  qui  luy  fcrui- 
rent  beaucoup.    Son  premier  Mcdecin  Ccn  l'abfence  duquel  ie  l'auois  traître^ 
ctaà^jj^^enu  fe  ieruit  prés  d'vn  mois  entier  d'vn  Digcllif  qu'il  metroit  fur  la 
Langac,rayantauparauaurpurgé  :  mais  en  vain  car  l'Vlcere  s'étcndoit  tous  Içs 
iours  plus  auaiUjCe  qui  obligea  vue  autre  Médecin  à  dire  que  le  mal  êcoit  incu- 
rable fi  on  ne  vcnoit  à  la  icccioi::  La  Mère  le  voyant  abandonne  ,  me  i,-  donna 
en  ch\rge,ie  continu jy  do  ic  à  luy  donner  de  m:s  remèdes  qui  ctovent  d'vn 
cfi-et  cettaiiijle  nefis  pas  difiiculté  de  rcnTre{)rendre  ,  car  il  éroit  cncoj  charnu 
fv  robuile,  buuoit  &  mangcoit  bien    :  mais  rcco  loiiïant  par  des  fign?s  aiîiirés 
qu'il  ne  f.iloic  pasefpcter  vne  gueiifon  entiere,ie  fis  cnicndre  qu'il  fe  faloir  con- 
tenter de  la  cure  Palliatiue  pour  cmpccker  raccroiiremcc  du  Chicre  6c  adoucir 

F      1 


f^  Liure  Premier 

Us  accidents  :  îe  ni'oppofay  toahours  à  ropiiiion  de  l'aurre  McJecin  q.n  vou- 
loit  que  l'on  vint  à  la  l^dlion  Se  à  Tvilion  luiuanc  ie  confeil  d'Hippocrate  5z 
Galicn  é.af'lior.38  cai  il  n'y  auoit  aucun  figne  manifeftedc  gangrené  en  !a  par- 
tic  comme  fouplonnoic  ce  Médecin  ,  Inns  parler  de  cette  forte  de  guerifon 
ircrpciillciile  Ck:  exposée  à  la  Calomnie ,  car  on  auioic  feulement  ôté  fVlccvc, 
mais  h  maligne  racine  du  mal  tcroit  demeurée.  Ayant  donc  été  demandé  le  X. 
dcMars,prcmieremcnt  i'ordonnay  vn  régime  conuenable  ,  eu  après  com.mc  il 
auoitété  fuiîilarnm.cnt  \  urgé,ic  ne  voulus  plus  reuenir  aux  grandes  vacuntions, 
mcconre ntant  d'.s  legires  pour  m'accammoder  au  naturel  du  malade  :  puis  ic 
ùs  cu'uir  la  Sr.lui:tciie,&  en  luitrcic  luy  fis  prendre  des  (udoriiics  (Icfquds  par 
vne  vertu  cachée  pounoycnt  combattre  le  Chancrcjde  de-ux  iouis  rvri:Qje  s'il 
les  auoit  om.is  vn  iour,il  nailloit  à  l'inllanc  vne  parotide.  Il  vloic  aufli  de  tollu- 
tions  pour  garcntir  les  parties  voihnes  :  Er.tîn  le  Chancre  de  la  Lnngiic  étant 
exulccré,ic  luy  ordonnay  vne  eau  dccerliuefaitteu'eau  de  Plantin^C bardons  oC 
bois  Hcracken,m.ctrai"it  par  àciV^is  vne  fi,btilc  poudre  de  Chardon  bcnic,TabaC 
^^Trochilcs  de  Vipères, de  laquelle  il  ie  trouuoit  très  bien, le  mettois  vne  heure 
après  vu  Cati2plafmc  faicdefuccre  Candi,  fleurs  de  foufrc,  Hc  ïh^riaqueauec 
huylc  de  boi.s  HeratUcniEt  c'cdm.crrieiHc  que  ceux  qui  fiiioycnt  l'application 
purent  louttri:  ian^ineommodiié  l'horrible  puanteur  quilortoitilcvoyois  tous 
Icsionrs  vn  mcru  ilLuxcôct  de  ce  Cataplalirc  Icqiulà  mon  aduis  tire  toute  fa 
vcitude  rhuyk  Heracleen  ,  &  fait  des  merucilles  en  des  cas  de  cette  nature. 
Vns  le  con:m.cnccm.cnt  de  May  ce  Cbancre  Vlctré  deuint  suce  l'admiiation 
d'vnchicun, plus  mol  quant  à  la  Tumeur  &c  ce  puant  &^fordide  Vlccrc  s'ad- 
doucit  &  les  leuits  qui  auparauanr  êtoyeni  cpaidi.s,boufhcs,  dures  îk  par  aptes 
nelieufesjvenucisces,  éleuées  lîf-:  cnriertment  horribles,  s'abaillcient  6c  dés'endc- 
rcnttilcu  thfoui  quelquefois  du  larg  melanchohc,quoy  que  goutte  à  goutte 
iufqu'a  deuxiours,&  quelquefois  de  la  Sanie  ichoreuic  ,  puante  comme  charo- 
gne qui  par  fois  écoit  noire  :  les  petites  Vcncs  qui  ctoyent  alentout  étants  dé- 
chargées de  cette  humeur  noiie  &  mclincholiquc;  la  TL:m,eur  dilparut ,  &  la 
maliguicc  etr.nt  êreinteJ'Vlcerc  commence  àrendre  delà  fange  loiip-blcji^k'  TVl- 
cere  du  bout  de  la  Langue  ayant  clé  dctergé,ia  chair  ne  fut  plut  liuidc, mais  peu 
à  peu  vcnoit. belle,  rc  uge  ik  bien  conditionnée,  de  forte  quai  ne  rcftcic  plus  rien 
â  faire  qu'a  cijatiizer  ,  ayant  ner.ntm.oins  UM^c  à  deikin  vne  petite  Creualïè 
comme  lai.  ttrc  C.al'imira:ion  de  la  Nature.  Com^mc  ic  cri:sque  tout  êtoit  en 
nlliirancc,  ilar.iuaque  les  Ecroiiellcs  qui  ctoyent  de  mém.e  côté  lous  la  mâ- 
choire inférieure  vcnar.ts  à  augmenter  le  foiurerent  vers  la  Langue  &:  produi- 
luent  vn  Chancre  délions  icellr,  commci'auois  aprrchendc  longtemps  aupa- 
rauant  ,  ayant  elfayé  par  toute  (ortc  d'expédients  d'attirer  au  dehors  <3<:  puis 
rouuiir  ,  veu  qu'il  y  auoit  quelque  apparence  qu'il  voulut  fortir  par  là  àcaulc 
d'vnc  rougeur  roiie  quiy  auoic  paru  ,  ce  qui  n'aniua  pas  ,  mais  ayant  ronge 
en  partie  le  ligament  de  la  Langue,  les  Icvrcs  vindrcnt  bbncliâties  »  noiices 
■  fe 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  4. 

(c  rcni'Cifants  peu  à  peu,  puis  langlanrcs,  en  fin  i'Vlceic  fut  forme, lequel  en  pc  u 
dciours  àximM  Ci  farouche  qu'il  icnouuclla  le  mal  qui  cftcir  au  bout  de  la  lan- 
gue lequel  eftoit  pi efquc  gucii,  ik  quoy  que  le  Cataplafmç  fut  entre-  deux ,  tou- 
tcsfois  cpanclant  Ton  venin  par  le  moyen  du  ligament  delà  langue  &:  de  la  vcnc 
Raninc,  l'Vlccrc  vînt  à  fc  r'oiuuir  quoy  qu'il  ne  fut  ni  fi  grand  ni  G  manifclle, 
de  forte  que  la  langue  en  groffit  fi  dcmclurcmxnt  &  auec  tant  d'opiniatrctc, 
qu'elle  remplilToit  toute  la  bouche  ;  l'vn  &  l'autre  Hypoi^hondre ,  i'ur  tout  le 
droit,  aoit  fort  bouffi  :  la  poitrine  ctoit  route  parfcmce  de  nœuds  &  de  bou- 
tons auec  des  vcnes  enflées  :  la  douleur  des  Hypochondrcs  ,  qui  ctoit  fort  pe- 
tite aupaïauant,  vir,t  fi  violente  qu'il  fut  contraint  de  demander  qu'on  l'adou- 
cit :  fentaiit  tantofl;  en  l'vn  tantoft  en  l'autic ,  vne  douleur  rrcs-aigue  6c  coir- 
mc  s'il  eut  èié  piqué  par  des  épingles  ,  laquelle  s'cpandoit  par  fois  iufqucs  aux 
clanicules,  le  dedans  des  Omoplates  &  rpnules,  foiaicnt  ai  fll  iufques  au  bras, 
la  hanche  &  tout  le  pic  de  même  côte  ,  qui  luy  bailloycnt  du  relâche  par  les 
remejesqucicluy  ordonnois  ,  on  luy  voyoit  auec  pitié  tremoullèr  tous  les 
membres  :  enfin  la  fluxion  continuant  tous  les  iours  fans  pouuoir  être  arreftce 
ni  parRcuullion  ni  par  Deriuation,  l'Vuule  vint  auflî  à  s'enflammer  &  à  être 
attaquée  d'vne  maligiiitc  aulTj  Chancrcuic  ,  &  la  Inguc  extrcmement  enflée 
remplilloit  route  la  canitcde  la  bouche  de  lorte  qu'elle  étoit  cnt^a^ée  entre  les 
Dents  qui  la  coupoycnt  :  nous  crûmes  tcius  qu'il  étoufîc-roir ,  ce  que  Dieu  ne 
permic  pas  :  enfin  com.mc  il  ne  pouuoit  prendre  aucune  nouuiture  &  que  le 
boire  ne  le  pouuoit  pas  entretenir  luflilamment,  après  des  fréquentes  defaillan- 
ces,il  mourut  paifiblcmentcndifant  l'Amen  de  la  piiere  Dominicale  qu'il  pro- 
nonça comme  il  prie  :  le  ne  peus  pas  obtenir  de  la  mère  que  l'on  fit  dilîcctica 
de  Ion  corps  pour  ccrcher  la  racine  de  ce  mal  laquelle  à  m.on  auuis  cficit  ca- 
chée dans  le  Foye.  Ohfcm.S^  .  Cent.^.  commnniijuee par  U 'D.Z^alentin.  RuUnd, 


OBSERVATION     XXXV. 
B\n  Chancre  en  la  mamrn elle  auec  vne  granâe  Tnmenr  du  bras, 

"KJi  Adame  de  P^ozit  res  fœur  du  Comte  de  Pontifual  âgée  de  50.  ans,  fut  at- 
,  rnquéc  d'vn  Chancre  en  la  mammeik  droite  :  ilctoitpremicrement  ca- 
che de  loue  qnependantdix  ou  douze  ans  il  rorgcaqrali  toute  la  m.amm.elle 
auec  des  tus  grandes  &  conciuiielles  douleurs,  ayant  les  kures  très  enflées  ^ 
honibles  ï  voi  :  ie  l'allay  voir  à  Sairucl  village  proche  la  Ville  de  Pontifual  ou 
tlkdcmeiiroit  pour  lors &applic}uay  des  remèdes  propres  à  appaifei  la  dou- 
kur:  étant  vu  peu  arreftce,  la  maladkfcrenouuela  lix  moisapu^i ,  ca.  k  bias 
droit  luy  enfla  premièrement  autour  du  mufck  Deltoide  i^  Biceps,  ^  s  rtendit 
aptes  iniques  à  la  main  :  Ayant  elle  r'appdc,  i'api  liquay  des  ren  c  des  qui  con^ 
innicinkshumems-raeulcs  mais  fans  fucccs  ,   ce  qui  m'cbligia  à  Iwaiifi.i  la 

F    3 


4^  Liure  Premier 

main  Si,  le  bras,  d'où  il  forcît  vnciî  grande  quantité  d'eau  ^uc  prcfquc  tout  le 
plancher  de  la  chambre  en  fut  arrosé,  fans  que  pourtant  le  bras  vint  à  diminuer 
beaucoup  y  elle  mourut  au  bout  de  trois  femaines  i  le  bras  demeurant  enfle 
mais  ayant  le  fentiment  entier.  Oéf.  yjt  Cen(.  4. 

OBSERVATION    XXXVI. 

D'vn  Chancre  en  la  mammeîlc. 

VOus  me  demandes  II  çà  efté  vn  vray  Chancre  ou  non  qui  fut  coupé  en  la 
mammeîlc,  ic  rcfpons  qu'il  ne  faut  point  douter  que  ce  n'en  ait  cfté  vti 
à  caufe  d<rce1;te  matière  épaillè  blanche  &  lemblable  à  du  luif  que  l'on  a  tioiiué 
au  Coeur  du  Crancre,  comme  il  me  fouuient  de  rauoii-  remarque  ,  mais  le  plus 
^ouuent  le  noyau  du  Chancre  cil:  trcs  dur,  car  la  partie  la  plus  rubtilc  de  k  ma- 
tière fortantde  l'VlcereJaplus  ciairc  demeure  qui  i'endurcit  en  (chirre  :  Q^ic 
il  la  douleur  eu  véhémente,  continuelle  &  de  durée,  comme  elle  cil  ordinaire- 
ment au  Chancre  cxulcerc  ,  toute  foute  d'humeurs  fc  iettcnt  fur  li  p.irtie  ,  dci^ 
quelles  les  fubtiles  &  bilîcufesfortent  facilement  par  rVlccre,coir.mc  aufli  le 
fang  (^  car  on  voit  fortir  tous  les  ioure  du  (iug  des  viceresqui  lonr  es  parcies 
charnues  J  mais  l'atrabilaire  fe  conaertit  en  fchirrc  Ck:  b  Pituite  en  luif,  laquel- 
le par  fucceflion  de  temps  &  à  caufc  de  la  dilpofitio.i  maligne  de  rhu.Tieur 
Atrabilaire  &  l'intempérie  chaude  delà  partie  fc  conuerti:  aulli  peu  à  peu  en 
fchirrc  &  prend  la  nature  de  Chancre.  Où/èra.  59.  Ce;H.  6. 


OBSERVATION     XXXVII. 
*I)'vn  Chancre  Occulte. 

AV  mois  d'Odobrepafsc  ie  vis  à  Soleurrc  aucc  Audié  Vcickius  D.  Mé- 
decin, vne  Dame  laquelle  a  vn  Chancre  occulte  en  la  mammdle  droite 
qui  luy  eft  venu  il  y  a  40.  ans,  apr.es  auoirfeuré  vn  enfant  à  caule  du  lut  qiii 
s'eftoit  caillé  &  conucrti  en  grumeaux  :  Illuyelloit  furucnu  alors  vne  inflam- 
mation tant  à  caufe  de  l'abondance  du  lait  qu'à  caufe  de  la  rétention  de  (csor- 
dinaires,  laquelle  ayant  elle  a{)paisée,  il  y  demeura  vn  Tubercule  de  la  giof- 
fcur  d'vne  fcve  :  Icqueleftant  méprisé  du  commencement ,  a  demeuré  caché 
prefque  40,  ans  entiers  fans  aucune  dai.;lcur  i.i  incommoJitc  :  m.ais  depuis 
trois  ans  en  ça  il  a  tellement  augmenté  &  a  tant  fait  dj  douleur ,  à  caufe  qu  cl- 
ic approche  de  l'âge  décrépit^'  que  non  feulement  il  tient  route  la  mammeîlc, 
inaisaufli  s'étend  iufques  fous  le  brasicctte  Tumeur  n'eft  pas  beaucoup  élcuéc, 
mais  inégale  aucc  des  petits  nœuds  par  tout  trcs-  durs,  liuides  &  entourés  d'vne 

iniiiutc 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  47 

infinîrc  de  petites  vcnes  noires:  cette  Tumeur  î^  ces  nœuds  Te  font  tcllcmenc 
îcttcs  fous  i'Aiirillc,  que  le  bout  de  la  mammelle  cil:  prciquc  cache  fousicflle: 
<ic  là  vient  que  le  br<>s  diçit  cft  en  fouftranccà  caufc  du  ma(clc  qui  l'amené  à  la 
Poitrine  ,  car  tout  le  bras  *k  La  main  mém.e  fonu  enfles  d'vne  Tumeur  qui  vient 
principalement  de  Pituite  parmilaquclle  ily  abeaucoup  de  bile  noire (^on l'ap- 
pelé Oedème  fcbirreux./  il  n'y  a  poinc  eu  de  douleur  (  comme  i'ay  dit  J  Tcf- 
pace  de  40.  ans, niais m-aintennnt  elle  eft  continuelle,  quoy  qu'elle  ne  {"oit  pas 
à  prcfent  fi  aiguë  ni  n  poignantc,allani:neantmoins  iufques  au  bras  par  le  moyeti 
de  ce  mulclei  l'attribue  vue  partie  de  la  douleur  &  tumeur  du  bras  à  vne  fai- 
gnée  fiitre  mal  à  propos  en  iceluy  par  vn  ignorant  Barbier,  car  la  douleur  da 
bras  qui  êtoit  petite  auparananr,  augmenta  tellement  aprcs  la  faignce,  qii'cUe 
uc  s'en  peut  plus  fcruir,  tant  fut  grande  l'attraclion  :  E:  quoy  que  i-e  tienne 
le  mai  poiu  incurable  en  vn  âge  fi  auancc  f  car  elle  a  pafbé  ks  70.  ans  j  Iç  n'ay 
pas  lailsc  d'ordonner  quelques  remèdes  palliatifs  >  &  preniicrcmcnt  vue  bon- 
ne façon  de  viare,  en  après  ic  I'ay  purgée  ainil  ^.  Rad.  O 2j)Up.  fcrofhw 
lar.  mm.  polyptd.  cj.  cortic.  tnter.  roÀ,  frnnguU  an  ^  6.  th.  CufcmAfumar.  fctibiof, 
ceterach,  an.  m.  ^.fem^  anif.  &fœnic.  an.  y^  î  j.  fol.fenn.  $  fi.  li^nir.  raf.  ?  ;  H.  cq^ 
que  in atj.^^,  f'^-d\ 'fitj  colat. ^  ï-j.  adde/jr. rof.  fol.  compof,  cum  Rhah.  Jgar, 
é'fenn.  |  j.  wz.  le  corps  ayant  été  doucement  purgé  ^  le  lendemain  ie  luy  tiray 
dufang  de  lavéne  du  malléole  dioit  à  la  quantité  degiV.  pour  faire  Reuulfion, 
&s*eftant  reposé  vn  iour  ou  deux  après  cette  faignce,  ic  luy  fis  prendre  l'autre 
doze  à  laquelle  i'adiontay  3  /j.  de  conf.  fiarnech»  ^  $  j-  defyrop  rof.fcl.  compo- 
sé :  on  luy,'  oignoiî  deux  fois  le  iour  le  bras  auec  cci  huyles  OL.  01.  lumbrlc, 
t/ulpin.  an,  |  i\.  cl.feorpicn.  Ij.  dcMell.  omr.  & amygdad.  &n.  \  iÇ^.fpicà  jf?.  m, 
desquels  elle  fc  fer  t  iulques  à  prefent  auec  beaucoup  de  foulagement ,  car  la 
douleur  &  enflure  du  bras  fe  iîbnc  diminuées, la  mammclle  demeûie  en  même 
état  &  la  tumeur  n'augmente  plus,mcme  eft  fans  aucune  douleur  :  elle  y  mec 
neantmoins  dclfus  cet  E-irplaftre  1/..  Empl.  Diapomph.  5  iy  Diapo-lm.  5  yplum' 
bi  vjît  çjr  loti ,  Icp.  caUmiïL  an,  5  Ci.  cum  f.  q,  oL  rofac  &  fiiccx  oerayii'  f.f.a 
"^"i'  .         .  .  .         ,  ^       ■  '  . 

On  ne  fçauroit  <iroire  combien  eft  pcmitîeux  l'Onguenr  >£gyptiac  aux  Vl- 
cercs  Chancreux  :  i'en  parle  par  expérience  car  îe  fus  appelé  l'année  pafsce 
J(jo6.pour  voir  vue  Dam.e  de  ce  voilinagc  qui  croit  trauaillce  d'vn  Vlccre  Chan- 
creux &  très  puant  en  la  mammellc  droite:  le  Chirurgien  qui  auoit  entrepris 
la  Cure  pour  corriger  cette  puanteur  &:  confumer  la  chair  qui  croit  ordinaire- 
ment aux  Vlceres  Ghancreux,y  mcttoit  de  l'Ougueut  ^giptiac  de  trois  en  trois 
iours  ou  de  deux  iours  l'vn,  ce  qui  rendit  tout  à  l'inftant  i'Vlcere  n  malin  qu'en 
peu  de  temps  il  rongea  la  mammellc  iufques  aux  coftes  dont  elle  mouiuc  :  U 
tuic  donc  traitter  doucement  ces  Vlceres.  Obftru»  S^.  Cent,  j. 


*  Liurc  premier 

OBSERVATION    XXXVIII.       - 
Qj^il  (ft  dangereux  de  traiter  vn  Chancre  occulte. 

CEux  qui  ont  commenté  rAphoiiTme  j8.  lia.  G.  Q^il  vaut  mieux  ne  tou- 
cher point  aux  Chancres  occultes  (3cc.  n'ayants  pas  à  mon  auis  comp  is  le 
vrayfcnSji'ay  voulu  aulîî  bailler  mon  fentimcnrpariiculicr:   M  lis  aupaïauant 
ie  veux  raconter  vnejiiftoire  qui  fera  voir  combien  eft  daubçereiife  la  cure  du 
Chancre  occulte:    vnc  Dame  dans  ce  voifinagc  de  50.  ans  pafsés,  comme  elle 
eutcclsc  de  faire  des  enfants<5c  ics  ordinaires  crantsarrcftcs,il  luy  vint  vnTubcr- 
i*Gtile  auprès  du  bout  de  la  mamm.elîe  droite,  Qjpy  qu'il  fut  dur  au  commencc- 
,,ment&  qu'il rincomm.odar  vn  peu,   neantm.oiiisparc^  qu'il  croit  pctic  &  (\v<s 
*douleur,ni  elle  ni  ceux  qui  ctoycnt  à  l'enrour  ne  s'en  mircii:  beaucoup  en  pcne: 
mais  au  commencement  de  l'an  1606.  venant  àgro.Hr  6c  à  luy  faire  de  la  dou- 
leur, elle  demanda  confcil  à  vn  Chirurgien    lequel  fe  feruit  vn  mois  durant 
d'emollitifs6c  de  fupuratifs:  la  douleur  étant  augmentée  peu  à  peu,  le  bouton 
-Vouuritjmais  il  n'en  fortit  rien  que  quelque  peu  de  m.a:i-re  comme  de  1  eau  où 
''onalauédelachair;àrinllant  iis'y  ht  vn'Vlceremalin,dolouieux,tS:  pjan'iétant 
'  demandé  le  5.  de  Juillet  de  la  même  année,  ie  trouuay  cette  Dame  fort  am-û^iie 
&:  fôible  :  cet  Vlccre  extrêmement  puant  deuiiit  (î  malin  q  lil  rongea  toute  la- 
mammelle  quafi  iufqu'au  fi;ernum,rA[iHlie  de  les  cotes  .^;  ce  daiisl'eipace  de  4; 
mois  dés  le  iour  que  le  TLbercule  fe  rompit  :  la  douleur  êtoit  fort  gr.iude  aucc 
..inquictude,petite  fleure,  nausée  perperuclle  &  degoiic,  par  l-Iqucls  ii^'ies  nyanC 
[.rcconu qu'elle  cftoit  ci:  manifefte  dang'rr  delà  vie,  ic  ne  vojlus  pas  y  mettre  U 
■î'^niain:  vn  peu  apies  mon  départ  elle  mourut  p  liiîblemrnt. 

On  peut  voir  par  là  que  la  Dj(ftrine  d'Hippocrare  cil  très  verirabb  ,  qu'il 
vautbeaucoup  mieux  ne  toucher  point  aux  Chancres  o:culccs ,  que  d'y  mcttic 
la  main,  veu  qne  ccuxaufquelsonamis  la  main  meurent  plutolt  ,  ce  qui  elt 
raanifelle  pat  l'exemple  de  cette  Dame  à  laquelle  le  Chancre  com.nenca  au 
mois  de  lanaier  &  finit  en  luillet  auquel  temps  elle  mourut  :  que  fi  on  n'yeut 
point  touché  elle  eut  pil  viu.c  long-temps,  ce  que  io  pourroi^  prouu:r  par  p'u- 
iieurs  exearjples,  mais  il  me  futfira  d'en  dire  vn  ou  deux. 

l'ay  connu  la  femme  de  Monfr.  Ican  Moulcrt  D.  tn  Dioic  3c  Confeiilerdu 
Duc  de  Clcues  :  en  l'an  1585,  elle  auoit  été  trauaillée  quelq;:es  années  d'vn 
Chancrenonvlcerc  en  la  mammelle,  s'edantfnui  par  le  Confcil  de  Cohne 
Slotanusde  quelques  médicaments  tant  en  dedans  quedchovs,  il  empêcha  Je 
fortele  ptogrés  de  laTumcur,  qu'elle  avefcu  pi uheius années  aucc  ce  mal  laiiS 
beaucoup  de  douleur  &  aucune  grande  incommodité,  ne  s'eftant  iamais  vl- 
ceré. 

Moiiiicur  Policr  porta  auflî  iufques  cl  la  fin  de  fcs  iours  vn  Chancre  occulte 

qiÛ 


Des  Tumeurs  contré  Nature.  '  49 

qui  n'autoît  pas  manque  de  les  luy'abbrcgcr  fi  On  en  eut  eir rcpiis-la  Care. 

-     Pour comprendi-c  donc  l'intention  d'Hîppocràee,' il  Faut  diftiiTgucrlc Chan* 

rrc  en  cette  façon  C  lequel,  fclon  Galien  ,    peut  vcnii-  en  coûtes  les  pâtties  dii 

corps^ilfc  formé  ou  en  des  parties  profondes  &  cachées,  comme  auValais/aû 

ifiegé,  aux  parties  hôrifeurcs  des  femmes  au  Foye  ,  en  laRatrc-.,  oiïen'qadqi.tt 

.partie  externe  :  celui  qui  vient  aux  parties  eftoii  vlceié  où  npiv  vlceré  :  -ijai  eft 

âuffî  appelé  càciic  par  Galien.       '        '         '.      '  ...    . 

'     Or  comme  leChancrCcâ  vue  TumeiWti^es  duré,  îl  le  faut  bu  ràrtïoUirpat 

des   médicaments  cmoîiitîfs  ,'ôii  difliper  infenlîblemcnt  par  des  'Kefolu^ 

tifs  &  DifciTfTiFs  ,    où' il  le   faut  amener ' à  fiippuiMt»oii>    ou  couper  auec 

fis  facincs  :  mais  îc  ne  vdis'pascomrrié  6ïi  peut  venir  à  bout  'db'Cch  au  Palais, 

êcauficgc,  oucnlàNarure  d'vne'fornmé  ^'Partant  Galien  à-ràifonde  dire 

que  les  Chancres  qui  naiir.nt  en  ces  parties  foni:  incurables,  &:  iamais  il  ne- les  a 

tntrepri^  :  l'en  ay  veu  autour  de  la  Luette,  au  Fôye,  en'  h  Racte  <3<:  Col  àc  \x  m?.- 

crice,'  mais  tous  ceux  qui  les'ont  eu,  en  -{ont  morts,  en  voici  li'cade  ,  '  ils  énpi)- 

rét^t  par  les  médicaments  emollidfs  &:  en  vienitent'^lLï>'rfiaiifiS,'  Ôt  qui  pam> 

roiTpoiccrléfcrôule  feu  en  cesîiiiux?         ' "'  "  ''' '' 

te  viens  maintenant  au  Chanci-edcs  parties  e'xt'emc^  Icc^néî'èft  ou  éxolcérc 
ou  non,  c'cft  à  dire  occulte  :  celui  qui  cft  vlceré  dcmaiidé  deiix  fortes  de'  tnc- 
dïcamcnts  ,  car  à  caufe  de  ies  leurcs  extrêmement  enflées,  callcufes  &  dures,il 
faudroit  Ce  feruir  de  médicaments  chauds  Si.  humides  &:'qui  f  âMôlîilkntpuif- 
fammcnt,  à  caufe  de  i'Vlcere  qui  eft  inégal,' fordide&  piiant ,  il  faudroit  nc- 
CcfTu'ï'cmènt  appliquer  des  remèdes  dcterfifs  ^  mundificatifs  :  mais  l'expériea- 
ce  iournaliere  fait  voir  que  par  ryfagc  de  ces  mè.dicanients  il  deuicnt  plu<  niâ>- 
lin,  étendant  Ces  racines  au  long&:  aulatgé  :  dans  léChàhcrc,dit  HéurniUs ,  il 
y  à  double  venin,  IVn  Putrefactif  &  l'autre  Corrofif  :  fion  y  appliqué  deis-rc- 
triédé^  chauds  &hùmidcs  tels, que  font  ceux  qurfont  venir  le  Plis  aiix  Apofte- 
nies  &  Vlccres  qui  Ce  pcUuént  meurir ,  Vbu:  y  verres  venir  vhe  grande  pourri- 
turc  qui  înfcdlcra  tour  ce  qui  cft  à  l'eritour:  que  fi  on  fe  veut  feruir  de  medi- 
,  jCamentscaufticspourçonfamer  cette  inipurctc  ,    voilà  l'àucre  venin  quieft: 
éorrô'fiflequcînérnanqucir'a  pas  de  fc  produire  :  l'ay  remarque 'que  cela  croit 
.  vcrirableenla  Damede  l'aquclicî'ay  parle  :  car  après  l'application  des  fappu- 
.   ràtifs  ,  l'Vlcere  vint  tout  à  l'heure  fordîde  lîk  puanr,  or  le  Chirurgien  voulant 
corriger  cette  puanteur  p-irTOngucn"  ^£^yi-.riac  [  lequel  eft  tres-coiuiairc  ]  il 
S'cleUavnc grande  malignicé  cnrViccre  ,  iiqiivlleacuquaiiicoutincnt  leS^  pai'» 
rîcs 'd'alentour  &:  lesi-ongea  auec  de  cre^  iicaii  J^  touimenfs  :  Q'iè  Faur-'il  dorie 
Taiic?  '  certàlacrncnr  fi  quclqti'vn  veut  extirper  entièrement  towt  ce.  qui  "eft 
imasjacé, 'cçlui-Ià  rie  s'e. altéra  pas' beaucoup  dir  bjn  chemin,  poUrbc-'U  'quC 
,i*6Xci(toii  fe  fice  iufqucs  à  la  iacine&cnîa  p.i'riic  qui  fe  porte  btdn'fll^n' le 
colifcil  db  Galîai  Scie.'  l'nyant  cxp::rimcctc  lieùrcufcrnent  deqûoy  'Vbici'Vh 

dcèb^slb-''  ^;>-'- '^^-  •      •      '••    '   '  ■      -         ^'•''  •■'—■' 


•o  Liurc  Premier 

L'an  1600.  ynK  vieille  de  Laufannc  qui  auoic  vn  Chancre  exiilccrc  là  où  les 
futures  fagitrale  &  lambdoidefc  rcncontrcnr,  me  demanda  confeil  ;  l'Vlcerc 
croit  doloreux,  fordidc,  puant ,  inégal,  les  leiires  ccoyent  dures  &  éleuccs  de  la 
groileur  du  poin  :  ayant  bien  prépare  le  corps,  aucc  vne  bonne  façon  de  viurc, 
purgation  &  faïence  ,  après  aiioir  ôrc  les  clicueux.,  ic  coupay  iuîqu'au  cranc 
toute  cette  malle  vlccrce  &:  tout  ce  quikmbloit  tftre  atteint  de  cette  maligni- 
té i  Je  raclay  auffi  le  Crâne  quelques  iours  aprcs  parce  qu'il  ctoit  vlcerc ,  met- 
tant en  fnitte  tous  les  iours  de  la  poudre  Catagmatique,  &  fis  vne  cicatrice  de 
même  qu'aux  autres  playes  de  Ja  Tcre,  elle  fut, guérie  ôc  a  vécu  pluficurs  année* 
après,  enfin  elle  mourut  de  Pcilc  en  fon  extrême  vieillcirc. 

le  coupay  aufTi  à  vn  certain  de  Laufannc  le  membre  viril ,  iufqu'à  l*Abdo- 
men  auquel  il  y  tftoit  vcnuvn  fungus  Cliancrcux  ,  comme  on  en  verra  i'HiV 
ftoire  en  luitte. 

Jl  faut  maintenant  parler  de  la  Cure  du  Chancre  non  exulcercou  occulte 
des  parties  externes ,  laquelle  eft  ou  légitime ,  vraye  &  méthodique  ,  ou  vio- 
lente :  la  Cure  méthodique  félon  Hippociate ,  Galicn  &c.  fe  fait  par  6cs  con- 
traires; car  toutemaladie  dit  Hippocrate,qui  vient  de  replction,doitétre  gué- 
rie par  cuacuation,&c.&  ce  qui  eft  reftoidi,doit  être  échauffe  &c.&  ainfiqu'cn- 
fei^'ne  Galien,  ce  quieft  dcfeché  &  endurti,commc  les  Tumeurs  fchirreufes  6c 
Chancreufes,doit  être  ramolli  &  relaxé  par  dcs.meJicaments  chauds  &  humi* 
des,&  au  contraire  toute  partie  du  coipsquitft  relaxée  outre  mcfure,  comme 
aux  Décentes,  en  la  cheutede  l'Inteftinum  RcCtar,&  de  la  matrice,demande  dcs^ 
chofes  froides  Se  qui  ont  vne  infigne  vertu  dtliccatiuc  auec  adftridion  ,  ea 
fomme,  pour  parler  auec  Hipp.  les  contraires  font  g^ueiis  par  leurs  contraires^ 
foit  que  l'on  l'eurcnde  du  mal,foit  de  fa  cauf.  ,li  eft  ce  que,felon  que  Fernel  l'en- 
fcî*He,qu'il  faut  toufiours  écarter  la  caufe  auantque  de  venir  au  mal,car  tandis 


te,  aii  nombre  dcfquelks  on  peut  mettre  le  Chancre  occulte,  iur  tout-quand  il. 
eft  enuicvlHîVeuqHc  cette  humeiu:cft  fi  épailïc,commc  dit  i£gincta  IL4.C.36.  &. 
fi  fort*  attachée,  qu'elle  ne  peut  être  ni  rcpoufséc  en  dedans,  ni  diflTipée  ÔC  rcfiftc 
même  à  la  purgation  vniueifclle,  demandant  des  remèdes  Topics  particuliers. 
'Que  il  Iclon  les  Décrets  d'Hippocrate  ik  desautres  Médecins,  les  maladies 
fe  rfueritfent  par  leur  contlaiie,  &  le  Chancre  eft  vne  Tumeur  dure  engendrée 
de  la  Bile  noire  cxercmcntitie  comme  dit  Gal.en  fôn  liu.de  i'Ar-t  Curât,  à  Glau- 
con.  l.z.  crp.  10.  fi  qùelqu'vn  fc  Veut  fcruir  de  la  Cuic  légitime  &  méthodique, 
il  eft  neccfiàirc  d'y  îippliquérdes  médicaments  chauds  &  humides  qui  ramoliif- 
fent  puilïamment,  or  l'Hiftoire  que  ie  viens  de  reciter  fait  voir  combien  ils  ibnc. 
dangereux ,  comme  l'ailllre  aiifli  Galien  au  liu.  5.  des  facultés  des  médicaments 
fimplcs  chap.  8.  Touc  ce  qui  eft  cndmciprouenanc  d'vnc  humeur  atrabilaire, 

eft 


Des  Tumeurs  coatrc  Nature.  jî 

cft  Chancrcux  &  dcuicnt  plus  mauuais  par  des  mcdicamcncs  cmollitit^,  car  cet 
excrément  de  riiumcur  atrabilaire  ayant  long- temps  croupi  dans  les  Vaillcaiix 
jcomme  dit  Gai.  s'y  brûle  ôc  par  fucccflîon  de  temps  deuicnt  acre  &  malinjmais 
les  médicaments  emollients  ôc  fur  tout  les  fuppuratifs  qui  font  chauds  &c  humi- 
des caufent  delà  pourriture,  parce  que  cet  humeur  s'cchauôocncor  plus  Se  en 
deuient  plus  maligne  ôc  plus  acre,  de  forte  qu'elle  ronge  Se  cxulcere  tout  :  ôc 
les  parties  qui  font  autour  venants  àfe  relâcher  ôc  dilater  en  même  temps  ,  par 
ces  médicaments  émoi licnts,(5<:  cette  corruption  ôc  mnlignitc  gagne  les  parties 
voifiacs  &i*cpand  aisément  étant  comme  vn  Icuain  quiinfcdic  le  fâng  de  les  hu- 
meurs Icfquclles  y  accourent  à  caufc  de  la  douleur,  les  rendant  femblables  à  foy 
à  fçauoir  acres  ôc  malignes  :  Ce  qu'ayant  connu  cet  incomparable  pcrfonnagc 
'qui  fçauoit  toiit^  il  a  laifscce  Décréta  la  pofteritc,  à  fçauoir  qu'il  vaut  mieux 
ne  toucher  point  les  Chancres  occultes  ou  non  Vlcercs  par  la  Cure  légitime  ÔC 
mcrhodique,  enfeignéepar Hippocrate,  laquelle  fe  fait  par  les  contraires,  de 
laquelle  Cure  à  monluis,  il  veut  parler,  ôc  non  de  fa  fe(^ion  Ôc  vftion  qui  font 
les  fculs  remèdes  du  Chancre  :  car  étants  ainlî  traittcs  f  à  fçauoir  par  lesm -di-, 
caments  emollients  lefquels  cÔàrouchcnt  incontinent  le  Chancre,  comme  l'ex- 
pcriencc  le  montre  J  le  malade  meurt  plutôt,  mais  en  n'y  touchant  point  à  fça- 
uoir par  la  Cure  méthodique  &  légitime  ,  parce  que  le  mal  n'empire  pas  ,  ils 
pcuuent  durer  pluslong-temps,commc  les  exemples  que  neus  auons  produit  le 
font  voir. 

Par  la  Gare  violente,  ou  comme  Galien  l'appelé,  puiiïàntc  ,  ic  n'entens  pas 
celle  qui  (c  fait  par  les  médicaments  ou  par  le  moyen  delà  nature,laquelle  cft  la 
curatrice  des  maladics,mais  celle  quife  fait.par  l'Art  acompagncc  de  Violence, 
qui  eft  vne  extirpation  entière  de  la  Tumeur  auec  fcs  racines,  laquelle,  par  ma- 
nière de  dire,  eft.fans  danger,  pourueu  que  le  corps  foit  bien  prépare  tant  pac^^, 
vn  bon  régime  de  viurc,  que  par  purgation,  faignce  &c.  ôc  que  le  mal  foit  en 
vne  telle  place,  d'où  on  le  paille  enlcuer  auec  toutes  fcs  racines  &  ne  foit  pas 
cnucloppc  parmi  des  vaiilèaux  conlldcrablcs  comme  des  Artères  ou  vcnes. 
Mais  il  fc  faut  bien  garder  de  venir  à  la  fcdion  ou  vftiondit  Albucads  lî  le 
Chancre  eft  au  Col,  en  la  Nuque  ou  vers  le  Gofier,à  caufe  du  nombre  de  nerfst 
vencs  ôc  Artères  qui  y. font,  comme  auflî  en  la  partie  interne  de  la  cuilîè  »  Ci  ce 
grand  rameau  de  la  vcnc  caue  qui  dccend  au  larret  cft  implique  dans  la  Tu- 
meur .,  car  i'ay  des  cxc  mplc s  que  les  Opérations  hizcs  en  ces  partiesfoiu  le  plus 
fouucnt  mortelles,  à  caiilc  dcquoy  ie  n'ay  iamals  ose  y  entreprendre  des  inci- 
fions  finon  que  la  Tumeur  fut  en  la  (iirfacc  Se  nullement  ci->~ngce  dans  ces  vaii- 
féaux  :  Qiianr aux  autres  parties,  ie  montrcray  par  des  exemples  que  i'ay  tres- 
heureulemcnt  rcufTien  mes  opérations,  fans  qu'il  y  ait  eu  rcidiur  ou  que  la 
mort  en  foitentuiuie  comme  veut  Celfus  liu.  5.  c.  18.  \ 

I'ay  baiilel'cxemple  ci  dellus  d'vne  vieille  de  60.  ans  à  laquelle  ic  coupay 
ïirureufcmeiTt  vn  Chancre  en  l'Occiput. 

G  « 


.  Vçiù  ifc'-  l'ca.cûUpHy.vne.n  la  Icure  de  dcir«iî$.à,vn.domçftk;<ic.Jvlonrr.  de 
Crq;«,iÀ:ign.r.  dcPiiUi.XC- nomme  Bernaid  Pencuaiit^. 

L'^n  i6û5,  Tsypt?  heurt,  Lifemcntvn  Chancre  qui  twpir  toute  la  mammcUc 
tlroire  er»  viicfcmmc  de  40.  ans  à  i^ayernc,  fans  qu'elle  en  ait  reireuti  aucune  iiir 
ipmmoditépayaiiîep  des  ejnfantspariapies.  .     , .    .^ 

^,  L'an.  j6,j9.  ie  conpay  à  Laul.aane  le  me>ribie  viiil  à  vn  ccrtaiu,  lequel  êtok 
iiu  en  vnç  nionjlrueulcmalle  de  chaij:  cxulçcice.dc  tous. côtes,  dans  l'Abdomen 
jxicmej  il  fut  remise  icpotre  bien  eu  l'année  courante  ién».0;i  peut  voir  par 
là  que  le  Chancre  peut  être  cpupé  ians  vn  manif^ifte  danger,  pourueu  que.  Ton 
y  apporte  toutes  les  conditions. neccii.iires.  ,    . 

.  Mais  pourquoy  âprchende-t'-on  tcilemcnt  Thscmorrhagic  çn  l'cxcifion  du 
Chancre?  au  coiui'âirc  il  .(em.ble  qu'il  en  faut  b.c.iucoup  laiiîci  iortirsfclon  i'aui» 
d'Auiccnnc  »3^  ^Metuc  ,  pouiquoy  di-ic  l'apprchcndc-  t'-on  fi-  toit  l  Q^nd  on 
cpup^  vne  cuiiic  .ou  vn  bras,,n,c  le  tiouucnc  ils  pas  plus  fouueiit  des  gros  vailf 
.fea^x  que  dans  les  Tumetirs  Cbancrcuics,  de  ncaiîtmoins  IcChùurgicn  quand  il 
7  a  Gangrené  ou  quelque  .vice  rc  putride,  vient  incontinent  à  Kamputationî 
peut-elb  c  que  quelqu'vn  dira  que  la  caule  de  cela  conlifte  en  ce  que  telles  Ope- 
iationsletont  aucch.biiitç&  promprirude.,  d'où  viciït  que  le  lang  coule  en 
moindre  quantitcjmais  comm.e  ibcrcnccn^te  au  Chancre  plufieurs  chofes  qu'il 
taut  icparcr,  de  là  v ietic  qu'il  en  foie  hcaucoup  de  fa4ig  :^  il  fembie  neannnoins^ 
que  le  Chirurgien  ayant  conoiiïawcc  âcs  vaiiîcaux  qui  vontà la  partie  peut  cuK 
1er  âiscrr.eni  ce  danger,  prcmiLrementii  auant  l'Opération  il  ferre  d'yn  nœud 
le- V'aiii^:au  ,  ayant  p.'.lséi:i, pavanant  vne  f  guillc  couibcc  aucc  vn  lil:retors  ,  fc- 
çon4jc-m,(.-aic  ot  icpai*tnt  jce  qu'il  tauc  Icparer  principalement  auec  les  doigts? 
car  aimiic  danger  d'.HaL'aiuri'hagic  ne  (Ira pas  fr  grand  que  s'il  Icièruoit  ou  du 
r^foir  oji  du  couteau fcpdratQiic,  comme  ic  l'ay  pratiqué  hcureuiemenc  en. la 
Dame,  de  laqiKlie.i'ay  parle  ci-dcirus. 

Pouïconclurre  ,.ie  maintiens. qu'Hifpocrate  en  cet  Aphorifme  n'cnteiid- 

jpas  pAr  les  Chancres  occultes  ci^ux  cuii  iont  en  des  parties  profondes  &  cachces- 

comme  au  Palais  occ.'  Car  veu  que  iclon  Galicrt  Ôc  comme  l'expérience  le  faic, 

\oirj  ils  font  entièrement  incutabies  y. il  n'cdoit  pas  befoin  d'en  faire  vn- 

Axiome  ibc  Hippocrate  n'auroit  i-itn  dit  d ignede  luy  : .  il  ji'y  a  pas  non  plus  de 

r.appauïncequilait.vvoulupaïki;- de  l'opération  manuelle  .ou  de  l'extirpation. 

du  Çhancie  c.s  parties  ext^xnes  qui  (l  iaic  aucc  Je  Rafoir ,    parce  que  comme 

il,.eft  connu  aux  Praticiens  &  Texp^rif-nce  .le  fait  voir  >    elle  fc  peut  faircL 

fans  vu   grand. dajiger,    autrement  il  n'aur>it  pas  manqué  de  dire  quel-. 

'<3uc  cKpfe  des  autres  Opcrations;  çù  il  fort  beaucoup  plus  de  lang  qa  en  l'cx' 

«ciiiun  du  Chancre .  :  ii  rart  dOijç  conclurre  qu'Hippocratc  a  voulu  parler  de-: 

kCuracion  du  Chancre  vraye  ik  légitime  quifc  fait  par  les  contraires:  ôC  doit-. 

on,. croire  que.  (^alien  a  été  ^g. ce /Jcntiment  parce  qu'il  dit  au  Commentaire 

fn  parlant  du  Chancre  exulceré?  car  alors  die- il,  il-ett  ncceiraict,  à.f^auoir 

,    ^>     ■'  s'il 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ^^ 

''S'ily,;i<J,e]'ç,^t^lccratig,n,  <k  fi  onjiçpçuc  pasfakcmiaix.aii  irjOins'cîé' tîctroyer  „ 
i'ordurecmplpyaiK  cjucicjiie  chofè  d'humidcanonja.  première  qui  Ce  prcfènre-»  „ 
mais  celle  que  Vqn  a  trouuc  profitable  ou  par  cxpciîtncr  ou  par  rcccrche  la^  „ 
queilcnepuiiïè  ni  caufer  delà  pourriture  nj  irriter  la  partie:  Il  faut  'donc -de-  „ 
maircr  çn  cette  cure  fans  en  ccrchcr  yne  autre,   mais  les  Chancres  qui  ne  font.  35 
pas^vlcercs  n'y  (pnt  pas  compris  :  Par  iefqiieilcs  paroles  G:iHen  rcfette  la  Cure  ,» 
méthodique  au  Chancre ,  car  il  écrit  en  termes  exprès  qu'il  ne  faut  rien  met-  „ 
£i:e  de  pucrçftidi^.fur  la  part.ic,or  les  emollients  &■  fuppuratifs,telles  que  font  !cs  „ 
choies  chaudes  &  humides  ,.  caqfenr  de  la  pourriture  ,  Et  pour  me  feruir  ét^ 
termes  de  G:aHei>  ,  les  vrays  putrcfadifs  font  chauds  Ôc  hnrnjdes  ,  &:  par  confé- 
quent  ,.fcion  fon  opinion,  il  ne  faut  pas  s'en  fcrnir  aux  Tumeurs  Chancrcufc?, 
Et  pour  confirmer  d'auantage  fon  opinion  ,  ilaiouteque  les  Chancres  qui  dc 
font  point  vlcetcs  n'ont  pasbefoin  de  cette  cure,  11  cft  r.iiîlî  clair  qucGalien  efî 
ce  Commf  maire  approuue  la  Cure  vioieptcou  pnrlïànte,   comme  il  l'appelle,, 
car  il  cciit  que  le  Fer  &:  le  ]Fçy  foiir  lesfeuls  remèdes  divChancre,  Non  pas  en 
JouSimais  en  ceux  feu lémenrqiji  ToBt  en  quelque  partie  externe  du  corps,  car  ce 
q.u' il  âioure,Qjc  cçux  qui  font  en  des  parties  cachçes  ne  veulent  pas  ces  reme» 
des,i.ft  co!;firmc  parA'experiencej  Et  Vn  peu  après  ii  dit ,  N'èllàyonsiamnis  de 
guecir  telle  forte  de  Chancres. 0^87.C>;;f.3, 

OBSERVATION     XXXIX. 
De  la  Cure  du  Chancre  Occulte. 

Vpus  m'ccriCcs  qu'vne  Dame  ,  laquelle  eft  fur  le  decîin  dé  fon  âge  et!  rta:- 
uaillce  èisw  ichirre  cn.|a  mammclle  gauche  qui  cfl:  profondément  cache  & 
comme  attaché  aux  coftesilt  a  pris  ibn  origine,com3tie  i'cftitivc ,  &  cil  \^nu  de 
kit  caille ,  car  elle  n'ayant  pas  nourri  fes  Enfants,  &  n'ayant  pu  faire  ibrtir  k 
lair  de  Çz&  marnmdles ,  il  ne  faut  pas  s'étonner  s'il  s'efi:  grommelé  &:  s'il  yafoi^ 
vn  fchirre ,  A  quoy  a  contribue  fans  doute  la  rétention  des  mois  &  le  reo-ô'rge- 
mentd'iceuxenhaur,Et  parce  que  ce  fchirre,  comme  vousccriués,  eft  ii.ro-  Là 
l'attouchement  &  n  ell  pas  entièrement  exempt  de  douleur  ,  ie  crois  qu'il  n'ell 
pas  de.  lajorte  des  légitimes:  le  vousâucrtisde  ceci  afin  que  vous  pieuics  Ûcn  ' 
gaïdc  en  l'application  des  Topiques,  veu  que  cette  forte  de  fcliiFie  fe  tourne  fa- 
cilement en  Chancre  :  lel'ay  -eu  à  -diuerfes  fois  &  il  n'y  a  pas  plusd'vn  aii  en 
une  grand'  Dame  laquelle  ayant  vn  femblable  fchirre  en  la  mammelle^droite, 
s  ctantfcrui  de  Topiques  coptf  c  mon  fentimcnr  ,  il  fe  conuerric  en  vn  VÎcerc 
Chancieux  &  incurabicll  vaut  donc  beaucoup  mieux  confumcr  la  caufe  anté- 
cédente parles  remèdes  vuiuerfcls  &  fe  donner  garde  qu'il-nc  îette  Cti  racines 
plus  auant  qucd'cflàycr  quelque  autre  choie,  car  icn'ofaypasluy  confcillcr  de 

G    5 


54  l4urc  Premier 

venir  àrcxdrpition  parce  qu'il.ctoit  profond  ôc  comme  attache  aux  codes  ;  l 
fcfauc  auflj  abftcnir  des  emolIicnts,parcc  que,comme  Galien  i'alTurclcs  fchii- 
xcs  durs  qui  viennent  de  Bile  noire  en  viennent  plus  mauuais. 

Pour  (c  bien  feruir  des  remèdes  généraux ,  il  faut  auant  toute  œuvre  ordon- 
ner vne  bonne  façon  de  viure,cuitant  tout  ce  qui  peut  manifcftement  échauffer 
&  dcfechcr,  comme  l'Air  exceflîuement  chaud ,  le  violent  exercice  ,  les  chofcs 
acres  &  poivrées,  car  quoy  que  la  caufc  de  ce  mal  qui  cft  la  Bile  noire ,  fcmble 
ctre  foiblc  ,   elle  a  ncantmoins  quelques  parties  chaudes  àcaufe  du  mélange 
de  l'humeur  bilicufc ,  comme  il  elk  manifeftc  par  les  (ymptomcs  qui  fuiucnt 
^Iliuoir  par  vnc  grande  douleur  &   piquante    Inflammacion  corrolîon  des 
parties  voi/încs  3c  autres  :    Il  ne  faut  pas  non  plus  prêter  l'oreille  à  ceux  qui 
veulenrapaifir&âioucir  l'acrimonie  de  ces  humeurs  par  des  chofes  qui  ra- 
fraichi,(îènt  beaucoup ,  car  elles  diminuent  Se  affoiblilïcnt  peu  à  peu  la  chaleur 
naturelle,,  Il  faut  donc  garder  vne  médiocrité  fe  feruant  de  choTes  tempé- 
rées tant  en  la  nourriture  qu'en  la  préparation  de  l'humeur  pcccante,  a-fîn  de 
faire  du  bon  fang  &c  des  humeurs  douces  :  Il  faut  purger  le  corps  de  temps  en 
temps  regard4nt  toufiours  à  crer  l'humeur  atrabilaire  ;  le  me  iers  en  telle  ma- 
ladie ^^//^,*«r^(<,  %/iganCiSenné  ,  Polypodei ,  cufcuu  ,  cortic.  fran^nU  ,  Elleben. 
Efula ,  confeU.  hamech  ,  ^c.  l'ay  remarque  que  le  mercure,  fublimc  &  l'Arfc» 
nie  font  tres-dangereux  dans  les  affections    Chancrcufcs  j    ce  qui  me  fait  dou- 
-cct il  le  mercure  dulcifié  peut   être  vcile  ,  n'en  ayant  point  fait  d'cïfay;  Vn 
homme  de  quarante  ans  très  robaile  auoit  vneTumeur  chjncrculc  au  Poignet, 
luy  ayant  apliqué  de  cette  poudre  tant  renommée  de  Pçnoll  où  entre  l'Ai  icnic, 
il  mourut  peu  de  iours  après  aucc  de  grands  accidents  :  l'an  1618.  ie  coupay  à 
Spire  la  mammelle  gauche  à  caufe  d'vn  L.  hancre  exulceréjà  vne  Dame  confide- 
xable.  Elle s'étoit  fcrui de  pluficnrs  Mcdicamcnts  tant  ratlonels  qu'Empiiics., 
^ntre  autres  vn  Charlatan  y  auoit  appliqué  vnejiuyle  cauftique  fait  d'Aiicnic 
^  de  mercure,  quoy  qu'elle  fut  enceinte  ,  Ceci  cft  remarquable  qu'à  chaque 
fois  qu'elle  s'en,  feruoitjentre  autres  accidents  ,,  elle  fentoit  Ton  fiuic  tellement 
ébranlé  en  la  matrice,qne  peu  s'en  faloit  qu'elle  ne  le  perdit ,  «Se  partant  on  n'y 
-en  mit  que  quatre  ou  cinq  fois  :  Que  fi  le  mercure  mis  en  dehors  ell  li  dange- 
reux>que  doit  ce  être  étant  pris  en  dedans?  Car  il  attaque  premièrement  les  tl- 
prits  vitaux  &  en  fuite  les  autres. 

Il  luy  faudra  ouurir  la  Vêne  quelquefois,  toutes  les  ansiées,  principalement 
z.\x  Printemps  &:  Automne,non  au  bras,mais  au  pié  gauche  pouratcircr  le  fang 
.demie,  i-1  ^çroit  plus  à  propos  de  luy  mettre  di'..  fangfucs  aux  V'éncs  h:\;mor- 
%  ..^  J^lfdow  le  dire  des  Médecins,  on  tire  par  là  vn  fang  atrabilaire ,  &  ic 
Ç0i,i*^;ii^ cç:ti:lQrte de iâignéc  pour  vn  îiutrerailbn,  alfâucir  pour  cuiter  vnc  - 
Apoplexie  de  laquelle  fonPere  &  fa  Mcre  font  morts  :  car  ceux  dit  Hippocra- 
-te^  à  qui  CCS  Vcncs  fluent ,  ne  font  attaqués  ni  de  Pluve^e  ,  ni  d'infiammation 

de 


Des  Tumeurs  contre  Nature.'  5^ 

de  Poulmons.ni  dVlccres  coirofifs,ni  dcfroncles,ni  de  Tubercules  fcmblablc^ 
au  fiuic  du  Tcrcbinthus:  Et  font  peut  être  auflî  exempts   de  leprc,  &:e.Éntrc  Ic^ 
remèdes  Yniiicrfcls ,  il  faut  mettre  les  fontanelles ,  parqaoy ,  veu  que  cette  ma* 
ladc,  comme  vous  êcriucs  ,  eiV  phlegmariquc  ,  replète  ^  fuiette  aux  dcflii- 
xions,ie  fuis  d'auis  que  l'on  ne  laide  pas  en  arrière  ce  remède,  mais  il  faut 
examiner  eq  quel  lieu  il  les  faut  faire,ceux  qui  font  fuicts  aux  dcfluxions  de  la 
Tcftcfur  Icsautres  parties,  ont  le  plus  fbuuent  le  Foye  chaud  ,  car  fonintem-t 
peric  chaude  Se  des  autres  viircres  du  bas  Ventre  enuoye  plufieurs  vapeurs  en 
haut ,  Icfqucls  s'cpaiflilïcnt  par  la  froideur  du  Cerueau  &  retombent  en  bas: 
Pour  donc  corriger  ce  défaut  &  empêcher  les  vapeurs  de  moritcr  en  haut  ,  il' 
le  faut  faire  au  larret  droit ,  car  par  ce  moyen  on  retranchera  fans  pêne  h 
caufe  antécédente  5c  Tamas  des  humeurs  dans  le  Cerueau  :  que  Ci  on  en  hk  en- 
cor  vn  au  bras  gauche  ,  c'eft  le  moyen  d'cpuifer  IrCerueau  &  de  préuenir  les 
Defluxions  qui  en  découlent  :  par  confequent  l'Apoplexie  &  addoucir  le  mal 
de  la  mammelle  :  Qjc  s'il  furuient  de  la  douleur  férues  vous  de  ce  linimcnr:  ' 
0/i.  Oi.  Rofiic,  Amygd.  d.  âe'oiteU.  ouor.  fine  magna  ajj'atîone  cxtr.  an.  |  i  i.  Rad. 
/hrophnl.herb.Roberti an.m.& .  Ranar,  Gammar.  anM.'iii,  incidantur^tundantHr m 
mortariopl.  cum  pifltllo  pi.  per  ali^uot  horas ,  ferua  in  vaft  vitrei  :  Apres  l'huylc^'' 
il  faut  mettre  de  cet  Onguent  étendu  fur  vne  peau.     !^.  Çnmm.  Elemiy   cent 
ftoudg  an.  1. 1.  01.  rofac.  de  vîtell.  omr.  Arnygà.  d.  an.  \  î  i.  m.  igné  lento  (^r  cola' 
dein  in  mortario  plnmbeo  addefequentia.     ^.  ThH<s.  pptx ,  plnmhi  f^uarom,  corn,''' 
C.  'oJit&  ppti  Gammar.  Ranar,  calcinât:  an.  5  i  i.  litharg.  aarei  loti  &/iihil.  pnl~ 
ner.  ^i^.m.  &  agita  cumpijlillo  pi.  per  6.  horas  tntegras  admifcendo  paulatim 
fuccor.  feqi*.  cj.f.  ad  vngi4.     2C.  rad.fcrophnl.  mai.  w,  ii.  Ari  m.  i.  herhéi  Ro(^. 
f^latri  an,  m.  iii.  Incidantur  &  contundantur  in  mortario  ,  Extrahatur  fHcciis  per 
prAlnm  :  Tencs  ceci  pour  vn  fccret.     Qnp  Ci  par  cette  méthode  vous  ne  guc- 
rrfscspascntieremerw  lemal,  vous domtercs  du  moins  (a  malignîcc  ,  dcror---^ 
te  que  vous  poutres  amener  à-vn  long  âge  votre  niilaJe.     Objeruation  ii.^- 
Cent.  6.  :■ 


O  B  S  E  R  V  A  T  I  ON    X  L.  -T- 

iXvn  Chancre  Exulceré, 

VNc  Femme  de  Laufannc  a  vne  Tumeur  fort  dure&  inégale  à    *  l'infl im- 
bout de  la  mammelle  gauche  quafî  de  figure  triangulaire ,  f  t    ^iii.    ^^ 
garde  rAilïèlle,elle  n'eft  pas  beaucoup  cleuée  &c  femble  être  artacftce  au  Pciio- 
ftc  des  coftcsveu  qu'elle  cft  prcfquc  immobile,  fur  tout  du  côté  de TAilTellc,  oa 
Toit  aufllî  à  l'cntout  force  petites  Vêncs  chargées  de  fang  auec  quelques  glan- 


.  5^  v)..fi,iure' Premier 

dc5  tanc'àuîroarkîc  la 'l?umcm  que  foiis  i'Aîlîcife  :  la  Tumeur  éft  iiuîdc  &  quel- 
que peu  enflammée  Se  la  peau  d'alcncour  efl:  de  couleur  'plombcp.  ou  ccudrcc: 
Dans  ie  milieu  autour  du  tjquc  de'  la  mammelle  il  paroït  quelque  petite  Vice- 
rcs  derquelsii  fore  vue  fameiaunâtrc:  il  y  a' ordinairement  de  la  douleur  quoy 
qu'cile  ne  ioit  pas  violence:Pour  Iç  diiq  eu  vn  motjpfefque  to  us  les  lignes  d'vii 
Cliawcrc  s^^^'^ï^^"'^  >  lequel  à  mon  aduis  il  ne  faut  plus  appeler  occulte  mais 
vlcerc  quOy  qu  M  ne  foit  pas  venu  àfbndernierdcgué  de  malignité  comme  il 
le  faut  croire  àcaufc  que  la  douleur  n'eft  pas  trop  gian ^e  &  que  les  lèvres  ds 
rVlcere  ne  (ont  pa^  èncor  fort  enflées  &  hideufcs  a  voir  <:bmrhe  elles  font  Siii 
Chancre  vlcerc  quand  il  ((l>p«nu  au  haut  point  de  malignité  ;  D'auantagc  IVl" 
cer'e  ne  gagne  pas  vers  hs  parties  voiiînes'&  ne  rend  pas  vncmauuaifc  odehr: 
-mais Dieu  \ euiile  qu'il  ne  vienne  pasà  ce pointjcat i'.ipieh^rtde qu'il  ne  reç'oi- 
ûe  pas  vne  entière  guonfoUjCn  cé  ças"ienc  fcroïs  pasd'duisquc  l'on  vint  à  la 
Gure  kgitime  ,  qui  e(l  l'entière  extirpation  de,la  Tuineur  par  le  Fer  ou  paV  le 
Feu  à  caufc  de  l'exccUjuce  de  la'pariie:  le  ne  crois  pas  pourtant  qu'i-lie  faille 
^contenter  de  la  Palliaducqui  conilfte  à  addouCith  douleur  'S-c  -Êempéchèr 
-■■•i*accroiircmentdu  mal:  le  lie  faurois  vous  dire  de  quels  niedicahrents  elle  seft- 
lerui  iufques  àprcfent,  Ton  mari  vous  en  diraMi'auantage ,  lènc  luy  ay  iamais 
.iich  ordonne  car  elle  n'àcré  qu'entre  les maifi s  de  Charlatans  6c  Baibicrs  >  maii 
rcomme  clleadcâré  que  ie'doulufiTe  aufll  mon  aUis  de  te  qù'iii  faut  faire  ï  lele 
diray  en  peu  de  mot?.'         •-  ■'-  '     '         •  '      v  "    ''-      ■>      ',     ■ 

Vousfçaués  MciTicurs  que'  Galien  en  ion  i>'liure  de'l'Airrcuràfîuç  à  Glau- 
eonchapati.proporc  deux  manières  de  gueriï  le;Gbancrc,k''prciTiierc  deiqucl*' 
les  confifle  à  purger  les  humeurs  àtriibilàirbs  ,  &  l'aucic  Ch  l'èxtirpacio.»  de  là- 
Tumcur:Qaant  à  la  premierejfi  on  ne  s'c^ilcrt  pas  d'aboi^d,  il  eft  certain  qu'el- 
le ne  fert  quali  de  rien  pour  recoiiiirer  la  Taure,  véu  que  laî  matière  eft  fi  comp-*.- 
.ute  &  endurcie  qu'elle  ne  pî.'ut  paS  obéir  auJf  Mcdicahienrs  ',  maisi?ul  ne  peut 
douter  que  les  Médicaments  qui  purgent  les  hume uri  atrabilaires  neToycnt  non 
feulement  vtiles  mais  auflî  necefïàircs  pour  diminuer  la  caufe  antécédente  >  c'cft 
à  dircjqu'ils  fcruent  en  la  Cure  Palliatiue  :  L'autre  voyc  proposée  par  Galicn» 
c'eft  l'cxtiipation  de  la  Tumeur,laquellc  les  vus  Font  par  le  Fer  chaud ,  les  au- 
tres par  des  Medicamcntscorrofifs  ,    Et  ks*aiiîies  aucç  lepouteau  trenchanr. 
Qjant  au  Cautère  aduel  ,  iclc  tiens  pour  furped;  auec  Albucafis  dans  les  Tu- 
^  meurs fchirreufes&.chancreures?&  les  Vlceres ,  véu  que  ccttematicrc  atrabi- 
laire s'endurcit,  d'auantage  Ôc  dénient  plus  maligne  par  le  Feu  lequel  agit  au 
.QernieVr-degr<^  de  chaleur  Hc  fcehercire:  outre  que  par  l  vfage  duCautete  lés  pat' 
'"  lies  vQÎiicQi  peuuént  s'enflammer  comme  laPh;urc»lès  Poalmons  '^rie  Cœar> 
ainfi  qucGaU€nrairutc.L'Extirpationqui.re  fait  par  les  medicàrnchtii'efcha'ro^j 
tics  &  fcptics  ou  tel  autre  fcniblable  medicamcuç  clorr6^rif,me  fanble  aùffi- 
dangercufe  à  caufe  de  la  di^hitcjclclîtpaiTiç',  outr(&»qucrcvper?encefiit  voir . 
que  les  Chancres  vlccics  en  deuieniieru  plus  malins  :  RtHie  donc  TExtii-pation 


Des  Tumeurs  contre  nature.  57 

«^uirefait  par  la  main  3c  par  les  inftrumcnrs  trenclunts>  laquelle  ic  prefeierois 
aux  autres,  fi  îe  n'y  voyois  beaucoup  de  diâiculccs  qui  la  rcr.dent  iiiccrralne  ^ 
entr'autres  i.  laCacochymie  de  tout  le  coips^  i.  rafFoiblilîjmenc  conû  icrabic 
de  la  partie,  lequel  cft  procédé  non  feulement  de  cette  maladie,  mais  qui  eftdc 
ieuncllè,  vcu  qu'en  fon  enfance  elle  fut  brulce  en  cette  mammcHe ,  en  aprc^  il 
efl;  arriué  ^.  ou  4.  fois  que  le  laid  s'cft  caille  en  cette  mamm elle  ,  car  à  caufc 
delabrulurclcboutdclamammelie  s'cft  reciré  $c  l;s  porcs  fe  font  reiferrcs  :  Il 
s'eft  formé  aufli  desApoftemes«Lcnulcdulai6b  caillé  ,  ne  fçaciian:riellca  efté 
bien  traictée  ,  3.  ce  qui  me  rend  l'extirpation  doutcufe  ,  cil  que  h  Tumeur  e(l 
tellement  attachée  aux  coftcs  qu'a  pêne  cft- elle  mobile,  &  qu'ily  aplufieurs 
glandes  fous  l'aiffelle  qui  font  comme  les  racines  de  ce  mal,  Icfquelles  tou- 
tes fois  on  ne  peu:  pas  arracher  :  le  laide  à  voftre  prudence  de  choiûr  entre 
CCS  deux  maux  cgilcment  prclîants  qui  (ont  en  l'vne  Ôc  en  l'autre  Cure  ,  a(fa- 
uoir  la  Légitimée  la  Palliatiue  :  quant  à  moy  ,  la  voyant  dans  vn  âge  auancc, 
remplie  de  mauuaifes  humeurs  aucc  débilité  de  la  partie  &c  auec  ces  glandes 
fous  l'AilIclle  ,  qui  font  comme  la  racine  de  ce  mal,  i'aimerois  mieux  demeu- 
rer en  la  palliauje  que  de  mettre  la  malade  en  vu  apparent  danger  de  la  vie: 
Lettre  x/.  écrite  an  corps  des  Aiedecins  de  Genene, 


OBSERVATION    XLI. 

lyvn  fchirre  Chancreux   e:i  la  mammelle  engendré  de 
IaiU  caillé, 

I'Ay  veu  il  y  a  quelques  iours  cette  Dame  de  Soleurre  qui  cft  trauailiéc 
dVn  Chancre  occulte  dés  long-temps  procédant  de  laid:  caillé:  ic  luy  ay  or- 
donné quelques  médicaments  tant  internes  qu'externes  defqiiels  elle  s'eft  afscs 
bien  trouué  :  ayant  ncantmoins  fiic  entendre  à  ceux  qui  l'affiitent  qu'il  eft 
entièrement  incurable;  mats  vn  Charlatan  a  corifeillé d'y  appliquer  vn  Cau- 
ftic  ou  vn  velïcatoire  pour  par  ce  moyen  en  vuiJer  la  matière  :  ie  leur  ay 
montré  par  raifons  &c.  par  cxempîescombicn  ce  confeil  eft  pernîtieux  &  abfur- 
de  ,  &  entr'autres  vnc  hiftoiic  lamentable  d'vne  Dame  conliicrable  au  voill- 
nagc  laquelle  i'allay  voir  l'an  i6o3.  ^c.  ï'ay  vcu  vn?  autre  femme  au  territoi- 
re de  Bjrne  à  laquelle  en  allaitant,  il  vint  vne  inflammanon  en  la  mam- 
melle  droite  ,  à  caufe  de  laquelle  le  laid  fe  cailla  &:  grommela,  l'inflim- 
mationcftant  appaisée  ,  il  refta  vn  gcumcau  en  vn  endroit  Je  la  mammellc 
vers  l'AUr-lle  ,  qui  le  conuertit  peu  à  peu  en  fchirre  Se  finalement  dégénéra 
en  vn  Chancre  malin  ,  car  quoy  qu'il  ne  fut  pas  encor  vlceré  ,  fl"eft-ce  quf 
la  doulcur.eftoit  fi  grandcprincipalement  de  nuid  ,  qu'elle  croyoit  qu'il  y 
auoit  des  charbons  dcirous  :  Ayant  vécu  ce  me  fçmblc  cinq  ans  en  cet  et»: 

H 


i^i  Liuie  premier 

.:?w'  ce  r.hiicc  ChâiUMcux  ctatu  fur  le  pûiindcs'cxulccrcr,  elle  me  vint  tromict 
ïc  trouiiay  vnChawerc  Oucnltc  en  la  mammclle  droiîtc  beaucoup  plus  gros 
*|uc  le  p«ing  >  trcs-dur  &  linide  :  il  y  auoit  sufli  trois  fchirrcs  caches  ibus 
l'Aiirtiledclqucls  il  y  en  auoit  vn  aufTi  gros  qu'vn  oeufj  ils  n'eftoyent  pas  ei> 
cor  malins  &  ne  tcnoyent  rien  du  Chancre  :  le  corps  ayant  cfté  ruflifammcr.t 
prépare  tant  par  vue  bonne  façon  de  viure  que  par  purgations  &  faignce  ,  ic 
coupay  toutes  ces  Tumeurs  fchirreufes  le  io.  luin  1606.  ainfi  elle  fut  remife 
bien-toft  après  :  Il  But  remarquer  que  tandis  qu  elle  fut  trauaillce  de  ce  fchir- 
ic  y  qu  elledcuint  vnc  fois  enceinte  &  qu'elle  même  allaitra  Ton  enfant  3  lequel 
à  peine  âuoic  atteint  /ix  mois,  qu'il  luy  vint  des  Tumeurs  fchirreulcs  aux  emun- 
^oires  &  finît  fa  vie  en  langueur,  car  la  matière  du  Chancre  qui  cftoi:  imbue 
Se  infiltrée  en  la  mammelle  rendoit  fans  doute  le  lait  acre  ,  malin  ôc  comme 
vn  demi  poifon  :  il  ne  faut  pas  donc  que  les  mères  qui  ont  ces  incommodi- 
tés allaittent  leurs  cnfans  ,  car  femblable  lait  venant  à  fe  cailler  en  l'ello- 
mach  produit  des  accidents  femblabics  à  ceux  du  poifon  comme  alfure  Ga- 
iich  ,  &:  fans  doute  il  dénient  plus  malin  quand  il  fe  caille  dans  les  mammcU 
les,  l'obferuation  fuiuante  fera  voir  comme  i'ay  procédé  en  l'Opération, 
O.bferiiat.  78.  Cm.  1.  ,       " 


e^^^pH' 


V 


OJ3SERVATIÛN.    X  L  I  L. 
D'vfj  Schirre  cojiturti  en  Chancre. 

Ne  ieune  Damoifclle  derr.curant  en  vn  Château  du  Prir.cc  Guillaume 
^  Duc  de  luliers  ôcc.  ayant  receu  d'vn  ieun'  homme  vue  chiquenaude  a« 
prés  du  bout  de  la  mammelle  gauch?,  (5i  vn  peu  de  douleur  eftantfuruenu,  tou- 
te la  mammelle  enfla  &:  de  honte  ayant  caché  fon  mal  elk  appliqua  de  fonmou- 
iKment  des  chofcs  qui  ôtent  l'inflammation,  &c.  rcpouiîènt  puillamment  &  rcn- 
Hoycnt  l'humeur  mais  ne  la  digèrent  pasainfi,  ks  plus  iubtilcs  parties  de  la  ma- 
tière étants  çonfumces  j  laterreftres'cpaiflltenrchirie:  ayantctc  demande  en 
1590,  le  trouuay  vu  fchirre  très  dur,  doloureux  ôc  Chancreux,  à  peu  prés  de  la 
o^relfcur  d'vne  noix  à  côte  du  bout  de  la  mammelle  vers  le  fternum:  le  fus  d'â- 
\  is  qu'après  que  l'on  auroit  bien  prépaie  le  corps ,  que  l'on  ouurit  la  peau  fu-* 
peificiellement,  (  car  ce  fchirre  n  étoit  pas  profond  j  en  longueur ,  &  qu'il  fut 
arraché  aucc  famembrane,  qu'en fuitte la  playcfut  traittceiclon  l'Ait  :  cette 
Opération  manuelle quoy  que  tres-aisée&  fans  danger  fut  rebutée,  ce  qui 
m'obligea  à  me  retirer,  n'ayant  rien  voulu  entreprendre  :  après  mon  départ 
^uclqu'vn  feprefcnta  qui  promit  delà  guérir  fans  opération  manuelle,&  ayant 
mis  deiïus  premièrement  des  cmollitifs,  en  après  descorrofîfs  ,   ce  fchirre  fut 

C«n«çiti  Cl)  vn  hoiiible  Chofiçrc,  duquel  cUc  monrut  peu  apics  iBifçrablcment:. 

'  "  '       "  ^.-    ^  - .  .  -    -  ^^^ 


Des  Tumeurs  contre  Natui*e;  55 

ique  fi  des  le  commencement  du  mal,on  eut  digère  premièrement  la  matière  qui 
s-'eftoit  ierté fur-la  partie  ,  ôc  puis trau.iillc  à  la  refondre,  certainement  ce  rai- 
fcf  able  accident  ne  feroit  pas  furueim  :  ^  linre  -àe  t'Icheur  &  melkerie  djap.v'j. 


O  B  S  E  R  V  AT  I  O  N     XLIIL 

De  l'Exiirpation  d'vn  Ficus  ChaicrCrtx  dcàaas  lorbitc  de  tceiî. 

L'An  159^.  au  premier  d'Aouft  ie  fus  amené  de  Laufanne  pour  aller  à  Luftr? 
voir  Noble  Claude  de  Luftri  Maire  du  licu&  de  la  partie  de  la  Vallée  de 
Luftrî  :  \\  ctoit  attaqué  d'vne  m.aludie  étrange  &  fuucfte,  alfmoird'vne Tu- 
meur fort  auancée  en  dehors,  fcliirreufc  &:  âprachant  du  CWancrc  auec  des 
griefs  accidents  en  dehors  &:  dedans:  Il  étoit  fuiet  de  fou  naturel  aux  Cathar- 
rcs,  outre  diucrfes  mala«lies  qu'il  auoit  eu,  iîévies,  chatrdes,  diilocations,fraéht« 
rcs  ôcc.  d'auanragc  félon  la  coutume  du  Pais  i^^aifoir  bonne  chère  reccuant  de 
grand  cœur  ceux  qui  l'alloycnt  voir:  Parquoy  en  Tau  i5€o.  l'hyucr  ayant  été 
êioux  &L  humide,  tout  fon  corps  fut  rempli  de  mauuaifcs  humeurs ,  qui  ctoyent 
principalement  portées  au  Ccrucaii  à  caufe  de  la  chaleur  de  fon  Foyc  &:  com- 
,  mcncercnt  à  le  molcfter  ,  car  fur  la  fin  de  Février  de  l'an  1581.  il  fut  faiiî  d'vne 
migraine  au  cofté  droit,  pour  laquelle  guérir  fon  Médecin  prenoit  beaucoup  de 
pêne  en  vain,  car  l'humeur  qui  ctoit  enfermée  au  Cerueau  cerchant  ilfuc  ,  fc 
ktta  auec  impctuofité  fur  l'œil  droit  qui  caufi  vn.e  véhémente  douleur  auec  in- 
flammation, ainfi  les  accidentsqui  y  étoyent  déjà,  douleur  de  Tefte,  fièvre,  in- 
quiétude, vomiifement,  maux  de  cœur  iScc  augmentèrent  plutoll  que  de  dimi- 
nuer, fans  qu'il  y  eut  aucun  remède  pour  arreftcr  cette  Defluxion,  ni  Reuulfioit 
ni  Deriuation,  au  contraire  l'amas  fut  fi  grand  que  la  membrane  coniun6tiac 
àz  l'œil  en  fut  à  la  fin  rongée  ou  pluroft  pourrie. 

Il  faut  remarquer  icy  en  palTànt  que  l'cfpace  de  fix  femaines  la  douleur  a  êrc 
non  leulement  très  violente,  mais  qu'en  portant  la  main  fur  le  Cerueau  on  en 
r-cmarquoit  le  mouuemcnt  là  où  les  futures  fagittalc  &  coronnlc  fe  rencontrent, 
&  que  mêmes  on  entendoit  du  bruit  &  comme  vn  pétillement  du  Cranejdc 
même  que  C\  on  fendoit  du  bois  :  ic  crois  que  cela  fc  fdifoit  lors  que  les  fiitures. 
du  Crâne  (c  font  dciointcs  l'vne  d'auec  l'autre  à  caufe  de  la  douleur  ,  inflam- 
mation &  abondance  d'humeurs  au  Cerueau  ,  croyant  que  ceci  cil  vérita- 
ble tant  au  rapport  de  Noble  Gabriel  de  Blonay  Baron  deChârclard  Ion 
Gendre  qui  atoufiourscré  àfcs  coftcs,  que  parce  que  i'ay  remarqué  quelque 
diofe  de  fcmblable  en  vn  honcfte  homme  du  Pars  basi  celui-ci  après  vne 
gricve  maladie  &  Hévreardente  accompagnée  d'vn  violent  mal  de  Tefte  ,  càc 
les  futures  tellement  relâchées  que  l'on  pouuoit  manifeftcment  voir  par  cctia- 
tcifticc  le  mouuemcnt  du  Cerucûu  Qufa  fyftole  &  Diaftolc. 

H* 


€0  Liure  premier 

L'humeur  étant  parueniic  iufques  à  la  coniundiue  ,  il  en  coula  vnc  grande 
^uamicé  durant  c]uckj ne  temps,  aloisiA  douleur  &  les  autres  accidents  corn- 
îTiCnccrentà  s'addoucir  :  Dans  la  violence  de  la  douleur  on  auoit  fait  vn  Setoii 
à  la  Nuque,  mais  il  le  fitôttr  ij.iours  après  à  caufe  de  la  douleur  qu'il  luy  faifoic 
&;  ce  l'incûiiimodirc  qu'il  luy  appoitok,  ayant  été  fait  vers  la  fixicme  vertèbre 
ouïes  nerfs  iontplus  en  dehors:  la  playe  crant  fermée,  on  y  appliqua  vn  Cau- 
tère potenriil,  Icqtiel  il  falutaufli  fermer  à  caufe  delà  trop  grande  douleur  ••  en 
lieu  duquel  le  malade  deiîra  pour  biiller  illue  à  l'humeur  moibihquc  ,  que  l'on 
Ht  vne  fonrancilc  au  bras  droit  par  le  cauttre  potentiel,  des  lors  l'œil  commen- 
ça à  fedcllcchcr  en  partie  à  caulè  de  la  fièvre  qui  auoit  confumc  la  plus  grande 
partie  des  humeurs  ruperflucs,&  ainfi  auoit  exténué  &  amaigri  le  corps,  en 
partie  à  catifc  des  reïterccs  vacuations,  en  partie  auili  parce  que  le  Cautcre  de- 
tournoii  îaDcfluxion  fur  le  bras  :  Et  parce  que  les  trois  humeurs  des  yeux  s'c- 
toyent  écoulcer,  la  membrane  coniunéliueauec  la  cornée  étants  rompues,eIlcs 
fe  retirèrent  auili  peu  à  peu,  Sc  ainfi l'oeil  a)ant  perdu  fa  grandeur  naturelle  &c 
rondcur,il  s'erfonçaeuticrementJedans  l'Oibice  ôc  les  deux  paupières  venants 
àfe  ioindre,  l'œil  demeura  ferme  des  l'an  Sx.  iulques  à  5)5.  fans  aucun  accidenr» 
finon  que  toutes  les  années  la  Dt  fluxion  «5c  douleur  de  Telle  luy  reuenoyent: 
mais  en  l'année  5)).  n'ayant  point  tenu  de  rcglc  en  la  façon  de  viure,  la  douleur 
de  Telle  ôc  6t  l'a^il  reuindient,mais  plus  le  gères  qn'auparauant ,  parauenture 
parce  que  les  membranes  &  autres  parties  d».  l'œil  ctoyent  encor  ouuertes  pai* 
ou  1,  humeur  pouuoit  lo-  tir  fn-s  violence,  veu  que  les  changements  qui  le  font 
mienfibltment  &  peu  à  peu,  n'apportent  pas  beaucoup  de  douleur  :  Ainfi  les 
humeurs  le  veilants  peu  à  peu  dans  la  capacité  de  la  coniondtiue  qui  étoit  reti- 
rée &  dellituée  de  fishumidicés  naturelles,  elle  enfla  aufli  peu  à  peu, dés  lors  les 
paupières  qui  auoyent  elle  dolcs  l'i  fpace  de  i5.ans.s'ouuiirent  derechef  &  l'œil 
bûuflit  tellcment,quedansrerpace  deô-mois  il  vint  à  pafler  les  Paupières  ayan: 
tout  autour  des  !  air.carx  de  véncsliuideS(5<:  tendues  par  vn  fang  épais,  adufte  ÔC 
mclancholic:  alors  le  malade  comm.ença  à  ccrcher  du  fecours  de  tous  collés,  le 
mal  Si  le  s  accidents  augmentants  tous  les  ioias  :  entr'autrcs  rcm.edes  on  en  ap- 
pliqua vn  lequel  irrita  tellem.cnt  le  mal  que  l'œil  en  augmenta  tout  à  coup  ,  Ôc 
par  après  ie  fus  demande  pour  le  voir  :  il  aucit  eu  la  migraine  du  côté  droit, 
l'œil  forte'it  des  paupières  plus  gros  que  l'œuf  d'vne  oye  couutant  vne  partie  de 
Il  face.  Il  eftoit  dur  ,,ichirrcux  ,  liuidc  &c  chancreux  ,  auec  grande  in- 
£.imma:ion  de  l'œil  &  des  paities  voiflnes  :  outre  la  douleur  en  la  Tefte, 
il  y  en  auoit  ai  fl'i  en  l'œ-il  très  piquante  6c  principalement  en  la  partie 
txteii.urc  :  Il  ne  faut  pas  s'étonner  11  vne  Tum.eur  dure  ôc  fchirreule  comme 
celle  là  .1  peu  caui'er  vne  fi  grande  tiouleur,  car  lois  le  Chancre  commençoit  à 
fe  former  &  l'humeur  deuenoir  corrofiue  ôc  acre ,  par  confequent  mordoit  ÔC 
echauffoit  les  parties  voifines,  &  le  mal  en  augmentant,  l'humeur  fs  iettoicauec 
impetuoritérurlameiïibrançcoi:iiun(^iiiequia  vu  tresTiffentimcnc  :  la  dou- 

ieun, 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ^i 

leur,qiii  ctoit  pli.s  foite  en  dehors  qu'en  dedans,  proncnoic  d'yii  oflèlct  qiîniLc 
(?c  raboteux  de  tous  codes  lequel  piclloit  &  piquoit  itKeir-îmmcnt  h  Coniun- 
^iuc,  comme  on  le  découuiit  dans  l'opération  :  la  ficvrc  (liruint,  auec  foif, 
irai  de  cœur  Se  vomiircmcnt ,  ie  commcnç?y  icofnbatrrc  ces  accident? ,  ra'> 
tant  après  luy  auoir  ordoiînc  vii  bon  rcgirric,  llir  le  Ibii:  ie  li:y  ks  receuoir  vn 
laucmcnt  doux  :  le  lendemain  il  fut  puigé  aucc  deux  onces  Jyr.  rof.  Ux.  cnm 
Ehab.  A^HY.  &fen7.a  ufu/is  &  decoÛis  in  aej.  béton.  Agrimon.é'  Eufraf  les  ioui s 
fuiuantsil  prenoitdecclulep  '^.  A^.borrag.  Aceicf.^  bcton.  an.-^i.fyr.  àe 
fhcco  citrior.  &gra'nat.  an.  g  i).  r/i.pro  y  dafibns  :  Apres  la  purgation  on  luy  ou- 
urit  hCcphalique  du  trcme  cô:é,  luy  tirant  enuiion  hx  onces  de  farg  :  peu  de 
iours  après  ie  mis  des  lapglucs  fur  les  vcnes  iiigulaircs  vers  i'oueilic  de  même 
cotc&  des  ventoufes  tancoft  sèches,  tantoft  (carificts  fur  les  épaules  :  le  luy  fis 
laaerles  Pies  auec  vne  Decodion  d'herbes  chaudes,  comme  konfn-Mr,  fa!u,rna~ 
ioraru  ongan'i,  wentha,  cumfale  &c.  On  luy  confeilla  les  fridions  ,  mais  ie  ne 
fus  pas  d'auis  qu'il  s'en  fcruic  parce  qu'elles  cchiuftnt  le  fan<^  ,  &  le  rendent 
chaude^  fubtil:  me  contentant  des  Reuulfions  dcftjucls  i'ay  parle  ci-dclfus, 
veu  principalement  que  ie  malade  prenoit  volontiers  la  purcation  déciireci- 
defUis  par  laquelle  ievuidayi'humeurpeccanre  :  ainfi  les  accidents  s'arrc'tc- 
rent  ik  fe  diminuèrent  peu  à  peu  ;  le  lauay  auflî  incontinent  la  partie  malade 
'  trempant  du  coron  en  certaine  eau  dillillee  qui  fert  grandement  contre  le  Chan- 
cre en  quelle  partie  qu'il  (bit,  en  voici ia  defcription.  ^.  f  .ij.  fercphul.  ma'u 
Herb.GeramjprlmiDio/corid.h.  e.herbjiRobema!7.  ?/j.ij.  Jrr.ogl.  mm.  fcïi^.m, 
htglof  fyhi.  borrag.porntlac.  eufraf.  betonic.  an.  m.].  Ranar.  ai^uanl.  dr  album. 
oHor.dÏH  aojtatorum  an.  num.n.fcm.cydomor  &  fœ-nugr.leuiter  trùor.an.  i  /.  hisfe- 
rnimbHsaffimdea^.  rcfar.  &  eufraf.  an.fb\.  inàdantitr  omnia  ç^  cov oh* fient hy\  de- 
fiUlenturque  in  Alemhieoplmnbeo  :  Et  comme  la  Defluxion  ctoir  grande  ,  ie  mis 
furie  front,  (^  outre  les  Réunifions^  de  cet  onguent  pour  l'arreftcr  au  p3(ïi«>r 
Of.  far.  Hordel  5  i]  pnluer.  rof  rub.  myrtillor.  baimfï.  nue.  cuprefi  &  for.  iitm,  ■ 
m.  5  /j.  Acacu  3  i.  curn  ol.  rofit.  pâma  cerâ  çiy  aceto  f  ''ongu.  le  me  ièruis  de  ce 
DefcnHftrois  ou  qurtreiours  de  fuite  pour  arrêter  l'impetuofité  de  la  Defîa- 
xion,  <5cpuisdifcontinuaydereurderafraichirpar  trop  le  Cerueau  ;  parce 
moyen  i'arrtftay  pour  quelque  temps  la  douleur  de  la  Telle  &  celle  de  la  Tu- 
meur qui  ctoit  trcs-violente  comme  aullî  les  autres  accidents,  quoy  que  la  Ta- 
meur  augmenta  tous  les  iours. 

Quelque  temps  après  le  malade  me  pria  de  luy  déclarer  au  long  la  nature  du 
mal  lans  luy  rien  cacher,<?c  en  même  temps  de  luy  propofer  tout  ce  qui  ctoit  ne- 
ccilaire  pour  faguerilon,  ce  que  ie  fis  en  ces  termes  en  prcfcnce  d'Abel  Rofcins 
fameux  Médecin  à  Laufanne:  Pour  challcr  quelle  maladie  que  ce  foie,  le  roinc 
principal  eft  de  la  connoilhe,  &  pour  définir  la  voftr e  par  fa  Nature ,  c'eft  vn 
ichirre illégitime  ou  plutoft  chancreux  ,  veut  qu'il  fe  termine  en  vn  Chancre 
©cculte&  cache  c'eft  à  dire  non  vlceic ,  s'il  luy  faut  donner  vn  Nom  par  fa 

H    3 


4,s  Uure  Premier 

figure  Ceh.:s  l'âppclc  vnc  Oicuce  ou  forcie  d'Ojil  &i  A^fliiariuS  vne  pommej 
poai  moy  ic  l'appclciay  vu Ficlc Tu r nommant  CUancrcux  &  fchiiTcux  à  cau^c 
(ic  fa  Nature  ;  vn  lchii're,p;:opremcnc  fclon  les  Médecins  cft:  vne  Tumeur  dure 
A"  indolente,  tel  qu'iiaeftcrcrpace  de  quelques  années ,  mais  ayant  demeuré 
.enfermé  dansU  membrane  coniundiuc  de  l'oeil  (Se  pac  manière  de  dire,  foule 
f:\i  prcfié,  de  forte  qu'il  nes'cft  point  peu  Çi^izc  detranlpiration  ,  en  fî[i  il  s'y  cft 
^embrasé  &  deucnu  acre  ic  malin,  ainfi  il  s'eit  conucrci  en  fchirre  illégitime  ou 
Ciianc^uxja  dureté  qui  y  eft  aucc  inégalité,  douleur,  couleur  liuide,  ou  plutôt 
plorpbée»  mais  principalement  ces  grollès  véneséparles  par  toute  la  Tumeur 
remplies  d'vnfang  noir,  adufte  <3c  mclancîiolic  en  font  des  lignes  infaillibles:  & 
jquoy  que  ia  Tumeur  ne  foit  pas  encorexulcerée  ,  toutcsfois  il  y  a  du. danger 
^-quepar  fucceflionde  tempsle  fang  &:  ces- humeurs  mdancholiqiics  venants  à 
/enflammer,  ne  caufent  vne  lî grande  maligniié  en  lap.artic,  qu'enfin  ozs  mem- 
.Jbrancs  étants  rongées,  le  Chancre  ne  vienne  vlccré,contre  lequel  on  combat- 
jtroit  inutilement  auec  àcs  médicaments. 

Cette  maladie  &  lc?s  rcmbbbles.vient  de  trois  caufes,  dVne  p.imitiue,d'vne 
.Antécédente  &  d' vne  coniointc:  la  piimitiuefelon  les  Médecins  cil  externe  &: 
conhUe  en  l» façon  de  viure<5:  autres  chofcs  non  naturelles,  l'air,  le  mouuemcnc 
,&le  repos,  le  fommtil  ;S:  la  veille,  les  Pallions  de  l'Ame  &  ce  qui  doit  être  vui- 
àz  hors  du  corps  oiuctenu  en  icciuy:car  le  plus  fouucnt  il  fc  fait  vn  amas  d'hu- 
meur melancholicue  ( /îles  vacuadons ordinaires  cèdent  comme  les  mois:& 
les  harmorihoides)  d'où  cette  maladie  cire  fanaifiancc,commeaafirj  Aqs  Play^cs, 
contulions  Ik.  Fra.ftures,  &-  principalement  des  Inflammations  &:erifypcle  mal 
f^ouuernés,  à  fçauoir  quand  on  endurcit  l'humeur  qui  en  cfr  caulc  par  applica- 
tion de  chofes  trop  froides:  ou  bien  quand  on  dillîpe  h  portion  la  plus  fubcile 
^ar  des  médicaments  chauds  ians  y  mêler  des  emollients,  ainll  la  plus  crafle  de- 
rneure:la  caufc  antécédente  cft  vnc  humeur  melancholique  &:  vne  imbécillité  de 
Ratte  à  caufe  de  laquelle  elle  n'attire  pas  à  foy  la  lie  dnlang  qui  fc  fait  anFoyc, 
foit  que  de  fa  nature  il  foit  enclin  à  engendrer  beaucoup  de  bile  noire  ,  lait 
<]u  il  foit  chaud  &:.bilieiiz  &  qu'ainfi  il  cuife  par  trop  &:  brûle  le  fang  &  les  au- 
près huixjeurs:  la  càufe  conioiote  eft  vne  humeur  amafiéc  en  la  partie  ,  (Se  ces 
trois  caufcs  fe  rei'iContrcnt  icy ,  car  nôtre  malade  cftoic  d' vne  complexion  afsés 
bilieufejla  bile  a  toufioprs  ferui  ferui  de  matière  à  l'humeur  melancholique,vcu 
que  l'humeur  melancholique  rcnantàfe  brûler,  fe  conueitit  en  fin  enhum.eur 
atrabilaire.  W  faut  âîouter  la  façon  de  viure  en  laquelle  il  a  fait  plufieurs  excès, 
bcuuant&  mangeant  des  viandes  crues  i<<:  de  difficile  concodiony  comme  au(- 
(i  des  cpices,aulx,  oignons,  pourreaux,  raiforts.  Sec.  Toutes  ces  caufes  e-nfecn- 
ble  ont  amalsé  l'anteccdentc  ,  ainfl  l'humeur  qui  étoit  reftée  en  l'œil  après  cet- 
te inflammation  endurcie  dans  les  membranes  des  yeux  dés  l'an  Si.  eft  venu  à 
augmenter,  àc  en  fuittela  caufe  coniointe  eft  parucnuc  à  la  grandeur  ©u  on  la 
yoit,  &  ne  luaaqucra  pas  d'augmenter  /i  oi\n'y  donne  ocdrc. 

Quant 


Des  Tumcïurs  contre  Nature.  ^f 

Qncint  .iHX  ilgncs,  Q^)'  <]>^^  ^^*  Cliancres  en  leur  piernicrc  orî^ihc  (ovcntr' 
(tmblablesà  des  plantes  qui  commcncer.tà  germer,  &  fc  ccrinoiircncdiificilc-' 
meut  llbn  Galkn,  ficft-ce  qu'il  cfl  facile  à  compicndre  que  cccte  Tumeur  eft^ 
Chancicufc  Ôc  non  vn  vray  fjhirre,  comme  on  luy  a  voulu  pciHiaderj  les  mar- 
ques d'icciix  font  vne  grande  duicrc,  inégalité  ,  vne  couleur  iiuidc,  auec  des 
grollès  vcncs  cparfespatla  Tum«rr  bouiiics  d'vnfang  noir:. il  s'y  ioint  aufli 
i'ouuent  vnc  intempérie  chaude  ou  chaleu-r  &  inflammation  auec  vnc  douleur 
poignante  accompagnce  de  prurit  :  Si  le  Chancre  cftexulceré-,  il  cnforrvî-'c 
lanitrubtile&  puante,  prelques  tous  ces  lignes  fc  rencontrent icy  :  il  eflbi^n 
vray  qu'il  n'a  pas  encor  le  dernier  degic  de  malignité  ,  mais  il  cft  au:  grand 
chemin  d'y  venir  bien-toft  i  car  le  fang  enfermé  dans  la  pnrtic  cfl  forr^diift:, 
&  ne  manquera  pas  d'acquérir  f  comme  il  a  dcia  commencé  >  vn  f.  ^rar.d 
degré  de  malignité  ,  qu'il  cft  à  craindre  que  les  médicaments  qui  ont  fàic 
àcs  mcrncilles  iufques  à  prelent  à  appaifcr  la  douleur  ,  à  arrcfter  le  cours  de 
la  maladie  &  à  dim.inuei  les  accidents ,  ne  fe  trouuent  d'icy  en  là  trcn  foi- 
blés  &  ne  foyent  pas  capables  d'empefchcr  l'exuJccration  ,  ik  qu'en  fin  il  ne  ic 
iettefur  les  autres  endroics  de  la  face  cC  n'y  face  vn  Noli  me  Tangere,  c'eft  à  di- 
re vn  VlcereChancreux  tres-malin  ^  irrémédiable  ,  lequel  rOn^e  &  crci.fc 
fans  celîè  les  parties  qui  font  au  dcfl'ous  fans  qu'on  le  puiilc  arrefter  comme  dû 
iCtiusliu.  6. 

le  pallè  à  la  Cure  :  on  fe  fcrt  ordinairement  de  trois  inftrùments.,  da 
régime  de  viure  ,  de  l'cuacuaiion  de  l'humeur  antécédente  ôc  de  la  Chirur* 
gic  :  quant  au  Régime  ,  l'en  ay  dcia  fulhfammenc  informa  Monfr.  allàuoir 
qu  il  doit  cuiter  toutes  viandes  dures,  vaporeufes  Se  qui  fc  corrompent  facile* 
ment,  comme  eft  la  chair  (a!ce  -^c  fumce,  d-e  bœuf,  porc  ,  fauuarijie  &:c.  ôs 
desoyfeauxde  Riuierc  :  il  doit  manger  de  bon  mouton,  veau,  chrevreau, 
poulets,  chapons,  petatix,  griaesÔCc.  Hfedoitpaiîcr  de  poilfons  lî  ccneâ 
pour  le  rnettre  en  appétit ,  mangeant  quelque  peu  d'iceux  à  l'entrée  du  ciintr^ 
non  du  louper,  prenant  peu  de  viande  après,  il  doit  choifir  ceux  qui  o:t 
la  chair  fcrm.e ,  comnie  la  Perche ,  la  Truite  Sec.  Les  écrcuiires  fans  épices 
luy  font  tres-bonnts ,  car  elles  luy  font  toutes  contraires  aflauoir  poiuic, 
zinzem-bie,  girofles  &c.  comme  aufli  les  oignons,  porreaux ,  aulx  ,  rai- 
forts, moutarde  &c  tout  ce  qui  peut  échauffer  le  fang,:  les  légumes,  féveSy  Im* 
tilles,  poix,  phafcolcs  &c.  nuifent  beaucoup,  le  fromage  &  tout  ouurage  de 
laid:  le  potage  fur  le  foireft  fur  tout  nuifible  &  le  vin  vaporeux:  il  doit 
boire  du  blanc  ,  bien  meut  &  non  trop  fort  :  le  long  fommeil ,  principa- 
lement auflî  toft  après  le  fouper  eft  dangereux  :  il  euitera  auflTi  les  excelfi- 
ues  intempéries  de  l'air.  Nous  auons  dit  que  la  féconde  partie  de  la  Cure 
confifte  à  cuacuer  l'humeur  antécédente  ,  ôi  pour  cet  effet  i\  faudra  aucir 
^gard  à  la  complcxion  bilicufe  de  Monfr.  &:  à  l'intempérie  chaude  de  fon  Fo)'e 
^wmpagn^  d'obft^u<aions  :  jpartaat  il  faut  purger  auec  les  mcdiçarocnts  qi}i 


^4  Litire  Premier 

ciiacucntlaBiic,  regarda nt  à  la  paitieoiïcncce,  trcuuant  rrcs-ccnuenable  du 
fyiop  rofac  composé  aucc  Rhubarbe,  Agaric  ôc  Senne  duquel  il  s'cft  ferai  afsés 
fouuenc  pris  auec  vne  Dccodion  de  Bctoine,  Agvimoine&  Eufraifc  :  il  s'cft 
aufli  afscsbientroujc  du  Diaphœnic  en  rabletces  ôc  de  i'cledruaire  de  Succo 
Jiofdr.  mais,  Iclon  Hippocratc  ,  il  faut  auant  la  purgation  préparerai  cuire  les 
humeurs  par  des  Apozcmcs  apericits  :  la  faignée,  les  ventoufcs,  les  fingHacs  font 
à  propos  voire  neceilaircs  en  ces  maladies,  ranc  afin  de  vuidcr  &c  de  diminuer  la 
caufe  antécédente  airauoir  riiumcur  melancholique,  comme  aulTi  pour  deriuer 
de  la  partie  incommodée  ;  le  temps  propre  à  ce  fiire  f^lon  Hippoer.  cft  le  pria- 
temps  :  Tous  ccux.diC'ii,  <]uiont  beioin  de  fu'gnée  ou  de  purgation  f.  doiucuc 
faire  faigner  ou  purger  au  l^rincemps  :  Il  faut  ouuiir  U  véne  du  bras  du  m.cmc 
côte  &  appliquer  des  ventoules  auxépp.ulcs  ôc  auxfciks  :  on  doit  rcuenir  aux 
fangfues  de  temps  en  temps  parce  qu'il  s'en  cil  bien  tronuc,  les  appliquant  trui- 
toft  fur  les  vcnes  iugulaices  à  cote  àcs  oreilles,  tantod  fur  les  vénes  jr^morihoi- 
dalcs  félon  la  neceffitc  :  on  tirera  le  fang  peu  à  peu  à  caufc  que  fon  Foye  étant 
rralconftituc,  foible  des  long-temps  &  ichirreux,  auec  desobft.uCbio.is ,  il  y  a 
du  danger  que  la  faignée  cxcciliu-:  ou  faite  mal  à  propos ,  ne  luy  pOi-t:  du  prc- 
indice  :  la  troiliém.e  façon  de  remédier  à  ce  mil  confiil:e  eu  l'opjration  Chi- 
iurgique&  regarde  la  partie  intercfsée  :    orelleefl  double,  rvnepalliatiue  tC 
feinte,  l'autre  vrayc  :   celle  de  laquelle  nous  nous  fommes  ferais  iul-jiics  à  pre- 
fent,  eft  palliariue  :  ordonnants  vne  façon  de  viir:e  convenable  &  pu:  géant 
fouuent  le  corps  pour  vuider  cette  humeur  ou  la  caufe  anteccilente  du  mal,  îk, 
empêchants l'imp^tuolicc  du  malpar  desapplicntionscxtciieures  :  mais  com- 
me cette  Cure  ne  peut  p.s  auoir  afsés  de  foi  ce  d'icy  en  là  ,  il   cft  neceflairc  de 
mettre  en  aunnt  la  vraye  (5<:  légitime  Cure  pour  empêcher  la  violence  &  le 
progrès  du  mal.  Or  comme  la  Icgirime  Cure  d'vne  Tumeur  contre  nature  fé- 
lon Galicn  j   cft  d'emporter  &  ôter  tout  ce  qui  cft  contenu  en  lapa' tic  off.-n- 
cée  ,    il  faut  voir  en  combien  de  façons  on  pourra  ôtcr  cett;  Tumeur  ou  ex* 
crefcence,  €<  quelle  eft  laplus  feure  :    l'ay  (cuvent  reprefcnté  à  Monfr.  qu'il 
,ie  faut  fliirc  ou  par  des  médicaments R'.folutit-s ,  oo^ar  des  Corrofifs ,  ou  auec 
la  main:  Quant  aux  RcfoluriFs,  il  n'y  a  pas  apparence  qu'il  y  en  ait  vn  nfses  fort, 
veu  que  la  Tumeur  eft  fort  dure  ,  finon  que  l'on  f.  férue  anparauant  d'cmolli- 
tifs ,  mais  outre  qu'il  eft  impoflible  d'amollir  cette  matière  extrcm:ment  dure 
&amafsce  àzs  15.  ans  en  ça,  il  y  a  du  danger  que  cc:tc  Tumeur  n'acquicrc  vne 
«^vande  malignité  fi  on  vient  à  s'en  fcruir ,  comme  l'expérience  le  fait  voir: 
11  ne  faut  donc  rien  efperer  de  ce  côté  là  :  ic  tiens  auffi  les  coriofifs  pour  tres- 
dangcreux,  car  cette  Tumeur  ainfi  auanccc  en  dehors,  étant  très  dure  ,  ily  a 
apparence  que  les  médicaments  doux  ne  feront  fuffifants  ,  que  pîuteft  à  caufe 
de  cette  grande  dureté  il  faut  venir  à  des  violents  medicameats  tels  que  font  les 
Septics&Efcharotics,  mais  comme  les  doux  n'ont  point  deprifefurleChan- 

cic ,  qui  cft  vn  très  cruel  nul ,  aufll  il  s'cftarouche  &  de '.lient  plus  maii^i  par 

tieî 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ^5 

lies  mncdicaments  tant  foie  peu  acres  Se  mordants,  comme  le  malade  l'a  dcii  cx- 
;perimentc  :  outre  que  la  partie  ccant  proche  le  Cerueau,  alfaucir  rœil,  iufqncs 
ou  il  fautallcr  pour  ôterla  racine  du  mal,  leur  vertu  infailliblement  fera  portée 
au  Nerf  optique,  ôc  dclàparuiendra  iuf^.jucs  aux  membranes  du  Cerueau  aucc 
danger  d'vne  grande  2<:  tres-dangcreule  inflammation,  à  raufe  d.>  la  fympathic 
Si  communication  qu'il  y  a  entre  l:s  Tuniques  du  Cerneau  «5c  des  yeux:  Je  ma- 
lade n'a  donc  rien  à  attendre  de  cecô:c  là:  rtfre  l'opération  Chirurgiqic 
par  laquelle  il  faut  extirper  tout  à  coup  ce  qui  tft  corrompu  :  &  en  celle  ci ,  à 
mon  aduis ,  il  y  a  trcs-peu  de- danger,  premièrement ,  parce  que  i'ay  des  fortes 
coniedturcs  que  ie  peux  facilement  arracher  le  mal  luiques  à  la  racine  quoy 
qu'il  foit  cache  profondement  en  l'orbite  He  l'œil  :  Tecoadement  parce  qu'eu 
cet  endroit  les  vénes  ôc  artères  y  font  fort  petûes  5c  capillaires  de  forte  qu'il  n'y 
a  point  de  danger  de  grande  pcrre  de  fang  :  en  fin  .  quoy  qu'il  faille  couper 
bien  auant  Ic.Ncrf  optique  .Se  celui  de  la  (cconde  coniugaifon  ,   il  n'y  a  neant- 
moins  aucun  danger ,  car  les  nerfs  étants  entièrement  coupes  de  trauers ,  leurs 
bouts  fe  retirent  &  font  couuertsde  chair  fans  poauoir  erre  incommodés  de 
l'air  Gu  des  médicaments.  Qn^oy  que  leur  fon<i51; ion  vienne  à  (e  perdre  ;  la  feule 
chofe  qu'il  faut  appréhender  cil  que /comme  le  malade  a  vn  corps  cacochyme, 
des  long  temps  ôc  cft  d'vn  âge  dcia  bien.nuancc  ,    approcha;u  les  56.  ans  J 
il  ne  s'allume  quelque    intempérie  dans  les    parties  internes  ôc  en    même 
temps  ficvre,  douleur  de  Telle  &:  autres  accidents  ;  pour  les  prcuenir,  il  faudra 
fe  feruir  d'vne  bonne  façon  de  viure,  purger,  faigner,  vcnroufer ,  ôc  employer 
les  autres  genres  de  Riuuiiîons  &  DeriuacionSjôc  ainfi  à  l'aide  de  Dieu  tout  ira 
bien,  com.mc  nous  l'en  piioiîs. 

Comme  on  eut  oïiv  mon  âuis  on  aima  mieux  demeurer  dans  ta  Cure  pallia* 
tîue,  en  partieparce  q ue le  malade  s'cpouuanta,  en  partie  parce  (|u'il  fut  dé- 
tourne de  fuiure  monlentiment  par  quelques  vns  qui  le  flattoyent  d'vne  fottc 
cfperance  ^ue  loutcequi  fortoithors  de  î'Orbire  vicndioit  à  tomber  de  foy- 
mcme  :  &  quoy  que  par  le  moyen  d'icelle  les  douleurs  eulîènt  eftc  appaisces, 
fi  eft-  ce  que  le  fungi»s  augmcntoit  tous  les  iours,  :1  s'y  formoic  aulîi  des  Tuber- 
cules ôc  des  varices  liuidcs  de  la  grolFcur  d'vn  poix  d'oii  il  fortoit  quelques-fois 
du  fang  pur:  quelques-vnsapprouuoyent  cette  hsemorrhagie  comme  fielle  dc- 
uoit  foulager  le  malade  &  la  partie,  mais  ie  m'opiniatray  toufiours  que  fou 
Foyc  en  feroycnt  atîoibli  ôc  rafl  oidi  de  iour  en  iour ,  citant  déia  obftruc ,  duc 
&:  Ichirreux  des  long-temps,  ôc  qu'enfin  tout  le  fingôc  les  humeurs  fe  vien- 
dft)yent  ietter  fur  laTefte  ôc  dcvifage ,  comme  cela  arriua  elfc(5liuement  le  15. 
de  luillet^car  nôtre  malade  reuenantd'vn  petit  voyage  auquel  ils'etoitcchaufîc 
la  Telle  ôc  tout  le  corps,  ces  Tubercules  Ôc  varices  de  l'œil  verlerent  du  fang 
aucc  vne  fi  grande  impctuofitc  que  le  13.  ôC  14.  iour  de  ce  mois  on  en  remplie 
fcpt  ccuellées ,  outre  celui  qui  demeura  dans  les  linges ,  jéponges,  habits  Ôcc, 
ayant  pesé  le  fang  de  toutes  CCS  écudles  en  prcfe nce  de  pluûeurs,  i'cn  trouuay 

I 


66  Liure  Premier 

dix  onces  &demi,  ce  qui  cft  autant  admirable  que  vcricable  :  quelques  iours 
apics  le  malade  qui  cftoic  deuenu  extrêmement  foible,  apprchendant  vue  fé- 
conde harmorrhngie,  m'enaoya  demander  le  15.  da  mcmemois  :  aufll-ioftque 
ic  fus  arriuc,  i'otc  la  bande  de  laquelle  il  ctoicenuelopc  ,  alors  le  fing  fe  mit  à 
couler  auec  plus  d'impetuofitc  que  iamaîs,  ce  que  ie  n'aurois  iamais  peu  croire 
fiie  n'auoiscté  témoin  oculaire,  vcu  que  les  vcnes  des  yeux  font  petites  &:  de- 
lices  prtfque  comme  des  cheueux,mais  en  nôtre  malade  on  les  voyoit  élargies 
comme  des  varices:  neantmoins  y  ayant  mis  dema  poudre  à  ctanchcr  le  f^ng, 
il  fut  entièrement  arrêté,  de  forre  qu'il  n'en  coula  par  après  que  fort  peu:  Voici 
la  dtfcription  dema  poudre.^. ^)".  voUt.  |  v].  fan^iùn.  'Draconïs  ,  Thmis  an. 
5  j.  boliiArmen.  Orient,  tcrr&figill.  an.  5  fi.  Gyffi\i&,  Ranarum  a^Hatil.^prnm, 
C  elles  ont  Yne  propriété  occulte  pour  arreftcr  le  lang  )  5  /').  rnufci  crani^  hum. 
5  j.  pilor.  leporis  minmif/  incifor.  5  ïj  pulu.  albumin.  ouotHrn  foie canicul.  exjîcca' 
xorum^  fpumAmariSyfpongUnoutx,  lorrefuBa.  an.ï^].  m.  f.  pulnis  tenuiffimus  exci' 
piendtisJÎHpis  oxycrato  madid'is.  Il  faut  ainiî  préparer  les  Grenouilles  ,    ie  prens 
des  Aquatiques  lefqucUes  iemets  en  vnc  Cornue  ,    mais  en  forte  quelles  ne 
touchent  pas  lefond,de  peur  qu'elles  ne  fc  brûlent  &  que  l'eau  qui  en  dillille  ne 
prenne  vne  mîtuuaife  odeur:  ayant  fait  feu  de  fable,  ie  tire  doucement  l'eau,  la- 
quelle ie  garde  comme  choie  pretieufe  dans  les  Vlceres  malins  &:  Chancreux, 
dans  le  PolypejOzenejVlceres  des  parties  honteufes  &c  du  fiége,defquels  ellcôte 
l'inflammation  &  corrige  la  malignité  :  ie  n'ôte  pointieFeu  iufqiiesà  ce  que 
les  Grenouilles  foyent entièrement dellcchécs  &  qu'il  n'en l'orte  plus  d'eau:  ie 
fepaie  neantmoins  celle  qui  fort  la  dernière  parce  qu'elle  a  vn  peu  de  mauuaife 
odeurjà  caufe  de  laquelle  elle  eft  moins  propre  aux  Vlceres  des  nariiKs  &c  de 
la  bouche.-ic  mets  dans  vn  creufet  les  Grenouilles  ainfi  deflechées  6«:  les  réduis 
en  cendres  tres-blanches  :  elles  feruent  non  feulemejit  à  arreftcr  le  fang  ,  mais 
aulli  en  tous  Vlceres  malins  ^  fordidcs  Icfquels  elle  mondine  ,    deterge  &  en 
corrige  la  malignité. 

Les  forces  déclinants  peu  à  peu  après  cette  pettc  de  fang  2<.  l'œil  groflillànc 
de  iour  en  iour,  on  ne  pouuoit  attendre  ..utre  chofc  qu'vne  mort  foudaine  tSc 
lamentable  :  ce  qui  obligea  Monft.  le  Baron  de  Chatelard  S^  Monfr.  Denys  fcs 
Gendres  d'appeler  quelques  hat^iles  Médecins  &  Chirurgiens,  au  fentiment  def' 
quels  le  malade  foufciiioit,  ce  qu'ayant  accordé,  on  fit  venir  de  Geneue  lean 
Anthoine  Sarrazin  Médecin  du  Roy  ,  &  de  Laufanne  Albert  Rofcius  ancien 
Médecin  tres-experimenté:  on  voulut  que  ie  filfe  le  troihéme  afin  que  il  on  auoit 
befoinde  la  main,  on  fe  feruit  de  la  mienne  :  on  fit  la  confuke  le  zS.  ïnilkt 
«n  laquelle  ie  propofay  ce  que  i'ay  déduit  ci-dciïus  en  prclence  du  malade ,  re- 
ucnant  là  ,  qu'on  ne  le  pouuoit  remettre  que  par  l'opération  manuelle  :  mais 
icelui  efpcrant,  comme  on  luy  auoit  voulu  perfuader,  que  le  Chancre  pourroit 
cftre  coupé  en  le  ferrant  auec  vn  filet ,  ic  fus  obligé  d'apporter  àci  raifons  au 
contraire,  ^  prcraicicmcnt  que  la  racine  du  mal  dcmçuiçroit  après  laligacurca 

veu 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  67 

vcu  que  'a  Rccidiiie  qui  ctoic  arriiice,  auoit  commence  manifjftcmcnt  dedans 
l'orbite  &  par  confequent  plus  haut  vers  le  Nerf  oprique  :  ou  la  ligature 
ne  pouuant  attraper  que  ce  qui  palfc  les  Paupières ,  tou:  ce  qui  cft  dedans  l'or- 
bite rcftera,  &  ainfi  l'opération  fera  vaine,  car  ce  qui  demeurera  produira  va 
nouueau  fungus  pire  que  le  premier  :  i.  Il  pourra  arriacr  que  quelque  veine  ou 
Artère  viendra  à  fe  rompre  de  nuit  ou  quand  on  y  penfera  te  moins,  de  qa'ainû 
le  malade  mourra  tout  d'vn  coup  apics  la  moindre  perte  dcfaag  ,  en  ayant  dé- 
jà perdu  beaucoup,  j.  Que  la  ligature  caufera  vne  très-grande  douleur  Tefpacc 
d'vnc  quinzaine  de  iours  Ôc  d'auantagc,  à  caufe  que  laconionéliue ,  en  laquelle 
elle  Te  fcra,eft  d'vn  exquis  fenriment  veu  qu'elle  vient  du  Pericrane  :  laquelle 
douleur  attireroit  fans  doute  vne  grande  quantité  d'humeurs  fur  la  partie,  pour 
ne  rien  dire  del'incommodité  qu'en  receuroicle  Cerucau  :  outreque  le  malade 
qui  eft  foible  ôc  exténué  de  long  temps, auroi:  bien  de  la  pêne  à  fupportcr  ces 
douleurs  &  inquiétudes:  4. Que  lapartie  de  l'œil  au  delfus  de  la  ligature  venant 
à  fe  corrompre  offenferoic  par  fa  puanteur  les  parties  Nobles  ôc  incommodc- 
roitméme  cei;x  quiferoyeut  autour  du  malade:  rcfledoncdevenir  àl'incifion» 
de  laquelle  nous  efperions,moyennant  l'aflTiftence  de  Dieu,venir  fi  heureufement 
à  bout  que  la  douleur  feroit  fort  petite  &:qu'il  n'y  auroit  peu  ou  point  d'haemor- 
ragic:quant  à  ce  que  l'on  met  en  doute  fi  on  pourra  arracher  le  mal  iufques  à  la 
racinejie  crois  que  cela  fe  peut  faire  ,  car  i'ay  déia  pensé  à  des  inftrumenrs  par 
Icfquels  ie  puis  tirer  ôc  arracher  Tccil  hors  de  fon  orbite  alFurément  &  habile- 
ment: d'auantage  ce  petit  mouuement  que  l'on  aperçoit  en  maniant  cette  Tu- 
meur vn  peu  mobilc,mefiit  croire  qu'elle  n'eil  pas  attachée  au  Pcciollc  ,  car  (i 
cela  étoitjclle  feroit  immobile,&:  mêmes  on  peut  reconoiftre  par  là  qu'il  refte 
quelque  peu  de  la  graille  ôc  des  mufcles  qui  entourent  l'œil  entre  celui  ciiX  l'os, 
d'où  l'on  doit  cfpercr  que  l'opération  fe  fera  tant  plus  facilem.nrjallurement  ôc 
heureuiv ment: quant  à  rha;morragie,certainement  elle  me  met  vn  peu  en  peine 
quand  ic  me  fouuiens  de  la  quantité  de  fang  quiell  forti:mai5  il  n'y  a  pasâparence 
que  les  vénes  des  yeux  qui  (ont  très  petites.cn  puilFent  rendre  beaucoup, ii  on  fait 
incifion  en  la  bafe  :  l'on  peut  aulTi  empêcher  b  profuùon  du  fuigfi  on  v  porte 
habilement  la  mnin  ,  laquelle  ne  peut  pas  être  confidcrable  après  vn«.  il  grande 
perte:  en  fin  il  n'y  a  point  de  doute  que  l'âpreheukon  fera  retourner  au  cœur  la 
plus  grande  partie  du  lang:il  fera  neantmoins  très  à  propos  de  lier  fort  les  extrè- 
mités^ailauoir  le  bras  au  dciîus  du  coude  &  les  iambes  au  delfus  des  genoux  vne 
demi  heure  auant  que  venir  à  l'opération,  afin  d'attirer  le  fang  à  ces  parties  par 
ces fachcufes  &  {criées  ligatures  &  pour  le  détourner  du  lieu  ou  le  doit  faire 
l'opération:  &  tel  cil  mon  aduis  de  l'extirpation  de  cette  Turi'.eur. 

Les  Médecins  ayant  difcouru  de  la  maladie  ôc  des  remèdes  gcneraux,aprouue- 
rent  mon  railonnemét  ^arrefterent  qu'il  faloir  venir  à  l'extirpation  par  Incifion 
Mr.Sarrazin  prit  la  charge  de  l'anoncer  aux  parents  Ôc  amis  du  maladc,lcfqueU 
voyant  ic  daiiger  coutâpareiu  d'yiie  mort  prompte  ôc  lamencable,confentircnc 

1   1 


tB  tmïeVîemkt 

à  l'txtiipadon,  comme  aufll  le  malade  hoirmc  de  cœur.  Et  aprcs  auoir  prédit 
les  accidents  qui  ctoyentà  appuchcndcr»  on  prit  rclolution  pour  le  lundi  lui- 
uant  premier  d'Aouft  :  on  dllpola  cependant  le  patient  par  vue  bonne  façon  de 
viurc,  pour  reparer  ks  forces  qu'il  auoit  perdues  par  cette  perte  de  farg,  on  luy 
ordonna  aufli  la  Médecine  luiuante  qu'il  deuoit  prendre  le  famedi  précèdent, 
^.  Tamarind.  el.joL  Serm.  Or  1er  t.  mnnâat.  an.  3  ;j.  iiw^r,  pafj}ir.  munàat.  3  j. 
epiîh.  fem.anif.  fœnic .  an.  5{?.  C'ichor.  ^qrlrnon.  ceterach.  po/y(r.  an.  p.  j.  f.  decoïlto 
ad  3  \ij.  in  côUiura  macéra  Khab.  el.  3  i  i?.  cinram.  ei  gr.  "^ny  in  exprejjo  dijjiliie 
fyrup.  violât,  ex  nonern  infajîon.  &  rnann.granat.  an.  ^  j.  rn.f.potio.  Le  Dimanche 
luiuant  &  le  lundi  matin  auant  l'opération  on  luy  donna  cette  potion  cordiale 
!J^  .acj,bHgloJj'.violar.  rofar.  melijf.an.  l  j.  conf.  Alkermes  ^].  pulu.  Diambr.  3(5. . 
m.pro  1.  dafibus.  On  mit  en  dehors  furie  cœur  auant  &  après  l'opération  ccc 
écuiTon,^.  jlor.  iij.  eord.  an.  p.  ij.  meHJJ'.  rnatorar:.  an.  m.  i^.Jem.  é"  cortîc.  citr, 
fern,  ocymian»  3  ij,pnlu.  Ele^.  Diamarg.  frtg.E gernmis an.  ^iv.pn/H.  Diamo/ch, 
d,  &  Diambr.  an.T^Çi.  croci  9  j.  excîpe  gofjlplo  &  curn  fin  donc  rubrafiat  fcutum  /«- 
terpuntlum^  on  oignit  auflî  l'cftomach  deuant  &  après  l'opération  auec  cet  On- 
guent: %.  cerat.fiomach.  Gai.  iiij.  piiln,  Arornat.  rof.  3J.  Garjoph.  &  nucis 
mofch.  an.^^.ol.  Naid.  &  mafiich.  an.  q.f.f.  linimentHmpro  regione fiomachi an- 
te  cibum,  on  appliqua  vn  autre  Onguent  fur  l'cftomach  vu  peu  de  temps  après  ! 
l'opération  5^.  Ol.mafitch.&  de  rnenthaan.  ^fi.  ol.  Nard.  &  de  Jbfynth.  pont, 
an.'^ii],  cerat-ftornach.  Gai.  :^ i]] ladani &  ol.denuce  mofch.  an.  5  j  pulu.  Aromat. 
Yofat.  &  lignt  aloéj  an.  9  j.  pulu.garyoph.  (^  ambrttgr.  an.  96.  cum  cerd,  noua  q.f-f» 
vnoH.  ejm  tUînatur  reglo  ventricnli  anîe  cibitm  bis  in  die.  Ceci  eftant  ordonne  les 
Amis  du  malade  tachèrent  de  le  diuertir  ,  mais  luy  comme  il  cftoit  de  grand 
cœur  &  auide  de  la  faute  ^s'eftoit  armé  de  fermeté,  fuion  quand  il  fçeut  que 
Monfr.  Rofcius  ne  pouuoit  pass'yrencontrer,par  foupçon  qu'iceluiaprchenda 
quelque  chofe  de  fuiiftre  ,  ce  que  neantmoins  il  diflimula  n'en  difant  rieii  qu'a- 
près roperation. 

La  prière  ayant  été  faitte  &  le  malade  ayant  pris  vn  œuf  frais  auec  vn  verre 
devin  il  choilit  vue  chaife  propre  ,  &  au  lieu  qu'il  eut  falu  lier  à  la  chaifè  vn 
homme  timide ,  ie  me  contentay  de  donner  les  deux  br^s  à  deux  hommes,  fai- 
faiit  teniilaTefte  ferme  par  vn  troificme  :  &  ayant  pris  vne  bourfe  ouuerte 
des  deux  côtés,  laquelle  eft  de  mon  inuention  ,  i'y  engageay  5v:cnfcrmay  toute 
celte  excrefcence  fi  auant  qu'il  me  fut  poflible  vers  le  nerf  optique,  &  l'ayant  . 
ferrée  ie  la  tiray  tantfoir  peuà  moy  :  cette  bourfe  eft  faite  de  cuir  fort  mince 
&  délié,  au  haut  d'icelle  il  y  a  des  boucles  de  fil  de  cuiure  pour  y  pailèr  les  coe- 
dons. 

On  fe  fert  ordinairement  en  lieu  de  bourfe  d'vn  filet  retors  que  l'on  fait  paf- 
fer  auec  vne  aiguille  couibe  à  rrauers  de  ces  Excrefcences  ,  Schirres  ,  Atheio- 
mes,  Steatomes  &c.mais  mal  à  propos,  car  l'eau  ou  l'humeur  qui  eft  contenue 
en  lœilou  quelqu'autrc  partie  s'ccoulç  incontinent,  les  men;brancs%'afFailïcnc 

&  la 


Des  Yumtuis  com  rc  N.atx3re.  e  ^ 

&  laTi:in^uu  cJeulciU  flafque,  ainil  i'opctation  cft  rendue  iliifi^  ilc,  ayanr  lai]!  Se 
enferme  dans  laBouifc  le  Fungus,  k  commença)'  à  (epaicr  li  conîandiiie  (bas 
la  Paupière  u'enhaut  vers  le  gfanJ  angle  de  l'œil  aiicc  vn  Inltiumenc    (  Icqutl 
i'ay  inucntc  &  fait  faire  expies  pour  ccire  Opération J«3v:  ayant  pouilé  le  Fer  iuf- 
qucs  an  NcLfoptiqne,ic  fis  tout  Je  tour  de  l'o-i!,  ((parant  ce  qui  ctoic  conioinc 
&  aaec  le  rncnie  intlrument  ic  coupny  le  ncif  optique  comme  aufll  celui  de  la 
féconde  coniugaifon,  e»  fommc  ie  fijiï  adrectemenr  flans  me  vjnt.rj  qu'à  pé- 
neon  auroit  fait  dix  pas  tandis  qiieie  conpay  ce  Fie  Chancrcux  qui  emplilHoic 
toute  l'oibite  de  l'œil  (Se  dccendoit  bien  bas  fur  1.^  face,  (ans  oiîcncer  les  Paupiè- 
res &c.  iuiques  à  la  racine  :  or  ce  couteau  cit  moullc  en  Ion  cxtrcmitc,comms* 
le  Lenticulaire  de  peur  d'oiîaicer  le  Crâne  en  l'Opération,  car  la  pointe  mar- 
quée A  auancerantfoit  peu,  mais  feulement  dû  côté  qui  regards  le  Cranc  en 
l'opération,  &  l'autre  partie,  qui  efl:  exposée  en  veuc  cft  lilîc  w\'  égale,  d'auanra- 
ge  dés  A  iniques  à  B  le  Couteau  cft  tant  foit  peu  courbe ,  ne  plus  ne  moins  que 
font  les  couteaux  defqucls  on  fclèrt  pourcrcufer  les  cucillers  de  bois  ,    mais 
parce  que  la  pointe  de  ce  coutcaiull:  moulTc  comme  i'ay  dit  cC  a  la  forme  d'vii 
Lenticulaire,  il  cft  ncccllaire  de  faire  vne petite  incilion  fur  la  Tunique  Ad- 
nataaucc  la  Lancette  ou  le  Rafoir  ,  afin  que  la  pointe  du  couteau  puilfe  écim- 
fourrée  par  cette  ouuerture,  or  pour  faire  à  propos  ce  couteau  ,  il  faut  que  Te 
Chirurgien  en  fallè  foy  même  vn  de  plomb  le  mieux  qu'il  pourra,  il  en  viendra 
aisément  à  bout  s'il  regarde  bien  de  prés  à  la  longueur  &  largeur  delafi^^ure: 
pour  fçauoir  combien  il  faut  courber  le  courenu  des  Aiulques  à  B  on  le  com- 
prendra facilement    Ci  tandis  que  l'on  fait  le  modèle  de  plomb  ,    on  a  entre 
mains  le  crâne  d'vn  homme  décharné,  ayant  ainlî  procédé  lors  qu'il  m'a  falu 
faire  cette  Opération  :  mais  il  faut  bien  regarder  de  près  que  i'itîftrumcnt  foie 
faitenpcrfcdîion  veu  queprefque  tout  lemyftereconliile  là,  cr>r  s'il  ellbien 
flût  &  bien  trenchantJ'Operation  rtuirira  ;  or  quoy  que  la  Tunique  adiiata,  la- 
quelle il  faut  principalcmicnt  incifcr,  foit  d'vn  exquis  (cntiment ,  h  ell-  ce  qu'il 
n'y  eut  pas  beaucoup  de  douleur  en  l'Opération  :  le  malade  ne  s'émeut  aucune- 
ment linon  pour  demander  Dieu  à  fon  aide  par  trois  ou  quatre  fois  :  le  mis 
delTus  fur  le  champ  quantité  de  ma  poudre  a  arrcller  le  fang ,  aioutant  par  dtf^ 
fus  des  étouppes  trempées  en  des  blancs  d'œvifs  faupoudrécs  de  la  même  poudre 
defquellesi'cmplis  le  vuide  de  l'œil,  de  forte  qu'à  pêne  fortit  il  deux  onces  de 
fang,  partant  ie  n'eus  pas  btfoin  de  me  feruir  du  Cautère  aduel  que  i'auois  faic 
exprcilcment  d'argent. 

Apres  auoir  enueloppé  l'orbite  de  bandes  3c  ayant  mis  des  Defc  nfifs  tout  au- 
tour du  front  Se  du  col ,  le  malade  le  laua  foy  même  ôc  vouloit  s'en  aller  à  pic 
en  fon  lia:  éloigné  d'enuiron  30.  pas  du  lieu  de  l'Opération:  ce  que  nous  ne 
perrnifmes  pas  ,^  le  faifants  porter  fur  vne  chaife  :  c'eft  vne  chofc  admirable 
que  le  malade  ait  refiftc  en  vn  âge  Ci  auancé ,  C?c  après  vne  fi  longue  incommo- 
diccaupcvtte  fi  grande  perte  de  fang  :  on  peut  voir  la  grandeur  &  grollcui 

I    î 


70  Liure  Premier 

de  b  Tumeiir  iafqiics  au  Nerf  opriL}Lic  par  I.i  figure. 

Ayant  ouucrc  la  Tarricnr  aprcs  l'opcrarion,  i'y.rroiiuay  vn  olTclct'  de  la  <»ran- 
deuï  de  torme  d'vne  demi  fcvejra'ooccux  par  rout,aiipres  du  penc  anc^lc  de  l'œil: 
ij  y  eue  plulîeuis  Icntimciuslà  defîiis:  qiiclqiics-vns  crurent  cju'ii  s'elloic  formé 
dans  la  Tumeur  laqucTh-  croit  enuelopcc  d'vne  membrane  cpailfc  .^  dure  qui 
me  Icmbloit  venir  de  la  fclerotique:  des  autres  ont  cru  qu'il  y  auoic  de  la  carie 
au  Crâne  par  la  continuation  de  la  D(  fluxion,  &  que  cet  olîllct  s'en  ctoic  (cparc 
de  foy-mcme  &  auoit  percé  peu  à  peu  cette  mcmbranej-iyant crêpai  nprcs  cou- 
ucrcd'vncallus.  Pour  moy  iecro.'s  pîutoft  qu'il  ecoic  (orti  du  Crâne  Ck.  s'elloic 
fourfc  là  dedans  ,  que  d'auoir  cfté  tngendic  dans  la  Tumeur,  car  on  peuc 
conicdlurerpar  la  forme  que  c'eftoitviie  pièce  de  l'oibite  ,  en  aprcs  la  matière 
dedans  laquelle  on  Ta  trouué,  étolc  noire  comme  encre  n'eftoit  autre  cKofe 
que  de  la  bourbe  defang,  or  il  faut  de  nccclîitc  que  ce  qui  elt  engendre  de 
quelque  matiere,en  gaidc  la  couleur,  mais  cet  ollclct  étoic  blanc  ôc  par  confc- 
quentn'ctoitpas  cngeiidicdedarsli  Tumeur,  3. on  a  peu  remarquer  dat  s  la  fui- 
te de  la  Cure  qu'il  auoic  été  fcparc  du  Crane,vcu  que  l'on  voyoic  en  cet  endroit 
vne  cicatrice  vn  peu  creufc  vers  le  petit  Canthus,  telle  qu'elle  clt  ordinairement: 
quand  quelqu'ostft  f.parc;  Le  rcfte  de  la  Tumeur  éioit  de  deux  difterences  fuh- 
(lances,  car  la  partie  qui  lortoic  de  l'orbirejétoit  noire  comme  ii^  d'encre,  afscs 
cpaitlè  (3<:enuclopce  d'vne  membrane  forte  laquelle  ,  àmonâuis,  venoicdcla 
conion(5lion  de  la  cornée  &  de  la  conîonciiue  :  mais  la  partie  qi;i  étoit  dedans 
l'enclos  de  l'orbite  ctoic  dure  ,  l.hirreule  <?i  de  couleur  liuidc  ,  6:  croyant 
que  c'eftoyent  les^  mufcles  desyeuxlefquelsne  pouuoyenc  pas  être  dillingucs 
ni  reconus  non  plus  que  Iss  membranes  parce  qu'elles  s'cftoyent  cnticic- 
ment  coiifondues  aucc  quelque  matière  qui  ctoic  icilée  de  l'iiHammation  pré- 
cédente. 

La  playe  ne  furpoînt  découuerre  le  iour  de  l'opcration  par  crainte  d'vne  hx- 
morrhagie,mais  le  lendemain  (culemcnt  on  y  mit  ce  Digellif  aucc  du  Chaipis 
2C. Terebinth.  loté  in aq. béton. 5  /j.  Gumm.Eleyni\^. (^)jJQlue  vn  ol.  '^^f^y  adde  vi~ 
tell.oUor.  riU-tj.croci^(}).m.  Par  dcllus  i'y  mis  l'Emplâtre  Balilicum,i'oignis  toute 
la  Telle  &  le  col  aiiec  huyle  de  myrtes  &  de  rofes  &  mi^  vn  Dcfcnfif  r.utour  du 
front  5c  du  col ,  &  proceday  ainlî  iufques  à  ce  que  la  Digcftion  fut  faire  en  la 
Playe,contînuanc  fix  iours  à  mettre  lcDigcflif&  le  Bahlic.ie  mis  aprcs  le  Dige- 
ftif  le  mondificatif  fuiuant  ^.  Terebimh.  lct£  înAij.Betcn.  l  i\.  G.Eleml dijfolut.  in 
ol.Rofac.  51^.  rad.Ari/fol.rot,  lrid.flor.an.'z,i\.cnrn  mel'c  yff.  tnundif.  l'appliquay 
par  après  l'Emplâtre  de  Beroine  aucc  lequel  i'incarnay  h  Playe, &■  fiç  venir  la  ci- 
catrice auec  vne  Poudre  de  cetufc,lirhargr, corne  de  cerf  brûlée,- Alun  &  racints 
d'Iris  mettantpar  deflTus  l'Emplâtre  Diapalma:  quant  à  la  façon  de  viure.il  l'ob- 
lerua  ft  exademcnt  qu'il  s'abftint  entièrement  du  vin  14.  iours  entiers  ,  fe  con- 
tentant d'vne  Ptifane  à  laquelle  on  adioutoic  vn  peu  de  Coriandre  préparé  >  ou 
bien  vn  oxyfacclui-  fait  dVau  &  de  vinaigre  aucc  va  peu  de  canelle,(î<c après  auoir 

conioint 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  71 

conîoint  proprement  les  deux  pjupieicsjil  far  dcliurc  de  ce  FicChancrcux&  de 

tous  accidents. 

Oi"  comme  cette  partie  ne  pouuoit  que  demeurer  foibic  après  ces  atraq-ies  Se 
par  confequcnt  fuietce  aux  dcfluxions.pOLir  picuenir  les  accidents  qui  poui  royéc 
luruenircn  la fice  on  en  h  pa  cie  noiuiclk-mt.tit  gutiic-,ic  liiy  conlliiliy  de  lai&r 
fermer  fa  fontanelle  pour  en  fiiie  vn'  autre  au  b.as  dtoic  plus  hiut  &  plus  pro- 
che de  la  vcnc  Cephaliqucjca'.  le  premier  êtoit  dccendu  6c  dcucnu  calluix  tour 
autour,pour  la  mcmcraifon  <^  pour  vue  plus  grande  précaution  ie  voulus  aufli 
qu'il  fit  vn  fetonau  col  en  vn  bon  endroitjalfiuoir  non  plus  bas  que  la  tioilîéme 
vertèbre:  on  luy  en  âpliqua  vn  en  Tanncc  Si.  au  commencement  du  mal ,  mais 
étant  mal  loge  -aifauoir  vers  la  é.vcrtcbi  e  ou  les  Neifs  font  plus  en  dehors  qu'eu 
haut  vers  la  Tefte,  il  caufoit  vne  très  grande  douleur ,  ce  qui  l'obligea  à  le  laif- 
fer  fermer  au  bout  d'vn  mois. 

le  fuis  oblige  icy  d'attaquer  ceux  qui  vouloyentpeifuader  au  malade  que  peut- 
ctre  tout  l'œil  rôbcioit  de  foy-mcmc  hors  de  Ion  orbitejcn  pioduifant  des  exem- 
ples à  faux  de  impertinants,  ce  qui  fut  caufc  que  le  malade  diiterant  loperation 
le  malempira:3c  pourm.ontrer  que  cela  tllimpofljblcil  faut  cor.  li.ierer  lacom- 
pofition  î5<:connexion  de  l'œil, il  cil:  bafti  de  mufclcSjmcmbrancs,humeurs  nerfs, 
Vf'neSjartertSjgiaiHe  ik  glandulcs:  il  y  a  6.  mufcles  dtfqucls  il  y  en  a  4.  qui  font 
deftincspourle  mouuement  droit  qui  commencent  au  fond  de  l'orbite  C<:  tiiiif- 
fent  au  milieu  de  l'œil  ayants  entoure  le  nerf  optiqut:lcs  autres  2.  feruent  a  le 
tourner  en  rond:  il  y  en  a  qui  com.ptcnr  j.TuniqcieSjks  autres  6,  &:  desautres  7. 
la  I  eft  iaconiondiuc  qui  ibrt  du  Pericianc  ,  elle  sff.rmit  6c  attache  l'œil  dans 
l'orbite  &  le  couure  tout  iufqucs  à  lliisjfaiiant  le  blanc  de  l'a-iUa  J.c'eft  la  cor- 
lice  qiiitiie  fon  origine  de  la  dure  m.rt:lj3  dl  l'uuéequi  foit  de  la  pic  merccjk 
entouie  tout  l'œ-il  hormis  la  prunelle,  ou  elle  eft  troiice  ,  la  4.  cft  la  Rctiformc 
qui  fort  du  neif  optique  conuerti  en  membrane  ^  tiiluecn  foi  me  <.\\n  rets  de 
vénes,  artères  &:  nerfs  qu'elle  reçoit  de  Tvucc:  la 5^  eft  l'aiachnoiJe laquelle  en- 
toure l'hum.cur  Chryftalline  en  deuant  :  la  6.  eft  la  vitrée  exnemcment  délice 
qui  enuelopede  tous  coftcs  l'humeur  vitrée  de  la  fcpare  de  la  ch.yflLiîlinc:  Jl  y 
en  aencor  vn'-autrc  droit  au  deifous  de  la  coniondiut;  pour  moy  i'cftimc  que 
ce  font  les  extrémités  des  Tendons  de  ces  lîx  mufcIcs  étendus  en  m.mbrancs: 
Dans  ces  Tuniques  il  y  a  trois  humeurs,  la  i.  eft  l'Aquccla  i.eft  la  Chryftallir.e 
»3^  la  î.rAîbugincc:'!  y  a  deux  ncrfl'vn  de  la  i.coniugaifon  qui  porte  à  l'œil  l'ci- 
prit  âpelé  viiif  ,  lequel  après  qu'il  eft  paruenu  iulques  à  l'humeur  vitrée,  il 
s'en  va  en  la  fubftanee  de  la  Tunique  Rctiformc:rautie  eft  de  la  i.coniu<^aifon, 
eornme  il  fort  hors  du  crane,il  cômencc  à  fe  diftribuer  dans  la  racine  de  forbite 
&  s'en  va  dans  les  mufcles  des  yeux aufquels  il  donne  le  mouucment;Ii  y  aencor 
des  vénes  &  artères  defquclles  les  vnes  font  internes  &  les  autres  cxterncs:parrrn 
ks  mufcles  il  y  a  beaucoup  de  grailFc  auec  i.  glandulcs  à  chaque  coin:  on  peut 
comprcncUepar  là  côbieneû  ferme  la  coiuKxiÔ  de  l'œil  aucc  laTcftc  Ô<  cÔrm  il 


'-pk  Liurc  Premier 

,cft  impbClblc  qu'il  tombe  de  foy-mémc  quelque  corriipiion  qu*ily  aîf,  cardc- 
uanr  que  les  Nerfs  &C  mcmbratici  lepounillènc,  Icfqucls  neantmoins  y  ont  fort- 
peu  de  dirpoiition,  h  puantcuu  artaquera  moiccllemcntles  cfprics  animaux:exa- 
n:inons  maincciianc  cette  rciierie  du  peuple  qui  croit  que  l'œil  peui  fortir  hors 
de  la  Tcfc,  cette  chute  itr..-'ginairc  n'arriuc  ianiais  que  quelque  coup,  playe  ou 
grande  dcH'.ixion  n'aie  précède  ,  après  quoy  s'ctantfAit  vnc  ii-;fl.immation  ,  il 
s'engendre  du  Pus  encre  la  comon(fliue  <3v:  la  Cornée  lequel  confume  Se  pourrie 
ccsmcmbranesj  lefqucllcs  viennent  à  s'ouurir  en  Vlcere  (?c  lequel  onrcmirquc 
ctre  décendu  iufques  dans  la  capacité  de  l'œil  :  or  les  fix  mufclcs  qui  (ont  char- 
nus lontaiséiricntatcaqucs  d'Inflammation, à  caulc  de  laquelle  venants  à  s'cn- 
iîer  autour  du  Nef  optique  &:  derrière  Ta-iljiis  ferrent  &  prcilciit  tellement  l'œil 
,que  les  trois  humeurs  en  font  pouf  secs  dehors  tout  à  coup  d<  fortcnt  auec  im- 
petuoiîtc,  or  comme  elles  ontafscs  de  confiftence  (^principalement  laChryftal- 
ïme  ôc  l'Albuginée  qui  font  la  figure  de  l'œil  y  le  vulgaire  pcnfe  que  tout  l'œil 
efl:  forti:ctantsaînfi  forties,&  les  membranes  crans  privées  de  ce  qui  les  cmplif- 
foit,  s'enfoncent  &c  fe  retirent  au  fond  de  l 'oibite,puis  l'Inliammation  cta:>!t  ar- 
reftce  auec  la  douleur,  les  Paupières  le  ioigncnt  l'vne  à  l'autre,  de  forte  qu'il  ne 
rcftc  aucune  forme  d'a-il  ,  ce  qui  fait  croire  au  vulgaire  que  tout  l'œil  cft  for- 
ti  hors  delà  Tefte  Obfem.  i.  Cgnt.  i. 


OBSERVATION    XLIV. 

De  la  Guerifon  «^'-j;?  tres-minuttah/chirre/îir  le  Carpe. 

VNe  Dame  de  Berne  s'cftant  extrêmement  foule  la  main  dioitte,  il  vint  de 
la  douleur  autour  du  Poignet  auec  Inflammation  de  toute  h  main,  cil?  fe 
feruitdeplufîeursrcm.edes ,  mais  en  fin  il  s'y  fit  vu  fchirrc  qui  fut  iugé  iiïcura- 
ble  par  les  plus  habiles,  car  il  fembloit  auoir  quelque  chofe  de  malin  :  Q^lques 
années  après  elle  me  vint  trouuer  à  Payerne  :  ie  trouuay  au  poignet  de  la  main 
droite  en  dedans  vn  fchirrefort  dur  aufTi  gros  qu  vii  œuf  de  Poule  ;  elle  ne  pou- 
uoit  point  ployer  les  doigts,  parce  qu'il  eiloic  attaché  au  mufclc  qui  ployé  les 
doigts  &  à  l'endroit  ou  il  fe  partage  en  quatre  portions  charnues  :  m'clla-u  fer- 
ui  des  remèdes  généraux,  i'y  mis  vn  Cautère  potentiel ,  &c  après  auoir  ôtc  l'ci^ 
chaie ,  il  en  fortit  quelques  iours  durant  vnc  maricre  fubtilej  &  ayant  par  après 
ronge  d'auautage  de  chair  par  les  cfcharotics ,  il  f c  prefcnta  de  la  matière  craf- 
ic,  gluante  ÔC  vn  peu  iaunatre  que  ie  faifois  fortir  auec  pcnCiélargiffant  aupara- 
uant  r  Vlcere  auec  des  éponges:  cette  matière  ayant  été  quelques  heures  exposée 
â  l'air  ,  elle  s'endurcit  comme  pierre  :  Je  tiray  quantité  de  cette  matière  &  à 
diuerfes  fois,  car  on  trouuoit  vn  conduit  en  l' Vlcere  qui  venoit  de  la  partie  fu- 
perieure  vers  le  coude  iufques  à  la  paume  de  la  maîn  par  deffous  le  ligament 
twucrfier  &  gui  cntroit  dans  la  paume  entre  les  cminences  du  5.  &c  8.  os  du 

carpe: 


Des  Turâieurs  contre  Nature,^  7} 

carpe  :  le  conloliday  l'vlcere  après  l'auoir  mondific.  Obferu.  7^.  CerU,  5. 

OBSERVATION     XLV. 

D*vn  fchirre  auprès  de  l'Oreille, 

M  Onfieur  Nicolas  virer  Miniftre  ,  ii'ayanrpas  êré  bîca  guéri  d*vnc  Pa- 
rotide qu'il  auoic  eu  cti  fa  icuncflè,  il  refta  vne  dureté  en  la  parcie  dextre 
quis  endurcit  peu  à  peu  en  fcliirre,  lequel  par  après  en  l'année  606.  vint  à  fup- 
puration  à  caufe  des  kumeurs  qui  s'eftoyent  iercc  delïus  Ôc  de  quelque 
caufe  externe  :  ayant  elle  dt-rsandc  i'ouuris  i'Ablcés  ÔC  en  tiray  vne  matière  q^ii 
s'y  ctoit  endurcie  quafi  comme  pierre,  enfermée  dans  vne  membrane  &  très- fer- 
mement attachée.  Obfernat.  79.  Cent.  5. 


OBSERVATION     XLVI. 
D'vn  fchirre  en  U  matrice  fM  empéchoit  t accdHchement, 

V  Ne  certaine  Dame  de  Luftrijbourg  fur  le  bord  du  Lac  Léman ,  demeura 
fix  iouLS  entiers  au  trauail,  ayant  clic  appelé,  ie  la  trouuay  aux  extrémités, 
car  elle  mourut  la  nuit  fuiuante ,  &  ayant  ouuert  le  corps  ie  trouuay  la  matri- 
ce déchirée  ôc  la  Ttfte  de  l'enfant  qui  a-ioic  pafsé  par  l'onucrturc  dans  la  caui- 
léde  l'Abdomen  :  la  cauie  de  cette  diificulcé  auoit  été  vn  fchirre  qui  appro- 
choic  de  il  groircur  de  la  Telle  d'vaenùnc,  mais  il  n'eftoit  pas  beaucoup  adhè- 
rent à  la  matrice  :  il  fut  caufe  qu'elle  ne  peut  pas  s'étendre  fuififamment  au 
temps  iel'accouch.-ment  &que  le  fruit  ne  peut  pas  fupporter  ce  violent  moa- 
ucn-.cncdela  mère  dans  letiauaii.  Oéfern.  67.  Cent.  i. 


OBSERVATION    XLVII. 

D'vn  fchirre  autour  dt  l'Orifice  interne  de  U  matrice* 

Ï'Ay  ouuert  vne  Dame  qui  auoit  été  fterile  en  Çts  deux  mariages  :  l'en  trouuay 
la  caufe,  alfauoir  vn  fchirre  autour  de  l'oiifice  interne  de  la  matrice  qui  l'en- 
touroic  comme  vu  anneau  ôl  fermoit  tellement  la  matrice  qu'à  pêne  y  pouuoit 
on  faire  entrer  la  pointe  d'vn  poiiiçou,  ce  qui  dloit  caufe  que  rien  ne  pouuait 
entrer  dedans.  Obferu.  C^).  Cent.  i. 

K 


74  Liure  Premier 


OBSERVATION    XLVIII.     . 
jyvn  fchirre  dans  te  col  de  la  matrice  au  âeuant  de  t  orifice  interne-* 

VNe  Dame  fut  rranaîllce  d'vnc  inflammation  de  matrice  en  Ton  prcmicu 
accouchement  duquel  elle  fut  guérie  ,  mais  elle  demeura  fterile  :  étant 
morte  quelque  temps  après  d'vne  maladie  aiguë  ie  l'ouuris  &  trouuay  dans  le 
col  de  la  matrice  vers  l'orifice  qui  regarde  le  fons,  vn  Ichirre  de  lagrolTèur  d'vii 
CEufd'oye  lequel eftoit  tellement  attaché  qu'il  ne  fembloit  être  qu'vn  auec  la 
matrice  fans  en  pouuoir  être  en  aucune  façon  détaché  :  ce  fchirre  empéchoic 
l'entrée  à  la  geniturc:  il  ne  faut  pas  donc  trouuer  étrange  fi  les  Médecins  fe  bail- 
lent quelquefois  de  la  pénc  en  vain  pour  ôter  la  fterilité:car  cts  caufesleur  font 
cachées,  ou  h  elles  ne  le  font  pas  (x  eft  ce  qu'il  n'y  a  que  Dieu  quilcspuifle  ôterj 
étant  le  (êul  qui  ouure  &  ferme  la  matiice.  Obf.  66,  Cent,  i. 


V 


OBSERVATION    XLIX. 

De  la  Luette  endurcie  en  tungiis  fchîrrenx. 

N  ieun'-hommede  Cuilli  fur  le  Lae  Léman  fut  incommode  long-temps 
d'vne  dcfluxion  fur  la  Luette:  il  fc  fcrurt  en  vain  de  beaucoup  de  remèdes 
donnes  tant  par  des  Médecins  que  par  des  Empirics,car  en  fin  elle  vint  fi  grande 
qu'à  pénepouuoit-il  amener  ou  pouircr  fon  fouftlc  :  il  vint  à  Laufanne  en  l'an 
159S.  où  ic  le  vis  auec  Monfr.Rofcius  Médecin,  nous  trouuâmes  l'Vuule  fi  gran- 
de qu'elle  remplilloit  toute  la  bouche,vcnant  quafi  iufques  aux  Dents  de  deuantr 
&  comm.c  cette  Timcur  êtoit  enuieillie  ,  fort  dure,  liuide,  inégale  ,  6c  fai- 
faut  quelque  douleur,  étant  aulll  attachée  au  Palais,  entourée  de  tous  coû- 
tés de  vénes  liuidcs  pleines  de  lang  mclanchoiic  ,  nous  n'osâmes  pas  en- 
treprendre vue  Cure  légitime  ,  iugeant  qu'il  valoit  mieux  laificr  l'aftaire  en- 
tre les  mains  de  Dieu  &  de  la  Nature  ,  que  defc  mettre  au  hazard  (  en  vn  cas 
dcfefpcré^  dcpalier  pour  des  ignorants  ,  pour  neantmoins  accorder  quelque 
«hofeà  fcs  prières, nous  luy  ordonnal'mcs  vn  bon  régime  ,  en  après  nous  le  pur- 
geâmes quelques  iours  de  luitte  des  mauuaifcs  humeurs  ^  brûlées  ,  après  quoy 
nous  le  renuoyamies  chés  luy. 

L'an  i6o8.au  mois  de  Février  i'ay  veu  vn  homme  à  Payerne  à  qui  vue  Deflu- 
xion  inueteréc  auoit  rongé  d'vn  coté  l'VuuJe,  &  de  l'autre  l'anoit  étrangement 
relaxée:  A.eft  la  partie  attachée  au  Palafs  B.cll  la  partie  rongée  parle  Catharre, 
laquelle  eft  cicatrizcc  par  tout  C. marque  la  partie  yifeticuicqni  eft  partagée  en 
ilcuxcxtuberanccs  6c  fc  lepolciurla  langue  principalement  quand  il  pouifc  fon 

foufEc! 


Des  Tumeurs  contre  Nature.'  75 

iouffle  ••  chaque  fois  qu'il  le  tire  fort,  elle  fe  iette  vers  la  Trachée  artère  ce  qui 
eft  caufe  qu'il  ne  parle  pas  nettement,  Tans  fcntir  quafî  aucune  incommodité 
-quand  il  boit  ou  mangcile  luyay  confcillcfouuent  de  couper  ce  qui  cil  de  trop, 
ce  qu  il  n'a  voulu  faire:  i€cius  appelé  ce  mal  Lorum,  Cordon.  Obf.  6^.  Cent.  i. 

*— ^: ^ — «  • . — — -— 

OBSERVATION    L. 

'  D'vne  Tumeur  fchirretife  à  la  Racine  de  la  Luette^ 

LE  i4.Decembre  1608.  ic vis  vn leun'- komme  qui  auoit  vne fort  grande  Tu- 
meur vers  la  Racine  de  l'Vuule  laquelle  rempiilïoit  tellement  les  troux  qui 
vont  dés  le  Palais  aux  Narines  qu'il  nepouuoit  reipirer  qu*auecp:ine,  ne  par- 
lant qu'indifl;in6tcment:il  ne  pouuoit  aualer  la  viande  qu'aaec  gtande  difficulté, 
niais  encor  plus  le  boire;  la  Tumeur  étoit  de  la  grolîcur  d'vn  œuf  de  poule,  du- 
re, inégale,  liuide&  attachée  opiniâtrement  tantàlVuulc  qu'au  Palais  :  Quant 
à  l'origine  du  raal,il  nous  dit  qull  y  auoit  trots  ans  que  s'ctant  êchaufc  outre 
mcfurc  il  liiy  cftoir  venu  vne  h^emorrhagie  par  laquelle  il  auoit  perdu  quantité 
de  fang  tant  par  le  nés  que  par  la  bouche:  &c  que  cette  h^emorrhigie  luy  ctoit  rc- 
uenue  en  fuit  ce  par  interualle:  mais  qu'il  y  auoit  vn  an  qu'il  n'en  étoit  pointeur 
Il  me  (upplia  inftammen:  d'y  mettre  la  main,  ce  que  pourtant  iene  voulus  fai- 
re: il  a  vécu  iufques  à  l'année  16  jc).  en  laquelle  f  au  temps  de  la  Canicule^  il  luy 
furuint  vne  grande  hxmorrhagie  qui  l'emporta.  Obfern,  zo.  Cent,  u 


OBSERVATION     LI. 
1>€s  Tumeurs  (jjui  rejj'emblent  an  Schirre. 

ÏL  fe  prefcnte  fouuent  des  Tumeurs  rondes ,  dures  &  fans  douleur  dans  lef- 
qucUesil  ncfc  trouusiien  que  de  l'eau  enfermée  dans  vne  membrane  tres- 
cpaiin.:  en  Décembre  1634.  l'en  ay  coupé  vne  en  l'Abdomen  d'vne  fille  de  neuf 
ansà  Paycrn;^laqnellcle  porte  bien  à  prefcnt)  il  y  a  vne  autre  forte  de  Tumeurs 
^ui s'engendre  d'humeurs  pituiceufes  ,  qui  neantmoins  font  trcs-dures  :  l'Eftc 
pafsé  i'cn  ay  traitcé  vne  au  roignct  venue  de  conttifioji  <Sc  Ci  dure  que  chacun  ii 
prcnoir  pour  vn  Chancre:  étant  ouuerte  il  en  fortit  vne  humeur  femblable  à  da 
lard  qui  fe  durcit  en  pierre  dans  z^  h;ures  cftant  exposée  à  l'air  :  nous  tuâmes 
aprcsla  mcmbiancoù  elle  cftoic  enfermée  laquelle  ctoit  très  êpaillè  :  en  cette 
forte  de  Tumeurs  l'h.imeur  qui  y  eft  enfermée  étend  la  membrane  ne  plus  ne 
moins  que  l'air  fût  vne  ve(fie,laqueile  femble  être  extrêmement  dure,quoy  qu'il 
n'y  aie  rien  que  du  vent. 

Il  faut  remarquer  qu'il  faut  beaucoup  de  temps  pour  faire  vn  fchirre,  par» 
tant  fi  vne  Tumeur  eft  iccentc  ,  il  ne  fiut  pas  la  mettre  au  rang  des  fchirrcs. 
Epijre  ^;. 

K  z 


^é  Liure  premier 

OBSEP.  VATION       LU. 
Des  FmgHs, 

VOiis  faites  mention  en  vos  obfcruations  Chîrurgiques  des,  Fungus  qiû 
viennent  aux  membranes  du  Ccrueaii,  lesquels  s'y  engendrent  à  caufc  des 
humeius  qui  y  accourent ,  fclon  voftre  opinion  &  des  autres  Chirurgiens:mais 
il  me  vient  en  la  pensée  vne  doute  que  i'ay  eu  aucresfois ,  s'ils  ne  fc  penuent  en- 
gendrer c]u  es  membranes  du  Cerucau  quand  elles  font  ofFcncccs.  Il  eft  vray  que 
les  Médecins  ne  font  mention  que  des  Fungus  qui  naillcnt  dans  les  Playes  des 
membranes  du  Ccrueau  ,  mais  les  deux  Hilloires  fuiuantes  font  voir  qu'ils 
pcuuentaufli  eft re  engendres  ailleurs  :  A  Vuittcbcig,  vu  garçon  de  dix  ans  en 
fautant  le  heurta  le  pic  gauche  bien  fort  à  terre  &  fut  bleisc  en  la  plante  vis  à 
vis  du  petit  doigt  :  Il  parut  après  premièrement  vne  Tumeur  au  dclFus  du  mal- 
léole externe  laquelle  fut  rcpoufscc  en  dedans  par  vn  groflicr  payfan  qui  crcut 
quec'cftoitvne  Luxation  qu'il  faloit  remettre  :  la  Tumeur  en  fuite  augmenta 
peu  à  peu  de  forte  qu'elle  couuroit  tout  le  col  du  pic  ,  faifmt  vne  grande  exten- 
îion  delà  peau  &  écarter  les  doigts  des  pics  l'vn  d'auec  l'autre  à  caufe  qu'elle 
fe  fourroit  entredeux  :  on  elFaya  en  vain  plufieurs  fortes  de  remèdes  ,  en  fin 
on  trouua  vn  Chirurgien  qui  Ht  ouuerture  en  la  partie  croyant  qu'il  y  auoit 
fuppuration  à  caufe  de  la  grande  mollcfle  &  de  la  douleur  qui  augmentoit  :  il 
en  fonit  vn  peu  de  fang  mais  point  de  Pus ,  ^  tout  à  Tinftant  il  y  vint  comme 
vne  certaine  orailFe  qui  bouchoit  l'ouuerture  j  S^  les  iours  fuiuants  il  commen- 
ça à  foitir  quantité  de  matière  femblable  à  des  éponges  pleines  de  fang  noir  &c 
fcreuxj&envnenuit  il  parut  en  la  plante  dupié  vcis  le  petit  doigt  vnecfpecede 
rriortificationauflj  grande  qu'vn  demiTaler  y  ayant  fait  incifion  ,  il  n'en  fortic 
rien  de  pourrie  n'en  pur'-on  fcparer  aucune  chair  morte,  mais  feulement  de  la 
cluir  femblable  à  de  l'éponge  brûlée,  fanglante,  pléne  de  fang  qui  en  diftilloitt 
ii  commença  auflià  fortir  des  Fungus  en  des  autres  lieux  à  côté  des  Talons  & 
delFus:  c'eitoit  vnfpedaclc  hideux  ,  car  cette  partie  du  pié  eftoit  plus  grolîe 
que  la  Tefte  d'vn  enfant  :  en  fin  on  en  vint  à  la  fedion  coupant  iufques  à  l'os 
Naiiiculaire  &  du  Talon  dans  le  col  du  Pis  :  ce  qui  fut  ôté  n'eftoit  rien  que 
chair  baueufc  en  pariie  pourrie  &  corrompue,  en  partie  caillée  ,    épailTe  ^ 
«rluante  femblable  à.  de  la  grailfe  m.olle,  du  poids  d'enuiron  Ib  iv.  mais  les  iours 
iuiuants  il  commença  dcrechcfà  fortir  en  grande  abondance  de  la  chair  fpon^. 
gicufc,  laquelle  autant  que  l'on  ôtoit  de  iour,  autant  il  en  croilfoit  de  nuit  :   en 
fin  il  s'eleua  vne  grande  Tumeur  vers  l'Aine  gauche  là  où  font  les  Glandes ,  en-p-. 
ticrement  femblable  à  celle  que  l'on  voyoit  au  commencement  fur  le  col  du 
Fié  ,  laquelle  par  après  fe  rompit  d'elle  même,  d'où  il  fortit  vne  grande  quan- 
tité de  cliair  fpongieufe:  il  ne  tarda  pas  long-temps  aprç5  à  mourir. 

L'autre 


"      Des  Tumeurs  contre  Nature.  77 

L'autre  Hiiloirc  rfl:  telle:  vn  gai^joii  de  ix.f-*?  fut  tonrnTcnrc  du  mal  de  Drnt^.: 
on  fnt  obligé  de  luy  en  dici-vnc  de  celles  de  dciras  :  il  vint  par  apics  vn  Tu- 
bcrciileauPaîaisproche C'cce Dent  de  la  grandeur  d'vn  noyau  de  prune,  on 
cr»t  à  ccufe  delà  mollcire  ^.  p^fce  qu'il  ne  s'ouuroit  pas  de  {oy-rr,cme  qu'il  y 
auoicdu  Pus;  oi  l'onure  maisil  n'en  loit  que  quelques  gouttes  de  far  g:. iprcs 
il  vint  à  pai'oître  vue  chaii  fpongieufe  ,  noirâtre  laquelle  augmenta  rcllemenc 
qu'elle  fortoit  par  la  bouche  .3c  par  le  nés  d'où  l'enfant  fut  crouffc  :  fcs  perc 
éc  mcre  rapportoycnt  la  caufe  du  mal  à  ce  qu'il  fut  vn  iourhapé  d'vne  boule  de 
neige  vers  l'Angle  interne  de  l'oeil,  dans  laquelU  il  y  auoit  vue  picrrttte  enfer- 
mée :  trois  mois  après  il  y  vint  vn  Tubeicnle  lequel  par  aptes  (c  conucrtit  (n 
Fillulc  :  is  vous  écris  ceci  pourf^auoir  votre  fentiment  de  la  génération  des 
Fungiis  :  il  eft  vray  que  les  anciens  Chirurgiens  comme  Guidon  ,  Thcodoric 
&  autres  font  mention  cfcs  excrefccnces  ,  Nades  ou  Naptes  qui  tout  des  Apo- 
ftemes  grandes,  charnues  &  molles,  mais  il  ne  font  mention  des  Fungus  que 
dans  les  iMayes  de  la  Tefte  :  Parquoy  ie  vous  prie  que  ie  puiiîe  fçauoii  fi  ceux 
que  i'ay  décrit  en  ces  deux  Hiftoircs,  font  des  vrays  Fungus  :  que  fi  ce  n'en  font 
pas  ,  à  quel  genre  de  Tumeurs  appartiennent  t'iis  ;  que  fi  c'en  font,  pourquoy 
c'eft  que  ces  autheurs  ne  parlent  que  de  ceux  de  la  Tcftc  ,  defirunt  de  l^auoir  le 
vray  lieu  de  leur  nailTancejfi  c'eft  vue  membrane  en  gênerai  ou  tout  corps  mem- 
braneux ,  mais  ie  ne  veux  rien  déterminer  &c.A  Vuitttbeig  i.Svptcmbre  léo^. 
ObfeYH.  4).  Cent.  i. 


OBSERVATION     LVIII. 

Des  Fttngus  tant  charnus  quOfsêes  qui  naijfent  en   dinerfes 'parties 

du  Corps, 

IE  fuis  de  voftre  auis  que  les  afFeClions  que  vous  m'aués  communique  Ton* 
-ties  Fungus  &  doiiKut  être  ainfi  appelées  fans  conttfte  :  car  quoy  que  ces 
autheurs  ne  facent  mention  que  des  Fungus  qui  naillèntcn  la  Telle  quand  les 
membranes  font  découucrtes,  fi  neantmoins  on  en  examine  bien  les  craifis  ,  ie 
ne  vois  point  de  raifon  pour  laquelle  ils  ne  peuuent  pas  venir  en  des  autres  par- 
ties, mais  comm.e  cela  arriue  rarement ,  &  que  le  plus  fouuent  on  met  cette 
forte  deTumeur  entre  les  cxcrelcencescharnues,ils  ont apelé  Fungus  feulemenr 
celles  qui  fortent  duCerueau  ou  de  les  membranes ,  quoy  que  fi  on  regarde  à 
leurs  caulcs  &  à  leur  génération,  ils  puillcnt  auflîi  bien  venir  aux  autres  parties 
du  corps:  il  y  en  a  parmi  les  anciens  qui  font  de  ce  fenciment,  voiie  des  plus  ha- 
biles, cnir'autres  Bruno,  Thcodoric  &:Bcrtapalia  ,  veu  que  Bruno  fous  le  nom 
de  Nada  n'entend  autre  chofe  que  ces excrefcences  charnues,  voici  (es  paroles, 
il  le  fait  fouuent  en  quelques  pcrfonncs  vnc  certaine  force  de  fuptrfluitc    qiie 

K   5. 


■-s  Liure  Premier 

Vujgaiicmencon  jippellc  Nada ,  c'cft  vue  Apoftcmc  charnue ,  grande,  le  plus 
iouucnc  molle  comme  vn  Fungus  qui  cft  fans  douleur,  que  s'il  y  en  a  ,  clieeft 
petite  fans  chaleur  ni  battcmL-nt ,   &cc-  Theodoric  fe  fert  des  mêmes  paroles, 
maiiilles  appelle  Napra&  Berrapalia  Nacra  ri'appclantouucrrement  vne  Apo- 
ftenîe  glanduleufeoii  charnue,  l5c  bien  à  propos,  car  quelquefois  telles  excrcf- 
cences/^ie  ne  parle  pas  des  Fungus  en  laTcfte)ont  enfoy  certaine  qualité  mali- 
gne &  ibnt  dures  Se  in.cgalcs  ,  &  différent  pourtant  des  Glandulcs  comme  die 
bertapalia.  Des  Jcfciiptions  précédentes  on  peut  bâtir  cette  définition  ,  que 
Fungus  cft  vn  certain  corps  charnu,  ieplus  louuent ,  flafque  ,  mol,  quafi  fans 
douleur ,  engendre  (i.;bitcmcnt  <?c  en  peu  de  temps  d'humeurs  fuperfljes  5:  fla- 
tulenrcs  :  l'ay  dit  Ieplus  foauent ,  car  quelquefois  cette  Excrcfcence  n'cft  pas 
flafque  &  molle,  mais  dure,glanduleu(e  ou  inégale,  aacc  douleur  principa- 
lement s'il  y  a  quelque  m.alignité  comme  il  y  en  a  le  plus  fouuent  dans  ces 
Fungus  qui  viennent  aux  parties  balles  :  il  n'en  eft  pas  de  même  de  ceux  qui 
viennent  aux  membranes  du  Ccrueau  lefqucls  rarement  font  maHns  finoa 
qu'il  y  ait  eu  quelque  conllderable  contufion  Se  par  confequenr  de  la  pourri- 
ture :  Car  cette  humeur  craile  de  laquelle  fe  fait  le  Fungus  malin  ne  peut  pas 
aifcmcntfTionter  en  haut ,  &  celle  de  laquelle  il  fe  forme  autour  des  membra- 
nes du  Ccrueau  le  plus  fouuent  cft  bénigne  &  comme  dit  lean  André  de  la 
Croix  ,  elle  eil  Aciee  &:  vaporeufe  laquelle  ne  peut  pas  faire  vn  Exonfcine 
maligne  ;  Or  comme  clic  vient  à  paroitre  quafien  vn  inftant  pour  cette  rai- 
(bn  elle  cft  molle  Se  appelée  par  Galien  Fungus,c'cft  à  dire,  Chairpignon  i  Car 
comme  les  Champignons  qui  croilîènt  en  vn  temps  doux  &  le  plus  fouuent 
en  vnc  nuit ,  font  Ipongicux  ôc  mois ,  dz  même  ces  Fungus  qui  viennent  au- 
tour du  Cerueau  Se  de  lès  membranes  croiirent  promptement ,  fi  quelque  hu- 
meur douce  y  accomt  en  abondance  ,  &  ce  par  vne  fmgulîere  prouidence  de 
Nature,  Car  comme  il  n'y  a  rien  qui  foît  plus  ennemi  du  Cerueau  S:  de  Ces 
membranes  que  le  froid  ,  la  Nature  pour  les  défendre  leur  fait  cette  conucr- 
ture  ,  Voila  pourquoy  s'il  y  accourt  quelque  humeur  en  abondance,  f  non 
pourrie  comme  celle  dont  fe  forment  les  mauuais  Champignons  des  Arbres 
ôc  déterre  ,  mais  bonnet:  loiiable  J  incontinent  la  chair  y  vientcn  quantité: 
■Quf  fi  quelqu'vn  rapporte  l'origine  de  ces  Fungus  aux  humeurs  fécondes  af- 
iauoir ,  R.OS,  Glutiniîv'Cambium  ,  ilncs'ccarteia  pas  à  mon  auis  beaucoup 
delà  vérité  :   Nous  remarquons  la  mnne  indiiftrie  de  Nature  es  Os  decou- 
uertsjâufquels  l'Air  étant  aulîî  rrcs-contraire  ,  elle  Us  remet  tout  ai.fli  toft 
d'vne  chair  fungucufe  :  &  de  Jà  vient  que  quelquefois  le  Fungus  vient  à  croî- 
tre en  la  Dure  merc,  quoy  qu'elle foit  entière,  de  peur  di-ie  que  l'Air  extrême 
ne  Toffcnce:  Qjcfi  la  Nature  apporte  cette  preuoyancepar  lesOs  découuerts, 
qui  font  des  corps  folidcs  &  extrêmement  fecs,  où  il  y  a  peu  de  Vénes  Se  d'Ar- 
tercs,&:  ne  font  pas  des  parties  beaucoup  côfiderables,  y  at'-il  apparence  qu'el- 
le ne  fe  veuille  pas  feruir  de  la  même  précaution  poi>r  garentir  la  Dure  m.ere 
qui  cft  vne  membrane  rrcs-confiderabie  parfemée  a  y  ne  infinité  de  vcncs  Se 


} 


Des  Tumeurs  contre  nature.  ^9 

d'Arrcrcs  :  Il  arriuc  pourcant  rarement  qu'il  (c  forme  vn  o-rand  Fnnt^iis  en  h 
Dure  mcrc  Ôc  qui  ^alfe  la  p!aye,car  cîiiiicilcmciit  vient  clic  en  hr.iir  à  caufc  de  Ci 
pefanteur  finon  qu'il  y  ait  eu  vnc  grade  contufîon  cV  que  les  hnmcurss'y  foyéc 
iettces  en  quantitc,commc  aulTi  li  ou  a  oublie  de  faire  les  reuullions  nccellàircs 
I  au  commencemcnt:mais  quand  la  Dure  mère  tft  rompue,!a  pie  mcrc  s'aime  fa- 
j  cilement  en  haut  auec  la  chair  baueufe  qui  y  cil  venue  de  forte  que  même  elle 
paifcla  playcpriucipalemcnts'il  y  a  quelque  vêt  caché  fous  les  membranes:  Le 
célèbre  laq.Aubcit  Vandomois  croit  que  IcFungns  fe  fait  quand  la  Dure  mcrc 
cft  rompue  6^ que  la  Pie  eft  poufsce  en  haut,remplic  de  la  fubftace  du  Ccrueau; 
mais  i'eftime  qu'il  faut  vfer  de  diftindion  ^  qu'il  ne  le  faut  pas  entéJrc  de  tout 
Fungus  errGcne,ral,carI^  Praticiens  fçiuentAfur  tout  ceux  qui  font  verses  eu 
l'Anaromicquoy  que  la  htbftance  du  Ccrueau  foit  molle  &  flafque,que  ncant- 
moins  elle  ne  p^ut  pas  tcllemêt  fe  refoudre  &  relâcher  qu'elle  puiilè  emplir  ce 
Fungusile  voudiois  doc  dire  qu'il  yavn  Fungus  de  Ceruea-u  fimpleôc  vn  autre 
composc.-Cclui  Ci  e<l:,on  auec  grande  contufion,inflammation  &c  fluxion  d'hu- 
meurs ou  quelque  autre  fymptome  :  Le  fimple  cft  celui  que  la  Nature  fait  pour 
côleruer  les  membranes  ou  le  Cerneau:  Encciuy-ci  le  Cerucau  ne  bouche  point 
de  fa  place  &  le  fait  d'vne  chair  qui  y  croit  &  d'v;n  efprit  s'éré  qui  poulkcn  haut 
les  membranes  de  cette  chaii:mais  au  composc,ou  fk  caufe-dc  i'inflâmation  ^ 
des  humeurs  qui  s'y  font  iettécs)  le  Ccrueau  eft  comme  corrôpu  &  conuerti  en 
Pus,lcs  membranes  qui  (ontcleuécs  en  haut,peuuent  fe  réplir  de  la  fubftance  du 
Ccrueau  (}ui  eft  alors  corne  dilfoute  &  fondue  :  &  telle  iôrte  de  Fun-us  eft  rrcs 
dangereute  &  le  plus  louucnt  mortelle,  de  laquelle  a  voulu  parler  Iclufdit  Au- 
berti&  a  laiisccnariiercles  autres  qui  ne  font  pas  fi  dangereux  ,  pour  être  plus 
courrtll  faut  aufli  prendre  en  mcmc  fcns  ce  que  dit  Parc  de  la  puanteur  du  Fun- 
gus,car  le  limple,comme  ic  l'ay  veu  fort  fouuent,  n'a  point  de  puanteur,  de  fait 
fort  peu  de  douleur,cÔme  dilcnt  Bruno  &  Theodoric:Qnc  s'il  arrire  de  la  rour- 
.nturc  ou  de  la  corrupti6,il  faut  de  necefllté  que  le  fœnui furuiene,ceux  qui  fo.K 
de  cette  fortes  engcndient  d'humeurs  à  demi  pourries  côme  les  Chapicrrôs  des 
arbres  amli  que  an  Pa.c:Ica  André  de  laCroix  écrit  qu'es  FÛgus  de  la  du^re  mcK 
le  mouucmec  naturel  fc  pcrd^ce  que  quelqu'vn  pourroit  trouuer  abfurde  car  îe 
mouuemet  ne  le  perd  pas.mais  il  eft  caché  à  caufe  de  la  chair  qui  y  croilVmais 
cctexcellet  Autncur  pailede  ceFûgus  qui  vient  quand  ]amortapproche,côme 
on  la  peut  recucdbr  du  texte,  Fay  voulu  aduertir  de  ceci  de  peur  que  quelun'vii 
neinn  pour  ridicule  1  opiniô  de  tels  pcrsôn.iges  à  qui  laChiiurgcft  ilredeuable 
Quant  à  la  v.  urc  des  Fungus  qui  viennent  autour  des  mébranes  du  Cerucau^ 
1  en  patleray  en    Obleruation  fuiuante,ràioute  feulement  ceci  que  ceux  qui  fe 
forment  quand  la  Dure  mère  eft  rôpue,fe  gueriffent  auec  plus  de  diiHcult   que 

^mme  t ,  h  elle  cft  rompue  ou  blefsée,  les  humeurs  y  accourent  incontinent 
.  defqnelles  fefai.leFqngus  Ck   autres  accidents  :  Partant  il  y  faut  an^^^^^^^^^^^ 
.plus  de  diligence.-mais  auparauant  il  faut  foigneufement  prendre  Ibia  d'aLcncr 


go  Liure  Premier 

en  bas  les  humeurs  qui  gigneni:  le  haut,  en  après  de  n'y  pas  appliquer  des  mé- 
dicaments acres  qiioy  que  GAlicn  s'en  kriie  dans  les  excrefcenccs  de  chair ,  en- 
cor  moins  le  huiii  leruir  du  Rafoir,  non  pas  mêmes  de  la  ligature  qui  fe  faic 
auec  le  filet  de  (bye,à  czuù  des  grands  accidents  qui  en  ariiuent  ordinairement, 
que  s'ily  aquelquv  pourriture  autour  de  la  membrane,  on  y  peut  mettre  fans 
fcrupulc  de  l'iC^iptiac,  mais  en  petite  quantité  &c  auec  ciiconfpedion. 

Nous  auons  hir  voir  que  les  Fungus  qui  viennent  autour  des  membranes  da 
Cerueau  font  rarement  malins  j  il  n'en  ell  pas  ainfî  de  ceux  qui  viennent  aux 
partiesbalïès,  car  l'humeur  qui  s'y  verfen'eft  pas  toujours  bien  conditionnée, 
mais  le  plus  fouuent  cralfe,  bouibeu(e&  maligne, de  laquelle  il  Ce  Fait  vue  maC- 
fe  non  molle  ,   mais  plus  ou  moir;S  dure  Iclon  que  i'hameur  qui  s'y  ictte  cil 
plus  ou  moins  gcoiîlere:  on  peut  ncantmoias  appeler  telle  forte  d'^xcrefcenccs, 
des  Fungus  tant  à  caufe  de  leur  forme,  que  parce  qu'elles  croillênt  quafi  en  vn 
moment,ncantmoins  auec  càizc  dilHnction,  que  les  vns  foyent  appelés  limplcr 
nient  Fungus,  &c  les  autres  malins  ou  Chancreux  pirce  qu'ils  ont  quelque  du- 
reté ou  malignité  :  par  exemple,  il  y  a  quelques  années  que  l'on  m'arncna  va 
homme  de  50.  ans  auquel  le  membre  viril  clloicvenu  d'vne  il  prodigiculc  grof- 
fcur  qu'il rellcmbloit  à  la  Telle  d'vn  enfant  nouueau  né:  cette  cxcrelcence  ctoic 
dure  toute  couucrted'Vlceresp'jtridcs  :  i'appele  cette  excrelcencc  vn  Fungus 
Chancreux,  Fungus  à  caufe  de  ù  forme  &c  Chancreux  à  caufe  de  C\  nature  :  car 
il  eftoitdur,  liaide,  pouiri&  malin  :  il  vient  auili  quelquefois  fubircmcnt 
aux  playcs  des  articuLitions  vue  certaine  fubftance  qui  par  fois   cft  blanchâtre 
tirant  fur  le  rouge  par  fois  fur  le  liuide,  qui  le  plusiouuent  eft  fjiuie  d'vne  flu-  1 
xion  d'humeur  Icreuic:  i'ay  aulîi  remarqué  que  telle  forte  de  Fungus  vient  non 
feulement  aux  playss  des  iointures  mais  auflî  en  celles  des  Njifi,«^  paniculie- 
rement  ic  I'ay  vcuil  y  a  quatre  mois  en  vne  fille  de  Payerne  fort  Cacochyme, 
car  à  caufe  de  la  violence  de  la  douleur  le  fing  S:  les  humeurs  y  accourent  qui 
fontdiuersfymptomes,  comme  Inflammations,  Darte  ,  iiuxioii  d'iiumcurs  fe- 
reufes&  pi ufieurs  autres  :  que  s'il  y  va  du  fang  doux ,  loii.ible   ik  aërce  auec 
mélange  d'humeur  pituiteufe,  (Si  fi  la  Nature,  qui  n'ell  iarnaisoifiue,  tache  d'en 
faire  quelque  chofc,  il  y  vient  cette  extubcranceou  excrclcence  dechaii  b.iueii» 
fe  :  ilaj[4.  ioursque  rcuenantd'Aufpourg,on  me  fitvoii  àLauingen  vnieun*- 
hommc  duquel  la  langue  cftoit  crue  en  forme  de  Fiingts  Chancreux  qui  crrplil- 
foit  quall  toute  la  bouch*.  I'ay  veul'Vuule  d.uénir  comme  vn  Fungus,  comme 
a'ulfi  vn  Fie  en  l'œil  qu'on  pouuoit  appeler  FungusCancrofus  :  païquoy  i'cfti- 
me.que  le  lieu  ou  le  Fungus  fe  peut  engendier,  cil  non  feulement  le  Ccrueau  ou 
fcs  membranes,  maisaufli  toutes  les  parties  du  corps ,  &:  Paré  liu.  12.  chap.  24. 
dent  qu'il  s'en  engendre  au  Fondement:  il  y  a  pourtant  delà  difierencc  cntr'cux, 
premièrement  en  U  caufe  ,  car  ceux  des  m.embranes  du  Cerueau  s'engendrent 
ie  plus  fouuent  d'vn  fang  doux,  acrée  ^  nullement  malin,  mais  es  autres  parties 
du  corps  il  fe  mêle  parmi  le  fang  certaine  bourbe  ôc  quelquefois  de  la  matière 

ma!  i  sue 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ti 

-maligne  &  corrompue:  Jl  y  a  aullî  delà  diifcrcncc  en  la  Cure,  car  en  celui  qui 
vient  autour  des  membranes  du  Ccrueau  ,  il  faut  agir  doiiccmciît  fans  y  rica 
mettre  d'acre  ,  maïs  es  autres  endroits  on  peut  fc  ieruirhcurcûfemeur  non  feu- 
lement des  médicaments  acres  &  qui  dcfcclient  efficacement    mcmz  d-s  cor- 
roiîfs  ,   mais  on  peut  aulîi  venir  auFcr&:  au  Feu  comme  l'expcricnce  me  l'a 
i.pris:  Cil  ceux  qui  viennent  aux  Playesdci  iointurcs ,  à  caufe  d:  la  grande  dou- 
leur ôc  de  la  fluxion  des  humeurs,  il  faut  donner  peu  à  manger,  purgée  les  mau- 
uaifcs  humeurs  &  ounrir  la  veine  :  dés  le  commencement  il  faut  i:  ieruir  de 
Topiques  qui  âdouciilent  la  douleur  tel  qu'tft  ce  Uniment  '2^-  ceranoHit&G. 
Etemi  an.  5  t'y.  T-erebînih.btdi,  5  i].oL  R)ftc.b:ityr.rec.finefale,ol  devkelLoHor.c)' 
. amycdt  d.  an.  5  v] . li^neftant  sr/i-n^t  lento  igné  & calentur  ,  adde  croci  5  j ,  vitelhtm 
OUI  ].  m.  &  cum  filarnentis  impone  :  après  il  faut  appliquer  cet  Emplàcre  ^.  r/>;- 
:£<t  punis  albi  fè  C),  fiir.femin.fi£nu9r.  ^  cydonior.  an.  5  iv.  coi^uecum  Utie  vacci- 
"  ko  ad  conjïjlentiam  Cataplafmatis  ,  addebatyr.  rec,  oU  rofuc.  de  vitell.  aior.  an.^  j. 
axif^^^.^Jjur/san.  ^  6.  cre:i  5  G.  -u/V*?//.  ouor.nH.  t].  rn.appliceiur:  Il  fiut continuer 
iufquesà  ce  que  la  douleur  (oit  entièrement  apaisée,  ians  fe  mettre  beaucoup  eu 
pêne  du  Fungus ,  parce  qu'il  faut  vaquer  à  ce  qal  preiïè  le  plus:  la  douleur  ayant 
cti'sé  comme  aufii  la  fluxion,  il  faut  mettre  de  cette  poudre  fur  le  Fungus  ^. 
Fulii.  prAcîplt.  Alum.  vjii  an'.  5  G.v:trio!.''^j}l^y  puhi.rad.  Angel.  Arijîol.  rou 
Caryophill.  &Irid.fior.  an.  5;.  m.  W  faut  après  mettre  ce  Gataplame  ^.  far.fit' 
èAr.&  lupin,  an.  ^iv.pn.  colitmb.  ^;/,  Pnliu  Yof.rnb.  myndL  bAÏAufi.  Abfynth^ 
an.  z  i].  faits  mar.  |  /).  cum  Hxiniof.  Cata^L  Que  s'il  y  a  quelque  dureté  ou  mali- 
gnité qui  tienne  du  Chancre,  c'cH  atluré  que  le  Fungus  fc  moquera  de  czs  petits 
remèdes  &  qu'au  contraire  il  6'ciiarouchera&:  deuicndraplus  malin  C\  on  y  met 
de  l'Arfenic,  hayle  de  vitriol  (S<:  iemblablcs  fepcics  &cfcharotics  ;  Q^ie  faut-il 
donc  faire  ?  certes  ie  ne  comprcns  pas  encor  comme  il  fc  faut  comporter  auec 
celles  excrefccnces  »  fi  ce  n'ell  qu'on  les  ôrcauec  leur  racine,  veuque  les  médi- 
caments acres  les  irritent  5:  qu'elles  en  deuienncnt  plus  malignes:  ainfî  ay-ie  ex- 
tirpe il  y  a  dix  ans  ce  dcfefpcré  &  malin  Fungus  qui  croit  au  membre  viril  & 
.par  ce  moyen  rendu  la  (anté  à  vn  milcrable  qui  eft  encor  viuant  dans  le  rellorc 
de  Laufannc  :  mais  il  faut  prendre  (o'm  d'arracher  ces  Fungus  auec  la  racine, 
autrement  ils  regcrmcnt  incontinent  comme  ic  l'ay  remarque:  Martin  Chmic- 
lierc  Médecin  à  B.ifle  m'a  communiqué  va  cas  remarquable. 

Vnc  fîllc  de  Balle  porta  long-temps  vn  Vlccre  en  la  iambs  gauche,  il  y  croii- 
foitdc  la  chair  baucuiecn  i!  grande  abondance  que  les  Chuurgiens  en  ont  ôtc 
pourvue  fois  iufquesà  deux  liurcs,  &  quoy  que  l'on  crcut  l'auoir  entieremenr 
Otc,  Ç\  eft-cequ  elle  reucnoic  derechef  en  abondance  ôc  promptemcar  :  eniîn 
par  l'àuis  des  Médecins  on  luy  coupa  la  iambe  iiifqu'au  iarrcr. 

Apres  l'opération  ayant  raclé  la  ch^iir  &  découuert  l'os  ,  on  rrouua  vn  trou 
rond  qui  alloiç  iufques  à  la  moUelle  :  l'opération  reuint  félon  qu'on  aucic  de- 
iire,  mais commcchicun  cnk  qu'elle auoit  cch.ippé. voilà  cette  chair  baueufc 

L 


*i  Liure  Premier 

cjui  commence  à  poulîcr de  nouiicau  par  le  tionc  S<:  \  rincommo:3cr  quaCi  au- 
tant qu'aiiparaiiant ,  elle  vécut ncaiumoins  enuiron  deux  ans  aprcs  î  Opération 
&  fans  beaucoup  d'incommodité,  de  (orte  qu'elle  pouuoit  fortir  de  la  maifon 
&  le  tronucr  aux  (aindics  alfemblces  :  on  ne  doit  pas  donc  trouucr  étrange  fi 
les  Fungusdes  ioîntnrcs  ,  far  tout  ceux  qui  font  grands,  font  incurables  veii 
qu'on  ne  peut  point  les  ôrcrauec  la  racine  ,  ni  ne  pcuuent  être  rongés  ^.ar  des 
Cauftics. 

le  veux  adioutcr  ic)  quelque  chofc  des  Fungus  qui  viennent  fur  les  os ,  quoy 
qu'il  n'y  air  point  de  partie  plus  dure  au  corps  Ik  qu'ils  ayent  peu  de  vcnes  &^ 
artères ,  Ôc  fort  petites,  ils  ne  laiilcnt  pas  de  croitre  comme  des  Champignons, 
en  voici  des  exemples. 

L'an  1600.  ie  fus  demandé  pour  voir  vu  Gentil  homme  prés  de  Laufanno 
nommé  Monfr.  de  Gumouinsj&  m'y  eftat  arretlé  quelques  iours  on  me  fit  voir 
vue  fille  defesfuiettes  âgée  d'enuiron  20.  ans  :  elle  auoit  vn  très  méchant  mal 
en  la  iam.be  gauche,  car  en  vn  endroit  fous  le  genoiiil,  elle  eftoitaufli  grollcquc 
la  cuiffe  laquelle  dés  le  genoiiil  en  haut  étoit  exraïué  :  &  êcoit  pleine  d'v- 
ne  infinité  d'Vlcercs  pourris,  malins  ,  accompagnes  de  douleur ,  &  ce  qui 
ctoit  mcnieillcux,  chaque  Vlcere  êtoitouuert  iufquesàl'os  lequel  êtoit  fpon- 
gîpux,  carié  qui  n'auoir  que  la  peau  dciFus,  de  forte  que  les  Vlcerespenetroyenc 
iufques  à  iccluy  Se  Ton  voyoitmanifcftement  que  les  os  de  la  iambe  étoyent 
crusengrcfleur  Ipongieufe:  cette  fille  auoit  eu  quelques  années  auparauant  vue 
malndic  aiguë  5c  ries  c*âgereufc  de  laquelle  elle  êroi:  guevie  plus  par  le  bénéfice 
de  la  Natuit  que  de  l'Art:  (car  elle  ne  s'eftoit  ierui  d'r.ucun  Médecin Jellc  fc  plai- 
gnait après  d'vne  douleur  grauativc  en  la  Iambe,(lk  peu  après  la  Nature  fit  vne 
décharge  fur  iceik:  elle  n'en  perdit  pas  du  commencement  le  mouuemenr,maîs 
les  Viceres  ayants  commencé  a  fortii  en  dîners  endroits,  elle  fut  attachée  au  lit 
fans  pouuoir  plus  ma  cher:  les  paren.is  voulurent  qut  ie  la  luy  coupalîè,  mais, 
voyant  vne  grande  foibl-.Hc  aucc  exténuation  de  tout  le  corps  (  hormis  en  cette 
i:imbe  J  Se  craignant  quelle  ne  vint  à  mouiir  en  cette  Opération  ,  ic  ne  l'ofay 
entreprendre  ,  elle  mourut  peu  de  iours  après. 

l'ay  en  mon  Cabinet  les  os  de  la  lan.bf.  d'vn  homme  de  médiocre  taille  qui 
ont  été  trouuésen  vn  vieil  fepulchrc,  Us  font  au  double  plus  gros  que  le  natu- 
rcl,dc  forte  qu'il  eft  aisé  à  voir  qu'ils  font  venus  à  cette  groifeur  contre  l'ordre 
de  Nature  :  outre  qu'il  y  a  vne  certaine  matière  comme  Os  qui  y  eft  attachée 
par  lames  aiiifi  qu'eft  le  Tartre  aux  tonneaux  ,  ncantmoins  ces  os  font  afsés 
durs  &  folides  :  i'cy  cncor  vn'  autre  os  de  iambe  deux  fois  plus  gros  qu'il  ae 
doit  être,  mais  il  eft  fpopgieux  ôc  fungueux. 

H  y  a  quelque  temps  qu'on  me  fit  voir  vn  pîé  de  Bœuf  lequel  eft  dur  &  entier,, 
Jî  ce  n'eft  qu'à  coté  d'iceluy  il  y  eft  creu  vn  Fungus ofsée  de  la  grolTeur  d'vn  œuf 
de  Canne,  ce  Fungus  eft  poreux  comme  vn'  éponge,  neantmoins  dur  auec  infi-, 
nîté  de  tuyaux  de  tous  côtés,  par  lequel  il  y  a  âparcncc  qu'il  rcccuoit  la  nourri-. 
t\iïç,  Oèfern.  ^6,  Cenf.  ly  QBSER- 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  85 


OBSERVATION       LIV- 

'D\ne  monjirucufe  majfe  de  chair  au  derrière  de  la  TeJIe 
d'vn  enfant, 

EN  l'an  Kjij.  on  apporta  dans  rHofpkal  de  Srrafbourg ,  en  prefcnce  de 
Salrzmannus,  Scbilius  &  Funccius  Médecins  ordinaires  de  rHofpital ,  vn 
cnfanc  de  deux  mois  fur  la  nuque  dutiuel  s'eft  formée  vne  malfe  de  chaii:  de 
conlidcrable  grolfcur  &  pcfantcui:  il  ne  rend  aucune  voix  ôc  Jî'a  point  pleure  ni 
ctic  des  qu'il  cil:  au  monde  :  Lettre  de  lean  Screta  /dedecia  de  Bajle  ennoyèe  4 
l'mitheHr  ^uieflfur  la  fin  de  lOhJeriution  jj.  Cent.  6. 

Cet  enfant  wk  encor,mais  miicrabic,  toute  la  nourriture  du  corps  s'en  allant 
à  cette  malïe.  Les  Chirurgiens  ^  Barbiers  l'ont  voulu  ôter,  mais  Salczmannus, 
Sebizius  ôc  Funccius  s'y  font  ôposcs  (cachants  Qji'ds  auroycnr  ôtc  la  vie  en  mê- 
me temps;  car  par  quel  moyen  auroyent-ilspû  éuiter  vne  hxmorrhagie  en  vn 
corps  fi  délicat  &c  fi  foible,  oucommcntrauroyentils  pu  avreftcr?  mais  c'eft  le 
malheur  du  ficcle  que  cctce  race  d.  Barbicisn'a  poin  c  de  honte  de  faire  Ton  ap- 
prentiffage  en  tuant  :  ce  mal  a  commencé  au  venrre  de  la  mère  qui  l'accompa- 
gnera iufques  à  la  mort:  il  n'a  poini  de  voixj  peut  être  parce  queiesNetfs  ré- 
currents font  tires  en  bas  par  ce  poids  cxcx.'liîf,  il  fait  bien  quelque  effort  à  crier 
mais  ians  etlct  :  il  a  entièrement  vn  vifligc  de  vieille  ,  ôc  conuic  à  rire  ceux  qui 
le  regardent.  Ohfern.  17.  Cent.  6.  Lettre  du  ?/iéme: 

le  crois  que  cette  malle  de  chair  eft  venue  par  vne  forte  imagination  de  la 
mcre,  comme  ie  l'ay  vcu  en  des  autres  ;  le  liecle  pafsc  nous  en  a  fourni  vn  exem- 
ple ,  Thomas  Schunickcrus  naquit  fans  bras  à  Hall  en  Saxe  par  vue  terreur  & 
forte  imagination  de  la  mère  qui  auoit  eu  à  la  rencontre  vn  pauure  qui  n'auoic 
point  de  bras:  mais  les  Médecins  de  Srr.^ibourg  ont  eu  raifon  de  s'oppofer  au 
dcllcin  des  Chirurgiens,  car  fans  doure  ilsauroyent  ôté  la  vie  auec  la  carnolîtc, 
comme  il  eft  arriuc  à  Gi-neue  en  vne  fille  à  laquelle  on  voulut  ôter  vne  Tumeur 
au  Col ,  ce  qu^*  aufli  cil  arriuc:  au  Bourg  de  Tounonicy  proche,  car  co  ni  me 
vn  Herniotome  voulut  ôter  vne  ccroUelle,  le  malade  mourut  en  l'operationic'efl 
vne  autre  raifon  du  Steatome  duquel  ie  vous  ay  écrit  dernieremcnt,cat  l-s  vcnes 
&  artères  font  petites  au  Dos,  ce  qu'ayant  reconu  ce  grand  Médecin  ëc  Anato- 
mifte  Griffoniusjil  fit  heureuicmenr  l'opération:  quant  à  ce  qu'il  n'a  point  de 
voix,  ie  crois  auec  vous  que  cela  vient  de  ce  que  les  Nerfs  récurrents  font  offen- 
ses, car  quand  celaeft,la  voix  le  perd  incontinent  ou  fe  change ,  comme  i'cn  ay 
fait  l'elïàycn  dtsChcureaux:  cet  enfant  a  le  vifage  comme  vne  vielle,  parce  que 
toute  la  nourriture  s'en  va  à  cette  malfe  ,  de  là  vient  que  tout  le  corps 
amaigrit  ôc  que   le  vifage  fc  ride  ,    car  la  faim  non  leulcment    exténue 


^4  Liure  Premier 

le  corps  &  y  fait  venir  des  rides,  mais  auflî  ôrc  la  couleur  vermeille  du  vifage 
qui  fe  change  en  obiciire  &  liiiide  :  or  ceci  eft  digne  de  remarque  que  M.  Icnn 
Griiibn  aveu  à  Geneuc  en  vn  corps  mort  de  faim  qu'il  ouurit  en  l'an  1587.  af- 
lauoir  qu'il  n'y  auoic  point  de  mouellc  dans  les  os  :  Ce  qu'il  ne  faut  pourtant 
pas  trouuec  étrange,  car  en  ceux  qui  (ont  affames,  tout  ce  qui  refte  de  nourritu- 
re s'en  va  au  cœur  &  auFoyeafinquela  chaleur  naturelle  puiflè  entretenir  l'hur 
midité radicale  :  Ohferu.iZ.  Cent.  6. 


OBSERVATION     LV. 
jyvne  THmenr  rnonfirHenfe  de  l'Omentum. 

EN  l'an  i(So8.  on  ouurit  à  Giciren  au  Pais  de  Hclfe  la  femme  d'vn  potier  de 
^  terre,  en  laquelle  on  trouua  tous  les  vifceres  bien  conditionnés,hormis  l'O- 
mentum lequel  étoit  fi  prodigieufement  venu  gros  à  caufe  de  l'augmentation 
des  glandes,  que  l'on  la  croyoit  hydropique  tant  ê toit  gros  (on  ventre  :  cette 
mailè  eftoit  rnembianeufe  par  tout,  mais  par  dedans  glanduleufe ,  fchirreufe  & 
farcie  de  o^railfe ,  au  milieu  il  y  auoit  vne  cauité  remplie  de  fanie  Taie  &:  puante, 
elle  pefoit  cinquante  &  fix  liuces,  &  on  l'ota  fans  oftencer  aucun  dzs  vifceres, 
n'eftant  attachée  qu'à  l'eftomach  :  ie  ne  crois  pas  que  l'on  puifle  rapporter  la 
caufe  de  cette  Tumeur  àautre  chofe  fmon  à  ce  que  \qs  glandes  de  l'Omentum 
font  crues  ainfi  exccffiuement ,  car  il  y  a  quantité  de  vailFeaux  entre  les  deux 
mem,branes:  auflia-t'-on  trouué  en  ouurant  cette  Tumeur  vne  cauité  delà 
grandeur  de  la  paume  de  la  main,  qui  étoit  peut-c(Vre  vn  refte  de  la  cauiré  de 
l'Omentum  ,  parce  que  cette  fubftancc  glanduleufe  fembloit  couuertc  d'vnc 
mcmbranetant  en  dedans  qu'en  dehors  Objeru.  6f.  Cent.  y.  Communiquée  pAY 
Cregonus  Horflius  Trofefeur  en  Médecine  à  Gieffen. 


OBSERVATION     LVI. 
D'vne  fort  grande  Tumeur  fous  le  Nomhil,  ' 

IE  vis  il  y  a  quatre  ans  à  Laufanne  vne  femme  âgée  de  3c.  ans  qui  auoit  vnc- 
Tumeur  au  coté  gauche  fous  le  nombril  de  la  grofTeur  de  la  Tcftc  d'vn 
enfant,  ronde  Se  qu'elle menoit  de  coté  ôc  d'autre  :  il  y  eut  plufieurs  opinions 
fur  la  caufe  de  cette  Tumxur  qui  fut  feulement  découverte  après  la  mort,  car 
l'ayant  anatomizée,  ietrouuay  la  Ratte  Ci  grande  que  la*  partie  inférieure  d'i- 
cellc  (  quis'eftoit  endurcie  en  vnc  Tumcuyroade^iécçndQit  quafi  iufqu'à  l'os 
du.Pubi,.   f/««i5.  ^^j^^ 


1 


Des  Twm«tiri  contre  Nature.  «f 

OBSERVATION    LVÎÏ, 

ID^vne  Tumeur  du  Préface  <^  du  membre  Viril . 

'Ay  traittc  à  Solcurre  auec  le  Dodciir  Scharantfxas  vn'-ho.r!mc  de  40'.  ans 
robnflic  qui  ctoit  trauaillc  des  pluiîcurs  années  d'vnc  dcfluxion  fur  le  mem- 
bre viiil  6c  Je  prépuce  qui  le  fairilloic  aiicc  ficvre,  grand  tremblement,  nausée,' 
douleur  de  Tcfte  \k.  de  lumbcs  ,  fur  tout  s'il  eftoic  allé  vifte  à  Cheual  &:  après 
auoir  fait  la  débauche  ,  Car  alors  il  luy  venoit  premièrement  vn  peu  de  fièvre, 
les  glandes  de  l'Aine  droite  luy  groiTiiïoyenr ,  cc  incontinent  le  membre  viril 
&  la  bourie  s'cnfloyentXes  premières  années  que  le  m.al  luy  vint,  iln'etoit  fairt 
de  CQiic  dcfluxion  que  deux  ou  trois  fois  l'an  aisés  lcgcremcnr,&  le  mal  s'en  al- 
loit  aiicment  après  la  Purgadon,  la  faigncc  2c  l'application  de  quelque  médi- 
cament reiolutif ,  mais  par  iucccffion  de  temps  il  deuint  plus  opiniâtre, l'atta- 
qua plus  fréquemment  &  fc  guerUfoit  auec  plus  de  difficulté,  car  par  fois  il  rc- 
iîôit  vue  fi  grande  dureté  au  membre  &"  principalement  au  Prépuce  que  i'cf- 
pace  de  deux  mois  il  ne  pouuoit  pas  le  cirer  au  deiîbus  du  Bàlanus  :  Apres  l'a- 
uoir  purgé  quelquefois  &  prouoqucla  fueurjuous  y  milmes  aufîî  àcs  Topiques 
comme  Cataplamcs^OnguentSjEmplâtreSjfachcts  Emollicifs,^  rciolutifs,apres 
quoy  la  Tumeur  &  la  dureté  fc  palterent,mais  s'il  luy  arriuoit  de  faire  la  moin- 
dre faute  en  Ton  régime,  ou  qu'il  s'exerçât  par  trop,ce  mial  luy  reuenoit  incon- 
tinent :  Enfin  l'an  1619.  la  Tumeur  étant  entièrement  diffipéc  &  n'y  ayant 
plus  de  dureté  autour  du  Prépuce  ,  nous  demeurâmes  d'accord  qu'il  dcuroic 
prendre  vue  fois  le  mois  ou  de  fix  en  fix  femaines  vne  infufîon  de  iix  grains  de 
croces  rrietallorum  en  du  '^'n'),  de  de  faire  ouurir  la  vénc  au  bias'deuxou  trois 
fois  Tan  :  mettant  fur  la  partie  vn  fachet  de  chofès  adftriiigcntes  6t  corrobo- 
ratiues,comme  racines  de  Tormentille,Biftorte,BalauftcS)nûix  decyprés,Ecor- 
ces  de  grenadcSjrofes  Se  femblables  ,  le  faifant  cuire  en  eau  &  l'applicant  chau- 
dement le  matin  vne  hcureauant  Ion  Içuer,  &c  le Jbir  quand  il  alloit  coucher, 
le  lailTant  toute  la  nuit  fur  la  partie  :  Il  s'en  leruitau  commencement  vn  mois 
tout  entier  >  &  en  fuitte  trois  ou  quatre  fois  la  femaine  :  Ainfi  nous  vînmes  à 
bout  de  ce  mal  ôpiniatre,fans  parler  du  bon  régime  duquel  il  fe  fcruir.  Obfertk, 
55.  Cou. F. 


OBSERVATION     LVIII, 

Cure  À' vne  Tumeur ,  an  GenotiH, 

VNe  lîlle  de  18.  ans  graife  &  replettc  s'étant  entors  le  Genouii  par  v«c 
£hute  ils'y  fit  inflammation  auec  tres^randc  douleur:  au  commenccmen; 

L    5 


*<i  Liure  premier 

on  y  mît  vn  Emplâtre,  Ex  AroiQafortiacum  y  bol.  Àrmen.far.  Tritic.  Aceto  &Àl- 
kum.cni,âpïcï  Lquel  rinflammatioii  <5c  la  douleur  s'appailercnt  peu  à  peu  ,  mais 
il  y  demeure  vue  Tumeur  autour  de  la  Palette  grande  &  dure  àcaufe  de  Iiquel- 
Ic  elle  ne  pouuoit  marcher  qu'appuyée  fur  vn  baron  :  L'année  fuiuantc  on  me 
.l'amena à  Cologne »3c  luy  tiouuay  le  Getiouïl  fort  enflé  îk  Ci  roidc  qu'on  ne  le 
pouuôir  courber  fans  vne  grande  difficulté  ni  fans  douleur  ,  mais  elle  l'etcndorc 
lans  pciic  :  ce  qui  me  fit  conicdurer  qu'il  y  auoit  de  la  matière  amalsée  autour 
de  hPiLtre  5c  commençay  ainfi  la  Curejiuy  donnant  fort  peu  à  manger  Ik  des 
viandes  sèches  pour  diminuer  le  fang  &  les  humeurs  ôc  empêcher  qu'elles  ne  fc 
ictrafié:  fur  la  pnrtic,En  après  iela  purgeay  parce  minoratif.  O/i.Herhar.çy' fier. 
Béton. fcab'of,eiifiittje,iAgrnnon.  '^eron.an.  m.  i>.  fem.  anij.  5.  \.f.  deco^ioad  ^iv. 
col^.ddâe  Puhi,P.ij]'au.cHrn  Rhab."^  '/>^-^'2/7^^-|  ^  m.f.ponoLc  lendemain  ie  lui 
És.OLiuiir  la  vcne  la  plus  apparente  du  bras  cirant  enuiron  x.  onces  de  lang  :  En 
a^ics.'^.I^ad.achor.pen'of.fœrjic.polypod.  cortic.  ir.ter.rad.frmmUan,  §/.  h.teton, 
Agrimon.cufcHîiifcabiof.yiu  arthrit.  chamdd.  an.m.  i.flor.prtTntiL  ver.fiirnmit.rna- 
ioYMi.TurijGnar.ari.m.  £s,fem.amf.&  foerAc-dn-X^  G  i.lif.iir.  &  vuar.pafjkUr.  an.î^  t. 
coijue  in  aqua  nd  tfe  »  /.  capiatin  crepnfculo  matutino  1  vi.  Tandis  qu'elle  (e  fcr- 
uoitdc  cet  Apozcrae  ie  la  purgeay  par  interualles  quelquefois  Cum  Pulu.  Taf- 
faH.cumRhah.  quelquefois  cum  pulu.  exherrnodaU.  ôc  quelquefois  auec  extra- 
Hum corîicurn  eful&:U  mis  ce  Cataplafme  fur  le  Genouïl.  '^.Far.  Hordei&fa- 
har.an.l  iv.pnlu.rofar.rHbr.baccar.laHri,  myrtill.  an.  \  t.  pulu.flor.camorn.fambuc. 
yuA  Arthr.an.  5  &  fimt  caprill.  |  /  j.  cur/t  vino  rnb.f.  Caîaplaf  adde  in  fine  fapx. 
5i  i\.  Applica  calide  bis  m  die:  le  m'en  feruis  rrois  femaines durant ,  elle  conti- 
nua cependant  l'rtpozeme  fufdit  &  fut  purgée  par  interualles  :  L'vfage  de  ces 
médicaments  Se  la  façon  de  viuie  luy  emportèrent  entiercmcnr  la  douleur  ,  fi- 
iwn  quand  elle  vouloir  ployer  le  Genouïl,  la  Tumeur  difparutaufiG  roraleinein 
hormis  au  delfous  de  la  Palette  :  le  fis  tous  mes  efforts  pour  ram.ollir  cette  du- 
rcté,mais  en  vain,  enfin  comme  i'etoisafluré  qu'il  n'y  auoit  point  de  malignité, 
-ilme  vint  en  la  pensée  d'ouurir  cette  Tumeur,  ie  le  fisentendrcà  fcs  parents 
lefqucls  y  ayants  confenti,  &  ayant  derechef  purgé  i&:  fnigné  la  malade  ,  ie  mis 
mon  Cautère  potentiel  au  deifous  de  la  Palette  6c  à  cote  du  Tendon  ,  le  iour 
fuiuant  après auoir  enleué  l'efchare  ie  mis  ce  linim.cnt.  ^.  Vn^u.BafiLbmy.rec» 
fine,  f aie  an.l  i.oLamyod.d,&  derjitell.ouor.an.l  S.  ol.rof.l  i.  m.  f.'<irtgH.addito  oui 
vttelto  &  croci  9  j.  L'efchare  étant  tombée,ie  confumay  peu  à  peu  tout  ce  qui  re- 
ftoit  de  chair  auec  mon  Onguent  Efcharotic  ,  enfin  ic  trouuay  vne  m.aticre, 
€ra(îc,gluante  &  très  dure  au  dtlfous  de  la  Palette  entre  l'Os  &  le  Tendon  d'i- 
celic  :  ie  riray  dehors  peu  à  peu  cette  matière ,  mettant  dellhs  par  fois  de  l'On- 
guent Efcharotic ,  quelquefois  du  Précipité ,  Sec.  Prenant  cependant  diligcrei- 
ment  garde  d'oftcnfer  le  Tendon  .-rVlcere  étant  afsés  mondific  ,  i'y  fis  venir 
laCicatticc,  vfant  après  d'vne  fomentation  pour  fprtificr  la  partie,  ^.fior, 

& 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  «7 

é'fol.faÎH.  rorifmar,  primnl.  ver.  malor.  Iiae  Arthet.  hyperic.  Origan.  Mft.  m.  i. 
inctâantur  é'faccufo  indantnr,  eo  mterfufo  vino  rub.  cotjHaîur  ,  applica  cdiâè  bis 
i'idie  :  Apns  la  fomciirarion  i'oig:iis  lo  Gcnoiiïl  &:  la  Cuilïcaucc  i'hiiylc  de 
Heins  dcSlotanuSjAiiifi  elle  fiir  guérie  par  la  grâce  de  Dieu. 

Le  bruit  de  cette  Cuuevinr  aux  Orcillcsd'vn  CciCain  de  Coloo-ne  homme 
de  ciiK]uanCc  ans  Icqacl  me  demanda  :  Il  auoir  poitc  quiiizc  aiio  durant  vue 
Tumeur  en  la  Palette  dioiro  à  caufe  de  laquelle  il  ne  marchoit  qu  aaec  le  bâ- 
ton, Deux  r-nois  auant  que  ie  le  vilîè  >  cetteTumcur  croit  li  fort  au'-^întntcc, 
qu'on  po::noltr  dccouui  it  le  Pus  aucc  les  doigts  en  plufi  urs  endroits  autour  du 
Gcnouïl  :  ie  rcfulay  d'y  mettre  la  miin  ,  fçachant  que  ce  mal  ctoic  incura- 
ble ,  ncaiitmoin:  pour  luy  accorder  fa  prière ,  i'ouuris  rAbfccs  d'où  il  fortit 
pvir  quelques  iours  de  la  matière  claire  &femblable  à  du  petit  lait  en  abondan- 
ce «5»:  (ans  douleur  ,  En  après  de  la  matière  épaidè  ,  gluante  &  blanche  com- 
m:  du  lait  caillé  ou  fromage  frais  ,  enfin  il  reconnut  que  i'auois  dit  vray  ,  car 
rOs  fc  trouua  carie  ,  &  parce  que  l'on  ne  pouuoic  pas  ôter  la  carie  en  cette 
partie  à  cauic  de  la  profondeur,il  s'y  fit  vn  Vlcere  incurable  &  fifrulcuxjde  for- 
te qu'il  ne  peur  iamais  marcher  qu'aucc  le  bâton  non  plus  qu'auparauant.  Ob' 
fer  H. ^6.  Cent.j. 


V 


OBSERVATION     LIX. 

D'vn  fie  atome  en  la  Ïambe.  ■ 

\jN  homme  conliJerable  d'icy  a  désfix  mois  en  çà  vnc  Tumeur  cn4#' 
y  Ïambe  droite,  on  croie  que  c'eft  vn  fteatome,mais  i'en  doute,Il  n'y  a  rien 
de  Verolique  :  cependant  la  Tumeur  augmente  tous  les  iours  fi  on  ne  la  re- 
prime auec  la  lame  de  plomb ,  Il  a  outre  cela  des  douleurs  de  Iciaricuc  & 
de  Gcnouïl  :  étant  ieunc  ,  il  écoit  incommodé  d'vne  dcfiuxion  fur  les  veux 
piiiicipalemcni  fur  le  droit  :  Lettre  60.  de  Creaprms  Cobelius  D.  M.  à  l^Aa- 
thenr. 

lenaypaspeu  être  iuiîîfamment  eclairci  p.ir  celle  que  vous  aués  enuoycà 
cette  incommodité  de  la  ïambe  droite  ell  vn  Itcatomc  ou  non  >  Car  félon  Ga- 
lîen  au  liure  quatorze  de  la  méthode  curatiue  &  i£gineta  au  liurc  fix  ,  chapi- 
tre trcntefix  ,  c'eil  vue  Tumeur  dans  laquelle  cft  contenue  de  la  matière 
femblable  à  du  fuif,le  plus  fouuentfans  douleur  &:  auec  peu  de  dureté  :  quoy 
que  ce  foit  ,  il  y  a  apparence  que  cct:c  matière  qui  découloit  autrcsfois 
delaTcfte  fur  l'ccil  droit,  tombe  maintenatit  fur  la  Cuiiîc  ti^' fur  la  ïam- 
be.    Vous  ne  ferés  pas  donc  mal,   à  mon  auis  ,  fi  après  auoir  puriic  le 


^^  Lîure  Premier 

coipçf  pour  faire  reuaîiloii  vousappIi(jucs  vn  Cautcrc  potentiel  aubrasdiôît 
,^'  y  fïiùcs  vnefbmancllc  ;  icnc  rrouue  pas  mauuaife  le  lame  de  plomb  :  i'ay 
/ccounumç  c!e  l'oindcc  de  vif  argent  s  car  pnr  ce  moyen  ejJe  diflîpe  d'auantage, 
ivpaïkyinciCc  &  rc/bu£  cette  matière  virqueiife  :  l'Emplâtre  de  ranis  cum  Mcr- 
i:urîo  n'y  cii  pas  aalii  niauiiais  ;  Que  fi  par  ces  remèdes  cette  matière  ne  peut 
|jascirc  dilîîpce,  il  faut  venir  à  des  plus  grands,  touchant  lelqucls  il  faut  con- 
iiil£crGilien,y€\:inctaa:  des  autres  :  Conlidcrant  neantmoins  de  près ,  s'il  cft 
qucilicn  de  vcniïà.  i'ouuerture  ou  à  i'exciiion,  s'il  n'y  a  rien  de  malin,  comme  ii 
«Kefcuuicntderauoîrveu  arriiier,  alïàuoirque  telle  Torte  de  Tumeur  fe  change 
,fii  Viceres  malins  ;  que  s'il  y  palîc  quelque  grand  vaiiïcau  comme  vcnc  ou  Ar- 
ferc,  il  faut  aufli  redonner  garde  d'vnc  hicmorrhagie.  Lettre  6i.  Refponce  de 
J'Auiheiir. 


OBSERVATION     L  X. 

D'vne grande l^er Y h'ç  an  Fonce  &  comme  elle  a  été  otée. 

L'An  i584.ctantà  Langenberg  Village  de  la  Marche,  io:ay  à  vne  icuncfill^j 
vue  grande  verrue  qui  ctoir  au  Pouce  droit  entre  la  prem.ierc  &  fécond;: 
aî-ticulatîon  ,  rendant  ïa  main  fort  difforme  :  l'ayant  purgée  ic  liay  la  verrue 
auecdu  fil  retors  de  Chanvre  imbu  d'Aifenic  ,  ferrant  tons  les  iours  vn  peu  le 
nier  iufqu'a  ce  que  la  verrue  rombaft,  ie  moaditiayrVlccreauec  i'Vnguciuurn 
Apoftol.  &  le  cicatrizay  ij  bien  qu'il  ne  parut  aucune  trace  de  verrue. 

Or  quoy  que  Xtz  Chirurgiens  ayant  accouilumc  de  procéder  ainlî  non  IclIc- 
tttîent  z\\  la  Cure  àzs  verrues  &  en  toute  autre  cxcrefcencc  du  Co! ps>ic  ne  con- 
£ei}ic  pourtant  pas  aux  ieuncs  Chirurgiens,  comme  ic  l'ctois  en  ce  temps  la,  de 
iuiure  cette  méthode  à  caufe  ô,zz  grands  &  dangereux  accidents  qui  ont  accou- 
tumé de  venir  après  l'application  àz  l'Arfenic,  dcfqucls  quelques  vus  ariiuercnt 
cïi  cette  fille  qui  m'obligèrent  à  la  purgctjfaigner  &  à  mcferuir  à<:%  defenlifs  ^ 
cordiaux:» 

Des  ce  temps  i'ay  fuiui  vne  autre  méthode  &:  pkisaflTurée,  accompagnée  de 
moins  de  douleur  &  fâcherie  :  ayant  purgé  &  fiigné  s'il  y  a  abondance  de 
fang,îc  mers  tout  autour  de  la  racine  de  la  verrue  vn  peu  de  mon  Cauftic  fait 
aucc  lexiue  de  farmenrs  &  chaux,  enfermant  cette  racine  auec  le  Cauftic  dans 
vninftrument  d'argent  fait  en  forme  d'vn  doigrier  à]  coudre,  mais  beaucoup 
plus  bas  &:  le  prelïc  bien  contre,dcpeur  que  le  Catîftic  ne  touche  &  ronge  les 
parties  voilincs  :  i'cfcharc  étant  faire  î'y  mers  vn  Digcftif  de  beurre  frais,  huy- 
le  d'Amandes  douccs,faffran  &  iaune  d'csuf  iufqu'ace  que  I'cfcharc  tombe, 
après  auoir  mondihé  quelques  iours  i'Vlcerc  >  i'y  fais  venir  la  Cicatrice  comme 
auxautrcs  Vlci^rcsaiîcc  la  poudre  an-^eliquc  de  vigo  bien  rcélifice  ;  Quclîla 

lacine 


Des  Tumeurs  contre  nature.  89 

racine  de  la  verrue  n'eft  pas  entièrement  emportée  après  cette  première  appli- 
cation du  Caiiftici'y  en  remets  encor  pour  la  féconde  fois,  maisauant  quel'cf- 
chare  foit  tombée,  car  par  ce  moyen  il  fêta  moins  de  douleur,  le  réitérant  au- 
tant de  fois  qu'il  eft  necelîàirc. 


ADVERTISSEMENT. 

Auant  que  mettre  l'Arfenic  ou  quelque  médicament  acre  ôc  corrofif,ilfaut 
confiderer  de  bien  prés  le  naturel  de  la  verrue,  car  il  y  en  a  quelquefois  des  ma- 
lignes qui  le  deuiennent  encor  d'auantage  par  cette  forte  de  medicam.ents  ôc 
fe  conuertilîènt  en  Chancre  i 

L'an  1610.  i'ay  veu  à  Soleurrc  vn  Confeiller  auec  Monfieur  Scharandacus, 
âgcdz  feptante  ans  qui  aiioit  porté  quelques  années  vne  verrue  au  bout  de 
l'Aile  de  rOreiile  droite  fans  beaucoup  d'incommodité  ,  comme  elle  cora- 
mençoit  à  luy  faire  mal,il  demanda  conleil  au  BourreatJ,"lequel  y  ayant  mis  vn 
médicament  Cauftic,  il  s'y  fit  vnVlcere  malin. 

Bernard  Peneuaire  de  Lutii  fut  incommodé  plufieurs  années  d'vne  verrue 
en  lalevrc  de  delfouSjy  ayant  mis  vn  médicament  acre,  il  s'y  forma  vn  Chancre 
lequel ic  coupay  en  l'année  i6oi. 

Il  faut  aufîi  prendre  garde  en  mettant  le  Cauftic  qu'il  n'y  en  ait  pas  trop,  de 
peur  que  l'efchare  ne  vienne  iufquaux  Nerfs.  Obfer.jj.Cent.d. 


OBSERVATION     LXI. 

D'vne  grande  Ecchymofe  aux  parties  Génitales,  auec  Tumeur  du  Scrotum 
ç^  Gentîoires  heureufement  guérie, 

VN  àzs  princip:iux de  Payerne âgé  de 40.  ans  ,    robufte  ,  «Je  plein  d'vn  fang 
biû'é  &:  groificr  ,  étant  tombe  de  deiîus  fon  Chenal  lequel  il  auoit  pouf» 
se  à  toute  bride  ,  le  ftoillà  grandement  toutes  les  parties  génitales  auec  les  Ai- 
nes :  il  ne  lailfa  pas  de  monter  à  Chenal  &  de  fuiure  fon  chemin  :  le  iour  fui- 
uant  il  y  eut  rétention  d'vrine  auec  douleur  ,  mais  ie  ne  fçay  de  quels  médica- 
ments il  fe  feruit  :  étant  demandé  le  quatrième  iour  ,   ie  trouuay  les  bourfes  &c 
la  verge  vn  peu  enflées,  mais  celle-ci  noire  comme  Charbon  ,  il  n'y  auoit 
pourtantpas  de  la  dureté  &  la  douleur  n'étoit  pas  violente  :  Luy  avant  ordon- 
ne vne  bonne  façon  de  viure  ,  l'oignisTAine  auec  huylc  rofar  6c  appliquay  ce 
Cataplafme  :  OJi,  Far.  Hordei  fAbar.an.  ^tj.  puln.  rofar.  ^  ï.   coque  in  vinê 
rubro  ç^  pauco  aceto  y  adde  ol.  ro/ac.parhm  cum  oho  inteoro  ,  Le  iour  fuiuant  il 
prit  cette  Médecine.    ^,  Pulu.  noflri  laxM.  d  i  j.  fyr.  rof.fol.  comp.  cum  Rhah. 

M 


^o  Liure  Premier 

AgAT.  çr  fenn*  3  ]•  cnmf.  ^.  àecoUi  Agrimon.  veron.  cufcHti  &fem,anif.  f.  potic, 
laquelle  le  purgea  doucemcnr  :  le  lendemain  de  la  puigation  i'ouuris  la  vcne 
du  bras  gauche  &  liray  enuiron  icpt  onces  de  fang  :  ie  continuny  le  Cataplaf- 
me  quatre  ou  cinq  iours  deux  fois  le  iour ,  oignant  auflî  la  partie  d'huyle  ro- 
ùt  &  fis  faire  le  fachct  fuiuant.  ^.  Rad.  yilth,  l  j.  Abfynth.  vulg.  Rofar, 
Origan.  Agrïmon.  (^  laquelle  a  vne  propriété  occulte  dans  l'enflure  des  bourfês, 
coiDmc  l'a  expérimente  maiftre  lean  Tringius  d'Amfterdam  )  fior.  camom.  me- 
iilot,  &  Jarr.bac.  an.  m.  \.fem.  amf.  cumin.  &  fœnugr.  an.  \  i.  hîcidantur  ,  contun- 
àamur  y  tndti.îHr  facculo  interfunUo  &  vino  rnhro  cnm  Aejna  incotlo  ,  On 
l'appliqua  chaudement  trois  ou  quatre  fois  le  iour  ;  après  la  fomentation 
i'oignis  la  partie  auec  ce  liniment,  ^.  01.  camom.  Antth.  &  lu?nhric.an.  |j. 
faits  fiétilijf  phluer.  3  f*  j.  w.  Il  fut  ternis  par  ces  remèdes  en  peu  de  iours.  Oh- 
fern.S'Xent.^. 


OBSERVATION     LXII. 

D\'2i  commencement  de  Schirre  en  la  mammelle. 

VNe  îeunc  Dame  &:  robufte  à  Hilden  allaitant  Ton  enfant  fut  faifie  d'vne 
inflammation  en  la  mammelle  gauche  laquelle  étant  appaisée  il  y  relta 
vne  fl  grande  Tumeur  ^  dureté  qu  il  y  auoit  bien  du  danger  qu'il  n'y  de- 
meura vn  fchirre  ,  elle  le  feruitde  plufieurs  médicaments  Topics,  Em.oUitifs, 
&  rcfolutifs,  ncantmoins  la  TumiCur  &  dureté  ne  s'en  allèrent  point  :  ayant  été 
enfin  demandé  ,  ie  la  purgeay  doucement  auec  la  poudre  de  Pâllauanti  auec 
Rhubarbe  &  fis  incontinent  fcurer  l'enfant ,  oignant  les  mammelles  &  parties 
«i'alcntour  auec  huyle  rofatjy  adioutant  tant  Toit  peu  de  vinaigre  «S<:  ce  quel- 
ques iouis  durant  ,  pour  empêcher  le  fang  de  fe  ietrer  fur  la  pntie  qui  deuoit 
c:rc  conucrti  en  lait;  l'oignois  ai.iîi  tous  les  iours  la  mammelle  auec  ce  Uni- 
ment.   0/..  Empl.de  mncilagin.  5  i  i.  ol.  lilior.  alb.  amygd.  d.  pingned.  ^all.  an. 
%  ;'.  0.  Armnon.  tn  acetofcillit.  folnti  &  percol-l  il.  m.  /  limm.     On  y  aioutoit  ce 
Cataplafme  chaud  deux  fois  le  iour.    !^.  Fol,  &  rad.malnar.^.  fincidantHY mi- 
rutim^voft  coijiie  in  atj.ln mortario  lapideo pifier.tHY pat  cumfar.fabar. axmgiapoY' 
cîfiallin£:,Anatis  &  prcprio  decoEîo  rnalu.  Catapl.  Par  rvlsge  duquel  auec  les 
iurgaiionsconucnublcs&  vnc  bonne  façon  de  viurc^  cette  Tum.cur  fi  dure  fut 
enfin  ramolic  Se  diflipée  :  ie  conlolioay  vn  petit  Vlcere  qui  éroit  au  bout  de  la  i| 
memmcllc  y  mettant  vn  peu  de  Précipice  3t'  par  deffus  l'Emplâtre  de  Ranis  fcii 
Vieonis  :  Par  ce  moyen  clic  fut  bien  cOll  guérie  contre  refperancc  <Sc  l'opi- 
nion Je  tout  k  monde  -,  fans  en  awoîr  ceirenti  en  fuite  aucune  incommo- 
dité. 

Ea 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  9^ 

En  l'an  t(îo7.  Tay  veu  vn  fcmblablc  casa  Lucens  en  vne  Dame  que  ie  gucris 
par  de  femb labiés  icmedes.  Ohferu.^o.Cem.x» 


OBSERVATION    LXIII. 

De  Uguerifon  des  boutons  &  taches  ^ue  les  Enfants  apportent  du 
Ventre  de  la  Mer^^. 

MAdamela  Bailliiie  de  Signauv  au  Canton  de  Berne  eut  vn  enfant  il  y  a 
fepc  ans  qui  auoit  vne  tache  au  milieu  du  Ne  ou  plutoft  vn  bouton  rou- 
seatrc  delà  grandeur  d'vne  lentille  quiluyctoit  venu  par  la  force  de  lima- 
gination  durant  fa  grolTeffe  ,  ayant  ardemment  fouhaittc  en  vam  des  cernes  j 
vn  peu  de  temps  après  ,  l'enfant  venant  à  croitre  cette  tache  le  conuercmoïc 
en  vn  bouton  mol  &  flafque  relfemblant  à  vne  cerifc  partagée  par  le  milieu  ap- 
pliquée fur  le  Ne  :  l'enfant  étant  venu  à  l'âge  de  trois  ans,ie  fus  demandé  à  cau- 
îe  de  la  deformitc  qu'apportoit  ce  bouton  :  ie  le  purgeay  premièrement  douce- 
ment auec  du  fyrop  rofat  folutif  compose  &  commença/  ainfi  la  Gure  le 
XI. Septembre  1616.  le  palfay  vne  aiguille  courbe  auec  vn  fil  retors  par^  la  baie 
du  bouton  ,  l'clcuant  &  attirant  doucem.ent  en  haut,  en  après  ie  fis  l'incifion 
auec  vn  couteau  feparatoirebien  rrenchant  en  la  paitie  inférieure ,  dequoy  ie 
vins  à  bout  afscs  heureufement  i  mais  comme  i'auois  porte  le  couteau  vn  peu 
trop  haut  vers  le  front,i'oauris  vne  petite  véïie  qui  venoit  du  front  &  nourrif- 
foit  leTubercule,  6:  l'enfant  s'étant  mis  à  crier  &  à  fe  tourner  de  côte  &  d'au- 
tre,lc  fang  fortit  fi  abondamment  que  ie  ne  pus  pas  couper  ce  qui  reftoic  de  ce 
bouton,pour  trauailler  à  arrêter  le  fang  :  ayant  ôté  l'appareil  le  lendemain,  ie 
remarquay  que  ce  bouton  n'etoit  pas  entièrement  emporte  ,  ce  qui  me  mit  en 
pcne,car  telle  forte  de  Tubercules  &c  de  taches  ne  manquent  pas  de  reuenir  (î 
la  racine  y  demeure ,    comme  ie  t'ay  remarque  à  Genève  l'an  1587.  en  vne 
fille  de  huidt  ans,  à  laquelle  ayant  ôté  vne  excrefcence  au  front  qui  luyctoic 
venue  au  Ventre  de  la  Merc  relFemblante  à  vne  prune  ,   mais  y  ayant  laifsé 
les  racines  cette  Tumeur  reuint  bien  tofi:  après ,  quoy  que  la  cicatrice  fut 
formée  ,  ce  qui   m'obligea  de    venir  à   vne  féconde    Opération  laquelle 
reiiffit  fort  bien  ,   car  ayant  enleuc  de  la  peau  tout  ce  qui  ctoit  roug  r.tre, 
ce  Tubercule  ne  reuint  plus  &  il  s'y  fit  vne  cicatrice  blanche  :  Or  voyant 
que  ie  ne  pourrois  pas  couper  le  relie  à  caufe  de  l'humeur   de  l'enfant ,  ie 
me   fcruis   quelques  iours    durant  de  fuppuratifs  &c   d'Anodins  :  la  playc 
ayant  afscs  fuppurc  i'y  mis  vn   peu  de    mon  Cauftic  détrempé   en  peti- 
ce  quaiitîtc  d'eau  rofe  &  de  plantin  eii  forme  de  liniment  ,  en  oignant  les 

M     2 


52,  Liure  Premier 

bords  de  la  playe  aucc  vn  petit  pinceau  &  y  fis  venir  vne  cfviiarc  fur  laquelle 
ie  mis  vn  Digcftif  de  CiiT,  Tercbenthinc^gommc  Elemi^liiiyle  rofat  &  d'amen- 
des douces  auec  vn  iaune  d'œuf  tk'  fafFran  pour  la  faiic  tomber//  mettant  dere- 
chef démon  Cauftic  iufqn'ace  qu'il  n'y  reftat  plus  ni  de  Tubercule  ni  de  rou- 
geur,ôc  vfantiufqucs  à  la  fin  de  la  Cure  de  l'Onguent  fufdir,  car  non  leulement 
il  meurit  &  appaifc  la  douleur,mais  auffi  il  fait  chair  :  le  me  fcriiisneantm.oins 
parfois  du  Précipité  redtific  auec  cfpvit  de  vie  &:  laué  auec  eau  rofc  ,  car  il  atti- 
re puillàmment  ce  quieft  fige  dans  la  peau  ik  les  mufclcs  proches  :  Enfin  ie  fis 
venir  la  Cicatrice  par  des  dciiccatifi,dc  forte  qu'il  ne  refta  pas  la  moindre  tra- 
ce deceTubcrcule:Il  mourut  de  Pefte  en  l'année  1628- 

Il  faut  diligemment  prendre  garde  en  coupant  ces  Tubercules  ôc  taches  de 
ne  lailièr  abfolument  rien  de  la  chair  ou  de  la  peauteinte,car  autrement  ils  re- 
uiennent  :  Il  fautaufiTi  regarder  de  bien  prés  quand  on  met  le  Cauftic  ,  de  con- 
fumer  peu  à  peu  ce  qui  eft  liipcrflu  qu'on  ne  vienne  à  découurir  la  cartilage 
du  Ne  defon  Petiofte  ,  ce  qui  arriuttoit  ailemcnt  fi  on  mettoit  le  Cauftic  feul 
fans  être  détrempe  :  Car  par  ce  moyen  on  coi  tige  tellement  fa  pointe  &  fon 
acrimonie ,  que  ie  ne  faii  .oint  de  difticultc  de  m'en  feruir  pour  confumer  ces . 
Excrefccnces  &  tâches^comme  ie  l'ay  veu  en  l'an  1594.  à  Cologne  en  vn  enfant 
d'vn  ouuricr  en  foyc  qui  auoit  avi  milieu  du  Né  vn  Tubercule  rouge  comme 
vne  Ccrif  fur  lequel  ie  mis  de  mon  Cauftic  détrempé  par  lequel  il  fut  con- 
fumé  <k  rVlccïcfv.th  bif-ï  cunfollié  qu'il  n'en  parut  rien  après  :  meferuant 
premic'retrv.t.'t  du  L^aulti-.  t/iTcmpc  pour  mortifier  l'Excrcfcence,  en  après  du 
Digeftif  pôur  fr're  tomber  l'Efcbare  >  ik  du  Précipité  redific  pour  la  mondifi- 
cacion ,  ci-.f>'i  dcsD.iiccat.ift  pouc  faire  venir  la  Cicatrice  j  «^royant  que  l'en 
peut  guérir  p.ir  cette  méthode  toutes  les  tâches  &c  Tubercules  qui  viennent 
du  Ventre  de  la  mcre,  excédé  celles  qui  fout  auprès  des  yeux.  Obfermtion  46. 
Cem.V. 

L'opinion  du  Peuple  n'eft  pas  véritable  que  les  maux  que  les  enfants  appor- 
tent du  Ventre  de  leur  naerefoyent  incurables,  car  l'expciience  fait  voir  le  con- 
traire,commc  il  y  en  a  vn  exemple  dans  les  Obfcruations  de  Foreftus  :  Et  l'an- 
née pafsée  i'vn  ay  veu  vn  fcmblable  en  vnei:fant  nouuellement  né  de  Nicolas 
Ham.pelius  Imprimeur  de  l'Académie,  il  auoit  vn  Tubercule  cxulceré  en  la  Tc- 
fte  auprès  de  la  Suture  Sagittale,commc  on  m'eut  demandé  âuis,ie  baillay  bon 
courage  au  Pcre  &  à  la  Mcre  ayant  remarqué  que  le  Crâne  étoit  entier  &  que 
le  Tubercule  étoitfuperficiel  :  y  ayant  mis  des  maturatifs  ik  vn  Digcftif  con- 
uenable,  l'entretins  l'Vlcere  ouuert  vne  quinzaine  de  iours,  lequel  le  confolida 
de  luy  même  après  que  la  fuppuvation  fut  atheuée  :  de  forte  que  cet  enfant  fe 
porte  bien  iufques  à  prcfcnc.  Obfernmon  4.7.  CentV,  commmi^Hée  par  Çrego- 
rÎHs  HortiHS» 

O.BSER- 


Des  Tu  meurs  contre  Nature.  $% 


OBSEPxVATlON     LXIV. 
Indice  OH  exumen  de  U  l.epre. 

LE  Magîftrat  me  donna  charge  dernièrement  d'examiner  vn'  homme  cftimc 
Ladre  il  y  auoit  déia  trois  ans  par  les  Chirurgiens  :  L'ay.mt  vcu  ic  iugeay 
qu'il  n'cftoit  rien  moins  que  tel,  quoy  qu'il  fut  conjfînc  dans  la  ladrerie  depuis 
8.  ans:  i'obligeay  CCS  Chirurgiens  à  me  dire  les  fondements  &  par  quels  fignes 
ils  l'auoyent  iugc  tel:  ilsalfuroyent  auec  vne  impudence  étrange  qu'il  étoit  la- 
dre tant  àcaufe  de  la  couleur  plombée  &  bafance  de  fon  vilage,  que  parce  qu'il 
auoit  la  vcuè  courte  auec  cnroLieure,  comme  au(îl  à  cauie  de  la  puanteur  de  roii 
halcne  qui  bailloit  la  chaile  à  tout  le  monde,  &  d'vn  vilain  Vlcere  qu'il  auoit  en 
la  cuilîè  j  outre  qu'vne  fienne  fille  êtoit  morte  Icpreufe  :  par  czs  belles  raifons 
ils  auoyent  fait  en  forte  que  ce  pauure  homme  étoit  banni  delafocietc  ùqs 
hommes  &  rclegnc  parmi  les  ladres,  fans  que  pourtant  il  y  eut  aucun  vray  cha- 
radere  de  Lèpre  :  ce  qu'ayant  oiiy  &  voyant  qu'ils  ne  fçauoyent  rien  dire  de  la 
nature  &  elfcnce  de  la  Lèpre,  de  fcs  caufes  ,  diifcrences ,  fignes  Pathognomo- 
nics  :  ie  connus  incontinent  qu'ils  ne  faifoyent  point  de  différences  entre  la 
Lèpre  des  Grecs  (^  que  nous  appelons  vne  méchante  Galle  J  &  celles  des  Ara- 
bes dire  Elepbantiafcj  d'où  venoit  qu  ilsctoyent  tombés  en  cette  lourde  faute. 

le  leur  rcprcfentay  donc  en  peu  de  mots  quelle  difïcrence  il  y  a  entre  la  Lè- 
pre des  Grecs  ou  Pfora,  &  celles  des  Arabes  oumorbus  Elephanticus,Leontia- 
fis  ou  Satyuiafis,  &  Tyriafis,  leur  faifant  voir  que  ce  pauure  homme  n'auoit  au- 
cune des  marques  eilènritUes  de  ce  mal ,  car  n'eftan:  infcdé  d'aucuiieefpecede 
gale  feche,opiniatre  &  hideufe  à  voir,  n'y  ayant  aucune  écaille  fur  fon  corps  ni 
petite  ni  grande  ,  m.ais  ayant  le  cuir  poli  &  fc  portant  bien  en  tout  fon  corpsj 
ion  poil  tenant  ferme  en  toutes  les  parties  du  corps  &  piincipilement  aux  four- 
cils,  ie  conclus  par  là  qu'il  n'eftoit  point  entaché  de  la  Lèpre  des  Grecs:  le  prou- 
!  uay  aufll  qu'il  cftoit  exempt  de  la  Lèpre  des  Arabes  ou  de  l'Elephantiafe  parce 
I  qu'il  n'y  auoit  aucune  des  marques  elïentielles  de  ce  mal  :  car  ce  mal  étant  con- 
tagieux t^'  le  plus  iouuent  héréditaire  qui  par  fa  qualité  maligne  &  pernitieufe 
[rend  le  corps  diffoimeen  attaquant  principalement  la  peau  &c  les  couuertures 
i  du  corps,  il  fcroit  impoflîble  que  dans  l'cfpacc  de  8.  ans  il  n'y  eut  paru  quelque 
îchofe,  au  lieu  que  l'on  n'a  pas  peu  dccouurir  vn  feul  àcs  fix  fignes  Syllogiftics 
qui  fc  doiuent  rencontrer. 

Car  premièrement  on  n'a  point  veu  en  la  peau  de  la  face  ,  du  front  ou  des 
ioLies,  du  coude,  des  cuilfcs,  des  pies  &  des  mains,  aucun  bouton  ou  Tubercu- 
le mobile,  fans  douleur,  de  couleur  rouge,  brune  ou  liuide  ,  qui  rendent  le  vi- 
'Qige  fort  hideux. 

1,     1-    On  n'y  a  iamais  apperccu  en  la  bouche,  au  palais  ou  à  la  racine  de  Ij  iaii- 

M  ; 


^4  Liure  Premier 

guc  vers  le  Gofiçr  aucun  de  ces  Tubercules  qu'on  a  accoutume  d'y  voir  lefquels 
lonc  quelquefois  i,4unes,  quelquefois  tireur  furie  liuide. 

j.  On  lî'yapoinc  dccouuercaucun  Vlcercou  dans  les  entredeux  des  doigts 
des  pics  ou  en  la  plance  d'iceux,  principalement  en  l'endroit  le  plus  épais  &  le 
plusdurd'icclle  oudans  les  bras  prcs  l'articulation  du  coude  fur  tout  en  la 
pointe  ou  aux  autres  iointures  :  car  comme  telle  forte  dVlcercs  3c  de  creualîès 
pailcnt  la  vraye  peau,  fontlargcs  Se  rarement  vontplusauant ,  ont  des  Icures 
callcufcs  «Se  fort  enflées,  Icfquels  eftants  irrites  rendent  aisément  du  fang,  quoy 
qu'il  n'y  ait  point  de  douleur,  il  di-ie,  il  yen  auoit  quelqu'vn  ou  en  auoiteu  ,il 
.  auroit  paru  &  onauroit  tiré  de  là  quelque  ferme  iugemcnt. 

4.  Jamais  on  ne  luy  aveu  des  Vlceres  aux  narines  qui  ont  accoutume  de  leur 
ïonger  l'entrcdeux  ôc  les  os  ou  Cartilage  du  Ncsf  qui  leur  tombe  après  mifera- 
blement,  J  le  Palais  &  la  Luettes 

5.  Onneljy  aiâmaisveu  aucune  Tumeur ,  ni  le  bord  des  oreilles  t  ni  les 
Paupières,  ni  les  leures  m  les  pics  &  mains  bouffis  6c  enfles. 

Enfin  il  ne  luy  eft  point  venu  cette  pellicule  aux  yeux  près  le  grand  anglc^  la- 
quelle croît  peu  à  peu  9ux  Lépreux;  que  /î  elle  fe  rencontroit  auec  les  autres 
lignes,  elle feruii oit  de  forte  conicdlurc. 

Veu  donc  que  ces  fîgncs  Pathognomonics  ne  s'y  font  point  trouués  ,  qui  le 
pourra  faire  paiïlr  pour  Ladre  ?  quant  aux  figues  que  ces  Chirurgiens  ont  mis 
en  auant  &  des  autres  que  l'on  pourroit  âiouter ,  comme  la  perte  de  cheueux 
de  la  Tefte  auec  des  écailles  &  du  fon  qui  en  tombe  ,  les  creuaflcs  aux  pics, 
mains  tSc  ongles  ,  chute  du  poil ,  la  couleur  liuide  du  fang  quand  on  leur  en 
tire,  auec cpaitreur  &  des  giaius comme  de  fable  mêles  parmi,  vn  corps  ca- 
chedtique,  le  front  reluifant  comme  corne  ,  vn  chatciiillemcnt  &  comme  vn 
formillement  par  le  vifage ,  palais  Ôc  la  langue  &  vn  cngourdilTement  de  tout 
le  corps  :  tous  ces  fignes,di- je,ne  concluent  rien  veu  qu'ils  accompagnent  des 
autres  maladies  ,  &  qu'ils  ne  fe  trouuent  pas  en  cet  homme  icy.que  s'il  y  en  a 
quelques  vus,  ils  ne  font  pas  îï  confiderables  qu'ils  puillcnt  cmpclcher  cet  home 
de  trauailler  pour  l'entretien  de  fa  famillc:quant  a  ce  qu'il  luy  cft  mort  vne  fille 
dcLepre,comme  eftiment  les  Chirurgiens,ils  fe  font  aufll  trompes  en  la  mala- 
die :  car  ayant  bien  examine  la  chofe,  i'ay  reconu  que  ce  n'clloit  point  Lè- 
pre ,  mais  vne  verolleinueteréc.  Se  ce  qui  eftàrem.arquer,  quoy  que  cet  hom- 
me ait  été  huit  ans  entiers  parmi  des  Ladres ,  il  n'a  pas  laifsé  d'auoir  ^.ks  en- 
fants très- bien  portants  :  que  s'il  eut  efté  entache  de  ce  mal,  fans  doute  il  au 
loit  infedtc  fa  femme  ôc  auroit  engendré  des  enfants  atteints  de  Lcpre.Z.^//r^  14. 
de  Claude  Diodati Médecin  del'Euef^ue  de  Bafle. 

OBSER 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  95 


OBSERVATION    LXV. 
D'vrt  AneHrlfme  au  col. 

NOus  auons  veu  icy  vn  exemple  remarquable  A\n  AneunTme  en  vn  Ci- 
toyen de  cette  ville  (^  Gotlisy' lequel  croit  venu  au  col  à  l'endroit  ou  les 
Clauiculcs  feioignent  au  fternum  :  la  Tumeur  c'toit  de  la  groHèur  d'vn  œuf 
d'oye  auec  vne  pulfation  prompte:  les  vénes  &  les  artères  étoyent  fort  tendues 
&  remplies.  Obferu.  4^.  Cent.  3. 


OBSERVATION     LXVL 

jyvn  t/^neHYîfme» 

L'Aniéoé.  Ayant  otc  à  vn  enfant  la  Pierre  de  la  Veflîe  &  y  ayant  demeu- 
re prés  d'vn  mois,  ie  vis  quelquefois  à  rHofpital  auec  Mr.  Paul  Lentulus 
Kledeci,ordinaire  de  la  ville  de  Berne  vn  certain  étranger  lequel  anoit  vn  Aneu- 
lifme  qui  tenoit  toute  h  partie  gauche  de  la  Poitrine  iufqu'au  fternum  &:  au 
col  :  le  batement  de  cette  Tumeur  croit  fi  grand  èc  véhément  qu'il  en  foulcuoic 
les  habits  &C  fe  remarquoir  en  dehors':  il  ne  fentoit  point  de  douleur,  mais  il  y 
auoit  vne  très  grande  difficulté  de  refpirer  :  il  y  demeura  quelque  temps  &  prit 
mêmes  quelques  remèdes  tant  en  dedans  que  dehors  qui  luy  furent  ordonnés 
par  ledit  Lentulus,  mais  fans  effet,  enfin  il  s'en  alla  chésfoy,  fans  que  nous  en 
ayons  eunil'vn  ni  l'autre  aucune  nouucllc. 

Ceuxquineconnoifoyent  pas  le  mâl,y  voulurent  faire  incîfion,mais  Monfr. 
Lentulus  les  empêcha  bien  à  propos  ,  car  on  peut  voir  dans  Parc  liu.7.  chap. 
34.  combien  cft  dangereufe  cette  ouuerturc  par  vn  exemple  qu'il  amené. 
Ohfern.  43.  Cent.  3. 


OBSERVATION     LXVIL 

Guertfon  miraculeufe  d'vn  AneHrifme. 

VN  Maiftre  d'échole  à  Veulcrans,  nom.mc  Nicolas  Gclfci  dans  le  Bailliage 
de  Mojges  fur  le  Lac  Léman  s'eftant  fait  ouurir  la  veine  l'an  16c 4.  à  cau- 
fc  d'vne  gale  venue  d'humciurmelancholique,  le  Chirurgien  piqua  t:i  même 
tems  l'Altère  qui  vafous  la  BafiIique,ou  fi.  fie  pcuà  peu  vn  Aueurilme  fur  lequel 
0«  mit  vn  mois  durante  d'auanta^c  pluficurs  remèdes,  mais  en  vain  ;  11  ne 
me  vint  trouuer  à  Paycrne  au  mois  de  May:  le  vis  dans  leli:'.i  oa  ou  auoic 
fait  la  icdion  vne  Tumeur  delà  gtoilcur  d'vn  œufdoye,  de  couleur  paie  5c 


9^  Liurc  premier 

quelque  peu  dure  laquelle  on  remarquoit  battre  non  feulement  à  U  main,  mais 
aulîi  à  l'œil  :  le  battement  ctoit  fi  grand  qu'il  faifoit  foulcuer  les  plumaccaux 
ôc  bandages  quictoyent  dclfus  :  il  luy  eftoit  au(fi  impoflîble  d'étendre  le  bras, 
h  douleur  pourtant  n'cftoit  pas  beaucoup  grande  finon  quand  il  ellàyoit  del'c- 
tendrc  :  voyant  vn  mal  de  trcs-diificile  guerifon  ,  ie  fis  diificultc  d'y  mettre  la 
main,  ncantmoins  à  caufe  de  Ton  inllantc  prière  l'en  entrepris  la  Cure ,  luy  or- 
donnant premièrement  vn  bon  régime  &  appliquant  fur  cette  Tumeur  dure 
mon  Emplâtre  de  Cicue,  puis  ayant  receu  vn  laucmenr,  ic  luy  fis  prendre  vn  lu- 
lep  pour  préparer  l'humeur  melancholique  trois  matins  de  fiiite ,  au  bout  des- 
quels ie  le  purgeay  ainfi  2^.  &c.  ce  médicament  ayant  vuidc  auec  impetuofitc 
les  mauuaifes  humeurs  haut  ôc  bas,  attira  fi  puillamment  le  fimg  &  les  eiprics 
qui  cftoyent  enfermés  en  rAneurifme,que  le  iour  fuiuant  on  n'y  remarquoit  au- 
cune Pulfation  nia  l'œil  ni  à  la  main ,    auec  grande  diminution  de  la  Tu- 
meur :  ce  qui  m'obligea  à  meferuir  de  cet  Emplâtre  ^.  EmpL  Diacalcit,  ^  ij. 
pnltt.  ma(lich,  ro/àr.  rnb .myrtill.raâ.fy7nph.  mai.  an.  5  j.  cumf.  q.  olei  rof.f.  EmpL 
après  ie  fis  vnCoufliner,  ouplutoftvn  noiiet  auec  du  linge  fouuent    redoublé 
que  ie  mis  fur  la  Tumeur  ^  attachay  fermement  auec  des  bandes  ,    afin  de  re- 
poulïèr  la  Tumeur  &  d'empêcher  le  lang  vital  de  fortir  de  l'Arterc  &  de  fe  venir 
ietter  dans  la  membrane  externe  qui  eftoit  dilatée  ,&  par  ce  moyen  cet  hom- 
me fut  remis. 

l'adiouteray  ici  quelque  chofe  des  caiifes  de  l'Aneurifme,  Galien  au  liu.  G.  de 
it%  Adminiftr.  Anatom.  dit  que  l'Artère  a  deux  Tuniques,  defquelles  l'extérieu- 
re eft  mince  ^  moletilfue  défibres  droites  &  obliques  :  l'intérieure  efi:  cinq  fois 
plus  épaiile&  dure:  il  y  a  donc  apparence  qu'eu  i'Aneurilme  la  Tunique   inté- 
rieure fe  rompt  &:  que  l'extérieure  fe  dilue:  or  en  cet  homme  ci  quoy  que  les 
deux  Tuniques  eulfent  été  percées  par  la  Lancette,  (\  a-t'-ii  apparence  que  l'cx- 
/Cerieure  qui  eft  déliée  &•  voifine  de  la  chaire  des  veines  s'clt  incontinent  con- 
folidée  ,  mais  que  l'intérieure  à  caufe  de  fon  continuel  mouucment  qui  eft  ve- 
hemenr,&:  à  caufe  de  fa  dureté,  ne.pouuant  pas  fe  fermer,  que  le  fang  fc  foarroit 
par  là  en  la  Tunique  extérieure  &  y  faifoit  extenfion>  car  n'cft  pas  croy3bIe 
^comme  dit  FerncUce  que  quelques  vus  ont  forgé,qu'en  ce  mal  ci  il  y  ait  quel- 
que véne  ou  Artère  rompue,  vcu  que  le  lang  qui  lort  de  l'vne  ou  de  l'autre  n'y 
étant  plus  contenu,  vient  incontinent  à  le  pourrir  &  fait  vne  toute  autre  forte 
de  Tumeur  :  l'ay  veu  vn  Citoyen  de  Geneue  qtii  eut  vn  Aneuri(mc  après  vue 
ouuerture  d'Arterc  au  bras,  qui  fut  fuiui  d'hiflammation,  Gangrenée  Iphacele 
&  en  fin  de  la  mort  parce  que  l'extérieure  membrane  de  l'Arterc  étoit  demeurée 
ouuerte,  à  caufe  dequoy  le  fang  forioit  inceflamment  qui  le  pourrit  &  caufa    j 
CCS  accidents.  O^/ 44.  (7f«r,  3.  I 

OBSER- 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  97 


OBSERVATION    LXVIII. 

Traité  de  rAneurifme  du  Doreur  Michd  Doringîus  Médecin  à  Trejiau. 

L'Aueurifme,  âpclc  par  les  Barbares  Emborirme  &  merc  de  Tang,  cft  tnis  par 
Galien  au  liu.  des  Tumeurs  contre  nature  ch.i.  au  rang  des  Tumeurs,quojr 
|ue  mal  à  propos  fi  ou  veut  parler  proprement:  car  quoy  que  l'on  ne  puilFc  pas 
lier  qu'il  n'y  ait  Tumeur,  nsantmoins  cette  Tumeur  cft;  plutoft:  vn  ertct  de  l'A- 
leurifme  que  rAneurifme  même,  vcu  que  ce  n  cft  rien  qu'vne  maladie  de  cou- 
luit  dilate,  ou  pour  mieux  le  définir, vne  dilatation  d'artcre:  pour  le  faire  voir,  il 
n  faut  parler  vn  peu  plus  au  long. 

Galien  dit  qu'il  fe  fait  par  vne  effafion  du  fang  artériel  hors  de  l'arterc  fous 
a  peau  ,  &:  la  plufpart  des  Médecins  Grecs  &  Arabes  ont  fuiui  cette  opinion: 
[  n'y  a  que  Fernel  au  Hure  àçs  AfFeétions  extérieures  du  corps  ch.  5.  qui  ait  vou- 
j  combattre  cette  opinion,  lequel  eftime  qu'il  fe  fait  fimplemcnt  par  vne  di- 
:ention  &  relaxation  des  Tuniques  àts  artères  :  Platcrus  en  fa  Pratique  liu.  5. 
hap.  3.  cft  d Vne  opinion  entredeux ,  croyant  qu'il  ne  fe  fait  pas  toufiours  d'r- 
c  fimple  dilatation  d'arterc ,  mais  le  plus  fouuent  (  principalement  es  par- 
ies externes  )  par  vne  ouuerture  de  l'arterc  ,  car,dit-il ,  le  fang  fubtil  ôc  fpi- 
ituel  fortant  de  l'artère,  cleue  la  psau  en  Tumeur  &c  y  fait  vn  Sinus  dans  le 
uel  les  artères  fe  déchargent  tout  de  mcmc  qu'elles  font  au  Cerneau  dans  les 
inus  de  la  Dure  merc,  poiillànc  contre  nature  le  fang  auec  l'cfp.it  en  la  Dia- 
oie,  &  l'attirant  dcrechif  à  elles  en  USyftûle,  d'où  vient  la  puifation  en  l'A- 
:unfme:  mais  il  faut  croire,  que  rAiieuiifme  ne  le  fait  ni  par  rupture  ni  par 
jrrofionen  quelque  endroit  deraitcrc,  ni  par  Diapedefc  ,  c'cft  à  dire  fa  tuni- 
uc  étant  raréfiée:  ni  par  ouuerture  de  l'orifice  f  car  le  fang  fort  en  ces  trois 
|çons  des  Vaillèaux  ou  il  cft  contenu  )  &  qu'il  ne  vient  pas  d'vne  ctfufion  de 
}ng  artériel  fous  la  peau  ,  premièrement,  parce  que  la  couleur  naturelle  d'i- 
j:llc  n'en  eu  aucunement  changée  mais  demeure  par  tout  égale,  ce  qui  ne 
fait  pas  au  phlegmon,  er>.fypelc,  fronde,  pourpre,  -vérole ,  ecchymofe,  fug- 
ïllatioiis  6c  lemblabîcs  qui  témoignent  manifeftcmcnt  qu'ils  n'ont  point 
autre  caufeqjc  du  fang  cxtrauasc:  Syluaticus  ne  rcfo ut  pas  cette  diiïîcuhc. 


oyant  que  cela  arriue  parce  que  le  fang  n'eft  pas  cncor  change  quoy  qu'il  foie 
Drsdcfon  rcferuoir&  qu'il  s'y  confcriil  fans  aucune  corruption,   mais  fort 


:  entend  toute  cauicé  ou  manifefteou  qui  ne  peut  erre  conccue  que  paiimagi- 
tion,  &  que  par  le  mot  de  iuppuration  il  entend  route  forte  de  CGiruptioufûit 


9i 


Lîure  Prcmici 


riue  pas  dans  l'Aneurifmejil  faut  conclurre  qu'il  n'cft  pas  hors  de  Tes  vaîfifcauxî 
Syluaticus  repond  à  cette  raifonpar  vne  ûniilitudc  tirée  de  l'eau  d'vn  lac ,  la- 
melle quo)  qu'elle  foie  coyc  &c  ne  coule  pas,ncantmoins  ne  fe  corromt  poinr,cc 
que  certains  Philofophes  croyent  arriuer  parce  que  fi  bien  il  s'en  coûfume  afli- 
duelleiîicnt  ou  parce  que  la  terre  en  boit  vne  partiejOu  que  le  Soleil  en  diffipc 
continuellement,!!  en  vient  de  la  nouuellc  ou  de  quelque  Riuicrc  ,  ou  dçs  Fon- 
taines OU  de  la  mer  ,  laquelle  baille  vn  certain  mouucment  caché  à  l'eau  qui 
«mpéche  fa  corruption  ,    Ôc  comme  cette  caufe  n'a  pas  lieu  aux  marcrs  ,    il 
ne  faut  pas  s'étonner  ii  leur  eau  croupilfant  &  Vêtant  point  ventilée  ,    vient  | 
à  pourrir  le  plus  fouuenf.il  croit  par  vne  fcmblablc  raifon  quekfang  ncfe  cor-i 
rompt  pas  en  l'Aneurifmeiparcç  que  le  fang  a  Ton  allée  &  venue  libre  è  caufc  dm 
battement  de  l'artcre  &  de  rimpctuofité  du  fang  artériel  chaud  &  fubtil,à  quoy 
contribue  la  rompri  flion  que  fait  celui  qui  a  cette  incommodité  lequel  a  opi- 
nion que  la  Tumeur  retourne  au  dedans  par  cenioyen,qui  eft  cau(c  que  le  (àng 
extrauasé  fe  mêle  auec  celui  quin'étoit  pas  fortirce  qui  a  baillé  occafion  de  met-  i 
tre  dirtus  des  fortes  comprcllès  pour  retenir  le  fang  en  fon  lieu  :  ces  raifons  oni 
quelque  âparence,principalcmcnt  fion  yâioutece  que  dit  Galien  \.de  fimpLineÀci 
JAC,  cap.  11.  Qje  lors  que  les  ai  teres  fe  dilatent,  elles  ont  vne  faculté  attraâricin 
Il  forte  qu'(  lies  attirent  à  elles  non  feulement  l'air  &  les  vents,  mais  auiîi  tout  c<  'f 
qui  eft  fubtil  &  pc  ut  être  attiré,dc  forte  que  leurs  extrémités  qui  aboutiiïènt  i 
la  pcau,fi  celleci  cft  frotcede  fubrilc  poudre  de  poii]re,elles  l'atiietauec  l'air  qu' 
enuiconne  le  corps:  quant  à  la  furaiirudc  auancée  par  Syluaticus,on  en  peut  dir< 
ce  qu'on  dit  en  gênerai  que  toute  iîmilirude  cloche,  car  l'eau  de  Lac  ne  fe  cor 
rompt  point  pour  cette  feule  raifon  qu'elle  paflè  &  repalïè  par  diuers  conduit 
de  ta  terre, &:  qu'ainfi  ce  ii'eh  pas  toufiours  vne  même  eau,y  en  venant  touiîour 
de  lanonudle,  mais  auflTi  parce  qu'elle  cft  là  dans  fon  lieu  propre  &  nature) 
à  quoy  on  peutâicuter  lanatuc  de  l'eau  des  Lacs  qui  durent  long  temps  en  de 
-vaiflcaux  far.sfe  coi  rompre:  mais  pour  prtllèr  la  fimilitudc  ,  ie  la  trouue  fi  ms 
propre  que  ie  m'étonne  que  Syluaricus  homme  de  graod  iugcment ,  l'ait  os 
mettre  en  auant ,  car  quoy  que  Ams  l'Aneurifme  le  fang  aille  &  vienne  libn 
ment,neantmoins  et  la  le  fait  par  vn  même  canal  &  non  par  des  différents  coït 
meenvn  Lactl'caud'vn  Lac  r,t  bou^apointdefon  propre  licit,&  le  fang  en  1'/!: 
ncHiifme  fort  de  fon  propre  lieu  pour  aller  en  vn  autre;  enfin  l'eau  d'vn  Lac  pj' 
vne  prcpiittc  narurclle  dure  long  tiipps  fins  fc  corrompre  ,  au  contraii 
le  rai'gfecorrompr  tres-facilemuit  :  s'il  m'oppofc  le  paltàge  de  Galien  de  1 
force  de  la  vertu  atcradiice  des  artères  &  dit  que  c'cft  qusfi  par  vne  même  ra 
fon  que  l'artcre  par  fa  Syftolechailc  le  fang  2<:  qu'elle  le  retire  4  foypar  laDi: 
ftolc, comme  vne  Syringue  en  tirant  àfoy  le  baron  attire  de  la  liqueur  pour  pet 
que  foie  le  trou  &  la  chalïc  derechef  en  lapoullànt.-ccLcainement  îx  l'Aneurifme  : 
faifoic  toufiours  par  Aiiafiomofe  des  artères,  cette  obiedtion  pourroit  fauoiif 
fon  opinion^mais  comme  il  (^  fait  i;arcn>cnt  en  cette  façon,  ou  peut  ctrc  iamai 

COD 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  $9 

comme  liiy  même  le  confcire,il  eft  aise  de  la  rcfucer,car  fi  le  fang  fort  de  Tarte- 
rc  dans  rAneurifme  par  Anaftomofc  &  y  retourne  ,  il  arriuera  de  deux  chofes  l'v- 
ne,outre  que  la  Tumeur  fera  toafiours  de  même  grandeur  fans  augmenter  ni  di- 
minuer;ou  que  dans  la  Diaftole  le  fang  ayant  été  attiré  en  dedans  elle  fe  dilTipe- 
ra  cntierement,&  que  par  laSyftole  elle  paroiftra  derechef,  defquellesl'vne  ÔC 
l'autre  eft  non  feulement  faulTc,mais  la  dernière  eft  auflî  entièrement  impolTiblc 
à  caufc  du  peu  de  tems  qu'il  y  a  entre  la  Syftole  &  Diaftole  qui  n'eft  quali  qu'vn 
inftantjcomme  aufli  k  caufe  que  l'orifice  de  l'arterc  eft  très  petit  Se  comme  ca- 
pillaire:&  fi  bien  on  peut  accorder  qu'il  fefait  quelque  flux  &  reflux  du  fang  qui 
eft  proche  de  l'orifice  de  rartere,quedeuiendra  celui  qui  s'en  va  aux  côrcs  de  rA- 
neurifme? par  quel  moyen  feia  il  garde  de  corruption  veu  principalement  que 
le  fang  qui  eft  contenu  aux  vênes  ik  artères  capillaires  eft  ordinairement  plus 
cpais  &  plus  froid  que  celui  qui  eft  dans  les  Vailfeaux  proches  du  cœur;&  faut- 
tl  s'étonner  fi  le  fang  vient  à  fe  corrompre  hors  des  arteres.vcu  que  cela  luy  peut 
arriuer  dans  les  artères  mêmes  ou  par  loa  propre  vice  ou  par  celui  que  luy  com- 
munique le  fang  qui  entre  des  vcnes  aux  artères  par  Anaftomofes  comme  cela 
arriue  aux  fiévresi'ie  voudrois  que  Syluaticusme  fçcut  dire  pourquoy  il  ne  fe  fait 
point  d'Aneurifme  aux  Inflammations  tant  internes  qu'externes,  ou  pourquoy 
le  fang  ne  s'y  corrompt  veu  qu'il  peut  aller  &  venir:ceux  ^uifont  d'vne  contraire 
opinion  en  rendent  cette  raifon,que  cela  fe  fait  ou  à  caufe  de  la  pctitefle  des  ar- 
tères, ou  parce  qu'elles  font  ferrées  &  prcfsées  par  les  parties  trauaillces  d'in- 
flammatioujou  parce  qu'elles  mêmes  font  inflammées,  ou  parce  que  le  fang  eft 
versé  dans  la  cauité  de  la  partie,  &  cette  dernière  raifon  éclaiicit  aufll  l'autre 
doute,car  le  fang  fe  corrompt  aux  inflimations,  parce  qu'il  eft  en  vn  lieu  étran- 
gcrton  peut  aufli  contenter  Syluaticusen  la  demande  qu'il  fait,  pourquoy  c'eft 
qu'à  ceux  qui  font  mis  à  la  Torture  aufquels  les  auceres  dQS  mains  font  violem- 
ment dilatccs,ilne  leur  vient  point  d'Aneurilinc?car  cette  dilatation  fe  faitfeu- 
icmcnten  vue  dimendon  alîàuoiren  longueur,  mais  en  l'A  icurifme  l'Aitere  Ce 
dilate  eu  toutes  fesDimsnfionSjquoyquc  par  fois  fclon  la  difpofîtion  de  1  Artère 
ôc  des  parties  voiûnes.ou  félon  la  dîucrfité  du  f\ng  3c  des  cfprits  Se  de  leur  mou- 
uementjil  le  face  des  Aneuiiîmcs  plus  larges  ou  plus  ronds  les  vus  que  les  aiitres: 
le  demande  par  contre  à  Syluaticus  fur  la  dittlrente  forme  des  Aneurilmes, 
pourquoy  c'eft  qu'il  a  de  ceitaines  bornes,  Ci  le  fang  vient  à  fortir  hors  des  Ar- 
tères, &:  pourquoy  c'eft  qu'il  ne  s'étend  pas  au  long  3c  au  large,  mais  que  le 
plus  fouuent  il  garde  la  forme  de  l'artcre  cet  à  dire  longue  :  car  il  (emblc  qa'il 
deuroic s'cpandrcça  &  la  veu  qu'il  eft  plusfubtil  que  le  fing  des  \î:nes  ,  com- 
me il  arriue  dans  i'Ecchymofe  après  vue  contufion  ou  faignce  ,    il  répandra 
peut  être  auec  Platerus  qu'il  s'y  fuie  vn  (înus,  mais  ie  dem.inde   derechef 
comment  c'eft  que  ce  Sinus  pourra  fi  bien  rctenirlc  fang  en  foii  enclos  qu'il 
n'en  puillc  point  fortir  ni  aller  de<^à  ô:  delà  ;  &:  ainfi  la  première  dirfî-ulté 
fubfifte  encor  :   le  ne  fçaurois  non   plus  cttrc  de  l'âois  de   Platerus    que 

N  1 


loo  Liure  Premier 

la  peau  tient  lieu  d'Artère  3c  que  le  fang  va  dans  le  Sinus  de  l'Aneurirmc  tout  de 
inciiîe  que  les  Artères  le  verfcnt  dans  le  Sinus  de  la  Dure  mère ,  car  fi  la  peau 
peut  feruir  d'Artère,  comme  pourra-elle  arrcftcr  le  fang  qui  a  eu  la  force  d'ou- 
uiir  les  Arteres,qu  ilnepalle  pas  par  les  pores  d'icelles  les  plus  ouucrtsîou  quel- 
le faculté  puKifiquc  remuera  l'Ancuiifmc  en  telle  forte  que  fon  mouuement  fui- 
ve  précisément  celui  du  cœur,  s'il  dî  vray  que  la  vertu  puliîfique  vient  du  cœur 
par  les  Tuniques  des  Artcres,comme  c*c  ft  le  fcntiment  des  principaux  Médecins? 
y  a-  t'-il  âparcnce  que  le  fang  qui  vient  de  forrii  toutfraichemenc  de  l'orifice  de 
l'Altère  ait  vnefi  grande  vertu  que  de  pouuoir  donner  mouuement  en  vn  iïi- 
ftant  à  celui  quiclt  contenu  dans  le  Sinus  ?  il  peut  bien  être  qu'il  donnera  ce 
mouuement  à  celui  qui  cfi  proche,  mais  comme  le  pourra- t'-il  donner  fi  régu- 
lier à  tout  le  fang  qui  eft  dans  ce  finus?  il  faudra  que  le  premier  qui  a  efté  ému, 
remue  celui  qui  luy  eft  proche ,  &  celui-ci  celui  qui  le  touche  &  ainfi  par  con- 
tinuation iufqu'au  dernier  ,  ou  iufqu*a-ce  que  la  vertu  motrice  foit  difllpce, 
comme  on  le  voit  en  l'eau  qui  a  eftc  agitée  par  quelque  chofe  qui  y  eft' tombée. 
Il  faut  donc  que  TArtere  foie  demeurée  cntitre  fi  on  veut  que  l'Aneurifme 
refpoude  au  mouuement  du  cœur,  &  il  eft  impofîible  que  la  peau  puilfe  feruir 
d'Ai  tere  au  fang:  ayant  donc  abatu  cette  opinion,  l'autre  ira  aulTi  par  terrc,que 
le  fang  puiffc  demeurer  fans  corruption  ayant  changé  déplace:  quant  aux  Ar- 
tères du  Ccrueau,  elles  fe  déchaigent  de  leur  fang  en  vue  autre  manière,  car  el- 
les vont  aboutir  naturellement  dans  les  finus  de  la  Dure  mère  ,  mais  elles  font 
ouuert«s  contre  nature  en  l'Aneurifme,  d'auantage  elles  l'y  verfent  peu  à  peu 
&  en  vn  lieu  deftinc  par  la  nature,  celles-  cy  le  poulfent  fubitement  &c  aucc  im- 
petuofité  en  vn  lieu  ou  il  ne  peut  aller  félon  nature:  qui  cft-ce  donc  qui  trouuc— 
ra  étrange  fi  IVn  fe  corrompt  &  l'autre  non. 

r  Maïs  voici  vne  autre  railon  par  laquelle  ie  f^is  voir  que  l'Ancurifrae  ne  fc 
peur  faire  ni  par  Anaftomofe,  ni  par  Diapedcfe ,  ni  par  Diairaife  ôc  Anabrofe, 
fi  c'cft  vn  propre  figne  &  infcparable  de  l'Aneurifme  que  non  feulement  il  re- 
tourne en  dedans  étant  comprin^é ,  comrhe  fait  fœdeme  ,  mais  qu'il  Ce  diflîpe 
entièrement,  il  faut  de  neceliité  que  l'Artère  foit  entière  ^  qu'il  n'y  ait  point 
^'ouiierture,  car  fi  la  chofe  ne  va  ainfi>  par  quel  moyen  le  fang  peut-il fortir  par 
vn  petit  trou  &  r'entrer  par  le  même  ?    qu'on  m'ofte  aufli  ce  fcrupule  ,  pour- 
quoy  c'ift  que  le  même  n'arriucpasaux  inflammations,  contufions  &  fembla- 
blesafKdlionsvcu  que  les  humeurs  font  hors  de  leurs  vaificaux  ?  car  la  même., 
caufey  étant ,    il  faut  aufiî  que  l'effet  fuiue  :  mais  chacun  fçaic  quelle  difficul-         \ 
ré  il  y  a  d'tmpcchcr  la  fluxion  ,  à  preuenir  vue  inflammation ,  à  empêcher  la     Vii 
fupparation,  à  la  hâter.  Ci  on  ne  peut  l'éuicer ,  à  faire  fortir  le  pus  hors  de  l'A-    j|| 
P9(tcme,à  confumcr  hiang  liuidequi  eft  dans  vue  Ecchymofe:ccrtainement  ce 
retour  du  faiig  de  l'Aneiirifa^e  dans  l'artcre  prelle  d'auantageSyluaticus  que  ceux 
qui  veulent  qj|>'il  le  fait  par  vue  fîmple  dilatation  d'Artcre,carfi  le  fang  eft  encor 
Tftenu  pav  la  membrane  de  l'At terc,pourra  t'-on  trouucr  étrange  fi  en  prcfTaut 

l'Ançurifnae 


DcsTumeurs  contre  nature.  ici 

TAncurirmelc  fang  regorge  dans  l'Artcre  par  fa  double  embouchure  ?  Reprc- 
ftiitcs  vous  vn  Tac  on  vn  oliaiic  qui  aie  vn  canal  à  chaque  bouc  par  le 
moyen  duquel  il  y  encre  quelque  humeur ,  Ci  celui  ccant  rempli  vous  vencs  à  le 
prellèr,  vous  verres  manifeftement  que  l'humeur  fonira  par  les  deux  tuyaux, 
alFauoir  par  ou  elle  trouue  de  l'ouacrture  :  i'accordcray  neancmoins  qu'aux 
grands  Aneurirmcs  il  ne  s'y  remarque  jjointde  puliacion&  quoy  qu'on  le  c©m- 
prime,que  Iciang  neantmoinsne  rentre  pas  dans  l'Arterc  ,  cclan'arriue  pour- 
tant pa$  ou  qu'il  y  ait  vue  plus  grande  quantité  de  fang  qu'elle  ne  puilfe  rentrer 
ou  être  contenue  dans  les  Artères  >  ou  qu'il  s'y  foit  grommelé  ,  comme  a  cru 
Parc,mais  par  vne  autre  railon  ,  car  la  vertu  ramafsce  étant  plus  forte  que  celle 
qui  cft  éparfejil  fc  peut  faire  que  l'on  ne  remarque  pas  le  Pouls  en  l'Arcere  par- 
ce quelle  cft  trop  dilatée  :  en  après  ,  comme  il  cft  Certain  que  les  petits  oiifices 
des  vailîeaux  peuuent  être  bouchés  s'ils'y  iettc  vne  trop  grande  abondance  d'hu- 
midité,trouuera-t'on  étrange  fi  le  fang  fe  prefentant  vers  vne  entrée  trop  peti- 
te lors  qu'on  vient  à  faire  compreflion,qu  il  n'y  puiiïè  pas  rentrer? 

11  faut  pourtant  oiiyr  les  railbns  de  Syluaticus  &  Cuz  quels  fondements  il 
veut  appuyer  le  reflusdu  fang  dans  les  Artères  :  il  commence  par  cette  ouuer- 
tore  d'Artère  qui  fe  fait  par  Diairefe  ou  Anabrofe,  «Se  croit  pouuoir  démontrer 
par  la  ftrudure  &:compofition  naturelle  de  l'Artère  que  le  fang  y  peut  être  fa- 
cilement renuoyé  à  caufc  que  Galien  au  liu.y.  Adminiftr.  Anat.ch.  5.  dit  que  les 
vénes  n'ont  qu'vne  Tunique  propre,&:  les  Artères  en  ont  2.  defquelîes  l'exrerne 
cft  fcmblable  à  celle  de  la  véne,&  l'intérieure  cft  cinq  fois  plus  épaiftc  &  dure 
qui  luy  ferr  comme  d'vne  peau  en  dedans  lemblable  à  vne  toile  d'aragnée  la- 
quelle eft  fi  manifefte  dans  les  grandes  Artères  ,  que  quclquVns  ont  cru  que 
c'étoit  vne  troifiéme  tunique  :  il  ne  faut  pourtant  pas  croire  qu  il  y  en  ait  vne 
quatrième  qui  leur  foit  piopre,mais  comme  il  y  a  quelques  vénes,'  aufli  y  à  t'il 
I  des  Artères  qui  font  entourées  dVne  membrane  déliée  qui  les  couurc,  les  affer- 
1  mit  &: les  attache  auec  les  parties  voifines  ,  ce  qui  fe  voit  principalement  an 
I  delïèus  du  Diaphragme  par  le  péritoine  qui  fournit  cette  mcmbianc  &  au  de(- 
\  /us  dgns  le  thorax  par  la  pleure  ;  Il  croit  donc  que  Tépaillcur  w^  la  dureté  des 
tuniques  eft  caule  que  quoy  les  Artères  foyent  blefsccs  »  que  toutefois  les  leures 
de  la  playe  ne  s'abailïcnt  pas,  mais  qu'elles s'ouurent  Ci  fort  qu'elles  peuuent  de- 
rechef receuoir  le  fang  qui  a  été  comprimé  par  les  doigts  Se  rcpoufsé  vers  iccl- 
les,&  que  pour  cette  caufe,  comme  dit  Galien  en  fon  liure  de  Vfu  Pulfuum  c-6. 
les  tuniques  des  Artères  demeurent  éloignées  l'vn  de  l'^aurre  même  en  vn  corps 
mort.  Syluaticus  croit  que  ^ette  réception  fe  fait  plus  facilement  Ci  l'Artcic  cft 
ouuertepar  Anaftomofe  à  caufc  queGalien  ».de  fi  m  pi.  m  cd^facul  t.  c  u.  dit  que 
l'orifice  de  l'Aitere  eft  fort  adhèrent  à  la  pcau.QM^ant  à  rAneurifmc  fait  par  Dia- 
pedefe,il  eftime  queplufieurs  ont  ignoré  lufqi'esaprefenr  que  le  fang  y  puillè 
rentrer  par  corapreffïon,  mais  que  s'ils  tufiènt  coifidc.clachofe  de  plus|rés, 
ils.  auroyeut  peu    comprendre  ,   que  l'Artcre  peut  erre  par  fois  tellenacnc 

Ni 


lor  Lîure  Premier 

ravcfiécquc  coraittele  lâng  qui  a  été  iubtilisc  à  peu  pafîèr  au  traucrs  Se  Ce  ren- 
dre fous  la  peau,  par  même  raifoii  (  iinon  qu'il  ie  change  J  par  comprcflîon  il 
peut  retourner  dedans,  &  que  l'Autere  fe  raréfie  quelquefois  par  des  caufesqui 
ccUaufenc,  quelquefois  par  vnccaufe  externe  qui  fait  contuhon  &  extenfion, 
&c  il  en  même  tems  le  fang  fc  trouue  être  fubcil  ,  que  la  trantrudarion  en  eft 
beaucoup  plus  facile  :  Voila  l'opinion  de  Sylu»ticus  touchant  lonucrturc  des 
Altères  laquelle  ie  vay  maintenant  examiner. 

Quant  à  la  ftrudure  naturelle  des  Artères  Se  rêpaiflèur  Se  dureté  de  leur 
tunique  intérieure  ,  quoy  que  i'auouc,  parce  qu  elles  fe  confolident  malaisc- 
fnent,que  leurs  lèvres  demeurent  ouuerres  pour  bailler  lifue  au  fang  fubtil  Se 
fpirituel ,  fi  eft-ce  que  ie  ne  puis  comprendre  qu'elles  fe  trouucnt  autant  ou- 
ucrtes  pour  le  receuoir  après  lacompreffion ,  car  elles  ne  font  pas  fi  dures 
qu'étant  prefsces  elles  ne  prêtent  pas  plus  que  du  bois  ,  car  on  voit  le  contrai- 
re en  vne  inflammation  »  en  vn  Abfccs  Se  vn  fchirre ,  lefquels  compriment  les 
Artères  &  les  refièrrcnr,commc  dit  Gal.i.  decauf  Pulf  i.  Qac  fi  l'Arrere  prête 
quand  elle  eft  comprimée ,  qu'eft  ce  qui  pourra  empêcher  q  jc  l'oaucrture  par 
laquelle  le  fang  deuoit  rentrer  ,  ne  le  bouche  en  la  partie  oppofitc  ?  En  aprci 
comme  la  tunique  extérieure  ell  d'égale  groiïèur  à  celle  des  vcncs,  elle  fc  pour- 
ra confolider  auffi  facilement  que  celle-  ci  après  la  playe  faite  Se  empêchera  de 
fortif  le  fang  artériel ,  tout  de  mêmes  que  les  vêncs  retiennent  le  fang  aux  vari- 
eescàquoy  feruiia  aulfi  cette  tunique  commune  de  laquelle  i'ay  parle  ci  defliis, 
le  tiens  donc  qu'en  tout  Aneurifme  ,  qui  vient  après  vne  ouuciture  d'Artère, 
qucl'vne  &:  l'autre  tunique  eft  cnticrc,ou  que  la  feule  intérieure  cft  ouucrte:quc 
fi  l'Artère  eft  ouuerte  par  Anaftomofe ,  quoy  que  Syluaticus  cftime  que  le  fang 
y  retourne  plus  facilement,  Ci  efl:  ce  qu'il  aura  de  la  pêne  à  me  le  pcrfuader,  car 
quoy  que  l'orifice  de  l'Artère foit  fort  adhèrent  à  la  peauw5f  qu'elle  ait  vne  for- 
ce attradrice,fi  eft  ce  que  l'Aneurifme  ne  viendra  iamais  par  cette  caufe,  car  ie 
Itsy  mets  derechef  au  deuant  des  obic<5tions  que  i'ay  fait  contre  l'Anaftomofe, 
A  quoy  i'aioute  k  lieu  ou  ont  accoutumé  dcfe  faire  les  Aneunfmes,alIatioir  ou 
font  les  pins  grands  vaiiîèajx  Se  qui  contiennent  le  plus  :  Se  n'cft-il  pas  vray  que 
les  Ancurifmes  arrinent  le  plus  fouucnr  par  la  violence  de  quelque  caute  Pro- 
catarâ:iqucf comme  parvn  accouchement  difïîcile,en  criantjchantantifonnant 
de  la  trompette>&:c  Jqui  dilate  les  Artères,  car  ces  caufes  échauffent  tellement 
le  fang  &  les  elpdts  qu'ils  fe  vont  rendre  comme  furieux  là  où  l'Artère  eft  plus 
large,par  ou  eflayantsdc  faire  vne  fortic,ils  fe  font  large  dans  icelle  en  l'eften- 
dant  Se  la  prcffant  en  dehors ,  tout  de  même  que  fait  du  vent  enferme  en  vne 
Vc{lie,&  Platerus  ne  le  defauouc  pas  quand  au  même  lieu  il  attribue  ce  mou* 
uement  paipitatif  du  cœur  qui  dure    Se  accompagne  l'homme  iufqucsàla 
mort,  à  vn  Aneurifme  interne  engendré  par  la  feule  diftenfioii  de  l'Arterc  ,  Sc 
trouue  étrange  qu'il  ofe  nier  que  le  même  puilïc  arriuer  das  les  parties  externes.' 
Que  Syluaticus   me  dk  cucor  pourquoy  l'Aneurifme  n.c  vient  pas  après  le 

Priapifme 


Des  Tuhfieurs  contre  nature.  103 

Prîapifmc  qui  fe  fait  quelquefois  à  canfe  de  Forificc  des  Artères  trop  omiertes, 
comme  dit  Galien  liaic  6. de  iocis  pff  D'auantagc,  fi  le  (ang  cft  forti  à  vn  hom- 
me de  l'hypochondre  droit  auec  la  même  impetuohrc  que  Ci  on  auoit  ouuert 
vnevcne  à  la  quantité  d'vne  liure  fans  qu'on  peut  remarquer  le  lieu  par  ou  le 
faiîg  croit  forti  quand  qu'il  ctoit  arrête  ;  Si  le  mcmeeft  arriué  à  vn  Gentilhom- 
me de  Padouc  qui  auoit  été  fuied  à  vn  fluxhaemo;rhoidal  d'vn  fang  groflîer 
auquel  il  eft  forti  par  le  fcrotum  fans  qu'il  refta  aucune  trace  du  paflage:  &s'il 
cft  ibrtî  par  tous  les  conduits  du  corps  à  vneNounaîn  après  vnc  grande  ter- 
reur, Pourquoy  cft-ce  que  le  même  n'ariiuera  pas  en  rAneurifme  les  orifices 
des  Artères  étants  ouuetis,  veu  que  le  fahg  cil  chaud  &  fubiil? 

Mais  a  t*il  de  la  raifon  de  dire  que  l'Aneurifine  fe  puilîe  faire  par  dfapedefe, 
carie  ne  comprcns  point  abfolumcnt  comme  il  ne  fe  fera  pas  vne  ecchymofc 
quand  il  y  aura  ou  contu/idn  ou  diftenfioncn  l'Artcre  ,  Se  faudroit  que  ceux 
aufquels  la  torture  a  étendu  les  Artères  des  bras  auec  violence  fulfent  faifis  d'vn 
Aneutifme.-l'ay  auflî  de  la  pêne  à  compicndre  pourquoy  c'cft  que  ce  fang  fub- 
til  peut  bien  palier  à  trauers  les  Artcrts  qui  font  natuicllcmcnt  cpaiiïes  ôc  fer- 
lées de  tous  côtésjcomme  dit  Gai. 6.  de  vfu  Part.c.8-  Et  ne  le  pourra  pas  au  tra- 
uers delà  peau  qui  tft  toute  tioijce.-y  a  t'il  apparence  que  auelque  caufe  aura  la 
vertu  d'ouurii'  les  pores  ,  principalement  vne  externe  ,  ô/agira  fur  les  Artères 
épargnant  la  peau  ?  Tnaoué  bien  qu'il  fe  fait  vnc  fracture  au  Crâne  &  aux  Os 
fans  qu'il  y  ait  aucun  mal  en  la  peau  ,  mais  ils  font  durs  Se  peuuent  refifter  ati 
coup  ce  que  ne  peuuent  pas  faire  les  Artères  :  quant  à  Ion  opinion  de  la  facilite 
du  retour  du  fang  dans  icelles  en  comprimant  ,  elle  fe  trouue  nulle  en  aba- 
tantfon  fondement  ,  aaffi  a  il  âiouté  à  propos  que  le  fang  ne  doit  point  être 
changéjCar  s'il  s'etoit  épaiflî  il  ne  pourroit  pas  pénétrer  ,  mai$  i'ay  fait  voir  ci 
dcifus  qu'il  fe  change  fàwilcmcnt;  Le  fubt^rfugc  que  ctrchc  Plateruscn  laSc- 
6kion  cft  fort  leger,car  combien  que  k  fang  forte  à  l'inftant  quoy  que  Ion  n'ait 
ouuert  que  la  ptau,neantmoins  cela  le  fait  ou  parce  que  la  tunique  de  l'Artère 
qui  eft  attenuce,adhcre  très  étroitement  à  la  peau,  ou  parce  qu'elle  eft  offencée 
en  même  tems,ou  parce  que  la  peau  étant  biefsée ,  elle  vient  à  fe  rompre  par  la 
quantité  &  impetuofité  du  fang  :  mais  ie  veux  encor  demander  à  l'vn  Se  à  l'au- 
tre pourquoy  c'cft  que  l'Ancutifme  ne  croit  pas  à  l'infini  s'il  vient  parce  que  le 
fang  fe  verfc  fous  la  peau  ?  Car  on  peut  douter  fi  l'Aitcre  attire  autant  par  Dia- 
ftole  qu'elle  a  poussé  dehors  par  la  Syftole  ou  contraâriort. 

Pour  mettre  fin  à  cette  dîfputc,  ie  n'approuue  pas  la  définition  que  donne 
Syluaticus  deTAneurilme  que  c'cft  vne  Tumeur  faîte  par  vne  fluxion  d'vn  faiTg 
tout  chaud  fubtil&  vaporeux  de  TArterefons  la  peau  ,  car  outre  qu'il  mctvn 
Génère  qui  ne  luy  coHuicnt  pas  ,  aiufi  que  i'ay  montié  ci  dcfius ,  il  manque  à 
démontrer  comme  il  fc  fait,  tant  s'en  fautdonc  qu'ilote  les  dilficultez  qui  pcu- 
unit  naitrc  f'ce  que  doit  faire  vne  bonne  définition^  qu'il  en  engendre  des  nou^ 


J04  )|Liure  premier 

ijclles:iaioiitcpourconclufioii  cçs  deux  Corollaires,  r.  que  Mercâtus  fe  trom- 
pe quand  il  die  qu'en  tout  Aneurifmcil  y  a  exccnfion  d'Artère ,  mais  que  toute 
exccnfion  n'eft  pas  accompagnée  d'Aneurifmc  finon  qu'il  y  aie  rupcure,car  nous 
auoiis  montre  ci  dellus  que  l'Aneurifme  fe  fait,non  par  vue  rupture  d'Artère, 
mais  par  vne  extenfion  d'iceile  en  toutes  Tes  dimenfions  :  c'eft  donc  vne  défini- 
tion particulière  par  la  caufe  ôc  l'effet  quand  il  dit  que  rAneurifme  eft  vne  ou- 
uerturedela  tunique  interne  de  l'Arteré  &  vne  extenfion  de  l'externe  auec  pul- 
Tacion  &  tumeur  ;  l'autre  Corollaire  eft  que  Stcghius  ne  diftingue  pas  bien 
i'Aneurifme  en  vénal  &  arteriel,car  i'extenûon  des  vcnes  fait  vne  Varice  ôc  celle 
des  Artères  l'Aneurifme.  0^7?r».44.Ce//r.3. 


OBSERVATION    LXIX. 
V'-one  Enterocele. 

VN  Gentilhomme  demeurant  à  Cuilly  fur  le  Lac  Lemaniiommc  Daniel 
de  Cliallon,  ayant  écc  trauaillc  quelques  annccs<l'vne  cnreroccle  au  côté 
droit, enfin  le  îo.  Odobre  1606.  i'Inteftin  décendit  au  fcrotum  après  vn  vio- 
lent exercice:  ilfucuint  incontinent  vne  grande  douleur  par  tout  le  Ventre  ,  & 
la  même  nuit  vn  fréquent  vomiiïèmcnt,  inquiétude  auec  fuppreffion  d'vrine& 
des  excréments  ;  ayant  négligé  les  remèdes  &  les  accidents  venants  à  augmen- 
rer,&  la  douleur  plus  violente  ,  il  fat  obligé  de  demander  Mr.  Claude  Mirion 
Apothiquairc  à  Laufannc  >  qui  voyant  ce  malade  bien  prcfsé  voulut  que  ic  filïè 
appelé,maispour  ne  pas  demeurer  cependant  fans  rien  faire  >  il  fit  dei  fomenta- 
tions &  donna  des  Lauements  EmollitifsjAnodyns  6c  qui  auoit  la  vertu  de  dilli- 
perles  vents  étant  ariiué  au  quatrième  iour  de  fa  maladie  ,  le  voyant  en  d/e 
grandes  douleurs  &:  inquietu.^.c ,  trauailié  d'vn  continuel  vomilïèmcnr  auec  ré- 
tention àcs  excréments  &  de  l'vrinejc  peu  qu'il  en  rendoit  tirant  (ur  le  rouge* 
laquelle  rétention  dura  iufqucs  au  2.^.  iour  ,  auquel  fur  le  foir  celle  qu'il  rendit 
auoit  de  la  matière  mclcc  iemblable  à  du  fon ,  &  des  lors  clic  fortic  ians  aucu-  ■' 
ne  dilHcultéj&f  ce  qui  cù  admirablcjiufqu'à  Ihcure  de  la  mort  elle  croit  com-  ji' 
me  d'vue  personne  qui  ic  porte  bicn:Le  fcrotum  étoit  fortei>flé  &  dur  auec  rc-  \  ■ 
niteuce,partanti'ordonnay  ce  Lauemcnt.  ^.  Rad.  dr  fol  walndy  ahh.fol.vioUr.  ; 

bciét,parietar.aft,xr\.']jlor.CArnoTn.melilot.fambuc.an.  m.  û./cM./inî  fœ.mor.  ar;.  ^.  B. 
jénif.f(xnic.iV7.^\.co^iieadtertias.Incolat.'^xv.diJJ'.ELDiacathol,lS.vitel.'.oHo>'.ri.lj. 
ol^.mom.  aneih.  hutyr.recan.liB.m.  On  applii:afur  le  fcrotum  vn  fachet  chaud 
fait  auec  les  mêmes  ingrédients  du  Lauement  cuits  en  eau  ,  on  oiunit  auili  le 
KîOZiïtn  &  le  Ventre  auec  huyle  d'Aneth  5i,  Camomille,  ayant  rendu  le  Laue- 
mcnt, 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  jo^ 

ment,  il  en  rcceutvn  fécond ,  continuant  le  fachctv.%:  l'iniinAion  ,  lequel  rtar.t 
rendujie  le  mis  dans  vn  lit  la  Tcfte  baifè  ^  ks  pics  élcués  elFayantiTiais  en  vain, 
deieduire  i'intcltin  en  Ton  lieu  ,    parquoy  pour  euicer  tout  reproche  ,  ie  fus 
dau'is  qu'on  appckfi:  AbclRolcius  Médecin  à  Laufannc^  lequel  cCùnt  venu, 
voulut  que  ie  fille  encor  vn  elFay  de  réduire  rinceftin  ,  que  fi  ic  n'en  pouuois 
venir  à  bout ,  que  ie  continuallè  les  fomentations,  inonétions <?<:  laucmenti, 
&  quei'applicalïè  fouuentvn  Cacaplafme  chaud  fait  auec  les  herbes,  racines 
ôc  le  refte  de  la  decoiiïion  du  laucment  pile  en  vn  mortier  de  pierre  &c  pafsc 
par  vn  crible  de  cuiure  auec  vn  pilon  de  bois ,   y  âioutant  de  la  mie  de  pain, 
iauncsd'œufs  ,  huyie  d'aneth  &:  camomille  :  il  confcilla  au(îî  de  luy  faire  pren- 
dre la  nuit  fuiuante  quelque  peu  d'huyle  d'amandes  douces  ,  &  le  matin  du 
iour  fuiuant  vne  petite  médecine  :  Ayant  donc  elHyc  en  vain  fur  le  foir  de  ré- 
duite l'intellin  ,  ic  fus  oblige  dereuenir  aux lauemcnts.cataplafmes,  Se  mon- 
â:ions ,    mais  il  ne  peut  pas  prendre  i'hayle  d'Amandes  douces ,  parce  qu  elle 
luy  faifoit  mal  au  cœur  :    le  four  (uiuant  il  prit  cçitc  médecine  ordonnée 
par  le  Médecin  Rofcius.     !^.  Expr.  RhHbarb.  in  aqua.  menth&hifufh  "z^'y  fyr. 
•réf. fol.  li.fy^'  vlolac.  ex  fl.infitjton.  5  l?.  m.  dijjolue in  acfun  menth.  0'  byjjbpi/fu- 
txat  (jjHiZtuor  horis  ante  prandinm.    Mais  l'ayant  rendu  vn  peu  après  auec  beau- 
Coup  de  phlcgme  &c  quelque  peu  de  Bile  ,   ie  reuins  aux  fomentations,  luy 
donnant  encor  vn  laucment  fait  auec  la  decoclion  précédente  dans  lequel  ic  fis 
difibudre  vn  peu  de  Bened.  lax.  &  hierxJJmp.  cum  vitellis  ouor.flile  &  ol.  pro- 
cèdent ium  cly  fier  um  :    Il  luy  fit  rendre  quelques  matières  dures  &  fœudcs  :  la 
douleur  dimiwua  quelque  peu  ,  àc  l'infl  .cion  ou  tumeur  s'abballFcrent  aufli  en 
partie  ,  de  forte  que  maniant  le  icrotum  on  entcndoit  murmurer  l'intcftin: 
ayant  donne  fur  le  ioir  encor  vn  femblable  lauemcnt ,  il  rendit  beaucoup  d'ex- 
crements  ,    &  l'intcftin  rentra  en  ie  poulfant  doucement  auec  la  main ,  Iç 
fcroruni  demeurant  neantmoins  extrêmement  enfle  &  endurci  auec  douleur, 
ien'olay  mettre  delliis  des  choies  adlhingentes  en  lieu  defquelles  i'appliquay 
Gc  cataplafme  emoliidf&  caiminacif    '^.  Far.  faùar,  liv.pnln.jior.  ca- 
mom.  ?nelllot,fîmhic.  an.  5  i  j.  PhIh.  fern.  anif.  fœnic.  cumin,  an.  %  Cs.pnlu  bac- 
car.  Liuri.  ^  j.  cum  decoBo  rad.  Alth.  malu,  parletar.flor»  camom.  rneliloufamb. 
&fem.  feenugr,  f.  CatJplaf.quod  bis  aut  ter  in  die  calide  applicetur.     Le   vint- 
.hnid:  dumois  fur  le  (oir    il  rendit  le  boiiillon  qu'il  auoic  pris  vn  peu  aupara- 
uant  auec  quantité  de  pituite  puante ,  ayant  neantmoins  ce  foir  là  rendu  de  luy 
même  des  excréments  bi^n  cuits  :  le  vint-neuf  il  eut  encor  le  matin  vn  béné- 
fice de  Ventre  ,  mais  les  excréments  étoyent  liuides  Se  cendres  auec  grande 
puanteur .    êc  ce  même  iour  il  rendit  par  deux  fois  les  bouillons  qu'il  auoit 
pris  mêlés  auec  beaucoup  de  pituite  très  puante  ,  Se  la  nuit  fuiuante  ii  iuruint 
vnvomidcment  continuel  &  très  puant  auec  dcfp.illance  ,  ce  qui  m'obligea  à 
luy  mettre  vncpitheme  fui  le  cœur  :  le  trentième  du  mois  qui  êtoit  le  dixiè- 
me de  la  maladie,  il  rendit  fins  inccrmidion  «I^":  en  fi  grande  quantité  de  la 

O 


io6  Liure  Premier 

maticrctrcs  puante  ,  qu  on  â  de  la  pcne  à  comprendre  ou  elle  êcoit  logée  :  il 
auoit  aulTi  vne  perpétuelle  enuie  d'aller  fur  fclle  quoy  qu'il  rendit  fort  peu 
&  toufiours  des  matières  fœtides  ,  quelquefois  folides  mais  grifatres  ,  &c 
quelquefois  liuides  mais  purulentes  ou  fanguinolentes  ,  &  p-ilîa  ainfi  toute  la 
nuitquictoitle  commencement  de  lonzicme  iour,rcfufant  tout  ce  qu'on  luy 
prefentoit  roitbouillon,vin,&c  11  mourut  doucement  le  iour  fuiuant  fur  la  fin 
de  l'onzicme. 

Il  y  a  des  chofes  remarquables  en  cette  maladie ,  premièrement  que  l'V- 
line  des  le  fixicmc  iour  iufques  à  la  fin  a  toufiours  été  comme  celle  d'vnc 
perfonne  qui  fe  porte  bien,  au  contraire  le  pouls  dés  le  quatrième  iour  C  au- 
quel ie  fus  demande  J  iufqu'à  celui  de  fon  dccés  a  toufiours  été  ij  petit  &  ca- 
ché qu'iUembloit  celui  d'vn  mourant  ;  les  autres  adions  étoyent  fi  robu- 
ftes  qu'il  s'habilloit  foy  même  &  fe  promenoit  par  la  chambre  i  quant  à  cette 
matière  puante,vifcide  &  pituiteufe  qu'il  rendit  par  le  vomilfemcnt,  elle  ne 
venoit  pas  feulement  des  intcftins  ,  mais  de  quelque  lieu  ou  elle  auoit  croupi 
lonf^tcmps,  car  auant  fa  maladie  il  auoit  été  quelque  temps  valétudinaire: 
ayant  vne  diiïiculté  d'halcnc(laquelle  il  auoit  crue  ôc  mauuaifc  fur  le  matin)& 
vne  petite  toux  sèche  qui  luy  tint  compagnie  iufqu'à  la  £n  ,  fe  plaignant  auflî 
fouucnt  d'vne  douleur  d'eftomach  .•  ce  qui  montre  bien  quileft  mort  non 
de  la  feule  décente,  mais  à  caufe  de  quelque  pourriture  dans  les  vifceres 
y  ayant  auflTi  apparence  qu'il  y  auoit  quelque  corruption  dans  l'intc- 
(lin,  ne pouuant  être  autrement  que  cette  partie  d'iceluy  qui  auoit  été  enfer- 
mée fixiours  durant  dans  larupture  de  l'abdomen  ,  y  étant  comme  étranglée, 
n'ait  été  priuée  de  fon  aliment  Hc  enfin  ne  fe  foit  corrompue  ,  n'étant  pas  pour- 
tant croyable  qu'vne  fi  horrible  puanteur  foit  prouenue  de  cette  légère  corru- 
ption fi  fcs  amis  eulft-nt  voulu  accorder  l'onuertureaious  aurions  été  éclaircis, 
Oh/eruMi.  Cent.i. 


OBSERVA   TION      LXX. 
D'vne  Efueroceli^, 

L'An  1584.  au  temps  de  la  guerre  de  Cologne,comme  ie  faifois  leçon  à  plus 
de  cent  Auditeurs  dans  vne  très  grande  Auditoire,  &  étant  obligé  de  pouf- 
fer ma  voix  ,  il  me  vint  premièrement  vue  Tumeur  en  l'aine  par  la  fimplc 
rupture  de  la  tunique  intérieure  &  décente  du  boyau ,  &  peu  de  temps  après 
cette  membrane  qui  décend  au  fcrotum  s'étant  élargi  ,  celui  ci  aufli  vint  à 
s'erflcr:  icmisdclîus  l'emplâtre  comm.un  contre  U  rupture  ,  mais  m'en  étant 
fcrui  longtemps  inutilement,  i'y  aioutay  cncor  le  bandage  lequel  ie  portay 

dixhuiâ; 


DesTumcurs  contre  nature.  107 

dixhiii£k ans.  Durant  lequel  temps n'ayanr  peu  prcndrele  repos necelFairc  pou- 
la  gueiiTon  ôc  ne  trouuant  pas  à  prof  os  la  Scdtion  ,  il  me  falut  fouffxir  beau~ 
coup  d'ineommodicc  f  piincipalcmcnt  quand  il  y  auoit  des  vents  )  à  caufc  que  . 
l'intcftin  vcnoitfouuent  à  dccendrc  :  le  dernier  iour  du  mal  Furie  plus  violent, 
carcxerceant  la  Médecine  à  Einshcint  ville  d'Alface  ftipcndic  par  l'Empereur 
Rudoîph Second  Ôc  venant  de  la  à  Gcibavciller  au  printemps ,  il  me  vint  vue 
douleur  infupporrable  par  laquelle  il  me  fembloit  que  tout  l'inteftîn  deuoit 
fortir  :  iamais  la  Tumeur  n'auoit  été  fi  grande  durant  ces  dixhuiél  ans  ;  étant 
ramené  à  la  maifon  par  mes  amfs,i*adoucis  vn  peu  la  douleur  par  vn  demi  bain 
anodyn,&m'étant  mis  incontinent  au  li6b  ,  ictrouuay  de  grand  matin  à  mon 
réveil  non  feulement  que  les  intcftinsétoyent  reuenus  en  leur  première  place, 
mais  auflTi  ie  remarquay  que  le  péritoine  étoit  fi  bien  raffermi  6c  rciini  comme 
Cl  iamais  ien'y  auois  eu  aucun  mal  ,  «5c  au  lieu  qu'auparauant  ie  n'eullè  osé  me 
palier  vn  feuliour  de  bandage  ,  ie  le  iettay  là&ne  fis  point  de  diflîculté  de 
marcher  fans  en  auoir  eu  de  befoin  des  cinq  ans  iufqu'à  prcfcnt ,  grâce  à  Dieu, 
&  certainement  vue  incommodité  inueterée  comme  celle  là  en  vn  homme  de 
quarante  ans  ôc  lors  qu'elle  éroit  venue  à  fon  haut  point ,  ne  peut  pas  auoir  été 
remplie  fi  toft  par  des  caufes  naturelles  ,  rapportant  cette  guerilon  à  Dieu  feul 
quim'a  voulu  recompcnfer  par  là  d'vne  grande  perte  qui  m'arriua  en  même 
temps,&c.  Obferuation  8i.  Cent,  i.  communiquée  par  Sebajîian  Meyer  Médecin 
à  FriboHYg. 

OBSERVATION     LXXI. 

Des  moyens  de  remettre  les  Intefllas  dècendus  au  fcrotum. 

VN  Gentilhomme  de  la  maifon  des  Hatzfeld  qui  auoit  vne  heiliie  àzs  long 
tcmps,eutvn  iour  vne  très  grande  douleur  de  Ventre, vomillèment  conti- 
nueUdcgouiljVcillcSjinquietudes,  oppreflion  de  poitrine  &  défaillance,  à  caufc 
que  les  inteftins  étoyent  décendusau  fcrotum  qui  fe  bouffirent  incontinent  de 
vcnts:état  appelé  le  iour  après  pour  le  voir,  quoy  qu'il  fut  malade  à  l'extrémité, 
neantmoins  ie  voulus  hazarder  quelque  chofe  &  commençay  par  le  lauement 
fuiuant  ^.  Raâ.  alth.  maluiz  cum  totofol.  violar.  parietar.flor.camom.melilotfam' 
bHC.an.m.i.fem.llni  & fœnHor.varHm  contuf.an.\  Çi.fem.anif.fœnic.cumin.carHi  an. 
I  i.inciâant.&  contundantur  oynnia  &  indant.faccHlo  debii£  magnitudinis cjui  inter- 
/mus  coejuatur  in  a^.fomis  Vo  x  i  i.lmus  decoB.  ^.tfe  i  diJjolHe  eleU.diacath.l  i.vi- 
tell.  ouor.  numer.  i.  butyr.  r.  nonfalîti  &  oL  comm.  an.  Jf  i\.  m.  Sacculus  vero 
parum  expreJJ'ns  calidè  applicetur  fcoroto  ,  ^  demio  incale/cat  in  eodem  deco- 
Bo  ,  applica  cjuotles  opus  :  Ayant  rendu  le  lauement  vne  demi  heure  après, 
ie  luy  en  donnay  encor  vn  fait  auec  la  même  dccoûion  y  aioutant  î'elc- 
âiuaire  ,  l'huyle  ,  beurre  ôc  iaunes  d'œufs  auec  vn  peu  de  miel ,  mettant 

G     i 


!o8  Liurë  Premier 

chaudement  le  fachct,  après  qu'il  l'eut  rendu  &c  l'inteftin  ayant  eftc  rendu  bien 
Toupie  par  le  lauement,ie  mis  le  malade  au  lit  la  Telle  halVe  ôc  les  pics  cleucs,&: 
ayant  empoigne  le  fcrotum  de  la  main  gauche  Se  vn  peu  comprimé,puis  mettant 
la  main  droittc  au  bas  du  Vcnrre,ie  repoiillay  le  rcfte  des  Intefuns  en  h.;ut  vcis 
la  Poitrine^,  &  ainfi  rerftis  heureufement  l'inteftin  en  fa  place  natuicllc.  Pour  l'y 
retenir  ic  mis  delTusce  Cachet  adftringent.l^.^o/^j'.r/^^.  Ahfymh  vulg.foLprun. 
f)lH.cauddie^Hfol.filu.&  rnufci  ^■{erc.an.m.&.  cortic.  cjuerc.  |  t\.fem.fœnic.é'  an'tf, 
fin.  5  i.  incid^^^ruryCûmu^d^ritury  indantur  fACCulo y  ejui  imerfutus  cr  '"drio  mbro  in- 
co^Hs  calide f, ei^ue-is aâmoaeatur.'Lç.  iourfaiuant  il  futaiiîli  purge .|^.&c.  Enfin 
ie  mis  vn  cmpLure  adftringent  delfus  auec  le  bandage  ,  ainiî  il  fut  remis.  Ob' 
fer  nation  8i.  Cent.i. 


\ 


OBSERVATION     LXXIL 

De  la  reduBîon  des  Intejlins. 

Ean  HofF Notaire  à  Hilden  ctoit  trauaillé  il  y  auoit  longtemps  d'vnc  entero- 
celcîCom.me  en  l'an  ij  93.  étant  las  de  cheminer  il  s'ctoit  couche  à  terre  pour 
fe  repofcr,  le  boyau  luy  dccenditau  llrotum  qui  vint  quafi  delagrolTeur  delà 
Te fte  d'vn  enfant,  lequel  pour  n'auoir  pas  été  remis  tout  à  l'heure  ,  faifant  lors 
aisés  froid ,  le  fcrotum  s'enfle  &  il  furuint  de  la  douleur  qui  a  pêne  luy  permet 
de  pouuoir  retourner  à  la  maifon  de  laquelle  il  êtoit  éloigné  d'vne  heure  cn- 
ticrcccant  demandé  ie  le  trouuay  comme  demi  mort  auec  maux  de  cœur ,  vo- 
milfemcnts  fréquents  de  matière  fœride  :  la  douleur  étoit  fi  grande  &  reuenoit 
fi  fouuent  qu'il  étoit  contraint  defc  tourner  au  lit  à  chaque  moment  :  il  reçut 
incontinent  le  lauement  ordonné  en  l'Obferuanon  précédente  &  le  fachet  fur 
aufliappliqué,  Tavantaprcs  mis  au  lit  les  pics  clcués&  la  Teftc  balfejis  remis 
hcurcufement  rinteftin,Enfin  .-«près  l'auoir  purgé  &:  mis  le  bandage,  il  fut  en- 
tièrement remis  :  U  rnefme.^ 


OBSERVATION    LXXIII. 

Dh  même  fnjeEl. 

'An  1607.  26.  d'Aouft'Nadlcr  mairre  Arqucbufîer  à  Payerne  homme  de 
_  ,70.  ans  &  hernicux  fut  faiil  de  Colique  auec  décente  ,  étant  demande  au 
quatrième  iour  iclc  nouue  en  hévreauec  grande  douleur  au  bas  Ventre:  l'inte- 
ftin croit  décendu  auec  quelque  maiiere  en  l'aine  droite  &  vne  excefliue  du- 
reté ,    voyant  qu'il  n'étoit  pas  fcur  de  le  faire  icntrer  par  violence ,  ijoignis  in 

continent 


L 


D^s  Tumeurs  contre  Nature.  Jo^ 

continent  le  ventre,  le  Scrotum  &  l'Aine  auec  huyle  de  lys,  graille  d'Oyc  &  de 
Chapon  ,  mettant  dclTus  vn  fachct  de  chorcsemollicntes&  donnant  vn  laue- 
ment,  mais  comme  il  y  auoit  du  danger  dcffcnfer  l'Inteftin  en  le  repoufTant, 
ce  qu'on  ne  pouuoit  faire  fans  vne  grande  violence ,  ie  troauay  à  propos  de 
continuer  quelque  temps  ces  remèdes  :  cependant  les  excréments  qui  eftoyenc 
enfermés  dansl'Inteftin,  furent  ramolis&  vuidcs  par  les  laucments  cmollients 
&  Attradtifs  qu'il  receut,en  fuittc  l'Intcftin  retourna  peu  à  peu  en  fà  place  ,  & 
aiuH  par  la  grâce  de  Dieu  il  fut  remis  -Ja  même. 


OBSERVATION       LXXIV- 
De  la  Gangrené  après  vne  Enter oceîe. 

L'An  1585.  an  moisd'Aouft  vn  robufte  Charpentier  de  Geneue  ayant  leuc  vne 
forte  charge  l'Omentum  luy  décendit  au  Scrotum  ,  &  n'ayant  pas  érc  re- 
mis, il  s'enfla,  furuenant  après  vne  très  grande  douleur,  inflammation ,  fîcvrc, 
vomilIèmcnt,&:  autres  grands  accidents, enfin  il  mourut  le  fcptiéme  iour:  ayant 
été  demande  auec  Mr.  Ican  Griffon  Chirurgien ,  nous  ouurimes  le  Scrotum  en 
prefencc  de  lean  Anthoine  Sarrazin  Médecin  du  Roy  ^  trouuâmcs  l'Omen- 
tum, les  Genitoires  &  les  parties  voilînes  entièrement  corrompues  &  Gangre- 
nées.   Obfern.  71,  Cent.  i. 


IL 


OBSERVATION    LXXV- 
D'vne  Enterocele  fuinie  âe  Gangrena-. 
'\  'An  159e.  Les  Inteftins  dccendirent  au  Scrotum  à  vn  quidam,  n'rftants  pas 


repoufsés  il  y  furuiut  douleur  auec  des  g'-ands accidents  :  il  demanda con- 
feil  à  vn  Barbier  qui  y  fit  vne  fomentation  d'Abfynthe  &c  deRofes  cuites  en  vin 
rouge,  mais  comme  elle  n'cftoit  point  conuenabls  en  ce  mal,  il  empira  :  ayant 
érc  demandé  auec  lean  Anthoine  Sarrazin^  André  BonetMcdccins  à  Geneue, 
nous  trouuâmcs  le  Scroruip  plus  gros  que  laTcfte  d'vn  enfant  :  la  fièvre  êtoît 
fort  grande  auec  défaillances  &  vomifl'cments  frequenrs:  nous  y  fifmes  vne  fo- 
incntation  cnm  Rad.  Alth.fem.  Uni,  fœnigr.  fefeUos ,  Jîor.  camôm.  7nei^lot.  fol. 
waluar,  ç^  ^^ioUr,  S<  l'ayants  faits  coucher  la  Tcfte  balle  i<  ki  pies  clcucs,  i'In- 
teftin  fut  remis  :  mais  ayant  commencé  à  fe  corrompre  à  caufe  de  Tinflimma- 
lion&de  la  comprclîion',  il  mourut  quelques  heures  apics,  Ohfernat.  yi, 
Ctnt.  I. 


iio  Liure  Premier 


OBSERVATION     LXXVL 
D'vne  Hernie  guérie  en  vn  VielUrd. 

C'Eft  VHC  opinion  commune  même  cntrcles  Dodtes ,  &  l'expcricnce le 
fait  voir  que  l'Hernie  fe  gucric  auec  pcne  es  Vicillards^maisTHilloire  fui- 
uancc  montre  qu'il  ne  faut  pas  entièrement  defcfpercr  de  leur  guerifon:  vn  Gen- 
til-homme de  Berne  âgé  de  60.  ans,  nomme  lean  laques  Dicfpach  Chcualier  Se 
Colonel  fous  Henri  IV.  de  très-bonne  couftitution^hormls  qu'il  eftoit  fuict  à  h 
Goutte  des  quelques  années  ,  porta  vne  Hernie  intcûinalçl  l'efpace  de  i8.  ans> 
pour  la  guerifon  de  laquelle  il  auoic  employé  les  plus  habiles  Médecins  &c  Chi- 
lurgiens  de  France  &  moy  en  fuitercnfin  comme  il  defefpcroit  de  fa  guerifon  il 
(cferuoit  feulement  de  Bandages  pour  empêcher  le  mal  d'augmenter,  il  luy  vint 
vne  maladie  en  l'an  1 618. qui  le  tint  Cix  mois  entiers  attaché  au  lit,  après  laquel- 
le il  n'eut  iamais  le  moindre  reiîèntimentde  fon  Hernie  ,  ne  fe  feraant  plus  de 
Bandages:  on  voit  par  là  que  le  coucher  ôc  le  repos  font  la  feule  Panacée  des 

Hernies. 

■JNl^OTAriON. 

On  pourra  douter  fi  cette  guerifon  a  été  de  durée  :  pour  ôrer  ce  fcrupule  il 
faut  remarquer  que  ce  Seigneur  deux  mois  après  être  guéri  de  fon  Hernie,  alfa- 
uoir  enl'an  iéz3.  aumoisdc  luin,  tomba  en  vne  fupprenTiond'viine  2c  de  vcn« 
tre  fi  grande,  que  l'efpace  de  quelques  iours  il  ne  rendit  p.is  vne  goutte  d'eau 
qu'aaec  de  très  grands  efforts  &  douleur  :  ayant  été  demande ,  pour  euircr  le 
danger  de  mort  tout  apparent,  &c  fans  fonger  à  fon  Hernie,ic  le  fis  entrer  en  vn 
demi  Bain  quelques  iours  de  fuitte,  fait  de  Racines,  Heibcs  &  fleurs  remoUien- 
tes&  relaxantes,  luy  donnantaufll  des  lauements  de  même  nature  :  ic  mis  fur 
le  ventre  &  Périnée  des  fachets  emoUients,  &  luy  oignis  le  ventre  trois  ou  qua- 
tre fois  le  iour  auec  huyle  de  lys>  d'amendes  douces  6c  grailfc  de  Chapon  :  il 
fut  remis  grâces  à  Dieu  par  ces  remèdes  :  &  quoy  que  tout  cela  fut  contraire 
à  l'Hernie  qui  demande  deschofes  adftringentes  &  deficcatiucs ,  fi  cft  ce  qu'il 
n'en  eut  iamais  aucune  atteinte.  Ohferu.  54.  Cent.  5, 


M 


^  OBSERVATION     LXXVII. 

*D'vne  Ilia<jne  pafton  en  vne  T>a»ie  causée  par  vne  Décente 
de  Boy  an. 

Adame  Magdelainc  Zurkinden  âgée'  d'enuiron  40.  ans  portoit  dés  plu- 
fieurs  années  vne  ^er nie  inteftinale  qui  luy  cftoit  reftée  après  vn  accou- 
chement 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  m 

chcment  dilticile/ans  pourtant  beaucoup  d'incommodité^ce  qui  fut  caufe  qu  cl- 
ic ne  penfa  point  à  porter  aucun  bandage,  qu'ai liua  t'-  il  ?  ayant  demeure  quel- 
quelques  heures  en  Ton  iardin  au  mois  de  luiilct  1626.  &:  cependant  ayant  négli- 
ge de  remettre rintçftin .en  fonlicu,il  y  vint  delà  douleur  qui  l'obligea  de  s'en 
aller  en  la  maifon  toute  courbée,  ou  les  douleurs  étants  beaucoup  âcrues  &  le 
vomillèment  étant  furuenu,  on  demande  vn  Médecin  lequel  quoy  qu  il  eut  fait 
tout  ce  qui  étoit  pofTible ,  neantmoins  les  accidents  allèrent  en  augmentant 
d'heure  en  heure,  car  le  ventre  étoit  tellement  lelfcrré  (h  malade  n'en  ayant  pas 
déclaré  la  caliIc  J  qu'il  n'y  eut  ni  lauements  ni  médicaments  qui  pulfcnt  donner 
ouuerturc:  on  ne  fçauroii  reprcfenter  les  douleurs  qu'elle  cnduroit  iour  &  nuidt 
&  combien  fut  violent  le  vomilïement,  de  forte  qu'elle  rendoit  non  feulement 
la  nourriture  qu'elle  prenoit,mais  aufli  la  matière  fazcalc:  ayant  été  demandé  le 
i.d'Aouft  qui  fut  le  16.  de  la  maladie,commeierecerchoisla  caufe  de  ii  grandes 
douleurs  &c  accidentSj&  ayant  âuerti  la  malade  de  pofcr  toute  honte  pour  me 
permettre  de  manier  doucement  le  ventre  &  les  Hypochondres,  ie  trouuny  in- 
continent la  cachette  du  mal,car  ie  dccouurîs  en  l'Aine  vnc  Tumeur  j  lus  ^lolîc 
que  le  poin,  dure  &  auec  grande  douleur  :  ayant  donné  à  entendre  à  fon  mari 
&  à  ceux  qui  étoyent  autour  que  cette  Tumeur  étoit  caufe  de  tous  ces  maux 
&  qu'elle  mourroit  toil  après ,  ils  furent  tous  furpris  ,  car  ils  ne  conoillbyenc 
pas  la  nature  du  mal  ni  fa  caufe ,  partant  ie  leur  reprcfcnray  qu'vuc  pjtite  por- 
te portion  de  Boyau  étoit  enfermée  dans  l'Abdomen  qui  s'y  ctoit  coi  rompue  à 
caufe  delà  compreffion&  de  l'inflammation  ,  cequiparétroit  aprcs  la  mort 
&  que  tout  le  côtédeuiendroit  liuideik;la  Tumeur  noire  :  m'ayants  prié  auec 
beaucoup  d'inftance  d'y  mettre  la  main,  i'appliquay  incontinent  des  fachcts  E- 
mollients&  Anodyns,  aprcs  Icfquels  la  douleur  qui  cftoit  à  l'cntour  derHcrnic 
fut  vn  peu  apaisée  &  ne  vomit  den  de  ce  iour  là  :  ie  i.  du  mois  d'Aouft  elle 
rendit  beaucoup  de  bile  ,  &  de  m.atierc  puante  par  labouche,  il'furuint  auflS 
des  défaillances  &c  des  fueurs  froides ,  le  5.  Aoull:  ma  femme  luy  ayant  donné 
vn  lauement  qu'elle  auoit  demandé  &  tandis  qu'elle  attendoit  Tcftet  cnmaniaiît 
6<.  tâtonnant  la  pirtie,  rintellin  r'cncrah:urcul"cment  ik  fans  pêne  ,  la  Turacur 
de  l'Aine  s'abbailla  incontinent,  rendant  après  bc-aucoup  d'exciements,  vx'  f  ce 
qui  eft  à  remarquer^'  en  même  temps  vn  morceau  du  Boyau  à  demi  pourri  qui 
fcmbloitctrele  Cœcum,  il  y  auoit aulli  beaucoup  de  giailfe  parmi  les  excré- 
ments :  il  i'embla  à  la  malade  quelle  auoit  receu  vn  peu  de  foulagemcnt ,  mais 
les  accidents  venant  à  augmenter,  elle  mourut  le  lendemain  quifutle  17.  delà 
maladie. 

On  voit  par  là  qu'il  eut  efté  aisé  de  la  guérir  fi  du  commencement  elle  eut 
découueit  Ion  mal,  n'ayant  iamais  veu  femme  mourir  d'Hernie  aue  celle-  ci,  car 
cet  cndroir  aux  femmes  ne  permet  pas  qu'il  fe  face  vue  ii  grande  dilatation  di  vn 
fi  grand  fuius  par  l'Intcftin,  comme  aux  hommes.  Obfern,  57.  Cent,  6» 


lit  Liure  premier 


OBSERVATION     LXXVIII.' 

De  la  Gtterifon  de  la  Gangrené  après  vue  Hsrnie  imeflinale  ,  auec 
erojïon  dn  Boyau. 

MAdame  Marguerite  de  Glereirefutrrauaillce  i7.annccs  durant  d'vne  gran- 
de Hernie,  ^ fut  attaquée  de  très  violetiîcs  douleurs  en  !a  63.  de  Ton 
âge  au  mois  de  Décembre  i;97.  i'Inteftin  auoit  êic  rcpoufsc  en  la  rupture  de 
l'Abdomen  qui  auec  la  douleur  auoit  attire  inflammcuion  &  autres  grands  acci- 
dents :  étant  den^ndc  le  i.  Janvier  1598.  le  remarquay  delaGangrcae  en  rAi* 
ne  droite  :  ayant  fcarifié  la  Tumeur  &  fait  tout  ce  qui  eft  ncceliàire  pour  la  guc- 

.xifon  de  la  Gangrené,  la  chair  pourrie  &  la  cailofitc  de  la  rupture  tombèrent, 
après  quoy  tous  les  accidents  celîèrenti  l'inflammation,  la  fièvre,  douleur,  nau- 
sée &  le  vomilïèment:  mais  la  matière  f  qui  ne  tenoit  pas  cncor  entièrement  de 
la  nature  d'excremcnt  ainfi  que  dans  l'ilçum  <5c  le  Coscum^  fortoit  par  la  rup- 
ture de  l'Abdomen  Tefpacc  de  deux  mois,  la  malade  ncantmoins  fat  guérie  & 
deliurée  de  fa  rupture  par  la  grâce  de  Dieu  &  auec  admiration  de  tout  le  mon- 
de :  fans  qu'il  foit  reftc  aucune  fiftule  ni  aucune  trace  de  Ton  Hernie.  Obferu.  55. 

;  Cent.  I. 


OBSERVATION     LXXIX. 

lyvne  dangereufe  Hernie  en  "Jw  Vieillard. 

N  àt^  principaux  de  ce  lieu  âge  àzGy  ans  trauaillc  d'vac  H-rnie  des  plu- 
iîeurs  années  qui  va  en  augmentant  auec  l'âgcjm'a  prie  de  vous  cemander 
vôtre  auisfur  Ton  incommodité;  il  y  a  pafsé  55.  ans  qu'il  rcmaïqua  en  l'Aine 
droite  vne  Tumeur  qui  vient  peu  à  peu  de  ligroiïeutd'vn  demi  ûCii.ffans  beau- 
coup de  douleur  :  vn  peu  après  par  le  confeil  d'vn  Chii  ui  gien  il  le  ic mit  d'vne 
ligature  qui  retenoit  la  Tumeur  dans  le  Péritoine  :  mais  il  y  a  15.  ans  qu'il  a  fcn- 
ti  le  même  mal  en  l'Aine  gauche,  lequel  eft  fi  fort  augmente  qu  il  pi  (Te  tn  groi- 
fcur  la  Tumeur  du  côcé  droit  :  ainfi  l'vne  &  l'autre  étant  augm^nircc  peu  a  peu, 
la  But)onocele  s'eft  conuertie  en  Enterocele  auec  vne  giande  Tumeur  du  Scro- 
tum ,  neantmoins  auec  cette  différence  que  la  Tumeur  qui  eft  en  la  partie  droi- 
te ,  quand  elle  eft  prcfsée  de  la  main  fc  cache  quali  toute  en  l'/lb  Jomcn  ,  ce 
que  ne  fait  pas  celle  qui  eft  en  la  gauche:  quant  aux  caufcs  externes,  il  n'en  tron- 
uc  point  d'autres  fmon  qu'il  eft  obligé  de  cracher  fouuent  &  aujc  peine  vne  hu- 
meur pituitcufc,cra{re  &  vifcide  laquelle  il  ne  poulîe  dehors  qu'aucc  des  grands 
efforts  :  il  faut  aulfi  remarquer  qu'il  a  efté  fuiet  à  des  douleurs  de  Rdns  a  caufc 

defquclles 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  Hi 

il  cft  fouuent  entre  au  bain  &:  demi  bain  ;  or  le  Scrotum  ,  quand  ce  Scigncnr 
cft  debout  s  n'eft  guère  moindre  que  la  Tefte  dVn  enfant  de  deux  mois ,  de 
forte  que  la  Tumeur  ne  peut  plus  ctre  retenue  par  aucune  ligature  dans  la  caui- 
te  de  l'Abdomen,  ne  feieruant  plusd'icelle  il  y  a  long- temps  ;  or  quoique  ce 
mal  ncluy  baille  pas  beaucoup  d'incommodité  fi  ce  n'eft  certaine  douleur  qui 
va  des  le  nombiil  iufqu'au  Diaphragme ,  neantmoins  parce  qu'il  va  iufqu'aux 
parties  vitales  ôc  reuenant  coup  à  coup  des  quelques  iours  en  ça  il  eft  en  quelque 
âprehenfîon,quoy  qu'à  mon  âuis  fansfuict,  vcu  qu'Uyient  feulement  par  Sym- 
pathie à  caufe  que  l'Omentum,  lequel  cft  attaché  au  f  jnd  de  l'eftomach.cft  tire 
en  bas  au  Scrotum  par  les  IntelHns  aufqucls  il  cft  attaché,  leur  fituation  natu- 
relle en  eftant  changée  ,  comme  aullî  à  caufe  des  vents  qui  font  toujours  en 
quantité  es  Hcrnieux:  craignant  auflî  que  le  mal  venant  à  augmenter,  ilne  fur- 
uîennc  quelque  plus  grande  incommodité.il  fe  foumct  àfouff.ir  tout  ce  qui  eft 
requis  pour  la  guerifon  de  ce  mal,  ou  du  moins  pour  le  foulagement  Se  précau- 
tion des  maux  qui  peuucntfurucnir  &c.  Sebaflianns  Schobinger  Médecin  &  Se- 
tMteur  à  S.  Cal  en  SniJ/e. 

%ESPONCE    DE    V  AVr  H  EV  R. 

LE  mal  au  fuict  duquel  vous  me  demandes  mon  âuis,  eft  grand  tant  en  foy- 
méme  qu'à  caufe  dufuiet  ;cn  foy-mcme  parce  qu'il  cft  enuielli,  car  vous 
me  faites  entendre  que  ce  Seigneur  eft  incommodé  d'vne  Hernie  au  côte  droit 
il  y  a 55.  ans,  &  dés  15.  au  gauche  :  &  qu'elles fonc  venues  à  vnc  telle  grof- 
fcur  qu'elles  furpaftènt  la  Tcfte  d'vn  enfant  de  deux  mois  quand  il  fe  tienc  de- 
bout, de  forte  qu'il  n'y  a  plus  de  ligature  qui  foit  capable  de  retenir  les  Inreftins: 
ce  malcft  aufli  grand  à  caufe  du  fuict  airauoir  da  malade  lequel  a  atteint  63.  ans: 
or  en  cet  âge  les  maladies  deuiennent  pins  gciéues  &  quafi  incurables  à  caufe 
de  la  dimintition  de  la  chaleur  naturelle  &  de  l'humidité  radicale  :  partintic 
ne  penfc  pas  que  Ton  pullfe  efperer  vne  parf  lite  guerifon  :  ie  diray  neantmoins 
mon  aduis  touchant  la  Cure  palliatiue  c'eft  à  dire  comme  il  faut  preuenir  Taug- 
mentation  du  mal  &c  des  accidents. 

Or  comme  ie  p;Us  remarquer  par  voftre  lettre,  voftrc  malade  cft  trauaillcdc 
deux  forte  s  d'Hernie,  alFauoir  de  i'Intcftinale  au  côcé  droit ,  à  caufe  que  la  Tu- 
meur qui  eft  en  cet  endroit  r'cntre  quaii  toute  en  l'Abdomen  en  la  prciTant  àc 
la  main-.car  entre  les  Hernies  (  dcfqutlles  les  Médecins  font  fix  efpeccs^^  il  n'y  a 
que  rOmcntale  &  l'inteftinale  (^qui  font  les  deux  véritables  Hcrnies^qui  tom- 
bent dans  le  Scrotum  &c  retournent  dans  la  cauité  du  ventre  quand  on  les  prelfc 
de  la  main  le  malade  érant  couché  fur  le  Dos:  vous  aués  âiouté  ce  mot  de  quafi, 
bien  à  propos ,  carie  fçay  que  dans  les  Hernies  inuetcrées,  (  ic\[ç  qu'cft  celle  de 
vôtre  malade)  le  Boyau  venant  à  dcccndre  fréquemment,  quoy  qu'il  foit  remis, 
il  ne  laiflè  pas  d'y  refter  quelque  Tumcur,car  les  membranes  qui  ont  été  trop 

P 


114  Liure  Premier 

cccndaes  par  Je  Boyau  fe  rident  de  enflent  à  la  fin:  nous  h  voyons  aux  femmes 
cjui  ont  fouuêtfait  des  enfants, aur.quellesrAbdoTjen  enfin deuiencdar  3c  fe  ri- 
de/vous dites  que  la  Tumeur  qui  eft  au  côré  gauche  du  Scrotum  eft  ferme  &  ne 
peut  point  être  repoufscc  dans  rAbdomcn,ce  n'cft  donc  ni  Epiplocele  ni  Ente- 
iocele,parce  que  fi  le  Boyau  étoit  enfermé  au  Scrotum  le  malade  nauroit  point 
de  bénéfice  de  ventre,  outre  les  autres  accidents,  comme  grande  douleur,&  in- 
flamimation  à  caufe  des  excréments  retenus  dans  l'Inteftin  &c  le  Scrotum  :  Il 
faut  donc  que  ce  foie  l'vne  des  autres  quatre  efpeces  d'H.nnie  ,    alîàuoir  ou 
l'Aqueufe,  ou  la  V^nteufe, ou  laCharnuc,  ou  laVaiiqueufe  :  vous  qui  eftcs 
fur  le  lieu  pourrés  conoilbe  auec  la  main  ce  que  c'cll ,  car  fi  c'cft  eau  qui  Toit 
tombée  au  Scrotum  ,  la  Tumeur  fera  ronde  ou  quelque  peu  longuette,  neant- 
moins  égale  &  pcfante  ,  &c  mettant  la  chandcîc  d'vn  côté,  le  Scrotum  fera 
tranlparcnt  de  l'autre  :  il  ce  font  des  vents  la  Tumeur  fera  auflî  ronde,  égalée 
reluifante  ,  mais  auec  moins  de  pefmteur  :  fi  c'eft  vue  Sarcocelc  ,  la  Tumeur 
fera  dure  ôc  inégale   :  on  conoit    la    Variq-iicufe  par  les  vcnes    qui   font 
éparfcs  par  le  Scrotum  &  principalement  à  l'endroit  où  les  vaifièaux  de{~ 
cendent  vers  la  membrane  Eryihioide  :  pour  moy  i'cftime  qu'il  y  a   quelque 
eau  enfermée  ,  ayant  néant  moins  par  fois  remarqué  qu  auec  l'eau  on  a  trouuc 
vnt  fi.bftance  charnue  autour  des  vailfcaux  fpermatics&  du  gcnitoire,maison 
ne  la  peur  pas  toufiours  dccouurir  auec  la  main,ctant  cachée  &:  fubmergcedans 
l'eiu  qui  remplit  &i  dilate  rout  le  Scrotum. 

Veu  donc  que  cette  Tumeur  qui  «.ft  au  codé  giuche  ne  peut  pas  r'entrer 
au  ventre  ,  c'cft  en  vain  ,  &  même  auec  danger  que  l'on  a  voulu  fe  fcruir  de 
cette  ligature  qui  repouirdeslntcfiiins  :  car  on  po.urroit  attirer  plufieurs  ac- 
cidents &  cauf^r  de  la  pourLirure  en  comprimant  ces  parties ,  en  voici  laraî- 
fon  ,  vous  êciiucs  que  le  malade  fent  vne  douleur  qui  tient  dés  le  nombril  iuf- 
qu'auxH)-po.hondics  &  par  lies  vitales  ,  il  y  a  donc  apparence  qu'il  a  quel- 
quefois vne  oppreflion  de  poitrine  ,  or  cette  douleur  vient  de  la  fympathic 
qu'ont  entt'cilcs  Us  parties  de  noftre  corps  :  celaariiue  à  mon  âuis  en  cette 
manière,  le  Scrotum  qui  cft  rempli  d'eau  par  fa  pefanteur  &  diftenfion  attire 
à  fo)  Us  muùics  voifins  &  principalement  les  Droits  &  en  même  temps  le 
Péritoine,  il  ne  faut  p^is  s' étonner  s'il  y  a  de  la  douleur  6c  fi  elle  va  iufqu'au 
Diaphragme  &  caule  vne  opprefiTion  de  Poitrine,  car  les  mufclcs  droits, 
f  comme  dit  Galicn  5.  de  vfa  part,  cap,  14.  J  s'infinuent  aux  coftcs  des  os  de  la 
poitriix  (Se  aux  cartilages  de  s  dernières  coftes  vraycs ,  parquoy  ces  mufcles 
êtanrs  tirés  en  bas  auec  les  pcdoraux  ,  il  ne  faut  pas  s'étonner  fi  la  douleur  va 
iufqu'au  Diaphragme  Ôc  parties  vitales  ik  fi  le  plus  fouucnt  il  y  a  opprelfion  de 
poialne. 

Oicommconncdoit  pas  attendre  vne  entière  guerifon  de  ce  mal,  ie  fuis 
d'auii.  que  vous  trauaillics  piincipalcment  à  appaifer  la  douleur  &c  à  arrcfter  les 
autiesaccidtntipar  les  remèdes  que  ic  vay  dire  :  ôc  premièrement,  autant  qu'il 

fera 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  115 

fera  pofîîbic,  il  faut  ta  ;hcr  de  décharger  le  Scrotum ,  veu  qu'il  eft  la  caufc  de  la 
xlouleur  des  Hypochondrcs  ikdes  parti»  s  \  italcs ,  vous  en  vicndrés  à  bout  h 
vous  lay  prcfcriués  vn  bon  rcgimci|uicng-ndLepcu  d'excréments  6c  Ci  vous 
purges  doucement  le  coips  par  interualLs  ue  l'humeur  qui  prédomine,  en  après 
en  luy  appliquant  des  fach.ts  ôc  Catapl.irmes  d'herbes,  fleurs  ik  il-rnences  qui 
incifent,  atténuent  &con(amcnc  :  i'.'.y  accoutume  de  me  feruir  en  tels  cas  fou 
ie  fuis  fouuent  employé,  J  des  remèdes  luiuanrs.  !^.  h.  Betefi.JalH.  origan  ca/am. 
alffynth  an.  m  j.flor.  camom.  tnelU.  farnbuc.  ta-iacet.  an.  w.  (5.  rofar.  r.m.i  ùt 
fem.  anif.  fvnic.  carui^  fefeleot  an.'^j.  incidantur  &  contHndantur  omnia  profacc:*- 
lis  debitii  maanitudinis  cot^ue  in  acj.  commwii,  addito  faits  m.  (^.  il  bs  faut  appli- 
quer chaudement  me  heure  durant  ou  d'auaiuagc  comme  vous  le  trouuercs  à 
propos  ^  félon  la  portée  du  malade  ,    le  matin  auant  qu'il  forte  du  lit  ,  ôc  le 
loir  trois  heures  après  fouper  la  fomentation  faite  !k.  après  auoir  elluyc  \x  partie 
auec  des  linges  chauds  vous  pourrcs  mettre  ce  Cataplafmc.  '^.far .f.ibar.htpinor, 
&  loli)  an,  ^  «j.  pnlu.rad.  bryon.  Irid.flor.  an.  ^  j.  Rad.Ari  5  vy  puluflor.  camom. 
farnbuc.  tanxceti^  ort^aniiC  alaminth.  abfynth.  rofar.  an.  3  /).  pulu.fem.  anif  fosnic. 
car ui  an, '^iv,  faits  ^  iv.coejHc  in  oxytnel./impl.ç^  decûVti  béton,  faln.camomill.aft. 
part.a^.addevitelLouor.nn.iij.applica  cahdt  bis  m  digyli  la  douleur  de  l'Abdomen 
preffc  ie  me  1ers  de  ce  linimcnt  2C.  ol.Ulior.  alb.amygd.  à,  &  ol.  devitell.ouor.an. 
^C).ol.lHmbric.^j.l'AY  accoutume  en  cette  forte  d'iacommoditc,de  trois  en  trois 
mois  ou  de  fixen  fix,de  recommencer  cczzc  Cure  ,  car  par  ce  moyen  l'humeur 
contenue  au  Scrotum  Ce  cônfume  ou  fe  diminuej&  la  partie  qui  s'arfoiolic  par  la 
longueur  du  mal,eneft  fortifiée:  le  me  fers  aulll  d'vn  lirayer  fait  de  cette  fa(jon, 
ic  fais  vn  Corfelct  de  toile  double  qui  décent  iuiqu'au  nombril  ou  vn  peu  plus 
baSs  en  après  ie  fais  vn  fachet  de  toile  de  Cotton  en  la  forme  reprcfentée  cl  def- 
fous  :  ie  l'âtache  en  trois  diuers  endroits  du  corfelet  auec  des  efguillcttes  tirant 
le  fcrotumen  haut  autant  qu'il  eft  neceffaire  par  le  moyen  de  phidcuis  trous 
que  l'y  fais,  &l  ainfi  les  épaules  portent  la  charge  du  Scrotum  ôc  les  mufcles  du 
ventre  comme  auflTi  le  Péritoine  fe  relâchent  Ôc  deuiennenc  libres  fans  être  tirés 
cnbaspar  la  pefantcur  du  Scrotum  ,  prenant  bien  garde  que  le  Corfekt  2c 
les  autres  vefrements  ne  foyent  trop  étroits,  car  Ci  l'abdomen  eft  prefsc  au 
droit  du  nombril,  les  Inieftins  feront  pouisés  en  bas  fui  la  partie  <Scc.  Obferu  6^. 
Cent.  6. 


OBSERVATION       LXXX. 
Uvne  Hernie  àangerenfe. 

SVr  la  fin  de  May  de  l'année  idxG.  Mr.  Pierre  Bourgeois  Sénateur  à  Laufanrjc 
étant  ttauaillé  dés  quelques  années  d'vne  Enterocelc ,  à  caufe  de  laquelle  il 
portoic  ordinairement  vn  Brayer  ^  or  n'étoit-cile  pas  des  plus  petites ,  car  elle 

P  1 


ns  Liurc  Premier 

ne  s'arrcftoit  pas  au  haut  du  conduit  du  Peritoine,mais  vciioit  d'vne  dilaceratîon  $ 
ou  de  diftenfion  aucc  laxation  de  la  membrane  de  ce  conduit  ,  dêcendant  bien; 
bas  au  Scrotuni,lors  qu'il  n'étoit  pas  foîgneux  de  bien  âracher  la  bande  du  brayer  : 
ou  quand  il  l'auoit  oubiic,ncantmoins  la  redudiô  fe  failoir  aiscmentn'l  luy  arriua 
de  faire  vn  voyage  pour  quelques  affaires  ayât  monte  vu  Cheualqiii  le  fccoiioif, . 
d'où  vint  que  le  bandage  s'ctant  relâche  &  vn  peu  ouucrt ,  il  remarqua  étant  à 
cheual  que  le  Boyau  étoit  dccendu  non  au  Scrotum  à  caufe  de  la  comprcfljon 
de  la  ligature,  mais  eftoit  demeure  engagé  fous  la  ceinture  ôc  le  couflinet,  auec 
vue  irritation  continuelle  par  le  mouuement  du  cheual  :  il  demeura  cinq  iours 
entiers  en  cet  état ,    ce  qui  luy  donna  des  grandes  douleurs  &  faftherics  en  ce 
voya»c  j  car  il  y  vint  inflammation  aucc  douleur  non  feulement  en  la  partie 
offencce  ôc  quafi  dcchiice  ,  mais  par  tout  le  ventre  ,  les  côtes  ,  les  hypochon- 
dres,  5c  l'cftomach  ,  cntiii  étant  de  retour  à  la  maifon  il  fc  mit  incontinent  au 
lit  attaque  du  Miserere  m«.i  auec  des  cruelles  douleurs  de  ventre,  fubuerfion  d'e- 
ftomach,  conftiparion,  vomillèment  continuel,  rapports  &  autres  accidents  de  . 
ce  mal.-  les  dorr.eftics  employèrent  tous  les  remèdes  Êimiliers  dont  on  a  âcou-  - 
tumc  de  fe  fcruir  pour  la  Colique,  mais  fans  effet,  ayant  ctc  demande:  ie  \îs  que 
le  patient,  outre  ces  accidents,  auoit  vue  fièvre  continue  aucc  inquiétude,  foif> 
veilles  &c  des  vents  qui  ne  pouuoyent  fortir  :  m'cftant  informé  de  !a  caufe  du 
mal,  iefçcusquelesluteftinsêtoyentdccendus  au  Scrotum  remplis  de  vents  : 
&c  dematitre  qui  les  empê^hoyent  de  r'entrcr  :  le  reprefcntay  à  ceux  qui  étoyent  : 
à  l'entour  de  luy  ic  danger  ou  il  ertoir,&  fur  le  cbamp  ie  luy  fis  rcceuoir  vn- 
Clyftere  emoUient,  le  faifant  encor  réitérer  bien  toftapies:  ic  fis  âpliquer  fur 
l'Aine  &  le  Scrotum  des  fomentations  6c  des  Cataplafmcs,  elïàyant  après  de  les 
faire  r'entrer  en  les  maniant  doucement ,  de  peur  que  portant  la  main  trop 
rudement  on  n'augmentaft  l'inflammation  qui  pourroit  attirer  après  foy  vnc 
Gano^rcne   moitelle,  comme  ic  l'ay  veu  arriucr  fouuent  :  le  malade  ncfe. 
trouuant  point  mieux  par  ces  remèdes,  &  les  lauements  que  l'on  donnoit  ne  • 
pouuants  rien  attirer  du  ventre,  qui  eftoit  tellement  fermé  qu'il  ne  fortoit  ab- 
folument  rien  non  pas  mêmes  des  vents ,  les  accidents  aufli  deuenants  plus  .. 
^iolents   &  les  douleurs  infuppoit.>blcs,  luy  femblant  que  les  vifccrcs  &  les 
întcftinsfcrenuerfoycijt,  tout  ce  qu'il  prenoit  de  viande  &  de  bruuage  for-, 
toit  auec  des  grands  efforts  par  la  bouche  parmi  des  humeurs  bilieufcs  6c 
par  après  d.s  pituiteufcs  aucc   diueifcs  fortes  d'excrcmenta,    ic  luy  voulus 
faire  rcceuoir  vn  autre  Lauement  ou  i'auois  augmenté  la  dozc  des  cleduai- 
rts  purt^atifs  ,    auec   des  fomentations  ôc  Cataplafmes  que    ie    faifois  ap- 
pliquer'médiocrement  chauds  ,    de  peur  que  la  chaleur  \â;uellc  n'irritai 
ces  parties  meurtries  ôc  froifsécs  f  àquoy  ne  prennent  point  Wde  nos  Bar- 
biers dcfquelson  fe  fert  le  plus  fouuent  en  ce  cas  ,  par  laquelle  hutc  le  danger 
cft  fouuçnt  augmenté  )  étant  reuenu  pour  le  voir  pbu  d'heures  &prcs  &  voyant  : 
que  toutalloit°  n  empirant^  que  le  hoquet  l'impoitunoit  grandement ,  outre 
.  qu'si^ 


Des  Tumeurs  contre  nature,  m; 

qu'il  commençoità  rcvcr  .  m'ctint  tourne  du  côte  des  afliftants  ic  vis  qu'ils 
murmuroyent touchant îe  lauement ,  partant  ie  voulus  voir  ce  qu'il  venoicdc 
rendre  par  h  bouche,  &  rcmarquay  qu'il  êtoit  foni  tout  entier  f  fans  autre 
cholc^auec  les  huylcs  Se  cleduaitcs ,  comme  on  le  rcconoilïôit  auflî  au  Né,  le 
malade  fe  plaignant  aulîl  du  gouft  des  médicaments  qui  luy  croie  demeure  en 
là  bouche  après  ce  vomiircmenr,ce  qui  me  fit  coniedurcr  que  fa  derrière  heu- 
re n'croitpas  loin,  Ion  vifageauCfi  étant  fort  changé,le  pouls  fréquent ,  inégal 
SiC  pftit  aucc  abattement  de  forces  principalement  des  vitales. 

Il  me  vint  en  la  pensée  de  venir  à  l'onueitare  du  péritoine  proposée  par 
Roulïctus  en  Ton  liure  de  Partu  Casfareo,  mais  la  débilite  des  f  jrces  me  fît  croi- 
re qu'il  n'y  auoitpas  apparence  d'entreprendre  cette  Opération  ,  comme  aufli 
à' cauf'c  qu'il  n'y  auoit  point  de  Chirurgien  afsés  entendu  pour  cette  Opéra- 
tion ,  ic  ne  voulus  pas  ne^intmoins  abandonner  le  malade  quoy  qu'il  fcmbla 
dcfcrperé,mais  ayant  pris  courage  ie  mis  encor  la  main  à  i'œuure,  &  après  luy 
auoir  donné  des  cordiaux  &  be7oartics>ie  fis  faire  vu  autre  lauement  cnm  rad. 
lndrecent.contufsYad,bryon.alth.coYtic,  rad  ehnliyfummiiat  fcl.  eorumdem  fuliis 
Jii,fylimbr,meycurial.vtolar.malHar. lathyrid.jlor  farnbuccamomlll.  ynehlot.feîn.fœ^ 
nu^r.lini,antf.marathe  haccar.  lauri?^c.in  decoUo  aipiiis  &  hneJîin.veruecisbuU 
Ittîs  y  additis  coUtHTA  ele^.  cathol.bcned.  (frhiera  diacolocynth.  cum  ol.lilior,lîni^ 
afnygd.d.&  ex  rna^fîate  cataplafma  toti  vemrl admoitefidnm  j  On  luy  oignit  l'c- 
ftomach  auec  huyle  de  noix  mufcadc  :  vne  heure  ou  deux  après  que  le  laue- 
ment eut  été  donné  Se  après  l'application  de  la  fomentation  Ôc  du  cataplafme, 
ie  fis  manier  doucement  le  fcrotum,  &  en  rcpouirant  belle  ment,rintcftin  rentra 
dcdans,&  fur  le  champ  ie  luy  fis  prendre  vn  me. ikamcM^ex  ï^i].Jjr.r of.compcjî- 
ti^jcûeborati  cum  ^îR.diaphœn,  ciT  l  ^-ncf.  no/}r£  imperlalisiTïoh  ou  quatre  heu- 
res après  il  auala  vn  bouillon  fait  auec  mouton  t.\:  poule  >  y  iiioutant  vn  iaunc 
d'œuf  &  du  luccre  ,  le  lauement  demeura  &  il  ne  rendit  point  le  médicament 
par  la  bouche  ni  le  bouillon, il  repofa  vn  peu  puis  alla  deux  foii  fur  la  C.  Ile  ,  Se 
comme  il  ne  pouuoit  point  dormir  ,  ie  luy  fis  prendre  vn  bruuagc  exjyrnp.  de 
nymph.  (^  depapau.  cum  ac[.  nymph.  Apre  s  h  qui  1  il  repola  cnuii  on  deux  heure:  : 
êtani  êueillé  il  eut  encor  deux  fcllcSjCk:  _■  rit  dcre.  hcf  vn  bouillon  rcft.iu'.  an:  :  fujl^ 
Taube  du  quatrième  iour,ic  liw  b.ullav  encor  vn  leniiif  ex  i\fnfo  r'ub.'^  i  C't^fyr, 
reffûl.  lu  ô"  diaphoen.  ^i)  parce  que  le  Ventre  murmuioic  &  rcmuoit  cucor 
auec  des  douleurs  :  ce  médicament  le  fit  aller  doucement  trois  ou  quatre  foîs 
fans  qu'il  arriuat  en  fuite  aucun  vomilKmcnt  :  le  lendemain  il  prit  ^^.  mJîrA  ■ 
Impérial,  ^ik  cnm pnlH.diarrhod.  ç^  confbyacinth.  an3  i  il  commença  dés  lors 
à  reprendre  Cs  foïcts  &  par  manière  de  dire,à  reuiure,  tous  Icsaccidents 'ayants 
ccfsc  :  Au  feptieme  iour  comme  il  auoit  encor  quelque  amertume  de  bouche 
auec  pefanteur  d'eftomach  &  quelques  remuements  de  Ventre ,  il  prit  encor  la 
',  iufditte  médecine:  ôc  au  dixième  iour  cette  malaJie,que  l'on  auoit  cru  morte  l- 
!    le,fur  chafsée  auec  l'aide  de  Dieu:  comme  il  fut  venu  au  deirus  ie  i'exhortay  foi- 

P     5 


lîg  Liure  Premier 

«yneufcmcnt  qu'il  eut  à  fe  feruir  d'vn  byn  régime  &■  à  faire  faire  vn  brayer  aucc 
Ion  couflînet  bié  iuftcpour  cuicer  vne  rcchuce:  mais  étant  fortiliovs  la  maifoii 
douze  iouts  apres,les  iiitcftins  dcccndircnt  derechef  dans  les  bouiTcs  fans  qu'il 
put  les  remettre  auec  les  mêmes  accidents:  on  ne  peut  pas  faire  icntrer  l'intcrtiii 
les  premiers  iours  à  caale  des  excrcmcnts  endurcis  ëc  de  la  quanciré  de  vents 
quile  bouiHiîbit  quoy  que  l'on  employaft  les  mêmes  medicamécs  pour  appaifer 
la  douleur ,  ramollir  la  matière  ôc  rcpoulîer  l'inteftin ,  ayant  auili  rcnwlu  les 
laucments  par  la  bouche  côme  la  première  fois  aucc  quantité  de  pituite  &  par 
après  de  bile  •  la  douleur  donc  &  les  autres  fym^ptomes  étants  augmentés  au 
premier  &  fécond  iour  ,  la  fiéureaudi  aucc  le  vomitîcmcnt  le  picirants  fou- 
lient,  on  réitéra  les  mêmes  remèdes  que  ci  deifus  tant  laaemcnts  que  fomen- 
tations iufqu'au  troilîcme  iour  «Se  quatrième  après  auoir  longtemps  :  3c  dou- 
cement manié  le  fcrotum,  les  inteftins  retournèrent  en  leur  lieu  ,  ie  layfis 
prédre  la  potion  lenitive  qui  luy  déchargea  le  Venrre  après  laquelle  la  douleur 
s'arceta  quaû  entièrement ,  6c  l'ayant  encor  réitère  ,  tous  les  fymptomes  cef- 
ferent ,  peu  de  iours  apr^s  il  fut  guéri  ians  s'erre  depuis  plaint  en  aucune  fa- 
çon de  fon  hernie  «Se  fans  aucune  incommodité  ,  foie  qu'il  fut  à  pié-ou  à 
Chenal  feulement  à  l'aide  defon  brayer  ôc  du  bon  régime.  Oéferuat-jo.  Cent,6. 
cofnmnniijpiee par  Abel  Rofc'ms  Médecin  k  Laufanne. 


OBSERVATION     LXXI. 

D'aJWtf  hernie  en  vne  femme  aitec  iliaque  pajfion. 

L'an  1558.  comme  i'excrçois  la  médecine  à  SeilFcl  en  Sauoye  étant  venu  à  • 
Geneue  au  commencement  de  Septembre  pour  y  voir  mes  parents,ie  trou- 
uay  ma  fœur  aince  Françoile  Rous  griéuement  malade  depuis  cinq  iours ,  elle 
ctoit  trauaillce  de  grandes  douleurs  de  Matrice,  de  Ventre  ik.  d'eftomach ,  elle 
s'étoitferuid'OfFredi  le  Père  «Se  de  Colladon  Médecins  &  de  Matchietî  i\\i  Tcil 
tApothiquâirc  qui  apportèrent  diuers  remèdes  ,  luy  donnèrent  plulîciîrs  laue- 
ments  &  fe  feruirent  de  pluileurs  huyles  carminatiues  ,  qui  au  commence-  f 
ment  luy  donnèrent  quelque  foulagement  ,  mais  le  mals'étant  renforce  au 
troiHéme  iour  &  la  fieure  étant  furuenue,  les  accidents  furent  plus  grands ,  les 
douleurs  intolérables  ,  auec  des  vomilîèments  coup  fur  coup  ,  des  veilles 
continuelles  ,  des  rapports  fréquents  «Se  des  remuements  de  Ventre  qui  ne 
s'appaifoyent  par  aucuns  médicaments  ,  au  contraire  le  mal  augmentant  de 
iour  en  iour  ,  enfin  il  furuint  au  cinquième  de  la  réuerie  auec  des  fréquentes 
défaillances.  Se  ce  qui  eft  mcrucilleux  le  iour  de  mon  arriuce  elle  rendit  trois 
laucments  par  la  bouche  ,  dequoy  rccerchant  la  caufe  ie  trouuay  que  fon  mal 
venoit  dVnc  décente,  difant  qu'elle  auoit  vne  grolfc  glande  en  l'aine  qu'elle 

portoit 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  Ji9 

jortoit  depuis  fix  mois ,  laquelle  en  rcfpacc  de  fix  iours  s'êroit  rellemelir  cn- 
îîce  qu  elle  paifoic  en  grollcur  lis  deux  poings  5c  que  dés  ce  temps  la  douleur 
luoi:  été  plus  grande  t^  quelle  y  auoit  eu  vne  grande  ch:ileur  ,  après  quoy 
ous  ces  horribles  accidents  croycnt  furucnus  Llqucls  elle  attribuoit  non  à 
:ette  Tumeur  mais  à  vne  Colique  ou  à  la  Matrice  ;  ayant  porté  la  main  fur  la 
îartie  &  dccouueit  la  (ouxcc  du  maljafTauoii  la  rupture  du  p.  ritoine  en  Tainc 
3ar  laquelle  les  excréments  ècoyent  dccendus  auec  Tintcftin  qui  ne  pouuoic 
rentrer  par  cette  mcmeouuerturc  &  auoycnt  cause  tous  ces  accidents ,  Toutà 
.'inftant  ie  me  feruis  de  ce  qui  le  prefenta  f  car -il  croit  dix  heures  du  i'o'irj  alFa- 
joir  de  mauue  ,  camomille  auec  force  femence  de  lin  cuites  en  quatitc  d'huyle 
5c  d'eaujde  quoy  ie  fis  vne  fomentation  fur  la  Tumeur  ,y  âioutant  vn  cataplaC^ 
me  fait  de  même  matière  &  de  fiente  de  brebis  fraîche  ,  le  réitérant  à  toutes 
leuresjle  iour  étant  venu  ie  rcpoulfay  les  inteftins  en  leur  place ,  maniant  dou- 
;cmenr  la  Tumeur  :  après  quoy  ie  luy  fis  rcflcuoir  de  bon  matin  vn  lauement 
axatifqui  luy  ouurit  le  Ventre  Se  fit  rendre  des  matières  très  puantes,en  fuittc 
es  douleurs  &  le  vomilïementcefîerent  auec  diminution  des  autres  accidents; 
rlle  fe porte  maintenant  comme  vne  femme  de  65.ans,  fans  être  iamais  retom- 
i)cc  en  ce  mal. 0^/70  Cent  ô.commum^Hée  par  le  même» 


OBSERVATION     LXXIL 

jyvne  hernïejliîme  d'Iliaque  pajfion . 

MOnfieur  Charançon  Sénateur  à  Chamberi  étant  v^u  en  temps  de  ven- 
danges voir  Ton  beau  &  grand  vignoble  de  Chauagn'-jfufant  yn  iour  en 
vne  vigne  quelque  bw-fogne  auec  g- and  etfort  ,  fencit  tout  d'vn  coup  quelque 
chofclc  rompre  auec  grand  biuit  au  bas  Vcnrrc  &:  décence  des  inrcHinsau 
rcrotum,lefqucls  ayant  tâche  de  remettre  fans  en  pouuoir  venir  àbout,il  tom- 
ba dans  vne  iliaque  paflion ,  car  le  iour  luiuant  il  fut  trauaillc  de  vents  &  de 
vomillemcnts continuels  ,  le  Ventre  fe  rdkria  entièrement,  auec  dirKcukc  de 
rendre  fon  eau/ur  le  loir  la  fièvre  furuiiit  accompagnée  de  foif  >  granJe  amer- 
tume de  bouche,  vcillesjinquictudcs,  fubueiiion:.  dcltomach ,  douleurs  cJu  plu- 
toft  des  tourments  qui  Icfaifoyent  crier  ians  cetlt-,  ne  pouuant  rien  prendre  par 
,'  laboudu  nircti-nir-.ayantcrc  dem.rndcfur  le  loir  dulecond  iour,  ie  connus  par 
rincgalitCjdeibrdrc,  petitelfc  v5t  fréquence  Ju  pouls  ,  par  la  grandeur  des  accir 
dents  &;  par  le  fui  itâbatcmcnt  des  torces  ,  ie  connus  di  ic  que  c'ccoit  vue  ma- 
ladie trcsaigae  &  mortelle  &c  qu'il  ne  paticroic  pas  le  quanicmc  iour  ,  ce  que 
ic  deuonçay  à  fa  femme  &c  à  deux  de  les  ncucux  ,  <S:  incontinent  voulus  mon- 
jtcr  à  Cheual  après  auoir  ordonne  par  forme  quelques  médicaments  To- 
^  pics  c^  quelques  cordiaux  ,  mais  à  l'iullancc  de  leurs  prières  ie  demeuray  ,  .5c 


110  Liure  Premier 

.incontinent  ic  luy  fis  donner  vn  lauement  emollicnt  &:  anodyn  que  ie  fis  rci- 
tcrcr  trois  heures  apresiil  les  rendit  tous  deux  auant  Taubc  du  iour  par  la  bou- 
chc:ie  luy  en  fis  donner  cncor  vn  troifiéme  fur  le  midi  lequel  il  rendit  tout  tel 
qu'il  l'auoit  relFu  ,  &  fur  le  foir  il  rcictta  les  excréments  puants  \k  derechef 
quantité  de  bile  auec  grande  violence  &  douleur ,  enfin  après  auoir  été  trauail- 
ié  de  diucrfes  douleurs>êpuisc  de  fang  &  d'efprits,  il  mourut  fur  iefoir  du  qua- 
trième iour. 

Pour  être  cclaircî  de  la  caufe  d'vn  mal  fi  opiniâtre  ,  ie  fis  venir  de  Chamberi 
vn  Chirurgien  très  expert  appelé  le  Lorrain,  lequel  fie  dilîcdion  du  corps.  On 
trouua  rintefl:in  iléon  qui  êtoit  décendu  au  icrotum  toutliuide  ,  &c  audclfus  de 
l'os  pubis  au  commencement  du  conduir,vne  carnolité  fongucufe  ou  fpongieu» 
fequienucloppoitlintcftin  autour  du  conduit,(!k;  tellement  attachée  aux  mem- 
branes voifines  qu'a  pêne  la  peut'on  feparer  auec  les  ongles  ,  i'cftime  que  cette 
cxcrefccnce  y  vint  dés  le  premier  iour  à  caufe  du  fang  qui  fut  attiré  par  la  dou- 
leur fur  la  rupture,laquelle  fungofitc  bouchant  le  pailagc  ,  fut  caufe  qu'on  ne 
peutiamaisrepouilèrl'iateftin.  Oh/èruation  jo.  Cent.  6.  cemmnm<^Hée  par  ie 
même. 


i 


OBSERVATION     LXXIIL 

Uvne  hernie  intejîinale  &  des  accidents  t^ui  l'ont /hîhî. 

\L  y  a  des  chofcs  r^arquables  en  l'hiftoire  du  mal  de  Monfieur  Charançon.  ; 
»  premièrement  comme  c'cft  que  le  péritoine  à  peu  fc  tcnpre  fi  toft  &"  fur  le 
■^hamp&  comme  la  vagina,  ou  conduit  ,  qui  cft  vne  membrane  trcs  forte  fie 
CpailTc,à.peucll:re  dilaté,  ce  qui  fait  que  ie  penfequcle  ditfiegc  êcoit  hcrnieux 
dés  longtemps  6c  qu'il  l^auoit  caché,comme  ic  l'ay  veu  en  l'an  i6o6.  ay  bourg    ' 
de  Cuilly  en  Monficu:  de  Challon.    Vous  ccriués  auflî  qu'api  es  la  motc  diidit 
iîeur  Charançon  on  a  trouué  l'ileum  au  fcrotum,ou  ie  trouue  dcrcch-f  étrange 
comme  c'cft  que  les  lau.:mencs  ont  pu  fe  faire  palfage  à  trauers  ce  boyau  ainii 
redoublé  6v  comprime  &:  parucnii  iufqu'a  l'cftomach:  mais  ce  n'cft  pas  mer- 
ueille  que  h  nature  falfe  des  chofcs  qui  iuipailcnt  rentcndemcnt  de  l'homme, 
ayant  vcu  des  blelfuiresdc  boyaux  gucries,comme  en  Mad.de  Glerelîcen  laquel- 
le il  y  a  apparence  que  ce  n'a  pas  été  l'Ueon  ou  quelqu'vn  des  menus  boyaux, 
mais  plutôt  le  colum  qui  eiloit  demeuré  engagé  dans  la  produûion  du  péri- 
toine ,  faa:>  aucun  repli  ou  reduph'cation  d'iceluy  :  carc«  boyau  étant  k  plus 
gros  vie  tous»  il  s'efl;  peu  faire  que  quelque  portion  d'iceluy  de  celle  qui  eft  aux 
coftés,ait  ctcenfeirûéc  dans  ladiiatioi;  ou  rupture  du  péritoine  &  s'y  (oit  pour- 
rie ,  toutes  les  autres  parties  étants  demeurées  entières  j  il  en  eft  de  même  des 
playcs  des  iiiceftins.  car  II  quelqu'vn  d'kcux  eft  coupé  entièrement  de  trauers 

on 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ji-i 

•ou  vient  à  fc  rompre  par  pourriturc,on  voir  par  cxpciiencc  qu'il  en  faut  mou- 
rir ,  car  les  cxtremiccs  fe  retirent  incontinent  en  haut  ôc  en  bas  fans  que  iamais 
•  on  puiiFe  reioindrc  les  bords  de  la  playe ,  bien  loin  de  les  pouuoir  retenir  :    en 
châtrant  vu  certain  M.  Claude  Tiipcs  de  Lan{^inne  on  coupa  vnc  partie  de  l'in- 
teftin  colon  êc  la  matière  farcalc  (orrit  quelques  mois  durant  de  i'Vlcere. 

Ilyacncor  vue  chofe digne  de  remarque  en  la  maladie  de Monfieur  Cha- 
rançon, alfauoir  cette  chair  {'pongicafc  oa  baueufequi's'cft  trouuc  au  dclfus  de 
l'os  pubis  aucomm.encement  du  conduirjlaquclk^it  voir  clairement  que  cette 
hernie  ctoit  inueterce,car  il  n'cftpas  vray  fcm.blable  qu'vnc  femblable  fubitan- 
ce  ait  peu  êcreprodaite  en  vne  partie  du  corps  entière  &  qui  n'ctoit  point  oF- 
fcnscc  &•  qui  plus  eft  en  vne  membraneufe  telle  qu'cft  la  production  du  péri- 
toine ,  &  en  il  peu  de  temps ,  Il  n'en  eft  pas  de  même  de  ces  excrcfcenccs.  char- 
nues &  baueufes  qui  viennent  aux  membranes  de  cerueau  qai  font  dccouuertes 
aux  grandes  playes  des  articulationSjCar  icy  Izs  grands  vaiilcaux  font  ouuerts  de 
non  pas  feulement  des  vcnes  capillaires,mais  en  l  hernie  de  Monlîeur  Charan- 
çon il  n'y  a  eu  ni  vcne  ni  artere,grande  ni  petite  qui  ait  ctc  ouuerte,autremcnc 
il  y  auroit  eu  du  lang  excrauasc  qui  fcroit  toiribc  en  la  cauitc  de  l'abdomen. 

Quant  à  cette  même  carnofité  qui  a  ctc  trouuce  autour  du  conduit ,  il  faut 
cncor  mettre  en  remarque,  que  vous  ctcs  feul  auec  Parc  qui  l'aucs  trouuc  aux 
dilIc6lions,&  eft  vray  (emblable  que  par  le  moyen  de  cette  fubftance  foit  qu'el- 
le foit  charnue  ou  calleufe,le  conduit  par  lequel  dccend  le  boyau  aufcrotum  eft 
-bouche  aux  perfonncs  auancccs  en  âge  Se  que  par  le  moyen  d'icelle  les  hernies 
fc  guerillent,  ou  c'eft  qu'il  faut  remarquer  la  proaidéce  de  Dieu  &  de  la  nature 
en  la  confcruation  de  l'hommcctelle  forte  de  gueriibn  arriue  feulement  en  ceux 
qui  par  le  moyen  d'vn  brayer  empêchent  que  le  boyau  ne  dccendeau  fcrotum. 
Pour  cette  raifon  i'exhorte  touhour€  les  hernieux  de  ne  quitter  jamais  leurs 
bandages, car  autrement  ils  s'e;;pofent  à  des  grands  dangers  ,  comme  ie  l'ay  veu 
en  Monheur  Nicolas  Kilkberth  du  conieil  de  la  ville  de  Berne  &  Banderet,  il 
auoit  ctc  longtemps  incommode  d'vne  décente  de  bayaux  qui  luy  auoit  quel- 
quefois dont  c  de  la  pcnc  quand  le  boyau  dccendoitau  fcrotum:  or  m'avant  de- 
mande âuis  il  y  a  quelques  années,  ie  luy  baillay  des  bandages  à  l'aide  defqucls 
il  a  tellement  été  prekrué  qu'il  ne  s'en  relfentoit  plus  &  cioyoit  être  hors  de 
'tout  dangcr,à  caule  dcquoy  il  lailla  fon  braycr:qu'artiue-t'il  ?  l'an  1627. comme 
jau  temps  de  la  canicule  il  fe  promenoit  en  fa  métairie  de  Bremgartcn   ëc 
jcut  pose  fon  brayer  pour  quelques  iours  à  caufe  de  la  chaleur  ,  prenant   trop 
I  d'exercice  quelquefois  à  pié,par  fois  à  Chcual,  le  boyau  vint  à  dccendre  peu  à 
,peu&  fans  grade  incommodité  au  fcrotum,carie  crois  que  la  nature  auoit  déjà 
■trauaillé  à  produire  cette  carnofitc  qui  auoit  rempli  en  partie  cette  production 
duperitoine,or  comme  il  ne  difcontinuoit  point  de  s'exercer  fans  garder  aucun 
rcgime,buuantpcle  mcle  du  vin,du  lair,du  petit  lait,  de  l'eau  crue  en  abondaii- 
cc,il  vint  vne  douleur  en  l'aine  6c  au  fcrotum,  parquoy  on  fut  oblige  de  le  me- 


lii  Liure  Premier 

tier  à  Berne  ou  ie  le  vis  auec  le  Dodeiir  Rcx,nous  liiy  trouuâmcs  le  Tcrotum  ex- 
trêmement dur  &  remplida  douleur  n'auoit  pas  ctc  fort  grande  du  commence- 
ment de  ne  l'etoitpas  pour  lorSjàcaufc  dcquoy  il  auoit  néglige  Ton  mal,il  auoic 
neantmoins  vnc  fieure  continue,  douleur  de  Tefte  Se  de  reins  auec  des  yeilles, 
nousluy  ordonnâmes  tout  cequ'ilfaloit  fclon  l'art  mais  fans  fucccs  ,  car  luy 
étant  fuiuenu  vn  hoquet  auec  vn  vomitrement  très  grand  ,  il  rendit  auflîla  ma- 
tière faecalè  par  la  bouche  &  mourut  l'ouzicme  Aoiii\i6ij. 

le  me  fcuuicns  que  Mondeur  le  Chcualicr  lodoque  Fogelin  Seigneur  de  Cu- 
gyite  mourut  de  même  en  raniéoy.pour  auoir  quitte  Ton  bi'aycr,ctant  deman- 
dé au  cinquième  iour,ie  fis  bien  rentier  1.  b  lyau  dans  le  Ventre,  ncantmoins  il 
mourut  deux  iours  après ,  car  ayant  été  prefsé  quelque  tems  en  l'ouuerture  de 
l'abdomen  ,  il  y  fut  ofFcnsé;en  Monfieur  de  Chalon  duquel  i'ay  parle  ci  dcifus, 
le  vomilïèment  fut  li  violent  qu'il  rendoit  tout  ce  qu'il  prenoit  auec  les  ex- 
créments. 

Ilferoit  doncàfouhaitterqueron  remit  en  vfage  l'ouuerture  du  péritoine 
proposée  par  Rolfct  &  Paré  qui  n*a  pas  étéinconue  aux  Anciens:maisily  aaufli 
des  difficultcsjcar  fi  on  ne  la  fait  pas  à  temps ,  quand  les  forces  font  bonnes  6c 
auant  qu'il  y  ait  de  la  con  uption  au  boyau  o;i  l'entreprendra  en  vain  ,  mais  on 
trouue  fort  peu  demaladeSjfur  tout  en  Allemagne,  qui  veuillent  fe  foumettreà 
des  Opi'vations  inufitées  S>c  dangcreufes,  il  faut  neantmoins  employer  les  der- 
niers remèdes  aux  maladies  extrêmes  ,  pourueu  que  l'on  trouue  vn  Chirurgien 
fi  ^clf  5c  entendu  ,  car  il  ne  faut  pas  la  coiifi  iï  au  premier  palfant  ou  babillard: 
Ohf.y  Cent.G.OureJf  once  de C  jiutheur  aux  trois  Ob/erumions  précédentes. 


OBSERVATION     LXXXIV. 
D'\ine  Btihonecelz^. 

VOus  m'ccriucs  quVn  homme  de  6o.  ans  remarqua  il  y  a  près  d*vn  an  vne 
procuberance  en  l'aine  droite  que  ie  crois  auec  vous  être  vnebubonocele 
qui  pourra  auec  le  temps  dégénérer  en  enterocele  fion  n'y  prend  gardr,laquel- 
le  vient  pliirofl:  d'vne  relaxation  que  d'vne  rupture  de  la  produdiô  du  peritoi- 
nc,car  quand  les  intcftins  tombent  aufcrotum  par  vne  rupture  ou  dilaceration 
d'iceliiyjLelaaniuc  tout  àcoupiSc  non  peu  àpeu  :  on  aura  bien  de  lapcne  àde- 
couuiir  qu'elle  cft  la  véritable  caufe  de  cette  relation ,  &r  ie  tiens  qu'il  n'eft  pas 
beaucoup  important  pour  la  guçiifon  de  s'en  informer  auec  trop  de  foinn'ap- 
prouue  neantm.oins  toutes  celles  que  vous  metfés  en  auant  &  mêmes  la  pre- 
mière que  que  Iques-vns  vous  ont  voulu  côtefter,  niants  que  l'hernie  puilîè  être 
vn  mal  hereditaireiilfaKt  regarder  ce  qu'en  dit  Valefcus  dcTarente  enfonzô.li- 
ure  ch.8.  où  il  dit  ouucrttmcnt  qu'il  a  vcu  des  heriiieux  de  Pcrc  en  fils  iufquesà 

la 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  12.5 

l.t  troiTicme  gencration,&  i'cn  veux  propofcr  vn  exemple  digne  de  remarquc,aii 
commencemcncde  l'an  1550. du  temps  d2  Guillaume  Prince  de  lulicis,  &c.  il  y 
aiioit  vn  chatreur  très  fameux  dans  tout  le  pays, lequel  ctoit  Ci  téméraire  à  caufe 
de  Ton  ignorance  en  la  Théorie  de  rair,qn'il  clûcroit  les  hommes  tout  de  mê- 
me que  les  bêtes,  cômeittl'ay  âpris  de  Cofmc  Slotanus  Médecin  &  Chirurgie 
de  ce  Prince  quiauoit  connu  familierem.cn t  ce  châtreui:maisillfauc  remarquer 
ce  qu'en  dit  lean  Vuierus  lib.4.dc  Praîftîgiis  Daimonum  c.io-  afç.qu  vn  Moine 
appréhendant  vn  iufte  châtimét  à  caufe  ei'vn  adultère  qu'il  auoit  cômis,fcignit 
d'être  hcrnieux  au  nombril  îk  demanda  confeil  à  ce  maître.  L'accord  étant  fait 
auec  le  Prieur  du  Monaftere,le  chàcrcur  mène  le  Moine  en  fa  maifjn(alîn  qu'il 
eut  dequoy  fe  iuftifîcr  deuant  le  Magiftrat  Ecclefiaftic,côme  s'il  auoit  été  châ- 
tre en  fa  icunelïè  ^  ^  le  châtra  des  deux  côtes  :  or  ie  ne  C(^:iy  pas  Ci  ce  Tailleur 
d'hernies  a  ctc  hernienx  ou  non, mais  ie  Içay  qiie  les  dccendants ,  lefquels  ie  co- 
nois  quafi  tous,  font  pour  la  plufpart  fuîcts  à  l'hernie,voire  m.émes  les  femmes: 
le  veux  maintenant  repondre  à  vos  queftions. 

Vous  me  demandez  premicremcr  Ci  cette  hernie  qui  eft  de  Ci  longtemps  Sc  eu 
vn  homme  de  60  ans>peut  être  pariîiitcmét  guerie,ie  repos  qu'il  y  a  beaucoup  à 
douter,cftimat  qu'elle  ne  peut  pas  être  guérie  en  vn  tel  âge  fans  oftcnfcr  les  vif- 
feres,car  fi  on  a  vue  extrême  pcne  à  la  guérir  en  l'âge  de  confîrtence,à  plus  forte 
raifon  en  vn  âge  dccrcpitiie  me  fouuiens  véritablement  d'en  auoir  veu  des  guc- 
ris,mais  le  cas  eft  fort  rare,&:  i'tn  ay  vn  exemple  en  Noble  lacob  Diefpach,&c. 
Vous  en  trouuercs  aulîî  dans  Ambroif.Parc  lib.8.chap-ij. 

Secondemét  vous  demandes  par  quels  remèdes  il  faut  ellayer  la  guerifonrTa- 
uou'c  franchemct  que  ie  n'ay  iamais  voulu  chargez  les  malades  qui  font  auaccz 
en  âge  de  beaucoup  de  medicaments,veu  que  c'a  été  le  plus  fouucnt  en  vainjl'e- 
xemple  de  Mr.  Diesbach  le  montre  afsés  auquel  du  Chêne  &  la  Ri,uiere  Méde- 
cins du  Roy  ordonnent  fans  fuccés  pludeurs  medicaments,n'ayant  pas  voulu  fe 
tenir  au  liét,m.âis  y  ayac  été  obligé  par  vne  maladic,il  fe  trouua  guéri  par  le  feul 
vfagedu  brayer,quoy  qucie  ne  tienne  pas  cette guerifon  pour  feure,parce  qu'il 
'  fe  faut  coucher  (urlcs  reins  ôc  ainfi  on  court  rifque  d'engendrer  la  grauelle, 
comme  cela  eft  arriué  au  dit  Seig.  Diesbach  qui  fut  luiet  dés  ce  temps  à  la  gra- 
uelle des  reins.-m.ais  pour  empêcher  le  mal  d'aller  plus  auantie  conseille  à  vô- 
tre malade  de  le  faire  taire  vn  bandage  propre  qui  contienne  bien  le  boyau  en 
dedans ,  ce  que  ie  crois  pouuoir  cftre  fait  aisément  veu  que  le  mal  eft  récent ,  ie 
voudrois  auoir  la  mcfure  du  corfage  du  malade,  carie  luy  ferois  de  bon  cœur 
vnbrayer, mais  afin  que  vous  nem'accuficspas  denonchilance,ie  vouscnuoye 
la  figure  d'vn  duquel  ie  me  fers  heureufemêril  va  pafsé  4o.ans,mcmesés  grands 
Scigneursjil  eil  fait  d'vn  cou{îinct,d'vne  ceinture  &  de  dcuxataches,  mais  tout 
1  artifice  côfifte  à  bien  faire  le  CDu(nner,car  il  doit  auoir  vne  iufte  ^randeur.n'c- 
tre  m  trop  grand  ni  trop  petit ,  mais  bien  proportionné  à  l'aine  laquelle  il  doit 
toute  couurir  quoy  que  le  mal  ne  foie  que  d'vn  côté. 


U4  Liure  Premier  | 

Le  dehors  du  couflTinet  doit  ctre  égal  &:  vni  ,  5c  le  dedans  qui  regarde  la- 
rupture  doit  être  farci  de  laine  &  bien  boufîi  priii'^ipalemcnt  à  l'endroit  de  la  „ 
Tumcur:il  doit  ccrefait  de  cuir  de  femelle  couucrt  de  futainej&  à  l'endroit  de' 
la  rupture  la  laine  doit  tellement  être  prefsée  qu'il  en  deuiennc  dur ,  autrement 
il  ne  pounoit  pas  repoulfcr  la  Tumeuf.la  ceinture  doit  auoir  quatre  doigts  de- 
lon'^'ueur,ôc  les  biidesà  l'endroit  ducoulïinet  ,  auquel  elles  font  attachées ,  nc' 
doiuent  auoir  qu'vn  pouce  de  peur  qu'elles  n'oiienccut  l'cntredcux  des  cuilfes,, 
elles  doiuent  pourtant  s  élargir  peu  à  peu  comm.c  on  la  peut  voir  en  la  figure 
de  la  féconde  table. 

Lehaut  ducouOTmet  doit  être  fait  en  demi  lune  comme  ileft  marque  en  Ia> 
première  figure  AAA.  car  ainfi  le  bas  Ventre  fe  rcpofcra  mieux  fur  le  bandage:il 
faut  attacher  la  ceinture  en  deux  endroits  du  couflinet,  au  milieu  ou  font  mar- 
ques les  BBB.  en  après  au  dclfus  :  les  bandes  marqucts  CGC.  font  attachées  aii^ 
couffinet  comme  on  le  voit  en  la  figure  ci  dclfus,  en  a,  res  il  ks  faut  faire  palier 
à  cote  dufcrotum  parl'entredeux  des  cuiilcs  vers  la  partie  de  derrière  en  haud 
entre  lesfeires  ôc  les  cullfes  par  cet  endroit  enfonce  qui  cft  marque  dans  Vefal-- 
en  fa  féconde  Table  des  mufcL<>  à  la  lettre  x.  &  par  deuant  il  les  faut  attacher 
au  droit  de  l'os  ileum  &  f -.ler  fi  bien  que  le  couflinet  repoulîè  la  Tumeur  de 
raine,&  afin  qu'il  le  f;  ir.  .li  aoit  auoir  deux  doigts  d'épais  de  laine:  quand  on  le 
met  il  faut  prendre  garde  que  la  ceinture  ne  pâlîc  pas  plus  haut  que  l'os  ilium, 
car  ainfii  elle  tiendra  fcm.  .ans  bailler  aucune  incommodité  :  des  quelques  an- 
nées i'ay  fait  po'.  tti  à  mes  malades  vue  autre  (orte  débrayer  fait  de  fer ,  lequel 
eft  tïcs  aist  e..  ce  qu'il  n'a  point  de  bride  qui  incommode  l'entredeux  des  cuif- 
Tes  ,  mais  ou  ne  le  fauroit  bien  faire  qu'on  ne  voye  le  malade ,  l'en  mets  neant- 
iBoiiis  i^y  la  figure  pour  faire  feruii  au  vôtie,vous  pourrés  ellayer  d'en  faire  fai- 
re vu,vous  en  verrtila  figure  en  la  Table  I  L  Figure  3  &  4. 

Laruprurcjcommc  vous  m'ccriués  ,  eft  enla  partie  droitte  de  l'aine  j  faites 
donc  faire  vnc  cciiiture  d'vne  lame  de  fer  bien  déliée,  large  d'enuiron  vn  pou- 
ce &  demi,de  telle  longueur  que  fon  commencement  A  foit  mis  fur  l'aine  gau- 
chc,,S:  foi)  extrémité  B  en  entourant  la  moitié  du  corps  foit  appuyée  bien  fer* 
me  au  Dos  fur  le  milieu  de  l'os  facrum,auquel  endroit  il  doit  être  vn  peu  large 
6c  demi  rond  de  peur  qu'il  n'offen ce  la  partie  fur  laquelle  il  repofe  :  ks  bords  ; 
auffi  de  la  ce  inture  doiuent  être  par  tout  vn  peu  relcués  en  dehors  aucc  des  pe- 
tits trous  de  tor.s  côtés  par  kfquchpuille  palier  feulement  vne  aiguille,^  il  faut 
attacher  la  lame  de  fer  à  cette  ceinture,lri  ou  le  C  eft  marqué  qui  doit  être  fai- 
te en  forte  qu'elle  rcpoulîe  en  dedans  la  Tumeur  du  péritoine  Ôc  bouche  le 
conduit  par  kqucl  dtcendent  lesintcftins  ,  partant  il  faut  de  neceflîté  qu'elle 
panche  vn  peu  en  dedans:mais  parce  que  l'ccuiron  ou  la  lame  de  fer  ne  peut  pas 
faire  cela  toute  fci;k,voila  pourquoy  il  k  fautgarnir  de  litge,de  laine  &  de  fu- 
taine  comme  aulTi  toute  la  ceinture  :  or  la  partie  d'icelle  qui  va  depuis  A  à  B. 
«'ea  pas  de  fcr,mais  de  toile  menue  qui  n'a  point  été  blanchie  qu'il  faut  couper 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ii{ 

de  toile  de  coton:  la  façon  de  ce  Bandage  eft  afscs  difficile  mais  il  eft  très- corn 
mode,  i'il  eft  à  vôtre  fanrafic,  faites  en  vous  me'mcs  f  comme  i'ay  âcouramc> 
vn  modèle  de  plomb,  auquel  vous  attachcrcs  vne  lame  de  Fer  blanc  auec  l'ai- 
guille &  du  filet  :  le  malade  fc  fcruiia  de  ce  Bandage  iufqucs  à  çc  que  vous  aycs 
trouuc  la  iuftc  mcfure  ,  alors  vous  prcndrcs  diligemment  auec  vn  bâton  la  di- 
ftance  qu'il  y  a  dés  la  lame  ou  écullbu  C  iufqucs  à  B  «3c  ainlî  le  Serrurier  ne  fc 
trompera  pas  quand  il  en  voudra  forger  vn, principalement  s'il  regarde  de  prcs  à 
cette  diftance  :  on  peut  ôter  ces  bandages  de  nuit  afin  qu'ils  n'incommodent 
pas  en  dormant ,  mais  à  condition  qu'on  foit  foigneux  de  les  âtacher  ferme 
auant  que  fortir  du  lit. 

Quancaux  médicaments  ils  font  ou  internes  ou  externes:  les  internes  agilTçnc 
ou  par  vne manifcfte  qualité  ou  par  vne  cachée  &  fpecifiquc  :  ceux  qui  agilUnt 
par  vne  manifefte  font  ceux  qui  par  leur  grande  adftridion  &  exiîccation  rcf- 
lerrent  la  produd:ion  du  Pericoinc  &  ferment  le  palfage  aux  Inteftins  :  les  au-- 
theurs  en  propofcntvn  nombre  infini  dcfquels  voici  les  principaux  ,- entre  les 
Racines  celles  de  Bijioru  Tlantagin.  Pentaphjlliy  des  herbes ,  Sanictila  ,  Âlchy- 
miUa,  TyroUy  E^uifeinm,  Burfa  Ptnjïorisy  Ce/itiriodia,  Prunafyluefirin  mmaturay 
Nnces  cn^rejfi,  Balaufiia,  Bolus  Armena  "^era,  Terrajtgillata, ,  cornu  cerui  vjîum, 
/podium  çjrc.  mais  ie  tiens  l'vGge  de  ces  médicaments  fort  dangere-jx  en  ceux 
quifont  auanccs  en  âge,  car  comme  vous  (çaucs ,  ils  font  fuicts  aux  obftru- 
6tions  >  à  caufe  dequoy  les  opérations  naturelles  ne  k  font  pas  bien  iSc  ainfi  il 
faut  âprehendcr  que  le  Foye  &  les  nutres  vifceres  principaux  ne  foyent  offcii- 
ccs  par  CCS  Adftringents  :  en  après  ie  ne  puis  pas  comprendre  comme  leur  ver- 
tu adftringentepeut  aller  iufqucs  à  lapaitie  ,  <5c  quand  bien  elle  y  iroif  ,  ce  ne 
feroit  pas  ians  auoir  fait  du  mal  3c  cause  des  obftiuâ.ioni  dans  les  parties  No- 
blc5,  au  Foyc,  Rattc,  Reins  &  toutes  les  vénes,  «3:  partant  ils  fcrovcnt  plus  de 
mal  que  de  bien  :  ôc  quoy  que  ces  fimples  que  l'on  appc  le  vuliîcrairci.,qui  font 
tousadftringentSjlduent  beaucoup  en  dehors  quand  ils  (ont  âpliquésà  propos, 
fi  eft  ce  qu'étants  pris  intérieurement  ils  n'apportent  pas  le  même  fr(iir>au  con- 
traire ils  portent  beaucoup  de  preiudice:que  s'ils  Icriicnt  à  confolider  ,  fi  eft  ce 
qu'en  produifant  des  obftrudions  dans  le  Foye  &  aillcuisjls  nuisent  plus  qu'ils 
neferucnt.-vous  écriucs  cncor  que  ce  Seigneur  a  Jés  4o.ans  vne  couftipatîon  de 
ventre,  laquelle  fins  doute  s'augmenteroii  par  Tvlag.  dscs  medicamcnts,mais 
vous  içaucs  combien  elle  poite  de  preiudice  à  ceux  qui  Ibnt  Hernicux. 

Entre  Icj.  médicaments  qui  opèrent  p?r  vne  qudlicc  fpe-cifiquc ,  voici  ceux 
que  i'ay  cprouucêtrc  les  meilleurs  Radiées  Cor.fol.  mai.  HertiiariayLumbrkî  ter- 
rejires,  Pulmonaria  jnaculofa,  Priapus  cerui,  femen  perfoliat£  :  U  Ptfofelle  on  Au- 
ncula  rauris,c^uoy  qu'elle  relïerre  fort,  neantmoinsl'cxperi.nccfait  voir  qu'elle 
guérit  les  Hernies,  Si  eft  ce  que  ie  ne  m'en  fuis  iamais  ferui  qu'cxtcricurcmeiit: 
ou  peut  faire  auec  les  médicaments  fufdits  des  Poudres,  des  ck(5luaires,y  âiou- 
tantduSyropdcconferucderaciatdcconfglidclagrandc:  dci  Tablettes  &  des 

0^3 


12.^  Liure  Premier 

Piiulcs  aucc  delà  Terebentine  fclonle  choix  du  malade  ,  y  âioutant  vn  peu  de 
Crénelle  ou  de  graine  d'Anis  ou  leuus  huylcs  dilHUccspourdilîiper  les  vents  ôc 
ai^'er  ladigt  ftion  de  l'eftomach,  pour  ccc  effet  i'y  mecs  aufii  des  pellicules  in- 
ternes de  go(îcr  de  poule. 

il  fâuraudî  prcdre  garde  que  voftie  m:ilade  ne  fuiue  vne  niauuaife  fnçon  de 
viure  ,  il  doit  principalement  s'abftenir  des  chofcs  qui  engendrent  des  vents: 
le  ventre  doit  ctie  libre  afin  qu'il  ne  face  point  d'effort  allant  à  la  Selle ,  par* 
tant  il  doit  fe  feruir  de  Callè ,  de  Rhubarbe  auec  myrobalans  ou  auec  des 
prunes  laxatiucs  :  le  ne  dcfapprouue  pas  1:  s  lauements  ,  lî  ce  n'eft  que  le  Boyau 
.(bit  décendu  au  Scrotum,  car  alors  il  faut  s'en  abfteHirtotalemenr:  voilà  quant 
aux  médicaments  internes  ,  ie  veuxadiouter  quelque  chofc  des  externes  ,  Icl- 
quelsjComme  ie  l'ay  expérimenté  font  le  plus  grand  ciîet  y  âioutant  vn  bon  ban- 
dage qui  retienne  le  Boyau:  ils  doiuent  être  tous  fort  adicringencs,  dcficcatifs  «Sc 
carminatifs  on  les  fait  en  forme  d'Emplâtre  ou  d'onguent  ou  de  fachet  :  entre 
les  Emplâtres  il  n'y  en  a  point  de  meilleur  que  celui  c^'Arnould  de  Villeneuve 
appelé  de  Pelle  Ariecina  :  on  en  a  fait  vne  infinité  à  l'imitation  de  celuy-là  :  ie 
m'en  fuis  ferui  heureufcmcnt  es  cnfonrs,  mais  non  es  grandes  perfonnes ,  car  à 
caufe  du  poil  qui  eft  aux  aines  ,  il  s'y  attache  de  telle  fiçon  qu'il  y  vient  de  la 
douleur  laquelle  fait  atrradion  d'humeurs  &  ainfi  la  partie  s'humede  ik  fe  re- 
lâche: on  fait  des  linimcnts  auec  hnyle  ,  grailfe  ôc  limples  adftringents  ,  mais 
parce  que  la  faculté  relaxante  de  l'huyle  prédomine  toufioursjie  ne  fçaurois  les 
approuuer:  il  faut  donc  fc  feruir  de  fomentations  faites  auec  choies  fort  adftrin- 
gentes  comme  font  Rdiâices  confolidjt  mai.  Bijlortit,  TormemllU,  Plantagmis.ex 
fjerhisyfanlcHUy  PyroU,  AlchymiHa^  AnncuLi  murts  ,  EciaifetOy  Nuctbns  cftpre/ft, 
Callis,  maUcorio^Balai^tiis y  femr.e  plantaelms,  perfo limita .fcf/i.  Anijî .  carni,  ctt- 
mini  &  femblables  qui  conlumcn:  les  vents  :  i*y  âioute  aulîi  le  plus  fouucnt  du 
ftl  &  de  l'Alun,decela  ie  fu's  dus  fachets  de  telle  grandeur  qu'ilipuiilènt  couurir 
toute  l'Aine  ou  au  moins  la  partie ,  il  les  faut  faire  ciâic  en  vin  rouge  ou  en  eau 
de  forge  de  maréchal  y  âioutant  vn  peu  de  vinaigre  ,  étant  d'âuis  que  voftre 
malade  le  férue  de  ces  fachets  feulement  de  nuit^ôc  du  bandage  le  iour  fans  Em- 
plâtre pour  les  raifons  que  i'ay  dit. 

Vous  me  demandés  en  troiliéme  lieu  fi  on  k  peut  guérir  par  le  moyen  de  la 
Sedion  fans  qu'il  encoure  aucun  danger ,  elle  eft  véritablement  le  dernier  re- 
mède auquel  il  ne  faut  pas  venir  que  dans  la  dernière  neccflîcé  &c  après  qu'on  a 
tout  ellayé,  fur  tout  en  vn  âge  auancc  comme  celui-la:car  on  ne  peut  pas  la  fai- 
re fans  caufer  vne  grande  douleur  &  fans  danger  de  la  vie  ,  comme  l'aifure  Va- 
lefcus  de  Tharanta  lib.  6.  cap.  de  Herniis,  Celui,  dir-il,  qui  cntrcpicnd  de  gué- 
rir par  incifion  vne  perfonne  Cacochyme  ou  débile,  ou  âgée  ,  veut  paiïer  pour 
homicide  :  partant  ie  ne  fuis  pas  d'auis  que  l'on  l'entreprenne  en  vôtre  malade, 
veu  principalement  qu'il  n'y  a  pas,  comme  ie  voisj  vne  grande  necefllité ,  car  le 
mal  eil  cncor  en  fon  commencement  &  la  relaxation  n  cil  pas  des  plus  gran- 
des. 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  n-y 

es, croyant  que  le  Bl^c^.^g^  s'il  cfl  bien  (ni  &c  bien  mis,  fera  fiiffifant  :  neant- 
noinscn  vnc  cxticme  nect-dircon  poat  l'entreprendre  ,  pouiueu  q:ie  les  par- 
ies Nobles  foycnt  fniiics  ik  c^u'il  n'y  a  point  de  dcFiat  conlîd^rable,  comme  cet 
xcmple  1*  fait  voir  :  l'aiiiôoS    lors  quci*exer(;ois  la  M^:dccinc&  la  Chiiurgie 

Paycrne,  ie  fus  founent  prie  pai  M.  Ican  Ni. lier  Allemand  de  nation  ,  mais 
labituc  audit  lieu,  que  i*cntrcpiHle  de  1;  gacri.  par  Cébion  ,  veuqueles  banda- 
is n'eftoyent  plus  ruiïir..n:s  pour  retenir  1  initftin  :  ic  ne  pus  iamais  le  diffaî- 
1er  de  Ton  delTcin  quoy  qu'il  eut  71.  an  pafscs  :  enfin  comme  il  voulut  Ce  met- 
reentieles  mains  d'vn  Empiiic  ,  de  peur  qucpisncluyauinr,  i'entreprisl'o- 
>eration  ;  l'ayant  préparé  long-  rcmps  auparauant  ie  la  fis  le  8.  de  luin  laquelle 
■cuffitfi  bijn  qu'il  a  vécu  longues  années  après  :  c'cftoit  vn  homme  robufte  de 
on  naturel  Se  doiic  d'vne  bonne  conllitution  feloa  fonâgejfi  ce  n'eft  qu'il  êtoic 
uiet  le  plus  fouuent  à  la  Grauclle- 

Vous  me  demandés  enfin  par  quel  moyen  on  pourra  empêcher  le  mal  d'aller 
^lus  auantr'vous  le  pouués  conoiftre  parce  que  i'ay  dit  ci-dellus,  alTauoir  en  luy 
raifant  tenir  vn  bon  régime  &  principalement  le  faifant  abftenir  de  tout  ce  qui 
sngendre  des  vents ,  comme  auflâ  s'il  fe  (erc  de  fachcts  faits  de  chofcs  adftcin- 
gentes  ôc  qui  confumentles  vents,  en  portant  auflTi  à  l'ordinaire  vn  Bandage, 
fi  ce  n'eft  de  nuit  :  ie  dis  à  l'ordinaiie  parce  qu'vn  des  principaux  d'icy  l'ayant 
négligé  quelques  iours ,  tomba  en  vne  Iliaque  paflion  de  laquelle  il  mourut. 
Obferiu  75.  Cent.  6. 


1 


OBSERVATION     LXXXV. 

De  l'vfage  des  Lauements  quanà  le  Boyau  efl  décendu  au  Scrot\im. 

E  vous  écriuois  dernièrement  que  les  Laucm.cnts  êtoyent  fufpcds  quand  le 
.  Boyau  étoit  décendu  au  Scrotum  ,  ne  eroyés  pas  pourtant  que-  ie  les  des- 
approuue  entieremenr,carla  décence  du  Boyau  au  Scrotum  ou  n:  fait  que  com- 
mencer ou  bien  elle  cft  inueterée;  quand  elle  commence  ik  que  les  accidents  ne 
font  pas  tncor  grands,alo;s  il  ne  faut  pas  fe  fcruir  de  Lauemencs  de  peur  qu'ils 
ne  dccendent  au  Scrotum  en  même  temps  auec  le  Boyau  &  qu'ainli  ils  n'aug- 
'  mentent  le  mal:  il  vaut  donc  mieux,  li  le  ventre  cft  rtiLrté,  fe  feiuir  d'vn  fuppo- 
fuoire  &  mettie  vnfachet  fait  auec  des  choies  cmollientcs  &  carminatiues,cuic 
en  eanj  &  ay.mt  mis  le  malade  au  lit  la  Te  Oe  balfe  &  lej»  pies  relcués  en  haut,re- 
poulfer  l'intertin  en  fa  place,  ce  qu'cftant  fait  il  faut  mettre  incontinent  vn  Ca- 
chet fut  de  choies  adftiingcntes  cuit  en  eau  de  forge  afin  que  ces  parties  par 
trop  relâchées  jToyent  rcllcrrées  &c  que  la  production  du  IViicoinc  fe  ferme;  ce- 
pendant il  faut  netoyer  le  Boyau  Colon  ^  confumer  les  vents  qui  y  font  l-f^uels 
■  poulKnt  le  Boyau  au  Sciotum,  or  pour  ce  faire  il  n'y  a  rien  de  plus  propie  que 
les  Lautmeats-  fi  c'cft  quelqu'vn  des  fuperîeurs  qui   foie   décendu  i  mais 


u8  Liure  premier 

en  outre  ilfe  faut  encor  feruir  de  quelque  mcdicament  lenii:if,car  iceux  ne  peu- j 
uentpaspaL-uenir  naturellement  iufqu'aux  Boyaux d'cnhaut  :  parvne  Décente-, 
inueterce  i'en'tcnds  quand  le  Boyau  a  de- j.i  croupi  quelques  iours  dans  le  Scro-Î 
tum  ôc  qu'il  en  arriue  des  mauuais  accidents,  comme  dureté  &  tenfîon'du  Scro- 
tum, douleur,  vomiircmenti  inquiétude, fièvre  &  autres  ,  en  ce  cas  les  Laue- 
ments  non  feulement  font  vtiles  mais  aufll  neceffaircs  &c  ne  faut  point  appré- 
hender qu'ils  décendentau  Scrotum,  carie  Boyau  quiefl:  engagé  dans  la  pro- 
dudion  du  Péritoine  6^  y  eft  ferré  ,  empêche  qu'il  n'y  puillc  paruenir  :  mais 
fuppofons  qu'ily  aille  quelque  peu  dulaucm.nt ,    ie  ne  vois  pas  quel  mal  il  en 
,peut  arriuer,  car  il  ramollit  le  Boyau,  le  rend  fouple,  appaife  la  douleur  ik  àiC- 
(îpe  les  vents,  ce  qu'il  faut  faire  en  vue  Décente,  pourtant  ie  ne  ci  ois  pas  qu'au- 
cune perfonne  de  iugementles  puilfc  cond,imner,fi  ce  n'cft  comme  is.y  dit  qu'où 
s'en  veuille  feruir  au  commencement.  La  même. 


OBSERVATION    LXXXVI. 

^€ia  Sarcocde  ou  Hernie  charnue  &  pourquoy  elle  vient  plus  fomenta 

au  coflé  droit. 

VN  ieunc  homme  de  bonne  maifon  embralfantfa  maitrelTc,  comme  il 
êtoit  fur  le  moment  de  réiacuiacion,quelqu'vn  entra  en  la  chambre  dont 
il  fut  tellement  troublé  que  la  fcmcnce  rebroulîa  chemin  &  fut  retenue:  il  luy 
vintapres  de  la  douleur  en  l'Aine  6*:  les  Tcfticules  enflèrent  :  ayant  caché  fa 
maladie  déboute,  la  douleur  palfa  peu  à  peu  d'elle  même  en  l'Aine  gauche, 
l'enflure  fe  diflipa  &  le  Gcnitoirc  reuint  en  fon  premier  èiM ,  mais  il  relia  vue 
Tumeur  au  droit  qui  par  fuccefllon  de  temps  fut  conueitic  en  vue  grande  Sar- 
cocele:  ayant  été  demandé  pour  coniulter  auec  des  Médecins  très  fameux  ,  ie 
trouuay  que  non  feulement  il  s'eftoit  amafsc  delà  chair  autour  du  Tcflicule, 
mais  aufll  le  Scrotum  tellement  enflé  à  caule  d'vne  dcfl'ixion  d'humeurs  fcreu- 
fes,  qu'il  êtoit  quafi  delà  grofleur  delà  Tête  d'vn  etifant. 

l'ay  vcu  à  Cologne  vn  Noble  Patritien  auec  L-  Médecin  Slotanus ,  lequel 
auoit  vne  grande  Sarcocele  qui  êtoit  auflTi  au  côté  droit. 

Il  y  a  trois  ans  pafsés  que  iefus  âpelé  à  Berne  pour  voir  vn  Gentil  homme 
auec  MrPaul  Lentulus  Médecin  ordinaire  de  la  Ville:  il  auoit  été  trauaillé  quel- 
ques années  d'vne  Sarcocele  au  côté  droit  auquel  il  finuint  aufli  vne  Hernie 
Aqueufe,  de  forte  que  le  Scrotum  êtoit  venu  à  vne  telle  grolIèur,que  le  membre 
viril  êtoit  entièrement  caché. 

Il  y  a  quatre  mois  qu'vn  ieune  homme  de  Payerne  âgé  de  14.  ans  me  vint 
trouuer  à  Laufanne  :  le  Teftiicule  droit  s'eft:oitconuerci  en  vne  malfe  de  chair 
tres-durc  beaucoup  plus  groflè que  le  poing,  l'auoii  deflèin  de  le  traitrer  au 
Printemps  fuiuarit,  mais  comme  il  me  iiiruint  quelques  affaires  qui  m'en  empé-  ' 

cherenc 


! 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  119 

choient  cV  que  cependant  le  malaiigmcnroirhor.  iblcmcncdcioui-  en  iour,ii  s'en 
alla  à  Fribourgxm  il  fe  fit  ti.iiricr.mais  k-  n'ay  peu  âprcnd; c  ce  qui  en  cft  ariiuc. 
le  fus  vne  fois  demande:  pour  voir  le  Ctnc  de  Vaux  vallan(^on  nomme  Ca(- 
par  Perret:  non  feulement  le  Tcfticùlc  droit  s'elloiccn:^urci  comme  vue  pierre, 
mais  auflî  les  vailTeaux  fp-rmatics,  de  forte  qu'en  prcirint  l'AbJomenauec  la 
main  ic  poiiuois remarquer  cette  dureté  en  l'hypochondre  droit  :  or  la  douleur 
qu'il  fcnroic  à  l'endroit  des  vailîcaux  (pcrm.aticsordinaiicmcnt  influes  au  Rciti 
droit, marquoit  que  le  mal  montoic  iufques  i  l'origine  d'iceux  :  il  y  auoic  outre 
celavnvomiirementaiicc  perte  d'appctir,  non  toutcsfoisà  caufe  de  (on  Hernie 
commcauoit  cru  celui  qui  l'auoic  veuatiaiit  mo)    maisà  caufe  d'vne  Tumeur 
doloreufv  &  dure  qu'il  auoir  au  droir  du  fond  de  l'cftom  ich  que  l'on  pouuoit 
dccouurir  aisément  en  prcifint  l'A'^doTieu:  en  fomm.^  des  L-  temps  que  i'cxercc 
IaM-dccine,ie  n'en  ay  peu  voir  qu'rn  feu!  qui  eut  vue Sucocclc  au côcé gauche 
(^laquelle  dégénéra  enfin  en  vn  Chancre  vlcercinciuuble^  dequoy  voici  à  mon 
âuis>  la  raifon. 

La  Sarcocelc  félon  Galien  fe  fait  quan  j  vn  d.s  Tefticules  s'endurcit,(5c  com- 
raele  même  dic,il  a  du  rapport  auec  le  SchirrciGuidon  &c  des  autres  en  rappor» 
tcnc  la  caufe  à  vne  abondance  d'humeurs  cralfcs  qui  dccendent  aux  Tefticules 
aucc  vne  débilite  de  la  partie:  Platcrus  dit  quelle  vient  d\nt  conruiîon  des 
vaiiraux  fpermatics  dans  le  Scrotum  &c  du  fuc  de  ces  Vailfeaux  c^i  abonde  par 
trop:  Pierre  Pigray  d'vnc  humeur  contre  nature  laquelle  palfe  à  trauers  des  vc- 
nés  &c  qui  peu  à  peu  fe  conuertir  en  cette  fubftance  chaniuC:  mais  de  Vigo  croit 
/qu'elle  fe  fait  par  vne  defluxion  de  quekjue  humeur  quani  la  partie  la  plus  fub- 
.tilc  d'icelle  fe  refont  pjr  la  chaleur  du  TclHcule &C  ce  qui  efl:  épais  &  gluant  dc- 
meurc,qui  s'endurcit  enfin  en  fchitre  :  or  quoy  qi>e  toutes  ces  caufes  puillcnt 
,  auoir  lieu,fi  eft  ce  qu'elles  ne  rendent  pas  la  raifon  pourquoy  la  Saucocele  arri- 
ve plutoft  au  côte  droit  qu'au  gnichc  :  car  au  contraire  il  femblc  qu'elle  fe  dé- 
troit pluroft  former  en  celui  ci,  vcu  que  le  droit  a  plus  de  chaleur  à  caufe  des 
Tailfeaux  qui  y  vi-nnenr  des  gr.m  Is  5i.  pour  cette  raifon  il  d  jîr  écre  plus  robufte, 
Car  la  force,  comme  dit  Gali.n.dcs  ndions  prouient  dechileur  &  fechercire  du 
tempérament  j  le  gauche  donc  étant  plus  foible  que  le  droit  3c  receuant  m 
fang  plus  impur,  comme  dit  le  même,  il  f.mble  di  ie  que  la  fluxion  y  doit  pl«- 
toft  dccendre  dk  que  la  Sarcoccle  s'y  doir  plutoft  engendrer  qu'en  l'aufc  :  or 
comme  cela  arriue  très  raremenr,i'tftime  auec  y£ginera  que  la  caufe  en  eft  fatr 
oofcurcrque  fi  on  veut  aioutcr  à  ces  caufes  la  Rétention  (?c  altération  ou  vue  cer- 
taine corruption  de  la  femence,il  ne  fera  pas  trop  diificilc  d'en  ren  Jre  rai;'on,5>: 
certainement  il  n'y  a  point  eu  d'autre  caufe  en  ce  Gentil  homme  duquel  i*af 
i  raconte  l'HIftoire  ci  dcllus,  car  les  vaiifeaux  qui  êroyenr  remplis  de  lêraence  <?^ 
;  d'cfprirs&  la  nature  ne  demandant  qu'aie  décharger,  cette  rétention  <?c  cerc- 
.jflux  de  femcnce  n'a  peu  fe  faire  fans  vn  grand  danger,comme  a  montré  la  dou- 
kur  qui  furuiatcn  rAine,6c  peut  être  que  le  même  eft  arriue  aux  autres  lefquels 

R 


130  Liure  Premier 

par  honte  ©nt  cachela  caufe  du  mal,  car  telle  forte  d  Hernies'arriue  principa- 
lement aux  ieuncs  hommes  qui  abondent  en  iang  &  en  femencejviuant  encœli- 
bat; mais  elles aiiiuent  peu  (ouuent  au  côte  gauche,parce  que  la  vcne  fpermati- 
que  gauche  ne  vient  pas  de  la  vcne  caue  comme  la  droite,  mais  de  l'emulgente 
du  Rein  gauche ,  aiiifi  il  me  fcmblc  que  la  femencc  qui  vient  de  la  véne  emul-  i 
gcntc,  contient  quelque  chofc  de  falc  &  de  nitreux  qui  incife  &:  refout  les  hu-  | 
meurs  craiïès  &i  vifqueufes  qui  vont  au  Tcfticule  gauche  &  les  empêche  de  (c 
corrompre  en  les  dcfechant.  Obferu.Cjf.  Cent.  4. 

OBSERVATION     LXXXVII. 

D'vne  Hjdroceie  dans  lacjjuellefe  trouua  vne  certawe  carnoftè  attachée 
aux  Faijfeaux  fpermatics, 

I'Ay  veu  en  Alface  vn  ieunc  Gencil-hommetrauaillc  d'vne  Hydrocele:&:  com- 
me on  luy  auoit  ordonne, &  moy-mcme,parrefpace  de  4.  ans  pUifieurs  for- 
tes de  médicaments  fans  effctjies  parents  voulurent  encor  que  ie  fille  elTay  s'il 
pourroir  erre  remis,  confentanrs  qu'on  fit  ouuerture  au  Scrotum  pourueu  que 
l'on  conferuaft  le  Tefticulc'.ic  leur  obcis  (ousl'efperance  que  i'auois  d'en  venir  à 
bout  en  l'cTpacede  5.  fcmaines,veu  qu'en  regardant  foit  à  la  chandelle  foit  au 
Soleil  il  n'y  paroiiroit  lien  que  defeau  claire  qui  fembloit  enfermée  dans  vne 
phiole  ,  fans  qu'on  peut  remarquer  aucune  dureté  auec  la  main,  ce  qui  me  fit 
croire  &  à  plufieurs  Médecins  &:  Chirurgiens  qu'il  n'y  auoit  lien  que  de  l'eau, 
mais  ie  vis  bien  qu  Hippoc.à  eu  raifon  de  dire  que  le  higcmcnt  efl:  difficile ,  car 
après  l'auoir  préparé  &  purgé,ayant  fait  ouuerture  au  Scrotûauec  monCauftic 
fans  aucune  douleur  &  f.parci'Efch.ire  trois  iours  après  ie  trouuay  auec  l'eau    • 
vne  matière  charnue  &  endurcie  tout  autour  des  vaiifeaux  fpermatics  :  après    • 
auoir  donc  ôté  l'cfchare  &  étant  (orti  vn  peu  d'humeur  fere.ufe,il  luy  furuint  vne  ^  " 
grande  douleur  au  bas  ventre, principalement  en  l'Aine  droite  qui  êtoit  la  par- 
tie  ofFcncécm.aisquifut  de  fort  peu  de  duvéc,car  auant  quei'eullc  préparé  mon 
anodyn  la  douleur  icdiffipa  d'elle  même,  lanuitfuiuante  le  Scrotum  enfla  quel- 
que peu  de  0:1  Icntoit  plus  manifellcmenr  cette  Tumeur  fort  dure  en  la  partie 
fupeiieure  de  la  prodi;6tion  du  Pericoine  autour  Àqs  vailf^'aux  lpermatics:il  me 
fouuint  alors  des  grands  (Se  dangereux  acciJcius  qui  arriucnt  quand  on  fait  fcCliô 
en  ces  part  ieSyCar  il  y  a  quelques  années  que  Mc.IeanGiifton  Médecin  &  Chi- 
rurgien très- expert  ayant  ouuert  le  Scioturn  à  vn  Savoyard  à  Lauf^nne  &  nes'c- 
tant  pas  prépose  d'y  tiouuer  autre  chofe  qu'vne  Hydrocelc,il  s'y  trouua aufli  vne 
carnofité  âtachée  au  Telh'cule  ^  aux  vailk-aux  fpermatics,  mais,par  manière  de 
dirccorrmc  noyée  «SnI  cachée  en  i'eau,laquelle  peu  après  dégénéra  en  vn  Chan- 
cre malin  ou  le  fuidit  Gïiifon  ciTiploya  inutilement  le  Fer  ôc  le  Feu. 

Il  y  atioisans  qu'ilm'arriiia  qu.:fi  laméme  chofeà  Laufinne  en  vn  homme 
»^c  4  ).ans,  i'vn  &i.  l'autre  ctoît  rempli  de  mauuaifes  hum.curs  :  mais  ce  Genriir 
homme  croit  bien  condituciconfidexant  ncanimoins  à  paît  raoy  le  danger ,  ié 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  ijt 

{as  en  pcne,parcc  que  ie  n'en  auois  rien  prédit  âuparauant,mais  ce  qui  nsc  don- 
lîoit  bonne  elperancc  écoic  la  ieunc(Tè  5c  que  iufqu'alors  il  n'y  auoic  eu  ni  dou- 
leur ni  inflammation  ni  ficvre,  étant  aucc  cela  courageux,  obeïirant&  prcft  à 
faire  tout  ce  qu'on  voudroitd'ayant  donc  purgé  derechef,  i'appliqiay  delFis  de& 
chofes  qui  ramolilîoyent  doucement  &  difîipenten  même  tcms  comme  l'Em* 
plâtre  de  AiuciUginibus  cmn  Gummis,  demelilotOy  &  de  Ranis  continuant  quel- 
ques iours;  ayant  remarque  que  le  mal  n'augmcntoit  pas,m.iis  qu'au  Contraire  la 
j  dureté  alloit  en  diminuante  qu'il  n'y  auoit  rien  demaliu  f  car  comme  dit  Ga- 
lien  li.5.  de  (impl.  mcd.  facult.  les  médicaments  emollicnts  irritent  les  Tumeurs 
Chancreufesj  ie  vins  à  des  remèdes  plus  généreux  :  ic  mis  donc  fur  l'Viccre  vnc 
poudre  fort  emolliente  &  qui  attiroit  puillammentdu  dedans  au  dehors;en  de- 
hors iemc  feruis  de  liiiiments,  emplàtres,cataplafmesj<3c  re.Tnblablcs  emollitifs, 
de  forte  que  par  la  grâce  de  Dieu  ie  vis  mon  malade  guéri  en  l'cfpace  de  cinq  fe- 
maines:  que  fi  le  malade  eut  été  Cacochyme,  certainement  il  auroit  été  perda 
à  caufedela  Defluxion  des  humeurs.  Obfertt.  65.  Cent.  4. 


OBSERVATION      LXXXVIII. 

^D^vne  Hydrocele  henreufement  coupée. 

SI  l'Hydrocelc  vient  dVne  caufc  interne  &  cachce,eUe  âtaque  le  plus  fouuenc 
la  partie  gauche  du  Scrotum, &cette  humeur  fereule  fc  ramalïc  dans  la  mem- 
brane Erychioide  qui  cnuclopc  le  Gcnitoire,  à  caufe  que  le  Rein  gauche  eft  of- 
fcncé,commc  a  très  bien  remarque  DodoniEUS,car  icclui  n'attirant  pas  bien  les 
humeurs  fcrcufcs  &  ne  le  renuoyantpas  à  la  veflie  par  la  véne  (permatiquc  qtii 
fort  en  ce  côré  là  de  l'emulgcntCjils  tombent  dans  la  membrane  erythroidc:or(i 
on  vient  à  la  fection  de  l'Hydrocele  quand  elle  vient  d'vne  telle  caule  &  que  l'oa 
ôrc  en  même  tcms  le  Telliculcjclle  ne  peut  pas  être  faite  (ans  danger  comme  a 
remarque  le  m.êmc  Dodonxus  Obfcru.  59.  ôc  40.  i' exhorte  donc  ie  Chirurgien 
de  ne  rien  entrepiendre  tcmeraiicmenr,&  ne  lailleray  pa-»  de  donner  courage  au 
ieune  Chirurgien  par  l'exemple  fuiuant  faut  s'intimider  par  ccluy  que  i'ay  pro- 
duit ^  par  ceux  que  recite  Dodona^us.  - 

Monfr  laqiies  Gcibct  Commllfairc  à  Berne  âgé  de  43. ans  hommic  robufte  & 

debonneconrticutionflcquclenfaicuneireauoitéte  railléà  caufede  la  Pierre  ea 

la  Vcflîe^  êtoit  trauaillé  des  plufieurs  années  d'vne  hydrocele  au  côté  gauche: 

tons  les Temcdcs  que  ie  luy  auois  ordonné  &  plulleurs  habiles  Médecins  n'a- 

i  uoyent  rien  fcrui ,  de  forte  que  le  Scrotum  iuyenfloit  prodigiculemcnt ,  ce 

I  qui  r  ©bligea  à  me  rapcler  (3c  à  me  demander  les  derniers  remèdes  ,    &  quor 

?[uc  l'on  ne  peut  pas  l'entreprendre  fans  rifque  ,  (1  cft-cc  qu'il   aima  micui 
e  mettre  en  danger  que  de  demeurer  plus  long  tems  en  cette  miiere  >     c:^ 
:  \  quoy  qu'il  ne  fouftlit  pas  beaucoup  de  douleur  ,    ncantmoins  cette  Tu- 
meur  l'emprchoit    extrêmement  d'aller    tant  à   pié   qu'à  Cheual  ;  i'ayaut 
t   donc  bien  préparé   tant  par  vn  bon  Régime  que  par  putgations  (k    pAt 

R  t 


jjt  Liurc  Premier 

la  Gignce,  le  rcpucmcjmaj  1601.  ic  le  mis  fur  vn  fiegc  &c  ouuris  le  Scrotum  au 
delHi'S  iufqu'à  la  Tunique  Erythroide  ,  ie  L  feparay  quelque  peu  par  dcuant 
«l'aucc  ladite  membrane  ,  mais  parce  que  toute  l'eau  eftoic  enfermée  en  iccUc 
de  forte  que  le  Tcilicule  y  nagcoit  ,  de  peur  qo'il  ne  s'y  en  fourra  de  la  nou- 
ueile  >  ie  pris  toute  cette  membrane  aucc  vne  aiguille  courbe  Ôc  vnfil  retors 
f  laiiïànc  les  vaiircaux  fpermatics  J  la  liay  &  feiray  médiocrement,  en  après 
î'ouuris  cette  membrane  en  longueur  au  dcllbus  de  la  ligature  &  en  tiray  quel- 
ques liures  d'eau, mais  peu  à  peu  de  peur  de  difîîpcr  les  forces  :  en  après  ie  mis 
vne  Tente  afscs  longue  &  épaiire  trempée  en  vn  blanc  d'œuf  à  code  du  Tefti- 
cyle  quafi  au  bas  du  Scrotum  :  i'oignis  les  Aines  &  le  bas  ventre  auec  huyle 
rofar,  mettant  par  delTus  vne  poignée  d'étoupes  trempées  en  l'œuf  tout  entier 
batuauec  vn  peud'ciu  rofe  :  le  iour  fuikianc  luy  ayant  oint  derechef  l'Aine  & 
le  bas  ventre  i'y  mis  ce  digcftif  ^.Terebimh.loU  3  /j.  cer£  nou£  ^&. gumm.EUmi 
5  j.  ol.  rof.  &  amygd.  d.  an.  ^IV  ol.  de  vitell.cmr.  3 1;.  diJfolnatHr  gummi  igné  lenuf- 
jime  cum  oleisyTerekifithina  dr  cera  Jeparatim  cmnpauxtlh  olei  llcjnefa^is  &  addi- 
lis,  fat  vngtwitumtum  ad?nifievitellnm  oui ,  creci'^R.  le  mis  l'onguent  dans  k 
playe  aucc  des  Tentes  longues  &  cpailFcs  y  appliquant  l'Emplâtre  Baiîlicum  :  ic 
ne  changeay  point  de  procédé  iufqu'à-cc  que  la  Playe  fut  furafamment  venue  à 
Digcftion,cn  après  ie  mis  fur  l'Vlcere  vne  poudre  mundifîcatiue  faupoudrant 
d'icelle  les  Tentes  vne  fois  ou  deux  le  iour,  le  tenant  ouucrt  deux  mois  entiers  & 
purgeant  le  malade  par  interuallcs,  enfin  ie  cicatrizay  la  Playe  5c  le  malade  fut 
gucii  hcurcufcment. 

Le  Chirurgien  doit  être  circunfpe(ft  en  cette  opération  à  caufe  desmauuaîs 
Symptômes  qui  furuicnnent  ordinairement:  &c  premièrement  il  doit  bien  pre- 
par\i  le  corps  :  s'il  coniedture  qu'il  rcftc  quelque  intempérie  ou  défaut  dans  le 
RtiiJ  il  fc  doit  entièrement abftcnir  de  ropcration,ou  fe  contenter  de  faire  inci- 
fion  au  bas  du  Scrotum  afin  de  donner  ilfue  à  cet  humeur  ferculejie  gardant  bien 
de  laiirer  boucher  entièrement  le  pnllag'-,  C  commue  on  fait  quand  en  coupe  le 
Telliculcy'dc  peur  que  l'humeur  fcreulcjqui  ne  peut  pas  être  attirée  par  le  Rein> 
ne  foit  retenue  dans  l'Abdomaijafin  s'il  cft  necelîaire,  de  la  lailïcr  foi  tir  par  là. 
l'ay  vcu  à  Bcfançon  vn  homme  de  60.  ans  à  qui  Me.  Ican  Grifîon  faifoit  rou- 
tes les  années  vn'  ouucrturedans  le  Sciotum  pour  bailler  iffue  à  l'humeur  fe- 
reufe  cicarrizant  par  après  IVlccre  :  cet  homme  paruint  à  la  dernière  vieillcilè: 
que  s'il  n'y  a  aucune  tare  dans  le  Rein  «Se  qud'on  veLiiileentieremêt  empêcher  la 
Dv-fluxiop,  il  f.uit  faire  l'incilion  au  haut  du  Scrotum  proche  les  Aines  ,  car  le 
Chirurgien  ai :y  dcuxbutSjle  premier  de  vuider  l'humeur  fcreure,le  lecond  d'em- 
pêcher qu'elle  ncs*:imalïèdcrcwh:fauScrotum:maiscomncelc  plus  fouuent  cet 
eau  vient  du  corps  en  la  Tunique  erythroide  <3c  y  fait  txtcnfion,  ileft  neceiraire 
de  faire  l'incifion  au  haut  du  Scrotum  ,  car  par  ce  moyen  les  Tuniques  qui  ont 
t:ç  dilatées  fc  rellerrcnt  &  la  cicatrice  empcthe  que  l'eau  ne  puilfe  par  après  dé- 
cendre  dans  le  Scrotum  :  pour  mieux  feire  cette  opération  &  auec  plus  de 

facilite  : 


DesTumeurs  contre  Nature.  ii»- 

facilite  il  né  faut  pas  attacher  Ic^  patient  fur  vn  banc  ni  le  coudler  fur  le  Dos, 
mais  il  le  faut  faire  feoir  afin  que  l'eau  dccende  plus  aisément  en  bas  &  que  Ton 
puiiFe  plus  facileir.entfeparer  les  niembrancs  l'vne  d'auec  l'autre  &  les  attraper 
auec  l'aiguille  Obf66.Cent.\, 


OBSERVATION     LX  X  X  I  X. 

DnfHCces  de  Cincijîon  ^H'cne  hydrocele. 

L'Hernie  aqueufe  eft  ou  fimple  ou  composée  ,  celle  là  n'a  que  de  l'eau  qui 
ccend  le  fcrotumjla  composée  eft  quand  il  y  a  de  la  matière  pourrie  autour 
dutcfticuleouquand  ily  vientdcs  varices;  il  aniueaufli  quelquefois  en  même 
temps  vnc  décente  deboyau,comme  ie  lay  remarque,  èc  fouucnc  il croift  de  la 
chair  autour  des  tcfticules  &  de  leurs  membranes  ,  car  cette  humeur  fereufc 
étant  dcuenueacrejclle  ronge  légèrement  les  vênes  capillaires  «Se  les  membra- 
ncs,de  la  vient  que  cette  partie  du  fang  qui  trclï'ue ,  fe  conuertit  en  chair  à  l'ai- 
de de  la  chaleur  naturelle,  mais  elle  s'endurcit  infenriblcmcnt  à  caufe  que  la 
chaleur  naturelle  s'aifoiblit  peu  à  peu,  elle  croit  neantmoins  par  io\$  Ç\  piodi- 
gieufement  qu'elle  palîè  en  grollcur  laTeftc  à\i\  homme  ;  le  refte  du  fang  qui 
cfl  fcreux ,  dilate  peu  à  peu  /i  fort  les  membranes  &c  tour  le  fcrotum  qu'on  ne 
peut  pas  fcntir  auec  les  doigrs  cette  chair  qui  tft  arrachée  au  tcfticule, 

Vn  Sauoyàrd  âgé  de  40.ans  étant  incommodé  d'vne  hydrocele  des  longtcms 
fut  gucri  en  Efpagne  fans  pêne  par  vn  Médecin  qui  fir  palfcr  le  fêron  par  le 
fcrotum,quelques  années  après  s'ctant  mal  goui;crné  en  k.  fa^on  de  vfurc  «Se  ne 
fe  fouciant  de  prendre  des  remèdes  ,  il  dcccndit  derechef  des  fej-olîtcs  dans  le 
fcrotum  lefquelles  non  feulement  W  nflcreiit  extrêmement  auec  les  membraness 
mais  il  s'y  fie  aufli  vnc  carncfué  laquelle  étant  endurcie  par  fucceffion  de 
tempsjtenoit  vn  peu  du  chjncre,  comme  la  fuite  le  fit  voir,  car  étant  venu  à 
Laufannc  ou  pour  lors  étoit  mnitre  lean  Griiton,on  n'y  peut  decouurir  aucune 
carncfitc  tant  le  fcrotum  étoit  rempli  dcf.rohrc  :  l'ayant  ouuert  ilenfoitît 
abondance  d'eau  après  quoy  il  dcfcnfla,  m..is  peu  de  iours  après  il  furuinr  vnc 
véhémente  douleur  ,  inflammation  :5c  enfin  vn  vlccre  chancreux^  très  malin 
qui  attaqua  auec  tant  de  violence  l.s  parties  conn'gucs  qu'on  ne  peut  en  aucu- 
nafi(jon  arrêter  fa  n  alignité ,  ainfi  en  peu  de  iours  il  finit  malheureufemcnt 
favic^ 

QAie  le  Chirurgien  donc  examine  diligemment  tous  les  fignes  des  hernies 
qui  (ont  proposés  par  Cclfe ,  Paul  ^gineta  &  autres  Médecins  reccrchant  foi- 
gneufement  l'circnce  du  mal  auant  que  mettre  la  main  à  l'œuure ,  depcur  que 
le  mal  ne  vienne  pire:  En  après  il  doit  prendre  garde  que  le  corps  ne  foit  char- 
ge de  mauuaiits  humeurs  ou  qu'il  n'y  ait  quelque  grand  défaut  aux  rcins,roais£ 

R    3 


134  Liurc  Premier 

toft  qu'il  aura  remarque  qu'il  y  a  carnoficc  auec  l'eau  ,  il  vaut  mieux  faire 
incilîon  au  fcrotum  ôc  feparcr  le  tcfticule  ôc  tout  ce  qui  eft  cru  à  Tentours 
pourueu  qu'on  ôce  iufqu'à  la  racine  fi  faire  fe  peut, car  Ci  cerce  matière  Ichirreu- 
l'e  s'tft  dcja  emparée  du  didymus  ou  de  la  production  &:  eft  attachée  à  l'abdo- 
men >  c'cft  en  vain  que  l'on  fera  rinciUon  «^  le  Chirurgien  fe  perdra  de  réputa- 
tion en  tuant  le  mahdc.Oi^f.ôj  Cent-^. 


OBSERVATION     XC 
De  la  mon  cpii  eji  arrinée  après  Cincîjîon  d'vne  hyârocele. 

MOniîeur  Pierre  Crotcs  du  confeil  de  Payerne  âge  de  quarante  ans,homme 
robufte  &  de  bonne  confl:ituaon,en  l'an  1606.  étant  tombe  de  Cheual, 
.fe  froilla  tellement  le  fcrotum  2c  les  genitoires  qu'après  la  douleur  il  y  vînt  in- 
flammation auec  très  grande  tumeur  :  il  cacha  au  commencement  fon  mal  de' 
honte,enfin  m'ayant  demandé  confeil  >  ie  luy  ordonnay  vnc  faço-n  de  viure  fo-' 
brejie  le  purgcay  &  iaîgnay  au  bras ,  applicanr  lur  la  partie  dés  le  commence- 
ment des  remèdes  anodynSjdilcuHTifs  de  tant  ioic  peu  rep:'rcutents  ,  rel  qu'eft  ce 
Cataplafme. '^.Far.hnrdel  5/j  far.fabar,"^  j.cojue  in  po/ca  ad  forrnam  cat^^pla/rna' 
tisjinf.ne  adde  pu! u-rqfàr. odorat, l  fipo/l  vnîeam  ebullitionem  remotis  ab  i^neaddé 
»uum  integrum  cnm  papuo  rojac.f  Car^pl.  ie  l'npi  liquay  ticce  deux  fois  le  iour 
par  l'efpace  de  trois  iours  fur  le  fcrotum  :  en  aprcs  i'cn  mis  vn  plus  refolutif.' 
'^.Far  faùar.^iij.  Hordei  3  ucoe^itein  vtno  nibr.adformam  catapLprflad.de  pultt, 
rofar.fior.catnomill.yneîilot.an  \  '^.olrofar.ç^  camorn.ay.  5  i.  vitell.  draIbnm.oHtm. 
A  l'aide  de  ces  médicaments  la  douleur  (3c  1  i:  Han-^madon  ccllercnt  cntiere- 
ment,&  la  tumeur  di (enfla  principalement  du  côré  droit  du  fcrotum  :  mais  il 
demeura  vnetum:ur  engendrée  de  leroHrés  autour  du  tciliculc  gauche  en  la 
membrane  erythroide.  A  caufc  deqiioy  ic  le  purgcay  par  inteiuallcs,faifint  fur 
la  partie  des  fomentations  Ôc  des  cataplafmcs  qui  auoyent  la  verru  d'incifcr ,  de 
refoudre  &  de  diilîper  ;  mais  voyant  que  tout  cela  êtoic  en  vain  ,  ic  hiy  con- 
feillay  de  permettre  d'y  porrer  la  lancette  ou  le  rAloir,  luy  donnant  elperance 
que  l'humeur  qui  êtoic  enfermée  en  feroit  tirée  aisément  ôc  fans  danger  ,  & 
quoy  qu'il  ne  dit  pas  que  non  ,  neantmoins  fes  aft.ires  l'en  ayants  empêché  ,*il 
voulut  laitier  faire  la  nature  iufquesà  ce  que  le  temps  fut  propre  :  or  quoy  que 
la  tumeur  au  fcrotum  augmenta  peu  à  peu  ^  que  Thumcur  fercule  découla 
plus  en  plus  en  la  membrane  erythroide  qui  eufloir,  neantmoins  il  n'en  fentoit 
pas  vne  grande  incommodité  ,  pourtant  ne  s'en  mctant  pas  beaucoup  en  pêne 
il  laifîa  l'aftairciufqucsen  l'an  1608.  Alors  en  mon  ablence  il  (l-  mie  entre  les 
«pains  fll'vn  impcriiiy;nt  Charlatan,  lequel  ians  conlidercr  la  coiiftrtution  de  fon 

corps 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  155 

j  corps  ni  qu'il  s'êtoic  tioiiuc  en  vngranJ  f:ftin  Icfoir  auparauanr  ayant  pafsc 
toiitc  la  nuit  à  boire  ,  le  ving^ois  de  May  ,  après  TauGir  bien  fait  dcieuner  ôc 
boire  du  meilleur  ,  il  le  mit  fur  vn  banc  &  luy  arracha  le  tcfticule  auec  violen- 

j  ce  :  ilfuruint  vnc  rrcfgt-ande  douleur  après  l'Opération  ,  (îc-vre  ardente  3c 
continue  ,  veilles  Se  autres  accidents  qui  tourmentèrent  ce  bon  perfonnagc 
fans  aucun  relâche  iufques  à  la  fin  de  fa  vie  ,  Ôc  pource  qu'il  ne  fe  feruift  d'au- 
cun homme  entendu  ..  ilTuruint  auflî  des  défaillances  !k  des  fueurs  froidîrs,  de 

I  forte  qu'il  mourut  le  vingtième  iour  de  la  maladieiApres  la  m^  le  fcrotum  ôC 
tout  le  côté  gauche  enfla  extrêmement  &  deuint  noir  &:  liuide.  0^7^?-«.  68, 
Cent.^- 


OBSERVATIONXCI. 

D'vn  Tubercule  après  la  morfute  d  vne  mouche  guêpe. 

VNe  Dame  âgée  de  cinquante  ans  demeurant  à  la  campagne  &  femant  fotî 
iardin  il  y  a  deux  ans  au  printemps»  icnrit  tout  d'vn  coup  vne  douleur  pi- 
quante au  bras  gauche  prés  le  coude  en  dehors  ,  ce  quiluy  fit  croire  qu'elle 
pourtoit  auoir  été  piquée  d'vnc  mouche  g'iépe  ,  f'quoy  qu'elle  douta  fi  cela 
fe  pouuoit  faire  à  trauers  lachemife  >  »3c  partant  clic  prcllÀ  l'endroit  auec  les 
ongles  pour  faire  fortir  l'aiguillon  s'il  y  êtoit  dcm.cui  c  j  mais  elle  n'en  peut  ia- 
mais  découuiir  ni  faire  fortir  aucun  ,  y  étant  rclté  feulement  vnc  tà^hj  rouge 
femblable  à  vne  piqueure  de  puce  ,  fans  qu'il  y  eut  aucune  tumeur  ni  douleur 
finon  quâdclle  y  portoitlamain  :  la  choie  demeura  en  cet  crat  vn  an  entier,  an 
bout  duquel  cette  tâche  commence  à  s'elcuer  peu  à  peu  6:  à  le  conuertir  en  vn 
tubercule  fort  petit  au  commencement  &  qui  n'cftoit  pas  plus  gros  qu'vn 
grain  de  chanurc  ,  mais  lequel  vint  à  aitgmcntcr  en  la  fuite  principalement 
après  qu'elle  le  fur  fciui  des  bains  d'Err^pûn, étant  à  prêtent  de  la  gioilcur  d'vn 
pois  médiocre  coupé  parla  m.oicié  que  l'on  a  mis  fur  la  peau  :  ii  cil  rouge  i?C 
obfcur  enlafummiué  auec  dureté  :  il  tiaitala  furfacede  la  peau  laquelle  vient 
en  haut  après  le  tubercule  quand  on  le  tire  en  haut  fans  qu'il  y  ait  aucune  du- 
reté au  dclfous  encor  moi'ns  à  l'cntour  ,  comme  cela  arriue  quand  il  y  a  eu  pi- 
>  qucurcd'vnemouchcguépcrce  tubercule  venant  à  augmenter  la  douleur  aug- 
mcntoit  aufl^jlaquclle  renient  au  bout  de  quelques  heures  ^  dure  chique  fois 
cnuiron  demi  heure, l'importunant  principalement  quand  le  temps  elt  dîlposé  à 
la  phiye  ou  au  vent  ou  bien  quand  elle  fe  lallè  les  bras  en  faifant  les  aftaires  do- 
meftiqucs  :  fi  on  le  touche  légèrement  de  la  main ,  elle  y  fent  vne  aulTi  grande 
douleur  que  fi  on  mcttoic  dcllùs  vn  chai  bon  ardent,  de  forte  que  le  plus  louuéc 
'clic  ne  peut  pas  foufllir  la  chcmife  dcllus  ,  le  couurant  dés  demi  an  en  ça,aucc 
rçirrlatip  des  Apôtrcsiquc  ii  on  le  prelFe rudement^Ue  n'en  knt  prefquc  poirtf 


1^6  Liure  Premier 

&  mcmc  elle  s'adouci  Se  s'appaifc  Ci  le  preiîant  ludemct  quand  elle  vient  d'eBr 
xncmcs:&  cômc  elle  me  i'clift  fm  voir  dcrnicucffhctu  &  demande  aduis  comme 
elle  le  pourroic  ôterje  luy  fis  mettre  deflus  d  .■  l'oppodcldoch  dcParacclfc  en  lieu 
de  l'Apoftolicû  pour  eiïayer  de  faiie  fortir  raiguillon  s'il  y  en  auoit  cjiielqu'vn.cc 
que  n'ayant  de  rien  feruijie  luy  dis  qu'il  faloic  recourir  aufcr:mnis  des  quelques 
femainesençaien'aypas  peuâprcndrcrcflet  de  cet  Emplâtre  :  que  s'il  ne  peut 
p.asêtre  guéri  par  le  moyen  d'iceluy,i'ay  aclfeiM  de  faiél  palïèr  vue  aigiiille  auec 
le  filet  à  i'endtttt  ou  il  tient  à  la  peau  pour  le  tirer  plus  aisément  en  haut  Se  le 
couper  auec  des  cifeaux  iufqu  à  la  racine,n'y  ayant  à  mon  adiiis  point  de  m^  il- 
leur expédient  :  Obferuation  Sj.  Cenî.^.  Lettre  du  DoHeHr  SehAJtun  Schobinger 
Aiedecin  k  S. Gai. 

Le  cas  duquel  vous  m'auer  écrit  eft  fort  rare  &  ne  vient  à  mon  aduis  que 
i'vnc  piqueure  de  mouche  gucpe,cc  que  ie  crois  d'autant  plus  que  i'ay  veu  vue 
chofe  remblablcjen  Alfaceenvn  homme  de  cinquante  ansquifjt  pique  parvnc 
Guefpc  au  gras  de  laiambe:le  tubercule  étoit  de  mcmc  figurc,couiçur  &:  gr.-ui- 
deur  Se  Ci  fenlible  qu'il  ne  pouuoit  pas  endurer  que  le  bord  de  fon  maiiteaii  y 
toucha  :  ie  luy  donnay  confeil  de  l'arracher  iufqu'a  la  racine  après  y  auoir 
faitpalîèr  va  filet  :  ce  que  n'ayant  voulu  faire  ,  icfis  mettre  dclfus  de  l'empla- 
trc  dcranis  cum  mci:<uiio,le  couurant  d'vne  lame  de  plomb  creusée;  il  s'en  eft 
fort  bien  trouuc,  carilnes'cft  plaint  d'aucune  douleur  tandis  que  i'ay  été  far  le 
lieu,mais  ie  ne  fçay  ce  qui  eft  arriuéparaprcs. 

Qnant  à  la  caufe  de  ce  tubercule  elle  eft  ou  interne  ou  externe,  fi  elle  eut  ctc 
interne  elle  feroit  venue  ou  par  fluxion  de  iang  ou  de  quelque  autre  humeur, 
ou  bien  par  congeftion  :  il  n'a  pas  été  fait  par  fluxion,  car  elle  aurait  fcnti  au- 
parauant  quelque  émotion  ,  ficure  ,  bubon  fous  Taiflcile  ou  quc^tie  choie  de 
Semblable  :   en  aprcs  la  chofe  ne  Ce  feroit  pas  terminée  feulement  à  cette  tâche, 
mais  il  y  auroit  encor  eu  inflammation  (S:  tumeur  au  bras,  or  il  n'eft  rien  arriuc 
de  femblable  :  iln'eit  pas  aufli  venu  par  congcftiou,  car  toutes  les  tumeurs  qui 
fe  font  par  vue  erreur  de  la  facuhé  altcratrice  &  nutiiciue ,  ou  bien  par  vue  dé- 
bilité de  l'expultrice  ,  vienneHtpeu  à  peu&:  lentement ,  mais  cette  tâche  eft  ve- 
nuetoutà  coup  j  elle  ne  peut  donc  pas  être  faite  par  congeftion  ,   il  s'enluit 
donc  qu'elle  vient  d'vne  caufe  externe  :  mais  n'y  ayant  eu  ni  coup  ni  chute  ni 
rien  de  fembbble  qui  ait  précédé  &  cette  tâthe  eftant  venue  en  vninftant,  il  y 
a  apparence  qu'elle  vient  plutoft  d'vne  piqueure  de  mouche  guépc  que  de  quel, 
que  autre  caufe .'  la  chemife  aulTi  n'a  pas  peu  empêcher  qu'elle  n'ait  fait  palier 
Ton  aiguillon,  &  mefouuiersquelam.cme  choie  eft  arriuée  à  cet  homme  du- 
quel i'ay  parlé  ci  deflus:  c'cft  par  cette  raifon  que  l'aiguillon  a  été  perdu    étatt 
demeuré  dans  la  chemife  «^  n'ayant  pénétré  guerts  auant  dans  la  peau  :  mais  ce- 
ci eft  remarquable  pourquoy  c'tft  que  le  venin  de  cette  guêpe  ne  s'eft  pas  éten- 
du aux  autres  parties  ou  bien  pourquoy  c'cft  qu'il  n'a  pas  fait  des  plus  grands 
accidents  en  la  partie  qui  a  été  piquée  comme  cela  eft  arriué  en  des  autres  ,  ce 

qui 


Des  Tumeurs  contre  Naturel  '175 

qui  s'cft  fait  afTurcmcnt  parce  que  ces  guêpes  ccoycnc  remplies  dVn  Tue  veni- 
meux &c  non  celle-ci  j  en  après  que  le  coup  a  été  donne  a  craucrs  lachemi(ê, 
aînfi  n'cft  pas  allé  fi  auant  :  quant  à  ce  qu'il  y  a  vne  grande  douleur  quand  on 
touche  légèrement  ce  tuberculejCela  fait  croire  qu'il  eft  fur  quelque  nerf  ou 
partie  nerueufe ,  mais  il  n'y  en  a  quafi  point  en  le  preflant  rudement  parce  que 
les  cfprits  animaux  font  repoufscs  aux  parties  voifines  qui  font  moins  fcn- 
fiblcs. 

Quant  à  la  cure,  elle  eft  ou  palliatiue  ou  méthodique  ou  violente  qne  Ga- 
lien  appelle  puil-fante:  la  palliatiue  &:  méthodique  confifteàfairc  obfcruei  vu 
bon  régime,  à  purger  le  corps  par  interualles ,  à  faire  rcuuUion  des  humeurs 
qui  fluent  fur  la  partie  &  à  les  vuider  par  purgations  ,  faignces  ,  ventoufcs» 
fontanelles  :  ie  voudrois  mettre  fur  le  tubercule  l'emplatrc  de  ranis  cum  mer- 
cmio  Ôc  vne  lame  de  plomb  enfoncée  au  milicu,depcur  qu'elltr  ne  le  prcife  :  ic 
n  improuue  pas  l'emplâtre  Oppodeltoch,  (1  on  fe  fert  de  la  dcfcription  que  Pa- 
racelfe  a  pris  de  Nicolaus  lequel  il  s'eft  attribue  ,  n'étant  autre  chofçquc  l'em- 
plâtre Diuin,  hormis  quelques   tranfpofitions  ôc  chingement  au  poids  :  il 
fera  bien  plus  efficace  fi  fur  vne  once  d'iccluy  on  met  deux  dragmcs  d'A- 
tnalgama  de  faturnc  les  broyant  enfcmble  en  vn  mortier  échaufc  ;  car  par  ce 
moyen  ilapaifcrak  douleur  &  ramolira  ÔC  refoudra  le  tubercule  :  il  y  a  trois 
ans  que  nous  cufmes  vne  fi  grande  abondance  de  guêpes  en  Eftc  qu'elles  en- 
troyent  par  efiains  dans  les  maifons  ,  mais  ie  ne  me  fouuiens  pas  qu'aucun  en 
fut  offcncc  ;  ie  fis  faire  à  tout  cuenement  vne  huyle  d'infufion  d'icelles  :  ie 
vous  en  cnuoyc  vn  peu  afin  que  vous  en  faciès  l'efiày  ,  car  ie  ne  doute  pas 
qu'elle  ne  puilfe  faire  du  bien  en  âdoucifiànc  la  douleur  &  ramolilfant  la  tu- 
meur ,  eftimant  qu'il  en  fera  de  même  que  de  Ihuylc  de  fcorpions  ou  du  fcor- 
pion  broyé  &  applique  fur  la  blefiure  qu'il  a  fait,  ou  bien  du  poil  du  chiea 
enrage  mis  fur  la  morfiire  ,  comme  quelques  vus  ont  cru  :   en  face  Teifay  qui 
▼oudra,  mais  quantàmoy  icne  trouuc  point  de  meilleur  contrepoifon  que 
le  fer  chaud  :  &  pour  retourner  aux  remèdes  qui  agillcnr  par  fimilirude^,  ne 
voyons  nous  pas  es  brûlures  que  fi  on  approche  du  feu  la  partie,qu'il  attire 
l'cmpyrcume  ?  ce  que  font  auflî  leSel ,  lefauon  <Scles  oignons  cruds  ;  ainfi 
le  froid  tire  le  froid,  comme  chacun  en  peut  faire  l'expérience  en  hyuer.s'il 
fc  frotte  auec  de  la  nége  ou  eau  bien  froide    les  mains  engourdies  de  froid: 
que  fi  on  les  met  auprès  du  feu  ,   on  fcnt  vne  grande  douleur  Se  poignante: 
Si  ion  iettc  des  pommes  ou  des  raues  gelées  en  de  l'eau  bien  froide  ,  on  verra 
fortir  la  glace  qui  croit  au  dedans ,  de  forte  qu'elles  reuienncnt  comme  elles 
cftoyentauparauant:  que  Ci  on  les  met  en  de  l'eau  chaude  ou  tiède,  elles  fe 
flctrilfcnt  incontinent  Se  fc  pourrificnt  peu  de  temps  après  ;  Si  ces  remèdes 
ne  reUlTilîcnt  pas  Se  li  le  tubercule  importune  encor  vôtre  malade  ,  il  faudra 
venir  à  la  cure  violente  afçauoir  àl'incifion  ;  laquelle  ic  voudrois  faii.c  ne  plus 

S 


138 


Liure  Premier 


ne  moins  que  vous  m'auez  écrie ,  alTauoir  paflant  vn  filet  par  dclTôus  le  tubei-] 
cule ,  ic  tirant  en  haut  ôc  le  coupant  aucc  le  rafoir ,  mais  il  le  faut  extirper  en-: 
ticrcmcnt  aucc  fa  racine  &  laifîer  couler  le  fang  autant  qu'il  eft  necciraiie,  âiou- 
tant  vn  peu  de  tKcriaquc  à  tous  les  médicaments  que  l'on  mettra  dclFus  :  Ref-  ' 
fonce  de  l'j^wheur. 

La  malade  s  eft  ferui  quelques  iours  de  fuite  dcThuyle  de  guêpe,  mais  elle 
n'en  afenti  aucun  foulagement  :  i'ay  auflî  fait  mettre  fur  ce  tubercule  de  l'em- 
platrc  Oppodeltoch  de  Paracelfc  auec  l'amalgama  de  faturne  qui  n'a  fait  autre 
chofc  que  d'attirer  des  petites  puftules  autour  de  la  tumeur  :  cet  emplâtre  n'a- 
yant de  rien  ferui  i'ay  confeillc  qu'après  la  canicule  on  vint  à  l'excîlion  queft 
ic  feul  remède  qui  refte  :  l^fttrc  du.  DoBcur  Schécn^er  à  vnjien  parent ,  Qh^ 
ftrHdtm  88.  Cent,^^ 


tIVRE 


LIVRE   SECOND 

DES 

OBSERVATIONS    CHIIIVRGIQVES 

DES    PLAYES. 


OBSERVATION      PREMIERE. 

jQj4e  les  tlayes  dt^  Cerneau  ne  font  pas  necejfairemen^  ^ 
mortelles^non  pas  mêmes  qumd quelque 
Portion  en  efi  ojléc^^ 

V  E  L  QV'ES  vus  eftimcnt  que  le  Cerneau  ccant  of- 
fencc  ou  quclqu'vne  de  fes  membranes,  la  mort  doic 
fuiurc  nccclïàivcmv'Mt  ,  à  caule  qu'Hippocrate  dic,Sî  la 
veiîîc  efl:  coupée,  ou  IcCcrueau  ,  ou  le  cœur  ou  le  dia- 
phragme, ou  quclqu'vn  des  raenus  boyaux ,  ou  l'efto- 
mach  ou  le  foyc,il  en  faut  mourir  i  mais  par  ce  mot  Le- 
thalc  ainfi  que  l'explique  Gilien  ,  Hippocrare  entend 
parfois  que  la  mort  fuit  necetlàiremcnt  Se  parfois  qu'il 
y  a  du  danger,&  au  commentaire  fur  cetAphorifmc  :  ildir  qae  les  playcs  du 
Cerucau,fuion  qu'elles  foycnt  profondes  &  qu'elles  aillent  iufqu'aux  ventri«:-u- 
Ics  duCcrueau,  ne  font  pas  abiblumcnt  mouelles,comme  ic  î'ay  remarque  .•'.- 
SCS  fouuent&  le  puis  prouuer  par  exemples. 

Il  y  a  dix  ans  que  demeurant  chez  ce  renomme  Chirurgien  CofmeSlotanus, 
il  m'cnuoyaau  bourg  de  Langcnberg  le  8. Septembre  15S1.  pour  y  traitter  p!  j- 
fieurs  malades:  ie  fus  demande  par  vn  Paylan  nommé  Ican  Horftoman  proche 


I4<y  Liuré  Second  des 

Hattingcn  pour  y  voir  fa  fœur  qui  auoic  vnc  pbyc  aucc  contufî©  en  l'os  droit 
àa  finciput  encor  fracture  &  enfonce urc  du  Crar;c:elle  vomit  incontineut  de  la 
bi'le  &  la  viande  crue,le  code  gauche  tomba  en  paralyfie  r.uec  des  conuuliîons 
au  droit,  ayant  rase  les  cheiieux,  i'oftay  aucc  les  doigts  quelques  fragments  du 
Crâne  &  vnc  particule  du  Ceraeau  de  la  groifeur  d'vne  fcve  :  Slotanus  arriua  le 
lendemaia  lequel  ayant  dilate  la  pîaye  >  enj:ira  derechef  quelques  fragments 
d'os  &  vne  particule  du  Ccruciu  vie  la  groC^..  d'viie  uGifctre  ,  ôc  derechef  il 
ofta  à  diuerfcs  fois  en  ma  prefence  de  la  fubftance  du  Cerueau,  ôc  neantmoins 
cilecchappa.0^y^r«.i5.C<r;î/.i. 


OBSERVA   TION     II. 
Snr  le  mémefme^. 

L*An  i59é.vne  fille  me  vint  trouuer  qui  auoit  vne  grande  tumeur  en  la  partie 
droittedu  ilnciput  ,  à  l'endroit  ou  fe  rencontrent  la  future  droite  &  la 
Coronale:luy  ayant  demande  comme  cela  luy  étoit  arriuc,  elle  repondit  qu'el- 
le s'étoit  heurte  à  vne  pierre  il  y  auoit  lix  femaines    :  mais  comme  il  n'y  auoit 
ni  douleur  ni  vomillèment  ni  fieure  ,  il  ne  me  vint  pas  en  la  pensée  que  le  Crâ- 
ne fut  ofencc  cncoi  moins  le  Cerueau,ayant  neantmoins  ouuertia  tumeur ,  il 
en  forcit  vne  grande  quantité  de  pus  S>c    auec  la  fonde   ie    dcceuuris  vne 
grande  fradture  du  Crâne  :  preuoyant  du  danger  ie  voulus'  qu'on  appela  vn 
JMedecin,  Mr.  lean  Anthoine  Sarrazin  ayant  été  demande  i'ouuris  la  peau  en 
croix  &  tiray  force  fragments  du  Crâne  >  de  forte  que  le  Cerueau  paroilîbit  à 
dccouuert  de  la  grandeur  d'vntaler,  caries  membranes  étoyent  entièrement 
corrompues  dcfquellcs  ie  tiray  quelques  pièces  en  prefence  du  dit  Sarrazin: 
trois  femaines  durant  à  pêne  fe  palfoit'il  vn  iour  que  ie  n'otailè  quelque  mor- 
ceau de  la  fubftance  du  Cerueau  que  la  nature  poulfoit  dehors  ,    de  forte  que 
l'endroit  paroilîbit  fort  creux,fi  eft-ce  que  le  mouuement  du  Cerueau  (c  voyoit 
manifeftementjde  forte  qu'il  ne  faut  point  douter  s'ila  mouuement  ou  non,  car 
il  en  a  de  foy  même  6c  non  les  fcuks  membranes  :  ilfortoit  fur  la  fin  du  Cer- 
ueau dénué  &  deitituc  de  membranes  des  tubercules  de  chair  femblables  à  dQS 
lentilles,  qui  «'augmentants  peu  à  peu  fe  ioignoyent  l'vn  à  l'autre  &  faifoyenc 
vnecouuerture  charnue  6c  afsés  folide  par  le  moyen  de  laquelle  la  cauitc  fat 
remplie  &  le  Cerueau  fut  couuertn'l  fembla  que  par  ce  moyen  cette  fille  deuoic 
recouurer  lafanté,mais  i'ay  appris  qu'elle  mourut  fix  mois  apres,ayant  négligé- 
de  continuer  à  la  traitter,à  caufe  que  mes  affaires  m'appeloyent  ailleurs:  or  ceci 
eft  remarquable  que  tandis  qu'elle  a  été  entre  mes  mains  ,  il  n'y  a  eu  riifieure,ni 
douleur  ni  aucun  accidcnt,de  forte  qu'elle  faifoit  les  affaires  de  la  maifon,  com- 
me fi  elle  eut  ctc  en  plaine  faute  aucc  l'ctoimemcnt  dc  ccux  qui  l'ont  vcu  penfcr. 
Exemple  iiccond  de  lVhf\yC«nt,u 


E 


Des  Tumeurs  contre  Nature.  141 

OBSERVATION     TU. 

Smt  le  même  fmet. 

N  mcme  temps  que  ic  traitois  cette  fille  ie  fus  demande  aucc  Monfr.  Ican 
Anthoine  Sarrazin  pour  voir  ni  Pa'iïan  en  vn  village  de  Sauoyc  qui  aiioit 
vne  grande  fra(5ture  du  Crâne  dclTus  los  droit  du  Brcgma  causée  par  vue  petite 
playe  contufe  :crât  en  grande  fièvre  &  rcuerie  auec  Paralyfie  du  côte  gauche  ÔC 
luy  ayant  ouuert  la  peau  î  la  forme  d'vn  Y  auprès  de  la  frad;ure,  ie  tiray  incon- 
tinent auec  les  doigts  trois  fragments  d'os  afscs  grands  :  ie  trouuay  aufli  dans 
laplaye  vne  portion  du  Ccrucau  de  la  grandeur  d'vnenoix  ,  ce  que  le  Ckirur- 
gien  qui  le  traittoit  auparauant  ayant  veu  /  car  il  y  auoit  cinq  iours  )  dit  qu'il 
nefaloitrienefperer,  mais  l'ayant  aduerti  que  lesPlayes  du  Cerneau  fe  guerif- 
foyent  quelquefois,  il  promit  de  faire  tout  fon  poflible  &  luy  baillafmcslcs  or- 
dres de  ce  qu'il  deuoit  obferuer  tant  au  regard  de  la  maladie  que  des  Symptô- 
mes :  la  fièvre  &  la  réueriecelîcrent&  le  côte  trauaillc  de  Paralyfie  fut  remis: 
mais  comme  il  reftoit  encorà  ôter  quelques  fragments  du  Crâne  que  le  Chi- 
rurgien lailla  par  mcgarde  ,  quelques  femaines  après  il  retomba  en  fièvre  »Sc 
autres  accidents  &  mourut  peu  de  iours  après  par  la  négligence  du  Chirurgien, 
car  s'ils  eullent  ctc  ôtcs  comme  il  faloit ,  il  n'y  a  point  de  doute  qu'il  auroit  ctc 
remis  entièrement.  Exemple  j.  de  l'Obfem.  13.  Cent.  i. 


OBSERVATION     IVv 
Sur  le  mémefmet. 

L'An  160^'  au  mois  d'Odkobre  i'ay  veu  à  Payerne  vn  Laufannois  âge  de  30. 
ans  -luquel  le  Bregma  droit  fut  coupé  par  le  trenchant  d'vne  cfpce  à  la 
Sulife  ,  le  coup  allant  iufqu'à  la  Subftance  du  Cerneau  auec  Paralyfie  du  bras 
gauche  &:  autres  grands  accidents;  i'ôtay  quantité  de  fragments  du  Crâne,  enfin 
il  fut  guéri  par  la  grâce  de  Dieu. 

Ces  exemples  doiuent  aduertir  le  ieune  Chirurgien  de  n'abandonner  iamais 
ic  malade  pour  grande  que  foit  la  maladie  &c  quoy  qu'elle  L  mblc  incurabla  :  il 
entreprendra  donc  la  Cure  &  fera  tout  (on  polTiblcmais  a.^res  auoir  fait  le  pro- 
gnoftic  &  protefté  du  danger  ,  fans  s'arrefter  à  cette  maxime  impie  ,  qu'il  ne 
fàuttoucher  ceux  qui  font  dcfefpercs  ;  car  il  airiuc  plufieurs  chofcs  dans  les 
maladies  qui  ont  été  cachées  aux  anciens  ;  Exemple  4.  de  ÏObferH.  15.  Cent.  i. 

53 


141  Liure  SeccMid  des 


OBSERVATION     V.  ,     , 

Wvne  riaye  de  Tejle  mec  fraBure  du  Çrane  j  rendHe  mortelle 
par  la  Colère. 

VN  icLine  homme  de  15  ans  fut  blefse  p.ncc  contiifion  an  Sincipin  :  nynnt 
dilate  laPlaye  au  premier  appareil  ôc  tiré  des  ollclccs,  clic  vlm  luurcufc- 
nicnt  à  fiippuration?  &  tous  les  accidents  s*appaircrcnt  :  le  14.  ioor  cranr  pr/sé> 
vn  ieime  homme  qui  Tétoic  venu  voir  rny.inr  mis  en  cholcrc  ,  il  rcromh.i  en 
en  fièvre  <:?c  phrenefie  &  miouruc  quatre  ioars  après  :  l'aynnt  ouncit  en  prcfcncc 
de  Mr.  Marc  Ofiïedi  Médecin  nous  iuy  trouuâmcsles  membranes  du  Cerneau" 
coûtes  enflammées  auec  les  vénes  Si  artères  bouffies  de  fang.  Oùferjt,  18.  Ccnt.i. 


OBSERVATION    VI. 

DnpHs  tres-pHant  tronaé  auec  des  ^oers^en  la  Dure  mère. 

LE  régiment  dcsSuilfes  ayant  été  àéhit  en  Daaphiné  l'an  1587  cnrrc  ceux 
qui  Furent  blefsés  vn  icanc  hoitime  lobuile  bi  de  bonne  conftitution  me 
mevinctrouuer:  on  Iuy  auoic  coupé  vue  partie  de  l'os  Pariétal  enuiroti  de  la 
grandeur  de  la  paume  de  la  main  qui  êcoit  rcflc  attachée  à  la  peau  mufcu- 
leufe^  demeuré  en  fa  place  engluée  à  caufe  du  fang  &  des  Chcucux    com.me 
vne  croûte  laquelle  couurant  toute  cette  partie  aauitétc  caufe  qu'il  n'en  ctoit 
forti  aucune  matière  faite  lîx  iours  entiers  après  la  Flayc:on  trouua  entre  l'os  fc- 
paré&  la  dure  mère  beaucoup  de  matière  puante  aucc  quelques  petits  fingméts 
d'os,  ôc  ce  qui  cft  plus  confiderable,  quatre  ou  cinq  vers  afsés  grands  :  la  Dare 
nicre  êtoit  deucnue  noire  &  infeélée  de  cette  pourriture  qui  auoic  croupi  fi  ' 
long  temps  :  neantmoins  le  malade  fut  remis  ayantêté  traité  par  1.  A  Sarrazin 
Médecin  &  lean  Griffon  Chirurgien,  auec  Icfqucls  ie  me  rencontray. O^jî^r»  lé. 
Cent»  u 


OBSERVATION       VII. 
lyvne  blejj'ure  de  Tefie  auec  fraBure  du  Crâne  rendue  morteUe  par  la  copulation. 

VN  icune  homme  robufte  &  bilieux  fut  blefsc  d'vn  coup  de  bâton  au  Breg- 
ma  gauche  aucc  fradure  de  l'os:  ayant  ctc  demandé  ie  dilatay  la  Playe  &C 
U  fis  fuppurer,  i'appaifay  la  douleur  ^  arrachay  quelques  fragments  du  Cranc: 
laplayc  étant  mondifiéc  i'y  fis  venir  la  chair  :  l'ayant  pensé  l'eipacc  de  cinq  fe- 
maines,  tous  les  accidents  étants  apaisés  &  laPlayc  étant  quafi  entièrement 

cicatrizée 


Obferuations  Chirurgiques.  145 

cîcâtrîsce,  il  s'api'ocha  d'vne  garce  :  peu  d'heures  après  il  retomba  en  fièvre  & 
eut  vne  douleur  de  Tcfte  plus  violente  qu'auparaiianr  :  il  fe  fit  vnc  Paralyfie  au 
coftcoppofite  &  les  connulfions  vinrent  au  bras  du  côte  malade,  tous  les  fym- 
ptomes  au<^menterent  de  moment  en  moment  qui  ne  purent  être  arrêtes  par 
aucuns  remèdes,  ainfi  ce  miferable  paillardinourut  le  quatrième  iour.  Ohfert*. 
15.  Cent.  I. 


I 


OBSERVATION    VIII. 

Wi'vne  hleJJHre  en  U  Tejîe  auec  fraBnre  dn  Crâne  rendue  mortelle  ,  à  caufe  <^uon 
auoh  mené  trop  de  bruit  antonr  dur  malade. 

'Ay  traite  auec  Cofme  Slotanus  vn  g.irçon  de  14.  ans  auquel  le  Bregma  du 
coftc  gauche  auoitêtc  fracafsc  par  vnc  Playcnucc  conrufion  ,  nous  tirâmes 
quantité  d'oiïèlets,  nous  appailamcs  la  fièvre,  la  douleur  &  les  autres  accidens: 
&  fifmes  défenfe  au  Père  qui  étoit  Tauernicr  dene  laiilcr  entrer  en  famaifon 
aucun  qui  ioiiaft  du  Tambcuï  ou  de  la  Trompette,  ou  de  quelqu'autte  inftru- 
menr ,  mais  ayant  méprise  nos  aducrtilïcmcnts  il  permit  que  l'on  ioiiaft  du 
Tambour  &:  de  la  flûte  prés  de  la  chambre  du  malade ,  èc  que  des  payfans  y 
danfalfent  :  le  lendemain  nous  rrouuâmes  le  malade  attaqué  de  fièvre  ,  réneric 
conuulfioîîs,  nausée  &  autres  pernkicux  accidents  à  caufe  dequoy  le  fils  miOu 
rut  au  quatrième  iour  :  lePere  enfutluftemcntmis  àl'am.ende.  Ohfernat.  loi 
Cent.  I. 


OBSERVATION     IX. 
*D'vne  légère  Playe  en  la  TeJîe  rendue  mortelle  far  négligence, 

VNe  Demoifelle  s'ctant  c-chaufée  en  danfant  ,  &  étant  tombée  la  Tcfte  de-  - 
uant fur  le  feliil  delà  porte  ,  fe  fit  vnc  légère  bUlfure  au  haut  d'icelle 
de  forte  qu'à  pêne  la  peau  fut  entamée,  Si  parce  qu'elle  n'y  <°ntoîtni  douleur  ni 
inflammation,eUe  méprifa  abfolumcnt  cette  bklKirclc  premier  5c  fécond  iouv: 
au  troifièmc  elle  luy  fit  vn  peu  mal  S<.  partant  elle  appela  vn  Barbier  qui  après 
auoir  rasé  les  cheueux,  n'y  voyant  qu' vnc  êgratigneure,-  fe  moqua  d'elle:  au  qua- 
trième iour  il  luy  furuint  vne  pcfanteur  de  Tcfte  auec  vne  légère  fièvre  :  ayant 
ctc  demandé  le  fixicme  iour,  ie  la  trouuay  en  réueriejla  fiiCt  &  les  yeux. enflam- 
mes àc  la  langue  feche,  de  forte  qu'elle  vint  à  mourir  le  lendemain  :  luy  ayant 
ouucrt  laTefteon  trouua  dufang  amafsc  fous  le  crâne  &  les  membranes  du 
Cerucau  enflammées  ,  fans  ncantmoins  qu'il  y  eut  aucun  mal  au  Crâne  :  on 
voit  par  là  qu'il  ne  faut  point  mcpriferlesPlayes  de  la  Tcfte  pour  petites  qu'el- 
^Ui  fbyent,  principalement  quand  elles  font  proches  àQS  futures  ,  car  il  y  a 


444  himc  Second  4es 

vne  infinkc  cîe  petîtesbranchcs  de  vênes  &  d'artercs  qui  viennent  de  côte  & 
d'autre  des  membranes  du  Cerueau  Se  fe  fourrent  dans  lesSutures,par  le  moyen 
dc{l|uclies  le  Cerueau  cft  attache  de  fufpcndu  au  Crâne  ;  ce  qui  cft  caufc 
que  les  contusions  quife  font  en  cet  endroit  paruiennent  aisément  aux  mem- 
branes du  Cerueau  auec  vn  cres-grand  danger  des  malades.  Ohferim.  zj. 
Cent.  i. 


O.BSERVATION     X. 

D'vne  Playe  de  la  Tejîe  tusdan^erenfe. 

D  Eux  Bourgeois  de  la  ville  d'Eftauay,du  relTbrt  duCanton  deFribourg,An- 
thoine  Gioua&  laques  Pe^izicrjfe  portants  vue  rancune  àQS  long-;cms,  il 
arriua  vn  iour,(6.06bob.i6o8.)q^e  s'eftants  rencontrés  en  vnc  foire  de  Paycrne, 
après  auoir  bien  beu  ils  s'attaquèrent  i'vn  l'autre  &.  mirent  la  main  à  rcfpée, 
Giouareceut  vn  coup  auprès  de  l'œil  gauche:  ayants  été  feparcs>  celui  qui  auoit 
ctéblefsc  tacha  d'auoir  fa  reuenche  &  attendit  Ton  ennemi  au  palFage  dans  le 
Faubourg,ou  rayant.trouuéiirattaquarépéeà  lamain,mais  laques  Pclizicr  le 
Weilà  n  fort  àla  Tefte  qu'il  tomba  comme  mort  ;  ayant  par  après  reçeu  encor 
àts  autres  blelîures  ,  il  laillà  fur  la  place  vne  fi  grande  quantité  de  fing  qu'on 
eut  iugç  qu'vn  veau  y  auoit  été  cgorgc:êtant  raporté  en  la  mailon  ,  il  ne  don- 
lîoit  quafî  aucun  figne  de  viejcar  il  n'auoit  ni  lentiment  ni  mouucment  ne  luy 
rcftant  qu'vn  peu  de  refpiration  &  de  pouls:  incontinent  vôtre  femme  fort 
^entendue  en  la  Chirurgie  ,  regardai  fonda  toutes  les  blelFures,  il  y  en  auoit 
quatre  profondes  en  différents  endroits  de  la  Tcflc  qui  fe  touchoyent  ncant- 
moins  quaiî  toutes ,  &  alloyent  iufques  à  la  fubftancc  du  Cerueau ,  lefquelles 
ayant  fondé  diligemment  ,  nous  trouuamcs  quelques  oiFelets  en  la  plus 
■grande  laquelle  commençoit  à  la  tempe  droite  &  aljoit  obliquement 
iur  1*0$  du  finciput  au  côté  gauche  trauerfant  la  future  fagittale  :  Au  bouc 
de  cette  playe  il  en  commençoit  vne  autre  ,  étants  fl  proches  qu'elles  fem- 
bloycnt  être  vne  feule,  celle-  ci  fini(ïbit  qua(î  à  l'os  de  la  tempe  gauche  .•  les  deux 
autres  étoycntaufli  fort  proches  l'vne  de  l'aune  ,  dcfquelles  l'vne  commençoir 
en  l'autre  bout  de  la  plus  grande  playe  allant  par  deflus  la  future  Lamdoide  vers 
l'os  de  l'occiput  i  la  quatrième  qui  êtoit  proche  de  celle  ci  prcnoitaufTi  fon 
commencement  à  la  grande  playe ,  pafîlmt  auflî  par  delFus  la  future  Lambdoi- 
de  vers  l'os  de  l'occiput  :  il  y  en  auoit  encor  en  d^s  autres  parties  du  corpSjalTa- 
uoir  vne  fous  le  coude  du  bras  gauche  qui  étoit  ^^blique,large  Se  profonde,dc 
forte  que  le  grand  nerf  fembloit  être  coupe  par  le  milieu  :  le  petit  doigt  de  la 
main  gauche  ctoitquafi  tout  emporté  ne  tenant  qu'à  la  peau:  le  petit  doigt  de 
la  droite  étoit  entièrement  ouucrt  débout  iufqu  a  la  féconde  iointure  :  Se  faut 
remarquer  que  ces  playcs  du  bras  &  des  doigt»  ccoycnt  tcilcmcat  sèches  qu'il 


Dcn 


Obfcruations  Chirurgiques.  î4j 

n'en  fortoit  pas  vne  goutte  de  C^n^.ou  parce  qu'il  Ce  icttoit  fur  la  partie  la  plus 
ofFcncce,alIauoir  la  Tcde,  ou  à  cauic  de  la  granJç  perte  d'iceluy  :  Apres  auoir 
examinée  le  naturel  des  playcs  6r  lagranJe  foiblclFc  où  il  étoit,  nous  prépa- 
râmes incontinent  tout  ce  qui  aoit  ncccir^irc  pour  lctraiter,&  cependant  que 
IVniuy  ôtoit  les  ckciicLix  ce  dcllir-  la  Telle  ,  nous  luy  donnâmes  vne  potion 
cordiale  &c  trauaillames  à  arrêter  le  fang  qui  couloir  de  tous  côtes  ,   &  après 
auoir  fait  vne  bonne  ligature  fur  toutes  k$  Playes  &  donne  ordre  qu'il  fut  me- 
né en  vne  Hôteletie,il  arriua  qu'en  le  portant  vne  des  âtaches  fe  relâcha  de  for- 
te qu'il  falut  reuenir  à  le  rebander  de  nouueau  ,  &  en  même  temps  on  luy  don- 
na encor  vn  Cordial  qui  auoit  aulTi  la  vertu  de  fondre  ôc  ditToudrc  lefang  cail- 
le qui  étoit  cpats  par  tout  le  corps  :  vn  quart  d'heure  après  ks  conuulilons  ar- 
tiuerent  fi  violentes  au  côte  gauche,  leures,  paupières ,  mufcles  ped:oraux,  &cc. 
qu'vn  homme  tres-robufte  auoit  de  la  pêne  à  luy  contenir  le  bras,  lefquelles  fé- 
lon le  dire  d'Hippocfont  mortelles  quand  elles  viennent  après  vne  grande  p«- 
morrhagieilc  lendemain  17.  Odob.  il  reuint  vn  peu  à  foy,quoy  qu'il  ne  peut  ré- 
pondre que  par  oiiy  ôc  non  quand  onl'interrogeoit,  mais  les  conuuliîons  reue- 
nçyent  toufiours  auec  des  grandes  douleurs  par  tout  le  corps:  le  8.  Odobre  les 
conuulfions  du  bras  gauche  cclïèrcnt  vn  peu  j  qui  duroycnt  neantmoins  encor 
en  la  partie  gauche  du  vifige:ayant  eu  la  nuit  fuiuante  afscs  paifible,&:  le  lende- 
main 9.  Odobre  les  conuuHions  delà  fice  ayants  vn  peucefsc  ,  fur  le  foir  il  fe 
trouua  tellement  âbatu  qu'il  tomba  en  vn  adôpilïcment ,  à  caufe  dequoy  nous 
mimes  desepithcmcs  cordiaux:  3i  fur  les  6. heures  s'cftant  reueillc  auec  vn  ho- 
quetjil  rc  ndit  l'ame  en  criant  bien  haut:  ayants  débandé  la  Telle  après  fon  decéf> 
ilcnfortitvnefi  puante  odeur  que  pas  vn  de  ceux  qui  étoyent  autour  ne  pouuoic 
Je  porter  ni  âprocher  le  corps  mort,le  lendemain  ayant  voulu  derechef  regarder 
les  Playes  nous  vifmes  vn  grand  amas  de  fang  lereux,pûurri  3c  puant  :  la  Telle» 
le  bras  &  le  ventre  êtoyent  li  fort  bouffis[piincipalement  les  bourfe's  qui  étoyent 
de  la  grollèur  de  la  Telle  d'vn  enfant  ]  que  ce  corps  faifoit  peur  «Se  toutes  ces 
parties  étoyent  venues  auffi  iauncs  que  faifran,  Ol^f.  25.  Cent.z. 

OBSERVATIONXI. 

^  l^vn  coup  moYtelfurl  Occiput  c^  de  U  puanteur  ejui  eJif.iruenHe  après  U  mort. 

L'An  1594.  il  arriua  à  Cologne  qu'vn  ieuneltalien,quià  pêne  auoit  zo.  ans, 
ayant  vne  haine  contre  vn  autre  de  la  nation,hûrnmc  robufteâgé  dejo.ans 
&  qui  n'auoit  quafi  iamais  êcé  malade,  entreprit  de  i  ataquer  en  trahifoa  Se  de 
l'cchiaerauec  vn  bàron,ccqui  luy  reiiirit,car  comme  l'autre  retournoit  chcs  foy 
fur  les  1.  heures  du  loir,ctlui  ci  luy  dccharo;ea  par  derrière  vn  fi  irrand  coup  de 
bâton  fur  la  nuque,qu  il  tomba  al  mitant  comme  mort  par  terre  perdant  la  pa- 
role &  le  iugemont:  étant  porté  dans  fa  maifonil  expira  entre  les  ^&  4.h.ures 
du  foir,  quoy  qu'il  n'y  eut  aucune  marquç  de  coup,  encor  moins  aucune  playe, 
airuicmeiit  à  caufe  des  habits  :  ce  qui  fat  remarquable  en  ce  pcrfonnage  >   fut 

T 


14^  Liure  Second  des 

vne  horrible  piinntcur  qui  fortit  de  fon  corps  aiifli  tofl  après  lecoupdonncrellc 
augmenta  tellement  qu'on  fut  oblige  d'employer  ceux  qui  ncttoyeiit  les  retraits 
pour  fortir  le  cadaurc  hors  de  la  maifon.  Ohferu^  26.  Cent.  1, 

OBSERVATION      XII.. 

1)'viu  dangereufc  blejjure  de  Tefle. 

ALbertOborfcicGeniil  hommcauferuice  duPiincelanutîusàRadzeuuil 
fut  blcfsé  en  vne  cfcaimouchc  d'vn  coup  de  lance  qui  luy  tranfpcrca  la 
Tcftc  fous  l'a-il  gauche,  Je  force  que  la  pointe  de  fer  foi  toit  derrière  le  heaume  à 
l'endioit  qui  couure  la  nuque  lequel  écoit  perccj^  la  lance  rompue  de  laquelle 
il  éioir  refté  vn  éclat  de  demi  pié:le  fer  étant  demeure  entier  entre  la  Palais  &  le 
Ceiueau:  mais  comir^e  il  ctoit  courageux  &  robufte  >  après  qu'il  fut  forti  de  la 
ïTelée  voyant  cet  ctlat  de  bois  deuant  les  yeux  ,  il  l'arracha  en  colère  auec  les 
mains,&  croyant  que  le  cafque  lay  pcfoit  fur  la  Tcte,comm.e  il  le  voulut  ôter  il 
fentit  qu'il  êtoit  attachc,ce  qui  le  mit  en  grand  pêne  ne  fçachant  de  quel  côté  il 
dtuoit  fe  tourner  pour  trouuer  pluspromptemcnt  du  fccours  :  enfin  il  fe  vint 
rendre  au  quaitier  ennemij&:  fut  prt  fente  au  General  qui  le  confiderant  comme 
vn  homme  perduje  laiiïa  aller  ou  il  voulut  :  de  là  fc  prefenta  au  Compte  Tar- 
nouu  Caftcllan  de  Lindomir  lequel  le  remit  à  tfois  Chirurgiens  qui  tous  d'va 
commun  accord  dirent  que  la  Playe  ctoit  incurable,  neantmoins  ils  voulurent 
faire  vnetentatiue  (ur  vn  homme  dcfefpcrc,^  à  défaut  d'inflruméts  propres,  ils 
frapcrcnt-fort  auec  la  t.  (le  d'vne  hache  fur  la  pointe  du  fer  qui  êtoit  fiché  en  la- 
Tefte  tandis  que  de^  hommes  robuftes  le  tcnoyent  couche  fur  fen  ventre,  enfin 
à  pcnc  le  ti  oilîcme  coup  peut  ébranler  ce  fer  3  lequel  après  eftant  arraché  auec 
êics  Tenailles  &  qu'il  fut  forii  beaucoup  de  fang  on  trouua  âtachée  à  la  bafe'd'i- 
ccluVjqiia  quarte  angles  das  laquelle  entre  le  bois  Je  la  lancejvne  cartilage  oir 
plutôt  vne  partie  mince  de  l'os  de  la  grandeur  d'vn  efcu  ,  la  pointe  ayant  eftc 
cmoufsce  par  les  coups  de  l'acliciil  fut  mené  demi  mort  fur  vne  charrette  àSid- 
loiiic  «Se  mis  entre  les  mains  du  Chirurgien  du  lieu  (^lequel  le  iour  fuii'iant  arra- 
cha deux  doux  qui  rcnoycrit  le  fer  att.iché  à  l.i  lance ,  Tvn  ties  narines,  l'autre  de 
laPi -.ycj.neanrmoins  au  bout  de  c\\m.\  (cmainesilfut  entièrement  guéri  :  la  Ci- 
cati  ice   il:  rcftéc  fi  petite  defTousrceili-^lequel  n'a  fouffc-c  en  aucune  façon^'qu'ô 
dîroit  qu'il  n'y  aeuqu'vn  périt  vlcerc:dc  l'autre  cozé.  ,  en  l'occiput,  il  y  eft  de- 
mcuic  vne  marque  de  la  grandeur  d'vnc  f:vc:il  fe  porte  très  bié  à  prefent  &  à  ctc 
confidcré  auec  étonncment  de rEltcl.deBrandeb.&  de  plufieuis  autres  Princes, 
Et  quoy  que  cette  plnve  ait  été  iugce  mortelle  par  les  Chirurg.  neantmoins  il. 
k  faut  icy  feruir  de  diftiuéb'oni  Hippoc.  dit  que  les  playes  de  la  veffie,  du  Cer- 
neau,du  cœur, du  Diaphragme,dcs  menus  boyaux,de  l'ellomach  ou  du  Foye  font 
mortellcs>mais  ce  mot  de  mortel  cft  âpliqué  par  Hjppocrate  par  fois  à  ceux  qui 
Joiuent  mourir  nece{raîrement,&  par  fois  à  ceux  qui  meurent  pour  la  plul- 
part  :.ceux-  là  meurent  ncccflairemcnt  qui  font  blefsés  au  cœur  j  lequel  au  dire. 

d'Aiilloce 


j  Obfèruations  Cliirurgiqucs.  147 

î  d'Ariftote  eft  la  fontaine  de  vie,or  quelques- vns  meurent  fur  le  champ  ôc  les  au- 
j  très  furuiuêc  quelques  heures  après  la  Playc  faitc,commc  il  y  en  a  des  exemples 
I  chcs  Seuerinus  li.i.Galicn  dit  auoir  vcu  fouucnt  le  Cerucau  blcfsc,  ce  qu'il  faut 
•entendre  des  Playcs  légères  &  fuperficicllcsjcar  celles  qui  pénètrent  iufqu'aux 
ventricules foHC de  necefîicé  mortellcsûi  faut  apporter  la  même  diftindtion  des 
Playes  du  Foye,car  il  y  a  des  exemples  de  fupcrficielles  qui  ont  êcc  gueries,mais 
vne  piaye  profonde  eft  entièrement  mortelle  à  caufe  de  l'cfrufion  du  fang  qui 
cft  le  thrcior  de  la  vie:de  même  fi  la  veine caue ou  quclqu'autie  vêne  ou  arrcrc 
<îe  celles  qui  font  profondes  eft  ouuerte  ,  il  faut  mourir  de  necellîtc  à  caufe  de 
rha^morthagie  que  Ton  ne  fçauroit  empêcher  :  quant  aux  playes  de  l'cftomach, 
quoyqu'Hippocrate  les  iu/^e  mortelles  ,  elles  ne  le  font  pourtant  pas  abfolu- 
mentjtcmoin  l'Hiftoire  qui  eft  en  la  préface  de  la  BafiUca  Cliymica  Crollij.d' vn 
payfan  de  Prague  qui  âualavn  couteau, lequel  luy  futtirc  hcureufcment  de  l'e-  ■ 
ftomach  par  vneincifion  qu'y  fit  deux  mois  après  Florian  Mitthis  Chiiurgicn: 
il  y  a  aufli  des  exemples  dans  Skenckius  de  Playes  d'eftomach  gucrics,  comme 
auflî  des  InreftinS(3<:  de  la  Veffic. 

Or  quant  à  celle  de  laquelle  vous  m'ccriucs,quoy  qu'elle  ait  ctc  très  g:  a  le  tant 
en  foy  qu'à  caule  de  l'excellence  de  la  partie  oftcnccc,il  faut  poui  tac  croire  qu'el- 
le n'ctoit  pas  abfolumenc  mortellc:ce  que  ie  fcray  voir  par  1  <  dcmonftration  des 
parties  blefsces  :  vous  dites  que  la  lance  auoic  palsé  fous  l'œil  gauche  &  qu'elle 
auoit  tranfpercé  rout  le  col  entre  le  palais  ôc  le  cerueau,or  i'citime  que  côme  le 
cômencemcnt  de  la  playe  a  été  fous  l'œil  gauchc,que  de  même  elle  a  fini  à  côte 
de  l'êchine  à  gauche,»^*:  qu'elle  n'eft  pas  allé  obliquerait  c'eft  à  dire  de  droite  à 
gauche  à  traucrs  du  coljCar  ainfi'Li  trachée  artereji'œfophague,répiiie  du  dos  &c 
la  molielle  auroyent  êcc  oftencccs en  même  temps:mais  ie  ne  rcmiiquc  vxis  ^'ar 
vos  lettres  qu'il  loit  furuenu  aucun  accident  de  ceux  qui  otitâcoûcumc  d'arcô- 
pagner  ces  playes,  ce  qui  me  fait  derechef  conclurre  que  le  col  a'ccé  perce  en 
droite  ligne  îk  non  obliquement  :  premièrement  le  g- and  os  de  la  mâchoire 
fupericure  dans  lequel  entre  vne  partie  des  dents  &c  cft  lous  l'œil  girî.he,  a  été 
percéjen  après  la  lance  a  percé  les  mufclcs  entre  l'artère  carotide, la  production 
mammillaire,le  goiier  &  la  trachée  artère  délions  le  crâne  à  côté  de  l'efpinedu 
dos:il  n'y  a  pas  vne  de  celles  là  qui  ait  peu  necelïàiremêtcaufer  lamorr,car  quât 
à  cet  os  de  la  machoiie  d'cnhautjicclui  n'eftant  pas  fort  dui,la  lance  l'a  peu  per- 
cer fans  grande  violencc,en  après  commeil  eft  creux  &  plein  defucquoy  qu'il 
ait  été  brisé  par  le  coup,ncantmoins  ils'eftaisémentreiiniparlemoycd'vnCsl, 
comme  i'cn  ay  veu  vu  cxepîeil  y  a  4. mois  en  vn  homme  Je  4D.a'is  fort  robufte 
auquel  cet  os  ayant  été  brisé  Ôc  enfoncé  auec  grande  playe  &c  haemonhagie  par 
vn  leuier  de  fer  duquel  fe  feruent  les  maçons  pour  remuer  les  pierres;  ie  le  guéris 
iicâtmoins  en  l'efpaccd'vn  mois,quoy  que  la  playc  fut  fort  grade  d'elle  même  &.  à 
caufe  de  la  dignité  de  la  partie  blelsée  ;  lans  qu  il  y  ait  aucun  mal  en  l'œil,  hormis 
que  la  paupière  d'en  bas  penche  ^s'abaille  vn  pcu,d'où  il  n'eft  forti  au'vo  offclec 

T     t 


14$  Liure  Second  des 

lequel  quoy  que  petit  Se  pas  plus  grand  que  cette  marque  ^^  la  cicatrice  neant- 
moins  eft  demeurée  enfoncée  à  Caufc  de  la  perte  de  l'os  :  les  autres  qui  êcoyenc 
brises  ôc  que  i  auois  l'ouiient  touché  auec  la  fond;*,  fc  font  derechef  rcioinrs  par 
le  moyen  du  Cal  :  le  p:u  de  fang  qu'il  a  rendu  fait  voir  que  l'Arccrc  Carotide  3c 
que  la  véue  iugulaiiC  n'ont  point  été  oiïcncécs^c.ir  quant  à  rha2morthagic,qui  eft 
furucnue  quad  on  a  tiré  le  fer  de  la  lanceji'ofcray  bien  dire  qu'elle  n'eft  pas  venue 
parce  que  ces  '/nillèaux  ont  été  bleiscsjcar  qui  eft- ce  qui  l'auroit  peu  arrêter  veu 
qu'on  la  tiré  dans  le  lieu  où  s'eft  donné  le  combat,où  il  n'y  auoit  niinftrumcnts 
ni  peut  être  de  medicamentsîoutre  qu'ils  font  cachés  en  vn  lieu  très  profond  ou 
les  médicaments  ne  f^auroycnt  aller  qu'aucc  pêne:  à  quoy  faut  aiouter  que  ces 
parties  font  en  vn  mouuement  continuel  à  caufe  de  rinfpiraîion  &  exlpiration, 
&c  à  caufc  du  battement  des  artercs,or  tout  cela  entretient  vnehasmorrh.igie.-ie 
tiens  aufli  que  les  grands  Ncrfs,quoy  que  b  playe  ait  été  près  de  l'origine  d'iccux, 
n'ont  point  êcc  ofîcncés,veu  qu'il  n'y  a  eu  ni  conuuUîoii  ni  vne  douleur  excelE- 
uemcnt  granderquant  à  ce  que  ces  vailfeaux  ont  efté  Ci  miraculeufement  con- 
feruésjic  le  rapporte,apres  Dieu,à  la  forme  du  fer  de  la  Lance,car  étant  quarrc 
ôc  mouiîe,il  a  plutôt  poufsc  à  côté  les  vcneSjnerfs  Se  artères  qu'il  ne  lésa  coupés, 
tout  de  même  que  fi  quelqu'vn  veut  percer  de  la  toile  auec  vn  poinçon  rond  ou 
quarréjil  poulfera  les  filets  à  côté  fans  les  couper  ,  lefquels  retournent  après  fi 
proprcmêt  en  leur  place  qu'il  n'y  paroit  aucune  marque  du  palîàge  du  poinçon: 
l'ay  veu  vn  homme  à  qui  vne  bâle  de  plomb  auoit  percé  de  part  en  part  l'Abdo- 
men fans  qu'il  foit  furuenu  aucun  grand  accident:certaincment  les  intcftins  ne 
furent  point  ofFencés,car  veu  qu'ils  font  gliifants,  ils  ont  baillé  palîàge  à  la  bâle 
qui  êtoit  ronde  ôc  polie;  cette  Playe  donc  n'eftoit  pas  de  ncccflitc  mortelle,prin- 
eipalcmenten  vn  homme  courageux  comme  celui-cy,dc  bonne  &:  forte  confti- 
tutionn'l  faut  âiioiier  pourtant  qu'on  la  peut  mettre  au  rang  des  plus  grandes  ôC 
dangereufes  &  qui  font  le  plus  fouuent  mortelles,  à  caufe  de  l'excellence  de  la 
parcîCjCar  premièrement  elle  êtoit  proche  du  Ccrucau  qui  eft  l'organe  de  tous 
lei  uns  animaux:  or  nous  voyons  le  plus  fouuent  que  par  vn  petit  couple  Cer-  " 
ueau  (  ft  11  fort  ébranlé  qu'il  en  vient  des  grands  accidents  &c  la  mort  mémerelle 
êtoit  au(iî  prés  de  l'artère  caroiidc,de  l'épine  du  Dosjde  l'origine  des  nerfs,  les  . 
Playes  defqaelks  parties  font  très  dangereufes:  en  fomme  ie  tiens  cette  guéri- 
ion  comme  entièrement  miraculeufc  ik.  qui  n'a  iamais  eu  fa  femblable.  ObferH» 
i.&  z.de  U  Cer.tHr.  4. 


OBSERVATION      XIII. 

D'vne  très- danger eiife  Tlaye  de  la  Tejle  amcfraBure  &  enfonceure  du  Crâne» 

'X   1  N  homme  robufte  &  de  bonne  conftitution  âgé  de  24.  ans  après  auoir 

V    bien  bcu,  fie  28.  lanvicr  1624.J  &  penfant  les  chenaux  de  fon  maiftre 

tomba  fut  le  pauc  &:  reccut  vn  coup  de  pié  de  chcual  fur  l'os  du  front  au 

delïbws 


Obferuations  Chirurgiques.  I4P 

dclTôus  de  la  future  coronalc,  cuiali  liir  le  lieu  où  finilTènt  les  clicneux,  de  forte 
que  le  Cvaiic  futbiisc  i^  enfonce  iufqu'aux  membif^.s,  ainfi  on  l'emporta 
muet  &  d'  mi  mort  en  la  maifon  de  Ion  mnîtic:  Ayant  ctc  demandé  de  nuit ,  ie 
ne  peus  faire  autre  chofc  quwafer  les  cheucux  6c  ai  i  crcr  le  f  ing:le  iour  fuiuant 
en  pcnfant  derechef  la  playc,  ie  trouuay  vnc  grande  cnfonccurc  du  Crâne  fra- 
timéyëc  de  côté  &  d'autre  de  la  fracture,alTauoir  au  côte  droit  ik  gauche ,  il  y 
auoit  des  fentes  Ci  grandes  2c  ii  larges  que  l'eleuaroire  marqué  en  rObfcruarion 
7i.liure5.  ycntroitfans  pénc:  partant  i'cilàiaj  par  tous  moyens  le  fécond  ik  le 
I  troiiiéme  iour  d'cleuer  en  haut  &  d'arracher  ces  fragments  du  CranejCc  que  ic 
I  ne  peus  faire  qu'en  partie >  voyant  donc  qu'il  ne  luruenoît  pas  des  grands  acci- 
j   dents  ,  &  que  le  fang  cxtrauasc  fortoit  à  rnilUaux  par  les  fentes  ,  ie  ne  voulus 
!   rien  entreprendre  d'auantage ,  attendant  que  la  nature  montraft  ce  qu'il  faloit 
I  faire:Ayant  donc  ouuert  ie  Cranc  le  fécond  iour  ik  mis  da  charpy  delfus  ,  de 
!   peur  que  les  chofes  gralfes  n'oftaiçalfcnt  les  membranes  du  Cerueau,  ie  mis  fur 
la  playe  vn  digeftif  fait  de  cire,colophonejtcrcbenth.gommeelcmi,  huvle  rofar, 
<le  iauncs  d'œufs  &  faftlan  auecvn  iaune  d'œuf ,  tachant  autant  qu'il  m'ctoic 
po(îîble  d'élaigir  par  force  les  leures  de  la  playe  aucc  des  plumaceaux  ronds, 
longuets  &  vn  peudurSjpour  les  empêcher  de  (e  reioindre  &  que  les  crcualfes 
du  Crâne  ne  viniîtnt  à  fe  couurir  de  chair  ik  qu'aiiifi  il  ne  s'amalFaft  du  fanf' 
entre  les  membranes  du  Cerueau  &C  le  Cranc,  auec  vn  grand  danger  du  malade: 
l'oignis  auflî  route  la  Tefte  auec  de  Vhuyle  rofat  mettant  deifus  de  l'onguent 
bafiiicumjiant  bien  le  tout  auec  vne  bande  à  deux  teftes  :  quoy  que  la  playe 
ncfuft  pas  des  plus  grandcs,neantmoins  elle  fur  entretenue  ouuertepat  le  moyc 
de  ces  plumaceaux  &c  bandes  l'cfpace  de  cinq  lemaines  :  cepenJaiitie  tiray  vint 
&  cinq  fragments  du  Crâne  ,  dcfqutls  les  yns  ctoycnt  petits  ôc  ne  vcnoyent  que 
de  la  première  tablejles  autres  étoyent  plus  grands  3c  alloyent  iufqu'aux  mem- 
braneSjCequi  fut  caufe  vjuelc  rnojucmcnt  du  Cerucnu  fut  apparent  iniques  à 
la  quatrième  femaine  :   &C  pour  crr.pccKc.r  l'air  de  nuire  au  Cerueau ,  à  chaque 
fois  qu'il  faiut  penier  la  playe,vn  valet  tenoir  vne  paële  à  frire  pléne  de  char- 
bons à  côte  d'icclle,ou  bien  ie  mcttois  deifus  vn  l'icKc:  t.  haud   :  il  coula  abon- 
damment iufqu'au  fixiéme  ou  fcpcicme  iour  p.ir  Ls  crcualTes  du    Crâne  vnc 
humeur  qui  ctoic  comme  de  la  lauurc  de  chair  ,  laquelle  neantmoins  peu  à  pem 
fe  conucrtit  en  pn<j,Alors  en  lieu  de  charpys  fcc,  i'c  n  mis  fur  les  fentes  qui  ctoir 
trempe  cnmichofat ,  &  fur  les  leures  icdigtvtff-.^:  longnenr  précèdent ,  conri- 
nuant  pînfi  iufqu'au  J5.ioiir ,  En  après  ie  mis  fur  la  playr  vne  poudre  catagmati- 
que  la  rempliffant  de  plumaceaux  bien  Cçcs  S:  durs  de  ficur  que  la  chai:  ne  \mt 
par  trop  à  Croître  Ôc  aioutay  ce  cataplame.  ^.  h'ol  {j- flor.heton. rofar. falH.for'if- 
mar.nuurthet.camom.fambuc.prïmulA  virisiafj.m.jfem.aneth.  y].f.pulHistetm}ft' 
mus,dein.T>z.farfabar.ln].pHlH.pr£fcr}ptilt.cHm  decoBo  béton  filH.rofar.&  vrimu- 
lavlr.fcataplafma  adâefubfinem  extrait  béton.  &falnia  ari.lil^  vite/la oûoufj.z. 
applica  calidè  bis  in  die  :  Aucc  ces  mcmcs  herbes  ic  fis  vn  fachct  piqj;c ,  lequel 

T    \ 


V^^o  Liure  Second  des 

i'apliquois  chaiidemcjît  fur  la  Tcfte  ^  cuir  en  eau  tandis  qu'on  penfclcla  pîayc, 
rinr  pour  le  gaientirdf.lHniure  de  Tair  que  pour  fortifier  le  Ccrueau i<<:  pour 
rcloudrclc  langcaillc;la  poudre catagmaciquc  êtoitainfi  faite.  ^.  Rad.irid.fio' 
rent.anoeltc.garyo^hill.an.^uyUgnifaJfafraSy  rofar.YHbr.odoriferarum an .'x^um.f.pui' 
uis   tenuij]'. 

Quant  aux  remèdes  vniuerfels ,  ie  luy  ordonnay  premièrement  vne  façon  de 
viure  très  fobre  &  de  s'abftenir  tout  le  temps  de  la  cure  de  vin  &  de  fa  femme: 
en  lieud'iceluy  il  buuoit  vnedeco(flion  de  bctoine>agrimoine  &  véronique, 
il  receuoit  quafi  tous  les  iours  vn  laucment  vn  peu  acre  pour  diuertir  les  hu- 
meurs du  Cerueau  &  lem  pécher  de  fe  remplir  de  vapeurs  .•  le  fécond  iour  ic  luy 
fisouurir  vne  vêneau  bras  droit,car  la  playe  pcnchoît  vn  peu  de  ce  côcc  &  ti- 
ray  vne  afscs  bonne  quantité  de  fang  ,  &  fur  la  fin  de  là  cure  en  lieu  du  cara- 
plafmc  îemis  l'emplâtre  de  bctonica  :  ainfi  par  la  grâce  de  Dieu  il  fut  tellement 
remis,qu'ilneluy  furuint  pas  le  moindre  petit  accident  ni  mêmes  de  l'emocion 
au  pouls.O^r».  i^.CentV. 


I 


OBSERVATION     XIV. 

De  mèmefuiet» 

L  y  a  deux  ans  qu  vn  valet  de  Monfieur  Rcx  Médecin  ordinaire  de  la  ville  de 
Berne  voulant  décendre  par  des  degrés  tomba  fur  vne  pierre,  l'os  du  fincipuc 
droit  fuft  fendu  fans  aucune  piaye  ,  partant  le  fang  s'amalfa  incontinent  fous  la 
-peaurayant  été  demandé  ie  trouuay  qu'il  auoit  perdu  la  paiole  &  tout  ftupi- 
de:incontinent  ie  rafay  les  cheueux  éc  oignis  toute  la  Tcfre  d'huyle  rofat ,  mis 
deirusvn  cataplafme  corroboratif  <Sc  vn  peu  rcpcrcu (Tif:  le  iour  fuiuant,  après 
iuy  auoir  donné  vn  lauement ,  ie  luy  fis  oiuirir  la  vêne  du  bras  droit  Ck  tirer 
prcsd'vne  liure  de  fang,&:  voyant  qu'il  y  en  aUoit  vne  grande  quantité  ,  icluy 
en  fis  cncor  tirer  le  troifiéme  iour  iufqu  ahuit  onces ,  mais  comme  il  n'y  auoit 
pas  apparence  que  le  fang  extrauasé  &:  rctcHu  fous  la  peau  put  être  refout  en 
vapeurs,  auant  le  quatrième  iour  ie  luy  ouuris  la  peau  en  croix  très  à  propos, 
car  non  feulement  le  fang  extrauasé  forrir  qui  ctoit  enfermé  entielapwau  &  le 
Crâne  i  mais  aufli  tout  ce  qui  êtoit  retenu  contre  nature  dans  la  Tefte  6c  le 
Cerueau  fortit  par  la  fente  qai  êtoit  longue  &  grande  :  Monfieur  Rex  ordonna 
fi  bien  les  remèdes  vniuerfels  <3i:  moy  i'adminilhay  fi  bien  les  topiques,  que 
ce  icune  homme  fut  entièrement  guéri  c^  fans  qu'il  furuint  aucun  grand  acci- 
dent la  nnêmeo 

OBSER- 


Obferuntions  Chirurgiques.  iji 


OBSERVATION     XV. 
D'-y^/V  très  grande  pi aye  de  T ejle  auec  perte  â'vne  partleuie  du  Cerneau. 

VN  fol <.lar  donna  vn  fi  fui icnx  coup  de  poîgnced'cfpee  à  vn  Paylau  nom- 
mé Kraus  dVn  village  piojhe  de  Durlac  fiu- l'os  du  iincipuc  dcllus  l'o- 
reille droirc,  que  le  Cianeayanc  cftc  fracafsc  ^k.  les  membranes  lompues  la  lub- 
ftance  du  Cerueau  qui  êroit  dclîôus  fut  meurtrie  laquelle  foitic  les  premiers 
iours  comme  de  la  pourricurc,  de  foire  que  Ton  voyoic  vne  cauitc  au  dedans  du 
Crâne  dans  laquelle  feroit  entrée  vne  noix  :  ceux  qui  auront  ouy  raconter  ce 
maljs'imagineronr  incontinent  que  tous  les  accidents  qui  ont  accoutume  de 
fuiure  vne  fraâ:ure  du  Crâne  fc  feront  rencontrés  icy  à  la  foule,veu  qu'ils  fcm^ 
blentêtre  infeparabics  ^  pathognomonics,  ceux,  dit  Hippociare,à  qui  le  Cer- 
neau cit  diuisé,il  furuicnt  neccllàirement  Heure  Se  vomilkment de  bile.  Item, 
Apres  vne  blcfîure  de  Tos  du  Crâne  fi  elle  pénètre  iufqnes  à  la  caui:é,illuruienc 
ftupcurou  ftupidité  d'efpiit ,  Item  ceux  aufqucls  le  Cerneau  iêté  fore  cbranlc 
par  quelque  caufc  cxternc,ils  perdent  incontinent  la  parole  de  nccefTitéjmais  en 
en  ce  cas  il  n'cft  pas  furuenu  vn  feul  des  accidents  que  décviuent  Hippocrate 
&  les  maîtres  de  l'art  ni  au  commencement  <\\\  mal  ni  en  toute  la  fuice,hormis 
vne  petite  fîeure  qui  cefîa  incontinent  après  lafiippuration:on  trouue  plufieurs 

fuxHx 
fe 


exemples  de  cette  nature  en  des  authenrs-dignesde  foy  ,  mais  ct.luici  LvX  iuxhx 
pour  me  faire  croire  qu'on  ne  pt  ur  pas  dire  ?iruremc  nt ,  li  les  luldits  iigncs  ne  fe 
rencontrent  paSjque  le  Crâne  n'cft  pas  ofKncc  :  AmbioiL-  Paie  ferr.blc  aulS 
être  de  cet  âuis  quand  il  dit  au  Hure  q.chap-z.  Qa'il  y  a  fouucntxuhaclure  du 
Crâne  ,  quoy  qu'il  ne  foit  furuenu  aucun  de  ces  acciJcnrs  aulTi  toft  après  le 
coup:mais  d'où  peut  venir  qu'vn  coup  qui  lîI:  iugc  morte!  par  tou-sà  crc  ii  heu- 
rcufement  guevi  ?  le  fçay  que  les  playes  font  dittacntcs  les  vuisdes  autres  fe- 
lon  laditiciente  confti-urion  du  coips&  de  l'elpiic  du  malade  :  parqaoy  ce 
Pay{an,quoy  qu'il  fat  d'vn  tempérament  mclancholic  tant  du  fou  tuturel  que 
par  l'âgcf^car  iîauoic  47.ansj  fe  nounillànt  aufli  telUmenc  qu'tllemcntjfi  cft-cc 
que  comme  il  êtoitlobrc  &  allidu  au  trauail  ilcorrigeoit  par  ce  moyen  le  dé- 
faut de  fa  complcxion:quanr  aux  padions  de  l'ame  il  ctoit  aises  modcic,  ce  qui 
cft  fort  important  en  toutes  playes  &  fur  tout  en  celles  de  la  Tcfter  quant  à  U 
curejil  tomba  entre  les  mains  d'vn  Chiringicn  qniauoir  plus  d'cxpcrieace  que 
de  Théorie  ,  lequel  n'y  procéda  gueres  mcthadiquemeiit  >  pumi.remcnt 
il  dilata  la  playe  après  auoir  fiit  vne  incilion  en  croix  ôc  ôtc  dos  fragments 
d'os  ,  pour  bailk-r  ilfue  à  la  fan^  qui  fortoit  aifemcnt  d'elle  même  à.  eau- 
ie  de  la  firuation  de  la  partie  :  il  mit  dans  la  cauitc  qiii  êtoit  demeure  pap 
la  perte  çlc  cette  portion  du  Cerneau  laquelle  êtoit  fondue  pat  pouriita- 


ijt  Liure  Second  des  .      1 

te  &c  qui   vcnoit  peu  à  peu  plus  grande  ,  de  longucHt  digeftif  ,  ce  que- 
fous  n'approuucnc  pas  ;  quelques  iours  après  il  y  mie  vn  liuge  trempé  eu 
égale  poition  d'huylc  &  miel  rofac ,  enfin  à  iiôrre  perfuahon  il  y  mie  du  feul 
miel  rorac,&  couurir  après  félon  noict  â  jis  le  Craiie  qui  étoic  dccouuert ,  &  le 
relie  de  la  playe  quiécoic  en  la  peau,auecdcs  pliimaccdiix  bien  entortilles,  (s'i- 
tantferui  auparauant  de  médicaments  gras  )  mettant  par  deilus  vn  linge  ployé 
en  quatre  trempé  eu  du  vin  chaud  où  auoit  cuit  de  labetoinc  &  fembiables 
heibes:il  vécut  fobLcment  au  commencement  ,  le  icruant  d'vne  prifane  faite 
auec  des  choies  cephaliques  pour  fon  boire  ordinaire:il  vfi  d'vn  cleâruaire  en 
partie  alteratif  en  partie  corroboratifil  ne  fut  point  faigné  ni  purgé  :  n'y  ayant 
pas  de  la  feuretc  en  la  purgation  il  eut  touhours  le  Ventre  libre  iufqu'au  8. 
îounquand  elle  nefaifoit  pas  fon  deuoir,  il  fe  feruoitde  fuppofitoircs  :  il  ne  fut 
îamais  altéré  &c  n'eut  point  de  mal  de  cœur,dormoitbicn:  fon  poilectoit  quel- 
quefois trop  chaud  quelquefois  trop  froid  par  la  négligence  de  ceux  qui  le  fer- 
uoyent  :  à  chaque  fois  qu'on  le  penfoit  il  s'habilloit  &  fe  metoit  fur  vn  banc, 
nui  n'ayant  le  crédit  de  le  fiiire  demeurer  au  lict  :  fur  le  14.  iour  on  commença  à 
voir  comme  des  points  de  chair  en  la  fubftaiice  du  Cerueau ,  lefquels  augmen- 
tants de  iour  en  iour  <!^  venants  à  fe  ioindic  formèrent  vue  malfc  qui  ne  rclfem- 
bloit  pas  mal  à  la  fubftance  du  Cerneau  laquelle  tint  place  de  ce  qui  êtoit  per- 
du ,  &c  en  même  temps  le  trou  de  l'os  \u\z  à  fe  boucher  par  le  moyen  du  cal 
qui  croilfoit  tous  les  iours,&  enfin  fut  couuert  de  peau  auec  les  cheueus,de  lor- 
fc  que  dans  trois  mois  il  fut  entièrement  guéri  6c  reuint  à  fon  premier  trauail. 
Lettre  de  Lonys  Schmidt  MedeciniObf.tJf.Cent.y . 


O  B  S  E  R  VA  T  I  O  N     XVI.  1 

D'vne pUye  en  laTefle  tjtti  a  étéfiiuie  d'vn  tetane  &  de  conuulfîon  Cynique  :  ou  ia 
^ueflion  efl  decidécfi  les  pUyes  du  finclput  font  mortelles  commz^ 
vent  Realdus  Colunéns. 

JE  lifois  dernièrement  Realdus  Columbus  qui  dit  au  premier  liure  que  les 
playes  du  finciput  font  mortelles  pour  la  pliifpart/ans  donner  aucune  diftin- 
â;ionnien  dire  la  caufetmais  ie  veux  faire  voir  par  vn  exem.ple  ou  deux  que  ce- 
la n'eft  pas  toufiours  véritable. 

Il  y  a  16.  ans  que  ie  vis  au  village  de  Moutier  prés  de  Morat  vue  fille  de  h  ans 
nommée  Dorothée  Maiif  étant  tombée  de  haut  fur  le  paué  &:  s'étant  fait  vue 
petite  bleilure  delTous  l'oreille  droitte,ou  demanda  vn  Barbier  qui  la  tiaitta  à  la 
fiaçon  accoutumée  elfayant  d'y  faire  venir  la  cicatrice:  mais  étant  furuenu  dou- 
leur de  Tell;c,ficiMc,  veilles  <3c  autres  accidents,  icfus  demandé  6c  trouuay  vue 
i  grolîc 


Obferuations  Chirurgiqucs.  ij 

grofîc  tumeur/ur  le  fmciput  dioic  cachée  fous  les  cfieneuxqiie  le  Baibier  nV 
uoit  pas  dccouucrt  :  les  ayant  rasc,à  pêne  peut  on  conccuoir  combien  grande 
ctoitla  contudon  &  quel  amas  dcfang  caillé  il  y  auoitfous  la  peau ,  partant  il 
me  le  falut  ouiirir  iurqii'aii  pcricrane  :  les  premiers  iours  il  en  fottit  du  fang 
caiilc,&  après  du  pus  en  abondance ,  elle  h]Z  dangercufemcnt  malade  ,  ncant- 
moins  à  l'aide  de  Dieu  2c  des  bons  remèdes  elle  fut  guérie. 

L'an  i6oi-  la  femme  de  Pierre  Qncy  Bo!»rgeois  de  Veucy  ville  fur  le  lac  de 
Gcneue  ayant  été  frapéc  d'vii  bâton  de  fer  lur  le  bregma  droit  tSc  portée  demi 
morte  fur  le  lit,on  me  demanda,  il  y  auoit  vne  grande  playe,mais  fans  fraélmc 
diiCrane:leCerucau  ctoitdfort  ébranlé  qu'elle  demeura  iufquaii  lendemain 
fans  parole  ni  conoilIancc,rendant  du  lang  par  la  bouche,  par  le  né  5c  par  les 
oreilles:il  eft  vray  qu'il  (uruint  des  grands  accidents  Si.  que  i'cus  bien  de  la  pê- 
ne à  la  traitter  ,  ncantmoins  elle  fut  remife&  deux  mois  après  fa  gucrifon  elle 
accoucha  hcureulement  de  deux  gémeaux.  Il  y  a  ceci  de  remarquable  en  cette 
cure,i'ay  accoutumé  en  traitant  ces  playcs  5«:  en  les  bandant  après  les  auoir  dé- 
couucrt  de  mettre  chaudement  vn  (achct  fait  de  betoine,  fauge,  romarin,  fleurs 
de  camomille,    rofes&  iemblablcs  cuit  en  eau  de  peur  que  la  playc&l'os  qui 
eft  découuert  ou  le  Ccrueau  même  ne  fouffire  l'iniurede  Tairjil  fîtencor  ce  bien 
que  le  fang  caillé  qui  croit  retenu  fous  le  crâne  ,  fut  attiré  vers  la  peau  où  il  fc 
fit  vne  grande  ccchymofe  qui  tenoit  toute  cette  partie  du  col  iufqu'à  l'épaule: 
on  peut  reconoitre  par  là  la  prouidence  de  la  nature  :  outre  ceux  ci  i'cn  ay  veu 
vne  infinité  qui  ont  été  hcuieufement  guéris  de  pliyes  au  fuiciput:  il  ne  les  faut 
pas  donc  tenir  comme  ablolument  mortels  quoy  qu'elles  foycnt  fort  dange- 
rculesj&  iurtout  en  Italie  &c  en  quelques  contrées  de  k  France  à  caufc  de  l'in- 
I  tempcrie  de  l'air  ce  quin'ariiue  pas  en  Allemagne,témoin  cette  belle  cure  en 
I  ce  Pay(an  qui  étoit  près  de  Durlac  dit  lacob  Kraus  ,  il  y  a  vne  femblable  hi- 
I  ftoire  dans  les  Commentaires  de  Pierre  Pann  fur  le  liure  d'Hippocrate  d^s 
ilj  playes  de  la  Telle  page  1 74.  ou  traitant  de  l'ouaerturc  de  la  peau  t^  du  pericra- 
i  ne  aux  tempes, il  di:,  on  ouure  lapeau  afin  de  dcjouurir  l'os, mais  en  cet  endroit 
ij  entre  la  peau  &  l'o;  (ont  ks  mufcles  des  terrpcs  Icfquels  il  eft  très  dangereux, 
ï  voire  moircl,dcconper,cela  arriuc-il  coufiouis  ?  Non  ,  car  i'ay  vcu  la  tempe 
;;  droite  tellement  biiscc  à  vn  guçon  par  i'aile  d'vn  moulin  à  vcnZy  que  l'on  tira 
i  quelques  fragments  de  l'os  hacafsé  par  la  playe  fans  qu'il  en  fouftrit  aucuisc 
■  incommorlicc  durant  le  temps  qu'il  fur  traité  :  AufTi  ai  ie  vtuouurir  les  tempes 
,  pat  la  main  du  Chirurgien  à  diuerfcs  fois  fans  aucun  accidents   mais  on  portoic 
I  toufiours  le  rafoir  félon  la  rcvStitudc  des  fibres  du  mufcle  Temporal,  lesquelles 
I  le  vont  toutes  tendre  vers  le  tendon  :    or  les  playes  du  fuiciput  font  dangçieufcs 
Ipour  pliificurs  raifons.premierement  parce  que  le  Crâne  cil  en  cet  endroit  fort 
foible&  fe  rompt  aifcment  par  coup  ou  par  cheute  ,  comme  dit  Hippocratc 
1  au  premier  liure  des  blelîurcs  de  la  Tcfl:e,&:  l'expérience  le  fait  voir  :  feconde- 
mcnt  parce  que.  lesvcaes  &  artères  qui  montent  aux  membranes  du  Cerueau, 

V 


l54  Liurc  Second  des 

/ont  fort  glandes  aux  tempes  &  tellement  attachées  au  Cianc  que  leur  palîagc 
cft  grauc  en  iccUiy,  partant  elles  fe  rompent aifcment  par vn  coup  ou  vne  cKu- 
tc  ,  lefang  tombant  aprcsdans  le  vuiJe.j.cUes  font  dangereufes  à  caafe  du  mul^ 
cle  lequel  étant  enuelopé  du  pericrane  (qui  naift  delà  dure  mcre  à  caufe  dc- 
quoy  il  eft  d'vn  vif  rentiment)&  ayant  quantité  de  nerfs^s'ily  ableirure,  il  y  fur- 
uicnt  bientoft  de  la  douleur>inflammation,  ôc  autres  grans  accidcnts:que  s'il  eft 
coupe  de  trauersou  fort  blefsc  cti  quelque  autre  manière  ,  il  furuient  vn  fpaf- 
me  cynique  :  ie  l'ay  vcu  l'année  paîsée  en  vn  garçon  de  dix  ans  lequel  ayant  été 
blcfsc  au  côré  gauche  de  la  Tefte  pour  être  tombé  de  cheual,&:  la  peau  étant  fe- 
parce  <lu  Crâne  à  la  largeur  de  trois  doigts  de  trauers  en  la  future  vers  l'oreille, 
les  affiftants  la  remirent  en  fa  place  le  lailîants  ainfi  iufqu'au  quatrième  iour 
fans  aucun  fccoursj  vc  étant  furuenu  de  la  douleur ,  on  le  mit  entre  les  mains 
dVne  femme  laquelle  fe  feruit  de  la  panacée  de  notre  pais  alfauoir  d'vne  deco- 
élion  vulneraire,apres  quoy  la  douleur  augmenta,rinflammation  ôc  la  tumeur.* 
quelques  iours  après  étant  furuenu  vue  conuulilon  cynique,  il  me  fut  âmenérles 
mâchoires  ctoyent  tellement  ferrées  &c  celle  d'en  bas  s'ctoit  fi  fort  ietté  du  côte 
qui  fe  portoit  bien  qu'a  pcne  puf  ie  faire  entrer  le  fpeculum  oris  pour  luy  faire 
aualer  du  bouillô:  ie  voulus  luy  tenir  labouclie  ouuerte  par  le  moyê  de  certains 
petits  bois  fourchus,comm.e  i'auois  fait  en  vn  autre  cas,mais  ie  n'en  pus  pas  ve- 
nir à  boutjCar  elles  ctoyent  corne  i'ay  dit,fi  fort  ferrces,qu'il  rompoit  ces  bâtons 
quoy  qu'ils  fulîènt  faits  de  bois  dur:or  comc  les  forces  venoyent  à  diminuer  pac 
défaut  de  nourriture  &  que  les  fy mptomes augmentoyêt  auec  grande  extenuatfô 
de  tout  le  corps ,  il  furuint  vn  tctanus  fi  vioL-nt  que  tout  le  corps  dés  la  nuque 
croit  roide  côme  vn  pal  auec  très  grande  doulcur,ie  fis  plufieurs  remèdes  mais 
fans  rien  âuanccr:il  vécut  neantmoins  en  Cet  état  pafsé  8.  ou  lo  iours  fans  pou- 
uoir  retenir  fcs  excréments:^  mourut  le  16  iour  de  la  maladie:il  faut  croire  que 
la  playccn  elle  mémen'étoit  pas  trop  dangereufc,  veu  que  le  malade  étoii  venu 
iulqu'au  4. iour  fans  aucun  accidenr,ne  s'ctant  fcrui d'aucuns  médicaments  iuC- 
qu'a  ce  que  vers  le  x.ou  xi.iour  étant  tombe  des  humeurs  fur  le  mufcle  des  tem- 
pcs,cette  conuulfion  cynique  furuint  à  caufe  de  laquelle  les  mâchoires  &:  les  dcts , 
furent  fi  fort  ferrées  que  le  malade  ne  put  pas  prendre  nourriture  :  D'où  eft-cc 
donc  que  font  venus  ces  grand  accidents?De  ce  que  l'on  a  négligé  au  commen-^î 
cément  cette  playe  accompagnée  de  grande  contufion  fans  auoir  procure  la 
foppurariô  au  contraire  l'ayant  empêché  par  cette  decodtion  vulnéraire  (laquel- 
le dcséche  extrêmement  jcettc  matierepurulente  ,  ou  pour  mieux  dire,cette  fa-. 
nie  acre  fe   ictta  fur  le  mufcle  de  la  tempe  (^  lequel  neantmoins  n'auoitpoint.l 
été  ofFc  ncéj  &  fur  l'épine  du  dos  :    ce  mufcle  gauche  ayant  perdu  fa  fondtioa  . 
étant  tiré  vers  fon  origine  par  le  droitjCette  conuulfion  cynique  arriua  premie-  • 
rcment.puis  le  tctanus  tant  à  caufe  de  la  mariere  qui  s'croit  versée  fur  l'échiné,  , 
comme  aulTi  à  caufe  de  la  grande  exténuation  &  confomption  de  l'humeut 
radicale. 0^/"i.v,Cf«/.  5. 


Obferuatîons  Chirurgiques.  if§ 


»     — M< 


OBSERVATION    XVII. 
De  la  dure  mère  hfeparAyiement  âtachée  au  crâne. 

LA  dure  mère  eft  attachée  au  Crâne  par  le  moyen  des  futures  ,  tant  afin  que 
leCerueau  foit  fufpendu  que  pour  la  ptodudrion  du  pericrane,  la  nature  a 
I  laifsc  cet  efpace  libre  entre  les  futures  &  a  voulu  qu'il  y  eut  vn  vuide  encre  U 
i  dure  mcre  ôc  le  Crâne,  i.  afin  que  le  Cerueau  eut  fa  fyftolc  &  diaftole  libre  î. 
afin  que  les  vcncs  ôc  artères  qui  courent  par  la  furface  de  la  dure  mère  ne  fe 
!   rompent  quand  le  crâne  auoic  été  légèrement  frapc  :  enfinde  peur  que  fi  quel- 
que véne  venoit  à  fe  rompre  en  la  dure  mère  ,  le  fang  ne  fe  verfe  entre  la 
dure  &  pie  mere,mais  entre  la  dure  &  le  Crâne  :  la  chofe  va  ainfi  dans  le  cours 
ordinaire  de  nature,neantmoinsi'ay  veu  quelquefois  le  contraire. 

L'an  i596.iefis  ouuercure  d'vn  garçon  de  4.ans  mort  plithifique  :  nous  trou- 
uâmes  la  dure  mère  Ci  fort  attachée  à  la  table  vitrée  comme  vn  pcrioftc,qu'eUc 
n'en  peut  point  être feparée  qu'après  auoir  fiit  boiiiilir  le  Crâne  en  de  l'eau ,  ôc 
ainfi  les  véncs  qui  ordinairement  font  éparfes  en  la  partie  externe  de  U  dure 
mère,  vers  le  ^-. rane/ car  ie  fuis  de  l'opinion  de  Columbus  que  la  dure 
mère  eft  double  par  tout  J  étoyencen  la  paitie  interne  du  côté  du  Cerueau: 
il  y  auoitneantmoins  quelque  efpace  entre  la  pie  ôc  la  dure  mère ,  car  celle  ci 
ccoit  attachée  au  Crâne  &  celle  la  au  Cerueau  :  on  ne  peut  point  douter  que  lés 
playes  ôc  contufions  qui  arrinent  en  vn  Crâne  ainfi  bâti ,  ne  foyent  fort  dange- 
reufcs  ,  tant  à  caufc  que  les  membranes  du  Cerueau  font  très  facilement  ofïèn- 
cées,que parce  que  les  vénes  étants  rompues,  le  fang  Ce  verfe  entre  le  Cerueau  <Sc 
la  dure  merc,car  les  vénes,comme  ie  vien  de  dire,  étants  en  la  partie  interne  de 
la  dure  merejc  fang  cxtrauasé  ne  peut  aucunement  enfortir  quoy  qu'on  ouurc 
le  Crâne  anec  le  trépan,  comme  il  apert  par  l'hiftoire  fuiuante. 

Vn  Payfan  d'vn  village  près  de  Gcncuc  appelé  Chefnc  ,  fut  blcfsc  d'vn  coup 
de  bâton  fur  l'os  du  finciputdroiCjil  tomba  incontinent  par  terre,vomit  ôc  per- 
dit la  parole:on  meprifa  le  mal  au  commencement,  enfin  fur  le  8.iour  ie  fus  de- 
mandé auccMr.Ican  Anthoine  Sarrazin  Médecin  :  nous  le  trouuâmes  enficure 
ôc  rêucrie  auec  sécherclfe  de  langue  ôc  les  yeux  rouges ,  n'y  apparoiiiant  ni  cre- 
ualle  ni  frad:ure,  i'ouurisle  Crâne,  (!fc  ne  crouuay  rien  de  vuide  ,  mais  1.^  dure 
mcre  êtoit  fi  foie  attachée  au  Cranc  qu'on  ne  pouuoit  pas  mettre  la poinee 
d'vn  poinçon  entre  l'vn  ôc  l'autre,  partant  comme  il  ne  foitoit  aucun  pus,l'ou- 
uerture  fut  inutile  ôc  mourut  i4.iouvs  npresuandis  que  la  dure  merc  a  été  de- 
couuerte,airauoir  des  le  S.iour  iufqu'à  ccluy  de  fon  àecés,  on  ne  peut  point  dc- 
couurir  le  mouuement  du  Cerueau>car  il  y  auoic  vne  rcilc  diftance  entre  iceluy 
.&  la  dure  mere,que  fon  battement  ne  pouuoic  pas  paruenir  iufques  là:  on  doit 
f  onclurre  par  là  que  le  Cerueau  a  fon  mouuement  propre  qui  ne  dépend  point 
^  celui  des  membranes.O^/j.Cfwr.i.  V   2. 


«jf  Liure  Second  des 


OBSERVATION    XVIII. 
De  U  mort  qui  ejî  fnmeme  à  vn  Tungns  mal  traité > 

COfme  Slotanus  traita  vn  iour  vnieune  Gentilhomme  à  qui  le  Crâne  auoit 
éfé^radiuc  auquel  on  en  ôra  vne  poition,apres  quoy  fe  forma  vn  fungust 
il  fut  obh'trc  de  quitter  le  malade  qui  êcoit  quafi  entièrement  hors  de  danger,le5 
accidents  ayants  cclscpourla  pluipart  :  Vn  barbier  à  qui  il  l'auoit  laifsc  en 
chart^e  n'ayant  voulu  fuiure  fou  conlcil  ni  fe  fcruir  de  ùs  médicaments ,  fans 
conlidcrer  le  naturel  de  la  partie  ,  mit  iur  ce  fungus  de  la  poudre  d'alun  &  de 
vitriol  brûlé  ,  ce  qui  caufa  incontinent  vne  très  violente  douleur  ,  fieurc  aiguë 
réuerie  ôc  inflammation  ,  il  mourut  peu  de  iours  après  :  Obferuation  14. 
Cent.x. 


OBSERVATION     XIX. 

De  U  vraye  méthode  àegturîr  le  Fn^gus. 

L'An  1601.  j.Feurier  vn  fils  de  Monfieur  de  Crofitan  Patrice  &  Banderct  «fe 
Lutri  âgé  de  14. ans  fut  blefsé  au  iînciput  droit  par  la  chdtc  d'vne  pierre  qui 
pefoit  douze  Hures  &  dix  onces:  il  y  auoitaufli  grande  fradure  du  Crâne:  ayant 
été  demande  ie  rrouue  ce  garçon  fans  parole  ,  qui  ne  voyoii  &  n  oyoit  goutte, 
en  fomme  àdcmi  mort  :  il  y  auoit  grand  vomillcment  &  continueLiettant  auffi 
du  fang  par  la  bouche  par  le  ne  &  par  les  oreilles:  ayant  rase  les  chcucux  &  di- 
late la  playe  5  ic  vis  que  le  Cranc  êtoit  enfonce  bien  auant  dans  la  fubftance  du 
Cerneau,  aucc  rupture  de  la  dure  mère,  après  auoir  ôté  cette  nuit  même  les 
fragments  du  Crâne,  i'entrepris  de  le  traittcr  félon  que  la  neccffité  le  requeroit, 
&  quoy  qu  il  y  eut  de  très  grands  accidents  auec  peu  d'cfpcrance  qu'il  en  peut 
-echaper,li  cft  ce  qu'ils  s'nppaifcrcnt  quafi  entièrement  auant  le  vingtième  iour: 
vne  partie  aulTi  de  la  dure  merc  qui  auoir  ccc  rompue  par  l'enfonceure  du  Crâ- 
ne, tomba  en  morceaux  peu  à  peu  à  l'aide  de  la  nature  &  des  médicaments,  de 
forte  qu'aupar&uant  il  ccoir  hors  de  danger  :  mais  le  vingciémc  iour  étant  pafsc 
voici  vn  autre  mal  ,  allauoir  vn  grand  fungus  qi;i  lortcic  hors  de  la  playe  en 
i'cfpacc  de  vingtquatre  heures  de  la  grolfcur  d'vn  œuf  de  poule  ,  lequel  ie  guc- 
lis  par -ks  remèdes  fuiuants  :  au  commencement  ie  luy  donnois  rous  les  iours 
vn  laucmcnt  &  par  après  de  deux  iours  rvn,&:  enfin  de  trois  en  trois  iours:deux 
foisleiour  ie  faifoisccttc  fomentation  fur  la  playe.  '^,Fol.  &  fier,  beton.falu. 
çamomill'mciilot.rofarfmnmit.TnatQra}hrorifmar.aii^Tn.]fem.  amj,  &fœmgr.an.^  j. 

inci- 


Obfcruations  Chirurgîqucs.  Ij7 

tnciddhtur  &  comanâantHr  pro  fotu  :  h^rum  herbarum  ^.  /  inâatur  fàcculo  cIms 
Tnagnitudinis  vt  medtamfere  partern  capitis  opertat)  <^uï  Jilo  intertextus  ce^utztnr  tn 
vini  &  a^  parte  d<j.  applicetur  calidè  :  après  ia  fomentation  on  cfTuyoit  bien  la 
Tefte  auec  des  linges  chauds,  puis  on  mcttoic  la  poudre  fuiuantefur  le  Fungus 
&  far  la  Playe  ^.  Rad.  Gartoph.  Angelic.  calami  aromat.  an.^G.  rad.ArtJioL  rot, 
Irid  flor.  ligni  Gaiacian.  5  i].fior.  falu^fummit,  maioran.  rorifmar,  an.  p.  yf.pul» 
his  tenuiffimuSi  après  ie  mis  i'Emplaftre  (uiuanc  ^.  Empl.  de  béton.  |  iv.  G.  Elerni 
dijjolnti  inol.  rojac.  ^  ).  pulu.  rofar.  myrtill.  an.  5).  rnafiic.  caUmiaromatic.  an, 
5»  û.  cHmf.ijf.ol.rq/àc.f.  Ernpl.  par  ces  remèdes  le  Fungus  sabaiirapcuà  peu  en 
refpace  de  14.  iours  ;  les  petics  os  que  l'on  ne  peut  pas  tirer  la  première  nuit 
auec  les  autres ,  i'onirenc  auiîi,  de  forte  qu'il  fut  entiercmcnc  remis  en  i'cfpace 
de  dix  fcmaines. 

En  conioignanc  cnfcmblc  tous  ces  fragments  on  peut  voir  la  grandeur  de  la 
portion  du  Crâne  qui  fat  ôtce  :  &  quoy  qu  elle  fut  coafiderablc  a  iî  ciVce  que 
la  playe  fuft  cicatrisée  ,  &  on  peut  remarquer  long-temps  le  mouuement  du 
Cerueau,  car  il  n'eftoit  couuert  que  de  peau  &  d'vne  portion  de  chair  :  mais  de 
peur  qu'il  ne  fut  ofFencc  par  quelque  caufe  externe,ic  fis  faire  vne  lame  de  cuiure> 
laquelle  étant  attachée  au  chapeau  elle  défendoit  cette  partie  de  la  Tefte:  mais 
àprcfent  on  ne  remarque  plus  ce  mouuement ,  parce  que  la  nature  a  bouche 
cette  ouuerture  parle  moyen  d'vn  Callus: il fe  porte  très  bienàprefent  £«:  avn 
cfprit  très  vif  propre  aux  études  6c  à  tour. 


Remarque  fur  les  Tungm* 

COmme  les  Champignons  fc  forment  es  troncs  des  arbres  d'vne  humeur  à 
demi  pourrie  qui  palle  à  trauers  l'écorce  :  ainiî  quand  quelque  portion 
du  Crâne  eft  6tée<Sc  que  h  Dure  mère  eft  offensée,  incontinent  les  humeurs  du 
Cerueau  fe  vont  rendre  à  la  PIaye>  UrqucUes  venants  à  s'épailîir  (oit  que  ce  foie 
par  la  froidure  de  l'os  comme  cftime  Alexandre  AphiodiîaiLis,  loit  que  ce  foie 
par  celle  de  l'air,  ilsfe  conuei  cillent  en  Fungus,  &  quelquefois  s'enflent  ii  fore 
qu'ils  palîcnt  par  deffiisleCranc:  ce  mal  eft  appelé  par  Galien  Fungus  à  caufe 
de  la  fimilitude,car  c'eft  vne  chair  molle,  legcre  ,  pâle  ik.  rpongicufe  laquelle 
croit  bien  vite,  maisfe  diflipe  lentement:  Ils  fc  peuucntanfli  former  de  vents, 
car  fi  la  chaleur  naturelle  du  Cerueau  eft  diminuée  ,  elHyant  de  îxiï^  quelque 
chofc  de  cette  matière  qui  tft  amafsée  autour  de  la  Playe ,  elle  la  conuertit  en 
vent,  lequel  ne  pouuant  pas  fortir  à  trauers  la  Pie  merc ,  il  l'eleue  en  Tumeur: 
car  i'ay  remarque  iufques  à  prefent  en  ceux  qui  en  ont  eu  >  que  la  Pie  mcre  le 
plus  fouuent  eft  demeurée  entière  &que  la  Dure  étoit  rompue,or  quand  cela  eft 
&  que  la  Playe  afuppuré,  la  nature  commence  à  former  de  la  chair  fur  la  Pic 

V, 


ijS  Liure  Second  des 

meie  quiluy  fcrt  de  couucrture  contre  riniiuc  de  rair ,  car  fi  les  humeurs  oe 
des  vents  fe  iettent  en  quantité  vers  laPIaye  ,  la  Pic  mère  comme  auflî  la  chair 
qui  y  cft  venue,  font  bien- toft  êlcuces  en  Tumeur:  mais  en  noftre  malade  l'yac 
C<C l'autre  membrane auoycntêtcoftcncccs.  Ohrern,  i^.Cent.u 


OBSERVATION     XX. 

*D*vne  Ptaye  tres-àangerenfe  en  la  face. 

IEan  Philippe  à  Bleinchenbach  Citoyen  de  Rofbach  en  la  Vuetteravîe  étant 
venu  à  Niddauauec  le  fils  de  l'ancien  Baillif  nommé  HermanCrugius,  après 
auoirbeu  vint  à  parler  des  falines  de  Ton  Père  &  fc  mettent  tous  deux  en  chemin 
pour  les  aller  voir:en  chemin  faisât  Crugius  bailla  le  défi  à  Bleinchenbach  fans 
iieantmoins  tirer  l'cpée  hors  du  fourreau,  celui-ci  le  receut  couragcufemeiit 
&  fe  mit  en  poIVure  fans  aucun  mauuais  delfcin  ,  mais  par  mégardc  Ciugius  le 
Jblelïàen  la  mâchoire  gauche  auprès  du  nés  &  auec  telle  violence  que  l'cfpée 
iPntradans  la  face,  la  poignée  &  le  pommeau  tombants  à  terre,  ayant  été  con- 
traint de  fe  l'arracher  auec  les  deux  mains  ôc  de  toute  fa  force,   ce  qu'eftant 
fait ,  on  vit  que  le  fourreaan'auoit  point  debout  n'y  paroiifant  que  la  pointe 
de  l'cfpée:  &  quoyquervn&  l'autre  foupçonna  que  ce  bout  êtoit  demeuré 
en  la  tcfte  ,  croyants  ncantmoins  que  ce  fuft  vne  chofe  impolTible ,  ils  fe  mi- 
rent à  le  cercher  parmi  l'herbe  du  pré  où  ils  s'eftoyent  combatus,mais,en  vain, 
ce  qui  obligea  Bleinchenbach  à  prier  Crugius  de  cerclj.r  auec  le  doigt  s'il  feroit 
demeuré  dans  la  Playe ,  ce  qu'il  fit  fans  rien  pouuoir  dccouurir  :  or  les  dou- 
leurs augmentants  déplus  en  plus  &  la  nuit  approchant,  il  fut  oblige  de  paP 
tfer  la  nuit  en  vn  village  proche  &  fc  palfcr  pour  lors  de  Chiriugien.-le  iour  fui- 
uantêtantà  Fridberg  ,  il  ne  voulut  pas  permettre  que  le  Barbier  y  mit  autre 
chofe  que  des  tentes  «S:  bandes,  &:  étant  arriuéàRolbach  il  fc  fcruit  d'vn  au- 
tre qui  fe  contenta  d'y  mettre  fon  Emplâtre  noii  l'ans  aucune  tente  ,  &  aiiifi  en 
;(lx  fcmaines  la  Playe  fut  confolidce  :  au  bout  de  trois  femaincs  il  fut  oblige 
de  la  faire  r'ouurir  à  caufe  delà  violence  de  ila  douleur  pour  bailler  illuc  aux 
mauuaifes  humeurs  :  ce  qu'ayant  été  fait  il  y  lailfa  vn  petit   trou  qui  fcmbîoit 
auoir  été  fait  par  vue  alêne  :  cependant  il  prit  à  force  potions   vulnéraires 
fans  aucun  foulagement  :  trois  mois  après  il  vint  à  H  :nnauu  pour  y  trouuer 
vn  Chirurgien  de  grande  réputation  ,  où  il  demeura  feptante  cinq  fcmaines, 
s'ctant  aufli  ferui  du  confeil  de  quelques  Médecins, fans  qu'aucun  d'iceux 
peut  bien  reconoiftre  au  vray  la  nature  de  cette  Playe  :  enfin  iceux  d'vn  com- 
mun accord  conclurent  /  ayants  ouucrtvn  Crâne  )  que  ce  bout  de  fourreau 
ctoit  demeuré  auprès  du  trou  (  comme  l'on  voit  des  petis   trous  en  l'vne  & 
l'autre  partie  du  Crâne  autour  des  narines^dans  cette  rauité  cartilagincufe  qui 
a  vn  doigt  de  longueur  fous  l'os,  les  Chirurgiens  &  Barbiers  ayants  piis  tous 

leurs 


Obferuations  Chirurgiques .  19 

flicâicaments  dans  le  creux  de  ce  bout  de  fourreau  :  comme  ce  Chirurgien  de 
Hanauu  vie  que  tour  ce  qu'on  auoic  faic  croit  en  vain  ,  il  fit  vue  ouuerture  en 
trauers  auec  le  Rafoir  à  la  largeur  d'vn  demi  doigt ,  5c  ayant  feparc  la  chair 
auec  le  doigt  il  recercha  ou  le  mal  pouuoit  être  cache ,  cTtimant  que  le  zygo- 
ma  êtoit  pofîîble  carie  ou  noirci  &  auec  certains  inftruments  il  racla  cet  os  le- 
quel neantmoins  n'auoit  point  de  mal ,  mais  en  peu  de  temps  la  Playe  fe  con- 
folida  :  en  fuite  il  fe  feruit  par  interuallcs  de  certains  efcharotics,mais  la  Playc 
ne  put  rien  porter  decorrofif  quoy  qu'il  y  eut  de  chair  rongée  la  grandeur  d'vn 
quart  d'ccu:  par  après  le  vifage  enfla  fi  fort  auec  vnc  dangereufe  inflamma- 
tion dcl'œil  ,    qu'il  ne  voulut  plus  mettre  de  médicaments  delFus  :  &:  tandis 
qu'il  trauailloit  à arrcfter  l'inflammation,  il  fe  forma  vne  carnofitc  ,    après 
quoy  le  malade  retourna chcs  foy,  neantmoins  il  fortolt  toufiours  quelque 
humidité  fcmblablc  à  de  l'eau  vitriolée  qui  changeoit  trois  ou  quatre  fois  le 
iour  de  couleur  ,   ce  trou  demeurant  ouuert  encor  quelque  temps  :  les  dou- 
leurs augmentèrent  aufli  tellement  qu'elles  l'empcchoyentdc  dormir  :  il  par- 
tit après  delà  pour  venir  en  Alface  &  fe  trouua  au  fiege  de  Moltzhcim  &  de 
Dafchtein ,  où  étant  obligé  d'aller  à  cheual  tout  armé  par  vne  grande  chaleur, 
la  ioUe  luy  enfla  fî  fort  auprès  de  la  Playe  qu'elle  venoità  l'égal  du  nés  :  ce  qui 
luy  fit  croire  aifurément  que  ce  bout  de  fourreau  vouloir  commencera  paroi- 
tre  par  la  force  de  cette  grande  chaleur  :  enfin  fe  dégoûtant  de  tout,  il  reuint 
à  Fridbcrg  Se  raconta  le  tout  à  deux  Barbiers  frères  ,  lefquels  il  pria  inftam- 
mcntder'ouurir  la  Playe  &  de  recercher  bien  la  fource  du  mal,  les  alfurant 
qu'il  fetoit  content  quaiul  même  il  viendroit  à  mourir  au  moment  de  l'O- 
pération ;  ils  employèrent  dix  fcmaincs  entières  ,  &  firent  plus  de  300.  inci- 
iions  &  enfinpluspar  forruneque  parâdrelîè  ,  ils  attraperenr  auec  vne  Pin- 
cette  ce  bout  de  fourreau  rout  farci  de  médicaments ,   d'où  il  fortit  vne  f\  gran- 
de puanteur  que  le  patient  auoit  de  la  pêne  à  la  foufrir  luy  même.  :    finalement 
au  bout  de  fix  femaines  cette  Playe  fut  entièrement  guérie  :  ce  bout  de  four- 
reau demeura  quatre  ans  moins  cinq  fcmaines  fiché  dans  la  face  de  laquelle  il 
fut  tiré  le  Ï3.  Février  1611.  Il  ne  fent  plus  aucune  douleur  ni  incommodité  fi- 
non  qu'il  a  de  la  pêne  à  porter  le  do.'gt  indice  à  la  bouche  ,  à  caufe  que  le  nerf 
de  ce  côrê  là  a  efté  peut-être  offencc.  -  Lettre  de  Gtor^ias  Fahr-  Médecin  à 
Fridherg  Obfern.  24.  Centur.j. 


OBSERVATION     XXI. 

Des  TUyes  des  Tempes  ,  &  s" il  ejî permis  dy  appliquer  le  Trépan. 

A  queflion  que  vous  me  faites  fi  on  peut  appliquer  le  Trépan  fur  les  tem- 
pes &  aux  futures  eft  décidée  par  Hippocratc  &  par  l'cxpcricncc ,  qui 


i^o  Liurc  Second  des 

enfeigncnt  qu'aux  fi:aâ:urcs  du  Crane,il  ne  faut  point  Trcpancr  les  Sutures  :  car 
la  Diue  mère  ayant  vn  vif  lentiment  &:  vne  intînitc  de  vcncs  6c  d'arceres  qui 
palîcnc  au  trauers  des  futures  fi  on  les  iirite  &  déchire  pat  le  Trépan  ,  incon- 
tinent il  furuiemtres  grande  douleur ,  inflammation  des  membranes  duCer- 
ueau,  hcmorrhagie  5c  autres  grands  accidents  aucc  danger  de  la  vie  ;  en  après 
la  playe  fc  conlolide  malaisément  fi  la  future  a  cté  troiice  ,  principalement 
s'il  y  a  eu  auparauant  quelque  incommodité  de  Cerucau ,  neantmoins  ce- 
la peut  feruir  pour  la  ianté  du  malade  comme  l'exemple  fuiuant  le  fait 
voir. 

Pierre  Favre  Maréchal  à  Hilden  l'an  1595.  fut  frapé  d'vnc  hache  en  la  conion- 
âion  de  la  future  fagîttale  auec  la  cotonale  auec  grande  fradurc  du  Crâne  :  il 
tomba  incontinent  en  terre  à  demi  mort,  Se  vomi:  la  viande  toute  indigcfte: 
ayant  été  demandé  ,  ic  yis  que  la  Playe  eftoit  aCsés  uuuerte  auec  grande  fraclu- 
rcducranequialloitiufquà  laDurcmere:  il  fjriiint  pluikurs  grands  &:  vio- 
lents accidents,  principalement  douleur  &  inflammation  qui  me  donnèrent 
beaucoup  de  pêne,  enfin  ayant  vsé  de  grande  diligence,  tiré  pluhcurs  frag- 
ments d'os  &  bien  nettoyé  le  Ccrueau,  les  accidents  s'arrefterent  peu  à  peu 
par  la  Grâce  de  Dieu,de  forte  qu'il  fut  guéri,  mais  l'vlcere  vint  en  fiftule  laquel- 
le ie  ne  pus  iamais  quel  artifice  que  i'y  aye  aporté,  couurir  de  cicatrice:  mais  vu 
mal  qui  fembloit  luy  dcuoir  erre  pernicieux  le  tourna  en  bien ,  car  étant  aupa- 
rauant à  l'ordinaire  tourmenté  d'vnmal  de  téce,  il  en  a'eftc  par  après  exempt: 
le  ne  raconte  pas  cette  hilloire  pour  faire  voir  que  i'àprouue  le  Trépan  aux  fu- 
tures, exhortant  au  contraire  le  icunc  Chirurgien  de  s'en  abflenirà  caule  des 
dangereux  accidents  qui  en  arriucnt  :  que  s'il  y  a  des  grandes  meurtiilfures  aux 
rutures,il  vaut  mieux  ôcer  de  i'os  en  l'vn  ôi  l'autre  cÔLC  de  la  iuture  qu'en  la  lu- 
ture  même. 

Hippocrate  le  plus  excellent  de  tous  les  Chirurgiens,^:  après  luy  tous  ceux 
quiont  exercé  méthodiquement  la  Chirurgie,  enicignent  d'vn  commun  ac- 
cord que  les  mufclcs  des  tempes  ne  peuuent  pas  endurer  la  Sedlion  Inns  vn  ma- 
nifefte  danger  de  la  vie  ,  car  (''  pour  me  feruir  de  Ces  termes  J  la  tempe  gauche 
eftant  incisée  ou  coupée,  il  fe  Bit  conuulhon  au  coté  droit,fic'e(t  la  droite,clle 
arriue  au  gauchc,car  le  mufcle  contraire,  c'cft  à  dire,  celui  de  la  partie  faine,en 
faifanrfon  deuoirjtirc  après  foy  la  machoiie,  mais  celui  qui  cft  ofiencé,  parce 
qu'il  fe  repofc  cependant  cft  caufe  que  la  mâchoire  cft  attirée  vers  la  partie  fai- 
ne auec  grande  douleur  6c  danger  de  la  vie:il  paflc  aulTi  par  les  tempes  des  vé- 
nes  <3c  des  arrêtes  lefquelles  font  appréhender  vnc  grande  &  dangcreuiehx- 
morrhagie,commeie  l'ay  veu  il  y  a  deux  ans  à  Berne  en  vne  fille  de  14.  ans  de  la 
fa«liilc  desVcilI,étant  tombée  du  Kiut  du  premier  étage,elle  fut  tellement  froif- 
$ée  k  la  tempe  droitte  que  les  vénes  cJcavtcrcs  qui  paficnt  par  là  en  furet  rompues 
fans  aucune  ofienfe  du  crane:âyant  été  demandé  quatre  iours  après  la  cheute, 
ie  la  trouuay  enfièvre  très  ardente  auec  grandes  douleurs,  veilles ,  auec  la  face 

enflée 


Obferuations  Chirurgiqucs.  ii 

ciiflce  5c  enflammée  :  ayant  rasé  tous  les  chcueiix  ic  troiiuay  toute  la  Tempe 
droite  iufques  au  fronr,à  la  future  fagittalc  &  lambdoidefort  enflée  maisd'vnc 
tumeur  flafque  ôc  fcmblable  à  vne  vttfie  picne  d'eaa,  fans  que  pourtant  la  peau 
fut  oftcncée:  ic  conicduray  parla  qu'il  y  auoit  du  fang  ramafsé  fous  la  peau 
plutofl:  que  du  pus,cn  partie  parce  que  la  peau  n*c-nbaiiloit  aucun  indice  ,  en 
partie  aufli  parce  qu'il  n'auoic  p^s  peu  être  cngcndié  en  fi  peu  de  tempsrayant  fait 
mon  Progaoftic  deuant  f.s  parents  ,  icflsouuerture  de  la  Tumeur  de  côcc  ô:: 
d'autre  à  côté  du  Mufcle  crotaidiire  en  longucur,efperant  que  ie  pourroii  par  ce 
moyen  mieux  mondiher  ie  iînus  i5c  le  guetir:  l'incilion  étant  faite,  il  foitit  vne 
grande  abondance  de  fang  en  partie  liquide,  en  partie  caillé:  au  premier  âpareil 
ie  mis  de  ma  poudre  à  arrêter  ie  fmg  auec  des  ètoupes  trempées  en  vn  blanc 
d'œuffur  lesincifions:  laflévrc,  l:s  douleurs,  ôc  l'inquiétude  en  furent  vn  peu 
apaisées  ,  mais  la  Tumeur  ne  dés-enfla  quafi  point ,    car  il  en  vcnoit  de  nou- 
ueau  Se  continuellement  dans  ce  finus  :  le  ioar  iuiuantne  fongeant  à  lien 
'moins  qu'à  vne  h^inorrhagie.;<c  voulant  penccr  la  Playc  ,  ayant  ôcc  les  Ten- 
tes, en  voici  vne  nouacUc  (!5c  fort  grande  qui  m'obligra  à  remettre  de  mi 
.Poudre  à  arrêter  le  fang  :    mais  le  lieu  où  ctoyent  ces  vaiiFeaux  rompus,  alfa- 
uoir  dans  vn  grand  finus,  ne  pouuant  pas  erre  découuert  par  l'œil  p'^ur  faire  al- 
ler iufques  là  la  foudre  &  les  autres  médicaments  ,  ie  Hs  entendre  à  (':$  parents 
qu'il  y  auoit  peu  àe(percr,carlelangbouIlloit  fifuitquele  troifiémc  iour  après 
que  i'eus  fais  les  incifions  le  fang  chafla  dehoi  sles  Tentes  3c  les  medicaments,3c 
la  perte  de  lang  fat  fi  grande  que  peu  s'en  falut  que  l'ame  ne  fortit  en  même 
temps  âuant  que  i'y  eulïe  accouru  :  ce  qui  diminua  grandement  les  forces  fins 
que  pourtant  l'ebullicion  du  lang  cefla  comme  on  le  voyoit  par  la  fièvre  ,   la 
rougeur  du  vifage  ^  la  chaleur  que  la  malade  difoic  fcncir  dedans  la  Ti.fte  &  à 
l'entour  de  la  l-*layc:  il  fut  donc  dcliberé  d'ouurir  la  peaif  en  trauers  d'vne  blef- 
furc  à  l'autre  afin  que  l'on  put  dccouutir  les  vailFeaux  qui  croyen't  rompus  ,  ce 
qu'il  faloit  faire  auec  vne  hngulicLe  dextérité  depeur  d'ofllncer  le  mufcle  delà 
Tempe,  ce  que  iecroyoispouuoir  faire  aisément/mais  auant  que  venir  à  cet  ex- 
trême remède,  ie  voulus  tlfiyer  des  plus  doux:  ayant  donc  trempé  des  tentes  en 
des  blancs  d'œufi  Ck'  mis  par  dcifLis  de  ma  p Judre  à  arrécer  le  fang  ,  ic  bouchay 
telLment  la  l'iaye  qu'il  ne  pouuoit  rien  par  après  fo.tir  de  ce  fiuusie  mis  encor 
pardefllis  des  pluma  jcnux  tai;s  d'êtoupes  ^'  trempes  en  vn  blanc  d'oeuf  auec  mu- 
cilage de  gomme  Tiagacant  y  âioutant  encor  de  la  même  poudre  «3^  bandant 
après  diligemment  :  ie  mis  fur  chaque  bLiruie  vn  plumaceau  fort  petit  lequel 
netaifoitquc  la  couurir,  parce  moyen  il  dcmcuroit  beaucoup  mieux  attaché 
que  s'il  eut  couuert  toute  la  partie  ;  lur  le  rcfte  du  Sinus  ck  tout  autour  du  col 
i'appliquay  ceDcfenlif  ^.  far.Horiiei  ^iv.  puln.  rofar.  rnyrtÏÏl.nucMa  ciiw.  ra- 
narum  prdipar.  galUrwn  an.^R.  facci  prunor.  /]lHeJïr.  i-ifpljjati  ±  \.fo!iut<r  hic/iic- 
CHs  cmn  a,ceto^tHmreli<^:ui  tidrnifatjiatij;  cumnlburn.  oui  Aceto  o"  decoBo  Betonic. 
àefenfiHHmin  mor(ano,tidde parum ol.rçfar.  le  rtïtcray  ce  defenfif trois  ou  quatre 

X 


lit  Liure  Second  àes 

fois  le  iour  de  peur  qu'il  ne  fccha ,  cependant  il  obfcrua  vne  bonne  façon  de  vi- 
vre, bnuant  des  lulcps  faits  auec  Syrop  de  fucs  d'ozeille,citron  &  Berbeiisauec 
dccodion  d'orge  pour  airéccr  rcbuUition  du  fang:  icfis  aufli  vne  forte  ligatu- 
re fur  le  gcnoiiii,  &  mis  fur  les  cuillès  des  grandes  v^ntoufes  auec  beaucoup  de 
fiamme:  par  ce  moyen  les  Symptômes  diminuèrent  de  iour  en  iour  &  les  for 
ces  furent  peu  à  peu  réparées.  Q3nt  aux  rentes  &  plumaceauxie  n'ofry  point 
les  retirer  qu'il  nVit  paru  du  pus  autour  de  lablcirure,  ce  qui  arriua  au  troificme 
iour,  car  le  pus  commença  à  les  poullcr  dehors,  &  des  lors  il  n'y  eut  plus  d'h.x- 
morrhagie,  &  continuay  à  pencer  cette  playc  comme  les  autres  de  la  Tcte  :  il 
faut  donc  faire  l'incxTion  à  côte  où  en  la  partie  fupericurc  du  Mufcicnon  fur  le 
Mufclc  même. 


Lettre  de  le  an  F  rider ic  Wertenher^ms  Médecin  dt 
"^Bkeaïauthem jur  la  précédente  0 hferuation. 

VOus  n'approuués  pas  que  l'on  âpiique  le  Trépan  fur  les  futures,  parce,  di- 
tes vous,  que  cela  contrarie  à  Hippocrate  :  z.  à  caufc  delà  Dure  mère  qui 
a  vn  fentiment  vif;  3.  à  caufc  de  la  quantité  de  vénes  &  d'artères  qui  font  par- 
femees  Icfquellcs  pourroyentêrre  oftcncéesen  appliquant  le  Trépan  &c  attirer 
grande  douleur  &  en  fuite  inflammat  on  ,  après  lav^uellevicndroycnt  des  con- 
uulfionSjOntic  Icsantrcsaccidcnts:  4.  pour  le  danger  d'ha^morrhagie,  5.  parce 
que  la  playe  fe  cOnfolide  malaifement,  à  caufe  qu'elle  cft  en  vne  partie  f pcrma- 
lique  félon  l'aphor.  d'yippocratc  f.ct.6.19.  maisi'ay  des  raifons  qui  me  perfua- 
dcnt  le  contraire^  premièrement  l'ainhorirc  d'Hippocrateen  fon  liu.  devul- 
ncr.cap.ou  il  dit,  Difonsla  même  choie  de  la  membrane  du  Cerucau,  tout  in- 
continent il  faut  percer  ros,atcr  la  membrane, découurir,  nettoyer,  deilccher, 
de  peur  que  iîclieeflhumcûcc  trop  long-temps  &  ramolie  ,  elle  ne  s'cleuecn 
tumeur,car  fi  cela  arriuc  il  y  a  ^v.  danger  qu'elle  ne  pourrilTci.iclcprouuepac 
l'cxpcritncej  Etudiant  en  Italie  i'ay  veu  faire  cctrf  opération  fur  les  futures  l'hi- 
ftoireque  vous  racontés  tft  vne  même  choie  ,  car  vous  dires  qu'il  a  été  blcfsc 
d'vncliàchec'n  la  coniondtiou  de  la  future  coronale  auec  la  fagittale  ;  neant- 
moins  fi  on  pcfe  bien  la  chofe  il  n'en  va  pas  ainfi,car  quant  à  l'authoriré  d'Hip- 
pocrarcjîe  icpoiis  qu'il  n'entend  pas  qu'on  ficefeâ:ion  en  vne  membrane  quife 
porte  bim.mais  en  celle  qui  eft  oftcncce,qu'en  ce  cas  il  faut  ouurir  le  Crâne  6c 
ôtcr  de  la  mem.brane  ce  qui  eft  déchiré  pour  êuiter  la  pourriture:  quatauxexem- 
pksjil  ne  faut  pas  conclurre  par  vn  ou  deux  qu'il  faille  toulîours  faire  cette  o- 
peration,  car  les  chofcs  qui  an  iucnt  rarementyne  font  pas  de  l'Art:  vous  ré- 
pondes aulHà  U  féconde  raiian  eu  «iant  qu'il  faille  inofjai*  faire  fciflion  au  mi- 
lieu 


Obferuations  Chirurgiques.  i^3 

lieu  des  mufclcs  des  Tempes  à  caufe  des  grands  accidents  qui  ont  accoutume 
de  fuiure  :  car  tout  Mufclc  eft  parfemc  de  fibres  lefquclles  viennent  à  fc  ren- 
contrer &  à  fe  ioindre  fur  la  fin  d'iccluy  d'où  fc  forment  Icg  Tcndons,que  Ci  oa 
vient  à  faire  fcébion  en  traucrs  on  couperoic  aufli  ces  fibres  ,  lefquelles  crants 
coupées  £1  viendroit  grande  douleur ,  f  car  ils  ont  vn  vif  fentiment  à  caufe  des 
Nerfs  J  ôc  après  la  douleur  des  conuulfions  :  que  fi  on  fait  la  fcction  de  long, 
ces  fibres  demeurêt  entières  fans  danger  de  conuulfion  ni  d'autres  accidents:  ce 
que  i'ay  dkçn  gênerai  des  Mufcles  ,  il  le  faut  dire  en  particulier  de  celui  des 
"Tempes  qui  eft  fait  de  plufieurs  fibres  &  eft  fort  merubrancux  :  il  furuicndroit 
donc  par  neceflitc  de  grands  accidents  fi  on  le  coupoit  par  le  milieu.  Obferu  S< 
Cent,  u 


OBSERVATION     XXII. 

2)'i)«  ieune  homme  qui  recounra  la  vené  d'^^n  ail ,  duquel  thumeur 
Aquèe  ètoit  /ortiz^, 

I'Ay  guéri  en  Tan  1587.  duec  Maiftre  lean  Griffon  Chirurgien  vn  îeune  hom- 
me de  quinze  ans  fils  d'vn  Couturier  à  Geneue  en  la  place  Nôtre  Dame  qui 
auoit  été  pique  dVne  aiguille  en  la  membrane  Adnata  de  l'œil  prés  l'Iris, 
l'humeur  Aquéc  en  fortit  incontinent  6^  à  l'inftant  il  perdit  la  veuë  :  Nous 
mîmes  au  premier  appareil  fur  l'œil  vn  blanc  d'œuf  aucceau  rofe  &  vn  pea 
de  fafran,  ôc  fur  le  front  vn  Dcfenfif  de  Bol  d'Arménie,  terre  figillce,pcud'huy- 
le  rofat,  cire  &  vinaigre  en  forme  d'onguent  &  donnâmes  à  l'inftant  vn  laue- 
ment:  le  iourfuiuant  il  fut  purge,  nous  âpliquames  des  Anodynsfurla  Playc 
iufqu'au  7.  iour  Se  fifmes  venir  la  Cicatrice  auec  vn  collyre  fait  d'eau  d'eufrai-» 
fe,  fucre  &  Tuthie  préparée  :  il  fut  guéri  fans  qu'il  furuinc  aucun  accident  Se 
peu  après  recouura  la  veu'c. 

L'an  1597.  i'ay  traittc  vn  fils  de  Matthieu  Barbot  Bourgeois  &  marchand  à 
Laufanne,  auquel  la  Cornée  auoit  été  percée  par  vne  flèche  à  l'édroit  ou  paroit 
l'Iris  :  il  en  fortit  quelque  p?u  de  l'humeur  Aquée  ôc  la  Cornée  fe  retirajenfint 
perdant  entièrement  la  veu'c  :  ie  traitay  la  Playe  comme  ci-dellus:  il  la  iccouura 
aufli  vn  peu  après. 


RE  M  A  R  Q^V  E. 

'Ertainement  en  ces  malades  l'humeur  Cryftalline  n'auoir  point  été  piquée, 
'  car  cette  humeur  eft  le  principal  inftiumct  de  b  veu'c  ayant  vne  mcmljfane 

X    t 


1^4  Liure  Second  des 

particulicredite  Arachnoide,  laquelle  écant  déchirc'e ,  cette  humeur  ne  fait  " 
plus  Ton  deuoir  :  mais  icy  il  n  cftoic  foiti  que  l'humeur  Aquée  laquelle  la  natu- 
re a  loge  fur  le  douant  entre  la  tunique  Vnée  [  auquel  endroit  clic  fait  vn  repli 
^  fe  renueife]  <k  la  Cornée  :  &  comme  clic  cft  vn  excrément  qui  a  pafsc  à  tra- 
uers  les  petites  véncs  que  Ton  voit  en  la  tunique  Vuce  &c  fiin'ifent  au  lieu  ou  eft 
logée  l'humeur  Chi)ftallinc,elle  rcnaift  quelquesfois  fur  tout  aux  enfants:mais 
il  faut  remarquer  icy  que  la  veuc  ne  peur  pas  rcucnir  fi  la  Pnuielle  eft  oftencce, 
quoy  que  l'humeur  C  hryftalline  foit  entière  (Sv  que  l'Aquéc  renaille,  comme  ie 
l'ay  veu  en  plufieurs  &  principalcmcHt  en  vn  camarade  de  Nob  Otthon  Scben-  | 
chi  Seigneur  d'Horft  il  y  a  quelques  années  y  il  perdit  lavciie  la  prunelle' ayant 
été  percée  par  vn  couteau  :  ictraitay  labklîure  comme  les  autres  ci-deflus> 
mais  la  veuë  ne  reuint  point ,  car  on  ne  peut  pas  empêcher  qu'il  ne  vienne  vnc 
Cicatrice  laquelle  errpëche  que  les  obicdis  ne  paruicnnent  iufqu'à  l'humeur 
Chiyftalline:  il  faut  âprciidrc  par  là  qu'il  ne  faut  rien  bazarder  aux  Cicatrices 
de  la  Prunelle,de  peur  que  le  mal  ne  fe  renouuelle.   Ohf.  16.  cem.  i. 


O  B  SE  R  V  ATIO  N     XXIII. 
If'vne  mort  fnblte  causée  par  la  hUJfure  d'vne  vène  an  grand  canton  de  l'œil. 

Voici  vn  exemple  bien  exprés  du  danger  qu  aporte  la  fcrueur  &C  l'cbulli- 
tiondu  fang  au  mois  de  Mars  1585.  en  la  ville  de  Mets.vnieune  homme 
très  robufte  •^'  bon  tfciimcurs'êrant  échauffe  outre  mcfureen  la  Sale  d'Armes,  ! 
fut  blefsc  au  grand  coin  de  l'œil  &  en  même  temps  fut  coupe  vn  rameau  de  ! 
la  lugulairc  externe  qui  monte  au  front,  lequel  quoy  que  petit,  fi  eft-ceque  1 
l'h^emorrhagic  fut  fi  grande  qucle  blefsé  vint  à  mourir  vn  peu  après  mon  ar-  j 
riuce.  Obferu.  i^.Ctnt.  1. 


OBSERVATION    XXIV. 

lyvnc  dangereufe  Ophthalmïe  &  perte  d'vn  œil  à  caufe  d'vne  légère 
Playe  près  la  paupière, 

VN  Tailleur  à  Hilden  nommé  M«  Conrad  en  Tan  1581.  fut  blefsc  légère* 
ment  de  la  pointe  d'vn  poignard  à  la  racine  du  front  ^'  quafi  en  la  paupiè- 
re gauche  de  dellusilablcirurc  fut  méprisée  par  vnBarbicr,à  qui  il  parla,à  caufè  f 
de  la  pctitellc  :  peu  à  peu  il  furuint  vue  très  grande  douleur  de  tcfte  auec  vue  fi  j 
grande  tumair  en  l'ccil  qu'il  fortoit  quafi  à  la  grolVeur  d'vn  œuf  hors  de  fon  or-  ' 
bice  auec  rupture  de  la  Cornée  &  perte  des  humcurs:commc  ie  venois  deCleues  ' 
pour  rcuoir  mes  parents,ie  vis  aufli  ce  ieun'-homme  en  grande  mifcrc  &  auec  , 
peu  d'cfperance  de  vie,ie  le  remis  neantmoins  par  la  grâce  de  Dieu  &  à  l'aide  des  • 

nuedica 


Obleruations  C hii urgiques.  i^^ 

!  médicaments  rinuants-.laveu'ëneantmoinsfur  perdue  àcaufe  de  lacorriipticn 
des  membranes  &  perte  des  humeurs  de  l'œiliincontincnt  ic  luy  fis  donner  vn 
fuppofiroirc  ,  parce  qu'il  n'aiioic  pas  le  Ventre  libre  &c  ayant  rase  les  chcucux 

I  Toignis  toute  la  Tclte  d'huyle  rofac  ik  mis  f^ir  Tceil  bouffi  ce  cataphmc.  ^. 
Mictz  panis  albi%i'\i.pnlH.fem.fœnHgr.C^linian.  ^.  fi.  croci^j.  coc^ue  cumla- 
Be vaccina  aââe  butyr.  rec.  non  fa/Ji  l  j .  vitell.  ouor.  nurner.  i.  tepide  applicA ,  le 
réitérant  à  chaque  fois  qu'il  êtoirneccHàire:  leiour  tiiiuant  ielepurgcay,  puis 
luy  ouurisla  vcncau  bras  gauche  tirant.dufangà  proportion  des  forces:  ie  mis 
des  grandes  venroufcsfcarificcs  &  auec  beaucoup  de  flamme  fur  la  nuque  &: 
fur  les  épaules  :  par  la  réitération  de  ces  remèdes  &  l'obferuation  dVn  bon 
regime,la  douleur  de  Tefte  &  de  l'œil,  la  ficino,  l'inHammation,  mal  de  cœur, 
&  tous  les  autres  accidents  s'arrêtèrent  :  enfin  ie  mis  fur  l'œil  ce  caraplame. 
0/L.  Far.  fabar.  hordei  an.  |  i).  pn/it,  rofar.  rub.  5  iy  myrttllor.  balaufl.  an,  5  j. 
phln.  fier.  camomilU  &  me'îlot.  an^i  Ç)  cum  deeo5lo  béton,  enphraf.  CT  fofar.  f. 
cataplaf.caliâè  applica  :  l'ayant  continue  quelques  iouis  ôc  applique  des  ven- 
toufcs,  la  tumeur  s'abailfa  ôc  les  membranes  de  l'œil  retournèrent  en  leur  lieu 
naturel  toutes  ridces,il  fut  entièrement  remis  quoy  qu'il  n'ait  iamais  recouurc 
la  veu'c. 

le  me  fouuiens  d'auoir  vcu  la  même  chofe  à  Mets  l'an  1586.  en  vne  Dame  à 
qui  fon  maii  auoit  donne  vn  coup  de  bâton  (ur  le  finciput  gauche  ou  il  ie  fit 
vne  glande  ecchymofe,crifiu  le  fang  cxtrauasc  fc  ieti  a  fur  l'œnl  gauche  auec  dou- 
leurjinflamrnation  &  autres  tresdangereux  accidents  :  peus'en  falut  qu'elle  ne 
perdit  la  vcuéj  elle  fut  neantmoins  remife  par  i'indulliie  de  M.  leanBartifch 
Chirurgien  à  Mets:  Obf.ww.CentV . 


OBSERVATION     XXVI. 

"De  robJîriiBion  du  nerf  opti<^ite  &  perte  de  veu'é  à  caufe  d'vne  blejfurz^ 
en  la  paupière  de  defhs. 

N  aucugle  étant  harcelé  d'vne  troupe  d'enfant  à  Morat ,  icrtaà  l'hazard 
fon  baron  pointu  en  vn  bout ,  lequel  atteignit  vn  fils  de  laques  Lofca  âge 
de  quatre  ans  :  il  fut  blefsc  en  la  paiipicrc  fnpcricure  gauche,  &  tomba  inconti- 
nent par  terre  ,  vomit  la  viande  toute  crue  fans  ponuoir  retenir  viande  ni  bru- 
uageiufquesautroifiéme  iour  :  le  barbier  du  lieu  ayant  été  demande  voyant 
fortir  hors  de  l'œ^ii  vu  peu  de  g-  ailfe  ,  il  la  lia  d'vn  filet  de  foye  &  la  cojpa  au 
bout  de  quelques  iours  auec  le  cifeau,cicati ifant  la  playe  dans  i).  iours  fans  fe 
fcruir  d'aucune  tente  :  ainfi  il  crut  que  tout  alloit  bien,  maii  mal  à  propos, car 
fon  Pcre  ayant  remarque  quelques  mois  après  que  cet  enfant  auoit  perdu  la 

X     5 


V 


16^  Liure  Second  des 

vcuci  cb  ce  côte,  me  le  fît  amener  à  Berne  le  20.  Aouft  1^17.  Se  coniis  qu'eife- 
â;mcmcnt  cet  enfant  êtoit  borgne  :  neantmoins  toutes  les  parties  externes  >  au- 
tant que  Ion  pouuoit  iuger  à  l'œil,  ctcycnt  entières  :  le  mouuement  même 
croit  libre  quoy  que  le  mufcle  eleuatcur  ou  fupeibc  eut  fans  doute  été  atteint: 
or  ilêtoiteuident  que  la  playe  auoit  pénètre  entre  leCranc  6c  l'œil  iufqu  au 
nerf  optique,  veu  que  la  graille  êtoic  fortie  :  mais  il  n'y  a  que  Dieu  qui  fâche  Ci 
le  nerf  a  été  offencé  du  coup  de  bâton  ou  s'ils'eft  ietté  quelque  matière  autour 
du  nerf  qui  ait  été  retenue  à  caufe  que  l'on  ne  mit  point  de  tente:  Cependant  ic 
confeille  aux  icunes  Médecins  &  Chirurgiens  de  le  feruir  toufiours  de  tentes 
aux  playes  profondes  Se  fur  tout  quand  il  y  a  meurtrillure.ce  que  mcprifent  les 
Barbiers  ordinaires  :  au  contraire  il  faut  entretenir  la  playe  ouuerce  iufqu'ace 
qu'eUc  foit  fuififamment  mondi6.éc-Ohf.6.Cent.6, 


OBSERVATION      XXV  J. 

D^vne  playe  auec  rneurtrijfttre  en  la  paupière  droitte. 

L'An  i(î2o.aumois  de  May  le  fils  de  Mr.  Eihicnnc  Fabri  premier  miniftre  à 
Berne,âgc  de  dix  ans  fut  blcfsé  fur  la  paupicrc  de  l'œil  droit  auec  contu- 
fion  :  le  Chirurgien  à  qui  on  le  donna  à  traiirer  n'ayant  eu  aucun  (oin  de  faire 
fisppurer  laplaye,la  cicatiiza  en  peu  de  iours  auec  fa  deco6fcion  vulnéraire 
fort  adftiingente:  mais  y  étant  refté  vue  dureté  auec  vn  tubercule  fchirreux  & 
laid  à  voir  ie  fus  demandé:rayant  premièrement  purgé ,  ie  mis  dciFus  quelques 
iours  de  fuite  des  chofcs  fort  emollientes,cn  apresi'y  mélay  de  celles  qui  refol- 
uent  ôc  difîîpcnt  pat  le  moyen  dcfqucUes  il  fut  entièrement  guéri  :  Antraitté  de 
Schore  &  Meliceria  chap.  6, 


OBSERVATION     XXVII. 

D'vne  petite  blejfure  auec  contufionan  bord  des  paupières, 

L'An  K519.  vue  feruante  de  Mr.  Nicolas  à  Mullinen  Confeiller  à  Berne  & 
Colonel  dans  le  pays  des  Grifons,ayant  relfu  vne  blcHure  auec  contufion  au 
bord  des  paupieres,laquelle  fut  confolidée  en  peu  de  iours  fans  aucune  fup- 
puration  par  la  decodion  Haluuiliennejil  s'y  amalTa  de  nouueau  du  pus  ••  ayant 
ctc  demandé  ic  trouuay  l'œil  fort  enflammé  auec  grande  douleur  de  Telle ,  fie 
urc&  veilles,apres  auoir  mis  des  fuppuratifs  vn  iour  ou  deux ,  ie  fis  ouuerture 
del'apoûemefur  la  cicatrice  même  ,  &  après  m'étre  ferui  quelques  iours  de 
detcrfifs&:mondificatifs,ie  confoliday  hcureufcment  l'vlcere  fans  aucune  in- 
commodité ni  en  la  veu'c  ni  en  l'œil  :  Ah  même  traitté  chap.j» 

OBSER 


Obferuations  Chirurgiqucs.  157 


OBSERVATION     XXVIII. 
n[)e  lagHerifon  ctvne blejfu/e enta tangtte. 

LEs  playcs  de  la  langue  fliires  en  riancrs  (oin  tenues  Je  la  plijfpart  pour  incu- 
rables à  caufc  de  fa  mobilitCjgiadc  luimidicc  ^  moîlcllede  fa  fubftancc-.ie 
ic  coiiilillc  ncantmoinsd'eiienircpiendre  la  g.icriion  finju  qu'elle  foie  cniie- 
rcmenc  coupée  comme  l'exeirjple  fuiuant  le  fait  voir. 

L'an  1587.  !c  tiaicay  àLaufanne  vue  fille  de  trois  ans  qui  venant  à  tomber 
ayant  la  hngue  hors  de  la  bouchejfc  la  eoupa  prefque  entièrement  &  la  chofc 
fut  ari'iuéc  s'il  ne  luy  eut  manque  deux  dents  :  ayant  ctc  demande ,  ic  crus  con- 
ioindre  les  deux  parties  par  la  future, mais  n'en  pouuant  pas  venir  à  bout  à  caufe 
de  l'impatience  de  cette  lîUe  ,  l'entrepris  la  gucrifon  par  les  remèdes  fuiuantSj 
laquelle  me  rciillîr.  OJL.  Fol.  çfr  flor.  liou/lri,  plantag.  rofar.  rub.  a.n.  m.\.  cortic, 
^anator.  balaufl'  an  \  i?-  co^^ue  in  tb  t  j.  atj.  chalyb.  ad  confumptionern  tcrtis,  par- 
tis.  Incoîauira  dijjohte  acaci£  5  /  j.  /jr.  d;  refis /îccis  l  i  j.  m.  f.  gargarifma  ajua 
fdpeinterâniabluatur  lingna^  Elle  auoit  ordinairement  en  la  bouche  du  fyrop 
de  rolcsfcchcs  ,de  coins ,  de  ccrifcs  ,  de  ribcs  &  dehgelcede  coins  ,  on  la 
nourvilîoit  de  bouillons  de  «.hait  fraiche  j  d'orges  ,  lait  d*amandcs  douces  «Sc 
fcmblablcsjcllc  fut  entièrement  guérie  &  à  touiiours  librement  pailé.O^yTiS. 


L 


OBSERVATION     XXIX. 

Des  tentes  mifes.  en  '•MepUye  de  la  poitrine  font  fontes  par  la  toux, 

'An  I  ^97. vn  homme  dcmaifon  fut  bkfsc  en  duel  entre  la  féconde  ,!<:  troi- 
fiémed  s  vraycs  Codes  ?iÇsès  pics  de  l'ailïMle  droite^par  ou  ic  lang  fortuit 
quirzc  ioius  durant  fans  qu'on  le  peut  arrêcci:<3c  quoy  qu'il  y  ait  eu  beaucoup 
t<  de  fâcheux  accidenrs(^caL  il  y  auoit  ficureavdente  ,  grande  difficulté  de  ref- 
pircr,crp.ch:mcnr  de  fang  auec  toux,pcrte  d'appctit  &  veilles jfi  efi:-ce  qu'en  fin 
laplaye  fut  clcaniiée  :  la  difficulté  de  refpirer  demeura  auec  vne  toux  conti- 
iiueikjCrnch.uu  de  la  boue  puante  &  verte;  mais  ceci  eft  remarquable  qu'il  dit 
quedcux  rc:es,cn  diucrs  temps,fefont  trouuccs  perdues  fous  l'emplatrcie  Chi- 
rurgien n'y  ayant  pas  mis  vn  tilrt ,  trois  mois  après  que  la  play.  fjt  guérie, 
comme  il  êcoic  toufiouis  importune  de  ù  roux  6c  couite  halêne  ,  vn  matin  fi 
poulla  ces  tentes  auec  force  pus  &  alluic  que  Aès  lors  il  na  eu  aucun  rcf- 
lentiment,  ou  bien  petit,  de  fon  mal  :  l'année  aptes  qu'il  fut  guéri  reucnant 
de  la  guerre  &  fcntanr  derechef  de  la  douleur  à  l'endroit  de  la  playe,  il  m:;  fi: 
appeler  :  ic  trouuay  de  l'inflammation  en  la  partie  droitte  de  la  poitrine  ,    iJc 


158  Liure  Second  des 

l'endroit  de  la  playe  enflé  ôc  dur  :  le  rcconus  par  la  Se  par  des  autres 
circonftaiices  que  non  feulement  la  playe  auoit  pénètre  dans  la  fubftance  des 
poulmons,  mais  auflî  que  la  poitrine  n'auoit  pas  êcc  bien  nettoyée  de  qu'il  se- 
toit  derechef  amafsé  du  pus  autour  de  la  cicatrice  ,  Parquoy  après  l'auoir  légè- 
rement purgé  ,  ie  mis  delfus  des  mat uratifs  tJc  fuppuratifs,  &  le  Chirurgien 
ayant  ouuert  l'apofteme,  il  en  fortit  du  pus  puant  :  ie  luy  confcillay  de  lailîèc 
l'vlcete  longtemps  ouuert  pour  faire  écouler  peu  à  peu  la  matière  qui  auoic  été 
retenue  en  lapoitrine-.enfinrvlcere  étant  gueri,il  fut  fi  bien  remis,  qu'il  n'a  ia- 
mais  fenti  aucune  incommodité  iufqu'à  prcfent.  Lettre  de  M.la^ues  Gny.  Aie. 
ApothicjHatre  à  NeufChajleU  Refponce  de  l'Antheur,  • 

Le  cas  que  vous  m'auez  communique  eft  certainement  remarquable  &  i'ay 
leu  quelque  chofe  de  femblable  dans  Pigray.-  Vn  certain  Soldatjdit-ii/ut  blefsé 
d'vn  coup  de  moufquet  en  la  poitrine,trois  ou  quatre  mois  après  qu'il  fut  guéri 
il  ietta  hors  par  la  toux  vn  fragment  de  coftc  afsés  gros  &  de  trois  doigts  de 
lono-ucur  :  il  fut  guéri  fans  qu'il  foit  iamais  furuenu  aucun  acci  J-nt.  I'ay  veu 
auflï  en  Xzn-iGi.^.  vn  certain  Ethienne  louuenon  de  Geneue  lequel  auoic  vn  vl- 
cere  finueux&  pourri  en  l'épaule  droite  ,  on  tcouua  en  rvudesTuius  deux  ten- 
tes faites  d'épongé  preparéefqui  alfuremtnt  y  auoyentêcé  attirées  par  le  mou- 
uement  continuel  àts  mufcles  de  la  poitrine  )  mais  ce  qui  eft  à  remarquer, 
auant  qu'il  fe  feruift  de  moy,vn  Chiiurgien  de  Gcncue,iutrcment  fort  entendu, 
auoit  fait  vne  iniection  par  la  fyiingue  dans  la  s^oitrine  d'vne  eau  cauftique  faite 
de  vitriol,verd  de  gris  ,  &c.  la  force  de  laquelle  auoit  tellement  pénétré  iufqu'à 
l'os  qu'à  chaque  fois  qu'il  f:  nettoyoitks  djuts  aucc  fon  curedcnt  d'argent, U  : 
pointe  en  venoit  toute  uoiïc.Ohf'ifG.Cent.  i. 


O  B'S  E  R  V  A   T  I  O  N      XXX. 
:D'vne  plaje  en  la  poitrine  attec  perte  d''vne  portion  de  l.i  fiéflance  du  Poulmon. 

LA  plufpart  des  Médecins  &  Chiiuigiens  tiennent  pour  incurables  les 
playesdes  poulmons  ,  quoy  qu'il  ariiue  aises  fouuent  qu'elles  fegueriircnc 
•:?c  confondent  comme  on  le  peut  vou'  par  Ihiftoiie  fuiuantc:  Vn  homme  fut 
grandement  blefsc  en  la  poitrine  à  Chaumont  en  Dauphiné  ,  la  { layc  fjt  hite 
entre  la  cinquième  6c  hxicme  colle  afscs  prés  du  fternum  :  la  P^hue  de  1  c'-ee 
étant  large  ik  ayant  blefsc  le  poulmon  l:gcrement ,  celui  qui  aujic  hit  le  coup 
en  la  retirant  ht  vn  certain  tou:  qui  amena  aacc  foy  hors  d-  la  playe  vne  petite 
particule  du  poulmon  ,  ce  qui  fit  croire  à  tous  les  afiTiliants  quj  le  malade  mour- 
roit  bien  toft,  en  laquelle  opinion  êtoit  aulîi  mon  Père  .uec  le  Chirurgien  qui 
letraitta,  baillant  ncantmoins  toufioursbon  courage  au  malade  :  iicommanda 
incontinent  de  repoulfcr  dedans  ce  lobe  du  poulmon  qui  fottoit  après  l'auoir 

bien 


Obferuations  Chirurgiqucs.  i59 

laucaucc  du  vin:  mais  ayant  remirquc  en  U  maniant  doucement  qu'il  vcnoit 
liuide,il  le  fie  couper  auec  vn  fer  chxxid  :  le  Chirurgien  après  fie  rentrer  doucc- 
jnent  lereftc,ayant  auparauant  élargi  les  coftcs  auec  vn  fer  chaud  fait  exprés  :  la 
playe  fut  par  après  guérie  félon  l'art  2c  l'ordonnance  du  Médecin  qui  fit  pren- 
dre au  malade  des  deco6tioas  vulnéraires  appropriées  à  la  poitrine  quelques 
ioursdcftiiteienfin  le  malade  guérit  &  a  vécuplufieurs  années  après  fans  aucu- 
ne incommodité  de  poulmons  ôc  de  poitrine  :  ks  playes  donc  des  poylmons  ne 
font  pastoufiours  incurables,  finon  qu'il  y  ait  inflammation,ou  que  des  grands 
vaillèauxfoyentofFensés,ou  les bronchics  des  poulmons,  ou  que  la  blclTurcfoit 
prés  du  Qa:\ix.-Ohf.luCent.i.comm!tnîqHée par  Abel  Rofcitts  Médecin  à  Lxufanne. 


OBSERVATION     XXXI. 

D'vne  étrange  playe  de  la  poitrine  auec  dilaceration  du  diaphragme 
par  laqttelle  le  ventricule  fortoit  hors. 

HEnri  Bufcherouius  de  Reual  en  Liuonie  emporté  demelancholic  &  diuci:- 
Çzs  tentations,reuenant  de  Saxe  à  Vittcberg  fe  tranfperça  de  fa  propre  épéc 
deuantla  porte  de  la  ville  zo.  Septembre  ij  8z.  il  relîut  le  coup  deilous  la  qua- 
trième coftc  qui  fortoit  fous  la  neuuiémc  du  dos  :  neantmoins  il  fut  guéri  en 
deux  mois  ;  quelques  mois  après  il  eut  encor  des  noires  pensées  &  le  28.  Auril 
ijSjt  il  tomba  malade,  vomilfant  les  iours  fuiuants  premièrement  de  l'eau  & 
tout  ce  qu'il  prenoit  de  nourriture,  puis  des  humeurs  vertes,enfin  àts  noires  le 
i.  Miy  par  quatre  fois  &  en  grande  quantité  auec  des  fueurs  froides  &:  des  dc- 
faillances,puis  mourut  après  le  d^-rnicr  vomiirement:  le  corps  ayant  été  ouuert 
on  connut  que  le  coup  auoit  percé  les  poulmons  &c  le  diaphragme  au  cercle 
nerueux.-on  ne  rrouua  quafi  point  de  poulmons  au  côté  gauche  ou  il  àuoit  été 
frapéjle  refte  étant  fortii'ans  doute  auec  le  puSjil  n'y  en  auoit  quVne  petite  por- 
tion attachée  aux  coftes  tant  l'eftomach  êtoit  monté  au  côté  gauche  de  la  poi- 
trine &  auoit  poufsé  le  cœur  auec  le  péricarde  au  côte  droit ,  ou  il  faifoit  re- 
marquer le  battement  d'iceluy  quand  il  étoit  viuant  ilétoit  tout  défechc 
auec  beaucoup  d'eau  cicrine  dans  la  capfule  :  l'omentum  &  le  pancréas  étoic 
quafi  enriercment  pourri  autour  de  l'eftomach,  Obfer.  53.  Cent.i.commfimqHéc 
par  Daniel  Sennertns  ProfeJJenr  a  ynitteberg. 


OBSERVATION     XXXII. 

Tfvne  playe  en  la  poitrine  aHCcbleJfnre  dnpoulmon. 

LE  iour  de  Noël  1615.  vn  ieune  Gentilhomme  qui  étoit  icy  pour  êtudieiw 
ccant  allé  de  nuit  allaillir  la  maifon  d'vn  Bourgeois  dans  laquelle  étoyent 
des  gents  qui  riniurioyent  &  menaçoyent ,  fat  tranfpcrcc  d'vn  coup  d'épéc  par 

Y 


i-jô  Liurc  Second  des 

la  fente  d'vne  poite,le  coupctanc  entre  pi  es  du  fternunjl&  fortantrous  Tcpau^c 
proche  rêchînc.ayant  été  dcrcandc  à  vnc  heure aprcs  niinuit,ie  trouuayle  poul- 
fuibleaiicciiiificulfc  de  rcl'piicrjtjui  me  fit  croire  qu'il  n'yauoit  guère  à  clpcrei 
ik  qu'vne  telle  blctfure  ne  pouuoicdc  rroins  que  d'auoir  cffcncébieu  auantleî 
pouhnons&  peut'  être  les  grans  vailL-aux,  veu  qu  oacre  cette  pbye  il  eu  auoij 
cncor  vue  atitrc  faice  àutz  vne  large  êpce  autour  des  aiilliles  auec  apparence  j 
que  les  vênes  &  aitercs  d'icelles  auoyent  été  ouuertcs  :  mais  qu'arriue-t'il  ?  iuy 
crant  venu  vn  vcmilïèmentTpontance,  tous  les  plus  grands  accidents  celferenr; 
les  forces  reuindrent peu  à  pcu,il  ne  cracha  point  de  matière  purulente  ,  il  n'y 
eut  point  de  toux,point  de  difficulté  de  iefpirer,peu  deficure,auec  vne  foif  me- 
diocrcila  playc  fut  traitée  par  Its  Chirurgiens  à  la  façon  ordinaire  ,  d'où  il  lor-i 
toit  tous  lesioursvn  afsés  bonne  quantité  de  pus  bien  cuit  comme  ilarriue  zm 
maladies  de  lapoitriiie  :  nous  liiy  d-onr.âmcs  peu  de  remèdes  en  dedans  hoimii 
quelques  laxatifs ,  principalement  de  la  callè  frai  Jiement  tirée  auec  poudre  de 
rhubarbe ,  Ôc  afsés  fouuent  des  bczoartics  pour  poulFer  lafueur  &  fortifier  le 
cœur:par  le  moyen  de  ces  remèdes  le  malade  rcporceafbCi  bien  iafques  à  pre- 
fent  &  efpcre  d'ct^c  entièrement  r^mii  au  plutoil. 

le  trouuc  quelques  diificultcs  en  ce  cas  d>.lquelks  ie  vous  prie  de  m'cclaircir, 
ôc  premièrement  fi  cette  blellure  à  pcuariiuer  fans  que  les  poulmons  ayent  étc 
grandement  offcncésiau  premier  iour  iecrus  que  celaétoir,  mais  âpre*  ie  com- 
mençay  à  en  douter  coniiderant  lemouutment  des  poulmons  (i^  la  diuerfitédej 
parties  qui  i'eruent  à  h  rtfpiration  ,  ie  conclus  que  ce  ieune  homme  auoit  étc 


port^  au  moment  q 
haute  vois  fonadueilaire  :  or  comme  la  voix  ne  fefût  que  par  exfpiration  er 
laquelle  les  poulmons  fcrclUrrcnt  ,  i'ay  iugé  que  les  poulmons  n'auoyent  etc. 
blvfscs  qu'en  la  fur  face  &  non  en  leuis  grands  vailfcaux.  , 

Mais  qudqu  vn  pourra  s'étonner  pourquoy  ie  baillay  fi  tofl  efperance  at, 
malade  que  la  playefe  pourroit  confolider  ,  veu  que  plulicurs  croyent  que  le! 
play<-sdu  thorax  doiucnt  être  entretenues  ouucrtes  vn  grand  eipace  de  temps,& 
qu'elles  rendent  vne  plus  grande  quantiié  de  pus  que  les  autres:ie  demande  doc! 
fi  cette  playe  a  dcu  être  ouucrtc  plus  longtempsîle  répons  que  non  &  qu'il n'efl'. 
pasneccllàired'cmpccher  que  ces  pla)es  ne  le  confolident  trop  tofl  quand  i. 
n'y  a  plus  de  matière  purulente  ou  de  grumeaux  de  fang  dans  la  cauité  de  k; 
poitrinc:mais  s'il  s'y  amalle  beaucoup  ide  matière  purulente,non  feulement  il  lei 
faut  entretenir  ouuertcs,  mais  nous  croyons  qu'il  efl  necefTaire  d'aider  à  la  na-i 
rure  par  des  médicaments  ri^eflifs ,  deterfîfs  &  autres  :  i'cn  ay  veu  vn  exemplr 
il  y  a  deux  ans  en  vn  Gentilhomme  blefsc  mortellement  en  la  poitrine ,  auqucj. 
il  fortoit  tous  les  iours  vne  grande  quantité  de  fange  delà  playe  &  quelquefois 
des  petites  particules  des  poulmoniâl  dcuint  phthiiîquc  ayant  tous  les  fignes  d<. 

ceua 


Obferuations  Chiriirgiques.  171 

ceux  qui  ie  dcuienncnt  par  vnc  exulccratioti  des  poulmons  :  quelquefois  il  luy 
fortoicf^àcaufcde  la  malignicc  de  li  pourrirurc  d'iccux  accompagnée  dt:  gran- 
■  de  débilite  ôc  chaleur  fcbiilc^  des  tâches  rouges  en  la  peau  fcmblables  à  celles 
-  qui  vicnneot  aux  ficures  pctechialcs  :  ncaiitmoins  la  playe  ny^nt  longremps  ctc 
tenue  ouuerrc  6c  l'ayant  bien  nettoyée  auec  les  poulmons  ,  il  commença  à  fe 
remettre  Se  cft  parfaitement  remis  à  prclent ,  ce  que  i'attiibue  à  fa  bonne  con- 
ftitution  ôc  à  fon  tempérament  fanguin. 

Vous  pouuez  conclurre  par  là, que  ie  fuis  d'vne  opinion  contraire  à  la  comunc 
qui  cft  que  les  poulmons  le  peuucnt  conlolicJer  ,  quoy  que  ce  foie  vn  fentimcnt 
général  que  les  vrays  phrhificsnc  fc  gucrillènt  iamais:mais  il  faut  diftingucr  en- 
tre la  folution  de  continuité  qui  (e  fait  par  laps  de  temps  à  caufe  d'vne  conti- 
nuelle defluxion  3c  acre, comme  aulli  a  caule  d'vne  naturelle  débilité  des  poul- 
mons »  &  entre  celle  qui  ie  fiicpar  vne  playe  en  vn  corps  robufteoui'on  cm- 
.  ployé  les  medicamenrs  ncccflaires  &:  quand  la  matière  purulente  ne  croupill 
pas. 

Vous  pourrcs  auflî  auec  Félix  Vuirtz  Cliirurgicn  Biiois  condamner  l'vfa'^e 
-destcntesaux  playesde  la  poitrine  &c  croire  que  la  fange,  le  fang&  autre  telle 
matière  amafsée  peut  aitcmcnt  (ortir  par  les  lueurs ,  les  vrines,  le  bas  ventre,  & 
autres  palfagcs  :  3«:  quoy  que  i  auoue  que  les  malades  font  quelquefois  en  grand 
danger  par  l'imprudence  des  Chirurgiens  qui  n'ont  pas  foin  d'attacher  &  re- 
tenir les  tentes  auec  du  bon  filet  Iclqu.  ïks  bien  fouiient  font  tombées  en  la  ca- 
uité  de  la  poitrine,!]  cft  ce  que  ie  ne  vois  pas  po-nquoy  il  les  faut  entièrement 
bannir, vcu  qu'on  ne  doit  pas  attendre  que  la  nature  les  chalîè  dehors. 

ADDITION. 
Le  cas  duquel  îc  vous  ay  écrir,a  eu  vne  très  bonne  ifîuc  ,  car  quoy  que  le 
malade  deux  mois  après  fa  blellurc  fut  en  danger  de  la  vie,toutes  les  playes 
ctanrsconfolidces,  illuy  luruint  vnafthmeauectoux.itiophie,  «Scficure  hcâ:i- 
que,ncantmoins  après  qu'il  eut  iettc  en  vn  iour  naturel  vne  mefure  &  demi  de 
matière  purulente  qiu'  auoir  crc  amafsée  en  la  fubftance  des  poulmons  à  l'aide 
6cs  remèdes  conucnablt  s  prirxipalcment,  BalfAmî fiilphuris  Terehmthviati  cum 
fyrHpoiumbino  mixti ,  ce  et.int fiit  &  l'ayant  par  après  fortitic  &  detergé  l'vl- 
cere  d.-spoulmonSjille  fortifia  t:llemenr  que  par  l'efpace  d'vn  mois  ou  deux 
il  s'abftinc  de  tous  remrdcs  ,  la  toux  ne  l'inquierant  plus  tant,&  cette  reiediion 
parulente  ccllànt  auec  tous  ks  accidents  qui  le  menallbyentde  phthillej'ainlî  il 
apris  rcfolution  de  s'en  alkr  rcnc  Ççmainc  chczCoy. Lettre  de  Gre^oriusHor/iuu 
frafejjenr  à  Gieffen  ah  pays  de  HeJJen. 

Pwf'^once  de  V Awoei'.r, 
ràioute  à  la  rcfponcc  de  la  première  queîlio;)  que  vous  auex  tresbien  cclaîr- 
cî,  qnc  lafeule  luifice  des  poulmons  a  été  bl- fsee  îk.  q.i'il  n'y  a  point  à,r.s 
grands  vailfeaux  qui  ait  été  offjncé:  i'ay  des  exemples  en  mes  Obferuadons,  qac 
les  extrémités  des  poulmons  &  du  foye  pjuucut  être  blcfsés  faperh.ieUement 
fans  danger  delà  vie.  Y     z 


i^r  Liure  Second  des 

Quant  à  la  féconde ,  i'apporte  la  même  diftindion  que  vous  ,  aflfàuoir  que  fi 
c'cft  va  corps  bien  portant  &  fi  c'eft  vne  bleirure  fraîchement  faite  fans  qu'il  y 
ait  aucun  fang  ou  pus  amafsc  en  la  poitrine  ,  qu'il  n'eft  pas  nccelîàire  de  tenir 
lono^rcmpsla  playe  ouuerte,  caries  villèrcs  internes  font  bien  toft  offencez  de 
i'airnl  n'en  va  pas  ainfi  es  corps  cacochymes,car  en  ceux  la  il  ne  faut  pas  fe  hâ- 
ter de  confolidcr  les  playes  5c  les  vlceres  de  la  poitrine,iufqu'a  ce  que  la  nature 
fc  foit  bien  déchargée. 

le  crois  aufli  auec  vous  que  les  poulmons  peuuent  être  refoudésjcomme  i'eii 
ay  propose  vn  exemple  d'vn  certain  qui  rendit  des  tentes  par  la  bouche,  ce  qui 
ne  peut  pas  être  arriuc  (ans  vne  exulceration  des  poulmons. 

L'opinion  de  Félix  Vuirtz  eft  à  mon  âuis  entièrement  abfurdcjCar  l'expericn- 
ce  fait  voir  qu'il  faut  entretenir  les  playes  ouucrtes,  non  feulement  delà  poiiri- 
ne,mais  aufli  de  la  Tcfte  quand  le  Cerueau  efi;  à  decouuert,  comme  auflî  celles 
des  parties  externes,  iufqu'à  ce  que  la  fuppuration  loit  bien  faite  <Sc  que  l'on  iait 
bien  nettoyé  les  parties  :  s'il  fait  cela  pour  cuiter  l'iniure  de  l'air^ne  tombe  il  pas 
d'vne  abymeen  vn  autre  }  Et  ne  peut  on  pas  corriger  le  vice  de  l'air  comme  on 
fait  auxblcirures  de  la  Tcflc  quand  le  Cciueauou  les  membranes  font  dccou- 
uertes:quant  au  dangev  que  les  tentes  n'entrent  dans  la  cauitc  du  thorax,les  ap- 
premitsfçauent  qu  ils  les  faut  retenir  auec  vn  filctySc  de  croire  que  la  fange  ou 
le  fangq-ii  ^ftariété  enla  cauité  de  la  poitrine  puille  fortir  par  les  vrines  ou 
le  bas  vTiitrc ,  eft  vne  chofe  fi  aofurde  que  rien  plus  ,  la  nature  n'ayant  point  de 
pr.flr.^:s  pour  cet  eifet,mais  il  ne  faut  pas  trouuer  étrange  cette  erreur  vcu  que 
fon  iiulC  en  eft  tout  farci,6cc.O^/.57.c^  ^S.Cefit.:^. 


L 


OBSERVATION     XXX III. 

D'vne  hlejfurt  en  l"  abdomen  auec  fer  te  d'vne  f articule  dufoye. 

'Expérience  a  fait  voir  que  les  playes  du  foye,ne  font  pas  enticremêt  încur 
_-..  rabks,  quoy  qu  elles  foycnt  de  très  difficile  gucrifon  à  caufe  de  la  perte  de 
fang  qui  a  accoutumé  d'arriuer:en  voici  vn  excmpk,vn  Suilfe  âgé  de  }o.  ans  fut 
blcl'  é  en  vne  mêlée  d'vne  êpée  à  lafuiire  en  la  région  du  foye  ,  la  playe  étoit 
grande  S>i  le  iang  fortoic  abondamment,  de  forte  qu'il  tomba  en  défaillance:  vn 
Chirurgien  ayant  été  demandé  ,  il  voulut  fonder  la  playe  &  arrêter  le  fang  pjg: 
des  meaicam.cms  ,  mais  ilfc  prcfenta  à  l'orifice  vn  lopin  du  foye  lequel  il  tira 
entièrement  dehors  auec  àcs  pincettes ,  &  quoy  qu  il  furuint  des  accidents  fort 
grans,fi  ett  ce  que  par  la  grâce  de  Dieu  il  fut  très  bien  remis  :  Trois  ans  après  il  . 
vint  à  Geneue  auec  vne  heure  contenue  &  ayant  été  rcçeu  à  l'Holpiral  fut 
traité  par  Mr.  Ican  Anthoine  Sarrazin  Médecin  &:par  M.Iesn  Griffon  Chirur-  l 
gien  ,  comme  ie  l'étois  vne  fois  allé  voir  auec  ces  meflieurs ,  il  s'écria  n'eft-ce 

pas 


Obfcruations  Chirurgiques.  175 

pas  vne  chofe  mifcrable  qu'il  faille  qnc  la  ficvic  me  confiimc  maintenant  Se 
que  ie  ne  puilfe  pas  être  guéri  par  deux  perfonncs,  l'ayant  êrc  par  vn  feul  d'vnc 
grande  bleirureau  côte  d'où  on  me  rira  vn  morceau  de  Foyc  î  là  dclliis  il  nous 
moniale  cote  ou  nous  vîmes  vne  Cicatrice  de  la  longueur  de  la  Paume  à  l'en- 
droit du  Foye  :  étant  mort  quelques  iours  après  nous  ouurîmcs  Ton  corps  ôc 
vîmes  qu'en  effet  vn  morceau  du  lobe  inférieur  du  Foyc  auolc  été  coupe  ik  la 
playe  ties  bien  cicatrisée.  Obferu.  34.  Cent.  1. 

OBSERVATION     XXXIV- 

lyvne  bleJJHYe  en  P Abdomen^ 

IL  y  a  cnuiron  vn  an  quVn  ieune  homme  âge  de  vîngt-ans  après  auoi'r  bien 
beu,  fc  pormcnant  parle  Bourg  de  Porenciu,  vintà  tomber  entre  les  mains 
de  quelques  ccholiers  qui  auoyent  aufli  fait  la  débauche  :  après  s'être  cntre- 
querelé,  ils  mettent  la  main  à  i'êpée  ,  vn  efcholicr  ayant  empoigne  fon  ftilet 
perça  ce  ieune  homme,  ('qui  ctoitouurier  en  laîncj  vn  peu  au  dellus  du  Nom- 
bril vers  le  côté  gauche,  l'épée  fortant  auxlumbes  contrebas  :|le  ieune  hom- 
me tombe  &  fut  mené  à  demi  mort  en  la  boutique  d'vn  Chirurgien  &  fut  vi- 
fîté  par  deux  excellents  Chirurgiens  lean  Glans  Chirurgien  de  la  cour  &  Vucr- 
nier  Cramât  Chirurgie  n  de  la  Ville,  lefquels  crcurent  qu'il  ne  tarderoit  pas  à 
mourir,  quoy  que  le  blefsc  demanda  du  fecours  à  mains  ioinres  :  l'vn  &  l'autre 
apresauoir  fiit  leur  Piognoftic  entreprirent  la  Cure  de  cette  bleifurc  mortelle, 
après  en  auoir  confidcré  la  grandeur,profondeur,U  partie  offensée  &  les  autres 
circonftanees,quoy  qu'ils  crulfent  (  appuyés  fur  quelques  coniedures  proba- 
blcsj  que  ni  la  cauité  de  l'cftomach  n'auoit  été  percée,  ni  le  Pylpre,  ni  le  com- 
mencement des  boyaux  grefles,neantmoins  les  deux  orifices  êtoycnt  fi  petits 
qu'à  pêne  pouuoit-on  découurir  auec  la  fonde  la  profondeur  de  la  bleiîure: 
ayants  donc  bien  pesé  &C  la  difficulté  de  l'affaire  &  le  hazard  de  la  Cure  ,  ils  (è 
feruircnt  tant  en  dedans  que  dehors  du  fecoars  que  leur  fournifîoit  l'expérience 
&  la  pratique  ordinaire  comme  d'huyleSibaumes^ongucntSj'emplâtreSjpotions 
&apozcmes  vulnéraires  &c.  vn  peu  après  ,  comme  il  arriuc  le  plus  fouuent, 
plufïcurs  &  fâcheux  accidents  fuiuirenr,  fièvre  auec  frilfon  perpétuel, foif,  veil- 
les, inquiétudes,  défaillances,conflipation  de  ventre,  ôcc  le  fus  d'âuis  que  l'on 
luy  tint  le  ventre  libre  par  des  lenitifs  &  lauements,  afin  que  fî  parauentureil 
y  auoir  ou  dans  l'cftomach  ou  aux  Inteftins  quelques  grumeaux  de  fang,  ils  en 
fuffent  ch^ifsés  ,    de  peur  que  venants  à  fe  pourrir  ils  n'augmentallcnt  la  fièvre 
ou  atriralfent  des  autres  accidents  :  cela  fut  fait  à  diucrfes  fois  &  toujours  il 
forrit  abondance  de  fang  noir  ,  caillé  &  pourri  qui  étoyent  vne  preuue  que  les 
Inteftini  étoyent  offcnccs  :  enfin  au  bout  de  quelques  femaines,  l'vne  iS^'  l'autre 

Y    X 


174  Liure  Second  des 

playc  ayant  ecc  cîcatrisce,lc  malade  croyant  être  guerijs'enalla  chcs  foy  »  quoy 
qu'il  futreftcen  la  partie  vne  douleur  piquante  auec  vue  Tumeur  afscs  dure  qui 
Je  contraignoit  à  marcher  tout  courbe  :  s'cnnuyanr  au  bout  de  cette  douleur 
&Tumeur  il  s'adrelîà  à  vu  autre  Chirurgien, lequel  s'imaginant  qu'il  y  auoic  du 
pus  cache  âpliqua  des  remèdes  qui  pouuoycnt  amollir  la  Tumeur  ù^c  aider  la 
fuppuration,  &  par  deux  fois  fit  ouueirureauec  le  fer,  mais  en  vain  ,  car  il  ne 
fbrtit  que  quelque  peu  de  ferofitc,  rcftant  touiours  cette  douleur  piquante;  Se 
comme  il  êtoit  Cachectique  auec  beaucoup  d'obftrudlions  de  Foye  ,  de  Rattc 
ôcdcs  véncs  mcfaraïquesamafsées  de  long-temps,on  fe  feruitdes  remèdes  qui 
peuuent  les  ouurir  ;  mais  comme  tout  cela  ne  feruoit  de  rien  ,  on  fut  oblige  de 
lailïcr  faire  la  nature,  veu  principalement  que  le  malade  pouuoit  aller  &  venir 
•  &  f^irefcs  affaires  :  quarriue't'-il  cependant/"  fur  la  fin  de  l'année  comme  le 
patient  reuenoit  en  la  maifon  ayant  fait  fes  affaires  ,  il  fut  obligé  au  milieu  du 
chemin  de  décharger  le  ventre  auec  vne  très- violente  douleur  de  mit  dehors  le 
bout  de  l'cpée  (  comme  il  cft  rcprcfenté  J  auec  des  grandes  douleurs  :  Les 
Chirurgiens  étonnes  de  ce  cas  nouueau   (  quoy  que  le  malade  ne  voulut  point 
dire  la  vérité  que  par  le  commandement  du  MigiftratJ  fi  cent  tous  leurs  cfi'brrs 
pour  auoîrce  bout  d'épée  ôc  le  confronter  auec  l'autre  :  ils  virent  qu'en  effet 
c'en  eftoit  le  Bout,  mais  que  pour  la  faire  entière  ,  il  en  faloit  encor  vne  pièce: 
&  cette  douleur  piquante  continuelle  &  opiniâtre  qui  reftoit  encor,  leur  faifoit 
croire  qu'elle  êtoit  dans  le  corps;  on  voie  parla  que  cette  IMaye  êcoit  mortelle 
vcu  quel'eftomach  Se  les  înrcftinsêtoycnroflenccs ,  Se  que  ce  bout  d'épée  a 
croupi  vn  an  tout  entier  dans  les  replis  des  boyaux ,  les   Médecins  n'ayants  pas 
été  fuflifints  pour  le  mettre  dchors,car  routce  qui  (oit  d.i  ventre  doit  pnlf-r  par 
cous  ces  détours  des  boyaux:  mais  il  y  a  àhefiter  fi  l'épéc  s'cft  rompue  le  mala- 
de tombant  à  terre  ,  ou  Ci  le  bout  qui  manque  s'cffc  arrêté  en  l'cilomach  ou  aux 
Boyaux,  ou  comme  il  eft  arriuéqr.e  le  malade  a  peu  cchapcr,  l'eftomachoules 
Inteftins  ayants  été  blcfsés  ,    Se  encor  comme  ce  fer  a  peu  demeurer  Ci  long- 
temps au  corps  fans  faire  plus  de  mal,.5^  derechef  fi  l'autre  bout  refte  encor  dans 
!e  corps  ;  vous  pourrés  voir  pludeurs  Hiftoires  de  cetrc  naturr  ch-s  Skcnckius, 
Amatus  Portiigaîs  4  &  Bcncdiârus  Faaetuinus,  priiKipalcment  d';'igiiilleScS: 
épingles  qui  ont  été  aualées  par  mégarde  Se  lonc  forties  par  les  palfagcs  rortus 
dervrincfans  aucune  incommcd  'é  d.i  C'"rps  oxi  d-- la  fa;  t:Sec.  Lettre  deCUn- 
èJrus  DeodatHr  Médecin  de  l'Eu  fjne  de  Bajle. 


%^eJponfe  de  l*aHtheur, 

IL  n'y  a  perfonne  qui  ofc  douter  Ci  U  blclfure  de  laquelle  vous  m'ecriucs ,  eft 
mortelle  ou  non,  car  Hippocrate  dit  Se  W  xperience  le  montre  que  les  blel- 
farcs  des  Inteftins  font  mortelles,  outre  qu'elle  a  été  proche  de  l'cchiiic  &  des 

ïicih 


ObferuationsChirurgiques.  175 

nerfs  qui  en  fortcnt  &  par  confeqticnt  a  tire  ajjres  foy  douleurs,  inflammations 
6c  aunes  grands  accidents  :  mais  l'endroit  d'icelle  fait  voir  que  ni  i'cilomach  ni 
le  Pylore  n'ont  ère  percées,  ce  qu'ont  cru  les  Chirurgiens  qui  l'ont  traire  :  car 
le  l'ylorc  ou  orifice  droit  dç  l'cllomach  eft  au  côré  droit  vis  à  vis  du  Foyc ,  ÔC 
l't  ftomach  eft  Htuc  plus  haut  que  n'cftoit  pas  la  Playe  :  ie  doute  auflî  fi  les  grê- 
les boyaux  ont  êcc  offenses  :  car  à  caufe  du  pc  u  de  izn^  qu'ils  ont,  ils  fe  rcllbii- 
dent  très  rarement,  ce  qui  a  fait  dire  à  Hippocrate  que  leurs  blcllures  font  en- 
tièrement mortelles:  on  trouue  neantmoins  ches  Marcellus  Donatus  Se  ailleurs 
qu'elles  ont  cfc  guéries  :  ie  crois  plutôt,  fauf  vôtre  auis,  que  le  ftylet  a  perce  le 
boyau  Colon  à  l'endroit  ou  il  eft  fermement  attache  au  Rognon  gauche  ik  que 
la  pointe  d'iccluy  aoffencc  l'Appendice  de  la  troificmc'  ou  quatrième  vertèbre 
des  Lumbes  f  qui  font  robuftcs  J  &c  comm.e  l'êpce  êtoit  de  bon  acier,  qu'en  la 
retirant  &  le  blefsé  venant  à  tomber  par  terre  en  chancelant,  qu'elle  a  ctcrom- 
pue&  la  pointe  eft:  demeurée  ou  dans  le  boyau  même  ou  en  partie  dans  le  boyau, 
en  partie  dans  les  mufcles  ;  ce  qui  me  fait  croire  que  ce  boyau  a  été  ofîèncé, 
eft  la  conftipation  de  ventre,  car  comme  vous  fçaués  qu'il  eft  étroit  à  l'endroit 
du  Rein  gauche,  le  paflàge  des  excréments  à  peu  être  bouché  par  l'inflamma- 
tion &:  par  la  tumeur  qu'y  ont  fait  les  humeurs  qui  s'y  font  icttées  :  6c  l'abon- 
dance du  fang  caille  qu'il  a  rendu  me  le  perfuade  encor  :  vous  aués  donc  eu 
raiion  de  luy  donner  des  Lauem.ents  qui  ont  beaucoup  contribué  à  le  fau- 
ver. 

Et  pour  refoudre  vos  demandes,  il  y  a  âparence  que  l'cfpées'eft  rompue  lors 
que  le  malade  tomba  par  terre  &  que  la  pointe  eft  demeurée ,  non  dans  l'cfto- 
machmais  dans  les Inteftins  &c  les  mufcles  ;  que  fi  quelqu'vn  veut  croire  qu'el- 
le eft  demeurée  attachée  à  cette  appendice  de  la  vertèbre  &  y  a  demeuré  quel- 
que temps,  il  ne  le  trompera  pas  beaucoup  ce  me  fcmble;  Vous  demandés  par 
après  comme  il  eft  poffîble  que  le  malade  a  peu  échaper  l'eftomach  ou  les  In- 
teftius  ayants  été  oftencés  ;  ie  répons  auec  Auerroes  qu'il  fe  fait  des  monftres 
dans  les  maladies,  c'eft  à  dire  qu'il  arriuc  des  choies  qui  furpaiîènt  la  portée  de 
l'homme:  en  après  il  fe  tra.uie  des  exemples  dans  NicoIausNicolus,  Matthias 
Gornax  &c  Marcellus  Donatus  lib.  5.  cap.  4.  Qui-  les  Playes  de  l'eftomach 
ont  quelquesfois  été  guéris:  vous  en  trouuercs  aufli  vn  exemple  dans  la  Préface 
dcCroUius  :  H  y  a  quelques  années  que  Galenus  Vuierus  Médecin  de  grande  ré- 
putation m'écriuiten  ces  termes:  ilmefouuient,dit  il,qu'aMontpelicr  Laurent 
foubcrt  Médecine  Profi-fTeur  Royal,  nous  montra  vn  petit  couteau  fans  poin- 
te qui  auoit  été  fourré,  entouré  d'vn  linge,par  vn  berger  en  la  bouche  d'vn  au- 
tre lequel  dêcendit  par  legofier  en  bas  &  a  demeuré  long  temps  dans  le  corps 
^dcux  ansce  mefemblc  J  iufqu  à-ce  qu'il  fc  fit  vn  Abfcés  dans  l'Aine  pnr  ou 
il  fortit ,  il  vécut  encor  fept  ans  après  à  l'aide  du  Chirurgien  qui  le  traita  :  Oc 
les  play  es  faites  en  cet  endroit  del'Inteftin  ne  font  pas  entièrement  dcfJp.  lecs, 
cpmme  ic  le  fçay  pour  l'auoir  veu  de  mes  propres  yeux  :  car  le  Boyau  en  cet 


17^  Liure  Second  des 

cndioit  dï  épais  &C  charnu  &  près  de  parties  garnies  de  chair  aûftiuelles  il  tient: 
Se  comme  les  aucres  Inteftins  font  portes  à  l'ordinaire  çà  ôc  là  tant  par  les  vents 
que  par  les  excréments,  il  n'y  a  que  cette  partie  du  Colon  qui  ne  bouge  quafî 
d\nic  place  &  partant  elle  feconfolide  afsés  aifemcnc  :  vous  me  demandes  en 
troifiêmc  lieu  comme  il  s'eft  peu  faire  que  ce  fer  ait  demeure  Ci  long-temps 
dans  le  corps  fans  auoir  fait  plus  de  mal  ?  le  répons  qu'il  en  a  fait  afsésjcar  vous 
in'écriucsquelcmalade  a  été  trauaiilé  de  douleurs  continuelles  :  outre  que 
h  nacure  par  la  prouidence  qui  agit  toutîours  dans  nodie  corps ,  a  accoutumé 
de  former  vne  matière  femblable  à  vn  Cal  autour  des  choies  étrangères  qui 
(bnc  dedans  le  corps  &:  défendre  par  ce  moyen  les  parties  voifines  de  leur  in- 
ittrc  :  il  y  a  des  exemples  d'vn  couteau  qui  ell  demeure  attach*  aux  lumbes,  &c 
d'vne  bâle  de  plomb  qui  a  demeure  fix  mois  dans  le  Cerueau  fans  auoir  fait  au- 
cun mal  :  4.  vous  voulés  fçauoir  ii  le  reftcde  l'efpéc  qui  manque  eft  encor  ca- 
che dans  le  corps  ?  il  cft  malaise  de  le  dire  ;  fi  cil  ce  que  cette  douleur  conti- 
nuelle &C  fixe  fait  croire  qu'il  y  a  encor  quelque  chofe  contre  nature  contenu  en 
cette  partie:  car  il  y  a  âparence  que  la  pointe  de  refpce  a  donne  à  l'appendice 
ou  l'aile  de  la  vertèbre,  car  fi  cllen'auoit  pas  rencontre  quelque  chofe  de  fcm- 
blable,ie  ne  puis  pas  comprendre  comme  Tefp  ce  fe  feroit  rompue  dans  la  chair: 
OhfcTH,  74.  Cent.  5. 


OBSERVATION    XXXV. 

D'vne  bUJfureau  Tslombril  fuinie  de  mort/tthite. 

VN  ieune  homme  ayant  receu  vn  coup  de  la  pointe  d'vne  efpcc  qui  fît  vne 
petite  Playe  entre  le  Nombril  3c  les  fauiTes  coftes ,  mourut  fur  le  champ: 
i'adn^ray  qu'vne  Playe  fi  légère  Ôc  en  vnlieuà  mon  auis  qui  ne  fembloit  pas 
beaucoup  dangereux,eut  peu  caufcr  vne  mort  fi  fubife  :  ayant  ouuert  le  corps 
le  lendemain  &  en  cerchant  la  caufe,  ie  trouuay  que  tout  éroit  bien  entier  au 
dedans  hormis,la  vcne  vmbilicale  (  qui  eil  plutoft  vn  ligament  es  pcrfonnes 
âuancces  en  âge  )  entièrement  coupée. 


TAiidis  que  l'enfant  eft  au  ventre,  il  tire  la  nourriture  par  la  vcne  vmbilica- 
le :  après  qu'il  eft  venu  au  monde,  fde  peur  qu'elle  ne  fut  inutile  j  la  na- 
ture a  voulu  qu'elle  s'endurcit  peu  à  pcuenligament  par  le  moyen  duquel  le 
Foyc  eft  âtachc  au  Nombrilj  ce  ligament  étant  coupc,le  Foye  eft  attire  en  haut 
lequel  preife  tellement  le  Diaphragme  que  l'homme  en  pcrt  incontinent  le  fou- 
âc  &  elt  AifToquc.  Oh/em.  5 j.  Cent.  i.  OBSER 


Obferuations  Chirurgiqucs;  I77 


OBSERVATION    XXXVI. 
^*vne  hle^HYe  mi  has.  Exe?nple  d'vne  hlejjure  rcdoiélée, 

L'An  \6o6.  vil  Maicre  d'cfcrime  à  Berne  nomme  Conrad  fut  blefsc  de  la 
pointe  de  refpce  entre  le  coude  ôc  le  Poignet  :  le  fang  ayayant  été  arreftc 
il  but  trois  fois  le  iour  d'vne  decodion  vulnéraire  ÔC  en  fit  iaucr  fa  Playe  par  le 
Barbier:  la  Cure  lembla  aller  bien  au  commencement ,  mais  au  troiilcmeiour 
il  y  vint  inflammation,  grande  douleur  auec  fièvre,  dcgouft  &c  nausée  :  ayant 
ctc  demande,  ie  trouuay  tout  le  bras  &  la  main  enflée  &  enflammée  iiifqu'au 
coude:  les  mufclcs  du  coude  fe  rtlïènto;,  ent  auflî  du  mal  à  caufe  des  vapeurs  qui 
montoyent  de  l'inflammationjil  auoit  aufïî  par  fois  des  dcfalllances  :  la  Playe 
ctoit  fermée  &  auoit  com.me  vnc  croiirc  deiîus  .•  ayant  pris  vue  fonde  pour  dé- 
couurir  l'Anguille  qui  étoit  cachée  fous  la  roche ,  ceux  qui  êtoyent  à  l'entôur 
du  malade  commencent  à  me  blâmer  (2:  à  me  dire  qu'il  ne  faloit  rien  entre- 
prendre fur  la  Playe  ^  qu'il  ne  faloit  pas  la  renouucUer  ,  veu  que  la  peau  n'C' 
ftoit  blelsce  que  fupGrflciellcment  ôç  que  le  malade  auoit  beu  d'vne  Deco- 
.«Stion  vulnéraire  au  commencement  :  car  les  gents  de  ce  pays  s'imaginent  que 
cette  Décoction  ne  confolide  point  la'playe  en  dehors   qu'auparavant  elle  ne 
l'ait  été  au  fond, mais  ayants  veu  par  la  fonde  quelle  étoit  profonde  quaC  d'vne 
paume  &:  qu'elle  pafloit  iufqces  au  coude,  ils  furent  tous  bien  étonnés  :   luy 
ayant  oint  le  bras  auec  vne  huylc  Anodync ,  ic  mis  vue  tente  imbue  de  mon  Di- 
gcftif,  laquelle  n'aloit  pas  à  mi  chemin  de  la  Playe  (^car  ie  ne  pus  pas  aller  plus 
auant  la  picmiere  fois  J  ôc  par  deflus  vn  linge  trempe  en  vn  refrigeratif  :  ie  luy 
ordonnay  vne  façon  de  viure  fobre  ik.  le  fis  paflcr  entièrement  de  vin,  luy  ayanc 
fait  prendre  à  neuf  heures  du  foir  vn  Iiilcp  rafiraichiflant  &  corroboratif ,  il 
palTà  la  nuit  beaucoup  plus  doucement  d:  commença  à  fe  porter  vn  peu  mieux 
&  ie  lendemain  à  fix  heures  il  prit  vnc  médecine  qui  purgeoit  la  bile  laquelle 
le  mena  doucemenr,i'oigni$  derechef  le  bras  ik  mis  vne  tente  vn  peu  plus  lon- 
guc,.S:jà  chaque  fois  que  ie  le  traitois,ic  râchois  de  h  fme  plus  longue  &  de  la 
porter  iufqu  au  fond  de  la  Playe:  or  il  n'cll  pas  ncce(îiu"rc  fce  qu'il  haut  bien  re- 
marquerj  que  la  tente  foie  h  cpaiffe  qu'elle,  remplillè  toute  la  Playe,  car  parce 
moyen  il  fe  fcroitvne  douleur  continuirile  <Sc  des  autres  mauuais.  accidents, 
mais  il  fufiît  qu'elle  rempHlfc  les  trois  quarts  de  la  Playe  en  fa  furfacc  ^  que  la 
quatrième  foit  vuidc  de  peur  "  que  les  Icares  de  la  Pîayc  ne  foyent  dilatées  par  la 
tente,  laquelle  doit  être  faite  auec  du  linge  bien  doux  en  forme  de  pyramide, 
afin  que  lurla  fin  elle  ne  rcmpiifle  que  les  trois  quarts  de  la  Playe  vers  le  fond 
ou  doit  être  du  vuidc  pour  n'cmpefcher  pas  la  génération  de  la  chair ,  îk  pour 
cette  railbn  la  Playe  ayant  bien  fuppuié,il  1-aut  cous  ks  iours  faire  la  tente  plus 

Z 


178  Liure  Second  clés 

petitc'.maîs  voyant  quelques  iours après  que  les  rymptomeSjafTauoir  la  douleurj 
Tenflcuredubras  &l  l'inflammation  ne  s'aricOoycnt  pas  rufïî{ammcnc&  rcco- 
noillanc  par  là  qu'il  y  auoic  cricou  quelque  choie  de  caché,  ic  fus  oblige  pour  la 
féconde  fois  de  mettre  vne  fonde  d'argent  dans  la  Playe  ,  ou  ie  trouuay  vu  fé- 
cond finus  ,  ^qui  n'cftoic  pas  pourtant  fi  profond  )  dclfous  la  Cephalique  qui 
penetroit  iufqu'à  la  médiane  tout  de  mcme  comme  on  le  voit  en  la  figure  pre- 
mière delaj.  table. 

A  C'cft  la  Playe  en  dehors  ^ 

B  C'cft  le  conduit  vers  le  coude  i 

C  Le  conduit  fous  la  Cephalique  vers  la  médiane.  | 

Ainfi  il  n'y  auoic  qu  vne  '  laye  en  la  peau,m:iis  il  y  en  auoic  deux  dans  les  muC-    f 
clés,  ce  qu'il  fauc  remarquer  f:)igncu{cmcnc  >  car  quand  il  y  a  de  femblables    ■, 
Playes  redoublées,  le  malade  cften  danger,  veu  que  le  Chirurgien  en  pençant    } 
l'vne  &  lailfant  l'autre  qu'il  ne  fçaic  pas,  il  furuient  de  tres-mauuais   accidents 
commeiel'ayfouuent remarque  :  aymtdonc  découuert  cette  aucre  Playe,  i'y 
inisauflî  vne  tente  trempée  dans  ce  même  onguent  deux  fois  le  iour  ,  ne  chan- 
geant point  cette  procédure  iufqu'au  14.     apics  i'achcnay  la  cure  auccdes 
médicaments  farcotics  &  ceux  qui  font  venir  la  cicatrice:  ainfi  il  fut  heureu- 
sement gucri,  faifant  neantmoins  toufioucs  obferuer  vnbonrcgime  Ôc  luy  en- 
tretenant le  ventre  libre. 

Or  ces  Playe  s  redoublées  arrîuent  ou  quand  la  main  de  celui  qui  a  fait  le 
coup  a  tremblé,  ou  a  caufe  du  mouuement&  agitation  du  bkfsc  :  car  celui  qui 
porte  vn  coup  dans  la  colère  ,  n'y  procède  pas  comme  fait  vn  Chirurgien  en 
îcs  Opérations.  Obferuat.  85.  Cent.  4.  au  Hure  de  Ichore  &  melicerta  chup,  S. 


OBSERVATION     XXXVII. 
D'vne  blejfure  au  Couâe^ 

VN  Gentil  homme  de  la  Cour  du  Prince  de  luliers  &c.  en  l'an  1580.  fuft 
bL Tsé  au  Coude,  6c  la  véiie  Axillaire  auec  quelques  nerfs  furent  coupés: 
il  tomba  encre  les  mains  d'vn  Charlatan  qui  promit  de  gueiir  cctre  bleifure  auec 
le  fcul  emplâtre  ftictique  f  quoy  que  CofincSlotanui  Chirurgien  du  Piince 
s'y  opofafortj  laPlayei'ut  vciitablement  bien-toft  cicatrisée,  mais  le  brasen-» 
fla  incoi,tinent  auec  douleur  ,  &  enfin  il furuint  de  la  fièvre  &  en  fuite  vne 
flexion  d  humeuis  auec  inflammation  èc  s'amafià  du  Pus  au  fond  de  la 
Playe  qui  caufa  de  la  pourriture  par  laquelle  la  véne  fut  rongée  &  derechef  ou- 
ucrte,ainfi  arriua  vne  fi  grande  haemon  hagic  qu'il  cn  mourut,  ^«  linre  de  Icho' 
u  ^  jMeliceria  chap.  8.  Obf.  ^S.  Cent- 1. 

OBSER- 


Obfêruations  Chirurgique?.  1^9 

OBSERVATION     XXXVIII. 
Tfvne  fUye  au  Carpe. 

IL  n'y  a  rien  de  plus  connu  en  Allemagne  même  parmi  le  vulgaire  que  l'Hy- 
dropifie  des  loincures,  mais  comme  elle  ne  l'cfl;  pas  tant  ailleurs,  l'en  veux 
apporter  vn  exemple. 

L'an  1616.  Mr.  Philippe  Kilchberger  Patrice  deBzrne  fjc  blefsc  en  vue  ren- 
contre d'vn  coup  d'cpcc  au  poignet  gauchc,lap£au  fuft  à  pcne  entamée  iufqu'au 
ligament  oblique:  on  demanda  vn  Chirurgien  qui  traita  la  blelTure  à  la  façon 
accoutumcc,&  commeelleeftoit  petite  aulîî  fut  elle  bien  tôt  cicatrizce  :  du 
commencement  tout  alla  bien  &ilne  fijruint  aucun  accident  (înon  qu'il  fe 
piaignoitd'vn  engourdiirement  importun  du  doigt  annulaire  Ôcdc  l'aurijulairc, 
ce  qui  eft  va  accident  infeparablc  des  blelfures  des  parties  nerueufeSjairuioir  des 
brasjdes  mains,des  cuillès  &  des  pics:  car  les  humeurs  s'allants  ietter  fur  la  par- 
lie  incontinent  après  le  coup,les  efprits  animaux  font  empêches  par  icelles  d'al- 
ler librement  aux  extremitcs:Or  le  Médecin  connoiflira  par  cet  engourdiiïèmenc 
ouftupeur  non  feulement  quelle  partie  eft  ofFencce,mais  aufli  la  grandeur  de  la 
blelfurejCar  c'eft  vn  figne  qu'il  y  a  vn  nerf  otfenccou  quelque  partie  nerucufe  3c 
tant  plus  grande  auifilera  la  blelfure:  que  (île  nerf  eft  entièrement  coupé,  non 
feulement  il  furuient  del'cngourdiirement  mais  aufll  perte  du  fcntimait  &:  du 
mouuemenr,  mais  ceci  foit  dit  en  palfant:  l'ay  dit  que  la  blclïarc  êcoic  fi  petite 
qu'à  pêne  le  ligament  oblique  auoit  été  ofFcncc,cc  qui  fut  caufe  qu'on  la  mc- 
prifa  ôc  que  la  malade  fit  beaucoup  de  fautes  tant  en  fon  régime  qu'en  d'autres 
chofesror  fur  letroilîcme  lourde  la  maladie,comme  le  malade  &  le  Chirurgien 
crurent  qu'il  n'y  auoit  rien  à  appréhender ,  il  luy  vint  peu  à  p^'u  de  la  Joalcuc 
laquelle  augmenta  tellement  en  l'cfpace  de  i4.heures  qu'on  ne  le  fçiuroit  dire: 
ayantéré  demande  au  5.  iour  ie  trouuay  le  malade  qui  ctioit  tant  qu'il  pouuoic 
à  caule  de  la  violence  de  la  doulcur,auec  vne  grande  fiéure  ardente  &c  co^itinue, 
(ècherellede  langue.douleur  de  tefte  continuelle  &:  vne  foif  qu'il  ne  pouuoit  ap- 
pailer:  il  êtoitaulîi  rrauaillc  de  veilles  contitiuelles,inquicti.id  ,n.msce,rapports, 
dcgoull  de  viande  &  vomilïèment,ilfuruint  encor  des  défaillances  auec  con- 
ftipation  de  ventre  &  vne  violente  douleur  de  Reins:  la  main  «Scie  bras  êcoycnc 
extrêmement  enflées  auec  inflammation  :  la  Playe  ctoit  remplie  d'vne  chair 
fpongieufe  &  en  quelque  façon  liuide  &  pâle,de  laquelle  il  fortoit  non  du  Pus 
bien  cuit,  mais  vne  humeur  trouble  ôc  fembbble  à  du  p.  tir  lait  ••  Or  quoy  que 
ces  accidents  fulîcnt  très  grands,!!  cil- ce  que  ie  le  remis  très  heureufement  à  l'ai- 
de de  Dieu. 

Et  combien  que  les  Symptômes  racontes  en  cette  Hiftoire  feruent  de  figues 
fuffifants  pour  connoiftre  ce  mal,h  eft-  ce  qu'en  faucur  des  ieunes,ie  les  veux  dé- 
duire plus  ail  long.  Z    i 


\to  Liure  Second  des 

Le  premic:  figne  de  riiydropifie  des  ioinrures  eft  qu'il  ne  fort  pas  de  la  Playc 
du  pus  mais  de  la  r^nie,c'cfl:  à  clire,vnc  matière  fercufe  &c  vifcide  ,  du  commen- 
cement en  petite  quantité  laquelle  augmente  peu  à  peu:  mais  il  faut  remarquer 
icy  qu'en  prcfquc  toutes  les  Playes  des  parties  nerueufes  il  fort  au  commence- 
ment quelque  chofc  de  fereux  èc  crud,quoy  que  tout  aille  bien  &  à  fouhairrpar- 
tant  il  ne  faut  pas  s'arrêter  à  ce  feul  figne  iulqu'à-ce  qu  il  s'y  en  trouue  des  autres, 

2.  Au  troificmc  Se  quatrième  iour  la  partie  enfle,  car  il  s'y  iettc  des  humeurs 
du  rtfte  du  corps. 

3  En  même  tcms  il  furuicnt  inflammation  à  caufe  de  la  quantité  des  humeurs 
qui  y  YomiUi.  le  malade  fenc  certaines  vapeurs  chaudes  qui  s'cleuent  de  la  partie. 

4.  Il  y  a  vne  très  grande  douleur:  car  la  matière  qui  efl;  enfermée  en  la  par- 
tie étant  deuenue  acre,  pique  &  mord  les  nerfs  &c  les  parties  nerueufes. 

5.  Les  bords  de  la  Playe  fe  retirent  en  quelques- vns,  mais  le  plus  fouuent  &c 
quaiî  en  tous  ils  enflent  2>c  boufilïènt,  &  la  Playc  fecouure  d'vne  chair  fpon- 
gieufe  Scqui  tire  fur  le  pâle  liuide:  ce  qui  prouicnt  de  l'abondance  &  malignité 
de  cette  humeur  fereufc  &  de  ia  diminution  de  la  chaleur  naturelle  en  cette 
partie.  . 

6.  Jl  y  a  fièvre  continue,  quelquefois  ardente  ôc  en  des  autres  moindre  fclon  "| 
que  la  douleur  l'eft  plus  ou  moins  ôc  félon  l'abondance  des  humeurs  qui  font  " 
au  corps:  la  fièvre  caufe  lafechereiîe  de  langue  ,  foif  ,  douleurs  de  Tefte  &  de  .• 
Reins,  inquiétude,  veille,  nausée,  degour,  vomiflèment,dureté  de  ventre  fk  au- 
tres accidents,  j^h  Imn  de  lchore&  Melic.  cht  4. 


OBSERVATION    XXXIX. 

D>J«tf  bleJ]Ure  au  doigt. 

Noble  lean  de  Vuattenville  Auoyer  de  Berne  ayant  êtéblefsé  légèrement  au  ^ 
doigt  du  milieu  &  mal  traité  par  vn  Bârbier,apres  y  auoir  eu  de  la  douleur  . 
ilcommença  à.  en  fortir  de  la  fanie  en  fi  grande  abondance  qu'il  m'a  alfuré  en  ■: 
auoir  rendu  en  peu  de  iours  pafsé  vn  pot  de  Berne  auec  fi  grande  douleur,fiévre  • 
Sçâbatementdc  forces  &  autres  grands  accidents  :  qu'il  crût  y  laiflèr  la  vie,  il  i 
fut  remisa  la  fin,  mais  laiointurequi  auoit  été  blefséc  perdit  le  mouuemenr>  , 
comme  ic  l'ay  veu  fouuent  de  mes  propres  yeux.  Ah  mime  linre  chap.  i. 


OBSERVATION     XL. 

D^'^ne  blefftiYe  au  doigt» 

L'An  léio.vn  fils  deMatthis  Keller  Archer,âgc  de  i  i,ans  fe  blefla  en  la  iointure 
du  milieu  du  doigt  indice  de  la  main  gauche  auec  vn  couteau:on  confolida 
lablelfurc  en  peu  de  iours  auec  vncdcco<^iô  viilnçrairc:niais5'ctantamafsédela 

maïkre 


Obferuations  Chirurgiques,  lli 

matière  au  fond  de  la  bldïlire,  le  doigt  &"  toute  la  mainenflcccnt^trcinciTcnt 
aiicc  giande  douleur  &  hydi'opific  des  ioincurcs  ditte  hydrnrrnros  ôc  aucrcs 
violents  accidents, &.'cntr','urrcs  les  dcfaillancts  à  chaqnr  fois  que  ie  voulois 
de  bander  la  playc  :  C  car  fon  Pcre  me  demanda  en  fiure  J  les  douleurs  êcoycnc 
telles  qu'il  n'y  auoit  aucun  remède  anodyn  qui  peut  les  apaifer ,  de  i'o^ic  que  ie 
fus  oblige  de  palier  aux  narcorics  à  caufe  qu'il  ne  repofoir  point:  on  peut  reco- 
noître  icy  combien  cette  matière  cft  acre  «Se  maligne  ,  en  ce  qu'elle  ct.uoyc  des 
vap;  urs  qui  attaquent  les  parties  noble  ,  Se  ronge  les  parties  voi/ines  ,  comme 
ic  l'ay  vcu  en  ce  garçon,auquel  quoy  que  i'ullc  fait  tout  ce  qui  êtoit  de  faire,  ie 
ne  pus  pas  ncantmoins  empêcher  qu'elle  ne  fît  vn  linus  en  la  dernière  ioiiiture 
Se  au  métacarpe,  fi  eftce  qu'il  fuft  tresbien  remis  de  en  telle  foiftequc  le  doigt 
n  en  perdit  point  le  mouucment.  j4u  même  traitté chap.i.  é"  8- 


OBSERVATION      XLI. 

(  Des  Play  es  des  doigts  é"  ^^^  maïns. 

Et  ^ue  contre  f  opinion  de  Félix  VvinKJl  les  faut  tenir  oiiUertes. 

N  a  imprime  derechef  à  Bafle  rœuureChirurgîque  de  Félix  Vuirrz  qui 
'contient  plufîeurs  chofes  contraires  à  la  raifon  <?«:  à  rcxperience,par  exem- 
ple qu'y  a-il  déplus  abkirde  que  ce  qu'il  dit  au  chapitre  i-  liure  i.  Qu'il  ne  fc 
faut  point  feruir  détentes  es  playes  de  la  poitrine  qui  pénètrent  en  la  cauité, 
t<.  que  la  matière  purulente  peut  fortir  par  le  bas  ventre,  les  vrincs,&  \&s  lueurs, 
les  condamnant  aulîî  fans  aucune  diftinétion  es  playes  àts  doigts  g«:  ài:s  mains? 
Mais  ie  veux  montrer  par  des  exemples  le  danger  qu'il  y  a  de  fuiure  cette  do- 
dlrine. 

Vn  marchand  de  Colognenommé  Guillaume  Quadus,  étant  en  fa  boutique 
fe  piqua  la  paume  de  la  main  auec  la  languette  de  la  balance:en  attendant  mon 
rctonr  de  dehors  il  ne  voulut  pas  que  perfonne  y  roic  la  nîâin,ctpcndantrablc(^ 
fuie  fe  ferma  en  dchorSjCnuiion  le  4.ionr  la  douleur  augmenta,  &  comme  c'é- 
toit  vn  corps  replet  charge  de  fang^  d'humeurs  ,  ilfuruient  ficure  &  intianj- 
mation  defoitc  que  la  mahi  fut  cxulceiceen  plulicuis  endroits  laquelle  on  eut 
bien  de  la  pêne  à  confcruer. 

laques  de  Bcrgeiics  Bourgeois  de  Lauianne  en  l'an  ijcj^.^Se  perça  la  paume 
de  la  main  auec  vn  canif,  «îfc  parce  que  le  Chirurgien  ,  (qui  mépcifa  la  petitclîe 
de  lablelïïirejne  l'entretint  pas  ouuerte  auec  descentes,  &  que  le  pus  s'am.ailoic 
au  fondjil  furuint  de  f\  grands  accidents  qu'il  fut  en  danger  delà  vie  ,  i!  v  auoic 
fur  tout  vue  très  violente  douleur  qui '/ut  fuiuie  de  6éure  ,  înquKÛuù'^  i;^. 

ï-     5 


igi  Liure  Second  des 

fi.imm.uion  :  .ayant  ccc  enfin  demandé  es:  faic  tout  ce  qui  ctoft  nece{îairc,aprcs 
qu'il  eiir  cxcrèmcmcnt  cndiuc  des  longs  rouimcncs,il  fut  remis. 

L'an  i  J5JI.  vnc  Payianne  à  Hildeii  ic  piqua  auec  vue  cpiilc  le  bout  du  doigt 
indice,  &  comme  la  playe  s'ccoit  fermée  pai  la  même  caulc  aucc  amas  du  pus 
autour  des  parties  nerueu(es,il  luy  vinr  douleur,  iaHamma:ion,(îk:  gangrené  qui 
le  conutrtic  en  iphacelciclle  me  vint  trouucr,&  aprci  l'auoir  purgé,ic  iuy  cou- 
pa^  le  doigt  vers  le  métacarpe  &  ainfi  elle  fur  guérie. 

L'an  1598.  vnPayfan  d'auprès  de  Laufanne  maniant  des  épines fe  piqua  au 
malIeo'e,ayanc  méprise  le  mal  &  laifsé  fermer  trop  toll  la  blclKire,  il  y  vint  de 
la  douleur  ôc  bien  coft  après  inflammation  cc  gangrcne,enlîn  toute  la  iambe  fe 
trouua  fphacelce,  ôc  n'ayant  pas  voulu  permettre  qu'on  la  coupa:ii  mourut  au 
bout  de  quelques  iours. 

Il  faut  donc  tenir  ouuertes  les  playes  auec  beaucoup  de  foin  ,  quoy  qu'elles 
foyent  aux  parties  nerueufes  ôc  petitcSjiufqu'à  ce  que  la  playc  l'oit  faiK(ammciiC 
mondificejEii  voici  la  raifon  :  car  en  toute  playe  principalcm.cnc  faite  par  inci- 
ilon,  la  peau  fe  retire  aifement  du  commencement ,  premièrement  parce  qu'el- 
le eft  membraneufe  ,  en  après  parce  que  la  nature  ie  Icrt  de  cette  couuci  turc 
pour  défendre  les  autres  parties  confiderables  comme  la  chair  ,  les  Vêncs ,  les 
les  arteresjles nerfs  (Scies  parties  nerueufes  contre l'iniure  de  l'air  :  or  la  chair 
ne  fe  peut  pas  refoudre  (i  tofl:,car  premièrement  aux  playes  faites  par  incifion, 
il  y  a  vnc  efpecc  de  contufîon,  mais  il  faut  que  la  chair  meurtrie  ie  pourrillc  &c 
conuertilfeenpuSjComme  dit  Hippocrate  :  or  cette  fuppuraiion  ne  fe  fait  pas 
envninftantjla  peau  donc  vient  àfe  reffcrrer  ôc  retirer  dés  le  commencement, 
ainfi  les  humeurs  qui  fortcnt  de  la  partie  blefsée^ctans  rctenues,s'échautfcnt  peu 
à  peu6<:  deuiennent  acres,<Sv:  parce  quec'eft  vnc  partie  ncrueufe  &  par  confe- 
quentfort  fcnfible  qui  eft  oftcnccc  ,  il  y  vient  de  la  douleur  qui  attire  du  fang 
éz  des  humeurs  d'où  viennent  les  grands  accidents  :  or  les  tentes  doiuent  être 
faites  en  telle  forte  qu'elles  tiennent  ouuert  l'orihce  extérieur  de  i'vlcere  iuf- 
qu'a  ce  que  les  autres  parties  oilcncces,commc  la  chair  Ôc  les  nerfs/oyent  fuâS- 
famment  mondifîces  ,  (ans  que  neantmoins  elles  blelltnt  les  parties  nerueufes, 
voila  pourquoy  il  faut  diligemment  reconntîtrc  la  profondeur  de  la  playe  ôc 
prendre  garde  que  la  pointe  de  la  tente  ne  touche  le  fond,principalcm  nt  s'il  y 
a  nerf  ou  quelque  choie  de  ncrueux  qui  foie  découuert  :  mais  les  bleliurcs  qui 
font  fort  petites  Ôc  ctroittes  ,  comme  elles  ne  pcuuent  pas  receuoir  vue  grolïè 
tente  ôc  qu'vne  petite  n'cft  pas  afscs  ferme  mais  ployé  de  cote  ôc  d'autre  laus 
aller  iufqu'au  fond  ,  i'ay  accoutume  de  me  feruir  d'vn  filet  d'or  ou  d'ai  gent 
qui  ait  de  longueur  autant  que  la  playe  a  de  profondeur  que  i'cntoure  de  lin 
éc  oins  de  quelque  vnguent  anodyn  ôc  digeftif  lequel  ie  mets  dans  la  playe  :  il 
faut  neantmoins  les  traiter  doucement  aulli  bien  que  les  autres  playes  ,  car  il 
n'y  a  point  d'accident  plus  grand  ni  plus  à  appréhender  que  la  douleur:  ôc  voila 
U  première  raifon  pour  laquelle  il  fe  faut  feruir  des  tentes  ,  alTauoir  pour  bail- 
ler 


ObferuationsChirurgiques.  i^j 

1er  ifTueniix  humeurs  que  Li  folurion  de  concinuicc  y  a  attire  :  En  voici  vnc 
aatie ,  c'eft  pour  pouuoir  porter  les  médicaments  iufqu'au  fond  de  la  blelTure, 
Cardequoy  feruira  ievous  piic  vn  mcdicamcnr  digelliF,  mondificacif  &:  far- 
cotic  fi  la  pi  jyc  cft  fermée  ?  mais  tandis  que  l'on  trauaillc  à  la  playc  en  dehors> 
Il  ne  faut  rien, mettre  c^es  rem'°des  généraux,  il  flrut  donc  faire  obfcruer  vhe  fa- 
çon de  vîure  fobrcj  purger  &  laigna's'il  eft  necejTàire:que  Ci  on  ne  fait  pas  cela 
èc  que  l'on  ne  dilate  pas  la  playc  par  des  tentes  dés  le  commencement  ,  quoy 
qu'elle  foit  petite  6c  de  peu  d'importance  en  apparence  ,  la  matière  retenue 
caufcra  des  grands  accidents  voire  même  la  mort  :  on  trouue  des  exemples  en 
plufieurs  Au'.hcursrLoi.iys  Viu(>.s  Cô(eilicrà  Monrpdier  en  la  cour  des  Généra- 
les mourut  en  fept  iours  uiec  vue  conuullîon  qui  le  {aific  fubitemêt  à  cauie  d'v- 
iie  petite  blelïïire  ôc  qi,i  ne  valoic  pas  le  parler  en  la  paume  faite  en  la  main 
gauche,comme  récite  Vaileri.da  en  ùs  enui  rations  Hure  3.Enarr.8.Et  Horatius 
Augenius  Epiil:.'.  li.5.  Epiit.  i.  racoi^te  que  Ican  Bap tille  Argentin  dePadouc 
mourut  dVne  blclfure  au  petit  doi^t.Ohfem.ùC^ent..^ 


OBSERVATION    XLII. 

JD'vneplaye  redcublèe  en  la  Cmjfe. 

REJui  Hcation  en  vne  playe  eft  quand  il  n'y  en  a  quVne  en  la  peau  ôc  dcuz, 
quclqu.  fois  troiN  f  comme  ic  l'ay  veuj  dans  ks  mufcles  .*  ce  qui  eft  caule 
que  le  malade  loufFic  de  grands  accidents,  fans  que  le  Chirurgien  puilîc  dire 
d'où  ils  vicnncnt,en  voici  vn  exemple. 

L'an  1608.  vn  Paylan  du  village  dePerroy  furie  lac  de  Geneuefutbiefsc  d'e- 
ftoc  en  duel  en  la  cuilïè  droirte  quafi  vis  à  vis  de  rarticulationiayânt  fait  venir 
vn  barhier,il  tiouua  auec  la  fonde  que  la  bleil.ire  allait  contre  l'os  (acrum ,  &c 
quoy  qu'il  apporta  toute  fa  dextérité  pour  la  guérir ,  il  ne  lailfa  pas  an  troifié- 
me  iour  de  venir  vne  grande  douleur  ,  inflammatioii>fiéure  6c  autres  accidents. 
Ayant  été  demandé  le  fixiémeiour  ,  ie  trouuay  cet  homme  extrêmement  op- 
prefsé  par  la  violence  de  la  douleur,  de  l'inflammation  &:  de  la  fiéure  auec 
didiculté  de  rendre  fon  eau,(^car  route  la  fdït  étoit  enflammée  iulqu'au  fonde- 
ment ik  perince:apres  que  i'eus  remis  la  fondejic  trouuay  vne  autre  blctturc  que 
le  b.ubicr  n'auoit  pas  remarqué  qui  déccndoic  par  le  milieu  delà  felie  vers  le 
fondement  en  cette  manicre,voyez  la  figure  de  la3  Table. 

A  marque  la  pbye  en  dehors. 

B  eft  celle  qui  va  vers  le  Cropîon  C  celle  qui  va  vers  le  Perînce:maîs  comme 
celle  de  dehors  ê;oit  Ci  étroite  qu'elL  ne  po  lu oit  pas  relf^uoir  les  deux  tentes,iS«: 
que  l'autre  que  i'auois  découuert  ctoit  fort  profonde  quialloicenbas,ie  dis  aux 
aiîiftants  &  amis  (ju'il  êcoitiiccelïàiic  défaire  ouuerturc  en  bas  pour  bailler 


184  Xiurc  Second  des 

Comr.  plus  aircment  le  pus  j  luy  ayant  donc  lâche  le  ventre  par  vu  Iauemeiit,{e 

mis  va  conduClctir  creux  6c  ouuert  en  vn  bouc,  iufqiics  au  fons  de  la  playe ,  fai- 

Tant  couler  âu  long  dclacauircdu  coaduét.:ur  cette  fcalpcUe  iufqaace  que 

l'ulFc  perce  auec  la  pointe  d'icclle  ce  i^ui  reftoic  de  chair  &  de  pcau,cc  qu'ayant 

ùiz&c  relire  le  canif,ic  mis  vn  cordon  de  foye  oint  d'vn  digeftif,  frottant  toute 

h  cuillè  iufqu'au  genouïl  auec  vne  huyle  anodyne  &  mettant  cc  cataplafmç 

chaui'emcntlur  h  ^zitk.^.micji panis  fbj.  pulit./èfnm.fœmigr.  Uni,  cydomor, 

melilot.an.^  S.pttlH.  rojar.  rnb.  |  ;".  crocl  5  fi.  co(jue  cptm  la^e  vacclnof.  cataplaf^ 

adâenâo  vitell.omr.nurn.n.  Apres  le  foupcrlclay  fis  prendre  vniulcp  rafraichif- 

Çzwt  corroboratif  &'anodyn  :  il  en  repoia  mieux  la  nuit  2c  rendit  Ton  eau  auec 

moins  de  pcne.°lciour  fuiuanr  ie  luy  fis  prendre  vne  purgacionqui  purgea  la 

l>ile,&  le  iour  après  fâigner  au  bras  :  ie  pençay  la  playe  auec  les  remèdes  iufdit? 

deux  Fois  ie  iour  iniques  au  i4.ôcant  le  cordon  au  mains  vue  fois  le  iour  «3c  y  en 

remettant  vn  autre  oint  du  même  digeftif:  ayant  fuiui  cette  procédure  quelques 

ioursde  fuite  &lc  malade  ayant  obferuc  vne  bonne  façon  de  viuce&  fobre  »  la 

douleur  &c  les  autres  accidents  s'appaîferent  :  la  playe  ayant  Tuffifamm-nt  fup-, 

pure  ôf  étant  bien  mondificeji'acheuay  la  cure  auec  les  larcocics  6c  les  mcdica- 

mencs  qui  font  venir  la  cicatrice. 

Figure  de  rinftrumcnt  auec  lequel  l'ounerturc  a  été  fixité  A  c'cft  vne  fonde 
ouuertc  en  vn  bout  :  celui  qui  elt  marque  D  doit  cilre  porté  doucement  iuf- 
qu'au fond  de  la  playe  ,  puis  il  faut  porter  la  pointe  de  la  fcalpellc  au  fond  d'i- 
celle  lafaifant  dcccndrepar  le  creux  de  la  fonde  &  la  poullant  au  traucr^  delà 
peau  tanc  qu'on  l'atrapc  du  bout  des  doigts  :  eiifin  aprcs  auoir  mis  le  tienchant 
delafcalpeile  marquée  E  dans  le  creux  de  la  fonde,il  faut  tirer  hors  la  fcalpellc 
en  telle  ibrre  que  foatrcn chant  ne  forte  pas  hor>  du  ci'cux  :  la  (calpellc  étant 
dehors  ,  il  faut  laidcr  dans  la  playe  le  cordon  marqué  Cengraifsé  du  digeftif 
voyez.  U  figure  j.  deU^.  Table. 

Et  à  chaque  fois  qu'il  faut  remettre  vn  cordon,  il  le  faut  attacher  au  bout  de 
celui  qui  y  ccoir,ainiicn  ôtanc  rvn>rautre  y  demeure. 

Voici  vn  autre  inftrumcnt  par  lequel  on  oauie  très  aifement  en  la  partie 
oppoiite  vne  playe  profonde*^  écroîte  Tuble i,.fig.  4. 

AA  vne  aiguille  de  laquelle  la  pointe  cft  femblable  à  celle  d'vnc  lancette 
dont  on  ouure  la  vciie. 

B  vne  fonde  crcufe  d'argent  ou  de  cuiure.'clle  ne  doit  pas  être  roadc  mais  vn 
pcuplare. 

Ayant  porte  cette  fonde  iufqu'au  fond  de  la  playe  ,  il  fautauîîî  y  mettre  rat- 
goulet  la  poullcr  par  la  chair  hors  de  la  peau,puis  il  faut  mettre  promptcn>enc 
le  cordon  dans  le  trou  marqué  C  ik  retirer  la  fonde  auec  l'aiguiUc  ainii  kcor- 
«lonfetrouue  dans  la  playe.  0^/^4.Cr^.4. 

OBSER.- 


Obferuations  Chiruigiqucs.  i8j 


OBSERVATION     XLIII. 

D\n  êtres  danger  eu fe  blejfare  delà  aiijje  par  vnconp  d'ar^uebufe. 

Noble  lacob  Vuallier  âgé  de  vingcioisans  palfa  q-jeiqiics  arxnces  en  quaîî- 
cc  de  poic'enfcigne fous  Noble  Pierre  de  Boyiîc  Baron  de  Pardal  aii,  <3jc. 
Gouuerueur  delà  Cicadeile  de  Bourg  en  Brcfîè  le  ii.  de  Iiiin  1608.  ledic  Sieur 
de  Boyircailaà  la  challè  du  fanglier  a  cheual  accompagne  du  lufdit  Monfieuc 
•   Vunilicf  &dc  quelques  autres  oifi:iers  :  étants  venus  au  bois  qui  eft  éloigne 
cHuiron  dVne  heure  du  Bourg,ili  (e  iriCtcnc  en  deuoir  àc  ccLclicr  le  fangHcr  & 
Te  fcparercnt  l'vn  de  l'autre  fc  cachants  parmi  les  builîbns  :  vn  des  otii.icrs  oyant 
âbayer  vn  chien  &  voyant  remuer  dans  vn  halier  crut  que  c'ctoit  le  fan-^licr, 
lâche  fou  coup  &  blcile  Moniîcur  Vualli-r  en  la  cuilïe  gauche  ,    lequel  tombe 
incontinent  parterre:  il  y  auoit  trois  baies  dans  le  caïun  dcfquclks  chacune 
pefoirfeptdragmes  &deux  fciupules;  l'vne  d'icelies  calTa  fou  arquebufe,  l'au- 
tre perça  feulement  Ton  haut  de  chaviik'  ,  &■  la  troilîcme  donna  en  la  cuIlFe  & 
fracalîa  l'os  par  le  milieu  aucc  très  grande  meurtrilFeure  ce  dilaccrarion  ikz% 
mufcles  &  des  vallfcaux  :  il  ne  furuint  neantmoias  aucune  hsmorrhagie  quoy 
que  la  bleirurc  fut  fort  graade,  car  comme  dit  l'excellent  Ambroife  Parc  ,  il 
fort  peu  de  lang  dvT  ces  pi.iycs  au  commencement  ,  tant  à  caufede  la  o-ranJe 
conrulion  que  f.it  la  baie,  que  par  l'agitation  de  l'aie  quirepoulfe  les  cfprics 
au  dedans,  comme  on  le  voitcnceoxaufqacls  vn  men.bre  entier  acte  empor- 
té par  vn  boulet  de  caaon  :  or  en  notre  malùde  le  coiip  futli  grand  &  la  b.ilc 
donna  auecvnc  telle  impctuolîté  fur  l'os  qu'elle  en  fut  fendue  par  le  milieu 
toutds  mêmes  que  (î  on  l'auoir  partage  aucc  vn  coufteau ,  coram:-  îe  l'ay  vcu 
de  mespiopies  yeux,  fa  violcnco ayant  été  bridée  par  ce  moyen  elle  s'arrcta 
entre  les  mufcles  &  la  peau  ('<iV.s  poLiuoir  aller  plus  auant  :  il  fat  conduit  auec 
beaucoup  dcprneep.  la  Citadtik-:  Mouiieur  lean  deBurgo  Médecin  &c  Miîrrc 
AnthoineScaly  Chirurgien  fêtants  venu  voir,ilstrouueren:  toute  h  cuilïe  &: 
toiue  la  iambe  fort  enticcs&  la  baie  prcs  ia  peau  en  la  partie  interne  de  h  cuif- 
fe  laquelle  ils  tirèrent  dehors  fins  beaucoup  de  prnc  &:  faiis  g-ande  perte  de 
fangjaprcs  auoir  auparauant  faitincillon  en  la  peau,mais  l'ayante  voulu  contre- 
peler  aucc  vue  baie  de  même  calib:e,ils  furent  bien  étonnés  de  ce  q:i'a  ncne  eu 
pefoit  elle  la  moitié:  mais  quatre  iours  après  l'autre  partie  le  maniftllia  à  codé 
de  l'ouuertare  qu'ils  auoyenc  fait  auec  le  rafoir,d'ou  ils  la  lirerent  après  y  auoir 
faitvncincilîon  :  mais  c'cll  vnc  chofe  étrange  que  la  bâleait  été  parra^^cea 
deuxjcar  chacun  auoucra  que  la  choie  femblc  im.poilible  à  caufc  de  la  molleilc 
du  plom.b,maîslc  coupauoitctc  (\  rude  &  la  bâic  auoit  heurté  fi  fort  contre 
l'os  qui  tn  fut  brise  Si.  hacafsé ,  qu'alîurcment  quelque  fragment  d  icchiv  qui 
ctoif  trenchant ,  la  partagea  ainfi  :  i'ay  fait  mention  deccciaiin  qu'on  bche  la 
grandeur  de  la  fra<5lure  2>c  brilement  de  fos  comme  auffi  de  h  dilaccrarion  S: 
meuririifnre  de  la  chair&  des  vaiiîèaux:  le  même  iourarriue  M*. Claude  Chap- 
puis  Chirurgien  à  S-Amour ,  lequel  s'ctant  ioint  au  Médecin  &  au  Chirurgien 

Aa    - 


tH  Liure  Second  des 

ik  JepHcrctnîcs  bandes  Se  troiuicrcnt  vn  commencement  <3e  gangrené  qui  al- 
loit  qualî  iufqn'à  l'aine  &  pvîncîpalemcnr  au  dedans  de  la  cuiflc.  l^arquoy  M*. 
C  hr;pui5,anrc  !e  coni.îuemcnt  û.s  p.nncSjiCaiifia  aucclc  rafoir  tour  ce  qiûca 
tcriOiï  iSc  y  m;  t  les  mcdicaments  nccellaÎLCS.'  il  y  a  apparence  qu'elle  êroic  venue 
p^r  ia  grande  ineuicvillnie delà ch '.il  &  des  vallf^aux  <^  l'abondance  du  fang 
t.xr;  auaséjcar  comme  dit  Hipp-  s'il  rombc  du  fang  en  quclt]nc  cauitéjil  s'y  coi- 
iorrpt:ce  quiarviuc.  i.  parce  qu'il  cl\  hois  de  fou  lieu  naturel  lequela  la  pro- 
^raercde  confpruercequiy  cft  logé.  z.  parce  que  fa  chaleur  fediiîipe.  3.  parce 
qu'il  cft  priuc  de  la  (aumure  de  la  leiolité  qui  empêche  la  coagulation:parquoy 
venant  à  fe  pourrir,  il  produit  des  accidents  difFcrents  félon  la  nature  de  la  par- 
tie où  il  cft  ôc  qui  approchent  rie  ceux  que  fait  le  poifon:  la  grande  foiblcilè  du 
malade  contribua  aufli  beaucoup  à  attirer  la  gangrcnejCar  les  forces  furent  tel- 
iem.ent  âbatues  des  lecomm'-ncemêt,qu'il  laiifoit  tout  aller  fous  luy:  mais  c'cft 
vnechofebien  remarquable  que  la  gangrené  foit  venue  fi  toft  &  le  iour  mcmc> 
ce  que  i'attribue  à  la  grande  humidité  de  la  partie  ,  à  la  grande  fluxion  des  hu- 
jncurSjà  l'exctfîiue  chaleur  &  à  la  débilite  de  la  chaleur  naturelles  outre  les  gra- 
des douleurs  qu'il  auoit  endure  au  commencement  aiicc  ficure  continue,inquie- 
tude  &  veilles'A'  quoy  que  chacun  dcfefpera  de  la  vie  ,  neantmoins  le  Médecin 
auec  les  Chirurgie  firent  tout  leur  pofljble  pour  aller  au  deuât  des  accidents,en 
ordonnât  vue  bonne  façon  de  viurc,  donnât  des  potions  cordiales  &  rafraichif- 
fantesjâpliquant  Icsepirhemes  fur  le  cœur  &  le  purgeât  quâdil  étoit  neceirairc: 
ils  miirent  aufli  fur  la  partie  des  ongents,C3raplâmes.linimens,&c.qui  pouuoycC 
âpaifer  la  douleur,auanccr  lafuppuratiô  &  empêcher  la  pourrituremcantmoins 
la  gâgrenc  gngnoit  toufiours  païs,de  forte  qu'au  4.iour  il  falut  reuenir  à  la  fca- 
lihcation  &  à  des  médicaments  plus  efficaces ,  lefquels  parla  grâce  de  Dieu  en 
empêchèrent  le  progrcs,quoy  que  les  autres  accidéts  augmentalfent  de  iour  en 
iour:il  en  furuint  encor  des  autres  très  fâcheux  afç-  vnc  inflammation  auec  cxul- 
ceration  au  talon  ôc  au  cropion  parce  qu'il  ctoit  toufiours  couche  fur  le  dos,lc 
corps  étant  venu  pluspefant  par  ladimijiution  des  forces  &  des  efprits:ces  acci- 
dents baillèrent  beaucoup  de  pêne  au  Médecin  &  aux  Chirurgiens ,  &  tous  les 
Pradticiens  fçauent  combien  foDt  dangcreufes  les  inflammations  de  ces  parties, 
neantmoins  après  vn  long  tiauail  ils  en  vindrent  à  bout. 

Mais  comme  les  accidents  augmentoycnt  autour  de  la  playc  &  de  lafra(ftu- 
rcM.dc  Boyfe  voulut  qu'il  fe  fitencor  vue  côfulte  en  laquelle  fut  apelc  vn  vieil 
Chirurg.fort  expérimente  :  celui  ci  fut  d'âuisque  Ton  fit  trois  incifionsautouE 
de  la  fiadlurej'vne  en  la  partie  externe  de  la  cuilîe  &  l'autre  en  dedans  là  où  on 
auoit  fait  ces  deuxouuertures  pour  tirer  la  bâle,&  la  j.enlapartic  intericureàl 
les  vouloit  faite  iufqucs  à  l'os  de  la  longueur  de  la  paume  de  la  main  afin  de  pou- 
uoir  tirer  en  même  temps  tous  les  fragments  des  os  &  ainfi  abréger  la  cure:M.dc 
Bourg  le  Médecin  &  les  autres  Chirurgie  s'y  oppofcrét  craignants  vne  haemor- 
rhagic,  &  quoy  que  ce }.  Chirurgien  qui  demeura  là  iufquesà  l'xi.iour  preflbit 
fort  qu'é  fuiiiit  fonopiniô  ôc  qu'elle  fut  approuucc  par  quelques  vns^cme  des 

Piin 


Obfcruations  Chfrurgîqucs"  187 

prîncipauXjneantmoinsMr.dc  Bourg  rcfiftacoiifiours  fur  ce  fondement  qu'il  ne 
Tuflit  pas  de  vouloii  gucrir  promptemcnt,  Ci  en  même  temps  on  ne  le  fait  pas 
fememcntSc  doucement, &  quoy  que  ceux  qui  entendent  médiocrement TA- 
natomie  fçauent  que  telles  Opérations  nefc  peuuentpas  faire  en  allurancc  Sc 
fans  vnc  grande  douleur  &  danger  tle  la  vie  ,  ic  ne  laillcray  pas  en  faucur  des 
ieuncs  Chirurgiens  d'appuyer  mon  opinion  par  raifons. 

Qujiconquc  veut  entreprendre  quelque  Opération  il  faut  examiner  ces  trois 
pointSjlcs  forceSjla  partie  offencce,;3t  la  nccclfité  de  t'operarion. 

Il  faut  premièrement  confîderer  les  forces  principalement  es  grandes  &  dan- 
gercufcs  OpcrationSjCar  (î  elles  ne  font  pas  robuftcs,il  cft  certain  que  le  patient 
ne  pourra  pas  cchapcr,  or  elles  n'ctoyent  pnscellesen  notre  malade  car  elles  a- 
iioyent  crc  abatues  par  lavioléce  delà  douleur  &  en  telle  forte  qu'il  ne  pouuoît 
point  retenir  d'excréments  :  tous  ceux  qui  ctoyent  autour  le  tenants  dcia  pour 
mort  à  caufcdc  h  fîcure continue  ,  des  défaillances  Se  autres  grands  accidents,  - 
quelle  apparence  donc  y  a  t'il  qu'il  eut  pu  fuportcr  la  douleur  de  l'Opération 
Se  la  perte  de  fang  &  des  cfprits  qui  auroit  fuiui  ? 

(il  II  faut  auflj  regarder  quelle  partie  eft  offensée  ôc  Ci  elle  peut  endurer  l'opera- 
£Îon,ce  Chirurg.vouloit  qu'onlît  j.incilions,vne  en  chaque  côté  de  la  cuiifc  Sc 
h  3.  en  la  partie  antérieure  :  quanta  celle  qu'il  vouloir  faire  en  la  partie  ex- 
£erne,IÎ  eut  falu  couper  de  nouucau  le  4-  &  5-  &^  8.  des  mufcles  qui  remuent  la 
cuiiVc  Icfqucls  ctoyent  dcia  tous  dépecés  par  le  coup  &c  par  la  bâle:en  faifant  in- 
cilion  en  la  partie  de  dcuant,  ilauroic  été  impoffible  de  conferuer  le8.&  9.  des 
mufcles  qui  remuent  la  iambelefquels  ieioignants  au  7.  fînifîenten  vn  grand  ^ 
fort  tendon  qui  en ucloppe la  palette  Se  entre  la  partie  antérieure  de  la  iambe;or 
il  eft  aise  de  voir  quels  accidents  auroyent  fuiui  cette  Opération, en  confiderat 
la  con(lruâ:ion  de  ces  mufcles  qui  contiennent  plufieurs  vailTeaux  &  ont  des 
membranes  doiiécsd'vn  vif  fentimenr:  6c  outre  l'hatmorragie  qui  croît  inéuita- 
ble,on  ne  pouuoit  attendre  que  grande  doulcur,conuulfîon,inflammation,  fîc- 
urCi  veilles  i^:  autres  accidents,  non  feulement  a  caufe  de  la  grandeur  des  iiKÎ- 
iîons,mais  aufH  parce  que  ie  corps  ctoir  farci  de  mauuaifcs  humeurs  &c  rempli 
d'obftrudions  dans. les  vilîcres;il  eflauflî  très  certain  que  i'inciflon  en  la  partie 
interne  de  la  cuillè  ne  ic  pouuoit  pas  faire  fans  couper  ce  grand  rameau  de  la 
vênequi  va  àla  cuillè»  fansparlerdu  mal  que  l'on  auroit  fait  aux  mufcles  & 
aux  parties  neiucufes,  ^  ainfî  l'hfmorrhagie  auroit  été  fuiuic  d'vne  grande  dif- 
fipation  des  efprits  ^  de  mort  f libite  :  mais  f iippofbns  qu'vn  habile  Chirurgien 
eut  peu  faire  Ces  inc ilîor.s  fins  danger,quel  bien  en  auroit  eu  le  malade?Car  on 
a'auroit  iamais  peu  tirer  tous  les  fragments  des  os  qui  étoycnt  épars  par  les 
mufc^es.-nous  le  voyons  en  la  chair  que  l'onprcfcnte  à  table  ,  car  quoy  que  le 
Cuifiliicr  ôte  diligemment  tous  les  ofielets  qui  font  parmi  >  Ci  eft- ce  qu'en  rai- 
chant  on  en  trouuctoufîours  quclqu'vn  :  &c  les  Praticiens  fçauent  qu'vn  pecv. 
cclat  baille  autant  dcpcnc  qu'vn  grand  &  qu'il  retarde  la  guerifon. 

En  troifiémc  lieu  il  faut  regarder  la  neccflitc  de  faire  ropcraticn  >  cit  ii  r.i 

Âa    ^ 


\î%  Liurc  Second  des 

\c  y  cft  aufc  les  foiCfî,&<]yc  la  partie  la  pcr  mette  Jl  ne  faut  point  la  rcntwfcf:fi 
clic  ne  fcrt  cic  rien, à  q-ioy  bon  roinmentci'  le  patient  î  il  faut  voir  maintenant  Ci 
elle  luy  auroir  ctc  piotîrable  :  Pour  moy  ic  tiens  qu'il  ne  faloit  pas  tirer  dehors 
tous  CCS  os  fracafsés  ,  car  quand  le  cal  vient  à  (c  former  ,  ils  fe  reunidcnt  deic^ 
chef  enfemble  :  ce  que  i'en  dis  n  cft  pas  par  vne  limple  conieélure  ,  car  ie  le 
fçay  par  expeiiencc  ,  ayant  en  mon  cabinet  des  os  qui  ont  été  fracafsés  di  pac 
après  reioints  par  le  cal  &  entre  deux  coftes  ,  dcfqucl les  les  fragments  s'c- 
tants  rencontrés ,  ontcccfibien  reiointes  par  le  cal  qu'on  les  romproirplu- 
toft  ailleurs  qu'en  cet  endroit  :  que  Ci  cela  eft  arriué  aux  côtes  qui  font  feparées 
par  les  mufcles,  pourquoy  non  aux  grands  os  qui  ne  manquent  iamais  d'ali- 
ment, duquel  le  forme  le  cal  ?  Et  pour  leidircen  vn  mot,  comme  nous 
voyons  que  toute  chair  meurtrie  ne  fe  pourrit  pas  &c  ne  fe  conuertit  pas  eti 
pus,  mais  feulement  celle  qui  l'cft  fi  fort  qu'il  n'y  refte  plus  aucun  vaillcau  en- 
tier par  lequel  le  fang  Ôc  les  efprits  puillènt  venir  en  la  partie,il  faut  auffl  dire  la 
même  des  os ,  car  s'ils  ne  font  pas  entièrement  fcparés  de  leur  pcriofte  ils  peu- 
uent  être  derechef  reunis  par  le  moyen  du  cal  :  quefiquclqu'vn  les  veut  arra- 
cher par  force  &  les  feparer  du  période  qui  eft  très  fenfible,il  feroirvne  lourde 
faute  &  mettroit  le  malade  en  danger  d'inflammation,douleur,  reuerie,conuul- 
iîons,&c.Car  comme  les  Médecins  difenttresbien,  il  faut  attendre  le  fecours  de 
la  nature  &  qu'elle  les  fepare  elle  même  ,  c'cft  ce  qui  fait  dire  à  Auicennc,  par- 
lant des  fragments  d'os  qui  refttnt  dans  les  vlccres  ,  Le  meilleur  eft  de  ncfc^ 
hâter  point  de  les  arracher  mais  plutoft  de  lailïcr  faire  la  nature  &  de  l'aider,  & 
vn  pcuapres,Car  quand  on  fe  hâte  Se  que  l'on  les  tire  auec  violence,  alors  il  y 
a  du  danger  de  conuuKîons ,  &:c.  Le  Médecin  donc  &c  les  Chirurgiens  ont  eu 
raifon  de  n'auoir  pas  voulu  arracher  dés  le  commencement  ces  fragments  d'os: 
ic  ne  veux  pas  pourtant  qu'on  croye  qu'il  frille  faire  le  même  au  Crâne  quand 
il  y  a  des  os  qui  piquent  les  membranes ,  car  fclon  l'opinion  d'Hippocrate,il  les 
faut  tirer  aufuit  le  troifiémc  ou  quatrième  iour,  veu  que  fi  on  les  y  lailïe  long 
tcmps.il  y  a  peu  à  cfperer:or  on  peut  reconnoître  par  la  grandeur  du  callus  que 
tous  les  os  fracafsés  n'écoyentpas  fortis  en  nôtre  malade  ,  car  il  eft  de  la  lon- 
gueur de  la  paume  de  la  main,par  ou  il  faut  condurre  que  la  frndure  a  été  de 
cette  longueur  ,  car  la  ouil  n'y  a  point  de  fradure  il  ne  s'y  fait  aufîî  point  de 
cai.En  après  ,  quoy  que  la  fradlure  ait  été  fort  grande  ôc  le  fracas  de  l'os,fi  eft- 
ce  qu'ils  ne  font  pas  fortis  à  proportion  de  la  grandeur  d'icelle ,  car  on  en  a  tire 
vingrquatre,  deiquels  la  nature  en  a  poulsé  quatre  quelques  ^'mois  après 
(outre  ceux  que  ictirayjkfqucls  font  les  plus  grands  ,  les  autres  ne  font  pas 
plus  gros  quvn  pois  ou  vne  lentille  :  or  entre  ces  fragments  qui  font  fortis,  , 
il  n'y  en  a  pas  vn  qui  fe  puilfc  âiufl^r  auec  l'autre  ,  ce  qui  fait  croire  que 
la  plufpart  y  lont  demeurés  &  qu'ils  fe  font  réunis  par  le  cal  :  Il  n'ont 
pas  donc  été  à  propos  de  tirer  tous  ces  fragments  ,  car  veu  qu'il  eft  necellai- 
tc  ,  comme  les  Praticiens  le  fçaucnf  3  que  les  deux  bouts  de  l'os  rompu , , 

que- 


ObferuîtionsChirurgîques.  îg^ 

«ue  ron  veut  rcioindce  >  Te  touchent  auant  que  le  Cal  s'engendre  ,  Se  que  la 
'fraâ:urc  auoit  vnc  paume  de  long ,  la  cuillè  auroit  ctc  fort  retirée  &  diftôrmc 
Cl  on  auoit  arraché  tout  ce  qui  ctoit  fracafsé  :  car  (  dit  Hippocratc  J  c'cft  vn 
grand  deshonneur  dz  vn  grand  nreiudicc  de  rendre  la  cuiirc  plus  courre:  car  li 
cela  arriuc  en  la  main,oii  peut  cacher  le  défaut  &  l'cricur  n'cft  pasgrande,mais 
fi  la  ciiiilc  ikuicnr  plus  courte  ,  le  patient  demeurera  boiteux  ,  car  celle  qui  cft 
faine  cil:  pins  longue  C?(:c.  or  comme  la  plus  grande  partie  des  fragments  tft  dc- 
jTîeurcc  ,?  cela  cil  caufe  que  le  Cal  efk  fort  îk  grand  &  qitc  la  cuilîè  n'a  ctc 
I  trop  comrc  que  de  trois  doigts  en  iraucrs  :  on  prutconnoiîlre  par  là  l'imperti- 
nence d'\n  Chirurgien  Grïlon  qui  au  bout  de  dix  mois  confeilloic  au  malade 
qui  croit  allé  aux  Bains  de  Pfefter ,  de  ramollir  le  Cal  par  iks  médicaments  «Se 
le  rompre  derechef  pour  couper  auec  des  Tenailles  ce  qui  palfoic  ;  car  le  Cal 
éroit  en  ce  temps  Ci  tort  qu'on  auroit  plutoft  rompu  la  cuilîè  ailleurs  qu'en  cet 
endroit  :  H  me  tomba  entre  les  mains  il  y  a  quelque  temps  vn  os  rompu  Si  en- 
tièrement fracafsé  trois  mois  après  la  fiadure  :  i'ay  voulu  elFaycr  d'amolir  le 
-Gai  par  des  fomentations ,  décodions,  huyles&  f^mblablesemoUients,  mais 
en  vain  ,  car  il  n'y  a  eu  aucun  homme  fi  fort  qui  ait  peu  rompre  ce  Cal  auec 
les  deux  mains:  ie  garde  cet  os  eu  mon  cabinet  :  ces  Charlatans  donc  le  vantent 
à  tort  de  pouuoir  amollir  le  Cnl  long  temps  après  qu'il  eft  fait  &  en  fuite  le 
rompre:  tk  on  ne  fçauroit  trouuer  aucune  trace  de  cette  Opération  dans  Hip- 
pocrateniGalien,  au  contraire  il  éciir  ainfîau  jiure  des  fradures,  Si  dit  il,  l'os 
de  la  cuilîè  eft  rompu,il^hiut  faire  vnc  plus  grande  extcniîon  afin  qu'il  nefoit  pas 
defcducux  :  car  c'eft  vn  grand  des- honneur  &  prciudice  de  le  faire  trop  court 
&c.  .Se  vn  peu  apres,Paitantil  lera  plus  à  propos  Ci  quelqu'vn  a  cré  mal  pensé, 
d'auoir  les  deux  cuilfes  rompues  qu'vne  feulcjCar  ain/i  le  conrrcpois  y  fcratvous 
voyés  qu'Hippocrate  ne  dit  pas  vn  mot  de  ramollir  &  rompre  le  Cal  :  i'a- 
uoiie  bien  auec  Paré  liu- 15.  ch.15).  que  l'on  peut  le  ramollir  au  commencement 
du  mal  auant  qu'il  foit  endurci,  fi  les  os  n'ont  pas  été  bien  remis,  ik  les  remets 
rre  par  après,  mais  auec  diilinClion  qu'il  n'y  ait  ni  tumeur  ni  inflammarion,car 
ilfaurôter  cqs  empêchements  auant  l'Opcracion  :  mais  s'il  cft  déia  perrifié, 
pour  parler  auec  Vcfal,  i'eftimc  cju'il  n'y  faut  point  toucher  car  ctla  attire  &  des 
grandes  douleurs  &c  ii)fiammaiions,quelquefois  la  mort:Paic  &  Llïènius  tien- 
nent le  même  langage  ;  ôc  afin  qu'on  ne  crojr^  pas  que  ce  foit  vne  inuention 
nouuelle,  voici  que  dit  Auiccnne,  Quclqncfois,dii-ii,vne  Fradure  eft  remife 
mais  non  comme  il  faut ,  partant  il  tll  nccclîaire  de  rompre  derechef  &  que  le 
Rcftauratcur  lâche  la  dilpoïition  du  Cal  qui  a  reftaurc  l'os  ,  car  s'il  eft  o-rand  ■ 
&fort,  il  ne  doit  pas  entreprendre  de  le  rompre  vnc  féconde  fois,  vcu  que 
peut  cftre  ne  le  rompra-t'-il  pas  ou  il  a  été  rompu  premièrement  à  caufe  de  fa 
dureté  du  Cal  :  mais  en  vn  autre  lieu  ,  ôc  Albucails  ,  qumd  vn  membre  de- 
meure contrefait  après  qu'il  eft  guéri  &  qu'il  demeure  quelque  cmincncc  en  l'os 
qui  a  êtc  rompu  ou  quelque  nœud  qui  ie  rend  dilforme,s'il  ne  laillc  pas  de  faire 

Aa  3 


fço  Lime  Second  des 

ù  fonction  naturelle,  garnie  coy  bien  de  faire  comme  ces  împerjtînents  Medc- 
clns  qiii  le  rompci^t  deredicf  après  qu'il  eilgucri  ik  remis  en  fa  place  :  car  il 
s'cnnouue  qui  Ibnt  li  focs  que  de  faire  cela  ,  qu'cfl:  vp.e  aârion  ccmcrairc  qui 
perd  fouuem  quelque  membre  «Se  quelquefois  la  pcilonnc:  Bruno  a  auffi  ccc  de 
tt^ttc  opinion  ôc  pluiîeurs  aurrcs. 

Mais  pour  rerourncr  à  nôtre  malade ,  nous  auons  dîrque  des  le  commence- 
ment il  fut  il  débile  qu'il  WlFoic  aller  les  excréments  :  certe  infiimitc  fc  conucr- 
m  en  vn  H  us  hépatique  qui  duia  quelques  iours  ,  mnfs  à  ion  âuantage  quov 
qu'elle  luy  donua  de  la  fâcherie  ;  car  par  ce  moyen  (on  corps  qui  cftoic  icm- 
j'ii  d'obili-udions  principalement  au  Foyc,à  la  Rate  61:  au  mclcntere,fut  diliurc  -» 
dw  ces mauuailes  humeurs,^  la  fièvre  continue  diminua  :  m.ais  fa  cuilïc  en  9 
foiihit  beaucoup  à  cauie  de  l'abondance  des  humeurs  qui  tombèrent  dcihis, 
czz  elles  y  dcccndoyent  rcliement  à.  la  foule  qu'il  y  vint  vue  proviigicuîe  enfiu- 
ïcprincipaiemenraurourdu  genoiiil,  &  pour  preucnic  que  cette  abondjuçc 
iVcteignii;  h  chileur  naturelle  comme  auiîî  pour  donner  iliue  aux  icrodtçs,  on 
y  appliqua  quatre  Cautères  poretiriels  »  deux  à  côte  de  la  palette  ,  les  deux  A.\tr 
ires  vers  le  iai-rer,aliauoir  vn  au  dedans  du  gras  de  la  iambc  ôi  l'autre  en  de- 
hors :  ils  rendoycnt  vije  li  grande  abondance  de  matière  que  la  iambecn  dés- 
enfla exrreraemerjc  :  or  comme  on  commençoir  à  bien  eiperer ,  voici  vn  nou- 
iiel  ennemi ,  car  le  quatrième  iour  après  l'application  des  Cautères  ,  la  natu- 
re voulant  entièrement  Ce  décharger  par  là  »  mais  ne  pouuant  pas  à  caufe  que 
ïe  pallàgc  ncftoit  pas  afsés  large ,  les  humeurs  fureur  lî  fort  cmncs  dans  toul 
le  corps,  qu'eftantiurucnu  prcjuicrement  vue  violente  douleur  en  toute  la  cuil- 
ie,  laficvrc  vint  à  s'allumer  derechef  &  les  humeurs  y  dçcendirent  encorend 
grande  abondance  que  chacun  âprchenda  que  la  Gangrené  n'y  vint  :  le  Méde- 
cin \^  lesChirurgiens  recommencèrent  à  faire  leurdeuoiren  le  purgeant  à  re- 
|)rifes  iaignant  au  bras ,  fcarifiant  la  cuiiFe  &:  mettant  des  médicaments  topi- 
ques i'elon  la  ncceflitc  ,  par  le  moyen  deiquels  il  futdeliurc  de  tous  les  (ymp- 
tomes  ôc  du  danger  de  la  Gangrené,  ils  reprirent  après  leur  première  bri- 
sée. 

Dés  le  commencement  du  mal  iufquesau  lo.  d'Avril  allàuoîr  neuf  mois  du- 
rant ,  le  malade  ne  futquad  iamais  fans  fièvre  ,  elle  fut  continue  au  commen- 
cement durant  quelques  iours  ,  en  après  tierce  quelquefois  limple  quelquefois 
double  ;  &  quoy  que  parla  diligence  defon  Médecin  clic  donnoit  quelque  re- 
lâche comme  d' vue  femaîne  ou  deux.  Ci  rcuenoit-elle  incontinent  :  &  outre 
lesdiuej:s  accidents  qui  le  mol eiloycnt ,  il  en  furuint  vn  autre  bien  fâcheux 
au  mois  de  Nouembre.allauoir  vnc  faim  infatiable  aucc  vue  grande  morfure  iic 
rongement  de  l'orifice  de  l'eftomach  ,  Tappctitelloit  h  cxceflif  qu'on  ne  le 
pouuoitralïàfier ,  car  quoy  qu'il  fit  pour  le  moins  cinq  bons  repas  en  l'efpace 
de  vingt-quatre  heures ,  iieft-cc  qu'il  perdoit  patience  de  l'vn  à  l'autre  ,  mais 
par  comie  il  n'cftoit  pas  beaucoup  altéré .'  ilretcnoit  la  viande  ôc  la  digeroit 

bien 


Cbfcruatîons  Chirurgiqucs,  vi 

>icîv  ayant  er.  cette  faim  ^^louronac  vn  mois  cnacr ,  il  tomba  dcicch;f  en  vue 
!ncvreticrccquii'.-ir:aqui  aucc  vji  violent  vomiilcmcnr,  il  y  eut  aiiiri  rtuciic, 
^^rmiJc  inquicrudcaiiec  veilles  :  elle  le  touimciiti  fort  deux  mois  dLirant,mais 
jcpcndant  il  pjidir  cnricrcmcni  cette  faim  :  la  lîcvie  ayant  cefsc  il  commença 
ï  tomber  dcsfr.igmcnts  d'os. 

Maii  la  mala^iic  tirant  cncor' en  longueur  ,  le  Pcre  du  mal-de  voulut  que 
i'aililk  de  Payaneà  Bourg  pour  le  voir  ou  i'arriuay  le  quatrième  Aaril  :  6c  le 
rrouuayencor  dans  vnccouehetcclaqixllciln'auoitpas  cncor  osé  abandonner 
:ant  à  caufe  de  la  foibleire  de  fi  cuiiie  que  de  la  ficvrcquPfe  rcueilloit  à  la 
moindre  occanon  :  ayant  bien  même  de  la  pcne  de  le  foulcuer  quand 
Ion  valet  vouloir  gliiler  le  bafîin  (oiis  liiy  ,  il  y  auoitrrois  vkcles  ,  l'vn  en  la 
partie  iatcrnedela  cuillè  tk:  les  deux  autres  en  dehoiSjdcfqucls  Tvn  auoit  été 
fait  par  la  baie  &  Ic^  deux  autres  par  la  nature  qui  vouloit  chalïèr  les  frag- 
ments des  os  :  On  trôuuoit  en  tous  àcs  os  dccouucrts  quand  o«  y  mettoit  la 
Sonde  ,  le  gcnoiiil  êtoitquafi  immobile  (3<:  le  pic  ctoit  tourne  en  dedans  vers 
le  Talon. Quelques  iours  après  nous  confulcâmes  enfemble  *?<:  trouuâmes  à  pro- 
pos, premièrement  le  changement  de  l'air»  car  comme  celui  du  Bourg  &  princi- 
palement delà  Citadelle  ell  fort  humide  i3c  malfain  àcaufc  des  maiets  qui l'cn- 
uiionnent ,  nous  crûmes  que  ce  changement  ne  luy  pouuoit  être  quefalutai- 
ic:  i.  qu'il  fe  feruiroit  des  remèdes  neccllaires  contre  les  oblhuclions  ik  qui 
pcuucnt  fortifier  les  parties  nobles:  Il  prit  donc  refolution  de  s'en  aller  à  Soleur- 
re  &  tandis  qu'il  fe  preparolt  au  voyage  ,  ie  fis  vn  tour  à  Lyon  pour  confulter 
quelques  Médecins  fur  vn  cas  fi  diâicilerle  pris  l'âuis  de  Meilleurs  laques  Pons  ôc 
Philibert  Sarrazin  lefquels  aprouucrcnt  ce  que  nous  auions  délibère  à  Bourg  & 
auec  le  changement  d'air  luy  confeiilerciic  l'vlage  des  Bains  3c  des  eauxaigresûl 
lortit  donc  de  Bourg  en  litière  le  icAvril  i^o^.Èt  faut  remarquer  que  des  le  len- 
dcmain  du  dé,  art  on  commença  à  remarquer  du  changement  en  mieux,  car  il 
reprenoit  tous  les  iours  i'apperit  ic  les  forces,  tant  elt  efficace  vneboune  con- 
ftitution  d'air  le  15.  du  même  mois  nous  ariiuamesà  NeufChafteloùnous 
nousarrctam.es  quelques  iours  pour  dclallèi  le  maladcjSc  ayants  pafsé  les  lacs  de 
Neuf  Chaftel  &c  de  Bienne  noui  eijtiames  dans  l'Ar  qui  nous  mena  à  Soleurre, 
où  ie  voulus  que  le  malade  commença  à  fe  poui  mener  âpuyé  fur  des  potences, 
iSc  la  chofe  rcuilit  comme  ie  l'auois  (ouhairtc>car  vn  peu  après  il  monta  à  cheual 
&  commiCnçaà  fe  promener  auec  le  bâton:  k  fus  d'auis  qu'en  attendant  le  tems 
propre  pour  aller  aux  Bains  ou  aux  eaux,  il  le  icnuic  de  médicaments  apéritifs 
qu'auoit  ordonné  le  Médecin  de  Bourg  ;  mais  Je  malade  ayant  voulu  fe 
feruir  d'vne  deco<5iion  vulnéraire  (^par  le  confeil  d'vn  certain  Gentil-homme, 
laquelle,  à  fon  dirc,faifoit  des  meiueilics  pour  chalîcr  les  os  J  faite  exfanicHla, 
Alchymillaypyrola,prHnellaySabina&c.  cuites  en  vin,  ic  le  lailTày  entre  les 
mains  jJ'vn  Barbier ,  6c  après  i'auoir  purge  ie  me  retiray  :  il  en  beuuoit  trois 
foisleiour  iîi.cn  Jauoic  fa  Playe  mettanc  encor  par  delTus  vn  linge  double 


i9t  Liure  Second  des 

rircmpc  en  îcelle:  maïs  il  ne  s'en  peut  feruir  que  l'efpace  de  20«  îours  parce  qu* el- 
le luy  nuiloit  comme  ie  luy  auois  predit,car  telles  décodions  Tonc  conciaircs  à 
ceux  qui  ont  des  obllrudions  à  caufede  leur  vercu  adftringrntc  &c  dclîccatiuc 
laquelle  retient  les  humeurs  dans  le  corps  :  voyant  le  pieiudice  qu'elles  lujf 
portoyent,  il  m'ccriuitpour  fcauoirde  moy  en  quels  Bains  il  dcuoic  allergie  liijr 
confcillay  ceux  de  PfcfFer  defquels  i'elperois  double  bencficc,  vcu  que  non  feu- 
lement ils  font  bons  contre  lcsobftru(5tions&pour  forrilier  les  parties  iioblesj 
mais  auflî  fortifient  à  mcrueilles  ks  nerfs  ôc  les  parties  nerueu(cs  &  les  ren* 
dent  Toupies  ,  en  vn  mot  ils  font  des  mciuciilcs. 

Mais  il  faut  examiner  pour  quelle  caufe  il  a  vue  Ci  grande  péac  à  remuer  lé 
genoiiil  &:  fi  les  cautères  que  ion  y  appliquacn  peuuent  être  caufe:  dcrc.hcf 
pourquoy  c'eft  que  le  malade  à  receu  û  peu  de  bénéfice  des  bains  au  gcnouil  Si 
en  la  cuilïè:  le  mouuemcnt  des  iointures  fe  fait  par  ie  moyen  des  nerts>dcs  mul^ 
des,  des  tendons,  ligaments  &  d'vne  humeur  gluante  qui  eft  dedans  Li  ioitirure 
même  •  ii  les  ligaments  qui  afièrmiircnt  la  ioinruiCj  ou  it  l'appendice  des  os  eft 
rongée  3c  0.  cette  humeur  vifcîde  s'ccoule,la  ioinrure  perd  eiiticrcmenc  le  mou- 
uemcnr:  Si  les  nerfs  &  miifcles  font  offcnccs,il  n'ctl  pas  necclîaiic  que  le  mou* 
uemcnt  foir  entièrement  perdu,  mais  il  y  a  de  la  dcprauation  .•  en  notre  malade 
ni  les  ligaments  n'ont  êtc  rongés,  ni  cette  humiCur  n'a  été  perdue ,  n'y  ayant  k 
prefenr  aucune  tumeur  Ôc  tout  le  portant  bien  autour  du  gcnciiil  :  quintaux 
Cautères  potentiels,  il  faut  remarquer  qu'ils  ont  été  nppli.|  lés  lors  que  le  gc* 
noiiil  êtoit  le  plus  enflé,  veu  donc  qu'alois  la  peau  ctoic  ctcn^^.ue  6c  cleuce,- 
iicft  împofTible  que  leur  faculté  cauftiqtic  &  brûlante  ait  pénétré  iufqucs  auK 
parties  nerueuics ,  il  faut  donc  rapoi  ter -cette  incommodité  en  p.irtic  au  Cal 
&  en  partie  aux  mufclcs,  au  Cal  ,    parce  qu'il  nuance  citrcm:;mcnt  en  dcuant 
&  y  fait  comme  vh  arc;  aux  mufclcs,  parce  que  le  fcpriême  3c  hmièm:  de  ceux 
qui  remuent  la  cuiiïè  dccendent  par  là,  Icfqucls  font  cleuésaucc  les  acifi  par  le 
Cal  qui  auuncc  ttop  ,    à  caufe  dequoy  le  geiiouil  ne  peut  pas  k  ployei:  a  quoy 
faut  âiouter  que  les  mufclcs  ik  les  nerfs  ont  été  dechiiés  par  ia  baie  &  par  les 
fragments  des  os  :  il  ne  faut  pas  donc  s'étonner  fi  le  malade  a  ixcnu  li  peu  de 
foulagcm.entdetaiit  d'oignements  emollitifi,  reiolutifi  ci'c  corroborarif.,  com- 
me auffi  des  Bains,  car  fi  la  caufe,  aflàuoir  Textubcrancc  de  l'os  &  du  col ,  n<î 
peut  pas  erre  ôtcc,  comment  efl-cequc  l'effet  fera  ôuc.''nejntmoins  comme  cela 
a  beaucoup  ferui  à  diminuer  le  Cal,au{îi  le  malade  déployé  iS:  mci-.e  le  genoUil 
plus  facilement  :  quant  à  ce  que  î'ay  dit  que  les  Bains  luy  ont  peu  ferui  ,    il  le, 
faut  entendre  qu'ils  n'ont  rien  fait  à  l'égard  des  fragments  qu'ils  R!onr  pas  chaf- 
sé,carquantà  la  corroboration  des  parties  nerueufes,  ils  ont  fàitci\  forte  que  le 
malade  eft  reueuu  à  chenal  des  Bains  au  lieu  qu'il  y  auoir  été  mené  en  Liti^  re. 
Il  y  alla  au  commencement  du  mois  de  luillet,  ayant  ;  ris  à  Zurich  en  pai^ail^  : 
«les médicaments  purgatifj  qui  Iny  furent  ordonnés  par  vn  Médecin  ,  mais  forf   ' 
cftomach ,  qui  auoitétc  rendu  foibie  dans  le  voyagejiic  peut  pas  les  retenir.-" 

eflant 


Obferiiations  Chîrurgiqucs.  j^^ 

étant  dcccndu  dans  la  grote  ,  la  nature  fut  incontinent  émue  &  le  ventre  fe  dé- 
boucha pour  quelques  iours  auec  grand  foulagcmcnt  ;  il  y  demeura  vint  &  vn 
îours:  le  premier  il  y  fut  trois  heures  ,  le  fécond  fept,  le  troidéme  dix  &  aînfi 
il  fe  baigna  tous  les  iours  montant  iufques  à  fcize  heures  :  quelquefois  il  n'en 
fortoit  pas  de  z4.  heures,  y  prenant  Ces  repas  &  dormant  aflîs  :  il  garda  vn  bon 
régime  deviure  pendant  tout  ce  temps  Se  mêmes  après  qu'il  fut  de  retour,pre~ 
nant  quelquefois  vn  peu  de  Confection  d'ALkermes  auec  de  l'eau  de  Canelle  k 
iîcun  pour  fe  fortifier. 

Cependant  qu'il  êtoit  aux  Bains  il  fit  venir  vn  Chirurgien  d'vn  Bourg  voifia 
^ui  luy  confeilîâ  de  dccouurir  l'os  de  côte  &:  d'autre  de  la  cuilïc  ou  auec  le  Fer 
xihaudou  auec  le  Rafoir  ôc  qu'on  le  rompit  derechef,  raclant  le  Cal  auec  vnc 
rugîne  outre  vne  infinité  d'autres  impertinences:  mais  ie  rcprefentay  au  malade 
J'abfurdité  de  ces  Opérations  par  les  raifbns  que  i'ay  amenées  ci-dcirus. 

Comme  il  fut  de  retour  à  Soleurre,  ie  fus  derechef  demandé  ôc  y  allay  le  ii. 
de  Septembre,  ie  trouuay  le  malade  bien  conftituc  en  dedans  Se  comme  fain, 
■mais  il  y  auoit  en  la  cuiilè  &  autour  du  Cal  quatre  vlccres  fiftuleux  ,  étroits  8c 
calleux,  ce  qui  étoit  caufe  que  les  fragments  des  os  n'auoyent  pas  été  poufsés 
.dehors  par  les  Bains,  car  ces  Vlceres  deuoient  auoir  été  élargis  auparauant  Se 
les  callofitcs confumces,  2>c  parce  quecelan'auoitpas  été  fait  par  ks  medica- 
jncnts  auant  qu'il  entra  aux  Bains  6c  qu'on  ne  pouuoitpas  l'efpcrcr  d'iceux  ,  il 
nefaloit  pas  croire  que  la  nature  le  fii  ;  on  remarqua  auec  la  fonde  en  tou« 
^cs  Vlceres  que  les  os  croient  découuerrs;  IVn  d'iceux  croit  au  dedans  de  la 
.cuiffc,  les  trois  autres  en  dehors  de  cette  forme  ôc  grandeur  iJ^r/  UfgHre  i.  de 
U  4.  TAbie, 

Il  y  auoit  de  diftance  d  puis  Alufqu  à  B  vii  pouce  ôc  demi ,  de  B  à  C  quatre 
pouces  :  J'entrepris  ainfi  ia  Cure ,  premièrement  ie  luy  baillay  vne  potion 
purgariue:  le  Iendcmai1-n5.de  Septembre  ie  le  faignay  au  bras  &  tirayenairon 
cinq  onces  de  fang:  le  qu.uorzicmc  ie  mis  ds  monCauftic  depuis  A  iufques  à 
fi  l'Efchare  étant  faite  ic  mis  delfus  deijx'foî^  le  iour  de  ce  DJgcftif  IfL.  cera 
noHit  5  li.  Terebinth.  lou  inacf.  rcf.oL  fofar.araygd.  dulc.  é"  de  v'itelUs  ouor.  an, 
^  ;'.  gummi  elemi  3  t].  dtJJoUie  ler>t:jjlm\içnj/ (jr per  linteum  cola  ,  adde  croci/ùif' 
tUiffimè  trm3  i\.  "yiitelhtm  vnitis  oui  m.  pvn^Henmm  :  le  leizicme  ie  coupay 
l'efcarc  auec  la  lancette  &  dccouuiis  vnfragment  d'os,    mais  comme  ie  re- 
connus qu'il  étoit  grand  &c  qu'il  s'étcndoit  iufques  à  l'Vlcerc  C,  quelques 
iours  après  ie  mis  du  Cauftic  depuis  B  iufques  i  d   Ôc  faut  remarquer 
que  la  peau  &c  la  ïchaîr  qui  couuroit  ce  fragment  d'os  étoit  fi  dure  Ôc  cal- 
leufequc  le  Caullic  ne  pouuoic  pas  la  percer  quoy  que  i'en  mille  en  quantité 
&fouuent,  neantmoins  pat  la  force  delà  nature  (^  des  médicaments  ce  fracr, 
ment  d'os  fe  dérachoit  de  iourcniourd'auantage,  en  fin  ie  commençav  tous 
les  iours  vne  fois  ou  deux  à  empoigner  l'os  auec  la  Pincerte  en   la  marque  A 
de  la  figure  fuiuante  îkàlcfccouër  doucement,  ce  qu'ayant  coatînuc  oue-- 

'   Bb 


i94  Liure  Second  des 

ijiics  ioursii  fut  tellement  cbranlc  Se  fcpare  que  ie  le  pus  ai  cacher  fans  douLui* 
ni  violence  le  15.  Septembre  ,  voici  la  figuic  ôc  grandeur  de  cet  es,  '•joyés  la  fi- 
çure  X.  en  la  Table  4. 

A  A  la  partie  de  l'os  qui  regardoit  le  haut  de  la  ciiiire. 

B  la  partie  qui  étoit  du  coté  de  la  mou'cllc  entièrement  raboteufe  S>c 

inégale. 
C  la  partie  de  l'os  en  dehors  qui  ttoic  égale  en  quelques  endroits  Se  aprc 

en  des  autres. 
D  D  la  partie  de  l'os  qi;i  regarde  le  gcnoUil. 
Il  faut  remarquer  qu'en  agiraiir  l'os  il  lurucnoit  de  iî  grandes  Couleurs  que 
les  valets  qui  luy  tenoyent  le  pic  rcm.arquoycnt  vn  certain  tremblement  de 
nerfs  au  talon  :  aux  premiers  iours  cette  douleur  ne  palfoit  pas  le  genoiiil ,  mais 
enfin  elle  vint  iufqu'au  talon  »3«:  aux  doigts  des  pies,  de  forte  que  ie  n'ofois  faire 
aucun  etfort  en  rébranlant ,  craignant  qu'il  ne  furuint  quelque  conuuliion 
ou  qnclqu'autre  accident ,  veu  que  le  malade  êtoit  fort  délicat  6c  fenfible  :  ce 
qui  fait  queie  ne  puis  pas  comprendre  comme  ces  Chirurgiens  auroyent  peu 
venir  à  bout  de  jeurs  Opérations  £  violentes  (3c  doloureufes  fans  l'auoir  mis  en 
danger  de  la  vie. 

Ayant  tiré  l'os  qui  êtoit  en  l'Vlcere  depuis  B  iufques  à  C  on  trouua  vn  finus 
tortu  &  couuert  d'vne  certaine  fubftance  Calleuie  dans  lequel  étoyent  cachés 
quelques  petits  os,  &  preuoyant  que  i'aurois  delà  pcne  à  ronger  ce  Cal  auec 
le  Cautère  potentiel  ,  que  d'autre  côté  le  malade  ne  pourroit  pas  endurer  le 
Rafoir  ou  le  Cautère  adtucl ,  ie  m'âuiiây  d' vn  autre  expédient,  aiïàuoir  de  cou- 
per cette  chair  Callcufc  auec  le  filet  pour  pouuoir  découurir  ce  Sinus  :  ie  pris 
donc  vne  Sonde  d'argent  courbe  à  laquelle  i'attachay  vn  filet  fouuenc  doublé, 
lequel  fis  entrer  par  l'Vlcere  marqué  en  la  figure  fuiuante  C  &  fis  pafTer  le  filet: 
pour  le  faire  plus  doucement ,  «Se  de  peur  que  la  Sonde  ne  piqua  la  chair  & 
ainfi  caufâ  de  la  douleur,  ie  fis  entrer  d'vncôté'ia  Sonde  à  laquelle  le  filet 
êtoit  attaché  &  de  l'autre  vn  C  ondu(5lcur  par  lequel  deuoit  palïer  la  Sonde 
comme  on  le  voit  en  li  figute  fuiuanre  ,  car  fi  ie  ne  me  fullè  ierui  du  condu- 
â:eur,ie  n'ullè  iamais  pu  taire  entier  la  Sonde  à  caufe  de  la  tortuofité  de  l'Vl- 
cere ,  comme  iel'auoistirayc  inutilement  auparauant,  Foyés  la  figur.^,  de  la 
4.  Table. 

A  lapattie  inférieure  de  l'Vlcere  près  le  Genoiiil, 

D  la  partie  fupeiicure  vers  la  Cuiirc 

F  la  Sonde  qui  tire  le  filet  i  elle  doit  être  dclice  &  faite  d'argent  afin 

qu'elle  puilîe  ployer  : 
C  le  Conducteur. 

Dés  la  fupcrficic  de  l'Vlcere  iufques  à 
E  ''-  l'Vlcere  auoit  deux  pouces  de  profondeur 
C  B  font  les  Vlcercs  filluleux  *iai  penccroycnt  iufques  à  ce  finus  tortu. 

Ayant 


Ob/êruations  Chirurgiquc?.  i^j 

A))antfdit  palier  le  filet  par  IVlccre  C  iuiques  à  lYlcere  B  il  le  faloit 
ferter  tous  les  iours  afin  qu'il  coupa  la  chair  :  pour  le  faire  peu  à  pc4 
3c  /ans  douleur,  i'inuentay  cet  Inllrumenc  que  i'appliquay  le  ly.dumcmc 
mois.  Voyés  la  ^-fig-  de  la  4.  Talrle. 


Explication  an  fufdit  Inflrument. 

A  A  Vne  lame  d'argent  afscs  mince  afin  qu'on  la  puillè  manier  &  coui- 
ber  fclon  la  figure  6c  fituation  de  la  partie. 

îî  vu  bois  quarrc  mis  au  milieu  de  cette  lame  en  laquelle  il  y  a  fix  troux 
par  deux  defquels  pafiè  le  filet ,  les  autres  feruent  à  tourner  le  bois 

C  C  font  deux  foufticns  qui  portent  les  bâtons. 

D  vne  Roiic  attachée  au  b<âron  : 

E  vn  rciFort  d'acier  qui  entre  dans  les  dents  de  la  roiie  Tvne  après  l'au- 
tre en  la  tournant  auec  le  bâton  : 

ia Roiie  «5c  le  relTort  empêchent  que  le  bâton  ne  fe  débande  &  retourne  en 
arrière  3c  que  le  filet  ne  fe  relâche. 

F  F  vn  Bandage  pourtourner  le  bâton- 

G  marque  le  fil  retors  lequel  doit  être  mis  de  telle  façon  en  l'Vlcerc 
qu'il  face  vn  X  ou  bien  fe  croife  au  milieu  :  la  pàitic  du  filet  mar- 
quée K  dgit  entrer  dedans  le  trou  \  l'autre  partie  du  filet  marquée  H 
dedans  le  trou  marqué  2, 6c  attachée  au  bâton  : 

cette  croisée  du  filet  eO:  fort  necciraicè,  car  elle  fait  comme  vn  demi  nœui 
fous  la  Ume  3c  par  ce  moyen  il  coupe  plutôt  la  peau. 

LL  des  Trous  pai  le  moyen  defquels  on  fait  palFcr  de  côte  Se  d'autre 
des  bandes  marquées  M  Mqu'onattache  à  l'indrument 

N  des  Trous  par  kTqucls  pafll-  le  cordon  marque  O 

■  Ayant  ainfi  appliqué  l'Liftrument  &  attaché  far  la  partie  par  ces  bandes 
marquées  M  M  ,  ie  tournois  le  bâton  trois  ou  quatre  fois  le  iour,  ainh  le 
filet  ferroit  peu  à  peu  la  chair  laquelle  il  coupa  enfin  fans  doulaur.'  Tandis  que 
iemeferuois  decct  Inftrumcat  ie  m(  trois  fur  l'Vlcere  du  charpy  trempé  au 
Digeftif  marqué  ci  delFus  3c  par  delKis  l'Emplâtre  Diuin  :  i'oigais  route 
ia  cuillè  3c  l'os  lacrum  deux  fois  le  iour  chaudement  auec  ces  huyles  ^.  0/. 
lumbric.vulpin.  aneth.  rofir.  an.^'y  oL  de  vitell.  oHor,  &  amygd.  d*  pirigned. 
hum.  an.  ^  /  (?.  m.f,  Itnimentum  :  étant  vn  iour  fui  uenu  de  la  douleur,  ie  mis  ce 
Cacaplafme  !^.  far.fnhar.  5  iv.far.frnugr.  &fem.  Uni  an.  5  iv.  ptiln.  fera,  cy- 
don.  'f^  l\.puU.  rofar.  camom.m.'lilot.  an.'^  fi,  co^uantur  cnm  Decotio  rad.  Alth.^ 

\    Aàdetnpns  Butyr.  rec.  ol.  rofac.  4n.  ^).  vicell.  OHor»?iHm.ij.croci pnlit.  9  ;'].;». 

i    ealiâe  applica, 

Bb  2. 


t^4  Liure  Second  des 

Le  50.  de  ScprembiTC  toute  cette  ch-uicallrafe  ayant  ecécouf  ce  par  le  filet, 
iedccouuriscncor  aiiec  la  for»  ic  des  fragmcn:s  d'os  au  f  jnd  de  IVlcere,  ce  qui 
m'obligea  à.y  mettcc  de  la  poudre  Ca[agmarique  qui  tire  du  dedans  au  dehors 
toute  lamarieie  «i?^  ce  qu'il  y  a  d'étrange  daiis  les  Vlceres  &  par  dclfus  l'Em- 
plâtre Diuin:  Sur  le  commencement  d'Odobrc,  le  malade  ayant  eu  vne  Diar- 
rhocc  qui  le  déchargea  des  «iauuaifes  humeur,ic  luy  ouuris  la  vcnc  du  bras  gau- 
che pour  ôrer  le  fang  mclancholic,  ce  qui  luy  profita  grandement. 

Or  comme  l'entrée  par  laquelle  on  decouuroit  auec  la  fonde  ces  petits  os» 
ctoit  fi  étroitte  qu'il  ctoit  impoflible  que  les  fragments  palfaircnt  par  là' ,  par 
confequent ayant  befoin  d'être  élargie,  îe  mis  le  8. 5).  &  10.  de  ce  mois  vn  on- 
guent efcharotic  lequel  ayant  fait  l'cfcare,  ic  mis  du  Digeftif  &  autres  Anodin» 
iufqu'à-cequcl'cfcare  fut  tombée:  le  15.  ie  tiray  vn  fragment  d'os  de  cette  fi?» 
gure  &c  grandeur ,  en  après  ic  mis  vne  éponge  préparée  auec  Emplâtre  de  Bc-  ; 
toirie  de  peur  que  les  Icures  de  l'Vlcerene  vinlTcntà  fc  fermer  :  voyés  Ufi^ur.  5,  , 
de  la  4.  Table. 

Le  même  iour  fur  le  foir  i'en  tiray  cncor  vn  de  cette  grandeur  >  vc)éj  lafigttr. 
i.  de  la  4.  Tahle. 

Il  femble  que  iufqu'à  prcfeat  ie  n'ayc  point  tenu  de  conte  de  l'Vlcere  qui 
ctoit  au  dedans  de  la  cuilîè  ,  &  ie  l'auGu.,  car  le  fragment  de  l'os  que  l'on  de- 
couuroit auec  la  fonde  étant  fort  grand  &  attaché  bien  ferme,  au  contraire 
rvlcerc  étant  profond  5<:fiftnleux,  il  cftoit  impoflible  de  le  tirer  dehors  qu'il 
n'eut  été  dilate  ,    mais  cette  dilatation  ne  pouuoit  pas  être  faite  à  caufe  d'vn 
grand  vaifTcau  delà  vcne  cauc  qui écoit proche  :  ce  qu'ayant  fait  entendre,  on 
demeura  d'accord   que  l'on  continueroit  à   pençer  les  aatres  Vlceres  auec 
toute  la  diligence  poffible ,    mais  qu'en  celui-ci  on  ne  de  feruiroit  que  de  la 
Curepaliiaiiue ,  laiifant  plutoftfairei  la  nature  que  de  mettre  le  malade  en 
danger  :  mais  pour  empêcher  que  le  Pus  ne  s'amalîà  autour  de  cet  os  &  ne 
fit  quelque  accident,  i'y  mis  tous  les  ioursvne  tente  auec  la  Poudre  catag- 
marique  &  l'Emplaftre  Diuin  par  delîus  :  Or  après  que  i'cu  tire  ce  dernier  os 
ôc  ayant  confideré  qu'il  n'étoit  pas  éloigne  de  Celui  qui  étoit  en  la  partie  in- 
terne de  la  cuiiîè  ,    i'y  mis  encor  VK  peu  de  mon  Onguent  Efcharotic  vers  le 
fond  de  l'Vlcere  quieftoit  fort  profond  auec  du  Charpy,  rcmpliflànt  le  reftc 
auec  des  éponges  préparées  trempées  en  des  Onguents  anodyns  :   l'efcbarc 
étant  faite  ,  i'y  mis  du  Digeftif  iulqu'à  ce  qu'elle  fut  tombée ,  &  derechef  de 
lOngucnt efcharotic ,  tant  que  1  on  commença  à  voir  par  l'Vlcere  externe 
les  ollclers  que  l'on  fentoit  auec   la  fomie  dans  l'Vlcere  interne  :  i'oignis  ce- 
pendant toute  la  cuifTe ,  la  iambe  ÔC  l'os  facrum  auec  les  huyles  Anodyncs  que 
i'ay  décrit  auparauant  &  par  dcllùs  vn  Cataplafme  Anodyncs  :  Il  vfà  auflî 
«l'clcdtuaires  pour  fortifier  les  parties  internes  :    Les  olTclets  eftants  defcou- 
ucrtS9   ic  rais  tous  les  iours  vne  tente  couiicrte  de  Poudre   Catagmati- 

quc 


Obreruations  Chiriirgiqucs.  i»7 

Caragmanqne ,  la  fourrant  doucement  dcirous  l'os,  afin  que  parle  moyen  de 
r^ponge  ,  l'os  fut  poufsc  peu  à  peu  en  haut  pour  le  pouuoir  en  fuite  âtrapcr 
auec  quelque  pincette  ou  crochet,  le  ii.du  mois  pençant  la  playe  après  fouper, 
ietiray  deux  fort  petits  fragments,  remettant  des  tentes  d'cpongc  auec  delà 
même  poudre:  le  z  2.  en  prefcncc  de  Nobles  Ican  de  Rofle  &c  Philippe  d'Eftauai 
(êigucur  de  Molondins  <Sc  quelques  autres  ,  ie  tiray  vn  grand  fragment  d'os 
quafî  fans  douleur  de  cette  figure  &  grandeur  :  Voyez.  U  figure  j,  delà  ^ 
Table. 

Et  c'eft  celui  que  l'on  dccouuroit  en  l'/vlcere  qui  ctoir  en  la  partie  interne 
de  la  cuilTccar  le  mcmeiour  qu'il  fut  tiré,ayant  mis  la  fonde  après  fouper,  ic  ne 
peu  dcconurir  ni  fragment  d'os  ni  aucun  empêchement  j  &  des  lors  ie  fis  palier 
vn  cordon  de  foyc  rouge  ,tres  facilement,  frotc  auec  la  poudre  Catagmatique, 
attache  à  la  fonde  ,  des  l'vlcere  qui  ctoit  en  la  partie  externe  de  la  cuillè  iufqucs 
à  celui  qui  étoit  en  la  partie  interne  :  ce  cordon  étoit  au  commencement  de  la 
grolTeur  d'vne  plume  d'oye>  mais  l'vlcere  étant  mondific,  ic  le  diminuai  peu  à 
pcu,ie  m'en  feruis  neantmoins  prefque  iufqu'au  mois  de  Feuricr,Car  ces  callo- 
iitcs  Se  concauitcs  auoient  beaucoup  de  faletc,  partant  ie  me  baillai  la  patience 
ique  ces  vlccres  demcuralfcnt  ouucrts  quelques  mois  durant  ,  y  mettant  tous 
lés  iours  de  la  poudre  Catagmatique  laquelle  confumoit  la  callofitc  de  Tvlcerc 
ôc  nettoyoit  rordure,comme  aufli  le  Cal  qui  non  feulement  ctoit  au  commen- 
cement grand  &  vilaîn,mais  auflîauançoitfi  fort  qu'il  cmpcchoit  la  fluxion  du 
genouïl,qui  fut  tellement  diminue  que  peu  de  temps  après  le  malade  peut  mar- 
cher fans  bâton  &  ployer  le  genouïlauec  vnc  plus  grande  facilité  :  ie  me  feruis 
du  crochet  &  de  la  pincette  fuiuante  pour  tirer  les  os:  F  oj/e\JafigHre  i.&  i,de 
laTahleV, 

Tandis  que  i'étois  occupe  à  tirer  les  os  ,  ie  voulus  aui&  faire  en  /brte  qtïe 
Tvlccre  qui  étoit  fort  grand  ,  ôc  que  les  os  qui  offcnfoient  les  part'ics  voiiînes 
principalement  en  marchant  ou  allant  à  Cheual,nerempéchaâcnt  pas  de  pren- 
dre de  l'exercice  qui  luy  croit  fi  ncccfiàice  ,  partant  ie  fis  faire  vn  inftrument  de 
cuiure  r^^lfemblant  à  l'eftuid'vn  Lut ,  creux  &  vn  peu  long,ie  le  garnis  e-n  de^ 
dans  de  cotton  &  couurisde  toile,  lequel  ic  mis  fui  la  playe  en  telle  forte  qu'il 
pouuoit  marcher  &  aller  à  Chenal.  Ayant  tiic  ces  os,ie  fis  oindre  toute  la  caiC- 
fc  auec  l'os  facriim  d'eau  thcriacale  pour  fortifier  los  parties  nerueufes  &  mis 
fur  la  partie  le  faehct  fuiuant  chaudement  deux  fois  le  iour.  2Z.  Fol.  &fior» 
<iftton.falu.rorifmAr .maioran.tHd  arthet.primuU  'oerii^  abfynth.vulg.oYtgani^hjferic. 
centaur.min.fior.carnomill.meUlot.rofar.odorîfer.An.  m.  ^.  Balanfl.  nucumcupr.calL 
malicor.an.  ^  R.alftm.f^/èm-  anif.an.  1t\hcidantnr  &  comHndftntnr grojjo  modo, 
il  faut  mettre  le  tout  en  vn  lac  de  telle  grandeur  qu'il  puiflc  couurir  qjqÉ"- tou- 
te la  cuîilè  iufqucs  au  genouïl  >  &:  l'ayant  enrrepiqiic  le  faut  cuire  eu  vin  rou- 
geâeveifay  du  baume  dans  l'vlcere  &c  mis  dclïjsrrm.jlatrc  Jfinn  :  Le  9,  No- 
ucmbrc  ic  le  purgeay  derechef,  &  pat  après  l'efpace  de  huitt  iours  il  prit  ccr- 

Bb-    j 


£*>8  Liure  Second  des 

î.iînc  eau  diurétique  à  caufe  dcsobftriidions  ;  i'appliquay  auflî  vu  Cautcrc  po- 
renrîcl  fur  h:  bras  gauche  pour  diucrtic  les  humeurs  qui  le  icttoycnt  en  bas  fur 
la  cuillldcs  vlccres  ncantmoins  fui  et  ouucrrsiuiqucs  au  mois  de  luin  àlon  grad 
profit,  veu  que  le  Cal  dîminuoit  tant  plus  les  vlccres  fluoycnt  :  il  fortic  cepen- 
dant trois  ou  quatre  oiklctsauec  lepusjrnfin  les  vlcercslc  fermèrent ,  ik.  ainfi 
il  fut  crtiercmcnr  remis,  de  forte  qu'en  l'c  (pace  de  deux  ans  a  peu  dan(er,voli.i- 
ger  &  f  lire  tous  les  exercices  d'vii  Gentilhomme, mais  en  l'an  iCm.  s' étant  pre- 
îtnic  encor  vn  petit  os, comme  il  arriue  (ouuenten  telles  fiadtures,  mêmes  plu- 
sieurs années  aprcs,il  fut  mis  en  mon  abiencc  entre  les  mains  d'vn  Chirurgien 
©uil  (ouiFiit  longuement. 

Maisauaiit  que  mettre  fin  à  cette  hiftoirc,  ie  veux  âucrcir  les  icunes  Chirur- 
giens quebien  louacnt  en  telle  forte  de  fractures  ou  les  os  ont  été  biiscs  ,  qu'il 
en  f  )rt  des  ftagments  quelques  années  après  ,  car  la  violence  du  coup  eftcaufe 
qu'ils  s'cpardeiit  parmi  la  chair  mufculcufe  :  il  en  rcfte  bien  quelques  vus  au- 
çouf  du  Cal,mais  ils  ncpeuuent  pas  s'y  reioindrepar  quelque  empêchement, 
^  comme  la  nature  ne  peut  rien  endurer  de  tel  ,  peu  à  peu  ils  viennent  en  eui- 
dcncc,partant  le  malade  ne  doit  pas  s'en  mettre  beaucoup  en  pêne;  mais  le  Chi- 
jruîgien  doit  prendre  garde  de  n'vfer  pas  de  violence  en  les  tirant,  mais  lailfcra 
faire  lanaruretil  peut neantmoins  ôter  ks empêchements,  comme  lilepallage, 
p'eft  pas  afsés  large,  fi  les  vlceres  font  calleux ,  s'il  y  a  excrefcence  de  chair,dou- 
îcur,  ÔCC'  Or  quoy  que  ceirc  expuîfion  des  os  Se  delà  baie,  fi  elle  a  été  cachée 
longtemps,  fc  falïe  par  la  nature, fi  cil- ce  qu'elle  n'arriue  pas  lans  quelque 
émotion  du  corps,partant  il  faut  êiirc  diligent  à  corriger  les  accidents  :  quand 
donc  la  nature  le  met  en  dcuoirde  poulfet  dehors  qu.  Ique  baie  ou  petit  os  ,  le 
premier  accident  qui  furuient  c'eft  la  douleur  ,  à  laquelle  fuccede  la  fluxion, 
inflammation  <k  abfcés  en  la  partie  :  il  y  a  aulîi  bien  louuent  de  lafîéure ,  mais 
qui  n'eftque  fym.ptopiatique  ou  Ephémère:  Ck:  quoy  que  ceslymptomes  loyent 
fort  grands,fi  eft-ce  qu'il  n'en  faut  pas  venir  au  fer  ik  au  feu  ,,car  ce  n'eft  pas  vne 
mauuaife  matière  qui  aille  du  dehors  au  dedans,mais  au  contraire  elle  vient  du 
dedans  au  dehors  :  ôc  comme  telles  incommodités  donnent  de  grands  relâ- 
ches ,  il  ne  faut  rien  précipiter  mais  aller  doucement  en  bclongne  fur  tout  en 
àcs  perfonnesdelicates.Or  voici  comme  ily  faut  procéder. 

S'il  fe  prefente  quelque  petit  os  ,  il  faut  élargir  doucement  l'vlccre 
auec  des  tentes  d'cponge  prc  paiéc  ou aucc  racine  de  gcn'iane  ,  mais  ie  me  Icrs 
plutôt  de,  onges  parce  qu'elles  font  moins  de  douleur  &c  les  prépare  auec  em- 
plâtre de  bctoine  qui  attire  les  petits  os  6c  cft  fort  conucnablc  en  telle  for- 
te d'vlceres  en  quelle  partie  qu'ils  foyent,  principalement  11  on  y  met  delà 
gomme  demi:  fi  l'vlcerc  cft  profond,calleux  &  n'eft  pas  afsrs  large  ,  il  les  faut: 
dilater  auec  quelque  onguent  efcharotic  ,  en  après  mettre  quelque  poudre  qui 
attire  de  profond  ou  auec  des  tentes  mouillées  de  faliue  ôc  trempées  en  cette- 
poudre;  Cl  toft  que  les  petits  os  fe  prcfcntent,il  les  faut  ébranler  doucement  tous 

les 


ObferuationsChirurgiques.  1^9 

:s  iours ,  luf^u'a  ce  qu'ils  loyent  ennercmcnt  (c parcs  &  qu'on  les  piiilïè  tiic  r 
jins  douleur  car  ils  ne  h  s  ùui  i:.mais  arracher  par  force,  finon  lors  que  If?  Cra- 
ceft  rompu  3c  qu'il  pique  les  mcmbrancsiquc  li  l'oseft  tarie  la  poudre  d'eu- 
horbe  mife  dclîi.s  cft  fort  piofirabic  ,  car  elle  corrige  la  cai  ie  ^V  ft  parc  les  os, 

ns  qu'il  faille  a|:prthcncier  f.îfaculcc  cauAii^ue  :  il  faut  di-ic  faire  tout  cela 
ms  douleur  princ  iprlcmcnr  fi  le  malade  cil  délicat ,  car  die  ell  le  plus  dtinge- 

ux  de  tous  les  accidents  es  pliycs  &  vlceres  après  l'haîmorihrîgie  :  ces  Chi- 
argiens  donc  (ont  imprudcns  qui  tourmentent  vn  malade  fans  neeeflirc  :  car 
L  quelque  partie  externe  a  ctc  longtemj^strauaillce  de  douleur  ,  non  feulement 
lie  en  dénient  foible  veu  que  les  humeurs  fe  iercent  delfus  ,  mnis  aulli  tout  l'in- 
eiieur  eneft  détraqué  ;  en  après  par  la  continuation  de  la  douleur  ,  des  veilles 
'iC  de  l'inquiétude  ,  les  viircres  internes  s'cchaiAnt ,  le  fang  fe  biûlc  &  l'appc- 
itfeperd  ,  l'eftomach  ne  digère  rien  qui  vaille  ôc  le  foye  ne  fait  point  de  bon 
ang ,  ce  qui  produit  plufieurs  mauuiiles  humeurs  qui  engendrent  des  obfttu- 
iions ,  par  après  les  forces  s'âbatent  <5c  la  chaleur  naturelle  auec  l'humidité  ra- 
licale  fe  diminuent  :  ces  confidc  rat  ions  m'ont  oblige  à  tenir  ce  procédé  en  ce 
gentilhomme  Obferuation partictillere page  555. 


OBSERVATION     XL  IV. 

D'>\3ne  playe  augemuiL 

'Ay  traire  il  y  a  quelques  années  àLaufânne  vi^onnclier  lequel  en  fendant 
du  bois  fe  blefîà  la  palette  di cite  auec  vnehachc,commeil  crut  qu'il  n'y  auoit 
pas  grand  mal>il  ne  voulut  pas  aller  au  Chirurgien  ,  mais  fe  voulut'guerir  luy 
tncmeauec  certain  baume  ^  après  auoir  ferme  la  playeen  ij.iouLS,  il  s'amallà 
de  Ticheur  au  fond  d'icellcjc^  étant  furuenuvne  violente  douleur,il  me  deman- 
da :  ie  trouuai  la  cuilîe  extitmcmcnt  enflée  &  principalement  ie  genouïl  qui 
êtoit  fi  fort  enflammé  qu'il  fcmbloir  que  la  gangrené  s'y  âloit  mettre  :  il  auoit 
en  outre  vnefiéurc  continue  j&  très  ardente,  douleurs  deTefte  tSi  de  reins,  me 
foif  qu'il  ne  pouuoitappailcr,  nausée,  raports,  dêgouft,inquiétude,  veilles,  dc- 
faillances,»S<:  vn/î  grand  âbatement  de  forces  qu'il  ne  croioir  pas  aller  iufquau 
lendemain  :  il  è^ii  forti  hors  delà  playe  de  la  chair  baueufe  &  liuideàla 
groflear  d'vn  œurdc  poule  qui  l^mbloit  co.njcrce  d'vnc  petite  peau  :   y  ayant 
mis  la  fonde,  (ce  que  ie  fi*^  (ans  prnc  ni  violence)  il  enfoctit  de  la  fanie  ou  fan- 
ge û  abondamment  que  i'enpeus  rccuci'lir  en  demi  heure  palsc  vue  demi  li- 
urc  &:  continua  couler  les  iours ifuiuaurs  fins  relâche  ,  poauant  iurer  qu'il 
\  cnert  fo:ti  plufieurs  liurcs  en  peu  de  iours  :  enfin  il  fut  remis  tellement  qucUe- 
meat  après  beaucoup  de  pêne  ,  car  il  peidic  le  mouucmcnt  du  genouïl  &  de^ 


^to  Liure  Second  des 

meure  foîblc  tout  le  rcftc  de  Ta  vic^H  traité  de  Ichore  &  mlifitU  fh4p.  i .  &  Ohf* 
97'  Cent^i. 


OBSERVATION     XLV. 

D'vne  blejfure  ah  pic  par  vne  mouf^uttAde.  * 

IL  y  acnuiron  iS.ans  que  Noble  Pierre  d'Erlach  feigncur  de  Bioley  ,  &:c.  Ca-i 
picaine  d'vne  compagnie  fous  Henri  IV.  rciruc  vn  coup  de  moufquec  au  pic 
droitjla  playc  fut  guérie  mais  la  bâle  demeura  prés  de  la  iointure  :  êcanc  reucnu 
quelques  iours  après  à  Fribourg  &c  s'ctanc  exerce  vn  peu  trop  rudement  ait 
chalfe ,  il  vint  vne  douleur  fi  violente  au  pic,  que  me  voyant  arriuer  il  s'écria, 
plut  à  Dieu  que  tous  euffîez  apporte  vne  iie  auec  vous,  i'aimerois  mieux  qu'où 
me  coupa  le  pic  que  de  fouffiir  plus  longtemps  de  telles  douleursitoutc  la  cuif^ 
(^  &c  principalement  le  pic  écoit  enflé  aucc  inflammation  autour  de  la  cicatri- 
ce &  fiéureâe  le  traitay  en  cette  façon^  ie  luy  ordonnai  vn  régime  fobre ,  3c  le 
iour  même  ieluy  fisreiîèuoir  vn  lauement  auant  lefouper  :  ie  mis  lur  la  cica- 
trice qui  êtoit  boufie ,  de  l'emplatrc  balilicum  &  le  cataplame  anodyn  fuiuant 
fur toutlc  pié.!^.Af/V<«/>.ww  alifi  fb^.pHlu.fem.fœnHgr.\i.fem,rnelU.  & cydo^ 
ftior.an.xijcotfHe  camlaUe  vaccino  recens  emnlBo^adde  in  fine  croci  3  j  ol.  arnygÂ, 
d.l  j.vittll.oftor.nmn.itTn.calidè  applica  :  i'oignis  tout  ie  genouïl  ôc  h  caille  auec 
ceimimenz-^.Ol.roJac.amygd.d.an.l  j.ol.'de  vitell.  oHor.i^Çt.  Apres fou^'cr  ie  liiy 
baillay  vn  peu  de  nepenthesféa  douleur  diminua  fort  ik.  repofabieiila  nuirlui- 
uante:Le  lendemain  ie  le  purgeay,puis  le  faignai  au  bras  de  même  cô:c  ,  appli- 
quant derechef  le  cataplafme  &  oignant  la  cuilfe  deux  fois  le  iour  :  le  troifiémc 
iour  après  mon  arriuée  l'apodemc  fe  rompit  au  fie  au  même  lieu  ou  la  baie 
êtoic  cachée  &:  enferraéeje  pus  en  forrir  en  abondance  &C  iou>lcs  lympcomcs 
s'arrêtèrent  peu  à  peu  :  &  quoy  que  l'on  découurill  aucc  la  fonde  la  baie  qui 
D'êcoitpas  trop  auant  prés  de  laiointure,  ncantmoins  commet  Tvlccrc  n'croit 
pas  large  ôc  que  le  malade  ne  voulut  pas  permettre  q-i'on  le  ùilata ,  il  falull  le 
laiirer  fermer  de  cicatrice:  la  baie  y  cil  donc  demcuicc  qui  ne  luy  a  apporte  an-  ^ 
cunc  incommodité  iufqu'a  prcfcnt.  | 

Il  n  en  cft  pas  ainfi  des  fragments  d'os  ,  earleplomo,  comme  die  AlphonH:! 
Fcrreus,a  quelque  familiarité  auec  nôtre  corps,  ainh  vne  baie  c(l  demeurée  en- 
fermée au  Cerueau  :  mais  la  nature  ne  peut  fupportcr  ni  os,  ni  bois,  6cc.  com- 
me on  le  peut  voir  en  l'exemple  de  ce  cputtau  qui  ctoit  demeuré  ataché  aux 
Êirabcs  &  d'vn  fer  au  vifage* 

OBSER- 


Obferuations  Chirurgiqucs.  loi 


OBSERVATION      XLVI. 

De  la  morfure  de  t  Homme. 

VN  Pa)  fan  dVn  village  dit  Vuorb  prcs  de  Berne  appelé  Hiiis  Schlidhcr 
Te  barancaujc  vn  autre  fur  mordu  dans  la  rage  en  la  fcconJe  arciculacioM 
du  doigt  du  milieu  de  la  m:îia  gauche:  il  fut  traite  au  commencement  pir  vn 
Eftuueur  enuiron  deux  mois  mais  aucc  peu  de  fucccs  ,  car  le  mal  augmenta  fi 
fort  qu'il  fut  oblige  de  venir  à  Berne  pour  fe  mettre  entre  les  mains  du  pre- 
mier Barbier  de  rHofpical ,  lequel  ayant  p.'rfaadc  à  ce  panure  homme  qu'il  n'y 
aaoitpoint  d'autre  remède  que  de  cojpcr  le  doigt  au  métacarpe.  Noble  Pier- 
re de  Vuattenvillcfeigneur  de  Vuilvojlut  que  le  malade  me  vint  tro-iuer  .*  ic 
tiouuai  la  main ,  le  bras,  voire  tout  le  corps  exténué  par  la  violence  de  la  dou- 
leur &  la  longueur  du  mal ,  &  le  doigt  enHc  outre  mefure  auec  vae  exulcera- 
tion  en  la  furface  de  la  iointure,  les  ligaments  &:  cartilages  de  laquelle  ctoyenc 
ronges  wV  les  os  fcparcs  les  ^^m  d'auec  les  autres  :  après  1  auoir  purgé  3<:  vn  peu 
dilate  l'vlcere,  «?c  mis  de  la  poudre  Caragmariquc  &  ce  qu'on  a  acrojtumc  de 
mettre  aux  vlceres  fordidcs ,  les  cartil  ig.^s  tombèrent  auec  quelques  écailles 
Àz^  Apt^endiccs  ,  l'Vlccre  fut  après  conlolidc  en  peu  de  temps ,  de  forte  qu'en 
fix  femaines  i'acheuai  la  cure  :  mais  lâchant  que  la  iointure  demeureroit  roi- 
de  &  fans  mouuemeat  (  car  les  cartilages  q  li  couurcnt  les  Appendices  èzs  os 
étaiirs  rongées,  les  os  de  la  ioincuie  le  réioiguent  par  le  moyen  duCal,iela 
courbai  doucement  de  bonav:  heure,dc  forte  qtie  la  main  reprit  fa  première  for- 
ctyObf.^-j.Cent'^. 


OBSERVATION     XLVII. 

D'vn  Autre  morfure  d'homme. 

L'An  1583.  la  même  chofj  arrina  à  vn  Marchand  de  Langenberg  prcsDuf- 
feldorp  noiiimé  Girard  Man:h  lequel  fat  mordu  au  doigt  Indice  de  la 
main  droite  :QuQi  qu'il  fut  ieunc  ,  robufte  &:  debonncconllitution  fieftce 
qu  après  vnc  grande  douleur  ,  ils'y  fît  vne  fi  grande  fluxion  &  inflammation 
que  les  Chirurgiens  qui  le  traitoycnt  voiiloicnt  couper  la  mainiufques  au  poi- 
gnet ,  mais  par  l'addrelTè  de  Cofme  Sloranus  &  la  main  &:  le  doigt  luy  furent 
conferués  :  or  comme  les  ligaments  &  les  tendons  auoicnt  été  rongés ,  la  prc- 
I  mieretSc  féconde  articulation  demeurèrent  retirées  :  la  cure  fut  longue  &  peni- 
!i  ble  3  ncantmoins  elle  relilîit  lî  bien  que  le  dit  Slotanus  eu  aqiut  vne  réputation 

Ce 


lOi  Liure  Second  des 

extraordinaire  dans  toute  la  contrée  ,  tant  parmi  les  grands  que  les  petits. 
Toute  la  main  êtoit  enflammée  auec  commencement  de  gangrené ,  des  dou- 
leurs cxrrcmcsjconuulfions,  fîéurc  très  ardente,  déhulhnccs  &  grandes  inquié- 
tudes &  apparence  de  pertc,non  Icukmcnt  delà  main  mais  aufll  delà  vic;ayants 
donc  fcarific  toute  la  main ,  nous  y  mimes  tout  ce  qui  peut  arrêter  la  gangre- 
né ,  &:  après  auoir  employé  les  remcdes  vniuerfcls  comme  lauements  ,  purga- 
tionSîlaignccSîepichemesfur  le  cccur  6<:  le  foyeaucc  vn  régime  rafraichi{îant& 
humectant,  nous  répercutâmes  les  humeurs  &lefangqaire  iettoyent  impe- 
tueiifemenr  fur  la  main,nouslcs  diminuâmes,  vuidames,& remimes  les  parties 
principales  en  leur  tempcric*  Oh/ern  S^.Cent.i.&an  traire  de  lchore&  meliceria 
chap.i. 


OBSERVATION      XLVIH. 

D'-y;?  autre  morfure  d'homme, 

AV  mois  d'Avril  léoj.  traitant  vne  femme  pHrenctique  &  voulant  fauoir 
fi  elle  auoii  la  langue  scs-hcjclle  m'atrapa  le  doigt  ^  le  ferra  iî  fort  que  ic 
ne  le  peus  retirer  qu'auec  grand  peine  :  il  furuint  incontinent  vne  très  grande 
douleur  non  feulement  au  doigtjmais  en  tout  le  bras ,  ic  fus  neanrmoins  guéri 
en  cinq  ou  fix  iouis  parles  remèdes  fuiuantSjpremicrementic  fis  foigneufcment 
lortir  lefang  d.slieuxde  lamoifure  (  car  elle  auoit  imprime  (es  dents  en  plu- 
fieursendroits}aprcsie  launi  auec  du  fort  vinaigre  tant  lamorfure  que  le  doigt: 
puis  ie  mis  de  la  thcriaque  dilfoute  en  eau  de  vie  auec  du  coton  fur  les  motfu- 
rcSj  mettant  l'emplâtre  balilicum  fur  le  bout  du  doigta  enuelopant  toute  la 
main  auec  vn  linge  double  trempe  en  oxycrat ,  réitérant  ces  icmedes  deux  ou 
trois  foii  le  ioui,  Obf.6^.Cer.t.\. 


OBSERVATION     XLIX. 

Di)/;  autre  inorfme. 

L'An  i'^04.  au  temps  de  la  crniculc  EfayeRapin  de  CorccllesprcsdePaycrnc 
fut  mordu  par  vn  homme,  porte  d'vne  col  re  enragée  j  en  la  première  arti- 
culation du  pouce  :  il  furuint  incontinent  vne  grande  douleur  par  tout  Le  bras: 
lamorfure  avant  été  négligée  au  commenccmer.t ,  la  douleur  &  les  autres 
accidents  augmentoyent  d'heure  en  heure  :  ayant  été  demandé  le  quatrième 
iour  ie  ic  trouuc  en  licuie  auec  défaillance  «Se  douleur  extrême  :  le  pouce  ctoic 

enflajBmc 


Obfèruations  Chirurgiques.  103 

enflamme  iufqu'au  carpe  &  Tinflammation  fc  conuerdc  en  Vlcere  putride  Se 
finucuxjlcs  morfures  écoycnc  liuidcs  dcfqiiclles  fortoic  vne  matière  fubtile,acrc 
&  très  puante  ;  pour  âpaifer  la  douleur  i'oignis  tout  le  bras  d'htiylc  rofat  Se  de 
vers  :  ic  mis  vn  dcfenfif  lur  le  carpe  au  dcllus  des  morfures  ,  <St  l'onguent  fui- 
uant  fur  tout  le  doit.  f^n^».  ùafiliciy  bm)ri  rec.  an.  |  /$.  ol.  amygd.  d.  li.theriac. 
ovt.  1  '].  cum  "dtello  ouif.  vngu.  le  le  purgcay  le  lendemain  &  ouuris  après  la 
Vcne  du  bras  fain  :  la  douleur  ayant  cre  par  ce  moyen  arrerce  &  les  morfures 
biciifuppurccSîie  mis  ce  mundiftcarif  fur  les  Vlcercs.  '^.Pnln.myrrha^a/oesyrad. 
ar'iJîoU  rot,  irtd.flor.  angel.  an.  5  j.  thertacdLdifjol.  in  acj.vits.  5/ j.  cum  rnelle  ref.f. 
vngH.  le  conlolidai  enfin  l'Vlcerc  à  \x  manière  des  autres  :  ObferuAtion  85, 
Cent.i. 


OBSERVATION     L. 

Uvne  morfure  de  Chien  enragé. 


VNe  Dame  allant  par  ville  rencontra  vn  Chien  enrage  lequel  ayant  attra- 
pe fa  robe  auec  les  dents  ,  la  tiroir  de  côré  &  d'autre  iufqu'à  ce  qu'il 
Teut  déchircjfans  auoir  pourtant  touché  cette  Dam.c:  elle  qui  ne  fauoitpas  que 
ce  fut  vn  Chien  enragé,rccoufut  la  robe  dechircc  &  coupa  le  filet  aucc  les  dents: 
elle  n'en  fcntit  aucune  incommodité  l'cfpacc  de  trois  mois:maispeu  à  peu  elle 
deuintmelancholique  &  fut  troublée  de  dîuerfcs  imaginations  &  vifions  hor- 
ribles auec  frayeur ,  &C  peu  de  temps  après  clic  eut  en  haine  le  vin  &:  l'eau ,  fe 
mitàabayer  comme  vn  Chien  ne  rcconoitr^nt  plus  ceux  de  lamaifon  &:  tâ- 
chant de  mordre  tantoft  l'vn  tantoft  l'autre  &  mourut  enfin  en  cette  mi- 
fere. 

Il  faut  maintenant  rcccrcher  comme  c'efl:  que  cevenins'eft  iettcfur  les  par- 
ties nobles:il  cft  certain  qu'il  a  renucrsé  ^c  corrompu  toute  la  complcxion  ôi 
malfe  des  humeurs  &  a  attaquîces  parties,  comme  les  fymptomes  qui  ont  fui- 
'  ui  le  fonr  voir  ouuertement:  la  fureur  ^c  la  perte  de  iugcment  montrent  que  le 
Cerneau  a  été  offense  ,  car  les  cfprits  animaux  qui  font  plus  iubtils  que  les  as- 
tres font  les  premiers  attaqués  :  en  après  les  défaillances,  la  grande  chaleur,  fié- 
ure,fecherellc  de  langue,grande  foif,  inquiétude  &c  autres  accidents  nionilrent 
qu'ils'eft  allumé  dans  le  cœur  &  le  foyc  vne  grande  intempérie  chaude  &c  sè- 
che :  aufli  eft-ce  vne  chofe  adurée  que  les  excréments  &;  fur  tous  la  (aliue  (ï^- 
quelle  es  Chiens  enrages  eil  vn  excrément  en  partie  du  Cerueau  ,  en  partie  du 
cœur)  font  venimeux  :  larob^doncde  cette  matrone  ayant  été  mouillée  de 
cette  faliue,infed:a  le  filer,lequcl  cette  Dame  ayant  coupé  auec  les  dents  ,  elle 
âtira  ce  poifon  en  partie  du  filet  en  partie  de  l'habit ,  lequel  peu  après  s'épandit 
iufqu'aux  parties  nobles  :  li  grande  eft  la  malice  de  ce  venin  que  i'efprit  de 

Ce     z 


i04  Liurc  Second  des 

rhomme  dc  le  peut  conrsprcndrccar  C\  on  ircpiifc  Cette  raorfure/quoy  que  pe- 
tite d<  qii'n  pcnclapcau  foicciuamce  ,  Giis  doiikur  ni  inHammation^'fi  cft-cc 
ej'ie  longtemps  après  il  communiqLic  Cà  mc(.h.iin:c  qualicc  aux  parti.snoblcs.dc 
fjirc  <]uc  riiommj  n^eurt  aptes  enrr.e,c.cc  giand  Iiinlconfulte  Baldus  ne  mou- 
rut il  pas  en;  âge  au  bout  de  4.  tr.ois  pour  auoit  méprisé  la  moifure  que  lui  fie 
en  la  Kure  fa  petite <:lîicnne  ?  mais  il  faut  confidtrcr  icy  non  tant  lamoifuie 
que  la  faliaccomme  dit  Galien, laquelle  ell  moaAk  Ohf.S 6  Cer:ut . 


OBSERVATIONLI, 

D'vr.e  autre  mor fur e  de  cl.ien  etiragé. 

LA  lîlle  dc  Scbaftian  Cuifînier  dc  Paycrne  âgée  de  i4.ansrei&£  en  la  iambc  ' 
'  iuq  U  gcrcs  bkllurcs  que  lui  fit  vn  Chien  cnia^c.  Tes  Parents  la  mirent  en- 
tre les  mains  d'vnc  vieille  ,  qui  mit  vn  fer  chaud  lur  les  piaycs  ^'  la  guérit  au 
bout  de  H.  ious  auec  ie  ne  fçai  quel  onguent  ;  mais  n'ayant  mis  le  fer  chaud 
afscs  auant,  comme  me  dirent  les  Parei:ts  &  la  cicatrice  ayant  cftc  trop  tollfai- 
te,il  arriua  trois  mois  après  qu'elle  tomba  en  melancholie  >  triftelfr,  crainte  &c 
peu  après  eut  l'eau  en  horreut:ayant  c:é  enfin  demande, ie  la  trouuay  aux  e.xtrc- 
rnitésjcUc  ctoit  en  trcs  grande  chaleur,  auec  Tueurs,  iuquictude  «3*:  foif  fans  pou- 
uoir  regarder  ni  k  vin  m  l'eau,  ne  les  pouuant  pas  même  oiiir  nommer:  la  lan- 
gue ctoit  sèche  :  ne  reconnoilïbit  plus  ceux  de  la  mailon  qu'elle  tâchoit  d'at- 
traper auec  les  dents  &  mourut  en  cet  état  vn  peu  après,  ^Obfernation  85. 
Ceyit.x,  y 


OBSERVATION     LU, 

'D''':i8  morfhre  de  chien  enragé. 
O 

L'An  16 1 1-  enuiron  la  fcfte de  la  Purification  de  la  Vierge  vn  robufte  Payfân 
?oc  de  17.  ans  fut  m.orJu  au  iarret  .3c  gcnouil  droit  en  diuers  endroits  par 
vn  Chien  enrage  à  Hildeii:  le  même  iour  on  le  m.ena  en  vn  village  dit  Ater  qui 
eft  prt(qijefuï  It  boid  d;i  Rhin  ouïe  Curé  du  lieu  fit  des  inuftionskir  lesplayes 
aueclaclefde  S.  Hubert  rougie  au  feu  6^r  le  renuoyachez  luy  des  lemême 
iour,&:  pour  plus  grands  ieuretc  luy  fit  prendre  la  potion  de  Luchtemberg  fi  re- 
nomm.ee  contre  la  morfure  du  Chien  enragé  :  il  ne  furuint  aucun  accident  &: 
les  vlcercs  furent  conlolidcs  en  quinze  iours:  Le  même  iour  trois  poures 
enfans  furent  mordus  par  ce  Chien  aufqucls  on  fit  auaier  cette  potion  ,  mais- 
ils  moururent  enrages  au  bout  d'vn  mois   :    le  Payfan  vint  iulqu'au  mois 

d'Avril 


ObferuatîonsChirurgiques.  lOj 

l'Avril  fans  aucune  incommodité  :  alors  les  douleurs  extrêmes  jûmmcn- 
:erent  à  le  failk  en  laiamb:  droite,  aucc  fup^n-ctîion  des  excréments  ôc  de  Tv- 
:ine  :  Ayant  êtc  demande  le  troiliéme  iour  ,  ie  troi-iuay  les  forces  fi  abatues 
jue  quand  il  fe  vouloit  Icucr  il  chanceloit  comme  vn  y vrongne  6c  ne  pouuoic 
uarcher  fans  appui  :  il  ctoit  en  vue  extrême  inquiétude,  auec  nausée,  des  op- 
sreflions  de  poicrincs  ôc  grandes  douleurs  au  bas  ventre  :  on  ne  voyoit  neant- 
lîoins  lien  au  genoiiil  6c  en  la  iambe  que  les  cicatrices  qui  étoyent  noires  ôc 
liuides  :  le  luy  fis  rcceuoir  incontinent  vn  Lauement  emollicnt  ik  anoJyn  le- 
quel luy  fit  rendre  des  matières  fort  fcchcs  «^  vn  peu  d'vrine  :  ie  mis  aulfi  vn 
fachet  déracines,  herbes, fleurs,  auecfemcnccs  emollientes  ôc  ancdyncs  :  oi- 
gnant tout  le  bas  ventre  ôc  le  Périnée  auec  beurre  frais  ôc  huyle  de  vers  lequel 
prouoquc  l'vrine  :  deux  heures  aprcs  il  rendit  encor  quantité  d'cxcremcnts 
auec  beaucoup  de  matière  pituiteufc,  gluante  ôc  bauculc  femblable  à  de  la  fe- 
mence  de  grenouilles  :  il  rendit  atifli  beaucoup  d'vrine ,  laquelle  quoy  qu'elle 
fut  trouble  ôc  cpaiile ,  fortit  neantmoins  toufiours  fans  aucune  difficulté 
iufques  à  la  fin  de  fa  vie  :  ayant  rendu  tant  d'excremcnts,  ie  crus  qu'il  auoit 
cchapé  le  danger ,  mais  ie  fus  bien  trompé ,  car  il  fut  peu  après  faifi  de  grands 
ftilFons  ;  la  nuit  fuiuante  fut  fort  fàcheuie  ôc  les  forces  diminuèrent  toufiours 
de  plus  en  plus,  ôc  comme  il  n'auoit  rien  dormi  des  le  commencement  du  mal 
iufqu'au  cinquième  iour  ,  il  tomba  peu  à  peu  en  léueric,  il  crioit,  tempétoit, 
prenoitles  affiftants  ôc  les  cenfuroit,  ic  tournant  de  côté  ôc  d'autre  du  litl  du- 
quel il  fc  iettoit  auec  impetuofité  ,  crachant  du  fang  noir  &  caillé  :  luy  ayant 
après  le  foupé  donné  vn  peu  de  Laudanum  ôc  de  confedion  d'AlJcermes  ,  la 
rcuerie  celfa  &  il  repofa  bien  cette  nuit  :  mais  le  iour  l'uiuant  s'ctant  trouué 
plus  mal  après  lefommeil ,  i'annonçay  à  (es  parents  que  la  mort  n'ctoit  pas 
loin,  fondé  fur  Hippocrate  :  La  fièvre  donc  étant  augmentée  auec  la  débilité 
&  luy  étant  furuenu  vne  fucur  froide,  il  mourut  auec  vn  efprit  paikble  le  fix-é- 
me  iour  de  la  maladie. 

Mais  quoy  que  l'Hydrophobicou  horreur  des  chofes  liquides,quieft  le  pro- 
pre accident  de  la  morfiu-e,  ne  Toit  pas  lurueiiue  ,  Ci  cftime  je  qu'il  cft  mort  de 
ce  venin,  car  les  accidents  font  voir  que  le  mal  écoit  venu  au  deruicr  point  :  en 
après  cette  douleur  poignante  qui  a  dure  que^ues  iours  en  la  Limbe  auant  que 
les  autres  accidents  loyentlutuen  us,  fait  croire  qu'il  cftoitrefté  quelque  venin 
en  la  partie,  ce  que  marque  aufli  cette  liuiditc  ou  noirceur  des  Cicatrices  :  on 
peut  voir  par  cet  exemple  qu'il  ne  fe  faut  fier  à  aucun  remède  ni  à  aucun  Anti- 
dote pour  approuué  qu'il  foit  principalement  aux, maladies  aiguës,  s'iln'eft 
âpliqué  comme  il  faut  ••  le  plus  âprouué  de  tous  eft  le  Fer  l  haudj  maisicy  il  n'a 
ferui  de  rien,  en  voici  la  raifon,  airurémcnt  ce  Preft-re  ne  mit  pas  la  clef  arden- 
te afsés  auant,  car  la  eauterifation  ne  fe  doit  pas  faire  feulement  en  la  fiirneau, 
après  icellc  il  faut  ôter  l'cfcare  &  tenir  la  Playe  ouuertc  deux  ou  trois  mois,, 
car  û  on  n  ôte  pas_  l'efcare  le  premier  ou  fécond  iour,  il  demeure  quelque  por-  ^ 

Ce  } 


2.0^  Liure  Second  des 

tion  tki  venin  qui  acte  rendue  plus  groflîer  par  le  Fcu,&  radis  querEfchare  fe 
pourrit  elle  (e  gHlFc^  palf?  des  vcncs  capillaires  aux  grands  vailïcaux  &  aitiii 
cilc  infcdc  les  parties  Nobk's:  or  comme  eu  ce  malade  on  n'ôca  pas  l'efcarc 
&  que  l'on  lailfi  cicatrilcr  trop  roft  les  vlcercs,  il  ne  Faut  pas  s'ctonncr  11  ce  poi- 
Coïï  \'z  cmporic:  mais  parce  qu  oiis'écoic  (.rui  de  l'Inuftion  &:  de  la  Potion  de 
Luchtembcrg,  le  venin  r.c  déploya  pis  toute  ù  malice  &  ne  caufa  pas  l'Hydro- 
phobic.  Qjant  à  cette  potion  ic  ne  ia  dcr.pprouue  pas,  mais  ie  doute  (i  elle  cit 
capable  de  challci  cernai  11  pernicieux  en  l'clpace  de  neuFiours:  Gnlicn  &  les  au- 
tres ^ledeciv^  FoiiC  pretidie  leur  médicament  f.iic  de  cendres  d'ccrcuilies  de 
Riuiere  f  qui  eil  ce  le  plus  excellent  Se  ic  plus  àprouué  de  tousj  rcfpice  de  4  j.  . 
iours  :  comme  donc  fe  pourra- il  faire  que  cette  pocion  puillecn  neuf  iours 
éteindre  vu  venin  11  puillàat  «Scc  ?  obferu.  88.  Cent.  4. 


OBSERVATION     LUI. 
De  Ix  Cure  de  la  morfure  du  Chien  enragé, 

L'Aniôoz.  ^o.Iuilletvnieunehomm.edePayernc  nomjr.é  Dauid  Vuillomct- 
fut  mordu  par  vu  Chien  enragcaupres  du  coude  droir,  il  me  vint  trouuer 
le  i.Aouil:,  premièrement  ie  fcaiihay  la  Playe  auec  la  lancette  &  mis  deiïus  vue 
ventoufe  auee  grand  flamme  &  en  tiray  du  fang  tant  que  ic  pus:en  après  ie  lauay 
tout  le  bras  auec  Oxycrac  dans  lequel  êtoit  dilloutc  de  la  Thcriaquc  &  vu  peu 
de  felmaiinjCar  labaue  du  Chien  enrage  ii  elle  fc  sèche  en  quelque  endroit  de  la 
peauj&:  n'eft  pas  nettoyée  &  torchée  de  bonne  heure  peut  caufcr  la  ragc,puis  ie 
mis  le  Cautère  a(5tuel  bien  auant  tout  autour  de  la  moriurc:  l'àuettis  icy  lesieu- 
nes^Chirurgiens  de  ne  faire  pas  les  Inuftions  trop  fupcrficiellcs  &  de  manquer 
plutotau  trop  qu'au  trop  peu,car  en  vnemaladie  extremie  il  faut  âporrer  des  re- 
mèdes de  même  nature,&  pour  me  feruir  des  termes  dcGalicn,  il  fautâpliquer 
le  Cautère  fort  chaudjcar  quand  on  1  aplique  trop  Icgercmêt  il  en  vient  deux  in- 
conuenients;  i.  que  ce  venin  ne  fe  confume  qu'en  partie,  1.  que  la  Playe  fe  fer- 
me trop  totjOr  ce  qui  refte  en  la  partie  fe  glille  enfin  dans  les  parties  nobles  qu'il 
atraqucaprcs  l'Inuftion  ie  ne  me  mu'spas  beaucoup  en  pcne  d'àpaifer  la  douleur, 
car  ic  n'aprouue  pas  fort  l'vfage  des  chofes  ondlueufts  &  de  celles  qui  font 
tomber  l'Efcare  comme  baume,  huyle  &c.  à  moins  forte  raifon  les  médica- 
ments rafraichilFans  Se  rcpercuifliFsen  telle  forte  d'vlceres;  car  celles  là  empê- 
chent le  venin  d'exhaler  ik  d'éuaporer,^  ceux-ci  renuoyent  le  (ang  !k  auec  ice- 
luy  le  venin  aux  parties  nobles:  mais  comme  toute  forte  de  douleur  attire  à  foy 
Je  rang&  les  humeurs  de  tout  le  corps,comme  dit  Galien,il  y  a  âparence  qu'elle 
peut  feruir  en  telle  forte  d'vlceres,pourucu  qu'elle  foit  médiocre  :  le  mis  donc 
fur  la  Playe  après  l'Inuftion  du  coton  trempe  en  eau  de  vie  en  laquelle  êtoit 

diffoute 


Obferuations  Chirurgiques.  lo; 

dilfoutc  de  la  Theiiaqucmcttanr  par  dclTus  céc  cmplarie  cccndu  far  vn  linge  y.. 
cep£  leulterfub  prunis  coUd^ffermentîyfar.finapi  an.  |j.  Theriac.  ^fi.  fol.  rut£  (^ 
fcorâi]  an.  rn.S.  m.  in  mortario  addUopauco  melUs:  le  iour  zmcs  ie  de coiipay  l'cf- 
care  par  tout  tant  que  ie  pus  &:  mis  pardcllus  de  ces  médicaments  iufqu'à-cc 
qu'elle  fat  tombcc,&  pour  entretenir  l'vlccre  ouuerr  i'y  mettois  deux  fois  le 
iour  vn  pois  comme  on  fait  aux  fontanelles  cS:  pardelfus  l'Emplâtre  précèdent, 
ie  tins  ainfi  l'vlcere  ouuert  trois  mois  durant-. Je  le  faupoudrois  cependant  deux 
ou  trois  fois  la  femaine  auec  la  poudre  fuiuante.  ^.  pulu.  prxcipit.  lapld.hezoart. 
pida,  rad.  anoeLan.  9  j.  m.  laquelle  tire  à  mcrueilles  la  malignirc  quicfl:  au  de- 
dans :  leluy  fis  prendre  par  la  bouche  des  contrepoifons  comme  de  la  Thc- 
iiaque,du  michiidat,  corne  de  Ceif  préparée  ik  brûlée  auec  du  Bezoairles  Mé- 
decins anciens  &  modernes  font  gi^ind  état  de  cette  Poudre  pnTc  auec  eau  de 
BorracheouBuglolIè,  !^.  cinerls  carier  or.  flimiat.'^x.  rad.  gertianA  yo.olihani'^]. 
70.  f.  piilnis  temif.  le  ne  le  faignay  ni  pargcay  point  de  peur  d'attirer  le  venin  du 
dehors  au  dedans:  ainfi  il  fatgucri. 

En  même  temps  le  frère  de  ce  icunc  homme  fut  mordu  '=-n  fept  endroits  par 
le  même  Chien,  lequel  i;  gueri"^  par  la  même  procédure,  il  a  vécu  vn  an  entier 
après  la  Cuve  6:  mourut  de  Pieurelîe.  Obferu,  87.  CeritA, 


OBSERVATION     LlV. 

Remarcjms  fur  la  rnorfure  du  Chlen  enragé  é"  ia  Cure  preceâtnte. 

G  Allen  en  l'onzième  liu.^e  Jiiedtc.fmpLfachiz  mention  de  fou  Précepteur 
^fchrio  lequel  gueridoit  tous  ceux  qui  auoycnt  été  mordus  par  vn  Chien 
rage  par  ces  deux  remèdes,  aflr'.uoii  par  la  Poudre  d'écrcuiires&:  par  vn  Empli» 
trc  fait  de  poix,  opopanax  &  vinaigre  fans  faire  aucune  mention  d,'incifion  ou" 
inuftion  ,  2.  Sirinudionfaiteauec  le  fer  chaud,  au  dire  de  Fcrnel ,  dompte 
&  confume  route  forte  de  poifoHjne  permett:înt  pas  qu'il  le  forme  au  dedans, 
A  quoy  bonne  rincifior!?3.  s'il  en  faut  faire  quelqu'vne,pourquoyne  préfère  on 
pas  celle  qu'il  propofe  dans  fon  Hure  de  Theriac.ad  [' ifuf2em,o\i  il  veut  que  l'on 
la  dilate  tout  à  l'heuie  ôrant  la  chair  tout  autour  en  forme  ronde?  4.  Si  la  cen- 
dre des  Cancres  de  riuiere  /enlieudtfqucL  plufieurs  fe  feruent  mal  à  propos 
d'ccreuilTcsJ  agit  par  vne  propriété  de  fubilance,  pourquoy  ne  la  préfère  t'-on 
àcescontrcpoifonsgeneraux,àla  Thcriaque,corne  de  Cerf ,  Bczoar  ?  Sebajiien 
'Meyerus  Me  de  cm  à  Frtbourg. 

le  répons  à  la  première  obiedion  que  Galicn  s'eft  ferui  heureufemcnc  en  la 
morfurc  du  Chien  enragé  de  Cancres  de  riaicres  réduits  en  cendre  y  adioutanc 
de  U  Poudre  d'encens  &  de  Gentiane,  {ans  que  perfonne  y  air  trouué  à  redire. 
Dîofcoride,  iEtius,  Auicenne  ôc  plufieurs  autres  l'ayants  aufli  approuué.-mais  ic 
n'ay  pas  voulu  m'en  feruir,  en  partie  parce  que  ic  n'en  ai  point  fait  d'expérience 


zo8  Liure  Second  des 

parciculicrceii  partie  parce  qu'on  ne  crouue  pas  en  nos  quaiticrs  de  cette foti 

de  Cancres  >  mais  feulement  en  Syrie,  Sicile ,  à  Rome  &  en  quelques  aurr 

lieux  d'Italie,  de  peur  qu'on  ne  lailVa  en  arrière  les  remèdes  necciru'res  en  \ 

mal  qui  ne  fouffre  point  de  delay,  pour  faire  elfay  d'vn  incertain  :  Car  quoy  qi 

ie  ne  doute  point  de  l'cfFct  des  écreuilfes  deRiuiere,  fi  tft- ce  qu'il  y  a  dehdiii! 

ctilrc  à  refoudre  s'il  faut  prendre  des  Cancres  de  Riuiv.res  des  pays  cloigiicfs,  o 

bien  des  marins  à  défaut  d'iceuxjlcfquels  ne  font  pas  fi  recommindcs  ,  ou  s' 

faut  prendre  leurs  cendres  fraiches  ,  ou  fi  elles  n'ont  p3int  perdu  de  leur  vert 

par  le  temps:  mais  comme  la  morfure  duCKicn  enragé  clfc  mife  à  bon  dro 

au  rang  des  grandes  maladie  s,  qui  eft-cc  qui  mettra  en  doute  (i  le  Fer  chaud,qL 

eft  âproauc  depuis  tant  de  fiécles,doit  être  mis  en  vfage  plutoil  qu'vn  rcmcd 

douteux  ?  car  il  a  vne  G  grande  vertu  en  ce  cas  que  ie  Içay  qu'vn  Empirique 

guéri  par  ce  feul  remède  toute  forte  de  moriuie  d'animaux  enragés,  ce  qu 

pourtant  ie  n'àprouue  pas  :  le  Cautère  donc  aduel  cil:  à  mon  âuis  en  ce  mal  S 

plufieurs  autres  ,  le  dernier  remède  &  extrême  ;  ne  prenant  pas  ce  mot  d'cj 

crcmitc  au  fens  que  le  prend  le  peuple  ,  mais  pour  vne  extrémité  d'cificace  & 

de  bonté  :  qiK  fi  l'Inuftion  faite  auec  le  Fer  chaud  n'étant  pas  afscs  profond 

ne  peut  pas  dompter  ce  venin  ,  que  dira-t'-on  des  cendres  de  Cancres  que  l'or 

aporte  de  bien  loin?  que  fi  i'en  pouuois  recouurer  en  vie c5y  les  préparer ,  r, 

ne  fcrois  point  de  difficulté  de  m'en  feruir  fondé  fur  l'autorité  de  Diofcoridi 

&  de  Galien. 

A  la  féconde:  il  eft  très- véritable  comme  dit  Fernel  que  le  Fer  chaud  domp 
te  &  confame  toute  forte^de  venin  ,  or  comme  il  peut  en  demeurer  vne  parciv 
en  la  croûte  qui  refte  après  labiilluic,  ilertncccnairedelorcrpourplus  gran- 
de fcureté  :  mais  il  la  faut  ô:er  doucement  le  premier  outecondiour ,  de  peui 
que  le  venin  qui  eft  en  cette  croûte  venant  à  être  humccbc  p.\r  le  Fus ,  n'entrt 
parlesvénes  capillaires  dans  les  grands  vailfeaux  &  de  là  dans  les  pairies  no- 
bles &  ainfi  infcde  tout  le  corps  :  on  voir  par  ceci  que  riiicifioa  eft  plus  qu€ 
Beceifaire. 

A  la  troifiéme  ie  répons  que  l'Incifion  que  propofc  G  ilien  n'eft  pas  à  reictter 
Iftais  c»  ce  casil  nefe  fcrt  pas  du  Fer  chaud  ,  coupant  la  chair  prof.mdcmcnt 
Se  en  rond  afin  que  l'vlcere  foie  plus  long-temps  ouu:  ri'  :  ôc  q>mné  il  paile  de 
l'Inuftion  par  le  Fer  chaud  >  il  ne  «iir  mot  de  l'Incifion  :  or  i'ay  parlé  de  l'exci- 
iîon  de  l'Efcare  qui  eft  abfolument  necelFairc. 

A  la  quatrième  ie  dis  qu'il  faut  préférer  le  médicament  fait  aucc  les  Cancres 
de  Riuiere  aux  généraux  contrcpoifons,  car  celui  là  a  vne  propriété  de  fub- 
ftance  contre  lamorfure  du  Chien  :  mais  parce  qae  nous  ne  pouuons  pas  en 
auoir,  nous  fommes  obliges  de  recourir  aux  contrepoiions  communs,  enrrclef- 
quclslc  Bczoar  tantmisfur  la  Playe  que  pris  par  la  bouche  auec  la  poudre  d'en-: 
cens  Se  de  gentiane,  ne  tient  pas  le  dernier  rang:  la  theriaquc  auificft  tics  bo»- 
ne  car  étant  mife  fui  lablefture,  elle  tire  à  foy  le  vcain  comme  vne  vcntojfe&: 
ie  m'çn  kzs  familicrement  &c.  Oif.()y.  Ctîtt.  x.  OBSER- 


Obfèruations  Chirurgiqucs.  109 


OBSERVATION     LV. 
TSyne  morfnre  de  Chien  enragé. 

L'An  1^04. 10.  Noucmbre  à  Payernc  la  femme  de  Pierre  Denis  îtgéc  de  50. 
ans  fuc  mordue  en  quatre  diuers  cnJroics  par  vn  Chien  domdlic  enragé, 
premièrement  au  doigt  du  milieu  de  la  main  droite  eu  trois  cndroirs,  dcfquei- 
les  morfures  il  y  en  auoyent  qui  perçoyent  de  part  en  part,  ^  par  après  d-llus  le 
coude  au  mufcle  biceps  :  le  la  traicay  en  cette  façon  ,  premièrement  ie  fca- 
rifiay  quelque  peu  les  Playes  auec  la  Lancette  pour  en  faire  fortir  du  fang  ,  car 
iï  n'en  étoit  rien  forti.en  après  ie  buay  le  bras  auec  cette  liqueur:  l^.Acetiacer- 
rimi  ^û. faits mar.fubtiltJJ'.  triti  l  i).  theriacesl^.m.  ôc  après  auoir âpliquc  le  Fer 
S  chaud  fur  les  morfures,i'y  mis  du  corton  mouille  en  eau  de  vie  ou  étoit  détrem- 
pée de  la  Theriaque  &c  enuelopay  tout  le  doigrauec  l'EmplâriG  f^nuant,  lequel 
ic  mis  auflî  fur  le  bras  ^.  &c.    le  iour  après  i  otay  les  cfcares  auec  le  couteau 
feparatoire  marqué  ci -dciTus,  rayanrpremieremcnt êlcuc  auec  le  crochet,  de 
pcurques'il  fut  reftéquelque  humeur  fercufe  elle  u'aquit  de  la  malignité  fous 
Tefchare ,  'Voyés^  la^»  Fig.  de  la^,  Tab. 

Les  efcares  étants  ôcécs,  ie  mis  du  coton  trempé  en  la  liqueur  fuiuante  deux 
fois  le  iour  &  pardellus  l'Emplâtre  précèdent  TL.  fpir.  '•oïni  opt.  retiificaù  l  «. 
fucsirutài  5/.  extr.fcordiji  Theriac.  an  5  /j.  C.  C.  vfti  &^pti  3  j.  lap.  bez.o(irt.  ?;. 
m.  aufepiiémr  iour  la  douleur  du  doigt  êtoic  tellement  augmentée  qu'il  me  fa- 
lut  recourir  à  d^:;  inTcs  remèdes,  à  jaulc  dequoy  ie  mis  fur  ks  vlceres  dn  Balfa- 
musabietinus  l'infula  :r  chaiidcmcnt  t5i  oignis  tout  le  bras  auec  l'hayle  fuiuan- 
te !^.  ol.  ttimbric.oîei  cflnr.  cumi  Shtani  an.  ^  j  fpir.vini  3  /;.  The/iac,y.  ?fi  l'cii- 
uelopay  toute  la  main  auec  ic  Cacaplâmc  fiiuant.  l^.far.  Hordei  3  i;']  Jem,  cy- 
donior.  pulner.  36.  coc[:4ein  afA-iaddUo  pauco  ol.  Inmhric.pofi  adde  Pnlu.fior.  ca- 
mom.  meiùot.  an.  |  j.  in.f.  catapl.  adde  in  fine  croci  ^Cs»  vitell.  oHor.  nu.i].  le  mis  du 
coton  trempé  fur  1\  ic-rc  du  coud:-,parce  qu'il  n'y  auoit  point  de  doulcur,aucc 
le  Cataplâmc  d'oignons. 

Mais  auant  que  palfcr  plus  outre  ,  il  faut  remarquer  que  tant  s  en  faut  que 
cette  huylc  queie  verfay  bouillante  fur  les  vlceres  caufa  de  la  douleur  ,  qu'au 
contraire  la  malade  en  fat  tellement  recréée  que  ie  ne  la  poimois  pas  verf.  r  af- 
scs  chaude,i'cn  échautl^ois  quelques  gouttes  en  vne  petite  eucïilT  de  fer  fut  la 
chandeleiufqu'à  ce  qu'elles  fullent  bouillantes  &  les  verfois  prompt^m;  ';t  fur 
Tvlcere  :  il  faut  de  neceflité  que  la  cueïllcr  foit  fort  petite,  car  on  verf:  l'huylc 
fort  malaisément  auec  vne  grande  &  plus  qu'il  ne  faut  dequoy  il  fe  fiut  bien 
garder  de  peur  qu'il  n'en  tombe  fur  la  peau  qui  cft  proche:  m'étant  ferui  de  cti 
remèdes  la  douleur  s'arrêta  peu  à  peu  même  auant  le  11.  iour  de  la  maladie  :  T? 

Dd 


2IO  Liute  Second  des 

mis  derechef  du  Coton  trempé  en  la  liqueur  précédente  &  qu-elquefois  de  mon 

mondifîcatif  pour  les  \  Iccres  malins  aucc  l'Emplâtre  d'oignons. 

Or  Texpcrience  i-aÎL  voir  combien  il  cfl:  necdïaire  de  lailFer  quelque  temps 
CCS  vlceres  ouucits  :  car  i'en  ay  veu  quelques  vns  tomber  dans  l'Hydrophobie 
pour  les  auoir  trop  tort:  laifsé  cicattifcr:  aulïi  voyant  cjuc  les  vlceres  de  nôtre  ma- 
lade êtoyent  fur  le  point  dcCc  fermer  de  cicatrice,  ic  mis  dcilus  quelqu'--  peu  de 
mon  Cautère  potentiel,  fans  me  feruir  d'aucunne  chofe  ondlueuie  dellus,   n'y 
mettant  rien  que  mon  mondificacif ,  ôc  eus  foin  que  les  vlceres  dcmcurairent 
ouuerts  après  que  l'cfcare  fut  tombce,mettant  dedans  quelquefois  des  Pois,quel- 
quefois  de  i'epongc  prcparcc,lcs  lay  faiiant  entretenir  cncor  trois  mois:metrant 
dclliis  ou  du  coton  trempe  en  la  liqueur  fufdite  ou  de  mon  mondifîcatif  contre 
les  vlceres  malins  ou  bien  de  la  poudre  luiuante  '^.pulii.ÂngeUi  optirnè  reElifi- 
catiypdu.  rad.  y4ngel.  lap.  bez.oart.an.part.  &q,7n.  enfin  ayant  lailsc  en  arrière  Tap- 
plicarion  des  éponges  &  des  pois,  ic  laiiray  cicatrilcr  les  vlceres  au  bout  de  trois 
mois  Icsfaupoudrant  de  la  fulHire  Poudre:  elle  vfa  d'vne  bonne  façon  de  viure 
tout  le  temps  que  l'on  fe  fcruit  des  remèdes  externes ,  &  même  quelque  temps 
après  la  Cure,  s'abftcnant  des  viandes  falces,  fumées  &  êpicées  &  de  celles  qui 
engendrent  la  bile  &  lamclancholie  :  clic  prit  quafi  tous  les  iours  trois  heures 
auant  dîner  vne  drasrme  de  la  Poudre  luiuante  en  du  boiiillon  ou  vin  blanc  %* 
Tulii.  Garnmar.  nojiroruîn  in  clybanofiecator.T^  x.pHlu.rad.Gentîand^  v.olibani'^]. 
y/?,  il  n'y  a  point  de  doute  que  les  Cancres  de  Diofcoride  Se  Galien  leroyent 
meillc"urs,mais  à  défaut  de  ceux-ci,ie  me  fers  des  ccreuilles  communes, 
lercmarquerayencor  ici  que  nôtre  malade  fut  trauaillcelej.iour  Ie9.ii.i4.& 
zi.  de  mouuem.cntsinaclontaircs  ^  conuuliîfs  par  tout  le  corps  qui  venoyent 
com.me  desfdlfons  de  fièvre  auec  des  phr^nrafies  &  imaginations  mclancholi- 
ques:  lefijucls  accidents  la  mokfterent  plus  rarement  des  le  21.  iour  du  mal  iuf- 
qu'au  40. 

L'étant  aller  voir  deux  mois  nprcs  la  morfure  ie  la  rencontray  en  fon  iardial 
toute  cjffraycc  aucc  des  imaginations  mclancholiqucs  &:  agitation   de  tout  le 
corps  6c  n'ayant  rien  pour  la  fecourii  ic  piliy  vne  poignée  de  Rue  5c  y  âioutant 
vn  peu  de  vin  ie  Iny  en  fis  prendre  le  fuc  chaudement,  &  par  ce  moyen  l'accès 
cefla  vn  pei.:  le  iour  fiauant  ic  Iny  fis  prendre  double  doze  de  la  Poudre  d'ccre- 
uillcs,  &mib  derechef  le  Cauftic  porcntid   fiir  les  Playes  Icfquelles  ie  dilatay 
auec  des  Pois  &  àcs  éponges  préparées  ks  faifant  tenir  ouuertcs  trois  mois  en- 
tiers :  Ainfi  elle  a  été  entièrement  rernlfe.  | 
Le  mail  de  cette  femme  fut  m.ordu  en  la  zvÀ'i^z  par  le  même  chien  :  il  mé| 
vint  trouucr  le  11.  de  ce  mois:  lamorfiue  n'auoit  pas  percé  la  peau  ,  maisparccf 
qu'elle  étoir  noire  &  liuide,  après  auoirlauc  toute  la  cuilîê  ,  (  de  peur  que  la|' 
Talluc  ne  portât  quelque  prc  indice  ,  comme  l'expérience  le  montre^  ie  fcarifiayî 
auecla  Lancette  tout  cequifembloit  noir 3c  mis  après  le  Cautère  aduel  maiif 
légèrement  &  proceday  de  même  qu'en  fa  femme:  Il  fm  premièrement  guéri  é^ 
fe  porte  bien  infjues  àprefent.                                                                       LaHj 


Obferuations  Chirurgiques.  .      tu 

L'an  iëo6.  me  fut  amené  à  Paycmc  vne  fille  de  8.  ans  qui  aiiofr  êrc  mordus 
par  vn  C  hiVn  Aragé  en  dedans  du  malléole  gauclk,lc  luy  lau.iy  laîarrbe,  ic  fca- 
rifiay  la  moi  ruie,âpliquay  le  Cautère  potcnticljmais  Icgcicmenr ,  &  mis  les  au- 
tres mcdicarrentsdéciitsci-dc  (Tus,  i'cnrren'ns  laPlayeouucicc  trois  mois  da- 
ïciMf  lyïinfi  elle  fut  remi/è.  Oi>ferH.  ^S.  Ce?u.i. 


OBSERVATION   LVI. 

De  la  morfiire  d'vn  Chat  enragé. 

DAtîîc!  Perrin  âgcdeio.  ans  l'an  1601.  farégrarigné  par  vn  Char  enragé  e« 
temps  de  moilion,  au  Pouce  dioir,  à  pêne  la  farpeau  fac  efïlearce  ,  m.iis 
comme  il  ne  fçauoir  pas  que  ce  Chat  fjt  enragé  il  mepiifi  cette  cgratïg'ieuic 
qui  fc  f:rma  bien  toll  apres,car  il  n'y  vint  ni  douleur  ni  inflammation  ni  aucun 
accident:  au  premiei  de  Mars  luiuajit  il  comm  nça  à  venir  tiiftcpsua  p'u,  àfe 
donner  des  fauiH"  alarmes  &'  à  erre  tioublc  de  dîuerfcs  imaginations  ,  de  forte 
que  d' s  le  lendemain  il  n'ofafoitir  de  lamailon.ni  fe  trouncr  parmi  1.-  monde: 
Ayant  été  demande  le  troilicmc  de  ce  mois,  ie  le  tronuay  laiii  d'Hyd:ophobie, 
car  ilhiylFoit  tellement  l'eau,  le  vin  Si  tout  ce  qui  êtoit  tranfparenr ,  qu'il  ne 
pouuoît  pas  feulement  les  regarder,  mêmes  quand  on  luy  demanJoit  s'il  vou- 
loir buirejaiiflli  rot  il  fe  metioic  à  crier  &  fe  cachoit  :  Le  vifagc,lc  col  Se  la  poi- 
trine êroyct  enflammés  auec  vnc  couleur  bleii.ure,il  êroit  enfucur  Ôc  inquiétude 
&  fe  iertoit  auec  grade  impcciiofiré  d'vn  côté  du  lit  à  l'autre  de  forte  qu'à  pénc 
trois  hommes  robuftes  pouuoyent  le  tenir  :  il  fe  mettoit  qur  Iquefois  à  crier  &c 
tâchoit  defeictter  fur  ceux  qui étoycnt  présdeluylefquclsilsauroyent  empoi- 
gné auec  les  dents  fi  fes  gardes  ne  l'en  eulfnit  empêché:  non  feulement  il  rcfa- 
foit  de  boire  &  de  manger,  mais  il  tretrbloit  6j  êtoit  cpouuanté  ovanu  feule- 
ment pailcr  d'va  verre.  U mourut  en  cette mtfere  cettemi/ne nmt.Ohf.^G.  Ceat.i, 


OBSERVATION     LVIL 
D'vne  mor/lire  de  Loup, 

L'An  1610.  a'j  mois  de  Février  ,  comme  certains  PayGns  d'auprès  de 
Laiifanne  et 'yenc  à  laChalîe  du  Loup  :  vn  diceuxâ^c  de  se.  ans  vou- 
lant en  tuer  vu,  il  s'eleua  contre  luy  3c  luy  empoigne  le  genoiiil  droicluy 
plantant  bi.n  auant  ks  dents  en  quatre  en  iroîcs  tout  autour  de  la  Palette, 
icccant  ce  mifciable en  terre  :  Qje  li  Ks  auties  pajfaiisn'y  fullènt  acourus 
&i  n'cufl.nt  tué  le  Loup  ,  c'euit  été  fait  de  ce  pauuie  homme  ;  quoy  que 
-les  doukuis  fulltnt  graiiJes  &  contiuutlles  des  ie  commencement  ,  il 
'  Dd    2. 


iTi  Liure  Second  des 

me pnTa  neantrroins  Ton  mal&  n'cuft  pas  loin  de  renii:  les  vlccres  ouncrK  pour 
b.-.ilicr  iiTuc  à  h  f.i!igc,l?.q'Kllc  ne  poinmnr  pisiovcic  librement  «la  doiikm-  Sc 
rînflammacionai.'gmcnrcvrnr,  il  Liiy  vincauffi  vn  dcgoiill:  aucc  Dianhcc:cnhii 
.s'crnntJimarsédc  h  m.^ricrc purulence  tour  à  rcntourdii  gciioUil  Se  au  iarret  où 
clic  auoitfoimc  Jcs  linuSiOn  mcramcna  àLaulaiine;  ayaiiLEiic  pluGcursouucr- 
rurc<.>lc  Pus  coula  li  abondamment  ik  fi  lon^-c;'mps,que  h  s  forces  en  furent  ex- 
trcmemcnr  âbatues:  enfin  à  canfe  de  cette  foibi  ll_  ,5*:  la  Dianlicc  s'étant  tour- 
née cnlicnteiie,  apics  cric  deucnufout  exténue, il  mouiut. 

Il  faut  icmarquct  que  cet  homme  croit  fort  cacochyme  Si  plein  d'humeur 
melancholi  iiCjCn  Iccond  lieu  qu'il  négligea  ion  m. il  des  le  commencem.ent;car 
il  auoit  long-t  :  ms  crc  au  lid:  auant  que  ie  fulïc  d  mande  &  les  Icvrcs  des  Playes 
ctoyentprclqrr:  fermées:  en  après  icnc  pouuoib  levillterque  rarement  tant  à 
caulc  dumanuaii  temps' que  de  mon  incommodité:  5.  Il  n'obtcruoit  pas  le  ré- 
gime de  viu'iC  q;.:'il  faloit  :  4.  il  êtoic  df  ja  foible  en  cette  partie  >  ayant  porte 
long  temps  des  vlceres  en  cette  iainbe»  n'ayant  pas  doiiv  êt.c  purgé  au  commen- 
cement ^3^  l;i  douleur  ayant  at:i;é  quantité  d'humeurs  (ur  la  partie  qui  êtoic 
foible  &tle  licuationbalR-  ,  il  ne  faut  pas  s'étonner  s'il  mourut  par  ces  caufes 
plutollquf  pour  aucune  q-nlité  veuim.  uf.-  q;iifuten  la  morfurcjquoy  qu'il  ne 
faille  pas  n^éprifcr  la  mnligniie  qui  y  peut  être  tant  à  eaufc  de  la  grandeur 
de  lacoiT'?lioii  qu'à  tauie  de  la  taliue  quiy  dcm.urc attachée  :  me fouuenant 
quVncei  raiii  de  C oiroiiiay  piés  de  Laufaniie  nommé  Miaivus Maria  >  mourutii 
de!'  -noLîuie  a'v.i  Loup.  Obf  Zç).  Cent.  4. 


OBSERVATION     LVItl. 

Dvrie-  pi^Heure  d'e/pine en  vn  doigt, 

'A'i  is^i-  com.mc  Tcxerçoisla  Médecine  de  Chirurgie  à  Hilden  ma  patrie 
vne  Dvnes'ctant  pique  k-  bout  du  doigtindicede  la  main  droite  auec  vne, 
épine  ik  nyanc  mcp.isé  le  mal  dés  le  comm.encement,il  fe  conuertit  en  fphaccle 
après  de  rie«:  grandes  douleurs;  mais  luy  ayant  coupé  le  doigt  vers  la  carpe  elle 
fuî  guciie.  Où/cru.  i,Cent:ir.^. 


OBSERVATION      LIX.  | 

De  la  pi^Henre  d'vn  àoi^t  par  ifne  ârefte  de  Poijfon, 

■  I 

LA  femme  de  Me.Iean  Rudolph  FiiTnach  regcnt  de  lafcptiémc  clalTè  au  Collè- 
ge de  Lai:Gnnc  otunt  les  entrailles  à  vn  Poillon,  fe  piqua  aucc  vne  ârcftc  Ic| 
doi^t  du  nj^ilicu  de  la  main  droite  en  la  féconde  articukiioD:cllc  fe  mit  au  com- 
mencement 


Obfcruations  Chirurgiques.  rij 

mcnccmêt:  entre  les  mains  d'vnc  vieille, &commc  la  douleur  dcucnoit  fort  glan- 
de ic  fus  demande  le  huitième  ioiir  de  la  maladie  :  ie  trouuaila  main»i^  le  bras 
1   fort  enfle  iufqucs  au  coude  auec  inflammation,  il  en  (oitoit  vnc  grande  quantité 
à  ■  de  cette  humeur  fcreulcqui  fort  ordinaire  met  dts  playcs  ôc  Vkcrcs  des  articu- 
[•  lations  :  on  ne  fauroit  croire  l.i  grandeur  de  U  douleur,  ayant  oint  le  bras  auec 
i-   desliuylcsanodynes&  mis  dcsdeferfih  autour  du  coude  &:  (ur  la  main  des  chc- 
:•;  fes  quia;  paifent  la  douleur ,  le  bras  dchiiflà  tout  incontinent  comme  aufTi  la 
main  peu  à  peu  ,  mais  cette  matière  acre  auoit  ronge  la  chair  en  cinq  endroits 
autour  du  doigt  «5c  y  lailïà  des  Vlcercs  fordides  ôc  fîtiucuxapres  ls.rqucls  ic  tra- 
uaillc  encor.  La  mhne. 


OBSERVATION    LX. 

De  îapiqHenre  d'vn  Àoigt  par  dn  verre, 

r^Ay  vcu  àNoLiis  auDIocefe  de  Cologne  vne  Dame  qui  s'etoit  pique  le  doig; 
indice  de  la  main  droite  auec  vn  morceau  de  verre,  il  y  vint  premièrement 
vne  très  grande  douleur  puis  après  inflammation  6c  autres  dangereux  acci- 
dents, qui  attaquèrent  en  peu  de  temps  toute  la  maîn&  firent  des  Vlceres  for- 
dides en  diuers  h'eux  auec  erahon  des  os  &c  ligamentsrellc  fut  guérie  longtemps 
après  parM.Ican  Dumgens  habile  Chirurgicnj  mais  auec  beaucoup  depcne> 
car  quelques  articulations  des  doigts  demeurèrent  roides  &  contrades.  La 
même. 


OBSERVATION     LX. 
D'^iine  piqueure  an  pié  par  vne  épine, 

L'An  kS?.  exerccant  la  Chirurgie  à  Laufinnevn  ouiuier  trauaillant  à  vne 
haye  fe  piqua  le  pic  auec  vne  epinc,il  negiig'^a  fon  mal  du  commencement 
ou  il  vint  vne  très  grande  douleur>inflammarion,fîéure,i  cuerie  Se  autres  o^rands 
accidents,&  enfin  la  gangrené  &  fphacele  ,  hquirl  ctanr  paru-  n:i  iufuu'au  £c- 
jioui1,(^  la  iambe  n'ayant  pas  été  coapcc,il  en  mourut.  La  7nêt,*e. 


OBSERVATION     L  X  1 1.- 

D'vne piquenre  de  mouche gttcpe* 

VNc  Dam^de  la  Noble  maifon  des  Sicking  ayant  -té  piquée  au  temps  de 
la  canicule  par  vne  gaépe  fur  le  poignet  gauche  ,  il  y  viac  iii-^oncîucnt 

Dd    X 


214  Liure  Second  des 

vnegi'tnde  ào:ileui:5i  luy  étant  furuenu  vne  dff.iillancc  en  même  temps,  elle 
fuc  obligée  de  fc  mettre  au  lid,  ou  ê;anr,  la  douleur  qui  ne  rciioit  au  commen- 
cement c'uc  la  main  s'cpandicpar  tout  le  corps  &  en  d^uiiic  plus  violente:  le 
même  iour  il  s'cleuades  vtfiics  pif  nés  d'humeur  {crcufc  &  tranfparentc ,  com- 
me auxbiularcs  :  ayant  ctc  ointe  fur  le  foir  Se  le  ioar  luiuant  aucc  de  l'excel- 
lente huyle  de  Tcorpions  qu'auoit  Ton  mari  ^  <?^  ayant  fucf  abondamment  par  le 
moyen  duBezoar  qu'elle  prit,  elle  fut  cnticrement  guérie  ,  mais  la  petite  peair 
fcleparà  picfqucs  de  tout  le  corps. 

Il  ne  fùLitpas  donc  méprifer  telbs  motfures  ,  ayant  remarque  en  vne  autre 
Dame  qu'elles  fe  Iba:  conucrties  en  Vlcere  incurable.  Obf-j-Xent.^. 


OBSERVATION     LXIII. 
D'vne  playe  de  ne^fs. 

ILarrîue  fouuent  que  ceux  qui  font  blelFz  tombent  en  conuulaon  àc  meu- 
rent fans  que  le  Médecin  en  puillc  dcjouuiir  la  cauitiColmeS'.oranus  auoit 
coupe  à  Valence  la  main  gauchj  à  vn  Gentilhomme  qui  auoit  clc  iracalsee  par 
vn  coupdemoafquet,  il  auoit  défendu  cxprclL  ment  a  ce- i.une  horrmcluiet  à 
fes  phiîirs  de  s'appio^her  de  la  fi.mmc  ;  n-.aij  comme  il  ctoit  à  peu  piés  gucri 
&  tous  les  accidnirs  nppâiics  il  lafolicitajcile  l'ayant  refuse  àcaulc  des  Itii^ux 
aduettHrm  nsdc  Slo:aiiu?,  ilfe  déchargea  lans  le  tOi.ich;'i;vii  moment  aptes  il 
retomba  en  fieure,rcuerie,conuuirioiis,  ècaurrcs  acciâ>-n:s  ,piiii  mourut  qua-' 
trc  iours  après  :  on  peut  corrpiendie  par  làcombicii  les£mm.cs  lontdange- 
reufes  aux  playes  des  ncrfs,dc  ia  tcfte  tk  des  iointures. 


OBSERVATION    LXIV. 
Que  le  rire  ejl  dangereux  k  ceux  qui  font  hlefsès  aux  nerfs. 

LE  14.  Avril  i<5oi.  Noble  Imbert  à  Dicfpach  feigncnr  de  S.  C  hiitiophle  ïg» 
ceut  vn  coup  de  moufquet  en  la  main  giUv-hc  qui  le  fracalTa  &c  meurtrit' 
tcllement,que  le  pouce  ctoit  entièrement  fcparc  iu'.quesau  carpe,  le  mcracafpc 
auflî  étoit  iifortbrivc&:  confus,quc  iefus  obligé  a'en  tirer  pluhcuis  os  &.  pour 
le  dire  c»vn  mot  toute  la  main  ,  les  nerfs  &  Ls  os  êtoycnt  tellement  déchires 
&  concafsés  qu'il  y  auoit  peu  d'efperance  de  la  pouuoir  conleiui  r  ,  tllc  fur 
ncantmoiis  fi  bien  remife  qu'il  ne  perdit  pas  leulemeut  va  doigr  :  mai^  ayaoç 
trauaillc  dés  le  commencement  à  empêcher  la  douleur  iSc  à  défendre  h  paitîci 

d'inâAin- 


ObferuationsChirurgiques.  115 

l'inflammation  ^  de  fluxion,  I<i  cure  reiifljt  fi  bien  qu'il  n'eut  quafi  point  de 
louleur  &  qu'il  ne  furuint  ni  iîciire  ni  inquiétude  :  fur  le  4.  iour  de  la  maladie 
auciqu'vn  delà  compagnie  ayant  fsitvn  conte  boiT'ffon  ,  le  blefsé  Ce  tr)k  aufll  à 
•ireàî  furuint  à  l'inftanc  vue  fi  grande  douleur  par  tout  le  brns  iufqucs  à  la  nu- 
}ue,  qu'il  fut  en  danger  de  tomber  en  conuulfion  24.  heures  durant  :  mais  la 
Joulcur  s'arrêta  bellement  par  les  remèdes  fuiuants  &  le  bi^s  fut  rei-nis  en  fon 
>remier  èza:.']C.Rad.&fo(.alth.malHar.violar.  brancd,  vrJîn<x.fior.  77jel1I.heton.pn- 
Tiula  verisy/alnu  an.tn.j./em.fœfiu^r.lini  an."^  P>.tncldantHr,tHndamur,co<^Hanturln 
fana.  al.  confumptlonern  tertio,  partis.  le  mis  fur  tout  le  bras  des  linges  chauds 
trempés  en  vnc  dccodion  cmollicnte&  nerualc, Apres  i'oignfs  le  bras  &  la  nu- 
que auec  celiniment.  OJ!..  OLlumbric.  vtil'phn,  axiingiA  hum.an.T^  l.fuccl  Inmbric. 
\  /?,  m..  La  douleur  s'arrêta  par  ce  moyen ,  S<i  la  cure  rtiilïit  bien.  Ohferuation 
lyCent.i. 


OBSERVATION     LXV. 

Siir  le  memefnie^, 

L'An  2603.  atimois  d'Avril  Claude  Dodin  Bourgeois  de  Payernc  ayant  été 
blefsé  au  bras  droit  &  au  poignet,  ou  quelques  nerfs  de  ceux  qui  décendcnc 
de  la  quatrième  &c  cinquicm.  vertèbre  du  Col,auoicnt  été  ofFenscSjs'êtant  mis 
à  lire  tomba  en  danger  de  conuulfion  auec  des  grandes  douleurs^  de  forte  qu'il 
ne  put  aucunement  repofer  toute  la  nuit:  la  douleur  s'âpaifa  après  que  i'eus  oint 
le  bras  auec  lefufdit  ongwzni.Obf.iT^.Cent.i. 

Remarque  fur  ces  dcuxOhjeruaîiâNs, 

LE  ris  cft  vnc  padlon  du  coEur,car  il  s'ngite  lors  auec  impetuofité  auec  le  pé- 
ricarde étants  diminués  de  côté  &  d'autre ,  comme  cnfeignc  Laurent  lôu- 
bert  Mcdecin  ;  m^is  comm'e  le  péricarde  eft  attachera  mediallinum  <3c  au  dia- 
phragmcjil  fliut  aulTî  dcnçceiT-ic  que  celui  ci  foie  ébranlé  quand  on  rit  pafTion- 
némcnt.D'autic  côté  iediaphiagme  étant  attaché  aux  vertèbres  deslumbcs  aux 
extrcmitcs  dcsEailTes  cofteSjau  bas  dufternum&:  à  la  cartilage  xiphoide,  par  le 
basau,  critoinc,  pai  lehaut  à  la  pleure^  il  an  iuc  qu'en  riant  fort  les  m.ufcles  de 
,rabdom.en&  p;iai.i paiement  les  mufclesdc  la  poitrine  fe  :emiicni  6c  relfcrient 
en  même  ccm,  ;>:daus  ce  violent  mouu:ment,lcs  muClcs  du  diaphragmé  $s\^s 
pcdoraux  foiit  ai:(]î  ébranlés  *!<.;  par  même  moy:n  Cdx  dcsbias^priacipalemcnc 
celui  qui  amené  le  bras  à  la  poitrine  Sc  celui  quirclcuc,  com.rne  aiiflî  tous  Its 
■  ^pxk  qui  y  font  entrclafsci  <^  les  tendons  qui  en  prouiennenc  font  auffi  émeus 
&:  agicci  y  ce  qui  eft  cauf-  que  ceux  qui  rlcnc  bien  fort  mettent  les  bras  lur  la 


2.1$  Liutc  Second  des 

poitrine  :  5c  parce  que  les  raufcics  qui  remuent  le  Col  &  la  Teftc  vicniieat  en 
partie  des  os  de  la  poitrine  ,  il  faut  de  neceflîcé  que  quand  on  rit  aucc  violence 
Ôc  que  le  diaphragme  &:  les  mufcles  de  la  poitrine  font  agites,  que  la  Tcfte  fou 
aufli  ébranlée,  à  caufc  dequoi  ceux  qui  rient  auec  véhémence  branlent  la  Teftc 
de  côte  &  d'autre  :  il  y  a  auflî  de  la  fympathie  entre  les  mufcles  des  cuillcs  & 
ceux  dcrabdomen,cequieft  caufe  que  quand  on  rit  bien  fort  on  eft  contraint 
de  Te  courber  ;  car  quand  les  mufcles  de  l'abdomen  foirt  tires  en  haut  par  la  vio- 
lente cleuation  du  diaphragme,  il  faut  necclFairemcnt  que  les  raufcics  des  cuif- 
Ccs  aucc  les  artères,  vênes  &  nerfs  qui  y  font  entrclafscs  aillent  après  :  on  voit 
par  la  qu'il  eft  dangereux  de  rire  aux  grandes  playcs  ,  car  il  arriue  des  grandes 
douleurs  &  conuulilons  quand  les  nerfs  font  bl-rfsés  ,  &c  des  haemorrhagics 
quand  ce  font  des  vênes  ôc  artères.  Obf.i:,.Cem.i. 


OBSERVATION    LX  VI. 

Urne  bleJfHYi  à' Artère- 

I'Ay  traite  vn  homme  de  40  anstrcsrobuftc ,  bilieux  3c  coicr.ede  (ow  naturel,  i 
auquel  en  vne  blcifurc  de  Teftc  le  rameau  gauche  de  l'Arccre  carotide  fut  '■ 
coupe  lur  le  mufcle  crotaphite  :  ayant  arrête  le  fang  au  premier  appareil  auec  j 
ma  poudre  adftringente,  ie  fis  fuppurer  la  playc  :  le  cinquicm.  iouidu  mal  vn 
des  Parents  de  celui  quiauoitfaitlableifure  étant  entré  à  rimp.\:>uiftedansla 
chambre,le  blefsc  fut  tellement  troublé  de  l'auoir  veu,  que  l'Aftcu  s'ouuritde- 
xcchcf  auec  etfufion  de  fang  lequel  on  eut  de  la  pêne  d'arctcr,n(.anrmoinsilfuc 
remis  entièrement:  ObfAt.Cent.i. 


OBSERVATION     LXVII. 

De  la  h/eJJUre  des  ventes  Jugulaires,  y, 

N  téméraire  empirique  ayant  voulu  couper  vue  ecroii^lle  du  Col  à  vne 
^    icune  fille  de  Geneue ,  en  laquelle  êtoit  impliquée  la  vêne  lugubirc  &  le 
nerf  récurrent,  il  furuint  vnefi  grande  haemorrhagic  que  la  viefortit  auec  1« 
(âng  dans  l'opération  mcmeiOhfer^Cenf.^ 

OBSER-'l 


V 


Obferuations  Chirurgiqucs.  117 


OBSERVATION     LXVIII. 

De  Ihdmorrhagie  (^mfuYPiientauxplayes. 

'  'An  1604  vn  Bourgeois  de  Laufanne Voulant  feparer  deux  de  Tes  conci- 
«^roycns  qui  fc  battoyent  reçut  vn  coup  de  couteau  fur  rextrenaitc  du  muf- 
le Biceps;lc  barbier  arrêta  le  fang  &  guérit  la  playe  comme  il  ^-'cut  :  vint  iours 
près  la  blclfiire  ,  le  malade  croyant  être  hors  de  tout  danger  &c  fc  promenant 
ar  la  chambre,ilarriueque  regardant  par  la  fcncftreil  vit  palier  celui  qui  l'a- 
oit  blefsé,  dcquoy  il  fut  tellement  ému  &  trouble  que  lavcnes'ouurit  dere- 
hcf  &  le  fang  fe  mit  à  couler  fi  abondamment  ,  qu'il  fut  mort  auantque  ie 
ilîè  venu  de  Payerne  ou  on  m'ctoit  allé  demander  :  on  voit  par  fois  fortir  du 
mg  de  la  playe  d'vn  mort ,  fi  celui  qui  a  commis  le  meurtre  eft  proche  ,  car 
omme  dit  LscuinusLemniusen  fon  liure  de  Oecnltis  namrd.  Miraculls  fLzna.- 
Lire  fait  de  fi  grand  efforts,  quoy  qu'enfcuelie  &:  cachée  pourueu  qu'il  refte 
[uelque  peu  de  chaleur  ,  que  le  corps  mort  vient  à  s'cchaufF^^r  &  le  fang  à 
lOuïllir  derechef  auec  la  bile. 

Il  faut  remarquer  icy  l'impertinence  de  Paracelfe  ,  Au  premier  liure  de  fa 
;rande  Chirurgie  rraittc  z.chap.x.Et  au  traitté  2.  des  playes  chap  ^.  Il  eft  con- 
tant, dit-  il ,  entre  les  Médecins  qu'on  ne  peut  pas  ôter  la  maladie  qu'au  preala- 
ileonn'ôtelacaufe3<:  tout  ce  qui  nuit  au  malade,apres  il  conclut  :  Si  le  fang 
ouïe  à  caufe  de  luxure  ou  de  colerejil  faut  premicrem.cnt  appailer  l'vne  &  l'au- 
rcjcar  tandis  que  ces  deux  empêchements  y  feront,  la  nature  ne  veut  point  de 
nedicamcnts  ,  Ci  le  malade  eft  yvre,ilfaut  attendre  qu'il  foit  defenyvré  deuant 
[u'arrctcr  le  fang  :  que  f\  quelque  conftellation  a  cmeu  le  fang,il  faut  attendre 
[uc  fon  influence  foit  pafsée:  il  y  aplufieurs  femblables  impertinences  en  celi- 
ire  qui  font  voir  combien  cette  doélrine  eft  dangereufe  au  genre  humain  >  s'il 
"aut  attendre  félon  fon  opinion  que  ces  empêchements  foyent  ôtés  ,  il  faut  au- 
)arauant  faire  des  trciiesauec  la  mort:  l'Axiome  des  Médecins  duquel  il  fe  fert 
ft  verkable  ,  mais  il  faut  diftinguer  entre  la  caufe  coniointe  &  prochaine,  qui 
ft  vneouuerture  de  vcneou  d'Artcre,&  entre  la  caufe  éloignée  comme  font  la 
■!^erc,l'yvrognerie,la  luxure,  t^Jc.  Il  faut  pcnfer  premièrement  à  la  caufe  pro- 
:haine  parce  qu'elle  eft  plus  importante,  &:c.0^/r7i.C^«/.y. 


I 


D 


OBSERVATION     LXIX. 
De  lafyncope  oh  défaillance  ^uefarulent  aux  blefsés. 

Eux  de  la  fuite  du  Prince  de  Ratzvuil  Duc  de  Lituanie  étants  venus  à  fc 
battrcjvn  d'iceux  fut  bkfsé  vn  peu  au  dclfus  du  genouïl  3  il  tomba  incon- 

Ec 


xit  Liufc  Second  tîcs 

tinentcndcfaillance  &  mcurut  auanc  que  le  Chirurgien  de  ce  Piiiicc  fwt  v< 
iiLi  à  temps,  qnoy  qu'il  ne  fut  venu  aucune  h^monhagie  &  que  la  playc  ne  £ 
gijcrcs  profonde.  J 

Vn  uarbici  deCcrshcim  nomme  Guillaume  Fex  îS'cfcarmouchanc  en  cb* 
min  auec  vn  certain  Je  DulTcldorp  non  gucres  loin  de  ce  Bourg ,  fut  blcfsc  !• 
geremcnt  fur  le  poignet  gaachc  ;  étant  tombe  en  défaillance  il  demeura  mo: 
quoy  qu'il  n'y  eut  point  eu  d'h.tmorrhagie:pour  moy  ic  crois  qu'ils  moururc  : 
pluroft  de  colère,  &c.  Car  le  fang  &c  les  cfpriis  s'étants  retirés  impctucurcmc 
au  cœur ,  ils  êtouftérent  la  chaleur  naturelle,  tcutdemêm.c  comme  vnc  tr(» 
grande  quantité d'huy le  éteint  la  lampe. x^/<  traitié de Lt gangrené  ch.ii. 


L 


OBSERVATION     LXX. 

De  l'onguent  de  fympathîz^,  | 

A  femme  de  Noble  Hcvman  àCronbercr  B.dllif  de  Lore  furie  Mein  d: 


iours  après  écre  âcouchée  fut  par  ie  ne  fçay  quel  malheur  blcfsce  à  c6: 
du  bout  de  la  marrmt.;lle  gauche  auprès  du  lU*rnum:quoy  que  la  blcflure  ne  f  : 
pâs  profonJc,li  ne  l:JlIoic'-il  pas  de  couleur  du  fang  abondamment:  le  Chiru- 
gien  ayant  aictcle  fang.nc  pença  pas  la  playe,mais  le  couteau  qui  l'auoitfait, 
ai.ii  fut'cllc  gucii;  en  ;^ppar(.nce  ,  piumptcmcnt,  heurcufcmenr&;  quali  faî 
douleur,  mais  àpche  f.ir  venue  la  cicatrice  qu'il  vint  vue  douleur  obfcure;! 
profond  de  la  mamm^  llctiéure,  £  illou  aux  Ïambes  &  douleur  de  Tefte.-inco  • 
tincnt  ?.p:cs  la  mammcllcs'en  lurcit  l^  enfla  auec  grandes  douleurs  non  fei 
lemen-  en  icc  ll;,riais  autli  en  la  nuque ,  épaule  »ï^  tour  ce  cofté  :  on  appelé  d\ 
rechef '.V  v.hiuirgi^n  q.ii  fait  tout  iondeuoir,  mais  les  accidents  augmentere.! 
de  iour  en  iour ,  enhn  ic  fus  aulTi  demande  pour  l'aller  voir  à  Oppcnheim  :  f , 
tiouu.u'  \a  n'ammclle  < xrumcmcnt  etiflce  &  dîne  par  tout ,  il  y  ?:uoit  vne  trt 
grandi  chaleur  auec  vnc  douitur  poignante  &  heure  continue  :  A  peine  po  j 
uoit'on  voii  la  cicatri:e  de  la  playc  :  la  peauêtoit  lim'dc  autour  du  bout  de  i 
mainmdlc,m-u'b  11  molle  quel  on fcntoit  ondoyer  le  pus  ,parquoy  ie  fus  d'ail 
que  l'on  ouuiit  l'apollremc.  La  mal/d  -  y  ayant  conftnci  iefîsouuerture  au't 
vi.e lancette  couibéc  ou  biiloris.  Vo^ezLt figure  ^.deUV Tiible, 

Le  pus  loicitcn  abondance  oc  impetueulcmcnt ,  <S:  la  douleur  s'appaifa  i 
continent  aucclt-s  autres  accidents  commefiéure,  naus-c,douleur  de  Teftey 
la  nuque  &  de  l'cpaulc ,  ayant  plus  de  repos  la  nuit  (uiuante  :  il  fortit  tounou 
àz^  lois  beaucoup  de  pus  &  la  dureté  ceila  ••  cependant  la  mammelle  s'exulcc 
d'elle  même  en  deux  autres  lieux  auprès  dubour>ueantmoins  tout  rciiflitii  bi<i.. 
que  i'tfpere  qu'elle  fera  remife  au  premier  iour. 

Cependa 


I  Obfcraations  Chirurgîqucs.  zt^ 

J  Cependant  que  ie  fus  à  Vuettcraiiie  fou  încommodîré  rcnouucla,r.ar  clic 
I  fut  fierecHcf  âraqucsi  de  ficurc  pouc  n'aiioif  pas  obleruc  vd  ban  rcgitnj:  la 
«laramclie  enfla  incoiîâncncaprcsauec  grande  douleiu-uc  leshiimcuri  s'y  rci- 
;T  fcrcnt  en  Ci  gtanijie  quanticé  qu'il  (e  foimi  vu  ^.bfccs  vers  raiirrllc  ,  maia  i'ay  il 
bien  pourueu  à  tout ,  que  dv.rech.  f  par  ia  grâce  de  Dieu  ,  tout  cft  en  alfu- 
rance  ,  quoy  que  les  vlceres  ne  (bycnc  pas  encor  feimcs  ni  la  dureté  en  cor  ra- 
IBollie. 

La  malade  fut  trauaillcc  de  douleur  en  la  nuque,  en  l'épaule  &  tout  le  codé, 
ce  qu'il  ne  faut  pas  trouucr  ccrange  au  commencement  du  mal  candis  qu'il  y  a 
inflammationj  tiéure  &  autres  accidents:  mais  à  prefcnc  quoy  que  ces  douleurs 
ayenc  ceùé  ,  ii  ell-ce  qu'à  chaque  fois  que  ie  mecs  des  tentes  aux  vlceresou 
que  j'irrite  le  mal ,  incontinent  elle  fentde  la  douleur  dclfous  l'épaule  vis  à 
vis  de  r  Vlcere,&  félon  que  la  douleur  s'apaife  en  l'VlcereJa  douleur  de  l'cpau- 
lecelTcaufli  à  proportion  :  elle  dit  que  l'endroit  oueftla  douleur  n'a  pas  ia 
largeur  d'vn  thaler  quoy  qu'il  ne  paroifle  rien  en  dehors  ,  elle  ne  Cent  pas  mê- 
me de  la  douleur  quand  on  manie  rudement  l'épaule  ,  tant  elle  eft  profondé- 
ment cachée,  cette  douleur  pourtant  n'a  point  eu  de  mauuailc  fuite:  or  cette 
grande  fympathie  qui  eft  entre  le  bout  de  la  mammelle  Ôc  le  dos  vient  à  cau^c 
de  certain  nerf  qui  vient  du  cinquième  efpice  entre  les  codes  &c  fe  fourre 
dans  le  mufcle  de  la  poitrine  enuoyant  des  petits  rameaux  au  bonr  de  la  mam- 
itimclle  <S(:luy  donne  ce  fentiment  vif  :  mais  i'ay  remarque  cette  fyînpathieca 
'iufoït  peu  de  femmes  qui  out  eu  des  Viceres  au  mammcUes  :  OlfferHatton  ij. 


OBSERVATION     LXXI. 

« 

D'vneplaye  trop  toft  cicatrisée. 

QVand  vnc  playc  cft  cicatrisée  auant  le  temps ,  alors  il  s'engendre  Zc  xmiS- 
it  du  pus  au  fond  d'icclle  qui  produit  des  nouueaux  accidents.  Il  y  a  quel- 
ques années  qu'vn  Bourgeois  de  Laufanne  fut  blcfsé  au  mufcle  Biceps ,  la  playc 
l'ayant  prts  été  fuHifamment  entretenue  ouuerce  par  des  tcnces ,  mais  ayani  été 
:icatrisée  auantle  temps,  il  s'amaifadu  pus  au  fond  du  mufcle  lequel  y  fit  douh- 
:ircertaine  vén:  ,  d'où  vint  vne  telle  hasmorrhagie,  (^n'y  ayant  pas  ei» -or  qua- 
re  femaines  dés  la  blelfure)  que  le  malade  en  mourut,  yin  trahie  de  la  Li- 
hotoraie  chap.i}. 

E  c     z 


110  Liurc  Second  des 


OBSERVATION     LXXII. 

Reînarejue  fur  la  cure  des  playes, 

V'Efaliiis  anoic  de  couftume  à  chaque  fois  qu'il  déplioic  les  bandages  cks 
playes  ou  des  Vlccres,pnncipakmeiit  de  laTcftc,de  la  poitrine  &  des  par- 
ties nerueufes  ,  de  te nir  vne  petite  bougie  allumce  le  plus  pics  de  h  playe  qu'il 
luy  êcoit  poflible  pour  la  défendre  de  l'air,  comme  ie  l'ay  ouy  dire  à  Cofmc 
Slocanmon  maître  lequel  à  fouuent  veu  trauailler  Vefali&:  luy  mêmefeferuoii 
de  cette  maxime  :  pour  moy  iene  me  contente  pas  delà  bougie  es  grande; 
playes  de  la  Terte  ,  mais  ie  fais  tenir  auprès  vne  poêle  à  frire  pleine  de  char- 
bons o\\uvnh:Obfer nation  x.Cent.  5. 


OBSERVATION     LXXIII. 
*iy''Me  playe  à'art^Hebufaâe  dans  les  mufcles  de  l abdomen. 

Pierre  Gautier  généreux  Capitaine  en  France  fut  blefsc  d'vn  coup  de  mou] 
quet  en  l'attaque  d'vn  Boui  g:  la  baie  étoitdemeurce  en  la  région  dufoye 
coftc  du  mufclc  droit  à  lîx  doigts  en  trauers  au  dellus  du  nombi  il,  &  ayant  pai 
se  le  mufcle  oblique  auec  le  tranfuerfal  (  fans  que  pourtant  les  vifceres  interne 
fullènt  oftlmccs  ]  elle  rranfpcrça  la  fupcrficic  de  l'os  ilium  auprès  du  lacrum  i. 
s'arrêta  vers  la  peau  :  le  lendemain  le  Chirurgien  la  tira  après  y  auoir  fait  inc 
iîon:quoy  qu'il  fut  furuenu  au  commencement  de  très  grans  accidents  ,  nean 
moins  la  playe  qui  êtoit  vis  à  sis  du  foye  fut  bien  toit  confolidce  fans  que 
malade  en  ait  rcceu  en  Iiiiteaucunc  incommodité:  quant  àl'autrequictoit  en 
furface  de  l'osjquoy  que  le  Chirurgien  fit  tout  ce  quictoita  faire  6i  en  eut  tij 
quelques  petits  os  <Sc  l'eut  tnhn  fait  cicatrizer  ,  fiLfl-ceque  deux  ans  apri 
ayant  été  attaque  de  fiéure  accompagnée  de  grands  friiïons  &  bubçs  en  l'ain^ 
il  y  fui  uint  derechef  vne  véhémente  douleur  auec  grande  inflammation  &ci- 
mcur  au  lieu  ou  auoit  été  la  blcilurede  Chirurgien  ayant  été  derechef  dcmand» 
lit  encoren  forte  que  cette  tumeur  qui  étoit  vers  la  cicatrice  de  l'os  ilium  î\ 
ammce  àfiippuiacion,  Isqutlle  étant  rompue  il  en  fortit  quantité  de  pus  aU'? 
quelques  petits  os  qui  le  prcfentoyent  6c  qui  furent  tires  par  le  Chirurgiil- 
fans  aucune  pciie  après  quoy  la  playe  fut  entièrement  confolidée:  des  ce  terau 
quoy  qu'il  furfouuent  arraquédesm.émes  accidents  &  qu'ils  le  futferuiduco| 
feil  de  plufic-urs  très  habiles  Médecins  ik  ChirurgieuSjfr  eft-ce  que  iamais  auci| 
ne  luy  a  confeillé  d'çn  ycnir  au  fcriOu  au  fçu>maJ4  il  y  a  cuuiro;;  vn  moisfvn  :| 


Obferuations  Chirurgiques .  m 

âpres  que  faPlaye  a  êcé  eiuieremciu  fcrmre  J  cjn'il  fut  arraquc  de  mcmcs  accî- 
1  dents  éc  que  rvlccrc  s'ell  derechef  ouueit  aucc  cftiiiîon  de  beaucoup  de  Pus:y 
ayant  mis  la  Sonde,i'ay  dccouuerc  incontinent  vn  fragment  d'os:  i'ay  ctc  d*â- 
uis  aprcs  les  remèdes  vniuerfels ,  que  l'on  ounrit  ik  dilata  douccmcnr  la  Playc 
iufques  à  ce  que  Ton  eut  tire  les  os  que  l'on  dccouuioit  aucc  la  fonde.  le  ne 
•fçay  s'il  aura  fuiui  mon  conicil  :  Et  qaoy  que  les  fufdits  accidents  reuiennenc 
de  temps  en  temps  &  que  le  mal  Ce  renouueilcj  fortanr  toufiours  quelque  petit 
os,  neantmoins  le  malade  m'a  alîurc  que  cela  ne  luy  donne  pas  beaucoup  de  pê- 
ne &  que  la  Playe  fe  ferme  derechef.  Lettre  96. 


OBSERVATION     LXXIV. 

Que  les  Baumes  font  dangereux  cjuand  on  s'en  f.rt  mal  à  propos, 

I'Ay  fait  voir  en  l'obferuation  38.  que  l'Emplâtre  Stidic  de  Paracelfe  eft 
dangereux  quand  on  ne  l'cmployc  pas  à  propos,  on  peut  dire  la  mcme  cho- 
fc  des  Baumes  tant  naturels  qu'artificiels  comme  l'hiiloire  fuiuante  en  fait 
foy. 

L'an  155S.  vn  certain  de  Laufanne  nomme  Claude,  homme  robufte  âge  de 
40.  ans ,  ic  bklTà  d'vn  coup  de  hache  en  la  Palette  droite  ,  la  Playe  n'ctoit  pas 
profonde  &c  faiis  douleur,    partant  il  voulut  le  guérir  auec  vn  certain  Bau- 
me qui  luy  fut  donne  par  vn  ami,  duquel  il  mettoit  deux  fois  le  iour  dclTus 
8j     auec  des  filaments  ,  par  ce  moyen  les  bords  de  la  Playe  furent  bien-toft  relinis, 
mais  le  pus  s'ctant  amalic  au  lond,  il  furuintvncfi  grande  douleur  peu  de 
temps  aprcs  auec  vne  telle  inflammation  &  fièvre  accompngncc' de  défaillan- 
ce qu'il  fut  en  danger  de  la  vie   :    Ayant  êtc  demande  auec  Claude  Alarien 
Me.  Apothicaire  très  expert  ,    ie  trouuay  le  genoiiil  fort  enfle  auec  vn  Fun- 
gusqui  fortoit  hors  de  la  Playe  de  la  gtolîcur  d'vn  œuf  de  poule  :  le  mis  la 
Sonde  dans  ce  Furgus  ou  cette  chair  baueufe ,  d'où  il  fortit  plus  de  deux  Hures 
d'eau  claire  qui  eft  appelée  par  Paracelfe  Synovie  ,  non  feulem.cnc  ce  iour  là 
mais  trois  iours  entiers  de  fuite  ,  laquelle  le  changea  peu  à  peu  en  matière  pu- 
rulente :  le  le  traitay  ainfi  j  apresauoir  ordonne  vne  bonne  fliçon  de  viiue& 
l'ayant  purgé,  laignc  au  bras  droit    &c  mis  les  remèdes  topiques  couuena- 
blcs  3  ladoulcur  s'appaifa  peu  à  peu ,  l'inflammation  auiîi  cefla  auec  la  fièvre,  ÔJ 
lesdcfaillancesqui  vcnoyent fréquemment  auec  iccUc  :  mais  comme  l'article 
eO:oit  imbu  de  cette  matière  fcreufe&  purulente  ,  ilfe  fit  plufieurs  ouucrturçs 
&  cxulcerations  autour  du  genoiiil  comme  auflî  au  gras  de  la  iambe,  en  partie 
parla  nature  en  partie  pai;  artifice  :  il  fut  enfin  guéri  aucc  beaucoup  de  peine> 

Ee    5 


2.11  Liiire  Second  des 

mais  comme  les  tendons,  ks  ligaments  Ôc  les  appendices  de  îa  ioiaturcauoycor 
Clé  rongées  c^  corrompues  par  cette  fanie  &  ce  Pus ,  il  demeura  boiteux  le 
refte  de  fa  vie. 

Certain  Gcneuois  fut  blefsc  d'vn  coup  de  moufquet  :  vn  Chirurgien,  autre- 
ment habile  &  expert ,  mit  lur  la  Playc  vn  Baume  par  le  moyen  duquel  elle 
fat  fcimce  $  mais  il  s'amalTa  du  Pus  au  fond  après  quoy  fe  formèrent  des  vlce- 
res  finueux  &  prefquc  incurables ,  mais  ic  le  guéris  enfin  aucc  vjîc  extrême 
pcnc. 

Ic  confeille  donc  à  tous  îeunes  Médecins  de  Chirurgiens ,  qu'ils  n'entre- 
prennent rien  à  la  volée  auec  ces  Baumes  &  principalement  dans  les  Playes  d^-s 
parties  nerueufes,  car  il  ne  fuifit  de  rendre  piomptement  lafanréau  miiade  â 
on  ne  ic  fait  pasfcurcmcnc  Obferu.  97.  CeriL  5, 


LIVRE 


i 


LIVRE  TROISIEME 

DES  VLCERES.  FISTVLES> 

GANGRENE    ET    BRVLVRES. 


OBSERVATION     PREMIERE. 

D*v»e  Flcere  i;îcurable  vers  la  tointure  de U  mach&ir^^. 

A  D  A  M  E  Holc  de  Dr.fbourg  au  pays  deCle- 
vcs  ctaiir  encor  ieune  (k  fc  piomenanc  en  vn 
veigcr,fur  piquée  par  vue  mouche  guêpe  en  la 
hcc  vers  l'oreille  droitte,  il  y  furuinr  incon- 
tinent grande  douleur  ai:cc  ir.flammation  & 
enflure  de  route  h  Tcte  ;  h  douleur  &  l'enflu- 
re ccircrcnt  en  partie  par  les  rcmedes,mais  il  fe 
fit  vn  c'ibfcés  en  la  paitic,auquel  après  qu'il  fut 
rompu  il  relia  vn  vlcere  ioidide  &  incura- 
ble, car  quoy  qu'il  fut  traite  par  des  habiles 
Médecins  >îs:  Chirurgiens,  neajumoins  ils  pcr- 
^^  dirent  tous  leur  pc  ine  ,  car  ic  luis  témoin  que 
CofmeSlotanus  ,  auec  lequel  i'ctois,  y  a  trauailléfixansûnsrdàchc:  Ck  après 
fa  mort  quelques  vus  y  mirent  encor  la  main,  mais  en  vain,  parquoy  ladite  Da- 
merecontciitadelaCurcpalliatiueiurqucsàlafinderavic  :  Elle  viiK  iufqucs 
à  vn  âge  décrépit  auec  afsés  de  fanté  ,  car  cet  vlccic  etoit  comme  vue  Cloaque 
dans  laquelle  la  nature  fe  déchargcoit  de  toutes  les  mauuaifcs  humeurs  :  or  il 
faut  attribuer  au  naturel  de  la  paitie  que  cette  incommodité  quiau  commen- 
cement étoit  petite  en  âparence  ,  fut  conucnie  en  vn  vlcere  incurable  &  de  il 
longue  durée,  car  étant  au  droit  de  la  iointurc  dts  mâchoires  >  il  ne  peut  pas 
être  cicatrise  à  caufe  de  leur  mouuement  continuel ,  o;  C  Ion  le  diie  des  Mé- 
decins ,  ils  ne  fe  confolidenr  point  qu'ih'ne  foyent  dclT.  .hés  ,  mais  comme  le 
çiyuLicment  humedcen  attirant  le^humcuts ,  il  fai^t  de  ncccffitc  qu'ils  foycot 


114  Liure  Troifiéme 

incurables  à  caufe  qu'elles  fe  remuent  incclFammenc ,  hormis  dans  le  fommcil 
linon  que  le  Chirurgien  tienne  la  mcchode  que  i'ay  inuentc  &  pratique  par 
après  :  que  h  ie  l'euire  trouuc  plutôt,  ia'^s  doute  la  malade  en  auroit  reçeu  du 
foulagcment  &  ic  me  Terois  fait  nchc.Oé^fcru.  78.  Cent.  4. 


OBSERVATION     IL 

D'vn  ZJlcere  après  vne  Tumeur  dure  en  la  ioiriînre  des  rn/iclooires. 

L*Ani55>3.  vne  femme  me  vint  trouucr  qui  auoic  vne  Tumeur  dure  en  la 
iointure  de  la  mâchoire  droite  :  aprcs  IV.uoir  premièrement  purge  &  ou- 
uertla  vcne  cephalique  du  bras  de  melme  code,  luy  ayant  aullî  ordonné  vne 
bonne  façon  de  viure ,  ie  fis  ouuerturc  de  cette  Tumeur  auec  dzs  médicaments 
efcharotics  &:  feptics  >  mais  l'Vlcere  ne  peut  point  eftre  cicatrise  ,  à  caufe  du 
mouuement  continuel  de  la  mâchoirc,qu'apres  que  ie  l'eus  rendue  immobile  par 
le  moyen  de  deux  inftruments  de  bois  qui  font  fourchus  au  deux  bouts  en  Qcnz 
forme,lefqucls  ic  mettois  entre  les  dents  de  dclïus  &c  dellous  les  y  attachant  auec 
vn  filet  de  cuiurequeie  faifois  pa(îèr  par  des  petits  trous  marques  O  O,  car 
ainfiellc  ne  pouuoit  ni  fermer  ni  ouurir  la  bouche  plus  que  ne  pcrmettoyent 
les  dits  inftruments  ,  l'e  la  nourrilFois  cependant  auec  des  bouillons  >?v:  des  cho- 
fes  liquides  qu'on  luy  donnoit  à  la  cueïUcr  ••  parce  moyen  l'Vlcere  fut  parfaite- 
ment guericn  peu  de  \QMïs:ObferH.  38.  Cer,t.\. 


OBSERVATION     III. 
jy  "^n'Ulcère  en  la  gorge, 

I'Ay  veu  fouuent  à  Cologne  vne  femme  de  40.  ans  qui  auoit  vn  Vlcere  malin 
en  la  gorge  à  caufe  d'vne  pituite  (alce  qui  y  vcnoir  delà  tefte  qu'elle  a  porté 
quelques  annces,de  forte  que  certains  endroits  du  pabis  furent  ronges ,  comme 
les  Amygdale?,  rVuuleJ'epigîottis  &  vne  partie  du  golicr  :  A  pcne  pouuoitelle 
parler,le  boire  &  le  manger  ne  pouuants  décendre  fans  qu'elle  foufrit  vne  cx" 
trcme  douleur  :  Ce  ceci  eft  à  remarquer  que  quoy  qu'elle  ne  fut  point  enceinte, 
fi eft- ce  qu'elle  auoit  des  appétits  extrauagints  ,  comme  de  manger  des  ha- 
rengs, de  la  chair  ôc  du  poil^n  fumés  Se  falés,  des  fruits  vcrts5«:  autres  viandes 
de  dure  digeftion  :  &:  ce  qui  cft  encor  plus  admirable  ,  elle  aualoit  ces  choies 
fans  douleur  quoi  qu'elles  fullènt  dures ,  pourueu  qu'elle  les  mangea  auec  ap- 
pétit: pour  moy  i'eftime  que  cet  appétit  &  cette  déglutition  êtoit  furnaturel- 

Ic, 


des  Vlceres ,  Fjftules ,  ô^c.  125 

le,autrement  elle  n'aiiroit  pas  pu  viurc  Ci  longtemps ,  vcii  que  quand  cl!c  n'â- 
uoit  point  d'appetic,  clie  ne  pouuoit:  âua^ev  ni  orges  mondes  ni  amandes  ni' 
bouillons  ,  demeurant  quelquefois  trois  iours  entiers  Hms  boire  ni  manger  iuf- 
qucs  à  ce  que  cet  appétit  corrompu  iuy  fit  venu;  &  quoy  que  cc  qu'elle  d.fi- 
roit  fut  contraire  au  mal,  ncanrmoins  elle  n'en  fentoit  point  d'incommodité, 
au  contraire  tout  ce  qu'on  Iuy  prcfcnroic  de  bon  contre  (on  grc,  Iuy  biilloit  de 
la  nausée  àc  par  fois  des  accéi  de  fièvre.  H  fiut  tirer  d'ijy  cctxc  confjquencc, 
qu'il  ne  faut  pas  refufer  auec  trop  de  rigueur  aux  mal.id.s  ce  cjue  la  nature  defi- 
re  ardemment,  car  on  voit  que  plulï  u.s  n'ont  point  peu  ccrc  g.icris  delà  fièvre 
quarte  &:  autres  maladies  longues  qu'on  n'ait  conceiicé  leur  apj'ecit  cxtraua- 
gant:  mais  il  n'y  a  pas  de  la  feureré  en  cette  cure,  ni  cet:e  Dame  n  en  a  pas  été 
guérie.  0^7757,  Cent.  i. 


OBSERVATION     IV. 
D'^on  vlcere  au.  Nés  CT  au   Palais, 

LAurent  Toupin  Bourgeois  d'Ettauay  âgé  de  trente  ans  croit  fuier  anxdcflu- 
xions  dés  (a  ieuneife  :  l'an  1(705.  ^^  ^^^X  ^^  tomba  vue  véhémente  fur  la  gorge 
auec  acrimonie  6^:  iafi.immarion  vers  la  racine  de  l'Vuulc  accompagnée  de  gran- 
des douleurs  oi  eidin  d'exulceration  ;  il  %i:w  alla  à  Fribourg  ou  il  fut  traire  par 
vn  Chirurgien  aLcs  habile; l'année  (iriiiante  lôo/.ne  s'eftanc  pas  bien  comporte 
en  fou  régime  &  ayant  mi;prise  l'vLigcdcs  rcmcrdcs  interncs,il  Iuy  en  tomba  de- 
rechef vne  nouuclk  (ur  I.1  gorge  &  principalement  fur  les  n;itines:mais  comme 
il  ne  fcntoit  point  de  mal,  il  mépiila  Ion  mal  6l  ne  me  dcma.ida  poiiic  de  con- 
feil  qu'après  qu'il  Lit  tombé  quJqnes  morceaux  de  la  Cartilage  diji  Ncs:r:Vétant 
venu  trouuerau  commenceméc  de  May,  ie  rcmarquay  qu'il  naaoit  plus  d'Vvu- 
le  laquelle  aiioi:  ccc  rongce  anpaïauanc  ^  après  auoir  été  cicatrisée  ,  iàns  que 
neantmoins  il  y  eutempech-mmt  en  la  pato!e,car  il  pailoit  foit  diftincbemi.nt: 
il  couloit  touliours  ce  pendant  du  Ceiucau  fur  ie  Nés  vnc  humeur  acre  6c  mor- 
datîtc  qui  rong-  a  l'os  du  Palais  &  la  cartilage  qiii  kpare  les  Narines;  pour  di- 
ucrtir  la  detluxion  ie  lepurgcay5f  faignay  le  lendemain  au  bras  droit,  ap- 
pliquant par  inceruallesdes  v^ntoufcs  fur  les  épaules  par  f^is  feches  ,  |  ar  fois 
tcaririées,^  fis  vue  iaiedioi!  du  médicament  fuiuanfanec  la  Syiingne  dans  les 
Narines,  mettant  après  du  ehupy  nempéen  iccluy  '^.Senitcydon.conutji  ^j.aj. 
"fUutag.  Yofur.  &  ranar.  atjuat.an.  J  i\.  ihfmde per  horas  aL.juût  in  loco  calido^ex- 
freffioniadde  rnell.  rofu.  5  j.  fa! h.  corallor.  C  C.  vftt ,  lApid.  c-tlamin  tuîi£.omn. 
jyptorumy  nlhili  an.  5  j.  m.  Le  7.  du  même  mois  ic  Iuy  fis  vn  Stton  vers  la  troifié- 
me  vertèbre  du  col  pour  vne  plus  grande  diucifion  de  la  Defiuxion  ,  met- 
tant fur  le  nés  en  dehors  pour  rcpoulîcr  les  humeurs  (Se  fortifier  la  partie  des 

Ff 


12.^  Liure  TroiGcme 

linges  doubles  rrempcs  en  la  dccodliô  fuiuanre,!.-!  rcnouiielant  fowirAr',2C.f„!.& 
flor,  beto7i.rof.rub.  e^uifeti^pUntagfiimmit.rub  fol  falicts  ar,.m.].cocj,tn  vino  rnbro  ad 
cofifumptiorte  'ypartis.h  rumeur  du  ncs  diminua  en  pairie  par  WCi'.gc  de  cette  dc' 
cadi6:iemcrtois  de  ce  liiiimé:  fur  i'vlccre  du  palais  2^-.  rad.a^nel.an/Iol.roi.irid. 
flor.garyophill.  lirai  oai.ici  an.  ^{'i.cinnam.'^ij.  m.f.  pHluis  fiibtili(]'.  chîhs  ^arurn  in 
vafe  vitreo  mt/ceainr  cnm  rnelle  rofuc  admoneatur  e.x  penicillo.  Le  iour  après  que 
le  Scton  fut  fut  il  piit  vne  prife  de  mes  pilules  ccphaliqucs:  le  même  iour  il  ren- 
dit vn  pctir  os  par  la  bouche, &  le  dixième  du  même  mois  il  en  rendit  vn  autre 
tour  rongé  &C  puanr,  après  quoy  il  rcfta  vn  fi  grand  creux  dans  le  ncs  qu'il  y  fa- 
loit  fourier  treize  voire  iuiqucs  à  quinze  tentes  trempées  auec  l'onguent  fui- 
uanr,  de  cette  figure  &  grandeur,  voyès  lafig.  5.  de  la  5.  table. 

It.  Succi  Gerani]  ^fuccifolAniyfemperuiui  an.  purt.  s.q.  htharg.  awrtphimbi  vjiiy 
lapid.  CAlamin.  certijj'ji.  an.  5«).  iridantur  inmortarium  l'fflinde  fenjïrn  (^  alternatirn 
ol.roficcjj' fticcos, probe  commifce ydonec  impenderis ol .Qrfuccor.an.ltv.cétongucm 
eft  prctieux  en  telle  forte  d'vlceies  qui  ont  quelque  chofe  de  malin  :  l'interdice 
du  ncs  dés  le  haut  iufques  à  la  lèvre  fuperieure  fe  rongeoir  peu  à  peu  à  caufe  de 
la  pourriture  qui  gagnoit  pays  aucc  grande  douleur,  de^  forte  qu'on  ne  pouuoit 
pas  même  nettoyer  la  lèvre  auec  du  coton  ou  aucc  des  linges  bien  dclics  :  mais 
ayant  continue  quelques  iours  à  mettre  fur  ces  petits  vlceres  douloureux  du  pré- 
cipité redifiéja  douleur  ceiTa^  lam.aligniré  fut  vn  peu  domtce  :  en  lieu  de 
mielic  me  feruis  du  fyrop  hiiuant  pour  le  mettre  auec  la  poudre  précédente  fai- 
te de  racines  d'Angélique,  d'Ariftoloche  &c.  lL.fHCcigeran>,  ib  ;.  rad.fcrophuL 
mai,  I  i]  fol.  &  flor.  béton,  agrimon.  veronic.fcabiof.  fnmar.pyrolA  fa/îicuUyalcky 
milU  an.  m.  i]  coijuantur  herb£  &  radiées  tn  aq.ad  confumptionem  tertio  partis^  co- 
latHr£per  prelum  exprejfe  addefHccuynfHprafcriptmn.mell.  optirni  facchar .  an» 
Vô] .  f.f.  d  fyrupus:  icluy  ordonnay  auini'vfage  du  lait  pour  adoucir  la  maligni- 
té &  l'acrimonie  des  humeurs,  il  commença  à  s'en  leruir  le  dernier  de  may  & 
continua  iufques  au  16  de  luillet;  il  enbuuoitvn  trait  auec  du  fucre  tous  les 
matins  troib  heures  auant  difner. 

Or  quoy  que  la  malignité  fembla  être  vn  peu  âretée  par  l'vfage  de  czs  médica- 
ments,fufl-ce  que  comme  la  chofe  étoitencordouteufe  &  afin  qu'on  ne  m'im- 
puta rien,ie  voulusqu'ils  âpelalknrencor  vn  Médecin:  le  11. luillet  on  demanda 
Monfr.Stballien  Mt  yerus  Médecin  à  Fnbourg,lequelayant  examhié  le  mal  trou- 
ua  qu'il  ne  pouuoit  prouenii  qued'vn  rume  acre  &C  rongeant  engendre  par  vne 
intempérie  du  Cerneau  :  parquoy  nous  demeurâmes  d'accord  que  le  malade  fè- 
roic  derechef  puigé  a  bon  ekienr,quoy  qu  il  eut  en  aucrfion  les  remedes,en  après 
qu'il  fe  fcruiroit  vn  mois  ou  fix  femaines  d'vne  decodtion  de  Gaiac:Ie  le  purgeay 
donc  auec  ma  poudre  laxat;iue,cn  après  il  prit  quatre  matins  de  fuite  vn  Apoze- 
mc  apéritif  &  puigat'f:  il  vint  en  faire  à  l'vfage  de  la  dccoélion  fudorifique  de 
laquelle  il  prcnoit  vne  fois  le  iour  ,  6c  n'en  peut  vfer  que  huit  iours  durant 
parce  qu'elle  luy  âbatoit  les  forces  :  mais  il  bcuuoit  de  la  féconde  deco(5tion> 


des  Vlceres,  Fiftules ,  &c.  2.17 

quelquefois  entre  les  repas:&  parce  que  l'interdicc  du  ne  êroit  entièrement:  ron- 
ge &  l'os  du  palais  en  partic,ie  rcmpïiirois  toute  la  cauité  du  nrs  de  tentes  rem- 
plies de  l'onguent  fait  de  iucs,nonrculemjatafiu  que  l'ongucnc  demeura,  mais 
aulîi  pour  tcnii  le  nés  droit  tant  qu'il  feroit  poiribie:  dans  Tvlcere  du  0alais  i'y 
mettois  des  tentes  ointes  aucc  le  fyrop  fuldic  ùiz  de  racines  de  lcuo!'hulaire&c. 
réitérant  deux  fois  le  iour:  auant  qu'en  remettre  de  nouuelles  ie  faiiois  inieétion 
auec  la  Syiingue  de  la  liqueur  fuiuante  l/LfHcciplamag.gerait\yaej.ranar.an.  gib. 
fyr.'pr&fcripti  ^j.rn»  mettant  aufli  des  plumaceaux  trempes  en  iceilc:la  malignité 
s'arrêta  par  ces  remèdes  ,  &  les  vlcercs  du  nés  le  cicatriloyent  de  iour  en  iour: 
mais  le  21  .de  luillet  ayant  èié  obligé  de  le  retirer  clics  foy  &  la  chaleur  de  la  ca- 
nicule étant  venue,  par  laquelle  le  fang  s'cchaufc  &c  deuint  acre,  comme  au{Ti 
parce  qu'il  ne s'ccoit  pas  ferui  bien  à  propos  des  médicaments  qu'il  auoit  em- 
porté auec  luvjlemali'e  rcnouucla&  fut  oblige  de  mereuenir  trouuerjie  trouuay 
que  la  pourriture  &c  la  malignité  s'étoit  réueilléc,car  il  y  auoit  vne  grande  puan- 
teur &  le  bout  du  nés  iufques  aux  ailes  étoit  venu  tout  liuidc^ce  qui  m'obligea 
à  recommencer  ainlî  la  Cure:Ic  le  faignay  ôc  après  l'auoir  bien  purgé  &  mis  des 
vcntoufes  pour  faire  vne  plus  grande  diuerlion,  quoy  qu'il  le  fit  vne  grande  va- 
Cuation  d'humeurs  par  le  Seton;  ie  nettoyois  tous  les  iours  deux  fois  diligem- 
ment les  vlceres  de  la  cauité  du  nés  &  d'autour  du  palais  aucc  le  médicament 
fufdit  de  fuc  de  plantin  Remettant  au{îi  des  tentes  ointes  de  l'onguentrmais  par- 
ce que  cette  pourriture  qui  êtoit  venu  iufques  au  bout  du  nés  fe  iettoit  auflî  fur 
les  parties  voifmeSjie  fus  obligé  de  mettre  vn  peu  de  mon  onguent  ^Êgiptiac  non 
feulement  fur  le  bout  du  nés,mais  aufli  dans  l'vlcere  du  palais:  par  ce  moyen  la 
pourriture  Se  la  malignité  s'arrêtèrent  vn  peu,  quoy  que  la  Cure  tira  en  lon- 
gueur iufques  au  mois  de  Deccmbre,àcaufc  delà  quantité  des  petits  os  cariés 
qui  fortoyent  deçà  &  delà  tant  de  la  cauité  du  nés  que  du  palais  defquelsi'cn 
garde  54.  il  luy  tomba  auffi  quelques  vues  des  dents  dedcuantaueç  leurs  alueo- 
les,  de  Ibrte  qu'il  refta  vn  fort  grand  trou  qui  alloit  de  la  bouche  iufqu'au  nés 
dans  lequel  ie  mis  vn  inft  .umcnt  d'argent  auquclêtoit  âtachée  vne  petite  épon- 
ge, de  peur  que  la  voix  &  la  parole  ne  fut  empêchée  l'air  venant  à  fe  perdre:  on 
peut  mettre  cet  inltrument  i\  proprement  que  le  malade  peut  parler  auflî  kieti 
que  s'il  n'y  auoit  aucun  défaut ,  au  lieu  qu'en  l'otant  à  pêne  peut-il  dire  vne 
parole  bien  articulée  :  maintenant  il  fe  porte  bien  ,  neantmoins  il  eft  demeuré 
ci^mard  à  caufe  que  le  bout  du  nés  acte  rongé.  Ohf.  zi.  Cent,  u  voyés  lajig.  6.  de 
U  table  5. 


V 


OBSERVATION      V. 

D'vn  vlcere  an  nés  ou  ozene. 

N  ieune  homme  de  bonne  conftitution  étant  importuné  d'vnc  defluxioa 
ur  lcnés,ou  roupicôc  ayant  les  narines  entièrement  bouchées,  prit  con- 

Ff    2. 


12.8  Liure  Troificme 

Itll  ù'vii  Clurlaran,  lcqu:lciit;cpncdclc  gucrir  cii  vuidanc  ce  carharrc  pnr  le 
IKS  .Se  le  palais  ik.  prc^rrit  des  moiuagucs  d'oi;  k-  mJadc  le  hiilîa  pcriuiider  ^  fe  ,: 
iri:  cmrci.  6  mains  de  ce  fou.bc,  Ici-jucliansaiioiL-  aiicuncmtnt  difpoicle  corps  liii 
icmic  nud  «.ians  vnccuuerouivn  paLiillon  &  le  parfuma  par  toactjutlques  ioiirs 
de  luiîc^mcrrant  du  Cinabre  (ui  des  chaibons  alumés,  ce  qui  le  rcndic  exciemc- 
m  iu  foiblc  (S^  atcira  vnc  fi  grande  quantité  de  pituite  fur  la  bouche  &  le  nés 
c^u'iKcnt  vn  vicerc  puant  ik  torcidc  autour  des  os  ciibrcuxv  ayant  été  deman- 
de poM  ic  voir,  i"  vis  que  tour  l'intcillicc  du  nés  ct».'it  rongé  &:  vne  partie  des 
autres  carrila^-eSidc  forte  qu'il  étoit  demeuré  vn  grand  creux  vJc  L*  nés  enfoncé, 
il  iorro.'r  ardi  à  ]  ordinaire  du  pus  puant  par  les  narines  auec  vne  entière  perte 
de  l'odorat;  ils'ell  lorrpu  vnc  apoftcme  il  y  a  deux  mois  auprès  du  petit  angle 
dt  l'œil  où  cft  demeuré  vn  vlccre  iordidc,  le  loureilaulU  ^^c  la  paupière  de  dcA 
fusfclont  boL'fHs  où  il-lc  form.c  denouueaux  apoilemes. 

li  fus  iiiiîh  coLifultc  auec  le  Dodtt  ur  M'.yeius  il  y  a  quelques  années  par  deux  ' 
Gentil-hommes  aufqucis  après  de  fcmiblai'Ks  parfums  il  refta  des  vlcercsfor- 
iiidcs&  puants  autour  des  os  ciibreux.  ObferH.  i^.Centnr.x. 

le  me  fers  d'vn  linimcnt  cxc;  lient  en  cette  nicommodicc:Ie  m.  ts  en  vn  mor-  ^ 
lier  de  plombe/,  rofac.  ^ij.  /iiharo.aHr,  oorn.  ceru.  iy?i  &_^ptl,  imi£ j^pt£,p/Hm'  "- 
hi^^fii  an.  ■z^tycHy/i  pifliVo  plumbeo  tamdiii  in  rnortario  agita,  donec  in  linif/ientum 
Abeant,  on  y  pcutâiouter  vn  peu  de  lue  d.  Gcianium.  Lettre  93.  3i 


El 


OBSERVATION      VI. 

Dvn  vlcere  en  l'épante. 

Srifune  louuenon  agc  de  quarante  ans  Geneuois,  combatant  gencreufe- 
iii.nc  pocu  ia  pariie,le  o'-izicfiîe  Décembre  1602-  fut  blefé  d'vn  coup  de 
mojiqutt  Ci)  l'épaiile  droiitt.:  le  Cairurgiena)ant  tiré  au  commencement  la 
bal  ile  1  homoplate(ou  paieront  droite,  après  auoir  hic  incilion  en  la  peau  de 
laqu.  \k  cil  êtoii  p  och(,,lk  ayant  voulu  guérir  laplaycaucc  ic  nei<^ay  quel  bau- 
me ait. n.  ijjcu  k.mmc  tr^-itt.int  cette  piayc  empiriquement,  les  leures  d'icelles 
fe  icl'ou.^cr;  nt  maib  elle  k  conuei  tic  en  vn  très  méchant  mal  après  diuers  acci- 
dentSj^ikuoiren  vlc^-ie  linu^ux  oc  très  pu:.nr,ilme  vint  trouucr  neuf  mois  après 
iw  bl  •riurcjCroyani  foi-,  mal  deldperc  :  icvis  en  l'épaule  droite  la  clauicule  ôc 
pa'cron  veisl'ediine  du  dos  ^1  la  nuque  pluiîcurs  vlcercsputridcs,puants  ôcii- 
nueux  auec  carie  de  la  cl,  uiule:  il  cv.  ((jrtoit  vne  fi  grande  quantité  de  pus  que 
toutl-j  co'.psen  dcucnoit  extenue  <^  f 'iblc,  &  comme  le  pus  qui  lortoit  étoit 
extrcmem.ent  puant,  chîcunêllimoit  qu'il  n'en  pourroit  pas  échapper  il  cçs 
t1>  ères  ver  c;)  enta  le  cicatriler  t^ccîtemiaticre  puante  étoit  retenue.  Au  contrai- 
re ie  luy  badllay  conrnge  &  efperâce  de  guciifon,é^<:  en  cfer  ic  ne  fus  pas  trompe,  lii 
car  luy  ayant  Oidonnc  vnc  bonne  façon  de  viurc^'ayantpurgéde  temsen  tems& 

fiÙC 


des  Vlccres ,  Fifttiles,  $cc,  it9 

\:ï:  vfcr  de  corvoboratifs  >  îc  mondifijy  les  Vl'X-rcs  ôc  les  cicanîzay  hct^x  lie- 
nt ne  :  La  cuic  fjc  pénible  ik  longue,  en  laquelle  il  le  prclcntc  plulicms  <  h  fcs 
ligues  de  icmarque  «::^  ciicic  aucics  ic  tiOi;ii-iy  que  la  clauicKlc  croit  pu  ique 
;:)ci cet  au  rrilieu  de  parrenpair.  le  tiiay  aulli  rnc  écaille  de  ce  trou  faite  cum- 
•ne  vn  tuyau  ,qu'tft  vue  choie  éruingc  vai  que  cet  os  cft  vu  écs  plus  durs  de 
Out  \c coi^^'.Gh/eirHUtion  3;.  Cent.),  yia  trAÏte  de  Ichore  CT  meliceria  chap.iç). 


OBSERVATION     VII. 

S';/  eft  permis  de  fermer  les  '\jlceres  inueteres. 

I  L  y  a  vne  qucftioiiqui  n'eft  pas  de  petite  importance  cncie  les  Chirurgiens,  fi 
Ion  peut  lailièr  cicatiilcr  les  vlcereseuuicillis.Pluficurscroyent  que  non  parce 
'lue  la  nature  (e  décharge  par  là,commc  par  vnc  cloaque,  de  fcs  impuretés  :  ce 
îu'il  ne  faut  pas  ablolumentnier  es  co:pi  cacochyir.es  5c  en  ctnx  qui  ncfefer- 
uent  pas  des  remèdes  généraux  ,  ou  qui  n  oblcrucnt  pas  vne  bonne  façcn  de  vi- 
ure  :en  voici  vn  exemple. 

Vil  certain  nommé  Comte,  dcPûycrneâgédc<^o.  ans,  ayant  porte plufieurs 
années  vn  Viccrc  malin  en  la  cuillc  auec  phiùeurs  grandes  varices  ,  enfin  l'an 
1^12. il  me  demanda  confeil  au  Tuiet  de  cet  Vlccre  ,  maiscomme  il  eut  ouy  ce 
<iuil  deiioir  faire  en  (on  icgîmc  de  viurc  ôc  en  l'vl/.ge  des  medicam.ents  tant  in- 
ternes qu'externes  Se  ne  trouuanr  pas  cette  procédure  à  fon  gouil,  il  me  laifïà 
ipour  fc  mettre  entre  les  mains  d'vn  Chailaran:!' Vlctre  véritablement  fut  guéri, 
iiïiais  quelques  mois  apiei  il  luy  vint  vne  plurcfie  au  cofté  gauche  auec  grandes 
douleurs  (Ïn:  heure  de  laquelle  il  mourut  en  peu  de  iours,or  ce  qu'il  crachoir  du- 
rant la  maladie  rcirembloit  entièrement  à  la  matière  qui  auoit  âcoutumc  de 
fortir  par  l'Vlceres  :  on  voit  par  la  que  la  matière  qui  fortoit  au^Mrauant  par 
l'Vlccre  de  la  iambe  auoit  regorgé  à  la  poitrine.  Ambroile  Paréliureiy.chap. 
5 i.monftre  doctement  comme  cela  le  f  eut  faire  &  raconte  vnciiiftoirc  très 
remarquable  fur  .ce  fuiet. 

Monlîcur  Sarra:us  Secrétaire  du  Roy  auoit  vn  Vlcsre  au  bras  après  vn 
coup  de  moufquet  :  il  rendoit  par  fois  do  pus  par  l'.s  vrincs  Se  lois  fon  Vlcere 
ine  fluoit  point^mais  quand  il  couloir  ,aioii'  (qs  viinesétoyent  belles  ,&■  neant- 
moinsil  fur  gaeii. 

Le  10.  Octobre  1606.  ie  coupai  la  iambe  à  vnc  Dame  à  Grausndqin  croît 
âgée  de  6o.ans:elle  y  auoit  porté  desVlccrcs  l'efpace  de  jo.ans:  chacun  cr»volc 
qu'elle  mourroit  incontinent  après  fi  onempéchoit  de  fortir  les  mauuaifesliu- 
meursqui  auoycntâcoutumé  de  s'aller  rendre  àl'Vlcere,  neantmoins  elle  aécr 
bicnrcmife  Se  eft  morte  fort  auancce  enâgc:mais  elle  fut  préparée  vnmois  en- 
tier auanc  l'opeiatiQH  f  Se  quelques  mois  après  elle  continua  vnbon  régime  Sc 

Fi:  5 


230  Liure  Troifiemc 

piicdcsapozcmes ,  pur  gâtions  &  des  mcdicamcnrs  coruoboi-ndfs.  \ 

le  ne  vcLis  pis  neancmoins  cacher  que  i'ay  craittc  qiiclqueifois  dcsVL'erei 
qui  n'ont  peu  être  guéris  quelque  pêne  ôc  induftiie  que  ïy  ayc  âpo4té,mais  qui  ^, 
ontbeaucouplcruiaumalade  pourrccouarir  iapLemiere  lantc  ,  Iclqucls  cnfîa  i 
ont  ccc  guéris  par  le  bencfîce  de  la  nature,En  voici  vn  exemple.  ^  ^ 

Vn  Ailhmatic  de  fort' long  temps  a  été  guéri  par  le  moyen  d\-n  VlccrB  ^, 
qu'il  auoit  en  la  poitrine  entre  lafixicmc  «!:?c  Icptiémcdcs  vrayescôies,';^  a  vccU' 
pluùeurs  années  en  parfaite  fantcicarla  nature  le  dcch'rgcoitpatce  palfage  de 
tous  les  excreméts  qui  l'importunoyétjcn  après  l' Vlcerc  le  guérit  de  luy  même, 
l'ay  veu  le  même  en  vn  certain  ieune  homme  h.  G^neucii  auoit  toufiours  ctc 
valétudinaire  dés  la  ieunelîè  :  enfin  lanarure  fe  dc.liargca  lui  le  cuii"  comme  pat 
vne  crifeou  il  fe  fit  pluficurs  de  diuers  Vlcercs  aux  picSjmains,  ôcc  même  auec 
Catic  des  os  ,  ce  qui  fut  caufe  que  rcfpacc  de  quelques  années  il  ne  pouuoit  ni 
marcher  ni  être  debout  ni  rien  prendre  auec  les  mains:il  fut  traite  par  les  plus 
habiles  Médecins  $c  Chirurgiens  du  lieu,  &c  on  fit  tout  ce  que  l'on  pouuoit  fai- 
re mais  auec  p-u  de  fruit>car  les  Vlceres  fe  moquoycnt  de  tous  les  mcdicamécs:  ' 
Au  comincncemcnc  Tes  forces diminuoyentbeaucoup,commc  par  l'efpaccd'vn 
an  &:  d'auantage,raais  après  elles  furent  rétablies  quoy  qu'il  rendit  beaucoup 
de  pus  :  enfin  comme  il  commença  à  deuenir  grand  ces  Vlcercs  le  guerircnc  •' 
d'eux  mêmes  ôc  les  iointures  fe  fortifièrent  tellement  qu'il  peut  aller  pai;  ville 
fans  bâton  auec  admiration  de  chacun.  Obf.)cf.  Cent.i. 


\t 


OBSERVATION     VIII. 

D'vne  exHlceration  des  glandes pro/fates. 

L'An  16j5.au  mois  deFeurier  vn  Gentilhomme  ctoit  trauaillé  d'vnc  cxulce- 
ration  aux  glandes  proftates  auec  vne  carnolité  au  conduit  de  la  verge, 
comme  ie  le  traitoisjquelqu'vn  luy  confeille  de  fe  Icruir  d'vnc  decodtion  vul- 
neraire:ce  qu'il  fit  à  Ton  preiudicc,  car  quoy  que  ic  l'eulTc  bien  purgé  &c  laîgnr, 
il  nclaillàpas  de  tomber  en  vne  grande  ficure  auec  des  grands  fiiiIôns,or  il  ctoic 
plein  de  mauuail.-s  humeurs  &c  fuietà  des  oppilations  dés  longtemps: v4/<  traité 
iCvne  grande  playe  faite  par  vn  coup  d'arejuebufe. 


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V 


OBSERVATION     IX. 
D'vn  Vlcere  fordîde  au  genonU. 

N  icime  Gentilhomme  de  Brunfvic  nommé  Conrad  à  Stcinberch  robuftc 
ôc  de  bonne  confticution  ,  fut  blefsé  au  pays  bas  en  vne  bataille  par  vn 

coup 


des  Viceres  ,  Fiftules ,  &:c.  131 

(  Lip  de  mourquct  en  h  palette  gauche  :  il  fur  mcnc  en  la  pins  prochaine  viUc 
traite  par  des  Mcdecins  Os:  Chiiurgicns  ,  mais  cependant  à  caiife  de  la vehc- 
nice  de  la  douleur  &  de  la  longueur  il  y  lurufnt  vnc  hydiopilîe  d'articula- 
)nsou  l'hydrarthros  ,  p.utant  on  le  ramena  en  fa  patrie   ou  il  loufiir  des 
ands  tourments  l'efpace  deplulleurs  années,  car  cette  fanicacre  ayant  coii- 
quclque  tempSjil  s'y  foima  vn  Vlcere  fort  fordide  qui  luy  faifoii  vnc  Ci  gran- 
douleur  qu'a  pcne  pouuoit'-il  marcher  quoy  qu'il  fut  âpuyctenfinl'an  1582.. 
I  demanda  v  olme  Slotanus  aucc  lequel  i'allay  :  nous  trouuamcs  le  genouïl 
odisieufement  enfle  &  le  refte  de  la  cuilîè  foit  extenue  :  le  genouïl ctoic 
)uuert  d'Vlceres  en  plufieurs  endroits  ai:ec  des  os  cariés  di  grandes  douleurs 
n  le  trauailloyent  iour  ^  nuit,  à  caufe  deqnoy  les  vii^res  ifitcricurs  étoycnc 
irt  aftoiblis  &:  remplis  d'obftrudions  :  il  fut  traite  en  fuite  par  ces  excellents 
ledecins  Renier  Solenander^Galcnus  Vuierus  de  le  dit  Slotauus,entre  les  mains 
îfquels  il  mourut.  Son  corps  ayant  été  ouucrt  on  a  trouiic  tous  Tes  vi  lier  es  & 
rincipalcment  le  foye  extrêmement  depraucs,  Se  en  la  veflic  du  fiel  vne  pierre 
e la  figure &groircuï  d'vne noix  mufcate:  tous  l:s  ligaments,  cartilages  6c  os 
u  genouïl  êtoyent  entièrement  gâtés  &c  confumcs. 

Si  àés  le  commencement  du  mal  on  eut  obferuc  vne  curemethodiqueiil  n'y 
point  de  doute  qu'il  ne  feroit  pas  arriué  de  (i  grands  accidents ,  car  l'hydropi- 
le  desarticulationSjOu  la  fynonie  de  Paracelfc  n'arrioe  que  par  l'ignorance  du 
4edecin  ou  du  Chirurgien  :  &  ie  puis  dite  que  des  jo.  ans  que  i'exerce  la  Chi- 
urgie,  pendant  lequel  temps  i'ay  traité  vne  infinité  de  blclTures  aux  iointurcSi 
jue  neantmoins  par  la  grâce  de  Dieu  cet  accident  n'cft  îaraais  arriué  à  aucuir 
le  mes  malades. 

Or  la  cure  (e  doit  faire  ainfi  ,  premièrement  il  faut  ordonner  vn  bon  régime 
k  viure ,  purger  le  corps  felc  n  Thumeur  qui  domine  &c  forrifierles  parties  no- 
alesnl  faut  aiîlîi  diligemment  fonder  Tvlccre  ,  car  il  le  faut  élargir  s'il  eft  eftroît 
aucc  des  tentes  fnites  ou  d'épongé  préparée  ou  de  racine  de  gentiane  ointes  de 
quelque  mondificatif ,  oufi  ctlale  peut  f.icfans  danger  aucc  le  cauftic  fait  de 
capiteljmais  ilfluity  aller  prudemment  de  peur  d'offencer  les  nerfs  ou  lespar- 
Iticsnerueufcs&decaufer  desnouuelles  douleurs'.l'vlccre  ayant  été  fuilifammet 
'ouuerr&  dilaté  ,  s'il  n'eft  que  fale  Se  -Tans  carie  d'os,il  n'y  aurapasgrande  diffi- 
culté en  la  cuTejil  faudra  donc  y  metrve  îemono'ificatifluiuant.  0/..  Aîell.rofac. 
^yterebinth.non  lotA  ^  Ç^.  pnlH.rad.artJhlcc.rot.  9nynh£,aloes,thuriSiitn.:^  i  (i.m.  in 
mortarîo.adde  creci  '^'].vttellmn cui-  vniusS'i^^  furuicnt  de  la  douIeur,ou bien.  !^. 
PfilM.rad.genttari(e,irid.florent.ligni^atac-&  ftr  Inpinor.aft.'^  i  ]  ./iirnm'uat.centanrijt 
h)peric.&  fcordi]  an.%  Çi.tereb.non  Iota  l  &.T/ieUrof^f.f.  in  mortarto  vnguent.  l'ex- 
périmente tous  les  iours  que  le  mercure  précipite  eft  vn  excelknr  médicament 
en  toute  forte  d'Vlceres:ic  le  mets  tourfcul  »  ou  en  forme  d'oignement  auec  du 
charpy.  ^  Afercurtj pr^cipitati  reElificati  acj.rofac.& plantao^.loti  "Z^ii.vngu.rofat. 
fftefuM  ^\'Cer£2^\  rntd^iigetiter  in  vafe vnreo/pMnU ligneaiMononguçntJE^^yj^tisiC 


1 

lyi  Liure  Troifiéme 

moadific  aunTi  fort  bien  les  vlccixs  CAcs ,  l'ongacnc  des  Apôtres  &  le  mondifï-! 
cmtdefncco  Api] ,  Outre  la  poudre  <^  l'onguencie  mctscncor  ce  cataplafmc 
\)\ïddVi]S.'^.Far.fal;arJiiphor.hord.an3lifHli4.flor.betonAH£arthet.origaj 
centaHr.rofAr.oàorifer.an.\t]JliHs  comm.'^iv.  co^ue  cmn  âeco^o  faln.abfynth ."oulo.^ 
granor.iunip .f.catapla/r/ia-add  fnh Jînem/kp£  "Jcl  melltsi^iv.  calid'e  applica.Oa  bien 
!^.Far.lentiti?n,lolel  an.l'iij.jjmi  capr.^ivpnlu.  Jior.camom.  fambnc béton,  an,\$. 
lignigiîiaci^\.fciLmar.% (S-cHrn  UxImo  tonfrr.f.  cutciplafmA  addefxpe  vel mellis  l'tif. 
Ces cataplamcs  fortifient  &  dclfcchjnt  g:an  Icmjiit  >  païquoy  le  Chiruigi.n 
doit  bien  prendre  garde  s'il  y  a  quelque  dureté  contre  nature  autour  des  nerfs 
ou  en  la  iomture  mcme,car  s'il  y  a  quelque  choie  de  fcmbl,iblc,comme  cela  a^ 
riue  le  plus  fouuent,  il  ne  faut  pas  mettre  i\cs  dciîccatifs  (culs  mais  il  fautaioi^, 
terlescliofesremoUientes  comme  le  catapLifmcluiuant,  ^.  Far.  tritici,fabM 
hord£ian.\i].pulu.jior.^  foLbeton.iiu  arthet.  ortgani  &  ro/ar.an.  ^iy  flor.  camom. 
melilot.fambuc  rad.alth.an .7^i'\.far  fœnngr .Uni  an.^  i?.  eo^HAnturcum  decoUo  rad.(f 
fol.malH£  f.cataplafma ,  addenda  oLlilior.  alb.  &  lumbrîe.an  |  j. 'j/V.  ouor.num.ii. 
Ou  bien  il  faut  mettre  l'emplâtre  de  mnciUgin.  ou  de  rnellloto.ow  œ/jpiphilagyij: 
le  me  fuis  fcrui  de  ces  remèdes  quafi  iulqucs  à  la  fin  de  la  cuLe,car  les  (uldits  on- 
guents non  feulement  mondifient  les  vkcres  falcs  mais  aulU  rem^'lillènt  de 
chair  ôc  cicatrifent:que  fi  fur  la  fin  il  y  croit  quelque  chaiibaucuL.il  faut  met- 
tre vn  peu  d'alun  brulc  auec  l'emplatrc  palmoum  ,  ou  celui  de  Slotan.is,  ou  de 
cernjfa  co^a,de  mmio  y  ou  quelque  (emblable  ,  Antraité  de  Ichoye  &  meUcerU 
chap.ij. 


OBSERVATION    X. 
Dv>f  vlcere  pourri,  auec  rnortifcation.  j 

IL  y  a  vne  grande  différence  entre  l'vlcere  file  putride  ou  (phacclc  :  car  en  ce- 
luy  qui  eft  pourri  la  chaleur  naturelle  (^qui  cil  celle  quidi-^erc  en  nôtre  corps 
&  meuritla  fangeésplaycs)  fe  dilTipe  auec  l  humidicc  radicale  parla  violence 
de  la  douleur  c<«:  ia  longueur,  comme  auilî  de  la  quantité  des  leroilcésqui  s'y, 
va  rendre  ou  de  tout  le  corps  ou  de  quelque  partie  :   (i  Li  :haleur  naturelle  efti 
entièrement  éteinte, c'eft  fait  du  membre    :  mais  ii  Uulcment  en  partie  ,  il  ne 
meurt  que  quelque  portion  du  membre  qui  fe  coiiucrtiraeiieichare  :  il  n'eli; 
cft  pasde  même  des  iales  ou  la  chaleur  naturelle  cft  certainemcnc  fort  afî-oiblie 
mais  non  pas  cteintc,  &  l'humidité  radicale  n'y  eft  pas  coiifumee  mais  co  .rom- 
pue par  le  mélange  de  mauuaifes  humeurs ,  ce  qui  cilcaufe  que  les  Opérations  r 
naturelles  ne  fefaU'anrs  pas  bien  ,  comme  auifi  à  caufe  des  humeurs  cxcvcmeti- 
titiesqui  y  vont  iiicciramment,la  paitic  étant  détraquée  i'vlccre  en  dcuient  fort 
humide  éc  fâle. 


des  Vlccres,  Fi/lules,  Sec,  "        135 

le  ne  me  fouiiicns  pas  d'aiioir  vca  aucun  exemple  d'vn  vlcerc  putride  8c 
rphicclc  après  l'hydropilie  d''S  articulacioiis  ,  mais  on  peut  dite  fans  ab(  jr  Jité, 
qii'vn  membre  qui  en  a  été  trauaillé  le  peut  dcuenir ,  mais  Latigius  au  premier, 
liure  des  Epitrcs  chap.j.  de  l'hydiopinc  des  ariiculations,en  a  vn  exemple  bien 
exprés  que  ie  veux  citer  icy,E:outez,  ie  vous  prie,  dic-il,  i'extrauagancc  de  ces 
ChirurgicnSjdepeurqu'vne  telle  lani-ou  iqueur,  laquelle  ils  croyent  être  natu- 
, relie  aux  Articulations,ne  vienne  à  fortir  en  vain, ils  bouchent  l'orih^c  auec  de 
la  bourre  de  laquelle  on  garnie  les  (elles  des  cheuaux,  .5c  met  tas  des  j  lumaceaax 
par  dcifus  la  bandent  bien  :  cette  i.vnc  ne  pouuant   pas  s'ecoulcr  fc  fourre 
dellbus  la  peau  par  tout  le  membre ,  par  ce  moyen  les  conduits  des  clprits  vi- 
taux étants  bouchésjla  partie  meurt  gingrenéc;  i'ay  honte  de  le  dire,mais  voici 
ce  que  i'ay  vcu  de  qpes  propres  yeux  ;   va  Chirurgien  a  Amberg  verfoit  dans 
l'ouuerture  d'vne  playe  de  l'ong'îent  populeum  tout  bouillant  qu'il  aueicfaic 
fondre  en  vne  pocle,&  comme  ie  luy  dc-manday iurquoy  elloic  fondé  Ton  re- 
mede,ilme  répondit  qu'il  f  doit  guérir  vn  mal  par  vn  autre:  Certainement,  luy 
dit  le  malade  >  ie  fens  bien  qu  ils  font  non  feulement  mauuais  mais  très  maii- 
uais:deuxiours  après  il  luy  falur  couper  la  iambe:  on  peut  reconoîcre  par  la  que 
la  douleur  eft  le  plus  dangereux  Tymptome  de  tous  &:  la  caufe  principale  du 
mal,c'cftalîauoitderhydropîlie  des  Ainciiimons.lin.de  Ichor.&  medlc.chap.i^. 


OBSERVATION     XI. 

'D'vn  ï^lcerehmeîeré  &  malin  par  i application  des  médicaments 
trop  rafraichijjants  fur  vne  brulnre. 

V>Rûîle  von  Vtcnh.im  ieune  Demoifclle  d'illuftre  maifon  âgce«de  i6    ans, 
ayant  été  bnllée  au  pie  g  luchc  par  de  l'eau  chiude  ,  on  mit  di:(^i\S:,  félon  la 
coutume,d:s  choics  rafraichilfantes  6c  dcficcatiues  qui  rendirent  le  mal  peu  ^ 
peu  plus  grand  ,  le  pie  &c  route  la  cuilll*  s'enflèrent  exitcmément  «i^:  il  refta  vn 
Vlccre  au  talon  en  dehors  lur  lequel  on  mit  plulieurs  remèdes  outre  ceux  qu'el- 
le prit  en  dedans,  mais  en  vain:  lyant  été  trauaillée  quatre  ans  entiers,ic  Çi\s  de- 
man-Ié  poui  l.i  voir  auec  le  Docteur  Louys  Schmit  Médecin  duMarquis  de  Ba- 
iden:il  palfoit  la  largeur  -Wn  talcr,  ks  le  ures  êroyér  fort  inégales  tout  autour  vn 
peu  éleuées,duresC5<:  calleules:  la  iointure  étoit  demeurée  iî  roide  à  caufe  que  la 
Tiatierc  auoir  été  figée  &  endurcie  par  les  médicaments  froids  qu'à  pêne  pou- 
ioitcUe  remuer  le  pié:nous  la  traitâmcscn  cette  façan:premieremet,it  nous  la 
îmes  purger,en  après  ie  faupoadrairVlcere  de  précipité  fort  bien  redifié  auec 
lucharpyjmetrant  ce  Uniment  (ur  le  pié  <!^  tout  ce  qui  éroit  endurci   ^.  Pin- 
'ued.caponis,ol  lilior .aW .ol.lumbricoy.an .\  iS./w.Et  par  délias  ce  cataplame  chaud, 
\C.far.fabarJolij^an.liC^.ppihirad.alth.hryonfemf<£'iHgr.an.^C^.flor.rcfar.odor.myr- 

Gg 


134  Liurc  Troifiémc 

tillor.la^Aujl.an.7,  i.mafîic.oliham  an.l  i'jfipA  \ii\-  crociT^^.cmn  decoB.raâ.al!h.& 
fœnuor.f.f.a.catap/.  Qnclqucs  iours  apvcs nous fimcs  faire  vnc  fonrancllc  aucc  le 
cauftic  fous  le  gcnoiiil  au  droit  de  l'Vlccrc  pour  arrcccr  au  palKige  les  hîimcuvs 
qui  C:  ifttoyent  dJîiiSj  le  faiflims  cncrcrcnii  iufqucs  à  ce  que  la  paiticqui  auoit 
ctc  aiioiblie  par  la  longueur  du  mal  û'  été  fortifiée-.Voyanrs  que  par  rvfûge  de 
ces  remèdes  les  leures  qui  écoyent  dures  &:  calleufes  ne  f;  ramolifloyent  pas, 
nous  les  rongeâmes  auec  le  cauftic  &  iTnifmcs  fur  l'cfcarre  le  digcftif  fuiuâs  ^f, 
CerA  noHitl).colûphon.gmnyn.elemiyterebint.an.\  ^.pHlu.rnajîich.oltbani ,an.'^  ùxroci 
9  j  CHm  oLrofAC.&  amygd.d.ff.a.'-croii.^.dâendo  viteilnm  oui  &  param  ol  de  vite/lis 
OHor.    On  mir  ce  cataplafme  quaii  vu  mois  duraar  &  du  précipice, iufqucs  à 
la  fin  de  la  cure  :  Ayant  quitte  le  cataplafme  on  mit  de  ce  cerat  tout  autour 
de  1  Vlccre.  ^. Ernpl.de  inucilag-l  i  v.gnrmn  ammon.  l  ^.cerd  |  i.croci  3  6.    Ar-' 
genti  viui  ext.  \  i  i  6.  m.    il  faut  remarquer  qu'il  s'clcua  quelque  temps  après 
par  fois  dts  bourgeons  :  à  chaque  fois  que  cela  arriuoit  ie  quitois  le  cerat,  met- 
tant quelque  onguent  defîccatif  comme  celuy  de  cerufe,  par  ce  moyen  oncua- 
cuoiten  même  temps  peu  à  peu  la  matière  qui  auoit  été  ramolie  :  nous  cnue- 
lopames  toute  la  iambc  dés  les  orttils  des  pies  iufqucs  au  genouïld'vne  bande  '*' 
trempée  en  cette  decodion .    !^.  Rad.  confol.  mai.  torment.h'ftortA,an,l  i.herhar,   I* 
helon,  iii£  arthet.  abfjmh.fAluiny  rorifmar.ftor.  primid.  veris  an.  m.],  co^uanturin  j^' 
ib  -"J  j.  aij.  adde faits  rn.  j.    On  continua  à  la  bander  iufques  à  la  fin  de  la  cure  :  &  !'' 
après  nous  luy  ordonnâmes  de  la  mettre  foche  le  matin,  de  fe  purger  &  faigner  î^^ 
par  intcruallcs  :  Ainfi  fuc'elle  guérie  &  fans  beaucoup  de  pêne.  Obf.-]%.Cent.^,       ^^ 


l 


OBSERVATION      XII. 

î 
D'vn  Vlctre  irtueterè  au  oros  urtcil. 

VN  ieune  homme  de  Zurich  eut  le  gros  orteil  meurtri:il  y  vint  inflamma- 
tion &  puis  Vlcere,  lequel  étant  enuieilli  &i  ne  pouuant  être  guéri  par  au- 
cun rcmedc  il  me  vinttïouucràGcncue  l'an  i55»^le  doigt  ètoit  enflé  &  enflam- 
mé :  il  y  auoit  vn  Vlccre  au  côté  du  doigt  en  dehors  r.uec  vne  cxcrcfcence  de 
chair  quiêtoit  plusgiolïc  qu'vne  fève  ik  couuroit  quafila  moitié  de  l'ongle: 
quelques  baibiets  l'auoyent  voulu  ronger  auec  des  caufiicSjmais  en  vain,car  ce 
qui  auoit  cté  confumc  de  iour,  reuenoit  lanuit  comme  vnfungus:  ainfiqueic 
reccrchois  diligemment  que  c'eft  qui  pouuoit  empêcher  la  guerifon,ictrouua)( 
que  l'ongle  ctoit'fcparée  de  la  chair  dtilous  cette  cxcrcfcence  &  qu'elle  piquoit 
fans  cclfe  la  chaii  faine  vers  la  racine  de  l'ongle,  ce  qui  caufoit  de  la  douleur  ÔC 
attiroitladefluxion:  ayant  reconu  la  caufe,ie  baillay  efperance  au  malade  qu'il 
fcroit  bien  toft  remis  ;  l'ayant  purgé  &  faigné  au  bras  de  même  côté  ,  ie  mis  fui 
J'excrcfccnce  de  la  poudre  d'alun  brulc ,  auec  ce  cataplafme  fur  le  doigt  5c  toui 


des  Vlcercs,  Fiftules,  Sec.  135 

c  pic,quieft  rafraichiirant  &  âpaifc  la  doiAcar.lC.Far  faùarltypu/et.rofar.ruif. 
faUufi.&  nucHmcHpr.  an.^ij.  croci  "^i^.coi^nantur  cum  aq'plantoig.  rofar.  & panco 
icetOittàde  fuh  finem  vitell.oui  (jy  pArkmoleirofac.applicAtepidè.  Ce  mcdicamcnt 
udcfcnflcr  &  âpaiTa  la  douleur  en  partieirexcrefcencc  diminua  anffi  vn  peu,dc 
bute  que  l'ongle  qui  écoic  feparce  de  la  chiir  &  que  cette  cxcrcfcence  cou- 
.iroirjcommença  à  paroîti-e  :  l'nyant  coupé  du  mieux  que  ie  pus  auec  le  cifcau  & 
a  fcalpclle  &  faupoudrc  d'vne  poudre  dcficcatiue  ,  appliquant  par  dclFus  Tenv- 
)larre  diapalma,il  fut  bien  toft  guéri  :  les  Chirurgiens  doiucnr  apprendre  d'icj 
rju'il  fe  faut  étudier  principalement  à  couoîcrc  la  caufc  du  mal.  Obf^uCem»^. 


OBSERVATION     XIII. 

Que  les  bains  ne  font  pas  tonfisur s  propres  aux  Vlceres  inueterés. 

LEs  bains  étants  composes  pour  la  plufpart  de  foufrejikm,  vitriol,fer,cuiare 
«Se  autres  métaux  qui  mondifient  Ôc  delîcL lient  meiucilleufement ,  à  caufe 
dcquoy  ons'cncft  ferui  de  tout  temps  dans  les  maladies  externes,  comnnevlce- 
rcs,gale,(Scc.  la  chofe  eft  venue  enfin  à  vn  tel  abus  que  les  plus  ignorants  en  font 
leur  dernier  refuge  :  car  voyants  es  maux  opiniâtres  &  inuetercsque  ce  qu'ils 
auoyent  promis  n'a  pas  fait  Ton  cfFet,ils  renuoyent  leurs  malades  aux  bains  fans 
auoir  égard  ni  au  mal  ni  àlacomplexion  du  malade  >  ce  qui  luy  fait  quelque- 
fois aller  cerchcr  fa  mort  bien  loin  auec  beaucoup  de  pêne  Ôc  de  fiais:  En  voi- 
ci vn  exemple.-  La  f;mme  deMonfieur  i'Auoyer  Manuel  â-gce  de  70.  ans  eft  in- 
cômodce  des  plulieurs  années  d'vn  Vlcere  douloureux  &  opiniâtre  auec  carie 
d'os  autour  de  la  iointure  du  pic  gauche,ce  qui  l'obligea  de  s'en  aller  l'an  1614. 
aux  bains  de  Neuliauten  prés  de  Berne  dont  elle  furfoulagce,  car  la  douleur  fut 
apaisée  &  l' Vlcere  fe  cicatrila  ,  mais  peu  de  temps  après  le  mal  fe  renouuela& 
l'vlcere  s'ouurit  dercclicf;  parquoy  elle  y  voulut  encor  retourner  en  1616.  mais 
ils  luy  firent  moins  de  bien,  car  elle  y  eut  vue  ficure  de  laquelle  elle  fut  dange- 
rcufement  malade  :  ie  l'au  rris  lors  à  bon  efcient  qu'elle  deuoit  s'abftcnir  entiè- 
rement dcsbains,maiscn  vain  ,  car  étant  de  retour  à  la  maifon  de  l' Vlcere  s'c- 
;  tant  renouuelé  ôc  ayant  gigné  les  parties  voifines  auec  grande  douleur,cllcs'cn 
'  alla  aux  bains  de  Blumenftein  qui  font  proche  du  Bourg  de  Toune,  en  partie 
[  defonmouuement  en  partie  à  l'inftigation  d'vn  certain  barbier.  A  pêne  y  fyt 
I  elle  quatre  iours  que  les  forces  s'àbatirent  entièrement  :  ne  pouuant  donc 
plus  entrer  dans  les  bains  à  cauledcla  foiblcllc  ,  elle  mettoit  le  pic  hors  de 
ion  petit  lia:  ôc  le  trempoit  trois  ou  quatre  fois  le  iout  iufques  au  iarret 
dans  l'eau  de  ces  bains  qu'elle  faifoit  échaufter  fans  qu'elle  en  fentit  aucun 
foulagement  ,  car  ayant  été  appelé  le  troificme  de  luillet  pour  l'aller 
voir  ,    ie   h  trouuay    extrêmement  abbatue  auec  vn   pouls  intermittanc» 

Gg     z 


ty€  Liure  Troifiémc  ^ 

grande  foif ,  nauscc  &c  perte  d'appctic  ;  ie  luy  confcillay  d  abord  de  s'abflcr.ic 
du  bail)  3c  dcticmpcr  le  pic  d.itîs  l'eau  d'ijcluy.  i.  qu'oucrc  les  bons  bouillons 
elle  vfTf.ecjuemmeat  d'vncpoiion  cordiale,  ÔCc.  le  mis  (ur  ks  poignets  &  fur 
le  cœur  vn  cpichcm,  elle  rcpiic  li  bien  ics  forces  qu'au  lieu  que  chacun  croyoic 
qu'elle  mouucoic  dans  les  bains,  qu'elle  pcuc  être  ramenée  incontincnc  en 
litière  à  Berne,  ou  elle  fc remit  en  tdle  (orte  qu'à  prefent  elle  fe  porte  très 
bien. 

On  peut  tirer  de  ccfc  exemple  la  confequcnce  qu'il  ne  fe  faut  pas  fcruir 
témérairement  des  bains  es  Vlccres  putrides, inuetercs  &  malins:En  voici  la  rai- 
lon,il  y  a  vne  matière  pourrie  enf-rmée  dans  les  parties  mufculeufcs  &  dans 
l'os  même  quis'echaufti;  par  la  chaleur  du  bain,  deuicnt  acre,  âquiert  de  la  ma- 
lignité &  rend  l'Vlcere  d'autant  plus  douloureux,  A  caufe  dequoy  les  humeurs 
dccendtnt  continuellcmcnr  du  corps  fur  la  paiiie  ,  ^piincipalement  s'il  eft  im-    . 
pur  &  n'a  pas  été  auparauant  bien  purgé  ,  comme  il  étoit  en  nôtre  maladej  ou    \ 
ils  fe  corrompent  auec  les  autres  humeurs  qui  étoyent  dcja  enfermées  en  la  par-  \\i 
lie  :derechef  cette  matière  s'échaufe  dans  les  vênes  Se  artères  par  la  force  éc  la  |i; 
chaleur  des  bains  <^'  fe  conueitit  en  vapeuis  lesquels  montants  par  les  vcnes  au  \ïf 
foye  ,  parles  aiteres  au  cœur  &  parles  nerfs  au  cerueau  ,  inflclrentles  elprits  w 
naturels, vitaux  Si  animaux,  caufantsde  grands  accidents  comme  cclas'eft  vcu  n 
en  cette  Dame,carauant  qu'elle  allaft  aux  bains,ellc  étoit  fi  robufte  qu'elle  fit  ce  ;t 
voyage  à  chenal,  &  à  pcne  s'en  fut  elle  ferui  quatre  iours,  que  ks  forces  com-  ^ 
mencerent  à  diminuer  auec  vne  opprcflion  de  poitrine  &  vnc  efpece  de  palpi-   m 
tation  de  cœur:  en  fécond  lieu  il  luy  vint  vne  grande  foif,dcs  rapports, nausée  & 
perte  d'appttit ,  en  troifiéme  lieu  elle  fut  trauaillée  d'inquictudes  ôc  de  veilles,  ; 
par  ou  on  voit  manifeftcment  que  ces  trois  parties  nobles  auoient  roufFcrt,airi- 
uoir    le  cœur, le  foye  <3c  11-  cerueau  ,    Se  des  le  moment  qu'elle  eu  quitte  le 
bain  &  d;r  le  lauer  k  pié  ,  elle  commença  à  reprendre  fcs  elprits  ôc  Tes  for- 
ces, ôc  tous  les  autres  accident:>  ce  llcicnt  reprenant  en  ^  eu  de  temjs  la  premiè- 
re faute. 

Or  Monfifur  l'Auoyer  m'ayant  proposé  cette  qu.ftion  ,  fi  on  pourroit  fè 
feruir  de  cette  eai.  pour  l'vkere  en  dehors  vrilement  ?  l'en  fis  l'cpreuue  ,  ce  que 
perfonne  n'auoitencor  fliit  ,  uu  rappoit  d^es  gens  du  lieu,&  ayant  trouué  qu'el- 
le étoit  composée  quali  toute  de  fer  «Se  dvn  peu  de  vitriol  ,  ie  n'en  defapprou- 
aay  pas  l'viagc  ,  ie  luy  conUilay  donc  de  mettre  fur  IVlcere  des  linges  trem- 
pés en  icclle  tièdement  :  ôc  pour  augmenter  fa  vertu  ,  ie  fis  euaporer  (ur  le  feu 
la  pa  tic  aquéc  autant  que  ie  pus  ,  elle  s'en  eft  feruie  quelques  iours  auec 
vtilitc.-mais  maintenant  elle  s'en  iert  tout  fimplement  fans  la  faire  cuire  auec 
grand  fuccés,  car  la  douleur  autour  de  Tvlcere  eft  fort  petite  &  il  n'attaque  plus 
les  parties  voifincs. 

Voici  vn  autre  exemple  du  mauuais  fuccés  des  Bains ,  noble  Abraham  d'Er- 
•lach  étant  allé  de  Ion  mouucment  aux  Bains  de  Vaby ,   il  n'y  eut  pas  demeure 

huiç 


II 


des  Vlceres,  Fiftules,  ôcc,  ^)7 

jiuicioursqiuly  moLKiit:  ccqu'ilflefiut  pas  trouucr  étrange,  car  c*ctoic  vn 
corps  cacochymc,farci  d'obltrudionsdc  long  ccmps  ôc  de  mauuaifcs  humeurs, 
'Icfqucllcs  n'ayants  point  êcé  vuiJees  auant  qu'il  entra  dans  les  Bains ,  elles  s'y 
icch.iiifcrcnt  &  cauferent  fièvre  aucc  autres  accidents ,  <k  comme  il  n'y  auoic 
aucun  Médecin  fur  le  lieu  ,  il  y  mourut  lansfccours.  ObferH.  jjo.  Cent.^. 


OBSERVATION      XIV. 

De  rvfaoe  au  Lapis  Medtcamento/lts  de  Crollius  es  vlceres  inutterês. 

LA  Dame  de  laquelle  i'ny  parle  ci-dciross'cft  bien  porrcc  ijfques  à  prcfcnt  & 
cft  robulle  (clonfonâge,  car  ellea  paficyo.  ans  :  mais  il  y  a  vn  mois  que 
que  Monficur  l'Auoyer  Ton  mari  étant  aile  à  vendanges,  elle  fit  venir  vn  Char- 
lican  d'vn  Bourg  voifin  lequel  pour  âpaifer  les  douleurs  de  la  iambe  &  mondi- 
ficr  parfaitcm.tnt  Tvlcere^  le  confolidcr ,  fit  faire  vn  Bain  domeftic  aucc  la 
pierre  ditcc  medicamenteufe  où  des  Philolbphcs  :  à  penc  y  fut  elle  entrée  vne 
fois  ou  deux  qu'elle  fentit  dcfaillir  Tes  forces,  mais  n'ayant  pas  laifsé  de  s'en 
feruir  cinq  iours  durant,  les  forces  vitales  diminuèrent  de  iour  en  iour  ,  & 
tous  les  accidents  qu'elle  auoit  eu  aux  Bains  de  Blumenftcin  l'attaquereut  encor 
&  fi  violents  que  Monfi:.  l'Auoyer  étant  de  retour  crut  qu'elle  étoit  aux  extré- 
mités,  ayant  été  demande  ie  trouuay  tous  ces  accidents  beaucoup  plus  grands 
qu'auparauant&  tels  que  fi  elle  auoit  prisdupoilon  :  ce  qu'il  ne  faut  pas  trou- 
uer  beaucoup  ctrangc,car  cette  pierre  ayant  vue  faculté  grandement  deficcatiiic 
&.  beaucoup  plus  adftiingcntcque  les  Bains  deBlumcnflcin,  aiTurcment  la  ma- 
|lade  ayant  mis  quafi  tout  le  corps  en  ce  bain  fait  auec  la  ditte  pierre,  les  porf  s 
de  la  peau  furent  preûque  enticrLmcnt  fermés,  ainfi  la  tranfpiration  étant  em- 
pêchée ,  ces  vapeurs  venimcufes  ont  peu  faire  leur  icu  autour  des  parties  no- 
bles plus  facilement  que  l'année  auparauant  quand  elle  ne  fjiloit  que  tremper 
vne  iambe-  dans  le  bain:  or  i'ay  reinarquc  à  cette  fois,  que  non  feulement 
cette  matière  pourrie  «Se  fimplement  maligne  qui  étoit  infiltrée  dans  les 
parties  mufculcufes&  les  os,  caufoit  tous  ces  accidents ,  comme  i'auois  cru 
l'année  précédente,  mais  qu'il  y  auoit  encor  quelque  choie  de  caché  ,  afiàuoir 
vne  qualité  venimcufequ'auoycnt  laifsé  les  médicaments  :  car  ayant  porté 
cet  vlcereplufieurs  années  &  ayant  été  traitée  le  plus  fouuent  pardesempiri- 
ques,Charlatans&  Médecins  de  cheuaiix,  on  y  auoit  louuent  applique  le  mer- 
cure, l'arfenic  «Se  autres  fjmblables  médicaments  defquelsla  qualité  maligne  & 
Ycnimeufe  étoit  demeurée  empreinte  dans  les  mufcles  S>c  même  aux  os,  comme 
on  le  peut  voir  par  les  accidents  qiVclle  eut  il  y  a  vn  an  &  que  l'on  remarque 
encor  à  prcfcnt,lerquelles  font  entièrement  tels  qu'ont  ceux  qui  ont  pris  du  mer- 
cure ou  auTquels  on  a  applique  de  l'aifenicoutre  que  la  fcruante.qui  a  la  charge 


15^  Liure  Troifiéme 

de  pcncer  l'vlccrc ,  a  rapporte  qu'elle  a  remarque  par  fois  vne  matière  blanche 
&  tranfparentc  mc'cc  aucc  le  Pus  qui  demeure  attachée  aux  emplâtres,  laquel- 
le à  mon  aduis  n'tft  autre  choie  que  du  mercure:  car  ayant  vne  grande  fubtili- 
te  il  a  peu  facilement  pencfer  dans  la  (ubllancc  de  la  chair  Se  iTsèmederos  :  or 
comme  elle  fe  dilïbut  à  caufc  delà  carie  c]uiy  cft  ,  le  mcrcuie  fc  fcpare  des 
lieux  qui  le  retenoyent  par  la  torce  de  la  chaleur  naturelle  ,  car  la  malade  cd: 
extrêmement  robufte  ,  &  par  après  eft  poufsc  dehors  auec  le  pus  par  la  faculté 
cxpultiice. 

Icproccday  donc  en  la  Cure  en  cette  manière,  i'appliqunytou  tincont'nent 
l'epithcmc  duquel  elle  s'ctoit  (erui  l'année  précédente  C^  luy  fis  prendre  vne  po- 
tioncordiale,luy  ordonnât  vn  bon  regimeàe  luy  fis  après  rcccuoir  vu  laucment 
lequel  ayant  rendu,  les  rapports,  la  nausée  &  le  vomillcmenc  de  bile  s'arrê- 
tèrent incontinent:  de  forte  qu'elle  repofa  mieux  cette  nuit  là  :  on  continua  les 
iours  fuiuants  l'application  de  l'epitheme  &  de  luy  faire  prendre  lapotion<lor- 
dialc  :  elle  prenoic  aufli  par  interualles  vne  dragée  cordiale  auec  vne  rôtie  de 
vin.  le  luy  oignis  le  ventre  &  la  région  de  l'cllomach  auec  vn  Uniment  pour 
aider  la  digeftion:  elle  fut  remile  après  rvfigc  de  ces  remèdes. 

Or  ayant  parlé  du  Lapis  médicament o/îts  de  Crolliuj  ,  ic  veux  aduettir  qu'il 
ne  faut  pas  prendre  pour  des  Oracles  tout  ce  qu'il  en  dit  ^  car  bien  (ouucnt  vn 
Théoricien  écrit  beaucoup  de  chofes  auec  la  plume  d'Icare  qu'il  êleue  iulqu'aii 
Ciel,  lefquellcs  venants  à  approcher  du  Soleil,  (^  aflauoir  de  l'expérience  qui 
diftingue  le  vray  d'aucc  le  fauxj  le  fondent  &i  vont  à  néant  :  Ci  on  en  examine  les 
ingrédients,  on  verra  qu'il  cft  chaud  ôc  icc  auec  vne  grande  acrimonie  ,  &  tft 
împoflible  qu'il  ait  toutes  ces  vertus  que  décrit  CroUius  :  il  luy  attribue  pre- 
mièrement la  vertu  de  guérir  les  vlceres  en  quelle  partie  du  corps  que  ce  loir, 
a  on  met  delfus  matin  <5c  foir  vn  linge  trempé  en  de  l'eau  où  on  l'a  fait  tondre: 
mais  il  faut  fe  bien  garder  d'en  faire  l'effay  aux  vlceres  des  parties  ncrucufès, 
ou  quand  il  y  a  douleur  ôc  inflammation  ,  principalement  es  corps  délicats, 
bilieux  &  cacochymes ,  car  on  y  verroit  venir  incontinent  douleur  ,  inflam- 
mation )  veilles  ,  inquiétudes  &c  autres  dangereux  accidents  ,  commue  ic  l'ay 
veu  autrefois  à  Noïfls  en  Flandres  en  vn  ieune  homme  qui  auoit  de  la  gale  aux 
cuiflès,  lequel  quelquefois  tomboiten  défaillance  à  caule  de  la  douleur,  api  es 
l'application  de  ce  médicament  :  ce  qu'il  ne  faut  pas  trouucr  étrange  car  on 
n'adoucit  pas  la  douleur  par  telle  forte  de  médicaments  mais  par  des  tempérés: 
Il  fc  faut  auflî  bien  donner  garde  de  s'en  feruir  pour  le  Chancre  ou  vlceres 
Cliancreux  ou  des  mammellesou  de  la  bouche  ou  en  quelle  partie  que  ce  (oit, 
car  tout  à  l'heure  on  verroit  le  mal  s'augmetater  ôc  enpirer  :  le  l'ay  remarqué 
fort  fouuent  es  vlceres  Cliancreux  &  particulièrement  à  Bcllai  en  Monfleur 
Claude  Montcillet  qui  auoit  vn  vlcere  en  la  racine  de  la  langue  :  &  il  y  a 
trois  ans  en  vne  Dame  de  Spire  à  laquelle  ie  coupay  la  mammelle:  il  ne  faut  pas 
donc  fe  fier  aux  loiianges  que  donne  Pcnotus  à  l'arfcnic  Si  autres  médica- 
ments 


des  Vlcercs,  Fi  (Iules ,  Sec.     -  139 

in<-nrs  corrofifi  pour  la  dire  du  Chancre  en  Ton  Hure  dcv/k  &  praparatione 
jnedlcament.Chj?mc.nu.\.  kMulleYns  en  (çs  miracles  Chymi«jucs.-  nn.x.  à  Phdtdro 
-Vautres  j  Crolliusiuy  attribue  aufli  la  vertu  d'ancrer  les  larmes  des  yeux,  d'en 
•ôtcr  la  rougeur  &  la  douleur  :  il  le  Iciic  auflTi  en  l'ophthalmie  Ci  on  le  diftillc 
auec  de  l'eau  rofc  ,  d'euphraife  ou  verbene  qui  auront  trempe  vn  mois  aupara- 
uant  en  du  vin  :  mais  qniclV  ce  12  vous  prie  qui  pourroic  endurer  ces  tourments 
en  l'œil  ?    il  n'y  a  œil  de  CheuaI,pour  dures  ik  épailfcs  qu'en  fulïènt  les  mem- 
branes,  qui  les  peut  endurer  :  on  en  peut  en  faire   l'eflày  (urvnelamc  de  fer 
bien  pojic ,  mettant  de  l'eau  ou  cette  pierre  aura  êtc  dilloute  ,  car  au  bout  de 
quelques  heures  on  y  verra  non  feulement  des  tâches  noires  ,  mais  aulTi  que  la 
fubfiance  du  fer  a  ctc  confumce  ;    le  tus  vue  fois  demande  pour  voir  vue  fille 
nommée  ViTule  Tiane  laquelle  ccoit  trauaillce  d'vne  ophthalmic  qui  luy  êtoit 
venue  pour  auoir  mis  fur  l'œil  vn  collyre  de  vitriol  blanc  :  elle  perdit  la  veu'é 
pour  deux  mois  «S»:  eut  des  grands  tourments  j  i'eus  beaucoup  de'pcne  à  la  re- 
mettre ,  mais  la  vcuif  luy  e(l  demeurée  foible  auec  vue  nuée  en  la  cornée  droite 
^ue  luy  eft  venue  tant  par  l'acrimonie  du  collyre,  que  par  (\qs  humeurs  qui 
ont  ronge  la  furface  de  la  tunique  :  ie  ne  mets  pas  en  auantces  chofes  pour 
méprifer  ces  perfonnages  qui  auoycnt  de  beaux  dons ,  mais  pour  faire  voir 
qu'il  faut  erre  prudent  en  la  pratique  &:  examiner  bien  Iflk  médicaments  ôcc 
Obf.f)i.  Cent.  5. 


OBSERVATION     XV. 
*D*vnvîcere  malin  (j  Cha.icreMX  en  la  racine  de  la  langue, 

VN  homme  âge  de  foixantc-fix  ans  au  mois  de  Nouembre  1616.  remar- 
qua vn  vlcere  au  côté  gauche  de  la  langue  qui  commença  par  vne  petite 
vcffie  6c  fe  changea  en  vlcere  creux  &:  frdc ,  pour  la  gueril'on  duquel  i'ay  ecr- 
chc  des  remèdes  par  le  ciel  &  par  la  terre,  à  l'aide  del'quels  il  s'eft  quelquefois 
cicatrisé  &  a  femblé  être  entièrement  guéri ,  mais  cependant  il  a  eu  vne  dou- 
leur perpétuelle  auec  vne  étrange  pêne  d'aualer  &  vne  douleur  qui  élance  vers 
l'oreille  de  mémecôté,qui  l'ont  pensé  faire  mourir,  alîàuoir  à  caufe  de  la  mali- 
gnité de  cet  vlcere  qui  efl:  proche  :ie  I'ay  purgé  de  plein  abord,ie  luy  ay  donc  des 
ienitifs,  àts  apozcmcs,  dts  purgations  réitérées,  il  a  êtc  faignc,  on  luy  a  mis  des 
fangfues  derrière  les  oreilles ,  vn  cauftic  au  derrière  de  la  tefte  vers  la  pre- 
mière vertèbre  :  de  dix  en  dix  iours  il  a  pris  des  pilules  Cochées,  des  Aggrega- 
tiues,  &  Aurces  <2«.  9j.  &  quelquefois  d'auantage  :  onluyamisfur  la  future 
coronale,  après  auoir  ôté  les  cheueux  >  vn  emplâtre  de  Thapfia,  Betoine  &:c.  ce 
fale  vlcere  a  ctc  lauc  quatre  fois  le  iour  premieremenc  auec  da  vin  trempe 


140  Liure  Troifiéme 

liéd"?  ,  puis  aucc  de  Tcau  féconde  refpacc  de  15.  iours  :  on  l'a  par  après  dctcrgc 
aurrcs  15-  iojis  auec  de  h:iylc  de  viriio!:  rous  lesluiic  iours  ilreceuoicvn  Liue- 
mciir,  on  à  rcïcerc  l'apozemc  &  la  potion  purg.iciueron  a  fait  vn  garg  uifmc  ou 
ciicroyenc  cojs  les  dcterfifs  &  adftringencs  ,  y  âioutanr  du  miel  lolac,  vn  peu 
d'aïolis  foccotrine  $<■  d'alun:  mais  tant  s'en  faut  qu'on  ait  peu  aricter  la  mali- 
guitc  de  cet  Vlceie  par  ces  mcdicaments ,  qu'au  contraire  il  en  eft  dcuenu  plus 
malin, car  il  creufe  la  langue  perdelTous  vers  le  ligimenc,fans  auoir  neantmoins 
offencc  rO-fophigae  ni  le  LarynxiM?.Chipuis  Chicurgi-nBourgaignon  ayant 
vcu  par  occafion  le  malade,  a  attribué  toute  l'origine  ôc  malignité  de  cet  vlcc- 
re  à  vnc  dent  pourrie  êk  cariée  laquelle  il  a  arrache  en  mon  ablence  ,  (Se  a  auilî 
ordonne  vn  gargarilme  de  chofes  dcteriîues  &C  adilringentes  auec  l'ongaenc 
ifigyptiac  :  Monfr.  Sarrazin  Médecin  à  Lyon  étant  venu  au  voilinage  ,  a  veu 
le  malade  à  ma  prière  &  luy  a  ordonne  vue  décoction  de  deux  parties  de  fal- 
fepareille  &  vne  de  Gaiac  pour  s'en  feruir  quinze  iours  durant  matis  &  foir  5c 
en  fon  boire  ordinaire  ,  l'ayant  encor  fait  bien  purgcfr  pour  la  tioilieme  fois: 
Il  a  obferuc  des  le  commencement  du  mal  vne  bonne  façon  de  viuie ,  on  a 
aufli  detergc  quelques  iours  durant  Tvlcere  auec  de  l'eau  alumineulc  ,    mais  il 
n'en  a  eu  aucun  bénéfice  }    car  la  maladie  eft  pUs  forte  que  1  Art  6c  l'vlcere 
vient  deiour  en  iour  plus  mauuais  :  il  y  a  vne  grande  corruption  d'humeurs, 
auec  vne  très  mauuaifc  conftitution  de  tout  le  corps ,  v!ie  laliuation  perpé- 
tuelle de  matière  gluante  des  le  commencement  du  mal  ,    ce  qui  empêche  la 
guerifonde  cet  vlcere  Chironien  ou  Tcl:phien  :    &c.  defcripiien  du  mal  en ^ 
uoyce  par  Aionfr.  Pierre  Robin  Médecin  k  Bellay  h  Alonfr.  Alarc  Ojfredt,  André 
Bonet  &  Paul  Offredi  Aiedecins  k  Ceneue. 

ADDITION. 

Lesleures  du  premier  vlcere  qui  ctoit  au  coté  de  la  langue  font  l^mblables 
à  duCallus  &  fort  dures,ce  qui  ell  caule  qu'il  louf:e  vne  gi  an  k  douleur  quand 
il  veut  tourner  la  langue. 

Ces  Meflieurs  ayants  délibère  en  leur  confulre  que  ieferois  appelé,  &  xMon- 
ficur  Paul  Offtedim'ayant  écrit  au  nom  des  autres  ,  ie  m'en  allay  à  B.-llay  le  7. 
Février  1614.  pour  voir  ce  malade  nomméMonfr. Claude  Monteillet  ,  ic  trou- 
uay  cet  vlcere  tel  que  l'auoit  décrit  Mond.  Robin  ,  lequel  étant  venu  auec 
Me.  Claude  Pennin  Chirurgien  ,  nous  commençâmes  ainfi  la  Cure,  première- 
ment nous  le  purgeâmes  derechef  auec  vne  prile  de  pilules:  le  fis  après  vn  leton 
fur  la  nuque  &  mis  fur  la  tefte  vn  bonnet  piqué  fait  auec  des  hmples  cephali- 
ques.  Puis  ie  le  purgeayencor  par  vne  potion,  tic  pour  tempérer  l'acrimonie 
de  l'humeur  atrabilaire  il  but  du  petit  lait  quinze  iours  Se  d'auantage  mêle 
auec  du  fyrop  violât  :  il  trempoit  fon  vin  de  décoction  de  véronique  &  d'agi  i- 
moine  aromatizcc  d'vn  peu  de  canelle  &  fucrc;  fur  la  partie  nous  mimes  les 

rcme- 


des  Vlcercs ,  Fiflules ,  ôcc]  141 

fcmcdcs  ruiuants>  ^.  ^f.  Ranar.  aijtiaiil.  Gammar.  planta^,  ropir.  /tn.iij. 
tnell,  ro/kc.  ^  /.  m.f.gargarifrna  cfuo  osf^pe  coiluatur;  on  s'en  fciuoir  aufli  pour 
fyringuer  l'vlccre ,  après  on  le  faupoudroit  aiicc  la  poudre  fuiuante  par  le 
moyen  d'vn  petit  foufflrr.  ^.pitln.  Ranar.  A<jUiUil.  &  Gammar.f.  a.Ppti  C,  C, 
vjït  &  prdtpar.  an.  5).  m.  \\  la  faut  mettre  dans  le  tuyau  du  foufflct.  vo'jés  Ufigme 
feptiéme  de  U  5.  table. 

Enfin  ic  mis  le  médicament  fuiuanr  en  forme  dclinimentfur  l'vlcereancc  du 
coton  yL.  cemjft  Iota,  corn,  cerm-ojii  & ^ptipulu.  Ranar.  &Garnrnar.  f.a.  pr<t- 
par.  an.'^R.  cumf.  q.  mHcilag.femin.  cydon.  fa5i<e  ciim  acjHisfupradi^u  ,  fiât  lini- 
menti  injîar. 

Ayant  fuiui  cette  méthode,  la  malignité  de  l'vlcere  fut  bien  rot  effacée  8c 
cclîa  entièrement:  ayant  fait  vnepaufcdVn  mois  auprès  du  malade,  l'vlcere  fe 
cicatriza  cjuafienticrcmcnt,en  forte  qu'il  pouuoit  faire  fes  affaires  tant  publi- 
ques que  particulières  ,    ie  me  rctiray  ,  laiffant  le  rcfte  entre  les  mains  de  fon 
Médecin  &  Cliiiurgicn:  mais  après  mon  départ  vn  Charlatan  palfa  par  là  qui 
loiioit  fes  fecretsiuiques  au  troificme  Ciel,  comme  a  accoutume  de  faire  tel- 
le  forte  de  gens  ,  êc  après  auoir  touche  argent  il  y  appliqua  (zs  médica- 
ments .•  trois  iours  après  il  furiii:it  vne  C\  grande  Hasmorrhagie  que  fi  M.. Clau- 
de Pennin  n'eut  pris  vn  grand  foin, le  malade  feroic  mort  fur  le  champ  :  ayant 
été  derechef  appelé  ,  ie  le  trouuay  non  (eulcmciit  fort  âbatu,  mais  auec  foa  vl- 
cere  aufli  malin  qaaup3rauant&  autant  creux  &'fale  :  fa  malignité  fut  bien 
réprimée  par  les    médicaments  proposés  ci- defliis,  mais  l'humiiitc  radicale 
auec  h  chaleur  naturelle  aaoit  rcçcu  vne  telle  brèche ,  qu'on  ne  luy  peut  point 
faire  reuenit'  les  forces  ;  de  forte  qu'il  mourut  bien  roft  après  :    or  il  y  a  ap- 
parence que  ce  Ciurlaran  s'ctoit  ferui  de  quelque  médicament  acre  &  corrolîf 
lequel  aaoit  rongé  la  chair  iufques  à  quelque  rameau  de  la  véne  iugulaire  iii- 
tcrnc,&  renouucic  la  malignité  de  l'vlcere  &c  Obfern.  lo.Centur.  4. 


OBSERVATION    XVI. 

D'vn  vkere  fîsîidcHX  Çj    inueterè    Piterl  heureufemeut  &  en  pen- 
de temps. 

L 'An  ijScî.vn  excellent  Médecin  Chirurgien  traitoit  à  Gencue  vne  Dame 
qui auoifvn  vlcere  fîftuLux en  Ucuilfe  après  vnabfcés,  après  lequel  il 
trauailloit  depuis  lix  mois  &  appovtoit  toute  la  diligence  requifc  :  enfin  ou 
demanda  Me.  Ican  Griffon  mon  maiftrc:  luy  comme  Chirurgien  bienauisé  S>c 
foigneux  à  rccerchcr  les  caufcs  des  maladies ,  après  auoir  mis  la  fonde  ,  re- 
connut que  la  feule  caufc  qui  cmpêchoic  la  confolidation,'ne  venoit  que  de  ce 
que  la  peau  qui  ctoit  autour  de  l'vlcere    ctoit  trop  mince  &  déliée ,  ce  qui  luy 

Hh 


2  42«  Liure  Troifiécns 

fît  promcttie  à  la  malade  de  la  guérir  bien  toc:  après  auoir  donc  fiiffifamiTicn: 
pi-cparc  &c  purge  le  corps,  il  rongea  cette  p:aa  dcliceaucc  le  Cauflic  S>c  fit  va 
\lcercIong  dccct:c  liiUiL:  l\{chare  ccant  tombée  ,  il  mondifîa  Tvlcerc  aiicc 
ronguciu  defucco  y-ipi]  :î^  1.  i.i;attir.iheurciirL-rriCnccn  refpace  de  trois  ou  qua- 
tre icmaincs. 

Dés  ce  temps  il  m'cft  louuciit  arriiié  de  voir  la  m.ême  chofc,  car  quand  dans 
les  ablccs  la  graille  &  le  pannicule  charueux  ont  ctc  rongés  &  confumcs  par  la 
pourriture  ou  le  pus,  fi  hi  pcaucflrcdéc  cnricrc,  cl'cnc  (e  rciiint  point  ni  ne  fc 
rciointauec  la  chair  ,  en  voici  la  raiibn,  les  vcncs capillaires  qui  nouniir^nt  la 
peau  onrcré  rongées  par  la  pourriture  &  parle  pus  ,  aind  le  fang  &  la  nour- 
riture qui  font  li  rr.àticrc  de  la  confolidation ne  vont plws à  la  peau,  de  là  vient 
qu'eftant  fcparée  du  panrticule  charueux,  clic  change  de  couleur  6c  dénient  li- 
uide  ou  obfcurc,  car c Uc  fe  deircche,  voilà  pourquoy  il  lafautcouper  ourongcr 
parce  qu'elle  efl  inudlc.  Cbferu.  75).  Cent  ^. 


OBSERVATION     XVII. 
Des  dangereux  effets  de  la  Colère  en  ceux  e^ui  ont  des  vlceres. 

Î'Ay  fait  voir  com.biencft  dangereufelacolerecsplayesdela  tefte,maiscllene 
l'eil  pas  moins  es  vlceres  d;  fqucls  clic  empêche  la  confolidation  ou  au  moins, 
retarde  la  gueiifon:  ce  qui  cft  caule  que  les  vlceres  fe  rempliflcnt  malaisément 
de  vhaii  es  corpsbi'icux  &: fe  rcnouucllcnt fouuenf,  car  parla  colère  la  chaleur. 
bc  le  lang  qui  cfl;  autour  du  cœur  boule  dans  les  vêneSj  y  dcuicnt  acrcjil  in  itc  & 
mord  ces  parties  qui  font  dciafoiblcs  comme  on  le  peut  voir  par  l'exemple  fui- 
uant. 

L'an  i^io.  i'ay  g'.^cii  hcu.ciifcment  vn  Gentil  homme  qui  auoit  vn  abfcés 
au  périnée  lequel  fut  iuiui  d'vn  Vkere  enfin  cicatifié.-quclque  temps  après  ayac 
été  mis  en  col;  r'^la  nuit  fuiuante  il  fentoit  vne  acrimonie  d'viinc  qui  fut  fuiuis 
de  douleur  &  inflammation  au  peiince  &  enfin  l'vlcerc'ic  renouuela  lequel  i'a- 
uois  cicatrisé  .mec  tant  de  peine. 

En  l'an  1617.  i'ay-tr.iirté  au  Pays  de  H.  (Tcn  auec  les  Dodeurs  Ican  Hartman 
Bcycrt's  ,  Geoi  glus  Faber  &  Corneille  Tiiaurerus  vn  Grntflhomme  qui  étoic 
trauaille  d'vn  vlcereau  col  delà  vcllîc  3i  des  prollates  après  vne  gonorrhce  vi-s;» 
rulente  :  à  chaque  fois  qu'il  fe  mettoit  en  colère,  ce  qui  luy  arriuoit  quafi  pour 
lien,  incontinent  il  croit  attaqué  de  fièvre,  inquiétude  ,  veilles  &  autres  acci- 
dents &:  principalement  de  douleurs  qui  s'augm.entoyent  fi  fort  qu'il  crioit  quel- 
quefois iourôc  nuit  principalement  quand  il  vouloir  rendre  fbneau.  Obferu.j^. 
Cent,  y 

OBSER- 


des  Vlcères,  Fiftules ,  ôcc,  145 


OBSERVATION     XVIII. 
'Des  Fi/Iules  dit  Périnée. 

LEs  icuncs  Chirurgiens  doiiient  erre  prudents  au  prognoftic  des  filiales  du 
Périnée,  car  fi  elles  viennent  de  cauie  interne,  iamais  elles  ne  te  gueriirenc 
parfaitement  ••  elles  Ce  couurcnt  bien  de  Cicatrice  ,  mais  elles  fe  rompent  à  la 
moindre  occafion ,  même  Ci  elles  demeurent  fermées  pour  quelque  temps ,  il 
en  naid  de  grands  accidents  ,  comme  ic  i'ay  veu  à  Cologne  en  1594.  en  vn 
homme  de  60.  ans  nommé  Gualterodcl  Prato,  auquel  ayant  cicatrise  auec 
beaucoup  de  peine  vne  fiftule  qui  luy  êtoit  reftée  après  vne  carnofîtc  &  réten- 
tion dVrine  ,  &  ayant  été  trauaillé  fans  relâche  après  la  Cure  de  plufieurs  acci- 
dents &  entr'autres  de  cette  diiucukc  d'vrincr  &  de  douleurs  ,  fixmois  après  la 
Cure  ie  fus  oblige  d'ouurir  cette  fiftule  après  auoir  confulté  auec  des  Médecins; 
non  feulement  il  fur  remis  mais  aufli  il  vécut  afscs  à  i'aifc  qiiatorze  ans  après 
la  Cure  ik  palfa  feprante  &c  fept  ans  fans  auoir  clHyé  de  s'en  défaire  :  il,  ne  faut 
pas  donc  fe  mettre  beaucoup  en  peine  de  les  guérir  parfaitement ,  car  c'eft  vne 
ouuerture  qui  baille  itiue  à  beaucoup  de  mauuaills  hii meurs  qui"  font  chafsées 
par  la  nature  hors  du  Foye ,  des  reins  ,  de  la  vefîi.'  ôc  des  vaiilèaux  fpermatics: 
ayant  remarque  que  les  malades  qui  en  ont  font  exempts  pour  la  plus  parc 
d'autres  plus  grandes  maladies  ,  principalement  les  viciibrJs  &  ceux  qui  ont 
été  fuiets  auparauant  à  vne  diilijultc  ou  fupprellion  d'vrine  &  à  des  carnoil- 
tés  :  Quant  à  ces  vlccres  du  périnée  qui  âboutillenc  au  conduit  de  l'vrine,  ie 
les  tiens  pour  entièrement  incurables  à  caufe  de  l'abondance  des  excré- 
ments qui  ic  rencontrent  en  celle  (orte  de  corps  &  à  caufe  de  la  débilité  delà 
fACultécxpultrice  de  ces  parties  causée  ou  par  le  trop  grand  exercice  vénérien, 
ou  par  des  aurres  caufcs,  laquelle  eft  fi  grande  qu'elle  n'apasafsês  de  force  pour 
poulîcr  hors  l'vriiie  auec  les  mauuaifes  humeurs  qui  y  four  mêlées  par  ce  pallàgc 
tortu  delà  verge.  Ohf.  75.  Cent.^. 


OBSERVATION     XV III. 
D'vn  vlcsre  Fijîideitx  après  vne  fupprejfion   d'hdmorrhoides. 

MAiftrc  Pierre  à  Leocho  Chirurgien  à   Geneue  fut  fuiec  plufieurs  an- 
nées aux  Hcemorrhoides  ,delqucUes  il  fe  crouuoit  fort  bicnjlcfquelles 
s'arrccercnt  quand  il  eue  atteins  les  fepcante  ans  :  bien  cot  après  il  luy  furuint 

Hh  2 


i44  i^i^^^  Troifiéme 

vnc  fièvre  continue  aucc  grande  douleurs  de  reins  &c  au  perince  comme  auffi 
aux  paitics  voifmcs.  MoiiIr.  Ican  Anthoinc  Sarrazin  Médecin  du  Roy  &  Mai- 
trc  Ican  Giifîbn ,  chez  lequel  i'cxcrçois  laChiiurgie  ayants  ccc  confuitcs ,  nous 
trouuamcs  rcxcrcmitc  du  gros  boyau  i>c  le  peiincc  ciiiîcs  aucc  rétention  des  ex- 
■  cremcnts  &c  diiHcuh.c  d'viiner  ,  paitant  après  luy  auoir  donné  vn  lauement  ik 
purge  doucement  aucc  delacaflc  ik.  dudiaph;:Enic,nous  mimes  le  malade  au  de- 
mi bain  ,  nous  y  applicames  des  cataplamcs  anodyus  &c  maturatift3i  fimcs  des 
cmbrocations.par  ce  m^oyen  quelques  iours  .ipres  Taportcme  s'ctant  rompue  en 
trois  lieux  différents  autour  du  fondement ,  il  en  loitit  quantité  de  pus, la  dou- 
leur (S:  les  autres  accidents  ceflcrcnt  vn  peu,  mais  nous  ne  pûmes  iamais  fermer 
Tviccre  quelque  diligence  que  nous  y  ûffions  apporté  ,  car  il  dégénéra  en  fi- 
ftule  ,  ncantmoins  il  a  vécu  quelques  années  bien  portant  continuant  fa  pro- 
feflîou  auec  beaucoup  de  louange  îk  de  réputation,  enfin  il  eft  mort  en  la  der- 
nière vielleire,  Ohferu.  75.  Cent.  2.. 


OBSERVATION     XIX. 
2)''"o«  vlcere  auec  Carie  de  l'os  &defa  Cure. 

L'Acrimonie  de  la  fanie  qui  fort  des  Blelï'urcs  des  iointures  eft  fi  grande, 
qu'elle  attaque  non  feulement' les  parties  mollas  &  la  chair,  mais  aufli 
ronge  les  cartilages  ck  les  os  mêmes  ;  dauantcTge  elle  s'étend  au  long  <3c  au 
large  iSc  creufc  des  vlccrcs  finueux  fous  la  peau,  comme  cela  le  voit  en  l'exemple 
fuiuant. 

L'an  1621.  le  10.  Aouft  vn  ieune  Bernois  âgé  de  14.  ans  fils  de  Monfr.  Habe- 
rcutcrus  Minillrcv  s'étant  vn  peu  eniors  le  pic  en  maichant  tk  ayant  négligé fon 
mal  au  commencement ,  il  y  vint  delà  doubur  quelques  iours  aprcs  :  le  Bar- 
bier qui  fut  demande  allura  qu'il  y  auoi:  dillocation  ,  ce  que  ncantmoins  ne 
pouuoir  pas  ctie  vcu  cjuc  le  malade  u'auoir  pas  bilié  de  marcher  par  ville  trois 
ou  quatre  iours  de  fuite  allant  à  l'échoie,  courant  ^  fautant  aucc  k^  compa- 
gnons ;  ce  tcmcraiie  Baibicr  (ans  auoir  égard  ni  à  la  douleur  ni  à  l'inflamma- 
tionjtâJia  de  remettre  cttre  dillocaiion  imaginaire,  luy  étend  auec  violence  le 
pic  &c  le  tourne  de  coté  tk  d'autre  tourmentant  milcrablemcnt  le  malade,ce  qui 
augmenta  l'iuiiammation  (Is:  la  douleur,  de  i'orte  qu'il  c  toit  contraint  de  crier 
iour  $<.  nuit:il  iuy  vint  auHi  vue  fièvre  ardente,  vnc  foif  incxtinguible,auec  maux 
de  cœur,  rauoitSjdcaouftjardeurd'vtinc  !k  tous  les  autres  accidents  quioncac- 
coutumié  de  tenir  compagnie  à  1  hydropilie  des  articulations:efant  donc  prclque 
réduit  aux  extrcmités,ce  Baibicrlc  tint  pour  mortrayanc  été  demandé  ,  ie  trou- 
uay  le  pic  C<  toute  h  iambe  démefurément  enflée  iufqucs  à  la  cuilïè  :  il  y 
auoi:  huit  vlccrcs  autour  du  pic  fou  fordidcs,  dcfquels  quelques^  vns  paifoycnt 

iufqucs 


des  Viceres ,  Fiftules,  &c.  145 

iufqucsa  laiointure,  il  en  fortoit delà  fanie  en  fi  grande  abondance  que  l'on 
'  ne  pouuoic  pas  comprendre  d'où  cllepouuoic  venir  en  vn  corps  fi  extenue  & 
débile  :  il  y  auoic  au  milieu  de  la  iambe  vn  vlcere  fort  profond  &c  cauerneux 
car  il  montoit  d'vn  côté  iufijucs  au  iarrct  &c  quafi  iufques  au  pli  du  genouïl ,  ôc 
déccndoitde  l'autre  iufqu'au  talon  &  à  la  iointure  du  pic  :  il  faut  remarquer  en 
cette  incommodité  qu'à  pcnc  Ce  rencontre  t'il  vn  Viccre  qui  ne  mine  &■  ne 
creufe  en  diucrs  lieux,principalement  autour  des  vênes  &  artères,  car  le  fang  & 
les  humeurs  qui  font  attirées  à  la  partie  par  la  véhémence  de  la  douleur,s'c- 
chaufent  à  caufc  de  la  grandeur  de  l'inflammation  6«:  deuicnnent  acres  dans  les 
Yaiircaux,par  ce  moyen  ils  rongent  les  parties  voifines  :  comme  donc  cçs  vaif- 
feaux  font  êpars  cndiuer{espartics,au(lî  font  ils  des  viceres  finucux  :  le  Chiiur- 
gien  doit  foigneufement  y  prendre  garde  &  deterger  de  bonne  heure  ces  Vice- 
res j  de  peur  que  la  matière  n'y  folt  retenue  &  que  les  parties  voifines  ne  ro)^nt 
endommagées. 

le  commençay  la  cure  par  le  régime  que  cet  impertinent  barbier  auoit  lais- 
sé en  arrière  ,  nourrillànt  bien  le  mahide  à  caufe  de  la  grande  irabecîHité  6*:  ex- 
ténuation,mais  aucc  des  viandes  rafraichilîantcs  eu  égard  à  la  ficurc,&: comme 
il  n'étoit  pas  libre  du  vcntrc,ic  luy  donnay  vn  fuppofitoirejiSc  le  même  iour  fiir 
lefoir  à  dix  heures  il  prit  vne  potion  cordiale  &c  luy  appliquay  vn  epitlicme  fijr 
le  cœur.  Le  même  folr  i'oignis  toute  la  iambe  déi  le  grnouïl  iufqu'a  la  cuilïe 
auec  le  luiuant  linimcnt,  mais  ie  n'en  mis  point  fur  la  iambe  ni  fur  le  pié  à  caufe 
de  la  grandeur  de  l'inflammation, car  les  cholls  gralKs^:  oudiucuics  y  font  très 
contraires.^  Ol.rofar  violar.f^  amygd.d.an.^  j  ol.exjîor.l  t?.w.  Sur  les  Viceres 
(^qui  êtoyent  ncufen  nombre)(5c  tous  étroits ,  ic  mis  l'onguent  anodyn  fuiuant 
auec  du  charpy.  1/l.Cera  notu\  i  cclophon.gclerni  an.  5  -j/  terebinth.atj. béton.  lou 
^G.oLlHmbnc.aTnygd.d.ol.dc^utellis  ouor.  rcfur.an,  ^  f>.  m.lentiffimà  igné  &  perco- 
lentur,  pofl  adde  croci puluer.'^  j.  vîtell.ouor.num.z.  le  mis  fur  le  pic  t^  l.î  iambe 
iufqu'au  genouïl  le  cataplalme  fuiuant  chaud  ,  '1/L.far.hordei  &  tnicéipmnsalbl 
an.  l  iv.  pulu.radic .alth.& fem.fœnngr.an-l  (".fc/ntcydonicr.a^iah  &  nie'ilbt.aji.^i. 
cnrn  UBe  vaccina  f.catapl. Addenda ol.l'Aînh fie ■oleirecc77tij[o  an.  ^ixrccizT>.  vitell. 
ouor.num.^.  Il  le  faut  gaider  en  vn  pot  de  verre  bien  fcimé  :  i!  fjut  remarquer 
icy  la  faute  de  quelques  Chian-giens  Ki^uels  quand  ils  font  vncataplame,  l'é- 
c  hauti-ent  en  la  ['ocle  tant  qu'il  bouillifle  ,  mais  mal  à  propos  ,  car  fa  vcrtufc 
perd  ou  au  moins  diminue  :  Ce  qu'ayant  remarqué  àcs  ma  ieunefic  i'ay  tenu 
vne  autre  piocedurc,  carajant  que  déplier  les  bandes  6c  découurir  laplayeou 
rvlcere,ie  prépare  tout  ce  qui  cft  necefiaire,ic  mets  mon  cataplafme  fur  vn  lii> 
■ge,i'^gence  les  tentes,  les  plumaceaux  &  les  oins  d'onguent ,  &  fur  la  fin  ie  de- 
bande  ,  i'ôte  l'appareil  &  incontinent  après  ic  nettoyé  les  viceres  non  auec  du 
linge,  comme  font  les  Chirurgiens ,  mais  aucc  des  pinceaux  faits  d'êpono^c  mi- 
fe  au  bout  d'vn  bâton  en  cette  façon  ,  Voyez  la  figure  hnitième  de  la  Table  V.. 
Car  la  toile  cft  le  plus  fouucnt  rude  6c  ne  boit  pas  fi  bien  l'humidité  de 

Hh     3 


14^  Liure  Troifiéme 

rvlccre  comme  faitl'êpongc:  la  playc  ou  l'Vlccre  étant  nettoyé  ,  i'y  mets  in- 
continent vnc  rente  ou  vn  plumaccau  Se  cngiaiifc  la  partie  s'il  cft  nccciîàire, 
ccpcnJanr  mon  carapla(m?  s'cchaufc  fur  vn  rcchaur  à  petit  R-u  <5<:  comme  ie 
vcusj  :  ie  le  pratique  ainfi  afin  que  la  playc  foir  bien  toft  fermée  ,  car  l'nir,  prin- 
cipalement s'il  eft  froid  ,  eft  très  contraire  à  toute  playe  ik  Vlcere  fpcciale- 
ment  Je  là  tcfle  >  de  la  poitrine  ôc  des  parties  nerucales  comme  l'expérience 
le  hit  voir  :  pour  retourner  à  mon  fuiet  on  appliqnoit  ces  médicaments 
deux  fois  le  ionr  ,  on  rcnouueloit  l'cpithemiC  d'heure  en  heure,  ainfi  la  nuit 
fuiuanre fur  plus  paifible  ,  parquoy  ie  continuay  cette  piocedme  quinze  iours 
durant ,  luyfaifant  aufl]  prendre  vne  potion  cordiale  ou  tous  les  iours  ou  de 
deux  iours  l'vn  ,  ou  bien  décrois  en  trois,  après  le  fouper  :  par  le  moyen  de  eeS 
remèdes  la  doi?lcur  fut  apaisée  en  peu  de  iours  c>:  ksVicercs  commencèrent  à 
venir  à  fuppuration,  reprenant  auiîi  fes  force.scar  c'ccoit  vn  ieune  homme  vi- 
goureux i^  de  bonne  conftitution  ,  ce  qui  m'obligea  à  le  pur<;er  auec  la  po- 
tion fuiuante.  !^.&c.Il  fut  purgé  doucement  «Se  les  iymptom.cs  s'appaitercnt  vu 
peu. 

Or  dés  le  commencement  i'élargis  vn  peu  la  furface  de  l'Vlcere  /  ce  qu'il 
faut  faire  en  tous  les  Vlceres  qui  rendent  de  la  fanie  s'ils  ont  vn  petit  orifice  & 
font  finucux&  cauerneux^mais  doucement  de  crainte  Je  caufer  de  la  douleur, 
car  puis  qu'elle  eft  caufe  le  plus  fouuent  de  ce  mal,  il  le  faut  éuircr  tant  qu'il  eft 
poflible  :  on  élargit  l'vlcere  afin  de  lailTer  ilTuc  à  cette  (anie  acre ,  inJigerte  &c 
corroliucce  qu'il  fautfiîre  auec  des  tentes  rantotl  de  fin  lin,  tantoft  d'cpongc 
préparée  trempées  dans  le  digeftif  mentionné.  Q^and  i'eusveuque  le  plus  fort 
dumalctoitfurmonté  ,  ie  voulus  fonder  les  Vlceres  auec  vne  êprouuette  d'ar- 
gent,mais,  bon  Dieu  ! 'combien  n'y  trouuai-ic  pas  definuofirés,Je  conJuits  en- 
tortillas qui  alloyent  même  iufqucs  à  la  iointure  ?  Au  dedans  de  la  iambe  vers  le 
milieu  entre  le  genouïl  &  le  talon  piés  le  rameau  de  laVciic  cane  dcccn  iùnte, 
il  y  auoit  vn  Vlcere  fordide  lequel  d'vn  côté  montoit  iufques  au  genouïl  &  de 
l'autre  décendoitau  talon  i^:  à  la  iointure  :  autour  de  la  iointure  du  pié  il  y  en 
auoit  huit  étroits  qui  alloycnt  iufques  à  la  iointure  :  ie  les  dilatay  tous  peu  à  peu 
auec  des  éponges  preparées,trempécs  tantoft  au  digeftifj  tantoft  au  mondifica^ 
tif  auec  le  précipité  :  les  ayant  dilaté,  ie  rrouuailes  membranes  &  les  ligaments 
pourris,  lefqucls  ayant  été  peu  à  peu  feparés  par  la  nature  des  parties  faines  ,  ie 
trouuai  l'os  du  talon  non  feulement  carié  des  deux  côtés ,'  mais  aufti  f  ce  qui  eft 
admirable)  percé  de  part  en  part  tout  de  même  que  fi  ç'auoit  été  auec  vne  ra- 
tière de  cette  grandeur  O-  le  fis  paiîèr  par  ce  trou, quand  ie  l'eus  découucrr,vB 
cordon  de  foye  trempé  en  onguent  mundificatif:  le  m'en  fuis  fcrui  des  femaineS 
entières  iufqu'à  ce  que  l'Vlcere  fut  entièrement  monJifié  ,  enfin  il  fe  feparà 
vn  écaille  d'os  faitecomme  vn  tuyau  ,  Ce  trou  fut  remplit  d'vn  Cal  ik  l'vlcere 
cicatrisé. 

Or 


des  Vicercs  ,  Fiftulcs ,  &:c.  147 

Or  comme  cette  forte  de  trou  cil  rare  qui  n'a  ccc  remarque  que  de  peu  de 
pcrfonncsji'cii  veux  amener  cncor  deux  exemples, le  premier  eft  de  cet  Efticnnc 
louucnon  J;:qucl  i'ay  parlé  en  rObfeiujtion  29  li.2.Lc  fécond  cil  d'vn  j^arçoii 
d.-  Paycmc  âge  de  neuf  ans  qui  auoît  vn  vi^il  Vlccrc  &:'fifi:uleux  en  la  partie 
incemc  de  la  iambc  droitc-.comme  ie  vûjIus  dilater  auec  des  éponges  préparées 
('car  il  étoi;  petit  d'entice^^u  Je  dans  caue  ôc  torruJ&  monaificr,  ic  trouuay  vn 
grand  trou  iond,qui  penetroit  iufquesà  la  moiielk,dans  le  grand  focile.Ie  pon- 
uois  remarquer  dans  ce  tiou  à  ch  iquc  fois  que  ic  pcnçois  la  pla.ye  ,  le  mouuc- 
ment  uc  l'aitcrc  d.ins  lamou-ilemcmc  :  i'eus  b,a;'v.oijp  de  pene^  dcmcuray 
i  Iongtcm.ps  ^  [^  g4"ïii'  >  car  ie  tiray  plufieurs  os  c.riéoj  ncaiumoinsparla  grâce 
*  de  Dieu  i'cn  vins  à  bouc  :  cette  cure  a  é[é  penible^parce  que  le  mal  c'toit  prés  da 
t.ilon,à  cau!e  dequoy  Tvlcere  Ôc  Ls  p.irti..s  d  alentour  rcieriroyent  continueile- 
I  ment  quand  il  mardioît ,  couioit  ou  fautoit,  car  ce  garçon  ctoic  extrêmement 
vifjCe  qui  m'obligea  à  luy  f  ;irc  faire  vne  quiiffettc  de  bois  dans  laquelle  ie  mis 
lepiéi^^laiambeiutquci.  au  genoL.ïl,  l'ayant  bien  garni  en  dedans  découpes  Ôc, 
de  linges, le  pié  y  ctoit  fi  bien  placée  cnfçrfc  qu'il  ne  le  pouioit  tourner  ni  de, 
côté  ni  d'autre  ,  étant  neantmoins  en  vn  exercice  continuel  à  caufe  de  fa  grande 
viuacitc,  mais'le  (eruant  de  potences, il  la  povta  quelques  mois  durant  iour  Si 
nuit,  cependant  l'Vlccre  fut  mondific  de  ces  os  cariés  Ôc  fe  cicatrifa  :  par  la  le 
Chirurgien  peut  remarquer  combien  lemouuemcnt  ell  dangereux  aux  playcs 
«Se  vlccrcs  qui  ("ont  prés  des  loinzuïcs-J'^ o)e\Jaf gare  çJ.e  la  V, table. 
A  vn  trou  qui  ed  au  fond  de  la  Caifole  par  ou  palfe  le  t'ilon. 
B  vne  aileron  de  la  CafiTole  qui  e(l  vu  peu  rognée  au  droit  de  l'Vlcctede  peur 
qu'elle  ne  le  comprime, 
le  garde  aulTi  en  vc.ow  cabinet  quelques  os  de  iambes  qui  font  percés  de  mê- 
me façon,  par  ou  on  peut  voir  qu'es  vlccres  les  os  fe  tro rient  fouuent  à  cau- 
fe de  l'acrimonie  de  la  fange  ;  il  ne  faut  pas  donc  tiouuer  étrange  s'il  y  a  des 
Vicercs  qui  durent  iufques  ala  fi:i  de  lavic,3(ç.  quani  le  Chirurgien  ne  décoii- 
ure  pas  cts  os  cariés:mais  ceci  (oit  dit  en  paifantàl  fautrcuenirà  nôcic  iuict. 

Ayant  dilaté  ks  Vicercs  qui  étoycnt  laies  ,  ie  ks  monditîay  auec  le  m.ondifi- 
catif  décrit  auparauant,^'  la  ou  l'os  (c  rencontra  carié  «Se  decoL:uert,ie  le  (111- 
poudray  quelquefois  auec  de  l'ciiphoibe  (cul  ,  quelqucfjib  auec  la  poudre  f  :i- 
ixznv^.^,  Rud.arijîol.rot .an^2,^l.irldflore/it.  ^■■?-5'j.  lli^-ngaïnci  (^  cortic.eiufÀem^t^n. 
x^ii^.mfpHlHis  tc/Ui'iJ]  copiosè  ojp.biis  infpergeudns:  Il  faut  cependant  fe  donner  gar- 
de que  ksleurcs  de  l'Vlccre  ne  viennent  à  le  rcioindre  &  àfe  fermer ,  les  te- 
nant diligemment  ouuertcs  auec  des  éponges  préparées,  iufques  à  ce  que  la  na- 
ture face  tomber  les  os  cariés  lefquels  il  ne  faut  iamais  arracher  par  foice  :  fi  la 
chair  croit  outre  mefure  il  la  fauclaupoudrer  de  précipite  redlifîé  5c  laué,  car  il 
empêche  racroiifement  d'icelle  &  corrige  la  malig'iitc  de  rVlcerc  ie  mis  tout 
autour  de  la  iointure  vn  cataplamccorroborâc  fait  de  farine  de  féues,<Scc.décrit 
cidelfus  :  ^  çputii^iay  aiiiliiufq^ui^^^la  lin  de  la  cure  ,  laquelle  fut  longue 


14^  Liure  Troifiémc 

&  pénible  Se  dura  quelques  mois,de  forte  que  i'employay  iufqucs  à  içoo.  Ten- 
tes de  diuerfes  fortes,  au  raport  du  malade  qui  a  eu  la  curioficc  de  les  compter: 
'  on  tira  auilî  pluficurs  petits  osjdc  ncantmoins  il  a  été  11  bien  remis  qu'il  ne  boi- 
te en  aucune  façon,touti.sfois  le  talon  cft  rn  peu  retire  &  h  io inturc  du  pic  s'cft 
entièrement  endurcie  par  le  moyen  du  Cal  qui  s'y  cft  foimé. 

H  y  en  a  qui  mettent  fur  les  os  caiics  de  l'hjyle  de  vitriol  ou  de  l'eau  forte  à 
caufe  de  leur  grande  vertu  dciîccatiucj  laquelle  iene  nie  pas,mais  neantmoins 
elle  ne  corrige  pas  la  carie  de  l'o^  mais  détruit  les  paities  voifîncs  comme  ic 
l'ay  veu  à  Dulfcldorp  en  vn  Gentilhomme  lequel  auoit  l'os  deliiimbe  carié 
mais  fort  fuperficieliement,  fon  Chirurgien  y  ayant  mis  de  l'huylc  de  vicrio!,la 
carie  vint  fi  grande  que  le  Dodteuu  Galcnus  Vuierus  eut  bien  de  h  pêne  à  l'ar- 
rêter auec  trois  grands  Cautères  ardents  :  que  les  chirurgiens  donc  fe  gardent 
de  tels  médicaments  furies  os,car  ayants  vncfubftâcctres  liibtilcjils  s'inliiuent 
fur  les  parties  voiiînes&  ruinent  ce  qui  fc  porte  bien  :  il  cft  bien  vray  quclos 
carié  demande  vn  médicament  qui  dellèche  eifi:acem:nr,  mais  II  cft  neceirairc 
qu'il  aitvne  fubftancc groflierc  tel  qu  eftl'cupho.be  lequel  corrige  h  carie  de 
i  os  fans  neantmoins  brûler  lâchait ,  commeont  cru  les  Praticiens  ,  ni  caufer 
aucune  inflammation,  partant  on  s'en  peut  feruir  mêmes  es  enfants.    Or  les  A- 
pothiquairesont  cette  coutume  en  pilant  feuphoibe  d'y  mettre  vne  goutte  ou 
deux  d'huyle  de  peur  qu'il  ne  leur  donne  au  né,  mais  mal  à  propos,  car  l'huylc 
eft  très  contraire  aux  os  découuerts  &c  ôce  à  l'euphotbe  fa  vertu  dcfijcatiac  en 
lieu  de  laquelle  il  le  faut  arroufer  d'eau  de  vie  :  Voila  ce  qu'il  faut  faire  quand 
l'os  eft  corrompu  en  la  fuiface. 

Que  fi  la  corruption  ou  la  carie  eft  dans  la  iointure  même  ,  en  forte  que 
l'euphotbe  ne  puiife  pas  parueniriufques  la,il  ne  faut  pas  neantmoins  dciti peter 
du  rêtabliiïcment  du  malade,  car  au  (u(dic  ic  ne  peus  pasfiire  alic-r  Feuphoibc 
iniques  à  tous  ceux  qui  êtoyent  cariés, &:  ncantmoins  il  fut  bien  iétabli,entrete- 
nant  les  Vlcercsouuerts  par  le  moyen  des  tentes  faites  d'êpongcs  préparées  ou 
de  racines  de  gentiane, métrant  tous  Icsiours  dufuiuant  mondiricacif  !^  cortic. 
ligni  gaiaci,faj]'affas,raâ.angel  rad.ari(ïol.rot.an.7^i\\.myrrh<&,alo'és  an,  3i.f.  omnium 
fululs  tenHijfimns  aÀde  extrfcord^umell.rofcj.f.rnf.munâtcaîîuumyW  cft  cxcelicnt 
en  tous  Vlceics  fordides  ,  putrides  &  la  ou  il  y  a  corruption  d'os  :  ie  m'en  fuis 
fcrui  fi  heurcufcment  en  nôtre  malade  que  la  nature  chaifi  par  après  peu  à  peu 
les  ligaments  &  les  cartilages  pouiries  Ik  rcifouda  la  iointure  par  le  moyen  du 
Cal.  Cependant  que  ie  trauaillois  à  mondifier  les  Vlccres  pour  les  entretenir 
ouuerts  èc  pour  tirer  les  os  carics,ie  ne  lailTay  rien  en  arrière  de  ce  qui  regarde 
lacuregenerale,il  obferuavne  bonne  façon  de  viure,ie  purgcay  doucement  le 
corps  par  interualles,  &piis  garde  qu'il  ne  furuiatd  "  la  douleur.  "" 

Il  fut  par  ce  moyen  fi  bien  remis  qu'il  peut  marcher  fins  que  l'on  reconnut' 
qu'il  fut  boiteux,  les  Vlcercs  a- (îî  demeurèrent  fermes  :  il  cft  vray  qu'ayant  été 
en  Allemagne  durant  les  troubles  de  l'an  lôi*^.  <3<:  vsc  d'vne  mauuaifc  façon  de 

viure 


des  Viceres,  Fiftulcs,  Sec,  149 

viureaiiec  beaucoup  de  fatigue  ,  n'ayant  auflî  eu  foin  de  fe  bander  les  ïambes» 
qu'il  fe  fit  vue  nouuellc  dcfluxion  furie  pic,  laquelle  fut  fuiuie  d'inflarnma:ion> 
prurit  &  autres  niiantcourcurs  d'vn  Vlcere,  deiquels  n'ayant  tenu  co:>ce  il  s'en 
forma  vn  en  chaque  talon  qui  m.c  donnèrent  derechef  de  l'occupation  p:  ut 
quelques  raois,mais  neanrmoins  auec  la  grâce  de  Dieu,ie  le  guéris encor.  j^h 
traité  de  Ichore  &  meliceria  c.hap.c). 


OBSERVATION     XX. 

Gnerifon  d'vne  fifinle  aux  Innibes. 

EN  1591.  vn  ieune  homme  très  roburte  ^  de  bonne  conftiriition  me  vint 
froLiuer  lequel  ctoit  incommodé d'vne  petite  h(Lule,m.us  qui  ctoit  profon- 
de &  luycaufoit  vue  douleur  perpétuelle  au  côté  droit  d.  rcpiticdu  dos  vers, 
la  quatrième  vertèbre  deshimbestil  me  raco:ita  qj'il  y  auoic  rc^eu  vn  coup  de  .# 
couteaujdans  vue  querelle,il  y  auoit  deux  ans, mais  que  per fonne  ne  i'auoit  ft^eju  / 
guérir,  ic  dilatay  la  fiftule  auec  des  trochifcsde  minio  &  des  éponges  préparées 
comme  au(îi  auec  des  racines  de  gentiane  j  après  quoy  ic  tionuay  an  fond  d'i- 
cclic  la  moitié  d'^n  couteau  aises  long  duquel  la  poiate  etoit  ât  ichée  entre  la 
troifiémê  &■  quatrième  vertèbre  ,  le  relie  écoir  coiu.-rt  d'vn  Cal,lequcl ayant 
coupé, ie  tirny  le  couteau  de  la  longicur  &:  largeur  i:y  re^  relentces.  Voyez,  la 
figure  première  de  Ufjiéfne  'Table. 

lemondilîiy  l'vlcerc  auec  du  précipité  &  vnguent  des  Apôtres.apres  quoy 
il  fut  bi.  n  toll  remisrmais  ceci  clt  remarquable  que  dés  qu'il  fut  Blefié  iufques 
à  la  fin  de  la  cure, il  n'eut  quafiiamaisde  hcure,encor  moins  inflammation, con- 
uullîon,  ni  cette  violeiKe  douleur  &  auttes  accidens  qui  ont  accoutume  dcfui- 
ure  les  blelluresdu  doy.Ohf.éi.  Cenc.i. 


OBSERVATION      XXI. 

1)'''J?/e  fijîiile  après  vr^e  parotide. 

VN  Efcholier  âge  d'enr.îron  iz.ans  eut  vn  abfcés  fous  l'oreille  droite  ,  lequel 
s'crant  conueiti  en  lîllule  ,  il  fut  trois  ans  cntijrs  tourmenté  par  desbar- 
bieis:enfin  il  fut  amené  à  B^me  le  iS.Iuiilet  1620  le  trouuay  vue  fillule  hnueu- 
fe  en  la  peau ,  on  ne  voyoit  que  deux  fort  petits  trous  defqutls  i'vn  montoit  en 
haut  vers  le  crâne  qui  fe  partageoit  en  deux  Inuis  ,  l'autre  ailoit  en  bas  vers  les 
vciicsiugulaires ,  mais  en  dedans  tout  ctoit  calleux  :  lav  ayant  ordonné  m  bon 

I  i 


L)0  Liure  Troifiéme 

régime  ôc  purge  à  diuerfes  fois,ic  hs  ronger  la  peau  qui  couuroit  ces  fillules 
auec  mon  cauflic^ii  mis  du  digcftif  >S>w  de  mon  onguent  balilic  tant  qne  l'cf- 
quaie  comJDa  :  en  .iprcs  ic  coniumay  toutes  les  rallolkcs  peu  à  peu  auec  le  mc- 
mc  cauiVic  <ïc  auec  la  poudre  angciiquc  bien  rcctitice ,  de  farte  qu'en  fepi  l'c- 
maincsil  hit  entièrement  guéri:  ic  me  (cruis  de  cette  poudre  prcfquc  iufques  à 
la  fin  de  la  curcjCar  non  leulementclie  mondifie  ôc  confnm^  la  chair  ruperflue, 
mais  audî  confolidc  5c  fait  bonne  chair  ,    elle  tire  aufli  à  foy  Se  confume  peu 
à  peu  CCS  humeurs  gluantes  qui  fc  trouucnt  autour  desplayes  ik.  Vlceres  qui 
ontctc  mal  pcnccsimais  il  faut  diligemment  prendre  garde  qu'il  ne  demeure 
quelque  rcftc  de  peau  qui  oe  foi:  attachée  à  la  chair  muiculeufe  qui  eft  defîbus 
éc  laquelle  n'ait  pasfcsvêncs  capillaires,  car  la  confolidation  en  eft  empêchée: 
ôc  comme  cette  peau  n  auoit  pas  été  rongée  à  la  première  application  du  cau- 
ftic  à  caufe  de  la  grande  callofité,ie  le  reiteray  à  diuerfes  fois:il  faut  aulïi  regar- 
der de  prés  qu'il  y  ait  vne  iuftc  proportion  entre  la  peau  qui  doit  être  rongée> 
&  le  cauftic  ,  de  forte  que  l'on  conferue  ce  qui  fc  porte  bien  ôc  que  l'on  confu- 
me  feulement  ce  qui  elt  mal  conditionrvé  :  partant  le  Chirurgien  doit  conoîtrc- 
precifement  la  force  defoncauftic,comme  aulTi  la  nature  du  corps  fur  lequel 
il  le  faut  appliquer,ailauoir  s'il  eft  moljdur,  iec  ou  humide,  peu  ou  point  com- 
posé :  vcu  qu'il  eft  bien  dangereux  de  feire  des  fautes  en  ce  cas  comme  l'en  fe«- 
ray  voir  des  exemples.O^yTSo.  Cent.V, 


OBSERVATION      XXII. 
Des  fiflules  de  la  mâchoire  inférieure. 

L'Es  firtules  de  la  mâchoire  inférieure  font  le  plus  fouuent  de  malaisée  guc« 
rifon, principalement  quand  elles  viennent  après  la  douleur  de  dents  :  mais. 
ieks  ay  gueii  hcureufemcnt  par  cette  méthode. 

LoësAufdcm  Sande  d'Hiidcn  étoit  irauaillé  d'vne  violente  douleur  d'vne 
ûentmachelicrc.il  s'adrclîà  à  vn  barbier  lequel  arracha  la  dent  ôc  lailfa  la  raci- 
ne ;  ainfi  la  douleur  continuant  il  fc  forma  vn  abfcés  en  la  racine  lequel  étant 
rompu  en  dchois,  la  douleur  s'apaifa  peu  à  peu  ,  Ôc  l'Vlcere  f  lequel  le  Chirur- 
gien ne  fçcut  in  mais  gueiirj  dégénéra  en  fiftule,  on  s'addrelTa  à  moy  pour  en- 
trcpiendie  la  cuic,mais  comme  i'ctois  fur  le  point  d'aller  en  Franee,iene  le  vou- 
lus pa$,prcuoyant  qu'elle  feroic  longue:  ainû  il  palîà  par  les  mains  de  plufîeurs 
Chirurgiens  qui  n'auanccrc  nt  rien:cfant  de  retour  au  bout  de  cinq  ans,ic  le  re- 
mis en  cette  manière:  api  es  luy  auoir  ordonné  vn  bon  régime  ie  le  purgeay,lc 
lendemain  de  la  purgaiion  ic  luy  ouaris  la  vtne  du  bras:  en  après  ie  lui  fis  pren- 
dre vn  apozcme  qui  pjcparoit  les  humeurs  auCerueau&:  purgatif  en  même 
tçiîif'S,quatrc  matins  de  fuite,enfin  il  fût  purgé  par  des  pilules.  Le  corps  ayant 


des  Vicercs ,  Fiftules,  Sec.  151 

ctcainfi  preparc,ie  tiray  la  racine  de  ladenc  ôc  rongeay  la  callofîtc  de  la  fiftulc 
aiiec  vn  onguent  cauftic,  icmondifiay  IVlcerc  c-tueclonguencdcfiicco  apfj.  &c 
le  GÎcatiizai  aiiec  l'emplarre  diacaicicheos  ôc  la  poudre  d'alun  biulcainfi  ii  fut 
guéri  en  trente  iours. 

EXEMPLE     IL 

Vn  ieune  homme  à  Cologne  de  bonne  maifon  ayant  vn  fcmblable  mal 
tomba  entre  les  mains  d'vn  barbier  lequel  s  étant  ferui  de  pluficuis  remèdes  des 
mois  entiers,  enfin  me  vint  trouuer  ^  me  demanda  ce  qu'il  faloit  faire  :  ie  luy 
dis  la  méthode  de  laquelle  ic  m'ctois  ferui  par  le  moyen  de  laquelle  il  reraic 
bien  toft  fon  malade. 

E  X  E  M  P  L  E    1 1  L 

En  1599.  i'ay  rcmiis  par  la  même  méthode  j  àGencue,vne  fille  incommor^^- 
de  miême  mal. 

EXEMPLE    IV, 

Et  à  Cologne  l'an  ^^G,  vn  ieune  homme  de  15;.  ans,Iequel ayant  j^  .n;.  \  di- 
iierfesfois,  ieluy  arrachay  quelques  racines  de  dents  &  guéris  fa  fiftnlc  par  la 
même  methode.O^/"3i.C^;î/.5. 


OBSERVATION    XXIII. 

D'vnefflule  de  I'OhtacIous. 

ÏE  n'ay  îamais  peu  remarquer  que  l'Ourachus  foitouuert  en  l'homme,  $c  les 
principaux  Anatomiftcs  com.mc  Bauhinus  font  de  ce  fentimcnt:il  s'eft  neanc- 
moins  quelque  fois  ouuert  par  quelque  eftbrt  de  nature  ,  comme  en  vn  certain 
Valentin  Vogel  auquel  l'été  précèdent  on  a  tire  vne  pierre  du  fcrotum.  Il  m'eft 
reuenu  trouuer  le  2  i.de  Mars  pafsé  1627.&  m'a  fait  entendre  qu'il  s'cft  très  bien 
porte  des  qu'il  m'a  quitte  :  quant  aux  Vlceres  qu'il  a  autour  du  fcrotum  &  du 
membre  iiiril,ils  fontcncor  ouuerrs  &  Huent  comme  auparauant,  outre  vn  au- 
tre qui  s'eft  forme  de  nouucau  prés  du  nombril  au  dciîous  par  lequel  il  fort  le 
plus  (ouuent  vne  partie  de  l'vrine  non  leulcment  goutte  à  goutte  ,  mais  par 
fois  auec  impetuofité:  il  alFure  que  cet  vlcere  luy  cft  venu  fans  aucune  douleur» 
incommodité  ni  fiéure  après  vn  bouton  femblable  à  vnfioncle  :  i'ay  mis  vne 
fonde  dans  cet  Vlcere(^lequel  cft  fort  étroit  &  Calleus)iufquesàla  vcflîe,par  ou 
on  peut  coniedurer  qu'en  cet  homme  ci  l'vrachus  ctoit  ouuert  de  bouc  en 
boutjfi  grande  eft  la  prouidence  de  la  nature  pour  conferucr  l'indiuidu,  carie 
conduit  étant  empêche  par  ces  Vlceres  calleux  ,  elle  s'eft  ^crii  autre  paflàgc 
pour  bailler  iftue  ï  l'vrine- 

Ii      £ 


rjr  Liurc  Troifiémc 

Le  Dodcur  Galicn  Viiicriis  Mcdccin  du  Duc  de  lulkis  &e.  croit  qu'oi' Ji" 
naircmcntrviacliiiscft  oiiucrr  &r  poiircerte  railon  il  applique  les  rcmcdcs  dm- 
relies  fur  le  nombiilauec  grand  ttiU.-Cabrol  grand  Chirurgien  de  Anatomidc 
cft  de  même  fcncimcnt.  Ceux  qui  boiucni:  de  la  bière  fraiclic  quiii'eft  pas  en- 
cor  bien  claire  en  trop  grande-  quanticc,  font  (uiets  le  plus  ibuuent  à  vne  Scran- 
eiiric  eu  flillicide  d'viine  ,  inais  s'ils  oignent  le  nombril  auec  du  (uif  de  vache, 
la  violence  de  la  douleur  s'arrccctAnfll  lesbuueurs  ont  de  coutume  de  porter  en 
leur  pochcrrc  vn  bout  de  chandelc:0^/58.C^///.6. 


OBSERVATION    XXIV. 

Commenta  faut  ronger  la  callojîté  des  fiflules. 

1 E  me  fers  heureufemcnt  pour  ronger  les  callofitcs  des  fillulcs  de  précipite  re- 
idifié  auec  efpiit  de  vin  6c  laucauec  eau  rolc  àc  de  plantinmis  tout  feulou 
auec  du  beurre  frais  l'appliquant  auec  des  rentes  :  fi  le  précipité  n'cft  pas  afscs 
fort  de  foy  même ,  i'y  âioute  vn  demi  fcrupule  de  vitriol  calcine  iufques  à  ce 
qu'il  deuiennc  rouge ,  du  mercure  fublimé  &  de  l'opium  choifide  chacunfis 
grains,  vngucnt  rolat  5/;.  il  faut  faiic  vn  onguent  dans  le  mortier  en  remuant 
longtemps. 

Tire  â'-Mc  lettre  écrite  an  Dj^eur  T^aul  Crojnerus  de  quelcjues  compcfnions  de- 
médicaments  y  &c. 


OBSERVATION     XXV. 

D'vne  admirable  carie  du  Crâne  auec  diuer s  accidents. 

L'An  1605).  i'ay  vcu  à  Baflc  vn  Bourgeois  qaiauoit  vne  incomiT  oditc  étran^ 
gc  :  il  croit  a2;c  d'cnuiron  30-  ans ,  il  yen  a  fix  qu'il  fut  faiii  d'vne  douleur 
ce  i^9ic  pclar.tc  qui  dura  qu.lqucs  mois  (ans  relâche:  enfinelle  celFa  après  qu'il 
fe  fut  fciui  de  len-.edcs,  mais  il  luy  vir.t  vne  telle  rci^->lution  des  cuillès  qu'il 
ncpeutpas  cncor  à  prefentrciTiUcr  vn  doigt  des  pies  :  que  fi  quelqu'vn  veut 
foulcucrou  ks  étendre  par  force  (  car  cll-.s  font  retirées  J  elles  tremblent  de 
telle  (orteôi  fc  remuent  fi  fort  qu'ils  les  faut  remettre  à  l'indantmême,  bien 
peu  aprcs  cette  rcfolution,  il  luy  cft  luruenucn  diuers  temps  des  Vlceresen  la 
telle  «Si  il  en  naitencor  kfquels  rongent  non  feulement  la  peau  &  la  membrane 
charnue  mais  auflî  le  Tcft.  Or ,  ce  qui  eft  à  remarquer,  cette  matière  acre  ^ 
rongeante s'amallc  premièrement  intciieurcment ,  .confumc  ^  ronge  la  Table 

Virrct- 


des  Vlceres,  Fj/lules,  &c.  255 

Vicrcc  allant  que  paroitrc  en  dehors,  car  deuant  qu'il  Iiiy  vienne  quelque  vl- 
cerc  en  la  tcfte  ,  il  fcnt  auparauanc  vne  douleur  fixe  au  dedans  à  l'endroit  ou 
doit  forcii  l'Vlccre,  quoy  qu'il  n'apparoiire  rien  en  dehors  Se  que  cette  douleur 
ne  face  pas  des  plus  dangereux  accidents  ;  il  fort  par  après'  peu  à  peu  vn  bou- 
ton en  la  peau  lequel  fuppure  auilî  peu  à  peu  :  quand  ce  bouton  eft  rompu, 
incontinent  il  Ce  prcfentedes  os  caries  qu'il  faut  arracher  ;  &  le  tout  fans  gran- 
de douleur  fans  grands  accidents  :  ces  os  caries  étants  tirés,  la  cicatrice fc 
forme  fanspcne  :  i'ay  veu  àc  manie  eu  fa  tefte  plufieurs  de  ces  cicatrices  fort 
profondes  ;  ie  vis  audîen  même  temps  vn  vicere  qui  alloit  iufques  à  la  dure 
mère  .■  mais  il  ne  fe  plaignoit  cependant  d'aucun  plus  grand  accident  :  il  fouf- 
froit  fort  peu  de  douleur  ,étoit  fans  inquiétude  &  qualîfansficvre:  Obferu.G^, 
Cent.  i. 


OBSERVATION      XXVI. 
De  la  vertu  de  l Euphorbe  en  Li  Carie  des  es. 

|f  L  n'y  a  rien  qui  baille  plus  de  pcne  à  vn  Chirurgien  en  la  Cure  des  vlceres 
J  que  s'il  y  a  en  mcm.e  temps  quelque  caiie  en  l'os,  Ipecialcment  C\  elle  eft  pro- 
fonde à  caufe  de  l'humeur  qui  y  clt  âtachcc  :  pour  dclîèchcr  cette  humeur  Sc 
faire  tomber  l'os  on  n'a  rien  trouué  de  femblable  au  Cautère  adtuel  duquel  ic 
me  fers  aullî  fort  heureufemer«  :  après  le  Cautère,  l'Euphorbe  tient  le  premier 
rang  non  feulement  parce  qu'il  eft  acre  &  chaud  au  quatrième  degré,  à  caufe 
dequoy  il  delTeche  ces  humeurs  imbues  en  l'os  ,  mais  aufli  à  caufe  d'vne  vertu 
cachée  qu'il  a:  c'eft  donc aucc  raifon  qu'il  eft  recommandé  par  Diofcoride, 
Âuicennc&:  les  Médecins  modernes;  mais  ie  trouuevne  difficulté  ,  aflauoir  fi 
nousauons  l'Euphorbe  duquel  Diofcoride  fait  mention,  car  celui  ci  &  Aui- 
cenne  difent  que  l'Euphorbe  fepare  la  Carie  de  l'os  en  vn  iour,ce  qu'à  pêne  peut 
faire  le  nôtre  en  40.  fans  brûler  la  chair  qui  eft  proche  :  Il  faut  donc  cioire  ou 
que  le  texte  eft  corrompu  ou  que  nous  n'auons  pas  l'Euphorbe  des  anciens:  ils 
âportcntencor  cette  précaution  fi  on  s'en  veut  feruir,  qu'il  £âut  bien  munir  la 
chair  qui  eft  à  l'cntour  de  l'os  auec  dcsUnimentsou  cerats ,  à  caufe  de  la  gran- 
de acrimonie  &  chaleur  qu'il  a ,  de  peur  qu'il  ne  caufe  vne  inflammation  :  Ve- 
fal  en  fa  Chirurgie  3c  Fallope  au  traité  des  vlceres  ont  aufli  la  même  apprehen- 
fion:  pour  cette  raifon  ie  n'ay  pas  osé  plufieursannées  durant  me  feruir  de  l'Eu- 
phorbe, ourrequecen'ctoit  pas  vne  petite  incommodité  à  chaque  fois  que 
l'on  pençoit  la  playe  d'vfer  de  cette  précaution  pour  la  chair  :  mais  peu  à  peu 
l'expérience  m'a  âpris  que  quoy  que  l'Eu;  horbe  morde  la  langue  &  le  nés, 
neantmoins  il  ne  fait  aucune  inflammation  ni  douleur  quelque  quantité  quç 
Ton  en  mette  fur  les  vlceres ,  mcnies  es  enfants  :  Ten  fis  l'elFay  il  y  a  quelques 


1 54  Liure  Troiiléme 

années  cnprefcnce  de  Monfr.  Abel  Rofcius  Médecin  à  Laiifanne  lequel  fît  luy 
mcme  piler  de  l'Euphorbe,  Se  m'en  fuis  fcruis  en  vn  garçon  de  14.  ans  lequel 
auoic  vnflcere  au  dcuaiit  de  la  iâmbe>  auquel  la  parrie  antérieure  du  grand  fo- 
cite  ou  du  gros  os  delà  iambe  croit  dccouuerre  à  la  grandeur  de  la  paume  de 
1.1  main  :  i'cmplii  cet  vlcerc  de  poudre  d'Euphorbe  &  mis  par  defTus  première- 
ment du  cliarpy  rccf&  puis  l'emplâtre  Diapalma  iniques  nu  iour  fuiuant;ie  m'en 
allay  voir  le  lendemain  le  malade  auec  le  fLifciic  Rofcius  lequel  voyant  qu'il  n'y 
auoit  aucun  ch.vngementni  au  pouls  ni  en  l'vrincjcncor  moins  douleur  ou  in- 
flammation, il  fut  tout  furpris  de  voir  que  l'Euphorbe  n'eut  pas  ccrcc  acrimo- 
nie ou  malice  que  l'on  luy  attribue.  Obfern.  5)1.  Cent.  1. 


OBSERVATION     X  X  V  H. 

Que  les  os  (^uifont  âécouuerts  par  caufe  externe  n  enfant  pas  toùiourr  offensés, 
m  ne  dentennent  pas  toujours  cariés. 

CEux  qui  font  médiocrement  exerces  en  la  Chirurgie  fçaucnt  que  la  Carie 
ézs  os  eft  vne  des  principales  caufes  qui  empêche  «^'  retarde  laiconlolida- 
tion  des  playes  &:  des  vlceres:  or  les  os  viennent  à  fe  corrompre  par  des  caufes 
internes  ou  externes:  par  les  externes,  quand  en  des  playes  grandes  &  profondes 
l'os  n'eft  plus  couuert  de  chair  du  periofte,  alors  i  air  vient  à  le  corrompre, 
car  s'il  eft  plus  chaud  qu'il  ne  faut  au  temperamment  de  l'os  ,  il  confume  l'ef- 
prit  vital  ôc  l'humiditc  radicale  d'iceluy ,  ce  qui  le  fait  deucnir  fec  &:  cariéj 
qucfîl'air  eft  par  trop  froid  ,  la  furface  d'iccluy  meurt    parce  que  fon  humi- 
dité radicale,qui  s'cft  comme  gelc'c  ,  n'eft  plus  propre  pour  entretenir  la  cha- 
leur naturelle  :  il  fe  corrompt  auflîii  on  met  dclFus  des  chofes  huylcufcs  ou  des 
mcdicaments  putrefadlifs  &  acres  ;  les  osfe  corrompent  par  des  cawies  inter- 
nes quand  vne  humeur  acre  eft  ramafscc  en  quelque  endroit  d'iceux  &  les  ron-   , 
gc,  comme  cela  arriuc  en  des  abfccs  putrides  principalement  en  ceux  qui  font   , 
Ycncricns  ou  qui  viennent  après  la  petite  verole,mais  ie  ne  veux  parler  à  prefenr   ( 
que  des  caufes  externes;or  i'ay  connu  quelques  Médecins  Se  Chirurgiens  fameux   ; 
qui  auoyct  cette  opinion  que  la  chair  ne  pouuoit  pas  croiftre  fur  Us  os  ,  me-  i 
mes  quand  les  playes  font  récentes,  fi  la  furfacc  d'iceux  ne  s'exfolie  par  la  na-  { 
ture  ou  par  des  médicaments:  pour  cette  raifon  fi  toft  qu'on  leur  preîentoit  vne  l 
playe  ou  l'os  cftoit  dccouuert,  ils  le  racloyent  quelques  iours  de  fuite  auec  la  I 
Rugine  iufqu'à-cc  qu'il  fortit  du  fang  ,  ou  bien  ils  mcttoyent  delfus  des  mé- 
dicaments acres ,   comme'  huyle  de  foufre  ,  vitriol ,  eau  forte  ik  femblables,  t 
faifants  par  ce  moyen  vn  vlccre  malin  jd'vnc  playe  fimple  ,    car  telle  forte  de  I 
médicaments  par  leur  grande  chaleur,acrimonie  &  vertu  cauftique  confumcnt 
rhumiditc  naturelle  de  l'os  non  feulement  en  la/urface ,  mais  aufll  bien  auaut 

comme 


des  Vlcercs,  Fiftuies ,  ôcc.  155 

comme  on  le  voie  aux  dents  cariées  ,  car  fi  on  y  met  quclquVn  de  ces  mcdica- 
mcnrs,  la  douleur  s'arrête  pour  quelque  temps  ,  neantmoins  la  caf  ic  n'eft  pas- 
arreftce,  mais  la  denteft  rongée  en  peu  de  temps  iufqu  a  la  racine  :  orquoy 
que  l'air  foit  très  contraiteaux  os  découuerts,  il  ne  fuit  pas  neceflàiremcnt  qu'ils 
en  foyent  altérés  &  corrompus,  principalement  lî  le  Chirurgien  fait  tout  ce 
qui  eft  necelîàire&  n'y  met  licn  qui  foit  acre,  l'en  pourrois  amener  plufieuts 
exemples  mais  ceux  ci  pourront  fiiifirc. 

L'an  1581.  i'ay  vcuau  village  de  Langcnbcrgvn  homme! de  50.  ans  auquel  vn 
coup  de  bafton  auoit  emporté  ôc  leparc  quafi  entièrement  la  peau  &  le  Pcricra- 
ne  de  tout  le  finciput  gauche ,  fans  neantmoins  aucune  concufiion  de  cerueau 
ou  fradure  du  Ciane  :    le  le  traittay  en  cette  façon,  premièrement  ie  mis 
fur  la  playc  vn  blanc  d'œuf  mêlé  auec  de  la  poudre  de  rofcs    pour  arrefter  le 
fang ,  Se  releuay  en  haut  autant  qu'il  me  fuft  poflîble  cette  peau  charnue  qui 
décendoit  quafi  iufqu'à  roicille:   2.  ie  baillay  liberté  au  ventre  par  le  moyen 
d'vn  fuppofitoire  &c  ouuris  vne  veine  au  bras  gauche  :  le  iour  après  ie  le  pur- 
geay  doucement ,  ôc  à  chaque  fois  que  ie  pençois  la  playe  i'auois  à  mes  coftés. 
vn  feruiteurquitenoit  vne  pocîe  à  fdie  pleine  de  charbons  allumés  prés  de  la 
playe  :  ie  couuris  diligemment  l'os  qui  eftoit  découueit  auec   des  filaments 
fccs  ,  mettant  fur  les  bords  de  la  playe  iufi.|u'au  quatorzième  iour  le  digeftif 
fuiuant,    '^.cerAnoujtiColophon.G.Elemim.  5J.  Terehinth^  ^v'yol.  rofar.   & 
de  vitelLomr.  an.  <]/./.  dtjfoluamur  ornuta  0"  percoUntur  y  adde  croci  56.  vitell. 
cm.  num.  j.  rn^f.  Hnimentum  :  il  faut  prendre  garde  qu'il  ne  foit  pas  trop  liqui- 
de &  qu'il  ne  defcende  iufqu'à  l'os ,   partant  l'en  mettois  bien  peu  auec  du  fila- 
ment feulement  fur  les  bords  de  la  playe  >  remplillant  le  refte  de  filaments  fecs 
te  bien  nets  ,  couurant  le  tout  auec  l'emplâtre  Bafilic  &  oignant  toute  la  tête 
auec  huyle  de  rofes  :  ayant  tiaité  en  cette  maaiere  quelques  ioùrs  de  fuite  lac 
playe  ,  il  parut  à  la  fin  de  tous  coftés  fur  le  Crâne  f  qui  eftoit  découuert  )  des 
tâches  rouges  comme  fi  on  l'auoit  arrosé  de  fang ,  lefquelics  venants  à  croiftre 
d'heure  en  heure,  elles  furent  conuertics  en  peu  de  temps  en  viiefubftancc  fem- 
blablc  à  de  la  chair  fpongicufc  laquelle  couuric  en  peu  de  iours  toute  la  nudité 
du  Cranc,  ie  mis  alors  dclfus  de  la  poudre  fuiuante  ^C^ftor^  béton,  fâtfrmfiir.  an. 
^f^.  Rad.  Irid.  flor.  cariophill.  ligm  fajjafraf.mafltc.  thnrisan.  ^ij.  croci  ^].  m.f, 
pnlnis  tennij}'.  iemis  enfin  par  dellùs  de  l'cmplâtte  de  Betoinc:par  ce  moyen  cette 
grande  playe  fut  guérie  en  l'cfpace  à\n  mois  fans  aucune  perte  de  l'os:  or  ie  pré- 
pare en  cette  façon  les  filaments  defquclsie  me  fers  ésplayes  d'.laTéte:ie  prens 
de  la  toile  vsée  &  propre  à  faire  du  charpy  laquelle  ie  fais  tremper  dans  les  eaux 
fuiuâtes  &  sécher  à  l'ombie,  le  reitirant  trois  ou  quatre  fois, puis  ic  fais  du  char- 
py auec  cette  toile:  l/L.  aq.beton.faln.  lauend,  rcfar.  odcrif. an.  \\.cinnam.lignifaf' 
/kfras.Jiirac.  caUm.btrtx.oin. an»  ^i],  tetantur  (frcum  a^uis pradiSiis  m. 

L'an  1616.  vn  fils  de  Monfieur  Rudolph  Huber  Banderct  àBcrne  âgé  de  trois 
uis  étant  tombé  dç  hiiut  ,  Iç  Panniculp  charnu  fe  fepara  d'auec  ic  Cranc 


t]6  Liure  Troifiéme 

au  coftc  gauche  entre  la  Suture  coronalc  &  le  front  quafi  à  la  grandeur  de  la 
paume  de  la  main,  ie  guéris  la  playe  par  la  méthode  précédente  heureulemcnc 
fans  aucun  détriment  de  l'os. 

l'ay  aufli  gueii  par  cette  méthode  &  par  les  mêmes  remèdes  vne  fille  dcMon- 
fieur  lean  Vucis  quiauoicvne  femblable  playc  concule  auec  denudatiou  du 
Crâne. 

l'ay  aufll  remarque  la  mcfme  chofe  en  des  blellùres  de  cuHr-s  Se  de  iambeSi 
<5i-ioy  qu'elles  re(^oiuent  ailemcnt  les  humeurs  de  tout  le  rcfte  du  corps  :  vn 
l^'^yfan  de  Montagni  village  du  rcirortduCantonde  Fribourg  reçeut  vncgran-i 
de  bleiïure  en  la  ïambe  gauche  auec  contufion  :  m'ayant  ccc  amené  à  Payerne, 
ie  trouuay  l'os  fort  dccouuert  auec  vne  uiolcnce  douleur  (  car  il  n'auoic   renu 
conte  de  fa  blelï'ure  au  commencement  J  il  fut  neanrmoins  remis  au  dclFus  par  i 
des  remèdes  conuenablesfans  aucune  incommodité  en  l'os.  j 

L'an  1615.  vn  des  domeftics  de  Monficur  Chaftillon  Confciller  duRoy&. 
Ambalîàdeur  vers  les  Suiircs,  nommé  Barthclemi,  âgé  d'enuiron  viugc  ans, 
icune  homme  robufte,  ayant  elle  blefsé  en  la  cuilFc  .droice  d'vn  coup  de  hache  ' 
qui  auoitfcndule  grand  focilc  quafi  iulqu'a  la  moii-ile  ,  me  hit  âniené  pour 
cftre  traité  :  après  auoir  arrefté  le  fang  ,  ic  le  purgeay  le  mc(me  iour  auec  de 
l'Eleétuaire  defucde  rofes^  fyrop  rofatfolutifdccrempéseneau  de  cichorce.* 
Iciour  fuiuant  i'ouuris  vnevéne  au  bras  droic    :   ic  mis  le  digeltif  ordonne 
ci  delTusen  la  fuvface  de  l'vlcere  5c  des  filaments  fecs  (ur  l'os  ;  oignant  toute  la 
fambc  &  la  euiffe  auec  huyle  rofat ,  mettant  deifus  par  après  le  Cataplafme  fui-^ 
iiaat  ,  2C.  far.  hordei  ^vj.  puluer.  rofar.  rubr.  myrtillor.  an.  51.  bolialbi  5  ^  cum 
Aceîo  Yofac.é'  aqna  fïat  caraplafma,  adde  jub  finem  albu?nsn  om  Jimul  cum  vhello 
mifceantHr,fiat  Catapla/ma  :  le  ne  changeay  point  ce  procédé  iuf'qu'au  quator- 
zième iour:  iemis  par  après  dclfasdi^s  m-'dicament-s  qui  auanccnt  la  Cicatrice: 
il  fut  remis  par  ces  remèdes  fans  qu'il  (uruinc  aucun  accident  ,  abaiiîant  peu  à 
peu  &  doucement  cette  partie  de  l'os  qui  elloic  feparée  quafi  lufqu'a  la  moiielle 
auec  des  bandes  &c  des  lames  de  plomb,  de  forte  qu'elle  fut  rcioiutcpar  le 
moyen  du  Cal  qui  y  vint  lans  qu'il  s'en  fepara  la  moindre  écaille. 

L'an  1600.  l'ay  guéri  à  Laufanne  vne  fille  de  j8.  mois  qui  auoic  le  Crâne  dc- 
COUiicrt,  comme  onpem  voir  en  l'Obf.  ly  Uh.  ^.  Obferu.  ^yCent.  4. 


OBSERVATION     XXVIU.  ; 

Que  les  es  décounerts  par  ^uelc^ue  canfe  interne  nes'exfolient  pas  touiours.  ^    ^ 

LEs  os  viennent  cariés  le  plus  fouuent  par  quelque  caufe  interne ,  principa- 
lement fî  quelque  humeur  acre  continue  long-temps  à  fe  verfer  fur  quel- 
que partie  &  y  fait  vn  abfccs  :  car  quoy  que  les  os  foyent  la  partie  la  plus  dure.; 

de 


des  Vlceres,  Gangrené,  ôcc,  ijj 

.    de  tout  le  corps^  fi  eft-ce  que  telle  forte  d'humeurs  par  fucceflîon  de  temps 
vient  à  les  corrompre  :  c  cft  ce  cjui  a  fait  dire  a  Hippocrate  que  tous  les  vlce- 
res qui  durenr  vne  année  ou  d'auantagc,  font  toufiours  fuiuis  de  corruption 
d'os,car  tels  vlceres  étants  malins ,  ils  attaquent  non  feulement  la  chair  mais 
aufli  les  os  mêmes  :    on  remarque  cela  fort  fouuenr  en  ta  grolfe  &  en  la  petite 
vérole  &c  en  d'autres  abfccs/ putrides  :  or  toutcsfois  &  quanrcs  que  les  os  fe  dé- 
couurent  par  vne  telle  caufe ,  le  plus  (ouiient  ils  fc  corrompent  auant  que  la 
.    chair  8<.  la  peau  foyentexulcerées,  comme  ie  l'ay  vcu  afscs  fouuent,  &  la  playe 
ne  fe  ferme  point  qu'auparauant  la  Carie  ne  foit  ôtcc  :  on  en  viendra  aifcmenc 
à  bout  fi  les  bords  de  l'vlcere  font  entretenus  ouuerts  auec  des  éponges  prépa- 
rées &:  fi  on  y  met  tous  les  iours  de  l'Euphorbe  en  poudre,   ayant  remarque 
qu'il  n'y  a  rien  de  fembhble  pour  ôter  la  Carie  de  l'os,  car  il  ell  chaud  iufqu  au 
quatrième  degré  ,  parquoy  il  confume  les  humeurs  defquclles  l'os  efl  âbruué 
(ans  toucher  aux  parties  faines  comme  fait  l'huyle  de  vitriol  &c  l'eau  forte:  par 
cette  méthode  i'ay  fouuent  corrige  le  carie  des  os  fans  qu'il  en  foit  tombé 
aucune  écaille:  car  l'Euphorbe  corrige  peu  à  peu  ce  vice  des  os.cn  partie  par  fa 
-•   vertu  deficcatiue ,  en  partie  aulîl  par  vne  propriété  occuke  ,  ainfi  tout  ce  qui 
cft  carié  fort  auec  le  pus:  l'en  ay  veu  vn  exemple  en  1600.  à  Vcuay  ville  fur  le  Lac 
deGeneue  eu  vne  fille  de  Pierre  Dubois  âgêc  de  deux  ans,  laquelle  me  fut  ame- 
née parce  qu'il  luy  êtoitfurucnu  vn  grand  abfccs  au  coude  gauche  après  la  vé- 
role: ayant  ouuertrapoftcmeie  trouuay  rosdccouucrt&:  carié  :  d'vn  côté  de 
l'vlcere;  là  où  la  carie  cftoit  profonde ,   il  s^exfolia  par  le  bénéfice  de  la  nature 
&:derEuphoib.',&:  la  nirute  corrigea  infenfiblem.cnr^i  peu  à  peu  le  relie  delà 
Carie,  en  forte  que  la  malade  reuint  en  plcne  ianté  :  en  même  année  la  fille  de 
Me.  loachim  Rohaud  Apothicaire  à  Laufanne  âgée  de  deux  ans  auoit  aulïî  vu 
vlccreapresU  vérole  en  laquelle  ie  trouuay  ios  découuert  <3c  câiié  /  m'étant 
ferui  de  ces  médicaments ,  l'vlcere  fur  guéri  fans  aucune  manifcfte  feparatioii 
de  l'os,  i'ay  dit  tn.inifeftc,  veu  qu'il  eft  impofijble  qùcToscarié  puilïc  écre  cou- 
uerc  de  bonne  chn'rijc  que  l'vlcere  (e  confolide  que  premièrement  la  Carie  ne 
foitôtce:  la  nature  donc  &  les  médicaments  feparcnt  peu  à  peu  tout  ce  qui  efl: 
carié  qui  fort  comme  poufliere  auec  le  pus:  I'ay  mis  ceci  en  auant  afiu  que  les 
icunes  Chirurgiens  ne  ton  mrnrent  pas  fans  neccflîté  les  malades  auec  le  Cautère 
aduel,  la  Ruginc  ou  auec  àcs  médicaments  corrofi fi.  0^y?r«.  ç)o.  Centur.  4. 


OBSERVATION     XXIX. 
D'vric  gangrené  après  lajliiguèe. 

'An  1587.  vn  certain  deGeneue  fut  fiîgné  par  vn  Barbier  lequel  en  même 
temps  piqua  l'artère  auec  la  bafiliquc  .•  bien- tôt  après  le  bras  enfla  auec 

Kk 


1^8  Liure  Troifiéme 

douleur  &  inflammation  :  on  dcmanJa  Monfr.  Ican  Anihoînc  Sariazin  aucc 
Maiftrc  Ican  Giifton  Icfqucls  troiuicicnr  vn  Ancuiifnne  qui  fe  conucrtit  en 
gangrène:  mais  le  m.,lajc  n'ayant  pis  voulu  endurer  qu'on  luy  Coupa  le  bras,  il 
mourut  bien  tôt  aprcs.    Ah  traité  de  la  gangrené  chap.  4. 


L 


OBSERVATION        XXX. 

1)e  la  Gangrené  après  vue  brnlnre. 

A  gangrène  fuit  quelquefois  les  grandes  brûlures,  comme  cela  cft  arriué  à 
j^  ^vncDan^  d'Hildcn,  laquelle  s'ctant  afiTifc  auprès  du  feu  en  hyuerfut  faille 
d'vne  défaillance  ôc  tomba  par  terre  ,  &  IVne  dcsiambes  fur  les  charbons  la- 
quelle fut  brûlée  bien  auant  devant  que  les  domcftics  y  fullènt  accourus:  & 
comme  elle  ctoit  fort  replète  &:  chargée  d'humeurs,  il  s'y  fit  fluxion,  douleur 
&  inflammation  laquelle  fat  bien  tôt  iuiuie  de  gangrené  :  neantmoins  ie  la 
guéris heureufement  :  orlagang;cne  y  furuint ,  premièrement  parce  que  les 
vailfeaux  fe  retirent  ôc  rtir-rrent,  àcaufedequoylesefprits  vitaux  ne  vont  pas 
librement  à  la  partie  :  1  l'humeur  radicale,  fe  dclfechc  &  fe  confumeparla 
violence  du  feu:  3.  tant  i'cmpjreume  que  la  corrugation  de  la  peau  fait  vnc 
violente  douleur  laquelle  attire  vue  grande  quantité  d'humeurs  lefqueiles  ve- 
nants à  s'échaulfcr  en  la  partie  iSc  à  y  faire  inflammation ,  l'humeur  radicale  fc 
delTcche  ^  la  chaleur  naturelle  eu  cft  êcoufée.  e/^«  trahté  àe  la  gangrené  ch.  4. 


OBSERVATION     X.XXI. 

Jh  la  Gangrené  aux  ïambes  d'v.n  Hydropùjue  pour  y  aueir  mis  . 

des  vejiccatotres. 

QVelqucs Praticiens  ont  âcoutumc  de  mettre  des  veficatoircs  ou  entrent  les 
Cantharides  fur  les  iambcs  dei  hydropiques  pour  y  attirer  des  vcfllîes  par 
lefqueiles  les  ferofitcs  puilTcnt  foitir ,  mais  voici  vu  exemple  qu'il  n'y  a  pas 
delafeureté  :  l'ay  connu  à  Gcncue  vne  vcfvc  de  foixanteansquidemcuroit 
fur  le  pont  du  Rhône ,  trauaillée  d'vnc  Hydropilie  ,  laquelle  s'ctant  ferui  d'vn 
ignorant  Médecin  qui  entr'autics  remèdes  luy  mit  des  veficatoircs  fur  les 
iarrbcs  >  il  s'y  ietta  une  Ç\  grande  qtîanticc  d'humeurs  que  la  chaleur  naturelle 
en  fut  étouffre  &  la  malade  mourut  peu  de  iours  après  :  il  fc  faut  donc  feruir 
de  ce  remède  iudicicufement ,  car  quelquefois  il  fait  du  bien  comme  aux  icu- 
nes  pcrfonncs  &  robuftcs  ,  mais  il  cft  très  dangereux  awx  vieillards  &  à  ceux  qui 
i/onr  pas  de  la  chaleur  naturelle.  Obfern.^^^.  Cem.i. 

■"       '  ^'        '  OBSER- 


des  Vlccrcs ,  Gangrené ,  ôcc.  135 


OBSERVATION     XXXII. 

de  U  Cungrene  aux  gençiues  après  vn  Catharre. 

VNe  fille  de  quatre  ans  aprcs  erre  gucrie  dVnc  maladie  aiguë  ,  eut  vue 
grande  defliixion  fur  les  gençiues  auec  nausée  &  douleur  de  Tefte  :  oa 
me  l'amena  à  Dullcldorp  où  ie  la  traicay  auec  le  Doéleur  Galcnus  Vuierus  5j 
Cofmc  Slotanus  :  toute  la  face  étoicboufic  dVne  tumeur  œdemateufe  :  il  y 
auoit  en  la  mâchoire  gauche  vne  enfiuie  ronde  èc  liuide  qui  n'ctoit  pas  trop 
grande,  il  y  auoit  gangrené  en  lagençiiie  &  au  coté,  gauche  de  la  bouche: 
nous  employâmes  beaucoup  de  remèdes  qui  ne  feruirent  rien  ,  car  il  s'y  iet- 
tavne  fi  grande  abondance  d'humeurs  pituitei:fes&;  froides,  quela  chaleur  na- 
turelle ,  laquelle  auoit  cî;c  aifoiblie  par  la  précédente  maladie  ,  ne  peut  point 
être  remife:  ainlî  elle  mourut  arbres  que  les  gençiues  &  les  leures  eurent  ccc  ron- 
gées iufqu'au  nés. 

l'ay  veu  la  même  chofe  à  Gencue  en  deux  petites  filles:  on  ne  killà  rien  en  ar- 
rière àzcç.  qu'il  faloit  faire,  neantmoins  rvne&  l'autre  mourut,  après  auoirea 
fièvre,  réuerie,  fyncope,  vomitïèraent  &  difficulté  de  refpirer. 

Vn  filsd'vn  mien  oncle  étoit  fort  incojnmodc  d'vne  corrofion  de  gençiues 
aprcs  le  fcorbut ,  laquelle  dégénéra  enfin  en  gangrené,  &  mourut  comme 
les  autres  auec  des  grandes  douleurs  & aucrcs  accidents:  Il  faut,  donc  appor- 
ter vne  grande  diligence  en  ces  maladi-es  de  la  bouche,  principalement  aux.  ieu- 
nes  perfonnes  qui  font  luiettes  aux  maux  venants  de  pourriture  ,  tant  parce 
que  cet  vne  partie  chaude  &  humide,  comme  auflià  caufe  que  les  enfants  font 
•  de  cette  conftitution  :  Que  donc  les  ieunes  Chirurgiens  prennent  girde  de 
ne  promettre  pas  aux  malades  ce.dont  ils  ne  pcuuent  pas  venir  à  bout.  Oéfer.ja. 
Cent.  I. 


vssi ■■ 


OBSERVATION      XXXIII. 

'Du/j?bacele  après  vne  definxion/nr  U  dos» 

MOnfieur  Anthoinc  Tciller  Gentil  homme  de  Berne  &  du  Confeil  de  la 
Ville  âge  de  cinquante  ans ,  robufte  &c  replet ,  étoit  dés  long-temps 
rortaflbpi,  de  Ibrte  qu'ils'endorm.oitfortfouucnt  à  table  :  ayant  été  enuoyc 
l'an  i6ii.  en  clic  à  l'adcmbléç  d€  Baden  parle  Confeil  Se  ayant  été  fatigue  de 
corps  ôc  d'efprit  tant  par  le  voyage  que  par  la  multitude  des  affaires  ,  il  luy 
tomba  vne  defluxion  fur  le  dos ,  non  fur  la  peau ,  mais  fur  les  muTclcs 

Kk  z 


i^o  Liure  Troifiéme 

qui  l'ont  prés  Je  réciiiiit:  or  h  défluxioii  n'érint  pas  des  plus  gvaiiiLs  au  com- 
rncnccrneiît,  (!?ccornmcoi-inc  icmarquoic  :i:Liincn  !a  pciiini  au  dos,  il  mc- 
piifji  ion  mal  pai-  L  couLîl  d'vu  Baibicr  qiaêcoic  auxBaiiis  lequel  die  qu'il  f.i- 
loic  lailUr  faite  à  la  nacuic  :  Or  cette  m:.cit:rc  (  qui  ctoit  fioide  au  commence- 
ment, comme  on  l?  pouuoitconoîti-e  par  cctC£  douleur  cblcuie  &  ptfaiite^ 
venant  à  tomber  de  plus  en  plus  lur  le  dos ,  la  douleur  augmenta  &  il  luy  fur- 
uint  vne  petite  fiévic,  mais  ion  engourdiiïèm.ent  cclû  peu  à  peu  fans  perdre  en- 
tièrement l'appeiit  j  L'alîcmblce  ccuit  rompue  il  reuiut  à  Berne  à  Cheual  »5c 
ayant  ère  fatigue  en  chemina  caufe  de  la  pluyc  ii  du  mauuais  temps,  ôc  le  dos 
ayant  été  prci'sc  par  fes  habits  iV:  par  Ion  manteau  mouiUc  ,  les  accidents  s'ac- 
crurent tellement  qii'il  ne  vintàB;;Lne  qu'auec  beaucoup  de  pêne,  ou  étant 
arriuc  Monfr.  Daniel  Rcx  Médecin  ordinaire  de  la  ville  ôc  moy  fumes  conihl- 
tcsîe  cinquième  luillet  i6zi.  Nous  tiouuâmes  tout  cet  efpace  qui  cft  des  la 
féconde  verccbre  du  dos  iufqucs  à  la  dixicm.e  cxtrcmem.ent  enflé  :  la  tum.cut 
€toitdure  fur  tout  entre  les  deux  épaules ,  aucc  vne  très  grande  douleur  &  in- 
flammation ,  ficvre  ardente  <^  continue  ,  grandes  inquiétudes  Si  vne  foif  in- 
extinguible fans  que  neanimoins  il  y  eut  aucun  ligne  de  fuppuration,  nous 
pourvûmes  autantqu  il  nous  fur  polTiblc  à  tous  les  accidents  par  des  medica- 
luente  pris  tant  internes  qu'externes  :  de  pour  attirer  la  matière  qui  étoit 
amafsce  au  fond,  nous  mîmes  (ur  la  tumeur  des  eraollients  &  des  maturatifs 
pluficurs  iouis  de  fuite  fans  fucccs  qui  vaille  le  parler,  car  la  nature  qui  ctoit 
occupée  à  rcntonr  des  vilTercs  inférieurs  Se  comm.s  engourdie  en  la  partie  in- 
tcrcfscenepeur  pas  être  émue  par  les  médicaments  ni  en  receuoir  aucune  al« 
teration  :  comme  donc  nous  étions  bien  en  pêne  comme  l'on  pourroit  atti-  1 
rer  en  dehors  la  matière  qui  étoit  enfermée  entre  les  mufclcs  de  l'echine,  voici 
la  nature  qui  lit,  certain  iour  après  diner,  vn  cftort  de  chalïèr  la  matière, 
car  il  luy  furuint  des  grands  friiïons,  vne  lueur  abondante  par  tout  le  corps, 
des  inquiétudes  &  défaillances  fi  fréquentes  que  chacun  crut  qu'il  s'en  alloit 
mourir.-Cv  nous  au  contraire  luy  donnâmes  bon  courage  Se  efperance,&  ne  fu- 
mes point  trompes  en  nôtre  opinion  ,  car  dans  l'accès  même  la  nature  chalfa  la 
matière  vers  la  peau  aucc  telle  impctuofîté  qu'en  peu  de  iours  l'abfccs  fe  rompit 
en  trois  endroits,  d'où  fortit une  fanie  très  puante  :  ayant  mis  la  fonde  nous 
trouuâmes  toutes  les  parties  qui  ctoyent  lous  la  tumeur  (  laquelle  auoit  vne 
paulmc  de  long  (S:  autant  de  largej  mortes  Se  gangrenées,  parquoy,  ie  mis  fur 
les  vlceres  de  mou  onguent  i£gyptiac  auec  des  tentes  &par  dclfus  va  cataplâmc 
de  farine  de  Lupins,  lentilles,  fèves  <Scc.  m'ctant  ferui  de  ces  remèdes,  fans  rien 
omettre  des  vniuerfels,les  accidéts  s'âpaifèrenr,&  lanaturc aidée  par  lesmcdica- 
méts  fcpara  peu  à  peu  cette  chair  morte  Se  gangrenée,a{ïàuoir  autour  de  ces  trois 
trous  qui  étoycnt  au  milieu  de  la  tumeur  ou  ie  comraençay  à  couper  de  la  chair 
moite  aucc  le  rafcirjmcttant  les  trois  trous  en  vn,mais  fans  aucune  doulcur,car. 

il. 


des  Viceres,  Gangrené,  d>cc.  rei 

a  il  faloit  bien  donner  garde  d'en  faire  en  vnc  pcifoiine  qui  écoit  déjà  abàtiic 
par  la  grandeur  du  mal,  autrement  on  auroic  ailemcnr  ariiiclafiéurc  &lcsau- 
rrcs  ncciienrs  :  mais  en  hueur  des  leunes  v.  hirurgicns  le  veux  montrer  comme 
la  chair  morte  a  ctc  ôrce  fans  douleur:  ie  l'ôtay  peu  à  peu  entièrement  iufcjues  à 
la  racine,c'eft  à  direjiufqaes  à  celle  qui  ne  reçoit  pas  enciercmcnr,  mettant  par 
dclfus  de  mon  onguent  i€gypriac,applicantk  cataplafme  chaud  deux  fois  I5 
iour  ,  ainlî  s'ctant  fait  de  nouucau  vnc  efquare  ôc  la  chair  à  demi  morte  s'ctant 
corrompue  entièrement ,  le  iour  fuiuant  fur  le  foirie  coupay  derechef  autant 
que  ie  pus  de  cette  chair  corrompucjicmecrar.t  autant  de  fois  de  l'^gyptiac  §c 
du  cataplaimc  iniques  àceque  tout  ce  qui  êcoic  coirompu  fut  emporté  tik  que 
le  mal  fut  furmoniC'.on  le  connoit  quand  le  mal  ne  pallè  plus  auant  Ôc  que  l'on 
voit  tout  autour  vn  cercle  fort  ronge  aur^  le  fcniiment  vif:  car  c'cll  vne  m-ar- 
que  que  la  nature  ik:  les  médicaments  ont  fait  vne  fcparstion  du  mort  Se  du 
vif^l'on  trouue  aufli  en  ce  cercle  rouge  de  la  matière  cpaille  Se  blanche:  Le  mal 
ayant  ctc  domté  Se  l'ciquare  coupée  iufques  à  la  chaii-  viue  ie  nie  leruis  de  cet 
onguent  auec  du  charpy.  ^.  Terehinth.gHmm  elemian.\iycers  ?}OPidi.^ij.  cl.rcjac. 
&  de  "Ottell.oiior.  lento  iojie  extrail.afi.lii^.diJfohiantHr  &  percolentnrypcji  aâdepulu. 
myrrb.  aloës  ç^  fcorâi]  an.  ^i.  rn.f»  vngn.  curn  l;.  cuormn  vltellis.  Cet  ongueoi 
non  feulement  meurit-  Se  appaife  la  douleur  mais  aufîi  nettoyé  les  Vkeres 
pourris  Se  fales  Se  engendie  vne  chair  louable ,  partant  ie  m'en  (cruis  iufques  à 
la  fin  de  la  cure  comme  aufiî  du  cataplaime,  car  il  descche  Se  fortifie  Iz.  partie: 
far  la  fin  delà  cure  pour  faire  venir  la  cicatiice  ,  i'y  mcttois  du  charpy  trempe 
infiicco  'Merbendi  prnnelU&  candi  f^«/>w,auec  Templatre  de  Slotanus  :  ainfi  il 
fut  remis  en  perfection  ,  Si  n'a  point  ctc  li  ailbpidés  lors  qu'il  êtoit  aupara- 
viSini,Ohf.i^.Cem  6. 


OBSERVATION      XXXIV. 
U  vne  gangrené  causée  par  l'interception  des  ejprlts  aaimaux, 

iVrgen  VonBonfnelt  de  Langenberg  du  Duchcde  Monts  âge  de  40.ansfort 
lobufte,  Icxi.  Décembre  ijSi.tomba  de  16. pics  de  haut  en  terre  oC  tout  à  l'in- 
_ftant  fut  paralytique  dés  le  nombril  iufques  aux  pics.  Ayant  ctc  demande  le  rroi- 
fîémc  iourjie  le  trouuay  trauaillc  de  grandes  douleurs  au  bas  ventre,  parce  qu'il 
n'auoit  rendu  des  le  commencement  du  mal  ni  excréments  ni  vrine  :  avant 
reçeu  quelques  fuppofitoires  *k  lauementSjil  fut  décharge  des  excréments  Se  de 
là  veflîe  ,  ia]douleur  s'arrêta  incontinent  >  mais  par  après  Tvrine  fortit  gout- 
te à  goutte  fans  pouuoir  retenir  les  excréments  du  ventre  éics  le  douxicme. 
io^r  de  fa  maladie  iufques  au  quinzième  3  il  rendit  pafsc  iîx  liures  d'humeur 

Kk     j 


2.^1 


Liure  Troifiémc 


gluante  qui  n'auoit  point  de  mauuaifc  odeur  ,  fans  aucuns  cxcicmcnts  :  ie  fis 
donc  tout  mon  poiïible  par  le  confeil  de  M.  Cofmc  Sloranus,ncantmoins  la 
gangrené  vint  aux  fdîci) qui  (e  termina  en Iphaccle peu  de  iours après,  lequel 
rongea  les  fcllls  iulqucs  aux  os  ,  de  forte  qu'il  rr.oarur  le  vint  ^  cinquième 
iour. 

Or  il  ne  faut  pas  croire  que  la  feule  interception  des  efpiits  animaux  aie  cau- 
sé cette  gangrené ,  car  nous  voyons  tous  les  iours  des  vieillards  iaihs  de  paraly- 
lle  fans  que  pourtant  la  gangrené  y  vienne  ,  quoy  que  ncanrmoins  il  y  ait  vnc 
caufe fuHîfantCjallâuoiu  le  dcfautds  nourriture  &:  de  chaleur  naturelle/ or  il  clt 
conftant  que  la  gangrené  f.  fait  par  le  défaut  d'aliment  &  des  cfpiics  vicaux  & 
naturelsjoubien  quand  ils  (ont  futïbqucs  :  cet  aliment  &  ces  cfprirs  vont  aux 
parties  par  les  vénes  3c  artères,  car  lafacultc  feniîtiue  &  motrice  dccend  par  les 
nerfs  :  vne  partie  donc  pourra  viure  tandis  que  les  artères  5c  les  vêncs  feront 
leur  deuoir  quoy  qu'elle  n'ait  ni  fentiment  ni  mouuement  comme  on  le  voit 
es paralytiques:que  fila  gangrené  y  vient,  cela  arriuc  par  accidêr,tcmoin  l'Ob- 
feruation  precedente,car  IVrine  qui  ne  fortoit  que  goutte  à  goutte  &  qui  s'croit 
cchaufce  &  rendue  acre  (^parcc  qu'il  auoit  toufiours  été  cou  Jié  fur  le  dosj  VI- 
cera  la  pcau,apres  quoy  il  y  vint  defluxion  ik.  inflammation  ,  mais  comme  le 
corps  étoit  deuenu  pefant  ôc  immobile  parce  que  les  efpiics  animaux  n'y  dé- 
ccndoyent  point  dés  les  lumbes  iufques  aux  pies  &  ainh  êroit  priuc  de  fenti- 
ment,  fà  quoy  faut  âiouter  la  pefanteur  naturelle  de  cet  homme  qui  ccoit  de 
puilfante  taiilc^toute  la  maffe  du  corps  (c  repofmt  fur  le  dos  les  felfes  qui  ctoyét 
ordinairement  comprimées  s'échauffèrent  Se  furent  mouillées  par  les  excré- 
ments ^'  l'vrine  ,  parquoyilnc  faut  pas  trouuer  étrange  Ci  !a  gangrené  y  vint: 
car  nous  voyons  fouuent  aux  longues  maladies  .^uc  non  feulement  le  cropion 
cft  écorchc  mais  aufli  que  la  gangrené  y  vi.nt. 

Zetre  de  LMonfieur  Félix  PUîerfur  celte  Ohp.ruâtion^ 

Cette  forte  de  gangrené  qui  vient  quand  on  a  été  trop  longtemps  couche  fur 
le  dos  eft  afsés  commune,la  peau  de  la  croupe  s'cfileurant  premièrement,  que  (\ 
on  n'eft  pas  foigneux  d'oindre  les  draps  ou  la  pairie,il  fe  fait  aufli  inflam.mation 
en  la  chair  qui  non  feulement  vient  à  fuppurer  maisaullî  à  pourrir  &  dénient 
bien  toft  toute  noire  &  gangrenée  Ç\  on  n'ôtc  pas  bien  ville  cette  pourriture:  & 
comme  cela  fe  peut  faire  fans  qu'il  y  ait  autre  caufe  que  la  comprelîîon  de  la 
partie ,  iachofc  arriuera  bien  plus  ville  fi  l'vrine  vient  à  irriter  cette  partie  ,  ce 
qu'elle  fait  non  feulement  en  faifant  venir  vnc  inflammation  fur  la  partie  à  cau- 
fe dufcl  &:  de  la  bile  qui  cft  mêlée  parmi ,  mais  principalement  parce  qu'elle  fc 


bandes 


des  Viceres  ,  Gangrené,  &cc*  165 

bandes  Se  mouillant  les  pics,cllc y  attire  bientoft  de  l'inflammation  qui  k  con- 
ucrrit  tout  à  l'heure  en  gangrené ,  comme  ie  l'ay  remarque  cent  fois  qu'il  n'y  a 
point  de  gangrené  qui  arriue  plus  fouucnt  que  celle  des  pic's  aux  hydropiques 
laquelle  hâte  leur  mort. 

Or  i'clHmeque  toute  gangrené  vient  non  d'vnc  /Impie  pourriture,mûis  d*v- 
ne  encieie  corruption  à  caule  de  la  mortification  de  ia  partie  par  l'extindtion 
de  fa  chaleur  naturelle  qui  confifte    en  l'efpiit  vital  attache  à  chaque  paitic, 
laquelle  s'éteint  quand  Ton  aliment  fubdantifique  eft  entieremicnt  confuméj-cc 
qui  arriue  le  plus  fouucnt  après  vne  inflamriLition  fort  grande  ou  quand  U 
pourriture  s'y  fourre,  ou  quand  on  feicrt  par  tiop  de  refiigeratifs  en  dchorSjCc 
qui  ncantmoins  arriue  moins  frequcmimcnt  :  encor  moins  peui'cUe  venir  par 
l'interception  de  la  nourriture  ,  veu  qu'elle  n'arriue  pas  aux  membres  exténués 
par  atrophie,  &  comme  il  y  a  plulîeurs  vcnes  en  vne  partie,quoy  que  quelques 
vnes  foyent  bouchccs,il  y  en  a  neantm.oins  toufiours  quelqu'vne  qui  en  appor- 
te Se  ainh  elle  peut  fublillcr  :  il  y  a  encor  moins  d'apparence  qu'elle  puilïè  ve- 
nir par  vne  interccprion  de  l'cfprit  animal,  veu  qu'il  ne  va  pas  à  toutes  les  par- 
ties, &  que  les  principaux  vilïères  qui  n'en  rcçoiuent  point  &  par  confcquenc 
lont  dénués  de  icntiment  &de  mouuement,  ne  laillènt  pas  de  viure  :  mais  l'ef- 
prit  vital  étant  empêché  d  inllucu  (  lequel  te  communique  fans  celFe  par  les  ar- 
tères aux  parties  &  entretient  cet  efpric  viral  qui  eft  naturel  aux  parties  ,  l'en- 
tretient de  matière  ôc  fait  fubfîfter  la  chaleur  naturelle)  celui  ci  s'éteint  s'il  n'é 
vient  pas  du  nouueau,&  ainfi  la  paitie  meurt  de  nectlîité,  &  encor  plus  vîtc 
Cl  lesvênes  qui  accompagnent  ordinairemenr  les  artères  S>c  leur  font  iointcs, 
ontaufll  part  à  leur  mal  par  ligature,  coupure,  «îvc.  quiempéchcnrla  nourri- 
ture d'y  paruenir:  mais  cette  caufe  de  gangrené  eft  fort  rare  veu  que  les  artères 
ont  vne  fituation  profonde,  finon  qu'il  y  ai:  quelque  grande  blelîhre  qui  les  ait 
coupé  :  Obf.yCentA. 


OBSERVATION     XXXV. 
De  U  Çangrene  ^pres  vnefupprejfichn  jtvrhe. 

IL  tomba  vne  grande  defiuxion  du  Cerucau  fur  les  vretcres  k  vn  mien  fils 
de  fept  ans  ,  iefquels  furent  tellement  bouchés  qu'il  ne  peut  iamais  for- 
tir  vne  goûte  d'vrine  quelque  remède  que  l'on  y  apporta  de  forte  qu'il  mou- 
rut le  fixiémc  iour  :  Le  corps  ayant  été  ouueit  on  trouua  les  Reins  auec  toutes- 
les  parties  des  enuirons ,  enflammés  &  gangrenés  :  ^fi  traiié  de  la  gangre'm 
chAp.^._ 


xS4  LiureTroifiémct/  ^ 

OBSERVATION    XXXVI. 

De  la  gangrené  des  intejiins. 

VN  Gentilhomme  de  60.  ans  étant  mort  de  dyfcnteric  au  cinquième  ioùr, 
on  luytrouua  lesintcftins  entièrement  gangrenés,  airuremcnt  a  cau(^-  de 
lagrandeur  de  l'inflammation  :  i'ay  ouuert  quelquefois  les  corps  de  ceux  qui 
font  morts  d'vne  iliaque  paffion ,  aufquels  i'ay  trouuc  l'omentum  5:  les  boyiirv 
entièrement  gangrenés  :  mais  la  grande  puanteur  empêchoit  de  rccercher  plus 
auant  la  caufe  du  mal  :  la  même. 

'_  '    »  ...         .    '      ■    ■ ■    ■         — ■ — ■ 

OBSERVATION     XXXVII. 

De  la  gangrené  aufoye. 

LA  femme  du  luge  d'Obcrtad  prés  de  Cologne  porta  24.  ans  vn  fchîrrc  au 
foye  :  ou  appliqua  deflùstant  de  remollitifs  qu  il  s'y  fit  à  la  fin  inflamma- 
tion &  en  fuiîte  vn  fort  grand  abfccs  qui  fe  comm.uiiqua  aux  mufclcs  de  l'ab- 
domen &à  la  peau  qui  furent cxulcerés  :  ayant  ctc  demandé  auec  Monhcur  Ar- 
nould  Maulius  Profellcur  à  Cologne ,  ie  rrouuiy  vne  fort  grande  tumeur  en  la 
région  du  foye  qui  s'étoit  rompue  vn  p:u  auant  nôtre  ariiuée  auec  vne  tics 
grande  puanteur, il  s'y  forma  vn  inlîgne  vlcerc  duquel  il  forcoic  quantité  de  ma- 
tière fanglante  ,  fubtile  tk  extrêmement  puante  ts:  en  mcm-  temps  plulîeurs 
lambeaux  de  l'omentum  &:  quelques  lopins  du  f^yc  entièrement  gangrenés,  il 
mourut  quelques  iours  après  :  on  voit  par  là  qu'il  fautfuiurc  le  confcilde  Gi- 
lien  au  5.1iurc  ch.i\).i.deJ?mpL  meâlc  fACult.  qu'il  ne  f.  fiur  pas  icruir  de  remolli- 
tifs fur  les  tumeurs  rchinreufcs/cc  qu'il  faut  aufli  entendre  de  celles  qui  font  aux 
parties  externes  veu  qu'elles  en  dcuiennentplus  malignes  &:  fe  conuertilTcnt  en 
chancres;  la  même. 


OBSERVATION     XXXVIII. 

De  la  gangrené  anx  parties  Génitales. 

^N  enfant  de  trois  mois  deMonfieur  Dauid  Claude  Miniftre  à  Genctie 
/  auoit  vn  abfcés  en  l'êpaulc  droite;  ayant  été  dcnvandé  auec  Mônficur  Ican 

Anthotnc 


des  Vlceres ,  Gangrené,  &c,  2.^5 

Anthoine  Sarrazin  ,  ic  fis  entendre  que  la  matière  étoic  plus  que  meuret  ceux 
qui  éroyent  la  prefents ,  mais  ils  ne  voulurent  pas  permettre  qu'on  fit  incifion, 
le  lendemain  nous  trouuames  la  tumeur  fort  diminuée  ,  &  reconnûmes 
que  l'humeur  dccendoit  en  bas  :  ayant  ouuert  la  tumeur  ,  il  en  fortic  quelque 
peu  de  pus  &  elle  s'abailfa ,  l'humeur  decendant  peu  à  peu  au  bas  ventre  &  fur 
les  parties  génitales  ou  il  fe  forma  vue  gangrené  par  extinction  de  chaleur  na- 
turelle :  la  mortification  entière  fuiuit  &  par  après  la  mort  :  ObfertMtion  8i. 
Cent.i. 


OBSERVATON     XXXIX. 

De  la  gangrené  après  vn  Eryjtpele. 


VN  Payfantrauaillc  d'vne  Eryfipclephlegmoneufe  en  la  main  gauche,  I'ok 
gnit  quelques  iours  durant  par  le  confeiid'vn  barbier  auec  de  l'huylc  ro- 
fat  :  après  quoy  les  douleurs ,  rinflammation,&  les  autres  accidents  augmcn- 
toyent  de  pUs  en  plus ,  de  forte  que  toute  la  main  deuint  gangrenée  :  m'étant 
venu  trouuer,ie  le  guéris  par  fcarification  &  par  \q^  autres  remèdes  qui  feruenc 
à  la  guetifon  de  la  gangrene:on  voit  par  la  combien  eft  dangereufe  l'huyle  aux 
inflammations  comme  dit  Galien  au  cinciuiémelmtc,  de  Jtmpl.med.facHli.Oi^f, 
%2.*Centti- 


OBSERVATION    XL. 

*De  la  gangrené  après  "jn  Tubercule  §h  bonten. 

I L  y  a  quelques  années  quVn  Gentilhomme  Bourguignon  de  la  famille  àçs 
iVuattenuille  fort  âgé  mais  pourtant  de  bonne  eonftitution,étanrvniour  fore 
trauaillé  de  la  goutte  au  petit  doigt  du  pic ,  fe  perça  luy  même  auec  le  canif  vn 
bouton  qui  y  ctoit ,  mais  l'ayant  porté  vn  peu  trop  auant  &  peut  être  atteint 
les  parties  nerucufes,la  douleur  augmenta  &  yfuruint  incontinent  inflamma- 
tion,gangrene,&  mortification.-  quoy  qu'il  eut  fon  Médecin  &  Chirurgien  or- 
dinaire il  en  fit  cncor  venir  des  Prouinces  voifines  ,  lefquels  conclurent  qu'il 
faloit  venir  au  dernier  remède:  la  iambe  fut  coupée  au  iarrct.maisneantmoias 
il  ne  tarda  pas  à  mourir  après  l'Opération:  Lettre  So. 

Ll 


t66  Liurc  Troificme 


I 


OBSERVATION     XLI. 

De  la  gangrené  es  îanées  des  hydropiques. 

L'An  1604.  Monfieur  Philibert  Ruerat  du  Confeil  de  la  Ville  de  Payer  ne 
âge  de  60  anSjCtoit  trauaillcd'vnchydropilîe  incurable  :  A  Ton  inftancejic 
liiy  Icarifiay  les  iambcs  (  après  auoir  fait  le  prognoftic  de  réiienement  dange- 
reux &c  douteux)  il  en  fut  foulage  pour  quelque  temps ,  &  la  toux  de  laquel- 
le il  ctoit  fort  importune  ,  diminua  beaucoup  ,  mais  enfin  la  gangrené  y 
vint  de  laquelle  il  mourut  comme  endormi.  Traué  de  la  gangrené  cha- 
pitre \\. 


OBSERVATION     XLII. 

De  la  gangrené  après  vne  Contujîon. 

LÈ2i.Iuillet  1(^07.  Efthienne  Toppin  Bourgeois  d'Eftauayer  Villette  furie 
bord  du  Lac  de  Naïf  Cliaftel,  âgé  de5o.ans>  robufte&dc  bonne  conftitu- 
tion,  ayant  voulu  luy  m.cme  dans  les  grandes  occupations  de  là  moilfon  mener 
vne  charrctteVuide,&  ctanttombcpar  terre  en  courant,  vne  roué  luy  déchira 
la  partie  interne  de  la  iambe  gaucheji'os  fut  découuert  de  Ton  période  à  la  gran- 
deur de  la  paume  de  la  mainjfans  que  l'vn  ni  l'autre  fut  rompu  ni  fendu,de  for- 
te qu'il  s'en  alla  à  pié  à  la  maifon  qui  en  c'toic  éloignée  de  demi  heure:  ayantétc 
demâJc  le  rricme  iour,i'oignis  à  Tinftant  toute  la  ïambe  &  la  cuilîe  auec  huylc 
rofat ,  &  mis  fur  la  j  laye  le  digeftif  fuiuant  après  l'auoir  laué  de  vin  rouge  & 
d'eau  tic  de  pour  ôterla  poiidicre  &  l'ordure:  1^  T  erebintb.lotoc^i.cerdi.  5  ^.gurri' 
elemi  57J.  0/.  rofar.  },i&.  ol.de  vitelLomr.^i.  dijjolne  igné  lentifflmo  poji  admifcecro- 
ci  ^fs.vitellos  cuor.num.  11.    Et  pour  empêcher  la  defluxion  i'enuelopay  tout< 
la  cuiirc  auec  vne  bande  trempée  en  oxycrat  :  le  luyordonnayaufli  vne  bonne 
façon  de  viure  &  fobre,  ik.  pour  fou  bcirc  il  vfa  d'vne  decoârion  d'agrimoint 
&  de  véronique  :  ainfi  la  douleur  s'appaifa  fort&:  palfa  cette  nuit  la  auec  afsc: 
de  tranquillité  :  ie  luy  oignis  auflî  deux  fois  leiour  toute  l'épaule  gauche  auec 
huyle  rofat  parce  qu'il  y  fentoit  de  la  douleur  ,  quoy  qu'il  n'y  eut  aucun  fîgn< 
de  contufion,  de  forte  qu'elle  cclîà  en  deux  iours  :  le  22.  de  luillci  ie  luy  bailla] 
vne  potion  purgatiuc  qui  le  mena  doucement  :  vn  pen  après  auoir  défait  la  li- . 
gature,  les  f  gncs  d'vne  bonne  fuppuration  commencèrent  à  paroître  :  i'y  remi . 
doncencor  du  même  digcltif  <i<  oigni;?  toute  la  cuilfe  auec  huylc  rofat,  ban 


des  Vicercs ,  Gangrené, 5c c.  1^7 

xlantle  toiitauec  des  linges  trempes  enOxycrat  :  fur  le  foir  ic  reiceray  le  même 
appareil, il  dormit  bien  cette  nuit  la:le  23  luillet  ic  luy  ouurîs  de  bon  matin  la 
bafiliqne  du  bras  droit  &:  tiray  cnuiron  Cix  onces  de  fangtayant  ôrc  hs  bandes, 
ie  trouuay  à  propos  de  couper  cette  partie  de  la  grciic  qui  ctoit  déchirée  &c 
rt."parce  du  refis  ,  ce  qu'étant  fait  <$c  ayant  l.iuc  l'endroit  ou  auoit  ctc  faite  la 
fcdtion  auec  vinaigre  &  Tel,  ie  mis  de  mon  Mgypthc  fur  la  racine  de  la  pourri- 
tLire  ,  &  fur  l'autre  partie  de  la  playc  du  digcliîf,  &  en  fuite  le  cataplafme  fui- 
uant  quirefîftc  à  la  pourriture.  ^.  Far.fil^ar.liv  faits  m^r.liÇ'i.pHlH.fHmmit.ab- 
fynth.vHlg.fcord/^itr.THtA  an.y.  co^ue'm  oxymeLfimpl.f.caîapl.  addefubfinem  myr- 
rhty  ahesan.'i^.m.  le  me  feruis  encor  de  cette  procédure  le  foir ,  mais  comme 
il  crut  qu'il  ne  dormiroit  pas  pailibicment  lan'jitTuiuantejie  luy  donnay  quel- 
ques grains  de  laudanum  :  il  n'eut  point  de  douleur  cette  nuit  la  mais  il  dormit 
paifibl  :ment  :  le  matin  du  24.  Juillet  ayant  défait  la  ligature  ,  ie  reconnus  que 
la  pourriture  êtoit  arrêtée  &  que  la  gangrené  n'alloit  pas  plus  auant  ,  mais 
pourplusgrap.de  alFurance  ic  coauris  toute  la  partie  iufques  à  la  racine  delà 
pourriture  auec  des  plumaceajx  trempes  en  mon  ^gyptiac  &  du  cataplafme 
fjfdit  :  il  n'y  auoit  ni  intempérie  ni  enflure  ni  douleur  ,  parquoy  ie  m'en  allay 
chez  moy  :  fur  les  trois  heures  après  midy  il  luy  vint  tout  à'wn  coup  vne  très 
grande  douleur  en  l'autre  partie  de  la  iambe  alTauoir  fur  le  dcuant  :  l'étant  ve- 
nu trouucr  vers  les  neuf  heures  du  loir,  ie  reconnus  qu'en  effet  il  êtoit  trauaiilc 
dettes  grandes  douleurs  quoy  qu'il  n'y  eut  ni  intempérie  ni  enflure  ,  parquoy 
meramenant  en  la  pensée  le  dired'Hippocrateauliarede  Vulner.capitis,  afla^ 
uoir  qu'il  faut  que  la  chiir  meurtiie  fe  pourriffe  &  conuertille  en  pus ,  ie  con- 
tinuay  m.i  pointe  3c  y  mis  derechef  du  digcftif,  i'oignis  la  iambe  d'huyle  rofat 
&  luy  donnay  derechef  à  l'heure  du  fommeil  vn  peu  de  laudanum.  ,  m.ais  tant 
s'en  faut  qu'il  peut  rcpofer  ,  qu'il  m'cnuoya  demander  à  trois  heures  de  lanuk 
pourfçauoir  s'il  y  auoit  quelque  rnoyen  d'àpaifer  la  douleur  :  ayant  donc  dere- 
chef défait  la  ligriture,  ie  vis  que  la  partie  de  dehors  de  la  iambe  ctoîc  en  quel- 
que façon  liuide,  mais  comme  la  douleur  ctoit  grande  (Se  que  icn'auo)  s  pas 
autrç  chofc  ie  hs  vn  cataplafme  de  mie  de  pain  cuite  en  laie  auec  des  iaunes 
d'œufs  èz  vn  peu  de  beurre  fraisjainfi  la  douleur  fut  vn  peu  adoucie  &:  i\  rcpola 
quelque  peu:Lc  25. vers  les  fept  heures  du  matin  ayant  déplié  les  bandes,ie  trou- 
uay que  la  greue  ctoit  noirç(S^  mortifiée  de  la  grandeur  de  la  paume  delà  main: 
ie  retournay  donc  promptcmcnt  à  Payeine  pour  en  apporter  ce  qui  êtoit  necef- 
laircjd'où  ie  reuins  fur  le  midi  ,  alors  le  malade  s'écria  pîeuft  à  Dieu  que  vous 
cufliez  apporte  vnc  fcie,car  il  faut  couper  cette  iambe  afin  que  ie  puilïè  être  de- 
liuré  de  ce  tourmentirayant  donc  débandé  derechef,  ie  trouuay  tout  le  dehors 
de  la  iambe  &  le  pic  Iphacclé  auec  des  grandes  veflies  noires  pleines  d'eau 
femblableà  cclle.ouon  alaucde  lachair  :  cependant  en  quelques  endroits  il 
y  auoit  de  grandes  douleurs  qui  ne  donnoycnt  point  de  relâche  :  A  la  re- 
quête donc  âizs  amisC^  principalement  du  malade  ic  m'en  allay  derechef  à  la 

Ll     i 


xsS  Liurc  Troifiéme 

maifon  pour  en  apporter  tous  ks  inftrumcnts  neccfTaircs  ï  couper  la  iambc 
&  fus  de  retour  fur  les  deux  heures  après  midyjalorsje  trouuay  que  toute  la  iam- 
bc cîoir  Gangrenée  hormis  à  l'endroit  de  la  playe  fur  lequel  i'auoismis  de  Vj^- 
giptiac  les  iours  précédents  &  qa'cUe  ne  pouuoit  plus  être  coupée  en  vn  lieu 
lain  :  ayant  porte  le  rafoir  en  va  endroit  au  dclfus  du  genoiiil  pour  en  ôter  le 
poilji'entcndi jvn  certain  fou  comme  s'il  y  auoit  quelque  chofe  de  vuide  de(Ibus, 
reconoilTànt  par  là  qu'il  y  auoit  quelque  mal  cache  defîbus,  ic  fis  entendre  à  Tes 
Amis  qu'il  ne  feruiroit  de  rien  de  faire  la  fedlion  &  qu'ils  demandallent  confeil 
à  d'autres  McdecinstSc  Chirurgiens,^  deux  heures  après  ayant  défait  la  ligature, 
ie  vis  que  l'endroit  ou  i'auois  remarque  ce  Ton  êtoit  entièrement  mortific:vers  les 
dix  heures  de  la  nuit  il  Iny  vint  vne  vcflic  de  la  groflèur  d'vn  œuf  en  l'aine  vers 
les  bourfes  qui  êtoit  pleine  d'eau  femblable  à  celle  ou  on  a  lauc  de  la  chair  ,  la- 
quelle étant  ouuerte  on  voyoit  la  chair  qui  êtoit  dclTous  noire  &  ga»grenée:en 
rcfpace  de  deux  heures  le  fcrotum  vint  gros  comme  la  telle  &  fut  auffi  Gangre- 
né: &  luy  étant  venu  vne  ûaeur  premièrement  chaude  ôc  puis  froide ,  il  mourut 
qiiafi  en  parlant  enuiron  les  trois  heures  après  minuit,quatre  iours  &  onze  heiw 
rcs  après  le  commencement  du  mal,&:  vint-quatre  heures  après  que  la  Gangrène 
«ut  commencé  à  paroître.  Apres  la  mort  tout  le  cofté  5c  la  tête  enflèrent  peu  à 
pcujdc  forte  que  le  lendemain  comme  on  le  voulut  porter  enterre  il  falut  agran- 
dir la  biercàl  vint  fous  l'hypochondre  gauche  vne  veflie  qui  etoit  de  la  grolîèur 
^e  la  léte  pléne  d'eau  noire  &  fanglanteal  luy  fortit  au{îî  par  la  bouche  &  par  . 
les  narines  de  la  même  eau  en  iî  grande  quantité  qu'elle  couroit  à  ruilfeaux  par 
la  chambre,auec  vne  fi  grande  puanteur  du  corps  mort  que  chacun  prit  la  fuite: 
dés  le  commencement  du  mal  iufques  à  la  fin  de  fa  vie  ,  à  pêne  y  eut- il  aucune 
fièvre  ni  aueun  accident  de  fièvre  comme  douleur  de  teftc  &  de  reins/oif,feche« 
reife  de  langue  ni  même  changement  au  pouls  :  neantmoins  les  vrines  furent 
çouiours  fanglantes. 

On  peur  douter  en  cette  HilKoire  i.fi  cette  Gangrené  fi  furieufc  &  qui  n'a  pas. 
fa  femblable^cfl:  venue  de  cette  contufion  ou  de  quelque  caufe  interne  ôc'cachce: 
i'ay  de  la  pénc  à  croire  qu'vn  fi  horrible  mal  foit  venu  feulement  de  la  meurtrif- 
feure  ,  car  premièrement  la  contufion,  quoy  que  grande,  n'êtoit  pas  propor- 
tionnée à  la  grandeur  de  la  Gangrené  ,  car  il  n'y  auoit  qu'vne  fe|Niration  de 
la  peau  &  de  la  membrane  charnue  d'auec  le  mufcle  qui  eft  delfous  ,  de  forte 
que  ce  grand  rameau  qui  fe  va  rendre  à  ce  mufcle  qui  fait  le  dedans  de  la 
Greiic  (  &  eft  le  premier  en  rang  de  ceux  qui  remuent  laiambe  )  &  décend  fa- 
perfi.icllement,n'étoit aucunement  déchiré  ou,  rompu  quoy  qu'il  fut  entière- 
ment à  dccouuert  :  &  pour  cette  caufe',  cette  partie  de  la  peau  qui  êtoit  dé- 
chirée 5c  ftparée  d'auec  les  parties  de  deiFous,  ne  reçeuant  point  de  nouri;iturc 
a  été  necefiairement  entachée  de  Gangreneimaisicelle  ayant  été  coupée  ,  clic 
a,  été  entièrement  arrêtée  fans  qu'il  en  ait  paru  par  après  aucun  indice  iufques 
kcc  qu'elle  fc  foit  empare  de  toute  ia  cuilTc  :  fccondement ,  fi  la  gangrené  fut 


I 


des  Vlcercs,  Gangrène,  ôcc,  2.^9 

Venu  en  gagnant  du  dedans  au  dchois  de  la  Gieuc  3  il  cft  plus  clair  que  le  So- 
leil que  la  blelfure  eut  ccc  la  première  entachée  de  gangrené  auant  que  paflcr 
aux  parties  voi(îiies  ,  mais  ie  ne  pcus  pas  comprendre  comme  cela  eut  peu  ar- 
riuer  fans  qu'il  y  eut  eu  douleur,  inflammation,vS(:  grande  enflure  :  or  des  la  pre- 
mière nuit  iufques  au  troificme  iour  il  n'y  eut  ni  douleur  ni  inflammation  af. 
fauoir  à  proportion  de  la  blelfurc,  mais  tous  les  lignes  d'vne  bonne  fuppuration 
s'y  rencontrèrent  ■*  outre  qu'il  n'y  eut  iamais  aucune  apparence  de  meurtriiru- 
rc  au  bout  de  laGreue  :  3.  cette  gangrené  n'a  pas  peu  palier  dés  la  partie  exter- 
ne de  la  Greuc  iufques  à  la  cuiifc  lans  infcdcr  les  parties  les  plus  proches  l'vnc 
après  l'autre,  mai*  icy  elle  a  attaque  &  la  iambc  ôi  h  cuillè  ^  l'aine  îk  le  fcro- 
rum  quafi  en  vn  moment ,  lailfant  des  parties  entre  deux  fans  y  toucher  :  cette 
meurtrilUire  donc  de  la  cuilfe  a  êtc  à  mon  aduis  vnc  caufc  aidante  ,  mais  certai- 
nement ie  croy  que  la  principale  a  êtc  quelque  humeur  veninacufe  que  la 
nature  a  chafsc  en  ces  parties  :  car  quoy  que  cet  homme  ne  fut  pas  beaucoup 
fuietà  être  malade  ,  neantmoins  comme  la  roiie  auoit  pafsc  fur  tout  vn  colle 
f  veu  qu'il  auoit  mal  en  l'épaule  J  il  s'eit  peu  faire  aisément  que  quelque  fang 
caillé  Se  pourri  en  quelque  endroit  s'cll  conucrti  en  ce  dangereux  venin  ,  6c 
qu'ayant  été  chafsé  par  lanature»ce  cruel  mal  s'y  eft  engendre,  car  ilarriue  par 
fois  des  cruels  accidents  à  caufe  du  fang  caillé  ,  comme  dit  Fernel  lequel  alFu- 
rc  auoir  veu  des  parties  gangrenées  fans  aucune  caufe  externe',  fans  tumeur  ni 
rougeur,  après  vue  tres-gtande  douleur  qui  a  précédé,  laquelle  enfin  a  emporté 
le  malade  fans  fièvre  &  lans  de  grands  accidents  j  comme  cela  eft  ariiué  en  ce 
malade. 

De  cette  doute  on  peut  entrer  en  vn  autre,  comme  c'cft  que  la  nature  à  peu 
challcr  aux  parties  de  dehors  cette  matière  il  maligne  fans  auoir  cauisé  déplus 
grands  accidents  comme  fièvre,  fyncope  &c.  Sc  le  garder  au  dedans  3.  comme 
il  s'cû  peu  faire  que  la  tefte  &c  tout  le  corps  mort  ,  hormis  la  cuilïè  droite ,  fc 
foyent  enflés  fi  prodigieufemenr,  veu  quetoutesles  facultés  font  abolies. 

%jJponfe  dié  Doéfeur  Gregorius  Horjimsi 

IE  crois  auec  vous  que  cette  étrange  gangrené,  ôc  qui  n*a  îamais  eu  de  fcm-- 
blable,  ne  vient  pas  de  la  feule  contuiion,  mais  il  y  a  eu  quelque  caufe  inter- 
ne Ôc  cachée  par  lesraifons  que' vous  mettes  en  auant ,  principalement  fi  on 
confidere  la  feule  contufion  de  la  cuiflej  &»cn  accordant  qu'il  y  en  a  eu  vne  Gé- 
nérale de  tout  le  corps  ,  veu  que  la  roiie  a  pafsé  fur  tout  le  coftc,  ce  que  ie  con- 
ic6lure  non  feulement  par  la  douleur  de  l'épaule ,  mais  auflî  par  l'vrine  qui  a 
ctc  fanglante  durant  toute  la  maladie,  ce  qui  n'a  peu  arriuer  que  par  vne  con- 
tufion vniuerfelle:quc  fi  elle  a  été  telle,  il  ne  faut  pas  s'étonner  fi  le  fang  qui  s'eft 
caiilc  autour  des  parties  externes  s'cft  conucrti  ço  ce  yçoin/î  peûileutid. 

U  y 


170  Liure  Troifiéme 

L'autre  qucftion  mérite  vn  plus  grand  cclaiixiiremcnt ,    comme  c'cfl:  que  h 
nature  a  peu  retenir  fi  long  temps  vnc  matière  peftilcnci^lle  fans  faire  de  plus 
grands  accidents,  &  cncor  plus  fans  la  porter  plutôt  au  dehors:  cette  queftion 
a  du  rapport  auec  celle  ci  j  airiuoir  s'il  fe  peut  engendrer  du  venin  en  nôci-e 
corps  fans  qu'il  s'y  face  vne  grande  pourriture  aux  humeurs:  Sixonia  eft  de 
cet  âuis  lih.  de  fhœnigmis  cap.  8.  vcu  que  ce  n'eft:  pas  de  l'clicnce  du  venin  à'b. rc 
engendre  par  pourriture,  car  l'expérience  fiit  voir  tous  les' iours  qu'il  s'engen- 
dre des  cflTcdions  pcftilcntielies  fans  qui'l  y  ait  aucune  pourriture  ,    &  Galicn 
fembleauoir  ctcdecctâuis  quand  il  dit  ,  qu'vn  peu  de.  faliue  communiquée 
par  vn  chien  enragé  peut  croupir  fix  mois  entiers  dans  le  corps  fuis  fe  maiii- 
fefter  par  aucun  figne,  mais  que  la  mauuailequalicé  qu'elle  y  aimprimé  venant 
à  augmenter  ,  fe  déclare  par  après,  ainfi  &c.  Ainfi  par  même  railon  quand   il  | 
s'cft  engendré  dans  le  corps  de  quelque  animal  vne  humeur  corrompue ,  peu  à 
peu  &  parfucceflion  de  temps    quelqu'vne  des  parties  nobles,  fe  trouue  inte- 
refsée  &  en  luice  tout  le  corps  en  cil  incommodé  :  Colur-ih.  lib.  i.  defsb.  pejiil. 
tient  la  negatiue  de  cette  queftion  ,  fondé  fur  l'authorité  de  Galien  qui  a  cette 
opinion  que  iss  humeurs  venimeules  ôc  malignes  ne  s'engendrent  pas  en  nône 
corps  en  vne  autre  manière  que  par  vne  grande  corruption;  il  le  prouue  auiTi 
par  raiions,  parce  que  les  chofes  qui  font  félon  nature  ne  pcuuent  pas  acquérir 
des  qualités  immédiatement  contraires  à  nôtre  fubftance  que  par  le  moyen  d'v- 
ne  grande  corruption,ne  regardant  pas  tant  à  l'excès  de  la  pourriture  qu'à  la  i 
qualité  d'iccUe  :  M^is  comme  Saxonia  ne  veut  pas  qu'on  entende  vns  fimplej 
pourriture  &  ordinaire  ,  <3c  que  Columba entend  vnc  certai.ie  grande  corru-[ 
ption  formelle ,  trcs  diiierente  de  la  commune  ;  ie  croy  que  l'on  peut  accorder 
ces  deux  opinions  ,  en  dilant  que  le  venin  ne  s'engendre  pas  en  nôtre  corps  d'v- jl 
ne  fimple  pourriture  des  humeurs  félon  la  première  opinion,  mais  d'vne  fpeci-j 
fique  ôc  particulière  corruption  très  véhémente  &  Hialigne  ,  félon  la  dcrniere:[ 
ceci  étant  prefupposé,  iercfpons  à  la  queftion  comme  c'cft  qu'vne  fi  maligne 
corruption  a  peu  être  engendrée  fatis  faire  des  plus  giandï  accidents ,  ie  réponsi 
di-je  auec  Hipp.  lequel  parlant  d'vne  pourriture  maligne  ,  ceux,di:  il, de  qui  1: 
tcte  êtoit  attaquée  de  quelque chofe  de  fcmblablc  ,  elle  deuenoit  toute  chiuue, 
comme  aufli  le  mcnron  &  les  os  fedccouuroyent  ôc  venoyent  à  tomber ,    il  y 
eut  auflî  beaucoup  de  defluxions,  quelquefois  il  n'y  auoit  point  de  fièvre  .•    O] 
tous  ces  accidents  faifoyent  plus  de  peur  que  de  m.al,car  en  ceux  en  qui  fe  faifoii 
fuppur>ation la  plufparten  cchappoyent,  quanta  ceux  en  qui  vnc  inflammatiori 
ou  Eryfipcle  venoyent  à  dilparoitre/àns  fe  terminer  en  vne  telle  lorte  d'abfcés. 
la  plufpart  en  moururent;  femblablement  quelque  partie  du  corps  qu'ils  aycn' 
parcouru  *    il  atriuoit  ou  que  les  bras  de  tout  le  coude  venoyent  à  tomber  à  h 
plufpart,  ou  qu'à  quelques  vns  le  mal  fe  ietcoir  fur  les  coftésou  fur  quelque  par- 
tie du  deuant  ou  du  derrière:  en  quelques  vns  toute  la  cuifiè ,  la  iambe,ou  le  pii 
/c  découuroyent:Galien  au  Commtntaire,palfe  plus  auant  dilant,qu'cn  quelque  ^ 

vn 


des  Vkeres,  Gangrené,  2>cc.  171 

!  vns  aurv]uc:ls  cette  pourriture  ctoit  en  la  fiiperficic,  les  parties  dcucnoyent  tabi' 
j  tks  fans  lîcvrc  &c.ll  cft;  donc  clair  qu'il  fe  peur  faire  vne  telle  corruption  des  hu- 
i  meurs  en  nôtre  corps  qui  tienne  du  venin  Se  corrompe  la  partie  fans  cnuoyer 
des  vapeurs  putrides  au  cœur,  parce  que  le  venin  eft  de  plus  grande  adiuitc  que 
lapotirriturr,principniement  quand  telle  corruption  fe  fait  en  des  parties  qui 
font  éloignées  du  cœur  Se  des  moins  confiderablcs  :  par  ou  on  voit  pourquoy 
:  c'cft  que  ic  fang  lequel  s'éroit  amafic  après  cette  meurtrilfare  autour  de  la  cuit 
fe  &  de  l'abdomen  a  âquis  vne  fi  grande  maligniré'ians  auoir  cause  de  plus  con- 
fiderablcs accidents  :  car  çacrc  eu  des  parties  éloignées  du  cœur  &  des  autres 
parties  nobles  &  fort  difposccs  à  fe  corrompre  fclon  l'aphor-iédu  lieu  fus  allè- 
gue où  Hippocr.  dit  que  cette  putrcf.idion  ou  corrupiion  a  été  la  plus  grande 
au'our  du  Pcnil  2c  des  parties  houteufcs, parce  que  comme  ditGalienau  Com- 
mentaire,la  pourriture  fe  fourre  tres-aiscmcnt  en  ces  parties  qui  par  confequenc 
fe  corrompent  facilement:  a  quoy  faut  âiourer  que  la  faculté  vitale  êtoit  robu- 
fte  en  ce  malade5partantlecœur,qui  effclafourcedevie,a  ctc  malaisément  atta- 
que,alïauoir  les  premiers  iours  quand  la  m.alignircs'cft  faitte  es  humeurs  dans 
des  parties  éloignées;  car  comme  ceux  qui  font  dVne  forte  conftitution  Se  ont 
beaucoup  de  chaleur  naturelle,tombent  rarement  en  maladie  ,  mais  quand  cela 
leur  arriueils  font  dangereufcmcnt  mcladcs ,  parce  que  leur  bon  naturel  refiftc 
vaillamment  aux  cau(cs  moi  bihques  &  ne  peut  éere  âbatu  que  par  vne  grande 
violence ,  ainû  en  ce  malade  la  nature  a  reiiftc  aux  fymptomes  ou  aux  effets  de 
cette  matière  corrompue  iufqu'à  ce  qu'elle  ait  êrc  enfin  opprimée  fans  qu'il  y 
ait  eu  des  grands  changements  qui  aycnt  précédé. 

Q|iant  à  cette  monflrueufe  tumeur  de  tout  te  corpç,PXceptc  de  la  iambe  droi- 
te,qui  eft  arriuée  après  la  mort,  ie  ne  fçauroîs  dire  autre  i-hofe  finon  que  la  mà- 
I  tiere  peccante  qui  éroit  par  manière  dédire  bridée  par  la  chaleur  naturelle, 
ayant  été  émue  Se  agitée  après  la  morr,mon:ra  cet  effet  de  fa  mrilignité,  ne  plus 
ne  moins  qu'on  voitfortir  auxfcorbutics  Se  peftifi-rcs  des  eâches bigarrées  après 
la  mi>ir:  Se  «e  fait  pas  trouuer  étrange  que  la  iambe  droite  en  ait  été  exempte, 
veu  que  la^meurtrillcure  n'a  été  qu'en  la  gauche  Séc.  Obfcru.  83.  Cent.  2. 


OBSERVATION     XLIII. 

De  la  Gangrené  après  '''Hie  piqneure  de  mouche guefpe. 

L'An  1387.  vn  ieunepayfin  d'auprès  de  Laufanne  robufte  &  fanguin  fut  pi- 
qué par  vne  guêpe  au  côté  droit  de  la  face,  afsés  prés  du  petit  coin  de 
l'œil.  Se  comme  c'ctoir  en  cfté  il  furuint  vne  ii  grande  douleur  Se  inflammation, 
qu'ayaHt  été  demandé  le  fîxiémc  iour  de  la  maladie,  ie  trouuay  quafi  toute  cet- 
te; partie  dc  lafaceliuide  Se  infedce  de  Gangrené  :    ie  domiay  vn  lauemcnl^ 


2,^2.  Liure  Troifiémc 

ie  fcarifiay  tout  cet  endroicie  mis  de  l'iCgyptiac  &  autres  médicaments  contre 
laGangiene,&lemcmeiourieluy  tiray  dufangaubras  droit;lc  lendemain  iele 
purgeay  auec  vn Cliolagogiie,  aindlesTymptomes  diminuèrent,  3c  ayant  réi- 
téré quelquefois  ce  purgatif  &  applique  les  médicaments  necelfaircs  en  vnc 
Gangiene,il  fut  guéri. 

En  même  temps  vn  Bourgeois  deLaufanne  ayant  ccc  attaque  de  même  façon 
&  étant  tombe  entre  les  mains  de  quelques  ignoiants ,  il  endura  de  grandes 
douleurs,non  feulement  en  cette  partie  mais  aulîi  en  toute  la  tefte  :  il  fur  enfin 
gueri>  mais  la  paupière  de  l'œil  droit  demeura  renueisce  à  caufe  d'vne  cicatri- 
ce: ôc  qui  fut  le  pis,  l'œil  &c  latefte  furent  tellement  affoiblis  de  ce  mal  que 
quelques  années  après  il  en  perdit  entièrement  la  veuc,  &  à  'prefent  1614.  on 
promené  ce  pauurcaueugle  de  lieu  en  lieu.  Obferu.  ^o.Cem.  4. 


OBSERVATION     XLIV. 
De  U  gangrené  après  vne  Dartre. 

MOnfieur  de  Noyon  Gentil-homme  François  étant  importuné  dVne  dar- 
tre au  poignet  auec  vnedémangcaifon  continuelle  «3:  facheufe, vinrà 
Montpelier  en  l'an  1595-  où  il  fut  traite  par  vn  Chirurgien  qui  y  mit  plulîeurs 
fortes  de  remèdes  :  enfin  y  étant  venu  inflammation  ,  la  Gangrené  fuiuir  de 
laquelle  il  mourut,  il  étoit  au  refte  bien  confticuc  au  dedans  :  Ohfèruat,  90. 
Centttr.  4. 

OBSERVATION    XLV. 
De  l'amputation  de  la  caJJJ'e» 

IE  fuis  retenu  icy  f  à  Copet  fur  le  Lac  de  Gencue  )  auprès  d'vn  ieune  homme 
MomméVtbain  ^adans,  quifut  faifi  deDyfcnrcricil  y  a  trois  mois  :  fa 
maladie  fut  très  rnde,contagieurc,&:  maligne  ,  car  en  même  temps  la  mcre  & 
deux  fils  tombèrent  malades,mais  comme  ils  ne  fe  feruoyent  d'aucun  Médecin, 
la  merc  mourut  auec  de  grands  tourments  j  le  fiilsaifnc  fnr  remis  peu  à  peu 
par  la  force  de  la  nature.  Quant  à  nôtre  maladc,commc  le  flux  de  uenire  fut  ar- 
refté  peu  à  peu  &c  que  chacun  croyoit  qu'il  auoit  échapé ,  ne  penfant  rien  qu'à 
luy  faire  reprendre  les  forces ,  le  voilà  attaqué  de  nouueau  d'vn  très  grand  ac- 
cident, car  il  luy  vint  de  la  douleur  tout  à  coup  au  talon  droit  laquelle  inconti- 
nent faifit  tout  le  pié  :  elle  étoit  fi  violente  qu'il  êtoit  contraint  de  crier  iour 
&  nuit,  fans  qu'il  y  vint  aucune  enflure;  il  n'y  (knwlt  aucune  chaleur ,  au  con- 

daicc 


des  Vlceres,  Gangrené,  &c.  175 

traire  il  y  auoic  vn  grand  froid,  fâcheux  (Scfenfiblcjà  caufc  Jeqiioy  on  tâchoic 
.    de  le  luy  êchaiifcr  auec  des  linges  ôc  des  tuiles  cchaufces ,  mais  en  vain  ,  car  la 
douleur  Se  les  autres  accidents  augmentèrent  tellement ,  qu'en  peu  de  iours  la 
chaleur  naturelle  venant  à  s'creindre,  la  Gangrené  y  vint  :  elle  faific  peu  à  peu 
route  la  cuilFe  iuftjues  au  genoiiii  fans  auctuie  marque  de  chaleur  ni  d'enflure 
en  la  partie  :  le  fphacele  s'arrcfta  au  iarret  ou  il  lailià  vn  vlcere  très  fordide,  le- 
quel s'eftantfaili  de  tout  le  genouil,  il  rongea  tellement  la  chair  &  tous  les 
ligaments  ,  que  les  os  du  genoiiii  2>c  h  recule  en  cftoycnt  entièrement  feparcs: 
mais  au  reftc  quoy  que  le  malade  fuc  extrêmement  exténue  à  caufc  de  cette 
grande  Dy(enterie&  que  les  forces  luy  defailHlfcnt  prefque  cnticremcnr,  à  rai- 
Ion  de  la  puanteur  qui  étoit  Ci  grande  que  pc;rfonne  ne  la  pouuoic  foufdr ,  <3.: 
que  pour  ces  raifons  chacun  dclefpcra  de  fa  fintc ,  neantmoins  comme  il  ne  re- 
Itoir  que  ce  feul  recours,  alïauoir  de  couper  le  membre  pourri,  on  me  demanda 
enfin  mon  âuis  :  ie  coupay  donc  la  ïambe  en  la  cuiilc  le  dernier  du  mois  p.ifsc: 
l'Opération  fut  pénible  ôc  difficile  ,  car  les  nerfs  écoyent  tellement  retirés  &  le 
genoiiii  courbe  vers  la  poitrine  qu'il  touchoic  piefqacs  le  menton:  or  ayant  mis 
le  malade  fur  vn  banc,  il  fe  rompit  une  véne  au  iariet,de  laquelle  il  fortit  abon- 
dance de  fang  ,  &  confiderant  qu'il  n'y  auoic  rien  plus  à  âprehender  en  ce  ma- 
lade que  l'htemorihagif,  6c  qu'il  n'y  auoic  point  afscs  de  temps  pour  attacher 
la  cuilfe  au  banc ,   l'ayant  incontinent  empoigné  de  la  main  gauche,  ic  coupay 
lâchait  iufqu'àlos  delà droitce,  non  aucc  le  Rafoir ,  comme  on  fait  ordi- 
nairement en  ceux  qiiiiont  robuftcs  ôc  pleins  de  fang  ,    nais  aucc  vn  Cautère 
atluel  fait  en  forme  de  couteau  ,  voyés  U  figure  i.  de  la  table  6. 

Par  ce  moyen  ic  coupay  en  même  tépts  la  chair  ts:  arreftay  le  fang:ayant  cou- 
-pé  la  chair  iufqncs  à  l'os ,  ie  pris  la  fçie  de  la  main  droitte  &  coupay  hcureufe- 
ment  l'os:  C^  quoy  qu'il  y  eut  delà  dfrticuké  en  l'Opération,  fi  eft-cc  qu'il  n'ar- 
riua  rien  de  iînilhe  par  la  grâce  de  Dieu:  le  iour  fuiuant  ayant  déplie  les  bandes 
de  dedus  le  tro!)C,  ie  trouuay  les  mulclcsf  qui  auoyent  couuert  l'os  après  auoic 
toupc  le  membre  J  tclk-mcnt  retires  vers  la  cuilîc,  que  l'os  palfoit  la  chair  de 
plus  de  deux  doigrs  de  largeur  ,  de  forte  que  i'apprchende  que  cette  emincncc 
ne  donne  d'or  en  là  quelque  fàchvric  :  ie  fuis  maintenant  occupé  à  luy  repa- 
rer les  forces.?»:  à  corriger  les  accidents  qui  font  grands,lef.iucls  m'obh'gcnt  à 
demeurer  quelques  iou^is  auprès  de  luy,  après  quoy  ie  m'en  iray  voir  le  malade 
duquel  vous  m'éciiucs  occ.  4.  Février  1614. 

Eftant  rcuenu  de  Bellay  à  Copct  le  i5.Mars,ic  ne  me  propofois  pas  autre  cho- 
fe  que  de  le  trouuer  mort,,  car  outre  que  ie  l'aucis  laifsé  entifrcmenc  dcnu^  de 
forces,  il  y  auoic  aufiî  des  lueurs  hoidcslcf.jueiles,  au  dire  ù'Hippocrite ,  font 
vn  auantcourcur  de  la  mort,  ficft-ce  que  contre  toute  dptrance  ie  le  trouuay 
bien  portant:  mais  ayant  regarde  le  tronc,  ie  visqnc  l'os  de  la  culife  paiîoii  cw- 
cor  la  chair,  à  cauledequoy  étant  en  vue  nouuellc  pciK,  il  me  vint  en  la  pensée 

Mm 


174  Liure  Troifieme 

de  le  couper:  ie  fis  donc  tous  mes  prepaiatifs  pour  lc4endeinain,iS^  ayant  îTi  îs  la 
fçie  fur  l'os,  ie  reconnus  que  la  nature  l'auoii:  dcja  fep^rc,  ce  qui  me  fie  changeu 
d'ânis  5c  ne  voulus  pas  trauaillcr  d'aaaninge  ce  garçon  qui  cicmbloic  de  peur, 
iedemeuray  quelques  iours  auprès  de  luy  2c  appliquay  des  médicaments  qui 
ont  la  faculté  d'attirer  les  cfquilies;  ierébiaiiiois  tous  les  iours  doucement  de 
côte  »3^  d'autre:  ainfi  quatre  iours  après  mon  arriuée,  ie  tiiay  ce  grand  os  entier 
fans  douleur  &  fans  qu'il  ("ortit  vne  goûte  deTang:  ien  ay  voulu  rcprefenter  icy  la 
forme  &  la  longueur:  vojèsiafg.  j.  de  la  table  6. 

A  la  partie  de  l'os  vers  le  gcnouil  où  il  auoÏL  êcc  coupé. 
Déi  la  lettre  A  iufqucs  à  13  tft  la  partie  de  l'os  qui  a  été  dccouuerte  de  chair 
quafi  deux  mois  entiers  :  car  après  rOpciation  les  mufcks  s'éroyent  retirés 
vers  la  cuilfe  ,  de  lotte  que  l'on  voyoit  l'os  toiU  nud  6c  îDcmedécouuert  de  foii 
Période. 

Vne  partie  de  l'os  des  B  iufqucs  à  C  êtoit  demeurée  caclice  dans  les  mufcles, 
iufques  à  ce  qu'en  fin  par  le  bénéfice  de  la  nature  il  fut  feparc  quail  au  milieu 
de  l'os  de  la  cuilïè  :  or  il  faut  admirer  que  la  nature  ait  feparc  elle  même  cet 
oSjVeu  qu'il  eft  fi  dur<3c  folide  &  que  le  malade  êtoit  fi  foible  de  fon  naturel, 
ce  qu'on  ne  pouuoit  pas  efi^erer  à  caufe  de  l'âbatem-ent  des  forces,  outre  que  la 
vertu  des  médicaments  n'a  pas  peu  paruenir  iufques  là  :  mais  il  y  a  de  la  diffi- 
culté à  dire  comme  c'eft  que  l'os  a  été  ainfi  dénué  de  chaire  de  fon  Perio- 
fte,  voici  mon  opinion  :  les  mufclcs  tiennent  &  font  âtaclics  aux  os  par  le 
moyen  àzs  fibres>des  tendons  &  du  Perioftc;  or  quoy  que  la  mortification  n'ait 
pas  pafsé  le  gcnouil ,  où  il  s'cft  termine  en  vn  tres-fordidc  vlcere  paî"  vne  proui- 
dence  delà  nature,  ncantmoins  la  potu:riturecft  monté  plus  haut  6c  apoité  Ces 
racines  iufques  àl  os  delà  cuilîè  ou  c'eft  qu'elle  a  dénué  l'os  de  fon  periofte,  pas: 
là  on  voit  combien  eft  dangereufe  &c  abfur^Je  l'opinion  de  ceux  qui  veulent  q^uc 
l'on  coupe  le  membre  moïc  fur  lepourri  S>lc.  Oh/ernat,  ^\.  Centnr.  4. 


OBSERVATION    XLVL 

2)f  la  Gangrené  après  vne  rétention  d'vrine. 

VN  Gentil-homme  étant  de  retour  d'Angleterre  en  ce  pays,  s'cftplaint  fort 
fouucDt  d'vne  ardeur  d'vrine  ôc  quelquefois  (ï\hQ  rétention  ,  mais  ayant 
pti-.  les  cmulf  oiis  que  vous  luy  aucs  ordonné  &  reçeu  quelques  lauements  & 
fuppofitoircs,  il  ;■»  cté  bien  rot  remis  :  il  fcndt  toutesfois  deux  ou  trois  mois 
auantfawak.'-iccnlaparriegr.uche  du  périnée  iufques  à  ce  que  l'abfcés  s'y  rom- 
pir,vnc  doukur  piquauce  quoy  qu'elle  ne  fut  pas  beaucoup  véhémente;  au  com- 
menccrrnenr  d'Avili  de  raunecj  prcfentc  tfaysut  pas  bien  obferuclc  régime  que 
vous  iuy  auics  doruiC  &  pris  va  p^u  trop  d'cxcrcicçjii  remarqua  certaine puan- 


'  des  Vlccres ,  Gangrené ,  ôcc,  175 

tcur  en  (on  viînc,  laquelle  augmenta  reilcmfnt  peu  à  peu  que  l'on  peut  trouuer 
étrange  comme  cette  pouiriture  a  peu  être  cachée  fi  long  temps  dans  le  corps 
fans  auoic  apporté  fiévic,  nausée  ou  autres  accidents:  en  même  temps  on  vie  au 
foncidcrvrincvne  certaine  matière  vifcidc  femblablc  à  de  k  i'cmenccde  grc- 
noiiillcs:au  mois  de  May  pafsc  étant  allé  aux  Alpes  pour  y  voir  l'es  métairies.  Se 
ayant  été  obligé  démonter  Se  déccndre  par  des  ro:hes  âpié  &s'étant  grande- 
ment échauffé  contre  ia  coutume,  les  accidents  furent  bien  plus  violents  qu'au- 
parauant,  comme  il  fut  de  retour  à  Bernejielay  fis  prendre  des  emulfions  Se  rc- 
ceuoir  quelquefois  des  iauements  faits  auec  du  lait  comme  vous  luy  auiés  or- 
donné: ie  luy  oignis  les  reins  auec  des  onguents  Se  huylcs  rafraichillàntes  ,  &c 
quelquesiours  après  ieiuy  fis  prendre  vn  purgatif  de  la  bile  &  tiray  du  Ca.ng  au 
bras  ,  Se  comme  ie  remarquois  qu'il  rcndoit  abondamment  de  cette  matière 
gluante  Se  foetide  auec  l'vrine  ,  ie  luy  confeiilay  de  prendre  quelques  ioiirs  de 
fuite  du  petit  lait  fucré  :  m'étant  ferui  de  ces  médicaments  14.  iours  durant  Se 
luy  ayant  fait  tenir  vnc  façon  de  viure  bien  fobre ,  comme  il  fembloit  que  tout 
alioit  bien,  ia  puanteur  de  l'vrine  commençant  aulfi  à  celfer,  ie  m'en  allay  à  So- 
leurrc  Yoir  Madame  Mcron  femme  de  Monfieur  l'Ambaiîàdeur  duRoy:vn  peu 
aptes  le  mal  deuint  fans  comparaifon  plus  rude  Se  violent  qu'auparauant ,  car 
non  feulement  il  futfaifi  d'vne  fièvre  très  ardente  Se  continue  auec  rétention 
d'vrine,  mais  auflî  il  fe  fit  inflammation  au  périnée:  ce  qui  l'obligea  d'appe- 
ler en  mon  abfencc  le  Dodeur  Rex,  lequel  fe  feruit  aufiî  d'emuifions  Se  Iaue- 
ments, oignit  la  partie  auec  des  huyles  conuenables.  Se  Rit  obligé  de  le  mettre 
au  demi  bain  à  cauic  de  la  violence  de  la  douleur  :  'cependant  îc  fus  demandé 
Se.  à  m.on  retour  ie  trouuay  le  malade  quafi  en  l'agonie,  car  ia  fièvre  ctoit  fort 
violaite  ,  il  y  auoit  des  fréquentes  défaillances,  des  nausées  ,  dégoût ,  ardeur 
d'vrine  Se  rétention  auec  quàfitous  les  fignes  auantcoureurs  de  la  mort  :  l'in- 
flammation qui  ctoit  au  périnée  ctoit  à  peu  prés  de  la  grollcur  d'vn  œuf 
d'oye  auec  grande  douleur  pungitiue ,  tumeur  Se  dureté  du  Scrotum  Se  de  la 
verge:le  Docteur  Rex  auant  monarriuées'étoit  ferui  de  remèdes  Anodyns5c 
Refoiutifs,  mais  en  vain,  partant  nous  fûmes  obligés  de  venir  aux  fuppuratifs. 
Nous  mîmes  donc  ce  Catnplafme  ,  '^.  Rad  &  fol.  ?nalu£ ,  Alih.  an.  m,  j.  co^ue 
& pifiaf.  a.  addcfar.  TrJiic.  ^P.far.fem.fotnHgr.&linian.'^].  butyr.  rec.  ol. 
lilior,  alb-  &  vng.  Dia/tb.  an.  ^i^.  croci  5/5.  vltsU,  oiior.  narner.  ij.  m.  applica  ca- 
liàè  bis  vel  ter  in  die  :  le  vint-neuf  de  May  l'abfcés's'eftant  rompu  au  Périnée 
Se  au  beau  milieu,  il  en  fortir  tant  de  pus  pourri  &  puant  que  toute  la  cham- 
bre fut  remplie  d'vne  odeur  comme  de  charogne  :  cette  puanteur  dura 
quelques  iours,  car  cette  pourriture  gangrenée  étoit  fi  grande,  quetout|le 
périnée  tomba  mort  ou  il  refta  vn  grand  viccre  :  ie  mis  dQÎ^ns  ce  qui  relllle 
à  la  pourriture  .  Se  lur  l'vlcere  de  mon  onguent  iCgyptiac  auec  du  cliarpy  Se 
deux  tentes  defquelles  IVne  montoit  vers  le  fcrotum  &  l'autre  décendoit 
vers  le  fondement  ,   mettant    ce   cataplàme  par   dcirus ,    2C.  far.  lupin» 

Mm  z 


17«  Liuie  Troificnne 

&  fab.^y.  nn.'^il.ptilu.fmnmlt.  Abfjnth.fcorâi]  y  rut£  iVi. '^ij.  cocjne  in  osymel. 
Jimpl.f.  CAtnpl.  calenti  adde  alc'és  ,  mirrhét  an.  ^lis.  ic  coiipy  ia  cliaii  n:iortc  aiicc 
dcscilciiiix  ik  Icalpcilcs  prop:csà  chaque  Fois  que  ic  viiitois  l'vlcerc  ;  ie  ncc- 
rovois  le  pus  aiicc  des  plumaccnux  d'cpongc  nempcs  /;;  deco^o  fcordii ,  Euts'» 
Jbf)nih.  lupin,  addnofzk  :  ninfi.par  la  grâce  de  Dieu  ,  la  pou!  ricure  s'âiicra 
en  trois  iours  fans  pnllcr  plusauanr,  6^'  quiccay  iVÊgvptiac  en  lieu  du.jucl  ie 
fne  fcruisdVn  liniincnc  faitaucc  poudie  d'Aiiftolochie  rotide ,  Iris  flor.  Angé- 
lique ,  Aloës,  Myrthc  ,  extrait  de  fcordium  mêlés  auec  vn  peu  de  iaunc  d'œuf, 
mais  ic  me  feruis  duCataplafmc  trois femaincs  amant  :  or  non  feulement  la 
peau  ^  la  chair  du  Pctinéc  furent  ronges  par  la  pouriicurc,  mais  aufîi  il  en  for- 
tir  plullcurs  mcrrbrancs  pourries  qui  ctoycnt  alluremcnt  des  taiiit]ues  du  con- 
duit de  Tvrine  lefqucllcs  il  nous  falut  couper  «^arracher ,  ce  qui  fut  caufe  qu.e 
prefque  toute  fon  eau  fortit  par  i'vlccre  vn  long  efpace  de  temps  :  vers  le  com- 
mencement deluin  le  tubercule  qui  êtoit  au  milieu  de  la  verge  au  cote  droit, 
lequel  au  commencement  du  mal  êtoit  vn  peu  dur,  fe  termina  en  abfccs, 
qui  fe  rompit  aufli  peu  de  temps  après  faiis  neantmoiiis  pairec  iufques  aa 
conduit  de  l'vrinc,  parquoy  ayant  m.is  dtlîus  des  emoUients,  des  digcftifs 
&desmondificatifs>  il  feconfolidabien  tôt  :  trois  iours  après  que  ce  tuber- 
cule fut  rompu  en  ia  verge,  l'humeur  qui  auparauant  êtoit  épanduc  partout 
le  Scrotum  ,  fc  icttaau  bas  d'iceluy  vers  l'vlcerc  du  Périnée,  ou  il  fe  fit  vnc 
eminencc  dure,  maii  y  ayant  mis  des  fachcts  emollicnts  ,  de  l'onguent  de 
Ahh.  de  l'Emplâtre  ex  jneldoto  .  la  matière  qui  s'y  êtoit  amafscc  fe  vuida  peu 
à  peu  parTvlcercdu  périnée:  icclui  ayant  été  fuflîfammcnt  mondifié  de  cette 
chair  pounie  &  de  ces  membranes  gangrenées ,  nous  nous  feruîmes  d'vne  de- 
codion  vulneraiic  faite  de  Pyrola  ,  ^lchymllla,fanicHlc.,confolida  farracenica 
jirternifia  cr  Beu  rubr,  cum  n^ino  rubro  au/Iero  en  cette  manière  j  le  malade 
en  buuoit  vn  trait  trois  heures  auant  dîner  &  vn  après  fouper,nous  en  faifions 
iniedion  chaudement  deux  fois  le  iour  dans  Tvlcere  &  m.ettions  dedans  deux 
tentes  trempées  en  icellc  :  enfin  nous  mimes  vn  linge  double  trempé  en  la  mê- 
me decodion:  nous  n°  nous  contentâmes  pas  d'en  verfer  dans  l'vlcere  auec  la^ 
Syringue  maisaufll  nous  fifmesiniedion  dans  le  conduit  de  l'vrine ,  &c  pour  le 
faire  plus  commodément  nous  fifmes  faire  vne  Syringue  à  b-"c  courbe.'Ceci  eft  à 
remaïquerquequoy  qu'ilyeut  vne  grande  pourtiturcjqueneantmoins  le fphyn- 
dcr  fut  touîioursfiin  6:  fauf,  carie  malade  put  toufîours retenir  fon  eau  même 
au  plus  foit  du  mal,  &:  pourtant  l'vlcerc  qui  décendoit  vers  la  vcfïie  êtoit  pro- 
fond &:  alloit  iufques  aux  glandes  proftatesjlefquelles  ie  croy  auoir  été  incom- 
modées long-temps  auparauant ,  or  à  chaque  fois  qu'il  rendoit  fon  eau ,  elle 
fortoit  en  partie  par  la  verge,  en  partie  par  rvlcerc,  mais  fans  difficulté  ni  dou- 
leur: il  fe  ferait  de  la  deco6tion  trois  mois  durant,  de  forte  que  l'vlcere  fut  peu 
à  peu  entièrement  confolidéfans  qu'il  y  foit  refté aucune  fiftuleroutrc  les  remè- 
des topiques,  on  ne  lailfa  en  arrière  aucun  des  vniiuerfels  :  on  entretint  les 

forces 


desVlcercs,  Gangrène,  Sec.  177 

foiccs  aucc  vue  bonne  nouriici!rc&  Jcs  iricdicameucs  coudiaux  :  aprcs  qu'il 
ifS  eue  vn  peu  iccouu-'ic ,  nous  lùy  faillons  prendre  de  trois  en  crois  iours  ou 
tic  dfux  iouis  l'vn  vn  peu  de  fine  lercbcnthinc  ,  par  le  moyen  de  lâ^nelle  nous 
luy  entretînmes  le  ventre  libre  &i  en  même  temps  nettoyants  les  palîàges  de 
l'viine  :  nous  oignimeslcs  reins  cnr/i  vtîgu.rofac.camphcr/ito,  ôc  rrîîmes  par  delfus 
vne  lame  de  plomb  de  telle  grandeur  qu  elle  couuroic  les  lumbes&  l'os  facrum: 
maintenant  il  ic  porte  à  merucillc  &  ne  rcirent  aucune  incommodité  de  ce 
mal:ii  rend  ion  eau  fans  aucune  pêne  ni  empêchement,  lî  ce  n'cft  qu'après  fou- 
pcr  quand  clic  (orc  il  fcnt  vnc  certaine  fàclvjufedcfmangejiron  à  l'endioit  ou 
auoif  c:c  i'Vlccre  ,  &c  en  Ton  viine  on  y  voie  paifois  comme  du  Ion  ,  à  chaque 
fois  qu  il  la  veut  rendre  on  y  voir  vne  petite  goûte  de  cette  matière  blanche  & 
gluante  au  bout  de  la  verge  auant  qu'il  renie  i'vtinc  :  ie  crois  que  cette  matiè- 
re vient  des  glandes  proftates  qui  ne  font  pas  cncou  bien  fortifiées  &  rcmifcs& 
que  c'cll  comme  vne  icmcncc  c.xcrementicic  que  la  nature  pculTè  au  bouc  de  la 
verge  :  il  eft  enpcnc  def^auoir  pourquoy  cette  demangeaifon  doulourcufe  luy 
vient  feulement  après  louper  iS;  non  de  matin  ou  de  iour.  l'citimc  que  la  nature 
à  muni  cet  endroit  (^  qui  eft  dénué  d.  la  mAmbranc  J  d'vne  matière  vifcidc  &C 
gluante  contre  l'acrimonie  de  Tvrine  laquelle  s'engendre  de  nuit  lors  que  les 
Opérations  naturel ks  fc  font  le  mieux  ,  n^ais  comme  il  faut  rendre  l'vrine  fou- 
ucntefois  le  iour ,  qu'ayant  enctainécettemAiieie  ,  ces  parties  demeurent  à  dc- 
couu.-rt  <3c  font  irritées  par  l'aciimonic  d'icelhc  :  il  prend  cncor  par  interualles 
de  la  térébenthine,  &  rauiomne  pafsé  ilpii:  derech.fvn  Apozeme  laxatif  ,ob- 
feruant  toulîours  vne  bonne  façon  de  viure . 

Renonce  de  ^^onfeurde  M ayerne  Premter 
Médecin  du  Roy  d' Angleterre* 


C 


Eux  qui  ont  été  longtemps  incommodés  d'\  ne  carnofitc  au  psflàge  de  la 
_  vcrg'',quGy  qu'elle  ait  été  confumée  t<.  que  l'vkcre  foit  clos,  ils  ne  laiiïenc 
pas  de  porter  longtemps  la  fjibleirc  en  la  paitic,  princ;p.lcment  s'ils  font  fuiets 
aux  defluxions,ou  plethoriqucs,ou  fangains,  on  bllijux,  ou  qu'ils  ayent  ^q%  hu- 
mvUrs  (ub:i'es  ou  prennent  vn  grand  exercice,iucc  vne  façon  de  viure  peu  cxa- 
éte  ou  libertine:Monfieur  le  Do<ft.'ur  Rex  6c  vous  auez  genereulcment  refiftc  à 
1  inflammation,laquelle  on  auroit  poflîble  preuenu  fi  le  grand  amas  d'humeais 
<|ui  opprelToic  kpartie  ne  fe  fut  moqué  des  remcdt  s  qui  n'étoycnt  pas  baftants 
à  confumer  6c  dilîîper  cette  quantité  d'humeurs  :  lés  parties  qui  ont  vne  fitua- 
tion  bi^îè,  celles  qui  font  humides  6c  au  voifmage  des  excréments ,  fontfuiet- 
tes  à  vne  grande  pourriture  qui  fe  termine  bien  toft  en  l'phaccle  auec  vne  gran- 
de puanteur,teilc  qu'elle  a  été  en  ce  maladcrquc  h  leur  peu  de  chaleur  naturel- 
k  les  Tient  à  abandonner  3  vne  corruption  entière  ai^c  mortification  vienp" 

M     5 


178  Liure  Troificme 

immcdiatcment  aprcs  :  mais  Dieu  a  voulu  que  vous  ayez  furmontc  ce  mal:,à  la 
guciiiou  duquel  cette  decoftion  vuineiaiie  a  beaucoup  contribue,  de  laquelle 
i'ay  cpi'ouué  les  cft.-.rs  en  mille  rencontres. 

11  taut  maintenant  rclbudrelcs  dii'Hculrés  que  vous  me  proposes. «.Touchant 
la  demangeaifon  en  la  partie  ou  a  ctérvlccre  qui  n'incommode  que  de  nuit  Se 
donwcdu  relâche  cour  le  iour.  2.  Touchant  cette  vrinc  turfuracéc  qci  ne  vient 
que  parincerualles.  3.  Touchant  cette  matière  purulente  qui fctrouuc  au  bout' 
de  la  verge  laquelle  s'amalfcau  haut  du  conduit  de  i'vrine  deuant  laquelle  elle 
fort  c'tant  poufsce  par  icclle. 

Qyant  à  la  demangcailbn ,  i'cn  attribue  la  caufc  à  ccit2  partie  qui  cft  cncor 
délicate  &■  qui  a  pêne  eftcouucite  de  cicatiicc,  laquelle  cil  (ï  mince  &  leniiblc 
que  C  cette  bauc  qui  entoure  tout  le  conduit  ôc  s'amalïc  de  nuit  étant  detergcc 
de  iour  par  l'vrinc  qui  fort  à  diucrics  foisjcc  coips  ncrucûx  eft  aiscmen:  otrcnsQ' 
par  l'acrimonie  de  I'vrine  Ôc  par  la  fréquente  initation  de  la  h'culté  cxcretri- 
ce:on  cuitcra  cette  incommodité  iî  on  aifermit  la  cicatrice  par  des  deficcâ.tifs:il 
faut  faire  des  inietlions  vulnéraires  au  conduit  de  hvcïgè ,  additis ochrd  hijîpl- 
da  "oitrioUaafimmum  calcîn.iti  &  Sacchar.  Saturm.  Il  doit'reccuoir  vn  parfum 
parle  basfurlachailc  ^zïctçyâ'e-neens^  maftlCiVernis.ambre^alo'és myrrhe t  aucc  de 
rantimoine  cru  &  du  cinabre  d'antimoine  en  pc^tite  quantiié. 

Cette  matière  fuifuracéc  vient  elle  des  reins  qui  louFieiit  le  plus  fonucnt 
quand  les  glandes  proftatcs  ont  quelque  incommodité  inucterce?  Vient  elle  de 
la  vclfiejquifoitgaleufejàcaufe  de  Tintemperie  dci  pairies  voiiîiies  qui  eft  dés 
longtem.pS)Ou  de  quelque  tumeur  ou  folction  de  continuité? 

Cette  matière  vifcide ,  blanche  fcmble  tenir  quelque  chofe  da  pus  &  crois 
qu'elle  fort  ou  par  diapedcie  &  traniludation  à  trauers  de  cette  déliée  mem.bra- 
ne  de  l'Vicerc  ,  ou^des  proftatcs  qui  ont  quelque  indiipcflrion  leiquelles 
ayants  en  elles  vne  baue  excrementitic  naturellef'bien  différente  de  la  fcmence  j 
qui  fert  à  adoucir  le  conduit  de  l'vrinc  afin  qu'elle  &:  la  femence  puiffent  fortir 
fans  pcneni  faire  aucune  douleur,  s'il  y  a  en  elles  quelque  foiblellè  elles  en  en- 
gendrent plus  que  de  coutume,  &"  tromper  pluiîeurs  peiionnes  fous  vne  faullè 
apparence  de  gonorréeron  arrêtera  cet  accident  par  les  remèdes  que  i'ay  propo- 
sé alïàu.  les  inicdlions  &:  les  parfums,  que  fi  auec  cela  on  fe  fcrt  àzs  eaux  aigres 
beiies  bien  à  propos  aucc  l'vfage  delà  térébenthine  maftichinée  l'efpace  d'vn 
mois  ou  de  deux,ie  crois  qu'on  acheuera  la  guerilon,&^c.  Obf.^^.Cent-^. 


D 


OBSERVATION    XLVÏ. 

DelaGangrene  après  vne  morfùre  d'homme. 

Eux  Payfans  d'vn  Village  proche  d'Alfcld  ctoyent  également  palTionncs 
d'vnegarfejs'ctants  rencontres  en  vn  cabaret  Se  IVn  d'iceux  danfantaucc 

elle. 


des  Vlceres ,  Gangrène  ,  Sec.  17^ 

ellcj'autrc  cic  rage  le  pouiTuiuk  auec  vne  pecire  hache  laquelle  il  luy  fourra  le 
phis  nuanc  qu'il  pc-ut  en  l'hypochondre  droir:  celui  ci  fe  fenranc  blcfsc  (c  iettc 
lin-  l'aurre  à  coups  de  poingb  &  luy  mord  vn  des  dofgrs ,  mais  étant  tombé  en 
dcfailiance,il  fuT  coutrainrde  quitter  la  ïmte  :  ceux  qui  croycnt  à  l'cntourluy 
arrachét  la  hachcrte  du  côrc:on  le  tient  pour  mo:r  Sz  vu  Chirurgien  cft  deman- 
dé cependant  l'autre  prend  la  fuite  :  mais  il  retourna  après  qu'il  eut  apris  qu'il 
h'ctoic  plusen  danger,  on  l'exhorte  d'âcorder  auec  le Chirurgien,ce qu'il  rcf.ifc 
défaire  <3c  trouue  quelques  prétextes  >  cependant ilmêprife  la  moifuie  qui  cft 
fuiuie  d'vne  inflammation  au  doigt,  de  laquelle  n'ayant  cncor  tenu  conte  ,  la 
«rangrcne  y  vient  fans  que  le  Chirurgien  pût  empêcher  la  mortificationiaînfi  la 
gangrenée  le  fphaccle  gagnants  toujours  païs ,  il  faluc  couper  le  brasprésdu 
coudr-  :  Alors  il  appelé  en  iufticc  (on  aduerTaire  &  luy  demande  tous  les  dépens 
lefquels  l'autre  luy  refufa  auc;fr!rfron,en  partie  parce  qu'il  s'ctoit  attire  ce  mal, 
en  partie  parcequ'il  n'auoit  pas  voululuy  payer  les  lîensj&c.  Lettre  j^.dn  Do- 
Benr  Michel  Dorîngius  a  C  Jathcur. 


OBSERVATION     XLVII. 
De  la  Gangrené  es  deux  idmhes  venue  d'vne  caufe  cachée. 

VN  homme  de  bon  tempérament  &;  de  bon  âge  tomba  en  vne  gangrène 
àçs  deux  ïambes  par  vne  caufe  cachée ,  fînon  qu'auparauant  il  y  auoit  or- 
dinairement froid  comme  auflî  aux  pics  auec  pcfantcur  6c  engourdiiîement  ;  la 
gangrené  y  furuint  fans  qu'il  y  eut  auparauant  aucune  heure  ni  caufe  externe, 
ainfi  il  mourut  peu  de  temps  après  la  mortification  qui,auoit  pafsc  iufques  au 
gcnouïhle  corps  ayant  été  ouuert  nous  trouuâmcs  vne  tumeur  fchirreufe  pro- 
che la  vêne  caue  dccendente,a(Iàuoir  entre  les  reins  à  l'endroit  ou  elle  eft  four- 
chue :  ce  fchirre  crant  augmenté  auoit  tellement  ferré  la  vcne  caue  &  Tartere 
qu'il  ne  pouuoit  point  dêccndre  le  fangaux  iambes  pour  les  nourrir  &  viuitier; 
/iu  traite  de  la  Gangrené  chap.^. 


OBSERVATION     XLVIII. 

De  la  Gangrené  au  col  de  la  matrice. 


L 


'Au  i^^Ç,  Vne  Dâmc  à  Gcneue  ayant  ki  fleurs  fut  fubitemcnt  effrayée ,  ce 
qui  les  arrêta  iiicontiacMt ,  il  furiuiu  tout  à  l'heure  inflammation  ^  grande 


iSo  Liure  Troifiéme 

douleur  :  ayatU^  demandé  quelques  iours  après  aucc  Monfisur  Efaye  Colk- 
doii  Dodeur  Médecin  àc  Profcireur  en  Philofophie  ,  nous  trouuâmes  le  col  de 
la  mratrice  tout  liuide  &  gangrenc:la  ficure  écoicfort  grande  aiiec  des  fréquen- 
tes dcfaillances,nous  appliquâmes  quelques  remudes,mais  en  vain^car  elle  mou- 
rir ['\i.io\iX'Obf,6^.C€nt.x. 


OBSERVATION     XLIX. 
De  la  Gangrené  aufcrotam, 

L'An  i6\6.  vn  homme  d'enuiron  40.  ans  chcirgc  de  vin^ayant  été  arraquc  fu- 
bicement  d'vnc  enflure  au  fcrotum  auec  fiéure  aigue,âbacemen!:  de  forces, 
s'addrclfa  à  vn  Chirurgien  qui  voyant  cette  partie  liuide  aucc  exulceracionde 
la  verge  &  danger  de  gangreae,  voulut  que  l'on  appela  vn  Médecin:  ayant  etc 
demande ,  ie  luy  donnay  premièrement  vn  laucment  parce  qu'il  n'auoit  point 
eu  de  bénéfice  depuis  deux  iours,  puis  ie  fis  mettre  vn  cataplame  fait  auec  fcor- 
dium.rtitayfar.lHplnorhmtOrobi  cum  oxjmel.vlno  ç^  Jïrnil.    le  luy  fis  prendre  par  la 
bouche  le  diafcordium  Fracaftorij  &c  vn  peu  après  de  l'eau  theiiacale,voyant 
que  la  malignité  auoit  attaqué  le  cœur  &  àpéne  pouuoit'il  refpirer  quand  il 
n'enprenoit  pas:ayant  Icué  le  cataplame  le  iour  (^jiuantrnoiis  tiouuâmes  la  pe- 
tite peau  feparceile  troifiéme  iour  le  fcrotum  s'ctant  ouuerc  de  loy  même ,  il  en 
fortit  furie  foir  plus  de  dix  liures  d'eaux  :  le  quatrième  iour  les  gcnitoircs  fu- 
rent entièrement  à  dccouuert,car  le  fcrotum  ctoit  tombé  dés  le  pcnil  iufqucs 
au  perinée,m'étant  ferui  de  deficcatifs  ôc  incarnatifsji'auanç.iy  tant  en  14. iours, 
que  non  feulement  les  genitoircs  furent  couuerts  d'vn  nouucau  l'crotum  ,  mais 
aufli  que  la  nature  le  couurit  de  poil,  il  fc  fit  vne  nouuellc  peau  fur  1-  babnus  Se 
tous  les  vlcercs  de  la  verge  furent  confjlidcs,  de  iorte  qu  il  fut  capable  dés  lors 
d'exercer  la  virilité:ni  moy  ni  aucun  Médecin  n'a  iamais  rien  vcu  do  fcmblable, 
ni  mêmes  ouy  dire. Il  n'y  a  point  dcfoupçon  de  rien  qui  foir  vcnericnril  le  por- 
te à  prefcnt  fort  bien.  Ohf.j6.  Cent.^.    Lettre  de  Tetrits  Holtlernins  Profejfenr  à 
Cologne. 


I 


OBSERVATION     L. 

De  la  gangrené  at* fcrotum. 

'En  ay  veu  vne  infinité  qui  ont  eu  la  gangrené  au  fcrotum,mais  pour  dire  la 
vcritc  ie  n'en  ay  iamais  veu  vn  feul  qui  ait  cchapc ,  car  les  parties  honteufes 

étants 


des  Vicercs ,  Gangrené,  ôcc,  181 

cMiits  fort  humides  &  d'vnc  nature  laxe  &  rpongieufejellcs  rcçoiuent  aifcmcnt 
les  humeurs  qui  y  viennent  de  tout  le  corps  ,  d'où  vient  la  gangrené  comme 
cela  fe  remarque  aux  hydropiques  ,  laquelle  i'cftime  être  cnticremenc 
incurable  quand  elle  vient  aux  parties  honteufes,  à  caufc  de  la  mauuaife  habi- 
tude du  corps  ôc  de  laconftitutioii  deprauce  des  vilïères  comme  aufli  à  caufc 
de  la  dcbiUtc  de  la  chaleur  naturelle  en  la  partie.  Or  le  malade  duquel  vous 
me  faites  mention  n'a  pas  elle  auparauant  détenu  d'vne  longue  maladie  i  veu 
que  cette  tumeur  luy  cft  venu  fubitcm.enc  étant  charge  de  vin  :  il  auoitdonc  fcs 
forces  toutes  entières  ôc  nonâbatues  comme  auxhydropiques  ,  6c  ainfi  elles  ont 
peu  rcfifter  au  malnl  me  fouuicntd'auoir  veu  quelque  chofe  de  fcmblable. 

Va  homme  robufte  de  Cologne  âge  de  40.  ans  de  fort  bonne  conftitution» 
s'étant  cchaufé  en  été  but  va  grand  trait  d'eau  froide  ,  quelques  iours  après  il 
tomba  en  vue  heure  continue  de  laquelle  il  fut  remis  plus  par  l'aide  de  la  na- 
ture que  par  l'Art  des  Médecins,  il  refta  neantmoins  vne  intempérie  Ôc  vne  tare 
au  foye,car  il  tomba  bien  tort;  après  en  vne  cachexie  étant  venu  premièrement 
Iderique,  puis  après  hydropiqiic:on  demanda  le  Dodeur  Bernard  Cronenbuc- 
gius  qui  fît  tout  ce  qui  êroit  nccclfaire  pour  chalïcr  ce  mal  ,  enfin  l'humeur  fe- 
reufe  étant  décendue  au  fcrotum  comme  par  vne  cfpecc  de  crife ,  on  demanda 
aulîlMonfieurSlotanus ,  ils  firent  tous  deux  leur  poflîble  ,  mais  le  fcrotum  ne 
dcfcnflapoint,car  peu  à  peu  la  chaleur  naturelle  étant  venu  à  s'éteindre,  il  s'y  fit 
vne  Gangrené  :  ils  fcarificnt  incontinent  le  fcrotum.  auec  la  lancette  ,  le  lauenc 
auec  du  vinaigre  ou  écoit  fondu  du  Ici  marin  auec  de  la  theriaque,ils  y  mettent 
de  l'onguent  ^gyptiac  &  vn  cataplamc  fait  auec  farine  de  lupins,y  vroycalocs, 
myrrhe,  fcordium  Se  autrts  choies  qui  rehftent  à  la  pourriture  ,  fans  lailfer  en 
arrière  aucun  des  remèdes  vniucrfels  ,  mais  cependant  l'eau  fortoit  abondam- 
ment du  fcrotum:il  fcmbla  que  le  malade  reprenoit  vn  peu  Ces  forces,  par  après 
il  tomba  fphacelc  tant  par  l'aide  de  la  nature  que  des  médicaments,  car  M.  Slo- 
tanus  coupa  auec  le  raloir  ce  qui  éroit  gangrené  ,  de  forte  que  les  tefticules  pa- 
rurent nuds:  l'Vlcere  fut  ouuert  durant  quelques  mois,  pendant  lequel  temps 
la  nature  chalTa  fi  bien  toutes  les  humeurs  qui  étoyent  attachées  auxviilcres, 
que  l:s  parties  nobles  reprenent  leur  première  vigueur  6c  le  malade  fut  entière- 
ment gueri:la  nature  engendra  tout  autour  des  genitoircs  vne  cicarrice  dure& 
callcuiequi  leurferuoic  delcrotum,  ayant  eu  quelques  enfants  dés  ce  temps. 
Obferuationj'^.Cent.^. 


OBSERVATION      Ll. 

T)e  U  gangrené  de  tout  le  corps  Apres  vne  brûlure. 

\  N  Feur.ier  léii.  vn  ieune  homme  d'cnuiron  lo.  ans  ayant  mis  vn  foir  sécher 
^fut  une  planche  de  bois  vne  cinquantaine  de  liures  de  poudre  à  canon  ,  5c 

Nn 


eau 
tom- 


2gi  Liure  Troifiéme 

s'ctant  couche  en  la  même  chambre  à  quatic  heures  du  matin  ayant  laiTsc  la 
chandelc  allumée  fur  cette  même  planche  ,  il  en  vola  vue  êrincellefur  la  pou- 
dre qui  emporta  vnc  partie  de  la  mailon  îk  biûla  la  paiile  du  licl  ou  croit  cou- 
ché ce  miicrable  tout  nui  :  comme  il  ctoir  au  milieu  de  la  flamme  Ton  cama- 
rade y  accourut  (  lequel  fut  aulTi  bien  olîensé  )  qui  éteignit  le  feu  à  force  d' 
fk  le  tira  dehors  :  il  fouthit  incontinent  de  très  grandes  douleurs  &  to 
ba  en  vne  extrême  débilité  :  ayant  été  demandé  le  même  iour  cnuiron  trois 
heures  après  m.idi  j  ie  le  trouuay  aux  extrémités  :  la  chaleur  naturelle  auoic 
tellement  été  éteinte  tant  par  la  violence  de  la  flamme  que  parla  quantité 
d'eau  froide  qu'on  auoit  ietté  dcifuSjque  Ton  corpsf  lequel  êtoit  bouffi  par  tout) 
ctoit  très  froid  ,  noir  &  Gangrené  ,  (ans  excepter  la  poictine  ni  le  venrrejîe  ne 
luy  peus  point  trouuer  le  pouls,  de  forte  qu'il  mourut  bien  toft  après  :  Ohf.^^t 
CentHr,i\. 


OBSERVATION     LU. 
De  la  gangrené  venue  de  froid, 

L'An  1600.  vn  Pèlerin  Breton  venant  de  Rome  s'ê tant  égaré  au  mont  faint 
Bernard  &  ayant  pafsé  la  nuit  dans  la  nege  ,  il  endura  vn  fi  grand  froid 
que  la  gangrené  vint  en  tous  les  bouts  des  doigts  de  la  main  droite  par  la  mor- 
tification de  la  chaleur  naturelle  :  y  étant  venu  incontinent  vne  très  grande 
douleur  aucc  débilité  de  forces ,  à  grand  pêne  fe  peut-il  rendre  à  Sion  en  Va- 
lay  ou  il  s'adrcllaàvn  Chirurgien  afsés  habile  ,  lequel  voyant  que  la  gangre- 
né étoitpafsée  en  fphacele  ôc  que  les  bouts  des  doigts  étoyent  entièrement 
morts  ,  coupa  la  chair  des  doigts  autour  àizs  os  auprès  du  poignet  &:  la  fc- 
paraiufques  a  la  iointure  pioche  :  il  coupa  auflî  aucc  le  rafoir  les  doigts  dans 
la  iointurcjmais  auec  vne  telle  dextérité  que  la  gangrené  ne  pouuoit  pas  paflèr 
plus  auant  :  ol  comme  ce  bon  perfonnage  n'auoit  pas  vne  fcie  propre  ,  & 
croyant  faire  vne  ^dlion  indigne  d'vn  Chirurgien  de  feferuir  de  tenailles  ou 
de  cikaux  (  comme  ont  de  coutume  les  Chirurgiens  ordinaires  )  il  m'en- 
i;oya  ce  miferable  à  Laufanne  auquel  ie  coupay  auec  la  fcie  les  os  de  tous 
les  doigts  delà  main  droitte  iuiques  au  métacarpe  j  ilfutaprcs  bien  toit  guéri 
&  s'en  alla  chez  foy.    Ohfern.Hj.  Cent.i, 

^   ^  OBSER- 


des  Viceres ,  Gangrené, &c.  185 


OBSERVATION     LUI. 

Sur  le  même/tiie^. 

EN  1588.  aiimoisde  Décembre  i'ay  traire  auec  Monfieurlcaii  Anthoinc 
Sariazin  le  Comce  Mansfeh-l,qui  auoit  la  Gangrené  venue  de  froid  aux  deux 
pics  delquels  il  perdit  quelques  oi  relis,  neantmoins  il  fut  bien  roft  guéri  :  ie 
traitois  auflien  même  temps  pafsé  50.caualiers  &  foldats  Allemands  tous  atta- 
•qucsd'vn  même  mal  qui  vcnoir  de  même  caufe ,  defqucls  ie  guéris  la  plufparr, 
quoy  qu'il  y  en  eut  quelques  vns  qui  y  lallFcrent  pies  ou  mainSjOu  iambes  ;  C'ê- 
toit  le  relie  des  troupes  Allemandes  qui  anoyeiit  écé  dcfaires  en  France  que  l'en- 
nemi pourfuiait  iulqucs  en  Sauoye  où  ils  furent  pourfuiuis  ,  ayants  paf- 
sé des  riuieres  à  la  nage  &:  des  montagnes  routes  couucrtes  de  ncge  :  pour 
cette  caufe  pluiieurs  moururent  auec  défaillances  &  fueurs  froides  ,  &c  les  au- 
tres faifis  de  gangrené  :  ceux  de  Geiieue  les  rcçeurent  chrétiennement  Se  chari- 
tablement les  vns  dans  l'Hofpital  &  les  autres  dans  des  maifons  particulières, 
employants  Médecins  (?c  Chirurgiens,  Se  donnèrent  à  ceux  qui  furent  guéris 
argent  ôc  veftements  pour  retourner  en  leur  pays8y4«  traité  de  U gangrené  ch.A^. 


OBSERVATION     LIV. 

De  la  Gangrené  venue  d'intempérie  froide  &  feche  aaei;  défaut 
de  nourriturz^. 

LA  Vieillcire,  au  dire  de  Galion  ,  étant  vue  intempérie  froide  &  lèche  ,  il  ne 
faut  pas  trouuer  étrnnge  h  les  maladies  qui  viennent  de  cette  caufe  ont  de 
la  pénc  à  le  gueiir  es  Vieillards,  car  ils  manquent  de  chaleur  naturelle  laquelle 
cuit,yiaifîe  &  reftaure  tout ,  comme  aîilîi  d'humeur  radicale  qui  humcdtc  tout 
le  cor[  s  &  feit  d'entretien  à  la  chaleur  naturelle.-  au  contraire  cet  âge  n'engen- 
dre que  des  excréments  par  le  débordement  dcfquels  la  chaleur  naturelle  eft 
peu  à  peu  ctouféc  ou  nu  moins  âfoiblie,  aînfi  les  forcés  fe  diminuent  qui  par 
apresne  pcuuent  pasrcfifter  au  mahpour  cette  caiffe  la  Gangrené  qui  vient  de 
cette  intempérie  eft  la  plus  dangcreufc  déroutes  principalement  es  Vieillards 
Se  ceux  qui  ont  les  parties  nobles  mal  conftituées:  Elle  commence  première- 
ment aux  extrémités,  ces  parties  êrants  les  premières  deftituées  de  nouiriturc: 
ce  qui  a  fait  dire  àBeniuenius  que  la  Gangrené  qui  commence  par  le  bout  du 

Nn    1 


X84  Liure  Troifiéme 

pic,  eft  mortelle  j  entendant  parler  de  cetre  cfpcce  :  quant  à  moy  ie  n'en  ny  vcu 
qu  vn  feul  qui  ait  cchapé,  duquel  ie  veus  écrite  l'hiftoirc  afin  que  le  ieunc  Chi- 
f  urgien  fâche  qu'il  ne  faut  iamais  abandonner  vn  malade  es  maux  les  plus  dc- 
fefperes. 

L'an  1581.  le  10.  Aoufl;  étant  au  château  de  Bemburgcn  chcs  le  Prince  de 
Clêues,  vn  Preftre  âgé  de 70.  ans  Ôc  décrépit  fut  faifi  de  gangrené  en  la  iambc 
droite  venant  d'intempérie  froide  Se  fcchc,ou  plutoft  de  défaut  de  chaleur  na- 
turelle/ans  qu'aucune  caufe  externe  eut  précède  :  il  n'y  eut  aucune  douleur  au 
commencement  du  mal  ni  marque  d'inflammation,  m.ais  plutoft  il  fentoit  du 
froid  en  la  iambc  :  à  caufe  dcquoy  il  demanda  incontinent  le  DodeurGalenus 
Vuierus  premier  Médecin  duPiince,  &  Cofme  Siotanus  ion  premier  Chirur- 
gien :  or  noustrouuâmes  vn  peu  au  delFus  du  talon  vnc  puftule  noire  qni  n'c- 
toitdegueresplus  grolîequ'vne  noifette,fansdouleur,inflammation  ni  tumeur, 
laquelle  étant  ouuerte  il  en  foitit  quelque  peu  d'icheur  ou  fanieiaunâtre,  &  la 
chair  qui  ctoit  dellbus  ctoit  huide  Se  fans  fentimcnt,cette  puftule  fe  couuertit 
incontinent  envn  très  puant  Vlcere  lequel  en  peu  de  iourss'empara  de  lacuiiïè 
auec  vne  telle  violence  qu'elle  éfoit  à  demi  moi  te  d'vn  cofté,à  caufe  dequoy  par 
le  confeil  du  Dodeur  Vuier  nous  fcarifiames  ta  cuilfe  par  tous  les  lieux  ou  il  y 
auoitfoupfon  de  gangrcne^mettantspardciTus  des  cataplames,onguent  Sctout 
ce  qui  peut  refifter  à  la  pourriture  ,  rêucillcr  la  chaleur  naturelle  &  attirer  la 
nourriture  ,  cependant  le  D.Vuicrus  donna  des  médicaments  internes  pour  for- 
tifier la  chaliur  naturel!c,laquellc  il  reftauroitauiîî  par  des  bons  aliments:ainfi 
la  pourriture  s'arrêta  Se  les  accidents  s'àpaiferent  peu  à  peu  :  l'Vlcere  ayant  ctc 
mondific^c  à  peu  près  gueii,il  s'en  alla  chez  \uy. O  hf. ^S.C  en  1. 1, 


OBSERVATION     LV. 

De  la  gangrené  venue  d'intempérie  froide  &  sèche. 

MOnficur  laques  Marquard  Secrétaire  à  Morat  âgé  de  70.  ans ,  ayant  été 
quelques  années  tourmenté  de  la  goutrc  noiieufe  es  pies  Se  mains,en  tel- 
le /cite  qu'il  ne  pouuoit  plus  marcher  qu'auec  les  potences,  enfin  l'an  i6ii.au 
mois  d'Aouft  il  fentit  vn  certain  froid  fâcheux  auec  cngourdiffcment  en  la  cuif- 
fe,mais  comme  il  n'y  auoic  ni  douleur  ni  enflure,  il  ne  fe  mit  pas  beaucoup  en 
pénedefon  mal,neantmoins  l'engourdilîèment  augmentoit  peu  à  peu,  le'pié& 
les  orteils  commencèrent  à  deuenir  premièrement  liuides,puis  après  noirs  de 
forte  que  la  gangrené  commença  à  paroîtrc  qui  môta  peu  à  peu  vers  le  genouïh 
ayant  été  demande  le  5.Sept.pour  le  voir,ie  trouuay  le  pié  &  la  iambe  mortifies 
iufques  à  lagreue,noirs  comme  du  charbô  auec  froideur,grâdescchereâe&  cx- 
iienuati6:il  n'y  auoit  aucune  douleur  &  n'y  en  auoit  point  eu  dés  le  côœcccmér, 

il 


des  Vlceres,  Gangrené,  &c.  tS^ 

il  n'ctoitaacunerriec  inquicrc,dormant  comme  de  coûtuHic:fans  perte  d'appcrir 
ni  vanation  au  pouls:Le  malade  Se  ceux  qui  etoyecà  l'cncour  voulurent  que  ic 
vinlfc  à  l'amputation,  mais  îe  ne  fus  pas  de  lenrâuis,  car  ie  iugeay  que  la  ma- 
ladie êtoit  incurable,premiercment  eu  égard  à  la  grande  exténuation  de  tout  le 
corps,  2.  parce  que  les  forces  ne  pourroycnt  pas  fubfifter  tant  à  eaufe  de  l'âge 
que  de  la  longueur  de  la  douleur  qu'il  auoit  fouffert  de  la  Goutte  :  3.  parce  que 
la  chaleur  naturelle  «Se  l'humidité  radicale  auoycnt  ère-  diflipces  non  feulement 
en  cette  partie  maisaufliî  en  tout  le  corps  :  or  les  maladies  qui  viennent,  de  fe- 
chcrelîè  &  défaut  de  nourriture  comme  auffi  d'humidité  radicale  font  incura- 
bles: pour  cette  raifon  la  conuulfion  qui  vient  après  auoir  pris  de  l'hellébore 
ou  après  des  fièvres  ardenres,  eft  mortelle  au  dire  d'Hippocrate  :  après  mon  de- 
part  ils  s'addrelîèrent  à  vn  Barbier  lequel  mcprifant  tout  ce  que  i'auois  dit  de 
la  nature  du  mal  Sc  de  l'éuenement,  leur  voulut  faire  à  croire  que  le  mal  n'étoît 
pas  fi  grand  &  qu'en  coupant  la  partie  tout  iroit  bien  :  il  coupa  donc  la  iambe 
par  le  confentementdu  malade  &  defcs  amis  :  le  malade,  comme  ie  i'ay  apris 
fut  fort  courageux  &  refolu  dans  l'Opération,  mais  l'éuenement  fut  tel  que  ie 
l'auois  prédit:  car  quelques  iours  après  l'OTiputation  ,  la  Gangrené  attaqua  de- 
rechef le  tronc,  &  peu  à  peu  monta  plus  haut,  de  forte  qu'il  ne  tarda  pas  à  mou- 
rir. Obfem  92.  Cent.  4.  &  ah  traité  de  la  Gangrené  ch.  7. 


OBSERVATION      LVI. 
*De  la  Gangrené  après  tvfage  des  Narc^ttcs. 

LEs  médicaments  Narcotics  comme  l'Opium ,  le  lufquiame ,  la  Ciguca 
Mandragore,cftants  mis  mal  k  propos  fur  les  inflammations  ,  épaifillènt 
l'humidité  radicale  &  éteignent  la  chaleur  jiaturellc,  ce  que  fait  aullî  l'eau  froi- 
<3e  comme  ie  I'ay  remarque ,  car  en  1591.  en  la  canicule  ,  vne  fille  de  Hildcn 
nommée  Sophie  étant  trauaillée  de  fiéure  continuelle  &  très  ardente  ,  aiTèc 
vne  grande  chaleur  &  fueur  le  iour  de  la  crife ,  fut  menée  par  vne  fotte  femme 
dés  fon  lit  àvn  Puis  où  elle  beut  vnfeau  d'eau  extrcmcmtnt  froide  &  y  plon- 
gea les  mains  pour  fe  les  rafraîchir ,  elle  fentit  incontinent  de  la  douleur  en 
tous  les  endroits  que  l'eau  auoit  touché  auec  enflure  qui  fut  fuiuie  bien  toc 
après  de  liuidité  :  Ces  parents  n'ayants  eu  foin  au  commencement  de  la  fecourir, 
me  demandèrent  feulement  huit  iours  aprres:  ie  trouuay  la  main  droite  de  cette 
fille  toute  enflée  iufques  au  poignet  auec  des  vefl[îes  liuides  Se  les  bouts  des  doigts 
fccs  &  mortifiés,  m'étant  ncantmoins  fcrui  de  fcarifications  &  autres  remèdes, 
ic  fis  tant  paj  la  grâce  de  Dieu  que  quafi  toute  la  main  fut  conP.ruée,  hormis  la 
première  articulation  des  doigts:il  y  eut  bien  au0î  enflure  &  douleur  en  la  main 
gauche,mais  elle  fe  déchargea  de  toute  fa'maligaité  en  l'autre.  j4u  traité  de  im 
I   "Ganirenecki.       ^  Nn  j 


ig^  Liure  Troifiéme 

OBSERVATION       LVII. 
De  la.  Gangrené  précédée  d'intempérie  froide  &  feche, 

L'An  1600.  la  femme  de  laques Bngole  au  village  de  Covfcllcs  dans  le  ter- 
ritoire dePayerne  ,  fut  attaquée  dVne  maladie  fortcmbarraisce  au  com- 
mencement: car  clic  étoit  tantôt  trauaillce  debitcmenrs  de  cœur,  tantôt  d  hor- 
ribles douleurs  de  ventre  :  cependant  l'apperit  ne  diminua  pas  beaucoup  quoy 
qu'elle  amaigrit:ayant  pafsc  quatre  ans  en  ce  milcrable  état  &  étant  venue  com^ 
me  vn  Scelete  ,  il  luy  vint  peu  à  peu  vn  engourdilïemcnt  aucc  froideur  en  la 
main  gauche  fur  tout  aux  bouts  des  doigts,mais  ces  accidents  étoyét  (\  petits  au 
commencement  qu'à  penc les  rcmarquoic'-clle  ,  car  il  n'y  auoir  ni  enflure  ni 
douleur  ni  inflammarion,cependantlcs  extrémités  des  doigts  &  toute  la  main 
fè  gangrenèrent  peu  à  peu  &  fe  mortifièrent  enticremenf  :  ayant  ccé  demande 
trois  femaines  après  le  commencement  de  la  gangrené ,  ic  tiouuay  le  bras  iuf- 
ques  au  coude  &  les  doigts  noirs  comme  du  charbonjfroids  comme  glace  2c  tel- 
lement exténués  qu'il  n'y  auoic  que  la  peau  fur  les  os,quoy  que  comme  i'ay  dit, 
il  n'y  eut  ni  enflure  ni  inflammation  ni  douleur ,  non  pas  même  au  lieu  ou  la 
chaleur  naturelle  n'étoit  pasencor  ctcinre  :  or  quoy  qu'elle  fut  fort  débile  & 
qu'il  y  eut  peu  d'cfperance  qu'elle  peut  recouurerfa  faute, neantmoins  &  la  ma- 
lade &  les  amis  me  prièrent  de  couper  le  bras:ayantdonc  été  amenée  à  Payerne, 
comme  le  mal  anançoitfi  lentement  qu'à  pénc  le  remarquoic'-cn  ,  ie  trouuay  à 
propos  de  la  préparer  auant  l'Opération  ,  parquoy  ic  luy  fis  prendre  quelques 
iours  de  fuite  de  bonsboiiiHons<S:  bonne  nourriture  pour  réparer  les  forces  au- 
tant qu'il feroit  po(fible,côme  anfli  des  lulcps  aucc  conf.âiion  d'Alkermes,  eau 
decanelle  mettant  en  outre  descpirhemesfur  le  cœur,  en  après  iecoupay  heu* 
reufemêt  le  bras  au  delfus  du  coude  sas  douleur  ni  h.-emorrhagicen  la  partie  fai- 
ne:ie  mis  au  premier  âparcil  des  remèdes  qui  arrêtent  le  fang&  âpaifentladou- 
leur,6c  par  après  des  fuppuratifs:ainfi  la  playc  fut  bien  tôt  amenée  à  fuppuration, 
de  forte  qu'il  en  fortoitdu  pus  louable  :  neantmoins  enuiron  l'onzième  ioùr 
après  l'amputarionjla  gangrené  vint  derechef  au  tronc  de  forte  qu'elle  mourut 
peu  de  iours  après:  après  fa  mort  on  y  trouua  pluficurs  chofes  remarquables  & 
I. l'abdomen  rempli  de  ferofités  2.1e  mefenterc  tout  farci  de  Statomcs.  j.vn  gi  ad 
fchirre  fous  la  véne  porte  dans  le  pancréas  même  ,  quiauoit  été  certainement  là 
principale  caufe  du  mal:  4.  le  Foye  dur  &  pâle  comme  s'il  auoif  été  bouilli:  5. 
lespoulmons  pleins  de  matière  purulente  tj<:  fœtidc  au  côté  droit,^  au  gauche 
de  ferofités:6.plufieurs  fchirres  liuides  épars  par  toute  la  fubftance  des  poulmons 
dans  lefquels  il  y  auoit  vne  humeur  noire  comme  encre:  j.plufieurs  picrrettes  de 
diuerfes  couleurs  épaifes  par  la  fubftance  des  poulmons:  8.  le  cœur  tout  fcc  & 

aridcj 


des  Vlceres,  Gangrené,  ôcc.  1S7 

aride,  9.  l'artère  vencufe  d'vne  prodigicufe  grofTciir ,  laquelle  ctoic  plcne  d'vnc 
humeur  fercufe  laquelle  l'auoit  airurcmenc  ainfi  clargi  &  dilate,  veu  qu'elle  n'a 
qu'vne  iîmplc  membrane,  ainfi  qu'enfcigne  Galicn  au  liure  rcpcicme  de  Tes  ad- 
miniftrations  Anatomiques:  Ohferu.Sç).Cem.  z. 


O'BSERVATION     L  V  1 1 1. 

De  la  Ga^igrene  après  vne  fièvre  par  vne  caufe  occulte. 

ENrre  toutes  les  efpeces  de  Gangrené  il  n'y  <;n  a  point  de  plus  dangereufe  que 
celle  qui  vient  dVne  qualité  occulte  &•  venimeufe.vcu  que  rarcment.ks  ma- 
lades en  releuentjCar  quoy  que  l'on  coupe  le  mcmbrecn  la  partie  qui  nousTcm- 
ble  ccre  faine,  neantmoins  le  mal  retourne  encor  &  attaque  derechef  le  tronc 
emportant  bien  tôt  le  malade  ,  car  la  malignité  de  ce  venin  tft  fî  grande  qu'elle 
fcfaihr.  des  mufcles  des  vénes  èc  des  artères  qui  font  au  profond  de  la  partie 
ûuant  que  paroiftre  en  dehors,  s'étendant  par  le  moyen  d'icelles  au  long  (S«:  au 
large  &  infîdant  les  parties proches,auant  qu'il  apparoifFe  aucun  ligne  de  gan- 
grené au  d.  hors,  en  voici  vn  exemple. 

(L'an  1605.  le  i.de  lanuier  vn  Gentil  homme  deS  Trinier  petit  Bourg  enBrcfïè 
1   nomme  Pierre  Dhazardfe  mit  au  lit  âtaquc  d'vnc  fîévrc  aiguë:  m'ayant  fait  de- 
''  mander  ie  luy  ordonnay  tout  ce  qui  ctoit  nccellaire  pour  la  guerifon  de  ce  mal 
de  forte  qu'il  fut  remis  en  quatre  iours:comme  il  voulut  retourner  à  ks  occupa- 
\.  tiens  ordinaires  il  commença  à  quitter  le  lit,mais  en  fcpourmenant  doucement 
par  la  chambre,il  fentit  vne  grande  pcfantcur  au  pié  gauche  qui  futfuiuie  d'v- 
ne fi  grande  doulcur,que  ne  pouuani  plus  fe  (oûcenk  il  tomba  par  terre  comme 
il  on  l'auoit  iettc  bas  :  fts  feruiteurs  accourent  incontinent  &  tâchent  de  le  rc- 
leuer,mais  il  ne  peut  iamais  fc  foûtenir  à  caufe  que  fon  pic  gauche'n'auoit  point 
de  mouuement:incontinent  ic  fus  âpelc  6i.  trouue  ce  perfonnage  criant  à  haute 
voix  par  la  violence  de  la  doulcurmc  pouuar.t  côprcndre  d'où  elle  luy  êtoit  ve- 
nue fi  fubitcment  ie  luy  demanday  des  quel  temps  il  en  êtoit  trauaillé  «Se  où  elle 
.  le  tenoitjlcquel  ne  me  fçeut  répondre  autre  chofc  iînon  qu'il  ne  pouuoit  marcher 
■  que  du  pié  gauche:&:  voulant  fçauoîr  l'efpece  de  douleur,ii  dit  que  le  pic  êtoit 
en  feu  &  de  même  que  s*il  y  auoit  des  charbons  delîous  :  le  découure  la  partie 
&  larnanie  pour  fçauoir  s'ily  paroilloit  quelque  chofe,mais  tant  s'en  faut  que 
i'ypuillè  remarquer  cette  grande  chaleur,qu'au  côtraire  ie  trouuay  tout  le  pic6c 
principalemêt.la  plante  engourdie  de  froid:que  liie  n'euife  veu  la  tîgure naturel- 
le du  pic  changée^ car  les  doigts  ctoyêt  quafi  renucrsts  &  le  pic  immobile  côme 
s'ilt  eut  été  mort)  i'eufïe  creu  qu'il  n'y  auoit  point  de  mal,veuqu'il  n'y  auoit  ni  en- 
flure ni  changemét de  couleurrceux  qui  étoyent  autour  me  demâderent  que  pou- 
uoit fignifier  cette  douleur  fi  violête,  ie  leur  répôdis  qu'il  y  auoit  du  dâger  que  la 
gâgrene  n'y  vint  fi  elle  n'y  étoit  déjà:  car  quoy  qu'il  n'y  eut  point  d'inflamatiô  en 
cette  partie  ni  aucuu'autf  c  intempérie  manifellc  qui  peut  éteindre  où  ccoufcr  h 


t8  8  '  Liure  Troifiéme 

chaleur  naturelle,  ie  fçauois  ncancmoins  qu'il  y  auoit  des  autres  caufcs  dans  le 
corps  qui  la  pouuoycntcteindcc,  car  comme  dit  Fcrncl  au  chap.  7.  du  7.  liurc 
de  fa  pathologie ,   la  chaleur  naturelle  de  quelque  partie  peut  être  ctoufce  & 
éteinte  par  quelque  caufe  maligne  &  venimeufe  ;  cette  qualité  agit  par  vnc 
vertu  cachée  ôc  que  nous  ne  pouuons  comprendre ,  laquelle  corrompt  &  dé-^ 
truitla  fubftancc  de  la  partie  :  or  il  n'y  a  pcrfonne  qui  puilTè  exprimer  qu'elle 
eft  cette  qualité  ,  autrement  on  ne  pourroit  pas  dire  qu'elle  cft  occulte  :  mais 
comme  elle  peut  venir  ou  par  vne  caufe  externe  ou'par  vne  interne  ,  &  s'engen- 
drer dans  le  corps  >  il  faut  examioer  laquelle  de  ces  deux  a  lieu  en  ce  cas  :  pour 
moy  i'eftime  que  la  caufe  de  ce  mal  eft  interne,  veu  que  ie  ne  fçache  pas  que  le 
malade  ait  êcé  attaqué  d'aucune  caufe  venue  de  dehors,  &c  crois  qu'elle  ne  s'eft 
pas  engendrée  en  la  partie  en  vn  moment,  mais  q  l'clh  s'y  tft  amaf>ée  dés  vu 
long- temps  j  car  trois  ansauparauant  il  auoit  fenti  ie  nelçiy  qu'elle  douleur  Sc 
incommodité  en  ce  pié  qui  le  mcttoicen  chaleur  &c  le  rendoit  pcfant  ,   que  s'il 
buuoit  ou  humoit  quelque  chofe  actuellement  froide  ,    il  la  fentoic  décendre 
immédiatement  au  pié  :  ilafouuent  demandé  confeil  aux  M.'decins  là  dclfusi 
Icfquels  ignorants  la  caufe  du  mal,  ont  cru  que  c'étoit  vn  eftet  de  l'imagination: 
on  peut  voir  par  là  qu'il  a  porté  long-temps  la  caufe  du  mal  auant  que  la  cha- 
leur naturelle  fefoit  rendue  :  or  cette  malignité  augmentant  de  iour  eniour 
&nen  pouuant  plus  porter  fes  attaques ,  elle  s'cftctciatc&  éuanouïe  ,    ainlî 
la  partie  eft  demeurée  morte:  cette  douleur  êtoic  violente,  non  en  la  partie 
qui  êtoit  déjà  fphacelée  ,  mais  es  voifincs  à  caulc  de  la  vapeur  maligne  qui  les 
attaquoit  :  elle  êtoit  fi  étrange  qu'il  n'y  auoit  aucun  Anodyn  qui  la  peut  adou- 
cir, èc  quoy  que  la  partie  fut  déchargée  du  lang  fupeiflu  ,  Ci  eft  ce  qu'il  n'en  re- 
ccuoit  aucun  foulagement ,  finon  lors  que  Ton  ve  foie  fu,  U  iambe  du  bit    de 
vache  tiède  en  quantité  tSc  fouuent  :  il  difoit  que  le  fju  y  êcoic  ,  mais  ie  ne 
fçauroisen  rendre  raifon  ,  linon  que  cela  vienne  de  la  prop  ietc  de  la  vapear». 
ou  de  la  multitude  dufang  &  des  efpritsquelanacure  y  poufroic  pour  la  foula- 
gcr  :  nous  fumes  deux  iours  entiers  en  cette  inquiétude  ,  iulqu'ace  que  laGm- 
grcne  ayant  paru  en  dehors,  il  y  eut  du  changement  en  la  peau,  on  prit  lois  re- 
folution  de  couper  la  iambe  ,  ainfî  on  appela  Maiftre  Ch.ipuis  habile  Chirur- 
gien lequel  la  coupa  auec  vne  grande  dextérité  :  tous  les  accidents  ccfterent ,  le 
malade  fut  en  repos  3c  on  commença  à  efperer  fa  gutrifon ,  mais  comme  il 
ctoit  mal  conftitué  &  qu'il  y  auoit  vne  mauuaife  dif.'oficion  &c  putrilngineu/e 
êparfe  par  tout  fon  corps  qui  luy  ctoit  refté  après  la  maladie  vénérienne,  de  la- 
quelle il  n  auoit  iamais  peu  être  entièrement  guéri,  quoy  qu'on  fut  fouuent  venu 
à  l'inondion  auec  le  vif  argent",  il  arriuaque  f  la  pourriture  allant  toujours 
plus  auant  J  la  Gangrené  l'attaqua  derechef  qui  l'emporta  l'onzième  iou  r  après 
l'amputation  ;  voilà  vne  vraye  image  de  Gan^^icne  venue  da  qualité  occulte, 
laquelle  on  peut  dire  être  entièrement  inconnue,  car  la  peau  du  col  du  pié  ma--^ 
ladcjàla  grandeur  du  pottce,êtoit  venue  fi  tranlparente  qu'on  voyoit  au  trauers 

tous 


des  Vlccrcs,  Gangrené,  &c.  ig^ 

tous  les  tendons,  les  vcncs  5c  les  artères  :  Obfern.  commmi<fnêe  9j.  Cent.  5. 

L'an  1587.  Monfieur  lean  Tomacet  Gendl-homme  d'Orbe  en  Suifïè,  étant 
guéri  d'vne  fièvre  continue  &  aiguë  &  reprenant  peu  à  peu  Tes  forccs,deux  mois 
après  (cntit  vnc  violente  douleur  en  la  plante  du  pic  qui  fut  fuiuie  d'inflamma- 
tion &  de  gangrené  :  laiambe  luy  fut  coupée  par  le  confcil  de  Meneurs  laques 
Aubert  ôc  Abraham  Marcel  Médecins  à  Laufanne:  il  a  vne  iambe  de  bois  fi  bien 
faite  qu'on  a  de  la  pcneàla  diftinguer  de  l'autre,  car  il  'la  couure  de  chaulïcs  âc 
de  bottes  quand  il  faut  monter  à  cheual:  Ah  traittéde  U  gangrené  ch.  y. 


OBSERVATION     L  hX. 
De  ta  Gangrené  après  ta  vente, 

L'An  1608.  vn  Couturier  de  Bourg  en  BrelTc  fe  rompit  le  petit  doigt  entre  U 
première  &  féconde  articulation  auec  vn  peu  d'ccorchure  en  la  chair  ;  M^. 
Anthoine  Chaly  Chirurgien  le  remitfelon  l'Art:  la  nuit  fuiuante  il  furuint  vnc 
très  violente  douleur  ,  parquoy  il  fut  contraint  le  iour  fuiuant  de  la  délier  ôc 
trouua  que  la  gangrené  étoicau  doigt:ayantâpelc  des  Medecins,ils  demeurèrent 
d'accord  qu'il  le  faloit  couper  de  peur  que  le  mal  n'alla  plus  auant  &âtaqua  les 
parties  voifines  :  le  doigc  ayant  été  coupé  &  bien  ;mondifîc,comme  la  playc 
croit  à  peu  prés  gucrie  de  forre  qu'il  pouuoit  trauailler  de  fon  métier  ,  s'êcanc 
vniour  allé  promener  &  exposé  à  l'air  fioid,  il  fut  incontinent  faiiî  de  conuul- 
fions auec  des  horribles  douleurs  &  tourments,  car  la  tcfte  s'étoit  tellement 
renuersée  contre  les  épaules  &  l'échiné  fi  fort  courbée,  qu'elle  touchoit  pre{^ 
que  les  iarrets,  il  mourut  en  ces  tourments. 

Certainement  Cette  gangrené  &  conuulfion  venoyent  d'vne  qualité  occulte 
Se  renimcufe,  car  ce  malade  auoit  été  incommodé  de  la  maladie  vénérienne, 
étant  rcfté  quelque  Icuain  dccz  venin  6c  maligne  qualité  e»  quelque  endroit  da 
corps  qui  fit  Ion  clfct  en  ce  temps  ,  Obferu.  ^^,  Cent.  j. 

OBSERVATION     LX. 

I>e  la  Gangrené  &  JphaceU  après  ta  pejfe. 

in  N 1581.  vne  payfanne  de  prés  de  Dufirldorp  croit  gvicuement  traïuillce  de 
-C-  pefte,  &  quoy^qu'cllc  ne  (c  fcruic  d'aucuns  Médecins,  fi  cft-ce  qu'elle  fut  Q. 
bien  rétablie  que  chacun  crut  qu'elle  croit  hors  de  dangrr,ca4riln'y  auoit  plus  . 
ie  fièvre  j  Us  bubcs  de  l'ailîclle  ôc  les  charbons  des  bras  ctoyenr  guéris,  elle  alloic 
&  vcnolt,  agillbir  parla  maifon,  buuoit  &  mangeoic  à  l'àcoûtumce  ;  en  fin 
comme  on  crut  qu'elle  ctoit  au  deifus^elle  futTailk  rnioui  d'vne  violence  dos- 

o« 


150  Liure  Tioifieme 

leur  aux  orteils  des  deux  pîcs,qui  fut  incontinent  fuiuic  d'inflammation  &c  de 
mortification:  on  voit  par  là  qu'il  ctoit  rcftc  quelque  matière  maligne  que  la 
nature  auoit  chafsc  aux  extrémités  par  vue  manière  de  ctit-è. 

L'an  155)7.  la  même  chofe  arriuaà  vn  garçon  de  6  ans  au  village  d'Auvcrnier 
dans  le  Comté  deNeuf  Chatel  en  Suiilè  ,  nommé  Daniel  Couitailliod  :  il  luy 
vint  eu  temps  de  pefle  vn  Bubon  en  l'aine  gauche  &  vn  charbon  au  talon  en  la 
Cuillcdumcmecôté.-lagangrcney  vint  àlafinjàcaufe  dequoy  il  falut  couper 
la  iambe  au  iarret  :  il  fe  porte  bien  à  prefent  âgé  de  18.  ans,  fans  auoir  ctc  Tuict  à 
aucune  maladie.  Oiferuat,  %.  Centnr.  5. 

l'ay  remarque  en  cette  grande  peftc  qui  a  fait  vn  Ci  grand  rauage  en  l'Archç- 
uéché  de  Cologne,  que  les  charbons  qui  êtoyent  en  des  parties  charnues  les 
rendoyent  tellement  engourdies  &  corrompoycnt  en  fuite,  que  la  partie  vc- 
noit  emiercmcat  à  tomber.  Traité  de  lagan^ene  ch.y 


OBSERVATION     LXI. 

De  U  Gangrené  après  vm  morfme  de  Chenal. 

LEs  Chirurgiens  ont  vne  opinion  que  la  morfure  àcs  chenaux,  chiens ,  ours, 
Lyons  &  femblables  bêtes  eft  grandement  venimcufc,  à  caufe  des  grands 
accidents  qui  ont  accoutumé  de  fuiure&  parce  qu'ils  fe  terminent  fouucnt  en 
gangrené:  i'ay  connu  vn  habile  Chirurgien  qui  pour  cette  raifon  mettoit  le 
fer  chaud  fur  toute  morfure  ou  verfoit  delTus  de  l'huylc  bouillante  ,  ce  qui  le 
faifoit  paiTcr  pour  cruel/  &  quoyqueie  ne  nie  pas  qu'il  n'y  ait  quelque  mali- 
gnité, ie  ne  fçaurois  pourtant  me  pcrfuader  qu'elles  foycnt  abfolLiment  vcni- 
meufes;  car  fi  cela  ctoit,  vnc  petite  morfure  le  feroit  autant  qu'vne  grande,com- 
me  on  le  voit  en  celle  du  chien  enrage,  laquelle  fi  elle  eft  méprisée,  pour 
petite  qu'elle  foir,  peut  cauferlamoit  :  ornous  voyons  le  contraire  en  la 
niorfur:.'decesanimaiix,  fi  ce  n'eit  qu'ils  Coycnt  enragés  :  mais  les  grandes 
blcilures  qu'ils  ont  fait ,  principalement  h  les  os  font  cafsés  ,  font  dangereufcs 
&  mortelles  &  fe  terminent  quelquefois  en  gangrène  ,  cncor  plus  fi  la  fraélu- 
re  a  êtc  trop  ferrée  par  la  ligature,  ou  Ci  on  a  fait  quelque  faute  en  la  Cure:  j 
d'où  vienwciitdonc  ces  grands  accidents?  pour  moy  jc  croîs  qu'ils  viennent  ," 
plutôt  de  contuûon  ,  car  ces  animaux  étants  extrêmement  forts,  ils  bri- 
fenr&  meurtrilïènt  les  mufclcs ,  les  vcines,les  artères  &  mêmes  les  os,  ce  qui 
caufe  douleur,  inflammation,  fluxion  &  enfin  fuffocation  des  efprits  auec  gan- 
grenc:cn  voici  vn  exemple. 

En  I  )79.  vn  Bourgt-ois  de  Zoons  fur  le  Rhcin  fut  mordu  au  bras  bien  auant 
parvn  Chenal  auec  meuitiifièurede  la  chair  <3i  fracture  de  l'os  :  vn  Barbier 
ayant  tcc  demande ,  il  remic  les  os  fra(^urcs  en  leur  place;  mie  va  Dï^çîxïi  fur 

la 


des  Viccres,  Gangrené ,  &c.  291 

la  playe  Se  fur  la  fradurc  vn  mcdicamcnt  fait  de  Bol  Arménien,  farine  &  blancs 
d'œiifs,  il  mit  aiiflî  des  bandes  &  des  ferulcs,  laiiîànc  vne  petite  ouuerturc  pour 
pouuoir  pençer  la  playcTans  la  dcbander:mais  ayant  par  trop  ferre  les  bandesiSi 
les  fcruleSjla  douleur  augmenta  &  la  fluxion,  &  comme  ce  corps  qui  êt©ir  re- 
plet n'auoit  ctc  ni  purge  ni  faignc,il  y  furuint  inflammation  &  puis  gangrené: 
Maître  lean  Dumgens  expert  Chirurgien  à  Nouuis  ayant  été  demandc,il  fcarifia 
le  bras,y  mit  de  l'iCgyptiac  ôc  tous  les  médicaments  nccelîâires  en  la  gangrené, 
de  forte  qu'elle  cefla&  le  bras  fut  remis  :  mais  la  Cure  fut  longue  &  pénible, 
non  à  caille  de  la  qualité  venimeufe ,  mais  parce  que  l'os  auoit  été  rompu  Se 
que  la  gangrené  y  ctoit  luruenu. 

Il  y  a  quelques  années  qu'vnc  femme  de  Berne  prefentant  à  manger  à  vn 
Ours  auec  la  main  droite  a  traucrs  les  treillis  ,  il  la  luy  empoigna  &  mordit  en 
telle  façon  qu'il  luy  falut  couper  le  bras,  la  chair  &  les  os  ayants  ctc  entière- 
ment fracafsés. 

Or  quoy  que  ie  ne  trouue  point  de  vencnofltc  en  ces  playes,fi  eft-ce  qu'il  y  a 
quelque  différence  d'auec  celles  qui  font  faites  par  l'épée  &:c.  y  ayant  quelque 
chofe  de  malin  à  caufe  dequoy  il  y  a  quelque  variation  en  la  Cure  :  or  afin 
qu'on  y  puilfe  bien  procéder  ,  ie  fais  cette  diftinâiion  des  morfures  ,  qu'elles 
viennent  ou  d'vn  animal  enrage  ou  feulement  d'vn  qui  efl:  émcu  &  irrité  ,  fî 
l'animal  cft  enragé ,  la  playe  grande  ou  petite  doit  être  fcarifiée  &  brûlée  auec 
le  Cautère  aducP,  ouixe  les  autres  remèdes  :  Qiie  li  l'animal  n'eft  pas  enrage, 
il  ne  faut  pas  fc  feruir  de  ('Inuftion,  mais  feulement  de  remèdes  qui  attirent  du 
centre  à  la  furfaee  pour  bailler  llfue  peu  à  peu  à  ce  qui  peut  être  malin  :  pre- 
mièrement ie  laue  la  pla/e  auec  vinaigre  ou  a  été  détrempée  de  la  Theriaque, 
en  après  fi  la  playe  efl:  petite  i'y  mets  du  charpis  trempé  en  eau  de  vie  auec  The- 
riaque Se  par  delFus  l'emplâtre  Bafllîcum  ou  bien  !^.  PhIu.  rad.  ^ngel.  Ariflol. 
rot.  vincetox.  caryophillat.  an.'^  'yfol.fcord.  rutA  an.  3G.  Theriac.  extr.  card.  ben, 
an.T^  }j.  m.cuynf.q.  mell,  rofac,  informam  vngu.  qHodfilarnemis  imponatur  :  cet 
onguent  eft  excellent  en  toutes  playes  i^  vlceres  malins  &  venimeux  comme 
charbons  &c.  Que  Ci  la  playe  eft  grande  ôc  s'il  y  a  grande  meurtiiflèure ,  il  la 
fautincontiaent  faire iuppurcr& empêcher  la  fluxion,  pour  euicer  inflamma- 
tion ,  douleur  &  autres  accidents  :  Il  faut  donc  incontinent  ordonner  vue 
faconde  viurefobre,  purger  le  corps  &  faigner  s'il  n'y  a  point  d'empêche- 
ment, oignant  la  partie  auec  huyle  myrthin&  rofat,  m:ttant  aufli  vn  dc- 
fenfif  pour  empêcher  la  fluxion  ,  &c  fur  la  playe  ce  Digeftif  ^.  cera  mtUy 
colophon.  gummi  el.  an,"^  fi.  Tercbimh.  lots,  in  aej.  card.  ben.  ^|.  ol.  rofuc.  amyod, 
d.  de  vitell.  otior.  an.  |j.  lii^uefimt  lento  igné  &  colentur  ,  deinde  adde  croci  9j. 
Theriac.  extr.  card.  ben. an.  ^iy.  vîtelLouor.  num,  i\.  ?n.f.  vnctt.  La  plave  étant 
fuffifamment  fuppurée,  il  y  faut  mettre  de  l'onguent  décrit  ci-deflus  fait  de  pou- 
dre. d'Angélique  &c.  enfin  il  la  faut  cicatrifer  auec  emplâtre  Diapalma  ou  de 
Ccrufc  ou  autre  ":    fi  la  douleur   cil  exceflîuc  ,    il  faut    mettre  quelque 

O  o  i 


m  Liure  Troifiémt 

Anodyn  de  ceux  que  î'ay  ordonne  au  traite  de  la  gangrené  ou  des  brûlures:  s'il  y 
a  fradure  ,  il  faut  doucement  réduire  les  os  &c  les  bien  contenir  en  leur  place 
naturelle,  fans  neantmoins  par  trop  fcrrtr  les  ferules  de  peur  de  faire  attradlion 
d'humeurs  &:  de  fufïbquer  la  chaleur  &  les  efptits:  les  purs  adftringcnts  ne  va- 
lent lien  à  caufe  de  la  grandeur  de  la  contufion,non  plus  que  les  empla{lics,mais 
ilsdoiuenr  être  mêles  auec  les  Digellifs:  la  partie  donc  après  auoir  été  ointe 
auec  huyle  de  myrthc  &  roflit  doir  être  couucrte  de  ce  Cataplame,  ^.  far.hord. 
^ij.  pnluer.rcfar.ruL  myrtill  fœnugr.an.^Ç).pHltt,fcordi\^foLrHt£  an.^i},coi^He  cum 
%fmo  rubro  aàformAm  catapUfmatisy  adde  croci  pttluerif,  9j.  ol.  rofac,  myrtilL  an, 
^j.  de  well.  oHor.  ^{^.  vttell.  ouor.  nu.  ij.  Il  le  faut  mettre  ticdc  deux  fois  le  iour, 
principalement  fi  la  contufion  eft  grande  iufqu'au  lo.  ou  14.  iour,  tant  que  la 
playeait  bien  fuppurc  &  qu'il  n'y  ait  point  de  grands  accidents  à  aprehender: 
alors  il  faut  lailler  aux  bandes  &  linges  qui  enuelopentvneouuerture  ou  petite 
feneftre  par  laquelle  on  puille  nettoyer  tous  les  iours  la  playe,  dcuclopant  la  fra- 
<fture  feulement  au  bout  de  quatre  iours  ou  de  fix  OhfirH.^6.  Centur.  1. 


OBSERVATION     LXII. 

D'vne  brûlure  mortelle, 

L'An  155)9.  le  valet  dVn  bralïèur  de  Bière  à  Cologne  étant  autour  de  la  chau- 
dicrej  tomba  par  malheur  dedans,^:  quoy  qu'il  en  fut  retiré  à  l'inftant  me- 
ule àc  que  Ton  recourut  au  Chirurgien ,  il  mourut  neantmoins  le  même  iour 
auec  de  grands  tourments,  défaillances,  &c.  Obf,  76.  Cent.  i. 


OBSERVATION    LXIII. 
De  rheureufe  gnerifon  d'>\}ne  très  danger eufe  brûlure, 

LE  II.  Odobre  i6ié.  vnc fcruante  de  Noble  Anthoine  de  GraffenriedThrelb- 
rier  àBerne,voubnt  fccourir  vn  petit  garçon  qui  auoit  mis  vn  pié  en  vn  vaif- 
fcaa  plein  d'ciu  bouillante  fc  le  rcnuerfa  entièrement  dt^us^  de  forte  qu'elle  eut 
toute  la  iambe  brûlée  par  dcifus  le  genouil,laquelle  par  la  violence  de  la  douleur 
enfla  extrêmement  iufques  à  la  plante  du  pié  :  on  y  mit  au  commencement  des 
linges  trempés  en  eau  de  vie  lefqucls  la  firent  vn  peu  defenfler:mais  comme  clic 
ne  fe  donnoit  pas-garde  du  froid  ,  il  arriua  que  les  douleurSjl'inflammation  êc 
autres  accidents  augmentèrent  de  iour  en  iour  ,  ayant  été  demandé  le  qua- 
trième iour,  iela  trouuay  en  fièvre  auec  douleur  ,  inflammation  &  grande  in- 
quiétude, outre  vue  extrême  enflure  de  la  iambe  iufqu'à  la  cuilîè  .*  luy  ayant 
ordonné  vne  conuenable  façon  de  viure  &  vne  decodkion  d'Agrimoine  &  Vé- 
ronique en  lieu  de  Yin,icluy  fis  prendre  fur  le  foir  vne  potion  anodync  :  le  iour 


des  Vlccrcs ,  Brûlures ,  ôcc,  1^3 

fuiuant  ie  la  piu'gcay  douccmér,&  mis  Icstopics  fuiuaiitSjio.là  ou  la  petite  peau 
nccoit  pas  icparcc  i'applicjuay  cet  onguent.  ^.Cepx  crudm  liC'>fAlis,faponis  ve- 
neti  albi  an  .^j,  cum  ol.  rofac.  &  eimygà..  à.  /.  1)âz^».  lO.  ie  mis  fur  toute  la  iambc, 
le  pic,&r  même  fur  le  gcnouïl  le  catapkrme  Tuiuant  chaudement.  l/H.Far.hordci 
é'fahar.an.^vl.far.fem.UniJœmtgr.li/em.cydonor.  l^.fol.ç^  raà.alth.malu.puluer. 
an,li(^.rAd.cucnm.puluer.lllcroci^i.hutyr.rec.liv.  Il  faut  faire  cuire  premicreméc 
en  eau  les  pondues  fœnugr.^  cydonior.  Qiijand  elle  fera  refroidie  il  faut  y  âiouter 
les  autres  farines  &:  poudres  auec  le  beurre  faifant  cuire  le  tout  à  confiftance  de 
cataplame,&:  fur  la  fin  du  lait  de  vaclie  auec  deux  iauncs  d'œufs  ,  appliques  le 
chaud  :  ie  mis  dés  le  commencement  vn  dcfcnilffur  le  genouïl  pour  arrêter 
l'impetuofîté  àts  humeurs  qui  le  iettoyent  (ut  la  partie  ,  (  car  elle  ctoir  remplie 
de  mauuaifcs  humeurs  J  luy  donnant  par  intcrualles  quelque  bruuage  anodyn 
^  lapurg-ancde  temps  en  temps.  Ayantappliquc  ces  médicaments  quelques 
iours  de  luite  ,  quoy  qu'il  n'y  eut  point  d'vlccrc  creux,  la  feule  petite  peau  étant 
feparée,  il  en  fortitneantmoins  vne  li  grande  quantité  de  pus  blanc  tîc  bien 
conditionné,  que  i'ofc  alTarer  qu'à  chaque  fois  que  iela  pençois ,  alfanoir  deux 
fois  le  iour  ,  qu'il  y  auoii  pafsé  dem.i  liure  de  pus  attaché  tfux  linges  àc  fmpla- 
treSjCe  qui  dura  plufieurs  iours:enfin  ce  rce  quantité  venant  à  diminuer ,  la  peau 
fe  dclïecha  peu  à  peu  ,  de  forte  qu'elle  fut  guérie  à  peifedion  dans  cinq  femai- 
nes:cependant  que  le  pus  couloit  ainli  abondamment  3  ie  me  (cruis  du  catapla- 
mc  lequel  ie  mettois  en  quelques  autres  licux^comme  au  pié  &  au  talon  ,  iuf- 
qucs  à  la  fin  de  la  cure,  &:  finalement  ie  mis  en  quelques  endroits  les  plus  hu- 
mides des  liniments  deficcatifs  comme  l'onguent  de  cerufiTe.dc  minio,&c. 

Il  n'y  a  pas  longtemps  que  ie  guéris  par  la  même  méthode  vn  enfant  de  àh 
mois  de  M.  Pierre  Bouuier  Bourgeois  de  Laulanne  qui  auoir  vnc  brûlure  en  la 
ïambe  venue  d'caubouillante,le  pus  auffi en  fortit  en  très  grande  abondancc;cc- 
ci  eft  remarquable  que  cette  grande  quantité  de  pus  à  palsé  à  trauers  les  porcs, 
car  il  n'y  auoit  point  d'vlccre:  fi  i'eulîe  fuiui  la  pratique  ordinaire  yappliquanc 
des  chofes  froides,  alFurement  cette  matière  ne  îeroit  pas  foi^ti  fi  abondamment 
mais  elle  auroit  été  retenue  en  la  partie  au  grand  prtfiudice  du  malade,  car  ve- 
nant à  fe  pourrir  dans  les  vaillèaux  &  mufcles  &  y  deucnant  acre ,  il  y  feroit  ve* 
nu  inflammation  auec  extinction  de  chaleur  naturelle  ,  ou  pour  le  moins  vnc 
dartre  corrofiue  comme  il  arriua  à  vn  ieune  homme. 0^/'<^5.  Cent./^, 


OBSERVATION     LXIV. 
D*vne  brûlure  en  tout  îe  corps  guérie* 

'An  iéo5.1e  Valet  dVn  Teinturier  dePaycrne  nomme  M*.  loaehim  tomba 
<en  vnc  chaudière  de  teinture  brûlante  :  il  fut  brulc  par  toude  corps ,  mais 

Oo    3 


194  Liure  Troifiémc 

parce  que  la  teinture  tfctoit  pas  bouillante  ,  ces  parties  furent  principalement 
biulécs  qui  auoyent  touché  la  lie  de  la  teinture  laquelle  ctoitt  au  fond  ,  ou 
il  y  auoit  de  la  fcieure  de  bois  de  chcfne  qui  garde  longtemps  fa  chaleur  ,  a(Ia- 
uoir  les  bras  6z  la  face  /lya-nt  ctc  demandé  i'oignis  incontinent  tout  le  corps> 
hormis  la face,auec  cet  onguent.  O^C.  Sapomslrt^.  ibC'f.dtpiecrHda^i'i.JaliliR.o/.^ 
de  vitell.onor,%i.  oL  rofar& arnygâ.d  an.'^Hj.tnHci/a^./èm.cydûn.^ij.m,  le  mis  fur 
les  yeux  du  collyre  anodyn  ÇumTim.y^.A^.rofAr^^ii.acf.pUntaq.liù.fem.cydon.f!^ 
fœntigr.an.^^.  m.maneant in infufionejupra cineres  calidos  per  horam.detnde expri- 
mamurindde parum  laEiîs  mttliebriSiCalide  v:/iilla,  le  mis  aufli  fur  les  autres  par- 
ties du  vifage  l'onguent  de  fauon,  mais  (olide  &:  cpjîîfli ,  de  peur  qu'il  n'ofL-nfa 
les  yeux  en  coulant  dclfus,  en  voici  la  deicriptior..  ^.  Gumrni  elem.T^i  ol  de  vît. 
oHor.ro far. an.  ^iij./lîpoms  alùi  &  vefjeti  y\.  diJJoLuinrgnmml  cum  oleis  ,  omnia  m 
mortario  dlligeter, mi/ce  fiât  "^ngn.aiiodfiiper  linteum  extenfiim  adm»ve  toti  faciei'li 
faut  renouuelerrcmplatrcde4.en  4  heures  &  le  collyre  toutes  les  heures  :  i'ou- 
urîs  la  bafilique  le  même  iour  après  auoir  vuidc  le  ventre  par  vn  fuppofitoire 
&  tiray  iufquvS  à  dix  onces  de  fangiCar  c'éroic  vn  homme  robufte  ik  plethoiî- 
que,le  iour  luiuant  ie  le  purgeay.  Le  fécond  &  troilîéme  iour,ie  luy  oignis  par 
deux  fois  tout  le  corps  auec  l'onguent ,  mettant  aulfi  fcequemment  du  collyre 
fmicsyeux  :  mais  comme  la  bruhue  auoic  pafsc  bien  auant  en  certains  lieux, 
principalement  auxbras ,  il  falut  y  procéder  comme  i'ay  marque  en  mon  trai- 
te des  brûlures  au  chap.7.«S:  S.Ainiî  il  fut  entièrement  guéri  en  »4  iours  de  cette 
gïzndcbïuluïc  :  ÂH  traité  des  i/rnlures  chap.6. 


OBSERVATION     LXV. 

De  la  hruhire  de  la  face, 

VNe  petite  fille  âgc'c  de  deux  ans  de  M.  Samuel  Gaillard  Maître  d  échoie  à 
Neuf  Chaftel  tomba  dans  le  feu  du  foyer  &  fe  brûla  non  feulement  le 
front  autour  des  yeux,  mais  auffi  prcfque  tout  le  vifage  ,  principalement  d'vn 
côte  :  ayant  ctc  demande  à  l'inftant  meme,ie  mis  de  cet  onguent  étendu  fur 
vn  linge  en  forme  d'cmplatre  fur  toute  la  face.  IJL.Saponis  -veneti  li.ol.  de  vitellis 
ouor.& amygd.d.an.  3/;.  Gummielemi  diJ]'oluti cum  oleis 2^].  m.f.  vngu.  cum  pauca 
mucilagine Jem.cydonîorum.   le  mis  fur  les  yeux  vn  collyre  fait  de  laitdc  femme  ; 
&vn  peu  d'eau  rofe  que  ie  metrois  tiède  continuellement  delfus  auec  du  linge  \ 
double  bisn  delié:le  premier  iour  ie  changois  toutes  les  heures  par  quatre  fois  if 
d*éplatre,ainfi  ic  tiray  la  plus  grad  part  de  l'empyreume-.le  iour  fuiuant  ie  la  pur- 
geay auec  9j.de  racine  de  mechoac  can  poudre  dans  du  bouillon  de  chair,&:  fur  ; 
la  partie  ic  mis  l'onguent  fuinant.  ^.Ol.de  vitell.ouor.  ol.amygd.  d.pingu.  vrfi  & 
h'rtman>aft,l^.g.elem  dijfoluti  cum  oleis  liycert  muA  |/.w./z/wg«tPar  le  moyen  du- 
quel 


des  Vlceres ,  Brûlures ,  ècc  195 

quel  iacheuayprefques  la  cure,  fînon  que  fur  la  fin  i  y  âiouray  quelque  peu  de 
farine  de  lentilles  pour  deirecher  d'auantage:  i'oignis  aufTi  quelquefois  toute  la 
partie  brûlée  auec  l'ono^ucnt  fuiuant  lequel  ramolit.^.  G.elemt  ^Cs.ol.de  vttell. 
omr.&ltUor.alb.an.l^.pingued.humanA  5/j.?w.Tandis  que  ic  trauaillois  à  ramolir 
la  peau  ,  ie  l'ctendois  foit  ibuuent  auec  les  deux  mains  comme  font  les  Pelé- 
tiers  quand  ils  étendent  celles  qu'ils  acconnmodent  ,  Ainfi  elle  fut  guérie  fans 
qu'il  lefta  aucune  trace  de  bruliue,  hormis  vne  petite  en  la  leure  de  delfus  ou 
les  médicaments  ne  pcureiit  pas  demeurer  à  caufe  de  l'impatience  de  l'etifant. 
Traite  des  bmlnres  chap,  ^ . 


OBSERVATION     LXVI. 

D'vne  brûlure  en  la  main. 

'An  1604,  ma  femme  faifant  cuire  du  mouft  en  vue  grande  chaudière  &  la 
tremuant  auec  vne  fpatule  ,  mie  par  megardv  la  main  droite  iufques  au  poi- 
gnet dans  cet  raiiïnc  bouillant  ,  lequel  demeura  tant  plus  fort  attaché  à  la 
nuin  qu'il  auoir  dêj^  fa  coufîftcnce  ^cépailîcur,  à  cau(c  dequoy  il  y  vint  in- 
continent vne  très  violente  douleur  non  feulement  en  la  main  mais  aufli  en 
fout  le  biasraprcs  auoir  nertoyc  la  main  auec  de  l'eau  chaude  i'y  mis  de  l'onguéc 
fmiiàm.'^.c<cp£  crudi£  liB./à/isy/aponis  albi  "veneti  an.zi.m.CHm  oLro/kc.&  amyg- 
dal.d.  Et  oignis  tout  le  bras  auec  de  Thiiyle  rofat  lenuclopant  auec  vne  bande 
trempée  en  oxycrat ,  réitérant  le  tout  à  diuerfesfois ,  par  ce  moyen  il  n'y  eut 
point  d'cxulccration  en  la  peau  après  vne  iî  grande  brûlure  hormis  deux  petits 
boutons  l'vn  au  pouce  &  l'autre  au  doigt  indice  qui  furent  bien  toll  guéris 
auec  vn  peu  d'vngucnt  bafilicum. Tr<?//f'  des  brûlures  chap  6. 

OBSERVATION     LXVII. 

Des  nerfs  retirés  &  iointures  courbes  après  la  brûlure. 

L'An  i596.Iiaac  Gottcran  de  Pcrroy  m'amena  à  Laufanne  vn  fîenfils  de  14. 
mois  :  à  Tàge  de  fix  il  tomba  dans  le  feu  ou  il  fe  brûla  le  doigt  iiidice, 
celui  du  milieu  ,  l'annulaire  &  l'auriculaire  auec  la  partie  externe  du  métacar- 
pe de  la  main  droite,en  telle  forte  que  tous  les  bouts  de  Qts  doigts  tombèrent 
iufques  à  la  première  articulation,  mais  comme  le  Père  l'auoic  baillé  à  traiter  à 
des  perfonnes  qui  n'ctoyent  pas  entendues,  tous  les  doigts,cxccptc  le  pouce 
auec  la  peau  du  métacarpe,  faifoyent  comme  vne  boule,ainll  qu'on  le  voit  en 
la  figure  fuiuante ,  Voye\la figure  ^.de  la  V' l. Table. 
Ils  me  i'aflicncrçnc  au  bouc  d'vnm^ôc  me  demandent  4ui$  :  après  l'auoir 


z^6  Liurc  Troifiénie  i 

purge  ic  proceday  ainli,  prcmicremenc  ie  me  fcruis  de  la  dccodion  cmollientc 
iuiuanteik:  de  l'ongaent.  ^.  Rad.alrh.cHm  totOyrai.  bry onjilior. Allf.an.lt. flor. ea- 
Tnom.meUlot.chamadr.an.m.j.Jem.  Unifœnugr.an.l).  co^uamur,  in  infcnlo pedum  & 
capitis  veYHtcis  4m  viiuli  pro  fota  :  l'oignis  après  toute  la  main  &  le  bras  aucci 
l'onguent  fuiuant.  ^.  vng.dsalth.  II.  axung.human.  gallinar.  anferist  vrji,  /kcci< 
lumbric.  an.^&.  m.    Enfin  i'enuclopay  la  main  auec  l'emplâtre  demucilagin» 
Pat  ce  moyc  les  nerfs  5c  la  callodcc  de  la  peau  ridée  du  métacarpe  &c  des  doigts, 
CTi  la  partie  externe  ayants  été  afsés  ramolis ,  ic  (cparay  aucc  le  rafoir  le  callus, 
quictoit  entre  les  doigts  &  le  métacarpe:  le  leparay  auflli  les  doigts  l'vn  d'aueCi 
l'autre  ^  mis  par  dcifus  de  ma  poudre  qui  arrête  le  faiig,  appliquant  aptes  des 
blancs  d'œufs  mêlés  aucc  eau  de  rôles  &  de  plan  tin  :  ie  mis  autîî  vn  dcfcnlîf  futi 
le  poignet  &  oignis  tout  ie  bras  auec  huyle  rorat,myrtin,&:  de  vers:le  iour  fui-i 
uant  ie  mis  le  digeftif  fuiuant  auec  du  charpis  dclié  fur  les  inciflons  &  oignis  le: 
bras  auec  les  fufdites  huyles.  2C.Terehmth.lot£  inaq.roftr.  & pUmag.lhol.rofac . 
(^  de  vitellis  onor.an.yj.croci  ^(^.vltetL  oui  '•onius  m.    Le  cinquième  iour  ie  mis 
l'inftrument  fuiuant  fait  de  bois  &c  commençay  peuàpeuàamener  les  doigts  à: 
leur  forme  n^iZmtWc^Voyex.  la  figure  cinquième  de  U  TableVI , 

A  vnc  aftelle  large  de  trois  doigts  de  hrge  ,  de  longueur  êizi  le  po'gaet  iuf- 

ques  au  coude. 
B  vn  bâton  rond  deTcpaillcur  du  pouce  qui  cft  attjclic  fermement  à  l'aftel- 
le:du  milieu  d'iceluy  il  fort  quatre  chcuilles rondes  marquées  CCCC-cet- 
te  aftele  aaufli  deux  bandes  marquées  DD  auec  deux  courroy es  mar- 
quées EE  qui  tiennent  cet  inftrumcnt  attaché  au  bras. 
Ayantattachécét  inftrumentquiétoitbiengirni  par  tout  de  linges  5c  decotôj 
i'auois  tous  prêts  des  doitiers  de  peau  que  ie  mis  iur  ie  bout  des  doigts,(Sc  pat  ic 
moyen  da  filet  qui  ctoit  au  bout  i'amenois  les  doigts  en  bas  5c  les  attachay  aux 
chcuilleSjles  courbant  tous  lesiours  vn  peu  d'auantage  :  5v  pour  en  venir  plus 
aifement  à  bout  i'oignis  la  main  ^  le  bras  auec  l'onguc  nt  à  chaque  fois  que  ic 
lcpcnçois:5c  pour  empêcher  les  doigts  de  fe  rcioindre,  ic  mis  entre  deux  des  pe- 
tites lames  de  plomb:ainfi  les  doigts  reprirent  peu  à  peu  leur  forme  naturellcâc 
confoliday  cependant  5c  cicatrizay  les  playcs,nonauec  des  choies  fort  dcficca- 
tiucs,mais  auec  celles  qui  rcmolilïent  en  même  temps;  aiufi  ia  main  fut  rcmifc; 
Traité  des  brûlures  chap.i^. 


OBSERVATION     LXVIII. 

De  la  perte  d'vn  œil  par  vn  grain  de  poudre  k  crinoti, 

SI  vn  fcul  grain  de  poudre  à  canon  s'attache  à  la  prunelle,  ctH  fait  de  la  veuc 
le  plus  fouuent  :  M.  Ican  Blacheret  Thrcforier  à  Laifanne  regardant  vn< 
rcueiie  d'vne  compagnie  ,  on  luy  tira  vn  coup  de  moufquet  contre  le  vifagc; 
vn  fcul  grain  de  poudre  attrappa  la  prunelle,  après  quoy  ii  vifK  vnc  cicatrice  li- 
uxdc  dont  il  perdit  la  veuc  ,  Ah  traité d^s  hnluns  chap.^. 

LIVRI 


^97 


LIVRE    QVATJRIEME 

DES     FR  ACT  VR  E  S 

ET    LVXATIONS 


t 


OBSERVATION      PREMIERE. 
U'vne  Admirable fra^ure  du  Bras. 

■  ^^—^-.r^r-s^^^  N  homme  de  l- von  âgé  de<5o.  ans  auoic  depuis  deux  mois  vne 
douleur  obicnrc,  aprcs  vite  goutte  picuiceuie,  en  l'cpaule  dcoicc 


Se  au  coude  :  il  ne  k  icruic  d'aucun  remède  ,  Te  concenrant  de 
tenir  la  partie  en  repos  &  de  porter  ordinairement  le  bras  en 
écharpe  appuyé  contre  h  poitrine  :  il  fe  portoit'bien  quant  au 
rcftc,&:  alianc  par  ville  le  huitième  iour  de  fon  mal ,  comme  il  voulut  mettre  le 
<yand  en  h  main  malade  fans  aucun  effort ,  Ce  rompit  le  bras  en  tcaucrs  à  quatre 
ou  cinq  doigts  au dclfoas de  l'épaule;  ayant  crc  demande  incontinent  ,  ie  vois 
auec  admiration  qu'il  en  alloit  îinri,  ie  luy  remets  le  bras  à  l'aide  du  Chirur- 
gien &  fis  mettre  les  remèdes  conuenables  :  ie  vay  rcuoir  le  malade  au  bout  de 
trois  iouis  pour  r^anoii-  h  toncétoit  bien  remis  ,  les  bandes  &:  a ftelcs  étants 
6tces,ie  reconnus  à  l'œil  Ôc  à  la  m.un  que  l'os  auoitfa  (ituation  naturelle  :  mais 
voici  vne  iionuelle  frai'ture  plus  bas  vers  la  iointure  du  cuudc  qui  le  fait  crier 
hautement  laquelle  nous  remettons  foigneufement,  après  quoy  tout  fut  apaise 
&  fe  porte  bien  à  prelciK:  nousn'auons  pas  pourtant eacot  défait  la  ligature  ôc 
ne  fçauonS  pas  comme  l'affaire  va:  ie  me  fuis  étonné  dVnc  fi  grande  fiagilicé  en 
vn  homme  qui  nes'eft  jamais  plaint  (.l'aucmic  incommodité  es  oSjquifoit  venue 
ou  de  vérole  ou  d'ail  lieiirs:  Letre  de  M.Philibert  Sarramtn  à  l' AuthcHr. 

C^antau.perfonnage  duquel  ie  vous  ay  écrit,  aptes  auoir  remis  la  frad:urc 
comme  il  faloic  par  deux  ou  trois  fois  tS:  auoir  fait  vne  ligature  conucnafele. 


198  Liurc  Quatrième 

nous  crions  d.ms  l'attente  d'vne  bonne  aggUuination  par  le  moyen  du  Cal, 
comme  la  nature  a  accouflumc  de  faire,  mais  nous  anons  été  trompes  en  nôrre 
efperanccjCar  la  nature  n'a  rien  entrepris  de  ce  côte  la,quoy  qu'on  luy  ait  don- 
né du  repos  Se  qu'elle  ait  été  aidée  par  fomentations  &  autres  remèdes  :  tout 
lefoulagement  qu'en  a  eu  le  malade,  c'clt  qu'il  a  pafsc  deux  mois  entiers  fans 
auoir  aucune  douleur  en  cette  partie  :  mais  peu  après  il  eft  mort  dVn  Vlcere 
inucteré  aux  reins  :  nous  fîmrs  dillcdion  de  ce  bras  lequel  êtoit  entièrement 
gâté  de  carie  :  par  ou  nous  coniedurames  qu'il  auoit  été  ronge  iufques  à  la 
moUcllc  par  la  vcrole  ,  quoy  que  le  malade  nous  eut  opiniâtrement  nié  d'en 
auoir  iamais  été  entachéj&c.  Obf,GG'  Cnn.i.comîrmnltjHce par  Monjienr  Thiîi' 
bert  SarraT^n  Meâedn  à  Lyon, 


OBSERVATION     II. 
De  la  ^ier'ifon  dvne  fraUHYc  du  bras  en  vn  FtciIUrd, 

IL  y  a  enuiron  fîx  ans  qu'exerçant  la  médecine  à  Paycrne,  vn  homme  de  fep- 
tan'ç  ans  rcçcut  vn  coup  de  bâton  furie  poignet  qui  ht  vnefraûure  entière: 
c'étoitvn corps fec  &  décrépit,  lequel  longtemps  aanarauant  auoit  cré  paraly- 
tique de  ce  côté  la  6c  n'en  auoit  iamais  été  bien  remis ,  de  forte  qu'il  ne  mar- 
choit  qu'.iucc  grand  pcne  appuyé  fur  vn  bâton  ."ay^nt  été  demandéjie  remis  les 
osauec  toute  la  diligence  poifible  ,  ik  pour  preucnir  les  accidents  qui  auroyent 
peu  furuenir ,  ie  le  purge ay  quelques  iours  de  fuiie  5^^  appliquay  les  remèdes. 
DcccfTàires  en  ces  cas  ••  ayant  été  obligé  quelques  iours  après  de  m'en  aller  à 
Soleurre,i'eD  laiiï^iy  le  foin  à  mes  domcftics  ;  étant  de  retour  vn  mois  après  &: 
gyant  bien  examiné  la  frailarc,ie  reconnus  par  le  pctillem.ent  oqs  os  rompus 
que  le  Cal  u'etoit  pas  eucor  formé  :  car  tout  l:  corps  &  le  bras  étoyent  telle- 
ment cxtcuucs,quc  l'on  reconoiffoit  aifcfncntjauiTi  bien  qu'au  commencement 
du  mal,  que  les  os  étoyent  dcioiuts  :  tant  y  aiioic  il  peu  de  chaleur  naturelle  & 
d'humidiré  radicale  en  cette  partit  :  il  miC  vint  alors  en  la  pensée  de  me  feruir 
delà  picircolleocollali  rcKomraéc  pour  (es  g'-ands  cif>-ts  ,  i'cntreprins  donc 
ainfî  la  cure  :  ie  le  purge;.y  cccor  doucement  ôc  luy  ordonnay  vue  façon  de 
viure  bien  nourriin-ire  (  faiis  me  fcruir  pourtant  de  viand  s  gluantes  lefquellcs 
i'ay  touficurs  tenu  pour  fjrpeâ:?s  )  qui  cng?ndra  du  bon  laug  ^    repara; 
i'humiidiré  radicale  :  ie  luy  ùiCois  prendre  tou.s  les  iours  à  ieun  deux  dragmes, 
de  b  poudre  fuiuantc  en  du  bouillon  de  ch.ur  fraîche.  '^.Lapid  ojjlyragi  dili^en- . 
ter  pr&pAratîli.  cinuAm  el.  ^iîj.J^^ch^r.  ^i],  ?n.  f. pnlnis  terrMjfimus  :  roiguis  deux  • 
fois  leiour  tour  le  bras  iufques  à  l'épaule  aucc  ce  limment-  ^.ol.lHmbric.lijxsI, 
«l'a^^or  h.îJip.^ijfftcci  lHmbric.'^].mf.lîmm.  le  mis  après  cçf  emplâtre    2^.  Empi 


des  Fradures  ôc  Luxations.  i99 

vlgonis  adfraEÎHras  ojfium  lij.empl.oxycr.lS.lapid.o/ieoco/l.pMpar,liS.  ttimbricov» 
prapar.&  inpoUinem  redaElorum  li.  cumf.  q,  ol.lumhric.f.emph  le  dccouuiis  la 
fudurc  de  trois  en  trois  ou  de  quatre  en  quatre  iours  en  renouuelant  les  medi- 
Câments,&  oignant  vneou  deux  fois  le  iour  le  bras  auec  l'huyle  furditc  iufques 
à  l'épaule  &  à  la  nuque  :par  le  moyen  de  czs  remèdes  le  Cal  fiit  bien  toft  en- 
gendré,de  forte  que  l'on  n'entendit  plus  cz  p;tiilemcnt  d'os,6«:  le  bras  fut  remis 
en  quatre  femaiaes:0^y^r«.5o.Cf«.*.5. 


"^ 


OBSERVATION     II  I. 

a-, 

D'vne grande  fr^Elnre  de  brtis  ou  les  os  font  demeurés  détoims. 

I'Ay  veu  à  Balle  en  Tau  161^.  vne  fracture  remarquable  en  vn  homme  de  40^. 
ans  ,  le  bras  gauche  luy  auoit  tellement  été  fracafsc  par  vne  roue  de  moulin 
entre  le  coude  CJcIe  poignetjou  les  os  furent  cafsés  en  traucrs,  qu'ils  êcoyent  en- 
tièrement feparés  l'vn  d'auec  rautie,la  peau  &  les  mufcles  ayants  été  totalem.ct 
dcchiics  :  la  douleur  fut  très  grande  auec  inflammation  3c  tumeur  de  tout  le 
bras,non  feulement  à  caufe  de  la  grandeur  du  mal ,  mais  aufli  parce  que  les  os 
n  auoyent  pas  ctc  rem.is  en  leur  place  qui  piquoycnt  inccllàmmcnt  la  chair  :  il 
en  fortit  beaucoup  de  pus  quelques  mois  durant  C>c  le  Chirurgien  en  tira  quan- 
tité de  petits  os:enfin  les  accidents  s'arrêtèrent  &  les  playes  furent  confolidces, 
mais  les  os  dcm.curerent  déioims,  lefqucls'faifoyent  en  cet  endroit  comme  vne 
autre  iointurc  ,  car  s'il  y  porte  la  main  dioicte>  il  fait  aller  le  bras  gauche  en 
auant  &  arrière  tout  de  même  que  s'il  y  auoit  vne  articulation  la  ou  a  été  la 
fraâ:ure,fans  aucune  douleur  :  les  os  ne  le  touchent  pas  l'vn  l'aVitre  ,  car  leurs 
extrémités  font  garnies  de  Cal-.le  bras  cfl  vu  peu  exténué  ,  ilremuelc  coude 
mais  auec  pênejen  forte  que  ce  bras  ne  luy  fert  quali  de  rien. 

le  ne  peus  pas  comprendre  la  caufe  pourquoy  ces  os  n'ont  pas  été  reioînts 
par  le  Ca!,fuion  que  par  aucnture  la  propre  nourriture  de  l'os^de  laquelle  fe  fait, 
le  Cal,  fe  foit  écoulée  auec  le  pus ,  ou  que  quelque  chair  ou  membrane  fe  foie 
mife  entre  les  os  :  autrement  la  nature  clt  tellement  preuoyante  quelle  conioiur 
incontinent  &:  ferrumine  l'txtrcmirc  des  os  pour  peu  qu'ils  s'entrctouchent, 
comme  il  appert  par  l'exemple  fuiuant  :  i'ay  deux  coftes  en  mon  cabinet  qii 
font  attachées  par  le  milieu  movv-nnautvn  Cal  :  il  y  a  apparence  que  quelques 
fragments  pointus  de  l'vne  &  de  l'autre  côte  ont  percé  les  mufcles  intercoftaus 
de  fe  font  rencontrés  l'vn  l'autre  qui  fe  font  agglutines  fermement  par  le 
moyen  du  Cal  que  la  nature  a  engendré  :  mais  c'eft  vne  chofe  étrange  que 
l'homme  duquel  i'ay  parlé  ci  dclfus,  n'ait  point  de  doideur  &  qu'il  n'y  ait  au- 
cune incernperie  au bïaSiOhf.^\»CentHr  3. 

P  p     * 


3CO  Liure  Quatrième 


OBSERVATION    IV. 

D^Tie  fraBure  du  bras. 

VN  leuiic  Suilfe  Etudiant  à  Laiifanne  tombant  de  delFus  vn  aibrc  fc  rom- 
pit le  bras  vers  le  poignet  ;  ayant  ctc  demande  ie  guéris  heureufcment  la 
fracture  :  quelques  années  auparaiiant  il  auoit  ctc  tellement  meurtri  en  ce  mê- 
me endroit  par  vne  cheurc  qu  il  Fur  dés  lors  comme  impuilîànt  de  cette  main: 
mais  cette  dernière  cure  leLillit  lî  heurcufement  que  fa  main  fut  entièrement 
remifecen  voici  la  caufe  à  mon  âuis  :  la  première  incommodité  ou  la  contufîon 
du  poignet  ayant  été  mal  traitée,principalement  à  caufe  de  l'application  de  plu- 
iieurs  médicaments  froids,ilctoit  demeuré  vne  certaine  matière  gluante  entre 
les  os  du  poignet,  laquelle  aptes  la  fraifture  ayant  été  comme  arrosée ,  ramolie 
&  cchaufce  par  l'humeur  qui  a'étoit  versée  dcffus ,  fut  par  après  refoute  &  difli- 
pce  par  le  moyen  des  médicaments  rcmollitifs  &  refolutifs  lefquels  i'y  appli- 
quay  auec  beaucoup  de  foin  :   ainfi  il  arriue  fouuent  que  les  chofes  que  nous 
croyons  être  à  nôtre  perte,  fc  conueitilTcnc  à  notre  profit,  Obferuation  84. 
Centnr.  V. 


OBSERVATION    V. 
De  l'henreufe  onerifon  d'vne  fra^iure  des  cojîes. 

LE  19.  Décembre  i6zz. étant  à  Solcurre,Michel  Dilberger  homme  de  4o,ans, 
robulU  (!S:  pléthorique  faifaiit  vne  ronde  en  vn  Bouleuard  hors  de  la  Ville, 
vint  à  tomber  par  tcire  (''  qui  étoit  gelée  )  en  arrière  lur  la  poignée  de  fon  êpéc 
&  fc  rompit  la  ncnuicme  &  diliéme  côte  du  côté  gaeche  prés  1  échine,  de  for- 
te que  \i:s  bouts  rompus  paroilloyent  en  dehors:  (es  Camarades  le  portent  en  fa 
maifon  qui  étoit  hors  de  la  ville,  ou  il  palîà  la  nuit  en  de  grandes  douleurs  :  ma 
femme  ayant  été  demandée  de  bon  matin  ,  elle  rrouua  céi  homme  en  grande 
«!étrcllc,cai  la  douleur  étoit  très  grande  &c  pungitiue  auec  opprcffion  de  poi- 
trine  &diiHcultéde  rcfpirer  :  ayant  préparé  tout  ce  qui  étoit  nccelîàirc  pour 
l'opération  ,  elle  remir  heurcufement  les  os  rompus  en  leur  fituation  naturelle: 
elle  eignoit  tout  le  côté  auec  huyle  rofat  &  mit  dclfus  vn  cataplafme  fait  de  fa- 
rine d'orge,de  poudre  de  rofes  ,  baiauftes,  noix  de  cyprés,ga!le  &  tormentillc: 
'jlle  mit  auifi  des  aftellcs  &  des  plumaceaux  comme  il  étoit  necelîàire  pour  re- 
tenir lesos>&:  ferra  le  tout  auec  vne  bonne  ligature  mais  doucement,  car  quand 
elle  eH  trop  ferrée  ellç  cft  dangcreufc  en  la  fracture  des  coftes  :  iccUes  ayants 

été 


des  Fraûurcs  &  Luxations.  301 

ctc  reduitesjla  douleur  ik  les  autres  accidents  s'arrctcrciic  incontinent  pour  la 
plus  parc  .•  incontinent  après  la  réduction  elle  but  vn  trait  d'eau  de  Prunelle  & 
de  Sionen  cgile  quantité  :  clleluy  ordonna  auiîî  vue  façon  de  viurc  fort  fobrc: 
lelendemaiaclleluy  fitouutir  la  véne&  dclioit  la  fratlurc  de  crois  en  trois 
iours  ;  elle  luy  fît  boire  de  ces  eaux  iurques  au  huitième  iourtmoy  étant  retour- 
ne à  la  maifon  après  l'onzième  iour,  ie  trouuay  le  malade  hors  de  danger  ,  ôc 
paracheuames  la  Cure  entièrement  en  quatre  femaincs  auec  les  furdits  remèdes 
&  auec  l'emplâtre  pour  lafradture. 

Il  faut  remarquer  icy  qu'il  n'y  a  pas  eu  la  moindre  apparence  de  mcartriirure 
en  la  peau  comme  il  arriue  ordinaiiementje  (àng  meurtri  étant  forti  abondam- 
ment par  le  fiége:  carie  malade  &  tous  ceux  qui  l'ont  afliftc  affurenc  qu'il  en 
cft  forti des  liures  entières,  meurtri  ôc  caille,  en  cette  manière  ;  comme  onluy 
voulut  mettre  k-  troiiîême  iour  vn  fuppofitoire  pour  luy  lâcher  le  ventre>  la  na- 
ture fit  vn  effort  &  fe  déchargea  trois  ou  quatre  fois  ce  iour  là  &  pouiïa  hors 
pafsc  trois  liures  d'humeur  gluante  Se  de  fang  caille  mêlé  auec  les  excréments: 
ce  flux  dura  qualî  (îx  iours,  de  forte  que  les  deux  premiers  iours  ce  flux  alloit 
en  augmentant  tant  en   nombre  de  fellcs   qu'en  quantité  de  ces  excréments 
gluants  (S:  de  fang  caillé  :  les  deux  iours  entredeux  le  flux  n'augmenta  ni  ne  di- 
minua, mais  les  deux  derniers  il  alla  en  diminuant  pea  à  peu  iufques  à  Ce  qu'il 
reuint  en  fon.  premier  naturel,  neantmoins  les  forces  fub/îftctent  touiours 
fans  diminution  ôi  fans  fièvre  :  on  voit  icy  la  fagaciré  de  la  nature  en  la  confcr- 
uation  de  l'indiuidu,  laquelle  à  mon  âuis   s'eft  fait  palfage  parles  veines  <^  ar- 
tères deslumbes  au  boyau  colon  à  l'endroit  du  Rein  gauche  oùileft  attaché  par 
le  péritoine :il  n'en  eut  pas  êtéainfi  fi  lacontufion  eut  été  au  côté  droit,  comme 
ie  l'ay  vcu  il  y  a  deux  ans  en  vn  certain  Hans  Ruft,  car  il  luy  vint  vne  fi  grande 
ccchymofe  au  cofté  droit  &  fans  aucune  fradure ,   f  quoy  que  la  contufion 
eut  été  beaucoup  moindre^  qu'elle  tcnoit  rout  le  côté  dés  laillèlle  iufqu'à  la 
hanche,  le  nombril  &  l'cpinc  du  dos  auec  de  très  grands  accidents,  de  laquelle 
neantmoins  ie  le  remis   mais  auec  vne  extrême  pêne  S>Cc.  Obfern*  8^.  Cent.  5. 


OBSERVATION    VI. 

Qià  contient  vne  innentton  nouuelle  de  remettre  la  ftÀElure  del'cj 
^^  de  la  CwJ[<Lj» 

L'Os  de  la  cuiflè  fe  rompt  en  plufieurs  Façons,  alTauoîr  de  traucrs,  obli- 
quement &  en  longueur,  comme  les  autres  os  :  il  fe  rompt  derechef  ou 
au  milieu  ,  ou  prés  de  l'articulation  inférieure,  ou  de  celle  d'enhaut  :  mais  en 
quelque  fa^on  qu'elle  atriue  &  en  quel  endroit  que  ce  foir,cilc  clt  de  urcs  diificiic 

P3 


joi  Liurc  quatrième 

gucrilbii  Se  pour  parler  après  Auicennc  ,  rarement  qiielquVn  en  échape  qu'il 
ne  demeure  boiteux  ,  principalement  11  elle  eft  en  la  partie  fuperieure  :  en 
voici  la  raifon ,  premièrement  l'os  de  la  cuilïè  n'cft  pas  droit  comme  font 
Ui  os  de  la  iambe  ^  du  bras,  mais  il  cil  uatureliemcnt  courbe  en  arc 
vers  la  partie  extérieure ,  partant  il  ic  porte  aisémcn:  en  dedans  s'il  eft  rompu, 
fecpndement  il  y  a  des  nerfs  Se  des  mufcles  très  grands  2c  robuftcs  Icl'qucls  fi 
tôt  que  l'os  eft  rompu,  ils  tirent  à  leur  origine  cet  os  qui  eft  courbe  naturelle- 
ment ôc  en  telle  forte  que  les  extrémités  d'iceluy  fe  feparêt  à  l'endroit  de  la  fra- 
(5lure  &  auancent  vers  la  partie  externe:  en  rroiùcii;e  lieu,  il  n'y  a  qu'vn  os,  par- 
tant on  ne  peut  pas  le  retenir  ii  aisément  en  fa  place  que  s'il  y  auoitvn  autre  qui 
lay  fuft  adioiiït  comme  es  os  du  bras  &c  de  la  iambe  :  4.  l'cxpcricnce  fait  voir 
qu'il  eft  mal- aisé  de  lereceuit  en  fa  place  par  le  moyen  des  aftelles  &:  des  com- 
prefïrSjparce  que  c'eft  vne  partie  fort  charnue  &  que  l'os  y  tft  Ikuc  comme  fur 
vn  couflin  :  car  ces  nerfs  6c  mufcles  qui  font  fort  robuftcs  mettent  derechef  les 
os  h»rs  de  leur  place  quoy  qu'ils  aycnt  été  bien  remis. 

Mais  il  faut  diftinguer.diligcm.ment  les  fractlures  de  l'os  de  la  cuilïè  l'vned'a- 
ucc  l'autre:  car  fî  l'os  eft  rompu  vers  Icgenouiiouau  milicu,fc  fi  on  fe  fertd'vn 
Chirurgien  entendu,  la  guetifon  n'cft  pas  trop  mal- aisée,  ayant  guéri  tous  mes 
malades  fans  qu'il  ayent  été  boiteux:que  fi  la  partie  fuperieure  de  l'os  eft  rom- 
pue auprès  de  la  hanche,  à  pêne  pourra- r'- on  guérir  le  malade  qu'il  ne  demeu- 
re boiteux,  aiuii  que  l'aflcure  Auicenne^  autres  ,  tant  par  les  raifons  ame- 
nées ci-dclTiis ,  que  parce  que  l'on  ne  peut  ferrer  les  comp relies  que  d'vn  cô- 
téjajiàuoix  parle  bas,  Se  pour  le  bien  comprendre  il  faut  remarquer  cet  exem- 
ple. 

La  fille  de  Maître  Abraham  Mcyer  Bourgeois  de  Berne  âgée  de  8.  ans  eranr 
tombée  le  iS.  luin  i6z$.  du  dernier  étage  delà  maifonfur  le  paué  ,  fe  rom- 
pit l'os  de  la  cuilïè  gauche  en  la  partie  fuperieure  :  ayant  été  demandé  à  l'iu- 
ftaatjîc  trouuay  vae  fîadure  complète  vers  la  petite  ou  inférieure  appendice 
marquée  par  Vefil  en  la  première  Table  des  os  lettre  V  auec  vne  grande  cxru- 
bcrancc  de  l'os  rompu»&  la  cuiHc  beaucoup  plus  courte  que  l'autre  :  or  ic  re- 
mi*  HeurcufemeHC  l'os  fradiuré,  8c  ayant  appliqué  les  remèdes  conucnablcs  & 
-des  coraprefîe,  le  coUoquay  la  cuilfe  dâs  vne  caiiole  fî  proprement  que  iufqu'au 
14.  iour  tout  alloitàiouhait,  la  malade  étant  fans  douleur  Se  accidents;  ie  pen- 
fois  nraannoias  U  fraûure  de  trois  en  trois  iours  félon  la  coutume;  mais  com- 
me VBc  nuit  les  mouches  &  les  puces  rimportunoyenr,cllc  ne  peut  s'empêcher 
de  coatourner  le  corps  &  la  cuiife,dc  forte  que  par  l'efpacc  de  Z4. heures  elle  fe 
fetta  en  dehors  outre  mefure,  ôc  feroit  demeurée  extrêmement  diftorrae  &  boi- 
t^fc  fi  Dieu  ne  m'cuftaiTifté  :  or  les  fradures  qui  arriucnt  en  cette  partie  delà, 
ÇjLiiiTene  fc  peuueat  point  guérir  qu'il  ue  refte  de  la  claudication  ,  ainfi  qu'Aui- 
ccnne  l'cnfeignc  au  quattiéme  liure  Fen  5.  traité  j.  ch.  4  II  te  fautfçauoir  que 
Celui  à  ^ijacuillc&lahâiichfi  fout  fradurces,  ne  pcutcuiter  de  deucnirboi' 

tcux 


desFraâures  &c  Luxations.  503 

tcr.x:  Bruno  en  fonliu.t.  ch.  6.0c  Theoioiicau  liure  i^ch.  58.  Guy  de  Cauliac 
au  traité  5.  àodr.i.  ch.7.  Ican  de  Vigo  \'m.6.cU.i^.  fuiuenc  la  dodiine  d'Auiccn- 
ne:  Celfus  a  aiiHi  crc  de  cette  opinion  au  liu.  8.  ch.io.  Il  faut  fçauoir  que  Ci  l'os 
de  la  cuilfe  eft  rompu  ,  qu'il  deuient  plus  court  parce  qu'il  ne  reuient  iamais 
en  Ton  premier  état,  celui  à  qui  ce  mal  heur  cft  ariiuc  étant  contraint  de 
marcher  fur  la  pointe  du  pic  :  mais  il  relte  vne  grande  dcbilitc  en  la  partie, 
s'il  y  a  de  la  négligence  auec  le  mal  heur  :  Awdic  Vcfal  grand  Anatomifte  &C 
Chirurgien  au  liu.  2.  chap.  14.  àcfà  Chirurgie  '^n:  Pcccetau  4.  liure  chap.  14. 
font  de  l'opinion  Je  Cclfe  :  c'cft  donc  vn  ronicntciTient  gênerai  des  autheurs 
que  l'os  de  la  cuillc  étant  fra(fturé  ,  principalement  en  fa  partie  luperieure,  ne 
peutpas  être  gucii  fans  que  l'on  boire  j  ce  qu'il  ne  £vut  pas  rrouuer  écrange, 
car  on  ne  peut  pas  bien  agencer  ks  bandes  &  les  comprclïcs  en  cet  endroit 
p^ur  retenir  les  exti'cmitcs  des  os  fractures  en  leur  place  :  Paré  Chirurgien  de 
grande  réputation  &:  très  lubiil,  au  i)-  liure  ch.  2.  dit  qu'il  a  guéri  vnc  Dame 
à  laquelle  l'os  de  la  cuilïe  auoit  ctc  rompu  vers  la  grande  appendice  ,  mais  cet 
exemple  cil  fort  rare  :  &  ien'ay  iamais  veu  aucun  qui  ait  ctc  guéri  de  cette  fra- 
dlurefans  être  demeure  boiteux  hors  cette  ieunc  fille. 

l'ay  parmi  mes  raretés  Anatomiqucs  fept  ou  huit  os  de  la  cuilFe  ramafscs  en 
des  Cemetiercs,  defqucls  quelques  vus  ont  ctc  lôpnsau  milicu,mais  la  plus  part 
vers  la  hanche  qui  tous  ont  été  mal  remis  :  onvoitparlà  queladodiine  d'A- 
uicenne&  des  autres  autheurs  efc  tres-verirable  :  Que  li  quelquvn  veut  fui- 
urc  la  méthode  que  ievay  mettre  enauant ,  il  cuitera  aisément  que  la  iambe 
ne  demeure  courte  &  que  la  claudication  ne  fuiue  :  mais  ie  veux  aupara- 
uant  raconter  comme  i'ay  traite  cette  fille  par  où  on  comprendra  aisément  le 
rcfte. 

Le  vint  huitième  donc  de  luin  1623. elle  tom.ba  du  dernier  ctage.fûr  ie  pauc  & 
fut  portée  pour  morte  fur  Ton  lit  :  ayant  été  demandé  ie  trouuay  des  conra- 
fions  en  diucrs  endroits  de  Ton  coips  auec  des  cxcoriatioas  &  même  en  la  tcfte, 
kfquellcs  n'eftoyent  pas  de  grande  imporrancc:  mais  l'os  de  lacuilïè  fc  trouua 
entièrement  rompu  vers  h  petite  ou  inférieure  appendice  j?^  tellement  cour- 
be en  dehors  que  cette  cuilïe ctoit  plus  courbe  eue  l'autre  de  .deux  doi<Trs  eu 
trauers  :  le  n'eus  pas  befoin  d'aucun  inftrument  pour  lemetrre  cette  fiacturc" 
à  caufc  de  la  ieunciïè  de  la  fille ,  mais  ie  meleruis  feulement  de  la  moîn  :  ayant 
donc  prépare  tout  ce  qui  ctoitnect (faire  ,  iemis  la  fille  fur  vnetabîciSc  mis 
des  brides  de  6ne  toile  entre  les  cuiilcs  :  i'cu  baillay  les  deux  bouts  au  fêr- 
uiteur  qui  croit  debout  à  la  tefte  de  la  fille  :  i'auois  vo  antre  feruîtcur 
qui  tenoit  le  gcnoUil  ferre  auec  les  deux  maius  ,  ainll  Tvn  tirant  en  haut 
la  cuilfe  auec  la  biide  ôc  l'autre  tirant  auec  les  dciix  inaios  le  genouil  en 
bas  en  droite  ligne,  ie  remis  aisément  Ufcacture,  Câpres auoir  oiHttouiela 
Ijjmbe  des  le    pics  iufquçs  au;c   Hypochoudjcc^  ,     ayant  ayffi    appliquer 


J04  Liure  quatrième  | 

vncmpUtrc,  &  mis  des  bandes  ôc  comprciles  auec  toute  la  diligence  requit [ 
ic  logcay  la  iambeen  vne  calfole,  ainfi  la  douleur  quictoit  fort  grande  ceffa  in 
continent  &  elle  repofa  pailîblement  cette  nuit  là  :  la  cuifle  aulîi  fe  trouua  étr 
de  mcmc  longueur  que  i'autre,par  où  ie  connus  que  l'os  ctoit  bien  remis  :  ayan 
défai:  la  ligature  le  troificme  iour,  ic  reconmis  à  l'œil  que  les  extrémités  des  oi 
Ce  rencontroyent  fort  bien  ,  car  il  n'y  auoit  autour  de  la  fradlure  ni  extubci 
rance  ni  inégalité,  &;  la  malade  ne  feplaignoit  d'aucune  douleur  :  ce  qui  m,| 
fit  croire  que  toutêtoiten  alfurancej  &  pour  prcucnir  les  accidents,  iedécou 
uris  la  Fracture  de  trois  en  trois  ou  de  quatre  en   quatre  iour»  :  8c  le  i6.  iou 
dumal,comme  iedcbandoisla  fradurc  Iclon  ma  coutume,    ie  vis  encor  qu 
tout  alloit  à  fouhait  ;  mais  la  nuit  fuiuante  comme  la  chaleur  écoit  très  grand 
&  étant  importunée  des  mouches ,  en  fe  voulannt  tourner  ,  elle  remua  aufll  l: 
cuilfe  auec  fa  Caifole  ,  ce  qui  fut  caufe  que  les  extrémités  des  os  vinrent  de 
rechef  à  fe  déioindre,  de  Ibrtc  qu'au  bout  de  vint- quatre  heures  il  parut  ww 
grande  cicuberance  ôc  la  cuilîè  deuint  plus  courte  que  l'autre  de  crois  doigts  è 
largeur. 

Neantmoins  cet  cleuement  ou  extubciance  ie  failoit  fans  aucune  dou 
leur,  ce  qui  efi:  remarquable,  veu  que  le  période  a  vn  très  vif  rsntimcnt&;' 
ainfi  fait  de  très-grandes  douleurs  s'il  y  a  quelque  pointe  d'os  qui  le  touche 
mais  il  y  a  apparence  que  les  extrcmitcs  de  l'os  caisé  étoyent  déjà  garnies  d( 
quelque  matière  viùîde  &  gluante  qui  étoit  deftinée  à  la  génération  du  Cal; 
de  forte  qu  elle  ne  pouuoitpas  piquer  le  periofte  :  or  voyant  cette  éminence 
d'os  auec  iette  deformité  5c  rerra6tion  de  la  cuiiV: ,  ie  me  vis  en  pcnc  par  l'ap- 
prehenfîon  que  i'eus  qu'elle  ne  demeura  boiteufe  ,  quoy  que  ie  fçeulîè  qu'A 
uicenne  ôc  tous  les  autres  Médecins  tiennent  qu'ils  ne  peut  pas  être  autrement, 
mais  il  me  vint  en  la  pensée  de  faire  l'inftrumétiuiuant  par  le  moyé  duquel  cette 
bolïc  (St  cminence  d'os  fut  abaifsée  en  peu  de  iours  &  ians  aucune  douleur,  l'os 
étant  il  bien  retourné  en  fa  première  &  naturelle  place,  qu'il  n'y  rcfla  pas  la 
moindre  deformité  ,  bien  loin  d'être  demeure  boiteufe,  ayant  êcé  li  bien  re- 
mife  au  bouc  de  deux  mois,  qu'elle  put  aller  fans  bâton  :  cet  inftrument 
cft  fait  de  fer  blanc  &  garni  de  futaine  de  peur  d'offencer  la  chair  :  vo^és  Ufig.  é. 

Dis  Â  iulquesà  B  cet  inftrument  eft  droit  de  haut  en  bas,raais  cttiç  partie 

qui  cft  marquée. 
ce  &:  D  D  eft  courbée  en  telle  manière qu'cllt  peut  erabraifer  la  cuiflfe 

principalement  au  droit  de  la  Fradurei 
E  &  F  font  des  bandes  faites  de  futaine  double  defquclles  la  première 

ferre  la  cuiffe  au  dclTus  du  genoiiil ,  te  Tautre  la  I?.mbe  vers  le  îar- 

ret. 
G,  vne  autre  bande  qui  entoure*  le  corps  comme  vne  ceinture  au  deffus 

Je  l'os  ilcum  comme  oa  le  voit  en  la  figure  i.  «le  la  ublc  7«  les  bandes 

font 


des  Fradures  ôc  Luxations.  505 

font  faites  de  furaine  double  bien  coufue  ,  de  peur  qu'elles  n'cchapent 
en  l'Opération. 
Mais  il  faut  faire  en  telle  forte  que  l'Indrumcnt  Toit  bien  proportionne  à  k 
c'uilîe,  &  que  la  partie  inférieure  marqucç  B  ne  dccendc  pas  plus  bas  que  le  iar- 
retjcncor  moins  faut-il  que  la  partie  rupcricurc  marquée  A  palK;  l'os  Ilium  :  car 
fi  la  ceinture  palîoit  l'os  facrum  tSc  rilium^rinftrument  ne  comprimeroit  pas 
fufSrammcnt  la  fracture  &c  par  confcquent  ne  feruiioit  de  rien:ayat  ainfi  adapté 
riuftrumcnt  à  la  cuilfe ,  ie  fcrray  peu  à  p:u  l'aiguillctce  qui  ctoit  au  milieu  de  la 
çciiituredeuxou  trois  fois  lciourjmais'doucemcr,dcpeur  de  faire  de  la  douleur, 
ainfi  en  refpacede  trois  ou  quatre  iours  cette  bolfe  fut  âbaifsce  &c  rendue  égale, 
&  tout  alla  à  fouhaitjdc  forte  qu'elle  fut  entièrement  guérie  en  l'cfpace  de  fepc 
ou  huitfemaines. 

Lafradtnre  doncde  lacuilïèqui  atoufîours  été  eftimcc  dettes  difficile  guc- 
ri(on,a  eftc  rendue  fi  facile  parmon  inucnrion  qu'à  prefent  vu  apprcntif  la  peut 
guérir  fans  que  le  malade  demeure  boircux,pourueu  qu'il  foit  diligent  ôc. qu'il 
air  les  inftrumenrs  propres ,    il  faut  donc  procéder  en  cette  manière. 

Sil'os  de  lacuilfs  eilrompu  ,  ditHippocrate  ,  il  faut  fur  tout  faire  dili- 
gemment l'cxtenfion  ,  afin  qu'elle  ne  fait  pas  moindre  qu'ils  ne  faut  ,  car  celle 
qui  eft  trop  grande  n'apporte  aucune  incommodité  :  il  faut  donc  tirer  fort  & 
ferme  la  cuillè  en  droiture ,  car  les  mufclcs  de  la  cuilfe  font  fort  grands  &c  ro- 
bulleSjlefqucls  tirants  vers  leur  origine  requièrent  cette  violente  excenfiontmais 
il  faut  faire  diftinôbion  des  corps,  car  es  enfants  la  feule  main  lutfic  fins  inftru- 
nients,quelquefois  mêmes  en  ceux  qui  (ont  auanccs  en  âge  comme  ie  l'ay  prati- 
qué fouuent,  mais  il  ne  faut  pas  touliours  s'y  fîer  à  caufe  de  la  grâdeur  ôc  force 
desmufclesjce  qui  oblige  le  Chirurgien  à  recourir  aux  inftruments ,  car  fi  l'cx* 
tenfion  eft  plus  petire  qu'il  ne  fautjles  extrémités  de  l'os  ne  pourront  pas  fe  ren- 
contrer,mais  elles  (e  crcifi'ront  l'vne l'autre  au  preiudice  du  malade:  il  faut  donc 
ficher  fur  vue  table  ou  banc  l'inftrument  fuiuant  que  i'ay  inuentc  6c  âpelc  Ré- 
mora ou  Arrcft:  il  le  faut  cnueloper  diligemment  de  linges  mois  ,  en  après  il 
faut  coucher  le  malade  en  telle  façon  fur  le  banc  que  l'inftrument  fbit  mis  en 
l'cntrcfelfon,  rjoyés  les  fgHres  i.y&^.deîa  table  7. 

Dés  AiufquesàBcérinftrumcntaneufpoucesdelongiàrcndroicdc  B  il 

a  répaiircur  d'vn  pouce. 
C  vn  trou  dans  lequel  on  met  vne  boule  de  fer  marquée  D  par  le  moyeu 

de  la  Vis. 

E  vne  vis  par  le  moyen  de  laquelle  la  Rémora  eft  attachée  au  banc  ou  à  la 

table  tant  que  le  bout  d'icelle  marque  G  y  tienne  ferme  par  le  moyen  de 

la  vis  marquée  F  qui  la  doit  ferrer. 

l'ay  voulu  appeler  cet  inftrument  Rémora,  car  comme  le  poilTon  qui  porte 

ce  nom  (  Pline  liu.  51.  ch.  i.)  quoy  petit,arrcfte  les  Nauircs  de  forte  qu'elles  ne 

peuuent  palïèr  plus  auant,  aiufi  céc  inftrument  retient  le  malade,pour  robufte 

<i3 


jotf  Liure  Quatrième 

qu'il  (oit  Se  empêche  qu'il  ne  vienne  en  bas  quand  on  tire;  en  après  il  faut  met- 
tre la  ceinture  reprefcntce  ci-dclTous,  fur  la  cuilîc  vn  peu  au  dellbus  du  genoiiil 
en  cette  façon, voyés  /a figure  'f.dela table  7. 

DefcriptioH  de  la  Ceinture. 

A  vne  ceinture  aucc  laquelle  on  attache  lacuillê  vn  peu  au  dcffus  de  la  Rot* 
le  B  C  font  des  forts  crochets  de  fer  ou  de  cuiure  defqucls  l'vn  fe  met  en 
la  partie  interne  du  genoiiil  &  l'autre  en  dehors  ,  car  on  les  peut  faire  allci 
çà  &  là  comme  on  veut. 
11  y  fiut  âcrochcr  vn  fort  cordon  marque  F  F  qui  foitde  telle  longueur  qu'il 
paflèla  plante  du  pic  :  en  fuppofant  donc  que  D  foie  le  genoiiil,  &  E  la  plante 
du  pic  fous  laquelle  le  cordon  F  F  fe  rencontre,  il  y  faut  attacher  la  moufle  à 
marquée  G  pour  faire  Textcnfion  comme  ie  diray  en  (iiitc  :  que  Ci  quelqu'vn 
penfoit  attacher  la  ceinture  à  la  iambe  vers  le  talon  il  fc  trompcLoir,  mais  il  faut 
que  le  cordon  foit  fi  court  que  les  bouts  viennent  à  fe  rencontrer  fous  la  plante 
du  pic  :  Qiioy  que  cette  moufle  ait  quelque  rapport  aucc  celle  qui  fe  trouuc 
dans  Paie  liure  lé.  chap  7.  &  ailleurs  ,  fi  cft  ce  que  comme  i'y  ay  corrige  quel-: 
que  chofe ,  j'ay  voulu  mettre  icy  le  pourtrait  de  la  mienne,  laillant  neantmoins 
le  chois  à  vn  chacun  de  prendre  celle  qui  luy  agréera  le  j^  ^us  :  or  i'eftime  que 
Parc  s'cft  ferui  premièrement  de  cet  inftrumcnt  es  fra(5l;urcs  des  os  ôc  es  Luxa- 
tions, car  ie  ne  me  fouuiens  pas  d'en  auoir  veu  aucune  trace  dans  les  éctirs  des. 
Chirurgiens  qui  ont  écrit  auantluy:maisquoy  que  ce  foit  il  cft  excellent  &U 
plus  propre  de  tous  pour  remettre  les  FraChues  3i  Diflocations,  veu  que  pre- 
mièrement il  fe  peut  âiufter  à  toutes  les  parties  du  corps  rompues  ou  luxées  fCi 
on  en  excepte  les  eoftcs  les  clauicules  ,  les  mâchoires  &  l'os  Pubis  J  lo.  il  tire 
en  droite  ligne  fans  que  la  partie  penche  de  coté  ou  d'autre  ,  principalementjl 
fi  on  fe  fert  de  la  ceinture  ëc  de  la  Rémora  i  pouuantalFurer  auec  ferment  quci 
i'ay  quclqi:efoia  remis  des  fradlures  fans  douleur;  &c  par  le  moyen  de  la  ceinture 
on  fait  en  forte  que  Ion  rire  la  partie  droit  en  bas  lawsfe  détourner  ni  deçà  ni' 
delà  :  car  ii  la  iambe  oula  cuilfc  eft  rompue,  il  lafaut  mettre  en  telle  forte 
au  genoiiil  ou  au  talon  nue  les  extremiccs  du  cordon  marquées  F  F  vicnuentà 
fe  ioindre  au  centre  de  la  plante  du  pié  '^  que  l'on  y  puiiTe  fourrer  le  crochet  de 
la  moufle,    voyés  les  figures  6.  de  latahle  ]. 

Qae  fi  le  bras  cft  rorppn,  ii  faut  metrre  la  ceinture  au  poignet  en  forte  que  « 
les  crochets  d'icellc  marques  B  &  C  regardent  l'vn  le  dehors^*:  l'autrele  dedans  % 
de  la  main  &  que  les  extrémités  du  cordon  (e  rencontrent  au  bout  du  doigt  du  ' 
milieu:  Paré  en  lieu  de  ceinture  met  lur  b  partie  vne  bande  de  toile  à   laquelle 
il  attache  fon  inftrument,  liu.  lé.  ch.  22.  4J.  mais  il  eft  aisé  à  comprendre  que 
l'on  ne  peur  pas  faire  l'extenfion  droite  h  on  examine  bien  la  figure  ^  comme   j: 
il  veut  que  l'affaire  aille;  en  troifiéme  lieu  par  ie  moyen  de  cette  moufle  on  tire 
oulentemcntouvitement,  plus  ou  moins  klon  lafantafie  dy  Chirurgien  S>c 

que 


y 


i 


des  Fraftures  ôc  Luxations.  307 

i  que  la  chofc  le  rcquicicce  que  l'on  ne  peut  pas  faire  aucc  les  autres  inftruments 
&:Gloirocomes  comme  l'expeticn-c  me  l'a  fAz  voir>4  elle  peut  être  portée  com- 
modément çà  de  là,  mêmes  quand  on  va  voir  les  malades  dehois  à  ca  jfe  de  Ton 
petit  volumccar  celles  de  laqadb  ie  mz  fuis  fcruiiafqiiçs  à  prefent  ne  pefe  que 
5).  onces  auec  la  Rcmora  6c  li  ceinture  :  ).  elle  n'ir/timide  point  le  malade 
comm- font  les  gloirocomcs&  aurrcsmachines,dcrqacllesoiire  feruoit  ancien- 
nement :  elle  cft  principalement  très  piopre  en  la  Luxation  de  l'épaule  cemmc 
on  le  voit  en  Paré  audit  liure  chap.  ii.  i?j  l'cft  encor  d'auancage  fi  on  attache  à 
la  R;mora  vn  globe  de  fer  par  le  moyen  d'vn;  vis  de  la  grandeur  &  figure  qui 
fera  reprefcntéc ci- après  &  que  l'on  y  procède  comme  ie  diray  :  on  fe  peut 
auflî  fcruir  de  cet  iiiihumcnt  en  la  Luxation  de  l'efpine,  en  laquelle  en  lieu  de 
la  ceinture,  on  entoure  le  corps  d'vn:  b.uide  de  fix  doigrs  de  large  Se  longue  à 
proportion  dcl'épaiireur  du  corps,  qu'il  faut  faire  de  toile  neuuc  la  mettant  à 
l'endroit  de  l'os  facrum,  &  de  telL-  forte  que  la  moitié  d'icelle  palTe  l'cxcremitc 
d'enhautde  l'os  llium  &  l'autre  moitié  repofe  fur  l'ilium  même  :  car  par  ce 
moyen  tirant  en  bas  les  os  llium,  on  tirera  auffî  l'échinp,  laquelle  ne  peut  point 
être  étendue  en  autre  façon:  or  pour  la  cirer  également  il  faut  mettre  le  cordon 
en  deux  lieux  de  ladittc  bande  \'  l'y  attaclier,a(rauoircn  dcuant  au  milieu  de  l'os 
pabis,visà  vis  de  la  ligne  bbnche,c$<:  par  derrière  à  l'endroit  de  l'échinc&de  l'os 
Iacrum,de  fjrte  qu'vn  bout  du  coidô  padc  entre  les  f.lUs  &  l'autre  pardcifus  les 
parties  honteufes  pour-vcnii:  fe  rencontrer  vers  ks  geno  jx  où  il  faut  attacher  la 
moufle  3l  la  tirer  après  auoir  mis  le  malade  fur  ion  ventre:  or  de  peur  qu'en  ti- 
rant le  corps  la  moufle  ne  vi.n:ieapres,ilfaut  mettre  vue  bande  large  Si  longue 
fir  la  poitrine  &  le  dos  par  delfaslesbras  qui  doit  être  tirée  par  deux  hommes 
forts  ou  bien  erre  attachée  à  la  table  fiul.iquelle  le  malade  efl;  couché:  on  bien 
ilfautplautet  furla  table  deux  fortes  chenilles  defquelles  il  y  en 'ait  vue  fous 
chaque  bra; ,  ainfi  la  poitri.ie  ilk  la  rjfpiration  fera  libre  quand  on  fera  l'cxten- 
fion:  Mais  ceci  foit  dit  en  palTant  de  1  excellence  de  cet  inllrument ,  reuenons  à 
nôtre  dclîcin. 

Ayant  couché  le  malade  fiir  la  table  prés  la  R?mora  luy  ayant  auflî  mis  la 
ceinture  au  ralon  ou  au  g  nou'l,  comme  i'ay  dit ,  &  la  corde  aux  crochets  de  la 
ceinture  ,  il  faut  attacher  à  quelque  colomncouparoy  vis  à  vis  du  membre 
rompu  le  clou  à  vis  qui  efl  fait  comme  vue  croix  f  lequjl  efl:  peint  auprès  de  la 
mouflet  marqué  A  J  de  peur  qu'en  fiifaut  l'extenfionle  membre  rompu  ne 
tourne  de  côté  ou  d'autre,  en  après  il  faut  attacher  le  cro:het  de  la  moufle  mar- 
qué B  à  la  corde  <5c  l'aurreqai  a  la  marque  G  à  vn  clou  fiché  eu  vue  poutre 
ou  paroy  :  les  choies  êranrs  ainfi  àiuftees ,  vn  feruitciir  tirera  la  corde  de 
la  poulie  marquée  D  mais  doucement ,  &  candis  qu'il  la  tire,  le  Chirurgie» 
cmbraCra  auec  les  deux  maius  la  cuiife  vers  la  frad ure  ,  mais  premièrement 
il  doit  prendre  garde  de  quel  côte  penchent  les  extrémités  de  l'os  rom- 
pu ,  autrement  il  ne  les  remettra  iamais  bien   :    pofons  donc  le  cas  que  la 

(^q    z. 


3o8  Liure  Quatrième 

cuilîe  droite  Toit  lompuc  en  relie  foite  que  la  Tcfte  de  Tos  marquée  A  auance 
en  dehors  &:  que  la  partie  marquée  B  penche  eu  dedans  comme  marque  la  fi- 
gure 7.  delarablcy. 

Cependant  donc  que  le  Chirurgien  empoigne  laciiilTe  anec  les  deux  mains 
Se  que  l'exrenfion  fe  fait,  il  doit  âpiiquer  le  pouce  gauche  au  bout  dcl'os  rom- 
pu qui  cft  marqué  A.  &  le  droit  à  celui  qui  eft  marqué  B  en  prelîànt  vigoureu- 
rcmenr,&  regardant  iî  le  feruireur  ne  rclâ.hc  point  la  corde,  laquelle  il  doit 
toujours  tirer  doucement  iufqu  à-ce  que  l'os  foie  remis,  car ,  comme  dit  Hip- 
pocrate  j  quoy  que  rextcnnon  foit  plus  forte  qu'il  ne  faut,  elle  n'apjiorte  aucu- 
ne incommodité  à  caufe  de  la  grandeur  des  muicles  j  aiufi  en  tirant  la  corde  Sc 
prelîànt  doucement  auec  la  main  les  extrémités  des  os ,  ils  retourneront  en  leur' 
place  naturelle,  ce  que  l'on  reconoiftra  premièrement  en  ce  qu'il  n'y  aura  aucu- 
ne eminence  ni  inégalité  d'os  y  mettant  la  main  :  1°.  parce  que  l'os  vient  in- 
continent égal  >  le  plus  fouucnt  auec  craquètement,  50.  la  douleur  pungitiuc 
cefïè,  40.  la  cuilïè  eft  de  même  loiigucui  <Sc  figure  que  l'autre. 

L'os  ayant  été  arnfi  remis,  on  ne  lâchera  pas  la  corde  auanl  qu'auoir  mis  les 
médicaments ,  les  Bandages  &  les  Aftelcs  :  il  faut  donc  auec  diligence  oindre 
toute  la  inmbc  dés  le  pié  iufqucs  à  la  cuilïè  &  hypochondreauechuyle  rofar, 
mettant  fur  la  fradute  le  cataplafmefuiuant  QZ.far.  Hordei  ^tty  pulner.  rofar, 
rub,  5/?.  BalAiijî.  Nucum.  cupr.  aalUr.  an..  T^f  cmn  Po/cafat  ewpl.  in  mort  Aria 
add€>ido  vitelL  OHor.  num.}'].  ol.rof.^}.  app'ica  tepidè  :  en  ceux  qui  font  plus 
auancés  en  âge  &:  cxrenucs>on  peut  adioutcr  à  cet  emplâtre  |fi,  lapid.  ofteocolU 
car  rllcfairpromprcmeni  croitre  le  Cal ,  maib  il  ne  faut  pas  s'en  feruir  en  des 
ieuntspctronnes&  pleines  de  fuc  :  en  après  il  faut  enueloper  la  iambc  dés  le 
genouil  iufques  à  la  CuiiTeauec  des  band.s  tiempées  en  oxycrat  :  mais  pour 
retenir  les  cxtiemités  de  l'os  rompu  en  leur  place,  il  fefaut  feruir  d'vn  inftru- 
mcnr  qu*:  i'ay  inutnté  lequel  on  met  ilir  la  ciiiiîc  en  cette  manière  voyis  l^^fig-  &• 
de  la  table  7. 

Explication  de  la  Figure* 

A  A  vnc  lame  de  fer  qui  a  14.  pouces  de  long  &  deux  de  large,  mais  au  mî- 
licu  ou  font  les  marques. 

BB  elle  eft  fcparée  en  deux  en  forte  ncantmoins  que  par  le  moyen  de  la  vis 
C  C  elles  fe  ioigncnt  enfcmblc  ;  car  par  ce  moyen  vn  même  inftrument 
peut  feruir  à  pluficursm.alades,  vcu  qu'on  lepcur  âcourcir  ou  âlongir  félon  la 
taille  :  mais  il  faut  que  cette  \\s  fe  puilïc  tourner  tantôt  d'vn  côté  tantôt  de 
l'autre,  de  forte  qu'eu  la  tournant,  les  deux  lames  marquées  A  A  viennent  ou  à 
fe  ioindrc  vers  le  cerrre  *  aiufi  marquéj  ou  qu'elles  tirent  l'vne  en  haut  &  l'au- 
tre en  bas  également  :  or  de  peur  que  ces  lames  ne  branlent  de  codé  ou  d'au- 
tre, il  faut  mettre  de  chaque  coté  de  la  vis  vnc  autre  lame  de  fer  marquée 

D  Dqui 


I 


des  Fraâ:urcs  &  Luxations.  30^ 

D  D  qui  foie  bien  attachccjmais  chacune  doit  ccre  retenue  par  deux  anneaux 
EEEE  ou  boucles  niifes  à  l'oppoli^e  les  vues  des  autres,  par  le  moyen 
dcrqiiellcs  le  Chirurgicales  p:utha(i(rer  ou  bailler  quand  il  veut. 
F  G  font  deux  bandes  dcfqucUcs  l'vncfcrt  à  lier  la  cuiirefur  le  genouïl  j  <Sî 

l'autre  la  iambc  fous  le  ïjrrct. 
L'inflrumcnt  étant  ainfi  ioinr,il  faut  mettre  la  partie  d'enhaut  d'icclui  mar- 
quée H  fur  l'appendice  inférieure  de  l'os  pubis  qui  eft  aufll  apelc  l'osfenctrc 
du  pcnil  or  ce  fouftien  marque  H  qui  cft  de  bois  :  eft  vn  peu  creuse  en  rond  en 
fa  partie  fuperic-ure  marquée  I  afin  qu'il  puiilc  tant  mieux  conteait  l'emincnce 
de  cet  os,ce  creux  doit  ccre  garni  de  feutre,  de  linge  ,  ik.  d'ctoupes  de  peur  de 
bleiler  la  partie  qui  s'appu\  e  dclfus. 

Cet  inftiument  étant  ainfiâtaché  dc(îus&  dcllbus  le  genouïl,iI  faut  tourner 
la  vis  auec  vn  poinçon  de  fer  m.arqué  K  ('  car  il  doit  auoir  les   trousen  fon  cen- 
trejiufqucs  à  ce  que  la  partie  d'iceluy  marquée  H  tienne  ferme  contre  cet  os 
fencrré,alors  il  faut  garnir  l'autre  partie  dclacuilfe  (  fila  fracture  cft  au  milieu 
d'iccUcou  préi  IcgtnoiiïUaucc  des  comprclles  de  bois  auanr  que  ferrer  la  ban- 
de d'enhaut  n^arquce  Ljquc  G  la  fra<5tuic  cft  au  haut  de  la  cnilîè  ou  prés  de  la 
petite  AppendiccjComme  en  la  petite  fille  de  laquelle  i'ay  parle  ci  dclfus,  il  faut 
outre  cet  inftrument  ici  y  âiouterlepicccdent  afin  que  l'os  puilfe  demeurer 
en  fa  place  :  ayant  fait  tout  ce  que  dcfilus  diligemment ,  il  faut  mettre  toure  la 
cuiftè  en  vnc  Caftolle  de  bois  ou  il  la  faut  laiirvr  trois  ou  quatre  ioùrs  ,    l'oi- 
gnant neanrmoinstous  les  ioursauecdc  l'Iinylc  rofat ,  comme  auHî  le  bas  ven- 
trc,rhypochondre  6c  la  iambc  vers  la  plante  da  picjcn  fomme  tout  ce  qui  n'cft 
pas  couuert  de  bandcs:que  s'il  fc  fiit  quelque  fiuxion  fur  la  partie,  il  faut  mettre 
quelque  dcRnfif  lur  la  fraftiue ,  &  des  le  commencement  il  faut  ordonner  les 
remèdes  vniucrfcls  auec  vnc  façon  de  viurc  exquilc  ik  fobre ,  purgeant  le  corps 
jfi  faire  fe  ptut,ou  lâchant  le  ventre  auec  des  laucmcnts ,  de  peur  qu'étant  relfer- 
réjil  ne  vienne  de  la  fiéure  :  or  on  rcçcura  les  excréments  en  vn  vaiftèau  d'ctain 
ou  de  cuiure:il  faut  anfti  cirer  du  fang  par  la  vcne  du  bras  de  même  côrc  ,  à  pro- 
portion de  la  plénitude  &  de  la  force  du  malade  ,  regardant  à  toutes  heures  (î 
cet  inftrument  ne  fc  relâche  point,  parquoy  il  doit  être  bien  attaché  fui  le  ge- 
nouïl,&  appuyé  en  haut  contre  Tos  feneftré  par  le  moyen  de  la  vis,  ainfi  onem- 
pé.h.  ra  que  les  extrémités  des  os  qui  ont  été  reicintcs  ne  fortenc  hors  de  leur 
place:Voila  quant  au  premier  appareil. 

Si  au  quatrième  Jour  il  n'arriue  rien  de  /îniftre  en  lafiadturc  ,  il  la  faut  dé- 
bander,rcnouuelant  tous  les  emplatrcs,les  inondtions  Se  les  bandes,mais  il  faut 
tour  tenir  prcft  auparauant ,  afin  que  rien  ne  manque  quand  on  viendra  à  fuire 
la  ligature  ,  car  il  eft  ncceftaire  qu'il  y  ait  deux  feruiteurs  qui  tiennent  le  mem- 
bre,lVn  au  dcflus  de  la  fraélare  &  Tautre  au  delfous  >  mais  bien  également:  ce 
que  ne  pouunnc  être  frit  fans  caufer  de  la  douleur  ôc  fans  donner  beaucoup  de 
pêne  aux  bruiteurs  ,  il  faut  être  habile  en  la  befongnc  :  il  n'cft  pas  pourtant 

Qjl    5 


jio  Liure  Quatrième 

necclHirc  de  faire  vnc  grande  cxtenfion  f  à  rimicacion  de  quelques  iguorants 
qui  à  chiqifefois  qu'ils  dcbandciicla  fradjre  en  fjiic  vue  nouucUeJcai  files  os 
ont  ccc  bien  renîis  au  premier  appareil ,  à  quoy  b^ii  cracalfer  encor  le  malade: 
or  afin  que  la  feconie    deligicion  de  la  fradurc  ^  les  fuiuanr.s  paiironc  êcrc 
faites  félon  le  preccpce  de  Gaiien  promptcment ,  reuremcnt  ôc  fans  iacommo- 
diccjil  faut  fe  comporter  ainfi.  Ci  le  malade  peut  être  porte  des  le  licl  fui  vne  ta- 
blc,il  faut  derechef  y  attacher  la  Rcmora  côme  on  a  fait  la  première  {^is,  que  Ci 
la  deligation  doit  être  faite  au  lit,  en  place  de  h  Rémora,  il  fajttenii  f;rmc  le 
malade  auec  vne  bande  de  toile  neuue  S>c  fo.tc  de  peur  qu'il  ne  dcceudi  en  bas 
quand  le  fcruitcur  tire  L'  pic,mais  pour  mieux  le  rcpicLntcr,  voi  ji  les  figures. I. 
de  la  table  VllI.Pofons  do.ic  le  cas  que  A  foi:  le  haut  du  châlit,  dans  lequel  le 
malade  doit  être  fituc  en  forte  que  la  Telle  foie  fituée  ou  cft  la  lettre  B  :  qu'on 
attache  à  cet  en  droit  deux  boucles  l'vne  à  dioite,rautre  à  gauche  marquée  C  C 
y  ayant  attache  la  ban  Je  marquée  D  E  il  faut  faire  palier  le  milieu  d'icelle  par 
l'entrefefibn.-or  cette  bande  cft  fendue  des  deux  côtés  vers  les  lettres  G  H  :  la 
bande  donc  étant  posée  en  telle  façon  que  la  fente  G  ne  palfe  pas  la  région  du 
fond  dereftomach(car  en  toutes  Opérations  la  poitrine  doit  être  libje  à  caufe 
de  la  refpiration  5c  qu'elle  vienne  (eulcment  à  la  hxicme  partie  du  dOi,il  en  faut 
attacher  les  bouts  auxboucles  marquées  CC  ou  elles  d^i aent  être  liées  bien 
ferrae,de  peur  que  le  malade  ne  dcccnde  en  bas:cetce  bande  étant  ainlî  âiuftce, 
il  faut  ouurirla  cailble  ôc  en  coucher  de  coftc  Se  d'autre  les  ailerons, Tjettant  U 
ceinture  reprefentée  ci  dellus  autour  du  talon,  faifant  auQi  ioin  Jic  la  corde  Cous 
la  plante  dupic  :  il n'cft  pourtant  pas ablolum.nt  necefiaire  de  fc  feruic  de  la 
moufie  (  veu  qu'il  ne  faut  pas  faire  d'auaiitagc  d'cxtenfioa^'  mais  il  f^ifica  qu'vn 
desferuitcursprenacdelamain  droittelacordc  de  la  ceiiiture<!fc  de  lagiuchc 
le  talon  en  le  fouleuant;  or  afin  qu;  cela  fe  fallè  également,  il  f  lUt  qu'il  y  ait  vu 
autre  feruiteur  qui  empoigne  auec  les  deux  mains  le  haut  de  la  cuilL-  ôc  la  fou- 
lêue  vn  pea.afin  de  pouuoir  promptcment  remuer  Se  changer  les  em  .lacres  & 
tout  le  refte,mais  après  auoir  auparauantointh  cuilie  :  prenant  foig'ieafemen: 
garde  que  '^êt  iiiftrument  Ôc  les  afteles  foyent  proprement  mifes  ,    remcrtant 
apreslacuiirc  enfacafible:  ieme  fers  delà  ceinture  en  la  llconJe  d  ligaciau  .S: 
fuiuantcs,afin  que  par  ce  moyen  le  feruiteur  puilîe  tenir  la  partie  f  rme  fans 
pêne  &  qu'elle  ne  branle  de  côte  ou  d'autre:  i'y  ay  auflî  quelquefois  âioatc  l'io- 
ftrument  à  poulie, mais  fans  faire  aucune  extenfion  ,  oufculcmcnrdepcur  que 
les  mufcles  qui  attirent  toafiours  vers  leur  origine,  nemillenc  loi  hors  de  leur 
place. 

Voila  quant  à  la  fradlure  delà  cuifie  ôc  Is  moyen  d^  la  remettre ,  auec  la  ma- 
nière dclaconferuer  en  fa  fituation  naturelle  de  peur  que  la  Jtu'fle  ne  demeure 
trop  courtc:ie  veux  feulement  âioutcr  vn  mot  de  l'cxccliencc  de  cêtinftrument 
àpoulie&delaRemora,a(rauoirque  l'vn  «Se  l'autre  cft  tr^s  propre  pour  remet- 
tre rêpaulcjComme  ie  l'ay  expérimente ,    car  en  quelle  faÇon  que  ce  foit  que  la 

Tefte 


des  Fradlures  &  Luxations.  511 

Tcfte  de  l'Humérus  foit  hors  de  fa  place ,  on  le  remercia  aifcmcnt  par  le  moyen 
de  ces  inftrumcnts,fi  on  attache  la  Rorrora  auec  Ton  bouton  ou  globe  de  fer,dc 
la  grandeur  qu'il  eft  reprcfencc  ,  en  la  figure  J.de  la  Table  VII.  i  vnc  table  ou 
banc  commode  fur  lequel  on  couchera  le  malade. 

La  Rémora  cft  marquée  B  or  ce  globe  comme  au(îî  la  Rémora  doiuent  être 
girnis  &  couuerrs  de  toile,  couchant  par  après  le  malade  fur  le  dos  &  iiuftanc 
la  Rcmora  en  telle  forte  que  le  bouton  de  l'inflirumcnc  rcmplillc  la  cauitc  de 
l'aillllle  ,  mctant  par  après  la  ceinture  fur  le  poignet  auec  Tes  crochets  ôc  le 
cordon  qu'il  faut  attacher  à  la  moufle  comme  on  le  voit  en  la  figure  2.  de  la 
Table  VIII.  enfin  il  faut  peu  à  peu  étendre  le  bras&  le  tirer,  tant  que  la  Tefte 
de  l'Humcrus  s'cnboice  en  fa  pla:e,il  faut  alors  vu  peu  relâcher  la  moufle  Se  ti- 
rer en  haut  le  malade ,  remplilîànt  le  creux  de  l'aiirellc  auec  vnc  paume  faite  de 
linge,la  bandant  fi  bien  qu  elle  ne  puilFc  pas  foitir  hors  de  fa  place.  Ohferu.  85. 
Centnr,  V. 


OBSERVATION     VII. 

De  lafraUnre  de  U  rotule. 

VN  homme  de  40.  ans  robufte  &"  de  bonne  conftiturion  étant  tombé  fe 
rompit  h  rotule  en  trauers  auec  grande  menrtrifTure  du  genouïl  mais 
fans  playe  :  &  quoy  qu'il  fut  guéri  au  commencement  félon  l'Art,  neantmoins 
il  luy  furuint  de  rres  grandes  douleurs  auec  autres  accidents  ,  il  fut  enfin  remis 
mais  il  demeura  boiteux  auec  vne  grande  débilité  de  toute  la  cuilîè  ,  de  forte 
qu'il  n?  peut  après  marcher  quaucc  pêne  traînaiît  la  iarrbe  quand  il  faloît 
mcntein'c  fus  demandé  pour  le  voir  auec  le  Dodlcui  G.oigius  Fabcr:  nous  luy 
ordonnâmes  quelque  chofe  pour  fortifier  les  nerfs, mais  i'appnhenday  que  cela 
ne  feruitdeiicn,  car  ie  mefouuins  decc  que  ^h'c  l'arc  liu.  if.  chap.ii.  qu'il  n'a 
iamais  vcu  aucun-qui  ne  foie  demeure  boirciix  apics  la  fratfcure  de  la  i;oruk:&- 
après  luy  Pauius,partie4.chap.4. 

L'vn  &:  l'autre  rapportant  la  caufe  de  cette  claudication  au  Cal  qui  a  re*- 
noliclafradlnrcairauoii  quand  il  remplit  la  cauitc  de  l'articulanon  dellousla^ 
rotule  ^  ainfi  em;  cche  le  mouucmenr  :  &  quoy  que  ie  n-:-  trouuc  rien  à  redire 
en  cette  opiaîon,il  me  rcfte  neantmoins  vn  fciupule ,  fi  la  rotule  étant  rompue, 
le  Cal  peut  tellement  auancer  qu'il  vienne  à  remplir  cette  cauiré  qui  clt  entre 
l'os  de  la  cuiflè  3c  de  la  iambe,laquellc  eft  afscs  giandc,  de  forte  que  le  mouuc- 
nient&  l'adlion  du  genouïl  en  (oit  em.pechce:car  on  voit  le  plus  fouucntcs  au-- 
tres  fradtures  des  os  (Ç\  ce  n'eft  qu'il  y  ait  vn  grand  fracas  de  l'os  iJc  de  Ion  pe- 
riofte^que  la  nature  les  reioint  fi  proprement,qu'à  pêne  remarque  t*on  aucune 


3T1  Liurc  Quatrième 

trace  de  ffaclure:car  tandis  que  Icperioftc  cfl:  entier,  il  retient  lamaticre  du  Cal 
&  l'épcchede  s'auancer  par  trop;/!  ce  n'cft  qu'on  rcferuicdc  chofcs  quil'ciuent 
à  le  faire  venir  :  on  verra  aulli  ci  après  que  le  Cal  n'a  pas  été  caulc  qu'il  foie  de- 
meuré boiteux  ,  partant  il  faut  vfcr  de  diftincflionjCar  la  rotule  le  remet  ou  en 
traucrSjOu  obliquement  ou  de  lo!;g,prcat  la  ligne  dés  la  cuille  iufques  au  gros 
orteil  du  pic,&  pour  le  faire  voir  plus  clairement,  i  ay  fait  reprefcnter  la  rotule 
dcuelopcc  de  Tes  membranes,  &  vue  autre  (^comme  l'en  ay  vnc  parmi  mes  fce- 
Ictcsjàlaquelle  font  attachées  les  mcmbrancsde  quelques  mufcles  de  ceux  qui 
remuent  la  iambe  >  alïauoir  du  f^ptiéme  huictiéme  ,5c  neufuicme  auec  vn  fort 
tendon  qui  en  prouicnt  VoyeX^lafoirre  ^JeU  Tah/enil.  Si  donc  il.'y  a  fra- 
fture  en  la  rotule  depuis  A  iulqucs  à  B ,  à  pénc  le  malade  fera  t'il  boiteux  s'il  a 
vn  Chirurgien  expert  ôc  bien  entendu  qui  aille  au  deuant  des  mauuais  acci- 
dent, car  il  reiinira  facilement  la  frndturc  de  la  rotule  de  entretiendra  la  con- 
ionctioaen  fa  place  par  le  moyen  des  bandes  5c  comprcdcs:  i'ay  dit  facilement, 
car  les  extrémités  du  fcpiicmejhuiclicme  &  neufuiéme  mufclc  de  ceux  qui  re- 
muent la  iambc,fe  ioignent  vers  la  rotule  ôc  finilïcnten  vn  tcnJon  foit  robafle 
marqué  H  qui  s'infinueen  ijellc,&:  enfin  lortant  au  dclîous  vers  la  lettre  G  il 
entre  en  la  partie  antérieure  de  l'os  de  la  iambe  f  mais  fort  dclié  )  fous  le  ge- 
nouil  :  or  comme  c'eft  le  propre  des  mufcles  de  tirer  vers  leur  origine ,  il  eft 
ii)anifefte,&:  on  le  voit  en  la  précédente  figure,  que  la  fracture  de  la  rotule  fai- 
te en  lalongueur  deToSidcs  mcm.branes,mufclc;s  <5c  tendons  ,  retourne  le  plus 
founcntenTapIacc,  quand  même  le  Chirurgien  n'y  mettroitpas  la  main, com- 
me auflî  à  caufc  de  k  véhémente  attraction  de  ces  mufcles  qui  fait  que  les 
bords  de  la  rotule  rompue  le  ioignent  trcs  étroitement  des  le  commence- 
ment, ainfi  il  eftimpoffiblc  qu'il  fefalîe  aucune  exubérance  de  Cal  &:  que  le 
malade  demeure  boiteux,pourueu  ,  di  ie  ,  qu'il  n'y  ait  aucune  fiute  du  Chirur- 
gien :  mais  quand  la  fraéture  Ce  fait  en  trauers,alTàuoir  dés  C  à  D,il  en  va  tout 
autremcnt,car  lors  les  mulclcs ,  alfauoir  prîncipalcm.^nt  le  fcpticme,hui(5tiémc 
&  neufuiéme  tirent  en  haut  vers  la  cuilïè ,  mais  le  tendon  qui  eft  enté  fous  le 
genouïl  fur  l'os  de  la  iâbe,marqué  G ,  tire  la  rotule  en  bas.ainfi  clic  s'ouure  tel- 
lement au  milieu,  que  les  bords  de  la  fradlure  ne  peuucnt  iamais  fe  rcliuir  à 
caufe  de  la  violente  attraction  des  mufcles  ôc  du  tendon.  Il  y  a  apparence  qu'en 
cepcrfonnage  larotulectoitrompueen  cette  maniere^comme  l'œil  &  l'atou- 
chement  le  faifoyent  croire ,  car  elle  étoit  tellement  ouuerte  au  milieu  que  le 
petit  doigt  ne  rempHfïbit  pas  ie  creux  :  or  cette  dilîonction  delà  rotule  étant 
caufc  que  les  mufcles  qui  remuent  la  iambe  &  fur  toutlefeptiéme,huictiéme 
&c  ncufuicme  auoyent  perdu  leur  force  ,  il  ne  fiuit  pas  trouuer  étrange  s'il  de- 
meuraboiteux  &  s'il  auoit  de  la  pêne  à  mener  la  iambe  en  haut.  C'eft  quafi  la 
racmc  chofc  quand  la  fradure  eft  faite  obliquement,alîàuoir  dés  £  à  F,car  les 
fufdits  mufcles  &  le  tendon  en  même  temps,  tirent  les  bords  de  la  rotule  rom- 
pue haut  (5c  bas  ou  en  trauers  ôc  la  fcpaccnt ,  on  peut  voit  par  là  que  cette  fra- 

(Slure 


des  Fradions  &  Luxations.  315 

iurenc  peut  être  rcmiTe  en  manière  que  ce  foit  fans  que  le  malade  ne  demeure 
)oitcux,neantmoins  i£gincta  liurc  fix  chapitre  105.  Veut  qu'après  auoir  fait 
xtcnfion  de  la  cuiiFc ,  on  ioignc  les  deux  parties  de  la  rotule  l'vne  contre  Tau- 
re auec  les  doigts  iufques  à  ce  qu'elles  viennent  à  fc  rencontrer  ;  on  en  peut  fai- 
e  l'eflay ,  mais  i  ay  bien  de  la  pcRc  à  croire  que  ces  extrémités  puifTcnr  fe  rcii- 
lir,  ou  qu'étants  coniointes  on  les  puiilc  confcruer  vnîes  iufquace  que  IcCal 
bit  formé  ,  à  caufc  de  la  véhémence  de  la  douleur  :  mais  par  la  grâce  de  Dieu 
;ctte  forte  de  fradare  eft  fort  rare ,  car  la  rorulc  étant  mobile  &  détachée  de 
ous  os,  elle  prête  facilement  ôc  va  de  côté  de  d'autre  quand  quelque  corps  foli- 
k  la  pouilc:0^y:88.a?7?.r. 


OBSERVATION     VIII. 
De  la  fraciure  de  U  rotule. 

VN  Gentilhomme  de  l'Ancienne  famille  des  Steinberg  au  Duché  deBruni^ 
vie  portant  les  armes  pour  les  Etats  confœdercs  du  Pays  bas,&  fe  battant 
gcnereufcmcn:  auec  l'cnnemijreçeut  vn  coup  de  moufquet  en  la  rotule  gau- 
che qui  fut  fratSturéc  &  fracafsée  en  plufieurs  pièces  :  le  malade  n'ayant  pas 
ctc  bien  traitté  au  commencement  à  caufe  de  l'incommodité  du  lieu  &  du 
défaut  d'habiles  Médecins  ,  il  y  furuint  vne  très  grande  douleur ,  inflamma- 
tion, meliceric  &  autres  fâcheux  accidents  qui  le  tourmentoyent  iour  &: 
nuitjcn  forte  que  toutes  les  concodions  en  furent  dcprauces  &  qu'il  deuint  en- 
tièrement cacochyme  :  on  s'adrciFa  à  plufieurs  Médecins  &  Chirurgiens  mais 
en  vain ,  enfin  on  demanda  Monfieur  Cofrae  Slotanus  Médecin  &  Chirurgien 
ordinaire  du  Prince  Vilhem  Duc  de  luliers ,  &:c.  mon  maître  :  étants  arri- 
ués  au  Château  deBodenberg,  nous  trouuamcs  le  gcnouïl  fort  enflé  &  vlcerc 
tout  autour  auec  corrofion  des  ligaments  &  cartilages  :  Nous  demeurâmes 
auprès  de  luy  enuiron  deux  mois  ,  ou  le  dit  Slotanus  prit  tant  de  pêne  que  le 
malade  reçeut  beaucoup  de  Ibulagemenr ,  ôc  ay^ant  ctc|demandé  par  fon  Prin- 
ce, il  le  mena  en  litière  auec  foy  à  Duflèldorp  :  mais  il  ne  tarda  pas  à  mourir, 
la  fatigue  du  voyage  ayant  augmenté  les  accidents  :  l'ayants  ouuertnous  trou- 
uames  vne  pierre  afsés  grande  <!^  dure  en  la  veflîc  du  fiel  &  prefque  tous  les  vif- 
feres  du  dedans  corrompus  :  les  ligaments ,  cartilages  5c  les  os  mêmes  du  gc- 
Aiouïl  ctoyent  rongés;0^r«.88.Cfwr.r. 


314  Liure  Quatrième 


OBSERVATION     IX. 
De  UfrdUure  de  la  iambe. 

MAJamc  AnneRcnFien  femme  de  Monfieur  Rudolph  Zendcragrc  d'eiî- 
uiron  30.  ans  (U^o-  May  1614. Jetant  tombée  de  Cheual  à  deux  heures 
loin  de  Berne  ,  en  re^ut  vn  coup  de  pic  à  la  iambe  gauche  qui  la  rompit  aa  mi- 
lieu entre  le  gcnouïl  &  le  talon  aucc  vue  grande  contuHon  &  excoriation  delà 
chair:  ayant  été  conduite  à  l'hôtelcric  voifme  ,  on  demande  maître  Abraham 
Bronner  Chirurgien  ordinaire  de  la  ville  lequel,  ayant  reconnu  le  danger  qu'il 
y  auoitjfit  amener  la  malade  en  ville,  ou  c'eft  que  ie  la  vis  auec  luy,nous  trou- 
uames  que  cêcosétoit  rompu  obliquement  auec  vnc  playeafscs  grande  ,  nous 
r'habilames  heureufement  la  fradure  &  mimes  la  iambe  en  vnc  cafîblle  :  l'os 
étant  remisjla  douleur  cclFa  incontinent  5c  tout  alla  à  fouhait.nous  tirâmes  mê- 
me quelques  efquilles  d'os  fans  difficulté  ,  enfin  elk'  fut  entièrement  remilc 
fans  quilfuruint  aucun  fâcheux  accident. 

Mais  il  y  a  des  chofcs  à  remarquer  en  cette  cure ,  premièrement  qu'elle  ctoic 
enceinte  de  pafsé  fcpr  mois ,  &c  ncantmoins  fon  fruit  ne  fut  aucunement  cmu 
ni  ébranle  ni  par  la  chute  ni  par  Tcpounantcment:  elle  âcoucha heureufement 
à  terme  d'vne  très  belle  &  robuftc  fille,  atliiremcnt  àcaufe  qu'elle  auoit  obfer- 
ué  vnc  bonne  façon  de  viurc  iO.Elle  âcoucha;alors  fans  trauail,ni  fans  fentir  au- 
cune incommodité  en  fa  fradure,  au  lieu  qu'en  toutes  fes  couches  précédentes 
elle  auoit  eu  beaucoup  de  trauail ,  or  auoit'elle  fait  fept  cnfans  :  i'cn  impute  la 
caufe  à  la  force  ôc  à  la  viuacirc  de  l'cnfiint ,  car  tant  plus  le  fruit  eft  robuflc 
tant  plus  facile  eft  l'accouchement  :  on  en  a  vne  prcuue  manifefte  en  vn  enfant 
auorton  qui  ne  fort  qu'auec  grand  trauail  <5c  dilaccration  de  la  matrice,  quand 
même  l'embryon  ne  feroit  que  de  la  grolîcur  du  petit  doigt ,  car  comme  les 
pommes  meures  tombent  d'elles  même  de  l'arbre  ,  mais  celles  qui  font  vertes 
ne  viennent  à  bas  que  par  vne  rude  fecou{Ic,ainfi  en  eft  t'il  du  fiuidl  :  30.  Cette 
fille  n'a  aucune  marque,comme  cela  arriue  le  plus  fouuent  fi  vnc  femme  en-" 
ccince  eft  dercmie  de  quelque  grande  maladie  ou  paflîon  de  l'amc;  cette  Dame 
eft  bien  de  petite  taillc,dcbile  &c  maigre,  mais  elle  eft  de  grand  cœuf  &  gene- 
rcufc  ,  cequicft  caufe  que  la  faculté  imaginatrice  n'a  pas  été  troublée  en  fes 
ope-rations  ,  comme  il  arriue  en  celles  qui  ont  peu  de  courage  :  40.  C'cft  vne  1 
chofe  étrange  de  la  pêne  que  nous  auons  eu  à  faire  venir  le  Cal ,  de  forte  que  ^ 
vint&  trois  fcmaines  après  la  fradure  en  menant  &  remuant  le  pié  on  fentoit 
branler  les  os  rompus.  le  luy  fis  prendre  par  la  bouche  &  mis  en  dehors  de  cette 
pierre  fablonneufe  fi  fort  recommandée  pour  les  fradurcs  d<:^  os,  mais  en  vain, 

cz 


-_      des  Fradures  &  Luxations.  315 

ce  qui  ne  me  mettoit  pas  peu  en  pcne  :  enfin  au  bouc  de  ce  terme  iufques  à  la 
trentième  femaine  le  Cal  fe  forma  &  la  fradure  fut  rcfoudce  :  il  faut  imputer 
ce  retard,  à  mon  âuis,à  ion  fruit,  car  tandis  qu'il  ccoic  au  ventre  il  acciroit  a  foy 
toute  la  nourriture  &•  la  matière  de  laquelle  il  fe  pouuoit  formcr,veu  qu'il  s'en- 
gendre du  plus  pur  fang,  orc'cfl;  ccluy  quelefœrus  atcirc  à  foy  ;  outre  que  la 
chaleur  naturelle  manquant  en  la  partie,  elle  ne  pouuoit  pas  rcueilîer  la  vertu 
de  i'ofteocoUa  ni  des  autres  médicaments  quoy  qu'excellents,  &c.    Ohfern.Zj, 


Cemury. 


OBSERVATION    X. 
D^vne  autre  fraUure  de  iambe- 

LE  l(>.  luin  1626.  la  femme  de  Monficur  lean  Tribolet  Confeiller  à  Berne 
âgée  de  4o.ans,graiie  «Se  replète  voulant  monter  à  Chcuahfe  calfa  laiambc 
gauche  entre  le  talon  &  le  genouïl  :  ayant  été  demande  le  même  iour  &  veu 
qu'il  y  auoic  fradure  complote ,  ic  la  remis  très  heureufement  &  la  conduits 
en  ville  :  le  Iccond  «5c  troifiemc  iour  tout  alloit  à  fouhaic ,  après  vôtre  départ 
ie  ne  laiilày  rien  en  arricre  de  ce  qui  eft  necciîaite  en  vne  cure  méthodique ,  & 
comme  il  n'ctoir:  farucna  ni  douleur  ni  aucun  accidentjie  crus  que  tout  ctoit  en 
afîurance  «3cque  ie  pourvois  en  deux  mois  acheucr  la  cure, mais  ic  fus  bien  trom- 
pé en  mon  opinion  ,  car  ie  ne  fçauois  point  qu'elle  fut  enceinte  ni  elle  même, 
ce  qui  fut  caufe  qu'crllc  conànua  à  donner  la  mammclle  fix  femaines  après  la 
fracture  à  fon  enfin:  :   furie  40.  iour  voyant  que  le  Cal  ctoit.  encor   mol, 
'  ieluy  confeiilay  de  le  fcurer,  ce  qu'ayant  fait^  ceîuy  duquel  elle  ctoit  enceinte 
ayant  repris  fcs  forces  (  car  il  ctoit  foiblc  par  défaut  de  nourriture  &  ne  fe  rc- 
muoit  point  )  elle  commença  à  connoîtte  qu'elle  l'ctoit  (Se  bien  à  propos,car 
le  ii.  lanuicr  1627.  qui  fut  la  fin  du  neufuiéme  mois,elle  accoucha  heureufe- 
ment d'vnfiU  fain&  gaillard,  lequel  furuccut  quelques  mois  &  enfin  mourut 
en  même  temps  que  la  fille  qu'elle  allaicoic  durant  fon  mal  :  on  peut  voir  pat  I2 
quel  danger  il  y  a  quand  les  enfanrs  tcttcnt  vne  femme  enceinte.      ' 

Or  on  ne  fçauroit  com.prcndiela  peine  &  le  foin  qu;  ie  pris  pour  faire  ve- 
nir le  Cal,  mais  ce  fut  en  vainiulqu'à  ce  qu'elle  fut  âcouchce, car  alors  il  s'en- 
durcit en  l'efpace  de  quarante  iours  ^  la  malade  fut  heureufement  remifc  fans 
être  demeure  boiteufe  :  ie  fus  donc  dix  mois  à  l'cnrour  de  cetce  femme  chagri- 
ne &  impatiente  qui  me  faifoit  tous  les  iours  mille  reproches  fur  tout  les  der- 
niers mois ,  comme  s'il  eut  été  en  ma  puill.ince  de  renuerfer  le  cours  de  natu- 
re ou  de  faire  ce  qui  n'appartient  qu'à  Dicufeul ,  car  quand  les  iambes  (ont 
vcritablement  cafsccs  en  des  femmes  enceintes  (  veu  que  les  Charlatans  ^: 

Rr     X 


31^  i  'Liurc  Quatrième 

Ifnpoftcurs  fuppofent  le  plus  fouuent  qu'il  y  a  fradure^  iamais  le  Cal  ne  fc 
orme  tandis  que  le  fruit  cft  au  Vcncrcla  nature  étant  vniqucment  occupée  à 
l'cntour  d'iccluy  elle  cnuoyc  à  la  matrice  la  matière  qui  cft  deftincc  pour 
la  génération  du  Cal  &  néglige  la  reunion  des os,&c. 0^/68. Crw/«r.  6. 

O  B  S  E.R  V  A  T  I  O  N     X  I.  '! 

DeUfitHAtisn  ^h  il  faut  donner  aux  ïambes  fraBurécs-  i 

IL  y  a  des  Chirurgiens  qui  commettent  de  grandes  fautes  en  traitants  1er. 
fradures  dVnc  iambe  quand  ils  veulent  qu'étant  diefsce  elle  s'appuye  fur  le 
talon:  de  cette  fituationil  cnnaift  ces  incommodités,  premièrement  il  arriuc 
par  fucccffion  de  temps  que  le  malade  fent  vne  plus  grande  douleur  au  talon 
qu'en  la  fradlure  même  ,  à  caufe  des  grands  tendons  &  nerueux  qui  y  vont 
aboutir  :  or  cette  douleur  attire  à  foy  beaucoup  de  mauuaifes  humeurs  qui 
font  retenues  en  l'articulation  même  &  dans  les  efpaces  qui  font  entre  les  os 
cafscs  &  entre  les  ligaments  :  &  comme  cette  fituarion  eft  caufc  que  les  vêncs 
&  artères  font  prefsees  &  qu'ainiî  la  partie  n'a  pas  toute  fa  chaleur  naturelle, 
il  arriue  par  neceflîtc  que  ces  humeurs  s'cpaiffillent  &  fc  refioidifTent  dans  la 
iointure  Ôc  dans  Icsefpaces  qui  font  entre  les  os  dupic.-ainfilafrâdbure  étant 
guérie,  il  arriue  vne  nouuclle  incommodité  au  pic  :  car  la  iointure  ne  fe  remue 
que  malaifement&auec  péncjoutre  les  autres  mauuais  accidents  qui  fuiuent. 

Il  y  a  quelques  années  que  ie  traitois  Noble  Henri  BalbaniauecMeffieurs 
lean  Anihoine  Sarrazin  ,  Marc  Olfredi  &  André  Bonet  Médecins  à  Geneuc  :  il 
auoit  quelques  Vlceres  en  vne  iambe  :  la  gangrené  luy  vint  au  talon  pour  auoir 
eu  le  pic  aînfi  relcué  qui  nous  bailla  &  à  Itiy  beaucoup  de  pêne,  de  forte  que 
nous  fumes  contraints  de  luy  couper  la  iambe,or  la  principale  caufe  defonmal 
fuft  que  l'on  auoit  tenu  fon  pic  ainfi  rcleué ,  car  cela  luy  fit  premièrement  de  la 
douleur  au  talon  qui  attira  le  fangiSc  les  humeurs  lefqucls  cauferentinflamma- 
tionrio.Le  talon  fut  meui  tri  &c  foule  par  vne  telle  fituation:  3°.  Les  vcnes  &  les 
artères  qui  déccndent  par  la  cuilfc  &  le  gras  de  la  iambe  furent  comprimées  & 
ferrées  ,  de  forte  que  le  lang  Se  les  efpiiis  ne  pouuoycnt  pas  librement  décen- 
dre au  talon  :  la  continuelle  cxtenfion  de  la  iambe  y  contribua  aufli  bcau- 
voup,  car  les  vaiiîcaux  étants  tendus  la  chaleur  naturelle  &  le  fang  ne  pcu- 
aent  pas  dcccndre  à  la  partie  ,  ce  qui  eft  csufc  du  rcfroidiircment  6'^:  de  la  mort 
d'iccilc  :  or  que  cette  cxtenfion  des  vaillcaux  puilfe  être  caufc  du  rcfroidif- 
fement  oc  la  iambe  ,  on  le  peut  comprendre  de  ce  que  quand  on  va  àChc- 
jaî  en  temps  d'hyvcrjfi  on  a  trop  longtemps  les  pies  fur  les  ctriers,ils  fc  refroi- 
dirent cxcrcmenent  ;  que  fi  on  les  lailfe  pendre  hors  d'iceux,  ils  s'cchaufFcnt 

incoilr 


des  Fradures  ôc  Luxations .  517 

incontinent  d  eux  memes,parcc  que  le  Tang  &  la  chaleur  retournent '^promptc- 
ment  à  iceu>:  les  conduits  étants  onueits. 

Les  Chirurgiens  donc  doiucn:  prendre  garde  de  ne  pas  obrcrucr  trop  curieu- 
j'cment  cette  fituationcs  frad;urcs des  iambcs  :  or  la  iambe  étant  cnuclopce  de 
bandes,  comprclles»ji  êtoupes  &_  mifccn  vne  Calfole  il  faut  donner  vnc  fitua- 
tion  qui  ibit  la  moins  douicureurc,  comme  enfeigne  Galien  en  fa  méthode  ch. 
6.  la  mettant  tantôt  fur  vn  côte  tantôt  fur  vn  autre,  afin  que  le  malade  fe  puif- 
Ic  coucher  de  coté  &c  d'autre  ;  par  ce  moyen  on  cuitcra  pluficurs  accidents. 
Obferti.  c)yCem.  i. 


OBSERVATION    X  I  î. 

T'V«tf  admirable  FraEiurs  du  pié 


MOnhcur  "^olffbrandus  Miniftrc  à  Dufbourg  au  ^liys  de  CI:ucs  hom- 
me robufte  ôc  replet  étant  allé  en  hyuer  f  l'an  158  K  J  voir  vn  malade  en 
vn  village  prochain ,  la  terre  étant  gclce  :  â  Ton  retour  fauta  de  dclfus  vnc 
chaufsce  de  trois  pics  de  haut,  &  s'cntordit  &  rompit  tellement  le  pic  que  l'os 
du  talon  ou  aftragale  fut  non  Iculemcnt  mis  entièrement  hors  de  fa  place,  mais 
auffi  vint  à  fortir  dehors  à  trauers  la  peau  au  deiîbus  du  malléole  intcrnc,lcs  li- 
gaments qui  le  tiennent  attache  aux  autres  os  ayants  êtc  rompus  &  déchires: 
après  qu'il  eut  ctcmenc  chcs  foy,on  demanda  vn  Chirurgien  lequel  voyant  l'os 
entièrement  feparc  ôc  attaché  feulement  par  quelques  fibres  ,  le  coupa ,  appli- 
quant par  après  ce  qu'il  faut  pour  arrêter  lefang;  le  iour  fuiuanc  on  demanda 
confeilauDottcur  GalcnusVuicrus&  à  Cofme  Slotanus  Chirwigien  icfqucls 
luy  ordonnèrent  vnc  façon  de  viure  fobre  ,  purgèrent  l:s  maïuïniles  humeurs, 
ouurirent  la  véne  ôc  appliquèrent  fur  la  playc  des  anodyns  &  maruratifs,  empê- 
chèrent auflTi  la  defînxion  par  le  moyen  des  dcfcnfifs  ;  la  curation  fut  difficile, 
douleureufe  ôc  lôgue,quoy  que  durant  fon  mal  il  eut  tOLlîours-à  fes  coftcs  ou  les 
Dodeurslcan  Vuicrus,  ou  Galcnus  Vuierus,qu  Rcncrus  Solcna':dcr,ou  Ccfmc 
Slotanus,  ou  moy,  outre  fon  Chirurgien  ordinaire  homme  trcs  expérimenté  :  il 
fut  (i  bien  remis  qu'il  a  peu  marcher  fans  bâton,  comme  iel'ay  vcu  de  mes  pro- 
pres yeux  en  1599.  Obfernat  67.  Centnr.i. 


P 


OBSERVATION     XIII. 

D'vne  admirable  fragilité  des  os. 

Hilbertc  Bracîcade  Biziac  au  pays  de  Forells  âgée  Ac  5p.  ans ,  vn  Dimanche 
matin  Icuant  les  deux  bras  en  haut 'pour  vctir  vnc  chcmife,   fcntit  l'os 

Rr  j 


3iS  Liurc  quatrième 

du  brasfc  rompre  &  brifer  auec  grande  douleur  :  le  Chirurgien  ayant  écc  de- 
mandé, il  r'allia  les  extrcmiccs  de  la  fiadiire  ,  la  banda  2c  après  auoir  fait  ton»: 
cequiccoitneceirairc  lagueiichcureufemcnc  :  mais  à  pcnc  fut  remife  cette 
niiferable,qu'il  furuint  vn  plus  mauuais  accident ,  car  après  auoir  long  temps 
garde  le  lit,  elle  voulut  aller  auprès  du  feu,  &  mettant  vn  de  Tes  bas,  aidée  de 
fa  feruante,  elle  fe  rompit  l'os  de  la  cuilfe  en  trauers  auec  de  grandes  &:  infup- 
portables  douleurs:  Le  Chirurgien  guérit  cncor  cette  fradure  Recette  pauurc 
femme  palFa  deux  ans  en  cette  calamité,  étant  trauailléc  tous  les  iours  de  quel- 
que nouuellcfiaéture  auec  vnc  infinité  de  douleurs  ôc  mourut  au  bout  de  ce 
terme:  plufieurs  cftimeront  qu'il  y  a  icy  quelque  choie  de  vénérien,  mais 
ceux  qui  connoiiîcnt  particulièrement  cette  famille  perdront  bien- tôt  ce 
foupçon  :  il  faut  plufotcroire  qu'il  y  a  quelque  venin  caché  (  qui  vient  d'vnc 
grande  corruption  d'humeurs  J  lequel s'ctant  fourré  dans  les  os  les  a  ainlî  cor- 
lompus  &  rendus  fragiles  :  il  ne  faut  pas  croire  ceux  qui  ont  opinion  que  cet- 
te fragilité  eft  venue  d'vne  perpétuelle  defluxion  du  ccrueau  fur  iceux  laquelle 
a  corrompu  la  folidité  de  leur  fubftance,  mais  elle  eft  il  forte  Se  ferrée  qu'il  n'y 
a  longueur  de  temps  qui  la  puilfe  ditfoudrejveu  qu'on  les  trouuc entiers  dans  les 
Cimetières  des  (îccles  entiers  après  qu'ils  y  ont  été  mis.  lean  de  Burgo  Doreur 
Médecin  k  Bourg  en  Brejj'e ,  Obfem.  ^8.  Cent.  i. 


L 


O  B  s  E  R.V  A  T  I  O  N     XIV. 
Sur  le  mémefuiet. 

*An  i6zo.  la  femme  de  Mofifieur  Philippe  Thomas  ConfciHer  à  Berne  âgée 

I  de  30.  ans,êtant  venue  àtomb:r  fortuitement  en  fon  poilc  ,  f*  rompit    la 

iambe  vers  Iclarret  :  on  appela  deux  Barbiers  qui  aiLu-ercnt  d'auoir  bien  remis 
lafradurc,  neantmoins  il  furuint  vue  fi  grande  douleur,  qu'ayant  été  deman- 
dé fcpt  mois  après,  ie  la  trouuay  quafi  en  agonie  :  ce  qui  m'cmpccha  d'entre- 
prendre la  Cure  me  contentant  d'ordonner  quelques  corroboratif»,  donnant 
à  entendre  à  ceux  qui  ccoycnt  autour  d'icelle  qu'elle  ne  tardeioit  pas  à  mourii  : 
on  la  vit  décliner  quelques  iours  après  infcnfiblem.cnt  tout  de  m::mc  qu'vne 
lampe  quand  rhuylc  manque  ,  étant  venue  fi  fort  extenjée  qu'elle  n'auoitque 
la  peau  &  les  os  :  ce  qu'il  ne  faut  pas  trouuer  étrange  tant  à  caulc  des  grandes 
&  continuelles  douleurs  qu'elle  auoit  foufTcrr,  (  la  iambe  n'ayant  pas  été  bien 
bandée  ni  fitucc,Jque  parce  qu'elle  auoit  ccc  long-temps  couchée  lur  le  dos,&: 
n'ayant  pas  pris  dans  tous  le  decours  du  mal  vn  feul  des  remèdes  vniucrfcls,ainfi 
la  chaleur  naturelle  ayant  êtéatfoiblie  &  l'humidité  radicale  conluméc,  il  s'en- 
gendra quantité  d'obftruilions  dangercufes  au  Foyc,  cnlaRatte  &  dans  les  vc- 
ncs  mcfaraïqucs  Obfern.  89.  Cent,  5 . 

OBSER- 


desFradures  &  Luxations.  319 


OBSERVATION     XV. 
Sur  le  même  Suiet, 

IL  y  a  vil  an  que  Monfr.ViTus  Ronchti  du  Confeil  de  la  ville  de  Soleurre  âge 
de  éo.anSjêtoit  tellement  fuiet  aux  de  fluxions  q^ue  tout  Ton  corps  en  étoicex- 
tiememcnc  afFoibli,mc'mcrur  les  parties  externes:  vniour  êtaiat  forti  du  lict  &: 
fe  pourmenant  par  la  chambre  en  s'habillant  &  ayant  fait  vn  mauuais  pts  du  pic 
droir,vint  à  tomber  par  terre  auec  grande  douleur  &  autres  fignes  que  l'os  êcoit 
rompu  :  vn  Charlatan  ayant  été  demandé  (  félon  la  coutume  du  lieu  ou  la 
plufparr  recourent  à  telle  forte  de  gcntSjJ  il  trouue  que  l'os  de  la  cuilïc  ctoic 
rompu  de  trauers  à  quatre  doigts  en  largeur  au  delfus  du  genoiiil  :  il  remit  h 
fradurc  (  s'il  en  faut  croire  aux  rodomontades  de  telle  forte  de  gents  J  mais  la 
douleur  ne  s'arrcfta  point  [  qui  ctoit  vue  marque  infaillible  que  l'os  n'ctoit  pas 
bien  remis  )  au  contraire  cUeaugmenta,  tant  qu'il  s'y  engendra  vue  inflamma» 
tion,  ('ayant  lai(sé  en  arrière  i'vfage  Azs remèdes  vniuerfcls  )  &  en  fuite  vn  vl- 
cere  autour  de  laFra6turc  qui  le  tint  quelques  mois  durant  au  lit  :  enfin  com- 
me il  fembloit  qu'il  étoit  vn  peu  remis  &  qu'il  commençoit  à  aller  parla 
chambre  fur  des  potences,  il  fut  failî  de  Paralyiie  &:  d'autres  accidents  qui  l'em- 
portèrent :  or  ie  fuis  témoin  oculaire  que  l'os  auoit  ctc  ca(sc  <Scc.  U  même. 


OBSERVATION      XVI. 

Des  Accidents  ^ui  arrimnt  <^ita»d  on  tarde  trop  à  débander  les 

FraUnres. 

VN  des  domeftics  de  Monfieur  Samuel  Moratcl  de  Payernc  homme  robu- 
fte  &:de  bonne  conftitution  fe  rompit  en  terni  d'cftc  le  bras  auprès  du  cou- 
de &  comme  i'êcois  alors  à  Bafle  ,  il  fe  feruit  d'vu  payfan  du  voilinage  quiauoic 
grande  réputation  de  bien  guérir  les  fradures  &:  lixarions  :  ma  femme  fut  de- 
mandée en  même  temps  parce  qu'en  mon  abfcnce  elle  en  auoit  pcnçc  &  aueri 
plufieurs,  comme  aufli  afin  que  mes  feruiteurs  pençaflènt  vne  playc  qui  ctoit 
auec  la  fracture ,  laquelle  ce,  paylan  n  auoit  pas  voulu  entreprendre  ;  icelle 
ayant  ctc  remife,  il  mit  pardeljis  vn  emplaftre  de  poix  iaunc ,  &  par  après  des 
bandes  Se  comprelfcs ,  lailfant  neantmoins  vnc  fencftre  pour  mondificr  l'vlcc- 
tc ,  ayant  défendu  que  l'on  ne  défit  la  ligature  &  otat  l'emplâtre  &  comprelïès 
auant  le  15.  iour ,  puis  fe  retira  chcs  foy  ,  qu'arriuc  t'-il  ?  le  iour  fuiuant  il  y 
luruint  vncnouucUc  douleur  qui  alla  en  augmentant:  cependant  mes  feruiteurs 


310  Liure  quatrième 

qui  pençoyent  coas  les  iours  la  playc  adiierrircnc  le  malade  5^  ceux  qui  étoyent 
à  rcncourqu'ilêcoîcneceflaircdorcrrcrnpiâcre  ,  mais  il  aimèrent  mieux  fui- 
uie  le  confcildeccc  impofteur  :  la  douleur  ncanrmoins  augmentant  de  iour 
en  iour,  ils  y  furent  contraints  :  la  frac1;urc  donc  ayant  ctc  débandée  en  prefen- 
cedeMonfr.  Moratel&  l'cmplàtre  étant  ôté,  ontrouua  le  bras  non  feulement 
cxulcerc  en  trois  endroits ,  mais  auiTi  il  puant  que  les  vers  y  couioycnt  comme 
en  de  la  chair  pourrie  :  y  ayant  mis  de  mon  onguent  j^gyptiac  t^:  vn  cataplà  - 
me  contre  la  pourriture  >  îlsacheuerentheurcukment  la  Cure  &:  remirent  h 
bras,  O^yr  5)1.  Cent.  2. 


OBSERVATION       XVII. 

Sur  le  mètnefuict. 

VNSauoyard  fort  âge  &:  décrépit  étant  tombe  de  chenal  à  Genève  fur  le 
pont  du  Rhône  ,  îe  caifa  la  iambe  vnfpeu  au  delîus  du  malléole,  M^.  lean 
Giitfon  &  moy  fumes  demandés  &  remîmes  heureafem.ent  la  fracture  ,  ainii 
la  douleur  s'arrêta  incontinentd'ayanrs  voulu  délier  le  troihéme  iour ,  le  mala- 
de s'y  oppofa,  dilant  qu'il  auoit  appris  d'vn  hen  ami  &  bien  entendu  en  l'Arr, 
qu'il  ncfaloit  point  défaire  la  ligature  qu'après  le  feptiéme  iour  :  mais  y  étant 
venu  de  la  douleur  le  cinquième  iour,  il  prêta  l'oreille  aux  aducrtillrments  de 
Me.  lean  Grifoncn  prefencc  de  Monfr.  lean  Asthoine  Sarrazin  &  permit  que 
l'on  débanda  ;  on  trouuaplufîcurspuftulesliuides  qui  le  m.cnaçoyent  de  gan- 
grène laquelle  n'étoit  pas  loin:  mais  la  iambe  ayant  été  fcarificc  S\.  ayants  ap- 
plique des  médicaments  contre  la  gangrené,  il  fe  remit,  U  même. 


O'BSERVATION     XVIII. 
Sur  le  même  fulet. 

VN  payfan  d'vn  village  proche  de  Payernc  eut  le  pic  tellement  ca(sc  fous 
vnc  charrette  chargée  de  bois,  qu'il  fut  entièrement  feparc  delà  iointure 
&  étrangement  retiré  :  ayant  été  demandé  ,  auant  qu'y  mettre  la  main  &  pour 
cuitcr  tout  ce  que  l'on  pourroit  dire  contre  moy,  ic  trouuay  à  propos  de  faire 
entendre  à  ceux  qui  étoyent  à  l'entour  de  luy.  Mi-  quelque  diligence  que  l'on 
apporta ,  que  neantmoins  il  étoit  impoflîblc  de  remettre  le  malade  auant  le 
terme  de  fix  mois  à  caufe  de  la  grandeur  du  mal ,  2».  que  comme  la  fradurc 
grande,  on  ne  pouuoit  pas  éuiter  qu'il  ne  demeura  boiteux  5°.  qu'ilctoit  nc- 
cciTairc  que  l'on  amena  le  malade  çhcs  moy  à  caufc  qu:  i'cnauois  àzs  autres 

malades 


des  Fraâ:ures  &c  Luxations.  311 

malades  à  voir  :  à  quoy  les  parents  ayants  confenti  ie  remis  la  fradlure,  puis  ie 
me  rcdray  chcs  moy  en  acrendanc  que  l'on  m'amena  le  malade  ,  mais  ili  fu- 
rent fi  négligents  que  de  n'en  licn  faire,  n'ayant  pas  mêmes  appelé  quelqu'vn 
pour  défaire  la  ligature  :  ayant  donc  êré  quelques  iours  après  attaqué  d'vnc 
tres-violente  douleur  accompagnée  d'inflammation  Se  de  puanteur,  il  mourut 
milerablemcnt. 

Moy  même  n'ayant  pas  été  vnc  fois  foigneux  de  délier  vne  fraéture  à  vn 
Hollandois  «5c  n'ayantpoint  rcnouu;'Jé  les  médicaments  dés  le  14.  iufqu'aii  zi. 
le  Cal  vint  fi  grand  que  la  iambe  fcrcit  demeurée  ditfoime  ,  fi  ie  ne  l'culfe  in- 
continent réprimé. 

Pour  y  procéder  donc  feuremcntj  il  faut  fclon  le  confcil  d'Hippocrate  &  de 
Galicn,  délier  la  fraôturede  deux  iours  l'vnjou  pour  le  plus  tard  de  trois  en  trois, 
d-  peur  qu'il  n'arriue  vnc  douleur  ou  dcmangeaifon  en  la  partie  qui  eftcouucr- 
te  plus  qu'il  ne  faut ,  &  pour  faire  exhaler  l'humeur  qui  eft  attachée  à  la  partie: 
pafsé  le  fcptiéme,  quoy  qu'il  ne  foir  pas  necelTaire  de  délier  fi  fouuentla  fradu- 
rc  ,  i'ay  ncantmoins  âcoutumé  de  le  faire  de  quatre  en  quatre  iours  Si  dc;regai:- 
der  la  partie  :  la  même. 


OBSERVATION     X IX. 

Des  incommodités  t^u  apportent  les  êcorces  d'arhres  def^uelles  onfefert 
es  fraUmes  en  lieu  d'z^flelles. 

L'An  1587.  vn  Gentil-homme  deChamberi  nommé  Claude  de  Combe.teue- 
nant  d'Allemagne  eut  vne  iambe  fracalsée  par  vn  coup  de  pié' de  Chenal 
auec  playe  étant  prés  de  Lnufannc:  ayant  été  demandé  ie  remis  la  fraéèure  &  fis 
mener  le  malade  en  ville  dans  vne  litière,  Se  après  qu'il  eut  demeuré  qutlques 
iours  à  la  Croix  blanche,  il  me  pria  de  l'accompagner  iufques  à  fa  mailon  à 
Chamberi;  en  pallànt  par  vn  Bourg  de  Sauoyc  appelé  Rumilii,on  luy  amena  va 
Charlatan  que  le  menu  peuple  loiioit  iufqu'au  Ciel  pour  fa  capacité  à  r'kabillcr 
les  fraâiures  «Scplaycs:  or  le  iour  précèdent  i'yauoitmis,à  la  pcrfuafion  du  mala- 
de ou  plutôt  par  (on  comm.mdcment.dcs  ccorces  fraîches  de  Saule  en  lieud'A- 
ftelles,  à  caufc  de  la  grande  chalcur,car  c'êtoit  fur  la  fin  du  mois  d'Aouft  :  ayant 
ôté  les  bandes  en  prefcnce  de  ce  Charlatan,  on  vit  vnc  certaine  enfonçure  en  la 
partie  mufculeufeafsés  prés  du  iarret;  ce  que  voyant  cet  impudent  f  qui  crut  rc- 
"^  gardant  ma  ieuneflè  que  ie  n'auois  point  de  connoillance  de  Ix  ChirargieJ  il  tira 
confequence  que  la  fradure  n'auoit  pas  été  bien  remife,  ^làdellus  pcriuada  au 
malade  qu'il  faloit  de  nouueau  faire  extenfion  afin  de  remettre  les  os  rompus  en 
leur  fituation  naturelle  :  or  quoy  que  ie  fulle  aifuré  que  la  fradure  étoit  bien 
rcmifc&  quelle  n'ctoit  point  à  l'endroit  ou  s'imaginoic  ce  fourbe,  mais  que 


3LX  Lîure  Quatrième  . 

ccttf  forte  &  îrnprcfljonêtoit  feulement  venue  parles  écoçces,  ncantmoinsic  1 

ne  l.iKTiv  pns  de  me  voir  en  pcne  parce  qu'il  y  alloit  de  marepucation  ;  enfin  ic  ^ 
pc-rfuaday  le  malade  &  ceux  qinccoyentà  l'ciitour  qu'il  faloic  différer  iufqu'au 
iendem.iiii ,  prcmievemcnc  à --aufe  de  h  lalîlcudc',  z^.  paucc  que  l'on  n'cntic- 
prcnd  iamais  relies  Opérations  fur  le  foir^hnon  qu'il  y  aie  vnc  grande  ncccdî- 
te:  Monheur  Claude  de  Vcrncc  luge  ordinaire  en  l'EucchcdeMaurienne  &  Ad- 
iiOvat  auSenac  de  Chambri,  gendre  du  malade  H^q'-'el  luy  croie  venu  au  de- 
nant^  ayan:  été  de  mon  aduis  voulut  que  l'on  rcnuoya  l'Opération  au  len- 
demaip-.i'oîgnis  aufli  rôt  toute  la  cnific  &c  la  iambe  auec  huyle  rolac  Se  myrthin, 
Si  pour  les  fiire  pcncrrer  ,  comme  aulîi  pour  rcpoulFcr  les  humeurs  qui  s'y 
écoycnr  versées ,  i'y  âiouray  quelques  goures  de  vinaigre  rofat  :  après  auoir 
oint  la  cuilîè  ic  l'enuelopay  des  le  pic  iufqu'au  gcnoiiil  d'vne  bande  trempée  en 
la  décoction  fuiuante,  la  ferrant  mediocremcnr,  pour  en  exprimer  l'humeur 
qui  s'y  êtoit  iertéc  Se  qui  êcoit  comme  âra:h:c  >  '^.  foL  &  rad.  pUntag. 
mAt.jHmmit.  rnbiy  rofur.  myrtilLfol.filiciSiprHn.fylu.  an.  m.  j.  abfymh,  rofmar, 
fAÏH.dnm' ^.  coqnein  acf.  aàcoitfiimft.  3,^-.  partis  y  coUt.  aâde  parujn  aceti  :  ic 
remis  après  fur  la  fracture  mes  AiUlks  cnuclopccs  d'ctoupes  ,  logeant  la  iam- 
be en  la  Calfolc  de  laquelle  le  malade  s'eftoit  ferui  en  chemin  :  ie  luy  fis  faire 
fon  iid  en  telle  forte  que  la  iambc  malade  êroit  vn  peu  plus  releuée  que  les 
felïcs  afin  que  les  humeurs  qui  y  êcoyent  dcccndues  pullcnt  rem.onter  en  haut: 
11  rcpola  très  bien  cette  nuit  là  &  n'eut  point  de  douleur  :  le  iour  fuiuanc 
ayant  défait  les  bandt-s,  il  n'y  parut  ni  inégalité,  ni  enfonçeure  ou  creux, 
ainli  limpcrtinence,  l'ignorance  îiic  outrecuidance  de  ce  Charlatan  futdécou- 
uerte ,  ce  qui  fut  caulc  que  ce  Gentil  homme  eut  vue  entière  confiance  en 
n3oy  :  I'j  le  conduilisà  Chambcri  &  dcmeuray  là  deux  mois  entiers  auec  luy 
^  le  remis  heurcufemcnt  :  Des  ce  tcm^^s  ie  n'ay  iamais  voulu  meferuird'é- 
corccs  d'arbres  &  principalement  de  fraîches  en  lieu  d'Altclles,  parce  que  ve- 
nants à  fe  delf-chcr  ,  elles  le  retirent  auprès  de  la  fraduvc  &  font  de  la  douleur, 
mettants  m.cmes  par  fois  les  os  hors  de  leur  place,  Obfsrii.  98.  Centur.  4. 


OBSERVATION       XX. 

Qhc l  E/np'afire  Oxycrocemn  ejl  quelcjuejois Àurgerciix  es  fraElures. 

LFs  Chiiurgitns  communs  mctrcr.t  f.r  les  fractures  Je  rOxycroceuirj  (ans 
.:ucune  diuinction  clés  le  commencement  ou  vn  peu  après ,  ie  pourroisen 
m\'i  ce:  {ilufeuis  exemples  ,  mais  ccluy- ci  me  fuifira  :  i'ay  connu  vn  ieun 
homme  de  24.  ans  robuftcîk  bilicuxjequels'étant  rompu  la  iambe  fc  mit  en- 
tre Us  mains  d'vn  Bai  bicr  :  lafvadnce  (fcantremifeil  mit  au  premier  appa- 
reil vricmvUuc  fait  ex  Bol.  armen.  fitr.  hor du  ^  album»  ont  :  Ayant  débande 
-  h 


des  Fraâiures  Se  Luxations.  315 

la  iambc  au  troificme  iour  3c  vcu  que  la  fradlure  êcoît  remife  en  fa  place  >  il  y 
appliqua  l'Oxycroceum  ;  il  y  arriua  le  même  iour  vne  dcmangeaifon  qui  (è 
teiminavn  peu  après  en  vnc  violente  douleur  :    ayant  été  demande  quelques 
ioiirs  après  ,  ie  tiouuay  la  iambc  enflammée  auec  des  pullules  liuidcs  par  tout, 
cnvnmot,  la  gangrené  y  cftoic  :  ic  ("caiifiay  la  peau  par  tout  &  ayant  apf<li- 
quc  des  remèdes  qui luy  font  contraires  >  clies'arrclla  .•  ie  guéris  par  après 
la  fradlure  auec  les  remèdes  conuen:bIcs  :  on  voit  par  là  que  l'vfage  de  cet 
emplâtre  cft  dangereux  au  commimccment  des  ffa<5bures  ôc  luxations  ,    &  en- 
cor  plus  en  vn  coips  bilieux  &:  chaud  ou  rempli  de  mauuaifes  humeurs  ,    cat 
ks  ingrédients  en  fcntquafi  tout  chauds,  à  caufe  dequoy  ilcchaufc  la  partie 
&  attire  le  fang  &  hs  humeurs  ,  h  rouelles  étants  émcues  au  comiinencement 
des  fradures»^  luxaiions,  elles  y  dcccndcnt  facilement ,   vcu  priiicipalemenc 
qu'elles  y  font  attirées  parla  douleur  3c  h  folution  de  continuité  :  on  ne  doit 
pas  donc  trouuer  étrange  Ci  de  Vigo  appelé  cet  emplâtre  diabolique  ;    quant 
àmoyie  m'en  fers  foa  rarement  ,  Ci  ce  n'eftà  la  fin  du  mal  pour  fortiiicr  la 
partie:  Tapprouuebienplusfon  Ccrat  pour  lesfradures  :   l'emplâtre  de  Slo- 
tanus  mon  maiftre  n'tft  pas  auffi  à  rcictter  ,  auquel  i'ay  accoutumé  d'aiouter 
les  poudres  fuiuantes ,  QZ.  Empl.  Slotani  j  iv.  pulu.  rad.Symph.  mai.  rofar.rub. 
înyrtill.  an.  T^i].  Up.  ofieocolU  J^pti^  v\%  m  igné  lentijfimo  cum  modico  ol.  roftuc. 
Obferu.  cjp.  Cent.  4.  , 


OBSERVATION      XXI. 
De  l  excellence  de  la  Pierre  OJleocolla  es  fraEinres, 

C"*  Ommc  pluficurs  louent  îufq'jes  au  Ciel  la  pierre  Ofteocolla  ou  fablon- 
J  neufe,  ievcux  dire  ii.  y  ce  que  i'enay  remarqué  :  mais  il  y  a  dts  impo- 
fteurs  qui  fe  trompent  grandement,  fc  vantants  de  pouuoir  à  l'aide  de  cette 
picrregueiir  lesfradt  lust  n  peu  de  iôuis  :  il  cil  ncantmoins  certain  qu'elle  a 
vne  particulière  vertu  &  vne  pi  oprictc  cachée  d'engendrer  le  Cal,  comme  ie 
I'ay  remarqué  en  plnheuis  3c  priacipalcmenten  vn  certain Rjtgcr  in  B.och  de 
Langcnberg  :  s'cllant  rompu  les  deux  focilcs  de  la  iambc  ,  il  me  fit  app  Lr: 
ayant  remis  les  os  en  leur  lituation  naturelle  ,  ie  luy  faifois  prendre  tous  les 
matins  vne  d;agme  de  cette  pierre  préparée  lur  le  marbre  auec  eau  de  racines 
de  couioiide  à  icun  :  les  premiers  iours  auec  de  l'orge  coule  ou  aiiec  du 
vin  :  ie  mélois  de  cette  mémo  pou  Jrc  auec  les  médicaments  que  i'ippliquois 
fur  la  fi  rtClure  :  ainii  la  iambe  fut  entierem.cnt  remife  en  quinze  iours,  3c 
pût  marcher  lansappuy  :  or  il  faut  remarquer  queccttefrad.ire  éioit  non  feu- 
lement complète  ,  c'eft  adiré  que  les  deux  fociie  étoyent  romp'is ,  mais  aulîi 
qu'elle  ctoit  composée ,  car  comme  il  y  auoit   vne  giande  abondance  de 

se  :. 


514  Liure  Quatrième 

mauuaifes  humcuis  aucc  contufion  en  la  partie  ,  il  vint  vnc  grande  doulcuc 
des  le  commencement,  auec  fièvre  Se  vne  Dartre  miliairc,  de  forte  que  ic  fus 
contraint  de  le  purger  afscsfouuent  6c  de  défaire  tous  les  iours,  au  moins  vnc 
foisj  la  ligature  &  de  changer  de  médicaments  :  or  chacun  fçait  combien  ce 
mouuement«3c  agitation  tant  du  corps  que  de  la  iambe  âporte  de  preiudice  à 
la  guerifon  :  on  peut  voir  par  là  que  cette  pierre  luy  a  l3eaucoup  fcrui,  car 
vne  fimple  fratture  en  la  iainbc  où  il  n'y  a  ni  playc,  ni  inflammation  ou  grande 
douleur,  ne  fe  peut  guérir  qu'en  deux  mois  ou  enuiron  principalement  es  vieil- 
lards. 

L'an  léoo.  l'ay  guéri  à  Laufanne  en  l'efpace  de  40. iours  par  le  moyen  de  cette 
pierre  vne  fradure  de  iambe  complette  &  comph'quce  auec  playe  en  vne  fcr- 
uante  de  Mailtre  loachim  Rohaud  Apothicaire,  âgée  de  60.  ans ,  Obfernat.  ^o. 
Centur.  1. 


OBSERVATION      XXII. 

Des  accidents  çihI  pennent  arriner  de  l'vfage  de  la  pierre  OJîeoeolla  qtund  on 

s'enfen  mal  à  propos. 

AYant  veu  le  fucccs  de  cette  pierre,  i'ay  cru  queie  m'en  pourrois  feruir  en 
toute  forte  de  fradures  fans  diftindion  de  fcxe  ni  d'âge  &  pv  ce  moyen 
faire  àts  merueilles  :  mais  i'eus  à  traitter  vn  Gentil  homme  du  Pays  bas  âgé  de 
14.  ans  fils  de  Monfr.  Othon  Schinck ,  robufte ,  de  complexion  fanguine  &  de 
bonne  conft:itution,auquelles  deux  fociles  auoyetété  rompus  prés  le  malléole: 
l'agençr^v  heureufement  les  os  t^-  par  après  ie  luy  donnay  de  cette  pierre  en  la 
mcnne  façon  quei'ay  ditci-dcifus  &c  en  âpliquay  en  dehors,  le  3.  iour,le  7.  11.  & 
14.  i'ôtay  les  bandes  fans  qu'il  parut  alors  aucune  excrefcence  ou  dcformité  au 
Cal,  mais  ayant  défait  la  ligature  au  20.  iour,  ie  irouuele  Cal  fi  grand  &  éleué, 
principak ment  fur  la  pointe  de  l'os  de  la  iambe,  qu'elle  tn  feroit  demeurée 
perpctutUemcnt  difforme  fi  ie  ne  me  fu(îè  abftenu  de  luy  donner  d'auantage 
de  certc  pierre  &  (i  ie  n'tullè  reprimé  le  Cal  y  fiilant  premièrement  cette 
fomentation  deux  fois  le  iour,  l^C»  T^d-é"  fol.  Alth.Bryon.  liliur,  brancA  vrf. 
fioY.  carnorn.  (S'  melilot.  an.  m.  j.  j^bfjrnh.  vulg.  rof.  ntb.  an.  m.  ^.  fem.  Uni, 
fœrju^r.  an.  ^  j.  cocfuantHr  in  vr.a  parte  aceti  (  exténuât  &  dejîccat  )  &  aq.  tv, 
panibm  ad  confumptionem  tertttt  partis:  i'appliquois  fur  la  partie  chaudement 
vne  éponge  ou  vn  linge  double  trempe  en  cette  decodion ,  en  après  i'oi- 
gnis  IcCal  auec  l'onguent  fuiuant  ,  ^.  Axung.  hum.  vrf.  anferis ,  an.^ij» 
fncci  lHmbric.&  aceti  jcyllit.  an.  §  i.  m.  l'Inonôtion  étant  faite  ic  mettois  l'cmpla- 
tre  fuiuant  étendu  fur  vne  peau  ^.  empl.  de  Rnnis  cum  rnercurio  ,  demncilag. 
an.^j.  m.  ayant  ainfi  cojçitinuc  fix  iours  de  fuite,  non  feulement  le  Cal  fut 

ramolli 


des  Fraûures  ôd  Luxations.  315 

ramolli ,  mais  aufli  il  diminua  :  en  après  en  lieu  d'empâtie,  ie  mis  vnc  lame  de 
plomb  que  i'attachay  bien  ferme  :  pat  l^fage  de  ces  icmcdcs  le  Cal  fut  ramoli, 
exténué  ôc  abbaifsc  ik  la  iambc  reprit  fa  première  force  :  on  peut  connoîtic  par 
ceci  qu'il  faut  vfer  de  ce  rcmcde  auec  circonrpcdion  &c  s'en  feruir  feulement 
es  perfonnes  âgées  &  exténuées  ou  qui  manquent  de  chaleur  naturelle  ;  Obferu. 
91.  Cent  HT.  I. 


OBSERVATION     XXIII. 

De  la  ge:ieration  de  la  pierre  OjîeocolU. 

l'Ay  cueilli  moy  même  l'ctc  pafié  en  Allemagne  la  pierre  Ofteocolla  que  ie 
4  vous  cnuoyejCar  étant  allé  voir  au  mois  d'Auril  Monficur  Ican  Henri  à  Heu- 
/cnllam  Maréchal  des   Camps  &.  Confeilîer  de  l'Archeuéque  de  Ekdeurde 
Colo§ne,&c.  &  ayant  demeuré  quelques  iours  auprès  de  luy,il  me  Ht  condui- 
re en  vne  grande  campagne  f»bloncu(e,neanrmoins  fcrtile^prés  de  Darmltad: 
on  trouue  cette  pierre  en  abondance  en  ce  champ  non  feulement  dans  la  terre, 
mais  auflî  en  dehors,  mais  celle  ci  ne  vaut  rien  ,  au  rapport  de  ce  Seigneur  qui 
conoit  paiticulierement  cette  pierre  ,  neantmoins  elles  le  r^flèmblcnt  lî  fort  &: 
en  figure  &  en  couleur  que  l'on  ne  fçauroit  les  reconnoîtrc  l'vne  d'auec  l'autre, 
&:  pour  cette  caufe  celles  que  Ion  porte  vendre  n'ont  point  d'efficace  :   mais 
celle  qui  fc  trouue  dans  les  entrailles  de  la  terre ,  fi  toll;  qu'elle  en  cft  dehors  ,  cil 
plus  molle  que  l'autrejfiiable  &  de  couleur  obfcuvejmais  ayant  demeuré  à  l'air 
fculcmêr  va  iour  ou  dcux,elk"  s'édurcit  peu  à  peu  Se  fe  blanchic;or.ie  trouue  que 
ce  Seigneur  a  railonjCar  cette  fubdance  gt  aile  5c  birumineufe  qui  y  cfi:,{è  confu- 
me  quand  elle  eft:  exposée  aux  pi  jycs  &  à  laideur  du  Soleil ,  ainfi  elle  perd  vne 
partie  de  fa  vcitu  n'y  demeurant  lien  que  la  partie  reiicftre  :  lî  eft  ce  que  celle 
qui  fe  trouue  en  la  lui  face  de  la  terre  a  «ire  anfli  bien  engendrée  en  fes  entrail- 
les ,  mais  elle  en  cfl  loi  tic  auec  le  temps  à  ciufc  des  pluycs  qui  ont  emporté  le 
dcllus  de  cette  terre  iabloneufc  ;   on  trouue  l'autre  à  vn  pié  de  profondeur,deux, 
ttois,voire  même  huit,de  diuerles  figures:  i'cn  ay  trouue  quelques  vnesqui  for- 
toyent  d'vne  bafc  comme  les  bran. hesd'vn  arbre  lorrcnt  de  la  racine  :  celle  qui 
fe  tiouue  le  plus  profand  cft  le  [>lus  louuenr  m.oUe ,  friable  &  bourbcufc,qui  fe 
dillbut  aifcmenc  en  l'eau  ou  s'cmie  entre  les  doigts  ,  elle  s'endurcit  toutesfois 
comme  i'ay  dit:fi  coft  qu'elle  eft  hors  de  tcrre,de  couleur  entre  blanche  6i  bru- 
neji'cn  ay  neantmoins  tiouué  de  même  couleur  hors  de  terre  ,  lefquellcs  ic  ne 
défapronue  pas ,  croyant  qu'elles  n'ont  pas  été  longtemps  à  l'air  .*  il  y  en  a  qui 
font  folideSjdes  au:res  qui  font  cauerneufes  dans  lefquelles  on  trouue  vne  cer- 
taine maçicrc  noiie  ,  mais  molle  qui  reflcmble  à  la  moiielle  àes  os,  &  c'cft  peut 


yS  Liure  Quatrième 

ctre  parla  que  le  premier  qui  l'a  mis  en  vlligs  a  crcu  quelle  pouuoit  feruît 
aux  fiadarcsrceluiî  qui  en  voudra  fçauoii-  d'auintJgc  qu'il s'aidrclFc  à  Matthio!, 
Du  Chclne,  Boécius  deBood  ^k  autres  :  or  quoy  que  ie  ne  luy  ôcû  pas  cette  fi- 
. culte  ,  ic  ne  crois  pourtant  pas  qu'elle  puill'c  gacrir  les  fratlurcs  en  fi  peu  de 
temps  que  veulent  faire  accroire  Matthiol  &  du  ChdacOhf.^^o.Cerit.j. 


OBSERVATION     XXIV. 
De  la  façon  de  vlure  ^h  il  faut  obferiier  esfraUnres. 

AYant  parle  de  la  génération  du  Cal  es  Obferuations  précédentes,  il  ne 
fera  pas  hors  de  propos  de  dire  quelque  choie  àzs  aliments  vifcidcs  &: 
gluants  que  l'on  aaccoullumc  de  donner. 

l'ay  connu  vn  homme  de  40. ans  &:  de  bonne  conftitution  auqu  1  vn  empi- 
ticq  ordonna  l'vfagc  (i<:s  viandes  vi(cid:s  comme  de  pics  ,  trltes  ,  boyaux  de 
bœuf,vache,mouton,&:c.à  caiife  d'une  fracture  de  iambe:  il  en  fut  guéri  en  40. 
iours,mais  il  tomba  peu  à  peu  en  cachexic,vcnant  quelquefois  iélciique,  ayant 
par  interuales  des  douleurs  de  reins  l<c  des  autres  vliFercs  &  cnfii mourut  hy- 
dropiqnc. 

Car  Ç\  chaque  chofc  engendre  fa  fembLible  comme  écrie  Galien  &  l'expé- 
rience i'airurc,  il  faut  de  necciîîcé  que  les  aliments  gluants  engendrent  vn  fuc 
de  cette  nAture  lequel  bouche  ailement  les  venes  mcfuaïques  :  que  s'il  en  par- 
aient qu  1  que  peu  au  fjye  ,  loM-:  la  mail"-'  du  fang  dcuicnt  gluante  &  vifcide: 
tel  fangobftrue  facilement  les  vilFeres  d'où  viennent  les  fchirrts  du  fjye  &  de 
larattr>hydropilic,auec  débilite  de  toutlecoips:  or  comme  vne  petite  fiam-nc 
en  la  lampe  ne  pourra  pas  attirer  à  loy  de  loin  vne  matière  huylcufe  ^  gralf-  fi 
elle  efttrop  vifcide  <S^  tenace,  comme  la  poix,  circjtcrcbenthine,fuif,v^j.  Ainfi 
la  chaleur  naturelle  des  parties,  fi  elle  cil  fjible  ,  attirera  auec  pêne  ce  iang 
gluant  :  pour  ces  confiierations  ie  n'ay  iam^ais  voulii  accorder  à  mes  malades 
telle  forte  d'aliments,qaoy  qisei'aye  guéri  quantité  de  fraclures  confid'.r-ib'cs, 
car  lesos.commedit  Galien&  l'expctience  le  vérifie,  ont  leurs  pctics  trous  qui 
contiennent  naturellement  beaucoup  d'humidité  cralfc  ^  bbnchf  <^z  laqicllc 
ils  (cnourriirent:or  le  Cal,  félon  Galien^s'engcndrede  ce  même  alim:ntdc  l'osi 
ie  conclus  donc  qu'il  cft  fupcrflu  de  donner  vne  celle  nourriture  qui  charge  la 
nature  :  c'eft  afscs  que  le  Chirurgien  par  fon  Art  &  induflrie  cm^^Ci  he  les  ^cd- 
dents  qui  peuuent  molcftcr  la  part'c,comme  font  doulcuis  i.iflammc.fions,5cc: 
lefqnclles  détournent  la  nature  de  fon  opération  :  en  après  qu'il  d'.lïèche  par 
medicaméts  légèrement  deficcatifs  mis  en  dehors  le  propre  aliment  de  l'oSjafin 

qu  il 


des  Fradurcs  &  Luxations,  317 

qu'il  fe  conùcf  tilIc  en  Cal  ,  laiilànt  faire  le  rcftc  à  la  nature  :  Obferuation 
çz.Cefifur.i, 


OBSERVATION     XXV. 

D'vfie  cofjtnjion  des  vertehres  du  Col  prife  pour  Luxations. 

VN  Payfan  ccant  tombe  de  haut  dans  la  ba'ïe  cour  de  fa  maifon/c  froillà  le 
col  c^  la  nuque  fans  qu'il  y  eue  Fiaclure  ni  dillocaUon,  comme  ie  le  fcray 
voir  en  fuicc,  la  douleur  vînt  peu  à  peu  :  quelques  iours  après  ayant  demandé 
vn  Charlatan  ,  il  mit  le  malade  en  terre  Se  faifant  tirer  les  épaules  en  bas  par  va 
fort  Payfan  ,  il  monta  (ut  vnbanc  &  empoignant  h  tcfte  du  malade  auec  les 
deux  mains  fous  les  mâchoires  d  enbiSjil  la  tira  en  haut  de  toute  fa  force,&  aînd 
il  fit  vne  grande  extenlîon  du  colril  furuint  incontinent  vne  violente  douleur 
auec  vne  il  grande  foiblelfe  &  comme  refoUuion  du  col ,  qu'il  ne  pouuoit  pas 
tenir  la  telle  droite,bien  Ipin  de  la  pouuoir  tourner  ça  ou  la,  car  il  la  luy  faloic 
fourenir  auec  les  deux  mains  ,  autrement  elle  tomboit  ou  d'vn  cote  ou  d'autre 
comme  celle  d'vn  mort,la  douleur  ncantmoins  cefla  peu  à  peu  :  ayant  pafsc  va 
an  en  ccmifcrablcctat&  ayant  elîàyé  en  vain  vne  infinité  de  médicaments  que 
plusieurs  perfonncs  luy  auoyent  donne  ,  il  me  vint  rrouuer  à  Laufanne  ou  ie  le 
remis  par  la  grâce  de  Dieu  en  telle  forte  qu'il  pouuoir  tenir  fa  tcfte  droite  fans 
l'aide  des  mains  &  même  la  tourner  de  côté  Se  d'autre  quoy  qu'auec  beaucoup 
de  foible(Iè:luy  ayant  donc  ordonné  vne  fliçon  de  viure  chaude  ôc  sèche  ,  attc- 
nuatiue  &  quiempcchoit  la  génération  de  la  pituite  ,  ie  le  puçgeay  auec  des 
pilules.  En  après  ie  luy  fis  prendre  vnapczcme  en  quatre  fois  laillant  vu  iour 
entredeux  ,  le  feruant  en  cet  interu.ille  d'vnc  potion  corroboratiue  des  nerfs 
qu'il  prenoit  matin  &:  foir  auant  les  repas.  11  but  de  cette  decoéèion  qua/î  du- 
rant toute  la  cure, pendant  laquelle  ie  le  purg-ois  fréquemment.  Il  vfoit  auffi 
tous  les  matins  de  mafticatoires,&  prenant  fouuent  d'vn  elediuaire  corrobora- 
îif  des  nerfs, l'oignois  le  col ,  0/eo  de  tcrebimh.  nnrdt^Oi  coflinojAurw-o^  Inmbric. 
ynlphi-fHCcolumbric .&  fîmilih.y  failant  aufîi  qudquestois  vne  fomentation  auec 
ladeco(îiion  fuiuante.  IjC.Herb.beton.ror'tjmar.jnaiorumfaUnt,  yua arth.fîcr.pri- 
mhl.verutn.rn.jÂtccar.iunip.  pi\.  incidanmr  OT  contnnâMitur ^/-ojjo  fnodojtndamHr- 
^e  facculo  ejiti  înterfulus  &  vino  colins  calidè  appliceiar,  l'oignois  le  col  après 
la  fomcntation,ainfi  pat  la  grâce  de  Dieu  il  fut  remis,  0^/.iviC^«r.3. 


51g  Liure  Quatrième 

OBSER   VATION     XXVI. 
Sur  le  ntémefmeSi, 

V Ne  Dame  de  Berne  crant  tombée  <Jc  Chenal  fc  froiffa  la  nnque  du  cohil 
n'apparut  aucun  accident  àés  le  commencement  hoimis  vue  douleur 
grauatiue,  mais  quelques  iours  aptes  elle  fe  fit  accroire  qu'il  y  auoit  vne  entor- 
le,  ÔCcommei'auois  ctc  en  ce  tempsla  appelle  à  Berne  pour  voir  quelques 
maladeSjclie  me  demanda  con'eil ,  mais  luy  ayant  donne  à  entendre  qu'il  n'y 
auoit  aucune  diflocation,cile  me  donna  congé ,  i'>iy  appris  pur  après  d'vn  G::q- 
tilhomme  digne  de  foy  qu'elle  s'ctoit  mis  entre  les  mains  d'vn  Cluilatan  qui 
l'auoit  traite  de  même  façon  que  IcPayfan  ci  deifus  &c  qu'elle  auoit  les  mêmes 
incommodités. 

Aduertijfement  aux  Jeunes  Chirurgiens, 

COmme  vnc  médiocre  &  conuenable  extenfion  cft  necciraire  dans  les  Fra- 
(ftures  (3c  Luxations,  aufîî  vne  trop  violente  eft  dangereufe  uc  apporte  plu- 
fieurs  grandes  incomrncditcsjcar  elle  produit  vne  violente  douleur,  infiamma- 
tion,fiéure,conuuIfion  &  paralyfic,  Galien  ajGfure  que  même  les  mufcles  ont  été 
rompus:que  fi  elle  eft  moindre  qu'il  ne  faut  ,  les  os  le  frottent  bien  l'vn  l'autre, 
mais  neantmoins  ils  ne  retournent  pas  à  leur  fituation  naturelle  :  il  faut  donc 
tenir  vn  milieu  &  vne  médiocrité  que  l'on  connoit  par  la  grandeur  &  par  la 
force  des  mufcleSjCar  les  grands  os  !k  mufcles  comme  font  ceux  de  la  cullFe,  de 
l'cpaule,  de  la  iambe,  &c.  requièrent  vne  très  forte  extenfion  :  que  fi  les  vns  «Se 
les  autres  font  petits,  l'extenfion  doit  être  moindre  :  c'cft  auQi  ledeuoir  d'vn 
bon  àc  fidèle  Chirurgien  de  bien  reconnoître  fi  le  membre  eft  rompu  oudiflo- 
quc ,  car  il  arriue  fort  fouuent  qu'vne  fort  Icgcre  mcurtrilfure  fera  douleur  ik. 
enflure  autour  des  iointures  fans  qu'il  y  ait  ni  Fradure  ni  Luxation  :  on  peut 
voir  par  les  exemples  précédents  combien  il  eft  dangereux  de  furc  extenfion 
d'vn  membre  en  ces  cas  la;  car  on  peut  connoître  qu'il  n'y  auoit  aucune  dif- 
location  des  vertèbres  ,  comme  auoycnt  voulu  faire  accroire  ces  Charlatans, 
veu  que  les  premiers  iours  à  pêne  y  auoit*-il  aucun  accident ,  hormis  vne  dou- 
leur grauatiuç,&:  que  le  mouuemét  du  col  n'éroit  pas  perdu:  car  entoute  diilo- 
cation  foit  qu'elle  foit  côplettc  ou  non,  il  faut  de  neccffité  que  la  douleur  fuiue, 
veu  que  l'os  qui  eft  forti  hors  de  fa  place  pou(îè|les  parties  nerueufcs  hors  de  leur 
lieu  naturel:  or  les  vertèbres  de  l'cchine  fi  elles  viennent  à  être  entièrement  lu- 
xce5,apportcnt  vnc  mort  fubite,  car  la  moliclic  de  l'cchine  ne  peut  pas  foufftir  la 

moindre 


des  Fradures  ôc  Luxations.  32.9 

jnoindrc  comprcflionjveu  que  il  feulement  les  nerfs  font  rcftrainrs  ,  il  en  peut 
airinerdu  danger  :  par  confequent  la  luxntion  des  vertèbres  de  î'echine ,  félon 
l'opinion  d'>£gineta  &:dcs  autres;,eft  mortelle  fi  elle  eft  parfaire  &  coirplcdc: 
quanta  celle  des  vertèbres  du  col  qui  eft  imparfaite  ou  incomplète  ,  quoy 
quelle  ne  caufepas  vne  morcfubJrc,ncantmoins  die  fait  tourner  le  col ,  rend  le 
vifagc  liuidc  auec  difficulté  de  rc-fpircr  S<.  de  parler ,  que  fi  elles  ne  font  pas  ré- 
duites en  trois  iours,comme  allure  Ccîfus,il  faut  mourir,  car  les  vertèbres  ou 
farticulation  de  la  telle  (ie  me  fers  de  l'authoritc  ôc  des  lei  mes  de  Vcfal^  cft  de 
fi  grande  importance  aux  animaux,  que  l'homme  ne  pourioit  porter  vn  mo- 
ment vne  grande  luxation, non  pas  mêmes  vne  cntorfe:  car  l'animal  cfl:  incon- 
tinent priuc  de  rcfpiration  &  de  voix  ,  en  racme  temps  de  fcncimcnt  &  de  mou- 
ucmeHt,airauoir. parce  que  la  racine  cft  offensée  :  mais  quand  elles  font  cutie- 
rcm.ent  hors  de  leur  place  ,  il  n'y  a  aucune  efperance  de  les  y  pouuoir  rétablir 
car  elles  apportent  vne  mort  fubite  -•  voila  ce  que  dit  Vefahor  n'y  ayant  eu  au- 
cun de  ces  accidents  en  ces  malades  ,  il  faut  croire  qu'il  n'y  a  eu  aucune  diAo- 
cation  mais  feulement  vne  meurtrilfure  laquelle  ne  requeroit  point  d'extcnfionj^ 


OBSERVATION     XXVII. 

De  la  Luxation  de  l échine, 

ÎL  n'y  a  point  de  Luxation  plus  dangcrcufe  que  celle  de  l'cpine  du  dos  ,  fé- 
lon le  témoignage  d'Hippocrate,d'Auiccnnc  &  d'autres,m.ais  principalement 
celle  des  vertcbres  du  col  caufe  vne  mort  prompte,car  les  nerf?  qui  feruent  à  la 
refpiration  font  rétrécis  <Sc  prcfsés ,  ainfl  elle  fc  perd  :  quant  à  celle  qui  le  fait 
en  dedans,  qi.ioy  qu'elle  ne  puilîè  pas  emporter  vn  homm.een  vn  inftant,fur  tout 
celle  qui  n'cft  pas  complète  ,  elle  ne  lailfc  pas  d'être  à  la  lia  mortelle  ,  au  dire 
d'Hippocrate  &  d'Auicenne:  caria  moiiclle  de  rcpine  étant  vne  Appendice  du 
ccrueaujdc  même  nature  èk:  iubftancequ'iceluy,  il  furuicnt  de  très  grands  acci- 
dents fi  les  vertèbres fortcnt  hors  de  leur  place.-  d'auantagcles  nerfs  quifortent 
de  l'épine  font  comprim.es  fi  la  diilocation  eft  faire  en  dedans,  ainii  lesfympto- 
mes  augmentent  :  or  la  Luxation  de  I'echine  eft  ou  parfaite  &:  complète  ,  allà- 
uoir  quand  vne  vertcbuc  cft  entièrement  hors  de  fa  place,  laquelle  eil  particu- 
lièrement mortclle,fi  elle  cft  en  dedans:ou  elle  eil:  imparfrite ,  quand  la  vertèbre 
n'eft  qu'en  partie  hors  de  fa  place,&  celle-ci  n'eft  pas  toulioursmortelle,comme 
on  le  peut  voir  par  les  exemples  fuiuants. 

La  roué  d'vne  charrette  chargée  ayant  pafsc  par  deiTus  vn  Boulanger  de 
Burgdortf  prés  de  Berne,clleluy  enfonça  deux  vertèbres:  il  fut  emporte  demi 

'  T  t 


530  Liure  Quatrième 

mort  à  la  maifon,&  entièrement  perclus  des  le  nombril  iiifqnc  au  pics  :  on  dç- 
manJa  vn  b.xibicr  ,  lequel  fans  confiderei  rclpcce  de  Luxation  couche  ce  mi- 
ferable  fur  le  ventre  ,  (k  de  toute  ù  force  enfonça  l'échiné  premièrement  auec 
les  mains,  puis  auec  le  gcnouïl  ,  au  lieu  qu'il  la  faloit  relcuer  :  quelle  ignoian- 
cc.ie  vous  prie, ou  plutoli  quelle  crnaurc  ?  le  crois  pourtant  qu'il  ne  l'exerça  pas 
furies  vertèbres  qui  î'toyent  luxées  ,  le  Cqucllcs  fans  douce  fe  (eroycnt  encor  en- 
foncées d'auantage  &  le  malade  feroit  mort  en  l'opcrntion  ,  mais  Ci  pensée 
croit  d'abbaiiTcr  ks  vertèbres  qui  ctoycnt  detius  &  dclfous  la  Luxation  pour 
icndrc  l'echine  égdlc:  Voici  ce  qui  en  arriua  ,  les  douleurs  qu'il  auoit  fouftcrc 
lors  que  la  rou'c  luy  paifa  par  dcil'us,  augmentèrent  grandcm.ent  par  cette  ope- 
ration,  àc  il  furuint  de  la  fiéure, inflammation jenflure,6(:  finalement  vn  abfccs 
lequel  s'ctant  rompu  (S<:  U  pus  en  étant  forti  abondamment  &c  longtemps ,  les 
douleursjla  ficurc  ,&  les  autres  fymptomcs  s'apr>-Àfcrent  peu  à  peu,  ncantmoins 
la  paralyfie  fut  toufiours  de  même  :  ie  fus  dulîi  demandé  en  i5id.  vue  année 
api  es  le  commcnctmcnt  du  mal  ,  mais  ie  rje  voulus  rien  ordonner  voyant 
que  c'étoit  vn  m>al  inucreré  6>:  incurable  ,  car  il  n'auoit  aucun  fentimcnt  ni 
mouurm.cnt  dés  le  ncm.bril  en  bas ,  hormis  les  deux  fphynéters  (  qui  auoycnc 
ctcaufli  paialyiqucs  au  commencement  J  car  il  pouuoit  retenir  fon  eau  d<  les 
excréments  :1a  fiftulc  qui  étoirrcftéc  après  rabfccspcnetroit  iniques  à  l'échiné 
du  dos  &  peut  être  plus  auant ,  au  fond  de  laquelle  on  trouuoit  auec  la  fonde 
les  os  caiiés:il  f:poitoit  bien  quant  au  reftc,  mangeoitauec  apperit ,  mais  fans 
pouuoir  fortir  du  lict  :  il  patïa  quelques  années  en  cette  miferc  ,  {ansauoir  ]peu 
apprendre  qu'elle  en  a  ctc  ï"ûTiK\0l>f,6S.Cent.V. 


OBSERVATION    XXVIII. 

Sur  le  rncme  fui  et. 

LAu  1611.  le  lanui  rvn  Pnyfan  d'auprès  de  Berne  nommé  lean  Bûcher  me 
viiu  tiouacr  :  il  y  auoiu  quinze  moys  qu'ctant  tombé  d'vn  aibre  à  terre, 
lu  Lconàc  vertèbre  des  Lumbcs  étoit  tellement  enfoncée  que  l'on  voyoit  ma- 
nifvftcm.ent  la  Luxation,  m.ais  encoi  plus  quand  on  y  porroit  la  main  :  après 
la  chu  e  il  furuint  incontinent  vue  trcs  violente  douleur  laquelle  dura  long- 
temps lS:  de  laquelle  il  u'eft  pas  encor  quitte  ,  principalement  quand  il  fc  cour- 
be ou  drcliè  :  aufli  toil  après  la  chute  il  rendit  la  viande  toute  crue  fans  pou- 
uoir rien  garder  l'efpace  de  quelques  iours  ;  il  luy  furuint  aufli  vue  ficurc  fort 
ardente  auecvncfoif  implacable,  veilles,  inquiétudes,  séchereffè  de  langue  auec 
réueric:  les  parties  balles  dés  le  nombril  tombèrent  aulTi  en  paralyfie,  ce  qui 
ctoitcaufcquiiuc pouuoir  garder  ni  fon  caunifes  e:;crcmcnts  5  quoy  qu'il 

les 


des  Fractions  ôc  Luxations.  331 

les  retienne  à  prefcnc^  mais  il  les  lâche  aucc  pêne  :  les  fymptomcs  furent  fî  vio- 
lents des  le  commencement  qu  on  dcrcfpcrûic  de  la  vie  :  il  s'ctoit  ferui  de  plu- 
fieurs  barbiers  ,  mais  il  n'y  en  eut  pas  vn  fcul  qui  reconnut  qu'il  y  aiioic  Lu- 
xation en  rê.hinc  ni  même  à  qui  cela  vint  en  la  pensée  ,  ainiî  il  ne  fe  feiuic 
d'aucun  remède  à  propos  :  ncantmoins  comme  il  ctoic  icune  ,  f  n'ayant  pas 
encor  atteint  les  50.  ansj  &  de  bonne  couftitucion  ,  la  nature  fit  tant  que  la 
douleur  Heure  6c  autres  accidents  s'arrêtèrent ,  qu'il  pût  retenir  Tes  excré- 
ments ,  qu'il  rccouura  le  fcntimcnt  aux  cuitïc-s  Ôc  pût  remuer  ks  cuilH'S 
&legenouil,  quoy  qu'aucc  pénc,  mais  les  pics  font  encor  tellement  perdus 
qu'a  pcnc  le  peut*- il  foutenir  (ur  des  potences  ou  faire  vn  pas  ou  deux  ,  Se  le 
toutà  caule  delà  comprclîion  des  nei  fi  qui  dccendent  aux  cuilles:mais  ie  luy 
fis  entendre  qu'il  n'y  auoit  rien  à  efpercr  à  cauf?  que  la  vertèbre  ne  pouuoit 
plus  reuenir  en  fou  lieu  naturel ,  tout  étant  endurci  :  ic  luy  confeillay  néant- 
moins  de  s' en  aller  l'été  fuiuatit  aux  bains  de  Baden  en  Suifre^apres s'être  bien 
préparée  auparauant  ,  comme  aufli  de  fe  lauer  les  cuilFcs  &  l'os  facram  auec 
des  eaux  diftillécs  &  appropriées  comme  a.iicc  y^ijMetonJalHkjprimHl.veris.ju- 
mferiyôc  femblablcSj^Cc.Z/^  même. 


OBSERVATION      XXIX. 
D'vne  Luxation  di(iho!i(^!^e. 

I'Ay  veu  à  Dulfeliorp  vue  Luxation  entièrement  horrible  3c  diabolique  :  En 
1585.  vnieune  homme  d'enuiron  vingt  ans  ayant  voulu  s'étran^^ler  de  nuit 
en  Ton  licl,  &  pour  cet  effet  fait  vn  licol  de  fa  iarretiere  qu'il  aUoit  attaché  à  la 
colonne  du  lict ,  le  lendemain  il  fat  trouué  mort  en  fon  Viô:  quoyquc  lelicoi 
ne  ferrât  point  le  cohcomme  chacun  étoit  en  admiration ,  après  que  le  Bour- 
reau l'eut  dépouillé,on  trouua  que  le  Diable  luy  auoit  tellement  enfonce  le  dos 
qu'il  touchoit  prefque  l'os  de  la  poitrine.  La  même. 


OBSERVATON     XXX. 
La  manière  de  réduire  la  Luxation  de  te'chîne  faîte  en  dedans. 

QVoy  que  ce  foit  vue  opinion  reçue  entre  les  Médecins  &  Chirurgiens 
que  l'épine  luxée  en  dedans  ne  peut  pas  être  rcmife ,  car  comme  dit 
Hippocratc  ,  comme  fcroit  il  poflîblc  de  faire  comprcflîon  par  deuant  î  Ce 

T  t    2. 


552-  Liure  Qijatriémc 

Icroit  ncanrmoins  vneadtiondc  cruauté  en  vn  Chiiurgieii  entendu  &  habile 
s'il  lailfoic  vn  malade  fans  Tccours,  car  l'on  fçaic  que  ccrte  incommodicé,  en  " 
emporte  le  maladc,ou  le  lend  milcrablc  tout  le  relie  de  fa  vie  ,  ou  cette  aul- 
élion  eft  mortelle  commue  Auictnncrenlcigneapres  Hippocrate/;/'.  defraliur. 
Si  la  Luxation  ,  dic-il ,  Ce  fait  vers  la  partie  intérieure  -,  il  n  eft  pas  poflîble  de  la 
guerir,car  il  la  faut  mettre  au  rang  des  maladies  qui  tuent  ptomptemcnt:  plii- 
lieuislçauantsfontauiri  de  cette  opinion,  veudonc,  di  ie,  que  ce  feroic  vue 
chofe  inhumaine  de  lallFer  vn  malade  fans  feconrs ,  lequel  fans  doute  periroir, 
&"  n'y  en  ayant  point  d'autre  que  la  réduction  de  la  vertèbre  ,  il-faut  aufli  ef- 
fayer  toutcequelar.iifon  dictc.E^y^/Vt  céi  efjuy. 

Or  la  manière  de  réduire  les  veitcbrcs  eft  en  partie  tirce  d'H!ppocr;\te  ,  Ori- 
bafe  &  i^gincta,  en  partie  aulfi elle  eft  de- mon  inucniion  :  on  couche  le  ma- 
lade lui  fon  ventre  delfusvn  ba.ïC  ou  dcllus  l'oigane  «l'Hippocrare  lepttfcntc 
par  Oiibafe  en  fon  liurc  des  machines  chapitre  ]<^,    £n  après  il  faut  mettre  au- 
tour du  corps  deux  ceintures  Lrges  &  cpaillcs  (  de  peur  qu'en  faifanr  l'exten» 
fion  ils  n'oft'nfcnt  la  peau  )  de  toile,  l'vnc  deiLib  la  luxation  o:  l'autre  deilous, 
celle  de  dcftus  doit  c4Te  mife  fous  les  aiil-Jles  iuc  vnbanc,  celle  de  deilous  doit 
ctre  attachée  à  vn  ailîieu  ,  mais  en  droite  ligne  afin  qu'en  le  tournant  l'exten- 
fîon  de  l'épine  foit  égale  :  mais  comme  l'organe  d'Kippocrate  eft  de  longtemps 
hors  d'vfage  ,  Paré  le  chef  Jc'S  Chirurgiens  modernes ,  a  rrouuc  vue  autre  in- 
uention,air?uoit  de  lier  le  mal'de  ddlous  les  aitlelles  &  dclïus  les  han^-hes  auec 
les  nappes  que  l'on  fera  tiur  p^r  deux  hom.mes  rcbuftcs,  l'va  empoignant  cel- 
le d'er-h^ut  <^  l'nutre  celle  d'en  bas  :  mais  il  vaut  mieux  à  mon  ad  jis  attacher 
la  n-ppe  qui  eft  d.  {fus  ks  h  mchts  à  quekjue  fcimf  pilier,  &  celui  d'en  bas  à  la 
mat  iu -lie  de  Parc  ,  car  i'ay  exptiimentc  quelK  cit  fort  propre  es  Fradiures  <&: 
LiiXarions  la  ou  il  faut  faire  quelque  txcenlion  du  corps  :  maïs  quoy  qu'Hip- 
pocrate  tienne  que  la  Luxation  de  l'échiné  qui  eft  faite  en  dcdai)S  loit  mortel- 
le ,  il  die  neanrmoins  qu  il  fuit  >  if-.yer  fi  l'agitation  faite  fur  l'cchelle'peut  ap- 
porter quelque  f'.:iu!?-gcment  au  malade  :  quand  donj-le  malade  fera  attache 
ou  à  l'organe  &  glollocomc  d'Kippocrate  ,  ou  à  la  maniuelle  de  Paré ,  il  faut 
q!i(  Ils  fei  uiteurs  tirent  lechine  autant  qu'il  lera  necelîaiie  ,  cependant  que  le 
ChiLurgicnebrarJera  l'c-hine  au^c  les  deux  mains  tantoft  à  droite  tantoft  à 
gaucV;c,oumém.es  la  poulïèra  en  haut  mettant  vn  linge  <ous  le  ventre:  li  cette 
excenlion  &  ébranlement  de  l'cchinceft  faite  auflTi  coft  dés  le  commencement, 
tandis  que  la  Luxation  eft  encov  récente,  il  rcfte  quelque  cfperance  que  cette 
Luxation  (  pouiueu  qu'elle  loit  imparfiàte  )  pourra  are  rcmiie  :  que  li  on 
n'en  peut  pas  venir   à  bout   j  ic  crois  qu'il  vaut  mieux  faire  effay  de    ce 
dernier  rcm^deque  d'abandonner  enticrcm:nt  le  malade,  lequel  infaillible- 
ment mourroit  ou  par  la  grandeur  du  mal  ^  des  tourments  ,  ou  p.^fteroif  vnc 
vie  entièrement  miferablc  :  il  faut  donc  taire  vue  inciilonauec  le  lafoiriufquc' 

àrap*- 


desFradures  &:' Luxations.  555 

à  rappciidicedecendante  de  la  vertcbre>&  mcctancinconrinêc  le  Rafoir  dans  la 
mcmc  oiiueiriircii  faii:  faire  deux  autres  mcihôs,rvnc  à  droite  &  l'autre  à  c^au- 
gauchc  de  l'appendice,  enaprcs  il  faut  pincer  Tappcndicc  aucc  des  Tenailles 
propres  &c  la  tirer  en  haut  remettant  ainli  la  vertcbrc  en  fa  place  naturelle  ,  il 
faut  cependant  que  cela  fc  fait, que  l'cchine  loitciendue,  car  par  ce  moyen  cUc' 
rctournerapluifv  ilement en  fa  lîmation  naturelle  ;  il  faut  faire  rouucrture 
grande  ou  petite  félon  la giandeur  delà  luxation ,  car  s'il  n'y  a  quVne  vette- 
bre  enfojicée ,  il  faut  faire  la  Playe  petite:  s'il  y  en  a  deux  ou  plufieurs ,  il  faut 
de  neccihré  quVile  foit  grandejafin  que  l'on  puiiïccn^poigner  les  dcjx  ;'srfcbrcs 
luxées  :  que  iî  !'h£morrh.<gic  âporte  de  rcmpcchcmcnt,  de  l'orte  qu  im:rirdia- 
tement  apicsTinrilion  on  ne  puilfc  pas  faire  l'Opération,  il  faut  arrêter  le  fang 
auec  Jcs  ctoppcs  bi^n  ciuortillccs ,  trempées  en  vnbhncd'œuf  &  fa'.î^ou- 
drécs  de  ma  poudre  à  airétcr  le  fangiprenant  garde  à  bien  remplir  toutcia  playc, 
principa\emi.ntdcs  deux  cozés  de  1  appendice  aiiec  lefdites  ctoupesj  &  afin  que 
cela  i'c  face  commodément»  il  fa'U  faire  plufieurs  plumaceaux  d'étoupes  entor- 
tillées en  cette  façon,  j%  4.  de  la  table  8. 

Metta^-it  l'vn  après  l'autre  dans  la  playe  iufqu'àce  qu'elle  Toit  remplie  :  il  faut 
par  après  mettre  quelque  crfiplatrc  bien  adhérant,  le  tenant  attache  auec  quel- 
que bajidc:  quelques  heures  après  que  le  fang  fu'a  arrefté  ,  il  faut  oter  douce- 
ment les  croupes  depeur  d'ém.ouuoir  lefangj-iv:  après  fe  feruir  des  Tenailles  qui 
doiucnt  erre  fortes  6c  dentelées  comme  celles  dont  on  fe  fert  pour  arracher  le 
Calcul  :  que  s'il  y  a  deux  vcrtcbres  luxées,  il  fe  faudra {cruir  de  deux  Tentilles 
que  deux  Chirurgiens  tireront  en  même  temps  en  haut  :  il  fe  faut  bien  donner 
garde  JeUv:  faiiepa^  lesin-ifionstiCjj  profondes  à  côte  de  rappendice,à  caufe 
6lqs  ncrf^  qui  fortcnt  à  côté  des  vertèbres  :  il  faut  aulli  que  cette  Opération  fc 
face  dés  le  commencement  du  mal  tandis  que  les  fd  ces  y  ronr,auaiit  qu'il  vien- 
ne inflammation  Z<  enflure  en  la  partie,  n'important  de  lien  fi  le  malade,  com- 
me il  arriuc  quelquefois,  a  perdu  la  parole  &  iaconnoilTasice,  caf  quoy  que  ces 
accidents  arriucntaulTi  en  la  DcpreHiion  du  Crâne,  ntantmoins  le  Chiruii^ieii 
expert  ne  renuoye  pas  l'Opération,  veu  qu'il  Tçait  qu'elle  eft  la  caiîfe  du  mal,  Ck; 
que  le  Cranc  étant  remis  f  n  fa  place ,  les  accidents  cclîcront:  que  h  le  Chirur- 
gien n'opas  été  dcm.andédcs  le  commcnccmenu,mais  feulement  an  iecondjtroi" 
fieme  ou  quatrième  iour  ,  il  faut  f  liic  vï\z  fomentation  fur  la  partie  auaa:  l'O- 
pération? cumâecoEio  Betonic  pnrnnU  veris  ^  SMua  ,  camomi'U^  tnflilotiy  rvfar, 
é" grMior.  hmiperiy  y  adioutant  quelques  cmollicnts  ,  vî  waIha  Altk^a.  après 
quoy  il  clFayera  de  faire  la  rcpofition  :  l'Opération  étant  faite  il  oindra  le  dos 
Chim  oL  Rofa,ceo  &lHmbricor.  traitant  la  playc  en  la  manière  que  l'on  trr.ite  les 
contufcs  :  mais  quelqu'vn  dita  que  cette  Opération  eft  dangercufc  &  incci' ai- 
ne: le  répons  qu'on  peut  dire  la  même  choie  des  autres,  mais  comme  Ai:.  Hip- 
pocrate ,  il  faut  fe  feruir  âcs  derniers  remcdcs  es  derniers  maux,  ainfi  vn  Chirur- 
gien entendu  m.  fidèle  ne  laiilèra  rien  en  arrière  de  ce  que  l'on  peut  faire  auec 

Tr    3 


5J4  Liure  quatrième 

raiTon:  il  vaut  mieux,  die  Cclfc ,  ellàyer  vn  icmedc  douteux  que  de  u'en  point 
£iii-e:reafonçeui:e  du  Cranef  lacjiiclle  a  vn  grand  rapport  auecla  liixadon  da 
vcrtebrcs^cft  mortelle  de  foy  même  iinon  qu'elle  (oit  bien  petite  ,  rOpcration 
en  eft  dangcreurc<Sc  incertaine,  car  il  faut  couper  la  pcauen  croix  iufqu'au  Cra- 
ne,&:  en  même  temps  tout  ce  qu'il  y  a  au  dcllous  de  vcnes  Ôc  d'artères  :  il  faut 
ôter  le  Pericrane,qui  eft  vne  membrane  de  vif  ljncim.cnt&  le  fcparcr  du  Cranc, 
ce  qui  ne  fe  peut  faire  fans  caufer  vne  grande  doulcur:cn  après  on  perce  auec  le 
Trépan  le  Crâne  iufqu'au  cerucau,  il  le  faut  tirer  en  haut  auec    des  crochets  ôc 
des  cleuatoires,  tout  cclafc  peut'-il  faire  lans  danger  ?  Que  dirai- ic  de  Tcxtrac- 
tion  de  l'enfant  mort ,  de  renfantementCaslaiien,  de  l'cxcraétioii  du  Calcul  & 
de  telles  Opérations  lefquellcs  vcricablcment  font  dangercules,    qui  fc  font 
neanrmoins  tous  les  ioursvtilement,  comme  ie  rayexpciimenté  afs:s  fouuent? 
ce  qui  me  fait  dire  auec  Celfe  qu'il  n'importe  de  rien,  h  le  feul  remède  qui  refte 
eft  alfuré  ou  non  ,  &  qu'ainlî  es  maiix  defefperés  il  faut  eir;yer  tout  ce  que  la 
raifondidte:  Sine  trouue-ie  pas  vn  grand  danger  en  cette  Opcracion  ,  car  au 
milieu  du  Dos  il  n'y  a  pas  des  grans  vailleaux,  d'autre  côte  les  nerfs  font  petits 
en  leurs  appendices  ,  ayant  fort  fouuent  veu^e  grandes  playes  heureufemeiit 
gveriesenl'efpineduDos  ,  principalement  en  unieun'  homme  qui  auoit  rcçeu 
vn  coup  de  couteau  en  la  quatrième  vertèbre  des  lumbes,  la  pointe  rompue 
étant  demeurée  entre  les  appendices  de  l'épine  laquelle  i'arrachay  au  bout  de 
deuxans,&:  guéris  hcureulement  la  tillulequiêcoic  reftce,  mais  icellc  étant  fort 
ctroitte,  il  me  falut  dilater  tant  auec  les  Caultics  qu'auec  des  in ftruments  tren- 
chants,  ce  qui  pourtant  fut  fait  fans  qu'il  iuruint  ni  inflammation  ni  aucun 
grand  accident. 

Ce  grand  Chirurgien  Parc  veut  en  outre  qu'es  fradures  des  vertèbres ,  û  les 
fragments  des  os  caufent  de  grands  accidents,  que  l'on  fice  ouuerture  en  la 
peau  ôc  que  l'on  tire  les  fragments  des  os  :  il  veut  que  l'on  face  le  même  es  fra- 
âures  des  coftcs  en  dedans,  s'il  y  a  quelque  fragment  qui  pique  la  pleure  ,  alfa- 
uoir  que  l'on  face  incilioniufqu'à  la  coltc&  que  l'on  la  tire  auec  des  crochets 
pour  la  remettre  en  fa  lîtuation  naturelle:queii  cela  fc  fait  es  vertèbres  &:  coftcs 
rompues ,  pourquoy  ne  fera-t'-on  pas  le  même  en  la  luxation  de  l'cchine? 
Oljf.  69.  Cent.  5. 


OBSERVATION       XXXU 
De  la  Cure  de  la  bojfe  des  Lumbes. 

LEs  vertèbres  des  Lumbes  commencèrent  à  fe  poulfer  en  dehors  en  vne  pe- 
tite fille  de  Monfieur  Nicolas  Kilchbergei  Patrice  de  Berne  ,  âgée  de  18. 
mois  :  Quelques  Barbiers  du  lieu  employèrent  des  mois  entiers  à  fâcher  de  la 

gucrir 


des  Fradures  &:  Luxation? .  ^55 

giictir  auecdes  InonAionj»,  Bains,  &c  lames  di-  plomb  bitn  délices  ,  mais  com- 
me la  bolTc  ail  ât  toufiours  en  anançant,  on  voulut  aufllî  auoii  mon  âuis  en 
luin  1609-  k  rioiTuiy  cjue  la  troificme  &  quatiicme  vcrctbre  des  Lumbes 
^covéc  auancées  en  Je'iurs  à  la  grolfui'  d'vn  œuf  d'Oyc,aucc  vn  médiocre  éle- 
ucmenc  Je  la  féconde  Se  cinquième  ,  de  forte  que  la  bolfc  vcnoit  fort  grande 
principalcmtnt  du  cote  gauch-^  ,  à  caufe  dequoy  la  cuillc  gauche  êtoir  plus  foi- 
blc  que  ladroitre:  i'cnrrepribla  Ciirecn  cette  manière:  premièrement  k  raiiayle 
dos  &:  toute  la  cuilïc  auec  l'eau  iuiuante  pour  fortifier  les  nerfs ,  !^.  ^^,  Gra* 
nor.  lump,  f'ie  vino  dljTi'LitJi. a<j  f.dni£, ,  béton.  lauendnU.  an.  5  fj.  pulu.rad, 
BiftortAy  T  arment.  Rofar.  an.  ^ij.  m.  f,  i>.ftiJio  in  A.'npidU  rn.'igna  pcr  die  s  8  P.  "jf/ 
X.  det/i  per  inclinationern  a  pii'uenhus  fepa^ata  ac^na,  ad  z-fitm  ferueiur  :  Apres 
riHonciion  ie  mis  l'Errplaftrc  fuiuanr,  duquel  ic  me  icrs  aulli  es  frnclures  des 
os  ,,  yi  Emol.  Slctani  _^i!.  ccYd  nouA  \i\.  lat>ld.  OJîdiocolU  5).  puln,  rad.  confol.tnai. 
terra figill.  an.  5  ity  pidit.  ^a'aujî.Nucum  cupr.  rofar.  odcrifer.  an.  5J.  m.  ientijfu 
7no  tgne  ,  f.ernpl.  addenda  cl.  rofat,  aut  maflich.  q.  f.  Or  tout  le  principal  artifi- 
ce pour  gueiir  les  boiTesconfifte  à  repoulïcr  en  arrière  les  vertèbres  qui  auan- 
cenr,autrcment  on  ne  faic  rien  :  à  ces  fins  i'agençay  de  telle  forte  vne  lame  de 
fer  vn  peu  courbe  (  de  telle  longueur  &  largeur  qu'elle  pouuoit  couurir  route 
la  bofle  J  fur  vn  pourpoint  faitd.  toile  double  ,  afin  qu'elle  peut  rcpoulîèr  les 
vertèbres  qui  a'jançoyent  j  ie  la  garnis  cncor  de  lin  :  fin  qu'elle  i  incommoda 
moins  :  le  pourpoint  dcaoit  être  mis  fur  le  corps  nud  &  en  telle  forte  qu'il 
conuiic  tout  le  ventre  iufqa'anx  parties  honteufes  .•  il  étoic  cncor  (erré  par  le 
milieu  du  ventre  aucc  vne  cguillctte  vn  peu  longue,  médiocrement  au  droic  de 
\2,  poirrine,  de  peur  que  le  dos  ec  les  coftcs  ne  fulîcnt  prcfsces;  mais  il  êtoit  fort 
ferre  pafsc  les  fau  lies  codes  iufques  au  bas  du  ventre,  afin  que  la  lam?  de  fer  peut 
faire  retenir  l:s  vertèbres  awancées,  or  de  peur  que  le  pou;  point  ne  vint  au  dcf- 
fus  des  êpauleSjOn  y  atr:^choit  deux  bandes  qui  auoienr  deux  doifs  de  traurr:.  de 
large,  que  l'on  failoic  palier  pir  les  deux  aines,  Icfquelles  defcendants  par  Ten- 
trefdîbn  Se  derechef  rcmontancs  par  dcirous  Ic-sfelfcs,  ccoyent  attachées  auec 
des  aiguillettes  au  deux  côtes  du  corfclci  ou  pourpoint  :  ic  renouuelois  l'Em- 
plâtre 6c  les  Inonctions  de  quatre  en  quatre  ioars  onde  fix  en  fix  ,  Lifanr  laucr 
tous  les  iours  aucc  l'eau  furdfrc  route  la  iarr.be  &  la  cuille  ,  ainfi  la  bolfc  fut  rc- 
poufséeen  iixmois ,  par  l'afiâliance  de  Dieu  :  mais  clic  continua  déporter  le 
corfet  &  la  lame  iufques  à  l'Age  de  deux  ans ,  à  caufe  de  la  foiblclïl-  &  mollelfe 
des  membres:  elle  fe  porte  très  bien  à  prcfcn:  càgéc  de  trois  ans,  Obfcrnat  è^. 

CtîltHY.  5. 


jjtf  Liure  quatrième 


.p.i*^ 


OBSERVATION     XXXII. 

U'one  Luxation  du  bras. 

VN  ieun'-homme  bien  complexionnc  ^  chainu  eut  le  bras  luxe  il  y  a  hui'c 
aas  par  vnc  chûrc,  dis  ce  temps  là  il  cfl:  toufïours  deuenu  cxtcnuc  &  amai- 
gii  à  pcopoition  des  antres  membres  qui  croiilcnt  à  caufe  de  l'àgc,  outre  que 
l'on  remarque  vue  tcnlîon  au  pli  du  coude  en  dcdans,de  forte  qu'il  ne  peut  pas 
étendre  le  bras  autant  qu'il  faut,  lequel  il  porte  toufiours  courbe  en  demi  lune 
mais  lans  douleur:  ie  ne  veux  pas  pailcr  de  la  caufc  au  long  ,  ie  diray  feulement 
qu'il  me  fcmble  que  îc  bras  a  ête  mal  remis  au  commencement ,  ik.  qu'il  s'cil 
forme  quelque  Cal  dans  la  iointure,  ou  à  caufe  de  quelque  humeur  qui  s'y  eft 
versée  ou  à  caufe  de  l'aliment  même  de  la  partie:  ce  qui  me  le  fait  croire ,  ccft 
que  l'articulation  du  coude  en  dehors  &  Ion  appendice  fcmble  auancer  plus 
qu'il  nefautjoutre  qu'il  y  a  vnc  ccrtsine  incfgalité  là  où  fe'  rencontrent  les  deux 
appendices  de  1  humérus  &  du  coude,  quoy  que  l'on  ne  puilïcdccouurir  aucun 
Cal  ni  à  la  vcu'é  nia  l'attouchement  ;  il  s'cft  fcrui  de  quelques  rem.edcs  il  y  a 
plulieurs  années ,  comme  de  graille  d'homme  &:,dequclqneshuylcs,  mais  (ans 
vn  manifefte  foulagement  :  or  comme  le  mai  va  en  augmentante  qu'il  eft  en 
l'âge  où  il  doit  apprendre  à  faire  des  armes  &  à  monter  a  cheual ,  on  veut  venir 
à  vue  Cure  régulière  ,  c'.cft  ce  qui  m'oblige  de  recourir  à  vous  à  caulc  de  vôtre 
doâ:i;iiie  &  expérience,  6cc. 

Lettre  de  Cafpar  *Dornamus  Bc^eur Médecin, 

Vous  me  proposc'svn  cas  difficile  ,  veu  que  c'eft  vne  affection  inueterce  & 
qui  à  peine  pourra  être  guérie ,  comme  ie  l'ay  veu  par  expérience  il  y  a  vn  an 
en  vnieune homme;  lequel  s'ctantdifloquclc  coude  gauchejs'addrelîa  à  vn  im- 
pertinent Charlatan  qui  remit  mal  la  iointure  &c  n'eut  point  de  foin  d'em- 
pccher  la  douleur  &  vne  defluxion  d'humeurs  :  m'étantvenu  trouuer  quelques 
mois  après,  ie  vis  que  fon  bras  ctoitracourci  &  fort  courbe  &  la  iointure  en- 
tièrement immobile  à  caufe  de  quelque  matière  qui  s'y  êîoit  endurcie  auec  de 
grandes  &  continuelles  douleurs  :  mais  par  la  grâce  de  Dieu  &  vn  long  & 
grand  trauail  il  fe  fert  de  fon  bras  quali  comme  auparauanr,  pouuant  faire  tou- 
te forte  d  œuure  ruftique  :  ayant  appaisc  les  douleurs  par  des  remèdes  tant 
généraux  que  topiques,empcché  la  defluxion  &diflipc  les  humeurs  qui  s'ctoyent 
iettccs  dcllus,  mais  il  n'a  iamais  peu  être  entièrement  remis  à  caufc  d' vne  matiè- 
re calieufe  qui  s'eft  endurcie  autour  de  la  iointure  :  l'ay  encor  veu  auiourd'huv 
vn  garçon  qui  a  la  même  incommodité  que  celuy  duquel  vous  m'ccriucs,  mais 

mais 


des  Fractures  Se  Luxations.  357 

mais  ic  fais  diflîcukc  d'y  mettre  la  main:  vous  pouucs  donc  comprendre  ce  qu'il 
y  a  à  efpcrer  touchant  le  cas  que  vous  me  proposes;  car  il  y  a  atrophie  au  bras, 
à  caufc  que  les  os  ayants  cftc  mal  remis  en  leur  place ,  ou  à  caufc  de  cette  ma- 
tière qui  s'cfl:  endurcie  au  pli  du  coude,  les  véncs  &  artères  fontcomprimées,ce 
qui  empêche  l'allée  libre  du  fang  &  des  cTprics  qui  ne  pcuuent  pas  arrofer  tou- 
tes les  parties  du  bras,laquelle  elpecc  d'atrophie  eft  tenue  quafi  pour  incurable, 
iufqu'à-cc  que  les  os  ayent  cte  remis  en  leur  place,  ce  que  l'on  clïàycroit  inutile- 
ment en  ce  mal  qui  eft  inuetcrc  :  ic  confcillc  pourtant  qu'après  qu'il  aura  ctc 
purge,  on  hiy  oigne  rous  les  matins  auant  qu'il  forte  du  lit,  le  bras,  la  main  &  la 
nuque  du  col  auecdu  fuc  de  vers  auquel  on  adiouteravn  peu  d'huyle  d'amandes 
douces:  que  par  après  il  exerce  fort&  fouucnc  Ton  bras,  ellayant  quelquefois  de 
fcûleucr  auec  la  main  de  grandes  charges ,  car  par  ce  m.oycn  les  nerfs  s'cccn- 
dronr,  la  partie  ^échaufcra  modérément,  &  ainli  il  attirera  par  ce  mouuemenc 
violent  le  fang  &c  la  nourriture:  ievoudrois  mettre  par  après  Ceratum  œ/jpiphi- 
lagri]  :  Que  lî  le  malade  nefe  guérit  pas  entièrement  par  czs  remèdes  ,  i'efperc 
ncantmoins  qu'il  en  rcccura  beaucoup  de  foulagement  Uc-  Lettre  14. 

Préparation  du  fttc  de  Vers^ 

Prcnés  des  vers  de  Cimetière  bien  nourris,  laucs  les  premièrement  en  eau  & 
puis  en  vin  ,  coupés  les  bien  menus  &  les  mettes  en  vn  grand  récipient  verfanc 
deflus  vne  afsés  bonne  quantité  d'huyle  d'amendes  douces  &  de  violettes,  mettes 
ce  récipient  fur  des  cendres  chaudes  tant  qu'ils  fefondér,laquclIe  liqueur  il  faut 
faire  pafïèr  par  vn  linge  après  vne  forrc  ^x^iciTion.AH  traitté de  la  hmlure  ch.  3. 


OBSERVATION    XXXIII. 

*De  la  Luxation  de  la  cuîjfe; 

VOusme  demandés  mon  âuis  fur  vne  certaine  grande  incommodité  de 
cuiffc  &  s'il  y  a  quelque  efperance  de  guerifon,  &c  quoy  qu'il  foit  neccllài- 
tc  en  femblablc  cas  de  voir  le  malade,  ie  ne  laiiïeray  pas  de  vous  dire  mon  opi- 
nion: le  recueille  de  l'exadc  &c  fondamentale  defcription  du  mal  que  c'eft  vne 
Luxation  de  cuillc,  veu  qu'elle  eft  de  trois  doigts  plus  courte  que  l'autre  ôc  que 
la  partie  externe  eft  plus  élcuée  qu'il  ne  faut:  la  caufe  interric,felon  ce  que  vous 
ccriucs,  a  été  vne  douleur  qui  elV  venue  de  fluxion, qui  à  été  augmentée  par  vne 
chute  de  defTus  vne  échelle  ,  qui  a  attiré  vne  plusjgrande  quantité  d'humeurs 
Icfquelles  ont  ramoli  &  relaxé  les  tendons  &  ligaments ,  principalement  celui 
qui  eft  appelé  court,lequel  retient  la  te  te  du  fémur  dans  fa  boctcoucauité:  vous 
pouucs  comprendre  par  là  quela  cuiffe  en  demeurera  plus  courte  Se  que  le 

Vu 


35^  Liure  Quatricrac 

leun  homme  feraboiceux  toute  fa  vie  ,  crant  impodlblc  Je  remettre !a  teflc  de 
i  os  de  la  cuilfc  en  fa  caiiicé  ,  «S:  ce  feroir  prendre  tic  la  péncen  vain  de  Tef-. 
iaycr,  eau  ces  tendons  <S<  ligamcnr^  ayanrs  ccc  rirnolis  p.r:  les  humciu-s  cjui  s'yj 
lont  versées  &  ccantsdcueniisplus  flafqucs  ,  illenrcft  impolljblede  contenir' 
os  :  îc  l'ay  fçcu  par  expei  icnce  en  vne  femme  de  condition, laquelle  étant  tom- 
bée de  chcual  il  y  a  demi  an,  &  la  cuille  droite  ?yant  ccc  ottcncée  fans  que  l'on 
ait  apporté  les  remèdes  necellàircs  dés  le  commencement,  on  me  demanda  con- 
ftil  quinze  femaines après  :  IcsBaibicrs  conrtc  mon  fcntîmcnc  liiy  voulurcnc| 
faire  accioiic  que  la  Rediiclion  pouuoitêtre  f.iite,  laquelle  fut  clfayéc  en  vaitil 
trois  ou  quaric  fois ,  car  elle  ne  fçauroit  marcher  ians  potences  :  l'ay  veu  plu- 
ficurs  exemples  de  ce  rce  narnrc,mais  i'ay  toufiours  remarqué  que  la  chofe  alloic 
(de  mal  en  pis  ,  car  ceux  là  fe  trauar'llcnt  en  vain  qui  tourmentent  le  malade 
auec  des  onguents  chauds  tels  que  l'on  a  accoutumé  d'employer  en  l'Atrophie 
des  micmbres  ex  Tyrethy.Euphorbic , femme finap'ié'  fmil.VQn  qu'il  fera  impofli- 
blc  de  gucrii:  l'exténuation  du  mcmbie  tandis  que  la  caule  fubliftera,  allauoir  la 
diflocation.l'abondance  de  cette  humeur  gluante  qui  bouche  les  vailîeaux  &  la 
diftoiTion  d'iceux:  il  cfl:  vray  que  pat  l'vlage  de  c<:s  njpdi. am.ents  acres  la  cui(- 
fe  vient  à  enfler,  mais  ce  n'cll:  pasde  bonnenouiiiture,  ccncfontqucdes  mau- 
uaifes  humeurs  «Se  contraires,de  la  troilîcmc  concodion,quilc  vont  rendre  à  la 
peau  &  la  boniHiK-nt,  mais  ic  diiay  ci-npres  ce  qu'il  faut  faire  pour  i'amaigiif- 
femcnr. 

Cela  étant  pesé  ,  on  voit  que  l'on  ne  peut  pas  naturellement  reduiie  Ja  cuif- 
Te  :  tour  ce  que  Ton  peur  f..iic  eft  defortiti  r  par  bons  remèdes,    autant  qu'il 
cdpolTible  ;  lacuilTcc^  hiambe  :  mais  voici  ce  qu'il  faut  remarquer  en  cette 
cure  I.  Le  malade  doit  s'abllenir  de  toutes  viandes  humides  S<.  froides  qui  en- 
gendrent la  pituir:\cuirant  toutes  fupcrflui'ésjil  doit  manger  des  viandes  de  bon- 
ne nourriture-,!. fqucUcs  on  mêlera  auec  ce  qui  peutfortiticr  les  parties  nerueii- 
fcSjCommc  font  le  rormaiin  ,  fauge  ,   maiorainc  ,  écorces  de  citron  ,    oran- 
ges &C.  on  fera  auec  ces  he;bcs  vne  décoction, y  âiourant  vn  peu  de  miel,  auec 
i-qutlieil  trempera  foa  vin,  ou  bien  il  fera  tremper  de  ces  herbes  en  de  la  biè- 
re pour  Ton  boire  :  2.  il  ne  faut  point  m.oleftcrla  !?.mbc  par  des  extenhons  ni 
par  des choks acres:  il  faut  plucot  lafoitiher ,  ce  que  l'on  fera ,  non  auec  deé 
choies  cmoUiintiS ,  m<u*i  plutôt  auec  dv"s  adft'.  irgcntes  :  il  eft  aisé  à  voir  par  \ï 
,quc  ces  hu> les  taiit  recommandées    Lumbricomm  .,    j^nethinum  ^  Camomill 
'llliûY.' alb.  axnr.gi&TAxi^  Vulpîs  &c.  ne  font  point conuenables au  mal  ,  quo) 
.'cjuc  les  vers  de  terre ayenr  vne  propriété  finguliere  en  telle  forte  d'incommodi- 
l'\h  :    3.  comir.e  il  s'engendre  beaucoup  de  pituite, à  caufc  de  la  vie  fedentaire  & 
•  _  dcf-.ut  d'exercice,  qui  fe  vaiettcr  fur  la  partie,  comme  ccanc  la  fins  foible,-   il 
raiitfouuent  purger  le  corps  mais  doucement  j  que 'fi  le  vomiilèment  furuieni 
îlne  peut  être  que  bon  :  le  corps  ayant  été  prépaie  par  vne  bonne  dicte  & 
par  purgations ,  il  faut  faire  vn  fachet  de  telle  grandeur  qu'il -puilfe  couurii 

tOUK 


des  Fradures  Se  Luxations.  559 

toute  la  cuilfe  aucc  les  herbes  fuiuantesj'cmpliirâat  de  rcpaiiFcur  d'vn  pouce  & 
l'eutrepiquaiK,  '^.foLô'  flor.  béton,  rofmar.  falnU  t  primula,  ver,  lauendula, 
origani  y  abfynth.  an.  m.),  rofmr.  gran.  iuniper.  mufcl  cjuerc.  an.  m.  t\.f€m.amfi 
^  i\.  inciàantwr  omnia  groffo  modo  ,    adde  Jaii's  7/î.  Ç).  ter  vel  ^itater  bul/iat,  co- 
t^natar  in  daaùus  men/hrts  a^ii£  t  caliJè  tmpcnamr  :    Jl  peut  feruii:  trois  ou  qua- 
cic  iours  :  ayant  fait  cette  fjmcntan'on  fur  la  caiirc  rr.atiii  îk  foir ,  il  la  faut 
oindre  co.r  me  aufli  la  iambj  ôc  l'os  facrum  auec  (uc  ds  vers  ,  la  fiottant  i'j(- 
qu'àce  qu'il  foit  imbu  :  on  prépare  ainii  ce  lue  ,  ^.  craffijjîmorum  lumbricd' 
rttm  m.  i\.  vel  iVj.  fngulisfordes  cxcahantur  &  exprlrnantur  dtgitis y  (nonenim 
vino  abUendi  )  conctdantur  mhmtijfnr/e  ,  poslea  miiciamur  cyatho  fianneo  vel  ar- 
genteoy  affAndantur  aqH&jior.  UHe;-duU.& baccur.iHniper.  (  fine  vho  diJlUlentur ) 
an.  ^  li).  faits  ^  j.  cyathns  obinretur  vefiiâ  humecÎMa  ne  ejjHippiam  expiret  >    dein 
a<jUA  imponatur  &  co^Hatnr  t^uatuor  '■oel  «^nhique  horas  :  refngerato  cyatho  vefica 
atiferatur  (^  fuccus  per  pannurn  crajjnm  expnmatur.  indaturcjiie  viiro  aioufll  orifi- 
fi)  ,  addenda  altifuid  ol.  amygd.  d.  fine  lurnbricorHm  .*    Il  fe   ronferue  ainli 
prépare  Telpace  de  pluiî^'urs  iouis  :  il  Fait  aulîi  d-  s  mcru:illes  pour  les  membres 
icxtenucs,  il  fortifie  les  parties  ncrueufes  3c  ouure les  obllrudions  àzs  venes  & 
^artères  :  toute  la  cuilïè  &  la  iimbc ayant ctc  bi.n  oi.itc  auec  ce  fuc  ,  il  faut 
.mettre  l'emplaftre  fuiuant  fur  vue  peau  bi:n  délice  &  l'appliquer  fur  la  cuilfe: 
.en  lieu  de  fuc  de  vers  on  peut  fc  feruir  d'eaux  de  Betoine  ,  fauge  ,  prim.  verts, 
Jauandc,  graine  de  genevre  dillillces  fans  ym^  car  i'ay  expérimente  en  moy-mé- 
I    itne  que  le  vin  nuit  aux  parties  nciueufes  tant  en  dedans  que  dehors:  il  faut  fai- 
!     re aitîli  l'cmplatre  :  2£.  Empl.  diapalm.  ^  iv,  cerx  nottx  ^  /j.  G.  Elemi ,  Tacama- 
hac,  an.  l\.maftic.  Qlibaniy  an.'^x.  luwbrlc.  terr.  fitbtUiJ]'.  pulnerifàt.  |  î  &.  pulu. 
rofar.  rub.  rnytill.  bahwjl.  yttx  ariheticdi ,  fior.  Hyper,  an.  5  /j.  dijjôltte  gummata 
.lent'ijfirnotgneinf.cji.ohilHmbric.percolentHrperlinteHm  poflea  rnifc:antnr  omiia 
cum  ernpLiflro  /lipradido  ,  &  cera  It^nefaBa  ,  fiât  mafia ,  addendo  nonnUnl  olei 
gran.tHniperi  cfrjpka  :  l!  pourra  auflî  le  ieruirvtilcment  d'vn  bain  fait  aucc  les 
herbes  du  lach.t,  y  âiourant  vn  peu  de  ici  &  d'alun,  lauant  toute  la  cuilîè  auec 
iceluy  ou  même  les  deux  :  il  le  rcpofera  vue  heure  dans  lict  après  le  bain,,  (c 
failant  frotter  auccle  lue  &  mettre  l'cmplàtre  par  après  ;  il  fe  doit  tenir  en  re- 
pos tandis  qn'il  Icra  au  baia  Ôc  qu'on  (e  Icruira  du  favjhet  de  peur  d'empêcher  la 
nature:  ques'il  peut  commencer  à  marcher,  il  faut  faire  le  foulier  vu  peu  plus . 
haut  &  à  proportion  de  ce  que  la  cuilfe  dt  phis  couirc,  de  peur  que  le  poids  du 
-  corps  ne  le  icttc  plus  (ur  la  partie  incommodée  que  fur  celle  qui  le  -porte  bien.' 
i'en  ay  guéri  grâces  à  Dieu  pluiieurs  par  ce  moyen  qui  ont  peut  marché  fans 
s'appuytr, 

Enfin  vous  defucs  de  fçauoir  mon  opinion  touchant  la  cauterifuion  de  U 

7  cuilfe  de  laquelle  parle  Hipp.  6.  aph.  60.  le  répons  qu'elle n'eft  pas  à  reiettcr> 

au  contraire  qu'il  enfant  faire  vn  grand  état ,  en  ayant  remarque  de  très  heu- 

icuxTucccs  es  maux  de  cuilfcs  :  mais  Hippoceate  ne  parle  pas  en  cet  endroit 

Vu    i 


340  Liure  Qu_atricme  • 

des  vcficatoires  ni  de  l'Ingftion  /aice  aucc  le  lin  crud ,  mais  de  celle  qui  le  fait 
auec  le  fer  chaud,  lequel  doit  j-^cnetrer  ii.if4U  a  la  ioiutu.e  Je  la  ciiille ,  pour  y 
confumei  cette  humidité  baucufe  qui  y  ell:amMice  à  l'entour,  mais  il  ell  mal- 
aii.c  d'emplojet  ce  remède  en  votre  malade  &cc.  ObftrnAilon  dernière  de  la 
CentHr.  ^. 


OBSERVATION      XXX  I.V. 

De  fexte7ifion  des  membres  dijloqnés  faite  mal  à  propos. 

C"^  'Eft  auec  vn  iulle  fuiet  que  Celfus  &  des  autres  aducrtilîènt  que  les  iliflcs 
V  Citions  doiuenr  et- e  remiiesauant  que rii.flammation  y  vienne  :  que  fi 
elle  y  eftdtia ,  qu'il  ne  f::ur  rien  faiieni-rrajalfer  le  membre  iufqu'à-  ce  qu'elle 
air  cefsc;  ce.  x  qui  font  aurverreiit,atti:ent  de  gtands  accidents  &  quelquefois 
la  mort,  comme  les  exemples  fuiuants  en  font  foy. 

L'an  157e.  vne  ieune  fill-  de  Mailhe  Amhoine  le  Barbier  à  Nouis  .s'cntordit 
5v'  fo-i<^  l^g'  ren  eut  le  pic  en  marchant,  neantmoins  fans  diflocatiou ,  auffi  les 
prerjiets  iours  le  moluierrent  en  fut'-il  empêché  ,  car  elle  pouuoit  marcher 
laj^s beaucoup  de  difficulté ,  mais  ayant  méprisé  le  mal ,  la  douleur  augmenta 
quvl'.;'-'siours  après  ,  &  incontinent  le  pic  enfla  auec  inflammation  :  mais 
Ccmtre  lor  pcre  écoit  mort  5  h. merc  demanda  vn  Charlatan  ,  lequel  ayant 
empoigne  le  pié,  ille  tîrapuifîammcntle  tournant  &  tordatit  de  côté  «Se  d'au- 
tre, puis  il  y  appliqua  du  bol  Arménien  ^  des  f.irincs  mêlées  auec  vn  blanc 
d'auF,  bandant  k-  tout  bien  feue:  ainli  la  don  leur  augmenta  à  caufe  de  cette  cx« 
tcnlion  &  contufîdn  ftire  mrd  à  propos>  6:  comme  le  corps  ctoit  impur  &  qu'il 
ne  h. purgea  point  après ropeutiop,  il  arriuavnc grande  dcfluxion  aucc  d'au- 
tres accidents  :  qnclq'.îe  temps  après  ils  demandèrent  Maiftrc  lean  Dumgcns 
Chirurgien  trcs-expert  ,  lequel  trouua  le  pié  fort  tnflûmmmé  Renflé,  auec 
grande  douleur,  fièvre  continue ,  v.  illcs  <:s:  inquiétudes.-  il  ponrueut  aux  acci- 
dents autant  qu'il  peur.-  enfin  IV-bf:  ci  étant  rompu  vers  la  ioiniure ,  il  en  fortit 
quantité  d'humeur  rcrcufe&  acre  auec  des  morceaux  de  ligaments  pourris  & 
quelques  r  llclets  caries;  Les  accidents  cellèrent,Hîaisapres  auoir  foufifert  long-. 
temps  de  grr.ndes  doaleurs,méme  aucc  danger  delà  vie,  de  forte  que  fix  mois 
après  elle  commciîça  à  march.i  fur  les  deux  potences  &  finalement  aucc  le  bâ- 
ton, mais  elle  fut  boitcufc  toute  fa  vie. 

l'ay  veu  vn  fcmblablecas  à  Mets  en  vn  ieune  Allemand,  auquel  ie  fus  con- 
traint de  tirer  quelques:oflclcts  du  pic  :  enfin  ic  le  remis  après  auoir  pris  beau- 
coup de  pêne.  Obf.  50.  Cent.  z._ 

OBSER-: 


des  Fradurcs  &  Luxations,  341 

\'  '  '  ')    ■     :         '    ,, 

O  B  s  E  R  V  A  T  I  O  N    X  X  X  V. 

Sur  le  même  fmel^ . 

I*Ay  connu  vne  ieunc  femme  à  Vandal  village  dans  le  Duché  de  Iulicrs,laquel- 
Ic  (c  de  fendant  contre  vn  pendard  qui  la  vouloir  forccrjs'cntorditle  gcnoml: 
y  étant  furucnupeu  à  peu  de  la  douleur  aucc  inflammation:  vn  Charlatan  Iny 
étendit  le  gcnouïl  &  le  tourna  de  côté  t<.  d'autie  ,  ce  qui  luy  attira  de  très 
grands  accidents  aucc  danger  de  la  vie  :  neantmoias  elle  fe  remit ,  mais  elle  n'a 
iamais  peu  marcher  que  fur  des  potences:0^/5o-C^w/.2. 


OBSERVATION     XXXVI. 
Sur  le  memefuietî. 

MAdamc  Eue  Vignon  de  Paycrne  âgée  de  yo.ans  ,  s'entordit  6c  foula  légè- 
rement le  gcnouïl  tombant  en  terre  il  y  a  12.  ans,  fans  que  ncantmoins  il 
fut  empêche  en  la  fonction,  ainfi  continuant  de  faire  (es  attires  par  la  maifon 
6c  d'aller  aux  champs,  elle  affoiblit  fort  cette  partie  &  la  douleur  augmenta,  à 
caufe  dcqi'oy  elle  recourut  au  fecouis  d' vne  femme  ,  laquelle  ayant  fort  étendu 
le  genou'il  «Î5C  l'ayant  tourne  de  coté  ^  d'autre  &  mis  deflus  vn  emplâtre ^dc- 
pois ,  il  y  vînt  premièrement  vne  extrême  douleur  ,  puis  après  inflammation,  - 
fiéure  continue  &:  autres  accidents  ,  de  forte  que  l'on  crut  que  c'en  êtoit  fait: 
enfin  l  abicés  s'crant  rompu  au  dclîbusde  h  Rotule  il  en  (ortit  quelques  icurs 
dînant  quantité  d'icheurs  ou  fcrofitc  ,  &  enfin  de  k matière  bien  cuite  &  dige- 
rce  ,  après  quoy  la  douleur  &  les  autres  accidents  s'arrêtèrent  peu  à  peu,  mais 
Tvlccrc  dcmcuia  ouucrt  pcifsé  14. mois,  le  pus  fortant  fi  abondamment  que  le 
rcftc  du  corps  ne  fcm.bloit  qu'vn  fcelcte  :  neantmoins  elle  guérit,  mais  elle  ne 
put  iamais  remuer  yn  pic  fans  potences  :  ie  l'ay  veu  pi  ufieurs  années  en  ce  mi- 
fcrable  état  &  méras  ic  l'ay  remis  l'année  ptcccdente  d*vne  fra<ftnre  de  cette 
iambe:ie  20.  Décembre  1 607.  îe  regarday  fon  genouïl  aaec  Monfieur  Michel 
Doringius  Dod;curMedecin,ou  nous  trounâmes  ceci  de  remarquable.  Le  gc- 
nouïl 3c  lacuillt  ctoycnr  vn  peu  exténués,  mais  le  genouïl  ctoit  immobile  &  la 
iambe  s'ctgit  retiré  vf  t^  la  cuiiïè:  voici  ce  qui  étoit  le  plus  confidcrabîcjla  Re- 
cule êtoit  hors  de  fa  fituation  naturelle  &  auoit  ctc  tirée  en  haut  vers  lacuiiîc  â 
la  hauteur  de  quatre  doigts,  ce  qui  etoit  vn  figne  que  le  tendon  qui  la  b'c  «uec 
l'os  delà  iâmbe,étoic  ro»^c  êc  leparé  du  liîc  os:il  n'v  auoic  aucune  tumeur,  clic- 

V«    5 


j^r  Liure  Quatrième 

y  fentoir  neantmoins  de  la  douleur  quand  il  y  auoit  changement  de  temps, 
principalement  quand  l'air  ccoic  froid  ^  humide,  Ob/.^o.Cem.l. 


M  G 


OBSERVATION     XXXVI  î. 

Sur  le  mèmefiiïeB. 

EN  Kjoy.on  me  bailla  à  traiter  vu  Enfant  de  Monfieur  Nicolas  de  Watten- 
ville  Seigneur  de  Vuillars  prcs  de  Morat,aiiquel,vn  foc  Barbier  ccancfaoul, 
auoit  tellement  étendu  le  bras  gauche ,  à  caulc  de  ie  ne  fçay  quelle  enflure  qu'il 
auoit  au  poignet,  qu'il  furuint  vne  très  grande  douleur  aucc  inflammation  en 
tous  le  brasil'apofteme  s'êtant  rompue  en  deux  lieux  vers  le  poignet  àc  le  mé- 
tacarpe ,  i'entrçpris  la  cure  laquelle  i'acheuay  en  vn  mois,  fans  qu'il  foit;  rcftc 
aucun  empêchement  au  bras  en  prefencc  de  Monfieur  Michel  Doringius  Do- 
deur  Médecin  <Sc  d'Emanuel  Vrtilius  maître  aux  kïis-.Obfemation  f^o.Centur.i. 


OBSERVATION     XXXVIII. 

Sur  le  même  fuîeB. 

LE9.Nôuembre  1609. i'ay  veu  vne  fille  auec  Monfieur  André  Vueickius  D. 
Médecin  qui  me  fut  amenée  deGrandfon  à  Paycrne:  elle  s'ccoic  vn  peu  cn- 
torsles  pics  en  fautant  de  dclFus  vne  haye  llir  terre  laquelle  écoic  sèche  :  y  étant 
furucnu  douleur  &  inflammation  ,  on  s'addrcflaà  vn  Ch-ulatan  qui  étendit  fi 
fort  les  pies  &:  les  tourna  décote  &d'autre,que  ladouleur  èc  l'inflammation 
ayants  augmenté,  il  y  furuint  vn  abfcés  &  des  vlcercs  finueux  (  d'oii  il  fortoit 
quantité  de  fcroficés)  en  diuers  lieux  autour  des  ioinrurcs  des  pics  :  \\  douleur 
ctoit  fi  grande  <3c  fi  poignante  dans  les  iointures  qu'à  pêne  pouuoit'-elle  re- 
muer les  piés,encor  moins  marcher. 

Il  faut  donc  que  le  Chirurgien  foit  bien  aduisé  en  f.mblablcs  cas ,  principa- 
lement il  doit  regarder  de  prés  s'il  y  a  dillocation  ou  non, car  s'il  n  y  en  a  point, 
ï  quoy  bon  faire  extcnfion  ?  Sinon  que  l'on  vueille  mettre  le  malade  en  danger: 
que  s'il  y  en  a,il  faut  promptemcnt  faire  rcdudIon:fi  le  Chirurgien  n'a  pas  été 
demandé  dés  le  commencement,  5c  qu'il  y  ait  dcja  enflure  en  In  partie  aucc  in- 
flammation ,  il  faut  ordonner  vne  fiçon  de  viure  fobre  &  purger  le  corps  des 
mauuaifes  humeurs,faigncr  s'il  y  a  ncccfiitc  &:  qu'iln'y  ait  point  d'empécherr^ét, 
mettant  des  repercuflifs  fur  la  partie  ,  iufqu'a  ce  que  la  viokncc  de  l'inflamma- 
tion foit  vn  ppu  appaiséc  ,  alors  il  faut  cflàycr  de  faire  l'opération ,  mais  allant 
«louQement  en  befognc,&:c.0^yêr«.9o.Cr«/.z. 

LIVRE 


LIVRE  CINQVIEME 

CONTENANT 

DES    OPERATIONS    DE 


C  H  I  R  V  R  G  1  E. 


OBSERVATION      PREMIERE. 
De  l'oHuerture  des  wnes  lugulaires. 

L  y  a  peu  de  Mcdccins,  que  ic  (a.he ,  qui  approuucnt 
l'ouLienuic  de  ces  vênes,  ce  qui  a  fait  dire  à  Leonaid 
Borallus  qu'elle  n'a  iamais  cré  en  vfage  ou  qu'on  la 
abandonné  cnticicmenr,  &  Pierre  de  Maifanccdîr  que 
quoy  qu'il  aie  atteior  les  ço.anSjqu'il  ne  les  a  iamais  oo- 
ucrc ,  ni  ouy  dire  qu'aucun  les  air  ouuert ,  peut  erre  à 
caufcde  ce  paifagc  de  Galion  ou  ilJic  que  les  vénes  iu- 
gulairesA  les  arreres  rarotides  ne  doiucnr  pas  erre  cou- 
pées à  WQi  non  plus  que  les  nerfs,car  l'anima]  peiiinir  inronrinenr  par  vnc  dc- 
mcrusée  perte  de  f.mg  :  mais  il  faut  remarquer  que  Galicn  ne  parle  pas  îcy  de 
l'ouuerrure  de  ces  vç.v,cs  qui  fe  fait  au  fuieéi  Je  quelque  maladie  .  mais  de  1  en- 
tière r(.<5tion  d  icellesjcaiTon  intention  eit  de  faire  voir  q-.-ela  voix  ne  (c  fait  pas 
par  le  moyen  de  ces  vênes  ou  artères  mai^  <^cs  neifs  :  ie  'ic-us  donc  auec  Horace 
Augcnius  ,  que  plusieurs  appréhendent  mal  à  propos  de  toucher  à  ces  vency^ 
parce  que  quand  la  feâ:ion  eft  bien  faite  ic  n'ay  pas  remarque  qu'il  en  foit  ia- 
mais arriuc  aucun  mal,au  contraire  c'eft  vn  excellent  rtmede  es  inflammations 
des  yeux,des  membranes  du  cerueau  &  autres  incommodités  du  cerucau:mais 
Augcnius  aducrtic  à  boq  droit  que  cette  fcdion  doit  être  faite  à  propos,car  elle 


344  Liure  Cinquième 

ne  relllTira  pas  fi  le  corps  n'a  cftc  aupbranatu  dcdhargc  des  mauuaîles  humeurs, 
car  le  lang  ôc  les  humeurs  mcMitcront  en  haut  du  teftc  du  corps  à  caufe  de  la 
ligature  5c  de  la  fcétionlefqucllcs  ont  la  vertu  d'attireral  faut  donc,  s'il  y  avne 
grande  pléthore,  après  auoir  purge,  ouurir  premièrement  la  vêne  du  bras  ,  puis 
la  iugulairc,  par  ce  moyen  on  vuide  le  fang  c|ui  cft  amafsc  autour  da  membra» 
ncs  du  cerueau  des  yeux  &  du  gofier:  Oèf.i^.Ccm.V. 

L'ouuerturc  de  ces  vcnes  ell  dangereufe  &  doit  être  faite  par  va  Chirurgien 
entendu  :  Au  traité  des  brûlures chap.i^. 


OBSERVATION     II. 
De  l'application  de  la  pierre  caujli^ue. 

]E  vous  cnuoyc  quelques  vncs  de  mes  pierres  cauftiques  ,  il  y  en  a  de  grandes 
ti\:  de  petites,  defquellcs  vous  pourrcs  vous  feruir  fclon  la  nature  du  (uic(5t,ar- 
fauoir  félon  que  la  peau  fera  ou  dure  ou  molle  :  ie  les  y  lailïc  cinq  ou  fix,voitc 
^quelquefois  douze  heures  :  mais  il  faut  bien  prendre  garde  qu'il  ne  fe  face  vue 
cfcharre  trop  grande  ôc  profonde ,  car  non  feulement  cela  donne  de  la  fachetic 
èc  delà  douleur, mais  mêmes  la  fontanelle  ne  feic  quafi  de  rien  ,  parce  que  les 
vêncs  capillaires  font  rongées  par  lefquelles  la  nature  vuide  les  mauuaifes  hu- 
meurs.'quclquefois  auflî  les  parties  ncrueufcs  font  offcncces  par  le  cauftic  s'il  a 
fait  vne  profonde  efcharrc,  ce  qui  fait  vue  grande  &c  continuelle  douleur  auec 
«i'autres  fâcheux  accidents  :  que  s'il  elle  a  rongé  quelque  vêne  ou  artere,il  peut 
furuenir  vne  grande  6<:  dangereufe  perte  defang,comme  il  ariiua  il  y  a  quel- 
ques années  à  vn  Gentilhomme  de  Laufanne  ,  auquel  vn  Aporhiquaire  ayant 
appliqué  vn  cauftic  au  bras  gauche  Se  ayant  ôté  l'efcharie  qui  êtoit  grande  Sc 
profonde,  ilarriua  rnefort  grande  &:  dangereufe  hsmorrhagie  ,  carilauoit 
ronge  la  vcne  cephalique:  Se  quoy  que  iefulfe  promptement  accouru  pour  le 
fccourir ,  fi  eft  ce  qu'il  auoit  dêia  perdu  des  Hures  entières  de  fing,car  il  fortoir 
auec  vncfigraade  impetuofitéque  chacun  auoit  pcur&  l'Apothiquaire  même: 
mais  ayant  mis  deiTus  de  ma  poudre  à  arrêter  le  fang  mêlée  auec  vn  blanc 
d*ccuf,mife  fur  da  ctoupcs,rhachnorrhagie  fut  arrêtée  &  l'vlcere  fe  ferma  peu  à 
peu  :  vous  voyés  par  la  comme  il  faut  être  circonfped  en  l'application  de  la 
pierre  cauftique  prenant  garde  qu  elle  ne  s'élargilfe  trop  en  fondant ,  ce  que 
vouscmpcchercsparle  moyen  de  l'inftrumcnt  que  ic  vous  enuoyay  il  y  a  deux 
mhOkfyi.Centfir./^' 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  545 


LÎ'l'ti  z: 


OBSERVATION  III. 

D*  THAlheureux  fuccés  de  C application  éCvne  pierre  CMtjiùpie 

au  bras. 

IL  y  a  trois  ou  quatre  ans  que  ie  fus  demande  pour  aller  voir  au  Bourg  de 
Moyrcm  François  Proft  âge  d'cnuiron  foixance  ans,  quictoic  trauaiilcdc 
fort  longtemps  d'vnc  grande  doulcu:  de  teftc  :  après  les  remèdes  gencraur 
i'appliquay  aufli  le  Seton  &  le  Cautère  potentiel  :  mais  deux  ou  trois  iours 
après  l'application  du  Cautère ,  il  fe  fit  peu  à  peu  vne  Tumeur  œdcmatcufc 
au  bras,  laquelle  accrut  infenfiblemcntjde  forte  que  tout  le  bras  enfla  des  l'é- 
paule iufqu'au  bout  des  doigts  comme  les  iambes  dVn  hydropique  :  ic  fus 
donc  derechef  appelé  ,  &  de  crainte  que  cette  humidité  fuperflue  n'étouffa 
la  chaleur  naturelle  ,  ie  le  fcaiifîay  :  il  en  fortit  beaucoup  d'eau  claire  &  com- 
me Icxiuc  ,  fcmblable  à  celle  qui  iort  des  Vlceres  des  hydropiques  :  ic  ne  dis 
mot  des  remèdes  dcfquels  ie  me  fuis  ferui  pour  diflîper  cet  humeur  &  pour 
•empêcher  la  gangrené  pour  cuirer  prolixité  :  par  ce  moyen  le  bras  dcfenfla 
jentierement  ,  mais  la  tumeur  reuint  douze  iours  après  qui  fut  derechef  diflî- 
péc  parles  mêmes  remèdes  qiioy  que  feulement  en  partie  ,  ce  qui  l'obligea 
de  s'addrellèrà  pluficurs  habiles  Médecins,  qui  furent  tous  de  cêtâuisquc  cet 
accident  proucnoir  pour  auoir  mis  le  Cautère  fur  vn  nerf,  difants  qu'iccluy 
ayant  été  rongé  &  coupé,reau  en  foitoit  ne  plus  ne  moins  qu'elle  fait  d'va 
farmen:  taillé  :  mais  ceux  qui  font  verses  en  l'Anatomie  trouueront  cette 
raifonbien  féble,  car  les  nerfs  ont  vne  fitisation  trop  profonde  pour  pon- 
uoir  être  attrapés  par  le  Cautère  :  en  après  il  auoitcté  applique  non  fur  le 
tendon  du  mulcle  Dcltoide,  mais  bien  plus  haut:  trois  mois  après  le  bras  étant 
venu  auffi  gros  que  la  iambe  d'vn  hydropique  ,  il  mourut  d'vne  fiéure  len- 
te ,  il  n'y  auoit  pourtant  point  de  gangrené  ni  rien  de  liuidc  »  comme  auâi 
point  de  douleur  linon  vne  pefanteur  :  mais  pour  dire  la  vérité,  fi  ce  n'auoit 
pas  été  vn  homme  qui  approchoit  les  70.  ans ,  i'aurois  cru  que  le  Cautère  au- 
roit  écé  caufe  de  cet  accident ,  mais  quand  la  nature  commence  à  décliner,  ii 
faut  payer  le  tribut  d'vnc  façon  ou  d'vn  xnKiz'.Lettre  AiMmirc  Çlanàç  Lbapm^ 
pbfcrHation  75.  Cent.  ÎV. 


34^  Liurc  Cinquiéiîîc 


OBSERVATION     IV. 

Comme  il  faut  faire  le  Seion  À  froid. 


1 


N'Y  ayant  aucune  Opciarion  en  tonte  la  Chirurgie  qui  cflîaye  plus  vn  ma- 
lade que  le  Cautère  adacljduqucl  fc  font  fcruis  les  Chirurgiens  iufqucs  à 
prcfentpour  faire  le  Sttoujic  me  fuis  crudicàxrouuer  quelque  façon  plus  com- 
mode. Voici  celle  de  laquelle  ic  me  fuis  ferui  heureufement  en  plulîeurs  per- 
fonnes  de  toute  forte  de  condinon,à  Cologne  jLaufannc ,  Paycrne  &  ailleurs: 
ayant  fufïifam ment  préparé  le  malade  tant  par  bonne  façon  de  yiure  que  par 
purgations  &  faigncc  ,  lî  la  maladie  le  requiert  &  l'âge  le  permer,ie  tiens  ces 
Tenailles  toutes  prcftcs ,  figure  première  de  la  table  IX. 

Aueciccllesi'empoîgnc  la  peau  f  ayant  auparauant  place  le  malade  fur  vn 
bas  (îfge  &  fait  vne  ligne  auec  de  l'encre  en  longueur  da  col  précisément  au 
milieujfic  deux  points  fur  les  endroits  qu'il  faut  perccr)laquelleic  tire  auec  les 
doigts  pour  la  fcparerd'auec  lesmufclcSjentre  la  féconde  &  troificme,ou  entre 
la  troificme  &  quatrième  vertèbres  du  col,  ie  les  fais  tenir  ferme  par  vn  feruî- 
teur,en  forte  que  les  points  marques  répondent  aux  trous  des  Tenailles ,  Tigurt: 
féconde  de  U  table  IX. 

Puis  ie  me  mets  dcuant  le  malade  ,  mes  pics  prés  des  iiens,fai(ant  appuyer  fâ. 
Tefle  fur  mon  ventre,  afin  que  ie  la  puilfc  tenir  ferme:&  prenant  les  Tenailles 
auec  la  main  gauche  ,  ie  fjis  palfer  auec  la  droitte  vn  petit  couteau  d'argent, 
froid,  (  en  lieu  de  fer  chaud  )  pointue  trcnchant  des  deux  côtés, fcmbhble  à 
!a  Lancette  de  laquelle  on  ouurc  les  vénfs ,  à  trauers  la  peau  que  i'ay  empoi- 
gné auec  les  Tenailles  j  incontinent  après  i'y  mets  vne  aiguille  qui  tire  après- 
foy  vn  cordon  rond  de  foyc  blanche  ou  rouge  ,  de  telle  grolfcur  qu'il  remplilîè 
l'ouuer'rurc,  de  quatre  paumes  de  longueur,  afin  qu'il  puilïè  faire  le  tour  du  col 
&  décendre  fur  la  poitrine ,  Voici  la  figure  du  cauteau  »?c  de  l'aiguille  ,  Figure 
trois. de  la  table  IX* 

Cela  «tant  fait  ic  mets  au  premier  appareil  vn  linge  double  trempe  en  vn 
blanc  d'œuf  bien  bntu  ,  carilappaifc  la  douleur  &  arrerc  le  fang  s'il  coule: 
au  fecondji'y  mets  le  digcftih  luiunnr.  2/i.  Terebinth.lotA  in  aqua  béton,  ^ij.  cera 
rJ0)i£^  G.gumrni elem,^\.oI.rofac.& am)gd.  d.an.l  (5.  difjoluatur gummi cum  oleis, 
adâitis  terebinth.&  centf  vngu.addendo  vitellum  outy  croci  9  6,  le  m'en  /ers  iu^- 
ques  au  fixicmc  iour  ,  au  bout  defqueU  ie  commence  à  tirer  peu  à  peu  le  cor- 
don de  droitte  à  gauche,  ou  de  gauche  à  droitte ,  Iufqucs  à  ce  que  l'endroit  qui 
«toit  mouillé  de  fan2e,foit  hors  de  la  playe  afin  de  k  pouuoir  nettoyer,  l'y  mets . 

ûpicj^ 


des  Opérations  de  Chirurgie.  34  ; 

aptes  vnc  feuille  de  lierre  enuclopce  d'vn  linge  délie  d.ux  fois  le  iour,  L*s  rete- 
nant auec  de  bonnes  bandcs,continuant  ainfi  iufqu'a  ce  tjue  le  malade  le  vucïlk 
laiilèr  fermer  ,  ôtanc  le  cordon  &  mettant  dcllus  du  Cttatum  IHixnicinum  oa 
Diapalma. 

Mais  comme  on  pourra  trouuer  à  redire  à  cette  inuention,  ie  veux  faire  voie 
par  raifons  qu'elle  eft  bonne  (  après  auoii  auparauant  montré  h  v-crtu  du  fer 
chaud)  en  après  fi  elle  cft  conucnablc  à  nôtre  dclFcin:  La  première,  qualité  d'i- 
ccluy  cft  la  dcficcatiue,  qui  vient  de  la  chaleur  &c  séchcrellc  que  le  feu  com- 
munique au  fer,  &  la  féconde,  qui  dépend  de  cette  premiere,e{t  la  corrobora- 
non  de  la  partie  qu'il  touche ,  l'humidité  fuperflue  étant  coniumée  par  le  fer 
chaud  ;  car  comme  le  trop  d'humidité  ramollit ,  relâche,  engourdit  &  rend  les 
parties  mai  propres  à  faire  leurs  fondliotis ,  ainfi  vne  fecherelïè  médiocre  peut 
f:«ire  le  cont'rairc  :  voyons  maiatenant  Ci  ces  qualités  conuiennent  à  nôtre  in- 
rention  :  puis  que  l'on  met  le  Setonlur  vne  partie  faine  pourdcriucr  Se  détour- 
ner quelque  humeur,il  n'y  a  point  de  neceflitéde  la  dcfecher,  car  fii'ymctsic 
Scton  pour  y  attirer  les  humeur  de  quelque  partie  affligée ,  non  feulement  il 
ne  faut  pas  la  defcchcr,au  contraire  il  la  faut  humecter  ,  car  c'eft  vne  chofe  af- 
furéc  que  les  choies  sèches  n'attirent  point  fi  elles  ne  font  humeâ:ces  aupaïa- 
uant:en  outrc,comme  laséchrrcfîè  âcciientairc  de  nos  corps  reiîèrte  &  com- 
prime les  parties ,  auifi  l'humidité  les  rend  foibles  3c  propres  ï  reÇeuoir  :  l'au- 
crc  vtilité  du  fer  chaud  ,  eft  qu'il  fortifie  la  pai tic  fiir  laquelle  on  l'af'plique, 
or  cette  corroboratioii  cft  mal  Conuenablc  à  la  partie  fur  laquelle  nous  vou- 
lons attirer  les  humaurs ,  car  ayant  été  fortifiée  par  le  fer  chaud ,  tant  s'en  faut 
qu'elle  les  y  puillc  attirer ,  qu'au  contraire  elle  rcnuoyera  ce  qui  y  décendoit. 
Il  faut  recueillir  de  la  qu'en  toutes  defiuxions  i  catharres,  débilité  de  veuc  5C 
des  parties  de  la  face,  il  ne  faut  ni  desécher  ni  fortifier  le  lieu  ou  on  veut  faire  le 
Sccoii  ou  le  Cautère,  alfauoîr  la  nuque  &  les  bras,  mais  au  contraire  qu'il  fauc 
fortifier  la  partie  fcble  &  affcblir  celle  fur  laquelle  on  Teut  faire  décendre  les 
humeurs  :  or  le  Seton  fait  à  ma  mode  ne  fait  rien  de  fcmblablc ,  car  il  ne  desé- 
chc  pointjveu  qu'il  n'y  a  point  de  chaleur  :   &  ne  fortifie  point,  au  contraire  il 
aftcblit  la  partie  ciifaifant  diuifionde  continuité  :  enfin  ie  nef^aurois  approu- 
uer  l<rfer  chaud  à  caufe  de  la  frayeur  qu'il  donne  au  malade  :  ce  grand  Méde- 
cin Renier  Solcnandcr  cft  auflt  de  mon  auis  :  car  ie  vous  prie,  combien  de 
perfonncs  deuiennent  malades  feulement  d'imagination  &  tombent  cd  Heure» 
défaillance,  epilepfic,  apoplexie,  &c.  de  forte  qu'il  s'en  trouucra  pluficurs  qui 
aimeront  mieux  aller  à  la  guerre  que  d'endurer  le  fer  chaud»  or  icy  il  n'y  a  p.u 
plus  de  douleur  qu'en  la  faignécfinon  lors  que  la  digeftion  fe  fait,mais  qu'cft- 
#e  cela  auprès  delà  douleur  que  fait  le  fer  chaud  ?   Obf.^o,CefU*\. 

Xz    t 


348  Liurc  Cinquième 


OBSERVATION     V. 
Du  moyen  d'ouHrîr  vn  Seton  fermé, 

1E  vous  diray  par  auancc  qu'il  cft  impofliblf  aouuiir  les  olaycs  du  Seton  fer- 
mées &  retirées,  à  caufe  que  la  peau  a  ctc  rongée,rmon  en  l'empoignant  de- 
rechef auec  les  tenailles  &:  la  perçant  aiiec  l'aiguille  ,  mais  quand  le  Seton  eft 
^nt  fois  cicatrise  3c  dcuenuCallcus,de  forte  qu'il  ne  vuide  plus  rié,la  façon  cô- 
mune  cft  de  ronger  cette  calloluc  aucc  le  cordon  oint  de  quelque  onguent 
corrofif  :  mais  ayant  remarque  que  par  ce  moyen  on  ne  ronge  pas  tant  la  peau 
que  le  fond  du  trou  &:  qti'ainfi  le  Seton  cft  de  nul  vfagcji'ay  inuenic  cet  inltru- 
ment  duquel  la  figure  eft  reprcfentée  ci  delfus  ,  par  le  moyen  d'iccluy  i'ay  fou- 
ucnt  retarde  la  confolidation  du  Seton  pour  quelques  années  :  c'cft  vn  tuyaa 
«i'argcnt  de  trois  pouces  de  longueur ,  vn  peu  couib.-,  afia  qu'il  fe  puilK;  mieux 
aiufter  aucol  <Scdc  la  grofteur  du  Scton:il  cft  ouueit  en  dedans  .3c  finit  vn  peu  en 
pointc,il  y  a  vn  petit  trou  en  chaque  bout  par  lefquels  ie  fais  pallt-r  vn  filet  dou- 
ble ou  triple  lequel  eft  dedans  ce  tuyau  comme  la  moliellc  dans  l'os:  le  hlet  qui 
eft  deiUins  eft  gros ,  mais  en  chaque  bout  il  eft  délié  pour  pouuoir  palFc):  par  les 
trousjcomme  on  le  verra  en  la  figure  :  Q^^nd  donc  on  veut  renouujiler  le  Sc- 
ion,il  faut  diftbudre  vnpeu  démon  caufticauec  quelques  gouttes  d'eau  de  pla- 
tin  ou  de  rofes  en  forme  de  linimcnt  ,  &  que  ce  filet  qui  eft  dans  le  tuyau, 
comme  la  moLicUc  en  l'oSjen  foit  imbu  :    en  après  il  faut  attacher  la  fiftule  au 
Setonjmais  en  telle  forte  que  l'endroit  du  tuyau  qui  eft  ouuert  regarde  en  de- 
dans ,  alïàuoir  vers  l'cchinc  :   mais  la  partie  fermce,ou  le  dos  ,  doit  regarder  la. 
peau:le  cauftic  étant  aiafi  mis ,  ce  qui  cft  au  dclFus  du  Seton  fe  rongera  fans  que 
la  peau  foitoff-ncce  :   il  f^ut  lailler  cet  inftrument  auec  le  cauftic  fix  ou  huic. 
heures  iufqu'à  ce  que  l'efcharc  foit  faite  ,  Se  en  le  retirant  il  faut  faire  palîèr  le 
cordon  de  foye  oùlt  de  digeftif  tant  que  l'efcare  vienne  à  tôber ,  le  renouuelanc 
toufiours  iulqu'ace  qu'elle  foitbas;maîs  de  peur  que  cet  inftrument  ne  forte  de 
fa  place ,  il  faut  attacher  le  filer  fous  le  menton  ,  que  fi(comme  il  m'eft  arriuc 
quelquefois yl'efchare  nefe  trouuepas  afscs  profonde  du  premier  coup,ilfaac 
y  remettre  du  C2L\Jiii\ç:Obf.i^i.Cent.\.Vo)e\^l(îFig.4f.Table  IX. 


5»- 


I 


OBSERVATION    VJ. 

D*vn  infirument propre  à  entretenir  vn  Seton  cuuert. 

E  vous  écriuis  dernièrement  comment  il  faut  ouurir  vn  Seton  qui  «'eft  bou- 
ché ,  mainten^tiç  vous  vc^x  décider  ie  moyen  de  l'entretenir  cnfon  état. 


des  Opérations  de  Chirurgie.  34» 

comme  ic  l'ay  expérimente  en  Madr.mc  Marie  à  Didpajh  femme  de  NobL  Si.' 
muclWnJcrlichScigncnr  de  Voib,  à  lauuellc  itfis  viiScîonà  la  Nuque  en  l'an 
iéi8.  lequel  elle  poica  quckj^u^s  années  Ôi  en  reçue  beaucoup.'  d^-  bjnchce,  mais 
croyant  être  guérie,  elle  le  laillafcrmcr  àlaperfuafion  de   queLjacs  imperti- 
nents, ôc  le  ficouutir  derechef  au  mois  de  Février  en  16^5.  or  l'Auromnc  pafic 
étant  venu  à  fe  cicatrifer  &  ne  coulant  plus  comme  de  coutume  ,  elle  fe  trouua 
bien  en  pcnc,  car  quoy  qa  elle  mit  deilus  va  Onguent  vn   peu  acre  pour  empê- 
cher la  cicatrice  ,  file  n'auança  ri..n  ;  outre  qu'elle  n'ofoit  pas  me  venir  trou- 
ucr  à  Berne  à  caufe  de  la  peltt:mais  au  mois  de  Mars  162.9.  ^^'^  ^^  "*  i^i"^  trouucr,- 
&  après  les  préparations  neceilaires  ie  le  renounelay  aucc  l'indramenr  décrie 
ci-delîlis  :  or  étant  en  pcnc  comme ie  pojriois  d'or'  en  là  empêcher  la  copfo- 
lidation,  i'ay  inuentc  cet  Inftrument  que  i'ay  fait  moy-méme>qui  luy  fert  i 
merueilleSjCar  il  empêche  au  moins  a  vn  côcc  qu'il  ne  fe  referme  vers  l'cchine, 
il  attire  les  humeurs  Ôc  fortifie  de  iour  en  iour  la  peau  :  C'efl  vn  bacon  de  bois 
de  lierre,  qui  n'cft  pas  long  mais  large,  vn  peu  coarbc,:ifin  qu'ils  fe  puiilc  àiafter 
au  Col, fa  longueur  eft  leprelentceci-dellous  :  la  partie  fuperieure  qui  regarde 
la  peau  marquée  A  A  que  i'appele  IcDos ,  efllarge6«:  vn   peu  ronde,  cgUc 
qui  luy  cftôposce  marquée  B  B  cft  faite  en  pointe  comme  vn  couteau  :  le  Dos 
donc  qui  tft  large  &c  à  demi  rond  n'otfcnfe  point  la  peau ,  mais  le  dedans  qui 
cft  trenchant  coupe  peu  à  peu  la  peau  ôc  fait  l'vlcerc  plus  profond  ,    ayant  mis 
du  filet  à  chaque  bout,  il  le  faut  faire  entrer  dans  l'vlcerc  en  lieu  du  Cordon, 
liant  le  filet  bien  ferre  fous  le  menton  de  peur  qu'il  ne  forte  hors  de  fa  place  :  on 
le  pourra  renouueler  tous  les  moisj  or  iele  fais  de  bois  de  lierre  plutôt  que  d'vn 
autre  ,    car  il  a  vne  vertu  particulière  d'attirer  l:-s  humcurs,commc  iz  l'expéri- 
mente tous  les  iours  es  fontanelles,  mettant  en  li:u  de  pois ,  des  boutons  de  ce 
bois  faits  au  tour  qui  font  très  commodes  ,  car  ils  attirent  puilîàmment  &  peu- 
ucntferuir  vu  mois  tout  entier.  ObfernAt  ^.Ceatttr.  i.. 


OBSERVATION    Vil. 

Qtie  le  Selon  en  /a  Nn^ue  eji  plus  propre  aux  enfants  ^ne. le  Camere. 

AYant  remarque  que  l'on  fait  en  la  nuque  des  enfants  des  -fontanelles  plu- 
tôt que  le  Scton,  principalement  en  la  première  &  féconde  vertèbre  ,  ce 
qui  leur  donne  beaucoup  d'incommodité,  i'ay  voulu  donner  mon^duislà  dcf- 
fus:  or  les  Praticiens  ont  accoutu-mc  de  les  ordonner  aux  enfants  plutôt  que  le 
Seton,.croyants  qu'elles  font  plus  commodes  &  qu'elles  font  moins  de  mal: 
^ais  moy  au  contraire  ie  fais  plus <l'état  du  Scton,  premièrement  parce  que 
les  enfants  étants  plus  adtifs  &  remuants,  le  p^is  vient  à  fortir  aisément  hors  de 
Jl  f.ontancUc,  ce  qui  cft  caufe  qu'elle  fe  ferme  aisément,  de  forte  qu'il  cft  bic» 


.•  / 


ffo  Liurc  Ciaquicmc 

mal-aîscicîcstcnîrouucftciaount  de  temps  qu'il  faut,  .lînfi  elles  ne  fontpas 
pas  l'cHèc  que  l'on  en  attend:  or  pour  cuitcr  ces»  deux  incommodités,  il  cft  ne* 
cefTairc  de  lier  ccroitcmeiu  le  col  ;  il  Faut  auflî  y  tcwir  vn  linge  double  pour  ar- 
récerle  pois  afin  que  l'vlcere  fc  face  profond,  cars-'ilne  pa(îc  paslap^au,  il  ne 
purgera  pas  beaucoup  ;  mais  cette  ligature  caufe  vn  plus  grxnd  mal ,    veu  que 
les  os  des  enfants ,  principalement  le  crâne,  Cànz  tendres  &c  cartilagineux:  s'il 
eftiinfi  ferré  par  la  ligature,  il  ne  pourra  non  plus  croître  en  largeur  que  ces 
courges  que  les  femmes  lient  au  milieu  pour  eu  faire  des  bouteilles,  mais  il  croî- 
tra en  hauteur ,  ainh  la  réte  perdra  la  proportion  5c  rondeur  deuenanc  longue: 
mais  ce  qui  ell  le  plasdâgcreux,efclecranc  étant  ainfi  comprimc,les  ventricules 
du  cerueaa  font  aulîi  rcllcrrcs,  ainlî  les  efpiits  n'ctanrs  pas  bien  p«reparésjla  tcte 
s'aifoibiit  «S:  l'enfant  dénient  fuictaux  déflations  :  que  s'il  dcuicat  grand ,  f  ce 
qui  ariiue  rarement  J  il  fera  d'vn  efprit  pefant  i   iinon  que  de  bonne  heure 
on  quitte  cette  ligature  &  que  l'on  remette  le  crâne  en  fa  première  fo:m:  :  ainfi 
îe  crois  que  le  cautère  ne  fert  de  rien  aux  «nfanrs  &  qu'il  les  rend  chagrins }  Le 
cerucau/^qui  eft  vne  partie  trcsh.i.mide^  étant ainfi  comprimé  les  humerjisfj- 
perflues  font  obligées  comir.e  par  force  d'en  fortir,  <!s:  n'ayants  pas  le  temps  de 
cerchcrle  conduit  nature!, elles  dccendent  tantôt  fur  les  dents,  tantôt  far  l'efto- 
mach>  tantôt  fur  les  poulmons  ÔC  ailleurs  ;  ce  que  ne  pouuant  arriuer  (ans  dou- 
leur, les  enfants  en  dcuienaent  d'autant  plus  chagrins,  que  la  d-fluxion  tombe 
furies  parties  nerueufe^  :  6r  la  douleur  que  fait  noire  Seton  ell  fort  légère, 
comme  i'ay  dit  ci  dellus,  &  plus  (upportablc  n'étant  pas  eu  vn  lieu  profond,&: 
cft  plus  vtile  attirant  d'auantagc  les  humeurs  fuperfluci  du  cerueaa  fur  les  emun- 
^oires  du  col,  Olfferu.  41.  Cemur.  i. 

l'en  ay  vea  vn  exemple  remarquable  l'an  lijoS.  à  Soleurre  en  vn  enfant  Pa- 
rifien,  fîlsdeMonfieur  Baduel:  il  croit  fort  fuictaux  defluxions  à  caufe  d'vnc 
intempérie  humide  du  ccrueau  :  par  le  c0nf.1l  des  Médecins  de  Paris  onluy 
auoit  fait  vne  fontanelle  à  la  nuque  auant  que  l'enuoyer  àSoleurre,  il  auoitlors 
XI.  ans ,  &  fut  recommandé  à  la  faueur  de  Noble  N.  Walier  Gouuerneur  de 
Neuf  Chatel qui  le  mit  entre  les  mais  de  Me.  Daniel  Schcrtler  Apothicaire,qui 
eut  charge  de  luy  faire  obferucr  le  régime  qui  luy  auoi:  été  prcfciit  ^  de  luy 
donner  les  médicaments  qui  auoyent  été  ordonnés  par  les  Médecins  :  ilobfer- 
ua  le  tout  ponduellemcnt  mais  en  vain,  car  la  defluxicn  importunoit  tous  les 
iours  d'auafttage  ce  gardon  ,  tombant  tantôt  fur  les  yeux,  tantôt  fur  les  oreilles 
auec  douleur  i^  tintement,  tantôt  fur  les  de»ts  ;  elle  tomboit  aulfi  quelqurfois 
jfur  le  «^oficr,  fur  les  poulmens  &  rcftomach,dcuertam  enroué,  auec  toux  ,  nau- 
sée, vomilfement&c.  Enfin  il  dcuenoit  fi  foiblequ'àpcncpouuoit-il  marcher: 
ayant  été  ainfi  trauaillc  quelques  annccs,le fufdit  Monfieur  Vuallier  voulut  auoir 
monâuis,  auquel  ic  reprefentay  que  tous  ces  accidents  venoyent  du  Cautère, 
que  fi  en  Ueu  d'iceluy  C  lequel  il  faloit  fermer  j  on  ne  faifoit  vn  Seton  ,  ç'ctoit 
àk  de  ce  garçon  >  il  voulut  que  ic  couchalTe  mon  âuis  par  écrit  pour  l'ennoycr  ■ 

à  Monfieur 


des  Opérations  de  Chiiurgic.  J5  j 

à  MonHeut  Baduel»  ce  que  ic  luy  tccordzy  Se  fepr<rcnr;iy  que  cazt  iiganirc 
quîcntouroit  la  rccc,attîroic  continuellement  les  humeurs  d'en  bas  au  Ccrueau 
ôc  changcoit  la  figure  du  ccrueau  ,  qui  doi:  erre  ronde,  en  vne  longue  &  corn- 
primoic  les  ventricules  d'iccluy,  qu'en  lieu  d'iceluy  il  faloit  faire  vn  Seron  :  ce 
qu'ayant  crc  communiqué  aux  Médecins  de  Pa-is,  ils  approuuercnt  mon  opi- 
nion,&  fur  leur  refponcc  ic  fis  inconrincnt  le  Scrcn,  lequel  rclifîjt  fi  bien  qu'on 
le  vie  amender  à  vcucd'œil,  &  fut  remis  en  peu  de  mois  auec  admiration  de 
chacun,  car  il  fembloic  tout  renouuclé  S<.c.  Obferu.  4.  Cent,  é., 


OBSERVATION     V  II  I. 

D\n  fragTntnt  de  '•lierre  tiré  As  L-i  chuir-, 

MOnficur  Nicolas  KiilcbergerConfcil-kr  à  Berne  me  dcmanvfa  rouftil  fur 
vn  Tubercule  dur  &  qui  Icmbloit  être  vn  peu  khirreux,  qu'il  aucir  :.\ 
métacarpe  de  la  main  droite  vers  le  commencement  da  doigt  indice  ,  qui  ctoit 
tant  foit  peu  plus  gros  qu'vnc  feve:m'ctant  diligemment  informé  Je  la  caufe 
du  mal  »  il  me  dit  qu'il  y  auoit  demi  an  qu'étant  en  débauche  oé  voulant  don- 
ner vn  fouflct  à  celui  ^ui  ctoit  proche  de  liiy,il  cairi  vn  vcrre^Jk  fe  fit  vne  lc<^crc 
blefliirc,&^  voyant  quels  fingforroitabondammétjil  trempa  la  main  cndel'ean 
chaude,  laiifant  iortir  quelques  onces  de  (angqui  couloit  comme  fi  la  vcpe 
auoit  êtc  ouuerte  auec  la  lancette,  ce  qu'il  fità  caufe  que  le  Printemps  appro- 
choit&:  qu'il  crut  aucir  bcfoin  del.iignec  :  qu'en  après  ayant  mis  du  coron 
delTus  &  bande  le  doigt ,  il  ne  s'en  mit  plus  en  peine  ,  la  playe  s'cftant  fermée 
trois  iours  après  :  mais  que  ce  tubcrcuJc  ctoit  rcftc  qui  ne  luy  faifoit  aucune 
douleur  >  finon  qu'il  prcilà  le  doigt  ou  qu'il  heurta  contre  quelque  chofe  de 
dur  :  ie  ne  puis  coHclurrc  de  là  antre  chofe  finon  queç'cftoît  vn  fchirre  ordi- 
naire venant  de  quelque  matière  vifcidc  qui  s'ctoit  endurcie  après  la  ^u.-rjfon 
de  la  playe  qui  n'auoit  pas  afscs  fuppurctic  mis  donc  dcfTus  l'Emplârre  de  Cicuc 
qui  fait  àt^  merucilles  ci  tumeurs  dures  &  fcKirreufcs  :  mais  quelques  iOurs 
après  y  c'tant  furuenu,  premièrement  de  la  dcmangcaifon  <Si  puis  vne  douleur 
poignante  vers  le  tubercule,  il  me  vint  derechef  trouuer  le  10.  de  ce  mois  ;  le 
trouuay  la  peau  vlcerce  auec  vne  pointe  de  verre  qui  fortok  va  peu  en  dehors: 
ie  ie  tire  dehors  fans  pcnc  auec  des  pincettes  duquel  voici  la  grandeur  &  forme 
figur.  5.  de  U  table  9. 

Ayant  mondific  l'vlcerc ,  il  fut  confolidé  en  peu  de  iours  :  «aisilya  de* 
quoy  s'étonner  comme  cette  piccc  de  verre  fort  pointue  a  peu  demeurer  Ç\  \on^~ 
tcmsôc  fans  bailler  plus  d'incommodité  en  vne  partie  fi  ncrueufe&  fifenfiblc: 
aeas  voyons  biea  tous  les  iours  que  de#  bâles  de  plomb  dcmqprent  pluficars. 


35^  Liure  Cinquième 

années  (.'.ans  le  corps  fans  douleur  ni  incommoditc,  miis  il  ncncft  pasainfi  di 
fc;r,(iii  bois,des  fr.igruents  d'os  •  cfpines  de  poilfons  Sec.  qui  ne  peuucnc  pas  de- 
meurer dans  le  corps  fans  cauler  de  grands  accidérs;vnc  bâle  de  plôba  été  crou' 
uéecouucttc  de  matière  grauclcufc  en  laveflieau  bout  de  trente  ans, au  rapport 
de  Mr.PaulOifred.iMedccin,Bar:hclcmi  Maggius  en  fon  liure  des  Playcsd'Ar- 
qucbufc  dit  qucle  plomb  nefc  corrompt  point  étant  retenu  dans  le  corps,  car 
l'en  ay  veu,dit-il,qL:i  y  a  croupi  trcnc'- ans  ians  faire  aucune  douleur  an  malade, 
quoy  qu'il  changea  rous  les  iours  de  place  ,  par-ce  qu'il  eu  Conoiz  d  infenfible- 
mcnt  qu'àpcne  le  rem.arquoit'-on;  il  déccncîoir  enfin  iur  quelque  partie  en  la- 
q.uclle  il  cauioit  inflammation  &  abfcés  »  lequel  étant  ouuerc ,  il  fortoit  facilc- 
micnt  :  Et  moy  ie  connoisvnGencil-homme  deFribourg  ,  quia  porté  pins 
de  40.  ans>  fans  grande  incommodité,  vne  bâle  au  talon  :  on  voit  par  là 
qu'Alphonfc  Fcrrius  au  traite  des  Arqucbufades  chap.  5.  à  raifon  de  dire  après 
Anerrocs  que  le  plomb  à  quelque  relîcmblance  aucc  la  chair  de  l'homme, 
mais  à  fon  àuis ,  elle  vient  plutôt  d'vne  qualité  occulte  que  dVne  mani^ 
lie. 

En  1625.  Ican  laques  Biunct  Patrice  de  nernejs'cftanc  mis  en  colère  parmi  le 
vin  5c  ayanc  cafsc  vn  verre  de  la  paume  de  la  main  ,  il  en  deir^eura  çà  t5c  là  quel- 
ques pièces  en  la  chair,  qui  ayants  été  méprisées  par  le  Chirurgien  &C  les 
Icurcs  de  ces  petites  blelfurcs  s'ctants  reiointes  ,  il  y  furuinc  premicremcnc 
Yue  violente  douleur  »Sc  puis  inflammation,  mêmes  dcsiiéfaillances  :  ayant  été 
«icmandc  le  19  Nouembrc,  ie  trouuay  le  bras  fort  enflé  iufqu'à  l'épaule  &  prin- 
cipalement la  main  :  cette  nuit  là  ie  l'oignis  auec  de  l'huylc  rofat,  après  ic  mis 
le  Cataplarme  fuiuant  chaud  ^.  far.fabar.horâei  ^  Infinor.  ain  ^|.  putu.  yâÀ. 
^Ith.  fl^r.  eamom.  meUlot.  Yofar.  çy  béton  an.  5  iycroct  9  j.  co<jne  cnm  UEle  recen- 
tçr  emhlSlo  ai  formam  catap/ajmaiis  ,  aâde  fub  finem  butyr.  rec.^].  vitellos, 
axor.numer.  ij.  deux  heures  après  fouper  ie  luy  fis  prendre  la  potion  fuiuante, 
2l,.  mecon.  9  j.  cov.f.  jiU^rm.  5  6./>r.  de  pomisdr  ac^ha  cinnamom.  fine  vino  ai' 
Jlill.  an.  5  >|.  a(j.  bn^loj]'.  cj.f.  Il  rcpofa  afsés  bien  certe  nuit  là&  recouura  v« 
peu  de  (es  forces  ,  à  caule  dequoy  ie  le  purgeay  doucement  le  lendemain  & 
rrois  iours  après  ie  luy  ouuris  la  véne  au  bras  oppoiite  :  ic  dilaray  les  petites 
bleflurM  auec  des  fort  petites  tentes  au  com.mencemcns  trempées  en  onguent 
Jigcllif ,  en  après  ieles  dilatay  auec  des  tentes  vn  peu  plus  grofles«S«:  ayant  \'nis 
vn  mondifîcatif  de  Mercure  préparé ,  ie  tiray  quelques  pièces  de  Terre:  la  Cure 
fat  diâicilc,  mais  neantmoins  l'en  vins  à  bout  écc* 


%^efjfonce  du  DoSenr  Gre^orius  Horfims, 

Quant  au  cas  de  votre  Patrice  >  auquel  vn  morceau  de  vcrrea  demeure  cache      1 

«juelques 


des  Opérations  de  Chirurgie.  3jj 

quelque  temps  au  métacarpe  fans  faire  douleur,  finon  aie  le  doigt  fut  prefsé  ou 
qu'il  heurta  contre  quelque  chofe  de  d'.ir  ,  il  y  a  âparencc  que'  ce  fragmcut  de 
verre êtoit  couueit  de  quelque  humeur  mucilagincuie,  qui  cil  ordinairement 
autour  de  ces  parties  rcudincufes  &  qu'elles  ont  accoutume  de  tirer  de  la 
.malle  du  iang  comme  leur  étant  famiiitrc  ^  laquelle  matieic  étant  dcueuuc 
fànieufe  parpourriture,  a  cpgcndrérabrcés  dans  lequel  ce  verre  a  peu  croupir 
long- temps  ians  faire  de  la  douleur,linon  lors  qu'il  piquoit  ces  parties  fcnfïblcs 
quand  on  faifoitcomprcfiion. 

Mais  cette  Hiftoirc  eft  remarquable  dVne  baie  de  plomb   qui  a  demeure 
pluficurs  années  en  la  vefl^e,  comme  vous  le  recités  après  MonlieurOfiredi:  or 
il  n'eft  pas  étrange  qu'on  les  puilfc  porter  long-tems  fans  incommodité,  comme 
l'expérience  le  confirme:  Nous  remarquons  neantmoius  le  plus  fouuent  qu'il  fe 
fait  vn  abfccs  qui  eft  caule  qu'ils  lortcnt  hors  du  corps,comrnc  ie  l'ay  remarque 
l'aniéiz.  en  vnieune  Gentil-homme  étudiant  à  Gielîèn,qui  ayantétc  blefsc  de 
nuit  d'vn  coup  de  Piftolctau  m.ufcle  Pecioral  ,  la  bâlc  p:.(Ià  de  la  cauitc  de  la 
Poitrine  au  bras  gauche  fous  le- Deltoïde,  ou  s'étant  fiut  vn  îiblcés  quelques 
fcmaincs  après  ,  nousy  trouuâmes  contre  nôtre efpcrance^  cette  baie;  maisil 
y  a  bien  plus  à  admirer  qu'elle  ait  peu  demeurer  cachée  dans  la  vc(î]c,de  laquel- 
le les  Playcs  font  mortelles  lelon  Hippo:rate  6.  aph^  i8.  mais  Vcfal  alFure  que 
lesPlayesdela  velîie  font  trcs-aisccs  à  gucrir  après  Villcrus  au  Commentaire 
fur  i;ét  Aphorilmc ,  fi  elles  font  en  la  partie  antérieure  proche  du  col ,   car 
là  elle  eft  couucrre  du  Péritoine  ou  comme  cftime  Fallopius ,    parce  que  la 
Tunique  intérieure  eft  charnue  :  Kentmannus  anlTi  en  Ton  Hiftoirc  de  Calculis 
raconte  d'vn  certain  qui  eut  la  veAietranTprcée  par  vne  baie  de  cuiure  ,    ÔC 
neantm.oius  fut  guéri  :    il  eft  donc  vray  lêmblablc  que  la  blcifurea  aufli  ctc 
faite  cn'cette  partie  charnue  &c  qu  aiufi  la  Nature  à  peu  refondre  plus  facile- 
ment cette  folution  de  continuité  :  mais  on  peut  douter  fi  le  piomb  a  cett-c 
familiarité auec  la  Nature  comme  cftim?nt  Ferrius  &  Parc,veu  que  celui-ci  au 
liure  iCy.  ch.  3.dit  qu'il  a  vne  malig!iequalitc&  contraire  à  nôtre  nature ,   lors 
qu'il  improuue  les  vailfcaux  à  diftillcr  faits  de  plomb:  Qise  C\  ce  que  dit  Ama- 
tusPortugaisCcnt.  i.  cuvât.  69.  eft  véritable,  d'vn  garçon  de  huic  ans  qui  ren- 
dit au  bout  de  hait  ans  auec  les  excréments  vn  letton  de  cuiure  vsc  en  vn  bout 
&  confumé  en  partie  par  la  chaleur  naturelle  :  fi  c'cft  véritable  ce  que  ditZa- 
charias  à  Puteo  in  CUui  medica.  que  de  l'or  a  été  ramolli  en  peu  de  temps  au 
gofierd'vne  Poule  &  prclque  digère,  fans  parler  des  Poules  de  Vendlcrusqui 
êtoycnt  dorées  en  dedans,comme  raconte  Scnncrtus  en  fon  liure  de  la  conftitu- 
tion  de  la  Chymie ,  il  s'enluit  de  là  que  le  plomb  a  bien  moins  de  conuenance 
que  les  autres  métaux  auec  le  corps  de  l'homme,  veu  qu'il  y  demeure  caché 
fans  y  receuoir  aucune  altération  :  Dirons  nous  point  qu'il  fait  cela  par  fa  pro- 
priété naturelle,  maismaniftfte,  comme  vne  lame  de  plomb  appliquée  en  de- 
hors empêche  la  fluxion  des  humeurs,  ©upar  la  même  propriété  que  la  poudre 


5Î4  Lîure  Quatrième 

d'iccluy  préparée  comme  enfcigne  Augenius  Tom.  i.Epift.Ub.  M,  Epijî.  C, 
laquelle  purifie  nettoyé  &  confolidc  lei  viceres  malins  ,  que  de  même  les  boti- 
iccs  de  plomb  demeurent  en  nôtre  corps  fans  bailler  aucune  incommodité  en 
tempérant  la  chaleur  naturelle  &  qu'ainliil  attire  moins  les  drfluxionsquc  les 
autres  chofes  qui  font  retenues  en  nollic  cor^  s  ?  &cc.  Obferuation  78,  Cen* 
tnrU  6. 


OBSER  VATION     IX. 
ly'^ijig  mmiere  facile  de  tirer  les  baies  À'  Ar^uebufe, 

DAns  ce  calamiteux  état  de  ma  Patrie ,  ayant  à  traiter  beaucoup  de  playcs 
d'Arquebufades  &  m'ctant  bien  fQuucnt  trouucen  pcne  pour  tirer  les  ba- 
ies, quoy  que  i'ayc  tous  les  Inftruments  necclFaires  pour  cet  éfet ,  neantmoins 
k  ne  les  ay  pas  trouuc  commodes  à  ma  fantafie  ,  car  la  baie,  fi  elle  n'eft  en  la 
furface  du  corps,ou  arrêtée  entre  les  osi  ne  peut  être  arrachée  qu'auec  grande 
pcne  &  douleurj  car  il  faut  cbrgirla  plnye  auec'deS'Tenaillei,ou  aucc  Tindru- 
mtnt  d'Alphons:  que  fi  on  veut  faire  entrer  le  Tircfond  en  la  bâie  ,  (  comme 
font  maintenant  lei  chirurgiens  J  ne  tournera  t'-eile  pas  enmcmetempsî  Ce 
qui  m'a  ob.igé  d'inucntcr  vnc  autre  manie  ic  laquelle  m'a  très  bien  rcuiîi ,  car 
i'ay  trouuc  depuis  peu  vninftrumcnt  aueclcqueiie  tire  la  bâle  très  aisément  & 
fauà  fiire  prt  (que  au  june  douleur  .•  I'ay  voulu  vous  en  faire  part  fans  âîoutec 
aucune  iurtrudiion/^achant  que  vô^re  âdreiTc  vousfcia  comprendre fculcincnc 
à  le  voir  eomm-.  il  s'en  faut  feruir  &.c. 

Qroy  que  Us  bâlcsc^e  plomb  puiflcnt  demeurer  plufieurs  années  en  quel- 
que partie  fans  faire  dotilcui  ou  donner  quelque  incommodité,  le  Chirur- 
gical neantmoins  eft  obligé  délirer  hois  d'vne  playctout  ce  qui  y  eft  contre 
nature,  car  corn n^c  Içaucat  les  apprcntif^jtandis  qu'il  y  aura  la^moindre  paille 
ouefqiiille  dosjla  pla) .  (eia  incurable:  qi'c  s'il  arriuequ'vnc  baie  demeure  au 
corps,  lagueiilou  fera  longue  SiC  difliciic,parcc  que  la  chair  fe  forme  mal-aisé- 
ment à  l'cntour  :  que  fitlic  eft  cntiéc  en  quelque  partie  ncrueufe  &  qu'elle 
prelfe  quelque  nerf,  tendon  ou  membrane  ,  e!L- fera  de  grandes  douleurs, 
inquiétude ,  Heure,  rcuerie,  inflammation  &  autres  accidents  :  que  fi  c'eft 
tn  quelque  région  pics  du  ventre,  il  tft  à  craindre  que  par  fucccflion  de 
temps  elle  ne  tombe  dans  1a  caiiitc  d'iccluy  S<.  n'y  face  quelque  nouucllc  mala- 
die, car  elle  change  fouuent  de  place  à  caufe  de  fa  pcfantcur  :  que  fi  elle  cit 
proche  de  quelque  véne ou  artère,  il  faut  âprehcndcr  vnc  ha^morrhagic  :  fi 
tlieelt  demeurée  fous  quelque  vaiiîèau  &  qu'elle  y  foiccouuetce  de  quelque 

fubftancc 


des  Opérations  de  chirurgie.  555 

fubdance  callciifc  elle  pourra  en  le  prcfTanr ,  empêcher  le  libre  paflàge  du  fang 
&  dci<rrprits&  aind  caufcrextenuanon&  même  la  perte  d'vn  membre  :  Le 
Chirurgien  donc  au  premier  âparcil  doit  diligemment  fonder  la  Playc  (  fi  Vhxr 
morrhagie  ne  l'empcche^aucc  le  doigt  ouaucc  vne  clprouucrce  ôc  tirer  tout  ce 
qu'il  trouuera'de  corps  étranger  :  il  y  a  plus  de  fcuretc  de  le  faire  auec  les 
doigts,  que  s'il  n'en  peut  pas  venir  à  bout,  il  fe  fcruira  de  quelque  crochet  pro- 
pre ,  ou  du  bec  de  Corbin  ou  de  Cicogne  ou  de  Canard  félon  la  neceflîtc  ,  on 
en  trouuera  les  figures  chcsMaggius,Fcrreus&  Parc  :  que  fîlabâlccft  en  vn 
lieu  profond  ,  il  eft  mal  aise  de  l'attraper  auec  des  Pincettes  ,  car  non  feule- 
ment elles  bouchent  l'orifice  &  conduit  de  la  playe  ,  mais  en  Ls  dilatant  on 
prellc  &  déchire  les  nerfs,  tendons,  membranes  îk  la  chair ,  d'où  furuient  vnc 
grande  douleur  &  autres  accidents,  mais  nôtre  inftrumtnt  n'en  fait  prcfquc 
point,  car  pour  étroite  que  foit  la  playe,  il  peut  être  porté  fans  vne  grande 
contrainte  iufqu'à  la  bâle  ,  mais  le  Chirurgien  en  doit  auoir  trois  auec  leurs 
Cannules  dentelées  &  pcrço{rs,a(Iau-vnegr3ndc,vne  petite  &  vne  médiocre  fé- 
lon la  groiîcur  o j  petitcffe  de  la  bâic:  le  plus  petit  doit  être  de  la  giolfeur  d'vnc 
plume  de  Cigne,  &  le  plus  grand  de  la  grolfcur  du  doigt  indice  ,  &  l'autre  en- 
tredeux, vo^és  les  figures  6.  7.  &  8.  delà  table  9« 

A  mArtjue  vne  Cannule  d'argêt  ou  de  cuiurc  bien  polie  de  la  lôgueur  d'vn  pié 
ou  à  peu  prés:ii  la  faut  premièrement  oindre  d'huylc  rofat  puis  la  mettre  dans 
la  playe  doucement ,  tant  que  fon  bout  B  vienne  à  enclorre  la  baie  autant  qu'il 
fera  poflTible  :  &  pour  en  venir  plus  aisément  à  bout,cette  Carnule  doit  sucir 
quelque  proportion  auec  la  playe  &  la  bâle ,  car  fi  la  playe  ell  petite  ,  l'inftiu- 
ment  doit  élire  de  même  :  fi  tôt  donc  que  la  première  Cannule  aura  atteint 
labâle,  il  faut  incontinent  mettre  l'autre  marquée  C  dans  la  première  &  U 
faire  aller  iufqu'à  la  bâle  ,  laquelle  doit  être  vn  peu  plus  longue  que  rautte,afiii 
que  fon  extrémité  palïc  l'autre:  elle  doit  être  dentelée  ou  a  f..ÇQn  de  fi^i.- au 
bout,  mais  les  pointes  des  dents  doiuent  aller  de  droite  à  gauchc  &  étic  fort 
aiguës  pour  entier  plusai.-ément  dans  la  bâle  ,  car  par  ce  moyen  elles  empê- 
chent que  la  bâle  ne  tourne  auec  le  perçoir  ,  veuquela  Cannule  &:  le  Tiiefond 
ont  deux  mouucments  contraires  ,  les  pointes  des  dents  de  la  Cannule  allants 
de  gauche  à  droiue,  &  la  pointe  duTirefond  de  droite  à  gauche  ;  c  fin  il 
faut  mettre  le  Tircfond  marqué  E  dans  la  féconde  Cannule  iufqu'à  la  bâle, 
qni  doit  aufli  être  plus  long  que  les  deux  Cannules:  ''<iO''jès  U  jifure  j  .àeÏA 
Table  IX. 

Apies  donc  que  le  Chirurgien  aura  mis  les  deux  Cannules  en  la  playe  auec  le 
Tircfond,il  tiendra  flnme  auec  le  pouce  Se  l'indice  gauche  les  deux  Cannules,& 
les  poulfera  iufqu'à  la  baie  h  auant  que  le  malade  le  pourra  foufiïir,afin  de  la  faire 
tenir  fermc:en  après  il  tournera  le  Tirefond  'pue<:  le  pouce  iSi  l'indice  dt  la  main 
'droite  6c  le  fera  entrer  peu  à  peu  dâ*.  la  bale:fi  tôt  qu'il  remarquera  qu'elle  eft  fuf- 
fis.âmcntâtachéc,il  tirera  douv.cméc6clcTii.cfond,<Sc  les  i.cannules  eniéolc  auec 

Yy  l 


35«  Liure  Cinquième 

la  bâlc,  comme  on  le  voit  en  la  dernicrc  figure:  cette  Opération  cft  très  aisée  5^ 
ne  fait  aucune  douleur,pouvneu  que  le  Chirurgien  ait  de  l'addrelfe  &  de  l'expé- 
rience Se  que  les  pointes  de  la  Cannule  &c  du  Tircfond^  foycnt  bien  aiguës  &c 
faites  de  bon  ackifig.  8.  tahie  9. 

A  c'eft  la  première  Cannule  qui  eft  en  dehors  bien  vnic   5c  polie  par 
tout. 

B  la  féconde  Cannule  dentelée  au  bout  qui  tient  la  baie. 

G  le  Tircfond  auquel  cfl  attachée  la  bâle. 
Oéferu.^î.Cem.i. 


OBSERVATION     X. 

D'vne  émotion  àt  Cerneau  Ue^uelle  ayant  été  négligée  au  commencemtnt  > 
a  été  caiife  de  grands  accidents. 


V 


N  fils  de  Noble  Bernard  de  Hazuelt  Seigneur  de  Bildcnberg  âge  de  dix  ans 
,  tomba  de  haut ,  il  vomit  incontinent  C<t  rendit  du  fang  par  le  nés  !^  par 
les  oreilles  ,  mais  il  ne  perdit  ni  parole,  ni  fentiment^  mouucment  :  or  com- 
me on  ne  voyoit  en  dehors  ni  playe  ni  meurtrilîure  S>i  qu'il  n'y  auoit  point  de 
ficvre,  le  mal  fut  néglige  àc  on  ne  fe  Icruit  d'aucun  remède  quoy  qu'il  eut  vnc 
perpétuelle  douleur  de  telle:  cinq  ou  fix  mois  aptes  le  col  s'aftoiblit  de  forte 
qu'il  ne  pouuoit  en  aucune  façon  tenir  la  tété  droite  ,  finon  à  l'aide  d'vn 
colier  de  peau  garni  d:  coron  :  11  dcuint  après  Afthmatique  &  les  ligaments 
de  la  dixième ,  onzième  &  douzième  vertèbres  du  dos  ayant  été  relâchées  il 
dcuiiitbolfu  :  Il  auoit  auflTi  de  la  pêne  à  remuer  la  cuilfe  droite  ,  il  auoit  des 
A:htromcs  fous  les  clauiculcs  à  chaque  côré  du  Sternum  :  ayant  été  ainfi 
traujillcl'efpace  de  deux  ans  «Jii  les  accidents  augmentans  tôufiours  ,  les  parents 
Icm-^ncrent  à  Cologne  vers  le  Dodeur  Hcnti  Botterus  premier  Médecin  du 
Lanrgraue  de  HelUn,  qui  après  auoir  employé  pluficurs  remèdes  ,  luy  r'alfef- 
mirlc  C0I&  luy  fit  rcucnircn  partie  la  voix  &c  la  parole  :  Il  luy  vint  Câpres 
vnc  Tumeur  vcis  Foi  cille  gauche  entre  les  véncs  iugulaires  &  la  Trachée 
A'tcrc,  quipru  a  peufccoauerrit  en  vn  fort  grand  Abicés  :  ie  fus  demande 
quand  il  fut  qiîeiiiondcl'ouurir  &  quand  il  falut  faire  ce  qui  cftoit  de  la  Chi- 
ïu.o'it  :  k  premier  ,  lecond  S<.  troificme  iour  il  vuida  plus  de  fix  liures 
de  matière  ,  &:  des  lors  il  en  fortoit  tous  les  iours  en  afsés  grande  quantité: 
cette  vacuation!  diminua  la  douleur  dercfcc  Se  tous  les  autres  accidents  ,  mais 
les  forces  diminuoyent  de  iour  en  iour  :  le  vingt  huiriéme  Mars  il  furnint 
vn  nouueau  Catharre  qui  fc  verfant  fur  les  Poulmons  Se  l'crtomach, 
caufoic  Toux ,    Nausée   Se   vomiiremçnt    :    \z   collé    gauche    fut    auflî 

pctclus 


des  Opérations  de  Chirurgie.  yj 

perclus  auec  quelques  accès  d'epilepfie ,  &  rvlccrc  du  col  dcuint  entièrement 
icc.'ilmourutle  6.AuTili55)}.Ayantcccouucitaprcs(a  more  on  tiouua  lo.  En 
CCS  rumeurs  qui  ctoyenc  fous  les  clauicults  vue  afscs  bonne  qnancicé  de  pus 
fimblable  à  delà  bouillie  qui  auoit  carie  les  codes  &  le  ftcrnum.zo.  La  velîle 
du  fiel  forr  grande  5c  le  boyau  duodénum  tout  farci  débile  50.  Le  foye  fchir- 
rcux  &  obftruc  4°-  Le  poulmon  ctoic  tout  rempli  d'humeurs  pituiteufes  & 
gluantes,5o.  Plufieurs  pierrettes  de  matière  gypscc  enfermées  en  vne  vcfiic  qui 
écoit  proche  le  cœur  jà  l'endroit  ou  l'Artcre  Aorte  fort  du  cœur,  derqucllcs  IV- 
ne  ctoit  plus  giollc  qu'vne  noix  ,  or  elles  ctoyent  attachées  non  feulement  à 
l'artère  Aorte  &c  à  Ces  rameaux,  mais  aufllà  la  trachée  &  au  nerf  récurrent  ,  ce 
qui  ctoit  caufe  qu'il  auoit  perdu  en  partie  la  vois  ôc  la  parole ,  ($0.  On  trouua 
dans  le  cerneau  vne  pierre  de  (cmblable  matière  enfermée  en  vne  membrane, 
vers  la  partie  pofterieure  de  la  Tefte  fous  la  future  lambdoidc  entre  la  dure  & 
pie  mere,&:  tellement  attachée  à  celle  la  qu'on  ne  la  put  arracher  que  par  for- 
ce,70.Il  y  auoit  dans  les  deux  antérieurs  ventricules  du  cerueau  &  cehiy  du  mi- 
Iieu,pafsc  deux  liures  d'eau  claire,  80.  Vn  vlccre  au  col  qui  paruenoit  iufques  à 
la  trachée  arttre  vers  l'os  bafilaire&  le  trou  des  vertèbres  par  lequel  entre  la 
mouelle  de  l'cchine  :  de  forte  que  l'on  pouuoit  comprendre  que  cette  matière 
qui  fortoitpar  l'vlcere  venoit  &  de  la  poitrine  Ôc  de  la  tcfte,  mais  comme  le 
paifagc  étoit  étroit ,  il  ne  fortoit  que  le  plus  fubtil,la  partie  terreftre  s'ctant  en- 
durcie en  ^knc.  OhfX I .Centur.u 


OBSERVATION     XI. 

De  quel^Hes  émotions  du  Cerueau  ^ui  ont  été  guéries^ 

L'Emotion  du  Cerueau  eft  à  bon  droit  mife  au  rang  içs  maladies  aïgues: 
mais  elle  peut  être  guérie,  fi  on  employé  des  le  commencement  des  remè- 
des propres  comme  on  en  trouue  des  exemples  en  quelques  Authcurs  ,  àc  ceux 
ci  en  font  foy. 

L'Ecuyer  de  Monfieur  Herft  Gouuerncur  de  Lunfdorff  ayant  été  frapé  en  la 
partie  droite  delà  tefte  tomba  par  terre,  il  perdit  incontinent  la  parole  rendant 
du  fang  par  le  né  àc  par  les  oreilles,auec  vomiilèment  ;  ayant  été  porté  en  vne 
hôtellerie  ,  Cofme  Slotanus  premier  Chirurgien  du  Prince  de  luliers  le  guerîc 
aucc  les  remèdes  conuenables ,  de  forte  que  la  parole  !k  le  iugcment  luy  rcuint 
en  pcudeiours. 

Herman  Kikup  Veneur  de  Monfieur  de  Verbrach  en  Hamd,  tomba  de  dcf- 
fus  vn  arbre  fur  la  terre  qui  étoit  gelée,inconîiiicnt  il  vomie  61:  rc tîdit  du  fuig 
par  le  ne,  par  les  oreilles  &  par  la  bouche  aucc  pçrte  de  la  parole  C?c  demeura 

Yy     3 


5^8  Liure  Cinquième 

comn':.  apoplediqiîc  Tans  fentimcnr  ni  mouuemcnt  auec  grande  ficurc  :  ayant 
cce  demande  ie  rafay  les  cheiiciix  &C  oignis  la  Tcftc  auec  huylc  rofac  &  de  myr- 
tilles ,  i'ouuiis  la  vcne  du  bias  ,  luy  donnay  des  lauemcncs  acres  &  me  fcruis 
de  plulicurs  aucL'es  icrhcdes  :  il  fut  enfin  remis  auec  admiracion  d'vn  cha- 
cun. 

l'ay  traite  vn  gardon  d'vn  ébranlement  de  Cerueau  auec  Maître  lean  Griffon. 
Apres  auoir  applique  plufieurs  remèdes  fur  la  Tcfte,il  s'clcuavne  grollc  tumeur 
fous  l'oreille,  laqut-lle  ayant  été  ouucrtc  il  en  fortit  vne  grande  quantité  de  pus 
&  defang  caillc,aprcs  qiioy  il  fut  remis.  OhfXII.  Cent.i. 


OBSERVATION     XII. 

D'vne  Emotion  de  Cerneau  &  des  accidents  quelle  a  apporté. 

VNe  ieuneDame  de  Payernc  en  1598.  reçut  vn  coup  de  pierre  au  fourcil 
droitila  peau  fut  entamée  iufqu'à  ros,mais  il  n'y  eue  ni  fid'ure  de  Crâne,  ni 
fi'aâ;ure  ni  cnfonccure,  car  à  pêne  fut- il  découueri  :  Or  le  Cerueau  fut  telle- 
ment ébranlé  qu'elle  vint  a  tomber  par  terre  comme  à  demi  morte  auec  vo- 
ailïcmentde  la  viande  à  demi  digcréc:elle  tomba  entre  les  mains  d'vn  Empiri- 
quc,qui  lans  auoir  cgard  à  l'cmotion  du  Cerueau  ne  penfa  qu'a  confolider  la 
playc  qui  fut  bien  toit  guérie,  quoy  qu'il  eut  vne  continuelle  douleur  de  Tcfte 
au  côté  droit  :  au  bout  de  deux  mois  le  nerf  optique  droit  fut  tellement  bou- 
ché qu'il  perdit  la  veuc  de  cet  œil ,  fans  qu'il  parut  aucune  tâ-hc  en  la  prunelle 
&  autour  de  la  cornée  :  il  croit  aulH  fouucnr  tiauaillé  de  vertiges  5c  pat  fois  de 
conuuliîons  epileptiques:  ayant  vécuenuiron  huit  mois  en  ce  miferable  ctat,la 
douleur  de  Tcfte  augmenta  &  il  furuint  des  conaalfions  d:  bras  accompa- 
gnées de  douleurs  violentes  principalement  lors  que  l'air  étoit  fioid  6c  humi- 
de, de  forte  qu'il  cft  attaché  aulict  des  deux  ans  :  le  tcmpi  feia  voit  quelle  en 
fera  l'ilKie. 

Le  i-  Décembre  K^o^.cctte  même  Dame  eut  des  conuulfions  au  bras  gauche 
auec  de  grandes  douleurs  qui  ont  duré  quelques  iours  :  ayant  été  demandé, 
i'oignis  le  bras  &  la  nuque  auec  les  huyles  fuiuantes»  l/L.  01.  lîihric.vu!pini,ltlior. 
an.'^ii.oLThilof&terebinth.an.l(^.pingued.huTnan.  §t.  m.  le  luy  mis  autour  <.'u 
poignet  vne  ceinture  faite  de  cuir  d'homme:ces  lemcdes  arrêtèrent  ksconuul- 
iions  :  mais  cependant  que  iela  traitois,clle  me  dit  qu'elle  fentoit  à  diuerfes  fois 
vne  certaine  puanteur  qui  venoit  du  Cerueau  mais  feulement  par  iuteruallcs,  <3i 
quoy  qu'elle  ne  l'iniforrutia  pas  beaucoup  ,  neantmoins  clic  luy  donnoit  vne 
cfpeccdc  défaillance.  Obf.IXtCent.^' 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgict  y]9 


OBSERVATION     XIII. 

D'vne  ff'Ande  émotion  de  Ceruean  tjnia  causé  la  mort  pen 
d'heures  après. 

MOnjfîcur  îean  Breuuer  s'ccant  cgayc  après  midi  auec  quelques  DoâieS 
ieuncs  hommes  le  i.Auiil  16  I.  &:  mcmc  ayant  iouc  aux  quilles  auec  eux, 
fc  retira  chez  foy  fur  les  fix  h  u.cs  du  loir  pour  louper ,  ôc  comme  il  montoic 
les  degrés  fans  lumierc,il  tomba  la  Telle  dcuanr  fur  le  pauc,dont  le  Cerucau  fac 
fi  fort  ébranle  qu'il  rendit  incontinent  du  lang  par  la  bouche ,  par  le  né  &  par 
les  oreilles  auec  pcite  de  laparolcior  felô  le  dire  d'Hippocrate,  le  Cerueau  auoit 
été  ébrâléjcar  ceux,dit  il,à  quilc  Cerueau  a  été  ébranle  par  quelque  càufejil  faut 
de  neceflicé  qu'ils  perdent  inconcinét  la  paiole:or  il  ne  faut  pas  s'étonner  qu'el- 
le ait  été  fi  grande  en  ce  pcrfonnagc  ,  car  comme  dit  Galien  au  Commentaire, 
tant  plus  vne  chofe  eft  vuide  ,  tant  plus  aifemcnt  eft-ellc  offensée  &  rompue,or 
fijr  le  déclin  de  la  Lune  le  Cerueau  eft  fort  vuide,ourrc  qu'il  étoit  d'vne  côftitu- 
tion  scche:on  voit  aullî  par  la  qu'il  n'y  auoit  point  devin  ,  comme  quelques 
malicieux  ont  voulu  faire  croire,  car  ceux  qui  font  yurès  rarement  font  offen- 
sés d'vne  chute,  à  caufe  de  l'humidité  &  que  leur  corps  ^S^  le  Cerueau  font 
pleins:  ayant  été  dcmandé,ie  trouuay  cet  homme  comme  apople(5tiq'.ie,car  Ga- 
lien dit  que  ceux  à  qui  le  C  erueauactc  cbranlcjfonr  fans  fentiment  ^  mouuc- 
ment  comme  les  apopleftiques:  le  fang  foitoit  abondamment  par  la  bouchc,lc 
né  &  les  oreilles,  principalement  par  la  gauche  :  ayant  rasé  les  chcueux' ie  ne 
trouuay  ni  playe  ni  contufion  en  laTefte  :  après  l'auoir  oint  auec  les  huyles 
conucnables  ôc  mis  vn  cataplâme ,  ayant  fait  aulîi  des  diuerfions  par  de  fortes 
ligatures  des  bras  &  des  ïambes  ,  &  le  malade  ayant  vomi  beaucoup  de  lang 
(qui  y  étoit  décendu  par  rccfophague)^'  quelque  peu  de  viande  indigefte,reue- 
nant  comme  d'vn  profond  fommeil,il  parla  aux  aflîftants  &reconnur,ceux  qui 
.ccoycnt  autour  de  luy  :  il  demeura  cnuiron  d^  ux  heures  en  cet  état,  priant  Dieu 
fans  cclfc  :  mais  le  fang  étant  ému  à  caufe  de  l'ouuerture  des  vênes  Se  des  artè- 
res du  Cerueau,&  forrant  toufioursabondammenr,il  perdit  derechef  ht  parole, 
le  fcns  &  la  connoiffancc  &  mourut  fur  les  deux  heures  de  la  nuit,  au  grand  re- 
gret de  tous  les  dodes,ôcc.  Ohfy  .Ccm.^. 


360  Liure  Cinquième 

OBSERVATON    XIV. 

D' vue  grande  émotion  de  Cerneau  qui  a  étéfuiuîe  de  perte  de  '•oeu'é. 

EN  luillet  i5zi.  le  fils  dVn  Payfan  Nie.  Blcuucr  dcBictzimildurelTbrt  de 
Solcurre,  âgcd'enuiron  Sans  craiit  combe  à  rciTc  de  delFus  vn  arbrc,&  s'c- 
tanc  blefsc  à  la  tcre  en  trois  endroits,  ou  les  futures  droite  &  la  lambdoide  fc 
rcnconcrcnt,rans  aucune  ofFencc  du  Cranc  ,  rendit  incontinent  la  viandeindi- 
gefte  &  perdit  la  parole  auec  la  connoilîance ,  de  forte  qu'il  fut  porte  comme 
mortenla  maifon  defon  Perc,  ou  il  demeura  quelques  iours  en  cet  état  auec 
vn  continuel  vomilîèment  de  ce  qu'il  mangeoit  :  on  fait  venir  vn  Barbier  de 
Biel,  lequel  ne  regardant  qu'aux  blclîures  <!k:  laiffant  en  arrière  les  remèdes  ge» 
neraux ,  il  les  cicacrifa  en  trois  femaines  :  les  fymptomes  furent  grands  des  le 
commencement ,  comme  la  ficure,  nausée,  vomilîèment ,  mais  s'etants  arrêtés 
quelques  iours  après  &  le  malade  étant  reuenuàfoy  ,  on  tiouua  qu'il  auoit  en- 
tièrement perdu  la  veu'ê,  ce  qui  obligea  Ton  Perc  à  me  l'amener  le  iS.Aouft  :  on 
ne  pouuoit  découurir  aucun  mal  aux  yeux ,  à  caufe  dcquoy  ie  fis  entendre  à  fon 
Perc  que  le  mal  étoit  dans  les  nerfs  optiques,  qui  auoycnt  été  bouchés  de  quel- 
que matière  gluante  à  caufe  de  la  grande  agitation  du  Cerueau  &:  des  humeurs 
quiy  étoyentûe  luy  confeillay  qu'après  qu'il  auroit  été  bien  purgé,  de  faire  ap- 
pliquer des  Ventoufes  &  vn  Seton  en  la  nuque  :  il  s'en  alla  chez  loy  pour  auoir 
le  confentement  de  fa  femme  &c  de  Ces  amis  ,  mais  ie  ne  fçay  s'il  me  reuiendra 
trouuer  :  quoy  que,  pour  dire  la  vérité,  ie  n'efpcre  pas  qu'il  puilfe  recouurer  la 
veu'c  >  eftimant  que  la  matière  qui  croit  mobile  au  com.mencement  ^  qu'il  fa- 
loic  auoir  détourné  en  ce  temps  la  ,  cft  maintenant  tellement  prifc  (5c  attachée 
qu'on  ne  la  fçauroit  tirer  de  fa  place. 

Il  y  a  deux  ans  qu'vn  laquay  de  Noble  lean  Isqucs  à  Diesbach  Confciller  à 
Berne  ,  feruant  fon  maître  à  table,  vint  à  tomber  fortuitement  par  terre  & 
donna  de  la  tcte  fur  le  paué,  il  rendit  incontinent  la  viande  indïgcfte  &  fut  por- 
té fur  le  li^  ayant  perdu  la  parole  &  la  connoilï^ince  :  ayant  éré  dcmandéjie  ra- 
fay  promptementles  chcueux  ,  après  les  auoir  lauéauparauant  .lucc  vne  dcco- 
élion  de  betoine  &de  faugcrtour  à  l'inftvint  i'oignis  la  tcte  au^ c  huyle  rofat,pnis 
mis  vn  cataplâme  de  farine  d'orge,poudredebcroinc,rofcs&  camomille  cniics 
en  eau  de  betoine ,  il  reçeut  vnfuppoluoirc  &  fut  laigné  au  bias  :  le  troifiémc 
iour  étant  pafsé  ie  fis  vn  fachct  de  fleurs  de  camomiile,  meHlot,fawùuc,primula, 
verisy  betoine  y  fauge,  origan^  tua  arihritica ,  /emence  dams  &  fenouil^  lequel  étant 
cuit  en  eau  ,  ie  le  mcttois  deux  fois  le  iour  fur  la  tcte  l'y  lailïànt  l'efpace  d'vni 
quart  d'hcurc-.il  fut  bien  toft  remis  à  l'aide  de  ces  remèdes. 

T   » 


des  Opérations  de  Chirurgie.  56 1 

L'aa  1582.IC  fils  d'Henri  Holc  tomba  du  dernier  ctagc  fur  le  paué>&  s'cbranla 
tellement  le  Cerueau  que  le  vomiirement  fuiuit  à  l'inftant  auec  des  autres  man- 
uais  accidents.Slotanus  ôi  moy  ayants  c'tc  demandés,nous  ra(ames  les  cheueux, 
mais  nous  ncdccouurimes  aucuue  firadturc.-ayants  mis  dcflljs  ce  que  l'Art  com- 
mande, il.  fut  bien  tôt  remis:on  voit  par  la  qu'il  fc  fait  de  grandes  commotions 
de  Cerueau  fans  que  le  Crâne  Toit  oftcncc,  car  la  Tête  de  l  homme  étant  ronde 
&  fphaîriqnejclle  eft  moins  fuictte  aux  iniurcsque  les  autres  parties,  &c.  Oiff, 
VIlLCentr, 


OBSERVATION    XV. 
D'vne  Emotion  de  CerneAU  cfui  s'efl  terminée  en  pantide. 

VN  Payfan  robufte  &  de  bonne  conftitutiô  âge  de  ij.ans,ctant  chargcde  vin 
le  2. Non.  1615.ÔC  faifantàonze  heures  de  la  nuit  quelque  infolencedeuant 
la  maifoii  de  Mr.Frirching,il  l'obligea  à  en  fortir  &  à  luy  faire  donner  vn  coip 
de  bâton,  lequel  il  rcçcuc  fur  le  fynciput  droit:  il  tomba  incontinent  par  terre 
&  vomit  la  viande  route  crue,  rendant  du  fang  par  la  bouche  ,  par  le  ne  d<  par 
les  oreilles,  &  perdant  aafli  tofl:  la  parole  auec  la  connoiirance:  on  demanda  in- 
continent M*  lean  laques  Hiipfchcr  Chirurgien  lequel  ne  trouuant  aucune 
blc{Iùre,ne  voulut  faire  autre  chofc  cette  nuit  la  que  trauailler  à  la  confterna- 
-tion  de  rcfprit  qu'il  croyoit  être  vue  fyncope  :  ayant  été  demandé  le  lendemain, 
ie  luy  ordonnay  vue  façon  de  viure  for rfobre  &  fis  reçeuoir  vn  laucment  vu 
peu  acre,iefis  rafer  les  cheueux  de  toute  la  Tefte,  incifant  le  finciputiufques  au 
Crâne  à  caufe  de  la  tumeur  que  faifoit  le  fang  amafsc  &  de  la'meurtiiirurc 
qu'auoitfait  le  coup  de  bâton  ,  étant  en  délibération  d'y  appliquer  le  trépan  ic 
lendemain:le  fang  caille  étant  forti ,  i'oignis  toute  la  Tefte  auec  huyle  rofat  & 
mis  le  cataplamc  fuiuant  chîiud.'^.Far.hordeiliii.pHlH./kmmit.heton.rofar  aa.lS, 
eoijue  cum  decoElobetonic.  cr  parnmacen  rofad  formam  catapl.  addefHbfinemol. 
roJac.lÇs>vitellosouor.num»\uK^xçs  rauoirmis,i'ouuiisvne  vêneaubras  droit 3c 
cntirayprefque  vue  liure  de  fang,car  il  y  auoitvne  grande  pléthore  :  les  acci- 
dents commençants  à  diminuer  après  ces  remèdes  &c  la  nuit  fuiaante  ayant  été 
plus  paifible,  ierenuoyay  l'ouucrture  du  Crâne  à  vn  autre  temps  &:  voulus  at- 
tendre le  mouucment  de  la  nature  ,  veu  qu'on  a  en  horreur  cette  opération  ea 
nos  quartiers:  i'oignis  ncantmoins  la  Tcflc  deux  fois  le  iour  auec  la  même  huyic 
&  mis  fur  la  blellure  vn  digcftif  ex  cera  noua  ,gummi  elemiiterebintbinay  euo  r#- 
fac.  croco  &  oui  vitello  ciirnfiLîmemis ,  d<.  mis  par  dclFus  le  précèdent  cataplamc 
chaud  :  mais  cependant  que  ic  débandois  laplaye&  que  ie  la  traitois  (  de  peut 
que  l'air  ne  porta  du  prcitidicc>  ie  mis  félon  ma  coutume  le  fachet  fuiuant  fac 


5^t  Liure  Cinquième 

la  Telle  chaudement,  y*.  Rad.angel.iaryophilllrid.florem.an.  l  B.  herhar,  &  ûor. 
beton.primHLverisJhlnttc^rofar.odorrfer.an.m.i  fioY.camom.  mellîot.an, m  Cs.fefn.fœ - 
nugr.anifi&  cQYiand.pr<i.par*iîian»l&,iricidanîur  (^  cotundantHr  omnia  ^rojfo  modo. 
Ayant  ainfi  pioccdc  i5c  donnant  tous  les  iours  vn  laucmcntiufques  au  quinfic- 
me,  le  pus  commença  à  parctre  le  troilicmc  iour  de  la  maladie  en  abondance 
ôc  les  fymptomes  à  diminuer  tous  les  iours  ,  mais  il  fc  plaignit  d'vne  douleur 
fous  l'oreille  droite,  à  l'endroit  ou  les  vcncs  iugulaircs  palFcnt  pour  aller  au 
Cerueau.'qu'arriuat'il  ?  Etant  luruenu  vne  fièvre  fymptomacique,  comme  il  fe 
faitcscxpullîons  critiques  ,  il  fe  forma  vn  abfccs  fous  l'oreille ,  lequel  s'ctant 
rompu  en  peu  de  iours  ,  il  ftit  remis  entièrement  de  cette  vio'entc  émotion  du 
Cerueau:  mais  que  ne  doit  on  actcndrc  de  !a  ieuneGfe  Ôc  d'vne  nature  robufl:e,(i 
le  Médecin  luy  prête  Cccoms^Oèf.X.Cent.V. 


OBSERVATION     XVI. 

10^ vne  Emotion  de.  Cerueau  jui  a  causé  la  mort  ^uelquts 
mois  après  le  coup. 

ON  met  à  bon  droit  l'émotion  du  Cerneau  entre  les  maladies  aiguës  quoy 
-ju'vllc  puilfe  dcuenii  Chronique:  L'an  i(jzi.au  mois  de  lanuier  ,  François 
Muller  Bourgeois  de  Berne  âge  de  4o.ans ,  homme  robufte ,  deccndant  de  nuit 
par  vne  rue  couuertedeglacejtombafur  le  dos&  heurta  contre  le  pauc  du  der- 
rière de  la  Tcfte  :  ayant  été  mené  en  fa  maifon^il  vomit  la  viande  indigefte  àc 
rendit  du  (ang  par  les  oreilles  oc  vn  peu  après  il  furuint  quelques  vns  des  acci- 
dents qui  ont  accoutume  de  {uiurc  l'émotion  du  Cerueau  :  &  quoy  qu'en  ce 
temps  la  ic  fulïè  détenu  d'vne  gricue  maladie ,  on  ne  lallfa  pas  de  me  demander 
conîlihieUiy  fis  rafer  lescheucux,oindre  la  Telle  auec  des  huyles  conuenablcs, 
appliv^uci"  des  cataplafmes,ck>nner  des  laucments  &ordonnay  les  remèdes  qui 
font  necelïaircs  en  vne  émotion  de  Cerucnu  >  Icfquels  furent  approuucs  par  le 
Douleur  R.CX  qui  fut  demandé  après  moy  :  mais  quoy  que  le  malade  &  les  aflS^ 
fiants  eudent  choifi  qu-lques  vns  de  ceux  qui  ctoyent  le  plus  à  leur  fantafic 
comme  lalaignécs  le  fuppoliroii'e  &  les  inonâ:ions  &  laifsc  les  autres  ,  il  fut 
neantmoins  11  bien  remis  au  bout  de  14.  ou  15.  iours  qu'il  alla  to*js  \cs  iours  par 
ville  iulqu'au  2  ^.Auril,  auquel  iour  il  commença  à  fe  plaindre  d'vne  pefanteur 
de  T^-flc  $c  d'vne  douleur  cachée  auec  des  tournoyemcnts,  &. continuant  cncor 
à  méprilct  les  remèdes  «cceiraires  ,  trois  iours  après  il  fut  attaqué  de  conuul- 
llonsepilcptiqucs  qui  le  trauaillerent  fi  rudement  &  fans  difcontinuation  l'ef- 
pacc  de  i4.hcLircs,  qu'il  ne  rcconnoiffoit  plus  nifcsamisni-Ccux  delamaifoiir 


des  Opérations  de  Chirurgie.  $$5 

il  fut  aufll  faifi  incontinent  de  ficvre  très  ardente  aiiec  rêverie  Se  fut  emporté 
auant  le  quatrième  iour  de  la  maladicn'l  cft  vray  fcmbJable  qu'après  la  chute ,  il 
s'ctoit  verse  quelque  matière  fur  le  derrière  de  la  Tefte  qui  y  auoit  croupi  à 
caufe  du  froicl,dcs  le  mois  de  lanuicr  iufqucs  en.Aurilfans  offcnfcr  le  Cerucau, 
mais  à  l'arriucc  du  printemps  le  malade s'c'tantfouuent  expose  au  Soleil,  cet- 
T I  te  matière  s'ctoit  échauffée  Se  rendue  acrcjce  qui  fît  inflammation  au  Cerueau: 
,1 1  i'ay  au(fi  remarque  en  des  aurrcs  qu'il  s'cft  amafsc  quelque  matière  contre  na- 
ture autour  des  membranes  du  Cerucau  qui  y  i  croupi  quelque  temps  fans 
porter  du  ^ïdadicf.Oèf.XI.CentHrX^' 


OBSERVATION     X  VIL 
D'i-one  cmcujfion  dn  Cerneau  auec  plaj^  en  la  Tefte. 

L'Ail  lôûQ.  au  zi.  Odobre  la  femme  deMonfieur  Pierre  Quey  Marchand  à 
Vcuay  fur  le  Lac  de  Geneue  ,  faifanr  pefcr  vue  malle  de  fer,  le  Valet  lailïà 
tonner  par  mégarde  vn  des  poids  fur  la  Tefte  qui  donna  ou  finciput  droit  :  elle 
tomba  incontinent  à  terre  comme  morte  Ôc  rendit  la  viande  toute  crue  &:  du 
fang  par  labouche,le  ncs&  les  orcilicSjnon  feulement  ce  iour  la  mais  aufli  les 
fuiuants  auec  perte  de  la  parole  :  après  qu'on  l'eut  mis  fur  le  lidt ,  chacun  crue 
qu'elle  ctoit  aux  extrémités:  neantmoins  fon  mari  voulut  que  i'y  miflè  la  main: 
fes  domeftics  mirent  pour  le  premier  appareil  vn  blanc  d'œuf  bâtu  auec  de 
l'argille  de  forge  fur  la  playe  pour  arrêter  le  fang  :  étant  arriuc  le  fécond  iour 
de  Laufanne  &  ayant  rasé  les  cheaeux  ,  ie  dêcouuris  vne  fort  grande  playe  fur 
le  bregma  droit  qui  alloic  iufques  au  Crâne  en  longueur  fur  la  future  droiteje- 
quel  pourtant  n'étoit  ni  rompu  nienfonccielle  auoit  fièvre  ,  douleur  par  toute 
la  tcfte^aucc  veilles ,  inquiétude  &  défriillances:  fî  tôt  qu'elle  auoit  pris  quelque 
bouillon,  elle  ie  rcndoit  incontinente  il  y  auoit  encordes  autres  lignes  par  lef- 
quels  on  pouuoit  connoîcre  que  le  Cerueau  auoit  été  bien  ébranlée  qu'il  y 
auoit  du  fang  cxtiauasé  qui  étoit  amafsc  autour  des  membranes  d'iceluy  :  i'a- 
ucrtis  ceux  qui  étoycnt  autour  qu'il  étoit  nccelHiire  d'ouurir  le  Crâne  afin  que 
le  Cerueau  put  fe  déchargerais  tuouuerent  ma  raifon  bonne ,  mais  neantmoins 
ils  voulurent  que  ie  fille  elfay  de  tous  les  autres  remèdes  auant  que  de  venir  à 
celui  bjqui  leur  fembloit  iî  dangereux,  premièrement  parce  qu'elle  étoit  en- 
ceinte bien  auant  &  fuicttc  à  des  douleurs  de  tefte  dés  quelques  années,  (^ou- 
tre qu'elle  s'ctoit  trouuée  foiblc  tout  le  temps  de  fa  guodclTè  J  1°.  Parce 
qu'il  faloit  faire  vne  nouuelle  incifîon  à  côté  de  la  playe  pour  la  dilater 
vers  le  mufcle  temporal  afin  que  l'on  put  faire   commodément  l'ouuer- 

Z  z     a 


5^4  Liure  Cinquième 

turc  du  Crâne  :  i'y  confentis  afin  que  rien  ne  me  fut  imputc,tcnatlt  neant- 
rrîoins  prc{lmon  ncpan  &  roiit  ce  qui  ctoit  ncccifaire  pour  l'opaation  :  afin 
que  h  ie  voyois  qucle  mal  all.i  en  empirant  ic  niv  fiuillc  de  ce  dernier  remède: 
car  ie  me  fouucnois  qu'autre  fois  ic  m'ctois  ferai  hcureulcmcnc  l'onzième 
iour  du  rrepan  aucc  Mjicre  lean  Grifl-on  :  le  mis  donc  fur  l'os  du  charpis  fcc 
&  fur  ia  playe  le  digeftif  fuiuanr.  ^.  Terebinth.  lot£  In  aj.  béton.  &  faluix.  ^i. 
pI.  rôfac.  &  ol.  'nojîri  de  béton,  an.  |/.  ol.  de  ''■ôitell.  ouor.  ^i.  gHmmi  elc?m  dijjoluti 
eum  di^is  oleis  & per  col.  5  B.  croci  d'i.  'mellos  ouor.  mtmer,  11.  m.  f.  vr^gu.  Il 
faut  après  couuriile  tout  auec  vngucntum  bafilicum  :  i'oignis  toute  la  Tcftc 
auec  les  huyhs  fuiuantcs.  5^.  Ol.nojiri  de  beton.\i,  ol.  rofac.  l'ii.  m.  le  luy  doii- 
nay  vn  lauementdous  le  même  iour  fur  le  foir,  parce  que  le  ventre  ctoit  relïcr- 
rc,n'efant  pas  luy  en  donner  vn  fort ,  à  caufe  de  la  grolkllè  èc  que  le  fruit  etoit 
déia  ébranlcjvcu  qu  die  auoit  Aqs  trenchces:aprcs  qu'elle  l'eut  rendu,ie  luy  ou- 
uris  vne  vêne  au  bras  droit  &:  tiray  cnuiron  quatre  onces  de  faiig  pour  faire  re- 
Huliton  ,  car  i'ctois  oblige  d'y  aller  auec  pi  udence  tant  à  railon  de  la  grolfelïè 
que  de  l'abondance  du  fang  quictoitfortipar  la  playe:  i'auois  pourtant  délibè- 
re de  luy  ouurir  quelques  iours  après  vne  des  iugulaires  au  côte  droit,commc 
ie  I'auois  pratique  auec  fucccs  en  vne  fille  de  Laufanne  qui  auoit  le  Cerueau 
ébranlc:ic  changcay  ncantmoins  d'auis  au  fuiet  du  mouuemcnt  de  la  natureimais 
comme  elle  n'auoit  point  repose  à  caufe  de  la  douleur  des  le  commencement 
du  mal ,  ie  luy  baillay  de  ux  heures  après  fouper  quatre  grains  de  laudanum  qui 
la  tirent  dormir  afsts  bic  n  cette  nuit  là:k-  iour  fuiuât  ie  mis  derechef  fur  l'os,  (et 
qu'il  faut  faire  iufqu'accqn'il  foitcouuertdechairjdu  charpyfec  &  du  digeftif 
précèdent  lur  la  playf  jl'oignanr  toute  auec  les  mêmes  huyles  :  &c  tandis  que  ie  la 
pençois  ie  couuroii  toute  la  Tefte  auec  le  fachet  fuiuant  chaud  :  i^.&c.Le  fai- 
iant  cuire  en  vin  toiigfjil  défend  laTcfte  de  l'iniure  de  l'air,  fortifie  le  Cerueau 
CJ:  diirout  <3c  incik*  le  iang  caille,  le  failant  en  partie  exhaler  à  trauers  les  pores 
eu  ^uir,en  pareil  le  rendant  propre  pourforrii  par  les  palîàges  naturelsiie  m'en 
fers  oïdinaircment  aux  playcs&:  contulions  de  la  Tefte  ,  mais  après  auoir  em- 
ployé les  rcmcdcs  généraux  :  après  qu'il  le  fut  ferui  de  cqs  remèdes  &  obferué 
vue  bonne  façon  de  viurc,  ayant  reçu  de  deux  iours  l'vn  vn  lauement,la fièvre 
&  l.s^ucres  accidents  diminuèrent  beaucoup, &  la  playe  fe  difpofoit  à  vne  bon- 
ne fuppurarion,  de  forte  qu'an  fcpticmc  iour  il  n'y  auoit  plus  ni  douleur  nific- 
Yie  :  U  f  pcirme  étant  palst  i'oignis  toute  la  Tefte  auec  de  la  feule  huylc  de  be- 
toiiie  &^  mi  >  lur  la  playe  l'onguent  fuiuant.  Of.  Terebimh.  lot£  in  at^./àluid  §{?. 
gunimi  el  e?ni  dif'ol  ,in  oleo.  béton.  T^ii.  pHlu.radic  garyophtlUt£.rad.iridis/iriftol.rot, 
m)Yrhjt,itkmis  a^t.-jf'i.cHrnfcj.meUii  rof.&  vitello  oui  f.vngn.  ^Hod  flamentis  impo-  - 
tiendnrn  f/?.-Ic  couuiois  enfin  le  tout  aucc  empl.  de  betonica  :  Le  cinquième  iour 
du  m.-l  elle  commença  à  fentir  vne  douleur  pcfantc  derrière  les  oreilles  &  au 
Coi  iufqu'aux  cpaulcSjOu  fe  fit  vne  fort  giandc  Ecchymofe  par  vn  (îngulicr  bc- 
nifiçc  de  la  nature,  laquelle  chairoit  le  f^ng  cxtrauasc  &  caille  qui  auoit  ctc 

-^IDaûc. 


A  es  Opérations  de  Chirurgie.  j^5 

imafsc  autour  des  ircmbraiics  du  ccrucau  par  CCS  emundoircs  :  &  dcuant  le 


m 


...elcauec  du  pus,  le  ii.  15.  &  14.  elle  n'en  rendit  pas  en' fi  grande  quantité  mai? 
feulement  par  interualLs  :  dés  le  15.  iufvu'au  50.  &  au  delà  elle  rendit  beaucoup 
de  matière  purulente  par  le  nés  :  aiufielle  fut  guérie  heurcufement  par  vnc  fin- 
galieic  grâce  de  Dieu  ,  ôc  porta  Ton  fruit  à  terme,  ayant  fait  des  gémeaux  ea 
cette  couche  qui  font  encor  viuants  en  la  prdfente  année  1608.  Objeruation  22, 
Ccntur.  3. 


OBSERVATION     X  V  I  II. 

D'vn  Garçon  ^tti  ejî  âettenu  Jîupide  après  vne  enfonçeure  du  Crâne. 

VN  garçon  de  bonne  vnaifon  eut  rcfprit  fort  vif  iufqu'à  l'âge  de  10.  ans, 
de  forte  que  les  père  &  mère  coKÇcurent  efperance  qu'il  dcuiendroit  vn 
iour  habile  homme  :  mais  ayant  pafsc  ks  dix  ans ,  fa  mémoire  commença  pre- 
mièrement peu  à  peu  diminuer  ,  en  après  le  iugemcnr  &  à  la  fin  il  dcuint  Ci 
lourd  qu'il  fctrouuaetre  incapable  d'étudier  &  mcme  d'apprendre  quelque 
Artmechanique,  quoy  qu'il  eut  incliuation&  volonté  :  Ion  frerc  grand  Phî- 
lofophe  6c  Médecin  m'a  dit  à  diucrfcs  fois  qu'il  ne  pouuoit  rendre  autre  cauft 
de  cette  ftupidiré  qu'vne  Dcpreiîion  du  Crâne  qui  auoit  été  enfoncé  par  vnc 
chute  vers  la  future  lambdoiie  ,  a  l'âge  de  dix  ans  :  mais  comme  il  n*é- 
toitfuruenu  aucun  accident  coiifiderable  ,  les  parents  n'en  firent-point  de  cas 
au  commencement,  ainfi  le  mal  ayant  été  méprisée  le  Cranc  s'étant  endurci 
peu  à  peu,  cette  depreflîon  luy  dura  iufqu'a  la  fin  de  fa  vie  :  le  i'ay  connu  fami- 
lièrement à  l'âge  de  5e.  ans,&ay  confidcré ,  même  raté  ccrre  ctïfonçeureauec 
les  mains  :  Ou  peut  conoître  par  là  l'abfurdité  de  l'Opir.'ion  de  Félix  Vuirtz 
qui  dit  qu'il  ne  faut  pas  beaucoup  fe  tiauailler  pour  les  enfonçcuiesduCrane> 
mais  çfu'il  faut  tout  remettre  à  la  nature  ,  croyant  qu'il  n'importe  en  rien  fi  la 
Depri'flîon  demeure  :  au  contraire  on  voit  qu'elles  font  dangercufes  &  aux  en- 
fants &  aux  grandes  peifonnes  ,  quoy  qull  ne  furuiennc  pas  de  grands  accî-» 
dents  dés  le  commencement.  Ohferti.  xi.  Cent.  3. 

Za^    y. 


r 


^66  Liurc  Cinquième 


.,.it.  < 


OBSERVATION     X IX. 

D'vne  enfonçeure  du  Crâne  âcompagnée  Ae  grands  accidents, 

L'An  i577.vn  homme  de  40^  ans  à  Noliis  dans  l'Eucché  de  Cologne  ayant  ccc 
blcfsé  d'vn  boulet  de  fer  qui  pcfoit  plus  d'vne  liurc  &:  demi  au  fïnciput 
gauche auec  grande fradurc  &  enfonçeure  du  Crâne ,  tomba  par  terre  comme 
morCi  perdant  exitierement  la  parole,  la  veiic&  roiiycj  il  vint  auffi  Paralytique 
en  la  partie  oppodte:  le  Crâne  ayant  été  rclcuc  quelques  iours  après  6c  remis  en 
(à  place,  la  parole  luy  reuint  &  les  autres  {ymptoracss'arrctcrcnt  peu  à  peu  6^  en 
fia  reuinc  en  fanté:  Obfcru.  3.  Cent.  2^ 


OBSERVATION       XX. 
Sur  le  mime  fuiet. 

PRefqueenmcmc  temps  audit  Territoire,  au  Château  dit  Seillikum.  vn  iel^ 
ne  homme  de  14.  ans  tonibantde  cheual  donna  fur  lefommet  de  la  telle  & 
fc  fît  vne  légère  enfonçeure  au  Crâne,  mais  n'étant  fur uenu  au  commcncemcnl 
quafî  aucun  accident  &:  la  playe  étant  petite,  on  mcprila  le  mal,  quelques  iouri 
après  le  malade  ayant  été  fai/î  de  grands  accidents  :  on  demanda  Maiftre  lear 
Dumgens ,  auec  lequel  i'exerçcis  la  Chirurgie  ,  nous  le  trouuâmcs  en  ficvr( 
auec  douleur  de  telle,  veilles  «Se  inquiétude,  la  playe  ctoit  enflammée,  fî- 
nueufe  &  pleine  de  pus  auec  enfonçeure  du  Crâne:  la  fièvre  ayant  augmenté  pci 
à  peu  auec  la  rcueric  &  étant  venu  Paralyfic  en  vn  côtCj  enfin  il  m.ourut.  Obfer 
l.  Cent.  2. 


OBSERVATION     XXI. 
Sur  lemlmefmet. 

EN  Septembre  ièo6.  ie  fus  demande  pour  aller  voir  vn  homme  de  60.  an 
non  loin  dePayerne  auquel  l'os  du  front  au  côté  gauche  ,  à  l'endroit  ou  le 
chcueux  commencent  à  fortir,  auoit  été  enfonce  bien  auant  par  vn  coup  d 
pierre  :  il  tomba  par  terre  à  l'inftant,  auec  vomiircment  &  perte  de  parole,  d 
iugcmcnt,  de  la  veuë  6c  de  l'oUye,  étant  venu  Paralytique  de  tout  le  côté  oppo 
fitc  ;  ayant  êtc  demande  huit  iours  après  le  coup  ôc  coniîderé  la  playe  qui  cto) 


des  Opérations  de  Chirurgie.  5S7 

tfscs  petitc,radiicrtis  ceux  qui  ctoycnt  auprès  qu'il  êcoicneccltiirc  d'clargir  la 
playe  6c  de  releiier  le  Crâne  ,  cfperant  que  par  ce  moyen  le  malade  pourroit  fe 
remcccrc  :  car  il  êtoic  encou  afscs  robuftc  à  piopoitiou  de  la  grandeur  du  mal, 
prenant  les  bouillons  Se  tout  ce  qu'on  lay  prcfentoic  :  mais  ks  parents  &  la 
foule  du  monde  qui  ctoic  àl'cnrour  ayant  méprise  mon  conieil  ,  ie  me  rcti- 
ray  :  il  mourut  peu  de  iouis  après  ,  qnoy  qu'apparemment  on  l'auroir  peu  fau- 
uer. 

jidnenljfemem  fur  les  Obferuattons  précédentes. 

Il  appert  par  les  Hiftoires  précédentes ,  premièrement,  qu'il  efl:  ncccllàîre  de 
remettre  en  fa  place  le  Crâne  enfoncé,  z.  que  l'opinion  de  Félix  Wirtz  eft  tres- 
dangereufe  qui  tient  qu'il  ne  fe  faut  pas  mettre  beaucoup  en  pcne  de  remer- 
tre  le  Crâne  enfoncé ,  mais  qu'il  faut  tour  remettre  à  la  nature  de  qu'il  n'im- 
porte de  rien  Ci  le  Crâne  demeure  ainfi,  veu  que  cela  n'eiîipéche  le  mouuemcnc 
du  Ccrueau  àcaufe  du  vuide  &  de  la  diftance  qui  cft  entre  la  membrane  5c  le 
Crâne  :  mais  ce  bon  homme  fe  trompe  en  ce  lieu  comme  en  plusieurs  autres: 
car  ceux  qui  font  tantfoir  peu  versés  en  l'Anaromic  fçaucnt  que  ce  vuide  cft  Ci 
petit',  que  pour  peu  que  le  Crâne  foit  enfonce,  le  mouuement  duCcrueaueft 
empêché,  principalement  fi  l'enfonçeure  cft  à  1'.  ndroit  dci  futures  aufquclles  la 
Dure  mère  eft  attachée  /  ayants  même  remarque  q^u'ellc  ccoit  entièrement  atta- 
chée au  Crâne,  Obfern.  3.  Cent.  1. 


OBSERVATION    XXII. 

De  FEleuation  dn^  Crâne ,   principalement  en  ceux  <^ui  font^ 
Auancés  en  âoe.  • 

ÎL  faut  fans  dclny  réduire  en  fi  place  le  Crâne  enfoncé  ,  car  premièrement  il 
empêche  la  génération  de  Tefptit  animal  &  fa  diftiibution  ,  en  après  le  Pe- 
ricvane  étant  irrité  par  l'enfonçeure  d  iceluy,  ilarrîuc  de  très-grandes  douleurs 
kfquellcs  attirent  des  défluxions  d'humeurs^  de  fang  fur  la  têcé  &  le  Cerueau, 
qui  font  inflammation  es  membranes  du  Cerueau,fuiuiedc  fièvre  &  réuerie:car 
fi  on  ne  va  pas  tout  à  l'heure  au  deuant  du  mal  &  Ci  on  ne  relcue  pas  le  cranc 
cnfonecjle  remettant  en  fa  place,  c'eft  fait  du  malade:  Or  les  Chirurgiens  fe  fer- 
uent  pour  releuer  le  Crâne  d'vn  Eleuatoire  qui  a  deux  ou  trois  pies  :  le  ne  fçay 
quienaêtc  le  premier  inuenteur:  les  figures  font  en  Guy  de  Cauliac  mis  en  lu- 
mière par  Laurent  louberr:  dans  le  Commentaire  de  Pierre  Pauius  fur  le  liurc 
d'Hippocrate  de  FraSluris  :  dans  Paré  liu.  10.  chap.  5.  dans  ïean  André  de  la 
Croix  ôc  Gautier  Ryeff  :  mais  ayant  remarque  qu'iceluy  auoit  quelque  cho- 
fe  d'incominode  ,.  i'i»  ay  iiauentc  vn  qui  cft  plus  propre  duquel  ie  feray  la 


I 


jtfg  Liure  Cinquième 

defcription  après  auoir  dit  les  incommodités  de  ccliiy-ià  :  i.  il  faut  que  la  bafé 
ou  les  pics  de  l'clcuatoire  des  Anciens  foit  mifcfur  les  bords  de  la  playc  ou  prés 
d'iccUe,  mais  chacun  fçaic  qu'es  enuironsdc  la  playe  il  y  a  toujours  inflamma- 
tion, tumeur  &  douleur,  partant  ie  ne  puis  pas  comprendire  comme  on  s'en 
peut fcruir  auec Ytilitc  :  2.  Ton  application  cft  fort  difficile,  car  ces  foutiens 
faits  eu  forme  de  Trepié  empêchent  que  la  vis  ne  puiflè  bien  être  fichée  au  mi- 
lieu:  3.  fa  façon  &  ftrudurc  eft  fort  difficile  &  requiert  va  bon  maiftrc  ,  outre 
qu'il  n'y  a  point  d'ouurier  qui  le  fçache  faire  qu'il  n'ait  vn  modelé  deuant  foy,  la 
reprefentation  ne  pouuant  pas  fuifirc:  mais  tout  fcrrurier  pour  mal  habile  qu'il 
foit  en  pourra  facilement  forger  vnfurle  portrait  que  i'enbailleray  ,  d'auanta- 
pc,  l'âplication  n'en  eft  pas  point  pcnible,'carrcleuaroire  marque  A  doit  être 
détaché  de  toutes  les  autres  parties  iufqu'à  ce  qu'il  foit  fiché  bien  ferme  dans  Ic; 
Crâne  :  Il  peut  aulîî  s'accommoder  à  toutes  les  cnfonçcurcs  du  Ciane  en  quel- 
qu  endroit  de  la  tefte  qu'elles foyent fans  faire  aucune  douLur ,  veu  que  cette, 
partie  de réleuatoire,quei'ap pelé  le  fouticn ou  baze  marqué  D  peut  être  pla-i 
ce  loin  de  la  playe  autant  que  l'on  veut  par  le  moyen  de  la  partie  courbe  mar- 
quée G  :  en  après  s'il  y  a  douleur  en  vn  endroit  de  la  playe  ,  il  faut  mettre  le 
fouticn  en  la  partie  oppofite:  par  exemple,  pofonsle  cas  que  i'aye  à  traiter  vue 
playc  auec  introceflîon  du  Crâne  &  tumeur  au  finciput  droite  vue  douleur  fi 
f^rande  qu'on  n'y  puilfe  pas  pofer  l'cleuaroirc  à  trois  pies ,  alors  il  faut  mettre 
le  fouticn  de  nôtre  eleuatoire  marqué  D  ou  au  finciput  oppofite,  ou  à  la  fu- 
ture Lambdoide  ,  ou  vers  le  front  là  où  les  chcueux  commencent,  ou  en  quel- 
qu'autrc  partie  de  la  Tefte  ou  il  n'y  ait  point  de  douleur,commcon  le  peut  voir 
par  la  fig.  i.  de  la  table  10. 

Explication  des  Charatlheres. 

A  marque  l'Eleuatoircil  tft  fourchu  au  deifus  afin  que  l'onC  puiifc  plus  aisé- 
ment tourner  &  ficher  dans  le  Crâne. 
B  Le  trou  doit  être  de  telle  grandeur  qu'il  puilfe  bailler  pallàgc  au  Leuier  ou 

bafton. 
C  la  pointe  de  l'Eleuatoire  faite  à  vis  que  l'on  fait  entrer  dans  le  Crâne,  après  y 

auoir  aupatauant  fait  vn  petit  trou  auec  vn  perçoir:  cette  pointe  doit  être  de 

bon  fer  de  peur  qu'elle  ne  rompcen  tournant  l'inftrument. 
D    Vn  foutien  large  &:  vn  peu  enfonce  à  caufe  de  la  rondeur  de  la  tefte. 
E  Vne  vis  par  le  moyen  de  laquelle  le  fouticn  peut  étrehaufsé  ou  baifsé  au  grc 

du  Chirurgien  &  félon  la  necefllité. 
F   Le  leuier  oa  bâton  de  l'clcuatoire  qui  doit  auoir  douze  pouces  de  Ion 

gueur.  ,  ;  , 

G  Vn  coude  ou  pli  par  le  moyen  duquel  le  fouticn  marque  D  peut  être  adapte 

à  toutes  les  parties  de  la  tefte  &  eft  éloigné  d'enuiron  deux  pouces  de  l'écrou 

de 


des  Opérations  de  Chirurgie.  3^9 

de  lavis:  or  ce  coude  eftfait  de  telle  forte  que  le  Icuicr  ne  peut  être  ployé 
qu'en  bas  &  nullement  en  haut,  autrement  rinftrumentneferuiroit  de  rien: 
on  trouue  des  balances  chcs  les  marchands  qui  fc  ployent  par  le  moyen  de 
ces  brifementSjmais  àreboursjaffauoir  en  haut. 
Il  faut  maintenant  parler  de  la  manière  de  fc  feruirde  cctinftrumcnt:  premiè- 
rement fl  la  peau  eft  entière,  comme  ie  l'ay  vcu  fort  fouuent  après  auoir  rase  les 
heucux ,  il  la  faut  couper  auec  le  Pericrane  en  croix  &  la  dilater  ,  regardant 
bien  foigneufcment  en  quel  endroit  Crâne  eft  plus  enfonce  >  car  c'eft  là 
^u'ilfaut  pofer  la  vis  marquée  C,  détachée  de  toutes  les  autres  parties:  mais 
il  ne  faut  pas  mettre  la  vis  de  l'EIeuaroire  au  milieu  de  l'os  enfoncé  ,  comme 
Font  quelques  Chirurgiens  C  Ci  ce  n'cft  queparauenture  l'os  foit  également  en- 
fonce de  tous  côtés ,  ce  quiarriue  rarement  en  ceux  qui  font  auancés  en  âge  J 
mais  à  côte  &  à  l'endroit  où  il  eft  le  plus  enfoncé  comme  nous  auons  dit: 
Dr  comme  la  vis  ne  fçauroit  entrer  dans  le  Crâne  qu'auec  vn  grand  effort ,  ôc 
qu'il  y  a  du  danger  qu'en  l'introduilant  dans  le  Crâne ,  qui  eft  dc-ja  enfoncé,  il 
l'enfonce  cncor  d'auantage,il  le  faudra  prem.iercment  percer  iufqu'àla  fecoiîde 
cable  auec  vnTirefons  fort  aiga,qui  ait  la  pointe  en  triangle  ou  quadranglc,z/o)  w 
ta  figure  i.  de  la  table  lo. 

Il  faut  tourner  doucement  &  légèrement  ce  Tirefons,le  prelfant  contre  le 
I3rane  en  l'Opération,  de  p^^ur.  que  la  partie  d'iceluy,qui  eft  rompue, ne  s'en- 
fonce encor  d'auancage  ,  or  il  le  trou  qui  aura  été  fait,cft  feulement  de  la  gran- 
deur qu'il  faut  pour  rcceuoir  la  pointe  de  la  vis  marquée  C,  c'eft  afsés,  car  Ci 
die  eft  bien  aiguë,  elle  fc  fera  aisément  partage  :  mais  comme  i'ay  dit ,  lavis 
doit  être  détachée  de  toutes  Ces  autres  parties,  la  tournant  doucement  tant 
qu'elle  foit  futHfamment  fichée  dans  le  Crâne,  fe  gardant  bien  touresfois  de 
percer  la  féconde  table,que  les  Anatomiftes  âpelent  vitrée,  de  peur  que  quelque 
rragment  |.'ointu,comme  il  ariiue  afsés  fouuent,ne  vienne  à  piquer  i^  à  L.ftenfer 
dangereufementles  membranes  du  Ccrueau  :  or  en  tournant  la  \ns,  le  Chirur- 
gien doit  tenir  la  main  fiifpendue  plutôt  que  de  la  preilcr  en  bas ,  fe  donnant 
garde  tant  qu'il  eft  poftible  que  le  Crâne  n'enfonce  vers  le  Cerneau  :  la  vis 
étant  entrée  alscsauanr,  le  Leuicr  de  l'Eleuatoire  marque  F  doit  palTcr  par  le 
itrou  marque  B  mettant  le  ioutien  marqué  D  fur  la  tête,  à  l'endroit  le  plus 
com.mode  ,  &  où  il  y  ait  moins  de  douleur  :  mais  de  peur  que  le  fouiicn  n'of- 
fence  la  tête  en  le  comprimant,  il  faut  mettre  vn  linge  plié  en  pludcurs  dou- 
bles :  parlemoyen  dulouticn  &  de  la  vis  marquée  E,  on  ha n lie  ou  bailK.  le 
Lcuicr  de  l'Elcuatoire  comme  l'on  veut  :  tout  cela  ayant  êto  fait  par  ordre, 
|ii  faut  fouleuer  auec  la  main  le  Icuier  marqué  F  tant  q^ic  la  parti.-  enfoncée  du 
Cranefoit  releuée&  remitc  en  (x  place  naturelle:  mais  ilcft  neccinire  que  dans 
l'Opération  qu*clqu'vn  des  aflîftants  tienne  la  tefte  ferme  :  &  pour  le  faire 
comprendre  plus  aisément  aux  apprentifs  i'ay  voulu  adiouter  Idi  figure  qni  eji 
la  ^Je  la  îMe  X. 

Aaa 


37  o  Liure  Cinquième 

Il  arriue  aiiflî  pav  fois  que  quelque  partie  du  Crâne  eft  tellement  fracafsce, 
qi.îc  l'on  ne fçuiroic  lirci  ics  os  ni  auec  les  tloigrs ,  ni  anec  les  pincettes  ,  com- 
me ie  l'ay  veu  afscsTouacut:  fi  donc  il  y  a  quelqie  f.nte  dans  le  Granc  afscs  ou- 
ucrtc  ,  il  n  cfV  pns  alois  ncccinire  de  trolier  le  Cran-:  pour  y  porter  l'Eleuatoircj 
niais  on  remecrra  aisément  le  Crâne  enfonce  en  la  place,  y  matant  le  crochet 
fuiuantj^wr^  4.  table X.    par  lequel  on  fera  palier  le  Leuicr    F 

Qiie  fi  la  fente n'eft  pas  l'ufHrante ,  il  faut  couper  auec  vn  inftrument  dente- 
lé, ou  Scie,quelqiie  portion  de  l'os  j  fc  donnant  neantmoins  garde  que  dani 
l'Opération  la  membrane  ne  foit  ofïencccf  cequ'ilfautobferuer  en  toutes  les 
Opérations  qui  fe  font  fur  le  Crâne  )  il  faut  aufli  tirer  doucement  les  frag- 
ments d'os,  s'il  y  en  a  ,  auec  des  pincettes  ,  nettoyant  la  raclure  auec  des  peti* 
tes  éponges  trempées  enfuc  de  Bctoine  &  piefsccs,  voyés  les  figures  5.  6.  7.  de  U 
table  X. 

Que  fi  la  fente  ne  peut  pas  être  commodément  élargie ,  de  forte  que  ie  Cer- 
neau ne  puiffe  pas  être  nettoyé  par  là  du  fang  caillé,  de  la  fanie  &  du  pus,  il  faui 
percer  leCrane  au  milieu  de  l'os  qui  eft  déia  enfoncé,  affauoirà  l'endroit  mar- 
qué C  aux  figures  précédentes  :  on  tirera  trois  auantagcs  de  cette  onuerturC; 
premièrement  en  perçant  auec  le  Trépan  l'os  qui  eft  déjà  enfoncé  &;  découucrr 
il  ne  fera  pas  necelïaire  de  faire  vne  nouuclle  incifion  &:d'oter  la  peau  &  le  Pe 
ricrane  de  deifus  le  Crâne  lequel  eft  dé-ja  découuert,  par  ce  moyen  on  cuiteri 
de  faire  de  la  douleur  pour  vne  féconde  fois  &  vne  haemorrhagie  :  2.  Trepa 
«ant  &  perçant  le  Crâne  en  la  partie  même  affligée,  le  fang  caillé  fortira  beau- 
coup plus  aisément  par  icclle,&  toutes  les  humeurs  qui  s'y  vont  rendre  ,  que  i 
on  la  faifoit  à  cofté  :  5.  on  entretiendra  la  playe  ouuerte  en  la  partie  afflige 
auec  beaucoup  moins  de  pêne  (  iufqu'àce  que  le  Cerucau  foit  fuffifammen 
nettoyé  )  que  (ion  faifoit  l'ouuerture  en  vn  lieu  où  il  n* y  apoint  de  mal:  mai 
il  y  a  principalement  vne  difficulté  en  cette  Opération  &  ouuerture  du  Crâne 
ailauoir  que  le  fragment  du  Cvancqui  a  été  réduit  en  fa  place  peut  derechef  ai 
sèment  s'enfoncer:  pour  euiter  ce  danger  il  faut  mettre  le  cloufuiuant  dans  1 
trou  ouCianeoùonauoit  misauparauant  lavis  marquée  C  en  la  figure  de  i'E 
Icuatoirc,  la  tournant  iuiqu'à  ce  qu'il  foit  entré  afsés  auant,  veyés  la  figure  8.  â 
la  table  X. 

Or  la  pointe  de  ce  clou  à  visjcft  troiic'e  en  plufieurs  endroits,afîn  que  l'on 
puilïè  faire  paflèrvnc  verge  de  fer  qui  fe  repofcfur  l'os  entier,comme  on  lepei^i 
voir  en  \z  figure  ç^^  de  la  table  10.  en  laquelle.  AAAA  marquent  les  bordj 
renuersés  delà  playe ,  C  le  Crâne  fradluré  :  BBBB  le  Crâne  entier  &  qu 
n'cft  point  offcncé  :  Or  cette  verge  doit  être  de  telle  longueur  que  fcs  cxtrej 
mirés  (c  rcpofent  fur  l'os  fain  comme  i'ay  dit  auparauant,  partant  il  faut  auoi! 
vne  lime  toute  prcftc  pour  couper  ce  qui  fera  de  trop:  que  fi  les  extrémités  d'i 
celle  ne  tiennent  pas  bien  ferme  iur  le  Crâne  ,  il  faut  mettre  delîous  quelque 
linge  double  ou  autre  chofe    :  on  peut  par  après  hardiment  percer  le  Cranc  ; 

côt, 


des  Opérations  de  Chirurgie  5;  1 

côte  de  ce  clou,  &  s'il  eft  po{ljbIe,aii  milieu  de  l'os  enfonce  où  eft  la  lettre  C 
que  fi  la  fente  du  Crâne  cil  fi  grande  que  le  Cerueau  puiife  fe  nettoyer  par  là,  il 
n'cft  bcfbin  de  percer  ni  de  trépaner,  ni  peut  être  même  de  crauaillcrlc  malade 
auec  nô:ueElcuatoire,  mais  ce  fera  afscs  de  le  remettre  en  fa  place  auec  cet  Elc- 
uatoire  fort  fimple  &  ordinaire,  voyès  la  figure  première  de  la  table  1 1. 

Enuiron  l'an  1585.  vn  Payian  du  D:ichc  de  Monts  pics  de  Medna  reçut  vn  fi 
rude  coup  de  Lance  au  finciput  qu'il  tomba  tout  à  l'inftantpar  terre  &  fut  por- 
te à  demi  mort  au  lid  :  Maiftre  lodoque  ,  Chirurgien  afscs  expert  à  Hildcn, 
ayant  été  appelé,  il  le  trouuafans  conoillànce,  fans  parole,  comme  Apoplecti- 
que &  demi  mort  :  ayant  rasé  les  chcucux  6c  dilaté  la  playe,  &c  n'ayant  ni  Elc- 
uatoires  ni  les  autres  inftruments  neccfiaires  ,  il  fe  feruit  d'vn  Tirefonds  des 
Tonneliers,  duquel  ayant  mis  la  pointe  dans  la  fente  même  du  Crâne ,  il  re- 
mit non  feulement  auec  vue  grande  dextérité  le  Crâne  enfoncé  en  fa  première 
place,  mais  même  tira  quelques  fragments  d'os  :  l'opération  reiiflit  Ç\.  bien  que 
les  fymptomes  cclïcrent  tout  à  l'heure  &:  que  le  malade  fut  remis ,  ayant  vécu 
plufieuis  années  après  auec  admiration  de  tout  le  monde. 

La,  Figure  an  Tireforis  efl  en  la  Table  XL  Figure  1. 

l'ay  mis  ceci  enauantpour  aduertir  le  fidèle  Chirurgien  de  n'abandonner  pas 
I  vn  malade  qui  eft  en  danger  à  défaut  d'inftrumenrs ,   ou  de  ne  pas  renuoyer 
rOperadon  iulqu'à  ce  qu'on  en  ait  forgé  ,    mais  plutôt  de  fe  feruir  de  ce  quifc 
prcfentera  pourucu  qu'il  foit  commode. 

Qrf  les  Chirurgiens  au  rcfte  prennent  bien  garde  de  ne  faire  pas  les  Opéra- 
tions lur  la  tcre  f  principalement  quand  les  membranes  &  le  Cerueau  font  dé- 
couuertsj  en  vn  lieu  froid ,  car  le  froid  étant  contraire  &  ennemi  du  Cerueau, 
il  ne  peut  du  moins  que  de  produire  de  grands  accidents  &:  quelques  fois  mor- 
tels: parquoy  i'ay  âcoutuméaux  playes  de  la  tefte  (^principalement  Ci  elles  font 
grandes  J  défaire  tenir  à  vn  feruiteurvncpocle  à  frire  pleine  de  charbons  au- 
p  es  de  lapLiye  tandis  que  ie  li  pence.  Objeru,  4.  Cetit.  11. 


'     OBSERVATION       XXII. 

De  la  manière  de  releuer  le  Crâne  enfonce  des  enfants, 

I'Ay  remarque  quelquefois  que  le  Cranc  peut  être  enfonce  par  vne  chute  en 
des  enfants,  fans  qu'il  furuicnne  aucun  autre  accident  que  le  vomilîèmentdc 
la  viande  non  digérée,  au  moment  de  la  chûre:  car  comme  ils  ont  le  Crâne  mol 
&  rendre,  il  peut  aisément  erre  enfoncé  lans  fradure,  ainfi  que  cela  fe  voit  en  \x 
vaillellc  d'argent  ou  decuiurc  quand  elle  a  heurté  contre  quelque  chofède  dur 

Aaa  I 


f 

371  Liure  Cinquième 

par  ce  moyen  laDiirc  mère  quia  vn  vif  fentimenrjti'ctant  piquée  d'aucun  fiag-  , 
ment:  d'os,il  n'arriue  aucun  fâcheux  accident:  cependant  tous  ceux  qui  font  ver- 
sés en  l'Ai  t  fçauent  qu'il  ne  faut  pas  mcprifcr  ces  enfonçeuies,quoy  qu'elles  ne 
foycnt  pas  de  grande  importance  au  commencement  &  qu'elles  n'ayent  pas 
produit  de  grands  accidents  ,  car  elles  empêchent  le  mouucment  du  Gerucau 
&  il  génération  des  efprits,  aiiifi  ils  deuiennent  ftupidcs  &  Hiicts  aux  dcfluxions: 
or  i'ay  fouuent  remis  telle  ioi  te  d'enfonçcures  par  le  moyen  de  la  ventoufcjfai- 
fantfermci  le  ncs  &  la  bouche,  (^ayantauparauautôté  les  cheucux^  comme  en- 
feigne  cet  excellent  Chirurgien  Parc:  ou  bien  il  fc  faut  feruii  del'inftrument  de 
corne  iuiuantqui  eft  creux,  le  mettant  fur  l'endroit  enfonce,  le  faifant  l'uccer  à 
vn  homme  fort,  fermant  cependant  la  bouche  &  le  nés  à  rcofant  :  ou  bien  il 
faut  mettre  dclfus  quelque  emplâtre  bien  tenace  fait  de  poix,  refîne  ,  Colopho- 
ne  &  gomme  elemi  qu'il  faut  mtztïc  an  miiieu  de  l'os  cnfoncé,ou  bien  celui-  i 
qui  elt  plus  adhuTnr.^./îr.  tritic.  ^j.  I chthyocclU  SjJolntA  in a^.beton.&faluÎA 
56.  puln.  raaftiches,  tharisyfarîntivolatiliSjfangti.  dracon. gyffi an.  3).  m.  coque  in 
a^.  béton.  &falH.  ad  inflam  con/iJJentiamyapplica  calidè.    Incontinent:  après  que 
cet  emplâtre  fera  attache  &  lec  ,  il  le  faut  tirer  par  force  ,  car  ainii  en  tirant  la 
peau  &  le  pericrane,  le  Crâne  enfonce  viendra  après:  Qvîc  (î  cela  n'a  pas  reiifli 
■  à  la  première  fois,  il  ne  faut  pourtant  pas  difcontinuer  ,  mais  il  faut  mettre  vn 
nouucau  emplâtre  &  le  tirer  par  force  comme  le  pie'^ïiier,^  afin  qu'il  s'attache 
tant  mieux,il  ne  faut  pas  entièrement  rafer  les  cheueux:qae  s'il  luruient  quelque 
doulciir,  il  fiuitoindre  l'endroit  aïKC  huylerofat  oumyrthinôfdciauned'œufs: 
cet  emplâtie  doi-c  être  rond  ou  de  la  forme  de  Teufonçeure  :  il  ne  doit  pas  non 
plus  être  Ci  g'and,mais  feulement  en  couurirla  tierce  partie,  car  par  ce  moyen 
il  fera  moins  Je  mal  quand  on  le  voudra  arracher  &  on  attirera  plus  aisément 
Ce  qui  eft  ei  foncé  ••  il  faut  aiiflî  qu'il  y  ait  au  milieu  vue  fillelie  que  le  Chirur- 
gien tirera  <^oyés  lafig.  ?.  de  la  table  XI. 

A  A  A  marquent  la  circoij£rence  de  Tenfonçeure. 
B  rtmplâtre  misau  milieu  d'iccUe 
C  la  Coidelle 
Et  cependant  que  le  Chirurgien  tire  l'emplâtre  ,   il  faut  fermer  le  nés  &  la 
bouche  à  l'enfant,  car  le  Ccrueau  venant  à  s'enfler  par  la  rétention  des  efpritsjc 
Cranc  enfoncé  retournera  pliss  facilement  en  fa  place  :  Que  s'il  ne  fc  releue  pas 
par  CCS  remèdes  &  par  l'Opération  manuelle,  il  faut  couper  la  peau  en  croix  & 
ayunt  découucrt  le  Crâne,  le  releuer  a.iec  l'Eleuatoire  fui.uant  ou  auec  le  mien: 
traitant  rn  fuite  laplaye  qui  a  été  faite  comme  on  traitte  les  autres,  voyes  Ufig. 
jf  de  la  ti^ble  XI. 

i'adu^  rriiderechc  fies  Chirurgiens  qu'ils  fe  prennent  garde  de  ne  palïer  pas 
s'il  eft  palfîble,  la  prcmicic  table  du  Crâne,  car  ea  perçant  la  féconde,  qui  n'eft 
pas  fi  rp.^.'iK'  mais  fort  fiiable,il  demeure  après  des  inégalités  qui  font  de  la  dou- 
leur &  autres  accidents  en  piquant  le  Cerneau.  Qhferu.  5.  Cçntar.  2. 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  37J 

.       OBSERVA  T.  I  ON     XXIV. 

De  t'^f^ge  de  la  l^ eut oufe pour  relener  le  Crâne  enfoncées  Enfants. 

VOus  me  demandes  mon  opinion  rouchant  l'vfagc  de  la  Venroufc  pour 
ivleucv  l'cnfonceurc  duCiane  es  cnfâ':s,car  vous  m'écriucs  quevousauez 
oliy  dite  à  vn  grand  pcrfonnagc  qu'elle  caufe  plus  de  mal  que  de  bien,  en  fai- 
fanr  rcurer  &c  rider  par  vioicn.;c  la  peau  de  i'c.nfunr,t<t  qu'elle  fepare  d'auanta- 
gc  les  os  rompus  IVn  d'auec  raurre,lcs  enfonçant  encor  d  auanrpge  :  fe  refpons 
aucc  diftiiîction,  que  fi  le  trane  cft  locnpu  6c  la  peau  ciuicrc,que  certainement 
en  ce  cai  la  Vcntoulc  f^ra  du  mal  ,  à  caufe  dequoy  il  faut  faire  incifion  en  la 
peau  pour  tirer  les  os  rompus  :  car  alors  les  fragments  du  Crâne  ne  font  pas  du 
mal  iîmplement  parce  qu'ils  font  enfonces,  mais  parce  qu'ils  piquent  les  mem- 
branes:que  fi  leCvanc  des  Enfanrs,îcqucieft  mol  &  tendre,cft  enfonce  fansfra- 
ân'-cjalors  la  Vcntcufc  ell  tresbonnccommc  ie  l'ay  experimentc,&c.Fo//'0^- 
feruatton  précédente  y  Efitre  i^.  — -  — 


ic  OBSERVATION     XXV. 

i; 

1  D'vne  enfonceure  dn  Crâne  anec  contufion  en  la  peau, 

L*An  1600.  vne  fille  de  Laufanneâgcc  de  18.  mois  êcant  tombée  en  vn  tor- 
rent îk  la  tête  ayant  donné  çà  &  la  contre  plulieurs  cailloux,il  fe  fit  vne  il 
grande  contulion,que  ie  fus  oblige  d'ouurir  en  trois  endroits  le  panniculemuf- 
culeux  vers  le  linciput  giuchc,à  cauie  de  l'abondance  du  pus  :  ayant  fait  inci- 
fion en  la  peau ,  ie  tiouuai  non  fculcm.ent  le  Crâne  dccouueiC,mais  auili  enfon- 
ce,toutefois  fans  fra6tuiejComme  cela  airiue  afscs  fouucnt  es  Enfanti-.ie  la  trait- 
tay  de  cette  façon,  après  les  remèdes  vniucileb  ic  luy  oignis  deux  fois  le  iour 
la  tête  auec  l'ongULur  fuiuant.  "Ilj.  Ol.rofac.rnyrtill.an.^tj.caMom.aynygd.  d.an.lj, 
£  elerni  51.  mifelentifflyno  igné  ijuoufcine  gwnmi  fit  dijfoluturny  tntn  per  iintcum  coUf 
ferua  tn  amphlla  vitrea,  ie  misfurle  Craiic  du  charpy  (ce  prépare  en  cette  façon, 
duquel  ie  me  1ers  es  playcs  de  la  têteàe  prens  de  la  toile  vsée  &  propre  à  faire 
ducharpisjlaquellcicfais  rtcmper  es  caux  fuiuantes,puis  fecher  a  l'ombre  en 
reirevant  trois  ou  quatre  fois,  '^.^i^.ùeto^/kluUylauenduU^rofar.odorlferarunUy 
an.  l  j.  cmna?/i.ligyjt  fijjafras.  Siiracis calamititi  benXotnian.'^i'].  puluerlfa  &  cum 
a^uis pr^diUïs  m.ad  f^furn.  le  mis  fur  les  bords  de  la  playe  le  digcftif  fuiuant.  !^. 
Cerdt,  mii£xolophon.0H7wni  elemian.  l  j  terehwth.'^vj'  oLrofar.&  de  vitell.onor.an. 
^f.dijjhlue  ornnia  &  cola,adde croci  3  1> .  vitsllnm  oui  num. x.mf.Uiiimeritum^    l'ap- 

A  a  a     3 


j^4  Liure  Cinquième 

pliqiiay  apues  le  cataplâme  fuiuaiir  qui  comuoic  toute  h  téce.  ^.  Far.fubar. 
hordei  an.^iij.pnluflor.drfol.beton.fa/itU,rofar.  myrtillor.fthœch.an.'^).fapA  pj.co-i 
que  in  <\)lnorHhro  adformamcatapl.  addefubfinem  pHÎii,  rad,garyophillau,  calami 
aromai.an.^ij.croci  ^j.vltellos  oHor.num.yrn.  applica  calldè  :  or  des  le  commence- 
ment &:  quinze  ioiiL-sduiant,commc  le  pus  fortoit  en  quantité,  ie  cammanday 
à  la  mère  de  fermer  à  tous  moments  aaec  les  doigts  la  bouche  &  le  né  de  l'en- 
fant, afxn  que  les  efprits  étants  retenus ,  le  Ccrucau  enfla  Se  que  par  ce  moyen 
i'enfonceuredu  Crâne  retourna  en  la  pla;c  :  les  dits  quinze  iours  étant  pafscs, 
en  lieu  du  digeftifjie  mis  l'onguent  fuiuant  far  la  playe.  '^.Puln.rad.angel.ca- 
ryophillatÀrid.jior,arljîoljot.an.'^\xir.navi.el.&  lignifajjafras  M 
faluix  an.'^ij.croci  ^j  cumrnelUs rofat.cj  ff.vngn  Apres  m'êcre  ferai  du  caraplâme, 
ic  mis  l'emplâtre  de  betonica:  par  l'vlage  de  ces  remcdcs,non  ieulemcnc  le  Crâ- 
ne retourna  en  fa  place  ,  mais  suffi  les  playcs  furent  bien  tôt  fermées  fans  qu'il 
tomba  aucune  efquille  d'os:  Ohf.^'iXem.lV. 


OBSERVATION     XXVI. 

De  Capplicatiojt  du  trépan  deux  mois  après  le  coup. 

VN  Payfande  14.  ans  ioiiant  vn  iour  de  feftcauec  des  gnrfons  de  (on  âge, 
reçut  vn  coup  de  boule  fur  le  front  au  côtégauche:il  tomba  incontinent  à 
terre  perdant  laparole,auec  vomil-fcment  Je  bile  ^  de  tout  ce  qu'il  prcnoitjqui 
êtoit  en  petite  quantité  :  aiiifi  fon  cftomach  ne  gardant  rien,  il  diminuoit  de 
iour  en  iour,fans  auoir  aucun  repos,  autc  vne  continuelle  douleur  de  tccc,  mal 
de  cœur,  morfure  deTorifije  de  l'cftomach  &  retradion  du  col  en  arrière  :  l'a- 
yant veu  vne  feule  fois  deux  mois  après  qu'il  eut  reçu  le  coup  auec  M'  Anthoi- 
ne  Chaly,nous  fumes  d'àuis  de  luy  ouurir  le  Crâne  :  ce  qu'iceluy  ayant  hcnrca- 
fcment  fait,le  pus  fortit  en  abondance  par  rouuerturc,6c  par  après  la  (ublbnce 
du  Cerueau  fe  prefenta  comme  vn  fungus  par  l'oauerrurc  ,  la  membrane  ayant 
été  rompue  ,  de  forte  qu'on  eut  de  la  pcne  à  la  faire  r'entrcr  &  à  la  retenir  de- 
dansjon  fut  même  obligé  au  bout  de  quatre  ou  cinq  iours,  (étant  impofTible  de 
la  contenir!  de  la  coupei^non  auec  le  rafoir  ,  mais  au:c  vn  filet  que  l'on  Icrroîti 
doucement  :  Or  cela  neferuitdc  rien  ,  car  il  fortoit  dclanouaelle  iubftance,! 
après  auoir  coupé  la  première  ,  qui  fe  prefcntoit  par  le  trou  la  haureur  de  trois 
doigts  qu'il  falut  aufli  ôtcr  auec  le  fîlef.ce  qu'ayant  été  fait  par  plufieurs  fois  & 
ayant  ôté  de  la  fubftancc  du  Cerueau  la  grolfeur  du  poin,ce  miferable  ,  quoy 
qu'il  fembla  être  hors  de  toute  cfperance  fveu  qu'il  ne  prenoit  quafi  point  de 
nourriture  &  qu'il  lailToit  tout  aller  fous  luy)  le  relie  du  Cerueau  r'entrant  peu 
à  peu  &  ic  Calluss'êtant  formé  fur  rouuecture,il  fut  guéri  quafi  lans  pêne   :  il 

ne 


des  opérations  de  chirurgie.  375 

ne  mangcoicjà  caufe  delà  pauurcrc  cîc  Ton  père  ,  que  des  viandes  de  mauuais 
fuc,dcs  le  iour  de  fa  blcfrurc,&  ctoi:  cloigiic  de  deux  liciics  de  ma  demeurancc: 
ain/î  le  Chirurgien  le  voyoit  fort  raremcnc  ,  crant  entre  les  mains  de  quelques 
femmelettes ,  lerqucUes  bandoycnt,peu  foigricufcmcnt  ù  playc  ,  ôc  luy  même 
ôroit  les  bandes  quand  elles  Timpoitunoycnr,  pallant  l,^s  nuits  le  plus  fouuent 
en  cet  état  fans  auoir  rien  fur  la  tccc  qui  la  dctendic  du  fioid,6:c.0è/èrH.}  Cent, 
ly.  communiquée  par  leatt  de  Bourg  Médecin  à  Bourg  en  BreJJ'e» 


OBSERVATION     XXVII. 

De  l'application  du  trépan  en  vy:e  fraBure  dn  Crâne  f  onzième  tour. 

L'Hilloire  que  vous  m'aués  communique  cft  digne  de  remarquc,car  Hippo- 
crate  au  liurc  des  playes  de  la  tête  dit  que  l'os  doit  être  coupe  dans  le  troi- 
ficmeiour  fans rcntioycr  plusloinlopcranon, principalement  en  cftc:  car  n'é- 
tant pas  faite  au  commencement ,  la  douleur  augmente  6:  il  fc  fait  inflamma- 
tion es  rnciTîbranes  à  caufe  de  la  comprtfljon  &i.  de  la  piqucurc  des  membra- 
nes par  les  frogments  des  os,  ce  qui  attire  ficure,  rcuerie,  vomilîèmenti  conuul- 
{ionsjparalylî:-  &  autres  fymptomcs  &:  même  la  motr  ;  Aiantius  a  donc  railon 
de  ccnfurer  yEgincta  lequel  ne  veut  pas  que  i'ouueiture  fc  faile  en  eftc  auant  le 
fepticme  iou. ,>S:  en  hyucr  auant  le  difiéme  :  mais  ie  fuis  de  l'opinion  de  Porral, 
que  les  Imprimeurs,  ou  ceux  qui  ont  décrit  les  œuurcs,  luy  ont  fait  di;e  ce  à 
quo)  il  n'a  pas  pense  :  car  ^gineta  n'ayant  eu  autre  intention  que  de  faire  vn 
abrège  des  écrits  d'Hippocrate  5c  de  Gaiien,  il  n'y  a  peint  d'apparence  qu'il  ait 
voulu  rcnucrlcr  leur  fentim^cnc  en  vnc  cliofc  de  lî  grande  importance,  &  les  pa- 
roles qu'il  âioute,cn  font  foy,  dii  ait  qu  il  faut  appliquer  le  trépan  auant  que  les 
fuldits  accidents  airiaent  :  mais  quand  il  y  a  fiadute  5c  drpreflion  du  Crâne 
ces  grands  accidents  arrîacnt  le  plusfoaucnr  auant  le  quatiiémeiour  ,  &  ceux 
qui  font  le  moins  verses  en  la  Pratique  iç.iuent  qu'il  y  en  a  peu  qui  palîènt  le 
quatorzième  ioar  :  quelle  apparence  donc  y  a-t'il  qu'il  ait  voulu  renuoyer  l'o- 
peraiion  au  fepticme  &  quatorzième  iour:ie  crois  donc  qu'il  cft  de  l'opinion 
d'Hippocrate, quoy  que  die  Arantius,  &  qu'm  âioutant  l'aduerbc  NON,  le 
fens  cA:  entier  Se  conforme  à  Hippocrate,  car  ie  voudiois  ainlî  lire  :  Q^ie  il  la 
membrane  s'eft  auffi  retirée  ôc  fi  ru  n'as  pas  craittc  le  blefiC  .ics  le  commence- 
ment ,  tu  dois  entreprendre  l'Opération  en  hyucr  pour  le  moins  auant  le  qua- 
torzième iour,&  en  elle  auant  le  fepticme ,  auparauant  que  les  fufJits  accidents 
furuiennenr.  Il  cft  donc  d'âuis  que  l'on  face  ouuerture  au  Crâne  auant  l'arrluce 
de  ces  grands  accidents:que  fi  le  Médecin  n'a  pas  ctc  demande  des  le  commcn- 
Ccincut^il  dit  qu'il  ne  faut  pas  pourtant  lallfer  de  faite  ouuwrtuicquoy  qu'Hip- 


576  Liure  Cinquième 

pocrate  vucïlle  qu'elle  fefalTcauant  le  tioiiicmc  iour  expire  :  mais  Ton  inten- 
tion cil  de  dire  qu'elle  fe  peut  faire  aucc  fruic  &  à  propos  en  quel  temps  que 
ce  Toit  j  poiirucu  que  l'on  preuicnne  ces  grans  accidents  puis  qu'ils  font  vue 
marque  que  le  mal  eft  defclpcrc  ,  infinuaut  couucrtement  qu'il  ne  faut  pas  en- 
treprendre la  cure  des  malades  qui  font  en  cet  état ,  car  comme  dic'Celfus, 
liure  5.chap.  151  celui  qui  eft  fage  n'entreprendra  iamais  la  cured'vn  dclel- 
perc  :  quant  à  moy  icne  fuis  pas  de  leur  aduis  non  plus  que  vous,qui  auez  fait 
cette  admirable  de  étrange  cure  que  vous  m'aucz  communiqjc  :  car  quoy  que 
Ton  mal  fut  entièrement  defcrperc,  neantmoins  vous  l'aucz  remis  par  vôtre  in- 
duftrie  auec  l'airiftance  Diuine:  que  (1  vous  n'auics  pas  entrepris  cette  cure,  cer- 
tainement le  Ccrueau  leferoitbien  fphacclc  auec  la  perte  indubitable  du  ma- 
ladiiie  conclus  donc  que  pour  grands  que  loyentlcs  accidents  ,  qu'il  ne  faut 
paslailïcr  de  faire  ouuerturejpourucu  qu:  le  malade  ait  des  forces  pour  la  por- 
ter ik  que  le  Chirurgien  en  (oit  pricrcar  il  n'importe  pas,  pour  parler  aucc  Ccl- 
fe,(l  le  ieul  rem.ede  qui  rcftcjeft  afiTurc  ou  non,  vcu  que  ieion  Kippocrate,il  faut 
fe  ieruir  des  derniers  remèdes  es  dernières  maladies:  iEgineta  au  liure  &  chapi- 
tre (us  allégué  die  que  le  Crâne  a  été  heureulemeiit  ouuert  vue  année  après  la 
playe  faice^mais  il  aioute  que  cette  playe  croit  entièrement  ouuerrc  &  qu'elle 
donnoit  illue  à  la  matière  ,  qu'ainfi  il  ne  faut  pas  s'étonner  fi  la  mem-brane  n'a 
point  été  ofFencce  :  i'ayfaitouuerture  du  Crâne  l'xi^.  iour,lc  malade  étant  tenu 
pour  delcfperé ,    En  voici  l'hilloire. 

L'an  1586.  vn  Bourgeois  de  Gex,au  pié  du  montiuratjâgc  de  60.  ans  futfrapc 
au  finciput gauche  aucc  fra6lure  &  cnfonceure  duCrane;il  tomba  incontinent 
par  teJre,rendit  la  viande  toute  crue  &  perdit  la  parole  :  il  fut  mis  au  commen- 
cement entre  les  mains  d'vn  Barbier ,  mais  comme  on  vit  qae  tout  alloit  en 
pisjon demanda  Monfieur  lean  Antlioine  Sarrazin  Mcdecin,Maitrc  leanGiif- 
fon  Chirurgien  &  moy  :  nous  arriuames  vers  le  malade  furie  foir  le  dixième 
iour  du  mal,&  le  trouuâmes  en  Heure  très  ardente  auec  réueric^c  (ans  parole, 
la  playe  écoit  petite  auecfradturedu  Crâne  :  mais  quoy  que  nous  vilfions  éui- 
demment  qu'il  n'y  auoitrien  à  efperer ,  neantmoins  à  la  prière  desafliftants  Se 
ayants  fait  leprognoftic,  nous  entreprimes  ainfi  la  cure  :  après  luy  auoir  dé- 
chargé le  Ventre  par  vn  lauement,  nous  rasâmes  les  cheucuXilii:  oignimes  toute 
la  tête  auec  huyle  rofat  &c  de  myrthcs  :  en  après  nous  coupâmes  la  peau  &  le 
pericranc  en  crois  ôc  découurimes  le  Crâne,  de  ayant  fait  des  plumaceaux  auec 
des  croupes  trempées  en  vn  blanc  d'œuf,nous  en  remplimes  la  playe  :  le  iour 
fuiuant  après  auoir  ôté quelques olîclets  qui  étoyentleparés  delapremiere  ta- 
ble .  nous  ouurimes  le  Crâne  &  ôtames  ce  qui  étoit  rude  &  âpre  en  l'os  auec 
l'inftrument  lenticulaire  :  nous  mîmes  après  du  taffetas  trempé  en  miel  rofat 
auec  vn  peud'huyle  rofat  fur  le  Cerueau,à  caufe  de  la  grande  douleur,  Se  rem- 
plîmes route  la  playe  du  digeftif  fuiuant.  ^.Terehtnth.lou  in  ac^.beton  &falm<t 
^yoLrofac.liC'i.de  welLouor.^ij.^iimmt  demi  lentijjlmo  i^ne  cum diUts  oleis  diJJoUti 

QT  colati 


3cs  opérations  de  Chirurgie.  57  j 

it  ciUti  ^i.crûcipuluerJf,^']vitell.ouerumr]um.i\,m.f.  z/«g«^w/«w;Nous  applict- 
mcs  par  dctfus  fempUJïrwn  ùa/tUcum  Se  oignîmes  toute  la  tcte  6c  le  col  aucc 
el.ro/ar.(tr  myrtill.  Nous  luy  fimcs  reccuoir  ce  iour  laencor  vn  lauemcntiSc 
Oïdonnames  vnc  bonne  fiçon  de  viurc,  coiuinuanrs  cette  méthode  quelques 
iours  de  fuite  :  cependant  le  pus  forcit  par  i'ouuerturc  »  &  laficvre  commença 
à  s'appaifcr  auec  les  autres  accidents  :  la  douleur  &  l'inflammation  ayants 
cciscjuous  ajoutâmes  au  miel  iofar,qu'il  faloit  mettre  far  la  mébrane,vne  goû- 
te ou  deux  d'eau  de  vie  &  mîmci  L-  mondificatif  fuiuaat  fur  la  playe.  !^.  7W«. 
rAâ.garyophîlL  angelic.  arijiol.  rot.  trid.jiarent.  an.  5  /.  extr.fdlHiA,  béton,  an.  9/j. 
g.elemifoiHtl  in  cl.  rofas,  5/j.  m»f.  eurn  melle  rojltc*  (j.f.purumijue  a^uA  vltAvn^ 
gHcmum  in  rnortarto  :  Enfin  nous  mîmes  l'cmplitrc  fuiuant.  !^.  Ernpl.  de  be- 
tonica  %  iv.  g.  Elemi  di^'oluti  in  ci.  rofar.  %  j-  pubt.  rofar.  odoratar»m ,  myrttl- 
1er.  mafiicis ,  caUm.  aromat.  angelic.  garyophillat.  an.  5  i  fi.  cnmf.  q.  olei  rofac,  & 
farUm  cerdt.  f.  empl.  Cependant  que  nous  auons  ainfi  pence  la  phye  ,  tous  les 
iours ,  ou  de  deux  l' vu,  nous  donnions  vn  lauement  quand  le  Ventre  ne  fiifoit 
pas  fon  deuoir:nous  lepuigeamcsaufll  par  interualles,c«w/}?'.ro/Cyô/w/.  Cêmpof. 
cum  rhabjenna  &  ^^^r.comme  au{Tî  aucc  callc  &  manne:  ainfi  il  fut  guéri  aucc 
admiration  de  tout  ic  tnondcObf.IK.Cent.ir, 


OBSERVATION    XX  VI  H. 

D'v?ye  blejfure  de  Tejle  rendue  mortelle  pour  anoir  refusé  le  trépan, 

VN  Gentilhomme  de  la  maifon  des  Euvig  de  Vualdcn  prés  Hilden,rcçcut 
vn  coupau  deuantdc  la  Telle  en  vne  mêlée  ,  après  lequel  il' tomba  par 
terre  &  vomit  la  viande  toute  crue  :  il  fut  mis  incontinent  entre  les  mains  de 
deux  Baibiers  :  mais  le  quatrième  iour  étant  demandé  aucc  Monheur  lea» 
Slotanus  Médecin  à  Colognc,nous  trouuames  le  malade  en  fièvre  auec  fradtu- 
rc  du  Crâne  ,  la  playcêtoit  petite  auec  meurtrilfure  ,  il  y  auoit  aullî  impuidifl- 
ce  de  doimir,  inquiétude,  douleur  &:  pcfantcur  de  Tcfte:  ce  qui  nous  fit con- 
iedurcr  qu'il  y  auoit  du  pusamafsé  fous  le  Cranc  ,  A  caufc  dequoy  nous  con- 
feillâmes  ,  après  auoir  élargi  la  playe,  de  faire  ouuerrure  du  Cranc  auec  le  tré- 
pan &  le  plutoll  qu'il  feioit  poflible,  qu'autrement  le  malade  (croit  en  danger 
delà  vie  :  mais  ces  Baibiers  le  glorifièrent  de  faire  des  merucilles  S>e  lenuoyc- 
rcnt  bien  loin  lOpcration  du  trépan, comme  vn  remède  nouueau  &  inconnu: 
voyantsqu'ilsnous  tourneroit  àhonte  d'auoir  de  (emblables  compagnons  & 
au  piciudice  du  malade  ,  outre  que  la  fièvre  augmcnroit  d'heure  en  heure  & 
que  CCS  Barbiers  ne  permirent  pas  que  l'on  fc  fetuit  d'aucun  àcs  remèdes  genc- 
i^ux ,  uous  nous  retirâmes  le  lendemain  &:  ne  voulûmes  poiiu  par  aprcs  y 

Bbb 


|78  Liure  Cinquième 

mettre  la  main,  de  peur  de  mettre  en  compromis  nôtre  réputation  à  caufc  de 
l'ignorance  de  ces  Barbiers  :  aprcs  nôtre  départ  ôc  r.uant  l'onzicme  iour  du  mal,  ^j 
la  fièvre  s'ctant  augmentée  Se  larcucric,  le  malade  perdit  enfin  la  parole  &  de-  *' 
uint  paralytique  delà  partie  oppolîte,  venant  à  décéder  auant  le  quatorzième: 
OhfG.Cent.i. 


OBSERVATION      XXIX. 
De  t extirpation  danger eufe  d'vne  cicatrice  en  la  prunelle» 

VNe  ieune  Damoifelle  fut  tellement  trauaillce  delà  petite  vérole  qu'il  vint 
des  pullules  en  la  cornée  des  deux  yeux,  après  lefquelles  il  demeura  vnc 
cicatrice  vers  le  grand  angle  femblablc  à  l'ongle  dite  par  les  Grecs  Prerygion: 
les  parents  me  demandèrent  mon  âuis,  mais  côme  ie  1.  ur  eût  fait  entendre  qu'il 
n'y  auoit  rien  à  fairejils  s'addrcircrêt  à  vn  Oiailatan  qui  dit  que  ce  n'ctoit  point 
vne  cicatrice,mais  feulement  vue  humvur  qui  étoii  figrc  en  la  furface  de  la  cor- 
née, laquelle  il  alfura  qu'il  pourroit  ôrer  fans  douleur  ni  danger  :  fur  ces  belles 
paroles  ils  luy  confièrent  leur  61le ,  mais  dans  l'opération  il  déchira  la  cornée 
auec  lamain,apres  quoyil  fui  uint  des  douleurs  très  grandes,  inflâmmation,fic- 
vre  &  autres  dangereux  accidents  ,  enfin  toutes  les  humeurs  s'écoulèrent  &  les 
tuniques  fe  retireient>rœiî  demeurant  entièrement  fermé. 

Tay  connu  vne  honcfte  Dame  à  Cologne,à  laquelle  il  étoit  venu  vne  cicatri- 
ce en  la  prunelle  après  la  vcrole  :  vn  Charlatan  entreprit  de  la  guérir  auec  des 
me  :iicamcnts  coriofifs  îî^ais  elle  tomba  en  vn  plus  grand  mal,car  les  humeurs 
fortirent  &c  les  membranes  fe  retirerent,ainfi  elle  perdit  cet  c£i\.Obferuationiy 
'CentHT.i. 


OBSEPvVATIONXXX. 

De  la  guerifon  d'vne  nuée  en  l'ail. 

IL  fe  forme  en  l'œil  vne  facheufe  incommodité  âpelce  nuce,tachc  cicatrice, 
taye,  pannus ,  c'eft  à  dire  drap  ,  car  c'eft  comme  vn  drap  ou  nuée  laquelle 
couure  cette  partie  de  la  cornée  qui  eft  tranfparente  ,  quclquesfois  en  partie  & 
quelquefois  entièrement:  ainfi  fclon  qu'elle  eft  épjilïc ,  grande  ou  petite,  ou  la 
veuc  fe  perd  entièrement  ou  fe  corrompt  en  partie:  or  il  faut  bien  diftinguer  ce 
mal  d'aucc  lacataraéle  d<.  l'onglade  ,  car  lacatarade  ou  fuffiifion  eft  vne  hu- 
meur quis'eft  cpaiflie  en  membrane  au  dedans  de  l'œil ,  c'eft  à  dire  j  entre  la 

cry- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  37  9 

cryftalllne  uc  IVuce  ;  mais  la  nuce  fe  forme  e»  vn  bouc  de  la  Corncc  &  (Jàns  fa 
fubdance  mémC)  &c  fc  reconnoic  aifement  à  l'ccil  d'aiiec  la  catarade:  l'onglaJc 
ei1:  vnc  eminence  nerueufe  de  la  membrane  dirte  adiiacaj  qui  commence  pai  vn 
coin  d'icclle  $<  va  iufqucs  à  la  corncc,mais  fi  elle  augmére  par  trop,ellc  vient  a 
coimrir  la  piaiiiclle  ,  elle  n'entre  pourtant  pas  d.^ns  la  fubflancc  de  la  cornce,a 
laquelle  elle  efl:  tant  feulement  attachce,€l'àuec  laquelle  on  la  feparc  aifcméc  par 
médicaments  quand  elle  cft  recentc>&:  par  la  main  du  Cliirurgien  quand  elle  ell 
cnaicillie:  la  caufc  d'icelle  cft  ou  interne  ou  externe ,  l'externe  fe  fait  par  playe, 
cxcorian'on,apofteme  ou  puftule,  comme  ilarriuc  fort  foauentenlavcrolej6<: 
n'cft  autre  chofe  qu'vne  cicatrice  qui  rcftc  après  cette  playe  ou  puftule  :  Or  i'ay 
1   remarque  fort  fouuent  qu'elle  eft  incurable  quand  elle  vient  de  c^s  caufcs:  la 
!  caufe  interne  cft  vne  matière  bilieufe  ou  acre  qui  dccend  du  Ceraeau  fur  la  mc- 
branc  coniun(ftiuc&  fur  la  cornée  qui  y  fait  intempérie  «Se  inflammation,que  fi 
on  la  néglige  au  commencement,  la  furfice  de  la  cornée  s'cfleure  infenfible- 
menCj^e  com.me  c'eft  vne  partie  membraneufejil  s'y  amalfe  vne  matière  gluan- 
te qui  eft  le  plus  fouuent  blanche,laqaellcneantmoins  a  quelque  acrimonie  qui 
ronge  peu  à  peu  la  furface  de  la  membrane  qui  eft  delïbus  &  l'exulcere  ,  ainh  il 
refte  vne  cicatrice  blâchejquelquefois  la  cornée  même  en  eft  percée  ou  trouée, 
de  forte  que  les  humeurss'écoulcnt  &  les  membranes  de  l'œil  fe  rident  àc  fc  re- 
cir-cnt  auec  vne  giade  deformiié,  car  l'œil  demeure  fermé  tout  le  r^ftc  delà  vie: 
partant  le  Chirurgien  doit  être  prudent,  de  peur  qu'ii  ne  porte  prciudice  au 
malade  &  qu'il  ne  le  perde  de  repatationnnais  auanc  que  d'entreprendre  la  cure 
il  doit  examiner  fi  le  mal  cft  curable  .ou  nô,car  fi  la  furface  de  la  membrane  qui  . 
adciaété  excoriée  <3>:exulccréc,<?c  en  fjite  a  été  couucrte  d'vne  cicatrice  dure 
&  calleufc,  tSc  fi  l'inflammation  a  été  âpaiséc,il  demeurera  fans  doute  vnc  tache 
ou  nuée  blanche  qui  ne  peut  pas  être  ôtée,  veuque  c'eft  vne  cicatrice  de  l'vlcerc 
qui  a  preccdé:de  même  ii  après  la  vérole  il  y  a  eu  quelque  puftule^en  la  cornée, 
ilrefterainfaillibkm^nt  vnc  nuée  :  que  fi  le  mal  commence fculemenr,&  fi  la 
furface  de  la  prunelle  n'cft  pas  en  cor  rongpe ,  quoy  que  le  malade  ait  perdu  en 
quelque  façon  lavcuc  &  que  la  cornée  foit  couucrte  d'vne  nuée,il  nefciut  pour- 
tant pas  enticrcmcnt  dcfjfpercr  de  la  fanté ,  fiuon  que  le  malade  foit  fort  âgé  & 
fuicctaux  dcfluxlons  (ur  l:s  yeux:  orie  veux  p:ûduiie  quelques  exemples  com- 
me i'ay  guéri  heureufement  telles  incommodités. 

L'an  1599.  vue  fille  de  Cologne  âgée  de  tS.aus  ,  qui  étoiî  incommodée  dés 
longtem.ps  d'vne  défluxion  fur  l'œil  droit ,  fut  attaquée  dVne  ophthalmie  ;  el- 
le me  demanda  confcil  quelques  mois  aprcs,s*éranc  en  vain  ferui  de  pluficurs 
médicaments,  &  croyant  auoir  perdu  la  veuc  de  cet  œil  aucc  gftoiblillèmenc 
de  l'autre  ••  ic  vis  que  l'œil  ctoit  enflammé  auec  douleur ,  comme  aufli  de 
la  Tefte  de  même  côté  qui  ctoit  fort  violente  6c  fans  relâche ,  la  prunelle 
étant  quafi  entièrement  couucrte  d'vne  nuée  :  le  commençay  ainfi  la  cu- 
re ,  premièrement  iela  purgeay  par  vne  prife  de  pilules, le  lendemain  i'ou- 

Bbb    z 


j«o  Liurc  Cinquième 

wdc  la  Ycneau  bras  droit  &  tiray  cnuiroH  fix  onces  de  fang:  le  iour  fLiiiiant 
i'appliqiny  des  grandes  ventoiifcs  aacc  flamme  aux  épaules ,  ians  rcarificacion: 
Aulîi  toil  des  le  commencement  ic  mis  le  Collyre  fiULianc  d  ins  l'oeil.  7C.  Mh- 
cilao.fem.cydonior.  (jr  fcenugr.a^.rofar.  & pUntag.  extra^id  5/).  laBismnltebrXii]. 
tut'u  préparât^  3  f5.  crocl  maccrati  in  aq.  rofar.  &  exprcfji  §  R.  m.  tepidè,  hijiUla 
&  applicafdpemterdiii  :  On  rcnouuclera  ce  Collyre  pour  le  moins  de  deux 
iouis  l'vn.  il  faut  aufli  remarquer  es  maladies  des  yeux  &c  fur  tout  es  inflam- 
mations ,  qu'il  les  fauc  bander  bien  foigneuiement  après  auoir  mis  quelque 
coulîînet  ,  cacaplafme  ou  autre  médicament  ,  pour  empêcher  lutant  qu'il  eft 
polîible  le  mouucmenc  de  l'ceiljCar  il  eft  perpétuel  quand  il  eft  ouuei t ,  ce  qui 
n'arrin«  pasrjuand  il  eft  ferme  :  or  ce  mouuement  cchaufe  la  partie  Ôc  y  attire 
les  humeurs  &  le  fang,  ce  qui  renouuclle  &  augmente  le  mal:  après  les  pilules, 
la  iaignéc  &:  la  vcntoufe  ,  ie  preparay  les  humeurs  aucc  vn  apozcme,  après 
qu'elle  en  eut  piis  deux  dozes  ,  ic  la  purgejy  derechef:  le  lendemain  elle 
pdtla  croifwme  doz  >^  ce  iou^  la  ie  mis  des  vcntoufes  fcarifiées  fur  les  épau- 
les :  aprei,  la  deinircpiire  de  rapez?mc,ie  luy  fis  vnScton  (ur  la  nuque  :  Ces 
meuicumeuts  appaifcrent  lido.deur  de  la  Tcrftc  &  de  l'œil  qui  s'arrêtèrent  in- 
concineut,ri*flîT»matio!idimin:iiai:{fi  b.au  oup  6c  la  nuée  en  partic,partant 
ic  m^  feru's  du  Collyre  fui.ianr.  ^  Mtcilag,  fem  cydonicr.cHm aej.rofar.extr, 
li.aq  fœnic.enfras  an.  5»".  mtli  rof  ^hî.  tnth:ie preparau  &  C.C.  vfti  frepxrdtt  un. 
^C'i.caphHr.gr.iv.  S'en  étant  feiui  vn  mois  durant ,  cette  nuée  qui  couuroic  au- 
païaaant  quafî  to'.itr  la  ptuiv;.lle,  diminua  tellement ,  qu a  pcne  en  rcftoit'il  le 
quart,  &  la  i-fl^ivion  qû  fe  vcifoit  ordinairement  fur  les  yeux  ,  fut  attirée 
fur  la  nuque  par  le  moyeii  du  S.ton  :  clL  l'entretint  ouuert  pour  le  moins  vn 
an.-  cependant  iv  L  purg  ois  qnafi  tous  les  mois  auec  les  mefmcs  pilules  :  ie 
feifois  mv  trre  tous  les  m.itins  la  grofl'eur  d'vne  tefte  d'épingle  d'extrait  de  Chc- 
li  loine  dans  l'œiljpat  ce  moyen  cette  nuée  fut  entièrement  difllpce:  Obferu.xy 


OBSERVATION    XXXI. 
Sur  le  même  fuieu . 

VNt  fille  de  dix  ans,  au  territoire  de  Morar,  ctoit  trauaîllcc  d'vnc  fluxion 
opiniâtre  &  facheufe  fur  l'œil  droit  ,  &:  comme  on  ne  s'êtoit  pasferui  de 
médicaments  propres,6i:  l'humeur  qui  enfortoit  vcnâttous  les  iours  plus  acre, 
il  furuintinflammatioii  aucc  corrofion  delà  prunellcjbqucUc  fut  couucrte d'v- 
ne nuée  blanche  &  très  cpaife  :  enfin  la  douleur  »  l'inflammation  &  les  au- 
tres iymptomcs  s'arrêtèrent  peu  à  peu  ,  &  quelques  Vlcercs  qui  luy  ctoyent  : 

venus  ! 


des  Opérations  de  Chirurgie.  581 

venus  au  vifage  ,  aucoluC  en  plufieurs  autres  en:iroits,  à  caufc  de  cette  dcflu- 
xîon,  furent  cicatrisés  par  l'application  de  certains  médicaments  deficcatifs: 
maisà  péncfc  palîa-t*  il  vn  an  qu'il  luy  en  tomba  vne  nouuelle  fur  les  lèvres: 
m'a)at  éic  amenée  à  Payernc,ie  confcillay  qu'après  qu'elle  auroic  cte  purgée  ôc 
que  l'on  auroit  fait  ce  qui  ccoit  nccciraire  pour  la  RcuuUion  ,  que  l'on  appli- 
qua vn  Scton  au  col,  qu'ouricmcnt  (îonnclc  f.ifoitde  bonneheurc,  qu'ily 
auoic  du  danger  que  la  défluxion  ne  fc  ietta  fur  l'autre  œil ,  mais  ils  iuoercnt 
cette  forte  de  rem.cde  trop ciucl  ;  s'dlants  retires, il  (c  vcrfajdcux  mois  après, 
peu  à  peu  vne  autre  défluxion  lur  l'oeil  gauche,  ce  qui  les  obligea  à  me  l'amener 
derechef:  elLauoit  tout  l'œil  enflamme  (Scies  Paupières  enflées  auec  grande 
douleur  &  fièvre  continue  ,  ie  decouurii  auiîî  que  la  prunelle  étoic  couuertc 
d'vnc  nuée  auec  cnticie  dc^rauation  de  la  vciiè  patquoy  ie  n'y  voulus  pas  met- 
tre la  main,  mais  neantmoins  à  la  requeftc  de  Tes  parents  ie  commençay  ainfi  la 
Cure,  Se  r.pres  l'auoir  doucement  puigé  &:  appliqué  des  ventoufes  lèches  & 
auec  fcarificarion,  ie  fis  le  Seton:  ie  mis  aulfi  lur  le  front  le  défenfif  fuiuanr,  2^. 
far.  hordet  ^îj.pnlu.  rofar.  nucum CHpreJJ.  gallar.  cortic. granator.an.  ^iij.  pnlu.uor. 
béton.  &  euphraf.  Mi.  5  |.  w  in  mcrtanocmn  aa.  béton.  Eufraf.  aceto  S"  album, 
êtiiyfUt  defenjîy.nm  ijuoâ  tepidc  fronnapplicetur^&c  fur  l'œil  nous  mîmes  \zs  colly- 
res prccedciiis:  ie  me  luis  auflî  lerui  du  rachctfuioant  pour  ôter  l'inflammation 
dcsycuxj  aprcslfs  remèdes  généraux,  commcauffi^aprcs  en  phificurs  pet  Tonnes 
O/i.jem.  fœ.iugr .pariim tuf.'z^Ç'ijcftir.YHh.fior.beton.Enphraf.melilot  an.m.^.fem  éiniC, 
5  »j.  incidaritur  omnia  gyoJJ'o  modo,  wdanmy  fucculo  ^nitoium  oculum  operiatyqui  ht- 
terfkttusé'a^.cod:uscalîdhappllcetHr^Haterant  ejuint^uies  imerdiu.  Tout  ceci 
ayaiK  ctédiligcmmeat  fait,  la  douleur  >  rinfl..m>'natioii  &  les  aunxs  fympto- 
mes  ccirrcntpruàp;u,  neantmoins  la  tachv:  ou  nuéen'étoic  pas  cncor  cntierc- 
me.)r  cftajée,  ce  qui  m'obligea  à  mclcr  parmi  les  Collyres  vn  peu  d'extrait  de 
ClitliJoiiie,afin  que  cette  matirre  cralîc&  viii-ide  qui  êicir  attachée  à  la  pru- 
nelle, put  être  dt  te  rgee  s  &  quoy  qu'elle  femb.â  ctic  épaiik,  fi  cftcc  qu'elle  n'a- 
uoir  pas  encor  ronge  la  luiface  de  la  Cornée  :  le  fis  auiTi  lai.cr  toute  la  iàCc  & 
le  front  quelques  mois  de  fuite  après  la  Cure,  deux  ou  crois  fois  le  iour,auec  le 
medican-icnt  fuiuanr,  afin  que  ces  parties  fulknt  forcifices  Ok  que  la  peau  qui  s'c- 
toi:  entièrement  lidcc  &  deuenue  difiorme,  peur  éne  e,n  quelque  façon  remise 
CM  fon  premier  état  :  ^.  A^-  rcfar.  Euphraf  lUior.  alb.  & pU)>tag»  m.  5;i.  ahim. 
erudi,  titthi£^pt£an.^iV).  caphurx  9j.  ?/;.  A'uiù  e-^defutrcjr.ife entièrement  &  rc- 
couurala  veu'c  de  cet  œïl  &c  fe  porte  bien  iufqucs  à  l'année  prcfente  i6cc^.  rnais 
ie  n'ay  pas  voulu  permettre  qu'elle  lailla  fermer  fon  Scton  par  crainte  de  reci- 
diue. 

Ma  fille  aince  étant  âgée  de  fix  3ns,apres  vne  longue  défluxion  fur  Jes  yeux,il  luy 
vint  vne  nuée  :  ayant  employé  plufieurs  médicaments  en  vain,  enfin  ie  luy  fis  le 
Seton  qui  détourna  la  défluxion  de  delfus  les  yeux,  &  par  après  la  nuée  difparuc 
peu  à  peu  ,  de  forte  qu'il  n'y  en  a  aucui»e  trace  à  prefent ,  Ôc  n'cftant  tombé- 

Bbbj 


jSi  Llure  Cinquième 

aucune  fluxion  fur  les  yeux  iufques  à  Tannce  prcfcntc  léo?.  le  Scton  ayant  ctc 
appli(|uc  en  l'année  ^ç^^.Obf.i^.Cent.i, 


OBSERVATION    XXXII. 
2)  V«  nouuel  Inflyufnent  necejfaire  cjuanà  on  àbm  la.  Catarafie. 

ENcrc  les  difficulccs  qui  Ce  prefentent  quand  il  faut  âbatre  la  Catara6te,cel- . 
les  ci  n'ell  pas  des  plus  pcrices,  aHàuoir,  que  le  bras  du  Chiiurgicn  vient  à 
chanceler  quand  il  eft  trop  long-tciups  rufpenia  &  en  fuire  la-  main  luy  trcm-' 
ble,ptincipalenient  s'il  n'eft  pas  ambidextre  .S:  cfc  cbligc  de  faire  l'Opération 
de  la  main  gauche/  i'ay  connu  familièrement  vn  ancien  Chirurgien  <i^  furc  ver- 
se dans  les  Operations,nommé  Came ,  en  ù  vieillcirc  decrcpire  il  fc  (eiuoic de 
lunettes  quand  il  vouloir  àbatrcles  Cataracies,  ce  qui  eft  neantmoins  dange- 
reux: mais  il  ie  faifoic  foutenic  Ic'bras  tremblotant  par  quelque  feruiteur:  or  le 
ne  comprens  pas  comm.c  cela  fe  pauuoic  faire  fans  danger  ,    car  les  afîlllanrs 

'  tremblent  plutôt  que  le  Chirurgien  &  tomberont  plutôt  en  défaillance  que  le 
malade:  pour  cette  railoii  i'ay  inuentc  i'indrument  fLiiuant  pour  fure  cetre 
Opération  plus  comraodcm.eut  Ô-:  auec  plus  de  feureté  ,  car  le  coude  du  Chi- 
rurgien eft  appuyé  deffus  comme  fur  viiebafeoucolomue  ferme  qui  l'auèrmic 
t'ojésiafg.  ^.  de  la  table  XL 

C'eft  vn  banc  afscs  étroit  &  de  médiocre  hautcur/ur  lequel  on  fait  coucher 
ie  malade  les  cuilFes  ouueitesjà  l'endroit  ou  la  lc|irc  A  eft  marquée,  afin  qu'il 
fe  puilleâpuyer  fur  l'accoudoire  marque  B:  que  fi  le  Chirurgien  veut  attacher 
le  malade,  [  ce  qui  neantmoinsn'eft  pas  necellaii-e,  veu  qu'il  n'y  a  quafi  point 

,  de  douleur  en  cette  Opération  ]  il  le  peut  aufii  faire  par  le  moyen  de  cent  ac- 
coudoire:le  malade  donc  étant  a(Iis  fur  ce  banc,lc  Chirurgien  s'y  mettra  aufîi 
ayant  les  cuilfes  cquarquillées  là  où  eft  la  lettre  C,  mais  comme  il  cftncccf- 
faire  que  le  Chirurgien  foit  vn  peu  plus  releuc  que  le  malade,il  fe  fera  me:trc  vn 
coi{fin  deifous:  on  peut  aufii  mettre  le  malade  fur  vn  fiege  propre  &  y  â:achec 
cet  inftrument:mais  auant  l'Opération  il  faut  attacher  cet  inftrument  au  banc, 
comme  on  le  voit  en  la  figure  :  le  Chirurgien  auiîî  l'éleuera  ou  baiftèra,  là  où 
eft  D,  afin  qu'il  foit  dételle  hauteur  que  le  cou.le  s'y  puilïc  âpuycr  comme  fur 
vne  bafc:&:  pour  le  rendre  plus  commode,  il  fera  vn  peu  creuse  ^-  garni  de  lai- 
ne &  dedrap,&  par  le  moyen  de  la  vis  F,onrhau(Ièra  &  bailfera  autant  que  la 
neceflîtc  le  requiert:  le  banc  figure  ci  delfus  eft  fait  peur  la  gauche  de 
l'Operateur  :  que  s'il  faut  faire  l'opération  delà  droite  ,  il  faut  mettre  l'in- 
ftrumentenla  partieoppofite  marquée  G  ,  ce  qui  fe  fera  par  le  moyen  <i\'\\ 
clou  oucheuille  de  fer  marquée  E  de  laquelle  la  pointe  eft  à  \is.    Obferu.  i6. 

Cent.  IV. 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  33j 


OBSERVATION    XXXIII. 
jyvne  fujfujîon  en  zn  œil  ''Oenue  d'amtr  trop  pleuré. 

VNc  Dame  de  Bafle  qui  auoir  pafsc  cinquante  ans,pleura  amcrcment  quel- 
ques iours  de  faire  vne  tienne  parente,  enfin  en  vne  nuic  coiic  d'vn  coup 
elle  perdit  la  vcuc  de  l'œil  dioit;  mais  fans  douleur  &  inflammation,  en  reuc- 
nant  d'Alfacc  en  luin  1614.  &  palTant  par  Bafle  on  me  l'a  mena  voir,&  vis  qu'el- 
le êtoit  de  couleur  obfcure  ik  non  encor  meure  :  on  voit  par  là  que  de  petits 
commencements  viennent  de  grands  maux,  comme  vn  cmbrafcmentdVne  pe- 
tite étincelle.  Obfer.iyCent.  4. 


OBSERVATION     XXXIV. 

D'vne  fujfiijion  venue  en  "cn  moment., 

LE  grand  Fernelau  liurc  5.  de  fa  Pathologie  parlant  de  la  Suifufion,  affurc 
en  auoir  veu  vne  engendrée  en  vn  fcul  iour,  mais  comme  il  n'en  marque 
pas  Icscaufes  nilcs  circonllances,  quelques  vus  pourroycnt  tenir  cela  pour 
impc{Iible,vcu  qu'il  faut  du  temps  jour  la  génération  ,  car  puis  qu'à  fontiire 
ceu'cft  autre  choie  qu'vne  congélation  ou  concrttion  d'vne  humeur  contre 
nature  ,  ou  en  la  prunelle,  oa  entre  la  m.cmbrane  Rhagoide  6l  l'humeur  cry- 
ftalline,  qui  cft-cc  qui  Çz  pourra  pcrlr.ader  que  cette  concrétion  fe  ^AÏç  fifubi- 
temenc  î  pour  cette  raifon  i'ay  voulu foiriner  mon  opinion  par  vile  chofc  que 
i'ay  vcu. 

Le  10.  Auiil  1610.  vn  ieun' homme  nomme  Abr^him.  Buigcilcr  en  fendant 
du  bois,  vn  éclat  voLiàTceil  gauche  non  à  la.corncc,maioà  lapajpiere ,  aucc 
vue  telle  impetaolîtc  qu'il  luy  Lmbla  que  le  feu  &  des  ctinceiksluy  iortoyent 
des  yeux  auec  vne  fort  grande  douleur  ;  après  quelle  eut  vn  peu  pafsc  ,  vou» 
lant  ouurir  l'œil ,  il  reconnut  qu'il  auoit  perdu  la  veiic  de  ce  côte  :  m'étanc 
venu  trouuer  à  Berne  huit  iours  après  ie  trouuay  vne  tâch?,où  comme  vnè  t.-syc 
entre  l'humeur  chvylValliae  &  la  prunelle  :  toutes  les  autres  parties  de 
Tœil  étoyent  en  bon  état ,  or  cette  fuiîufion  ê;.oit  blanche  &  vn  peu  iné- 
gale, maisfi  cpailîe  ck  fi  dure  qu'elle  couuroit  entièrement  l'ouuerturc  de  l'v- 
i]éc,de  forte  que  le  ieun' homme  ne  voyoit  entièrement  rien  de  cet  œil  ;  Il 
me  demanda  h  on  pourroitâbatrc  cette  Cataradc,  mais  iz  luy  confeillayde 
renuoycrl'op.narion  pour  les  raifons  fuiuantes,  premièrement  parce  q-i'clle 
nétoit  pas  cncor  afscs  a6fermie  ni  af>és  dure  pour  ccrc  âbatue  >  car  c'cft 


3^4  Liure  Cinquième 

vnc  chofe  airarcc  qu'elle  ne  poiiuoic  pas  être  venue  à  vnc  parfaûte  maturité  en 
Il  peu  de  temps:  i.  parée  qu  elle  ne  me  fcmbloic  pas  être  de  telle  nature  qu'elle 
peut  êcce  âbatue,  ce  que  ie  coniedurois  par  ce  que  fermant  l'autre  œil  Ôc  en 
frottant  le  malade,  rVucedemeuroit  immobile,  de  forte  que  l'on  n'y  pouuoit 
remarquerni  dalatationniconftridiou,  carie  plus  fouucnc  telle  forte  de  futiu- 1 
don  eft  incurable,  vcu  qu'elle  cft  tcilemcnrattachcc  à  la  Tunique  Vuce  qu'on  ■■ 
ne  la  peut  point  âbatre  fans  la  déchirer:  Gui  de  Cauliac  a  aufli  été  de  cet  auis, 
Nous  eftimons,dit-il,que  laCatara<5lenc  peut  ccrcàbatue  quand  la  prunelle  ne 
fe  dilate  point  ou  en  frottant,  ou  en  fouftl.iur,  ou  en  frrmsnt  l'autie  œil,  parce 
qu'il  y  a  aufli  oppilation  du  neif optique,  ôi  quand  mêmes  elle  feroit  âbatae, 
le  malade  ne  recouurcroit  pas  la  vei:c. 

Or  il  eft  malaisé  de  trouuer  la  caulc,  comme  cette  fufFadon  s'tft  formée  il  ^ 
promptement  :  mais  comme  toute  concrétion  fc  fait  par  vn  'çxcés  de  chaleur 
ou  de  froid,ie  crois  que  ce  coup  attira  vne  li  grande  quantité  d'efprics  fur  Tœil 
que  les  parties  les  plus  fubtiics  de  l'humeur  aqucc  ayants  efté  dilîîpéeseni'ou- 
uerture  de  l'vuéc  foules  cipiics  s'allèrent  rendre  à  la  foule  à  canie  du  coup, 
ainfi  que  témoigneut  ces  étincelles  &  cette  flamme  qui  en  fortit  )  les  plus  ter- 
reftres  de  cette  humeur  s'épaiirnent,  &:  par  manière  de  dire,  le  congelèrent  en 
la  furfacc,ne  plus  ne  moins  que  nous  voyons  la  crème  demeurer  fur  Iclait  com- 
me vnc  peau  :  or  on  voyoic  à  l'œil  que  la  chofe  êtoit  ainfi  arriuce,  car  elle  n'é- 
toit  pas  vnie  comme  font  ordinairement  les  (ulfufions,  mais  inégale  ,  ridée  & 
femblableàdu  lait  caillé  dedans  l'œil  :  le  malade  difoitencor,  comme  auflî  ce- 
lui qui  l'auoit  amené,  qu'il  y  auoic  au  commencement  dans  les  véncs  de  la  tu- 
nique adnata,vne  rougeur  <3c  comme  vne  cipecc  d'inflammation  ,  mais  qui  fe 
dillipa  d'elle  même  :  cette  rougeur  croit  aulfi  vne  marque  de  chaleur,  mais 
îointeà  vnc  matière  fubtile  ,  car  li  elle  eut  été  cpaillè,  elle  ne  fe  fcroit  pas  h 
promptement diffipée  :  cette  opinion  eit  aises  probable,  fl  elle  n'cfl  pas  véri- 
table, O^'^rw.  14.  Cf«r.  5. 


OBSERVATION      XX  XIV.. 
Fourqmy  il  n'y  a  point  de  douleur  en  U  depojîtion  de  la  Catara^e. 

IEn'ayencorpeudccouuiirla  caufe  pourquoyc'eft  qu'en  ladepoîitîon  de  la 
Catara(fle,non  feulement  la  membrane  a inata ,  mais  audî  la  cornée  Se  l'v- 
ucc  peuucnt  être  percées  del'Aiguille  fans  douleur ,  veu  que  l'adnata  tire  fon 
origine  du  Pericrane,  la  cornée  de  la  dure  mère  <3c  l'vuéc  de  la  pie  mère,  qui 
font  des  membranes  doUcesd'vn  vif  fentiment:  on  vait  encorque  fi  vn  brin  de 
paille  ou  vn  grain  de  poufliere  vient  à  tomber  dans  l'œil ,  incontineiir  il  fur- 
uicnt  dc*doulcuM  trcs- violentes,  mais  quand  oa  abat  U  Catarade  ,  C  comme 


des  Opérations  de  Chirurgie.  385 

iclay  quelquefois  expérimente, f  mêmes  quand  on  perce  la  membrane^  la 
douleur  eft  (î  petite  qu'à  peine  le  malade  fait  aucune  plainte  :  par  là  on  peut 
remarquer  la  prouidence  de  Dieu  ,  car  s'il  y  auoit  dans  cette  Opération  ce  fcn- 
timent  ôc  cette  douleur  exqnifc,  qui  a  accoutume  d'arriuer  quand  les  membra- 
nes font  pique'es,  il  ne  fe  trouucroit  aucune  pcrfonne  fi  couragcufè  qui  peut 
porter  ces  douleurs  fans  émotion  de  la  tcfte  Ôc  de  tout  le  corps.  Ohfi.  Cent.  6^ 

'BsjJ fonce  du  Docieur  Gregorius  Horjlms. 

le  n'ay  peu  trouucr  non  plus  que  voiis  cette  doute  en  aucun  authcur ,  encor 
moins  la  foiution  d'icelle  ,  quoy  que  cette  Opération  foit  diligemment  dcT- 
critetant  par  les  autheurs  anciens  que  modernes,ainfi  qu'elle  ell  exercée  par 
les  empiriqucs,comme  on  peut  voir  en  Paré  liu-  i^.  ch.  21.  nonobstant  ce  que 
dit  ce  renomme  Fabritlnsab  y^^napendeme pâme  i.  chap.  16.  des  Opérations  de 
Chirurgie  ,  que  cette  Opération  reiilîit  rarement  aux  Empiriques  oculifles,  la- 
quelle Celfemetà  bon  droit  entre  les  plus  fubtiles,  ingenieufes  &  délicates,  la- 
quelle vous  aucs  rendu  plus  aiscc  par  cette  chaife  propre  auec  fou  accoudoir. 

Ce  que  vous  dites  elt  véritable  que  czs  parties  de  l'œil  que  l'on  pique,  font 
douces  d'vn  vif  (cntimentiSc  vous  me  demandes  auec  raifon  pourquoy  la  dou- 
leur eft  fi  petite  en  cette  Operation,bquelle  eft  fi  violente  quand  ces  membra- 
nes font  blcfsccs,  comme  Glandor.  ius  en  a  deuxou  trois  exemples  en  fon  Spe- 
CHhnn  Chirurgicum:  vous  fçaués  que  la  nature  de  la  douleur  confifte  plutôt  en 
la  foiution  de  l'vnion  faite,  que  lorsque  la  des- vnîonfe  fait,  &  pour  cette  rai- 
fon fouuent  on  ne  remarque  pas  que  l'on  eft  blefsé,iufqu'àce  que  la  fcrueur  de 
la  colère  ait  pafsc  :  Ne  fera-t'-il  pas  de  même  l'efprit  étant  frapé  de  crainte  & 
de  confternation,à  caufe  de  laquelle  il  ne  fent  pas  incontinent  la  douleur  qui 
arriue  en  l'Opcia-.ion  mcm,e,ne  plus  ne  moins  que  les  Cautères  adbuels  qui  (e 
font  auec  vn  inftrument  couueit,  font  peu  de  douleur?  ou  bien  l'intempérie  de 
la  partie  iointe  à  de  la  matière,  n'aura- 1'- elle  point  introduit  vue  infenfibilitc 
d'icclle,veu  que  la  Cataradlc  s'engendrc,par  laps  de  temps,  d'vne  humidité  va- 
poreufepouGéc(url'œil,qui  s'y  eft  épaiflic  par  la  froideur  de  la  patrie  reci- 
piente,  comme  cela  arriue  es  autres  parties  qui  perdent  la  viuacité  du  fenci- 
mcnt  par  cette  caufe:lapiqneurc  doiic  étant  faite  ,  qui  fait  foiution  de  conti- 
nuité en  vn  m.oment,  la  douleur  ne  peut  pas  être  fi  grande, laquelle  neantmoins 
a  accoutumé  de  furuenir  aux  inflammations, à  caufe  que  la  chaleur  naturelle 
réueillelefcntiment  de  la  partie,  0^  pour  cette  raifon  les  Chirurgiens  oculiftes 
quand  ils  font  cette  Opcration»  mettent  incontiiient  des  remèdes  qui  empê- 
chent l'inflammation  &  la  douleur,&:  bandent aufli  l'œil  fain,à  caufe  qu'il  ont 
vn  même  mouucment,  afin  que  l'œil  malade  foit  en  repos.  &cc.  Obferuau  78. 
Cent.  (j. 

Ccc 


385  Liure  Cinquième 


! 


^    ' 


OBSERVATION     XXXV. 
De  l'Exophtbalmie  dite  Oeil  de  bœuf. 

L'Exophthalmic  vient  fbuucnc  après  la  dcpoficion  de  laCataiadc  qui  n'apas 
rciiflfi,  alîaiioir  quand  les  Charlacans  rentreprennent  fans  que  le  corps  aie 
été  preparéjou  purgé  principalementquand  ils  déchirent  aucc  l'éguille  les  mem- 
branes internes  de  l'œil  ou  l'humeur  cryfkalline  ,  &  ne  vont  pas  au  deuant  des 
accidents;  car  alors  il  furuient  douleur,  fluxion  &  amas  de  pus  autour  de  l'hu- 
meur cryftalline  qui  cft  prelque  au  centre  de  l'œil:  or  cette  matière  étant  en- 
fermée dans  l'œil  même  &  augmentant  à  caufe  de  la  douleur  &  fluxion  des  hu- 
meurs, elle  fait  extenfion  des  membranes  de  l'œil,  comme  de  l'vuée,  de  la  cor- 
née &  de  l'adnata  auec  vne  très  grande  douleur,&  enfin  chalTè  l'œil  hors  de  Ton 
orbite  :  cette  forte  d'exophchalmie  eft   des  plus  dangcreufcs,  car  la  matière 
peccante  étant  dans  le  centre  de  l'œil  6c  enfermée  en  des  membranes  fort  fer- 
rées, le  plusfouuent  le  malade  vient  à  mourir  auant  que  la  matière  forte  :  Tay 
veu  vncasà  peu  prcs  fembiable  à  Berne  en  1618.  vn  Bourgeois  nommé  laques 
Hebncr  ayant  ctc  dangereufement  malade  de  la  pefte  &c  pafsé  le  14.  iour,  com- 
me il  eftoit  apparemment  hors  de  danger,  il  quitta  Ion  Médecin  par  le  confeil 
d'vn  Chârlâtan,qui  luy  donna  vn  médicament  lequel  excita  le  vomilfemenc 
auec  vne  lî  grande  violence,  que  le  même  iour  les  yeiu  &  le  gofier  luy  enflè- 
rent auec  danger  d'vne  fquinance:avant  demandé  mon  aduis,  ie  luy  ordonnay 
vn  gargarifmc  ex  betonica,  rcabtosa^flantagine^rojîs  &  mêliez  auec  lequel  s'ctant 
lauc  la  bouche,  l'inflammation  s'âpaifa,  mais  les  yeux  enflèrent  fl  fort  qu'ils 
fortoyent  hors  de  leur  orbite  :  or  comme  il  ne  voulut  pas  s'abftenir  du  vin,la 
douleur  augmenta  tellement  ce  auec  inflammation  des  membranes  du  cerueau» 
qu'il  vint  à  mourir  en  peu  de  iours  aflauoir  le  20.  de  fa  maladie.  Obfèruatlon  i. 
Centnr.  1. 


OBSERVATION     XXXVI. 
D'''ône  Exophthalmie  après  vn  coup  donné  fur  la  Tefle. 

L'Exophthalmievient  quelquefois  après  les  grandes  contufions  de  la  Ccfte 
fans  playc,  comme  ie  Tay  veu  l'an  jj  '  6.  à  M-  ts  en  vne  honnête  Dame  qui 
fut  frapce  rudement  par  fon  chagrin  de  mari,  d'vn  coup  di  baflon  en  ia  future 
coronale  du  collé  gauche,maib  ians  p!ay»j ,  ainfi  le  fang  cxtr  lUabC  n'ayant  pas 
ï\\<\z  ,  il  fc  ictta  fur  i'opil  gauche  où  iifuruînt  une  très  grande  douleur  auec  in- 

Ham.mation 


des  Opérations  de  Chirurgie.  387 

i[ammation  principalement  delà  membrane  Adnata,à  caufe  de  la  Tympathic 
qu'elle  aauec  IcPericrane:  le  mal  ayant  êcc  néglige  au  commenccment.l'œil 
enfla  tellement  qu'il  fortitprcfquehois  des  paupières  ,  elle  fut  neantmoinsen 
fin  icmifc,  la  même. 


V 


OBSERVATION     XXXVII. 

De  r  Amputation  de  l'œil  forta/n  hors  de  fin  Orbite. 

Ne  petite  fille  de  Mr.Iean  Ribcr  Pafteur  de  l'Eglifc  de  Betterkincren  âse'c 
de  deux  ans,  auoit  eu  quantité  de  frondes  en  plufieurs  endroits  de  Ton 
corpsjlefquels  fe  rclinirent  (^au  dire  du  PereJ  après  qu'il  en  fut  forri  vne  quan- 
tité de  pus  louable,  de  forte  que  la  fillette  fe  porta  afsés  bien  iufqu'àce  qu'elle 
eut  trois  ans,auquel  temps  elle  commença  à  deuenir  chagrine,valetudinaire  & 
fuiette  àdesdefluxions  s  principalement  fur  les  yeux,enfin  l'œil  gauche  enfla  i3^: 
y  vint  vne  tâche  iaune  vers  le  petit  angle  qui  luy  ôta  la  veuc  :  l'oeil  étant  venu 
peu  à  peu  à  la  groiîèur  d'vnc  noix  hors  de  fon  orbite  &  des  paupières,  on  me 
l'amena  à  Bcrnej&  eonfeillay  qu'elle  fut  traitée  en  la  manière  fuiuante  i.qu'ellc 
obferua  vne  bonne  façon  de  viure  2. qu'elle  fut  purgée  doucement  par  interual- 
les,  5.  que  Ion  luy  appliqua  des  fangfucs  fur  la  médiane  gauche  4.  qu'elle  fut 
ventOLiséc  fur  les  épaules:  5.  qu'on  luy  fit  vn  Seton  en  la  nuques  6.  qu'on  luy 
applica  fur  l'œil  le  cataplafme  fuiuant.  l/i.far.fabar.  hordei  ,  an.  ^  //  pulu.  ro- 
far.  rnb.  5/j.  myrtill.  baUuJi.an.  ^'].pHlH.flor,  camorn.  &  rnelilot.  an.  ^/{^.  cHm  de- 
coElo  béton,  eapbraf.  &  rofar.  f.cataplafrna  calidè  applicandHm,kï' ùidc  defquels re- 
mèdes i'en  auois  remis  quelques  Vus ,  car  il  n'y  auoit  pas  la  moindre  âparence 
qu'il  y  eut  quelque  chofc  de  malin  qui  fut  caché,ainfi  i'efperois  qu'elle  pourroit 
être  remife  par  cette  méthode:^  tandis  que  ie  reprcfentois  au  long  à  fou  père  la 
nature  du  mal  <S:  la  méthode  de  le  guerii-jie  l'auertis  quelquefois  de  ne  confier 
pas  fa  fille  à  des  Charlatans  &  fur  tout  à  des  châcreurs,de  peur  qu'ils  ne  fe  fer-* 
uiîient  de  cette  Cure  violente  qui  fe  fait  par  le  couteau,à  caufe  qu'elle  ne  fe  pou- 
uoit  pas  faire  fans  vn  grand  danger  de  la  vie  :  ce  qu'ayant  entendu,  il  me  pria 
d'y  mettre  la  main  :  icluy  promis  d'appoircr  toute  la  diligence  poflible  ôcquc 
dés  ce  foirménxi'appliquerois  le  Cataplafme  fur  l'œil,  mais  ccpendantque  ic 
prépare  les  medicaments,céc  impertinent  de  père  va  trouuer  vn  Châtreur  fort 
téméraire,  auquel  il  raconta  tour  ce  que  ie  luy  auois  dit,  lequel  s'étant  mo- 
qué de  mon  confeil ,  fit  parade  de  fon  expérience,  comme  c'cll  la  coutume 
de  telle  forte  de  gents  ,  <Sc  die  qu'il  faloit  extirper  l'œil,  que  cela  fe  pouuoic 
faire  lansdouleur,promettâc  impudemment  de  g'jcrirccice  fille  eni4.iours:Ic 
peres'ctant  laifé  aueugler  à  ces  belles  promcfles  y  content  inc6tinent,ce  char- 
latan donc  tkhe  de  tirer  l'œil  anec  l'inllrumet  de  GeorgeBartifch,fans  céfidercr 

C  ce     i 


388  Liure  Cinquième 

que  le  corps  êfoit  impur  &  cacochyme,  lequel  il  ne  purgea  point  :  mais  l'eue-  |( 
ticmcnt  fie  voir  qu'il  n'auoit  coupe  que  la  fuifacc  &  laifsé  la  racine  du  mal:  la  -i 
fedion  êtanc  faice  ,  comme  il  tâche  tant  qu'il  luy  eft  poflTible  de  confolider 
laplayc  (Std'acheuer  fa  Cure  dans  14.  iours  ,  voici  le  fcm-inaiic  du  mal  qui  ^ 
commenccinconiinentàrcbourgconncrauecvne  telle  impetuolîtc  &c  mali-  p 
gnicc,vne  certaine  chair  liuide  «Se  fpongicufc  fortant  hors  de  l'oibite ,  qu'en  p 
peu  de  temps  elle  fut  plus  grolfe  que  les  deux  poings  d'vn  homme  ,  la  peau  fe  f 
déchirant  de  coté  Se  d'autre^d'où  il  fortoit  de  la  fange  puante,  &  toute  la  face  h 
étant  parfemce  de  veines  bouffies,  &  incommodée  de  cet  horrible  fungus,  k 
même  l'œil  droit  &  le  golîer  furent  couuerts  &  remplis  de  cette  chair  pour-  fc 
rie  qui  alloit  touliours  en  augmentant:mitis:cctte  pauure  fille  érant  réduite  à  ce  |oi 
miferable  état  &  abandonnée  par  cet  Operateutjfon  mal-auisc  de  père  êcriuic  à  k 
Monfr.  Nicolas  Henzius  Profcircuren  la  langue  Grecque,  à  ce  qu'il  intercéda  f 
enuers  moy  ôc  me  demanda  kcours,ce  que  i'accorday  à  cet  home  indigne  d'y-  p 
ne  telle  faueur  parvne  charité  chrétienne  :  cette  fille  donc  ayant  été  amenée  à  ^f 
Berne,ic  vis  ce  mal  qui  faifoit  peur,veu  que  ce  fungus  châcreux  étoit  venu  à  vne  li 
prodigieufegrofleur  en  peu  de  tems,car  ayant  melurcla  circonférence  du  mal 
iufqu'à  la  racine  auec  du  papierjelleauoit  i4.pouces  &neufde  hauteur,ilêtoic 
partout  rempli  de  noeuds  de  liuide  auec  plufieurs  vlceres  fordides  &•  puants, 
d'où  il  ibrtoit  vne  matière  fanicufe  &  foetide,rcndant  aisément  du  fang  en  abon- 
dance pour  peu  qu'on  le  toucha  :  or  quoy  que  le  mal  fut  grand  &  qu'il  en  for- 
cit tous  les  iours  du  fang,  ncancmoins  la  petite  fiJle  fe  portoit  afse's  bien  quant 
aux  parties  internes,  &  fcc  que  nous  auons  confiderc  auec  admiration^  quoy 
que  toute  la  facefut  enflée, même  le  goficr  &  les  gençiues  ,  elle  âualoitneant- 
moinsles  viandes  liquides  &  folides  (ans  difficulté5&  par  vne  prouidcnce  de 
Dieu  llngulicre  clic  dormoit  quafi  iour  &c  nuit;  elle  demeuraenuiron  vn  mois 
entier  en  ville,cependant  i'allay  tant  qu'il  me  fut  poflible  au  deuant  des  acci- 
dencs:cnfin  Ton  mal-auisé  de  père  ayant  piis  quelques  médicaments  auec  luy, la 
ramena  en  fon  villrgc  où  clic  décéda  peu  de  tcms  apres:or  l'opération  fut  faite 
au  mois  de  luin  i3c  elle  mourut  le  8.Scpr.i625.ainfi  cette  étrange  maladie  fit  fon 
cours  en  trois  mois  :  que  fi  elle  eue  cté  traitée  méthodiquement,  comme  ie 
l'auois  pioposc  ,  cette  fille  eut  peu  palFer  plulicurs  années  fans  incommodité. 

le  vous  prie  Mr.dc  coiifidcrer  ceci  (!<c  d'examiner  l'inftrument  de  Bartifchjafin 
de  bien  iiiftruire  les  Chiiurgicns,s'il  fe  preicnte  quelque  fcmblable  incômoditc 
i^^qudqueoperatiôen  lapratique&  leur  represécer  le  défaut  de  cet  inftrumét& 
le  leur  faire  voir  à  l'œiliquc  fi  quelqu  vn  vous  vouloir  contredire,comme  c'eft 
le  plus  foiuiet  la  coûrumcidc  telles  gcntSjfaites  luy  en  faire  auparauant  l'elîày  en 
vn  veau  où  en  vn  mouton,car  luy  même  découurira  l'impertinéce  de  cet  inftru- 
ment:i'cn  parle  par  experiêcc,  car  qiiâd  il  me  falut  faire  cette  opération  à  Luftri 
en  ce  Gentil- hôme,ic  fis  f^irc  cet  inllrumet[que  ie  garde  encor  en  mon  cabinet] 
à  Lauiannc  par  vn  habile  maître5&  corne  i'cn  voulus  faire  l'cllày  en  vne  tctc  de 

veau 


des  Opérations  de  Chirurgie.  58*^ 

eau  >  ic  reconnus  incontinent  qu'il  ctoit  impoflîble  de  tirer  entièrement  auec 
:cluy  l'œil  hors  de  Ton  orbite  fans  faire  fraârure  au  Crâne,  comme  cette  fille 
aexperimcnté  à  fonprciudice  :  ie  me  iiiis  donc  adiiisc  d'vn  autre  inllrument 
luqucl  vous  verres  la  figure  en  l'Obicrusâon  44.  lia.  5.  auec  lequel  ie  fis  heu- 
eulement  l'opération  :  or  ic  trouue  l'infirument  de  Bai  th.  incommode  pour 
es  raifons  fuiuantes,  i^.Parcc  qu'il n'cll pas  proportionne  à  rorbite,principale- 
ncntau  fond  d'icclle,&  vers  l&^principe  des  mufclcs  ôc  l'implantation  du  nerf 
jptique  en  l'œil  ou  c'eft  qu'il  le  faut  coupcr,car  l'orbite  en  Ton  fond  à  le  plus 

ouucntla  largeur  de  cette  ligne orl'iiîftrument  cftquafi  deux  fois  plus 

arge,  2.  Parce  qu'il cft  creux  quafi  comme  la  cueliier  auec  laquelle  les  Litho- 
omiftes  tirent  le  calcul  hors  de  la  vc{Iie,5<:  quoy  qu'il  foit  trcnchant,  il  ne  cou- 
)c  pas  neantmoins  à  cote  &  vers  le  Crâne  mais  en  deuant ,  ainfi  la  plus  o-rande 
)artie  du  mal  demeure  dedans  l'orbite ,  5.  Parce  qu'il  a  les  bords  fort  auanccs 
k  épais  ,  il  remplit  tellement  toute  l'oibire  qu'il  ne  peut  pas  être  poufsc  iuf- 
ju'aufond  d'iccUc  fans  vne  grande  violence,  comme  ie  l'ay  expérimente  en 
les  beftcs:40.  Si  on  veut  que  cétinftrument,comme  qu'il  foit  fait,face  prom- 
;emcnt&  aifemcnt  ce  que  l'on  dcdre  ,  il  c  ft  nece (Taire  de  le  porter  en  dedans  & 
khors,toutde  même  que  l'on  mène  vne  Icie  en  coupant  du  bois,mais  cela  ne  fc 
)eut  faire  auec  cet  inftrument  ôc  cette  cueliier:  Bartifch  y  aioute  auflî  le  rafoir, 
iirurcmcnt  pour  couper  la  membrane  adnata  ,  mais  cela  ne  Ce  peut  faire  non 
plus  fans  danger  ,  car  le  Crâne  eft  fort  dtlic  en  ccz  endioit  &c  peut  être  facile- 
ment oiicncé  par  la  pointe  du  raloir  :  on  peut  voir  par  là  combien  cet  inftru- 
ntnt  dcBartilch  cft  mal  propreuous  les  Anciens  ôc  la  plufpart  des  Modernes 
ioyet  l'œiljqui  éroit  forti  hois  de  fon  oibite,auce  vn  filet  &.  le  coupoyét  vers  la 
igature,ou bien laiiïbyent  faire  la  nature:  Maître  Claude ChapuisChirurc^icn 
le  grande  réputation  en  Bourgogne,  en  (on  traite  François  du  Chancre  ,  veut 
juecela  le  lace  auec  vn  filet  hotc  d'arfcnic  ,  m.aii  il  faut  procéder  en  cetre 
idtion  auec  prudence  ,  car  le  filet  n'attrape  rien  que  ce  qui  palïc  l'orbite  :  or 
'origine  du  mal  eft  cachée  le  plus  fouucnt  au  fond  d'icelle,  pour  ne  dire  pas 
ouiiours ,  piincipalemcnt  s'il  y  a  quelque  dilpohcion  au  Chancre,  or  fi  on  ne 
e  coupe  pas  entièrement  ou  auccl'iaftrument  ou  auec  le  filet,  il  re<^crme  in- 
ronrincnt  (k  ie  conuertit  en  vn  monftrueux  fungus  :  il  faut  confiderer  ceci  di- 
igcmmentauant  que  ferrer  la  ligature  ou  entreprendre  de  couper  la  fuperficie 
iu  mal  auec  quel  inftrumcnr  que  ce  foit  :  que  fi  l'œil  auec  tous  Tes  mufclcs  eft 
;nticrcment  hors  dcfonorbitCiie  ne  defapprouue  pas  alors lamethodc  de  Cha- 

Gcc     z, 


m 


550  Liure  Cinquième 


OBSERVATION     XXXVIIL 

De  la  manière  de  tirer  hors  desyeux^  desfejîiis^fahloni  éclats  de  bois 
&  chofesfernblables. 

TOus  les  Anaromiftcs  fçauenc  que  la  membrane  adnata  vient  du  peiicrane 
&  la  coince  delà  dure  mère  ,  qui  toutes  deux  ont  vn  (cnciment  fort  vif, 
pour  cette  raifou  les  yeux  l'ont  fort  exquis  Se  font  oft^iiccs  aisément  pat  du  fa- 
blon,par  des  brins  de  pouffiere  ,  SCc.  i'cn  ay  veu  quelques  vus  qui  ont  perdu  la  !  lîi 
veuc  par  vnccaufc  de  cette  nature  &fort  legcrcjCar  la  douleur  qui  vient  pourcc 
qu'il  ell  entre  de  lapoufficre  dedans  TcEil ,  attire  inconfinent  des  humeurs  fur  - 
les  yeux  ,  d'où  viennent  de  giands  accidents:il  faut  donc  tirer  promptem.ent  & 
auec  beaucoup  de  ioin  tout  ce  qui  y  cft  attache  :  quelques  vns  veulent  que  l'on  'jit. 
fe  mouche  fort  ou  que  l'on  pLOuoqucrcternuemenr,car  ils  eftiment  que  par  ce 
moyen  la  nature  chatfc  tout  ce  qui  y  cft  contre  nature,  mais  cela  ne  le  peut  pas 
faire  fans  danger  :  car  ce  mouuemcnt  violent  &  cet^e  émotion  du  Cerueauqui  ji 
arriue  encternuant  chaile  les  humeurs  excremcntitics  tant  aux  yeux  qu'aux  na-  4 
rines:mais  les  yeux  d'ecreuilFe  ou  les  pierretes  qui  le  trouucnt  en  leur  Tclle,net- 
toyent  Huis  danger  6c  auec  peu  de  pcne  le  fablon  &c  la  pouiliere  des  yeux,  com- 
me iel'ay  expérimenté  aisés  fouuent  :  il  faut  donc  fouleuer  la  p.iupiere  delà 
main  gauche  5c  auec  la  droite  rncttre  doucement  &  auec  circu.friipeclion  vue  |i 
de  ces  pierres  dans  l'oeil  &Ie  fermer  incontinent ,  prouoquant  le  fommcil  par 
toutes  forte  de  moyen  :  que  fi  cela  arriue  en  voyageant,  il  i-aut  mettre  le  mou- 
choir entortillé  fur  l'œil,  ainlî  la  pierre  n'en  fortira  point  qu'il  ne  foi:  nettoyé, 
l'ofe  aifurer  que  cela  le  peut  faircfans  douleur  ni  incommodité  :  quelques  im- 
polleurs  attribuent  la  même  vertu  aux  pierres  qui  le  trouuent  dans  ie  ventre  des 
arondeleS(S:  les  louent  iufques  au  troiliéme  Ciel ,  les  vendants  plus  chères  que 
l'or.'mais  i'ay  remarqué  en  plufieurs  que  non  (eulcment  elles  n'ont  de  rien  Icr- 
ui,maismême  qu'elles  ont  fait  du  mal  :  outre  que  l'on  trompe  fouucnten  tells 
forte  de  marchandife,veu  que  rarement  on  en  trouue  de  vraycs  :  vn  impofteur 
me  vinttrouucr  dernièrement  qui  fe  vantoit  d'en  pouuoir  trouuer  des  milliers 
&  m'en  montra  plus  de  cent  qu'il  alTuioit  é:rc  toutes  legitimes,raais  il  ne  vou- 
loit  pas  alfurer  qu'elles  eufTentététronuées  dans  desaiondellcs  ,  voyez  quelle 
contradidion  :  elles  étoycnt  de  diuerfe  couleur,les  vncs  ctoycnt  rondcs,lcs  au- 
tres longucttes,mais  toutes  lilfes  :  quelques  vns  y  mettent  vn  grain  defemeacc 
d'orualc  franche  alTez  heureufement,car  l'cxpericace  montre  que  cette  femcnce 
cft  profitable  aux  yeux  &  à  la  veuc  &  qu'elle  les  nettoyé  de  la  pouflierc. 

Qiij:  s'il  eft  entré  dedans  les  membranes  quelque   éclat  de  bois  ou  chofc 
femblablejalors  il  y  faut  procéder  autrement,  prenant  premièrement  bien  gar- 
de 


des  Opérations  de  Chirurgie,  3?i 

fi  ou  il  eni:rc,efi  après  le  Chirurgien  fera  rcnir  ferme  la  Telle  du  malade  :  po- 
jiit  donc  le  casqii'vn  éclat  foie  entre  en  la  partie  infcnViue  de  l'iris,  alors  le 
hiringien  mettra  l'indcumcnt  de  la  table  XI.  figiire6  fait  en  forme  dVn  cuie 
pille  au  delHis  de  l'éclat  (k  poullant  allez  ferme)  en  longueur  de  la  mcmbra- 
sadnata  ,  en  forte  neantmoins  que  le  creux  de  l'inflrumenc  regarde  la  mcm- 
canc,il  commandera  après  au  malade  de  regarder  en  haut,  de  en  frottant  l'œil, 
clatfortira  dclïiis  l'inftrumcnt  :  que  fi  cela  n'a  pas  reiiffi  à  la  première  ou  fe- 
ande  fois,il  ne  faut  pourtant  pas  quiter,  mais  il  faut  continuer  iufqu  ace  qu'il 
>icfirc:que  s'il  eft  entre  plus  auant  dans  les  membranes ,  il  le  faut  tirer  douce- 
lent  auec  des  pincettes,appliquant  par  après  la  refidenced'vn  blanc  d'œuf  bien 
âtu  auec  eau  de  rôles  &c  de  plantin  Se  vn  peu  d'alun  crud  ,  mettant  encor  par 
eflus  vn  couflinet  trempe  en  la  même  eau>  liant  fermement  l'œil  auec  vnc 
andcjtant  afin  que  les  médicaments  ne  bougent  point,  comme  aufli  pour  arrc- 
r  le  mouuementde  l'oeiljlcquel étant  ouucrt,fe  remue  toulîours,  or  le  mou- 
Cinent  eft  fort  contraire  aux  parties  offencces  &  fur  tout  à  l'oeil  :  Voyez  les  fi- 
ares  j.&  8.  de  Utable  XI. 

Que  fi  l'éclat  eft  entre  en  la  panpiere  d'cnhaut  ou  d'en  bas,  après  auoir  relc- 
ic  la  paupière  auec  vue  fonde  d'argent ,  il  fiant  faire  vn  pinceau  dVne  éponge 
leuue  de  conuenable  grândeur,&  l'ayant  trcpc  en  eau  rofe,il  le  faut  mettre  fur 
eciatjle  touinanr  douctnicîK  tant  que  l'éponge  ratrrapc,ou  ce  qui  fera  attache 
L  la  paupière  :  car  cela  fe  fait  ailèz  aiscment,comme  ie  l'ay  founcnt  rcmarquct 
nais  il  arriue  quelquefois  que  de  la  poufliere  &  chofes  lemblables  font  cachées 
lauantfous  ks  paupières  qu'on  ne  les  fçauroit  dccouurir  ,  cncor  moins  tirer 
lorsauec  la  main  ou  auec  dcsinftrnmenrs,  d'où  viennent  de  grandes  douleurs, 
nflam.macîon  &  autî.es  fâcheux  accidents  aul'quels  il  faut  piomptement  remé- 
dier par  purgations,{aignée,vcnroufcs  &  vue  bonne  fac^on  de  viure,  m:ttant  fiK 
e  front  tandis  que  la  fluxion  eft  véhémente,  quelque  dcfenfif&:  veriknt  dedans 
'oeil  le  Collyre  Cinua.m.'^.Mucilao^.fèm.cydonior.cHm  acjrofar.  c^  plant  a^.extr. 
U^is  fntiliebr  an.lti.caph.&  croci  an.  9  Ç't.m.f.Col/.  lequel  il  faut  appliquer  tiède 
^  renouueler  tous  les  iours,  autrement  le  lait  vient  à  s'aigrir  &  rend  le  Collyre 
acite,  ainfi  la  douleur  &  l'inflammation  augmente.'  la  violence  de  la  fluxion 
ctai\t  appaiscc,ie  me  luis  ferui  fort  vrilemcnt:  de  la  fomentation  CAiiamc.    ^. 
Semfœnugr.'lÇ'ijior.camom.meliLbeton.eHfraf.rofar.rub.ayu  m, &.  înddamur &  cof;~ 
tundantnr  i'iidantnrcjiue  facculoejui  filo  hiterfutus  &  a^^na  coBas  cculo  ter  aut^aater 
imerdin  applicetur  ,  Par  ce  moyen  tout  ce  qui  eft  contre  nature  dedans  l'oeil 
fortira  fans  danger    :  Enfin  s'il  eft  necclïaire  on  appliquera  le  Collyre  fuiuant 
qui  eft  deficcatif  &  fortifie  la  veuc-     ri.  j4(^ua  plantag.  euphr.  &  fœnïc.  an  ^ï. 
tutUpreparatiZ ,  C.  C.  vfiï  0^ preparatiyCernJJa  lou  an.  5  Çs.m.f.Col.ObferHatlon  13. 
Cent,  II» 


591  Liiire  Cinquième 


OBSERVATION     XXXIX. 

D'vne  écaille  de  fer  ^ni  étoit  entrée  dedans  la  7nernbrane  adnata. 

VN  Serrurier  d'Hilden  traïuillanc  en  fa  boutique ,  vue  écaille  de  fer  li 
fauta  dans  l'œil  iucc  impccuoficc  tSc  encra  bien  auanc  :  ayant  crc  demanda 
quelques  iours  après,  ie  la  trouuay  au  delfous  de  la  prunelle  à  l'endroit  ou  l'iii 
commence  ,  car  on  y  voyoit  ailement  vne  peticerâche  noire  &c  qui  n'ctoit  d' 
gueresplus  grande  que  cette  lettre  o  :  ilfentoic  vne  giande&  continuelle  doti 
leur  principalement  quand  il  fctraoit  rœii,car  la  paupière  iiifctieurc  frottoi 
contre  l'ccaille  qui  ctoic  rude,  ainfi  la  douleur  le  trauailloir  principalement  d 
nuit:  mais  quelque  diligence  &  induftrie  que  i'apportallc,ic  que  i'y  eulfe  mis  1 
main  crois  ou  quatre  fois  pour  tâcher  de  la  tirer,ncantmoins  ie  perdois  ma  pê 
ne,car  cette  écaille  étoit  fi  petite  &  étoit  entrée  fi  profondément  qu'il  n'y  auoi 
nipincerte  ni  rien  qui  la  peut  ârraper  ;  or  n'olantpas  me  (eruir  de  quelque  \{\ 
ftrument  pointu  pourla  tirer  dchors,à  caufedu  mouueraent  continuel  de  l'œil 
&la  douleur  &  l'inflammation  augmentants  de  iour  à  autre  ,  ie  delibcray  d 
lailïèr  faire  la  nature  ^  les  médicaments  ,  ainfi  l'ayant  purgé  vue  fois  ou  deu: 
par  des  pilules  cephaliqucs,  ie  mis  delïïis  vn  collyre  anodyn  vJi  vn  peu  repcr 
cuflîf,  i'ouuris  la  vêne  du  bras  &  appliquay  (ur  la  nuque  «^  (iir  les  épaules  de 
vcntoufcs  ,  maisaucc  peu  de  fruit ,  car  la  douleur  &  cette  tache  noire  dcmcu 
royenten  même  état,  enfin  ayant  mis  le  lachctluiuanr,  la  tache  fut  ôtée  en  pei 
de  iours&  la  douleur  apaiséejainh  cet  homme  fut  entièrement  remis.  ^.Rad 
alth.minutiJJAncifiZ  &  contnfz  l].fol.  &  jlor. béton,  euphr.  camomill  me  h  lot.  an. m.  C'i 
ro/ar.odor.m.j./èmfœnHgr  contitf.^iuj.hicidantur  intnHilmim.omnia,jîantfac  ruli  in 
terjïiti  débita  maonitudinis.  l'en  failois  tous  les  iours  cuire  en  du  laict  de  vach 
fraichement  tiré,  le  miCttant  chaudement  iur  l'œil  trois  ou  quatre  fois  le  iour 
Obf.ijXem.ir. 


OBSERVATION     XL. 

De  l'extra^ion  d'vn  morceau  de  plomb  cjui  etolt  entre  dedans  lœ'd. 

N  fils  de  Monfieur  Samuel  Zchendcr  Patrice  de  de  Berne  of  B.iill  if  de  Mou 
^  don  en  léié.  verfant  du  plomb  fondu  en  de  l'eau  froide,il  reiaillic  en  hau 
auccvne  celle  impetuofité,qu'ilen  entra  dans  l'œil  gauche  :  le  Père  quiêcoicei 
vne  chambre  proche  ayant  ouy  le  bruit  (  car  le  garçon  étoit  tombé  parterre. 
il  le  crouua  à  demi  mort  &:  me  l'amena  incontinent   ••  ayant  regardé  l'œil ,  i 

trouu* 


V 


^ 


des  Opérations  de  Chirurgie.  59j 

tiouuay  en  la  paupière  de  dclFasva  grain  de  plomb  de  la  grandeur  d'vne  lencil- 
Icjàrendroit  où  le  poil  fore  ôc  vn  autre  qui  ctoit  eritrcd^ns  la  membrane  ad- 
nara  ,  mais  qui  croie  fi  profond  qu'à  pcne  le  pcus-ie  prendre  aaec  des  pincet- 
tes »  enfin  l'ayant  tire,  ieverfay  dedans  l'œil  vn  Collyieanodyn  &  rcpcrcundf, 
le  fermant  6c  bandant  diligemment  ,  5c  oignis  le  front  anse  huyie  rofat  :  le 
lendemain  ie  le  purgeay ,  continuant  à  mettre  deux  fois  le  iour  du  Collyre  fur 
l'œil,  ainfi  en  peu  de  iours  il  fut  entièrement  guéri  fans  qîi'il  furuinr  aucun 
c;accident  ;  on  voit  par  là  comme  il  cfl:  necclfaire  d'ôtcr  :  s'il  eft  poflîble,    dés 
il  le  commencement  la  caufe  du  mal,  car  fi  ce  plomb  y  eut  demeure  encor 
!c  quelques  heures  ,  afiurement  ces  parties  fc  (eroycnt  enflées  ,  Se  le  plomb  fc- 
■  roit  entré  encorplus  auant  dans  les  membranes  &  n'eut  pas  pu  être  tire  hors 
tauantlafuppuration  ,  &  cependant  il  feroit  furuenu  des  dangereux  accidents 
£  comme  douleur  ,  inflammation  Se  autres  :  ie  l'ay  remarque  louuent  es  playes 
aid'harquebnfadejcarfionneftpas  foigncux  dés  le  commencement  de  tirer  la 
•bâle,  le  Chirurgien  trauaille  par  après  en  vain  ,  iurqu'àcequelafuppuration 
tétant  faite,  elle  forte  auec  la  baie  ,  quoy  que  cela  n'arriue  pas  toufiours  ,  car 
bien  fouuent  elle  demeure  dedans  le  corps  vn  longefpacc  de  temps  (3c  par  fois 
tout  le  reftedela  vie.  Obf.io .Cem.tf. 


OBSERVATON    XLI. 
'  De  CEtraElion  d'vne  écaille  d'acier  qui  et  oit  entrée  dedans  la  Cornée. 

\7  N  Payfni  de  la  Vallée  de  faint  Ymier  proche  le  Lac  de  Bienne  nommé 
Benoiit  Barquin,  achetant  de  l'acier  chez  vn  Marchand  &c  clboifiirantlc 
meilleur  fùiloit  choquer  vn  morceau  contre  r2utre,vn  brin  luy  fauta  en  cet  en- 
droit de  la  Cornée  où  cft  l'iris  Se  demeura  attache  bien  ferme  en  la  membrane 
auec  vne  grande  douleur:  ceux  qui  ctoyent  à  l'entour  ayants  tout  clfayé  en 
vain,  &  la  douleur  Augmentant  auec  l'inflammation  ,  il  me  vint  trouucr  à 
Berne  le  cinquiémeMay  !6i3.  Luy  ayant  ordonné  vne  bonne  façon  de  viure 
(Se  vuidé  le  corps  tant  par  frJgnée  que  par  purgation  ,  i'elfayay  quelques  iours 
de  fuite  &àdiucrfcsfofs  d'ôrer  ce  brin,  premièrement  auec  des  inftrumcnts, 
maisil  ctoit  fi  petit  que  ie  n'en  pus  pas  venir  à  bout  ,  ce  qui  m'obligea  à  ccr- 
chcr  vn  autre  expédient  «?c  à  me  feruirdcfachets  comme  i'auois  fait  auttcfois, 
ce  qui  fut  encor  en  vain  :  mais  ma  femme  s'aui('ad'vn  remej."  fort  propre  ,  car 
tandis  que  ie  luy  éieuois  les  pnupicres  auec  les  deux  mains,  elle  appro:hoit 
vne  pierre  d'aimant  le  ;  lus  prés  de  l'œil  qu'il  luy  croit  poflible,  ce  qu'ayant 
faitàdiuerfesfois  ,  (^  car  il  ne  pouuoie  pis  longccinps  porter  la  lumière  de 
laquelle  on  aupit  befoin  pour  cctcltctj  enfin  ce  brin  vola  conrrc  l'aimanc 

Ddd 


394  Liure  Cinquième 

comme  chacun  de  nousle  vit  manifcftcmciK,  &  aprçs  auoir  applique  vn  CoU  ., 
lyre  anoclyn,il  fat  bien  tôt  remis. 

Mais  il  faut  remarquer  qu'en  vne  même  pierre  il  fe  trouuc  bien  fouuent  des  < 
facultés  contraires,  aflauoic  que  d'vn  côté  elle  attire  le  fer  &  qu'elle  le  repoulïc| 
de  l'autre  ,  ce  i'ay  remarque  en  la  même  pierre  de  laquelle  ic  me  fuis  ferui: '^ 
pour  ne  donc  point  faire  de  faute  ,  il  faut  auant  l'opération  eifaycr  tous  lc»|î 
coins  d'icclle,les  prefenrant  à  delà  limaille  de  fer ,  &c.  Obfernation  tu  Cerk'l 
îitr.  V. 


OBSERVATION    XLII. 

D'vne  fifinle  Lachrymale  guérie  heureufement,. 


EN  luin  1615).  ie  fus  demande  pour  aller  à  Soleurre  voir  aucc  le  Do<9:eur; 
Scharande  vn  garçon  de  13.  anSjfils  de  Noble  lean  laques  Vonvevîs,  lequel 
ctoit  trauaillé  dés  quatre  ans  d'vne  fiftule  lachrymale  au  côte  gauche,  que  l'on 
tenoit  pour  incurable,  caujon  feulement  l'os  ctoic  caric,mais  auffi  lagîandulc 
ctoic  tellement  rongée,  qu'à  chaque  fois  que  ce  garçon  plcuroit,lcs  larmes  for-' 
roycr.t  en  abondance  par  la  fillule  ,  il  ctoit  tellement  chagrin  &  impatienr,quc 
nous  ne  luy  auons  iamais  peu  appliquer  le  Cautère  aâ:uel,qui  cft  le  grand  &  '".^ 
fouuerain  remède  en  ce  mal ,  ce  qui  nous  obligea  de  fongcr  à  d'autres  :  luy 
ayant  donc  ordonné  vnc  bonne  faconde  viure  ,  nous  purgeâmes  l'humeur  qui 
ferr.blûit  prédominer  6c  félon  fa  portée  ,  nous  luy  limes  après  le  Scton  fur  la 
nuque,  &  quelques  iours  après  qu'il  commença  à  flucr,nous  trauaillames  à  la 
fiftule  en  cette  manière  :  pre.mierement,parcc  qu'elle  étoit  fort  étroitte ,  i'y  mis 
vnpeudc  mon  Cauftic  qui  ronge  fans  douleur  :  l'cfcare  étant  tombée,  nous 
élargîmes  la  fiftule  iulqu'à  l'os  aucc  vn  onguent  efcharotic  &  auec  Ats  épon- 
ges préparées  ,  enfin  nous  {aupoudrames  la  fiftule  aucc  de  l'euphorbe  fimplc 
Ck  en  quantité, ,  &  mîmes  après  vn  emplâtre  fait  auec  de  la  gom-me  elcmi feu- 
le ;  nous  étants  fcruit"  de  o  %  remèdes  quelques  semaines  de  {uite,il  fe  prefcnta 
vne  petite  efquille  d'ûs,laquelieMonficur  Scharande  tira  en  mon  abfence,  & 
ayants  mis  quelques  iours  de  fuite  vne  demi  goûte  de  baume  de  Tolu  fur  l'vl- 
C€rc,vnc  fois  le  iour  auec  du  charpis,  la  fiftule  fut  en  peu  de  temps  entièrement 
guérie,  laquelle  cft  à  prefent  confolidée  fans  aucune  oH^i-nce  de  l'œil  ni  de  la 
vt-uë  ;  nous  Irullàraes  aulîi  quelque  temps  après  clorvc  le  Sccon  ,  &c.  Ohferua^ 
ùon  11.  Cent,  V. 

OBSEP,- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  395 

OBSERVATION     XLlII. 

De  U  CHYe  de  lafi/fule  Lachrymale. 

ÏL  faut  auaHt  toute  œuurc  ordonner  rne  bonne  façon  de  viure,  i.  Il  faut  pur- 
ger le  corps  félon  l'humeur  qui  prédomine,  30.  Il  faut  fortifier  le  Ccrueaii 
?ar  médicaments  tant  internes  qu'externes  :  il  ie  faut  fcruir  de  la  deco6tion  de 
;aiac  j  falfafras ,  chine  &  ralfcparcillc,  y  âioutant  fauge ,  rofmarin,  betoine, 
'naiQraine)primula  veris  :  Les  conferues  de  betoine,  rofmarin,  fauge  ,  maio- 
raine,  primula  vcris,paeonia,font  couueuables,  comme  aullî  la  confedion  d'Al- 
tcrmes,  ccorcc  de  Citron  ,  poudres  dianthos,aromaticum  rof  &  femblables: 
il  faut  mettre  fur  la  Telle  des  poudres  de  bcnzoin,ftirac.caIamitate,maftic,oli- 
ban,arpbre  blanc>grains  de  kermès,  racine  d'iris  de  Florence,flcurs  de  betoine, 
irofmarin ,  maioraine  &  rofes  rouges  ,  auec  lefqucUes  on  pourra  aulïi  faire  des 
:ocifes  piquées  ,  40.  La  matière  qui  Te  iette  fur  l'œil  doit  être  détournée  aii- 
(iicurs  par  Vcntourcs  appliquées  fréquemment  fur  les  Epaules  êc  par  des  VcCi- 
jçatoires  derrière  les  oreilles  .*  mais  le  plus  feur  expédient  eft  le  Scton ,  car  il 
tire  puiflammcnt  à  foy  &  vuide  la  matière  qui  fe  verfe  fur  les  yeux ,  il  déchar- 
ge la  Tcfte  de  toutes  humeurs  fuperflues  ôc  la  fortifie  puiflammcnt ,  bref  il  efl 
de  fi  grande  importance,que  i'ay  remarque  qu'vne  fiftule  lachrymale  inuetc- 
rce  n'a  peu  être  guérie  que  par  ce  fêul  remède  :  mais  il  faut  auparauant  pur- 
ger le  corps  de  ne  faut  rien  entreprendre  fur  la  fiftule  que  le  Seton  n'ait  cou- 
le quelques  iours,5>:  qu'il  n'ait  tiré  à  foy  l'humeur  qui  fc  iette  fut  la,fiftule:en 
après  il  la  faut  dilater  premièrement  ,  s'il  eft  polBble  ,  par  des  tentes  faites 
auec  racine  de  gentiane  ou  auec  de  l'éponge  préparée  ,  finon  il  y  faut  vn  peu 
mettre  de  mon  cauftic ,  prenant  garde  de  n'en  met^e  par  trop  ,  car  la  grof^ 
feur  dVn  grain  de  lithofpermum  fufiit  :  il  faut  aufli  fermer  l'oreille  dili- 
gemmcnr,de  peur  qu'il  n'y  en  tombe  quand  il  fera  fondu  ,  il  y  en  a  qui  l'ou- 
urent  auec  vue  goûte  ou  deux  d'eau  forte  ou  d'huyle  de  vitiiol  ,  pour  ronger 
le  Cal  &  la  chair  fupcrfluc  ,  mais  mal  à  propos  ,  car  elles  peuuent  par  leur 
infignc  pénétration  corrompre  l'os  qui  eft  peut  être  entier  ôc  fain  ,  ce  qu!oii 
ne  doit  pas  appréhender  de  mon  Cauftic,vcu  qu'il  a  vue  matière  crafTc  &  tcr- 
reftre  qui  n'oftence  point  les  parties  voifines  ,  mais  l'huyle  de  vitriol  &  Teau 
forte  s'étendent  au  longCk'  au  large  :  la  fiftule  étant  dilatée ,  il  y  faut  mettre 
du  précipité  diligemment  préparé  en  faupoudrant  l'vlccrc  ou  la  mettant  auec 
du  charpisjle  couurant  auec  vn  emplâtre  fait  auec  du  fcul  gummi  eUmi  éten- 
du fur  vue  peau  ou  vn  linge  :  ie  n'oie  pas  me  fcruir  d'vne  poudre  plus  for- 
te que  Celle-ci  ,  de  peur  de  dcnuer  l'os  de  fon  periofte,fi  d'auenture  il 
êtoit  encor  entier  :  car  i'av  fouucnt  gucri  des  fiftulcs  lachrymalcs ,  quoy 

Ddd     z 


39^  Liure  Cinquième 

qu'inueterces  ,    crqiiclles  l'os   n'ctoic  point  carie  :  partant  il  ne  faut  rien 


^ .  .  trop 

curicunzmcnt  dés  le  commencement  pour  TçaiioiL-  fi  l'os  eftcaiié,  car  s'il 
l'cft ,  la  poudre  confumera  aisément  la  chair  qui  cfl:  molle  &c  flafque ,  que  Ci 
l'os  eft  fain ,  la  poudie  le  lailFera  tel ,  laquelle  non  feulement  mondifîera  l'vl- 
cerc  mais  auflîlc  cicatrifera,  car  elle  à  diuerfes  facultés  comme  ie  l'ay  fou- 
uent  rcmarc|ué  :  que  fil'os  fe  trouue  être  carié,  il  le  faut  découurir  autant  qu'il 
eft  poffible,  puis  il  y  faut  mettre  par  dclïïis  de  la  poudre  d'cupho-becn  quan- 
tité ,  caiiln'y  a  rien  de  plus  excellent  pour  les  os  caries  6c  la  hftule  lachry- 
male:  il  ne  faut  point  appréhender  fon  acrimonie  ,  car  i'ay  rcmiarcjuéque  le 
nôtre  ne  biule  point  la  chair  qui  eft  autour  :  mais  il  faut  aduertir  le  Pharma- 
cien ,  qu'il  n  cngrpille  pas  le  pilon  d'huyle  en  le  pilant ,  comme  c'cft  la  coutu- 
me ,  car  il  luy  ôte  fa  force  &c  eft  contraire  aux  os  :  mais  de  peur  qu'il  ne  don- 
ne au  Né  par  ion  acrimonic,il  y  faut  verfer  vne  goûte  ou  deux  d'eau  de  vie  :  il 
yen  a  qui  veulent  corsigcr  la  carie  de  l'os  auec  eau  forte ,  huylede  vitriol,  ou 
de  foufre  ,  mais  c'eft  mal  fait  ,  car  elles  s'écoulent  fur  les  parties  voiiînes  ôC 
corrompent  d'auantage  l'os ,  partant  il  ne  faut  point  s'en  feruir  là  même  où 
les  os  font  les  plus  durs  comme  font  ceux  des  iambes ,  encor  m.oins  des  Na- 
rines :  Des  autres  veulent  arrêter  la  carie  de  l'os  en  la  fiftule  lachrymale  par 
leCauteieafta:!,  ce  que  ie  ne  defapprouue  pas,  mais  ie  me  fuis  toufiours  fi 
heureufemenifcrui  d'-  l'euphoibv' ,  que  ie  n'ay  iamais  voulu  me  feruir  du  Cau- 
tère, quoy  que  ie  ne  le  condamne  pas:  car  lelon  Hippocrate ,  ce  qui  ne  peut 
pas  être  guéri  par  le  Fer,  cftincurable  :  l'Vlcere  étant  fuififamment  mondifîc 
Si  prcfque  rempli  de  chair  à  l'aide  delà  poudre  de  précipité  ,  on  peut  mettre 
du  baume  de  Tolu  auec  du  charpis  ,  car  il  fait  vne  belle  cicatrice  &c  égale: 
mais  tandis  que  l'on  traite  kc  malade,il  faut  verfer  goûte  à  goûte  du  Collyre 
fuiuant  fur  l'œil,  deux  ou  trois  fois  le  iour,aucc  vn  linge  double  trempe  en 
iceluy  par  dciliis,  bandant  le  tout  diligemment  pour  empêcher  tant  qu'il  fe- 
ra polTible  le  mouuement  de  l'œil ,  car  le  mouuement  attire  les  humeurs  & 
tmpechc  la  co-'foiidation,cc  Collyre  fc  fait  ainii.  '^.  A(j:uropir.  plantag.  an. 
3  i  ^.  acjua.  etiphraf.  &  chelid.  an.  1  i.fem.  cydofiior  contuji  9  j/  maneant  in  in- 
fhjtone  ioTAsfeptem  "cel  oBo ,  colatur£  adde  tuthix  pr£parat£,p/Hmi?i/^uammo/i  di- 
Ugenter  praParati  ,  cornu  Cerui  vfli  &  praparatt  an.  3  ù  caphnra  3  /'.  m.  omnia 
dilîgenteY m  mortano^tepidè  applica,  &c.  Obf,y  Cenî-VL 

OBS  ER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  597 


V 


OBSERVATION    XLIV. 

De  r  excellence  du  Seton  four  guérir  la  Fifinle  lachrymale. 

Ne  honertc  Dame  de  Laufanne  âgce  d'enuiron  cientc  ans,  femme  de 
Maître  Nicolas  le  Prodeux,  fort  robLifte,mais  qui  auoic  vn  Cerucau  hu- 
mide, croit  fuictte  fort  foinicnt  à  vue  infl.-mmation  des  yeux  auec  vn  couti- 
nucl  mal  de  tcfte,  enfin  il  fc  forma  vne  fillule  lachiymale  dans  le  canton  droit 
de  l'œil:  en  ayant  été  trauaillce  enuirondcux  ans ,  elle  me  demanda  mon  âuis 
l'an  1598.  l'ayant  purge  &  erîiployc  tous  les  remèdes  généraux,»  &■  ayant  versé 
fur  l'œil  tous  les  iours  vu  collyre  approprié,  ie  luy  fis  aufli  vn  Seton  fur  la  nu- 
que :  ainfi  la  douleur  de  tefte  ne  tarda  pas  à  s'appaifcr  entieremenr,&  la  filtu- 
ie  fut  entièrement  gucrie  au  bout  de  quatre  mois  :  au  commencement  le  Se- 
ton luy  êtoit  vn  peu  fâcheux  comme  font  les  autres  playes  récentes  :  mais  il 
ne  luy  donna  en  fuite  aucune  incommodité,  de  forte  qu'elle  peut  à  prcfent  fai- 
re toutes  les  fondrions  domeftiques:  elle  le  porta  trois  ans  entiers  &:  l'auioic 
porté  d'auantagejs'il  ne  s'ctoit  fermé  de  foy  même. 

Or  il  faut  remarquer  qu'elle  auoit  été  moîcftée  quelques  années  de  fuite  àcs 
fleurs  blanches,  à caufe  dcquoy  elle  n'auoit  iamais  fait  àzs  enfants,  mais  ayant 
porté  quelque  rems  le  Seton, ce  flux  s'arrêta  &:  elle  conçeut  peu  de  tems  après 
iSv  a  eu  des  enfants  en  fuite. 

Vne  ieune  Damoifellc  de  Laufanne  auoit  été  trauaillce  quelques  années  d'v- 
nc  défluxion  lur  les  yeux  auec  vne  fiftulc  lav-iuymale,  au  grand  ano^le  :  plu- 
ficurs  Médecins  &  Apothicaires  luy  auoycnt  ordonné  diuers  remèdes  :  elle 
auoit  beu  quelque  temps  delà  decodion  de  Gaiac,&  n'auoit  rien  omis  de  ce 
qui  ê[oit  neccifaire  ,  mais  tout  cela  ne  feruoit  de  rien  ,  enfin  ayant  été  deman- 
dé l'an  161Q.  ie  trouuayvn  vlcere  (ordide  en  la  partie  Sterne 'du  nés  qui  pai- 
foit  iufqucs  à  la  glande  lachrymale  :  après  auoir  employé  les  remèdes  trçne- 
raux  ,  ie  luy  ordonnay  derechef  la  décodion  de  Gaiac  ,  S<  izndis  qu'elle  s'en 
feruoit  icluy  appliquay  le  Seton  :  ie  mondifiay  cependant  l'vlccre  auec  toute 
la  diligence  polîjblc  ,  ie  verfay  dans  l'œil  d'vn  collyre  ,  mais  ie  ne  voulus  pas 
découurir  l'oSjne  fçachant  pas  s'il  étoit  carié  ou  non  &c  en  quel  endroit  elle 
fut  remife  &  fc  porte  très-bien  à  prcfent,  Obfertt.  i  cj.  Cein.  4. 


OBSERVATION     XLV. 
*I>e  \r  extirpation  d'vn  FicHsfchirreux  au  grand  canton  de  F  oeil. 

'An  155)8. 10.  Février  ie  fus  demande  pour  voir  vn  homme  de  40.  ans  qui 
^auoic  vne  tumeur  fchirrcufe  au  grand  canton  de  l'œil  gau.  he.de  la  criofl 

Ddd^  ^ 


5$S  Liurc  Cinquième 

(eur  3'viîe  Charagne,  de  couleur  liuîdc  Se  entrelacée  de  pluficurs  vcncs  capil- 
laires: cette  rumeur  ctoit  âtachce  d'vncôtcà  la  membrane  coniondtiue  iuf- 
qu'à  l'his  &:  tenoit  de  l'autre  à  la  paupière  d'cnhaut  &  à  la  glandulc  lachry- 
malc,  de  forte  que  quand  il  rcmuoit  l'œil  ce  fchirre  couuroit  toute  la  prunelle: 
ayant  purge  Si  (aignc  le  malade  en  la  vcne  cephalique  du  bras  gauche,  ayant 
auflî  ordonne  vue  bonne  façon  deviurc,  i'cmpoignay  la  tumeur  auecmcs  te- 
nailles oculaires,  puis  les  tirant  vn  peu  Se  renuerfant  la  paupière  de  dclfuSji'ôray 
aisément  la  tumeur  auec  vn  couteau  Icparatoire  fait  exprès  :  puisie  misdcA 
fus  vn  blanc  d'œuf  batu  auec  eaurpfc ,  &:  en  trois  femaines  ic  guéris  l'œil  en- 
tièrement C  fans  qu'il  y  eut  aucune  otîcnce  en  la  veuc  J  auec  des  collyres  ano- 
dins, abftcriîfs  Se  fur  la  fin  deiiccariS:  mais  cependant icluy  donnay  quelques^ 
purgations  Se  appliquay  fur  les  épaules  Se  la  nuque  des  ventoufcs  auec  grande 
flamme,  ie  mis  auQi  vn  défenllf  fur  le  front  3c  les  tempes ,  Collyre  anodin  ^. 
macilag.fem.  cydonlor.  c^  planta^,  cion  a<j.  rofac.  extr.  laElis  multeh.  av',\iy  Cfim'^ 
phor.  &  croci  an,  9i5.  m.  appltca  tepidè.  Collyre  deficcatif.  !^.'  4^.  pUntag.  & 
rofar.  an.  ^ii].  tiitht£j_^pt£,  C.  C.  vRi  &^ptiyCeyHjJit  Iota  an.  jj.  m.  f.  collyr'mm. 
Obferu.  11. Cent.  i.  voyc.!  Lt  i.  Hg.de Li  i.  table. 


OBSEaVATiO  N     XLVI. 
2)tf  la/èparation  de  îa  Taupiere  d'enhaut  collée  à  l'œil. 

LEs  Paupières  viennent  quelquefois  à  fc  coller  enfem.blc,  où  auec  l'ail.  Ci 
les  playes  &  vlcercs  des  ycuxjfont  pencces  ncgligcmmcnt,dc  forte  que  l'on 
ne  peut  pasouurir  l'œil  Se  qu'il  nait  de  la  dcformitc  :  i'en  ay  vcu  vn  exemple 
à  Cologne  en  l'an  1595.  en  vn  icune  Gentil  homme  :  il  auoit  reçeu  en  Jtalic 
vn  coup  d'cpce  en  la  face  qui  tcnoit  dés  l'oreille  gauche  iufqu'à  l'œil  :  or  non 
feulement  la  paupière  de  dclFus  auoit  été  coupcc,mais  aufli  l'adnara  &■  la  tuni- 
que cornée,quoy  que  fuperficiellcmenr,car  le  coup  ne  palfoit  pas  iufqu'au  vui- 
de  de  l'œil, vcu  que  les  humeurs  n'ccoyent  pasforties  :  cette  blelfure  auoit  été 
guérie  en  Italie, mais  peu  heurcufement ,  car  le  Chirurgien  ayant  bandé  l'œil 
trop  ferrc,la  paupière  d'enhauts'étoit  colée  à  la  membrane  coniondiuc  Se  à  la 
cornée,aufqucllcs  elle  étoit  Ci  fort  attachce,qu'il  ne  put  point  ouurir  rœil,outrc 
que  le  malade  enduroit  encor  de  la  douleur,  car  comme  les  Anatomiilcs  fça- 
uentjvn  œil  venant  à  fe  remucr,rautre  Ce  remue  aulîî/mais  l'œil  malade  ne  pou- 
uant  fe  remuer  librement  auec  rautre,&  les  paupières  étants  tirées  deçà  Si  delà 
à  caufe  du  mouuemcnt  de  rœil,il  étoit  impoflîble  qu'il  n'endura  de  la  douleur, 
partant  l'œil  s'étoit  enflé  Se  larmoyoit  quafl  àl'ordinaire:  il  auoit  demande  âuis 
à  des  Chirurgiens  en  Italie ,  mais  luy  ayants  fait  entendre  que  la  paupière  ne 
pouuoit  pas  ctrefeparce  de  rociljfînon  que  l'on  feferuit  de  quelque  inftrumcnt 

trenchant 


des  Opérations  de  Chirurgie.  35^ 

trcnchantjcettc  procédure  n'agrca  pas  au  malade  Ôc  il  rcniioya-à  flAucretMM 
la  Cure,  car  il  fçauoit  que  h  vtuc  de  cet  œil  ccoit  comme  perdue,  &:  il  apprc- 
jiendoit  que  les  humeurs  ne  s'ccoulaiTcnt  en  Tcpai  ant  la  counce  &  que  les  mem- 
branes ne  fe  reriralTcnrjCc  quinpporccroit:  de  la  d.formirc  ;  enfin  ctanr  venu  à 
Cologne  Tan  1503.&  s'ctat  adrc fsé  au  Dodcur  Ican  Sloranus  &  à  moy,nous  le 
mîmes  au  deffus  par  la  grâce  de  Dieu  anec  les  remcdes  fuiuanisiluy  ayants  or- 
donne vn  bon  régime,  1  ayanr  purge  Se  faignc  au  bras.,  ie  mis  vne  foiïdc  cour- 
be au  grand  canton  de  rceil,rous  la  paupière  de  dclUis  encre  Yœ\\5c  icellc,mais 
doucement ,  iafques  à  ce  que  le  bout  fortit  au  petit  canton  ,  alors  i'y  atachay 
vn  filet  de  foyc  fort  délie  &  rctiray  ma  fonde  ,  ioignant  après  les  bouts  du 
filet  fous  i'œil ,  y  mettant  vn  morceau  de  plomb  pefanc  enuiron  vne  drachme, 
ce  plomb  êroit  libre  de  iour  &  branloit  de  côte  Se  d'autre  félon  que  le.  mala- 
de tournoie  la  tcte  çàoù  là ,  mais  il  le  pofoir  de  nuit ,  de  peur  qu'il  n'appor- 
ta quelque  incommodité  ou  douleur,  &  iuy  bandois  légèrement  l'œil,  vo)ésla 
fg.  ^.de  la  table  XI- 

le  luyfaifois  mettre  trois  ou  quatre  fois  le  iour  le  collyre  fuiuanr,  a'uec  vn 
pinceau  fait  de  plume  de  poul",  dans  l'œil  par  le  grand  canton  ^.4^.  rofar, 
pUmag.  Euphraf.  an,  ^  G.  tuthiA  çpta ,  ceYuJf&  lot  a  ,  coy?îh  vfîi  çfr  pptl  an, 
35.  mlfcein  mortario  addoido  muctlagimsfpijjilfim£feinm.  cydonior^a.f.  -vt  fiât 
linirnentum.  Par  le  moyen  de  ce  filet  de  (oye  ôc  du  plomb,  tout  ce  qui  croit  at- 
tache de  la  Paupière  à  l'œil  fut  coupe  &  fcparc  en  huit  ou  neuf  iours  :  Alorsic 
vis  que  l'œil  croit  entier,  mais  que  la  vcu"cêcoit  deprauceàcaufe  d'vne  cicatri- 
ce qui  êtoit  en  la  prunelle  :  l'oignis  quelques  iours  de  fuite  les  paupières  &■ 
le  front  auec  de  l'huyle  de  vers ,  &  mertois  delTlis  le  flonr,  piincipalcment 
de  iiuir,  vn  fâcher  pat  beîomca  primnla  verts,  Euphraf .  jun  arthctka  ,  camomilla, 
rojts  &  roremarinOi  que  ic  failois  cuire  en  eau."  par  ce  moyen  le  mouuemcnt  de 
l'œil  &dela  paupicre  futencicremcnr  rcmis,de  fortcqu'il  n'ya  aucune dcfor- 
mitc,  hormis  vne  petite  cicatrice  en  la  memb.ane  cornée  :  c.'tre  lorre  d'opéra- 
tion eft  pénible,  mais  elle  efl:  fubrilt,  airuréc,'Sc  moins  dangercufe  que  celle  qui 
cft  proposée  par  Cclfc  liu-  7.  ch.  7.  &  par  Aquapendcns  co  Ton  liure  des  Opéra- 
tions de  Chirurgie  au  chap.  de  Ancyloblcpliùro  ,  car  cDe  fe  fait  quafi  fans 
douleur,  Obf.  7.   Cent.  6. 


OBSERVATION    XLVII.. 

De  Iv  Réparation  du  Nés  coupée 


fN  l'an  1590.  comme  le  Duc  de  Sauoye  faifoit  la  guerre  aux  Geneuois,  vne 
fille   chafte  &    fage  tomba  [entre  les  mains  de  quelques  foldats  qui  ef- 
fàycrent  en  vain  de  h  violer ,  &  ne  pouuants  venir  à  bout  de  leur  dellèin ,  de 


400  Liure  Cinquième 

rage  luy  coupèrent  le  nés  :  deux  ans  après  elle  vint  à  Laufaiine  trouuer  Maître 
Ican  Grilfon ,  Chirurgien  tres-fnucnaft^  heureux  enlaPratiquc,lequelayant 
promis  de  la  guérir  &  de  luy  refaire  le  nés  ,  fatisfit  fi  bien  à  fa  promeifc, 
qu'à  pcnc  pouuoit'-on remarquer  que  ccnés  futartificiel ,  comme  ie  l'ay  veu    y. 
afscs  fouuent ,  car  elle  eftencor  viuance  en  la  preicnte  année  1615.  logée  chés    \', 
la  vefve  de  Monfr.  loachimRohold,  mais  quand  il  fait  bien  froid  le  bout  du    è 
nés  luy  vient  vn  peu  violet,  neantmoins  il  le  nourrit  comme  les  autres  parties    r, 
du  corps  &  a/entiment. 

Le  premier  inuenceur  de  cette  Opération  efl:  Gafpar  Taliacot  Profjlïèur  en     ; 
Médecine  à  Bologne  :  Maiftre  Griffon  l'ayant  âpris  dVn  étranger  Italien  qui     1 
palFa  par  Laufanne  lequel  auoit  été  traicé  &  gueii  par  ledit  Taliacot ,    ayant     : 
î'uppleé  au  reftc  par  Ton  indufttie,  quoy  qu'il  n'eut  iamais  veu  faiie  cette  Opé- 
ration, ni  leu  le  liure  de  Taliacot  où  il  en  parle.  Oi^fer.  31.  Cent.  4. 


OBSERVATION    XLVIII. 
De  t extirpation â'vn  Fungusfchirreux  e^uî  fortoit  de  t oreille. 

L'An  1594.  Damoifelle  Marguerite  de  Martines  fille  de  Noble  François  de 
Martincs  Seigneur  de  Bourgeon  &  Paily  âgée  de  8.  ans  fut  atteinte  de  la 
vcrole,  de  laquelle  elle  fut  d'autantlplus  malade  qu'il  n'en  loi  tit  quafi  point 
au  dehors  ,    pour  cette  railon*^  qu'en  (a  ieuncde  elle  n'auoic  point  ctc  luiitte 
àlagale  en  la  tête  &  autour  dcsemundoires ,   l'année  fuiuanteelle  fut  faifie 
d'vne  violente  douleur  de  tête  :  il  y  auoit  vne  douleur,  aiguë  &  poignante  au 
conduit  de  l'oreille  droite.  Je  forte  que  toute  cette  partie  du  vifagc  hit  enflée: 
on  mettoit  dedans  pour  âpaifcr  la  douleur,de  ihuylc  de  Camomille  tiède  auec 
du  coton,&jOn  en  oignoit  audi  la  face  :  quelques  iours  après  il  ie  rompit  vn 
abfcés  dans  ce  conduit,  d'où  il  (ortit  les  piemiers  iours  de  la  matière  fubtils 
&  femblablc  à  de  l'eau  où  on  a  laué  de  la  chair ,  &  pa.>apres  du  pus  épais  :  la 
douleur  de  tête  &  d'oreille  ceiïci  peu  à  peu  &  le  vifage  dés-  enfla  :  au  bout  de 
trois  mois  il  commença  derechef  à  en  découler  de  la  matière  fubtilc,  de  d:s  » 
lors  il  en  eft  toufiours  forti  mais  fans  douleur,    ce  qui  fut  caufc  que  chacun 
eutopinion  que  cela  ne  pouuoit  attirer  aucune  mauuaife  fuite  :  Mais  l'an 
1600.  comme  fcs  parents  virent  que  l'ouye  commcnçoit  à  luy  diminuer  peu  à 
peu  &: étants  en  pêne,  ils  regardèrent  le  conduit  de  l'oUyc  &c  virent  au  fond 
d'iecluy  vne  cxcrefcence  de  ch?.ir  qui  le  bouchoit  entièrement ,    cependant 
quoy  qu'il  en  diftilla  tous  les  iours  vn  peu  .1  -  matière  llibtile,  cependant  com- 
me il  n'y  auoit  ni  douleur  ni  aucun  autre  ac.  ident  &  la  fille  éun:  craintiue  à 
caufc  de  fonâgc,  la  chofe  fut  renuoycc  de  iour  en  iour ,  mais  en  l'an  1^14* 

comme 


des  Opérations  de  Chirurgie.  401 

comme  ils  virent  que  cette  excrefcencc  fortoit  hors  de  roreillc,  ils  furent  fort 
en  pcne  ^  firent  venir  de  Geneue  Mcflieurs  Marc  Oflredi  «Se  André  Bonet  re- 
nommes Mcdecinsjlefquels  voyants  la  difficulté  qu'il  y  auoit  en  ce  cas  Se  qu'on 
auoit  befoin  d'vnc  main  habile  ,  furent  d'auis  qu'on  me  demanda  :  étant  donc 
venu  le  25.  Décembre  1604.  à  Pcrroy,village  fur  le  Lac  Léman. &  ayant  regar- 
dé l'oreillcji'y  trouuay  vne  excrcfcence  dedans  le  conduit  de  la  grandeur  &  fi- 
gure qu'elle  cft  reprefentée  en  la^^.  x.  de  la  table  XL 


Explication  de  la  Figure* 


A  marque  laTefte  du  Fungus  qui  remplilïoit  entièrement  la  cauité  exter- 
ne de  l'oreille ,  or  elle  n'cftoit  pas  enticiemenc  ronde,  mais  auoit  la  forme  de 
cette  cauité. 

B  regarde  rexticmitc  où  le  tourde  l'oreille  en  dehors, 

C  la  partie  interne  du  côté  de  la  face:  or  cette  excrcfcence  ctoit  dure,  iné- 
gale &c  liuidc:  le  reftc  de  ce  Fungus  étoiclong  6c  auoit  la  forme  du  conduit  de 
i'orcille,finiirant  en  pointe  vers  le  Tympanum  ,  femblable  entièrement  à  vn 
Champignon:on  ne  le  poauoit  pas  pourtant  entièrement  découurir  à  caufedc 
l'extuberance  marquée  A  mais  feulement  iufqu'a  la  lettre  D:  en  ôtant  cette  cx- 
cuberancc,  on  dccouuroitpeu  à  peu  le  relie  iufqu'à  fa  racine  qui  étoit  prés  le 
Tympanum:  ie  luy  ay  donc  donné  le  nom  de  Fungus,  fchirreux,  à  caufe  de  (x 
forme  &  dureté  :  01  il  fortoit  vers  la  racine  encoi  deux  petits  germes  marques 
E,qui  fe  fulïcnt  certainement  conuertis  en  Fungus.fi  la  petiteife  du  conduit  ne 
l'eut  empêche:  mais  ceci  eft  à  remarquer  que  le  conduit  de  cette  oreille  fem- 
bloitétre  vn  peu  plus  grand  que  l'autre, 5c  que  cette  excrefcence  par  fa  dureté 
cmpéchoit  qu'il  ne  garda  fa  proportion  naturelle  tandis  que  cette  fille  croii^ 
foit:  or  cette  couleur  liuide  ik  dureté  me  faifant  connoître  qis'ilyauroit  deU 
dilficnlté  en  ce  mal  &  qu'il  y  auoit  du  danger  :  ie  fus  d'auis  que  l'on  fit  encor 
reuenir  ces  Médecins:  Et  comme  ce  Monir.de  Bourgeon  deuoit  aller  à  Geneue 
pour  des  autres  affnres,il  voulut  que  i'en  conferalFe  encor  plus  auant  aucc  eux; 
ayants  donc  êcé  alfcmblcsCk  diligemment  examiné  le  mal ,  nous  demeurâmes 
d'accord  qu'il  faloit  renuoyer  la  Cure  iufqu'au  printemps  prochain  à  caufe  du 
froid  excelïîf"  e'tant  donc  venu  àPeiroy  le  27.  Mars  1605.  ie  luy  fis  prendre  vnc 
médecine  :  Et  comme  il  n'y  auoit  rien  plus  à  âprehender'en  cette  incommodi- 
té qu'vne  defluxion,il  fut  trouuc  à  propos  de  faire  vne  diuerfion  confiderablc 
&  continuelle,  ainfi  après  qu'elle  eut  été  purgée  ie  luy  appliquay  fur  les  épau- 
les des  ventoufcs  auec  grande  flamme  &  lcaiification,&  le  lendemain  30-  du 
mois,  ie  luy  fis  vnSeton  au  col,&  pour  dclïèchcr  le  Ccrucau  &  confumer  Us 
humeurs  luperflucs  ie  luy  faifois  prendre  d'vn  Eleduairecephalic:  on  luy  met- 
toit  aulTi  tous  les  iours  vne  poudre  delîccatiue  fur  la  teftc  :  &  fur  le  Fungus  ic 

Ecc 


402.  Liure  Cinquième 

mertois  deux  fois  le  ioui  vn  linge  fouplc  &  double  ticpc  en  mon  eau  contre  les 
vlccrcs  malins,  <3*:  ne  voulus  pas  ellaycr  autre  chofe  iulqucs  au  mois  de  May, 
afin  que  la'  nature  prit  la  coutume  d'cnuoyer  les  fupcvfluités  du  Cerueau  vers 
le  Sston:  cependant '.lie  via  d'vn  bon  régime  de  viure,  comme  auffi  durant 
tout  ledecours  de  la  Cure  :  après  auoir  donne  ces  ordres,  le  m'en  allay  à  la 
maifon  :  étant  de  retour  le  13.  May,ie  luy  baillay  le  lendemain  vne  gnedccme»; 
ôc  le  lendemain  ie  luy  ouuris  la  médiane  du  bras  droir,tirant  enuiron  fept  on- 
ces de  fang  :  le  16.  17.  ôc  18.  elle  pritvn  Apozeme  preparatif,  &  le  19.  elle  fut 
derechef  purgée  par  vnelcd:uairc>  duquel  cilcprenoit  aufli  par  interualles  du- 
rant toute  la  Cure,  &  toutes  les  fcmaincs  vne  fois  ie  luy  mettois  vne  grande 
ventoufe  fur  les  épaules. 

Il  faluten  fuite  venir  à  l'extirpation  du  Fungus,  or  comme  ^cela  fe  pouuoit 
faire  ou  par  fedlion,  ou  par  di:s  médicaments  corrofifs  &c  cauftics  ou  par  liga- 
ture, il  falut  examiner  auparauant  qu'elle  méthode  étoit  la  plus  feuce  :  les  aflî- 
ftants  tenoyent  l'excilîon  pour  fulpccle  par  crainte  d'hœmorrhagie,  &c  la  ma- 
lade enauoit  vne  grande  âprchenfion:  ie  Tçanoisaulî]  que  cette  malfe  qui  rem- 
plilïbit  la  partie  externe  de  l'o;  cille, ne  pouuoit  pas  être  confumée  fans  danger 
par  des  médicaments  corrofifs  &  cauftics  ,   outre  que  ie  foupçonnois  qu'il  y 
auoit  quelque  malignité  par  la  couleur  liuidc ,  la  dureté  &  inégalité  de  la  tu- 
meur ,  ce  qui  me  faifoir  âprchtader  que  le  mal  ne  fut  irrité  par  telle  forte  de 
medicamentSj&:  que  cette  humeur  acre  qui  a  accoutume  de  fortir  des  vlcercs 
après  Tapplicarion  des  Cauftics  ,  ne  rongea  aufîi  les  parties  voifines  en  même 
temps:  ie  preferay  donc  la  ligarurc,car  i'erpetois  de  pouuoir  âtraper  ce  Fungus 
afsés  auanr  dans  le  conduit  cel'ouy'.  ,&  de  le  pouuoir  lier  par  vninftrument  par- 
ticulier &  très  propre  pour  cette  Operationslequei  i'ay  inuenté/^.ii.  table  XI. 
'Cet  inftrumcntcft  fait  d'vne  Urne  de  cuiurcou  d*arg.ent&  ouuert,  mais  en 
forte  que  fes  extrémités  BB  puilîtnt  cftrc  fermées  en  les  prcfïant  aucc  les  doigts, 
elles  doiucnt  aufli  en  qu;  Ique  hçon  être  creufes  en  dedans,'jfîn  qu'elles  puillcnt 
tant  mieux  empoigner  la  carunculc  qui  étoit  gliflante  :  ayant  donc  choih  au 
i^.May  vn  lieu  bien  éclaire,  ic  mi?  la  malade  inr  vn  iiiege,en  forte  que  les  rayons 
du  Soleil  pouuoytnt  entrer  dans  le  conduit  de  l'oiiye  ,  en  après  i'empoignay 
auec  vn  filet  la  tête  ourextiiberance  du  Fungus  qui  étoit  en  dehors  marquée 
A  en  la  prerrierc  figure,  car  par  le  moyen  du  filet  ie  tenois  fufpendue  la  tête  du 
Fungus,cependant  ie  fis  entrer  vn  petit  cordon  ayant  vn  demi  nœud,  comme  il 
cft  i'jy  rcprefentc  &  aucc  vne  londe  ie  le  fis  entrer  fi  auant.qu  il  me  fut  poflible . 
En  après  k  tiray  les  deux  bouts  du  filet  par  les  trous  qui  font  marques,  B  B 
en  hi  figure  premtere,tahle  XII. 

Puis  ayant  poufsél'inftrument  fi  haut  qu'il  me  fut  poflible  dans  le  conduit 
de  l'ouvcpûi  Ls  deux  coftés  du  Fungus,&  ayant  pris  les  deux  bouts  du  filctauec 
les  ikux  doigts  indices,&  les  ayant  tiré  bien  ferme  &  ferré,  ie  liay  fort  étroic- 
tcmcnt  le  Fuogus  à  l'endroit  où  cft  D  en  la  première  figure  :  mais  ccpcndaQC 

que 


des  Opérations  de  Ghir urgie.  405 

l'on  fait  entrer  le  filet  aucc  rinftiumcar,  vn  feruiceur  doit  tirer  doucement  Se 
bellement  en  haut  aucc  le  filet  f  marque C en  la  figure  fuiuanrc  J  lexruberan- 
ce  du  Fungus,  à  celle  fin  que  le  filet  &  l'infiirument  puilTcnc  être  poufscs  tant 
plus  aisément  fanant,  mais  comme  cela  pourroit  bailler  de  robfcuricc ,  i'ay 
voulu  âioutcr  la  figure  ci-dclîus  mentionnée. 

La  ligature  ayant  été  Elite,  ie  ramcnay  doucement  l'inllrumcnt,  lailFant 
le  filet  iufpendu  ,  puis  i'appliquay  vn  linge  double  trempé  &  abbruué  de  la 
liqueur  fuiuance,  1^.  y^^.  nofir<£  ad  ''ôlcera  maligna  |j.  ac/  ranarum  a^uatil.plan- 
tag.Yofar.an.  ^G.fem.  cydomor.fHkilJJJl piilucrati'^G.  G.C.vfli  & pptly  tutia  & 
plumbi  Z'Jîian.  98.  m.  Orie  veux  aducitiu  le  lc6ccur  qu'en  telle  forte  d'incom- 
modirésjil  ne  faut  pointâbruuer  le  filet  d'eau  fortcfcommc  on  a  accoutumé  de 
faire  es  autres  ]  encor  moins  le  fioter  d'AiTenic ,  à  caufe  dzs  grands  accidents 
qui  en  arriuent  :  neantmoins  ic  remettois  tous  les  iours  l'inftrument  &  le  fi- 
let afin  qu'il  coupa  peu  à  peu  ce  Fungus ,  i'étraignant  vn  peu  d'auantage  & 
doucement  :  cette  extuberance  ayant  été  ainfi  liée ,  le  Fungus  commença 
peu  à  peu  à  flétrir  ,  d'où  il  forcit  vue  humeur  pourrie^  puante,  mais  de  peur 
qu'elle  ne  coula  dans  le  conduit  interne  de  l'orcillejie  i'edayois  trois  ou  quatre 
fois  le  îour  auec  les  pinceaux  cy-delllis  reprefentés  faits  d'épongé  Figure  7.  Ta- 
kleX. 

le  mis  en  après  fous  l'cxtuberance,de  tous  côcés,des  ûponges  en  la  fufdice  li- 
queur tSc  blé  exprimées:afin  qu'elles  receulfent  cctrc  humeur  putride  &  puante: 
ainfi  fut  coupé  peu  à  peu  ce  Fungns,de  forte  qu'il  vint  à  tôber  le  17. du  moisfans 
douleur  ni  hcemorrhagiermaiscôme  ien'auois  pas  peu  le  lier  iulqu'àla  racine^à 
caufe  de  la  petitelîè  du  conduit  de  l'oUye,  ie  fus  oblige  de  me  feruir  de  corro- 
fifs  pour  confumer  le  rcfte,  après  luy  auoir  fut  ptcndrc  auparauant  encor  de 
fon  eleduaire  purgatif:  &  pour  difiiper  d'auantage  les  humeurs, ie  luy  fis  pren- 
dre vne  dcco6tion  fudorifique  vn  mois  entier,pendanc  laquelle  elle  vfa  d'va 
régime  de  viure  fobre  &  dcficcatif,s'abfl:enanc  de  bouillons,frui[s,&c.&  vfant 
pour  fon  boire  ordinaire  de  la  féconde  decocfcionidc  dix  en  dix  iours  ie  la  pur- 
geois  auec  reled:uaire,&:  par  interualles  ic  luy  àpliquois  fur  les  épaules  des  ven- 
toufcsauec  fcarificac  on:or  pour  confumer  ce  qui  rcftoic  du  fungus  auprès  du 
Tympanumj'e  mis  derechef  la  malade  (arvn  liege  aux  rayons  du  Soleil,  puis 
ie  mis  âcs  lames  de  cire  fort  petites  &  dcliccs,vn  peu  courbes  de  touscoftésà 
l'cntourde  la  Carunculc  de  pcur,que  les  médicaments  acres  qu'il  faloit  mettre 
dedans  le  côduit  de  l'ouye  ne  le  rongealîènr,  puis  ayac  nettoyé  l'humidité  auec 
des  pinceaux  fu'rs  auec  de  l'é-^onge,  i'y  mis  de  mon  Efcharotic  à  {a  grolTèur 
d'vnc  tefte  d'épingle,puis  ic  remplis  le  conduit  aucc  du  charpis&des  éponges, 
mettant  par  delîlis  vn  linge  double  trempé  en  laliqu^ur  décrite  ci-  delfus:  ayant 
mis  tous  les  iours  de  ce  médicament  par  z  fois,allàaoir  à7,heurt'sdu  ma  dn  &c 
à  4.du  foir  [  car  il  ne  faut  point  faire  defcmblablcs  operationsà  lachandelc] 
l'cfCaue  fe  forma,&:  pour  la  f.»ire  tôber,  ic  mis  le  médicament  fuiuant  auec  du 

E  e  c     3. 


404  Liure  Ginquiêmc 

charpis  ?^.  mttciîag.fem.  cyàonior.  extraB.  part^  £^.  aft.  arnogîojfd  &  ran,  A^ua- 
til.  ^i).  C.  C.  '•J/?/  &  pp'i ,  niiU  fptA  ,  hpici.  calarn.  an.  ^j.croci  rnartis  yfatHYni 
calcm.an.^Vi,  rn.f.  ad  iijiar  coUyn]  vtcm^ue  //f «tW/,ciiiqiicl on  fc  fcruic  iufquau 
4.  de  Iiiin  en  mon  abfcnccaiiqiiel  ionr  &  le  fuiaanr.a vaut  cncor  rcuccu  la  can- 
luilc  de  lames  de  circ,ie  mis  derechef  du  (ufàirclchirotic  deux  fois  le  iour  :  le 
7. de  ce  mois  elle  piic  encor  de  l'elediiaire  puJgatif  aucc  vne  decodion  appro- 
priée, &  ce  iour  lài'ymis  par  deux  fois  de  mon  elcharotic,  le  8.  &  9.  i'y  mis 
du  collyre  pour  faire  tomber  Tefcare  i  laquelle êrant  derechef  tombée,  le  lo. 
le  mis  des  autres  lames  de  cire  &c  trois  fois  de  refcharotic  ,  6c  l'onzième'  par 
deux  fois  :  le  12.  du  mois  refcharc  paroilTcun'  afsés  grande,  &  ne  trouuanc  pas  à 
propos  d'y  mettre  àcs  chofcs  gralTcs,  ie  le  coupay  auec  le  feparatoire  reprefcn- 
ré en  la/^.  z-  table  XI  L 

l'Efchare  ayant  été  orée ,  &  n'ayant  pas  peu  mettre  les  lames  de  cire  à  caufe 
de  la  petitelTe  du  conduit,  ie  n  ofay  pas  y  rem.ettrc  de  refcharotic,  i'y  mis  donc 
vne  petite  boule  de  la  grolFeur  d'vne  lentille,  faite  àt  charpis  trempé  en  la  pou- 
dre fuiuante  que  i'appliquay  fur  la  Cannulc,  remplilTant  le  conduit  de  l'oreil- 
le auec  des  éponges  trempées  en  la  liqueur  précédente  ,  puis  exprimées  :  or 
l'éponge  cft  fort  conuenablc  aux  oreilles  purulentes  ,  car  elle  l'attire  de  pro- 
fond ,  &  la  boit ,  dcfendniic  la  partie  de  l'iniure  de  l'air  :  ^.  ppiln,  pracipita" 
noPtimè  reBificati  9j.  lapià.  Be^oar.  diligenter  pHluer.fatwrni  calcinati&  ablw 
H  an.  9  ^.  m.f.  puliiis  lequel  faut  marquer  E  :  le  16,  ayant  reconnu  par  le 
moyen  dafpecnltim  anns ,  qui  me  fit  voir  iufqu'au  Tympanum  ,  qu'il  rcftoic 
cncor  q,uclquc  peu  de  la  racine' du  fungus,  ic  mis  encor  le  iour  fuiuant  des 
lames  de  cire,  mais  aucc  beaucoup  de  pêne,  &  de  mon  efcharotic  :  or 
ayant  été  oblige  de  me  retirer  chés  moy  le  I7.  i'ordonnay  la  poudre  fuiuante 
de  laquelle  on  rcdcuoitferuir  en  mon  abfcnce,  ^.  crocimartis  eptimè  ppti, 
C.  C.  vjîi  &jppih  Samrni  calcinati  &  abluti ,  lap.  calamin»  £pn  an.  ^C>.  m.ft 
puluis  unu'pwusyiuquA  on  fe  fcruit  iufqu'au  3. de  Iuiller,aucc  du  charpis  trem- 
pé au  collyre  précédant  :  étant  de  retour  le  4.  Se  voyant  que  la  racine  du  fun- 
gus n'ccoir  pas  encor  e:r.icrcmrncconfuméej&  qu'en  outre  il  y  auoit  deux  pe- 
tits germes, i'y  mis  deiccn.cf  de  b  poudre  marquée  E  auec  des  éponges  moiiil- 
lécs:  le  6.  i  uillct,  à  l'aide  du  fpecuuim  Se  des  rayons  du  Soleil ,  ie  découuris  vn 
peu  de  pjs  au  fond  du  coadair  Je  roliyejoù  on  voyoïc  vn  mouuementfcmbla- 
ble  à  la  Syilole  &c  Di.iilolc  d-s  artères  ,  le  pus  ayant  été  nettoyé,  ie  reconus  que 
la  racine  du  mal  n'auoic  pas  été  entièrement  confuméc>partant  ie  fourray  cncor 
vne  lame  de  cirelur  laquelle  ic  mis  d'vn  côré  vn  peu  d'efcharotic ,  la  poulFant 
iufqu'a  la  racine  &c  par  après  des  éponges  trempécs,pouuant  remarquer  par  a- 
prcs  que  la  racine  du  fungus  étoitâtacUce  au  crane,que  même  elle  en  tiroir  fon 
origine:  le  y.ie  mis  par  deux  fois  de  l'efcharotic  à  la  grolïeur  d'vne  tctc  d'é- 
pi::g!c;  le  8.  iepurgeay  la  malade  auec  l'eleduairc,  &  après  dîner  regardant 
au  Vjkil  6;:  aucc  le  Ipeculum  le  cqnduit  3  k  ne  dccouuiis  aucun  refte  du 

Fungus 


des  Opérations  de  Chirurgie.  40; 

Fungus,  ainfi  ic  ne  mis  rien  par  ap^es  que  les  paftilcs  Androuis  didbuts  en  fyiop 
de  rofcs  fcches-.neantmoins  quelques  ioui s  après  ayant  trouuc  rosdécouucic  au 
fond  de  rorcillc,à  l'endioit  ou  etoic  la  racine  du  Fungiis,i'y  mis  de  Ja  poudre 
catagmacique  fuiuante  mclcv>  aucc  du  miel  rofat  &  vn  peu  d'cfpiiE  de  vin  ,  de 
laquelle  on  fe  feruic  quafi  vn  mois  entier  en  mon  abfcnce.  0^.  Tuln.jlor.beton. 
rofar.an.'^\^.  rad.  trid.flor.  angel.  caryophil!.ma/}icis  an.^j.  benzj)i,fiorac,calam.An, 
9i  (5.  m.  y  étant  retourne  vn  mois  après ,  ie  ne  trouuay  pas  que  los  fut  décou- 
uert,parqaoyie  conleillay  que  pour  fortifier  &:  dclFccher  lapartie,on  fc  leruic 
d'or  en  la  du  Uniment  fait  auec  les  paftilles  Andronis  &  fyrop  de  rofes  fcches, 
purgeant  le  corps  par  interualles  &  luy  faifant  obferuer  vne  bonne  façon  de 
viurc  ,  ainfielle  futhcureufement  remife  &  recouura  l'ouyc  de  laquelle  elle 
auoit  eftc  pciucc  quelques  annccs,&c.0^/7i.C^w.j. 


R 


OBSERVATION    XL  IX. 

De  CExtraBion  des  corps  éirangci  quï  font  entrés  dedans  le  conduit  de  l'euye, 

Ofe  Chaperon  âge'c  de  lo.  ans  ioiiant  [aucc  des  filles  de  Ton  âgCjil  luy  en- 
tra dedans  l'oreille  gauche  vn  bouton  de  verrc,de  la  giollèur  d'vn  pois ,  de 
ceux  dont  on  fait  des  bracelets  aux  enfants  :  la  mcrequienfutauertie  fitveniï 
vn  Chirurgien, lequel  ellaya  de  le  tirer  mais  en  vain.'on  s'addrclîà  à  vn  autre 
puisa  vn  troilicmc>enfin  à  vn  quatriémejmais  en  diuers  temps, qui  ne  luy  don- 
nèrent aucun  ibulagements ,  au  contraire  ilscnfonçoycnt  encor  d'auantao-e  le 
pois  ,  ce  qui  faifoit  dcfclpcrer  la  meic  qu'on  peut  iamais  le  mctrrc  dehors  & 
quoy  qu'elle  fut  fort  affligée  à  caufe  des  douleurs  que  fa  fille  ibuffioit ,  elle  dé- 
libéra ncantmoins  de  rem.ettre  h  chofe  à  la  proaidencc  de  D'ku  <Sc  de  lailîcr 
faire  la  naturc,qnclqae  temps  2prts  la  douleur  d'oreille  s'appsiia  ,  maistoute 
cette  partie  delà  Telle  iuiqu'à  la  future  droite  luy  faifoit  m>:liour  &nuit ,  plus 
ou  moir.s  (don  la  condicurion  der.Tir,ctnnt  tourmentée  principalement  quand 
l'air  croit  humide  &  pluuieux,comme  en  hyucr  &  Automne:  elle  fenroît  auffi 
vne  certùinc  efpcce  d'engourdiirement  au  bras  gauche  qui  alloit  iufqu'au  pou- 
ce &  au  doigt  indice  paiîànt  iufqu'aux  lumibcs,  laiambc  &  le  piC;,pour  le  dire 
en  vn  mot, tout  le  côte  gauche  ctoit  languilîànt  à  caufe  de  cette  ftupeur  conti- 
nuellexétengourdillèment  fe  conuertit  après  en  des  griaies  douleurs  de  bras 
d'cpaule&  de  cuille,  alfauoiide  nuit;  &  quand  l'air  etoit  froid  &  humide>clle 
ctoit  inquiétée  d'vnc  toux  contiHucllc,&  Ces  ordinaires  ctoycnt  en  partie arrc- 
tés,ne  luy  venants  que  de  trois  en  trois  mois  ou  en  petite  quantité:  ayant  été  en 
cettefouftrancc  quatre  ou  cinq  ans ,  il  furuintaulTi  quelques  conuul/îonsepi- 
leptiqucs,&  le  bras  tomba, en  atrophie:la  mcre  voyant  de  fi  grands  accidents, 

Eee     j 


40^  Liure  Cinquième 

iccouLLit à  (iiiieis  Médecins  ,  Chirurgiens  .JJv  Empiriques  ,  (?^  comme  il  n'y 
aiioit  aucune  doulem'  en  l'oreille  C  car  h  plus  gi  ande  douleur  cachoit  la  moin- 
dicj  elle  ne  Ce  plaignoic  que  des  (ymptomcs ,  ne  faifant  aucune  mention  de  la 
première  cauk  du  malrcc  qui  croit  caufe  que  les  remèdes  ne  prohtoyent  point 
&  que  les  douleurs  ncdiminuoyencen  lien  ni  aucun  dcsaccidcnt?,au  contrai- 
re ils  alloyent  en  augmentant  :  enfin  elle  me  vint  trouuer  l'an  1595.  au  mois  de 
Nouembrejie  la  purgcay  paiincerualles,  ie  luy  oignis  i'Epaule,lc  bras  iSclcs  au- 
tres parties  ou  elle  fcntoit  de  la  douleur  auec  des  huylcs  anodyncs  de  chaudes, 
en  (ommeie  mcfcruisdc  toutccqui  Gmbloirctre  necellàiie,  mais  en  vain,  de 
même  que  les  autrcs:&  voyant  que  le  mal  Te  moquoit  des  remèdes,  ie  d^fcrpc- 
ray  de  fa  guerifon,cai  i'ignorois  la  caufe  du  mal  Timputant  à  vnc  dcfluxion  :  en- 
fin rcfvant  à  ce  que  ie  pourrois  faire  d'auantagc  ,  elle  me  raconta  (ans  y  pcnfer 
ce  qui  luyccoitarriue  ,  alTauoirqu'vn  bouton  de  verre  luy  ctoiceiuié  dedans 
ro:eilie  il  y  auoit  huit  ans ,  ce  qu'ayant  entendu  il  me  vint  en  la  pensée  que  ce 
pouucit  être  h  caufe  du  mal ,  Se  4uoy  qu'elle  rciifta  fort  à  l'opération,  à  cau(e 
des  vains  efforts  des  auti  es  Chirurgiens  quand  le  mal  ctoit  récent ,  ncantmoins 
elle  y  condcfccndir ,  enfin  ie  tiray  dehors  &  fans  aucune  violence  ce  bouton, 
quoy  qu'il  fut  fort  auant&-frcs  du  tympanum  &  attache  ferme  à  l'oreille  par 
lesfaletcs  &c  excréments  d'icelle:  les  douleurs  de  Telle  s'arrêtèrent  incontinent 
comme  auflî  des  autres  parties  du  corps,&  fc  porta  mieux  la  nuit  fuiuaiKcain- 
fi  elle  fut  remife  en  peu  de  temps  par  la  feule  inondion  aucc  huylc  de  vers: 
Toutes  ces  douleurs  di-ic  ,  ces  conuulfions  epilcptiques  ,  engourdilïèment  Sc 
autres  accidents  celîèrent,  fou  bras  auflî  fut  remis ,  de  forte  qu'à  prefent  elle  Ce 
porte  fort  bien  :  i'ay  pour  témoins  de  cette  Opération  Monfic-urlean  Anthoi- 
ne  Sarrazin  Médecin  du  Roy  ,  André  BonetDodcur  en  Médecine •?<:  l^hilofo- 
phie ,  &c  Anthoine  Macé  Apochiquairc. 

I'ay  procédé  de  telle  forte  en  cette  Opération  ,  premièrement  ie  cerchay  v» 
lieu  bien  éclairé ,  afin  que  les  rayons  du  Soleil  pcullcnt  entrer  dans  le  conduit 
de  l'oreilleien  après  ie  l'oignis  par  tout  auec  de  l'huylc  d'amandes  douces,puis 
ie  le  dilatai  vn  peu  auec  le  fpeculum  reprcfenté  ci  delfous  ,  afin  que  i'y  pullè 
plus  aifement  porter  la  vend  Sc  fourrer  la  fonde,pour  découuriren  quel  endroit 
ie  pourrois  plus  aifement  mettre  la  cuillicr  entre  le  bouton  &:  le  circuit  de  l'o- 
reille,lequel  ayant  trouué,  ie  riray  la  fonde  &c  portay  la  cullier  iufqu'au  bouton, 
puis  ayant  poufsé  auec  vn  peu  de  violence  f  car  cela  ne  fe  pouuoit  faire  autre- 
ment) la  cullier  entre  le  bouton  &c  le  circuit  de  l'oreille ,  ie  l'amenay  dehors: 
i'auois  aufli  des  tenailles  toutes  prêtes  s'il  eût  été  nc<:e (Taire  de  m'en  feruir. 

Forme  des  Injlrumerits, 

Spéculum      Auris     |  La    Sonde  |  La    Cullier        |  Les  Pincettes 

Figure  j.Tablc  XIL  lFig.4. Table  XII.  |  Fig.5.TableXIL  |  Fig.6.  Table  X. 

I'ay 


des  Opérations  de  Chirurgie.  407 

l'ay  auffî  quelquefois  tiic  des  pois  en  cette  façon:  mais  i'ay  rrouuc  vnc  vove 
plus  courte  &L  plus  aiicc  ,  aifauoir  par  le  moyen  des  inlb  umcins  rcprcrcntcs  ci 
delfous  dcfqucls  il  fcfiiutainfi  feiuir:  ayant  mis  de  l'huyle  d'amandes  douces 
dans  les  oreilles  ,  il  faut  mettre  la  Cannulc  marquée  A  iufqu'àce  que  Ton  ex- 
trémité marquée  B  empoigne  le  pois  autant  qu'il  cil:  polîîble:  illfaut  après 
mettre  l'autre  marquée  C  dans  la  première  de  mcmc  iufqu  au  pois  ;  elle 
doit  être  dentelée  en  [on  bout  marqué  D  mais  de  forte  que  les  bouts  des 
dents  aillent  dcgauchei^drctte:  enfin  il  faut  mettre  le  perçoir  marqué  E  dans 
la  féconde  Cannulc  iufqu'au  pois ,  le  tournant  doucement  &:  le  faifant  entrer 
dans  le  pois ,  comme  on  le-pcut  voir  plus  amplement  en  i'Obferuation  des 
playes  d'harqucbulades  :  il  toft  qu'on  aura  remarque  que  le  pois  fera  bien  at- 
taché au  perçoir,  le  Chirurgien  amènera  doucement  &  lepcrçoir  &  les  deux 
'  Cannules  tout  enfcmble  aulqucUes  le  pois  fera  attaché:  l'inftrument  elt  fait 
.comme  celuy  de  la  Table  IX.  Figure  6.  7.  &  8.  mais  il  eft  plus  petit:  cette 
Opération  fait  moins  de  douleur  que  la  précédente  ou  on  fe  fcrt  de  la  cullier: 
mais  le  Chirurgien  doit  être  bi.;n  auisc  en  l'Opération ,  car  s'il  vcnoit  à  piquer 
le  conduit  de  loicilk  ta  quelque  endroit  ou  auec  le  perçoir  ou  aucc  la  Can- 
nule  dcntelécjil  mcttroit  le  malade  en  grand  danger,  partant  ieluy  confeillede 
,  fe  feruîr  plutoft  de  la  cullier  que  de  ces  inftrumentSjS'il  n'cft  pas  exerce  en  cet- 
te Operatioii.O^/  ^.C^«M. 


OBSERVATON     L- 

De  fExtrA^îon  d'vn  fois  qui  ctcit  entre  bien  auant, 
dedans  l'oreille. 

LAn  1596.  AGencuc,  vn  pois  entra  profondément  dans  le  conduit  de  l'o- 
rcillc  à  vnc  fille  ,  lequel  a^ant  incontinent  causé  de  la  douleur,  vne  vieil- 
le confcilla  de  faire  vnc  fomentation  aucc  vne  éponge  trempée  en  du  laift 
chaud,  cette  humidité  fit  nugnicrtcr  le  pois  ,  ainfi  la  douleur  deuint  très 
violente,  on  demanda  confeil  à  Monfieur  André  Bonct  très  renommé  Méde- 
cin en  cette  Ville,  lequel  voulut  que  ic  fufle  demandé  :  ayant  donc  prépaie 
tout  ce  qui  étoit  necelïàire  ,  ic  fais  tenir  la  Tcfte  ferm.e  éc  tiray  le  pois  suce 
les-inftruments  marques  ci  dcilus  :  le  pois  ayjnt  été  tiré  ,  la  douleur  fut 
appaiséc  auec  vne  éponge  trempée  en  vnc  decoélion  de  racines  de  guimau- 
«e,  fcmencc  de  fœnugiec  ,  fleurs  de  camomille  ,  melilot  &  betoine  ap- 
pliquée trois  ou  quatre  fois  le  iour  ,   aiiili  en  peu  de  temps  elle  fut  gué- 


né 

pli 

rie 


4o8  Liure  Cinquième 

Le  50.  lamiCo^.  ic  fus  demande  à  Laufanne  pour  voir  la  fille  de  Maîrrc 
Claude  Marion  Apothiquairc  :  il  y  auoit  vn  an  qu'elle  s'ccoic  mis  vn  pois  de- 
dans chaque  oreille,ce  qui  la  rendit  à  demi  fourdctau  plein  de  la  Lune  elle  ccoit 
tourmentée  de  grandes  douleurs  de  Tcfte,de  bras  &:  de  CuifFcs  de  forte  qu'elle 
ne  pouuoic  quafi  point  repofer  la  nuit:  luy  ayant  oint  les  conduits  des  aureilles 
auec  huyle  d'amendes  douccs,ie  tiray  hcureufcmcnt  ces  pois  &:  fans  faire  gran- 
de douleur  parle  moyen  de  ces  inftrumcnts ,  principalement  delà  cullicr ,  ôc 
peu  de  temps  après  elle  fut  entièrement  icmiÇn'.OhfV  .Centu 


OBSERVATION     LI. 

De  l^Extra^ioh  d'vne  épingle  ijhi  étott  entrée  dedans  l'oreille. 

JLy  a  quelques  années  qu'vne  petite  fille  d'André  Mitz  à  Colognejaiira  en- 
trer dedans  l'oreille  vue  petite  épingle ,  .la  voulant  nettoyer  de  la  cralïè  qui  y 
ctoit.-ayant  été  demandc,ie  trouue  ce  conduit  plein  de  fang  auec  des  violentes 
douleurs  ;  à  caufe  dequoy  i'appliquay  delTus  vue  éponge  trempée  en  la  précé- 
dente decodion  chaude:non  feulement  elle  appaila  vn  peu  la  douleur,maisaufn 
diflîpa  vne  partie  du  fang  qui  étoit  dedans  le  conduit ,  de  force  qus  la  Tcfte  de 
l'épingle  commença  à  parétrc',  l'ayant  auparauant  vn  peu  dilate  auec  le  fpccu- 
lum,puis  l'ayant  attrapé  auec  vne  petite  pincettc ,  ic  la  tiray  hcureufcmcnt ,  Se 
l'efpacedc  quelques iours.ie  faifois, mettre  deuxou  trois  fois  vue  éponge  trem- 
pée en  la  fuf  jitte  decoârion.ainfi  elle  fut  bien  tôt  remife,  ObfJ^l.Cent.i. 


OBSERVATION     LU. 

Uvn  mj>M4  de  cerîfe  qui  était  entré  dedans  f  oreille  &  en  ejl 
forti  par  fHppnration. 

L'Ani5io.  vn  noyau  de  cerifc  entra  dans  l'oreille  droite  d'vn  fils  de  Mon- 
fieur  Ican  McrulaMiniftre  à  Auanchejâgc  de  n.ans:  en  mon  abfcncc  ,  (car 
fctois allé  à  Auspourgy)  il s'adiclfa  à  vn  Charlatan  ,  lequel  quoy  qu'il  eut  fait 
tout  fon  pofllble  ,  iamais  il  hc  peut  le  tirer  dehors  ,  au  contraire  il  le  fit  entrer 
plus  auant  anec  vne  grande  douleur,  car  ce  conduit  à  vn  exquis  fentiment  .*  il 
s'étoit  ferui  «1  cette  Opération  d'vn  crochet  aigu,  auec  lequel  il  auoit  telle- 
ment déchiré  ce  conduit,quele  fang  en  fortitqui  empêcha  qu'elle  ne  rcLiflit:  ce 
noyau  donc  y  demeure  iufques  au  i4.061:obre,  pendant  lequel  temps  quoy  que 
£c garçon  ne  fc  plaignit  pas  d'vne  grade  doulcur,il  fortit  ncantmoins  toufiours 

quelque 


des  Opérations  de  Chiiuigic.  409 

quelque  peu  de  pus  ;  il  furuenoic  aufïî  par  inrerualks  quelques  yertiges  qui  le 
faifoicnt  chanceler  de  côcc  ôc  d'autre  :  la  Tclte  luy  panchoic  aufïi  à  l'ordinaire 
fur  l'Epaale  droite,mais  comme  fon  perc  me  le  voulut  amener  le  quatorliéme 
d'Od:obre,rcgardant  loreillc , il  vit  ce  noyau  à l'eiurcc  de  l'oreille  tout  ciifcr- 
médans  le  pus ,  &c  le  tira  aifemetit  dehors  aiîcc  la  pointe  dVncepino^le  ,  car  le 
conduit  de  l'oreille  ctoit  plein  de  maii:re  puiulence,qui  auois  chaGc  dehors  ce 
noyaujil  fut  guéri  bien  toft  après. 

Qooy  que  cette  cure, ôcl'expulfion  de  ce  noyau  kmble  auoir  rcLifli  à  fou- 
hait,  il  ne  faut  neantmoins  iamais  vicr  de  cette  méthode  ni  hiiV:ï  l'afiàirc  eii- 
tieremcnt  à  la  conduite  de  la  nature  ,  veu  qu'il  faruienc  plufieurs  ôc  diuers  ac- 
cidents aprcs  la  fuppuration  de  ces  parties  ,  car  ce  conduit  ayant  vnfcntira.-nt 
fort  exquis,  les  humeurs  y  vont  aifemcnt  à  caufe  de  la  violence  de  la  dou- 
leur &  corrompent  le  tympanum,cc  qui  attire  laTurditc  :  il  ardue  auffi  fou- 
uentquc  l'os  quin'eftcouuerrqued'vne  membrane  déliée  ,  Ce  carie  :  on  a  vea 
aufla  fortir  vne  chair  fungueufc  du  conduit  de  l'oreille  aprcs  vue  fuppuration: 
il  faut  donc  être  prompt  à  tirer  dehors  ce  qui  ctl  entre  dedans  les  oreilles, 
Ohf.IFXem.i. 


OBSERVATION  LUI. 

D:  UfeEiion  du  ligament  fui  efi  âej[oHS  la  Lamne, 

IL  n'y  a  point  d'Opération  de  Chirurgie  que  le  peuple  prife  moins  que  U 
ieârion  du  ligament  quicft  dclfous  la  Langue,en  forte  que  l'on  la  iailîè  faire 
le  plus  fouuenc  aux  fage femmes,  qui  le  rompent  auec  le  doigt,  ce  que  ie  ne 
fçaurois  trouuer  bon  ,  veu  que  le  plus  founcnt  elles  déchirent  &  coupent 
les  parties  voifiues ,  après  quoy  vient  douleur  bc  inflammation  ,  de  forte  que 
les  enfants  ne  peuucnt  pas  tetter,  deuenants  chagrins,  maigres  &  foibles  :  \i 
faut  donc  aller  auec  prudence  en  cctrc  Opération  fans  la  mcptifcr,qMoy  qu'el- 
le femblc  des  plus  petites  :  il  faut  premièrement  confîdcter  fi  l'enfant  qui  par- 
le auec  pêne  à  b.foin  de  cette  Opération  ou  non  ,  car  bien  fouuent  les  enfants 
ont  de  la  pcneàfoimcr  les  pai  oies,  pour  des  autres  raifons  que  par  le  dcfiut  du 
ligament  qui  cft  fous  la  Laiignervoici  vn  exemple  qui  moiiftrc  qu'en  ceuxlà  la 
fcdion  eft  dangcreufe.      ^ 

Vn  Enfant  de  deux  ans  d'vn  Payfan  de  ce  voilimge  du  Village  de  Corfellcs, 
nommé  Petits  Ycax,mc  fut  amené  le  mois  de  May  i6oS.  pour  luy  couper  le 
|îlet  fous  la  Langue  ,  car  fcs  parents  crurent  que  fi  toll:  que  cela  feroit  fait,  que 
l'Enfant  parleioit  librement  :  maii  luy  ayant  ouuert  la  bouch;  ôc  laué  la  Lan- 
gue qui  ctoit  fort  cpaiirc,ie  n'v  trouu.iy  point  ce  ligament  ncrueux,ainfi  ie  tca- 

Fff 


4IO  Liure  Cinquième 

uoyay  les  parents  5c  l'Enfanr.nc  voulant  y  mettre  la  main  :  vn  mois  aptes  vintj 
vn  Charlatan  auquel  on  porta  cet  Enfant  ,   lequel  fit  croire  aux  parents  que 
la  Largiic  ctoic  cmpcchce  p.^r  vn  ligimenc  ncrucux  fort  dur  &  épais  ,    &  que 
pojrucu  qu'il  fut  bien  pa)c,qn'il  fcroircn  forte  que  cet  Enfant  parleroicbicn 
toft  :  on  luy  conte  de  i'argent,on  met  l'Enflmt  fur  le  giron  d'vnc  fcmme,alors 
cêtitrjpofteur ,  f  comme  on  me  l'a  raconté  j  fcparala  Langue  des  deux  côtes  ÔC 
en  deu3nt  bienauant  :  mais  qu'arriuat'ilîcct  Enfant  qui  pounoit  marcher  fcul 
auparauant ,  en  vn  moment  le  couibe  , après  auoir  icttc  df  grands  cris ,    en 
forte  que  les  genorïls  luy  touchoycnt  les  aines, &  fes  bras  fe  retirèrent  vers  la 
poitrine  :  or  comme  lesdoulcurs  étoyent  cortinueiles  &  que  Tonne  fe  feruit 
d'aucuns  .remcdes,il  deuint  fort  extenue  &  foible ,  mais  à  prcfcnt  il  fe  porte  vn 
peu  mieux  ,  quoy  que  iufques  à  prcfcnt  il  n'a  peu  dire  vue  feule  parole .&  Tes 
cuilTcs  ÔC  bras  font  cncor  contrats, lefqucls,  quahd  on  veut  les  étendre,  fe  reti- 
rent incontinent ,  mais  non  h  fort  qu'auparauanr,  &  ne  peut  marcher  en  aucu- 
ne façon:  ncantmoins  il  n'endure  pas  beaucoup  de  douleur  &  l'appétit  luy  cft 
reuenU)de  forte  qu'il  commence  vn  peu  à  reprendre  fes  forces  ;  il  a  la  Langue 
cpailfe  j  &  laTcftc  &  le  corps  d'vne  complexionphlegmatiquc:ie  leur  ay  of» 
fert  mon  aflGftance  parce  qu'ils  font  pouurcs  :  s'ils  viennent  ie  feray  tout 
mon  po{îîblc:ce  cas  cft  rare  n'en  ayant  iamais  veu  vn  fcmblablej&c.O^j^rw.iS. 


O  B  S  E  R   V  A  T  I  O  N     L I  V. 

Sur  le  même  /ùiet. 

I'ay  vn  fiere  de  mère  qui  en  fon  enfance  a  été  fort  valétudinaire:  entte  autres 
incommodités  aufqucllcs  il  croit  fuient  ,  il  n'a  pas  peu  dire  vn  motiufqu'à 
l'âge  de  quatre  ans  :  étant  de  retour  chez  mes  parcnts,ie  voulus  voir  fa  langue, 
laquelle  ie  rrouuay  tellement  arrachée  par  vn  ligament  épais  qu'à  pêne  la  pou- 
uoit'il  porter  iufqii'aux  dents  de  deuant  :  ie  coupiy  ce  ligament  aucc  toute  la 
diligence  poffiblejpuis  i'oîgnois  la  partie  tous  les  iours  trois  ou  quatre  fois  aucc 
du  mid  rofat  :  deux  m.ois  après  ie  trounay  que  ce  ligament  s'étoit  en  quel(][qe 
façon  u  uni, à  caufc  d^.qnoy  i'y  proceday  comme  la  première  fois:la  chofe  reliflît 
/i  bien  par  la  grâce  de  Dieu  qu'il  commença  en  pcwék  temps  à  parler,Sc  à  prc- 
fcnt il  parle  fort  diftindement. 

Or  cette  Opération  L  fait  fans  aucun  danger,pourueti  qu'on  y  procède  com- 
me il  faut  :  i]  faut  principalement  prendre  garde  de  ne  faire  pas  lalcdion  trop 
;  uant.-i'ay  acceatamé,ayant  leué  la  Langue  ,  de  couper  auec  des  cifeaux  ce  li- 
gament en  dcux,&  quelquefois  en  trois  endroits,  car  par  ce  moyen  il  fe  rcioint 

plus 


des  Opérations  de  chirurgie.  4U 

plus  difficilement  que  fi  on  n'auo.ic  faic  quVne  incifion  :  or  ic  coupe  tant  feule" 
ment  ce  qui  eft  nerueux,dc  force  qu'à  péac  ic  touche  la  chair:  que  fi  on  n'a  pas 
fuffifammeac  coupe  la  première  fois  ,  ou  que  la  partie  fc  foie  reunie,i'y  reuiens 
yne  féconde  fois  :  le  ligament  étant  coupe  ,  ie  commande  à  la  nourrice  d'y 
porter  feulement  le  doigt  trempe  en  du  miel  rofat  ou  en  du  commun,  Ic- 
wÊKii  doucement  la  Langue ,  ainfi  l'agglutination  eft  empêchée.  Obfern.té. 
Cemur.y 


OBSERVATION     LV. 

Ve  I'vhhU  Relaxée. 

H  l^^ocï^ite  dit  liki  Je  morhis  quervuules'abbaiilè  quand  la  pituite  viciK 
à  defcendre  de  la  Tcfte  fur  legofier&:  fc  rend  fur  l'vuule  :  ce  qui  arriue 
aifcmentjveu  que  c'eft  vne  partie  fort  molle,  laxe  &  fpongietife  :  c'eft  vne  affe- 
ction dangereufe ,  car  elle  s'enflamme  quelquefois  tellement  auec  les  amygda- 
les ,  que  le  malade  ne  peut  aualer  ni  viande  ni  bruuage  ,  ni  même  quelquefois 
refpirer  :  i'enay  traictc  quelques  vns  &  gueri,qui  ctoyent  incommodes  de  cet- 
te façon  :  elle  fe  termine  aufll  quelquefois  en  gangrenc,comme  on  le  peut  voie 
par  lepalfage  d'Hippocratc  allègue  ci  dciruSjdequoy  on  trouuc  aufîi  vn  exem- 
ple chez  Foreftus  lib.j.  Obferuacion  y.  mais  ie  n'en  ay  encor  point  veu  :  elle 
peut  fe  conuertir  enfquinance  ,  comme  il  eft  arriue  à  Monfieur  Ican  Merula, 
lequel  ayant  l'vuule  enflammée  ,  fc  mit  en  mon  abfence  entre  les  mains  d'vn 
Charlatan  entièrement  ignorant ,  lequel  quelques  iours  de  fuite  y  foufla  vne 
poudre  fort  chaude  ik  brulante,qui  y  ht  venir  inflammation  ÔC  fquinance,la- 
quelle  le  mie  en  danger  de  la  vieiil  faut  donc  que  le  Chirurgien  procède  en  ce 
cas  auec  préméditation  :  principalement  il  doit  confiderer  fi  le  mal  eft  gue- 
rilfable  ou  nonj&;  ne  doit  rien  promettre  témérairement  au  malade  :  puis  après 
s'il  y  a  inflammation  ou  non,  car  Ci  l'vuule  eft  fchirreufe  ôc  tient  du  Chancre, 
il  montrera  fi  prudence  en  n'y  portant  pas  la  main  :  que  s'il  eft  oblige  d'accor- 
der quelque  cho'e  aux  prières  du  malade  ou  de  (çs  amis ,  neantmoins  il  n'entre- 
prendra rien  qu'il  n'ait  fait  le  prognoftic  de  réuencmcnt  de  la  maladic,dc  peur 
de  paiîèr  pour  vn  ignorant  :  or  de  quelque  caufe  qu'elle  viennc,dés  le  moment 
il  ordonnera  vne  façon  de  viure  fobre  ,  il  vuidera  le  corps  auec  deslauements 
acres  fouuent  réitérés,  par  le  confeild'Aretéc,&  tirera  en  bas  les  humeurs  quife 
icttent  lur  le  gofier  :  il  les  diuertira  par  les  ligatures  des.cxtremités ,  la  faignéc 
du  bras  Se  Us  Ventoufcs  fur  les  Epaules  :  dés  le  commencement  il  ordon- 
nera ce  gargariime  reperculfif  ^.  Fol.  planta^,  mefpllor.  cauda  e^um.  ro- 
far.  YHbr.an.  m,  j.  fol.  fcabiof.  m.  fi.  galUr,  ^  l5.  cocfiie  in  oxjua  ad  confum- 
ifùenern-  tertu  partis  ,   in  tb  ii.  colat.  di/J'olne  meU^  rafat»  aut  diamor.  |  i  j. 

•V^'^-:  .  '  ^  F    &f         2 


4U  Liiire  Cinquième 

Aceti  rof.  parhm  m.  En  lieu  de  decodion ,  on  fc  peut  feruir  des  eaux  di- 
ftillccs ,  y  lioutAntle  miel  roiac  ou  le  dimoron  :  ie  me  (uis  auflî  ferui  hcu- 
rcu(cment  de  l'oxycrat  (impie  :  quelques  vos  foufflcnt  des  le  commencement 
dans  11  gorge  de  la  poudic  clc  poiure  long,  ce  qui  ne  fe  fait  pas  fans  danger: 
i'ay  aufiQ  a-courume  d'oitidiclc  col  d'huyle  rofat,  &  fi  la  fluxion  cfl;  véhémen- 


te le  mets 


leGacapb.rmefiiuanc.  ^.  Far.hordei  Xn.pHlH.roCar.myrnllor.nHC.cuÊÊ^ 
an.T^n.co^ue  :?j pcfca^addc  fabfmern  ol.rof  parhm  &  ounm  integrum.  lifaut  à  cha- 
que momciu  laiict  la  bouche  aucccc  gaigarifme:  s'il  y  a  vue  giande  douleur, 
i'y  âioute  vn  peu  de  fcmcnce  de  fœnugrcc  >  de  coins,auec  des  fleurs  de  camo- 
mille ,  quelquefois  ic  fais  gaigarifer  le  malade  auec  du  laid  :  mais  après  qu'il 
s'en  efl:  fcrui  vne  fois,  ie  luy  fais  prendre  cinq  ou  (îs  fois  du  gaugarifme  ,  car  le 
laid  appaife  bien  la  douleur  ,  mais  il  ne  repercute  pas  la  defluxion,  qui  eft  le 
principal  au  commencement  du  mal  :  or  quand  le  malade  ne  peut  pas  fe  feruir  '' 
du  gargarifmeji'en  iette  dans  la  bouche  auec  vne  fyringue,  comme  auflî  du  lait, 
mais  doucement  ••  il  faut  auflî  purger  les  mauuaifcs  humeurs  ,  félon  qu'elles 
prédominent  :  iz  me  fers  de  la  faignée  (  s'il  n'y  a  point  d'empcchent  )  ouurant 
lavêne  du  bras  ,  tant  pour  faire  reuulfion  que  parce  qu'elle  vuidc  également 
toutes  les  humeurs  ,  autant  en  vue  defluxion  froide  (  s'il  y  a  danger  de  fuffoca- 
tion  ou  que  le  mal  foit  grand)  qu'en  vue  chaude  :  i'applique  aufliauec  fruit  des 
Vcntoufes  fur  les  Epaules  &  fur  le  mufcle  biceps,  Hippocratc  au  liure  de  AfFe- 
dionibus,  veut  qu'ayant  rase  la  Telte  on  les  applique  fur  le  derrière  d'icelle  ÔC 
que  l'on  en  tire  quantité  de  fang.mais  cela  fc  doit  faire  hors  des  étuues  :  Fa- 
bianus  Schcuievtisen  fon  liure  de  Caiharris ,  au  chap.  de  Catharro  oculoruin, 
^ç-faprouue  les  Vcntoufes  en  ceux  qui  ont  la  goûte  ,  de  peur  d'attirer  la  matiè- 
re à  l'efchine  du  dos  &  de  la  aux  iointures,&  bien  a  propos  :  mais  comme  ceux 
qui  font  fuiers  à  la  goutte,font  fouucnt  trauaillcs  de  cette  incommodité,5c  que 
la  maladie  cft  dangereulc,qut  apporte  auec  foy  danger  de  fuffocation,  le  Chi- 
rur^^icn  doi:  vikr  à  ce  qui  prclfc  le  plus  :  cependant  quoy  qu'il  tombe  quelque 
choie  fur  les  iointures,ncâUtmoins  il  y  aura  moins  de  danger  que  (\  les  humeurs 
fcicrtoycîic  fur  la  gorge  «S:  il  fera  plus  aiicmcnt  corrige  :  quand  l'impetuo- 
lîrc  de  ia  lù  flaxioo  aura  ce  fsc  ,  il  faudra  venir  à  des  médicaments  qui  ayent  vue 
plusgi-.indc  vrrtu  de  diflîpcr:ie  me  fers  du  gargarifmc  (uiuant  auec  grand  fuc- 
cés.i^.  f-lcr. &  [oLbeion ic.fahùdfcablofan.rn. 'à.rofar.m.ljumm.rorifmarin,  &fler» 
cawom.an  pa^^.i.  ca^he  in  \hiii.  nq.  ad  confHrnptionetnterti£  partis  colat.  adde  meit, 
rofficxinalum.  ^li.M.  le  fais  auflî  par  fois  cuire  les  fuldircs  (impies  en  du  vin 
rouge  ••  en  dehors  ie  fais  oindre  le  col  auec  huyle  de  camomille  ou  auec l'huylc 
de  fleurs  deSlotanus,  merrant  de  la  laine  gralle  par  delTus  :  quelquefois  auflS 
i'vuules|cnflc  tellement  i5c  (*e  relache,à  caufe  d'vnc  continuelle  defluxion,quel-i 
le  met  en  pcne  Se  le  malade  &  le  Chirurgien,  comme  ie  I'ay  vcu  en  plufieurs 
Ôc  fpecialcment  en  vn  Bouigeois  de  Payernc,  auquel  IVuule  croît  venue  de 
^.t^ioireur' ûvne  nqis  ,    Ayant  arrêté  l'impctucfité  de  la  defluxion  pat 

purgations 


des  Opérations  de  Chirurgie.  415 

purgations  rcïccrces  ,  &rapplicatioii  des  ventoufcs,  ie  fôuflay  delfus  deux 
ou  trois  fois  le  iouu  de  la  poudre  luiuanre  ^.pulu.  rofar.rnbr.  ùalau/l.  cortic. 
granat.  an.  7,^.  fol.  &jior.Jcabiof.  &  ItgHflri  an.  5»).  alum.  vfli  '^i]^.  m.  ou  bien 
IC.'F^d-  B'iftortéty  irid.  flor.  torment. gallar.  virid.an-  5/;.  ro^ar.  rHb.&  flor.fcab. 
an.  3j.  lapid  calamin.  ppti  5/f?.  alum.  vjii  zjj.  rn.f  pHlnisfubtiiilfirnns  :  or  la  ma- 
nière de  ibuftlcr  telles  poudres  cft  telle,  ayant  baifsc  la  langue  aucc  vn  fpccu- 
lum  oris ,  ie  mets  incontinent  de  la  poudre  auec  vne  fpatnle  ou  vue  petite 
cucillcr  faite  exprès  :  maisafîn  quela  poudrepuilïc  couurir  &  aller  fur  toute 
l'vuuleji'ay  itiuentc  vninftrumcut  duquel  ic  me  fuis  fcrui  à  diuerfes  Çois,vo)és 
lafig-  6.  de  la  table  XII, 

C'eft  vne  cueillcr  faire  de  cuiurc  de  la  grandeur  qu'elle  y  cft  reprefcntce, 
fon  manche  eft  creux  de  huit  pouces  de  longueur>qui  tft  attaché  au  b.is  d'iccl- 
le:  en  l'autre  bout  il  y  a  vn  foufïlct  [qui  cft  fait  de  cuir  fcmblablc  à  vn  rappeau 
de  Caille]  qui  y  eft  attache  :  ayant  rempli  la  cucllicr  de  poudre  &  Tayaut  mis 
delFous  l'vuule  ,  il  faut  faire  rider  le  louftlet  afin  que  l'air  pouilè  la  poudre  en 
haut,  ainfi  l'vuule  &  le  palais  en  feront  tous  couuerrs  :  mais  comme  il  cft  inc- 
uitablequc  le  feruitcur  en  baillant  la  langue  auec  le  fpeculum,  ranclis  que  le 
Chirurgien  fouffle  la  poudre  auec  cet  inftrumcnt,  ne  s'empêchent  l'vn  l'autre, 
cela  m'a  fait  trouuer  vn  autre  inftrumcnt  beaucoup  plus  propre,  par  lequel  le 
Chirurgien  puillè  en  même  temps  &  déprimer  la  langue  &  fouftler  la  poudre 
voyés  laf.gtiTte  7.  de  la  table  X 1 1. 

A    la  partie  dcdelfus  dufouftlct,auqutlcft  attaché  vn  rcHort  ou  m  cle- 
vatoiie  marque  A. 

Ce  foufïlct  a  auflTi  vne  cueiîlier  de  cuivre  auec  fi  Cannulc  de  la  longueur  de 
huit  pouces;  celle  du  fouflct  cft  de  cinq,  fa  lai  gcur  de  trois:  or  afin  que  le  fou- 
flct  étant  baifsc,  fe  rcleue  de  foy-  même  &  que  d'vne  main  on  puillè  1  enflcr,il  a 
en  dedans  vn  inftrumcnt  comme  vnrclïbrtoù  vn  elcuaroire  fait  d'âcier,par  le 
moyen  duquel  cette  partie  cft  pouf>ce  tn  haut  qui  cft  marqué  'A  en  la  fécon- 
de figure  :  l'ayvej  quelquefois  des  inflammations  d'vvule  fi  opiniâtres  ,  ou 
des  rclava-iunSjCju'il  a  falufoufler  de  ces  poudres  plus  à\n  mois  .•  i'adueitis 
de  ceci  afin  que  l'on  efpere  bien  du  maiade,quoy  que  la  chofc  femblc  ccie  dif- 
ficile au  commcnccm.cnt. 

Que  il  le  m.al  cft  plus  fort  qr.eces  leg(  rs  remèdes  ,  il  faut  pafTcr  ï  de  plus 
généraux  :  quelques  vns  f'c  fcrucnt  d'eau  foi  te  feule  ou  deticmipcc  auec  eau  de 
i-*iantin  ou  de  rofcs,  ou  mettant  des  autres  médicaments  Cauftics,  mais  en  cela 
il  faut  agirprudcmment,de  peur  d'augmenter  le  mal  :  car  toutes  fjis  &  quan- 
tes  qu'il  y  adelamalignité,le  mal  s'irrite  par  telle-  foire  de  mcdicamcnrs  acres: 
Qae  il  quelqu'vns'en  veut  feruir,  il  doit  obferuer  ce  que  Paul  ^gincta  en  <ïic 
liu.  6,  ch.  31. 

Nous  fomm es  quelquefois  aufîi  contraints  de  couper  l'VvuIe  auec  des  ci- 
fcaux,  ou  de  la  lier  aucc  vn  filet,  ou  de  la  cautctifct  :  mais  que  le  Chirurgien 

f  ff  5 


414  Liure  Cinquième 

regarde  auparauant  s'il  n'y  a  point  de  malignité  cachée  ou  de  difponcion  à  vu 
Chancre,  ce  que  l'on  peut  recueillir  aisément  des  deux  obferuationsprece- 
denrcs,(Sc  de  ce  qu'en  dit^gineta  au  lieu  ihs-allegué,oti  il  aduertit  que  celles 
qui  iont  retirées,  rondes,  fanglantes&  noiratres,uc  doiuenc  point  être  entre- 
prilcs  par  la  Chirurgie  .*  mais  celles  qui  font  déliées,  longuettes ,  &:  plus  min- 
ces en  la  paitied'cnhauc,  nullement  noires  ou  langlantes  ,  ains  plutôt  blan- 
châtres, pcuuent  endurer  la  Chirurgie:  or  il  faut  tant  feulement  retrcncher  de 
l'Vvule  ce  qui  pallè  la  naturelle  proportion ,  car  c'cft  comme  vn  archet  de  la 
voix,  veu  que  ceux  qui  en  font  priués,parlent  rarement  diUinârcmcnt  &  clai- 
rement: ie  disraremenr ,  parce  que  i'cn  ay  veu  vn  ou  deux  qui  parloyent  aullî 
diftindcment  STiiettemenr,  quoy  que  i  V'vuk  leur  ctc  ro;igce  ,  que  l'on  eut  dit 
que  tous  ces  inftruments  ctoycnt  entiers:  i'ay  veu  vn  autre  qui  auoit  vneozae- 
ne  ou  viccre  au  nés,  auquel  vn  an  auparauant  qu'il  cûr  cette  incommodité ,  ouk 
remarqua  que  l'Vvule  ccoicenticrcmeiitconfumce. 

Or  l'AbfcilIiou  de  l'Vvule  fe  fait  en  cette  manière  ,  le  Chirurgien  doit  env- 
poigner  le  bec  dejCicogne,  puis  couper  ce  qui  eft  de  trop  iuec  dcscifeaux,lai{^ 
fant  couiêr  vn  peu  de  faiig  :  que  s'il  en  coule  trop ,  il  y  faut'  mettre  de  ma 
poudreà  étancher  le  fangauccma  cueillicr,  puis  il  fe  faut  Icruir  des  garga- 
rifmes  que  i'ay  ordonné  ci  dclfus  :  que  fi  le  malade  appréhende  la  l"6tion  09, 
qu'il  appréhende  la  perte  dafang  ,  alors  i'ay  accoutume  de  me  icruir  de  l'iii- 
ftrumeutfuiuanc  qui  eft  de  mon  inuenrion,  par  le  moyen  duquel  ic  Ih  ôc  cou- 
pe l'Vvule  fans  diiHculré  ni  danger  ,  c'eft  vue  Cannule  creufe  de  huit  pouces 
de  longueur,que  i'ay  fait,  faire  de  cuiure  ,  au  bout  de  laquelle  eft  arrachée 
vn  aaneau  de  la  grandeur  icy  rcpicfenrée  ,  il  eft  creusé  par  delîbus  autant 
quil  faut  pour  cacher  vn  filet,  puis  il  faut  faire  vn  demi  nœud ,  comme  mar- 
que la  figure  8.  table  11.  ôc  en  luitepalVcr  vue  partie  du  filer-  marqué  G  par  la 
Cannule  ou  eft  marquée  la  lettre  G  ,  l'autre  bouc  marqué  H  doit  pailir  par 
le  trou  marqué  C  qui  eft  au  haut  de  l'anneau  ,  puis  failanc  rcpallcr  le  filet 
p^r  vn  petit  trou  qui  eft  en  la  partie  extérieure  de  l'aneau  marqué  D ,  il  le  failt  - 
attacher  au  bas  ou  eft  E  ;  or  la  partie  extérieure  de  l'aneau  depuis  Q.  à  D  doit 
être  aufli  vn  peu  creusée,dc  peur  que  la  filet  n'aille  de  côte  ou  d'autre  :  ce  qu'é- 
tant fait  vnferuiteur  baillera  le  langue  auec  vn  Spéculum  oris  Se  le  Chirur- 
gien feraentrcr  dans  l'aneau  la  partie  de  l'Vvule  qu'il  fantcoupcr,&  de  la  main 
droite  tirera  le  filet  marqué  F  rudement  &  ferrera  i'VS^ule  ,  ainfi  il  feravn 
noeud  comme  marque  la  figure  i.  de  la  table  15.  en  laquelle 

A  marque  IVvuie;  le  nœud  étant  fait  en  l'Vvule,  il  faut  couper  le  filet  ou 
eft  marqué  E  ,  puis  ayant  tiré  horsrinftrument,il  le  faut  laiifer  pendre  hors 
des  Dents,  car  fi  en  le  ferrant  il  n'a  pas  coupe  l'Vvule ,  il  ne  manquera  pas  de 
le  faire  la  même  nuit  ou  la  fuiuante  ;  Qi^e  fi  le  fang  vient  à  couler  dcmclurcf 
ment,  il  faut  fe  feruir  du  Cautère  adtuel  en  cette  manière  :  le  Chirurgien 
^oîcauoir  deux  fetuitcurs,defquels  l'vn  tiendra  la  téce  fermc,bouchant  les  yeux 

du 


des  Opérations  de  chirurgie.  41^ 

au  malade,  &  l'autre  âbaiilcra  la  langue  anec  le  rpcculiim  oiis  ,  le  Chirur- 
gien aura  vnc  Cannulc  de  ciîi'lu'c  longiic  de  luu'r  pouces  ,  vo^cs  les  fleures  i.  & 
y  de  la  fahleXIII  enucloipée  par  rour  d'vn  linge  moiiillc,  excepte  le  trou  mar- 
que A  laquelle  il  tiendra  en  la  main  gauche  ,  &  la  mettra  en  la  bouche  ,  fai- 
fant  entrer  l'Vvule  dans  ce  trou  marque  A  ,  puis  il  mettra  vn  poinçon  de  fer 
rougi  au  feu  dans  la  Cannule  &  cautcrizcra  l'Vvule  fans  otfcnfer  les  parties 
voilînes ,  enfin  il  acheucra  la  Cure  auec  des  gnrgarifmes  propres  &  auec  du 
miel  rofat  j  Qncs'il  y  a  quelque  putrefadion,  le  C'autcre  eft  aulîà  très  efficace: 
mais  parce  que  les  malades  en  ont  vnc  grande  apprehcnfion  &  attribuent  tou- 
te la  faute  au  Chirurgien  fi  la  chofc  n'a  pas  rculti  à  fouhait  ,  voilà  pourquoy 
i'ay  de  couftume  d'ellayer  auparauant  les  remèdes  fijiuants,  defquels  ie  me 
fers  très  -  h-ureufcment  :  ayant  donc  ordonné  vnc  bonne  façon  de  vi- 
ure  ,  purge  le  corps  &  employé  les  remèdes  généraux  ,  ic  fais  fouuenc 
lauer  la  bouche  auec  le gargarifmc  fiiiuant ,  ^.  hordeiintegr^m.  j.  Rad.plan- 
tag.  7^\, fol.  fcabiof. gérant], fcordt'yan.  m,  {?.  rofkr.  &fol. plamag.  an.  m.  j.  co(jHe 
in  ifc  iv.  aq.  hordel  ad  crepatHrajn  ,  tum  admijce  rnell.  rofac.  cj"  diamori  an,  |»j. 
m.  J'oins  aulfi  trois  ou  quatre  fois  le  iour  la  partie  auec  vn  pinceau  trempe  en 
mon  onguent  i£gyptiac ,  continuant  iufqu'à-ce  que  la  pourriture  &:  la  vio- 
lence du  mal  Cok  apaisée ,  &  en  fuite  ie  me  fers  des  remèdes  que  i'ay  ordonne 
pour  la  relaxation  de  l'Vvule  j  ainfi  i'acheuc  la  Cure ,  ObferHAtion  ii.  Cen* 
turie.  1. 


OBSERVATION       LVI. 

JDe  Fvfage  des  poudres  en  la  Reluxation  de  l'Vvule. 

LA  femme  de  Noble  Ican  Hcid  Conful  à  Fribourg  en  Suifie,  a-)^ant  fait  vn 
iour  voyage  à  Chcual  par  vn  Soleil  très  ardeur,  &  le  Cerueau  ayant  ^tc 
cchaufé,illuy  tomba  vne  défluxion  fur  l'Vvule  &:  fijrlcGofier  .•  vn  Barbier 
ayant  été  demande  &  voyant  qu'elle  étoit  enflée,  il  foufla  dclfus  deux  ou  trois 
le  iour  vne  poudre  fort  acre  <?«:  chaude:  y  étant  furuenu  inflammation  auec 
vn  abfcés  très- dangereux,  non  feulement  l'Vvulf_,mais  auflî  les  Cartilages  des 
Narines  furent  rongées,  luy  fortant  des  vlceres  par  ci  par  là  en  li  face  :  enfin 
clic  mourut  miferablcment fans  pouuoir  être  guciic  par  aucun  remcde.  ObfeX" 
staim  15.  Cent,  6, 


41«  Liurc  Cinquième 


OBSERVATION      LIX. 

Sur  le  même  fuie t. 


L'An  i6u.  cnreueiiant  des  Pays  bas,  ie  vis  vne  Dameà  Fridberg,  à  laquelle 
l'Vvule  étant  relaxée  5c  enflammée  à  caufed'vne  defluxion,  6c  viiB.ubicr 
y  ayant  mis  de  l'eau  que  l'on  appelé  Royale ,  il  s'y  ht  vne  ii  grande  inflamma- 
tion &  dcfluxion  qu'elle  fut  quelques  ioucs  de  fuite  en  danger  de  la  vie  :  cnh.i 
Monficur  Fabcr  Médecin  du  lieu  ctaftr  venu,  il  la  remit  par  la  diligence  :  mais 
vne  partie  delVvulc  tomba  aucc  vne  partie  de  l'os  du  Palais  S<.  des  Cartilages 
de;>  Narines,  ce  qui  l'incommodoit  grandement  ôc  luy  deprauoit  la  parole. 
0^/15.  Cent.  6, 


OBSERVATION       LVIII. 

T)e  VolfJiruUion  de  l'Oefophague» 


L*Ani594'au  mois  de  May,vn  Couturier  de  Cologne  tcnoit  en  parlant  vn 
morceau  de  cuir  en  la  bouche,&  s'ctant  mis  à  rire  il  cnr.ra  dans  le  golîcr 
où  il  demeura  attaché ,  ils'txcita  incontinent  à  vomir,  mais  il  ne  peut  ni  le 
faire  fortir  dehors  ni  faire  décendre,  ainfi  il  fut  quafifuffoqué  :  ayant  été  de- 
mandé auec  le  Docteur  Bddcnbach  ,  ie  luy  fis  aualer  incontinent  vne  déco- 
ction emolliente  >  ex  rad.  alth.  fem.  Uni ,  fœnugr.  cnm  oL  amygd.  d-  puis  aucc 
vne  Sonde  d'argent  couibe,  ie  fis  décendre  le  cuïr  iulqu'au  creux  de  l'cfto- 
mach  »  lequel  il  rendit  fix  mois  après  par  le  bas  ventre.  Ohfern.  31.  Cent.  i. 


OBSERVATION      LIX. 
Vvne  femme  qui  auala  •y»  petit  os. 


L'An  »55?!.  vne  femme  d'Hilden  auala  vn  petit  os  qui  ctoit  pointu  de  tous 
côtés  :  mais  elle  ne  le  peut  faire  ni  dcccndre  ni  monter  :  ayant  été  d^ 
mandé  le  quatrième  iour ,  ie  trouuay  le  col  enflammé  dedans  &  dchors,de  for- 
te qu'elle  ne  pouuoit  amener  ni  pouffer  fon  haléne  ni  même  aualler  des  boLiil- 
lons  :  elle  ctoit  prefséc  de  violentes  douleurs  auec  fièvre  ,  réucrie  &  convul- 
fions  :  ainfinc pouuant être  mis  dehors  ni  par  vomiirement  ni  par  aucuns  in- 
ftrumcnts  j  bien  loin  de  pouuoir  être  tiré  dehors  >  mais  ayant  dé-ja  forme  vn 

abfccs 


des  Opérations  de  Chirurgie.  41; 

abfccs  dans  legofier  ,  i'âpaifay  bs  douleurs  aucauc  qu'il  rr.c  fut  poflîblc  par 
\  par  des  ano.iyns,&  tâchay  d'attirer  la  luppuration  :  j'infiifay  aucc  la  fyiinguc 
vue  dccodlion  ex  rad.  alth£<t,fem.  Uni.  fœnugr.  ^  cydonior.  curnol.  amygd.  d. 
6c  oignis  le  col  en  djhors  cnrn  ol  aneth.  lUior.  alb.  &  amygd.  d.  Se  mii  par  dcf- 
fus  vu  Czta]phfmeexfar.fal?ar.fior.  camorn.  melil.fem.  iirit  y  fœnugr,  coElutn  in 
hydri&Uo:  ie  luy  donnay  aufîi  Cependant  quelques  lauemcncs ,  &  coafcruay  les 
iozCQS  iufqu'au  r^pticmc  iouraucc  des  boiiillous,  alors  elle  rendit  par  la  bou- 
che quantité  de  pus,  &  en  même  temps  l'os  duquel  1 1  figure  &  la  grandeur  cft 
rcprcfentcc  en  la/^»  4-  de  U  table  Xlll.  ainfi  elle  fat  bien-toc  remiiej<?<:  a  vccu 
iongucs  années  après  la  Cure.  Obfernat.  y^.Cent.  i. 


OBSERVATION        LX- 

2)''U«tf  arefle  de  Poïjfon  atachée  an  gofier, 

L'An^î^9i.  vne  femme  me  vint  trouucr  qui  auoit  vue  grande  tumeur 
au  côté  droit  de  U  mâchoire  inférieure  ,  laquelle  s'ccendoit  iufquala 
Trachée  artère,  l'oreille  ôc  la  clauicule,  rclfemblant  à  vne  Steatomc  :  elle  étoic 
molle  &  fans  inflammation:  ie  mii  dcllus  premièrement  quelques  iours  durant 
des  remèdes  cmoliicnts  &:  deiiccatifs,  mais  comme  ie  n'a uançois  rien  ,  ie  vou- 
lus fçauoir  plus  auant  d'où  elle  ctoir  veuue,clle  me  répondit  qu'il  y  auoit  deux 
ans  qu'elle  auoit  analcen  mangeant  vne  arête  depoiffon,  qui  s'écoi:  arrêtée  en 
rœfophague,  qu'incontinent  ii  y  étoic  venu  vne  grande  doulcur,de  forte  qu'el- 
le auoit  de  la  pénc  à  âualer  la  viande  &  le  boire,  qu'enfin  la  douleur  ayant  cef- 
sé,le  col  s'étoJc  enflé  peu  à  p.u, cette  declara'ion  me  fit  connoirtre  que  l'arefte, 
ou  quelque  partie  d'iccUe,  y  ctoit  encor,cc  qui  m'obligea  à  me  feruir  àcs  fup- 
puratifs:  la  Tumeur  ayant  luppuré,  clic  fut  ouuerte  par  Louyi  Glandorp  étu- 
diant en  Chirurgicjil  enfocticquanricé  de  macicre  &  l'arctc  parut  tôt  apres,la" 
quelleil  arracha  toute  entieiejl'vlccre  fe  referma  bien  tôt  après,  Obferuxt.  5J. 
Cent.  I. 


OBSERVATION     LXI. 

D'vne  épingle  attalèe» 

*An  i59i.à  Hilden  vne  feruante  âgée  de  1 8»ans,auala  par  mégarde  vne  épiu- 

,.glcafsés  grande,  laquelle  par  l'efpace  de  trois  iours  ne  luy  faifant  aucune 

douleur,  elle  creut  qu'elle  feroit  décendue  par  le  bas,  mais  cette  miferable  (c 
trompoif,  car  le  quatrième  ioiir  elle  eut  àz  ï\  viokiKes  douleurs.prcmieicmen: 

Ggg 


L 


4i8  Liure  Cinquième 

au  fond  de  rttlomach,piiis  après  vers  le  pylorcsqu'elle  eroû  contrainte  de  crier 
&  d'hurler  route  la  nuit  :  le  tas  demande  iix  iours  après  le  commencement  de 
la  maladie,&  latrouuay  phreneti<^uc,aucc  vnc  tîcvre  très  ardente  ,  la  langue 
Tcche,  le  vifagc  enflamme,  &  tellement  cgaice  de  Ton  fens  &  furieufe  ,  qu'elle 
ne  connoilloit  perfonne  (ans  demander  ni  à  boire  ni  à  manger  :  il  y  anoit  des 
grandes  &  horribles  conuuhîons  du  col,  des  bras  &  des  cuilîcs  :  elle  fe  iettoit 
quelquefois  auec  vne  telle  impctuofitc  d'vn  côrc  du  livfl  en  i'autrc,qu'àpênc 
trois  hommes  bien  robuftes  la  pouiioicnt  bien  ccnir,  cUecrioirà  haute  voix, 
hurloit,  &  portoir  les  mains  fur  Ton  ventre, de  même  qcx  Ci  elle  l'eut  voulu  dé- 
chirer, pour  le  dire  en  vn  mot  ellefcmbloit  plutôt  être  polTedce  que  trauaille'e 
de  quelque  maladie:  ayant  été  ainfi  inguicrcc  enuiron  l'efpace  d'vne  heure,  elle 
fe  repoîbit  vn  peu&demeuroitco-nme  à  demi  morte,  mais  les  fufdits  acci- 
dents reucnoyent  derechef  &  fubiteme4it  :  cependant  ie  la  faifois  nourrir  aucc 
desbouillons  gras,  coulis  d'orge,  auquel  i'aioutois  du  beurre  frais  &  de  l'huylc 
d'amandes  douces,  comme  aulîi  auec  du  lait  d'amandes,  &  de  peur  que  les  ex- 
créments endurcis  en  quelque  recoin  des  inteftiasn'cmpcchaiirnt  l'ccinglcdc 
dccendre,ie  la  purgeay  doucement:  parce  moyen  elle  rendit ,  aué&*4'aidc  de 
Dieu,  l'épingle  au  i4.iour  :  vn  peu  après  les  douleurs  s'âpaiferent  &  les  autres 
accidents,  de  forte  qu'elle  fut  remife  en  peu  de  temps.  Ohferu.  34.  Cent,  i . 


OBSERVATION     LXII. 
l^e  U  mort  ^ui  efi  arrihée  après  auoir  aualé  des  oJfeletSy  arxtes  &c. 

ÎL  artiue  fouuent  en  mangeant  que  l'on  auale  quelque  oflcjet ,  arcte  de  poif- 
ibn  ou  quelque  chofu  de  femblable,qui  demeure  âtachce  au  gofier ,  aînû  la 
trachée  artère  étant  fetrce  &  comprimcejl'animaleft  promptement  étouffé,  en 
voici  des  exemples. 

L'an  155)5.  à  Cologne  ,  vn  certain  marchand  déjunant  ,  vn  morceau  de 
coënne  de  iambon  g-,  illée  <Sc  fiupoudrce  de  mie  de  paiii,  fcl  6c  poiurc  ,  luy  de- 
meura au  goher:il  furuint  incontinent  vnc  douleur  véhémente  ,  des  conuul- 
(îons,fiifron,  enfin  il  fut  étouffe. 

La  mcmt.  année, vne  femme  palTant  par  deuant  la  boutique  d'vn  Boulanger 
&  menant  vn  petit  garçon  par  la  main ,  elle  acheta  vn  gâteau  que  cet  enfant 
mangea  en  chemin:  vn  morceau  luy  étant  demeuré  au  gofier,  il  fut  inconti- 
nent croiifK-  auautque  la  mère  futvvuae  à  la  maifon, 

Cette  même  année  vn  garçon  ayant  aualé  vne  baie  de  plomb,elle  entra  dans 
la  trachée  arrcre:  icfus  demande,  mais  l'enfant  fut  éto^uffc  auant  mon  arriuce, 
Ohf.  H.  Cent.u 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  419 


OBSERVATION    LXIII. 

ha  manière  de  tirer  les  chofes  étrangère:  ^nijont  entrées  dans  le  go  fier, 

ON  a  Ycu  ci-delfus  quel  danger  il  y  a  quand  le  fccours  vient  trop  tard  :  Il 
faut  donc  ctre  prompt  à  tirer  ce  qui  cil  entré  dans  le  goder  :  on  verfera 
incontinent  de  l'huyle  d'amandes  douces  ou  d'oliues  dans  le  goiîcr,  (^maisnon 
du  beurre^  puis  mettant  le  doigt  dans  la  bouche,  vne  plume  ou  quelqu'autre 
chofe,  il  faut  prouoquer  le  vomifFementiCar  bien  fouuent  il  emporte  tout  ce 
qui  ell  au  palfagCjen  après  âbailfant  la  langue  auec  vn  fpeculum  oris  (Ç\o\\  peut 
voir  l'oflelet  j  il  le  faut  pincer  auec  le  bec  de  Corbin  courbe  &  l'amener  de- 
hors: que  s'il  eft  plus  profond  &  que  1  on  ne  puilîè  pas  l'attraper ,  il  y  en  a  qui 
prcnnét  vne  éponge  neuucdela  grofïènr  d'vne  noifettcô^  l'ayant  bien*rerrée&: 
liée  dVn  filet  long  5c  fort,  ils  l'engraiirent  d'huyle  d'amandes  douces,qu'il  font 
aualcr  au  m.alade,le  Chirurgien  tenant  le  filet  auec  les  doigts,car  il  arriue  quel- 
quefois que  l'éponge  ccant  aualée  qu'elle  fait  décendre  en  l'cftomach  ce  qui 
ctoit  attaché  au  gorier,ou  qu'état  tirée  auec  le  filet  qu'elle  amené  auflî  en  même 
tcps  l'oilclet  &:c.  ou  qu'il  eft  rcietté  par  le  vomiflèmentrou  bien  on  peut  aualcr 
vne  baie  de  plôb  attachée  à  vn  filet  &  la  retirer  côme  il  a  été  dit  de  l'éponge. 
Mais  il  n'y  rien  de  plus  propre  pour  tirer  les  oiTclets  ou  les  arêtes  de  poiffon, 
que  rinftrumentfuiuanrjduqueliemefuisreruihcurcuremcntà  diuerfes  fois  & 
principalement  l'an  1603.16  Aouft  à  Luftri. 

Louys  Tilfot  en  foupant  auala  vn  ollelet  triangulaire ,  mais  fort  épais  ,  il 
êtoit  entre  bien  auant  dedans  l'œfophague'allàuoir au  droit  delà  derniè- 
re vertèbre  du  col  &  de  la  première  du  dos,  de  forte  qu'il  ne  pouuoit  ni  l'aua- 
1er  ni  le  poutTcr  dehors:  ceux  qui  étoyent  auprès  luy  fourrerent.incontinent  vn 
porreau  profondement  dedans  le  gofier  &  le  firent  vomir,mais  ce  fut  en  vain, 
de  forte  qu'il  palfa  toute  la  nuit  auec  vne  grande  douleur  &  danger  de  fuffo- 
cation:  on  me  l'amena  le  lendemain  à  demi  étouffe:  ie  luy  veifay  dans  la  gorge 
vne  afsés  bonne  quanticéd'huyle  d'amandes  douces,&:  oignis  en  dehors  le  col 
de  tous  coftcs  auec  la  même  huyle/ puis  luy  ayant  fait  tenir  les  mains  &  la  tcte, 
après  auoir  âbaifsé  la  langue  auec  le  fpeculum  oiis ,  ie  luy  fourray  dans  le  go- 
fier, iufqu'à  ro(rclct,rinll:rument  rtprcfcnté  ci  deflbus,puis  l'ayant  tourné  peu 
à  peu  &:  doucement  d'un  côté  &  d'autre,  iufqu'à-ce  que  ie  l'eullè  misa  côté 
de  Todclet,  puis  l'ayant  ramené  en  hautjl'olîèlet  fut  en  même  temps  tiié  de  fa 
place  &  amené  enhaut,ainfi  il  fut  bien-tôc  rem.is ,  Voyez.  U  Figure  ^.dela  Ta' 
ble  XI  IL 

C'eft  vne  Cannule  d'argent  ou  de  cuiure  couibe,de  la  grollèur  d'vne  plume 
ck  Cygne,  d'vnpié  ou  demi  de  long  ou  enuiron,  clic  eft  trouée  de  tous  côtés, 


4io  Liure  Cinquième 

nais  en  Ton  cxtrcmitc  il  y  a  vne  cpongc  neuve  de  la  groffeur  d  vne  noifcttCiqui 
y  cft  attachée  bien  ferme  :  ayant  mis  cette  Cannulc  dedans  rœfophague,«Sc  la 
tournant  comme  i'ay  dit  aiiparauanr,  puis  la  retirant,  loireletjouchofe  fcm- 
blablc,  vient  en  même  temps  ,  car  s'il  arriue  que  l'oiTelet  ou  l'arcte  vienne  à 
rencontrer  quelque  trou  de  la  Cannulc,  alors  il  eft  tire  en  haut  auec  icelle  ,  ou 
pour  le  moins  ce  qui  cd  âpre  en  l'os  s'arrcftcra  à  l'éponge  &  fera  mis  hors  de 
fa  place,  ce  que  i'ay  auflfi  remarqué  par  expérience  auai.t  que  l'eulfc  vne  Can- 
nulc trouée  :  que  li  l'os  ou  l'arcfte  n'eft  pas  amené  en  haut  la  première  fois  ,  il 
ne  faiit  pourtant  pas  quitter ,  car  i'ay  quelquefois  été  oblige  de  la  mettre  cinq 
ou  i\K  fois  auanc  que  Tos  ait  ctc  ixnuié  dj  la  place  ëc  tiré  en  haut ,  ouf  fi  ie  ne 
I'ay  pcufairey  pouiscenbas,  ce  qui  le  fait  luis  danger  :  il  vaut  mieux  neant- 
moins  s'il  eft  pofTible  le  tirer  en  huit  :  m.iis  il  faut  aller  prudemment  en  cette 
opération, de  peur  qu'on  ne  founcrinftiumcntdans  l'âpre  artère  au  lieu  de  le 
mettre  dans  rœfophaguejCe  qui  icroit  foi  t  dangereux  ,  partant  le  Chirurgien 
doit  conoiftre  la  firuacion  dé  ces  parties  par  l'Anatomie,  car  l'œfophaguc  fe  re- 
pofc  fur  les  vertèbres  du  col,&  la  trachée  artère  eft  fur  le  deuant,  partant  fi  tôt 
que  le  Chirurgien  auraâbailsé  la  langue  auec  le  fpeculum  orîs,il  mettra  le  bout 
de  fou  inftrument.ou  eft  attachée  réponge(^qui  doit  être  engraifsce  d'huylc  d'a- 
mandes douces  ou  d'oliuej  vers  lcsvcrtcbres,la  faifant  dccendre  doucement  & 
bellement ,  par  ce  moyen  l'éponge  âbailfera  l'epiglottis  ou  le  couuercle  du  la- 
rynx,»?^ la  trachée  artcre  fe  fermera  iufqu'à-cc  que  l'inftrument  foit  décendu 
plus  bas. 

Qu^ant  à  Tcponge  âta^hée  à  vn  filet,  de  laquelle  nous  auons  dc-ja  parle  ,  il 
ne  faut  pas  s'y  fiubcanconp,ayant  expérimente  le  contraire  en  ladite  Opéra- 
tion,car  comme  eft  il  ponTibk  qu'vne  éponge,  qui  eft  fort  légère  ,  puillè  palier 
infqu'a  vn  os  qui  -ft  ara.  he  a  l'œfophagrK.?  l'en  ay  voulu  âucctir  le  Icdteur,  de 
peur  qu'il  ne  fe  confie  à  vne  choL-  inutile»  laillant  cependant  le  malade  en 
danger:le  Chirurk;ien  donc  doittoûîours  auoir  des  inftruments  prêts  pour  cet- 
te opcrariô,veu  qu-  le  d.lay  eft  pernitieux:que  Ci  quelque  chofeeft  décendu  en 
latracncf  artcie,il  faut  mettre  vn  fternutatoirc  dans  les  narines,comme  vn  peu 
de  poiurcou  d'^uphoib.-  ou  d'ellébore  blanc  ,  il  fc  faut  abftenir  des  chofes  ai- 
gres ou  de  celles  qui  p;o:)oquent  larouxjcoiitre  l'opinion  de  quelques  vns,car 
ht  roux  vient  aises  d'elle  mcmcor  les  choies  aigres  rcirerrent&.  l'œfophague  & 
la  tachée  artère  &  rout  ce  qu'elles  touchent,  en  lieu  de  cela  il  faut  ordiuairc- 
rnent  .pioir  dans  la  bouche  du  fyrop  de  /t<^uirttiaydepolj(richo,viG/arum,ou  com- 
me ic  l  ay  cxpcrimcnic,dc  l  hiiyle  d'amandes  douces  mcle  auec  autant  de  fucre. 
L'os  ayant  êréti'  c,il  faut  fouueut  lauer  le  goficr  auec  vne  dccodiond'orgc^ou 
auec  eau  de  plantin&:  miel  rofat  oudiamoion  :  s'il  y  a  de  la  douleur  ,  il  faut 
prendre  t'ois  ou  quatre  fois  le  iour  vne  eu-  illeréed'huyle  d'amandes  douces 
ou  de  rofcs»ou  bie'i  ilfc  faut  feruir  de  l'elcctuniic  luiuanr,!clainant  doucement 
fondre  en  h  bouche  y^.f^ec.  dfatrag.frJJatrcos  an,  yj.fummit.hetomc.&  veronic. 

fuhttlijf. 


des  Opérations  de  Chirurgiç^  411 

fnbtiliJf.pHÎiierif.an.-z^].oLamygd.d.  l  fi.  f)r.moUr.fmefptr.vitrtoliy<j.f.?n.f.el(^i.me- 
diocris  confiflcntiti.  Il  s'abftiendra  du  vin  «Se  de  tout  ce  qui  cchaufc,  pour  empê- 
cher la  douleur  &  l'inflammation  :  il  vfcra  de  bouillons  ,  panades ,  orge  pafsfj 
d'huyle  d'amandes  douces  ,  cmullîon  des  grandes  fcmencci  froides  &  Acs  cho- 
fcsqul  s'aualcnt&  digèrent  aiscmenrrfi  le  malade  efl:  icuneSc  qu'il  n'y  ait  point 
de  danger  d'inflammation,  il  doit  être  purge  doucement  &:  laigné  par  la  vcne 
bafilique  du  brasdroit.En  dehors  il  faut  oindre  le  col  auec  huyle  roiar ,  œyc- 
thin,   mettant  par  dclfus  l'onguent  de  l3olo. 

Or  ie  crois  que  Gautier  Rytï  célèbre  Médecin  &  Chirurgien  à  Strasbourg, 
eftinuentcurde  cet  inftrument,  veu  que  la  figure  cft  en  fa  Chirurgie  page  58. 
Mais  deuant  que  ie  l'euire  emprunte  de  luy,ic  me  fuis  ferui  heureufcment  de  ce 
Cathéter  quieft  en  viage  es  incommodités  de  la  velîîe,  y  ayant  âiouté  l'éponge, 
ccluy  qui  n'a  pas  le  Cathéter, peut  fe  feruir  d'vn  fil  de  Fer  vn  peu  courbe  ,  met- 
tant vnc  éponge  au  bouf.i'aioute  ceci  afin  que  fi  le  Chirurgien  n'a  pas  ce  pre- 
mier inftrument ,  il  ne  diffère  pourtant  pasl'Operationjqui  ne  doit  point  être 
renuoyée  :  or  quoy  que  i'aye  pris  cet  inftrument  dudit  Ryfïi  i'y  ay  neantmoins 
âiouté  des  choïesnecciraires  ÎSc  l'ay  coriigé  ,  carie  Ledicurconoitra  aifemcnt 
qu'il  étoit  imparfait ,  i.  Parce  qu'il  finit  en  quelque  façon  en  pointe ,  ainfi  il 
peut  être  porté  dans  la  trachée  artère  &  étoufter  le  malade  qui  s'agite  étrange- 
ment  le  corps,il  doit  donc  être  mouiîè  au  bout:  i.  Il  n'y  met  point  d'épongé 
laquelle  neantmoins  eft  neceflaire  pour  trois laifons,  t.  Elle  empêche  que  dans 
l'Opération  &  dans  l'agitation  du  corps  ,  l'inftrument  n'entre  dans  la  tracliée 
artcre,ce  q;ii  pourroir  aifem.cnt  arriuer  fi  l'inftrument  ne  Tauoit  pas  ,  car  elle 
abbaiirerepiglortis'ÔT ferme  la  trachée  artère  (  mais  le  Chirurgien  fera  aduerrî 
icy  de  ne  fe  preficr  pas  trop  quand  il  cft  au  droit  dv;  l'epiglottis  <3c  qu'il  ne  faut 
pas  cerchcr  l'olFelcttrop  longcem^JS  ,  de  peur  que  l'éponge  ne  bouche  la  trar 
chéc  artère  &  empêche  la  refpiration,  )  i.  L'éponge  empêche  que  l'œfopha- 
gue  nefoit  irrité  par  l'àprcté  de  l'inftrumcnr  &  n'en  foit  écorché,  ce  qui  ne  fê- 
roitpasfans  danger,  veu  qu'ilfuruient  (ouuent  douleur,  inflammation  &  mê- 
me la  gangrené  :  3.  Cet  inftrument  étant  déccuuert  &  vnpeu  pointu  au  bout, 
il  peut  aifement  defcendre  au  prés  de  l'oircler,  qui  eft  actathé  fans  le  toucher^ 
mais  par  le  moyen  de  l'éponge  il  fera  ou  décendre  l'os  dans  rcftomach,ou  il 
l'aracneraen  haut. 

Tay  remarqué  que  le  Prouerbe  qui  dît ,  FabricandoFa'^ri  fimus ,  cft  verita- 
blc:car  ce  ieunc  homme  duquel  i'ay  parlé  ci  dciru>,auuit  des  conudlfions  fi 
violentes  ^  desfccoulfcs  (i  fortes  tantoft  en  ajant,taiKoft  en  arrière-,  à  droite  & 
à  gaiichcque  trois  hommes  robuftcsauoycut  bien  de  la  pêne  de  le  r.rcnir  qu'il 
ne  fc  rompit  quelque  membre  ,  iuiqu'ace  que  icuircfait  déccndtc  ce  petit  os 


4ir  Liure  Cinquième 

qui  croit  attache  ï  rœfophague ,  car  ie  ne  le  pus  pas  amener  en  haut ,  qu'arri- 
uac'il  .•'Ayant:  ces  grandes  conuuhions  &  ferrant  bien  fore  les  dents  ,  il  calla 
tcllcmenc  mon  inllrumcnt  f  qui  cft  de  Icton  &  afsés  fort  )  auec  les  dents ,  qu'il 
me  le  g ita  entièrement  :  mais  on  me  demandera,  pourquoy  ic  me  Cuis  fcrui  de 
ce  Proucibe  :- le  diray  librement  que  cette  Opération  m'a  appris  que  l'inftru- 
mcnt  du  Dodleur  Ryti^diiqucl  ie  me  fuis  ferui  quelquefois ,  n'eîl  pas  tcufioiirs 
allure  ,  car  s'il  vcnoit  à  fc  rompre  entre  les  dents  du  malade  dans  l'Opération 
ô^  que  le  bout  dccendic  en  l'eftomach  ,  quel  mal  n'en  arriucroit  pas,&  quels 
fympcomcs  dangereux  &  mortels  ne  luiuroycnt  pas  ?  l'ay  donc  cprouuc  en  la 
furdirtc  Opération,  que  cet  inftrumcnt  f  quoy  qu'il  foit  ie  plus  propre  duquel 
on  Ce.  peutferuiren  ce  cas^  eft  tropfoible,  à  caufe  de  la  multitude  des  trous  & 
qu'il  abeloiii  de  quelque  chofe  qui  le  rende  plus  fort,ce  que  l'on  peut  faire  aifc- 
mét  mettant  dedans  vnftile  de  cuiureoudeletton,bicn  attache  &  plombé  aux 
deux  extrémités  alîauoir  vers  le  manche  &  l'éponge:  il  eft  véritablement  ne- 
cclï-iire  que  ce  ftile  foit  épais  ,  mais  il  le  faut  mettre  en  telle  forte  qu'étant  au 
milieu  de  la  cannulc  ,  il  ne  bouche  pas  les  trous  Se  qu'aind  il  ne  ptiue  pas  l'iu- 
ftrument  de  fon  vfage,  SccOhf.  5e.  Cent.i, 


OBSERVATION     LXIV. 

D'vn  petit  os  attaché  à  l'œfopkague. 

VN  icune  Valet  de  Monfîeur  Sigifmond  de  Vuattenvillc  ayant  aualé  vn 
petit  os  en  loupanr,&  ayant  ciïàyc  en  vain  toute  la  nuit  de  le  mettre  de- 
hors ,  me  vint  crouuer  le  iour  fuiuant  furie  foir:  ie  mis  le  Cathéter  courbe 
doucement  dans  l'œfophague  &  ccrchay  auec  beaucoup  de  foin  en  quel  lieu 
itpouuoit  être  attaché  j  mais  ie  ne  pus  rien  trouuer  d'étrange,  hormis  vn  cer- 
tain détroit  en  l'œfophague  à  côté  du  Larynx  &  à  l'endroit  ou  il  fentoit  vne 
douleur  non  poignante  mais  obfcure  :  i'y  fourray  donc  l'inftrument  auec  l'c- 
ponge  duquel  ie  me  fers  pour  tirer  les  corps  étranges  de  la  gorge  mais  fans  au- 
cun effet  ,  car  ie  ne  pus  découurir  autre  choie  que  ce  détroit  de  l'œfophague 
(  lequel  alfurement  prouenoit  de  Icxcoriation  qu'auoit  fait  cet  olTclet  &  des 
humeurs  qui  s'y  êtoycnt  iettés^  parquoy  ie  hiy  fis  entendre  qu'il  ne  faloit  plus 
s'arrêter  aux  inftruraents,  de  peur  d'irriter  d'auanragc  la  partie  &:  d'attirer  de 
plus  grands  accidents,  voulant  donc  entreprendre  la  cure  de  laquelle  i'ay  par- 
lé en  rObferuation  59.  ,  ils'adrelïà  à  vn  de  nos  Barbiers  ,  lequel  ayant  misa 
diucrfes  fois  des  inftruments  dans  rœfophague,il  irrita  tellement  le  mal  ^  la 
douleur,qu'cn  fin  il  ne  put  plus  rien  aualer ,  parquoy  ie  fus  derechef  deman- 
dé auec  Monfîeur  le  Doélcui:  Duos ,  nous  trouuâmes  alors  le  col  endurci  de 

tous 


des  Opérations  de  chirurgie.  413 

tous  coftcs  j  tendu  «S:  ciiflc  outre  mefure  iufqucs  à  la  poitrine  ,  la  douleur 
ctoit  fort  glande  autc  diliicultt  de  rcTpirfr  ,  le  pouls  ctoit  frcqucnt  &  dcbi- 
ie- fans  pou uoir  aualcr  vue  goutc  de  boLiiilon  ,  à  caufc  dcquoy  nous  famcs 
entendre  aux  nffiftans  qu'il  ctoir  en  danger  de  la  vie:  cependant  nous  tàmes 
tous  nos  ifForrs  pour  appaifcr  la  douleur  ^  les  autres  acciJ:nts  ,  Nous  oignî- 
mes le  Col  &  la  Poitrine  auec  de  l'h^îc  de  Us&c  d'amandes  douces  ,  nous  mi- 
'.  mes  des  cataplalmes  faits  ,  ("<  radkibus  c^  fol,maht.(ilth»jlor.camomill.  lilior. 
&  melilot.fern  Umfœnup/.  aneth.  &  melilot.  Nous  luy  faiiions  auffi  aualer  vu 
lohoc  fait  d'vne  dccodion  de  racines  &  fueiiles  de  guimauue  ,  manne  j  fleurs 
decaaiomille  auec  vn  peu  de  miel ,  mais  tout  cela  fut  en  vain  ,  car  il  mou- 
'  rut  le  lendemain  qui  fut  le  neufuicmc  de  fa  maladie  :  luy  ayant  oiuiert  le  Coi 
.  après  fa  mort  ,  nous  trouuames  rœfophague  entièrement  fphacclé  auec  le» 
parties  voifincs,  mais  principalement  au  lieu  ou  l'olTelet  ctoit  attache  ,  auec 
vne  grande  puanteur:  mais  nous  ne  trouuames  point  le  petit  os  non  pas  mê- 
me en  rcftomach,  les  Poulmons  ctoyent  tous  liuidcs  à  caufe  de  l'inflamma- 
tion qui  auoit  précède,  >k  l'eftomach  entièrement  vuide  :  on  peut  iuftement 
demander  icy  que  deuint  cet  os  î  le  crois  qu'il  ctoit  forti  dés  la  première 
nuit  &  auant  que  ie  fufîè  demande  ,  ou  par  le  vomiflèment  ou  par  le  bas, 
dans  les  grands  efforts  qu'il  fit  pour  la  chafTer,  fe  mettant  les  doigts  dans  la 
bouche  ,  que  iî  cela  n'croit  arriuc  ie  l'aurois  trouué  au  commencement 
ou  auec  mes  inftruments,ou  après  la raort,&:c.O^/^55.Cr«/.f''. 


i 


E 


OBSERVATION     LXV. 

DefExtTA^ion  d'vne  épingle  analée. 

N  Odobre  \6i.  la  fille  de  Monfieur  Guillaume  de  Hafr,de  Cologne/e 

'nettoyant  les  dents  après  fouper  auec  vne  épingle  de  médiocre  lon<^^ueur, 

&  maniant  ce  curedent  auec  imprudence ,  la  la-lla  tomber  dans  la  ^^ort^c 
laquelle  s'attacha  à  la  langue  :  il  furuint  incontinent  vne  grande  douleur  auec 
diflicultc  d'aualer  ,  de  forte  qu'elle  palî-i  toute  la  nuit  en  de  grandes  dou- 
leurs, »5c  ne  peut  receuoir  aucun  foulagcmcnt  de  fes  parents  &  amies  qui  y 
accoururent  :  le  iourfuiuant  on  demanda  de  grand  matin  deux  des  princi- 
paux Chirurgiens  delà  ville, qui  firent  toute  la  diligence  poflible  ,  mais 
en  vain  ;  or  comme  Ces  parents  fçcurent  que  i'ctois  venu  le  iour  précè- 
dent d'Hildcn  à  Mulhem  prés  de  Cologne  ^  que  ie  me  retirois  en  Suif- 
fe  ,  ils  amenèrent  cette  fille  à  Mulhem  ,  mais  n'ayant  pas  les  inftruments 
neceflaires  j  ie  me  trouuay  bien  en  pêne,  aufli  bien  que  les  parents  &  la  malade 


414  Liure  Cinquième 

queicvoyoîs  en  vnc  grande  dctrcllc  ,  neancmoins  ayant  été cmu  par  leurs  prit- 
jcs,i'aimay  mieux  cdayerqueknic  choie  que  dclaiilcr  la  malade  fans  fecours.  , 
Apres  donc  auoir  inuoquclc  fecoursOiiiin ,  i'abailîay  la  langue  aucc  vnfpecu- 
lum  fort  fimplejreprefcntc  ci  ddîbus ,  mais  ie  ne  pus  point  découutir  l'cpinglc 
ni  à  l'œil  ni  du  doigt,  que  ie  misdouccment  dans  la  bouche,  ce  qui  me  mit  eu 
vnc  nouuellc  pcnc  ,  mais  comme  la  malade  me  dcmandoit  cncor  inftammenc 
du  fecours,  &  me  prioit  de  fourrer  plus  auant  le  doigt  dans  la  gorge,  difanc 
qu'elle  aimoit  mieux  mourir  que  viure  plus  longtemps  en  telle  dctrclfcjie  mis 
le  doigt  indice  aucc  quelque  crfort  iulqu'à  la  racine  de  la  langiic,ou  ie  trouuay 
l'cpinglc  attachccjor  elle  ctoit  piquée  en  traucis  &  h  auant  qu'à  pcne  en  pus-ic 
trouuerlaTeftc  :  i'cllàyay  quelquefois  de  la  cirer  dehors  &  de  la  pincer  aucc 
longlc  ,  mais  le  doigt  ayant  irrite  l'cftomach  par  fa  grolîèur  ,  ie  fus  oblige  de 
lailîcr l'affaire  là,&  ayant  bien  remarque  l'endroit  ou  elle  ctoit  arrêtée^  i'y  por- 
tay  fi  fouuent  l'inftrumcnt  marqué  ci  delFous. qu'en  fin  ie  la  tiray  dehors,au:c 
admiration  de  tous  lesafliftantSjprincipalement  de  la  malade:  i'ordonnay  après 
vn  gargarifmc  f AT  betomcA.roJisyfUmagine  in  aqua  coUis,aàâiîo  melUrofac.  Par  le 
moyen  duquel  elle  fut  bien  toll  remilc.  Ployez.  Us  figure  6.  &  j.dela  table  XIIL 
qui  reprefentent  l'inftrument  pour  âbailfer  la  Langue  ôc  le  crochet  auec  le- 
quel i'ay  tiré  l'épingl  c.  Obf.  5  4 .  Cem.  VI. 


OBSERVATION     LXVI. 
D'vn  ojjeîet  audè. 

L'An  15^4.  vn  compagnon  de  Maiftrc  Ican  Bcrthold  Brcttel  Arqucbufier 
à  Berne ,  nommé  kan  Ballier ,  ayant  en  dinant  aualé  vn  os  aises  grand,qui 
luy  ctoit  attaché  au  goficr  ,  il  fiuuint  incontinent  de  grandes  douleurs  aucC 
danger  de  fufFocationjil  fut  même  chez  moy,ou  en  mon  abrcncc,ma  femme  & 
mon  défunt  fils  Picrre,qui  auoyent  fouuent  vcu  faire  cette  Opération ,  tirèrent 
heureufemcnt  cet  os,  auec  l'inftrument  reprcfentc  en  l'Obferuation  prçccdentc 
Ainfi  il  fut  bien  roft  remis  :  i'ay  voulu  y  âiouter  la  figure  de  l'os  lequel  ie  gar- 
de parmi  mes  raretés  ,  on  voit  par  la  que  toute  obftruârion  de  l'orifice 
fuperîeur  de  l'cftomach  n'cft  pas  mortelle,  comme  cftime  Riolan  :  Oh  féru.  34. 
Cem.VL 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  4 15 

OBSERVATION     LXVII. 

De  qHelûjues  épingles  analées  fans  amir  apporté  grande  incommodité. 

L'An  i6ii.  vnc  Darae  de  Cologne  me  demanda  confcil,  &c  leprcfenta  que 
fix  ans  auparauant  fe  faifant  cccftcr,&  tenant  quelques  épingles  en  la  bou- 
che ,  elle  les  auala  par  mcgarde  ,  &  fcntic  incontinent  des  douleurs  poi- 
gnantes en  rœfophagne,  quoy  qu'elles  ne  fulîènt  pas  trop  violentes ,  l.TqucU 
Ics  neantmoins  celleient  peu  à  peu  par  les  remèdes  que  luy  ordonnèrent  quel- 
ques Médecins  :  que  neantmoins  en  mangeant ,  &  principalement  de  la  vian- 
de folide,  elle  fentoit  vnc  douleur  fixe  en  rœfophague  :  Elle  fc  plaignoit 
aufli  d'vne  douleur  piquante  au  fond  de  l'cftomach  bc  en  quelque  autres  en- 
droits du  Ventre-piincipalemeiit  aps^es  le  repas ,  airurcment  parce  que  lè'poids 
de  la  viande  prelfoit  les  épingles  :  le  luy  confeillay  de  fe  purger  par  incerual- 
les  aucc  vn  médicament  lenitif ,  pour  elFaycr  par  ce  moyen  àz  mettre  les  épin- 
gles hors  de  leur  place ,  ca  après  qu'elle  vfa  familièrement  d'vn  ele(fc  jaire  fait 
nucc  fucrc  ,3«:  huyle  d'amandes  douces  ,  en  prenant  deux  ou  trois  fois  leiour, 
principalement  auant  le  repas  ,  afin  d'adoucir  la  douleur  par  le  moyen  de 
l'huyle  ,  Â:  dedérefger  &  confoliderlcs  Vlceres  auec  le  fucrc  ,  s'il  y  en  auoit 
quelques  vns  :ellefe  leruit  quelques  mois  de  fuite  de  ce  m.edicament  &  auec 
YtilitCjtandisqucie  dcmeurayà  Cologne, mais  ie  ne  fçay  Ce  qui  eftarriué  après 
monài\idiX.uObfernr^6.CentnrVl. 


OBSERVATION     LXVII  I. 
De  U  manière  de  couper  les  Tumeurs  des  aiJJ'elles  &  Tnammelles, 

L'Excifion  des  Tumeurs  des  ailK  lies  eft  difficile  ,?i  dangereufe  >  principale- 
ment il  elles  (ont  grandes ,  comme  ie  l'ay  remarque  quelquefois  «îk:  piinci- 
.palement  en  cette  femme,  de  laquelle  ieparleray  en  l'Oblcruaiion  76.  Elle  eft 
dangereufe  à  caufedu  concours  des  Vcnes  Thoraciqnes  en  cet  endroit  qui  fait 
appréhender vnehxmoiiii.igie,5v'  qu'en  cir.iiinccs  Tumcarsjcs  mufcles  IVdo- 
ranx  is:  ceux  qui  feruent  à  la  reipirar ion  ne  foyeiu  orfcnscs  ,  d'où  peut  venir  vu 
danger  de  fiiiîocation  :  partant  il  faut  aller  doucement  en  bcfognc  en  ces  par- 
ties :  elle  eft  difficile,  parée  que  le  bras  pendant  en  bas ,  la  Tumv-ur  le  ca.  lie  au 
profondj&:  que  l'aiiîclle  eft  toute  couuertc  du  bras,  quefi  onrcleuc  en  haut 

Hhh 


41^  Liurc  Cinquième 

les  mufcles,  les  membranes,  les  vailFeanx  Se  la  Tumeur  Tonr  tellement  tendus 
qu'on  ne  la  petit  Icparcr  qu'nuec  vnc  fort  grande  pêne  ,  principalement  fi  elle 
tient  bien  aiiant  aux  membranes  -.  il  faut  donc  aller  auec  prudence  en  ces  Ope- 
rationsjm.aisauçaraunnt  il  faut  bien  confidcrer  fila  Tumeur  cft  mobile  *?c  peut 
erre  ébranlée  de  côte  &  d'autre  ,  (S:  Ci  elle  peut  être  arrachée  iufqu'à  la  racine, 
car  rOperaiion  feroit  vaine  s'il  en  demeuroir  quelque  portion  ,   pour  petite 
q:i'elle  fut,  ou  même  de  la  membrane  de  laquelle  telle  forte  de  Tumeur  cft  or- 
dinairement cnuclopce,car  le  m.al  rcbourgconnc  &  deuîenr  pirequ'auparauant, 
&  ne  faut  pas  penfer  que  ce  qui  relie  puille  ctrc  confumc  par  des  Cauftics ,  car 
ils  irritent  tellement  les  Chancres  qu'ils  en  viennent  au  haut  point  de  maligni- 
té :  or  i'ay  procédé  de  cette  façon  en  l'Obleruation  76.  liurej.  Ayant  fait  mé- 
diocrement fouleuer  le  bras  par  vnfcruiteur  ,  i'ay  coupe  la  peau  en  longueur 
leîon  la  grandeur  de  la  Tumeur,  en  après  ie  I'ay  diligemment  feparc  ,  prenant 
garde  de  ne  pas  couper  ou  déchirer  les  vênes  ,  pour  éuiter  l'haernorrhagie  qui 
auroit  interrompu  l'Operation^^^  pourétre  plus  afl'uré ,  i'ay  feparé  auec  les  on- 
gles la  plus  grande  partie  de  cette  Tumeur  qui  éroit  de  la  gioHeur  d'vn  œuf  de 
poule:  puis  l'ayant  empoigné  auec  les  Tenailles  reprefcntccs  icy  deflbus  ,    ie 
commanday  au  feruiteur  de  tirer  en  bas  tant  qu'il  pourroit  la  Tumeur  auec  lès 
Tenailles,  cuitant  ncantmoins  tant  qu'il  luy  feroit  poflible  de  faire  mal  ;  par 
après  ic  faifis  les  vênes  qui  entroyent  dans  la  Tumeur,  premièrement  au  delfus, 
puis  au  dciîbus,auec  vne  aiguille  courbe  que  i'auois  toute  prétC5&  lesliay  d'vn 
nœud  bien  ferré^enfin  ie  feparay  hardiment  la  Tumeur  de  la  coupay  entre  les 
deux  ligatures,  de  forte  neantmoins  que  le  filet  fortoit  hors  la  playe  afin  qu'il 
peut  auflî  être  mis  hors  en  Ton  temps  :  ie  tirayanfli  fans  peine  les  deux  autres 
Tumeurs  quictoycnt  à  côté  de  la  grande,de  lagrolïeur  d'vncnoifcttc:or  quand 
il  cft  queftion  de  tirer  &  d'arracher  ces  Tumeurs  ,  il  y  faut  procéder  douce- 
ment 5i  peu  à  peUjCar  quand  on  les  tire  ou  auec  les  Tenailles  ou  auec  quelque 
autre  inftrumenr ,  on  amené  en  même  temps  Us  mufcles  qui  feruent  à  la  refpi- 
ration  :  pour  cette  raifon, quand  ie  fis  ctrtt  Ope;  ntion  fur  cette  femme,  elle  ne 
pouuoitpas  quelqucsfois  refpircr  ,  &.  fi  cod:  qti.^ie  l'apperceuois,  ic  m'arrérois 
vn  peu  de  peur  qu'elle  n'étouffa,^  afin  qu'elle  reprit  f?s  forces^apres  ie  recom- 
mençois  l'œuure.-il  ne  faut  pas  aafli  iippiiquer  en  ces  parties  des  remèdes  froids 
&  rcpercuflifi .  de  peur  queJa  matière  ne  loit  teniiovce  à  la  pleure  ou  à  des  au- 
tres parties  nobles,  ou  elle  pourroit  faire  iufi-im.mation  :  pour  cuirer  cette  in- 
commoditéjic  purgeay  le  corps  auant  l'Opération  quatre  ou  cinq  fois ,  lailfant 
qutlqucs  iouisenrrcdfux:ic  luy  fis  prendre  des  apozemes ,  luy  ouurisla  vêne&: 
ordennay  vne  bonne  façon  de  viure  5l  fobre;  que  s'il  arriue  quelque  dcfluxion 
après  rOpcration,il  faut  appliquer  des  Vcntoufcs  fur  les  EpaulcSjOuurir  la  Vêne 
de  la  chenille  du  pir,pour  atiiter  Je  fang  &:  les  humeurs  en  bas;quei'il  furuient 
vne  grande  douleur  ,  en  lieu  de  l'emplîtrebafilic  ,  ie  mets  chaudement  le  cata- 
jp.lamciuiuanr.    ^.Micx  panis  albi  Ivi.bHtyr.rec.nonfdttî  lii.fHlu.fem.cydonior. 

& 


des  Opérations  de  Chirurgie.  42. jp 

(^fanu^r.  an.  3«/.  co^ue  in  UUe  vÂccino  récente  ad  confiftentiam  catapL  adde  croc, 
phluerif.'^j.ol.de  mtelLouor.&  rofac  an,  §  fi.  l'/V^//.  oui  i.m.  bis  am  ter  interdit*  ap' 
plicetur. 

En  l'cxcifion  du  Chancre  il  faut  bien  diligemment  obfcrucr  la  dodbrinc  de 
Galicn  14.  mcth.  mcd.  ou  il  veut  que  le  Chancre  ayant  été  entièrement  coupe 
auec  fa  racincl'onlaillè  couler  cjuclquc  peu  de  fang  des  vcnes  piOches,  ce  que 
ie  pratique  aufli  foigneufcmcntjmais  en  telles  Tumeurs  Tchirreufes  on  ne  peut 
pas  fuiure cette  Doctrine,  car  la  malade  fcroit  plutofl:  morEJfjque l'Opération 
n'eut  été  faite  >  àcaufe  de  la  grande  hsmotrhagic  qui  auroitfuiui  ,  vcu  qu'elle 
auoit  dcja  été  afsé^affoibliepar  cette  Opération  qui  fut  longue  .'  ce  qui  nous 
obligea  de  lier  ôc  ferrer  les  vênes  qui  écoyent  (ous  i'ai(îelle  1  outre  qu'il  ne  fem- 
bloit  pas  être  beaucoup  neccliaire  de  lailfcr  couler  le  fang,veu  que  ces  Tumeurs 
n'étoyentpasencor  ni  malignes  ni  Chancreufes. 

Figure  des  Tenailles  |  &  du  Couteau  feparatoire. 
Table  XIII.  Figure  8.  |       Table  I.  Figure  I. 

Enfin  il  falut  venir  aux  fchirrc  Chancreux  ,  qui  tenoit  quafl  toute  la  mam- 
melle  iufques  aux  codes  ;  ayant  incisé  la  peau  tout  ài'entour  de  la  Tumeur  (  à 
laquelle  elle  étoit  attachée  bien  ferme  J  ie  ie  feparay  &  riiay  (ans  pêne  tant 
auec  les  doigts  qu'auec  vn  Couteau  feparatoire ,  &:  ayant  laifsé  l'ortir  quelque 
peu  de  fang,  i'y  mis  de  ma  poudre  à  arrêter  le  fang  fur  des  êtoupes  trempées  en 
vn  blanc  d'œuf;i*oignislaPoitrine,rEpaule  &  le  Bras  auec  huyle  rofac  &  ban- 
daybienlc  tour,ie  misdescpichemesfur  le  cœur,  &luy  donnay  fouuent  à  la 
cuUier,&  ce  iour  la  àc  lefuiuant,dc  l'eau  de  canelle  diftiilce  fans  vin,  en  laquel- 
le i'auois  détrempé  de  la  confection  d'aikcrmes  pour  luy  reftaurer  les  forces:  le 
iour  fuiuant  i'oignis  encoi  lesluldites  parties  auec  huyle  de  rofes  ,  &  mis  fur  la 
la  playe  le  digeftif  fuiuant  auec  de  la  charpie ,  le  c^^rant  de  l'emplâtre  bafili- 
c u m .  !^.  Terebinth.lot£  In  a^uafcabtof.^ij.cerét  noua  B"  gummi  elem.an.'^i.ol  rofar, 
amygd  d.devitell.ouor.an.l  {).croci'^j.vttellHm  oui '■^nitis m.f.  vngu. ,  Ainli  ie  guéris 
en  peu  de  temps  cette  plùyc  que  ie  traitay  comme  les  autres  ,  &  fut  remife  cette 
femme  en  forte  qu'elle  a  eu  par  après  des  enfants  qu'elle  a  elle  même  nourri» 
ObfeïH.j9.Cem.i, 


OBSERVATION     LX IX. 

Que  (^uelcjues  enfants  deuiennent  boffhs^^efî  portants  des  habits  trop  iujies. 

ON  a  cette  coutume  en  ccrrainsPays  &  quelques  familles,  ie  nefçaypar 
quelle  raif.)n,de bander  fort  étroittcment  les  petits  enfants  dés  qu  ils  font 
nés  ;  pour  cette  raifon  ils  ont  fouuent  le  corps  &  les  membranes  contrefaits  :  il 

Hhh     i 


4i8  Liure  Cinquième 

ne  faut  pa?  douter  qjc  cela  n'arriue ,  parce  qu'ils  font  trop  ferrés ,  car  ayants 
les  os  en. or  tendr;.-s ,  mois  &  cartilagineux  ,  ils  (c  ploycnc  aisément  &c  for- 
tcnt  hors  de  leur  place  naturelle,  giriants  ce  pli  après  qu'ils  fe  font  endurcis 
par  l'âge  ,  comme  ie  l'jy  remarque  en  plufî:urs  :  pour  cette  raifon  laTeftc 
daiicnt  longue  aux  enfants.à  leur  grand  prciudice  ,  perdant  fa  figure  ronde, 
comme  cela  ariiuetoufioiirs  quand  on  leur  fait  le  Cautère  potentiel  à  la  nu- 
cuctquelqucfois  les  nor.n  icfS  à  dcl]cin,pour  faire  paretre  les  enfants  plus  beaux 
à  leur  iugcmenr|iile:jr  bandent  bien  fort  la  Tcfte  pour  la  faire  deuenir  longue, 
mais  de  mêm:  q:je  la  B  jîle  prein  les  Poulmons  &c  rend  lesenfants  poafllfs  /  de 
même  le  Cranc  cca-.u  ferré  oc  étendu  en  long, il  comprime  le  Cerneau  Se  fcs 
vcntriculcSiainfi  les  elpdts n'étants  pas  bien  coaJitionnés  ni  élaborés ,  la  Tefle 
deuicnt  foibie  &:  fuiette  aux  deflaxions:que  fi  tels  enfants  dcuienncnt  grans,  fcc 
qui  Irur  arriue  peu  fouucnt  J  ils  font  d'vn  cfprit  pefant  &  tardif,  dequoy  i'ay 
voula  aduertir  ks  Père  &  hUïCiObfeni.^ç).Cennir.i, 


OBSERVATION     LXIX. 
1)6  l'mnertured'vfj  Abfcés  es  rnufcles  de  l' Abdomen, 

L'An  i55)7.vnSauoyard  âgé  de  4o.anSjhomme  robufte,  étant  irauaillé  dVnc 
fort  grande  douleur  du  côte  droit  a;;  bas  des  f^ulFcs  coftes  ,  vint  à  Laufan- 
ne  pour  auoir  confeil  du  Docteur  AbclRofcius  &  de  moy,  nous  n'y  trouuâmes 
ni  tumeur  ni  aucune  intempérie  ,  mais  leulement  vne  dureté  profonde  entre 
\qs  rnufcles,  à  caufe  de  la  comprcffion  &  extenfion  du  péritoine  :  il  y  auoir  vne 
grande  douleur  auec  vne  pitirc  Heure  :  après  l'auoir  doucement  purgé  ,  nous 
nous  feruimcs  quelques  jours  de  fuite  de  fomentationSjCaraplafmcs,inon6lions 
fcfolutiues  &  anodyncs ,  mais  /ans  aucun  fuccés  ,  ce  qui  nous  fit  cfperer  que 
cette  matière  pourroir  être  diffipce  infenfiblcmcnt,  comme  cela  m'éroic  vne 
fois  ariiuc  à  moy  même:  Monhcur  Rofcius  donc  iuy  fit  prendre  quelques  iours 
deluirc  vne  dscoôtion  de  gajac  ^  {al(cpareiUe,y  aioutant  des  herbes  appro- 
priées au  foye  ,  mais  tant  s'en  faut  que  la  matière  en  fut  diflîpéc  ,  qu'au  con- 
irairceile  s'alla  iettcr  en  peu  dciouis  fur  la  région  du  foye  entre  les  rnufcles  de 
IMbJomen  'ôc  le  Pcritoii.ejou  clic  le  rnmalla  >  de  lorre  qu'elle  nous  m.arqua  eui- 
damnxnt  lelicu  ou  Tiacilion  fe  doit  faire,  à  caufe  de  la  douleur  piquante  &r 
pulf:.iile  :  ainfi,quoy  qu'il  ne  parut  rien  en  dehors  ,  neantmoius  de  peur  que  la 
matière  ne  piffa  à  traucrs  le  Péritoine  ,  &c  feiettadanslc  vuide  du  Ventre,nous 
demeurâmes  d'accord  qu'il  faloir  fjiic  de  bonne  heure  incifiô  dans  les  rnufcles, 
ce  que  icfis  hcurcufcmennle  pus  en  foi  rit  abondamment,  &:  peu  de  temps  après 
la  ficure,îa  douleur  &C  les  défaillances  cefTcrenr  peu  à  peu;  nous  fumes  obligés 
è€  lailTer  Tvlccre  ouaert  quelques  mois  de  fuice,à  caufe  de  l'abôdâce  du  pus  qui 

fo^toit 


des  Opérations  de  Chirurgie.  419 

fortoir:  ayant  obfcruc  cependant  vn  bon  régime  de  viurc  &:  ayant  ctc  bien  pur- 
ge par  inteiualles,  s'crant  auflfi  fcrui  de  décodions  fudotifîques,  parmi  lefquel- 
Ics  on  mcloicdcs  chofes  qui  regardent  le  foyc  &  qui  fortifient  les  parties  no- 
bles, il  fut  entièrement  remis.  Obferu.  38.  Cem.  z. 


OBSERVATION     LXX. 

*D'vn  grand  Ah  fus  en  U  région  an  Foye. 

L'An  1592.  vn  homme  de  40.  ans  du  Mont  Coronc  prés  d'Hilden  ,  ayant  ctc 
incommode  quelques  années  d'obftrudtionsde  vilceres  auecCachexieafut 
en  fin  âtaquc  dVne  grande  douleur  &  opiniâtre  à  l'endroit  du  Foye  :  Ayant 
ccé  demande  pour  le  voir>  ic  trouuay  en  l'hypochondre  droit  vn  abfccs  de 
grandeur  démefurecjCar  prefque  toute  la  peau  de  ce  côcc  des  l'os  Ilium  i\.\Ç- 
qu'aux  vrayes  coftes,  la  ligne  blanche,  &:  l'épine  du  Dos  cfcoit  pleine  de  pus, 
êleuce  &  tendue  :  11  y  auoir  continuellement  vne  grande  douleur  ,  aucc  dé- 
faillance;, nausée,  dégoût  &  âbatement  de  forces  ;  &  quoy  que  le  malade  & 
Tes  amis  mepriaircntinftammcnt  d'ouurir  l'abfcés,  ie  n'y  voulus  pas  ncant- 
moins  mettre  la  main,  à  caufe  du  graad  danger  ou  il  êcoit  ^  pour  ne  pas  rif^ 
quer  ma  réputation:  après  mon  départ  vu  Barbier  ayant  été  demande  ,  il  ou- 
urit  l'apollumc,  d'où  il  fortit  v«c  grande  quantité  de  pus  aucc  impetuofîtc  j  & 
quoy  que  la  douleur  eût  vn  peu  diminué  >  ncantmoins  il  mourut  au  bout  de 
deux  iours  ,  Obferuat.  39.  Cent.  1. 


OBSERVATION      LXXI. 


De  même  fiitet, 

'an  i(5o5>.  en  l'Hôpital  de  Soleurre,  vne  femme  eût  yn  femblablc  abfccs  à 
il'endroit  du  foye  qui  fut  ouuert  en  prcfence  de  Monfieur  Paul  Lentulus 
Médecin  à  Berne,  dont  elle  mourut  le  lendemain:  La  même. 


L 


OBSERVA   TIO   N     LXXII. 
1>e  même  [met, 

*An  1616.  ie  fus  -demande  pour  voir  vne  Dame  fort  âgée,  laquelle  ctoit  auf- 
'fi  incommodée  d'vnc  fort  grande  tumeur  en  la  région  du  Foye  ,  aucc  des 

Hhh  2 


4^o  Liure  Cinquième 

tcianges  douleurs  de  ventre  &  âbatemcnt  de  forces  :  n'ayant  pas  voulu  ouurir 
cccce  rumeur  à  taule  du  danger  apparent  :  m'ctant  contcnrc  d'ordonner  qucl- 
4ncs  anodyns  &  corroboratifs  incernes  &c  externes ,  rabfccs  fe  rompit  de  luy 
même  trois  iours  après,  d'où  ii  fortit  vue  grande  quantité  de  pus ,  ainli  elle 
mourut  bien  peu  de  iours  après. 

Le  ieunc  Cbirurgien  (e  doit  donc  donner  garde  de  ne  pas  vuider  les  grands 
abfccs  tout  à  coup  mais  peu  à  peu&à  reprilcs.-car  quoy  quel'ouuertured'iccux, 
principalement  quand  ils  font  prés  des  parties  nobles  ,  (oit  dangercufe  ,  nous 
voyons  ncantmoiiis,dic  Gjiicn,  aux  autres  parties ,  quand  quelque  grande  tu- 
meur vient  à  (uppuiation,  qu'il  eft  dangereux  de  viiidcr  tout  à  coup  ,  veu  que 
le  malade  tombe  iuLontincnt  en  défaillance  &  que  les  forces  diminuent,laqucl- 
le  débilite  ne  peut  pas  après  fe  rcmetrre:car  l'acrimonie  du  pus  &  la  leparation 
Si  l'cloignement  d^s  parties  les  vues  d'auec  les  autres  ,  fait  que  les  orifices  de 
quelques  artères  s'ouurent,lel"quels  auparauant  êtoycnt  bouches  par  le  pus,le- 
quel  venant  à  fortir  fubitement,  il  fe  fait  diflTi.iation  en  même  temps  de  beau- 
coup d'cfprits,  dinfilcs  mûiadeslont  en  dingcv.Ohfern  ^<^,Cent»  i. 


OBSERVATION     LXXIII.! 
De  la  Taxncentcfe  de  l'Abdomen  es  Hjdropi^ues. 

NOftre  prognoftic  s*eft  trouuc  vcrirableen  l'Hydropique  que  nousauons 
traite  à  Yuerdun,  car  i'ay  apris  qu  il  ctoit  mort  bientôt  après  nôtre  dé- 
part: ie  rens  grâces  à  Dieu  de  ce  que  ie  n'ay  pas  fait  la  Paracentele,  car  chacun 
auroit  cru  qu'elle  auroit  été  caulc  de  fa  mort ,  mais  à  tort  :  car  la  maladie 
croit  dc-ja  incurable  d'elle  mémc,à  Caufe  de  la  grande  iiuempcrie  des  vifccres, 
affauoir  du  Foyc  (Se  de  la  Rattejqui  éroyent  entièrement  détraqués  &c  peut'-  être 
corrompus:  car  s'ils  ne  font  pas  entiers  &  bien  conftitués,  l'expérience  fait 
voir  que  cette  inciiion  ne  fcrt  de  rien  ou  bien  peu  au  malade  ,  veu  qu'il  ne 
fort  autre  chofe  que  de  l'eau  qui  ell  contenue  en  la  capacité  du  ventre  ,  mais  la 
racine  &  l'origine  du  mal  demeure  dedans  les  vifcere"-:  au  contrairc,fi  le  nom- 
bril des  HydropiqueSjpar  vn  bénéfice  de  nature,vient  à  s'enfler  peu  à  peu  Si  en 
fin  àfe  romprejoufi  on  y  fait  intilion, des  hommes  dodrcsontobfcrué  qucc'eft 
la  voyc  la  plus  commode  pour  vuider  les  ferofités  des  Hydropiques ,  &  que 
bien  fouuentdes  malades  ont  été  guéris  par  ce  bénéfice  :  dequoy  ievcux  auflî 
donner  vn  exemple. 

Il  y  a  quelques  années  qu'à  Hilden  ma  patrie  ,  Pierre  Kickup  âgé  de  40. 
ans,  tomba  d'vne  longue  hcvrc  tierce  en  Hydiopilîe  :  ayant  été  demandé  ,  ie 
vis  que  fon  ventre  étoit  d'vne  prodigieufe  groireur,&  fon  nombrib.qui  luy  pen- 
doic  plein  d'eau,dc  la  grolîcur  d'vnœuf  d'oycjme  priant  inftamment  d'y  don- 
ner 


des  Opcrations  de  Chirurgie.  431 

lier  vncoup  de  Lancette  :  mais  ne  voulant  rien  faire  rcmerairemcnt  ni  fans 
confeil  ,  en  vne  fi  grande  maladie  ,  &  voulant  faire  venir  vn  Médecin 
pour  confulrer  auec  luy  fi  on  poiirroit  fliirc  vne  incifion  au  nombril ,  il  fe 
rompit  de  luy  même  j  d'où  il  forric  vne  grande  quantité  de  fcrofitcs  refpace 
de  trois  mois  :  mais  ie  fis  en  forte  que  ces  humeurs  forrirent  peu  à  peu, 
mettant  dclTus  vn  linge  double  bien  bande,  de  peur  que  par  vne  éuacuation 
hors  de  propos ,  les  forces  du  malade,  qui  êtoic  dé-ja  foible  par  la  lon- 
gueur de  la  maladie,  ne  viniïènt  à  diminuer  ou  à  fe  perdre  :  ainfi  par  la  grâ- 
ce de  Dieu,  fou  ventre  des  enfla  peu  à  peu,    de  forte  qu'il  fut  entièrement 


gucri. 


L'ayant  ouuert  après  fa  mort,  (^  il  fut  emporte  d'vne  Plcurefie  quelques 
années  après  J  ie  trouuay  la  vcne  vmbilicalc  f  laquelle ,  s'endurcit  &c  conuer- 
tit  en  ligament  en  ceux  qui  font  auanccs  en  àge^  tellement  dilatée,  quei'yau- 
rois  peu  faire  entrer  vne  plume  d'Oye  :  on  peut  voir  par  là  que  non  feule- 
ment les  fcrofités  qui  ctoyenf  dans  la  capacité  du  ventre  ,  furent  vuidées  par 
cette  rupture  du  nombril,  mais  auffi  les  humeurs  vifqueufes  qui  êtoyent  aiH 
parauant  dans  le  Foye  :  il  feroit  donc  à  fouhairrer  que  l'on  peut  par  quelque 
artifice  &  iuduftrie  faire  cette  ouucrture  au  nombril  des  Hydropiques  &c. 
Obferuat,  47.  Cent.  1. 


OBSERVATION      LXXIV. 
Sw  le  même  fnku 

ÎE  crains  que  ce  ne  foit  fait  de  voftre  Hydropique  ,  Caftclan  Ma/fer,  6c 
qu'il  ne  fcrue  de  rien  de  faire  la  Paracentcfe  ,  à  caufc  de  Çow  acre  ,  de  fa 
foible(re,~&  qu'à  pêne  prent'- il  nourriture  :  outre  que  fcs  parties  nobles, 
principalement  le  Foye  &  la  Rate  ,  font  âfoiblies  ,  tuméfiées  &  endurcies, 
tant  par  fa  maunaifc  façon  de  viurc  ,  que  par  les  longues  douleurs  de  la  ^oute 
qui!  a  enduré  :  &:  quoy  que  tout  le  ventre  foit  tellem.  nt  bouflî  6c  tendu  que 
l'onnepuiife  pasdécouurirces  parties  par  l'âtouchement,  neantmoinsilfaut 
croire  qu'ils  font  en  vn  tel  état  à  caufj  de  la  couleur  blara:  de  de  fon  vifa^^e  U 
dcfesyeux,  de  la  difficulté  qu'il  a  de  refpirer,  de  cette  Toux  sèche,  du  peu 
d'vrine  q^u'il  rend,  de  la  boufliircuie  de  Ç^s  cuilfcs  &c.  l'ay  remarque  quelque 
chofe  de  particulier  en  la  tumeur  de  fon  ventre  ,  qui  témoigne  que  fon  Foye 
&  fa  Rate  fout  enflés  ,  alîauoir  qu'il  eft  plus  enfoncé  dés  le  nombril  en  bas 
qu'au  dclfus ,  car  la  région  du  Foye ,  de  l'cftomach  ^c  de  la  Rate  dés  la 
cartilage  Xiphoidc  ,  ^  les  dernières  des  vrayes  coftes ,  iufques  au  Nom- 
Mi  eft  fore  élcucc  &  Ciiflcc  ;  or  il  eft  certain  que  cette  tumeur  vient  d'vne 


<|ji  Liure  Cinquième 

durctc  Si  indammatioii  duFoyc  &c  de  la  Rare,  veu  que  l'eau  décend  coutîours 
en  bas  &  faic  cxtcnfion  principalemv."nt  au  bas  du  vcncïe:  il  y  a  donc  vnc  gran- 
de &  manifeftc  intemperic,auec  durcrc  ik  obftruclion  des  villcrcs,qui  rendent 
ce  mal  incurable  principalement  es  vieillards  :  quant  à  la  Paraccntefe  ,  elle 
n'eft  pas  la  véritable  &c  légitime  Cure  ,  car  on  ôre  (culetnenr  la  caufe  conioin- 
te,  allàuoir  l'eau,  qui  s'engendre  derechef  aiscment,  finon  que  l'on  ôte  aupara- 
uant  la  caufe  antécédente  ou  efficience,  alîàuoir  la  duicrc  &c  l'intempcrie    des 
vifceres ,  mais  ic  crois  qu'elle  eft  fi  grande  qu'on  ne  le  fçauroic  cft'acer    Oc 
comment  eft  ce  que  cela  le  pourroic  faire  ,  ayant  les  médicaments  en  vue  tel- 
le auerfion,  qu'il  ne  peur  pas  mêmes  prendre  du  fyrop  rofat,  de  la  manne  ou  du 
Rhubarbe?  on  verra  s'il  fe  peut  feruir  de  cette  eau  dirtillcc,  que  nous  luy  auons 
ordonne  de  racines,herbes,  Beurs  6: c.  apcritiues  &  corroboracincs  ,  comme 
vous  verres  en  peu  de  temps,  dequoy  vous  nous  fcrcs  entendre  le  (ucccs  :  s'il- 
s'en  peut  feruir ,  &c  des  autres  médicaments  externes  auec  vne  bonne  façon  de  . 
viure,  nous  pourrons  en  fuite  quelques  iours  après  faire  laParacentcfc,  Se  tirer 
l'eau  peu  à  peu,  autrement  ce  ne  fera  que  lauer  vne  tuile,  comme  die  le  pi'ouer- 
bc  :  car  autant  que  nous  en  tirerons  auLourd'huy,  autant  6*en  engendrera- c'- il 
demain  ^c.  Lettre  ?.  ccrUeapt  DoUenr  Bernard  Penot, 


OBSERVATION     LXXV. 

Du  mal- heureux  fuccês  de  l'oHuerture  du  Nombril  en  '\in  Hydropit^ite. 

PAuli£ginera&  quelques  autres  Médecins,  loiirnt  l'ouucrture  de  i'abdo-?; 
men  vn  peu  au  dctlous  du  Nombril  en  lap.XLiicoppohtc  du  vilFcre  qui  cft 
incommodé,  pour  vuidcr  leseaux  des  Hydropiqucs  :  Qjoy  que  ie  ne  la  des- 
approuuepas,  neanimoins  ic  crois  auec  Du  Lunens  lij.i.  qnclfc.  16.  que  cette 
vacuation  le  fait  plus  commodément  en  piquant  IcNombiil,  principalement 
fî  la  nature  y  a  quelque  inclination  ,  quand  il  vient  à  s'cnHer  &  à  p.ndrecn 
baS:  car  la  vcnc  vmbilicale  s'élargit  quelquefois  es  H";  dropiqucs,  de  forte  que 
les  ferofités,  &  tout  ce  qui  eil  contenu  contre  nature  dans  le  Foye,  peut  foi  tir 
par  là:  on  en  trouue  àcs  exemples  dans  Bcniucnius  &  Du  Laurens  :  Monfieur 
Rofcius  Médecin  a  veu  vnc  ieune  fille  Hydropiqnc  ,  laquelle  les  Médecins 
auoyent  abandonné,qui  fut  guérie  par  vne  ouuertuie  que  la  nature  auoit  fiiit 
au  Nombril:  or  quoy  que  l'ouucrturc  du  Nombril  des  Hydropiques  foit  la 
voyc  la  plus  commode  pour  en  faire  fortir  1rs  fcrofitrs,  veu  qu'elle  le  peut  fai- 
re fans  danger,  &  que  les  plus  célèbres  M.d.cins  allarcnt  que  plufieurs  ont 
été  guéris  par  ce  remède,  on  peutneantmoins  voir  par  l'Obfcruationfuiuantc 
qu  elle  ne  fert  pas  toufiours. 

Eu  May  1611.  vne  femme  âgée  de  50.  ans,  afcitique  ?  à  laquelle  le  Nombril 

forcoit 


des  Opérations  de  Chirurgie.  433 

fortoithors  de  la  groifeur  dVn  Gcuf,fiit  prcfencceau  Dodeur  Abcl  Rofcius  Si 
*  àmoy,  3c  parce  que  les  forces  êroyenc  encor  afscs  bonnes  ,  ik  que  la  nature 
nous  montroic  ce  qu'il  faloic  faire  ,  nous  clelibcramcs  de  faire  ouuerture  au 
nombril,  ayants  donc  ordonne  vne  bonne  façon  de  viurc  ,  purgé  quelquefois 
la  maladcfic  donné  des  remèdes  qui  pounoyentforrificr  les  vifcercs,  ie  piquay 
le  nombril  en  prefence  du  dit  Médecin  &  de  plufieurs  autres;  nous  en  lailfames 
iortir  l'eau  peu  à  peu  &en  petite  quantité  deux  fois  le  iour,  neantmoins  trois 
iours  après î'ouuerturc,  il ruruintvomiiï:m>.nt&  dégoût,  les  forces  luy  dimi- 
nuèrent, &  rendit  lame  peu  de  iours  après.  Ohf.  42.   Ce^it.  4. 


OBSERVATION     LXXVI. 
De  lExomphalos. 

L'An  1607.  i'ay  veu  à  Berne  vne  Dame  de  50.  ans  robufte,  bien  portante 
&c  replète  :  il  luy  êtpit  ariiué  àès  plufieurs  années  vne  Relaxation  du 
Nombril  en  vn  accouchement  diiHcilc ,  aptes  laquelle  le  Pcritoins  s'étant  re- 
laxé il  fc  fit  peu  à  peu  vn  exorrphalos  mondrucux ,  car  le  nombril  luy  pendoit 
de  la  grandeur  de  la  matricejquand  le  fruit  cft  menr  &  preft  à  Iortir ,  le  ventre 
neantmoins  n'auoit  pas  perdu  fa  proportion:  or  cette  cxtuberance  du  nombril 
pendoit  comme  vn  fac  ,  en  telk  force  que  ie^ouuois  aisément  fourrer  la  main 
entre  iccluy  &  le  vcncre:or  il  y  a  apparence  que  cette  tiimeur  prouenoit  d'vne 
décente  de  l'omcntumjquiêtoit  venu  peu  à  peu  à  cette  grollèur ,  car  il  n'y 
auoit  point  de  douleur,  elleêtoit  molle  3c  égale  par  tout,  fans  changement  de 
couleur  ni  aucun  murmure,  comme  en  l'hernie  inteftinale  :  elle  ne  r'entroit 
iamais  dedans  le  ventre  quand  même  elle  alloir  fur  fclle  ,  ou  quand  elle  ctoic 
couchée  fur  le  dos,  mais  êtoit  toufiours  en  même  état:  or  quoy  que  ce  fac  fut 
grand  3c  pefant,  elle  êtoit  neantmoins  fi  robufte,  3c  ie  portoit  li  bien  ,  qu'elle 
pouuoit  faire  toutes  les  aftaires  domclliques;  Obfent.  6}.  Cent.  3. 


OBSERVATION     LXXVI  I. 

Sur  le  même  fntet. 

1*Ayveu  vne  femblable  tumeur  en  Allemagne  en  vne  Dame  de  remarque, 
auec cette  diftercnce  que  ce  n'eftoit  pas  le  nombril  même,  mais  le  peritoi- 
n:  3c  vne  partie  de  l'abdomen,  laquelle  cil  dilatée  qui  luy  pend  en  forme  d'vn 
grand  fac  ;  ordansiceluyiln'y  a  pas  feulcm.cntromentum  ,  mais  aulfi  qnci- 

lii 


434  Liure  Cinqnicmc 

qu'vndcsinteftins,  car  on  y  remarque  par  fois  du  "mLU'mure  aaec  douleur 
par  inccrinlks,  quelquefois  grande,  quelquefois  pecicc/clon  l'abondance  des 
vents  :  elle  m'a  allure  que  cela  luy  ccoit  venu  aptes  vn  âcouchement  difficile: 
or  comme  telle  forre  de  décentes  de  nombt  il  &  de  l'abdomen  ,  rarement  pcu- 
uent  r'entrer  dans  le  vcntrc:que  Ci  elles  y  r'entrent ,  on  les  retient  auec  péne,&: 
auec  vne  grande  incommodité  des  malades,  tirants  parleur  pefantcurlcs  par- 
tics  fupciicurcs  en  bas,  i'ay  inucntc  vne  bande  en  forme  de  fiCj par  laquelle  on 
foulcuc^  tire  en  haut  fi  aisément  cette  cxtuberancc  ,  qu'elle  ne  donne  quafi 
aucune  fâcherie  ni  incommodité  :  il  faut  premièrement  faire  va  coifet  de 
toile  double,  qui  ne  doit  pAs  JccenJrenlas  bjs  que  la  première  des  faulïès  cô- 
tes :  on  y  attachera  vers  le  dos  au  droit  des  homoplarcs  des  deux  coftés,  vne 
bande  large  de  deux  doigrs  ^  n  traucrs  &:  percée  de  tous  cotés  :   il  faut  ioindrc 
CCS  petites  bandes  par  des  cordons  auec  la  grande  bande  faite  en  forme  de  fac, 
on  la  pourra haulîer  ou  bailKr  filon  la  neceflité  &  volonté  du  malade ,  par  le 
moyen  des  cordons  &  des  trou-j  comme  on  le  peut  voir  en  la  figure  fuiuante; 
on  fait  cette  bande  de  deux  morceaux  de  toile  confus  en  dehors  ou  font  mar- 
qués AAA,  carainh  il  fc  fait  vn  fac  au  milieu  ou  eft  le  B  :  les  lettres  CC 
marquent  les  trous  par  ou  oo  ùh  palfer  les  autres  bandes  auec  IcfqucUcs  on  l'at- 
tache: voyés  les  figures  i.&z.  de  laTable  XIV, 

TigHT^  de  la  bande  fiîite  en  forme  de  fac. 

FigHre  t^ui  montre  comme  îlfam  mettre  la  dite  bande.  Obf.  64.  Cent.  }• 


OBSERVATION     L  XXVI  IL 

D'<Mne  rare  affellion  du  NombrU  &  de  fa  gnerifon. 

VN  Patrice  de  Bcrne,nommé  VrfusLerber,hommc  robufte  âge  d'enuiron 
^5-  ant,  me  montra  vne  cxcref^cnce  fungueufc  qu'il  auoit  au  nombriljla- 
queUc  il  die  luy  être  forric  peu  à  peu  du  centre  d'iccluy  en  rcfpace  de  fix  mois, 
fans  aucune  ca^ife  externe  :  le  vis  premièrement  cette  affection  le  »9.  àc  Mars, 
qui  etoit  phsgrofïl- qu'vne  noix  ,  de  couleur,  liuide  &  obfcure  comme  vn 
Carcînome,de  fabllancemediocrem.entdurcjcharnuc  &  puante  comme  du 
fiomage  pourri/  il  m'a  alTuré  qu'il  n'auoit  fenti  aucune  douleur  au  commen- 
cemr^nr,  mais  que  ce  Fungiis  venaut  à  croître  peu  à  peu  >  la  douleur  croillbit 
aufli  6i.  lé  tourmentoitfort  par  inrerualles  :  il  luy  arriuoit  par  fois  de  friiïbn- 
ner  tout  à'vn  coup ,  ^  luy  fembloic  que  ce  f/ilton  vcnoit  incontinent  à  for- 
tir  par  le  nombril:  quelqut  fois  auHi  il  en  forroit  du  fang,  quoy  qu'au  relie  il 
reporta  bien  &  fie  toutes  fes  fon<ilioh5  :  ayant  donc  appreh^^nfioo  que  cette 

i^îcojn- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  455 

incommodité  û  rare,  ne  fur  acccmpgnc'c  Je  quelque  malignité  ChnncreuTe, 
ie  n'y  voulus  pas  mettre  la  main, qu'après  auoir  été  follicitc  long  temps  par  le 
malade ,  &  hiy  ayant  fait  entendre  la  difficulté  qu'il  y  auoit  :  ic  voulus  eilayei: 
-vne  Curepalliatiuc ,  auant  que  venir  aux  cxcrcmités  dés  le  commencement: 
ayant  donc  ordonné  vne  façon  de  viureconucnablc)  ic  le  purgeay  quelquefois 
aucc  des  médicaments  qui  purgent  la  mrlancholic ,  &  luy  ouuiis  la  vénc  au 
bras  droit,  mettant  le  Collyie  ruiuancfur  le  Fungus  ,  0/i.  atj.rofar.plantag. 
carâni  ben.  an,  |  j.  Yanar.  _^  i]  fem.  cydontor.  contHji-z^^.  maueara  fimul  in  infu" 
/iorie psr horas ali^itot ,  po/i  exprîmAntur fort'iter^aâdantûrciîie  tuthidipptAy  plumbl 
fern.  ^pti,  C.  C.  vjîh  lapid.calaminaris  ^  ctnenon  ranar,  &  gammxfor.  an.  9zj« 
m  f.irijlar.  Collyrl]  qmd  linamentis  &  linteis  fnauibm  tepide  applicetur  ,  bis  térvue 
in  die  :  Apres  qu'il  eut  obferuc  enuiron  deux  mois  cette  façon  de  viure,5«:  s'c- 
tant  feruidc  ce  Collyre,  voyant  que  tout  alloit  à  fouhait  >  ie  pris  courage  de 
palîcr  plus  aLianr,&  deliberay  de  lier  ccizq  excrefcence  auec  vn  fîl  trempé  en 
eau  de  mercure  fublimc  ,  puis  deifcché;  mais  le  malade  étant  fort  replet ,  ce 
Fuiigus  etoit  commue  caché  entre  les  mufclcs  de  l'abdomen  ,  de  forte  que  l'on 
n'en  voyoit  que  la  fjiface,  ce  qui  me  mettoit  bien  en  peine  ,  car  ie  ne  voyois 
pas  comme  ie  le  pourroisâtraper  auec  fes  racines  :  enfiri  i'inuentay  i'inftru- 
ment  (uiuant,  que.  l'on  peut  âpeler  à  bon  droir,Speculum  vmbilici ,  car  par  le 
moyen  d'iccluy,aYant  âbaifsc  les  mufclcs,&  tout  le  Fungus  s'étant  manifeftc, 
ieremarquay  qu'il  n'effcoit  pas  fcul  ,  comme  il  fcmbloic  au  commencement, 
mais  auec  deux  autres  :  &  par  le  moyen  du  même  inllrument ,  ie  pus  lier  le 
Fungus  rés  la  peau  &  le  couper  iufques  à  h  racine,  ce  que  ic  n'aurois  pas  peu 
faire  auparauant  fîns  ccc  inilrumenr,à  caufe  de  la  graille  du  maIade:or  ie  fis  cet 
inlhumcnt  auec  vn  petit  plat  d'ctain,  duquel  ie  coupay  le  fond  ,  attachant  de 
côté  1!^  d'autre  vne  grande  bande ,  laquelle  ie  liois  fi  ferme  derrière  les  reinSt 
que  ce  petit  plat  pouuoic  repoulTer  les  raufcles  ,  ie  fiifois  neantmoins  quel- 
quefois poudcr  auec  les  deux  mains  parvn  valet  ce  fpeculura,.de  peur  que  les 
hypochondies  ne  fulfent  trop  prefsés  par  iceluy  ,  6c  afin  que  la  refpir^tioii  fut 
plus  libre:  le  9.  donc  de  Miy  ayant  âiufté  vn  filet  autour  du  Fui'.gus ,  mis  Se 
prefsc  le  fpeculum,  ie  le  fcrray  tant  que  ie  pus:  or  comme  ic  ne  pus  pas  la  pre- 
mière fois  lier  afscs  ferré  la  racine  du  Fungus ,  à  caufe  des  grandes  douleurs  ÔC 
mêmes  des  défaillances  qui  iuruinrent  incontinent  après  la  ligature,  lesiours 
fuiuants,a{îauoirde  deux  en  deux,  ou  de  trois  en  trois,  ie  lafaifoisvn  peu  plus 
ferrer  s  autant  que  le  malade  le  pouuoit.  endurer  ,  mais  touiîours  par  le 
moyen  de  cet  inftrument  :  le  mis  cependant  fur  le  Fungus  ,  ce  qui  pou- 
uoit âpaifer  la  douleur,  &c  vn  linge  double  trempe  en  vne  decodion  d'herbes 
adftring?ntes ,  rj^  plarita^i?iis.,  gerariij,  ojmfetii  rofar.  rad.fcrophidaridt ,  O'c.CHin 
paaco  aceto-.ox  ie  ne  pus  pas  lier  en  même  tems  tous  les  Fungus  à  caufe  de  la  dou- 
leur, &  même  des  palpitations  qui  venoyet  incontinent  après  laligaturc,pirtat 
ie  u'çn  liay  que  deux  la  première  fois,lefquels  ayants  été  ucésji'entrepis  de  même 

lii  i 


k 


4J^  Liure  Cinquième  l| 

le  troificme ,  quand  ils  furent  tombes  ie  mis  cicfRis  de  la  poudre  dont  écoit  i 
composé  le  Co-llyrc,y  âioutant  vn  peu  d'Alun  brulc,  Se  par  ddîas  vn  lino-e 
trempe  dans  le  Collyre  ,  comme  aufll  de  la  dccodion  adftringcnte  ordon- 
née cy-dcllLisiainfi  par  la  grâce  de  Dieu  il  fut  remis,  fansauoir  refîènti  aucu- 
ne incommodité  dés  ce  temps  :  de  coinmeil  y  a  trois  vailïcaux  qui  vont  au 
Nombril,  aufli  i'ay  remarqué  qu'il  y  auoit  trois  Fungus  fcparés,  de  forte 
qu'il  eft  manifefte  que  l'origine  dumial  vcnoit  tant  du  cœur  que  duFoye  ,  car 
l'vn  ctoit  au  milieu  i^  les  autres  deux  vers  les  Hypochondres  :  &c  les  défail- 
lances témoignoycnt  que  les  artères  y  âboutilîoycnt ,  lefquelles  arriuoyent  i 
quand  on  ferroitpai  trop  le  filet  :  or  à  monauis ,  cette  incommodité  eft  fort 
rare  ,  n'en  ayant  iamais  veu  vue  femblable ,  ni  leu  aucun  autheur  qui  en  ait 
parlé  finon  Celfe,  qui  en  parle  en  trois  mots  liure  7.  chap.  14.  Obferuat.  6z. 
Centt  5. 


OBSERVATION     LXXIX. 

D'vne  difficulté  d'vriner  après  IHerniotomte. 

FN  Avril  \6ii,  Vlrich  Dicdicker  me  vinttrouuer  ,  lequel  dés  fa  première 
ieunelïe  ne  rend  l'vrine  qu'auec  vn  grand  eftjrt  &■  pêne ,  &  iufqu'à  l'âge 
de  trois  ans  n'auoit  point  peudrcifcr  le  corps,  bien  loin  depouuoir  marcher.* 
mais  dés  ce  temps,  il  acom.mencé  quoy  que  courbé  ,  iuf-]u'à  feptans,  main- 
tenant il  cft  robuftc,&  fain>&  marche  (ans  aucune  pêne  :  on  fe  feruit  de  plu- 
iîeurs  remèdes  pour  le  guérit  de  cette  miction  doloiu'eufe,qui  furent  ordonnes 
par  dt  s  Médecins  tant  Rationels  qu'Empirics  ,  defqucls  l'vn  crut  qu'il  y  auoit 
vue  Caruncule  dans  le  conduit  de  la  verge,  mais  ayant  mis  le  Cathéter  ,  ie 
n'y  trouuay  aucun  empêchement ,  outre  qu'il  cft  peu  croyable  qu'il  s'engen- 
dre des  Carunculcs  en  des  enfmrs  qui  tcttcnt  :  il  fut  aufll  mis  par  deux  fois 
dans  nofcre  Hofpital  ^  traité  par  les  M.-decins  :  il  alla  aufll  par  trois  fois  aux 
Bains,  &  s'eft  ferui  à  diuerfcs  fois  de  Bains  d'heibcs  ,  mais  le  tout  fut 
f-ns  ctfct  :  Mais  comme  le  Magiftrat  l'a  encor  enuoyé  a  Çts  dépends 
ai'X  Bains,  il  a  voulu  que  i'examinalfc  d'où  vcnoit  cette  incommodité ,  ôc  s'il 
en  pourroir  receuoir  du  foulagcmcnt  :  l'ay  fait  refponce  qu'il  ne  pourroit 
erre  gucri  ni  par  les  Bains  ni  par  les  médicaments:  car  ayant  recerché  la  cau- 
fe  du  mal  ,  ie  fç.us  qu'il  auoit  été  châtré  à  l'âge  de  fix  mois  au  côté  gauche 
Si  que  drs  ce  temps  là  il  auoit  toufiours  porté  cette  incommodité  :  Or 
i'eftime  qi  eh  gcnicoire  fut  tiré  trop  fort  en  l'opération  &:  arraché  trop  auanr, 
comme  aufli  les  membranes  d'ictluy  qui  viennent  du  péritoine,  qu'ainfi  les 
Nafs  qui  viennent  de  l'osfacrum  Se  vont  audittcfticule  ôi  à  lavcffie,  ont  été 

oiFencç? 


des  Opérations  de  chirurgie.  457 

cffcnccs^quc  pour  cette  rdfor»  le  rpliyndcr  nclc  peut  dilater  qu'aiicc  pcnc;,rant 
à  caulc  des  ncifsqui  ont  été  coupes  qu'a  czuCcdu  peiiroine  qui  s'cfi;  rctirétrout 
cic  même  que  nous  voyons  dans  les  parritî.  externes ,  fi  le  ncilr  de  qiîtlqu'vne  a 
été  coupé  ,  ou  qu'il  ft  foit  rctiié  en  quelque  aune  nîanfcic  que  l'aélion  de  cet- 
te partie  cft  corrompue.  CViantàUdilH;ukcqu'iiacu  de  marcher  droit  iuf- 
qu'à  l'âge  de  feptans,  il  me  Itmbic  que  cela  vient  d'vne  même  caufe,  car  les 
nerfs  foitent  des  mém;scro;;s  de  l'os  (àcium  pour  aller  aux  cuiHrs,  Icfqucls 
quoy  qu'ils  ne  i'uyent  pas  coupes ,  ncantmoins  ils  Ce  font  retires  en  dedans  aucc 
icsautics,«5c  piincipalementauec  le  peiiroine  quand  on  a  arrache  auec  violen- 
ce le  tcfticulcjcn  forte  que  le  corps  n'a  pas  peu  fc  rcdrcllcr,mais  cqczs  incurua- 
lion  du  corps  à  cefsé  a  fept  uns  par  i'vfage  des  bains  de  Bade,&  de  quelques 
bains  faits  auec  des  herbes  cmoliientcs  :  comme  donc  les  autres  parties  qui  fe 
font  rccirces  après  l'extradtion  du  tcfti^ulc  n'ont  pas  peu  être  rcmifes  en  leur 
entier,  après  l'vfage  des  bains  naturels  ni  des  aitlficicls ,  ni  des  autres  médica- 
ments ordonnes  félon  l'art  en  diueis  temps,  i'ay  été  oblige  de  faire  entendre  au 
confeil  qu'il  feroit  ce  voyage  en  vain,  après  ma  declaraiion^il  fut  renuoyé  chez 
luy  ou  on  iuy  fit  apprendre  vn  mefticr. 

Voici  vn  Cas  rare  &  n'en  ay  pas  vcu  encor  vn  femblablc  :  ce  n'eft  pas  qu'on 
ne  face  fouuentde  fcmblables  fautes,maîs  elles  ne  paroilîenc  pas  parce  que  tous 
ceux  à  qui  on  tire  &c  arrache  les  tcfticulcs  par  violence  auec  leurs  membranes 
&  la  proJudion  du  péritoine,  viennent  à  mourir  ,  car  il  arriue  de  grandes 
douleurs  principalement  au  dioiLdel'os  facrumà  caufe  de  cette  attradlion  des 
n:rfs  (Se  des  membranes  :  il  furuicnt  aulli  incontinent  inflammation  dans  les 
parties  internes  de  l'os  iacrum,  accompagnées  de  veilles  6c  de  fiévre^quant  à  la 
playe  elle  dénient  aride  &  feche  ,  enfin  ils  meurent  auec  des  conuuluons: 
Oh/:  61.  Cent.'). 


OBSERVATION     LXXX. 
Z)«  Boyau  Culier  fortant  dehors. 

L'An  i<$05.au  mois  de  Nouembre  vn  homme  de  50. ans ,  d'vn  Village  proche 
dePayerne,rcuenant  chargé  de  vin  doux  en  famjifon,  &  voulant  fc  dé- 
charger le  Ventre  en  chemin  ,  en  fe  bai(Tànv  ilfc  fit  vnc  décente  de  boyau  '  & 
comme  lors  il  faifoit  vn  peu  froid  ,  il  furuint  vne  très  grande  douleur  de  forte 
qu'il  ne  peut  pas  palier  plus  auant.'mais  ayant  été  rencontré  par  vn  paiFant,ii  me 
fut  amené  à  Payerne.-ieremarquay  quel'iiueftin  rrdum  étoit  déccn du  &  en- 
flé delà  grolïèur  d'vn  CEuf  d'Autruche:la  douleur  étoit  fort  grande  &  les  cx- 
acmcnts  fortoycnt  incciïàmment  liquides  &  gluants  :  ie  le  traitay  en  ccitf  ma^ 

lii     3 


45^  Liure  Cinquième 

nicrc,<cxîe.  fis  incontinent  la  fomentation  fuiuante  ,  !^.  Fol.  & ]lor/.ierbafc.albt 
flor.melilot.camomill.r.id.  ç^  fol.alth.an  m.].femlinijœntigr.an.lÇi  aaf.^j. confie  irLj 
LiUs  vaccina  recens  ernulBo  ,  le  tucrrpay  des  lirgcs  doubles  en  cette  dccoâ:ion, 
lefciaels  i'apph\|uay  chaudement  vat  heure  durant:  par  après  ie  mis  de  la  pou- 
dre fuiuanre  lur  tout  l'intcftin.  ^.  Rc/hr,rul;.  corticHmgranAt  nuc.cuprejjlymaflic, 
thuris.croci  munis, plHmbivfli  an.^j.?n.  Enfin  ic  fis  bailicr  au  malade  la  tcili-Juy 
faifant  leucr  les  pies  en  haut  par  deux  hommjs  lobuftes ,  puis  aucc  îe  doigt  in- 
dice de  la  main  droite  cnncioppéd'vn  linge  mol  ^  doux,&  trempe  en  la  dc- 
coclion  precedentCjlequeiie  mis  au  centre  de  l'intertùi,  ic  le  remis  heureufe- 
mcnrcn  fa  p!ace:lc  iour  ruiuanti''^ignis  l'os  lacium  c?c  ie  cropioii  aucc  le  lini- 
nient  Cmuam»'^Ol.ln?nb''ic.rqfar.an  ^\ol  ex  for. lis. m.  Le  lendemain  ie  ic  pur- 
geay  doucement  auec  du  fyraprofat  ibiutif  compose  ,  ^  iuy  ouuiis  \x  vêne  du 
bras.-il  fat  par  ce  moyen  entièrement  remis, fans  auoii"  iamais  eu  aucune  reciJi- 
nc.Obf.  jG.  Cent-  5. 


O  B  S  E  Pv  V  A  T  l  O  N     LX  X  X  I. 
Du  Fonàement  non  percé. 

L'An  1593.  ie  fus  demande  pour  aller  àMcdmc  prc's  Du(rcldor,pau  Duché  de 
MontSj  pour  voir  vn  petit  enfant  c^ixi  ctoit  ne  ayant  le  fondement  non 
percc,lequcl  ctoit  fort  tourmente,  déjîîes  ilx  iours  ,  &  pour  le  du-c  en  vn 
motjCtoitcn  danger  àc  la  vie,  car  Ton  Ventre  ctoit  enfle  &  tcndu,ayaat  des  dé- 
faillances &:  des  ihcurs  froides:  le  fondement  étoit  couucrt  d'vnc  membrane 
fort  dure,  en  laquelle  il  ne  parcdoit  aucun  indice  ni  îracc  de  foiidcmcnt ,  hor- 
mis vnc  tache  vn  peu  liuide  :  y  ayant  fait  vne  perice  incifion  (  de  peur  d'oiren- 
cer  le  Sphindler^  auec  vn  rafoir  enuclopc  d'vn  linge  vers  Ton  trenchant ,  puis 
y  ayant  misvn  fpeculum  ani  &:  élargi  le  reftc  ,  il  en  ibrtit  incontinent  vn  amas 
d'excremenrs ,  le  Ventre  délenfla  bien  toft  après  &  les  autres  accidents  s'ap- 
pairererït:Jie  mis  par  après  dans  l'anus  quelques  iours  de  fuite  vne  cannule  de 
plomb,ointe  d'vn  onguent  deficcatîf  comme  de  cerujja ,  de  minio,  diapomphsli- 
go  &Jem.  Puis  la  cicatrice  y  étant  venue  ,  il  fut  entièrement  guéri  :  on  m'a 
rapporté  en  l'an  i5ii.que  cet  enfant  a  vécu  coufiours  biê  portant,iufques  à  l'â- 
ge de  dixhuit  ans  ,  hormis  qu'il  auoic  le  plus  fouuent  le  Ventre  dur.  Obfermx.- 
mn  75«  Ccntwr.  1. 

OBSER' 


des  Opérations  de  Chirurgie.  439 


OBSERVATION     LXXXII. 
Uvne  Pierre  tirée  de  la  f'ejfie  à'^'-sne  Femme. 

MAi^amc  Vibain Proux,vcfve  de  Monfisur  Danfcl  Hugonin  Patrice  de 
Vcuai,fiir  roiiimcnrccmircr^bltmcnc  deux  ans  duranc  delà  rierrc  cr.  la 
vciîic:m'ayani.  à  laên  dcmnndc,  ie  découuris  vn^  picire  de  la  grolfeui  d  vn  œuf 
de  poulc',en  partie  aucc  la  fonde,  en  partie  auec  le  doigr  que  ie  mis  dans  ic  Col 
de  la  matriccielk  luy  faifoit  foiiffrir  de  continuelles  &  gricucs  douleurs  ,  ayant 
les  forces  cnticrement  abatucsjCcquila  faifoit  dcfcfpcrcr  de  la  vi^jcomnnc  aufli  ^ 
les  aflîllantstayanr  été  prié  à  diuerfcs  fois  de  tirer  cette  pierre  /enfin  vaincu  par 
les  prières  de  la  malade  &  de  (es  parents  ,  ie  voulus  auparauant  préparer  tout  le 
corps  &  principalenncnt  la  partie  incommodée,  ce  que  iefisen  ccrrc  manière: 
premièrement  ie  purgeay  la  malade  auecvn  Icger  médicament,  ie  reftauray  les 
forces  tant  qu'il  me  fut  poffible  par  bonne  nouvrîtaie,  &:  par  àcs  potions  cor- 
dialcsôc  par  dei  cpithemesi*  En  après  i'appailay  les  douleurs  autant  qu'il  me  fut 
polïible  par  des  médicaments  emollicnts,&  fomentations  anodyncs  appliquées 
fur  la  regioi)  de  la  vjîie  ,  que  ie  faifois  auffi  entrer  auec  lafyiinguc  dans  la  vef- 
iî;.:puis  ie  dccouuiîs  vn  Icgcr  vlcere  qui  alloit  des  le  tond  de  la  matrice  iufqucs 
à  l'orifice jquauoit  fait  le  calcul  apte,  raboteux  &  pelanr,lequel  ie  pouiiois  ai- 
sément dcjouurir  autc  la  pierre  du  bout  do  doigt  indice,qac  ie  mcttois  au  Col 
de  lamatrice,quand  la  malade  éroitdvbour.Ayanc  donc  le  iS  luillet  i6ob'.  pré- 
paré tout  ce  qui  ctoit  nccelïàirc  pour  l'Opération  <!s:  mis  la  malade  fur  vn  fiegc 
oiiLsfemmts  accouchent  ,  ie  remplis  la  ve{lic,par  le  moyen  d'vncly'iiiigue, 
d'huyle  d'amandes  douces,  (car  ainfi  elle  croit  rendue  lubiique  &  étoic  gatcntie 
de  râprctc  du  Calculypuis  ayvint  déchiré  légèrement  TvlccrCjCn  partie  du  doigt> 
en  partit  pai  incifi on  auec  le  Couteauj  vers  le  Col  de  la  veflîc,  v<:  par  la  y  ayant 
fait  entrer  des  Tcnailhs&  vn  crochet  propre  ,  ic  tiray  cette  pierre  qui  -toit, 
comme  i'ay  dir,dc  lagrolFeur  d'vn  œiif  de  poulc,fans  aucune  violence,  haemor- 
ihagie,  ni  gr  uide  douleur:  après  rOperaîion,i'oignis  tout  le  Ventre  ^Its  aines 
auec  huyle  rofat  &  myrrhin.'ie  mis  dedans  le  Col  de  la  matiice  vn  pcilaire  d'c- 
toupes  trempées  en  vn  blanc  d  œuf ,  &  trois  iours  durant  ic  fis  iuied:ion  d'eau 
de  plantin  mêlée  aucc  huyle  d'amandes  douces  tièdement,  pour  âpaifer  les  dou- 
leurs :   en  fuite  ie  i'auois  tous  les  iours  la  veflic  cmn  decoBo  petrofeltini^afparagii 
rufctiherbar .herniarîdt,  fAXifraq&yfem  petrofel.  gemftdc ,  amjï  cum  melle  rofac.miJÎQ. 
Par  ce  moyen  elle  fut  rcmifc  lans  qu'il  luruinc  aucuns  accidcHts ,  àcç.  Obfern. 


440  Liure  Cinquième 


L 


OBSERVATION     LXXXIII. 

D'vne  pierre  de  monfirneufe  grojj'eur  tirée  de  la  vejfie  d'un  homme, 

*An  léoi.M'.Ebcrhard  Scelinch  Chirurgien  me  raconta  qu'Andrc  Virelliiis 
ihardi  Ocullfte  Si  Lûhotomc,lcqiicl  i'ay  aucicfois  conu,auoic  tire  delà  vef- 
fied'vn  icun' homme  de  zo  ans,à  Hatringcn  au  Comte  de  la  Marche, vue  pierre 
ciemonftrueufe  groireiir  ,  de  couleur  grilatrc,  inégale ,  comme  li  elle  aiioic  été 
faite  de  pliifieurs  pierres  ramafsées  en  vncj  du  poivis  de  zi.  onces,  mais  le  mala- 
die rendit  l'ame  en  l'ODeration  qui  fut  longue  ,  pénible  (^principalement  do- 
\ouïzu(z;€bfy.Cem.&. 


OBSERVATION     L  XX  X  I  V. 

Qiiil  faut  entretenir  la  playe  ouuerte  après  l'ExtraBion  de  la 
Pterre  de  la  Vejjie. 

MOnfieur  Merckius  infîgne  Operateur,  condamne  l'opiuion  de  ceux  qui 
entretiennent  la  playe  ouucrre  par  àc^  tentes  après  l'extradliou  de  la  pier- 
re ,  mais  contre  Topinion  de  tous  les  Médecins  în:  Chirurgiens  RationeL  tant 
Allemans,  François,  qu'Italiens,  &c.  L'Autheur  au  DoUeur  Gregorins  HorJiiHs. 
Qiiant  à  la  manière  de  tirer  le  calcul ,  vous  fçaucs  de  laquelle  le  lert  nôtre  Li- 
thotome fondé  (ans  doute  iur  vue  longue  &  aliuree  expérience  ,  reiectant  l'o- 
pinion de  ceux  qui  veulent  que  l'on  entretienne  la  piaye  ouuerte  par  des  ten- 
tes &  autrement  >  parce  que  par  ce  moyen  on  donne  occafion  à  la  gcncrarion 
des  vlceres  fî(luleux:il  croit  prcmicrcméc  que  c'ell  vne  chofe  cruelle  &  contrai- 
re aux  Opérations  de  l'Art^quand  l'Extradion  n'a  pas  bien  reiifli  3^  à  rouh:at,de 
ccrcher  derechef  la  pierre  au  troificmc  v\r  quatrième  iour,ce  qui  ne  le  peut  fai- 
re fans  vne  grande  douleur  &  perte  des  forces,  veu  qu'au  bout  des  trois  iours  il 
feat  contre  toute  raifon  irriter  derechef  la  playe. 

Rejfome  de  Gregorius  Horflitts  à  l'Autheur. 

le  m'étonne  que  vôtre  Monsieur  Merckius.qui  cfl:  autrement  excellent  Ope- 
tateur  contre  la  raifon  &  la  Do6trine  de  plufieurs  grands  hommes,]rtiette  l'o- 
pinion de  ceux  qui  veulent  qu'après  TExtradlion  de  la  pierre,  la  playe  (bit  en- 
tretenue 


des  Opérations  de  chirurgie.  441 

tretenueouucrtc  par  dcsTcnrcs:&:  ic  me  foiiuicns  que  luy  mcme  en  KjIo  le  14.. 
May, ayant  ciic  heuicufcmcnc  deux  pierres  à  Moii(ieur  Zacharie  Geitzcofler  Sei- 
gneur de  Haiinlieims,qu'il  miraufllvne  Tenue  ou  vue  cannulc  d'argent  dans  la 
playccomme  nous  en  étions  demeures  d'acord  auant  l'Opération  aucc  B..irche- 
Icmi  Mercklin,DauidVerbéfiusMcdecins,(3^  moy.Ucft  vray  qucdcs  le  lende- 
main il  changcad'âuis ,  &c  qu'il  ôca  la  Cannulc  contre  nôtre  conlcncenient,  à 
caufcdecjuoy  i'  Tcfît  vne  ccchymofe  dangercufe quelques  iouis  3prcs,quitenoit 
routlelcrotum:quant  àrapprchcnhon  qu'il  a  qu'il  ne  fucccdc  quelque  vlcere 
fiftuleuxjie  disque  les  Médecins  &  Chirurgiens  Rationels,apres  l'Extraélion  de 
laPierie^cntreticnnét  la  playe  ouucrtc  auec  des  Cannules  d'argent  ou  de  plomb, 
pour  empêcher  la  perte  &  Ir.  mort  du  malade. Et  ne  faut  point  apteliender  qu'il 
îuruicnne  vne  fiftule,car  les  playes  contufeSjtt  lies  que  (ont  celles  ci,ne  peuuent 
pasf'econucrtiren  fiftule  auant  laluppuration  &  mondification  ,  car  on  voie 
touslçsioursquela  moindre  playe  contufc  ne  fe  confolide  point  mêmes  dans 
Us  parties  mufculeufeSjfii  la  chair  Se  tout  ce  qui  eft  meurtri  ne  fe  pourrit  aupa- 
rauant  &c  conueruit  en  pus,auffi  les  Dodlcs  airurenr,  ôc  l'expcricnce  le  fait  voir, 
qu'il  n'y  a  aucune  playe  ni  finus  qui  puiiïe  dégénérer  en  fillule  auant  le  40.iour, 
car  auant  que  la  filîule  vienne  apics  vne  playe  contufe,  il  faut  quelle  fuppurc  au- 
parauant  5c  que  tout  ce  qui  cft  meurtri  à  renrour,vienne  à  fuppuration,  ce  qui 
le  fait  par  des  médicaments  chaudixSi  humides,  on61:ueux,anodyns,que  l'on  ap- 
pelé djgeftifs,  or  cft  il  qu'ils  empêchent  la  génération  de  la  (îftule,qui  vient  des 
medicamenus  Fortde(îccacifs.-il  ne  faut  donc  point  appréhender  des  le  comrsen- 
cement  la  génération  de  la  fiftule,  mais  plutoft  la  morr:car  fî  des  le  co-nmcn- 
cementonnetrauaille  pas  à  la  dig-llion  &c  à  laconco<5tion  de  la  playe,  comme 
audi  a  l'euacuation  &  fuppuration  du  l'ang  qui  fort  &  fe  iette  iur  les  p.irries  voi- 
fincs  ôc  dans  la  caui:c  de  la  vc{îîe  ,  en  l'Operation.à  caufedela  dilaceration  des 
vêues  (S:  des  artères ,  ilfe  pourrirai  caulera  de  grandes  douleurSjinflammation 
en  la  ve{ne,inqui..tudc,rcuerie,  gangrené  &  enfin  la  mortrmsis  'comment  eft-cc 
que  le  iang  caille  qui  eft  dans  la  vcfîîe  pourra  fortir  ii  In  playe  n'efl:  pas  ouuer- 
te  ?  Et  c'eitvnedesrailons  pour  laquelle  laplufpart  meurent  après  rcxtrr.<ftion 
du  Calcul,  principalemvnt  ceux  qui  ont  la  faculté  expultiicc  débile  ou  par  l'àgc 
ou  par  quelque  auctc  railon  :  mais  li  on  tient  la  playe  ouucrte  par  des  Tentes 
ointes  de  quelque  digtftif ,  il  ne  faut  rien  appréhender  de  fembLibIc,comme  ie 
l'ay  remarqué  afsés  louucnt  en  ceux  que  i'ay  traite  :  il  cft  vray  que  ces  playes  dé- 
génèrent quelquefois  en  vlccres,  non  parce  que  l'on  y  a  mis  au  commencement 
des  Tcnte-s,  mais  parce  que  le  mufclc  de  la  vcflie  a  été  déchiré  en  l'Opération 
ou  parce  que  lavclTie  n'a  pas  été  bien  monditiée  après  l'cxtiadion  delà  Pierre; 
Refponce  de  t  Autheur  au.  DoBeur  Gregcnus  Horfiius. 

Ceux  qui  caillent  la  Pierre  en  Francc,ne  le  ieruent  iamnisde  Cannules  es  en- 
fants efquels  ils  font  l'Opération  au  petit  appareil,  parce  qu'ils  font  impatients 
&  ne  fe  payent  pas  de  raiion ,  on  ne  le  peut  p.is  fcruir  d'vuc  autre  forte  d'Ooera- 

Kkk     ' 


k 


44^  Dure  Cinquième 

tionquilcspoarroit  offcnccr  grandement  :  mais  en  ceux  qui  font  auanccs  en 
âge  6c  quifontraifonnablcs,  sufqiiels  on  ne  peur  pas  faire  l'Opération  autre- 
ment qu'ail  grand  appareil ,  on  fc  fertd'vne  Sonde  Cannuléc  après  rcxrradtion 
du  Calcul, laquelle  on  mer  danslaplaycau  commencement  de  la  curc,qucron 
y  bille  i'cfpace  d^vn^deux,  trois  ou  plufieursiours,ou  autant  qu'il  cft  necelFairc, 
afin  de  bailler  ilfue  aux  grumeaux  de  fang  q^ii  (ont  tombés  dans  la  cauité  de  la 
veflio,cutrc  qu'il  rcftedes  humeurs  muciiagineufes,du  grauier,dcsrni-uues  Pier- 
res qui  font  quelquefois  retenues  longtemps  dans  \\  cauirc  d'icelle  quand  on  a 
trop  toft  laitsc  fermer  la  playe  ,  Itfquelles  ne  peuucnt  pas  pr.llcr  librement  par 
Tyrcthre  qui  n'cfl  pas  hrgc.-alors  le  lang  fe  corrompt  hors  des  vailïèaux,engen- 
dre  delà  doulcur,ficurejflcs  r.bfccs  ^c  la  gangrené  ,  corr.mectlacftairiuc  àvn 
homme  confîderablequieft  maintenant  rdigicuXjla  Pierre  ayant  été  tiréeJ'O- 
peratcnr  trauailla  incontinent  à  faire  ioindrc  les  bords  de  hi  playc,craignar  qu'il 
ne  furuint  vnc  fiftule  :  trois  femaines  étants  pafsces  &  la  playe  étant  quafi  en- 
tièrement fermécjlc  malade  commença  à  fentir  autour  d'icclle  vne  douleur  lan- 
cinante &  des  grands  tourménts,on  âpele  d..s  Médecins  &  des  Chirurgiens  pour 
fçauoir  s'il  étoit  nccclfaire  de  dilater  la  playe  (  car  les  aflîftanrs  &  l'Operateur 
foupfonnoyent  qu'il étoir  demeuré  quelque  pierre  cachée  laquelle  ccrchantâ 
fortir  &  hurtantcontre  laplayeiCaufoit  ces» douleurs) lefquelsd'vncômuncon- 
renremcnt  furentd'auis  de  mettre  vn  cataplafmeanodyn  autour  de  la  playe, 
croyants  qu'il  y  auoît  quelque  abfccs  prouenant  de  ce  que  le  fang  n'ctoit  pas 
forti  en  fuilifante  quantité  ,&  qu'ayant  été  trop  rot  retenu  en  la  veiïie  ,  il  s'y 
ctoit  pourri,  &:  certes  l'cuenement  ne  les  trompa  point,  veu  qu'il fortit  bicn- 
toft  âpres  du  pus  par  l'orifice  de  la  playe. 

Or  ttlle  ibirc  de  playe,  comme  aulïi  c'eft  vôtre  âuis,efl:  contufe  5c  coniointc 
fouuentauec  di!actrprion,qiii  veut  que  l'on  vicnneprçmicrement  aux  fuppura- 
tifs  auant  qu'aux  gkuinatifs&epulotics  ,  outre  que  la  vc  (fie  tft  vne  partie  de 
gtandc  capa';it<.  Ôc  cauclaqaelle  reîicnc  beaucoup  de  fang,  tant  celuy  qui  y  tô- 
bc  quand  on  fai:  TOperation,  que  celuy  qui  y  vient  après  en  afsés  bonne  quan- 
tité quelque  cipaccdc  tempsten  après  les  vns  en  rendent  plus  que  les  autics,non 
fculcm.cntparcc  que  l'Opération  tft  difficile  &  longue  &  qu'il  y  faut  employer 
quelquefois  plus  de  temps  qu'on  ne  penfe,à  caufe  du  fuiett  fur  lequel  on  fait 
l'Opeiation  ou  à  caufc  dcrOper.ircur,  ou  del'vn  &c  del'autreen  même  temps, 
mais  principalement  parce  que  les  vailTcaux  hypogaftriques  &  ceux  qui  vont 
aux  •-■artiesliontcurcs  diftribucnt  en  quelques  perfonnes,  des  grans  rameaux  3c 
en  qua'uitéqui  abbiuuent  ces  parties  ou  fe  fait  l'Opération  ,  ce  qui  augmente 
la  neccfîîtc  defe  fcruir  de  Sondes  Cannulécs  ,  defquelies  fi  on  fe  {cruoit  durant 
tout  le  temps  que  dure  la  playe  (^qui  cft  vne  fuite  de  laLiihoromie)  les  Opera- 
teurs auroyent  raifon  de  les  condamner, mais  l'ignorance  rend  telles  gents  opi- 
nîatrcs,ne  fçachant  'as  rcconnoîtrc  en  quel  temps  il  s'en  faut  feiuir.  Lettre  de 
M'Louys  Tamhot  Chirurgien famens  à  Lyon  écrite  ht' Ahihctrf, 

l'ay 


des  Opérations  de  chirurgie.  445 

l'ay  ccç  raui  d  aprcndrc  que  vos  Operateurs  en  France  foycm  de  mon  opinio, 
&  qu'ils  ne  condamnent  pas  l'vTage  des  rentes  ie  vous  accorde  que  les  cannu- 
Iccs  ne  font  pas  conuenablcs  aux  cnFanrs  ,  ie  ne  me  ùïs  pourtant  iamais  de  fim- 
pks  retcs  en  quelle  partie  du  corps  qMC  ce  roir,mais  ie  les  cnuclo,-ie  &  coiiuredc 
lin.laiiiat  néanmoins  les  trous  ouuttC5,5^  afin  qu'elles  n'offécéc  point  ie  les  oins 
d'vn  ûigcftif  qui  âp.iifc  aiifli  la  douleur  ^  cngndre  le  pus:or  quoy  que  les  ten- 
tes Caunulcei^foic  quelles  (oyenr  d'cr^d'aigeiit  ou  de  plomb  ,  (Icfquellcs  i'ap- 
prouuc  plus  que  les  autrcs^fo)éc  d'vnc  grande  vtilicc  au  commenccmentjaprcs 
qu'on  a  tiré  la  p)erre,en  baillant  iifue  à  Ivrinc  ,  qui  le  plusfouucnt  dénient  acre 
après  l'Opci  ation ,  au  fat  g  caiiic  qui  cil  dedans  la  velfie  ,  auisblon  ôc  aux  hu- 
meurs excremcnticies,ti  neantmoias  quclqu'vn  en  veut  condamner  i'vfagc  non 
feul.  ment  es  cufants  mais  aufll  es  grandes  perfonneàjie  ncluy  refifteray  pas:rcu 
que  i'ay  expérimente  en  mes  malades  que  les  Tentes  de  lin  qui  font  ointes  de  di- 
gertiFfont  auraut  d'eftct  que  lesCannulccs,  principalement  fî  on  penfe  la  playc 
deux  ou  trois  foiile  iour,car  qui  eft  ce  qui  ne  connoift  que  les  Tentes  faites  de 
lincaufent  moins  de  douleur  que  celles  qui  font  faites  de  métal  l  O.  vous  fauez 
que  la  douleur  cil  le  plus  violent  de  tous  les  fymptomcs  :  mais  il  fe  faut  bien 
garder  d'en  abufer  foit  qu'elles  foyent  de  lin,foit  de  mcta!,prin^ipnlcmc-nt  (i  el- 
les font  de  plombjcar  comme  leur  vGge  legicime  cft  necclfaiic ,  aiflj  l'jibus  en 
cft  dangereux  a(Fiuoir  fi  on  s'en  fert  plus  longtemps  qu'il  ne  faut,  (k  après  que 
la  playe  a  étcajftcnce  à  fuppuration  i^c  la  vclHe  a  été  bien  nettoyée  des  impure- 
tés,anquelte;î)psilles  fautquitcr  de  peur  que  laplaye  nt  ù  conucrtillè  en  fi- 
ftulermais  fi  le  col  de  la  vcflfie  n'a  pas  été  bien  ouuert  dés  le  commencement  par 
le  moyen  des  Tentes  ,  on  ne  peut  attendre  que  de  grands  accidents  Se  mêmes 
la  mort,  principakm  nrli  le  malade  cft  foible  C  or  il  arriu"  laremcnr  qu;^  celui 
que  l'o.i  doit  tailler  de  h  pierre  foit  robufte^ou  auancc  en  âge,  cai  après  l'Opc- 
rationlc  col  de  la  vc-fli;  s'cnHeCk"  ic  bouche,à  caufe  que  les  humeurs  fc  i  rttnt 
des  parties  ve)ifinesiui  la  playe,de  fDrtc  qnc  rviiuemcmc  ncpL^ui  pjs  palf  r  par 
la,ainfi  le  fin^.  caillé  ^-  tout  ce  qui  ell  amafsc  contre  nature  dans  la  vcffi.-  s'y 
pourrir  plusaisc n-cnt  qu'en  aucune  autre  partie  du  corps,  ce  qui  attire  dco-ian- 
desdoulcui-s,iLjfl.'mmai.ion,ficurc  ardéi:e,nau?cc,réuf  ric,iMquiérudr,conuu!fiôs, 
gangrené  de  la  vcOïc  v<<:  dc^  parties  voifines,&:  ci  fin  la  mort:  pour  le*  dire  en  vn 
mot ,  on  ne  prur  pu  cfpcrer  vue  parfaite  guerifon  fi  1.  v^irien'cll  entièrement 
nettoyée:  mais  ie  vous  piie  comme  le  (era  t'elK,lion  Isiilt  fermci  la  pl.yc  in- 
continent après  l'extiadlion  d  la  pierre?  Aufll  nous  voyons  que  les  Empiii.nics 
en  voulants  io'ndrc le .«^  bords  de  la  playc  jonréuiccr  vue  filhdf,o:i  qu'il, hâtent 
la  mort  ou  qu'i's  en  attirent  vre,  car  ce  qui  demeure  dedans  la  ydîie  cmpc..hc 
r.iggkriuation  de  laplaye  ,  ccquip.oduit  vue  fifl:'..le,qui  tient  compn-iue  au 
malade  iniques  à  la  moit:on  peut  connoitre  par  la  co:^bi:-ii  four  vtiLs  ik  nc- 
cefr^ircs  les  Tentes,  maïs  ceux  qui  Ks  coue'amncnt  font  voir  leur  ignorance  en 
la  Thzoïic.Lettrcs  aioutécs  à  la  fin  du  Traité  de  laLUhotcrnie. 

Kkk     i 


444  Liure  Cinquième 


OBSERVATION     LXXXV. 

D'vne  Tierre  attachée  à  la  Vejfie. 

L'An  léio.ie  fus  dcmancîc  pour  aller  en  Alface  voir  vn  Gentilhomme  conll- 
derablr,auec  Mcflicurs  Félix  PUcer  &  Gaf^^ar  Bauhinnl  ctoic  cruellement 
todimentc  de  la  Pierie dés  plufieuis  années  ,  mais  iamais  aucun  Operateur  ne 
peut  la  dccouurir,quoy  qu'il  Te  fut  rouhouis  (crui  des  Médecins  les  plus  experts: 
ik  quelque  tffoit  &  diligence  que  l'appoitaifcoie  ne  peus  iamais  faire  en  forte 
ou  aucc  le  dcigt  ou  aucc  les  inftruments,  que  ie  pulîè  trouuer  la  Pierre  en  la 
vefTiecapiesfamoitfau  rapport  du  ditD.  BauhinJ  on  trouua  des  grofles  Pierres 
enfermées  dans  vnfac  particulier  ou  velli^s ,  qui  étoyent  attachées  &  liées  à  la 
vclîic:(îcn  ce  casvn  Operateur  eut  voulu  s'auétcr  feulement  auxiîgncs  de  la 
'  Pierre  >  il  les  auroit  tous  trouucs  (  exceptés  ceux  que  l'on  tire  de  l'attouche- 
ment par  le  doigt  &:  la  fondej  que  fi  en  fuittc  il  eut  voulu  entreprendre  l'Opc- 
ration,eut  rais  les  Tenailles  &  attrape  le  Calcul  auec  fa  couueiture ,  comme  il 
eut  été  aisc,&  l'eut  tiré  dthors,queferoit'ilarriuc  au  malade?  Certainement  on 
ne  pouuoit  attendre  chofe  que  la  mifcrc.ble  ilïue  de  ceux  qui  tombent  entre  les 
mains  de  ces  outrecuidei  ignorants,  alfauoir  vne  mort  lubite  après  de  grandes 
douleurs  en  la  veflic  &  inflammation  de  tous  les  viireres  internes ,  au  lieu  qu'il 
porta  quelques  années  cette  incommodirénl  ne  faut  pas  dire  auec  ces  arrogants, 
qu'il  faut  hazaidci  le  paquet  pour  deliurer  le  malade  de  ces  douleurs,foit  que 
cela  fe  face  par  vn  moyen  ou  autre  :  car  quand  le  Chirurgien  voit  qu'il  ne  peut 
rien  efpcFLr  par  la  Lithoiomic -il  ne  doit  pas  l'entreprendre.  Au  traité  de  la  Li~ 
thotomie  chap  8. 


OI\SERVATION     LXXXVI. 

Qu'après  lExtraBion  de  la  Tierre  ,  il  faut  diligemment  nettoyer  la 
vejfie ,  &  voir  s  il  n'en  refie  point,-. 

SI  qu(  Iqu  vn  croit  après  auoir  rire  vne  Pierre,  que  tout  eft  en  aiTurancc  ,  il  fc 
nompciadangcreufemcnr,  car  il  demeure  quelquefois  en  la  veiîic  vne  Pier- 
re ou  piuliujrs  ou  des  grands  fragments  qui  rendent  l'Opération  inutile,  de 
forte  que  ladnniere  mifere  eft  plus  grande  que  la  première  :  le  Docteur  Len- 
tulus,Medccinà  Berne,  m'a  raconte  auoir  ctc  prefent  guand  vn  expert  Opera- 

teax 


des  Opérations  de  Chirurgie.  445 

tcur  tira  de  la  veflîe  hcureufementvne  grande  pierre  à  vn  fils  de  Noble  Pierre 
Chambrier  Lieutenant  &  Gouuerneur  aux  Comtes  de  Neuf  Chaftcl&  Va- 
langin,auquel  il  en  demeura  encor  vne  autre  ,  comme  réuencmcnt  le  fit  voir, 
laquelle  augmenta  tellement  peu  à  peu  quelle  fît  de  grands  accidents  ,  bou- 
chant tellement  le  col  de  la  veflfie,  qu'il  faloit  faire  forcir  l'vrinc  ^ar  le  moyen 
du  Cathéter  :  ce  garçon  ayant  pafsc  quelques  années  en  cette  milere  ,  &  pris 
en  vain  plufieurs  médicaments  ,  enfin  fut  mené  au  village  d'Auueruier  en  la 
maifon  de  fon  père,  où  il  mourut  :  ayant  ctc  ouucrt  après  fa  mort,  on  trouua 
vne  grande  pierre  en  la  vcflie  &  l'vn  des  reins  tout  pourrie  confumc^jS^c.  Au 
chap.  ic).  du  traité  de  la  Ltthotomie. 


OBSERVATLO  N     LXXXVII. 
Sur  le  mémefuiet. 

LA  pierre  ayant  ctc  tirce,les  crochets  font  entièrement  neceifaires  ,  plutoft 
pour  voir  s'il  n'en  refte  point  quelqu'vne  en  la  veflîc,  que  pour  la  nettoyer 
du  fable  &  fang  caille  :  cette  recerchc  qui  fc  fait  auec  icclies  ,  doit  être  faire 
doucement,  ôc  s'il  fe  trouue  encor  quelques  grans  fragments ,  il  les  faut  tirer.' 
que  s'il  n'y  a  que  du  (able  de  du  fang  caillé,  il  ne  faut  pas  s'en  mettre  beaucoup 
en  peine,  car  la  nature  les  pouficra  dehors  fi  on  entretient  la  playe  ouuerte: 
ayant  remarque  bien  fbuucnt  que  la  nature  auoit  chafsc  quelques  iours  de 
fuite  après  roperation,des  fragments  &  des  pierrettesqui  ctoient  prefque  aufli 
grolîès  que  des  phaleoles  :  or  afin  que  telles  chofes  puillènc  fortir  aisément ,  il 
faut  introduire  dans  la  playc  vne  Cannulc  vn  peu  courbée,  &  l'entretenir  ou- 
uerte quelque  temps,  auec  beaucoup  de  foin  :  car  l'intention  du  Médecin  n'eft 
pas  de  guérir  feulement  la  maladie,  mais  aufli  de  preuenir  vne  rechute  :  Il  faut 
donc  entretenir  la  playe  ouuerte  iufqu'à-ce  que  les  reins  &  la  veflîe  foyent  bien 
nettoyés  de  leurs  impuretés,  ce  quife  fera  plus  facilement  paricellc  que  par  le 
conduit  de  IVrine,  à  caufe  de  fa  longueur,  tortuofitc  &  petitelïè-  Lettre  jo. 


OBSERVATION    LXXXVIIL 

*D*vn  fchirre  en  U  Vejfie  pris  pour  vne  pierre, 

MOnfieur  Cofme  Slotanus  Médecin  du  Duc  de  Ji.liers  ,  m'a  founcnr  ra- 
conté d'auoir  traité  à  Cologne  auec  le  Dod- ur  Banard  Dc'^nius  Cro- 
Xienburgius,  vn  Gentilhomme  auquel  on  trouuoît  tous  leb  fignes  de  la  pierre, 
hormis  qu'on  ne  découuroit  rien  auec  le  Cathéter  :  après  G  mort  on  trouua 


44^  Liure  Cinquième 

yn  fchiiie  ou  tumeur  dure  en  la  veflîcqui  ccoic  tellement  venu  gros  qu'il  cm-    \ 
pHlfoic  loute  la  cauirc,  &  à  pcfnc  auoic-il  laifsc  le  paflTage  à  Tyrine  ,  pac  eu  elle 
entre  ca  la  vcflîc:f^4^.  5.  de  la  Lithatomie. 


OBSERVATION     LXXXIX. 

D'vne  T'itrre  retenue  dans  le  conduit  de  la  Vejfte. 

0 

VN  Gcnril  homme  âge  de  40.  ans ,  rohufte  &  de  bonne  copfticution  êcoit 
(uicc  a  la  pieire  des  icinsd-s  quelque*,  années,  rendant  plufieurs  pkrrcr- 
tes  par  la  verg°,  Sz  quafi  à  l'oidinaîre  Au  CÀAc  parmi  les  viincs  fans  beaucoup 
d'incommoditCjà  ce  qu'il  dit.- mais  des  huit  moiscn  ça>vnepicire  étant  dere- 
chef uccendue  dans  le  conduit  .le  IVrine,  qui  s'enoiiarrcllc  auprès  du  balanus, 
elle  luy  caufadc  grandes  incommodi  es  ,  aifanoir  rétention  d'vriii-,  douleurs, 
Vtiiles  Vautres  accidents:  vn  d-nos  Médecins  luy  ordonna  des  icmedcs  géné- 
raux ^  topiques  félon  l'arta  laillant  en  arrière  l'exrracUon  de  la  pi  rre  :  cepen- 
dant les  douleurs  &  les  autres  accidents  ccllcrent  peu  à  peu  :  la  pierre  étant 
demeuré  arreftv-e  ,  il  me  vint  tiouuer  fcpt  mois  après ,  me  racontant  tout 
ce  qui  ctoit  arriuc5<:  mefaifant  mani-er  la  ^'artie  ,  ayant  tire  [c  prépuce  en  ar- 
rière contre  la  racine  de  la  verge ,  iSc  maniant  le  balanus  vers  la  corone  1  ic 
dccouuris  iiKontinent  la  pierre  dans  la  partie  charnue  du  membre ,  &:  crus  de 
la  pouuoir  aisément  tirer  par  àf.s  croch.  ts  &  autres  iaftium;nts  propres,  com- 
me ie  l'auois  fait  efpeicr  au  malade ,  mais  ic  fus  ti ompé  en  mon  opinion,  car 
ayant  mis  la  fonde ,  quoy  que  ie  recerch.iire  bien['dilig  mmcntjic  ne  pus  pour- 
tant pas  rrouuer  la  picrie  :  dés  ce  tem  si'y  ay  mis  quelquefois  vn  grand  Ca- 
théter bien  auant  fans  aucune  diifijLdté  &  fans  faire  douleur  au  m.tlade  ,  mais 
ic  ne  pus  point  tou  h.y  lapieirc,  parquoy  ie  ne  voulus  rien  cntrci  rendre  à  la 
VoIce,  vcu  qu'il  rendoi:  l'vrine  fans  pêne,  mais  pourtant  plus  fouuent  que  de 
coutume:  on  voit  parla  comme  la  nature  cft  admiiablc  en  fes  œturcs,  laquel- 
le ne  fe  f>.ntant  pas  af  es  f  )rte  pour  chuifer  cette  pierre  hors  du  corps,  a  foi  me 
vn  finus  en  la  partie  charnue  du  membre  viiil,5i  la  couucrt  d'vne  membrane, 
pour  moy  i'cftimc  que  ce  finus  a  quelque  pait  trou  en  quelq  le  j.Mrt,par  lequel 
les  humeurs  fupcrflues  quis'amairnt  autour  de  la  pierre,  le  vont  rendre  au 
40nduîr  de  Kvi  inc  :  aînii  i'ay  remarqué  que  des  pi.  rres  ont  été  enfermées  plu- 
(iTurs  années  en  des  parties  nobl.  s.  comme  au  cerucau  &  au  cœ.jr ,  fans  auoir 
donne  aucune  incommodité  au  malade,  tant  eft  foigUwufc  la  nature  de  confer- 
ua l'indiuidu.  Obftrmu»  jôyCenti^» 

OBSER' 


des  Opérations  de  Chirurgie.  447 


OBSERVATION       XO^ 

Des  îtjflruments  propres  à  recenolr  Pvrme  en  ceux  qui  ne  peuaentj 
pas  la  retenir. 

Î'Ay  inuentc  crois  in(Vrumcnts  pour  ceux  qui  nepcuuent  pas  retcnir'Jeur  eau, 
maïqucs  A  B  C  dclçuels  A  fc  met  entre  les  cuilîès  du  malade  quand  il  crt; 
couche  fur  le  dos,  B  quand  il  cft  couche  furie  coftc  droit,  &  C  quand  il  eft f>ir 
legauche:  ces  inftruments  font  très  propres,  defqueis  ic  me  ("uis  heurcufc- 
jmtnt  ferui  en  Monfîcur  Wyl ,  de  forte  qu'il  ne  s'en  perdoit  pas  vnc  goutte: 
mùis  voyant  qu'il  étoit  fâcheux  de  scw  feruir  de  tant,  i'en  ay  inuentc  vn  en- 
cor  plus  propre  ,  car  foit  que  le  malade  foit  couche  fur  le  dos  ou  furies  coftc's, 
il  s'aiuftetrcs-  bien  par  tout:  on  le  fait  ou  de  terre  ,  ou  d'eftain  ou  même  de  ver- 
re, de  telle  grandeur  qu'il  puiflè  contenir  vnc  liure  ,  ou  vne  iiure  &  demi  d'v- 
rinc. 

La  Figure  ie  Cïnftrument  efl  la  5.  de  la  Table  XIV. 

Il  n'y  a  que  les  hommes  qui  fe  puifîènt  feruir  de  cts  inftruments  ,  mais  i'ay 
inuentc  pour  Icsfemmes  vn  inftrument  rcprefcntc  au  traite  de  la  Lithotomic^ 
chap,  il .  *'3oyés  les  figures  x.  &  5.  de  la  table  X IV.  lequel  eft  fort  propre,  prin- 
cipalement fi  on  met  dans  les  parties  vn  fil  de  laine  épais  en  forme  de  lumi- 
gnon, en  forte  que  la  partie  fuperieure  entre  dans  le  col  de  la  vcflîe  ,  &  l'autre 
bout  dans  le  vaiircau:  Obferu.  54.  Cent.  6. 


OBSERVATION    XCI. 
D'v»  Injlrument  profre  a  receuoir  Pvrine   en  marchant, 

VN  vieil  Capitaine  3e  Fribourg,incommodc  de  la  goûte  noiieufe  des  long- 
temps,a  commencé  de  fe  plaindre  il  y  a  cnuiron  vn  an  d'vne  cuifon  &  a- 
crimonic  d'viine:  Les  Médecins  de  Fribour^  &  moy,  auons  ordonné  plufieurs 
remèdes  pour  l'adoucir,  mais  qui  n'ont  de  rien  ferui ,  caries  humeurs  qui  àc- 
cendoyent  auparauant  furies  iointures  &:  y  caufoyent  de  grandes  douleurs ,  fc 
vont  maintenant  rendic  aux  reins  &  aux  partages  de  l'vriue  :  à  caufc  dequoy 
cette  acrimonie  eft  fi  grande ,  qu'il  eft  oblige  de  la  rendre  à  chaque  momenib 
mais  par  contre  il  n'cft  parfi  fort  incommodé  de  fa  goutte  >  &  fc  porte  afsés 
bien,  de  forte  qu'il  poarroii  fouuent  fortir  de  la  maifon  >   u'cftoit  cette  ia* 


44    *  Liure  Cinquième 

continence  d'vrine  pour  le  foulagec  de  cette  incornmodiccj  i'ay  inuentc  vn  îa' 
rtrtiment  qu'il  porte,auec  lay,  dans  lequel  l'vniie  découle  :  c'cft  vn  tuyau  fait 
au  cour,  au  bout  duquel  eft  accachcc  vue  veflTie  de  bœuf,  il  eft  attache  par  le 
haut  à  vn  corfct  ou  pourpoint  fait  de  toile  double,  il  eft  trcs-comn:iode, parce 
qu'il  le  peut  porter  autant  à  pic  qu'à  chcual,  car  la  veflie,  tient  fi  bien  l'eau 
qu'il  ne  s'en  perd  pas  vne  goutte:  mais  le  malade  l'ayant  trouuc  à  la  fin  incom- 
mode à  caufc  de  la  moiteur  de  la  velTie,  cela  m'a  oblige  à  inuenter  vn  vailïèau 
dans  lequel  il  met  le  membre  viril ,  lequel  s'atcacheauflî  au  corfet  :  il  eft  fait 
de  terre,  mais  il  fera  plus  commode  d'argent ,  cuiure  ,  eftain  ou  de  fer  blanc 
eftamc  :  le  dehors  de  ce  vailîèau  eft  vn  peu  en  tond ,  mais  aux  coftcs  vers  les 
cuillès,  il  auancc  beaucoup  d'auantage:  il  doit  contenir  enuiron  demi  liurc: 
Obfernat.  55.  Cent.  6. 


OBSERVATION     XCII. 

Du  PrepHce  attaché  au  "B a! anus. 

VN  ieun  homme  âgé  de  10.  ans ,  époufa  vne  fille  afscs  belle,  mais  rendant 
mal  Ton  deuoir,  ils  furent  bien-toc  enfembleen  difcorde,  à  cau(-  dequoy 
ils  furent  âpclcs  au  confiftoire  matrimonial  ,  qui  voulut  fçauoir  la  caufe  de 
leur  diir.nfion,  chacun  amenant  des  raifons ,  quoy  que  peu  vray  femblablcs: 
elle  ayant  été  prefsée  de  dire  nettement  L  vérité,  dit  que  Coix  mari  la  tourmen- 
toitd'vne  étrange  façon,  (ans  luy  donner  aucun  plaifir,  la  lallant  iufques  à  ex- 
coriation: pour  en  découuiir  la  caufe:  on  orùonna  que  ie  vihterois  Tes  parties, 
alors  ie  remarquay  que  le  l-^repuceetoic  attaché  bien  ferme  au  Balauuspar  dsC- 
fous,  parle  moyen  du  ligament,  ce  forte  que  quand  le  membre  croit  tendu, 
le  Balanus fe  courboit  vers  le  périnée,  &  qu'il  vcnoit  enricrcment  courbe  ôc 
redoublé,  or  cette  redupli:atiou  croit  caule  de  toute  laditfijuké  dans  la  con- 
iondion:  L'ayant  donc  purgé  c>i  faignéie  le  mis  fur  vn  fiege  Ôc  ayant  fut  te- 
nir bras  &  iambes  par  Aqs  feruiteurs,  ie  leparay  le  Prépuce  d'auec  le  B.Janus 
auec  vn  couteau  feparatoire  ,  puis  mis  vn  linge  double  trempé  en  vn  blanc 
d'œuf  entre  le  Prépuce  Ôc  le  Balanus:  après  le  premier  appareil ,  ie  mis  du  di- 
gcftif  quelques  iours  de  fuite,  par  après  des  deficcarifscSt  des epulotîcs,  &  luy 
permis  de  s'approcher  quelquefois  de  la  femme-"  ilfutainfi  dcliuié  de  cette  in- 
commodité. 

Elle  peut  venir  de  deux  caufes,  ou  à  caufe  d'wn  viccre  au  Prépuce  ou  au  Ba- 
lanus, ou  de  nature:  car  en  pençant  vn  Vlcereau  Prépuce  ou  au  Balanus,prin- 
cipalcment  aux  enfants,  ilsfeconioignent  enfemblç;^  de  forte  que  le  Prépuce 
ne  peut  pas  être  tiré  en  arrière,  ce  qui  empêche  la  propagation  :  Il  faut  donc 
«ne  le  Chirurgien  apporte  vne  grande  diligence,  quand  ils  traite  telle  forte 

d'vlceres 


des  Opérations  de  Chirurgie.  449 

d'vlccres  :  TauDis  âcoutumcd'y  mettre  vnc  lame  de  plomb  vn  peu  courbe  & 
afscs  cpailfe,  par  fois  aufli  quelque  poudre  dcfîccatiue  comme  de  plomb  brû- 
le, litharge,  cerullè  &c.  en  bonne  quantité:  mais  en  nôtre  malade  ,  cette  cc- 
hcrence  luy  étoit naturelle,  comme  cela  arriue  Icplusfouucnt ,  &  principale- 
ment aux  icunes hommes  quand  ils  entrent  en  chaleur,  car  tout  ce  ligament  fc 
rompt  ou  bien  fe  rclache,&  s'étend  tellement  à  caufc  de  la  fréquente  credioni 
que  par  après  il  ne  leur  donne  que  peu  ou  point  d'incommodité:  mais  quand  il 
cft  necclFaire  de  couper  ce  lig.iment,  il  faut  faire  en  forte  qu'il  foit  coupé  pré- 
cisément par  le  milieu ,  de  forte  que  l'on  ne  touche  point  au  prépuce ,  encor 
moins  au  balanus,  piincipalcmentfi  ce  ligament  n'efr  pas  tout  au  bas  d'iceluy, 
car  on  pourroit  bien  percer  en  cet  endroit  le  conduit  d^  l'vrine,ce  qui  cau- 
feroit  vnefîftule,  par  laquelle  3c  l'vrine  Se  la  kmence  viendroyent  à  s'écouler.* 
que  fi  on  ne  peut  pas  faire  autrement,  il  vaut  mieux  couper  du  prépuce  que  du 
balanus,  car  en  perçant  celuy  là ,  l'incomm-oditc  &  le  mal  ne  fera  pas  fi  grand 
que  fi  on  perçoit  le  conduit  de  l'vrine:  Paul  i€ginctaliu.  6.  ch.  5(5.  cft  bien  d'vti 
contraire  âuis,  car  il  veut  que  l'on  ôte  plutôt  du  balanus  que  du  prépuce,  ce 
qu'il  faut  entendre,à  mon  âuis,  quand  le  prépuce  tient  aux  parties  charnues  du 
balanus,  aux  côtés,ou  en  haut,  car  il  eft  certain  que  l'on  ne  fçauroit  le  faire  aii 
bas  fans  offcnccr  le  conduit  de  l'vrine,  vea  qu'en  cet  endroit  il  n'efl  couucrt 
que  dVne  membraaç  déliée,  laquelle^fi  elle  cft  coupée,  ne  fe  reliait  qu'auec  vnc 
grande  peine.  Ohf.  54.   Cent.  3. 


OBSERVATION     XCIII. 

De  tmpHÎJJance  vénérienne  ,  à  cauje  de  lapetitejjè  &  dureté  du  ligament» 

de  la  verge. 

IE  ne  trouue  aucun  maléfice  en  l'homme  que  vous  m'aucs  enuoyé:  quant  à  ce 
qu'il  n'eft  pas  propre  à  l'ade  vénérien ,  i'ay  trouué  que  cela  vcnoic  du  liga- 
ment, car  il  étoit  tellement  court,  dur  &  fort,  que  iamais  ie  n'en  ay  veurii 
femblable  ,  outre  qu'il  ctoit  attaché  iulqu'au  conduit  de  l'vrine  :  pour  cette 
raifon  en  l'cxtenfion  de  la  verge  Ôc  en  tirant  le  prépuce  ,  le  balanus  fe  courboic 
quafi  iufqu'au  périnée,  ce  qui  ctoit  caule  qu'il  ne  trouuoit  aucun  plaifir  en  la 
copulation:  vous  me  demandes  pourquoy  c'cftqu'àla  première  fois  qu'il  ap- 
procha de  fon  êpoufc,  l'éiaculation  Ce  fit  mieux  qu'elle  ne  s'eft  fait  par  après, 
ie  relpons  qu'il  faut  attribuer  cela  à  l'imagination,  veu  que  la  caufe  du  mal,  & 
ce  défaut  du  ligament  y  étoir  aufli  bien  au  commencement  qu'en  fuire  ,  mais 
il  alla  auec  vne  Ci  grande  ardeur  en  la  première  attaque,  ôc  fon  cfprit  fut  telle- 
ment occupé  qu'il  n'éccit  pas  alors  capable  de  conoiftrelc  bi.-n  d'aucc  le  mal: 
l'autre  iour  ie  fcparay  ce  ligament  d'aucc  le  balanus  ,  mais  auec  plus  de  diifi- 

Lll 


MO  Lîure  Cinquième 

culte  qu'en  celuy  d jqucl  i'ay  parle  ci-deiïus  :  çauroic  ccc  Ton  bien  s'il  aiioîc 
voulu  demeurer  d'auauiageicy,  car  il  vicnr  quelquefois  à  le  rcioiiidie  ;  mais  ie 
luy  ay  baille  des  remèdes  auecidqucls  il  pourra  le  traiter  luy  même:  O/'/tfr.ôo. 

Cenr.ô. 


OBSERVATION     XCIV. 

De  lajlerilùé à  caiife  de  la  excejf^xe  longueur  du  membre  vtriL 

VN  ieuiie  Gcniil- homme  lobuftc  &  de  fort  haute  taille,  cpoufa  vne  De- 
moi(ellc  belle  .3c  de  bonne  conftituiion,  qui  neantmoins  fut  ftcrilc  iuf- 
qu'à  la  lecondc  année,  &  enfin  tomba  en  Cacochymie;  fa  mère  en  ayant  vou- 
lu fçauoir  larailon,elleluy  leponditqucfon  maii ,  parla  longueur  demefurcc 
de  fon  membre  viril  hiy  faiioic  des  grandes  douleurs  qu'elle  fcntoic,  non  feule- 
ment en  l'accouplcmcnr,  maisaufli  après,  6c  que  fes  parties  honteules  ctoyenc 
offc'ncccs,fa  merc  y  ayant  porte  ks  ycux,vic  qu'en  cl$  c  le  col  de  la  matrice  écoic 
exulceré,  à  caule  dcqaoy  elle  l'amena  à  Cologne  ,  ou  i'cxerçois  ma  profclfion  en 
Tan  155)3.  Ayant  été  informe  de  tout  par  la  mcic  ,  ie  conftillay  qu'elle  s'abftint 
pour  quelque  temps  de  la  compagnie  de  fon  mari  ,  cependant  icla  purgeay 
par  interualks,  &c  luy  lis  prendre  des  apozemes  aperitifs,à  caufc  des  obftrii- 
tlions,  6«:  des  corroboratifi,:  ia  rncre  luy  mettoit  dans  la  matrice  vne  mucilage 
defemence  de  coins  extraitte  auec  eau  de  plantin  &c  de  rofes  à  laquelle  i'auois 
âioutc  de  la  Tutie,  de  la  Ccrufc &  de  la  corne  de  Ccif  bruîce  &  préparée  ,  ¥cï- 
terant  deux  ou  trois  fois  le  iour/  l'cnfiarc  du  col  de  la  matrice  ayant  cefsé  par 
ces  remèdes,  &  l'excoriation  étant  guciie,  fon  mari  la  vint  trouuer  à  Colo- 
gne qui  la  foliicitaitllefe  voyant  bien  en  pénc  à  cauic  des  douleurs  qu'elle  auoit 
foufFcrr>uae  fit  derechef  demander  ,  ic  luy  conleillay  de  fe  Irruir  d'vn  Inftru- 
mcnt  fait  en  ccuilon^rcprefcnté  ci-delfous,  fait  de  liège  6c  garni  de  laine  ,  le- 
quel il  appliqueroit  fur  fon  membre  au  temps  de  la  copulation  ,  de  peur  qu'il 
n'entra  trop  auant  :  cet  inrtriimcnt  auoit  d'cpaiilcur  autant  que  ic  peus  con^ 
ied:urcr  que  le  membre  viril  pouuoir  auoir  de  trop  en  longueur:  il  y  auoit  vn 
trou  au  milieUî  par  où  il  le  faiibit  palier;  il  étoic  en  dehors  vni  6c  égahmais  vu 
peu  creux  par  dedans, à  caufe  del'extubciance  de  l'os  pubis  ,  ôc  bien  garni  de 
laine  6c  de  coron  par  tout:  il  reliflit  fi  bien  que  non  feulement  elle  pouuoit  ad- 
mettre fon  mari  fans  douleur,  mais  qu'elle  commença  à  y  trouuer  du  gouft, 
comme  la  fuite  le  fit  voir,  car  vn  peu  de  teinps  après  elle  dcuint  enceinte,  6c  fit 
vncbelle  fille:  on  voir  par  là  qu:  par  fois  des  grandes  maladies  viennent  de 
petits  commencements ,  car  fi  on  n'y  eut  pas  pouiMieii,  il  eft  ceitain  qu'il  s'y 
feroît  faicvn  vlcere  putride,  fordide  &incurable. 

Voici  la  forme  de  i'ccuilbrt  aucc  fes  cordoiis,  voyés  lafg.C-de  U  table  XIV, 


des  Opérations  de  Chirurgie.  451 

qu'il  faut  âtachcr  au  dos  auant  la  copulation,  de  peur  qu'il  ne  tombe,  (à  gran- 
deur dépend  de  U  taille  du  corps,  &c  delà  groifcur  du  membre  \id[iOi>fer.  6i. 
Cent.  6. 


OBSERVATION     XCV. 

'De  l  Amputation  an  membre  viril  à  caufe  d'vn  Fnngus  ChancreuK. 

Pierre  Perrod  maréchal  au  village  de  Crefciac  prés  de  Laufanne,  âgé  de  qua- 
rante ans,  d'vn  tcmperammcnt  mclancholic,  uc  des  fa  ieunciïc  vne  verrue 
qui  n'étoic  pas  plus  grolfe  qu'vnc  lentille  au  bout  du  balanus ,  laquelle  ne  luy 
f.iifoit  aucun  mal ,  iinon  qu'il  vint  à  heurter  contre  quelque  choie  ,  &  tan- 
dis qu'il  n'eut  point  de  femme  :  mais  des  qu'il  fut  marié ,  il'  fcntit  vne  grande 
&  continuelle  douleur  ,  à  caufe  delà  confcication,  de  forte  qu'il  fut  oblige  de 
s'abftcnir  de  (a  femme  treize  ans  entiers  ,    par  fuCLcflion  de  temps  la  douleur 
augmenta  &  la  verrue  feconucrtit  en  vn  Chancre  monrtrucux  de  la  grollcur 
de  la  telle  d'vn  cnfint   :    le  membre  ctoit  transforme   en   vne  malle  de 
chair  inégale  &  liai  Je  auec  vne  fi  grande  puanteur  que  fcs  plus  proches  n'o- 
foyent  pas  l'aborder:  il  y  auoir  aufli  quantité  d'vlcefes  tout  autour  de  ce  fungus; 
par  lefquf  Is  l'vrine  fortoic:  le  mal  donc  allant  tous  les  ioursen  pis,il  s'adrciia  à 
plufieuis  Médecins  ck  Chiiuigiens,  tant  Rationels  qu'Empiriques  ,  mais  fans 
fruit;  aiuli  le  malade  étant  réputé  pour  incurable,&:  mêmes  en  danger  delaviçi 
chacun  fut  ému  à  compailion,  d'  ^ns  prié  de  luy  donner  fecours  :  ayant  donc 
fait  le  prognoftic,  i'cntrepiisla  Cure:  mais  ayant  bien  examiné  le  mal ,  ie  vis 
qu'il  ne  pouuoir  pas  erre  plus  gvaad,car  le  Chancre  auoit  dé- ja  étendu  Its  ra- 
cines iufqu'aux  mufcles  de  l'abdomen,  parquoy  i'aimay  mieux  venir  au  der- 
nier remède,  qui  ctoit  découper  le  membre  ,  que  de  laiilèr  plus  long- temps 
ce  panure  homme  en  cette  miferc:  le  proceday  ainfi,prcmierementap.c6  auoir 
ordonne  viie  oonne  façon  de  viure,ie  le  purgeaydoucemeiit,  Iclendemain  ic 
luy  tiray  fix  onces  de  Inng  du  bras  gauche,  &c  pour  préparer  d'auanfage  les  hu- 
meurs &L  les  purger,  ie  luy  fis  prendre  quelques  apozem^s  ,  aiafi  le  corps  ayant 
ête  bi  n  ncrro)C,  .?i  luy  nyaat  fait  décharger  la  vcflîe,ie  le  mis  fur  vn  fi.ge,  iC 
en  preletîce  de  pluficursie  luy  coupay  le  membre  viril  lésl'abdomcn,  puis  i'y 
ipis  de  ma  poudre  à  arrêter  ie  fang  fur  âzs  étoupes  trempées  en  vn  blanc  d'œaf, 
pi;i>  i'apliquay  fur  les  aines  5i  le  fcrotum  des  linges  doubles  trempés  en   oxy- 
crat,  que  i'atachay  auec  les  bandes:ce qu'étant  fiir,  je  mis  àzs  hommes  auprès, 
.  qui  tour  à  tour  tcnoyeut  fermes  les  étoupes  ou  étoit  la  poudre  auec  la  main, 
mouillée  en  oxycrat  pour  empêcher  le  fang  de  fortir:  car  le  Cautère  aduel  eft 
fort  dangereux  en  ce  cas,  parce  qu'il  bouche  le  conduit  dervlccre,  &  qu'il  at- 
tire aisément  vne  inflammation  fur  la  veflîe  ^<.  les  parties  voifines  :    la  pbyc 

LU  X 


4îi  Liure  Cinquième 

ayant  êccainfi  lice  au  premier  âpareil,ic  n'y  couchay  point  iufqu'auleRdcmaîn: 
puis  .lyant  mis  du  di^cftif  les  picmieis  iours,  «S»:  oint  le  ventre  &  toutes  parties 
qui  font  à  lenteur  auec  huyle  rofat  &  myrthin  ,  ic  mis  vn  dcfeniîf  au  bas  du 
ventres  ^  guéris  laplayc  à  la  façon  accoutumée  :  il  fut  par  ce  moyen  parfaite- 
ment remis:  &:  pour  bailler  pafTàgc  à  l'vrinejil  fe  (eruoit  de  l'inftrument  fui- 
uant ,  pris  de  Parc  liu.  13.  ch.  9-  duquel  il  fe  fcruoit  Ci  viilement  (  la  cure  étant 
achcuce^quc  ctlane  luybailloit  aucun  empêchement  ni  douleur,  faifant  à 
merucilles  le  relie  de  les  fondions,  &c  auec  vnc  ferme  fantc,:  de  forte  que  tous 
ceux  qui  l'auoycnt  vcu  anparauant  l'admiroycnt. 

Or  comme  quelques  vnseftiment  que  le  Chancre  ayant  été  coupe  en  vn  lieu> 
il  vient  à  renailtre  en  lautrejil  faut  remarquer  que  cet  homme  a  vécu  plufieurs 
années,  8c  il  robufte  qu'il  a  peu  exercer  Ion  mcftier  S<  les  œuures  ruftiqucs 
fans  aucun  empéchement^rendant  auflTi  librement  fon  vrinc,  mêmes  fans  cette 
Cannule  de  laquelle  il  s'éroit  feruiau  commencement,  la  pouHànt  aufli  loin 
que  s'il  auoit  eu  fon  membre  entier:  11  m'a  dit  auffi  à  diuerfcs  fois  qu'il  fe  fcn- 
toit  incité  aux  chofes  vénériennes. 

Fi^un  de  Îa  Cannule  eft  en  ta  table  XV.  rm,u 

LafigHYei,delatahle  15.  montre  feulement  la  forme  de  re  Fungus  Chan- 
ercux,  cat  il  r/y  a  pas  afscs  d'efpacc  pour  en  rcpreknter  la  grandeur,:  ic  la  gar- 
de en  mon  Cabinccr 

A  la  partie  fu^crîcure  du  membre  vifîl,  à  l'endroit  ou  il  eft  coupe  prcs  4u 
ventre. 

B  c'eft  vn  corps  calleux  de  couleur  obfcurc  :  Le  refte  de  cette  malîè  croit 
rougc,  li.iiJe  &»bfcure,  remplie  de  tous  coftcs  d'vlcercs  profonds  &  pourxis> 
par  où  l'vii.ic  foitoit .  Obfer.  iZ.Ctnt  3. 

Au  temi  d(  la  gneire  qui  fut  entre  le  Duc  de  Sauoye  &  la  Republique  de  Gc- 
neue,  vn  foldat  ût  le  membre  viri"!  emporte  d'vn  coup  de  moufquct  ;  ayant  été 
mené  en  ville,il  fur  hcurenfcment  guéri  par  Me.  lean  Griffon  Chirurgien  tres- 
renommc,  mais  il  n'y  auoirpas  eu  vnc  grande  hsmonhagit  ,  autrement  cette 
Opération  eft  dangercufe,  a  caufe  de  la  profulion  du  fang.  Obferu.îi.Cent.^. 


OBSERVATION     XCVI. 

Qti^dy  a  dn  danger  eu  lafcCîion  du  membre  'viril. 

I'Ay  baillé  vn  exemple  de  la  fedion  du  membre  viril  qui  a  bien  rclifli' ,   feu 
vc.x  maintciiiuitproduifc  deux  j  qui  fetQHt  Yoii:  que  c^tu  Oj^eraJon  clî 
«lanj^erciife. 


des  Opérations  de  Chirurgie.  4^3 

L'au  1581.  vn  Payfan  de  Filtin  allant  à  Teniplete  àla  Marclie,Villc  en  Frrince, 
&  portant  fa  bourlc  qui  ctoit  bicn_gainic  attachée  au  coljfut  cpic  par  vn  coa- 
penr  de  bouiTcs ,  lequel  ayant  fongc  comme  il  l'a  pourtoit  couper  ,  remarqua 
que  quand  il  fe  pcnchoit  fur  le  dcuant,cetre  bourre  luy  pcndoit  dans  les  chauf- 
fes,&  que  quand  il  fc  redrcffoic  qu'elle  rtmontoit  iufqucsvers  le  Nombril:  ce 
Filou  l'ayant  veu  dcuant  vue  boutique  ou  il  marchandoit ,  approche  bcllcm«ot 
&  fourrant  la  main,p^r  la  fente  des  chaulïcs^cmpoigna  en  même  temps  la  bour- 
fe  ôc  le  membic  qu'il  coupa  toutd'vn  coup  :  ce  miferable  tomba  par  terre  8c 
mourut  à  l'inftanf. 

L'an  ijSz.vn  homme  de  40.  ans  ,  d'Hilden, ayant  vn  Vlcere  mah"n  ôc  puant 
auBalanus,  fe  mit  entre  les  mains  d  vn  Chirurgien  quin'ctoit  pas  des  plus  habi- 
les ,  lequel  ayant  coupe  le  Bvilanus,&  n'étant  pas  garni  de  poudres  à  arrêter  le 
fang,  tandis  qu'il  faifoit  êchaufer  le  premier  fer  qu'il  trouua  dans  la  cuifînc  3  il 
fsruint  vue  fi  grande  hîcmorihagie  que  le  malade  mourut  peu  de  iours  après, 
car  cette  grande  eifufion  de  fang  luy  affoiblit  tellement  les  forces,qu'elles  ne  fc 
peurent  iamais  remettre:  que  les  icunes  Chirurgiens  apprennent  de  là  qu'il  faut 
apporter  vne  giandc  diligence,  qaand  il  eft  queftion  de  couper  ce  mcmbrt: 


OBSERViTION    XCVII. 

D'Orne  Carunoile  en  la  Verge. 

TOus  les  Anatomiftes&  Chirurgiens  fçauent  que  le  conduit  delVrine  a 
vn  ex.juis  fentimenr,  de  la  vient  la  difficulté  qu'il  y  a  à  guérir  les  Carun- 
cules  qui  i'y  engendrrnr,  veu  que  le  mal  demande  pour  fa  guerifon  des  médica- 
ments acres  &  corrolîfs  en  quelque  façon  ,  Itfquels  la  partie  ne  fçauroit  endu- 
rer fans  vn  grand  dangc-rjprincipalemcnten  ceux  qui  font  délicats ,  En  voici  vn 
exemple. 

Vn  Gentilhomme  Pariiîen  étant  incommode  dVne  carnofitc  qui  luy  ctoit 
refté  après  vnegonoithée  viiulente,  vn  Chirurgien  fit  vne  inicdionauec  la 
fyringue  d'vn  médicament  acre  qui  fat  fuiiiie  incontinent  dVnc  grande  dou- 
leur, puis  d'iniîaiiimation&  de  fièvre,  &rvrine  fut  entièrement  arrêtée,  ve- 
nant à  décéder  peu  de  iours  après  auec  de  grands  tourments  :  on  voit  par  la 
que  le  Capitel  de  Vig<> ,  &  fcs  Tiochifcs  de  miuio  ou  entre  l'Arfenic  ,  ne 
pcuuent  pas  être  appliquées    fturcment  fur  Içs  Catuncules  ,    Obferuati&n 

*  .  LU  5 


454  Liure  Cinquième 


OBSERVATION     XCVIII. 

De  CarnpHUtion  d'vn  prépuce  monjlrueux, 

LE  Prépuce  pcndoit  outre  mefurc,  5c  quafi  monfti-ueufementdcs  la  nailTàn- 
cc,à  vn  ieunc  homme  de  2i.ans  ,  car  il  étoit  tellement  de  f  rauers  fur  le  dc- 
uant,que  quand  l'vrine  foitoit,  clic  luy  vciioit  leiaillir  vers  le  Ventre.  Ainfi  il 
ne  pouuoitiamais  décharger  ia  veflTic  fans  le  mouiller  les  h.ibics  ,  fmon  qu'en 
lâchant  l'éguillette  il  alla  aux  commodités  :  or  quoy  que  cette  partie  du  Prépu- 
ce ne  fut  pas  fimplcment  vne  membrane, comme  cft  naturellement  le  Pn  puce, 
maisplafloftvne  certaine  fubftancc  charnue  ,  fi  eft-ce  que  l'vrine  qui  foitoir, 
ctoic  retenu:  fous  le  Pfcpucc,  (S^l'étendoit  extrêmement  iufqucs  au  milieu  de 
lavcrgv-tcarle  Prépuce  étant  ainfi  de  trauersvS:  redoublcjUvrine  ne  pouuoit  pas 
fortic  d'elle  mêmc,{îno;î  qu'il  eut  loiigtems  titc  auec  les  (i^igts  le  Prepuct  auec 
le  B.lanus  :  à  caule  de  cz  continuel  mjaiement&  artradtion,  le  membre  viril 
luy  ctoit  venu  beaucoup  plus  gros  que  l'ordinaire  :  or  l'ayant  bien  prepiic 
pour  i  Opération  par  bonne  fltçon  de  viure  purgations  !5c  faignce ,  ie  coucha/ 
le  m  lia  le  fur  le  dos  &  ayant  (aiii  «Se  ferre  le  Prépuce  auec  l'inlliumciitj-ippclc 
Caftrat.nir  par  les  Chirurgiens,  ie  le  cdupay  prés  leBalanus,puisi'y  mis  de  la 
poudrée  tout  ce  qui  étoit  necefTaire  pour  arrêter  l'haernorrhagie  ,  &  de  peur 
que  le  prépuce  ne  fe  letira  mal  à  propos  5c  outre  melurc  ,  i'y  mis  vne  Cannule 
de  plomb,  par  ce  moyen  il  fut  h:ureufement  gucri:mais  il  faut  remarquer  que 
ienc  peus  iamais,  quelque  foin  que  l'y  ayc  apporté  ,  tirer  le  Prépuce  au  delfus 
duBalanus  6c  empêcher  qu'il  ne  fe  rcioignit ,  ce  qui  arriua  apurement  à  caufe 
de  cette  fubftance  charnue,de  laquelle  i'ay  parlé auparauant:  l'vrine  neantmoins 
fort  à  prefent  librement  &  fans  aucun  cmpc'chement,  croyant  qu'il  en  cft  de 
même  de  la  femence  ,  veu  qu'il  s'eft  marié  ,  quoy  qu'il  ne  puilFe  point  ôtcr  le 
Prépuce  de  delTus  le  Balanus- 

figure  de  ce  Prépuce  monjîrueux  Tig.  6.  tnb.  14. 

A  la  fubftance  du  Prépuce  qui  a  été  coupé,charnue  &  afsés  dure 
B  &  G  le  conduit  de  l'vrine  ridé  &  de  trauers. 

D  la  partie  inférieure  de  la  verge  qui  cft  2L^dit  fatuccjqai  ctoic  «lure  & 
tendue  comme  vne  Corde. 

A^DDJ- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  455 

ADDITION, 

le  vous  ay  écrit  en  ma  dernière  lettre,  que  quelque  pcfnc  que  i'ayc  pris  ,  ic 
n*ay  iamaispeu  amener  le  Prépuce  au  dcllus  du  Baianus  ni  empêcher  qu'ils  ne 
fe  foyent  rcioints  ;  or  vous  fçaurcs  que  cekeft  arriuc  parce  que  le  malade  n'a 
pas  voulu  confcntir  en  la  première  Opération, que  iecoupalTe  tout  ce  qui  ctoic 
de  trop,car  il  apprchendoiteKtrememcntquc  ie  n'offcnfallè  le  Baianus,  ainfi  ce 
qui  ell  reftc,eft  tellement  demeure  attaché  à  la  partie  antérieure  du  Baianus, 
qu'il  ne  rcftoit  quafi  point  de  trou  pour  le  palKige  de  l'viinc  :  partant  m'ctant 
venu  rtouuervne  féconde  fois  ,  ieluy  coupay  hcureufcment  vn  petit  morceau 
du  Prépuce  de  la  largeur  du  Pouce  :  ainfi  iceluy  s'cfl:  tellement  retire  qu'il  ne 
pouuoit  plus  couurir  le  Balanu'cil  n'en  fcnt  neantmoins  aucune  incommodité 
&  fe  comporte  afscs  bien  en  fon  mariage,  Oh  féru.  81.  Cent.  IV. 


OBSERVATION     XCIX. 

De  la  Cajiratton. 

VN  certain  Claude  Tripai  de  Laufanne, étant  incommode  d'vne  hernie 
inteftinalc  au  coftc  droit  des  longtemps,  vint  à  Laufanne  ou  il  futchaftrc 
mais  malheureufement ,  parce  que  dans  l'Opération  on  coupa  en  même  temps 
vne  petite  portion  del'inteilin  ,ainfi  il  furuint  vne  violente  &:  continuelle  dou- 
leur,quifutfuiuicde  veillcsjinquictudcs,  fiéure&  lypothymic,  com*me  aulTi  de 
roux&vomillèmcntjincontincnc  après  rOpcraiion  ,  quictoycnt  fi.  violents 
que  le  cordon  auec  lequel  on  auoit  lie  le  PiocclIuS  du  Periroine  fut  inconii- 
nent  détache  ,  les  excréments  venarts  à  fortir  cctre  nuit  même  par  la  playe  & 
longtemps  par  aptes  ;  car  le  malade  iurc qu'il  s''-fl:  piGé  plus  de  huidl  fcmaincs 
fans  qu'il  ait  rien  rendu  par  le  Ventre  ,  mai^  qi.e  tous  ili>  cxcrtm.:nts  luy  font 
fortis  auec  des  vers  par  la  playe.  Enfin  les  douleurs  fc  font  appaisées  en  partie 
(çd.1  il  en  fciJt  cncor  àpresêt&  à  rordinaiie.de  forte  qu'il  ne  peut  march  r  que 
voûté  &  appuyé  lur  vn  bafton  ^  &:  U  tiéuicauec  les  autres  accidents  entière- 
ment, mais  il  luy  cft  demeuré  vne  fiftuleen  l'aine  parlaqnellcla  matrice  fccalc 
fou  encor  àprcfent,maisnon  pas  en  fi  grande  quantité,  fans  U'antmoins  auoic 
l'odeur  des  excréments  j  ce  qui  cft  admirablc.'Le  mal;  'en^'a  raconte  vne  partie 
de  ceci  &  m'étant  venu  trouncr  le  premier  de  ce  mois, pour  me  dem.afidcr  con- 
ftil j  il  me  fît  voir  la  fiftule.'cllc  eft  étroittc  mais  profonde ,  &'  monte  di  oir  vers 
la  région  du  foycjie  trouuay  an(fi  l'aine  &  {(.s  linges  qui  cinulo-oyent  k-  fcco- 
tmn,tachçs4«.*  «ette  matière  faecal*:  prcmietemcnt  le  Ma^iihat  fit  commande- 


4^^  Liure  Cinquième 

ment  à  notre  Collège  de  vifitcr  ce  nialadc,&:  de  regarder  fi  on  le  pourroît  (^uc- 
rir,ie  rcgardiy  donc  derechef  cette  incommodité  ôc  en  prcicnce  de  mes  collè- 
gues ,  mais  nous  fîmes  rapport  qu'il  ctoit  impolîîblc  de  la  guérir  en  vn  âo-e 
auancc  comme  le  fienjneantmoins  pour  ne  rien  laiircr  en  arrière  ,  nous  oidon- 
iiame*  quelques  médicaments  ,  mais  ie  ne  crois  pas  qu'ils  paiirenr  bcaucouo 
feruir,car  il  cft  plus  qu  allure  qu'il  y  a  vn  vlcere  interne  qui  eft  couuertdeCal 
en  l*inteftin:au  rcfte  ie  ne  puis  pas  comprendre  comme  [cèc  homme  fi  âgé  à  peu 
fupporter  de  il  grandes  douleurs  &  tant  de  maux  iufqucs  à  prefcnr:  ie  Içny  que 
pluiieurs  ont  fait  cette  faute  en  la  Caftration  ,  mais  ie  ne  connois  pcrfonne  qui 
en  ait  cchapéjCar  Texpcrience  nous  enfeigne  que  quand  les  intcftins  font  offen- 
CCS  y  fur  tout  en  cette  façonjilsfe  rcunilknt  raremcnt,vous  m'en  dires  s'il  vous 
plaie  vôcre  âais  &  quel  des  inteftins  vous  croycs  auoir  été  oHeacé  :  Obferttation 
7i.  Cent.  VI. 


V 


OBSERVATION     C 

D'vne  hernie  de  Matrice  &  de  l'acottchement  Cdjarien^. 

Rfule  femme  de  Martin  Opitz Tonnelier  aidant  Ton  mari  a  courber  vnc 
perche  pour  faire  vn  cercle  de  tonneau  ,  fut  frapéc  d'iccllc  reuenant  en 
arrière  en  l'aine  gauche  ,  à  caufe  dequoy  le  Péritoine  fut  rompu  ou  relaxé, 
autant  quei'ay  peu  connoître  par  la  dilîtdion  :  car  peu  de  temps  après  il  luy 
vint  vne  Tumeur  en  l'aine  gauche,  laquelle  augmenta  li  fort  en  peu  de  temps, 
que  l'on  ne  peut  point  la  faire  renenir  dans  rabiomen:&:  quoy  qu'il  y  eut  quel- 
que fonpfon  que  la  matrice  fut  dccendue  ,  fi  cft- ce  qu'on  ne  luy  peut  iamais 
perfuader  ni  aux  autres  femmes,  iufqu'ace  que  l'éucnement  eut  fait  voir  que  la 
chofealloitdnfi'.car  comme  elle  fc  trouua  être  enceinte,  la  matrice  augmen- 
toit  tellement  à  caufe  du  fruit  qui  prenoit  accroi(îèment,&  en  même  temps  la 
peau  de  l'aine  gauche  étoit  fi  fort  tendue  là  ou  la  mattice  ctoit  décenJuc  ,  que 
Tvne  &  l'autre  pendoit  comme  vn  fac  ou  vne  longue  courge  ,  de  (orte  que  l'on 
remarquoit  le  mouuement  de  l'enfant  &  à  l'œil  «Se  à  l'attouchement  :  dequoy 
elle  &  Ion  mari  &:  fes  enfants  étants  troublés  ,  ils  firent  conlultcr  là  dclFus 
notre  Collège  :  or  comme  nous  vimcs  qu'il  n'y  auoit  aucune  cfpcrance  de  re- 
mettte  la  matrice  en  fa  place,,à  caufe  du  fruit  qui  étoit  meur:ni  apparence  d'at- 
tcndre  vn  accouchement  naturel,fion  lailfoit  faire  à  la  nature  ,  que  par  ce 
moyen  la  mère  &  le  fruit  feroyent  en  danger  delà  vie  ,  nous  leur  fimes  com- 
prendre qu'on  ne  pouuoit  bailler  aucun  fccours  qu'en  faiiant  ouuerture  ,  ce 
qu'eux  xyants  bien  compris  Se  connu  le  danger  ou  elle  étoir,  ils  demandèrent 
cousd'vn  accord  qu'elle  fe  fit.-au  it.  d'Avril  KjIO.  le  temps  de  l'accouchcmenc 

étant 


des  Opérations  de  chirurgie;  457 

étant  venuA  1«  douleurs  ayants  CâiCi  la  maladc,nous  entreprimes  lafedtion»  Se 
prcmicrcmcnt  on  coupa  la  peau  5c  le  péritoine ,  car  comme  ic  pus  voic,il  ctoic 
cncor  entier  fous  la  peau:  &  quand  la  fedion  fut  maniicftc,  on  le  pouuoit  ma- 
nifcftementfeparcr  d'aucc  icclle,puis  on  ouurit  la  matrice,qui  commença  à  (c 
pouflcr  hors  de  la  peau ,  fans  grande  efFufionde  fang  ni  mêmes  grande  douleur, 
comme  la  malade  l'a  âuouc  elle  même:ayantctcouuerte  en  longueur,  l'enfant 
fut  amené  aifcment  dehors  aucc  l'arriére  fais^cerchant  luymcmc  ilTue  quand  le 
padàgc  luy  eut  été  fait,&  étant  forti  fain  ôc  entier:ot  côme  il  n'y  auoit  aucune 
efperancc  de  remettre  la  matrice  dans  l'abdomen  à  caufe  de  fa  grollèur ,  on  la 
couurit  de  la  peau  que  l'on  coufut ,  après  l'auoir  auparauant  nettoyé  aucc  vnc 
decoûion  conuenable  :  &  quoy  qu'il  n'arriua  point  de  grande  inflammation, 
ncantmoins  comme  elle  pendoit  hors  de  rabdomcn,&  qu'on  ne  pouuoit  pas  U 
défendre  de  l'iniurc  de  l'air  en  pençant  la  playe ,  il  fc  forma  autour  de  la  playc 
vne  membraiîe  quafi  comme  de  pus  epaifli,laquellc  neantmoius  fut  ôtcc  aprcs 
que  l'on  fe  fut  ferui  des  remèdes  conuenablcs  &  la  matrice  parut  derechef  nette 
éc  en  fon  premier  état  le  14.  iour,fc  relîcrrant  6c  retirant  cous  les  iours  de  pluf 
en  plus ,  &:reuenant  àfa  naturelle  grandeur,  mais  quelques  iours  après  les  le- 
uresde  la  playe  commcnccrentànoircir&  à  rendre  du  fang  pour  peu  qu'on 
les  toucha  »  enfomme  à  donner  des  marques  d'vn  commencement  de  gangcc- 
ne,car  on  pouuoit^Tcr  aucc  le  fer,fans  fentiment,  des  petits  lambeaux  des  le- 
ures  de  laplaye,maistout  ce  mal  ccilk  par  l'vfagc  des  remèdes  conucnables  ,  la 
chair  ayant  repris  fa  première  couleur,  &  la  playe  venant  tous  les  iours  plus  pc- 
titcjde  forte  que  nous  étions  dans  l'erperance  de  voir  la  playe  rellbudéc  dans  peu 
de  iours,nc  dcfcfperants  plus  du  rctabliircment  de  fa  fantc  :  mais  s'ctaVit  vn  peu 
afllshors  du  lid  le  16.  May,à  quatre  heures  après  midî,comme  elle  voulut  s'y 
rcmettrc,il  luy  vint  vnc  défaillance,&  contre  toute  cfperancc,c'cn  fut  fait  en 
vne  demi  heure  n'ayant  pas  cic  affurement  bien  afliftcc  en  cette  défaillance  à 
caufe  de  fa  pauureté:  nous  voulûmes  fçauoir  après  fa  mort  fi  tout  fe  portoit  biea 
en  la  matricc,ou  s'il  y  auoit  quelque  corruption  cachée  qui  eut  été  caufe  de 
cette  défaillance  ou  mort  fubite  ,  mais  l'ayants  ouuette ,  nous  trouuames  que 
tout  fe  portoic  bien  ,  L'enfanteft  encor  viuant  &  en  bon  état  à  prcfent,  par  U 
grâce  de  Dieu  ,  auquel  fcul  elle  attribue  que  durant  tout  le  temps  de  fag'-olTèHc 
elle  n'auoit  foufert  aucun  dommage  des  diuers  ôc  dangereux  mouuemcnts  de 
l'enfant;  car  quoy  quelle  porta'la  matricc,qui  fortoit  hors  de  l'abdomen  ,  pen- 
'  duc  en  vnebandc,ellc  ne  lailfoit  pas  de  faire  Ces  affaires  domeftiq aes  à  caufe  de 
fa  pauureté  ,  la  portant  aucc  le  fruit  tantoft  fur  vnc  cuilTc,  tantoft  en  vn  autre 
lieu  félon  la  necefljté,Tant  font  admirables  les  cbuures  de  Dieu:  Hiftoire  décrite 
pdi'  SennertHs  enfes  Inflittttions. 

l'ay  veu  cet  enfant  âgé  de  i.ans ,  en  la  prefente  année  i5u.Il  étoit  afscs  fort, 
mais  vn  peu  petit  pour  Ton  âge  &  aises  délié  :  il  auoit  au  droit  de  l'vn  des  yeux, 
tout  au  haut  du  front,vne  certaine  cicatriccqui  luy  venoit  alTureroent  d'vnc  pe- 
tite playe  que  l'on  luy  auoit  fkit  en  la  fcdtion  Cîcfaricnne.         M  m  m 


45S  Lîure  Cîtrquiénie 

Or  ic  veux  vous  demander  Ci  \ous  cftimcs  q  ic  cette  hciuic  de  matrice  Ce 
foicfaice  parruption  oupar  dil.irationdu  pc:itoii)o  ,  car  on  peut  apporter  de 
forces  râlions  de  parc  &  ti'autic:on  voit  trcscuidcmment  qu'elle  eft  arriuce  feu- 
lement par  vue  relaxacion  dii  p.ritoin  ôvcu  que  quand  on  a  fait  la  fedionjOn  l'a 
peu  mauifeftcmcnt  ftparer  de  la  peau  ,  &  pouiquoy  cette  grande  relaxation 
nauroic'cUe  pas  peu  fe  fiirc  d'vn  côtCjVeuqMc  nous  voyons  fifonucnt  que  l'ab- 
domen s'étend  quafi  à  l'infini  en  toutes  dimcnlîons  aux  hydropiques  :  i'ay  veu 
l'année  pafscc  l'^ii.  à  Gieila  vn  Impii.n.ur ,  aixjucl  k  fjtocum  cioit  venu  de  la 
giolîcurde  latcfie-jà  canfc  de  l'eau  qui  y  ctoit  décenJu:,  lequel  i'ay  guéri,  par  la 
giace  de  Dieu>rans  auoit  fait  lafe<5iiou  :  que  dirat'on  de  cette  Allemande  nom- 
mée Dorothée  de  laquelle  fait  mention  Sckenckius,  laquelle  fit  en  Italie  en 
deux  accouchements  vint  enfants,  enl'vn  9.  ik  en  l'autre  xi.à  laquelle  le  Ventre 
decendoit  iufques  au  gcnouïl  le  portant  dans  vnc  bande  attachée  au  col  ik  aux 
cpaulesrles  artères  qui  font  plus  dures  ^folides  que  le  péritoine,  neantmoins  le 
dilatent  quelquefois  tancqu'elles  viennent  de  la  groffeur  d'vn  ojuf  d'oyc  dans 
rancu:irmc:vous  mêmes  en  auez  veu  vn  a  Berne  eu  l'an  »605.  qui  tcnoit  tout  le 
côté  gauche  de  la  poitrine  désletlernum  iniques  au  cohle  cranc  cft  fortfolidc, 
mais  combien  ne  le  dilate  t'il  pas  aux  hydrocéphales  î  Or  quelqu  vn  pourroii 
dire  que  cette  hernie  a  été  faite  par  ruption  du  pericoinc,parce  qu'elle  cft  ve- 
nue après  ce  coup  qu'elle  reçut  de  la  perche  qui  retournaenariiei:c,mais  quand 
mcm.e  on  accordcroit  que  la  membrane  inteueure  du  pcdtoinc,auroit  été  rom- 
pue de  ce  coup  de  pcrchcncanmoins  il  faut  demeurer  d'accord  que  l'extérieu- 
re elldemeuicc  cncicre,comme  iafecliô  qui  a  été  faite  nepeimct  pas  d'en  dou- 
terai ne  faut  pas  dire  que  ccrte  membraPCjqu'on  a  veu  après  la  ftdtion  de  la  peau 
,étoit  vn  tendon  relaxe  dumuf:le  tiauerfier ,  car  pour  laillcr  en  arrieic  tout  ce 
.Wonpourroit  dire  au  conrraire,ie  ne  veux  amener  que  ceci  jaifanoir  que  non 
/igukîlîent  les  tendons  dçs  raulclçstraucriîers  font  percés  es  hommes  prcs  de 
'l'os  piibis,pour  bailler  pallageaux  vailfeaux  fptrmatics  qui  decendent  auxgc- 
-niroires  cS:  auxeiajulacoires.lefquels  remontent  aux  glandes  paraftates  qui  fout 
attachées  au  col  de  la  vclTic  ,  mais  qu'ils  le  font  aulli  es  femmes  pour  laiirer  paf- 
fer  ces  deux  piodudtions  ncrueuils  qui  viennent  de  la  matrice  6i  qui  vont  ab- 
-boufirau  haut  des  paiiics  honteulls  ,  voila  pourquoy  quand  ellcsfont  incom- 
modées de  bubonocele,cllespcuuêr  eue  gueiies  par  la  ieâ:ion>commefait  voir 
Bauhinuscn  fonTh-arrc  Anatomiqueliu  2.  c.6.  Ce  trou  dont  ayant  été  relaxe 
par  le  coup  de  pcrchc,la  matrice  elldcçcndue  latunique  extérieure  dupeiitoi- 
nc  étant  demeurée  entière. 

Icvoudroisaufliiçauoirfi  cette  femme  étoit  enceinte  auant  qu'auoir  reçu 
le  cou^jou  il  elle  l'eft  deuenue  aprcs,&  quoy  que  petfonne n'eut  peu  mieux fa- 
tiifaire  à  cette queftipn  que  la  malade  même,  neantmoins  ic  vous  diray  en 
peu  de  mots  ma  conicdture  :  il  y  a  apparence  qu'elle  n'étoit  pas  enceinte  aupa- 
i^ijant,pcemîcrcmcnt  parce  que  l'aine  gauche  ne  s'cft  point  enHéc  après  le  coup 

reçu 


des  Opérations  de  Chirurgie.  45> 

reçu,  en  aprcs  parce  qu'elle  n*a  pas  perdu  Ton  fruit  :  Au  contraire  on  peut  dire 
qu'elle  n'cft  pas  venue  enceinte  pnr  après  ,  la  matiicc  nyanr  été  difloqucc  ou 
rnifehorsdc  fa  place  pir  ce  coup:finon  qu'il  fjit  peut  être  arriuc  qu'elle  en  foie 
fortie,  non  incontinent  après  le  coup>maislculcment  aprcs  la  conception. 

En  troificme  lieu  ie  vous  demande,  il  vous  ne  croyés  pis  que  quand  la  tu- 
meur commcn^  à  paroîtrc  en  l'aine  ,  que  l'on  pouuoit  lors  retenir  la  matrice 
en  fa  place  pat  quelque  bandage  conu*  nnblc,  &"  empêcher  qu'elle  ne  forcit  fi 
fort  du  Ventre?Pour  moy  ie  ne  ^oute  point  que  cela  ne  futpofTiblc  au  commen- 
cemcnt,à  caufe  de  la  gr -n  Je  vtilirc  qYapportentlcs  bandes  es  autres  hernies. 

Rendez  moy  ar.iTi  laifon  s'il  vous  plaift  ,  pourquoy  cetce  hernie  auoit  vnc 
hgurc  plutoft  longue  que  rondejveu  que  le  Ventre  des  femmes  enceintes  eft  tel? 
Cela  elV  il  ariiuc  à  caufe  de  la  pcLmteur  de  h  matricej&de  ce'qui  étoit  dedanSi 
laquelle  tirant  en  bas,3it  ren'^u  comme  pointue  cette  hernie  en  fa  partie  fupc- 
rieure:ou  bien  parce  que  le  fruit  n'éroit  pasramifsc  eu  rond  ,  comme  il  eft  oc- 
dinairement  en  la  matiice^mais  par  manière  de  dire  de  bout? 

Enfcignez  moy  auiTî  s'il  n'y  auoic  point  d'apparence  qu'elle  put  accoucher 
nacurellemcnt?ll  me  ll-mble  queî<s M:decins de  Wirtemberg  ont  trefbien  con- 
clu qu'il  n'y  en  auoit  poînt.Car  Ci  même  la  matrice  étant  dans  fon  lieu  natureU 
il  arriucfouuenr  quel'accouchrmeuteft  difficile  ,  par  quel  moyen  en  auroit'on 
tire  le  fruit  en  ce  cas  ?  N'nui  oit'il  pas  peu  a;  riuer  que  le  fœtus  fcroit  demeuré 
étouffe  au  milieu  de  l'effort  que  l'on  eu  fait  en  vain  de  repoulïér  la  matrice  en 
fon  lieu  accoutumé  par  des  licnx  C\  étroits, 6c  que  b  mère  feroit  morte  en  même 
temps  par  la  violence  deladoulenr?Côme  donc  ils  virent  qu'il  n'y  auoit  point 
d'autre  voye  de  falut  pour  cette  femme,  que  celle  qui  fe  fait  par  la  ftdtion  Caî- 
fatiennc,quoy  que  doutcufe  &  pleine  de  danger,  ils  crurent  qu'elle  ctoit  necef- 
fairc  pour  aller  au  di  uanc  du  danger  apparent:  Se  c'cft  ce  que  Galien  comman- 
de en  cclscîs  lib.meth.x.cx.  Car  comme  écrit  Aêtius  Tetr. 4. Serm.J.  ci zo. par- 
lant de  lalepic,  C'cft  vue  marque  de  charité  quand  on  en  vient  à  faire  des  ef- 
fays  en  des  maux  extrêmes  pour  arrêter  la  violence  du  mal. 

ic  ne  «lis  mot  maintenant  de  lafuture  de  la  marrice:  Ci  on  la  peu  ou  dcu  fai- 
re; Ni  des  cauùs  de  cette  membrane  qui  vint  fur  les  leures  de  la  playe  de  la  ma- 
trice ,  ni  de  la  gangrené  qui  cft  (arucnue ,  de  quoy  vous  me  pourrés  auffi  wa 
icur  dire  vôrrcâuis. 

Mais  feulement  pour  la  lin,  ie  vous  demande  quelle  caufe  vous  croyez  la  pu 
faiie  tomber  en  dclaillancc  (1  fubitc  ment,&:  mourir  bien  roft  après  lors  que  l'on 
croyoit  certainement  qu'elle  s'alloit  remettre,  y  auoit'il  quelque  venin  cache 
dans  Icsvaillcaux  ou  quelque  qualiré  maligne  f  car  tout  a  été  trouué  en  bon 
étatAn  la  cauitc  de  lamatriccîlaqucllc  comme  elL-  a  proJuit  quelques  vns  des 
autres  accidents,  aitaulTi  causé  cette  défaillance  &  la  mortapres,contre  t;outc 
appai  ci\Qç}Lenre  an  Dotienr  Michel  'Dvrïngms  Médecin  à  Prejlauu. 

Mmm     2. 


4<o  Liure  Cinquième 

ReJp0Hce  de  l'Autheur, 

VOus  me  demandes  premièrement  fî  le  péritoine  à  été  rompu  ou  fcuîc- 
ment  rclaxc?Ie  crois  auec  vous  qu'il  n'a  point  été  rompu;  car  quoy  que  ce 
coup  de  perche  ait  été  grand  &  rude ,  neantmoins  puis  qu'à  peine  a-t'il  oifcncé 
la  peau  &c  iesmufcIcSià  moins  forte  raifon  aura  t'il  rompu  le  pcritoine,lequcl 
au  témoignage  dcs'Anatomiftcs,cft  vne  très  forte  &  ferme  counerture  des  inte- 
ftins  ,  defubftanccmembrr^neure  &  molle,  laquelle  s'élargît  &  dilate  pluroft 
quedefe  déchircr>princjpalcmcnc  aux  femmes  qui  lont  très  fort  des  le  nom- 
bril iufqucs  au  pubci  :  or  comme  il  n'y  a  eu  aucune  otfence  manifcftc  en  cette 
femme  nî en4a-peau  ni  aux  mufclcs  de  l'abdomen  (^comme  on  le  peut  recueil- 
lir de  l'hiftoire^  à  moins  forte  railon  y  en  aurac'il  eu  au  peritoinc,[equcl,  com- 
me,i'ay  dit,eft  très  robufte  &  couucrt  par  les  mufclcs  :    cependant  ic  ne  doute 
pas  que  le  coup  de  perche  n'ait  apporte  vn  double  inconuenienf,airauoir  quel- 
que relaxation  du  péritoine  &  vne  contufion  ^es  mufclcs  de  l'abdomen  ».aucc 
de  la  doulcur:or  comme  celle  cindon  \c  témoignage  de  Galicn,  ce  que  l'expé- 
rience auflî  verifie}artire,il  s'eft  fait  vne  fluxion  d  humeurs  fur  la  partie ,  tcfqucl— 
les  étants  en  petite  quantitc,mais  pituireufcs  &  vifcides ,  à  caufe  de  b  conftitu- 
tion  du  corps  ,  elles  n'ont  pas  été  propres  pour  faire  inflammation  ou  abfccs, 
elles  font  donc  demeurées  dans  ces  parties  mulculeufes  autour  du  peritoine,lc-^ 
quel  elles  ont  peu  à  peu  relaxe  &:  ramolli  &  même  tellement  affoibli  cette  par- 
tie,que  cette  femme  étant  deuenue  enceinte»  elle  a  été  très  facilement  relâchée 
&  étéducen  forme  de  facrmais  quelle  opiniô  auez  vofis  de  ceux  qui  font  her- 
r)ieux,ne  croyez  vous  pas  qu'ils  ayeiu  le  péritoine  tompn?  lefçay  que  pluficurs 
font  de  cette  opinion  ,    mais  pour  moy  ie  ne  {çatî«rts  y  fouicrire  ,  car  s'il  fc 
rompt ,  il  faut  que  cela  arriae  vers  ces  trous  de  l'abdomen  (  lefquels  à  propre- 
ment parler  font  plutoft  des  productions  fcmblablcs  à  vn  long  canal  ^  autre- 
ment il  feroitimpofîîbk  que  ni  l'omentum  ni  les  inccftins  peulfentiamaisdc- 
Cendre  dans  le  fcrotum:que  fi  le  péritoine  étoit  rompa  en  cctcndroit,ce  feroit , 
en  vain  que  l'on  feroit  vne  ligature  (^quand  on  taille  les  hernies,  jquc  l'on  ferrc- 
roir  la  vagina  &:  que  l'on  coupcroit  le  tefticule,car  le  péritoine  étant  ,  comme 
i'ay  dit,  vn  corps  membraneux,  ne  croyez  vous  pas  quand  il  eft  rompu'que  les 
parties  feparécsfc  retirent,  en  forte  que  l'on  ne  peut  plus  lesreioindrc  ni  lier 
auec  le  filet  ?  On  voit  auflî  à  l'oeil  qu'es  hcrnicux  le  péritoine  ne  fe  rompt  pas, 
mais  fe  dilate  feulement  ,    car  après  la  mort  de  quelques  vns,  i'ay  rccer- 
chc  diligemment  en  la  partie  incommodée  (  principalement  en  ce  vieillard 
duquel  i'ay  parlé  en  l'Ôbferuation  é9  liure  première  lequel  auoit  été  tra- 
uaillé  longues  années   d'vne  grande  entcrocelc  J  maii  ie  n'ay   iamais    peu 
xemarqucr  autre  chofc  qu'vnc  dilatation  du  péritoine    )  Les   vcncs  n'ont 

qUVHC 


des  Opérations  de  chirurgie.  4^1 

qu'vnc  fcLilc  &  fimple  membrane  fnr  dclicc  ,  ncaiitmoins  elles  fç  diiarcn.»: 
qucIcjLicfois  prodigieufcmcnr  ,  tcmoin  îa  varice  ,  de  laquelle  ic  vous  ay  ccric 
dt'vnicrcmenr ,  qui  eroi:  plus  grofTc  que  moa  b/as  au  poignet  :  11  ne  Faur  pas 
s'imaginer  qu'en  iccUc  la  vcnc-  fur  rompue ,  car  Tclon  le  diie  d'Hippocrate  ,  Ci 
xo:  qiK  le  fang  cft  hors  de  fcs  vai^fcaux  &  qu'il  tombe  dans  quelque  cauiré,  il 
pour rii  incontinent;  mais  il  ne  s'cit  point  corrompu  en  Cet  homme  ià  :  il  s'en- 
fuit donc  que  la  vcnen'a  pas  erc  rompue,  mais Iculemcnc  cinrgic*  i?  conclus 
donc  qu'en  cctre  femme  le  Pci  iroine  n  a  pas  crc  rompu,  mais  Icuicmcnt  dilate, 
car  fi  le  Cranc  peut  être  dilate  aux  Hydrocéphales  fans  fe  rompre  fcômc  on  le 
peut  voii  en  vnc  d  s  Obf^ruacions,  6c  par  le  crâne  même  que  Iv  garde  en  mon 
cabinetj^il  y  en  a  cncor  moins  d  aparciicc  que  le  péritoine  aitêtc  lôpu  en  cette 
femme  >  lequel  pouuoit  auoir  ctc  dc-ja  auparauanr  crcndu  &  dilate  en  (es  [ttc- 
ccdcntesgion.circs  :  or  1  hiltoirc  faiuante  fait  voir  que  le  Péritoine  fc  pcutpro- 
digicufcment  élargir  ik  dilater  :  L'an  1607.  i'ay  vcu  à  Berne  vne  frmme  de  40. 
îtns,  grade  &  replète,  elle  auoic  vnc  relaxation  de  nombril  en  vn  accouche- 
ment difficile,  aprcs  laijutiie  le  péritoine  s'etant  étendu  &  relaxé  peu  à  peu,  il 
fc  fit  vn  monftrueux  cxoœphalos  ,  car  le  nombril  luy  pendoit  hors  de  l'abdo- 
men comme  vn  grand  fac  ,  le  ventre  ncantmoins  ayant  gardé  fa  proportion 
naturelle,  il  ne  peut  iamais  r'entrer  dans  U  cauitc  d'kcluy  ,  ncantmoins  elle 
croit  fi  robiiftc  ,  qu'elle  failoit  toutes  les  aiïaires  domcftiques  fans  empêche- 
ment: Et  n'y  a  pas  long  temps  que  i'ay  vçu  vne  chofe  femblable  en  vne  Dame, 
à  laquelle  le  péritoine s'eft  élargi  comme  vn  fac  vn  peu  au  delfus  du  nombril, 
où  font  tombés  ôc  l'omentum  ôc  l'intcftinimais  ic  n'en  veux  pas  parler  d'auan- 
tage,  veu  que  les  exemples  que  vous  proposés  fortifient  mon  opinion. 

En  fécond  lieu  vous  demandés  ,  fi  elle  étoit  enceinte  ou  non  quand  elle  a 
receu  le  coup?  quoy  que  ic  ne  puii^Ic  rien  déterminer  d'afiuré  ,  il  eft  pourtant 
vray-femblablc,  qu'elle  n'auoit  pasencor  conçeu,  car  fi  elle  eut  été  enceinte, 
la  grande  émotion  ,  &:  la  force  de  l'imagination  auroitfaic  perdre  le  fruit, 
comme  cela  arriue  ordinairement- 
En  troifiéme  :  i'ay  fbuuent  expérimenté  en  des  femmes,  que  l'on  a  empê- 
che de  fcmblables  extuberanccs  en  l'aine  ,  par  da  bandages  conuenables  mis 
au  commencement ,  qui  cmpéchoyent  que  la  bubonocele  ne  forcit  hors  de 
l'abdomen  :  I'ay  même  quelquefois  retenu  la  matrice ,  ôc  empêché  qu'elle  ne 
foitdécenducpar  le  moyen  d'vne  bande  :  Il  y  a  vn  an  qu'vne  Dame  me  de- 
manda confcil ,  k  matrice  fe  ptefentoit  à  l'ordinaire  iufi^u'à  l'orifice,  princi- 
palement en  marchant  ;  ic  mis  vn  iuftrumcnt  dans  le  col  de  la  matrice ,  par 
le  çnoycn  duquel  elle  eft  tellement  retenue  en  fa  place  ,  qu'elle  peut  aisément 
alleràpié&àchcual,  &ctrc  menée  en  carrelle  fans  aucune  incommodi- 
té. 

Or  cette  Hernie  de  matrice  ctoic  de  figure  longucpour  ces  raifons,  i.  parcfr 
^uc'lc  fruit  C  comme  vous l'aucs remarque :^  n'ccoit pas  rama{sc  en  rond» 

Mmm  i 


46t  Liure  Cinquième 

mais  ctoit  debout  en  la  matrice  :  i.  parce  qucl'ojucrturc  par  laquelle  la  ma- 
trice a  pafsc  ccoic  petite:  c'cftcc  quiatriue  le  plus  fouiicnr  aux  Hcriiicux ,  car 
tandis  que  le  troueft  cncor  petit,  l'Hernie  paroit  vn  peu  lo;)gjc,  mais  quand 
cette  production  du  péritoine  cft  fort  dilatée  j  le  Scrotum  retend  tellement 
en  rond,  qu'il  reilcmblc  au  membre  viril  :  cii  celles  qui  font  cncciarci  &c  h 
portent  bien  j  le  ventre  ell  rond,  car  le  péritoine  efl  cgalcmen:  êccndu  par 
tout,  * 

le  refponds  à  la  cinquième  qucftion  ,  que  les  Médecins  de  ^J^irtember^ 
ont  tres-prudcmmcnt  fait  en  ordonnant  la  Teution  Cxiâri.niic  ,  car  qui  cft-ce. 
qui  pourra  croire  que  la  matrice ,  laquelle  êtoic  toitie  hors  de  l'abjom.n  ^ 
qui  auoit  été  dilatée  ôc  êtjndue  par  le  iicic  ,    pcuc  r'entrer   dans  L"  ventre 
par  cette  petite  ouuerturc  ?   Car  ii  en  ceux  qui  loat  tiauaiilcs  d'vnc  dcccnre» 
les  intcflins  font  difficilement  rcpoubes  dans  le  ventre  ,  comme  L  l'ay  remar- 
que afscsfouucnt ,   qu'elle  apparence  yauoic'-il  qu'en  cectj  femme  la  matri- 
ce y  peut  être  remile  ,  vtuque,  comme  l'iiiitoirc  racoace  ,  on  na  pai  peu 
l'y  faire  r'entrer  après  qu'elle  a  été  d^liuicc  dei'uii  faidtau  ?   Il  auroic  donc  fa- 
lu  auparauanr  élargir  ce  trou  de  l'abjorncn  ,    comme  on  le  fait  par  fois  aux 
Hcrnieux,  quand  les  intertins  le  fout  enlîcs  dans  le  icroca;Ti  :    mais  i'ellime 
que  cette  dilatation  n'auroit  pas  peu  le  faire  fans  mctrre  en  vu  grand  danger 
Se  la  merc  &  l'enfant ,  tant  a  caufe  de  la  douleui  qui  ieroit  furucnue  ,   qu'à, 
caufe  de  rh^monhagic  :    D'autre  coltc  la  maiiice  ayant  dcm-urc  tant  de, 
mois  hors  de  l'abdomen  aucc  le  fruit  ,  il  n'y  auroit  pas  eu  Vii  efpacc  conue-  ■ 
nable  dans  le  ventre  pour  la  contenir  ,  car  durant  tout  le  temps  de  la  grol- 
fclîè  ,    toutes  les  parties  fe  difporent  peu  à  peu  pour  receuoir  là  matrice  6c  le 
le  fruit   .•    les  intcltinsfe  retirent  pour  faire  place  a  la  matrice,    ÔC  au  fruit 
qui  augmente,  le  Foyc ,  la  Ratte  5c  iVilonnach  fout    doucement  pojfscs 
contre  le  Diaphragme  :    le  l-*ericoinc&  les  mulclcs  de  l'abdomen  i'elaigil^. 
fcnt  infenfiblemcnt  à  melure  que  le  fruit  croit ,  >;<<:  tout  fe  dilate  pour  rendre^ 
l'accouchement  naturel ,  par  vncprouidence  de  nature,  qui  prépare  &:  difpo- 
fc  toutes  les  chofes  ;  &  tout  cela  fe  fait  fans  danger,  parce  que  cela  arriue  iu- 
fcnfiblementôc  fans  violence  :  Or  il  ne  pouuoit  pas  être  remis  fans  violen- 
ce &  fans  ofFenccr  les  fufditcs  parties  :  mais  polons  le  cas  que  l'abdomen  le  fut 
clargi  fans  vn  grand  danger ,  «Se  que  la  matrice  aucc  le  fruit  eut  été  hcurcufc- 
ment  remife  dansle  ventre  ,  fieft  ce  que  ic  ne  puis  pas  comprendic  comme 
elle  auroit  peu  âcoucher  heureufcmcnt ,  &  pour  lailfcr  en  arrière  les  autres 
empêchements ,  Tincifion  des  mufcles  de  l'abdomen  êroit  fuffifantc  pour  ren- 
dre l'accouchement  difficile,  car  les  Médecins  fçauent  combien  elt  neceirairc 
la  compreffion  qui  fe  fait  par  ces  mufcles  en  raccouchement,mais  la  playc  au- 
roit empêché  qu'elle  ne  fe  fit. 

Or  les  Médecins  3  ont  très  prudemment  fait,  à  mon  aduis,  de  ne  s'eftre  pas 
fcrui  de  la  fucurc  aprc5  la  fcdion  Csefaricnnc  ,  car  quand  la  matrice  ell  dé- 
chargée 


des  Opérations  de  Chirurgie.  4Ô  5 

chargée  de  Ton  fardeau  ,  les  leiires  de  h  playe  fe  reioigncnt^  rf collent  faci- 
lement d'elles  mêmes  ,  comme  afTurc  Roulîctus  en  Ton  traite  de  l'accouchc- 
ch.mcnt  CxCithn  :  en  après  il  cft  neceif-.ire  qu'aprcs  l'âcouchcmcnt,  le  fang 
&:   coût  ce  qui  cft  contre  n?.ture  dans  la  maciice  (ortc  peu  à  peu  ;    or  comme 
il  ell  vray  femblable  qu'en  cetre  f:mme  Ir  palfage  naruiel  ctoit  bouche,  il  ne 
faloit  pas  fermer  celui  qui  cftoit  contre  nature  &  fait  par  artihce  :  mais  ils 
ont  bien  fait  de  coudre  la  peau  ,  car  fi  la  matrice  auoit  ccc  exposée  à  l'air ,  il 
n'y  a  point  d: doute  qu'elle  le  feroit  alreice&  corrompue  aucc  ia  perte  de  la 
malade  :  mais  peut  être  que  quclqu'vn  aiiroit  voulu  lier  auec  vn  filer,  & 
ai:i(i  coiiper  cttcc  partie  de  la  marrice  ,  qin"  auoic  été  hors  de  l'abdomen  lî 
long- temps:  &    ccitainerainr  cette  Opération  n'eftoir  pas    entièrement 
à  rcictter,  car  on    auroir  peu  euirer   par  ce  moyen   la  gangrène  qui  fur- 
uint  en  fuite  ,    comme  i'cftime  :  D'autre  coflc  ,    on  fait  voir  par  pluficuis 
exemples  qu'vne  femme  peut  viurc  (ans  matrice,  &  même  peut  reccuoir 
l'homme ,  voycs  Auenzoar  liure  x.  tr.5.  chap.  4.  François  Roulfec  Ith.  depar- 
tu  Cdf^reo ,  &:  Cafp^r  Bauhin    en  l'Appendice  :  mais  voici  l'empêchement 
qu'il  y  auoic  en  celte  Opération  ,    à  caufe  duquel  elle  ne  pouuoft   pas  fc 
faire  fcurtment  :  premièrement  parce  que  le  rcfte  de  la  matrice,  qui  ctoit  ca- 
che dans  le  ventre  ,  n'eut  pas  peu  erre  nettoyé  comme  il  êtoit  neccllàirc  ,  car 
k  palfagc  quia  cftédcftinc  par  la  nature,  com.me  i'ay  ditauparauanc,  alfurc- 
mcnt  êtoit  ferme  .*  ainiî  le  (ang  étant  retenu  ,  il  feroic  ftuuenu  de  grands  ac- 
cidents &  hmorr  :  en  après  elle  n'auroir  plus  cfté  propre  à  engendrer,  car 
la  plus  grande  partie  de  la  matrice  feroit  tombée  :   elle  auroit  bien  peu  concc- 
uoir,  car  touresles  parties  ncccfriires  à  la  conception  fcroyentd  demeurées  en- 
tières :  elle  auioir  auflG  verse  de  la  femcnce  ,  ne  plus  ne  moins  que  cette  fem- 
me de  laquelle  parle  le  Dodeur  Bauhinus  en  l'Appendice  du  traitcc  de  Rou(^ 
fct:  mais  il  n'y  a  guère  d'apparence  qu'elle  eut  peu  porter  le  fruit  iufqu'à  fa 
maturiré,  car  le  lieu  auroit  été  trop  rclîcrré,  &  la  matière  n'aurdit  iamais  peu 
'  fe  dilater  &  étendre  fulfifammcnr ,  à  cauf?  de  la  partie  qui  auroit  cré  empor^ 
téc  ,    ainli  l'auortcmt'nt  auroit  êré  infaillible  auec  vn  grand  danger  de  la  vie: 
car  li  la  mat;  ice  dans  l'accou^  hcmen',ne  s'érend  pas  félon  que  le  foetus  fe  tour- 
ne ^  de  côté  &  d'autre,  le  plus  fouucnt  &  la  merc6i:  l'enfant  ("ont  en  grand 
danger  :  ainh  i'ay  remarqué  que  celles  qui  ont  vn  f-hirre  en  la  matrice  ,   ont 
vne  grande  peine  à  accoucher. 

Or  le  D.  Sennertus  a  raifon  d'appdcr  cette  membrane  qui  couuroic  la  ma^ 
tricc,Purulente,car  en  effet  Cen'étoitpas  vne  vraye  m.embrane  &  faite  denou- 
ueau,car  les  membranes  font  des  parties  fpermatiqucs  qui  ne  s'engendrent  pas 
aisément:  mais  c'étoit  quelque  chofe  contre  nature,  engendré  d'vne  matière 
gluante  pour  couurit  les  parties  quiétoyent  delTbus,&  les  défendre  de  l'iniurc 
de  l'air  :  c'eft  pour  cette  raifon  que  la  nature  produit  des  Fungus  es  playes  de 
laccftcj  car  l'air,  principalement  s'il  cft  froid ,   étant  ennemi  du  Ccrucau 


4^4  Liurc  Cinquième 

jtkdi:  toutes  les  parties  iictucufcs,  clic  a  cette  coutume ,'  principalement  quand 
elle  cil  robufte,  défaire  quelque  couuerture  furies  parties  nerucufcs  lors  qu'el- 
les font  nues:  Lamcmechofcarriuc  es  playesdesiointures,  car  en  l'an  1585. 
i'ay  veu  vn  Tauernicr  i  Hilden,  qui  s'ctoit  fait  vnc  grande  blclfure  auec  vnc 
hache  en  la  iointure  du  pic  ,  ou  quelques  iours  après  il  fe  forma  vn  Fungus 
charnu,  qui  couuroit  fi  bien  ces  parties  charnues  que  l'air  ne  pouuoit  point  ks 
endommager.'  Tay  veu  aurti  quelque  chofc  de  fcrablable  à  Payernc:  Adam  Per- 
iin  voulant  fendre  yn  gros  tronc  de  bois  auec  de  la  poudre  à  canon  ,  3c  s'en 
étant  trop  âprochc,  vn  éclat  luy  donna  en  la  iointure  du  pic  droit  qui  fut  qua- 
(i  coupée  par  le  milieu ,  auec  vne  grande  concuhon  3c  cfFulîon  de  fang  :  ayant 
ctc  demande,  ie  mis  delfus  des  chofes  qui  arrêtent  le  fang:  rcpercurent  les  hu- 
meurs &c  âdoucillcnt  la  douleur,  luy  faifant  receuoir  incontinent  vn  laucment, 
lequel  étant  rendu,  icfîsouucrture  de  la  véne  du  bras  du  même  coté ,  Se  or- 
donnay  la  façon  de  viure  qui  eft  coniienablc  aux  grandes  playes ,  Se  qui  iont 
es  parties  nerucufcs:  ic  iuy  donnay  après  le  fouper  vn  peu  de  Lau  Janum  qui  le 
fitrepofer  quelques  heures  cette  nuit  là,  le  lendemain  ic  luy  donnay  vnc  pur- 
gation:  Sc  quoyque  les  douleurs  fulfentafsés  grandes  iufqu'au  quatrième  iour, 
iieantmoins  elles  ccircrentpcu  à  peu,  Se  la  playe  vint  à  fuppuration  en  peu  de 
temps  :  mais  enuiron  le  feptiémc  iour,il  fe  fit  vn  fungus  fi  grand  qu'il  couuroit 
toutes  les  parties  nerucufcs  qui  ctoycnt  dclïbus ,    leur  icruant  comme  d\vi 
oreiller»  &  rcmplillbit  toute  la  playe  :  ic  ne  difcontiauay.'pas  pourtant  ma 
procédure,  mais  ierrauaillày  principalement  à  répercuter  les  humeurs  Se  à  ap- 
paifcr  la  douleur  ,  lailfantlc  rcft-e  à  la  conduite  de  la  nature  iufqu'au  quinziè- 
me iour,  lequel  étant  pafsé,  ie  mis  dclfus  des  médicaments  médiocrement  de- 
ficcatifs&  qui  n'auoycnt  aucune  acrimonie  :  la  Cure  alla  tellement  à  fouhait 
que  pat  la  grâce  de  Dieu  il  fut  remis  en  cinq  femaînes  :  La  nature  fait  voit  la 
même  induftric  es  os  découuerts  ,  car  l'air  leur  étant  très  contraire ,   elle  les 
couurc  aufll-tôt  de  quelque  chair  baueufe,  dclfous  laquelle  neantmoins  elle  Cc~ 
parc  la  partie  de  l'os  qui  a  foufert  ou  de  l'air  ou  des  médicaments ,    ou  mêmes 
de  lafçic  quand  on  coupe  des  membres,  la  chalfant  &  feparant  à  trauers  cette 
chair  baucuic,  cependant  qu'elle  couurc  l'os  d'vnc  bonne. chair  &  louable: 
partant  ceux-là  n'agilfcnt  pas  prudemment  qui  tous  les  iours  raclent  les  os  dc- 
couuccts  auec  vnc  Rugine,carbicn{buuient  il  furuint  des  vlcercs  malins  Se 
opiniâtres  après  vnc  playe  récente:  Pour  cette  raifbnie  ne  mcfers  iamais  de  ru- 
ginc  quand  les  os  font  découuerts,  fCinonquc  la  carie foit  profonde^  com- 
me en  la  maladie  vénérienne,  me' contentant  d'y  mettre  quelque  poudre  Ca- 
tagmatiquc  ou  de  l'Euphorbe  pilé,  qui  cft  excellent  pour  les  os  découuerts  Ik 
que  l'on  peut  mettre  fansaucun  danger,  continuant  iufqu  à-ce  que  l'os  (bit  ex- 
folié, empêchant  cependant  que  les  Icurcs  delà  playe  ne  fe  reioignent  auant 
-qoc  i'écaille  de  l'os  foit  fcparcc,  y  mettant  des  racines  de  Gcntianc,dcs  éponges 
prcparccs  9c  chofcs  femblables. . 

Quant 


des  Opérations  de  Chirurgie.  4^5 

Quant  à  la  gangrène  qui  cft  furucnue  à  la  fin  ,  il  me  femblc  qu'elle  a  cftc 
<(»usce  par  vnc  interception  d'cfprits  &  par  défaut  de  nourriture ,  car  i'al>- 
domen  &  cette  partie  de  la  matrice  qui  êtoit  Tortie  hors  d'iccluy ,  a  de  fort 
petites  veines  &  artères  :  or  comme  durant  tout  le  temps  de  la  grolFelFc  elles 
ont  ctc  élargies  &  étendues  outre  mefurc  ,  &  par  confcquent  fc  font  comme 
delfechées,  lescrpiits&  l'aliment  n'ont  pas  peu  décendre  en  fuffifante  quan- 
tité après  l'accouchcment.par  àzs  conduits  Ci  ctroirs ,  ni  nourrir  des  parties  (t 
éloignées  :  ainfi  la  chaleur  naturelle  s'eft  peu  à  peu  cftcintc ,  (5c  la  gangrené 
cft  furuenue,  laquelle  on  n'a  pas  peu  empêcher  :  mais  vous  me  demanderés 
pourquoy  c'cftque  cette  cxtindlion  de  chaleur  n'cft  pas  arriuée  au  temps  de 
l'accouchement  ou  vn  peu  après  ?  le  refpons  qu'au  temps  de  la  groir-ilè  le 
fang  &  la  nourriture  s'alloyent  rendre  en  abondawcepar  vn  mouuemenc  natu- 
rel vers  ces  parties,  pour  la  nourriture  du  fruit ,  mais  ce  mouuement  de  na- 
ture ayant  ctCsè  peu  à  peu  après  l'accouchement,  le  fang  qui  auoit  accoutume 
de  (c  rendre  à  la  matrice,  a  regorgé  en  haut  vers  les  mammcUes  &  autres  par- 
ties. 

Quanrà  la  défaillance  qui  eft  furuenuc  quand  on  y  pcnfoic  le  moins,  la- 
quelle a  causé  la  mort ,  &  quand  on  ne  defcrpcroic  plus  du  rétabiiirement  de 
fa  fauté  ,  ie  crois  auec  vous  qn  elle  eft  proueuuc  d'vne  malignité  occulte 
quiéroit  demeurée  dans  les  vailiVaux ,  6:  engendrée  par  la  gangrène  pcccç- 
dentc. 


OBSERVATION      CI. 
7)''-<JfJ£  autre  Hyfterocele. 

ÏL  y  auoit  vnc  panure  femme  à  Nicflè  (  Ville  afscs  célèbre  en  la  Silefie/  qai 
cohabita  quinze  ans  auccfon  mari,  &C  en  ût  neuf  enfants;  il  arriua  au  pre- 
mier accou  hemcnt  qu'elle  frit  abandonnée  de  la  fagcfcmme  &  des  autres,  ï 
caufc  de  fa  grande  impatience  i5c  humeur  chagrine ,  en  forte  qu'elle  âcoucha 
fans  aucune  alFirtance  :  &  quoy  qu'elle  reconnut  bien  qu'il  luy  étoit  demeuré 
quelque  incommodité  dans  le  ventre,  neantmoins  elle  âcoucha  de  huit  en- 
fants de  luiccjhcurenfcmtni  &  naturellement  :  mais  vn  peu  après  cette  in- 
commodité qui  luy  c  toit  reliée  après  le  premier  âcouchcment,  ellefentità  di- 
uerle  fois  qtie  quelque  choie  vouloitfortir  hors  du  ventre  vers  l'aine  gauche, 
qui  étoitûlsés  grolle:  étant  donc  en  pêne  elle,  en  parla  premièrement  à  ion  mi- 
ri,  &  par  après  à  des  aunes  femmes,  qui  luy  confcillcrcntd'attcndie  le  fecours 
de  Dieu,  mais  cependant  la  tumeur  augmenta  de  iour  en  iour,  deforte  qu'elle 
^rcircmbloit.  à  vnc  vcdie  de  bœuf  pleine  de  vent ,  6c  vint  à  vue  telle  grolïèur 
-qu  elle  décendoit  iulqu'aux  g-ncux:  on  reconnut  après  par  des  autres  indices 

Nnn 


4^6  Liure  Cinquième 

qu'il  y  auoitvn  enfant  viuant  dedans  ••  cependant  elle  ciiduroit  de  grande? 
douleurs,  foit  qu'elle  fut  afTifc  ou  coiichce,  étant  obligée  de  remuer  ce  fac  de 
côré  Se  d'aun  c  pour  fc  foiilagcr:  oi  le  rems  de  Ion  accouchement  étant  proche: 
le  Confcil  de  la  ville  en  piitloinàcaufederi  pauvretc>&:  la  mît  entre  les  mains 
de  Médecins,  Cliirurgiens  6<:  habiles  fngeferamcs  ,  qui  après  vne  meure  dcli- 
berarion,vircnt  qu'il  n'y  ar.oïc  point  d'apparence  d'attendre  vn  âcouchcment 
naturel  &  qu'on  ne  pouuoic  fauucr  la  mère  Se  l'enfant  que  par  l'ouuerturc  de 
cette  tumeur  :  on  fit  entendre  à  cette  panure  femme  cette  deliberation,à  la- 
quelle elle  le  fournit  volontiers,  Se  après  l'auoir  mis  en  bonne  difpofition  »  on 
fit  dilîèiftion  de  ccae  tr.mcur,  de  laquellcon  tira  aucc  beaucoup  de  pcnc 
l'enfant  afscs  bien  portant ,  mais  lequel  mourut  demi  an  après  ,  Scia,  mcrc 
trois  iours  après  la  fcction,  ayant  endure  de  grandes  douleurs. 

le  voudrois  auoir  vôtre  âuis  fur  ce  point ,  comme  il  eft  peu  arriucr  que  b 
Bubonoceleou  Hyftcrocele  n'a  pas  paru  immédiatement  après  la  rupture  ou 
laxation  du  Péritoine  Se  f  ce  qui  augmente  l'admiration,  )  comme  die  a  peu 
accoucher  heureufement  de  huit  enfants  ?  croyés  vous  que  le  mal  qui  étoit 
au  Péritoine  ne  fut  pas  afscs  conlldcrable  pour  lailfer  fortir  l'inteftin?  y  a-t'-il 
apparence  qu'il  fefoit  remis  par  la  longueur  du  temps  ,  mais  qu'il  fc  foit  re- 
nouucUépar  quelqu'autre  caufe  qui  foit  furuenue  ?  Lettre  du  T)oUeur  Mi- 
chel Dortngms  à  rÀutheHr. 

Teftime  que  le  Péritoine  fut  en  quelque  façon  olfencé  au  premier  âcouchc- 
ment, mais  non  pas  en  forte  que  la  Bcbonocelc  peut  fucceder  :  or  ayant  ^té  fi 
fouuent  enceintcÂ:  cette  partie  ayant  foufcrt  au  premier  accouchement ,  elle 
fut  d'auantage  aftoiblîe  par  les  groilcircs  fuiuantes,  de  forte  qu'elle  receuoit  ai- 
sément les  humeurs  qui  s'y  alloyent  renJre,lefquclles  étants  pituitcufes,gluan- 
ics  Se  vifcidcs,  le  Péritoine  en  a  été  finalement  {\  fort  relâché  «Se  ramolli  ,  que 
venant  à  être  prefsé  par  la  matrice  qui  étoit  pleine  ,  il  a  prêté  aisément  Se  eft 
dcuenu  comme  vn  ^&c  Sec.  "H^fponce  dei-Juthcur. 


E 


OBSERVATION      C  II.  { 

De  l' Aodutination  de  l'orifice  de  la  matrice  après  -y/;  accoache-' 
me  fit  dijficilz^. 

Ntrelcs  Symptômes  qui  fuiuent  ordinairement  vn  accouchement  diffi- 

. cile, l'inflammation  des  parties honreufes  eftvn  des  plus  dangereux,car  il 

degcnere  fouuent  en  gangrené,  Se  amené  vne  mort  précipitée  ,  ou  lailTc  après 
foy  quelque  mal  incurable:  le  l'ay  remarqué  quelqjcfois,mais  principalement 
en  l'an  1625.au  mois  de  luillct  en  la  féme  de  Guillaume  Krans  Couturier  à  Bei:|^ 
nc:ctaut  dcucnue  enceinte  Si  venue  au  terme  de  l'accouchement,  elle  fit  vn  en-s* 

hïit  : 


des  Opérations  de  chirurgie"  4^7 

fant  mort  aucc  grand  pcnc  &  trauail,mais  elle  ne  fut  pourtant  pas  hors  de  dan- 
gcr,car  elle  foufiic  de  fi  grandes  douleurs  iour  &  nuit,iîx  rcmainesduranr,quon 
ne  le  fçauroir  cxpiimer:  enfin  ayant  été  dcmandc,ic  trouuay  i'orifi:e  de  la  ma- 
tiicc  entièrement  bouche.  5c  les  parties  honteufes  extrêmement  cnflécsàl  y  auoic 
vn  grand  trou  fous  le  col  même  de  la  ye(îîcjpar  lequel  Tviinc  couloir  goutte  à 
goutte,&:  qui  pafToit  iafqu'i  la  ve{îic:rinflammation  des  parties  honteufes  auoit 
été  la  caufe  de  ce  grand  accident ,  laquelle  auoit  été  négligée  par  vne  grande 
ignorance  de  la  ragcfcmme,&'  s'ctoit  conucrtie  en  vlccrc  putride  qui  auoit  ctc 
guéri  plutôt  par  le  bénéfice  de  la  nature  que  par  Tindulhic  de  la  fagefcmme, 
l'orifice  de  la  matrice  étant  ncantmoins  demeuré  fermé:  après  luyauoir  donne 
des  iauementSjfaitdes  fomentations  ôc  des  inonftionsaiiodynes,inrernes  &  ex- 
cernesjles  douleurs  furent  bien  apaisées,  Ôc  la  tumeur  dés'enfia,  ayant  auliî  re- 
pris {es  premières  forces  ,  mais  il  fut  impofîible  d'ouurir  l'orifice  de  la  ma- 
trice par  aucun  artifice  de  Chirurgie  ,  àcaufe  dcquoycllc  nepûc  iamais  auoir 
ia  compagnie  de  fon  mari ,  ils  ont  toufiours  neanrmoins  vécu  en  paix,  elle  eu. 
encorviuâte  iufqu'à  l'année  prefente  Kjjo.quoy  que  Tes  mois  ne  fortcntpaspar 
le  lieu  âcoutumé,mai5  elle  rend  par  interualles  du  fang  mêlé  auec  les  excremccs 
par  manière  de  diarihée,âcompagnée  de  grandes  trenchées.  Obf,6j.  Cem,6. 


OBSERVATION     CIIL 

U vne  Defc ente  de  matrice. 

VNc  Dame  de  la  famille  àts  Erlach  étant  cnçeinte,&  ayant  eu  durant  tout 
le  temps  de  fa  grolîcllè  des  douleurs  continuelles  de  reins  &  àes  parties 
honreufcîjCnfin  ayant  eu  les  trauaux  de  l'accouchement  au  fixicme  mois  de  fa 
groirellè.elle  fit  vn  enfant  morrjarsésheurcufemcntdafagefemm'e  qui  ne  fçauoit 
■pas  qu'il  y  en  auoit  cncor  vn'autrc,voulanrtirer  l'artiercfàispar  force  ,  il  fur- 
uint  vne  fi  grande  douleur  de  reins  qu'elle  fut  contrainte  de  lailfer  tout  là  à 
l'inftant  même  :  vne  autre  fagefcmme  ayant  ctc  demandée,  elle  fit  encor  vh 
enfant,mnis  qui  êtoit  auffi  moit  ;  or  quoy  que  ce  fécond  accouchement 
catâfsés  bien  reiifîj  ,  fi  cfl-ce  que  les  douleurs  de  reins ,  èes  parties  honteu- 
fes &  de  tout  le  ventre  (^  qui  ctoyent  venues  après  vne  violente  agitation  de 
Tarrierefais  )  conanuerent  cncor,  &  la  matrice  vint  à  fortir  hors  de  la'  nature 
ï  la  grofleur  du  poing,  laquelle  ne  peut  point  être  remife  par  les  fagefemmes: 
ayant  été  tourmentée quafi  deux  mois  enri.rs  ionr  &  nuit  de  ces  douleurs  ,  6c 
s'ctant  fcruid'vne  infinité  de  remèdes  qui  Iny  auoycnt  donné  ces  fngcfemmes 
&càes  femmelettes,  enfin  elle  me  demanda  le  14.  de  luiu  1617.  ic  la  trouuay  at- 
tachée au  lit  &  en  ficvre,à  caufe  de  la  violence  &c  durée  de  la  doaleur,ellc  étoit 
fort  amaigrie  &  dcbilc,  la  matrice  luy  fortaiu  dehors  comme  i'ay  dit  :  ic  luy 

N  n  n    i 


4^8  Liurc  Cinquième 

Jonnay  donc  à  caufe  de  la  vchcmencc  de  la  douleur  ,  des  veilles  &  de  l'âbate- 
ment  de  forces,  vue  porion  anodync  Se  corroboratiue: i'oignis  les  rcinsilos  fa- 
crum,  lescuilTes,  le  périnée  &  le  bas  ventre  auec  huylc  rofat;  elle  repofa  bien 
cette  nuitlài3c  voyant  le  iour  fuiuant  que  les  forces  eftoyent  afscsbonnes,ic.la 
purgeay  doucement  :  ayant  été  obligé  d'aller  à  Badcn  ce  iour  même,  ic  luy  or- 
donnay  vne  bonne  façon  de  viurc,  ik  la  baillay  en  la  conduite  de  ma  femme, 
laquelle  en  mon  abfcnce  la  purgea  doucement  par  interuallcs&  luy  donna  des 
Cordiaux,  &  y  ayant  mis  la  main  >  elle  appliqua'  non  feulement  des  anodyns, 
mais  aufli  des  adftringents,  comme  lachofe  le  requeroit  :  Dieu  donna  fa  bene- 
didkion  à  ces  remcdes>de  forte  qu'étant  de  retour  de  Baden  quinze  iours  après* 
ie  la  trouuay  entièrement  rcmilc.  Ob/èruat.  60.  Gent.^. 


OBSERVATION    CIV. 
Snr  le  même  fuiet. 

L'Ani6ii.  l'ay  Ycu  vne  Dame  à  Hilden,à  laquelle  la  matrice  dccendoitSc 
fortoit  hors  de  la  groiîèur  d'vn  œuf  d'Oye ,  ce  qui  l'importunoit  extrême- 
ment: mais  ie  ne  peus  point  apprendre  d'elle  comme  cela  luy  êtoit  arriuc,quoy 
que  ie  fçachc  qu  elle  n'a  iamais  fait  des  enfants ,  &  qu'elle  a  porte  cette  in- 
commodité pluficuis  années  ,  ayant  enduré  de  grandes  douleurs  ,  fans  auoir 
peu  être  guérie  par  aucun  remèdes  ,  quoy  qu'ordonnés  félon  l'art  :  ie  fis 
faire  des  boules  de.  licgc  ,  de  grandeur  tk  forme  conucnable  ,  par  le  moyen 
defqucUcs  la  m.uiice  eft  tellement  retenue  dans  le  corps  ,  que  foit  qu'el- 
le veuille  aller  à  pié,  foit  à  chenal  ou  en  carrolfe,  elle  n'en  lent  aucune  incom- 
modité :  la  première  boule  cil  entièrement  ronde,  <S<:  l'autre  en  oualc  faites  de 
liège,  &  coiiuertes  du  Ccrat  fuiuant ,  1/L.  cera  noua  |«/.  celephon.  gHmmi  elem» 
an-  Xi'tercbinth.  zitij.  pulu.  rofar.  odortfer.  rnyrtillor.  balauft.  rad.  confol.mai,  an. 
2j.  majîiC'  &  clihan.  an.  y,v,  m.  omnia  dtligentsr  d/"  cumf.  q.  ot.  rofac.f.  ceratum 
in  forma  foîida.  Or  il  faut  tremper  ces  boules  dans  le  Cerat,tandis  qu'il  eft  en- 
cor  chaud  ii^  liquide-,  ?  fin  que  leurs  trous  5:  cauitésenfoyent  remplies  :  il  faut 
aulTi  y  attacher  vne  fiflcllc,  afin  qu'on  les  puilfe  retirer  quand  on  voudra;  elle  fe 
fcrt  tantôt  de  l'vne,  tantôt  de  l'autre,  &  ne  les  ôrc  point  que  quand  elle  veut 
rcceuoir  fon  mari  :  mais  il  faut  faire  en  ibrte  qu'elles  foycnt  proportionnées 
a  la  rrrandeur  des  parties,&  qu'elle  rempliirc  le  col  delà  matrice,  car  celle  qui 
eft  trop  grande  ne  peut  pas  entrer,  iSc  la  trop  petite  ne  redewt  pas.  Ohferu.6\, 
Cent.^. 

OBSER- 


des  Opérations  de Chirurgi<?.  4^> 


OBSERVATION     CV. 

Sur  le  même  fuiet, 

VNe  femme  nommée  Iiitre,qui  dcraenroit  à'Hilden,  ayant  vsé  longtemps 
d'vnc  mauuaifc  façon  de  viurc  à  caufe  de  fa  pauurctc,deuint  galcufc  &  fut 
reléguée  parmi  les  Ladres  aucc  fon  mari  payants  été  iugés  tels  par  les  Ladres  de 
Cologne  qui  ont  la  charge  d'examiner  &  vifiter  les  Lepreus:  )  vn  peu  de  tcms 
après  étant  dcucnuc  enceinte  &  ayant  accouché  auec  difficulté  ,  elle  eut  vue  dé- 
cente de  matrice  ,  &  me  vint  expoler  fa  mifere  en  l'an  1580.  le  la  purgeay 
quelquefois  >  puis  ie  luy  fis  le  fachet  fuiuant,  lequel  elle  mcttoit  chaud  trois  ou 
quatre  fois  le  iour  fur  la  partie,  le  portant  ordinairement ,  par  le  moyen  duquel 
elle  fut  bien  toft  rcmife,&  dés  ce  tems  elle  deuint  fix  fois  enceinte  &:  accoucha 
heureufemen  t.  !^.  Fol.plamagfalicfs,Tnefpilorum  ,<^tiercHs  pmrjor./jlue/ir fttmmit. 
Yubiirofar.an.mMraâ.tormentill.confol.maibtfiortA  an.% i. balaufl.riHC.cupr.an.^  {?. 
fem.amf.^iG.incidantfir  &  contundantur  omnta  grojfo  modo  profacculo  intertextOiEt 
quoy;que  cette  femme  &  quelqu  autres  ayent  été  remifes  par  le  moyen  de  ce  fa- 
chetj.neantmoins  iem'en  fuis  ferui  en  vain  en  plufieursautres,&:  d'autres  remè- 
des plus  çffi.caccSiOh/èni.6i.Cer}tJf^. 


OBSERVATION     GVI. 
De  la  matrice  non  percée, 

VNe  Demoifcllc  de  Cologne, âgécde  i<^.ans,ctoit  tourmentée  tous  ïts mois 
de  grandes  douleurs  de  Ventrc>aucc  défaillances,  tournoyements  dcTefte, 
&:  parfois  d'attaques  d'epilepfic:  enfin  lefangluy  étant  venu  àfortir  abondam- 
ment par  le  né  ,  elle  reprit  fa  prem.icrc  fanté ,  de  forte  qu'elle  faifoic  toutes  les 
aifâircs  domeftiques,iufqu'acc  qu'elle  fut  incommodée  le  mois  fm'uant  de  (em- 
blablcs  accidents  :  cela  luy  ayant  duré  plus  d'vn  an ,  on  me  demanda  mon  âuis, 
&  fis  entendre  aies  patents  que  tous  ces  accidents  proucnoyent  de  la  rétention 
de  (çs  ordinaires  :  me  l'ayants  donc  remife  entre  les  mains  &  ayant  pris  toute  la 
pêne  imaginable  pour  les  luy  faire  venir,  ie  confeillay  qu'on  l'a  maria  ,  efpc- 
rant  que  par  ce  moyen  on  pourroit  diucrtir  le  fang  &  l'amener  au  pa(îàge  na- 
turel,mais  cette  fille  n'en  ayant  voulu  aucunement  oi?y  p3rler,&  en  ayant  vou- 
lu fçauoir  la  raifon,ellc  m'auoUa  qu'elle  n'étoit  point  propre  au  mariage  ;  or 
pourf^auoir  quelle  étoit  cette  incommodité  j  elle  fut  contrainte  dcuant  fa  . 

Nnn    5 


47©  Liure  Cinquième 

WSicA^  <^<3r,s  montrer  Tes  parties  hont^ufes, alors  ic  dc'couuroîs  que  le  col  de  la 
cnatrice  ctoîc  fermcparvnc  membrane  ferme  &  folide  au  dcllbus  des  nym- 
phes ;  il  fus  donc  d'âiiis  après  vne  deuë  prcpacation  de  tout  le  corps,  de  faire 
iiîciiion  en  cette  membrane,&:  d'y  mettre  par  après  des  pelfaiics  faits  auec  dçs 
éponges  préparées  exprclscment,  que  l'on  oiiidcoit  auec  des  onguents  appro- 
priés ,  cfperant  que  l'on  pourroit  par  ce  moyen  ouuriu  le  conduit  naturels 
wmener  en  bas  ce  fang  q'ii  montoit  en  liaur,  mais  comme  cette  fille  cîic  hor- 
reur de  cette  Opcration,ie  la  lailîày  en  cette  milere,  quoy  que  i'euffe  fait  enten- 
dre à  fes  parents  quelle  fe  pouuoit  faire  fans  aucun  danger,  Obfemation  60. 
Çentur,  j. 


OBSERVATION     CVII. 
Sur  lemémefmeB, 

MOnfleut  Louys  Hubert  Chirurgien  du  Roy  m'a  communiqué  en  l'ati 
lécS.  ce  cas  digne  de  remarque  :  Vn  O.fcN're  demeurant  au  Pont  du 
Changea  Paris,  ayant  épousé  vne  honefte  fille  ,  &  ne  fcpouuant  faire  entrée 
quelle  ne  fe  plaignit  d'vne  extrême  douleur  j  ni  elle foutftir  fa  compagnie 
qu'aucc  vne  grande  diffijulcé,  fe  difpofa  à  demander  diacrce  ,  quoy  qu'elle 
crut  être  dcuciiue  enceinte  :  mais  pour  ne  rien  faire  à  la  volée  ,  il  fît  venir  les 
parents  de  part  <k  d'autre,  aufquels  il  le  découurit  ,   qui  furent  d'âuis  de  faire 
faire  vne  confulte  de  Médecins  &  Chirurgiens»on  atrembla  donc   Meilleurs 
Hierofmc  delà  Noé, Simon  Pietre,Louys  Hubert  &  François  de  la  Leu:i",tous 
Chirurgiens  iurés  :  Icfquels  ayant  regardé  les  parties  naturelles,  troauercnc  que 
le  col  de  la  matrice  croit  ferme  par  vne  membrane  dure  ^  calleule,  mais  ce 
qui  cft  digne  de  rcmarquc,cette  membrane  auoit  çà  &  là  àcs  petits  trous  pour 
bailler  palîage  au  fang  menftrual  :  on  fîtdonc  ouuerturc  de  cette  membiane 
d'vncompîun  accord  ,  puis  on  mit  des  peilaires  engraifsés  auec  des  onguents 
propres }  par  ce  moyen  elle  fut  bien  toft  remifc,  de  forte  que  Ton  mari  ne  parla 
plus  de  fe  feparer  d'auec  elle  :  &  ce  quieft  encor  plus  digne  de  remarque,  elle 
fit  fix  mois  après  rincifion,vn  enfant  bien  portant  &  à  îerme:car  la  matrice 
ayoit  attiré  fi  auidcmraent,  que  lafemence  auoit  paisé  au  trauers  de  ces  petits 
trous  :  La  même. 

(^L'Autheurà  âioutc  vne Obferuation  du  même  fuied  qui tuy  acte  com- 
ïBuniqucepar  Maître  Louys  Cabrol  Chirurgien  à  Montpelier,  laquelle  ic  n'ay 
voulu  mettre  icy  parce  qu'elle  a  du  raport  auçc  celle  ci  J 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie,  47 1 


OBSERVATION     C  VIII. 

Del' onuer titre  dn  Col  de  lamairice  ferme. 

LE  lé.  luillet  1607.  ie  fus  demandé  aucc  Monfienr  le  Docteui-  Scbaftian 
Meycr  Médecin  à  Fribourg  cnSiiiire,pour  voir  la  fille  d'vn  Gentilhomme 
qui  demcuroiten  la  campagne  prés  d'Auenche  :  l'orifice  du  col  de  la  matrice 
ctoic  ferme  par  vue  membrane  fortcpai(ïe,  laquelle  croit" atrachrc  de  tous  cô- 
tés aux  nymphes  ou  Caruncules  cuticulaires  ,  laquelle  auoit  en  fa  partie  fupc- 
rieurevn  trou  par  lequel  l'vrinc  fortoit  :  &  comme  fcs  parents  dcmandoyenc 
nôtre  fecours  ,  nous  couchâmes  le  lendemain  cette  fille  fur  vne  table  ,  puis  luy 
ayant  ouuert  les  CuilTès  ,  ic  mis  vnc  fonde  reprcfentce  ci  dcllbus  qui  eft  vn  peu 
courbe  ^creusée  d'vn  côte  dans  le  dit  trou,  la  portant  iufqu'à  l'extrémité  de 
cette  membrane,rcndant  contre  bas  vers  le  perincc ,  puis  ie  coupay  cette  mem- 
brane ,  auec  vne  biftorie  couibce,  la  fnifant  palïèr  par  l'onuerturc  ou  le  creux 
de  la  fonde  ,  fansoffenccr  aucunement  les  parties  adiaccntcs,  parce  que  le  cou- 
teau entroit  dans  l'ouuerture  de  la  fonde  :  la  membrane  ayant  été  coupée,quoy 
qu'aucune  hsemorrhagie  n'eut  fuiui ,  nous  ne  laiffames  pas  d'y  mettre  vne  Ten- 
te aucc  vne  côprelFe  bien  déliée  trempée  en  vn  blanc  d'oeuf  bâru  auec  eau  rofe 
Se  par  dclfus  vn  linge  double  trempé  en  la  même  liqueur,  pour  appaifer  la  dou- 
leur &  empêcher  la  defluxion  -.enfin  nous  y  mîmes  vne  Tente  de  plomb  large 
&  épaiire,ointe  d'onguent  Diapompholigos  ,  ainfi  elle  fut  guérie  en  peu  de 
iouis  :  Ob/.6 1  .Cenu^. 

Figure  de  la  Sonde  j  &  de  la  Biftorie 
Table XV.Figure  j.  |  Table  XV.Figurc  4, 


OBSERVATION     CI  X, 

J)e  l' Extraction  de  la  Mole- 

ELizabcth  Macc  femme  d'Elie  Brunier  Bourgeois  de  JL^ufanne ,  femme  ro- 
buftc  &c  fanguincâgcc  de 54.. ans,érant  enceinte  pour  la  ciuqaicm.  fois,eut 
fcs  ordinaires  iufqaes  au  fixicme  mois  fans  relâche,  ou  du  moins,  de  deux  iours 
l'vn  ,  en  afsés  bonne  quantité  ,  mais  fans  incommodité  ni  âbatemenc  de  for- 
ces :  le  fixicme  mois  étant  pa{sé ,  ils  s'arrêtèrent  incontinent  fans  aucune  mau- 
matfc  fuite  ,  &  le  24.  Mars  qui  fut  la  fin  du  neufviéme  mois  ,  les  trauaux 
de  l'accouchement  écaiits   venus  ,   elle  fit  vnc  fiUe  robu(le  5c  bien  faîte 


.47t  Lture  Cinquième 

l'attiefais  fuîuant  incontinent  après  :  &c  comme  clic  fentoit  après  l'acbouchc- 
mciu  vnc  dureté  &  pefantcuc  au  Ventre  qui  luy  bailloic  de  la  fâcherie  elle  crut 
qu'ilyauoit  encor  vn  autre  enfant  ï  ce^que  ncantmoins  nioit  la  fagc  femme 
qui  ne  vouloit  plus  y  mettre  la  main.lc  it.ôc  le  ij.  elle  fe  porta  afscs  bien,mais 
le  15  elle  fut  attaquée  de  ficure,  veilles  &  grandes  douleurs  au  bas  du  Ventre  & 
vers  l'os  facrum ,  les  fymptomes  augmentants  d'heure  enheilre.le  iour  fuiuant 
M*^.  loachim  Rohaud  fon  Beaufrere  Apothiquaire  à  Laufannejtrouua  à  propos 
de  luy  donner  vn  lauemcnc  3c  de  la  purger  doucement  le  lendemain,  mais  ayant 
rendu  le  lauement  Ôc  Tentant  encor  de  la  pcfanteur  au  bas  du  Ventre,  elle  m'en- 
noya  demander,  l'ctant donc  venu  voirie  17.  ic  la  trouuay  en fiéuic  auec  dou- 
leur de  Ventre  &c  dercinSjComme  aulïi  auec  nauséc,dcs  rapports  puants,vcilles, 
inquiétudes  S>C  autres  accidents,qiii  me  firent  connoîtrc  aisément  qu'il  y  auoir 
quelque  mole  ou  chofe  femblable  dans  la  matrice  ,  parquoy  k  luy  fis  rcçeuoir 
premièrement  vn  lauement.    Puis  ie  mis  fur  les  parties  honteufes  Se  fur  le  bas 
Ventre  le  fachet  {um^nz'^. Rad.ari/iol.  long<t  ^tj.  h.  anhemif.melijj'.  matrtear  fa- 
bin.  rHt£,piilegflor.ca?no?n.miltloi.Arj.  m.  ^.femfœnugr.  Uni,fœnic  amf.fefeLan.\  ^. 
hxidantur  incidenàa,relifAacomHndàtiiriindantnrfaccHlo  trtanoularifilo  intertex- 
fo,eiHS  magnîtHdinis/ôt  irnurn  ventrem  ad  virMiculnm  openat.apice  adpudenda  (/■ 
p^inéLum  defcendente. Oi\  l'appliqua  chaudement  après  l'anoii  faic  cuire  en  cauj 
fomentant  le  bas  Ventre  &:  les  parties  honteufes  refpace  de  deux  hcures,cepen- 
dant  iengraidois  par  interuailes ,  lcscuilfes,  les  pai  tics  honteufes, le  Ventre  &: 
l'os  facrum  auec  l'onguent  fuiuaiu.  p/.  OlMllor.  alh.amygd.  d,  de  v'uell.oHor.O' 
lumbricer.an  ^'^^pingned.  an/èris &  caponis  an.\i.pollea.2L  f^r  fœnHgr.& cyâonior. 
an.^i.croci.fubttiijftriti  '^n.fii^.aYtemifi.\i.rn.& poji  vmcam  ebnHltionem addefupc- 
riérayf.'^ingH.    Apics  qu'elle  eut  rendu  le  lauement,  ie  la  hs  co.ichw'r  iar  IcdosiSc 
la  fis  décendre  au  bas  du  lid  en  forte  que  fcs  pics  peuiîlnc  fe  re-pofcr  aisément 
furie  pié  dulid  Se  hilîcnt  vn  peu  courbes  vers  les  gcnouxtà  chacune  des  co- 
lomues  d'en  bas  du  li<^,ie.  fis  attacher  vne  nape:tont  étant  ainfi  préparé  ,  i'oi- 
gnis*ma  main  droite  auec  l'onguent  defcritci  deirus,laquellc  ie  fourray  douce- 
ment dans  la  matrice,  «$c  pour  le  faire  plus  ailcmcnr,  ie  luy  commaiiday  d'em- 
poigner ces  napesS^  de  poulfer  ferme  les  pies  contre  le  pic  du  Hit,  <Sc  de  f^irc 
les  mêmes  efforts  que  1  on  fait  en  accouchant  ,  car  par  ce  moyen  ces  parties 
souurent  &  fediktent  :  ayant  fourré  la  main  dans  la  maciicc,ic  trouuay  in- 
continent la  mole  ou  malfe  de  chair  qui  eft  reprefcntée  icy  d.lloas  qui  étoic 
qnafi  de  la  grolFcur  de  la  Tcftc  d'vn  enfant:elleétoit  ronde,mais  alloicpcu  à  peu 
en  diminuant,6(:  auoit  au  bout  vne  certaine  fubllance  (pongicule  marquée  A 
laquelle  étoit  attachée  bien  ferme  au  codé  droit  de  la  matrice  ,  tout  de  même 
qu'eft  l'arriercfaisà  l'enfant;  ayant  donc  fourré  bien  auant  la  main  dans  la  ma- 
trice i  ie  feparay  ancc  les  doigts  doucement  &C  peu  à  pea  cette  fubftancc    ba- 
ueufed'auec  la  matrice  ,  &  arrachay  tout  d'vn  coup  fans  violence  ni  douleur 
cette  mole  à  demi  pourrie  te  puantc-.ilyauoit  encor  vn  lopin  de  chair  attaché 

àcette 


des  Opérations  de  Chirurgie.  475 

i  cette  Mole  Marque  C>mais  comme  clic  auoic  laiTsc  des  marques  âc  pourri- 
turc  en  la  matrice,  ic  fis  faire  vnc  inicdion  quelques  iours  durant,  auec  vne  Cj- 
rînguc.de  la  decoétion  fuiuantc.  ^.  Hordei  integri  m.  ^.fcordi.vtri.  rofuY.Yuhr. 
ahfym1f,vulg.  an.  wi.6.  Cf^uantur  in  atfu.:  vfjue  ai  crepaturam  hordei ,  w  thii  câ- 
Uturéi dfjfeluc  mell.rof.\iii.p!ilu.myrth.&  aluës  an.'^\.rn.  cola per linteum ,  coUtttrA 
tepidc  in  vternm  inticiatur^  On  metroic  aufll  fur  les  parties  Iionccufcs  vne  cpont'c 
trempée  en  cette  decodion  &:  bien  cxprimce,  chaudement:,  car  non  f:ulcmcnt 
t:lle  fortifiela  partie  mais  aufli  elle  atcirc  peu  à  peu,  les  humeurs  putrides  6c  les 
courume  :  partant  il  cft  necedàire  d'auoir  deux  de  ces  éponges ,  afin  de  fccher 
Ce  nettoyer  l'vne  tandis  que  l'autre  cft  fur  la  partie  :  nous  pourucumcs  auflî 
aux  autres  accidents  tant  par  vn  bon  régime  de  viure  que  pat  médicaments, 
fclon  que  la  ncceflicc  le  requeroit ,  de  forte  qu'elle  fut  guérie  eu  trois  fcmai- 
Mes. 

R  E  M  A  R  Q^r  E. 
Comme  Icfoyc  vtcrin  étant  attache  aux  cotylédons  delà  matrice,  attire  U 
nourriture  qui  doit  être  portée  au  fœtus  par  les  Taiireaux  vmbilicaux  ,  de  mê- 
Oîc  cette  inolecf oit  art  tchée  à  la  matrice,  tirant  fa  nouniture  par  \qs  cotylc- 
dopis.  Quelques  vus  fc  fei  uctit  du  pic  de  gi  itfon  pour  arracher  la  mole,  ce  qui 
ne  fc  fait  pas  à  mou  âuisfans  vn  grand  tiaiiger  ,  car  fi  ces  crochets  venoyci»t  a 
cchafcriUdcchireioyentaîsémcntla  matiicc:pour  cette  railoni'ayinucnté  des 
Tenailles  dcfquclles  l'cxtrcmirc  clè  faite  en  forme  de  cuciller  ou  de  bec  de 
Canard  ,  m^is  ^if^-ispro.'-onde.afin  que  les  dents  y  puilîcnt  cntrer:du  milieu  de 
CCS  Cueiiliers  nniiiènt  trois  dents  quarrécs  &  fort  aiguës  de  Ja  grandeur  i  y  rc- 
picfentécqui  do'iuent  être  miies  Tvne  à  cotédcraucre,  mais  en  droite  ligne, 
ainfi  CCS  Tcnaillisctants fermées, il  ne  paioit  aucune  de  ces  Dents.fans  qu'au- 
cune puîllc  ofFenccr  le  col  de  la  matrice  ,  quand  les  Tcnaiiles  vieudioyeat  à  ne 
pasmorJre. 

Tîgtire  des  T  en  Ailles  tMe  XV.  Figure  4 .     ' 

Que  s'iHA  necciraîre  de  mettre  lccrOv:hcr,ourre  les  Tenailles.  îe  fiu's  d'auis 


a  plus  de  leurccc  »x  que  1  on  rair  moins  de  douleur ,  lans  epouuantct 
ni  les  afliftants. 

Figure  y  de  U  Table  Xy. 

A  le  Crocher. 

B  vne  lame  de  Fer  faite  comme  vne  langue  ,  que  i'ay  accoufturnc  d'ap- 
peler vn  Dcfcnfcur  ,  lequel  on  tire  vers  le  m.mchc,tandis  que  l'on  met  le  cro- 
chet ,  &  ayant  accroche  la  Mole,  on  le  pouiFc  vers  le  crochet  :  l'vtilité  de  cette 
lame  de  Fer  cfl;  que  fi  d'auanture  le  crochet  vcnoic  à  cchaper  ,  il  empêche  qu'il 
ne  déchire  le  col  de  la  matrice. 0^7)51, Cr«M. 

Ooo 

\ 


474  Liure  Cinquième 


OBSERVATION     CX. 
Sur  le  mérite  S  met, 

VOiis  me  demandés ,  puis  qu'on  demeure  d'accord  qu'il  y  a  vnc  Mole  (&c 
qu'apparemment  il  n'y  en  a  qu'vnc  bien  grande  )  s'il  la  faut  cxpulfer,  vcu 
qu  Hippocratc  dfr,  en  k^n  liure  de  StcrilibiKsqi'vnc  femme  qui  n'a  qu'vne  mo- 
le, fi  on  la  poulfe  dehors  ,   en  meurt  ?    le  rclpons  qu'il  faut  bien  examiner  ce 
palIàged'Hippo;ratc  &  le  rapporter  à  ce  que  l'on  voit  tous  les  iours  dans  la 
pratique    ,    car    il  ticiu  orc-'inaircment     ce   langage  ,  comme  on    le   voit 
aphor.(^.i8.ou  il  dit  que  les  bldïures  du  Çeiueau,dc  la  velîie,  du  cœur ,  des  intc- 
ftins  Se  de  l'eftomach  font  morueilcs:or  l'expérience  fait  voir  que  telle  forte  de 
playes  fc  gueriircntalscslounentrmaib- G  lUf  n  au  Commentaire  die  cet  Apho- 
rifme  explique  fort  bi-n  l'intention  d  Hippocrate,  difant  que  ce  mot  de  mortel 
s*entcnd,en  ce  lîurc&  ailk  urs,de  ceux  qui  doiiv;nt  mourir  par  ncccflltc  ,  & 
bienfouuent  aufli  de  ceux  qui  meurent  peur  h  piufpair:?'!!  faut  appliquer  ceci 
à  ce  palîpge  d'Hiprocratexar  il  n'eft  pas  nccciuire  que  la  femme  à  qui  on  fait 
foitir  vnc  mole  fculcjmojrejquoy  que  cela  arriue  quelquefois;  veu  qu'on  a  re- 
marque fort  fouueutqu'on  a  fait  fortirjpar  àcs  me  JicamentSjVnc  mole  feule  qui 
ctoit  fort  grollc  (ar.sdangcr  de  mort, que  mêmes  on  en  a  arrache  aucc  la  main: 
Ceci  étant  bic  a  conhtieic  ie  ne  vois  rien  qui  empr.'he  qu'on  lie  p cille  entre- 
prendre laCuredelaquclie  vous  me  parlés  ,  veu  que  vôrpe  malade  eflieunc-& 
de  bonne  coniliuuion  :En  troificm^;  lieu  vocs  me  demandez  par  quels  re- 
jntd.sotipouna  pouli.r  hors  cetcc  mole  feurementc  Mais  aupr.rauant  que  de 
les  propolcr,  il  voui  fiut  faite  .ntcndre  à  cette  Dame  que  c'eft  vn  mal  long, 
diirKcile  &  quelquefois  iocuiable,  quelque  diligence  qu'y  apporte  U.  Mcâccki, 
car  elle  clt  qurlquefcjii  tellement  ^rtachcc  à  la  matrice  ,  qu'elle  n'en  peut  être 
déraciii/re que  longs  temps  après  &  quclqu.fois  demeure  iufcpes à  la  fin  de  la 
vie, ce  q  i  ;irf  iuequand  la  mariice  ôr  la  mole  ne  font  qu'vn  corps^ainfî  que  îe 
l'ay  remarqué  par  fois.-orla  Cua:  à  trois  inr^ntions  ,  premièrement:  la  façon  de 
viuifjqui  e;oircrrech3udej&  humide  &  bieu  regulicre.'la  fecôde  cft:  de  chafîcr 
Ic^  mai  uaii'ci  hi^mcurs  hors  du  i.orps  &  de  tirer  du  fang  s'il  y  en  a  du  fuperflu, 
en  rioiiif  me  ik  u  de  donner  des  médicaments  eu  dedans  poui  la  pouilèr  dehors, 
Ôc  dVi  .  p|-liquer  auffi  fur  le  Ventre  :  ayant  donc  purgé  le  corps,ic  me  fvirsd'c- 
irioliieurs  &:  principalement  de  lauem.ents  ,   Icfq  :cls  ie  fais  recci.oii  quelques 
iours  de  fuite,  cai  il  ell  neceflairc  que  la  m.ok  5:  la  matrice  œcme  &  toutes  les 
parties  voiiînes  foycnr  ramollies  &  rrlaxécs  :  ie  faisauflî  vn  fâcher  triangulaire 
lequel  ic  remplis  des  efpcces  du  lauemeni:  que  ie  (:\s  cuire  m  du  boiiilloh  de 
tcftc  &  pics  de  veau  ou  mouton ,  le  mettant  chaud,&:  l'y  laliFanc  vnc  heure  ou 

deux. 


des  Opérations  de  chirurgie.  4/^5 

Jeux,  deux  ou  ti-ois  fois  le  iour ,  aprcs  la  fomentation  i'cngraiifc  le  Ventreje^ 
parties  hontcufcs,ros  facrum  &  les  cuilî-s  aucc  le  Uniment  fuiuanc.  '^^.Ol.hlior. 
dlh  lttmbric.amygd.d.devitelLoHor.an.%^  fingueâ.cafonis/^YJîyAnJeris  An.^i.m,  On 
peut  auflî  donner  parla  bouche  des  chofcs  qui  raniolliiTcnt  les  parties  qui  fcr- 
uent  àchalfcrla  mok'jCommcde  lluylc  d'amandes  dou:cs,du  beurre  frais  aucc 
vnc  dccodion  de  feuilles  de  guimauucs,  mauues,  violettes  aucc  Icurs-femcnccs, 
&  demtlilot,y  âioutant  vn  peu  defcl  pour  cuitcr  lannusce:on  y  peut  mettre  va 
poulctjOU  vn  morceau  de  mouton,atin  que  ce  boii.'llon  nouriilIeCk;  fortifie  d'a- 
uantage,on  peut  auffi  y  àioutet  du  Tyiop  diahhaïas  Fernelijnyaut  aiud  continue 
ffpt  ou  huit  ioisrsiSc  purge  dcicckcf  le  co;ps,on  ûuuava  lalaphene,&on  %i«rn- 
dra  auxrensedes  qui  irritent  la  facuhc  cxpulciice,  reuenant  derechef  aux  laue- 
ments  que  l'on  fera  acrcSjfaifjntaufli  vn  fachet  aucc  les  efpeccsd'iccluy  :  tandis 
qu'élit  le  feruira  de  l'vn  Se  de  l'autre, il  faudra  mettre  le  pelîaire  fuiuant.  '^.Gal- 
ban,bdelHl,opopa''.folHfjn  vino ger.erufo  an.'Z^ii ,rad.cycUm.&  hellcb.<dt>î.an  •y.tro- 
chifcJe  r/i)rrha^ni.m.& cum/iicco  rut£  (j f.f.p ejarinrn. On  \uy  k ta.  au(i^i  prendre 
des  cxpullifs  p.K  la  bouchiicanuis  qu'elle  le  Icruira  de  ces  médicaments ,  il  ù\iz 
diligemment  obfeMiCr  le  mouucmctit  delanature,car  h  toil  que  Ton  verra  que 
l'expultrice  fera  iriiice  ,  il  faut  coucher  la  malade  en  même  pofture  que  Ci  elle 
vouloit  faire  vn  enfant,  aprcs  la  lage  femm.e s'oindra  la  maiuauec  le  iiiiimenc 
ordonné  ci  dellus,  quelle  mettra  doucement  dans  le  col  de  la  matrice ,  prouo- 
quant  tant  qu'il  luyièra  poilîble  les  douleurs  de  l'accouchement,  à  q;joy  con- 
tribuera auiTi  la  malade  de  coure  fa  force ,  afin  que  la  (âge  femme  puill:  fourrer 
la  main  dans  la  matrice  3c  attraper  la  molerquch  elle  elt  ronde  tS:  giiùante  ,  de 
forte  qu'elle  ne  la  puilFe  pas  l'ailir  auec  les  doigrs,clle  le  leruii  a  des  Tenailles  3c 
du  crochet  marques  en  i'Cbferuation  précédente  :  mais  cependant  il  hut  tra- 
uailler  à  réparera  à  cnrretenir  les  forces  par  médicaments  internes  &c  exter- 
nes, prenant  garde  de  ne  pas  trop  cchaufièriSc  atténuer  le  Iang,dc  peur  que  la 
mole  étant  dehors,il  ne  fuiuienne  vne  grande  6c  dai-.gereufe  hîemorrh:gie  ,  ÔC 
parce  que  la  mole  cft  touhours  attachée  à  la  matrice,  que  la  (âge  femme  pren- 
ne garde  de  ne  p.is  l'arracîierauec  violence  &c  trop  vilte   ,   m-ais  peu  à  peu  3c 
lentement  :  i'employay  vne  demi  heure  toute  entière  à  arracher  la  mole  de 
rObferuation  picçcdente    ,  rprcsauoir  porté  la  main  iufqucs  à  fa  ra:in-,  (ans 
caufer  point  de  douU  ur  lu  de  fa^  heiie  à  la  malade  :  poiir  éuicer  l'ha^noi  i  hagie 
aprcs  eju'clle  fera  dehors, il  faut  auoir  des  eLduaires  tous  prcfts,  des  (yrops,  des 
eaux  dirtillecs,  ^'c.  pour  en  faire  des  potions  ,  Ôcc.  qui  raffaichilfrnr  Ir  fang 
échauffe  <5:  qui  rc|-^ailhirnt  ,kfqucls  fortifient  en  même  temps,  ce  qu'il  faut 
Liiller  à  la  prudence  du  M.^dccin  qui  fera  pr.  fent  :  ap.és  qu'elle  fera  dehors,  il 
faut  incontinent  mettre  furie  bas  Ventre  ^S:  fui  l'-spirtîes  honteulcs  le  cata- 
plafmefaiùant  tiède  :   ^.  /^aA.  &  fil.p!,i:t,>n,biirfxpA[}or  fol.prun  r)LicP.r.rcfzr. 
rnb.dn.m.i.cojtse  tnttqtu  ad  coïifmiptlonem  teru*i  pArti.-fpoff.    ly.  tar.  hordei 

OOO       2. 


47  tf  Lîure  Cinquième 

é"  volatitis  sn.  %ni.  paîner.  rofar  rté.  tnyrtillor.  nue.  cupr,  hUtifi.  târtie.£r4ft4t. 
ranar.  comhHjf.an,  p.  teryjtjjgtll  f.in^u.  drac.an.l  Ci.  m.  cumdf^o  âecotlo  & paucê 
étcetoy  SirhaemoirhagitcltgianJc,  il  faut  lier  crroitrcmenc  les  bras  &  mettre 
«les  ventoufcs  fous  les  mammelUs:  on  peut  auflS  oiiurir  la  vênc  au  bras  h  les  for- 


fubtiltjfimus  .-mais  ie  fuis  oblige  daucitir  que  la  choL-  nercUlIit  pas 
bitij  en  laprcmicre  Cure,>?:  qu'il  faut  y  reuenir  quelques  iours  après  &  mêmes 
vn  mois,  comme  il  m'tft  ariiucen  vue  Dame  de  Cologne  l'an  i6iz.  quiauoic 
porté  vnc  mole  pUificurs  années ,  ayant  toufiours  été  cependant  robufte  &:  de 
bonne  couleur,fiiialemcnt  étant  l'aille  d'vne  Eévre  continue  auec  douleur  des 
parties  honteuleSjic  portay  la  main  en  ces  lieux,  ou  ie  trouuay  vne  mole  de  la 
grolfeut  d'vn  œuf  d*Autruche ,  laquelle  décendoit  tellement  vers  l'orifice  de  la 
matri''e,qu'on  la  pouuoit  aisément  empoigner  auec  la  main  :  mais  elle  tenoit  fi. 
fort  aux  Cotyledons,que  ie  ne  pouuois  pas  l'ébranler  fans  caufer  vnc  grande 
Jouleur^cependant  l'ayant  fouuent  manie  &  de  la  main  S<.  auec  des  inftrumcnrs 
&  appliqué  quelques  médicaments  ,  elle  fut  poufsce  heurcufemcnt  dehors  & 
fut  gucticrie  n'ofay  pas  neantmoins  l'arracher  la  prerBÎere  fois  que  i'y  portay  la 
main,à  caufc  defdittcs  douleurs  ,  partant  ierenuoyay  l'aiïaire  de  quinze  iours, 
irauaiUant  cependant  à  reparer  les  forces,  à  appaifcr  la  douleur  &  à  rempcret 
la  chaleur  des  parties  internes,  mais  étant  venu  pour  la  féconde  fois  à  la  précé- 
dente Curcjla  choie  tcuflit  à  iouhait.  Lettre  39. 


OBSERVATION     CXI. 

ly  vne  femme  qui  ayart  fait  ''■une  Mole  aufeptiéme  mois  y  accoucÎM 
hewrenfemem  d^vnfih  ati  neufinéme. 

LEs  Mcdccins  allouent  tous  que  le  fruit  ne  vient  iamais  àbien  quand  \\  y  a 
vne  mole  coniointe,  parce  qu'elle  attire  à  (oy  vne  partie  du  iaig  ^  de  la 
nourriturr,ainri  le  fœrus  langi.ilînnt  c'cuientvn  Auorton:  i'ay  neantmoins vcu 
vne  Dame  à  Dulfcldorp,  laquelle  étant  enceinte  &  ayant  eu  au  iepticmc  mois 
les doulcns de  l'accouchement.ht  vne  mole  de  la  giollcur^de  laTeftc,  Auncuf- 
vicme  elle  fitvn  hls  qui  a  vécu  iufqu'à  1  âge  de  17.  ans. 

L'an  iî99.ic  fus  demande  Je  Cologne  pour  voir  la  fille  de  Roger  Groppers,à 
laquelle  ieiiray  vn  enfant  qui  étoit  à  termcjapres  auoir  été  trois  iours  au  tra- 
uail  :  <Sc  peu  de  iours  après  il  fe  prefcntavne  m.ole  laquelle  ie  tiray  par  pièces  à 
ilemipounic. 

l'ay-aufii  connu  vnc  Dame  àEiibourg,laquclIe  i'ay  rraittc  il  y  tt  quatre  ans 

d'vnc 


des  Opérations  de  Chirurgie!  477 

^vHf  Sçîatîquc  violenre  qu'elle  eue  dans  le  trauail  de  raccouchcmcnt:  clic  m'a 
récite  qu'à  chaque  accouchement  foc  clic  auoit  quatre  fris  fort  robuftcs  )  clic 
auoit  aufli  vendu  vnemolcdcux ou  troisheures  après  :  c'cft  vnc  femme  afîcs 
robuftc,  rcplette  &  fort  ckarnut.  Ohf.  ^^.  Cent.  i. 

OBSERVATION      CXII. 

D'vnc  Mole  aqueufe. 

L'An  1604.  vnc  Dame  de  Berne  ,  étant  fur  la  fin  du  cinquième  mois  de  fa 
groilèllè,eat  les  douleurs  de  l'accouchement ,  &  rendit  ap/ es  des  grands 
efFottSjpafsc  dix  liuies  d'eau  auec  k  membrane,  ou  elle  êtoit  enfermée,  laquel- 
le ctoit  fort  gluante  :  ayant  été  demandé,  ie  la  trouuay  fur  le  ficge  ou  on  fiic 
accoucher  les  femmes  fort  troublée  &  ému'ê,à  laquelle  les  femmes  qui  ctoyent 
autour  vouloycnt  donner  vn  médicament  pour  pouiTer  le  fruit,carelle  croyoit 
qucc'étoit  fait  d'elle  s'il  ne  fortoit  dehors  :  au  contraire  ie  fus  d'auis  qu'on  la 
mit  dedans  le  lit  afin  qu'elle  rccouufa  fcs  forces  :  partant  ie  luy  ordonnay  vnc  " 
bonne  façon  de  viure  &  quelques  médicaments  cordiaux  ,  par  ce  moyen  elle 
fut  remife  au  dcllus  &  porta  fon  fruit  à  terme» 

l'en  ay  veu  vn  autre  exemple  en  vnc  mienne  parente  ,  laquelle  croyant  être 
enceinte  de  quelques  mois,  &  neantmoins  ne  fe  ponant  gueres  bien,  il  arriua 
qu'au  foie  étant  iointe  auec  fon  mari,  qu'il  fortit  de  la  matrice  auec  impetuo- 
fitc  quantité  d'eau  vn  peu  gluante  :  le  ventre  s'abailfa  incontinent  &  fe  porte 
bien  à  prefent,  ayant  eu  quelques  cnfans  àisco.  temps:  Ohferti.)^.Cent.i, 


OBSERVATION    CXIÎI. 
D'vne  grande  Mole  &  de  la  matrice  attachée  ah  Peritoim. 

MAdame  D^bora  Barel  deMouldon  auoit  eu  de  grandes  douleurs  dema- 
tricc  deux  ans  durant  :  elle  crut  être  enceinte  au  coramencemcnr  ,  en 
cfïct  tous  les  fignes  de  grollèirc  s'y  rcncontroyent  :  mais  quelques  mois  étants 
pafscs  elle  commença  à  fc  trouuer  plus  mal,  les  mammcllcs  à  flctiir ,  mais  k 
ventre  augmentoitdeioureniour  auec  diminution  d'appctit,  &  des  douleurs 
continuelles  par  tout  le  ventre,  principalement  au  coftc  droit  &  vis  i  vis  du 
rein  gauche,  qui  êtoyent  il  violentes  qu'elle  pria  Ton  mari  &  les  afliftans  de 
faire  venir  vn  Médecin  ou  quelque  Chirurgien  qui  ouniir  l'abdomen  &: 
chafia  ceshorriblcs  &  cruelles  belles,  car  elle  croyoit  certainement  qu'elle  Cft 
auoit  au  ycmrc:  enfin  ayant  langui  deux  aiiscn  cette  mifcre,  la  febricule  s'^taiM 

Ooo   3 


1 

47  g  Liurc  Ciaquicmc  | 

fluv^mcntce,  la  nausée  &  les  veilles,  ne  sctanc  aufli  ferui  d'aucims  remèdes ,  elle 
dcûeda:  lecoips  ayant  ccc  ouuei  t  :  on  tioiiua  i .  en  l'abdomen  quantité  d'eau 
f  nsblable  à  celle  où  on  alauédela  chair.  2.  la  matrice quis'éroicétendaed'v- 


-n  ^  ,  ,     .  '  5-, 

aanclie  croit  entièrement  pomii  :    4.  le  Foyc  ctoit  tout  rempli  d'abfcés  poiir- 

lis  ,  d;  là  vcnoic  cctre  cati  que  ron  tioiiua  dans  l'abdomen  :  5.  la  matiice 
ayant  été  ouucite,  il  en  foitit  plus  de  fix  Hures  d'eau  très  puante  mêlée  auec  du 
puSj  G,  on  y  trouua  vnc  mole  plus  grollc  que  la  te  fie,  inégale  &:  dure  en  ccntni- 
nes  places:  or  elle  étoit  h  fort  attactiécnon  fcuLmcnt  aux  vaifieaux  cotylcdoi^s, 
mais  au{îî  de  lapait  quiiegarde  le  dos,qu'on  ne  peur  poi.'.t  l'en  fcpirer  qu'en 
déchirant  la  matiice  ti  c-  Ohfem.^y  Cent-.  2. 


£3 


OBSERVATION     CIV- 
De  l'extrada  on  d%n  enfant  mort. 

VOusiçauc's  comme  Us  Médecins  (ont  en  horreur  aux  femmes  qui  font 
dans  le  trauail ,  linon  qu'vne  extrême  neceflicé  les  y  obligcrde  là  ykm  que 
plufieurs  meurent  milcrablemenc  fans  Iccours,  qui  pourroyent  ê:relauuérs  Ci 
elles  fe  feruoyent  du  confcil  de  perfonnes  entendues  :  mais  l'ij^norancc  «3c  la 
rutticitédes  fagcf:mmescn  elt  caule,  qui  font  accroire  aux  femmes  enceintes 
que  les  Médecins  n'ont  point  de  cosoilïance  de  ce  qui  les  concerne  ,  &  pour 
cette  caufe  les  Médecins  mcprifcnt  cette  opération,  qui  eft  la  plus  excellente  &C 
la  plus  neceiraire  de  toutes,  afîauoir  l'cxtradliion  de  i'enfanc  mort  :  le  ne  parle 
pas  feulement  des  noftres  ,  car  il  fe  rencontre  peu  de  Médecins  par  toute  l'Al- 
lemagne qui  exercent  cette  opération,  &  plufieurs  quilamcprifent comme  fi 
c'était  contre  l'honneur  du  Médecin  flcquil  fçaic  la  conformation  des  parties 
de  la  génération  Ôc  de  toute  l'aiV.iire  ,  te  que  les  fagef:mmes  ignorcntjde  pien- 
dre  connoilTance  de  ce  qui  concerne  les  femmes,  de  loulager  vue  femme!  dans 
le  trauail,  &  de  la  tirer  des  pattes  delà  moit:  quant  à  vous  qui  m'aués  veu  exer- 
cer cette  opération,  prenés  gard^  de  ne  la  pas  reietter  [car  c'cdvn  grand  don 
de  Dieu,  ]  ayant  par  icelle  ,  fauuc  plufieurs  femmes  qui  étoyent  danslepetife! 
voici  vn  exemple  de  l'excellence  de  cette  opération.  ■'  ' 

La  femme  d'vn  des  premiers  de  cette  ville  étant  enceinte  pour  la  neuuiérti^ 
fois,ôc  étant  venue  à  terme,  fut  faific  de  douleurs  de  l'enfantement-on  appelé 
vne  fijefemme  qui  fit  tout  fon  potTiblc,  mais  en  vniti  :  les  douleurs  étants. fore 
augmeriiccs>)6<:lestiauauxde  renfantemcnr,  ma  femme  fut  aufiTi  demandée  car 
çlicrauoit  dc-ja  par  deux  fois  deliurc  de  l'enfant  morr,[apres  auoir  été  abâ don- 
née 


des  Opérations  de  Chiruigic.  47^ 

ncc  êÎcs  fagcfenimesjmais  à  l'aide  de  la  main  fans  înftrnmcnts,  ce  qu'on  ne  put 
pas  faire  pour  ce  coup  :  or  comme  elle  vie  que  l'enfant  écoir  eutortilic  dVn 
étrange  façon  en  rondA'  que  la  tcrc  s'appuyoir  iur  los  il'.um  gauche ,  elle  fie 
entendre  aux  afîiftants  que  l'accouchement  feroit  fort  diirkiie,  &  que  l'cnfanc 
ne  vicn droit  pas  en  vie,  partant  elle  luy  fît  donner  des  Cordiaux  ,  &  mettre  des 
epithemcs  fur  les  poignets,  oindre  le  ventre,  (es  paiti-.s  gcnirilcs  &z  celles  qui 
font  autour,auec  dci  hu)  If  s  remollientes  &  reLîxantes,âpliquer  vn  fathetemol- 
licnt  fur  le  venrrr,  mais  tout  cela  ne  fcruit  de  rien,  car  les  douleurs  6c  les  ef- 
forts augmcntoycnt  tondours  d'autaiu  plus, de  forte  que  Ks  vailHa^x  vm'oili- 
caux  forroyenr  hors  de  la  matrice  Se  que  le  fruit  vînt  à  mourir:  ic  fus  aufîi  de- 
mandé: on  ne  fçauroit  s'imaginer  en  qu'elle  foufrance  ie  la  trouuay,  de  forte 
qu'elle  me  prioit  fans  celle  ai  à  mains  iointes  de  luy  ouurir  le  venri .  :ie  voliIus 
attendre  ce  que  fon  mari  &  les  femmes  qui  ctoycnt  à  l'enuiro*!  diroyent  là  dcf- 
fus,  fçachmt  qu'clLs  ont  en  horreur  le  confeil  des  Médecins  en  ces  -itnûes: 
lis  fe  teurent  Eous,mais  elle  crioit  toujours  plus  fort  que  ie  vinife  à  h  fcction: 
Or  comme  iefçauois  qu'elle  ctoirdangereufe&  non  neceifairc  en  cette  ren- 
contre ,  ie  leur  propolay  la  manière  dont  ie  me  fers  pour  tirer  l'enfant  mort 
hors  du  ventre,  laquelle  incontinent  fut  acceptée  de  la  malade  &  du  mari  & 
des  affîftants,  qui  me  prièrent  tous  d'vn  commun  accord  d'en  faire  rclfaypour 
la  tirer  de  cette  mifere  .•  ma  femme  donc  entreprend  cette  opération  qu'elk 
auoit  exercé  en  ma  preftnce  à  Laufannc,  Payernc  &  ailleurs  à  diueifes  fois,  oi- 
gnant derechef  ccs^parties,  Rappliquant  le  fichet  chuid  ,  puis  ayant  attire  la 
tefteaucc  toute  la  diligence  poffiblc  vers  l'oiifice  de  la  matrice  ,  elle  âcrocha 
le  fommetde  la  tefte,&  Dieu  enuoya  C\  bi:n  fa  bencdidiô,  q  î'che  fut  hearcufc- 
mcnt  deliuréc[auec  admiration  de  tous  ccax  qui  étoyenc  prefentsjtant  de  l'en- 
fant que  de  l'arrierefaii.- après  l'opération  ,  tout  r?l{a  li  bien  quMie  fut  remifc 
en  peu  de  temps  :  l'enfant  ctoic  tellement  entortillé  en  rond,  que  ie,ne  fçaurois 
dccrirefa  iîtuation,  tout  Cou  corp?,'N:  même  la  fa  ;c,  (ce  que  icn'ay  iamais  veu 
en  aucun  autrej  êcoic  co.iuert  d'vn  certain  limun  gluant  6c  épais  de  couleur 
giifatre:  Obfenmt.  63.  Cent.  6. 


OBSERVATION    CXV. 

*De  la  ReâuBion  de  renfant  à  fa  fitHatîon  naturelle  en  vne  femme  aui  auoit 
demeuré  cint^  tours  au  trauatl. 

L'An  1^17.  i4.Nouembre  vn  Payfan  me  vint  trouuer  à  Eifenbach  au  pays 
de  HclTen,  oùi'eftois  allé  voir  vn  Gentil-homme  ,  lequel  me  fit  entendre 
qu'vnc  ficnne  fille  ctoit  au  trauail  d'enfantement  depuis  cinq  iours  auec  de 
grandes  douleurs,  Icfquellesauoycnt  cefsc  depuis  vint-quatre  heures  que  l'en* 


4i0  Liure  Cinquicme 

fanr  êroîc  de  tTaucrs  mort  des  le  îour  prccccknt,  duquel  va  bras  forroîc  hot 
de  la  matiice:  ie  luy  nspicndre  vne  potion  ccidiale,L-  conllihay  aulîl  que  l'oj 
txhorra  {oigncuicrneac  la (agcfemmc,  qu'elle  rcpoulïâ  haidimcnc  le  bras  en  V 
iiciiation  nacurclle ,  &  qu'elle  amena  la  tcfte  vers  1  oriHcc  de  la  matrice  :  o 
qu'ayant  faic,cllcâcouchahcureuremcnr  vne  heure  après  &:  fut  remife.*  on  voi 
par  là  que  l'cufanc  eft  ponlsc  hois,non  (culement  par  des  remèdes  appropries 
mais  aufli  par  ceux  qui  forciHent,  ptiiicipalemcnc  H  on  coirigc  la  ûiuaûoj 
contre  nature>  OhferH.  45.  Cent ^, 


OBSERVATION      CXVI. 

De  l étrange  Jttuanon  ^"uw  ehfam  dans  la  marricé, 

IE  veux  raconter  îcy  vn  exemple  d'vn  cnfanccmcnc  (i  dîtHcîb.qtic  ni  ma  fem 
me  ni  moy  n'en  auons  iamais  veu  de  iemblable ,  du  grand  noubrc  de  ceuj 
qui  Te  font  prefenccs  :  M-idame   Elizabcth  \^agncr  étant  cnreiure  pour  I; 
TecondefoiS)  &  l'automne  pafsé  ayant  demeure  huit  iouts  au  rrauail  aucc  di 
grands  tourments,  d'vn  enfant  mort,  qui  ncantmotas  croît  à  tcrm.\  ayant  ctii 
iin  ctc  abandonnée  des  fagcfemmcs,  elle  pria  les  aflîftants  qu.^  l'on  fit  venir  m. 
femme,  laquelle  étant  vers  la  malade  enuiron  les  quatre  heures  du  foir,  clic  i; 
trouua  cxtrcmentfoible:  les  douleurs  de  l'accouchement  ctoycnt  fort  petites 
elle  auoit  vne  fièvre  très  ardente,  tant  à  caufe  de  la  longueur  5c  violence  de  1. 
douleur  &  des  veilles,  qu'à  caufe  de  quelques  b.uuag  s  qu'on  luy  auoit  donn< 
pourpoufler  l'enfant,  qui  ccoyenr  composes  dcchofcs  chaudes  S>c  d   vin  paif 
faotjfclon  la  coutume  decclieurleseauxêtoyent  iortiesdc>  lecôn^-'nccmjut,  i 
caufe  dequoy  Tes  parties  étoyent  tellement  arides,  fcch.s  ôc  rrlîcrréesqj  a  pén< 
y  pouuoiton  fourrer  les  deux  doigts  :  or  elle  commença  la  Cure  en  c^ttc  fa 
çon  :  en  lieu  de  vin  elle  luy  fit  boirç  du  lait  d  amandes  en  q  lautitc:  clic  l.iy  ti 
cha  le  vcutrc  quictoit  rellcrré  auec  vn  Lauement;  luy  donna  des  potions  cor 
dialcs,  ou  cntroit  la  confection  d'Aikermcs,mit  d^s  cpithcmes  fui  ks  poignets 
elle  oignit  tout  le  ventre,  les  cuilFcs,  les  lumbcs  &  l'os  facrum  .luec  les  parties 
génitales,  d'huyles  &  grailles  anodyncs,  cmollientes  (3<:  rclaxatiues,    elle  mi 
chaudement  vn fachet  triangulaire  fait  de  chofcs  emollicntcs  &  relaxantes 
qui  couuroit  tout  le  bas  ventre  &  l'entrefellbn ,   s'étant  frrui  quelques  heure 
de  CCS  remèdes,  &  après  s'être  engraiisc  la  miin,  ayant  vo  jIu  Tiyauoir  la  fitua 
tion  de  l'enfantjà  pcnc  peut-elle  faire  entrer  le  bout  des  doigts  dans  l'orifict 
de  la  matrice,  tant  il  eftoit  reiferrc  :k  l'enfant  coignc  vers  l'os  puois  ôc  les  par 
rieSjà  caufe  des  cfïôrts  qui  auoycnt  précède  :  enfia  après  qu'elles  curent  vn  pei 
êcc  élargies  aucc  grand  pénc  &  induftric,  &  ayant  fourre  les  doigts  vn  peu  plu 
auant,  elle  remarqua  que  l'enfant  prcfcntoit  ic5  reins  ôc  la  main  droite  à  l'ori 

âc<l 


des  Opérations  de  chirurgie.  j^ti 

Ece  :  elle  fit  donc  tous  Ces  eftbrts  pour  le  rcdreflcr  &  mccrrc  en  vne  autre  po- 
fturcque  cette  monftrueufc<^  rcnucrscc,  tâchant  d'amener  la  tcftc  ou  les  pîc's 
à  l'orifice,  mais  ce  fut  en  vain  ,  tant  les  parties  naturelles  ctoyent  rcfleiices: 
elle  ne  voulut  pourtant  pas  laiircrraffdirc,  laquelle  elle  pouriliiuit  gcncrcufc- 
mcnt,  ôc  renouuelant  les  douleurs  quand  il  luy  fembloit  à  propos ,  en  fin  elle 
futdcliuréc  miraculeufefncnt  auant  la  minuit;  miraculcufement  di-ie,car  l'en- 
fant f  comme  on  aveu  après  lacouchementj  êtoic  tourne  en  cette  façon  :  la 
tefte  &  le  col  étoyent  tellement  ploycs  fous  le  bras  droit  vers  la  cuillè  droite, 
qu'il  auoit  le  vifage  entre  les  fellcSjtants'ctoyentâlongis  le  dos  &  le  col:  la  main 
droite  êtoit  appuyée  furie  rein  gauche,  «S:  la  gauche  fur  le  genoiiil  du  même 
côté:  la  ianribe  droite  croiloit  la  gauche,  6c  toutes  deux  étoyent  courbées 
vers  la  poitiine.  Ohf,  64.  Cem-  6. 


OBSERVATION      CXVII.  ' 

1)6  l'extraElion  de  l'enfant  mort  dans  le  ventre, 

LA  femme  de  laques  Clerc  Dourgeois  de  Laufannejde  délicate  complcxion 
&  àcz  conftitution  fccht-, étant  enceinte  pour  la  neuvième  fois  &  venue  à 
terme,  ne  pouuoit  pourtant  pas  dcliurer  ,  à  canfc  dequoy  elle  appela  ma  fem- 
me ,  lac^uclle  ayant  reconnu  par  â^s  figncs  aifurés  que  l'enfant  éroit  mort, 
y  porta  la  main  pour  fçauoir  comme  il  etoit  firué;  or  la  fituacion  rtoit  entière- 
ment contre  nature,  car  le  ventre  &  les  vailîèaux  vmbilicauxf'  qui  étoyent  tous 
entortillés  &  comme  eu  vn  pclotonjfe  prefcntoyent  à  l'orifice  :  les  pfés  &  la 
tcfteétoycnttcllcmcnt  tournes enarriere,  qu'ils  étoyentquafien  vn  :  les  dou- 
leurs &  les  treu'.  hées  ctoyent  fort  grandes  ,  mais  elle  etoit  encor  afsés  forte: 
luy  ayant  graifsé  le  ventre,  les  parties  &:  \çs  cuillèsaucc  huyle  de'lis  blancs,d*a- 
mandes  douces,  grailFe  de  poule  &  d'oye:  ayant  aufîî  oint  la  maiii  auec  le  mê- 
me onguent,  elle  la  mie  dan?  la  matrice,  &  tournant  bellement  i'enfant  ,  elle 
amena  peu  à  peu  la  tell:c  vers  l'orifice  de  la  matrice,  par  ce  moyen  elle  l'amena 
heurcufcment,mais  mort  ;  la  mcre  fut  bien-tôt  remise  ,  ôc  fe  porte  bien  à 
prefcnf 


OBSERVATION      CXVIII. 

Sur  le  même  fiiiet. 


A  femme  de  Pierre  Bellet  Bourgeois  de  Laufannc  afsés  robufte,  étant  pour 
4a  tcoifiéme  fois  enceinte  ,  fut  iaific  des  douleurs  de  l'accouchf  ment  le  i(î. 


^Sl  Liure  Cinquième 

Ncuembrciéii.  les  eaux  fortircnt  incontinent,  les  douleurs  arriucrent  fort 
grandes  &c  fans  donner  aucun  relâche  :  on  Revenir  plufieurs fagcfemmes,  mais 
en  vain:ayantccéen  fin  afToibiic  par  la  violence  des  douIeurs,qui  durèrent  neuf 
iours,  ma  femme  fut  demandée  au  fccours,  laquelle  trouua  cette  miferable  aux 
extrémités,  car  à  pêne  Iny  fcntoit-on  le  pouis,tant  êtoyent  abatues  les  forces  à 
caufc  des  grandes  &  continuelles  douleurs  :  elle  êtoit  en  grande  inquiétude 
lans  pouuoir  dormir  ,  ayant  vue  foifinfatiable  ,    ôc  fréquemment  des  de- 
faiilancesjà  caufe  que  l'cnfanr  croit  à  demi  pourri:apres  qu'elle  eut  fait  le  pro- 
gnofuc,elle  cntrcpiirainfi  la  Cure  :  premièrement  elle  luy  lâcha  le  ventre, 
qui  ctoir  reiTcrréj  par  vn  lauement  commun  :  puis  elle  luy  donna  vn  lulep 
cordi.d  fait  auecconfcclion  d'Alkermes,  eaux  de  canelle,borrache  &c  buglo- 
fe  ,  ôc  comme  Tes  parties  génitales  ctoyent  dclfechces  &c  rafroidies  ,  C  les  eaux 
étants  forties  dés  le  commencement  qui  rendent  le  palïàge  glifîànt,^  elle  y  mit 
chaudement  vni'achcr,  fait  de  racines,  herbes,  fleurs  ,   &  femences  emollien- 
tes  &  anodynes  :  elles  oignit  le  ventre,  les  cuiiïcs,  ,   l'os  facrum  &  Tentrcc  de 
la  matrice  auec  le  linimcnt  décrit  en  robfcruation  précédente':  en  ayant  auflî 
engraifsé  fa  main,  elle  la  mit  doucement  dans  la  marrice,  pour  fçauoir  com- 
me l'enfant  étoitfîtué,lequel  prcfcntoît  les  lumbes  à  l'orifice  :  latcfte&lcs 
pies  étoycnt  rêuersés  en  haut  contre  le  diaphragme,&  les  bras  tendoiêt  en  bas, 
de  forte  qu'ils  ctoyent  ioints  vers  l'os  facrum,fortanishors  le  col  de  la  matri- 
ce ,  car  les  fagcfemmes  luy  auoyent  tellement  tiré  les  mains  ,    que  les  bras  en 
ctoyent  fort  âlongis:  les  vaillèaux  vmbilicaux  faifoyent  deux  tours  autour  des 
Cuilîès:  l'Opération  fut  très  difficile  &  bailla  beaucoup  de  pêne ,   mais  ncant- 
jnoins  elle  rclifllc  bien  &  fut  toc  acheuée  :  &  quoy  que  l'enfant  fut,commc 
i'ay  dit,à  demi  pourri,  &  fans  doute  ûc  porté  beaucoup  de  preiudice  tantàla     i 
matrice  qu'aux  parties  nobles  par  fon  infedion  ,  elle  fut  ncantmoins  bien» tôt     < 
remife  &c. 


OBSERVATION      CXIX. 

Sur  le  ?nème  fttiet. 

LE  p.  Janvier  1613.  il  cft  arriaé  vnfemblablecas  à  Laufanne  :  la  femme  de 
Ican  Qj^ebcy  âgée  de  50.  ans,  de  complcxion  afsés  délicate  ,  portant  fon 
troificmc  cnfant,il  luy  commença  à  fortir  du  fangdc  la  matrice  &  à  l'ordinai- 
re, le  fixiéme  mois  de  fa  gLolTcfïè  :  mais  comme  elle  ne  fe  fcruoit  d'aucuns 
remedei,  le  fang  coula  en  plus  grande  abondance  ,  ^  ncantmoins  elle  porta 
(ce  qui  cft  remarquable^ fon  enfant  à  teime  :  ayant  été  laihc  des  douleurs  de 
l'cnfaurcmenr,  qui  furent  très  violentes,  il  luy  furuint  auflî  vn  vomiflcmcnt:  le 
fang  fortuit  en  fi  grande  abondance  ,   qu'aptes  l'accouchement  on  le  ramafla 

fur 


des  Opérations  de  Chirurgie!  4^$ 

le  plancher  dans  vn  plat  :   cela  Iiiy  âbatic  rcllemcnt  les  forccs,que  tons  les  zC- 
fiftants  &  la  fagcfcmme  crurent  qu'il  n'y  auoic  plus  d'cfperance  :  fur  cela  l'on  • 
demanda  ma  femme,  qui  la  trouua  aux  extrémités,  auec  des  Tueurs  froides  par 
tout  le  corps,  les  cxtremiccsaufli  froides ,  &  rcfpric  tellement  agité  de  trou- 
blé qu'elle  nauoit  plus  de  connoilfance  :   or  quoy  que  la  mort  fcmbla  être 
prochaine  ,  toutesfois  comme  l'on  obftruc  parmi  nous  certc  Loy  Royale,  par 
laquelle  il  efi:  défendu  d'erifcuclir  vue  f-mme  enceinte  auantque  l'on  ait  tire 
le  fruit  hors  de  Ton  ventre  ,  les  parents  voulurent  que  ic  filFe   vn  ellay,  cepen- 
dant qu'elle  étoit  en  vie  ,  de  le  tirer  dehors  :  y  ayant  doncmisMa  main,ic  le 
tiray  aisément  fans  aucun  inftrument  :  quoy  que  mort  :  la  chofc  rruflîtfibicn 
que  l'accouchée  fut  bien-  tôt  remife,  auec  admiration  de  tout  le  monde  :  cette 
fituation  étoit  entièrement  contre  nature  ,  le  Foye  vtcrin  ,  [ce  qui  eft  remar- 
quable ]    étant  feparc  de  la  matrice  «^ui  pendoit  iiifqu'à  l'orifice  d'icclle,  & 
c'cft  ccqui  fit  cette  grande  haîmoriha^ie  qui  luy  ariiua  dans  les  trauaux  de 
l'accouchement.     Obferuation  tirée  de  U  refponce  à  U  lettre  de  Monfeur  Mi- 
chel Doringius* 


OBSERVATION      CXX. 

OUciuefiion  ,  f  "jne  femme  morte  enceinte  doit  être  enfettelie  auec  fan  fruit. 

QVelques  vus  croyent  que  c'eft  vne  chofe  cruelle  &  inhumaine  quand  vn 
Chirurgien  ouure  le  ventre  d'vne  femme  enceinte  pour  en  tirer  le  fruit: 
mais  c'tll  vne  opinion  abfurde,  d'appeler  cruelle  vne  perfonne  fidèle:  fi  telle 
forte  de  gents  regnrdoyent  bien  à  l'intention  du  Médecin  ,  ils  verroyent  qu'il 
n'y  a  rien  de  cruel  en  cette  Opération,  laquelle  eft  neccllàirc  &  licite  ,  étant 
même  approuuce  &  établie  par  les  Payens,  ve»  qu'elle  procède  d'vn  véritable 
mouuement  de  charité. 

Or  le  Médecin  &  Chirurgien  à  double  but  en  cette  Opération  ,  première- 
ment de  bien  connoiftre  la  fituation  de  l'eiifint  dans  la  matrice  ,  car  chacun 
fçait  combien  il  cil  nece(îaire  aux  Médecins  S>z  Chirurgiens,^^  à  tous  ceux  qui 
ont  exerce  cette  OperatioH,Jelabien  connoiftre:  &:  comme  il  y  en  a  plufieurs, 
&  par  manière  de  dire  vne  infinité,  [  i'en  parle  par  expérience,  ayant  {\  fouuent 
exercé  cette  Opération]  de  ficuations  des  enfants  dans  la  matrice ,  nul  ne  peut 
dcuenirparfaic  Operateur  s'il  n'a  pas  ouuert  le  ventre  d'vne  femme  après  fa 
mort  ;  &  s'il  n'a  bien  regardé  de  prés  la  firnarion  de  l'enfant  :  &  ic  ne  puis 
pas  comprendre  comme  vn  Médecin  ou  vn  Chirurgien  peut  bien  inftruire  vne 
fagcfcmme  [  Icfquelles  font  rccciics  par  le  Magitlrar,  fans  auoir  examine  Ci  el- 
les font  capables  de  faire  vne  chuge  fi  importante  &  fi  falutairc  au  genre  hu- 
main,] filuy  même  n'entend  pas  bicnraifairc. 

Ppp      2. 


4S4  Liure  Cinquième 

En  feconcî  lieu  on  ouiire  le  ventre  d'vne  f.rnmc  pour  confenicr  l'enfant, 
car  il  arriue  fort  fouacnr  qu'vne  femme  enceinte  vient  à  mourir  fiibitcmentjdc 
quelque  maladie,  comme  d'ha^morihagie,  défaillance,  apoplexie,  &:c.  cepen- 
dant l'enfant  f  quoy  que  foible  ,    ôc   n'ait  pas  la  force  de  fe  remuer  dans  la 
matrice,  tandis  que  la  mère  eft  dans  ragonie,^  peut  viure  quelque  temps  :  l'an- 
tiquité ayant  confidctc  ceci,a  très- prudemment  établi  que  la  mère  étant  mor- 
te, que  l'on  tireroit  l'cfifant  en  faifant  ouuerture  du  ventre  ,  depeur  qu'ils  ne 
pcrifîcntîous  dnix  en  même  temps.  Les  paroles  de  la  Loy  font  telles  :  La  Loy 
Royale  ne  veut  pas  que  Ton  enfcuelilTe  vnc  femme  enceinte  qu'auparauant  l'en- 
fant n'ait  été  tire  du  ventre  de  fa  merc  par  incilion:  les  lurifconfultcs  non  feu- 
lement appelent  cette  Loy  Royale  par  excellence,  mais  aufli  parce  qu'elle  a  été 
établie  par  Numa  Pompilius  fécond  Roy  des  Romains  :  laquelle  il  elle  étoic 
obferuée  par  tous  les  lieux  où  il  y  a  des  Chreftiens  ,    on  conferueroit  fans  dou- 
te plufieurs  petits  enfants  qui  demeurent  mâferablcmcnt  étouffés  dans  le  ven- 
tre delà  mcrc,  &  plufieurs  pères  &  mères  mcttroyent  leur  confcience  en  re- 
pos, &c  à  bon  droit  l'authcur  de  la  même  Loy  adioutc ,  celui  qui  fera  au  con- 
traire,femble  être  coulpablc  de  la  perte  d'vne  créature  viuantc  :  A  quel  pro- 
pos donc  ofe  t'-on  appeler  cette  opération  cruelle  &:  inhumaine,  veuqu'ily  a 
plufieurs  exemples  d'er.fànts,  qui  ont  été  tirés  viuants  du  ventre  de  leur  merc 
moi  te  ?  Dans  Valerius  il  y  en  a  vn  a  Imirable  d'vn  Gorgius  Epirotc  ,  qui  for- 
tit  du  ventre  de  fa  mcre  comme  on  l'alloit  enfeuelir ,    &  par  fon  cri   obligea 
ceux  qui  portoyent  la  bière  de  s'arrcfter  :  ainfi  peut'-on  dire  qu'vne  femme 
morte  eft  accouchée,  &:  que  Gorgias  a  été  porté  au  fcpulchre  auant  qu'tftrc 
né:  L'an  1597.  le  14.  luin  entre  la  Daucntric  &  la  Suthphanie  ,  le  mari  &  la 
femme  fuient  pendus  par  des  Efpjgnûls,  la  femme  au  bout  de  quatre  heures  fie 
deu,xgLmfaux  en  vij  toute  mOite  qu'cH<^  ctoic:  on  peut  voir  par  ces  hiftoires 
que  l'enfant  ne  meurt  pis  en  méipe  temps  que  la  mère,  mais  qu'il  peut  demeu- 
rer quelque  temps  en  vie  dans  la  it)a:rice&c.  En  la  même  Lettre. 


OBSERVATION     CXXl. 

Que  l'enfant   peut  demeurer  ejuehjHe  temps  comme  mort    dans 

la  matrice. 

L  faut  rcmarcucr  qu  vn  enfant  qui  eft  à  terme,  &  le  temps  d'âcoucher  étant 
^  pio  hain,  fe  repof;  quelquefois  vn  iouroudcux  fins  aucun  mouucment,cc 
qui  biillc  opinion  qu'il  eft  mort  ,  en  voici  vn  exemple  :  L'an  160  j.  la  femme 
de  Ican  Schoer  deMorat,  ayant  été  fix  iours  dans  de  violentes  douleurs  d'en- 
fantement, %L  ne  pouuant  pas  acçouchcr,quoy  que  l'enfant  fut  à  terme  &  ro- 
bufte  qui  faifoit  des  efforts  pour  fortir  :  k  fus  demandé  pour  le  voir  le  fixiémc 

4c 


i 


•  des  Opérations  de  Chirurgie.  ^  îj 

de  Septembre  :  or  qiioy  qac  la  ficuarion  de  l'enfant  ne  fut  pas  entièrement  con- 
tre naturc('car  la  Tcftc  ctoit  qiiafi  à  l'enirce  ci?  la  rratrice,/'  neanrmoins  Tes  par- 
ties ctoyent  tellement  rc({crrécs,qu'a  peine  y  pojiioisie  faire  entrer  ma  maia  : 
c'ctoit  vne femme  de  3o-ans,dc  conftitucion  sèche  6c  qui  r.'auoic  iamais  fait  dzs 
enfants,  parquoy  icluy  appHquay  vn  fachrt  chaud  fur  le  Vcntic  faic  de  cbofes 
emollientcs  &  relaxantes  quelques  heures  durant,  &  luy  oignis  le  Vcncic,  Ics 
parties, les  cuiiFcs  ik  l'osiaciû  auec  vn  onguent  emollient:pour  rappeler  Icsfor- 
ces,ic  luy  donnay  de  la  confcâ:ion  d'alkcrmcs  dans  vn  peu  d'eau  de  candie  di- 
ftillce  fans  vin :ie  tâchay  cependant  auec  toute  la  diligence  poflibîe  de  conoî-re 
fi  l'enfant  ctoit  mort  ou  non  :  la  malade  de  les  femmes  qui  ctoycnt  autour 
croyoyent  qu'il  ctoit  mort  il  y  auoit  2  <j  .heures  ,6<  moy  m.cme  i'ctois  dans  cet- 
te opinion  :   premièrement, parce  que  le  iour  précèdent  elle  auoit  eu  vn  grand 
frilIon,(3<:  des  lors  nielle  ni  les  femmes  qui  l'alfiftoyent  n'auoyeiit  pu  remar- 
quer aucun  mouuemcnt.-i.  parce  qu'elle  alFuroit  de  fcntirvn  certain  froid  au 
bas  du  Ventre  :  5.  parce  qu'après  qu'on  eut  applique  ce  fachct  Se  qu'on  luy  eut 
donne  de  la  confc«5tiond'alkermes,  elle  ne  l'auoic  fcnti  aucunement  bouger, 
ce  qui  pourtant  arriue  le  plus  fouuent  quand  l'enfant  cft  en  vie  :  4.  parce  que 
l'on  voyoit  le  fommet  de  la  Tefte  de  l'enfant  (lequel  i'auois  amené  peu  à  peu 
vers  l'or^'^cc  de  la  matri jc,]  tout  gangicné  auec  vnc  certaine  puanteur  ,  mais 
nous  fumes  tous  trompcs,car  contre  nôtre  efperancc,  ie  tiray  l'enfant  vif,mais  fi 
foiblc  qu'àpcnc  le  psut'on  remettrc:<fi  eft-cc  qa'il  reprit  vn  peu  Ces  forces  après 
luy  auoir  donne  de  laconf(;<5lion  d'alkermes  dilfoute  en  eau  de  buglolfe  &  mis 
furie  cœur,les  tempes  &c  narines  :  or  comme  les  forces  auoyent  ctc  cxtp/mc- 
ment  âbatucs  à  caufc  des  efforts  qu'il  auoit  faifs,&:  que  la  Tefte  ctoit  bo^iffie  & 
gangrenée  pour  auoir  été  extrêmement  prcfséc  tn  l'orihce  de  la  marii:e,ou  il 
auoit  demeuré  quelques  iours ,  il  mourut  trois  iouis  après  auoir  rcjcu  le  bapté- 
xne,mais  la  mère  firt  bien  toft  remife,  ôcc.  Ln  la  même  lettre. 


OBSERVATION     CXXII. 

lyvne  femme  k  qui  on  a.  arracha  l'eufuntpoiirritpar  incifion  dn  nomhr'tl. 

EanncBarbet  âgée  de  4o.ans,  du  Village  de  Pagnoz  au  Comré  de  Rourgo- 
^gne  ,  femme robuftc  &:a6tiue,  étant  enceinte  de  Ton  li.  enfant  &  venue  aa 
terme  de  l'accouchement ,  crut  l'auoir  heureux  comme  les  piecedent:>.  mais 
au  contraire  elle vt  dettes  grandes  douleurs  ,  renfai:t  qui  ctoit  picftàfortir 
étant  demeuré  cmbarrafsé  &  tellement  enfermé  dans  la  matrice  ,  qu'il  ne  fc 
rcmuoitplus  ni  ne  donnoit  aucun  indice  de  vie:ayant  don^  cte  trauailléc  de 
grandes  &  continuelles  douleurs  dés  le  J^.luin  1608.  qui  fut  le  premier  iour 

Ppp     3 


1 


4?,é:  Liure  Cinquième 

t|',i'cUc  rcrtèntit  les  douleurs  de  raccouchemcnt ,  iufqucs  au  premier  OAobre 
léco  quifonci^.  mois  &demj, ,  ilparui  peu  à  peu  vnc  grande  douleur  visa  vis 
du  nombril  ;  ayant  été  demandé  le  dernier  de  Noucmbre  ,  ic  vis  que  la  peau 
ctoit  déjà  tâckce  &  vn  peu  cfîl.-uice  à  caufe  deTos  de  l'épaule  qui  fe  prcfcntoic 
par  la:  or  comme  il  étoit  necellairc  de  fecourir  la  nature ,  ie  fis  vnc  inci^on  en 
la  pcau,aucôtc  gauche  du  nombril,de  la  longueur  de  quatre  doigts  en  tra- 
uers,  iufqu'ace  que  i'euffe  rencontré  l'cnfaut, qui  étoictc-llem.ent  corrompu  & 
pourri ,  qu'il  n'y  rciloit  en  quelques  endroits  que  les  os,  entièrement  déchar- 
nés >  on  peut  inférer  de  la  que  les  parties  molles, comme  les  intcftins  &  tous 
les  viilères  intcrnes,s'écoyent  conuertics  en  pus  &  écoyent  (orties  par  la  nature, 
veu  qu'on  ne  trouua  point  de  chair,hormis  quelques  mufcles  es  bras  ,  main^, 
cuilîes<3cpiés  qui  étoyent  tous  liuides,pourris  ôc  rresfœtidcs:  l'inciGon  ayant 
été  faiccjcomme  i'ay  dit,ic  tiray  l'os  du  bras  qui  le  prcfenroiclc  premier,  tout 
déc harnc,fcc  &  détaché  de  l'épaule  ,  failauc«n  forte  que  ie  tirois  tous  les  iours 
vn  os  après  l'autre  .-au  bouc  de  huit  iours  i'arrachay  le  tronc  qui,n'étoit  pas 
encor  dcuelopé  dcfes  menibranes,quoy  qu'elles  fuifcnt  toutes  pourries,  mais 
palîant  plus  auant ,  ie  trouuay  le  Crâne  dénué  de  fou  prricranc ,  lequel  ayant 
voulu  tirer,  il  fe  fepaia  en  cinq  ou  fîx  pièces:  routes  les  vertebies  tant  diT 
dos  que  du  col  &  deslumbes  étoyent  dénuées  de  chair  8c  de  ligimcncsS*:  fe 
trouuercnt  toutes  pcfle  mrflc, comme  auffi  les  codes  ôc  le  fternum  ,  les  bras 
ôc  les  iambes  mêmes  n'étoyent  pas  exemptes  de  cette  poiurituie  ,    quoy 
qu'elle  ne  fut  pas  parucnuc  iufqu'aux  os,qui  étoyent  encor  couucrts  de  chiir 
à  demi  pourrie,    &  encor  attaches  au  tronc  du  corps    :    A  i  iili  ie  fus  oblige 
de  les  couper  par  pièces  ne  les  pouuanc  tirer  autrement  :    Ayant  tout  arra- 
ché cet  enfant  ,    éc  connoilfant  par  les  os  qu'il  ne  rcftoit  plus  tien  dans  le 
corps  ,    il  falut  pouruoir  aux  parties  qui  auoyent  été   miles  eu  vn  mifcrablc 
état  parrenfant,5c  toutes  defchirées  ,  alfauoir  à  la  matrice,au  péritoine  ,    5c 
a4ix  mufcles  de  l'cpigaftre  ,    Se  me  fembla  être  ncccirairc  de  nettoyer  cêc  vice- 
reprofond  par  des  remèdes  couuenables  ,    comme  par  des  inicdions   deter- 
fines ,  deficcatiucs  &  qui  pouuoyent  refifter  à  la  pourriture  :    ie  mr  fuis  donc 
ferui  heurcufemcnt de  ces  médicaments  àés  le  commencement,  tandis  que 
i'ay  reconnu  qu'il  y  auoit  des  marques  de  pourriture  ,  laquelle  ayant  ccCsé, 
ie  me  fuis  ferui  des  farcocics  &  enfin  i'ay  fait  venir  la  cicatrice  :  ce  qui  fut  fait 
en  fi  peu  de  iours  ,  qtie  la  malade  rccouura  bien  toft  fa  première  fanté  ,  Scc. 
Oh/èruation  communujute  k  l' Autheur  par  Maître  lean  Marchanàet  Chirurgien  à 
Salins  dans  le  Comté  de  Bourgogne. 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie,  487 


OBSERVATION     CXXIII. 

Tfvn  enfant  mon  quia  été  porté  quatre  ans  dans  le  Ventre  de  U  mère 
^  &  en  a  été  tiré  par  incijïon, 

L'An  1545.1a  fcmmc'dc  George  Volczcr  de  Vienne  en  Auftnche,ayanteu  déjà 
quelques  cnfants,conçeut  cncor  âgée  de  15  ans.  &:  eut  tous  les  fignes  d'vne 
véritable  groirelîc  àc  fencit  remuer  l'enfant  en  ibii  temps  :  les  doul-cuis  de  l'ac- 
couchement étants  venuesjcllc  fit  venir  fa  mcrej  vnc  de  fcs  fœurs  àc  vne  fagc 
fcmme,laquelle  étant  ariiuée,qommanda  que  Ton  tint  tout  preft  :  on  mie  la 
malade  furie  hege,&  futaduertie  par  I3  fage  femme  de  faire  fcs  efforts  pour 
accoucher:  enTepreHùntpar  tiop,on  enttndit  vn  bruit  ou  vn  craquètement 
a(sésfort  qui  fit  croîic  qu'il  ctoit  arriuê  quelque  chofe  ou  à  la  merc  ou  à  l'en- 
fent:quedu  moins  le  Crâne  s'étoitmis  en  pièces  :  dés  ce  bruit  on  ne^ntit  plus 
remuer  l'enfant,  6i  la  mère  commença  dés  lors  à  fe  porter  fort  mal,à  caufe  de- 
quoyonla  remit  au  li*5t  :  cependant  le  laid:  commença  à  accourir  aux  mam- 
jTJcUes  qui  en  fortoit  goutte  à  goutte  :  or  l'accouchement  étant  retarde  &  (t 
prefentant  tant  plus  de  difficulté  &  moins  d'efperance,  on  dit  qu'il  faloitappc- 
kr  plufieursfageKmmes  mais  il  n'y  en  eut  pas  vne  qui  peut  apporter  aucun  Ic- 
cours  à  cette  mikrable  :  il  y  en  eut  vne  qui  dit  auec  quelque  fondement ,  que 
l'on  s'ctoit  trop  hâte  &  que  l'os  facrum  n'étoit  pas  cncor  afsés  ouuerr  ,  ainfi  la 
pauure  malade  palfa  pluficurs  femaines  en  langueur,  ayant  le  Ventre  fort  enflé, 
'  dur  auec  flu.sfans  que  les  douleurs  Ceiralîcnt  aucunement  :  ce  qui  l'obligea  à 
recourir  au  fecours  de  tout  le  monde  indifféremment,  de  Dodes  &  ignorants 
de  luifs  &  deC-hrcftiens,  &c.     Elle  palîà  quatre  ans  en  ces  dccrellès  (5c  à  demi 
mortejiufqu'àran  1^49.  le  Ventre  luy  étant  venu  horriblement  pcfant.    Et  ou- 
tre ces  calamités  il  furuint  vn  flus  de  matière  corrompue  par  la  matricc,qni 
dura  pendant  ces  quatre  ans  fans  s'arrêter  aucunement,quoy  qu'il  fut  par  fois 
plus  fort,  par  fois  moindre  :  ayant  demeuré  fi  longtemps  en  ces  tourments, 
enfin  lanaiure  par  vn  eftort ,  étant  irritée  en  partie  par  l'acrimonie  de  ces  ma- 
tières en  partie  par  la  qjaniité  (  cette  vacaation  par  le  bas  ne  pouuant  pas  fuf- 
fice)  fit  vne  ouueiture  en  la  matrice  vers  le  Hombril,ounrant  l'abdomen  en 
pluficurs  endroits  quoy  qu'il  Toit  bien  muni  :  elle  fe  fit  donc  prcmicrcmcnt 
l'an  i548.par  laquelle  il  fortit  quantité  d'humeur  baueufe  ,  purulente  <3c  fœtidc.- 
quelques  mois  après  cette  ouuerture  fut  bouchée  par  le  moyen  de  certains 
cmplaftres'mais  au  mois  de  luin  en  i545).s'érant  amafsé  beaucoup  d'impuretés J» 
nature  fit  encor  vn  autre  effort  2c  vne  nouuelle  ouuerturc,prcs  le  lieu  ou  auoit 
ctc  l'autre»  par  ou  clic  challà  abondamment  de  matière  purulente  :  datu  ce  croB 


4SÎ  Liure  Cinquième 

il  fc  prefcncoit  vn  os,lequel  chacun  iiigcactre  le  rayon  du  bras  gauchc:ccttc  ou- 
ucrîurcduraauiii  quelques  mois,par  laquelle  il  loicoic  ioufiours  de  cette  ma- 
tière aucc  vn  grand  àbatemcnt  de  forces  de  la  malade  :  comme  on  vit  qu'elle 
ctoit  en  grand  danger  on  demanda  trois  Chirurgiens  de  la  Cour,Sixtus  Vuiert, 
Paul  Diilevuang  &l^icrre  Wintkler ,  qui  voynns  la  difficulté  de  l'affaire,  vou- 
lurent que  l'on  appela  qeelques  M;:decins  ,  qui  furent  lean  Enzianer  ôc  Mic- 
thias  Cornax  ,  Icfqucls  ayants  bien  examine  la  malade  ,  fcs  forces  (k  toutes 
les    circuraftances  ,     conclurent  qu'en  ces    extrémités ,  il  faloic  venir  aux 
derniers  remèdes  :  on  délibéra  doat  de  faire  ouuerture  du  Ventre  &  on  afll- 
gna  iour    au  dixième  Nouembre  1549.  auquel  iour  les    Chirurgiens  firent 
la  fcclion    auec   route  la  diligence  polTiblc  ,  laquelle  commençoit  des  la 
première  ouuerture  que  la  nature  auoit  fait  au  dellus  du  nombril,en  dccendant 
&  (uiuanr  le  mufcle  droit  de  la  longueur  d'vn  demi  pic  «?t:  deux  pouces  :  l'inci- 
hon  ayant  été  faitr,les  Chirurgien-  le  hàtcrcnc  f  à  caufc  de  l'exticmepuanteury) 
de  tirer  ce  cjui  étoit  dans  la  matrice  de  laquelle  on  tira  pièce  à  pièce  vn  enfant 
mâle  à  demi  pourri  :  toute  la  Tefte  étoit  brisée  ,  les  os  du  Crâne  étants  épars, 
fans  qu'il  parut  rien  du  Ccrueau>  lequel  auoit  été  conlumé  de  pourriiure:  la 
feélion  ayant  été  faitejOn  traittala  malade  comme  il  étoit  nectllairc  ,  fans  que 
dans  l'opération  elle  eut  aucune  dcf2illânccj&  par  fucctffion  de  tempsellcfut 
rcmi(e,ians  qu'on  ait  fait  aucune  future,  ni  qu'il  foit  rcfté aucune  ride  au  Ven- 
tre/la matrice,  l'abdomen  ôc  toutes  fes  parties  ayants  été  parfaitement  confoli- 
dées,^  la  matrice  très  bien  rétablie ,  veii  que  les  ordinaires  [arureiit  régulière- 
mcntrce  qui  nous  fit  elpercr  qu'elle  pourroit  encor  auoir  des  enfants^commc  en 
effet  elle  conçeut  vn  an  après  6c  porta  vn  erfant  mâle  hcureuiem.cnt  ôc  bien 
portant  iufquesau  i.dc  luinij)!.  quiétoit  le  iour  qu'elle  dcuoic  accoucher ,  le- 
quel étant  venu  &  tout  allant  bien  j  l'enfant  qui  étoit  robufte  fe  remuoit  vi- 
gourenfemcnt  «3c  faifoit  desefforts  pour  fortir ,  la  mcre  en  faifanr  auHî  de  Ton 
côté. mais  il  ne  leruircnt  de  rien:partanton  demanda  Paul  Diilouua;jgChirur- 
gien,qui  auoit  fln'tl'ouuerrurc,  lequel  voyant  le  danger  ou  elle  étoir,il  voulut 
audî  queîefulfe  appelé.    Ayant  tâté  le  Ventre  de  cette  femme  par  tout,  &  re- 
marquant que  l'enfant  étoit  fortimais  que  la  merc  manquùirde  forces,  d'autre 
côté  que  la  cicatrice  ou  auoit  été  faite  rouucrtuie,(embloic  vouloir  s'ouurir,«S: 
qu'il  ctoit  impoflGblc  que  cette  femme  peut  faire  lcseff)its  necellàircs.lcs  muf- 
cles  de  l'abdomen  ayant  été  rendus  foiblcs  par  la  fedion  ,  ic  fus  d'auis  que  l'on 
en  fit  incontinent  vne  nouuellc:ce  quimefortifîoit  en  mon  opinion  étoit  que  la 
fente  de  la  première  feftion  s'c:ant  reiachée^elle  paroiffoit  moite  Se  tranfpaicte, 
auec  apparence  que  les  lèvres  de  la  cicatrice  fc  vouloycnt  fepaier  l'vnc  de  l'au- 
?rcj&  la  malade  confentoit  déjà  à  mon  âuis  ,  mais  ni  fa  mère  ni  fes  fccurs  ne  le 
•permirent  pas  .'cependant  i'ordonnay  quelques  cordiaux  &:merctiray  ,  mais 
étant  reucnu  quelque  peu  de  temps  .après,  i'innftay  fort  &  ferme  qu'il  étoit  ne- 
ccffaire  de  venir  à  la  fedion,cc  que  lametc  n'ayant  voulu  accorder,difanf  qu'il 

faloit 


! 


des  Opcrstions  de  chirurgie;  48^ 

faloit  tout  remettre  à  Dieu,la  malade  mourut  vers  les  x. heures  du  foir  :  immé- 
diatement après  Ton  dccc's,  le  Chirurgien  ojuric  le  Ventre, d'où  on  tira  vn  en- 
fant mâle,à  terme  &  bien  parfait ,  mais  mort  :  ObferHatlon  tirée  des  oeunres  de 
Diornedes  Co  marins. 


OBSERVATION     CXXIV. 
1)es  difficultés  ^nife  rencontrent  en  CextraBion  d'vn  er.fant  mort. 

VOus  voulcs  que  ie  vous  donne  mon  lentimentfur  l'extraction  d'vn  enfanc 
mort  :  mais  ie  ne  veux  plus  rien  donner  au  public  touchant  cette  0[jera- 
tioujà  caufc  des  grandes  difficultés  qui  s'y  rencontrent  :   car  qiioy  que  ie  l'aye 
exercé  plus  de  quarantefois  demes  propres  mains,&  ma  femme  plus  de  trente. 
Il  eft  ce  qu'il  ne  s'eft  pas  encor  rencontré  deux  Opérations  qui  fe  re(îèrr,bLnr, 
ayant  toufiours  remarque  quelque  chofe  de  nouueau  dans  la  licuatioii  de  l'en- 
fant,quciquefoisen  ladifpoiition  de  la  maiiicc  «Se  les  parties  génitales,  ou  mê- 
me de  la  femm.e  qui  étoit  cntrauail  ,  comme  feroit'il  donc  pollible  de  réduire 
vne  chofc  II  embarafsce  &iuicrte  à  tant  de  changement ,  àvne  certaine  mé- 
thode    î    iVn  luis  aulTi  rebute  par  le  grand  abus  qui  en  pourroit  venir  fi  ces 
Ignorants  Charlatans  en  auoycnt  quelque  connoillnnce  ,  car  des  gens  de  telle 
farine,  qtioy  qu'ils  ne  comprennent  pas  l'intention  de  l'Authcur,  s'imaginent 
neantmoins  de    comprendre  tout  paifaitcment  &  ainfi  ils  ne  rougiiîont  point 
de  faire  leurs  expériences  en  ce  cas,au(]i  bien  qu'es  autres,aux  d.fpcnds  de  ceux 
qu'ils  tucnt:ce  qui  cil  ariiué  à  Laulanne  «5c  à  Payerne  :  deux  Charlatans  avants 
cruellement  traite  !k  tue  deux  femmes  qui  ctoycnt  au  trauail,  voulants  fuiare 
ma  method, laquelle  ils  ne  conoilîbyent  que  par  ouyr  dire,car  ils  ne  m'auoyent 
iamais  veu  opérer.   Il  faut  donc  qu'vn  Médecin  Rationcl  l'apnrennejnon  tant 
de  la  kâ:urc  des  Authcms  que  de  l'inlpcdion    :  cependant  vo  js  vons'donncrcs 
garde  tant  qu'il  fera  pciTihlejfi  l'enfant  le  prefentc  entièrement  contre  nature 
iic  à  rcbours,nirauoir  les  pics  les  premicrs,de  ne  le  pas  tirer  par  la,  comme  enf<.i- 
gne  Parc  Hure  24.  chapitre  }5»  après  Franco  en  (on  liure  desHvrnics  chapitre 
84.maisil  faut  an  contraire  faire  tous  vos  erforts  en  tâchant  d'auoir  la  Tcftc. 
2.  Vous  vous  gardcrcsbien  an(ïî  de  vous  feruir  (^cs  crochets  qui  font  reprefcn- 
tés  dans  Ican  André  de  la  Crois  &  aillieurs,  car  le  Mcde'in  doit  tenir  pour  fuA 
ped  en  telles  Opérations  tout  ce  qui  ell  crochu  &  point u:le  crochet  donc  doit 
ctre  rebouché  &  fans  poinre  ,  afin  que  fi  d'auenrure  il  venoit  à  échapper  du 
trou  ou  on  l'auroit  accroché ,  il  ne  puilL-  point  oftlnccr  la  marrice.lequtl  doit 
po.tcr  auec  foy  vn  dcfenfeur  ,  &:c.    Tirée  de  l'èpitre  ^  Aionfr.  Tanl  Crocne- 
rits. 


4^0  Liure  Cinquième 


OBSERVATION     GXXV. 
D^vne  retentUn  de  faniefaù  mortelle, 

LE  16.  Fevricii^o^.  la  femme  de  Monficur  Samuel  Wcis  Commi(ïàire  Ge- 
neral à  Berne,  accoucha  hcureufemenc  d'vne  fille  à  huitfheures  du  matin: 
le  (âng  fortitbien  en  abondance  après  l'accouchementjmais  Tarriefais  demeu- 
ra .  lequel  n'ayant  pas  été  tiré  par  la  fage  femme,  on  luy  donna  plufieurs  mé- 
dicaments pour  le  pouffer  dehors  &  tous  chauds ,  comme  decoûum  fabinae, 
pulcgij,  rut£e,ariftoloch.^c.    Mais  qui  ne  feruitent  de  rien,  car  il  demeu- 
ra en  ia  matrice  iufqucs  au  dixhuiticme  de  ce  mois,  que  la  nature   le  poufia 
hors  d'elle  même  vers  les  dix  heures  du  foir ,  mais  tout  pourri  &  puant  :  ayant 
été  demandé  auec  le  DoAeur  Paul  Lentulus  Médecin  de  la  Ville  ,  nouslatrou- 
uamesen  vne  fièvre  continue  &  très  ardente  auec  défaiHance,  oppreffiondc 
poitrine ,  veilles  &c  inquiétudes, fi  grandes,  qu'elle  ne  peut  prendre  aucun  re- 
pos des  que  les  douleurs  de  l'enfantement  commencèrent  :  or  quoy  quclai- 
riefais  fut  forti  tout  entier  1  s'ilfaut  croire  au  rapport  des  affiftans,  ncant- 
moins  il  découloit  à  Tordinaire  par  les  parties ,  vue  matière  fcmblable  à  du 
fang  corrompu  &  pourri ,  mais  fi  puante  qu'cllejînfcétoit  toute  la  chambre, 
laquelle  matière  &  puanteur  marquoyent  qu'il  y  auoit  quelque  corruption 
interne  :  il  y  auoit  outre  cela  vn  flus  de  Ventre  qui  venoit  aflurcmenr  d'vnc 
imbécillité  de  la  faculté  retentricc  :  Nous  combatimes  les  accidents  auec  la 
diligence  pofîible,  de  forte  qu'il  fembloit  que  tout  étoit  en  alîurance  1  roais 
nous  fufmes  trompés  en  nôtre  opinion  ,  car  le  quatrième  iour  de  Mars  qui 
ctoit  le  dixfeptiéme  de  la  maladie ,  ayant  eu  quelque  peu  de  repos  la  nuit 
précédente,  &  ayant  pris  vn  bouillon  &  bu  vn  coup  vers  les  fept  heures  du 
niatln,^^  ayant  difcouru  auec  moyquafi  vue  heure  entière  de  fa  maladie,  de 
Ces  enfants  ôc  des  affaires  domcftiques ,  elle  commanda  à  Tes  feruantcs  de  fai- 
re le  li£t ,  kfquclles  l'ayants  leué  &  mis  fur  vn  fiegc  ,  elle  tomba  en  défail- 
lance &  mourut  incontinent  après,  auant  que  i'y  tulîc  peu  accourir  de  la 
chambre  proche  :  il  feroitdoncà  fouhaicer  que  les  fage  femmes  eullcnt  cet- 
te addiclfe  de  tirer  Tarriefais  auec  la  main  (  ce  qui  Ce  peut  faire  aisément  & 
fans  danger,  comme  l'expérience  me  l'a  fait  voir  J  auant  que  l'orifice  de  la 
matrice  (c  ferme    ••    car  bien  fouiienr  les  femmes  perdent  tellement  leurs  for- 
ces dan§lc  trauail  qu'il  ne  leur  en  refte  point  pour  poulïèr  rarriefais,princi- 
palcment  quand  elles  font  vne  perte    :    car  l'auortement ,  dit  Hippocrate, 
«lonnc  plus  de  pêne  que  raccouchcmcut ,  &  ne  fc  fait  pas  fans  danger  foie 

qu'il 


des  Opérations  âc  Chirurgie.  49i 

qu'il  arriuc  pat  quelque  mcdicame«t  >  Cok  par  quelque  autre  caufc  :  car 
comme  les  pommes  meures  combcnc  d'elles  mêmes  de  l'arbre  ,  &  quelles 
ne  fe  feparent  que  diâficilcment  de  leur  qu'eue  quand  elles  font  cncor  vertes: 
Ainû  arriuct'il  de  l'arriercfais  >  qui  fe  fcpare  aisément  d'auec  les  yailTèaux  de  U 
matrice.aufqucls  il  et  oit  attache  par  le  moyen  des  cotylédons ,  quand  l'enfant 
cA  à  terme  :  mais  en  l'auortcment  ôc  quand  l'enfant  n'cft  pas  cncor  parfai  ,  il 
ne  fe  détache  que  par  vu  grand  etfort.  En  U  lettre  écrite  au  DoEieur  Michel 
Doringtus. 


OBSERVATION     CXXVI. 
De  la  manière  de  tirer  l'arriercfais. 

ON  tire  l'arriercfais  après  l'enfantement  en  deux  façons,  allauoirdc  U 
main  6c  pat  médicaments  .'  quant  à  ceux  ci^H  la  nature  ne  rcueille  pas  leur 
vertu  &  neleut  faitproduire  leur  effet ,  ils  ne  font  rien:  car  quand  la  nature 
manque  ,  le  Médecin  trauaille  en  vain,&  ne  fert  de  rien  de  donner  àts  mé- 
dicaments, outre  qu'il  faut  du  temps  auant  que  la  nature  ,  qui  a  été  abba- 
tue  par  lcse|fortsprcccdents,ait  pris  des  nouuelles  forces  :  cependant  l'otift- 
ce  de  la  matrice  fe  rclferre  6c  fe  ferme,  &  l'arriercfais  fe  corrompt,qui  infe(Stc 
par  fa  pourriture  les  parties  voifines  6c  détruit  toufiours  d'auantage  les  for- 
ces   :    D'auantage  les  médicaments  qui  challènc  l'enfant  mort  &  l'arrierc- 
fais, font  tous  fort  chauds ,  excepté  vn  petit  nombre  de  ceux  qui  agilîcnt  par 
vnc  qualité  occulte  :  aiufi  en  échauftàns  les  parties  internes,  ils  caufcnt  fic- 
rres ,  veilles  ,  inquiétudes  S<.  autres  accidents,  qui  font  fuiuià  le  plus  fouuent 
de  la  mort  :  il  vaut  donc  mieux  fe  feruir  de  la  main,  6c  incontinent  après 
l'enfantement,  auant  que  l'orifice  de  la  matrice  foit  fermé  :  mais  il  faut  que 
le  Chirurgien  ou  la  fagcfemme  foycnt  prudents  en  cette  Opération  ,  S>c  qu'ea 
lieu  de  l'arriercfais  ils  ne  tirent  &c  arrachent  la  matrice  ,  comme  cela  eft  arri- 
ué  il  y  a  quelques  annéiau  pays  bas,6c  l'année  pafsce  à  Cologne  :  partant  Tcx- 
horte  les  Magiftrats,aufqucis  Dieu  a  commis  la  faute  de  leurs  fuie ts,  de  ne 
permettre  pas    que  les  Chirurgiens  ou  fagcfemmcs  exercent   des  Opéra- 
tions de  fi  grande   importance ,  qu'ils  n'ayent  auparaiiant  été  examinés  par 
des  habiles  Médecins  hc  fur  tout  vciscs  en  cette  Opération   :   Eh  U  mime 
lettre. 

03  q     1 


4^1  LiurcCinquiéme 


OBSERVATION     CXXVII. 

•    De  U  mort  d'vne  femme  en  facconchetnent  à  caufe  £vn 
fchirre  en  ht  Matrice. 

L'An  i6iJ.!a  femme  de  Monfieur  André  Morge, Gardien  du  Château  de 
Mons,  qui  eft  au  pic  du  Mdhc  lura  fur  le  Lac  Lcman,ctanc  enceinte  de  fon 
cinquième  cnfinryS<:  fur  la  fin  du  ncufviéme  mois,  fut  laifie  des  douleurs  de 
l'accouchement  le  Z4.  Mars  à  dix  heures  du  matin  ,  ayant  bien  dinc  félon  fa 
couftume  :  les  femmes  qui  auoycntcrc  autour  m'ont  rapporte  que  les  douleurs 
auoycnt  ccc  fi  violentes, &r  le  mouucment  de  l'enfant  (1  extraordinaire  ,  qu'on 
n'en  aiamais  veude  fernblable':  ce  qui  luy  abbatit  incontinent  toutes  les  for- 
ceSjfur  les  trois  heures  après  midi  il  furuint  des  défaillances  accompagnées  de 
grands  friirons,  y  ayant  apprfrence  que  l'enfant  mourut  en  ce  temps:car  les  dou- 
leurs &  lesellorts  pour  accoucher  celfcrent  dés  ce  moment ,  &  l'enfant  ne  (c 
remuoit  plus  :  ayant  écé  demandé  ,  i'y  arriuay  à  xi. heures  de  la  nuit  &:  la  trou- 
liai  quafi  fans  pouls  ,  ks   extrémités  fioidcs  aucc  vne  fueur  froide  par  tout  le 
corps ,  le  bras  droit  de  l'enfant,  forrant  hors  de  la  nature  ,  ce  qui  me  fie  prédire 
que  la  mort  n'étoit  pas  éloignée  :  or  pour  ne  rendre  pas  odieufe  &  fufpedtc  la 
manière  qui  rn'cft  vfitce  pour  tirer  l'erfant  hors  du  ventrc,de  laquelle  ie  me  fuis 
ferui  h;uieufcmait  en  pluficurs  femmes  que  l'on  tenoit  pour  defefperées ,  ie  ne 
voulus  pas  y  mettre  la  main  :  neam  moins  étant  ému  par  les  prières  des  alîîftans 
èc  de  la  maladc-jie  luy  donnay  vh  peu  de  confcdlion  d'alkermesdilîoute  en  eau 
decanelle<5c  vinren  après  ie  mislur  les  paities  honteufcs,  quiêcoycnt  froides 
&  comme  sèches  (  car  il  n'en  lortoif  pas  vne  goutte  de  fang  ou  d  humidité^ 
vn  fachït  de  racincs,hcib-S.flcurSj&  fzmenccs  cmollienlc5,&  cngrailîàyle  bas 
du  Ventre,lc-s  cuillcs,  l'os  facrum,  ^<.  les  parties  auec  vn  ongucn':  emollicnt ,  & 
en  ayant  auiri  oint  ma  main,  ic  voulus  fçauoir  cotrme  l'enfant  ctoir  fîrué,  le- 
quel quoy  qu'il  fut  entièrement  contre  nature  :  l-  bras  droit  lortan'  hors  du 
col  de  la  matrice   ,  i'ameiîay  néanmoins  la  Telle  qui  pcnchoit  furla  poitrine, 
(après  auoir  cngiaifsé  &  douctr.^vnt  fait  rmtrer  le  brrs  de  l'enfant  J  vers  l'ori-^ 
ficedela  mat:ije  :    mais  comme  ircUe^ils:  le  col  ctoycnt  tellement  fermés  & 
relFcrré.S'^uc  ma  main  ne  pouuoit  pas  enc'urcr  la  comprcflion,  ie  fus  oblige  de 
quicrcrbefogne,!;  brr.s  tomba  derechef  incontinent  de  luy  m,éme,&  le  iour 
kiiuant  elle  mourut  enuiion  ks  x.h.ures  du  ir^aiin. 

Eftant  cftonné  qu'vne  femme  qui  fe  portoit  fi  bien  fut  fi  toO:  emportée  ,  ic 
conkillay  que  l'o!)  fitouuerture  du  corps  pour  apprendre  la  caule  de  la  mort: 
ic  Ventre  donc  ayant  été  ouuerr,on  tiouua  la  cauiié  d'iccluy  toute  remplie  d'vn 
^lîTg  fercux,  car  par  la  grandeur  de  la  doukur  &  la  violence  eu  mouucment 


âei  Opérations  de  Chirnrgic.  495 

de  rcnfanr,il  s'ctoit  rompu  quelques  vcfncs  dans  le  Foyc,  comme  aufli  vers  l'os 
facrum ,  de  forte  que  Ton  ne  peut  pas  douter  que  cette  cftufion  de  fang  n'ait 
êtc  caufe  de  la  mort  :  or  l'enfant  auoit  cette  pofture,  la  tcte  êtoit  tout  proche 
du  col  de  la  matrice  :  le  bras  droit ,  qui  ctoit  tout  liuidc  pcndoit  hors  d'iccl- 
le  .'  lescuilfcs  &  la  tctcccoycnt  tellement  courbées  contre  la  poitrine,  que  les 
pics  fc  rencontroyent  au  haut  de  la  tcte  :  le  bras  gauche  repofoit  en  telle  fa- 
çon fur  l'hypochondre  droit,  qu'il  cmbrairoit  les  cuilFes  vers  le  iarrct:  l'enfant 
ayant  été  tiré  dehors ,  ic  trouuay  vn  fchirrc  trcs-dur  de  la  grollcur  de  la  tcte 
d'vn  enfant,  lequel  n'étoit  pas  fimplcment  attaché  à  la  matrice  ,  mais  le  corps 
même  ôc  fubftance  d'iccUe  étoit  conuerti  en  fchirre  :  or  on  ne  fçauroit  dou- 
ter qu'iceluy  n'ait  été  la  caufe  de  la  mort ,  veu  qu'il  rclîèrroit  tellement  la  ma- 
trice,qu'ellenc  pût  pas  s'étendre  fuffilamment  au  temps  de  l'accouchement; 
&:  comme  le  fruit  étoit  à  terme  &  robufte  ,  il  s'agita  tellement  qu'il  rompit 
des  veines  &  caufa-^ette  ha;morrhagie.  Obferuation  tirée  delà  Refponce  de  l'au- 
thenr  au  D.  Alichel  Doringius. 


OBSERVATION      CXXVIII. 

De  la  rupture  de  la  matrice  en  l^nfanternent. 

LE  z.  Avril  15P}»  le  fis  dilïèdion  à  Cologne  de  la  femme  d'vn  Orfèvre  qui 
mourut  en  l'accouchement  :  on  trouua  que  la  matrice  étoit  déchirée  par 
les  efforts  de  l'enfant,  fa  tête  étant  entrccpari'ouuerture  dans  la  cauité  du  ven- 
tre, laquelle  étant  vne  partie  nerueufe,  s'ctoit  reiîerréc  autour  du  col  de  l'en- 
fant qui  en  fut  étouffé  :  la  mère  auoit  demeuré  onze  iours  tous  entiers  dans  les 
trauauxde  l'accouchement,  ayant  demandé  des  fagcfemmestSc  moy  ,  auaut  le 
iour  de  fon  decés,  mais  en  vain  ,  l'enfant  étant  mort  long-temps  auparauanr, 
n'y  ayant  que  le  fcul  bras  gauche  dans  la  matrice  ,  qui  fortoit  dehors. 

Vne  fagcf.mmc  m'a  raconté  quelque  rempsapres,  que  cette  femme  auoit  le 
col  de  la  matrice  extrêmement  (erre  &  étroir,cc  qui  fut  caufe  que  le  fruit  étarK 
deuenu  grand,  ne  peur  pas  trouuer  ilKie  par  ce  petit  pallàgciquoy  qu'il  fut  fort 
robuftc:  or  elle  étoii  ainfi  relîèrrée  en  partie  de  fon  naturel,  en  paitic  par  l'acte, 
car  elle  auoit  37.  ans,  3<:  n'auoit  iamaiscu  aucun  cnf-uit  :  outre  qu'vne  certaf* 
ne  femme  luy  auoit  donné  vn  bruuage  cxrrémement  violent  pour  pou(lèr  le 
fruit,  qui  augmenta  &  renoiiuela  fi  fort  les  douleurs,  tk  le  fruit  en  fut  telle- 
ment ému,  que  cerchant  de  lortir  auec  impetuofité5&  trouuant  le  pallage  trop 
étroit,  il  déchira  la  matrice  :  on  voit  par  là  qu'il  ne  faut  pas  fc  feruir  de  ces 
remèdes  qu'auec  prudence  &  délibération  :  mais  auparauanc  il  faut  re- 
garder fi  le  pal^ige  eft  bien  difposé ,  Si  fi  l'enfant  eft  en  vne  dcii^firuacion, 
autrement  fi  le  conduit  cft  reflTcrré,  il  le  faudra  dilater  &  ramollir  auant  que 

Q^q  3 


I 

49  4  Liurc  Cinquième 

donner  vu  tel  bruuâgc  :  que  fi  l'enfant  cil  en  traucrs,  ou  obliquement ,  ou  en 
quclqu'antLc  pofture  contre  natiire>  alors  il  le  faut  mettre  en  vnc  bonne  aflîetc 
après  auoir  cngraifsc  les  mains  aucc  huylc  de  lis  blancs ,  ou  d'amendes  douces 
Scc.Ohferu.  é^.Cem.i. 

OBSERVATION     CXXIX. 
*De  CampHtation  du  bras. 

IL  y  a  quelques  années  qu'il  mefalut  couper  le  bras  droit,  proche  l'aiirdlc  à 
/n  Gentil-homme,  à  caufe  d'vne  faignée  qui  auoit  été  mal  faite,  qui  lie  ve- 
nir la  gangrené  :  comme  donc  i'accommodois  le  bras  du  malade  qui  ctoit 
fur  vn  fiége,  &c  que  ie  liois  pour  faire  plus  commodémcot  l'incifion  :  le  ma- 
lade fqui  ctoit  extrêmement  foiblc,car  il  releuoie  d'vne  grande  maladie^tora- 
ba  en  vue  fi  grande  défaillance  >  que  Ton  crut  qu'il  s'en  alloit  mourir ,  ayant 
donc  coupé  incontinent  toutes  les  ligatures  &  les  bandes,  &  l'ayant  couché  à 
terre,  il  rcuintapresà  foy  :  mais  comme  on  ne  pouuoic  pas  renuoyer  d'a- 
uantagc  l'Opération  fans  danger  delà  vie  ,  à  caufe  de  la  gangrené  qui  glilïoic 
toufiours,  nous  demeurâmes  d'accord  le  Dottcur  Dunus  &  moy,  de  faire  l'in- 
cifioii  le  iour  fuiuant  :  ie  difpofay  &c  âiuftay  fon  lit  en  telle  forte  que  tout  (on 
corps  éroit  mollement  couché  fur  le  dos,  n'y  ayant  que  le  bras  qui  étoit  éten- 
du à  côté&  attaché  comme  il  faloitrainfi  l'opcration  rciilîlt  fi  heureufement, 
qu'il  n'eut  pas  la  moindre  défaillance  :  Af*,  traité  de  ULithotomie. 

OBSERVATION    CXXX. 
De  t  Amputation  de  la  iambe. 

VNieune  Allemand  vint  àGencuc  en  1585?»  ayant  la  gangrène  aux  deux 
iambes  :  ayant  été  rcceu  ï  l'Hofpitaljil  fut  mis  entre  les  mains  de  Maiftrc 
lean  Griffon  &  les  miennes  :  nous  luy  coupâmes  les  deux  iambes  prés  le  gc- 
noiiil  en  prefence  de  Meflîeurs  lean  Antoine  Sarrazin ,  Marc  Oifrcdi  &  Efayc 
Colladon  Médecins  ,  &  acKeuames  heureufement  la  Cure  :  fur  le  commence- 
ment du  mois  d'Auril,  &  fix  femaincs  après  laguerilon ,  comme  il  attendoit 
vn  temps  propre  pour  voyager  ,  il  fut  faifi  d'vne  fièvre  continue ,  douleur  & 
ttenchécs  de  ventre,  &  enfin  de  Dyfenterie,  de  laquelle  il  fut  impofliblc  de  le 
guérir. 

Ces  Médecins  rapportèrent  la  caufe  d'vne  fi  grande  maladie,à  vn  reflus  du 
fane  vers  le  Fovc.-car  comme  c'étoit  tn  ieune  home  plcthorique,qui  en  la  faifon 

du 


des  Opérations  de  Chirurgie.  495 

du  printemps  auoic  amafsc  quantité  dcfang  ,  icclui  s'alla  rendre  aux  cuiflfcs, 
comme  auparauant,pour  leur  nourriture,  &  trouuant  les  pal^gcs  &  les  con- 
duits fermes,  il  regorgea  impetueufcmcnt  vers  le  Foyc  &  la  véne  cauc  ,  où  il 
fit  premièrement  inflammation,  6c  en  fuite  les  autres  accidents.  Ohfern.ioo. 
Cent'  i< 


■O 


OBSERVATION      CXXXI. 

1)es  faujfcs  imaginations  <jm  viennent  à  ceux  auftjuels  on  a  coHpé 
^Hel^tie  membre, 

LA  force  de  l'imagination  &  du  fens  cômun  cft  grande,  qui  reprefcntcnt  des 
obi€ts,qui  ne  font  plus  il  y  a  longtemps,  comme  s'ils  ctoyentprefents:  i'en 
ay  vcu  vn  exemple  il  n'y  a  que  dix  iours,  en  vn  Miniftrc  âge  de  70.  ans,  auquel 
comme  on  eut  coupe  la  iambe  à  cau(c  de  la  gangrené  qu'il  auoit  au  pic,  à  pê- 
ne fut-il  mis  au  lit ,  qu'il  commençai  fe  plaindre  d'ync  extrême  douleur  au 
gros  orteiiil  du  pic  qu'il  n'auoit  plusj  &,cc  quieft  le  plus  admirable  ,  il  mar- 
quoit  auec  les  doigts  au  pic  du  lit,  le  lieu  ou  il  auoit  accoutume  auparauant  de 
le  repofcr,  afin  que  ceux  qui  ctoycnt  auprès  de  luy  le  crulfent  mieux ,  ceci  eft 
d'autant  plus  remarquable,  que  non  feulement  ce  doigt  croit  ôtc,mais  que  l'on 
venoit  de  luy  couper  tout  fraîchement  la  iambe  &c.  Obferu.  14.  Cent.  3.  corn- 
mumcfuée  pAr  le  T)oEl.  Michel  Doringins, 


OBSERVATION     CXXXU. 

Sur  le  même  fniet. 

IL  ne  faut  pas  s'étonner  fi  ceux  à  qui  on  aoté  quelque  membre  confiderable 
comme  vn  bras*ou  vnc  iambe,  quand  il  y  a  douleur,  inflammation  ou  quel- 
qu'autre  accident  dans  le  tronc,  croyent  qu'ils  onc  mal  aux  doigts,pié  ou  main, 
car  cela  arriue  à  tous  ceux  à  qui  on  a  coupé  quelqu'vn  de  ct^  membres  ,  ven 
que  l'efprit  qui  porte  lefenriment  par  les  nerfs ,  reprefcnte  ccluy  de  la  partie 
qui  a  efté  coupée,  fur  laquelle  il  auoit  accourt  umé  de  décendre  ;  or  comn^e 
il  ne  peur  pas  dccendre  plus  bas,  il  rebroufiè  dés  le  tronc  iufqu'au  ic\\%  com- 
mun, où  il  produit  cette  faulTc  imagination  :  mais  elle  vient  rarement  quand 
la  Cure  eft  acheuée  :  l'ay  veu  neantmoins  en  certain  laques  Denis  de 
Payernc  ,  auquel  i'auois  coupe  la  iambe  prés  le  genoiiil ,  qui  fe  plaignoit 
de  grandes  douleurs  au  talon  &  doigtidu  pié  ,  difant  tantôt  qu'il  auoit  froid 
en  ce  pic  y    uncôc  qu'il  y  auoic  trop  chaud  >  nou  feulement  quand  il 


^96  Liure  Cinquième 

foiiffroît  des  douleurs  au  tronc ,  mais  aufli  la  Cure  ayant  ccéparaclience  :  car  il 
alîliradcux  mois  après  qu'il  aiioit  fouacnc  opinion  d'auoir  mal  au  pic,talon  ou 
iambe:  mais  ccqiù  cil  encorplus  remarquable,  (ur  la  fin  de  la  Cure  comme 
il  fut  incite  à  (on  rcueil  de  Ce  décharger  le  ventre,  il  difputoit  à  part  foy  s'il  y 
pourroic  aller  tout  feul,  Se  s'il  auoit  les  deux  iambes  :  enfin  ayant  conclu  qu'il 
ncluyen  manquoit  point,  il  clFaya  de  fortir  du  lia: ,    maisil  fetrompabieii 
grofliercment,  caAétant  tombe  par  terre,  il  fe  blelTà  grandement  le  tronc  :  or 
cette  imagination  ne  luy  venoit  point  de  phrenefie  ni  d'efgarement  d'cfprir, 
car  ilfeportoit  fort  bien  en  ce  temps  là  ,  n'ayant  n'y  fièvre  ni  douleur  :    il  en 
faut  doncrapportcu  lacjaufcà  ce  que  nousaaons  dit  ci-dciîus  -y  Q^e  fi  on  veut 
ctre  d'auantagc  éclaire»,  il  faut  lire  le  Traite  des  Arquebufades  de  Monficur 
Laurent  loubert:  il  me  fuffic  d'auertir  icy  les  apprentifs  qu'ils  ayent  à  être  vigi- 
lants auprès  de  leurs  malades,  de  pcnirque  venants  à  cntr'ouurir  le  Tronc,  ils 
n'attirent  quelque  hxmorrhagie ou  vue  grande  douleur,  comme  celu  cft  arri- 
ué  à  Granche  prés  de  l^ayerne,  en  vn  homme  de  6o-  ans  ,   auquel  ayant  coupé 
le  bras  gauche  vers  le  coude,  àcaufc  d'vne  grande  contufion  6c  fracas   dçs  os, 
trois  iours  après  en  mon  abfeace  ,  f  ne  croyant  point  qu'on  luy  eût  coupé  le 
bras,J  le  voulant  étendre,  Sc  empoigner  quelque  chofe  de  la  main  ,  vnc  vénc 
s'ouurit,  d'où  il  furuinc  vne  grande  ha:morihagie  ,    laquelle  luy  abbacit  telle- 
ment les  forces  qu'il  en  mourut  peu  de  iours  après ,   Obf.  15.  CefJt.  5. 


OBSERVATION     CXXXIU. 

Du  lieu  &de/a  manière  de  faire  l  Amputation  d''Mn  memWe 

/phacelc. 

A  Vaut  que  parler  du  lieu  ou  l'amputation  fe  doit  faire  ,  il  faut  conhderer 
auparauant  qu'elle  partie  doit  être  coûtée;  car  ii  le  fphacele  c(l  au  pic 
ou  en  la  iambc,il  faut  faire  l'opération  quatre  ou  cinq  doigts  au  dciïuusdu  gc- 
noiiil,  alfauoir  fous  le  iarret,  car  qiroy  que  le  Chirurgien  doiue  ,  aut."int  qu'il 
luy  eft  poflible,  tenir  le  corps  en  Ton  entier  ,  neantmoins  on  ne  peut  pasflure 
l'incifion  ailleurs  que  prés  le  genouil,  vcu  qu'ainfi  le  malade  le  llruiia  plus  ai- 
sément de  la  iambe  de  bois,  &  marchera  auec  plus  dcf.imcté,  autrement  le 
rcftc  du  tronc  de  la  iambe  ne  lert  que  d'empêchement,  de  lorte  que ,  comme 
dit  Paré  liu.  n.  chip.  19.  quelques  vns  le>Njnt  exposés  à  vn  fécond  danger,  8C 
ont  été  obligés  de  fefaire  couperle  rcfte  prés  leia.ret  :  que  Ci  le  Iph-acele  paf- 
fe  le  genouil,il  ne  faut  couper  que  le  moins  qu'il  iVralpoffible  de  ce  qui  eft  en- 
tier, premieremcnt,parce  que  l'opération  eft  d'autant  plasdangti-ciife,  que  plus 
elle  approche  du  tronc  du  corps,à  caufc  de  lagrorf-ur  des  véncs  te  aiteres  :  en 
fccond  lieu,  parce  qu'on  a  de  la  pêne  à  âiufter  la  iambe  de  boi>ifi  la  cuilFe  a  ctc 

coiipcc 


des  Opérations  de  chirurgie.  497 

coupcc  delFus  le  gciioiiil:  il  faut  dire  le  mcmc  de  la  main,cn  laquelle  l'ope latiou 
fc  fait  commodément  prés  le  poignet,  pour  confcruer  du  bras  autant  qu'il  en 
faut,  &  y  attacher  &  âiuftcr  vue  main  de  fer. 

Or  ie  veux  icy  aduertir  les  Chirurgiens  Radoucis ,  qu'ils  n'aycnt  pas  à  fui- 
iirc  la  méthode  de  ceux  [  finon  que  l'on  y  foie  oblige  par  vue  grande  necefli- 
tc,  ]  qui  voulants  couper  vue  main  ou  des  doigts ,  mettent  le  membre  fur  vn 
hanCiSc  ayans  pose  vne  coignce  ou  cifcau  de  Charpentier ,  &  donnants  vn 
coupdemaillet,  coupent  en  même  temps  &  lachaiiÂ:  les  os:  car  cette  opéra- 
tion eft  très  violente  &  cruelle,  indigne  d'vn  Chirurgien  Rationcl,  &  entière- 
ment  dangcreufe  pour  le  malade,  à  caufe  des  grands  accidents  qui  en  peuucnc 
arriuer.'.vcu  que  non  feulement  on  meurtiit  extrêmement  les  parties  ncruenfcs 
&  les  mufculcufeSjmais  aufli  on  fend  le  plus  fouuenc  les  os  iu(qu'à  la  première 
iointure,  &  quoy  qu'il  n'ayent  aucun  fentiment ,  neantmoins  ilfuruientde 
tres.grandes  douleurs  à  caufe  du  periofte,  des  inquiétudes,  veilles ,  inflamma- 
tion, conuulfions  &c  autres  accidents  très  mauuais ,  &  quelquefois  la  gangre- 
né y  vient  de  nouueau,  qui  emporte  le  malade  :  &  quand  bien  ces  accidents 
ne  furuiendroyent  pai  tous  ,  h  cd  ce  que  l'vlcere  ne  fe  cicariifcra  qu'à  grand 
peinCià  caufe  du  graiid  fracas  des  os  qui  demeurent  cpars  dans  la  chair  des  muC- 
cles,  ik  attaches  au  pciioftc,  Icfquels  la  nature  chaile  en  fin  peu  à  peu ,  dcq^ioy 
ic  veux  amener  icy  vn  exemple. 

L'an  1578.  vn  ieun'  homme  prés  deNoliis  en  rEucfche  de  Cologne ,  ayant 
eu  la  main  gauch-  fracafséc  d'vn  coup  demoufquet,  fe  mit  entre  les  mains  de 
M*^.  N.  Clout  Baibier  du  lieu  :  ictluy  (  à  rimiration  de  Léonard  Botallus  ) 
ayant  posé  la  mûin  fur  vn  banc,  mit  vne  coignée  de  laquelle  on  Coupe  le  bois, 
à  l'endroit  delà  partie  qui  deuoitétre  coupée:  puisayantchoilîvn  homme  cou- 
rageux, il  luy  fit  donner  vn  grand  coup  de  malTuë  lur  le  dos  de  la  hach.,ce  qui 
xcliiîitfi  bien,  que  la  main  fut  emportée  du  premier  coup:il  y  eut  au  commen- 
cement de  nes-grandcs  douleurs,  &c  les  autres  accidents  que  i'ay  raconté  ci- 
dcllùs,  il  êdiippa  neantmoins  long- temps  après,  mais  ayant  fouft'ert  des  extrê- 
mes douleurs:  or  l'vlcere  (ecicatrifaauec  vne  extrême  pêne,  à  caufe  de  la  quan- 
tité des  fragments  d'os  qui  le  trauailloyent  tous  les  mois,  ôc  donnoyent  de  U 
nouuelle  fâcherie  au  malade. 

On  peut  voir  par  là ,  corribien  ell  abfurde  la  manière  de  couper  les  mem- 
bres, que  propole  Skenckius  en  fcs  Obferuations  liu.  5.  pag.791.  qu'il  a  tire 
du  traité  de  Botallus  des  playes  d'Arquebufe  :  Il  faut  apporter ,  dit  il,  plus  de 
foin  à  couper  des  grands  membres,  que  fi  ce  n'croit  qu'vn  doigt ,  car  on  le  re- 
trcnche  aisément,  le  mettantiur  vn  banc  auec  vn  peu  de  cotton  delfous ,  puis 
il  faut  pofcr  dtlîus  vn  inftrument  rrcnchanr,  que  l'on  frapc  d'vn  coup  de  mar- 
teau ,  comme  on  fait  vn  coin  de  bois ,  afin  que  l'Opération  fc  falïè  tout  d'y» 
coup. 

3Mais  on  a  inucntc  vne  autre  manière  de  couper  les  grands  membres  »  alTa- 

Rrr 


49^  Liure  Cinquicrac 

Moir  deux  larges  couftcaux,  dcfquels  on  met  l'vn  entre  dcuxcoîomnfs  de  bois, 
attache  à  vn  tronc  immobile,  duquel  le  trcnchanr  regarde  en  haut ,  l'autre  cft 
mis  dclfus  entre  ces  deux  colomnes  ,  en  forte  que  les  deux  trcnchants  vien- 
nent exactement  àfc  rencontrer,  &  pour  empêcher  que  celui  de  dclFus  ne  tom- 
be, il  cft  .ietenu  par  vne  raye  qui  cft  faite  aux  deux  colomnes ,  afin  qu'il  puillc 
aiscm  cnt  dccendre  de  haut  en  bas ,  fans  aller  de  coftc  ni  d'autre  :  &c  afin  qu'en 
tombant  il  coupe  le  membre  net  par  fa  pcfmteur,  on  le  charge  de  plomb  ,  ou 
bien  on  le  frappe  <i\a  grand  coup  de  mailler,  afin  que  l'œuurc  fe  falfed'vn  feul 
coup,  mais  la  chofc  va  mieux  h  le  couteau  tombe  comme  cet  inftrumcnt  du- 
quel on  bat  je  pauc:  or  cette  manière  eft  bien  plus  airurce,plus  prompte  &  plus 
aisée  que  celle  qui  fe  fait  par  la  fçie,  car  clic  necaufe  point  de  douleur,  de  for- 
te que  Maiftre  laq.  Cognomine  Chirurgien  du  Roy,  homme  très  expérimen- 
té en  fon  art,  alfure  qu'il  y  en  a  encor  qui  font,  viuants,  aufquels  il  a  coupé  les 
iambesauec  cctinftrument,qui  croyoycnt  qu'il  leur  ctoit  tombé  vne  ctiticel- 
Ic  de  feu  fur  laiambe  quand  on  coupa  le  membre ,  ce  qui  ne  peut  arriuer  que' 
par  la  grande  promptitude  de  l'inftrumenr,  la  neccflîtc  de  laquelle  ne  peut  cttc 
comprife  que  par  l'ouuricr,  Se  par  celui  qui  a  piCsc  ce  mauuais  pas  :  car  outre 
que  la  douleur  cft  quafi  momentanée,  le  Maiftre  peut  auflfi  boucher  en  vn  mo- 
ment l'artère  &  la  vcne,  ce  qui  n'eft  pas  de  petite  importance  :  car  entre  ceux 
qui  meurent  après  l'opération,  le  nombre  eft  plus  grai7d  de  ceux  à  qui  cela  ar- 
riue  à  caufe  de  l'hcemorrhagic  que  par  aucune  autre,  car  tandis  que  l'on  coupe 
les  os auec  la  Sçi",  [outre  qnc  celle-ci  offenfc  &  déchire  quantité  de  parties 
nerueufes  que  leRafoir  auoît  laifsc,)le  fang  fort  cependant. fans celTc  des  véncs 
&  des  arrcres  qui  ont  été  coupées,  ce  qui  fait  qucie  ne  puis  de  moins  que  de 
défaprouer  la  Scie  ,   &c  au  contraire  loiier  Se  recommander  ces  couftcaux, 
mais  ceux  qui  font  difficulté  de  fe  feiuir  des  chofes  qu'ils  n'ont  pas  âcoûtumé, 
ou  parpruden  e,  oupar  ftupidité  ôc  ignorance  de  l'art  ,  ne  manquent  point 
d'opj-ofer  ou  le  fracas  des  Oi,ou  lameurtiiiïèurede  la  chair  ,  ou  la  cruauté  de 
l'opération  :  mais  on  peut  dire  qu'il  n'y  en  a  poiijt,fionla  compare  auec  cel- 
le qui  fe  fait  par  la  Scie,  car  il  ne  (c  fait  point  de  contufion  Ci  le  trench  ant  don- 
ne bien  à  propos,  il  ne  faut  auffi  faire  aucun  état  du  fracas  des  os,  vcu  que  l'on 
tire  aisément  les  fragments,  ou  bien  la  nature  les  chaflè  :    quand  donc  on  veut 
faire  l'opération  de  cette  façon ,  il  faut  auc^ir  des  fers  chaud  tous  prêts  :  il 
faut  mettre  des  rcpercuflîfs>fiux  aines  ôc  auxaillelles,  boucher  les  oreilles  ,  dé- 
tourner 1rs  yeux  &  lier  le  membre,  comme  i'ay  dit,  puis  le  mettre  entre  les 
deux  colomnes,  en  telle  forte  que  r  fil'incifion  fc  fait  au  delîbus  du  coude  ou 
dugenoiiil,^  Icsdeuxosfoyent  également  poses  fur  le  trenchant  du  couteau 
d'enbas  &  non  fur  l'autre  fcc  qu'il  n'eft  pas  necelTaire  d'obferuer  s'il  fau-t  faire 
la  f.'dtion  au  delFus  du  gcnoliil  ou  du  coude,  vcu  qu'il  n'y  a  qu'vn  os,]  puis  il  le 
faut  fcparcr  incontinent  d'auec  le  fain,  pour  fe  fcruir  des  Cautères  qui  bouche- 
ront les  véncs  &  les  artères,  commençant  par  celles  ci,  car  il  cft  bon  qu'il  forte 

vn 


des  Opérations  de  Chirurgie.  49^ 

Vfl  peu  de  fang,  faifant  venir  vne  crourc  mince  dcffus.-on  défera  en  fuite  les  If-: 
gaturcs,  couuranc  tout  l'vlccre  auec  les  partiei  des  cnuirons  d'vn  médicament 
fait  d'huyle  rofatj  œuf  &  bol  armenié,cju'il  faut  mettre  ticdc,s'cn  feruant  deux 
iours  de  fuite:  voilà  ce  qu'en  dit  Botallus,  ayant  voulu  le  propofer  ,  non  que 
i'approuue  cette  méthode ,  mais  feulement  pour  aduertir  le  Chirurgien  auquel 
cette  procédure  pcutfembicr  êtrefacile,qu'il  fe  donne  garde  de  ne  pas  s'en  fer- 
uir:  éc  ce  feroic  vne  chofefupcrfluc  d'en  dire  les  raifons,  veu  que  l'exemple  de 
ce  ieunc  homme,  auquel  ce  Maiftre  Clout  coupa  la  main,  pcit  fuffire,  maisic 
reuiens  à  mon  premier  fuiet. 

Il  y  en  a  qui  fe  fcruent  de  Tenailles  trenchantes  pour  couper  les  membres, 
&  principalement  les  doigts  :  mais  cette  opération  ne  fe  peut  non  plus  faire 
fans  apporter  vne  grande  meurtrilfcurc  ôc  dilaceration  des  parties  nerueufes, 
aucc  fracas  des  os  éc  danger  du  malade, car  ces  Tenailles  font  plus  propres  pour 
couper  du  fer  Se  quclqu'autre  matière  dure  qu'vn  nerf, ou  vne  partie  nerueufe, 
dequoy  vn  diligent  Chirurgien  peut  faire  cflay  dans  les  belles  :  les  Praticiens 
f^auent  que  quand  on  veut  tirer  vn  enfant  m,ort,qu'ilcft  quelquefois  necclfairc 
de  couper  le  bras  dans  l'épaule  même:  quand  donc  ie  commençay  à  exercer 
cette  opération,  ayant  remarqué  que  ie  ne  pouuois  pas  faire  incifion  auec  le 
Rafoir  fans  vn  grand  danger,ic  voulus  me  fcruir  de  Tenailles  inciloires,  croyic 
que  ie  n'aurois  point  de  pcncàcouperle  bras:  mais  ic  fus  bien  trompé  en  mon 
opinion  ,  ayantcré  obligé  d'inucnter  des  autres  inftrumcnts  pour  faire  cette 
opération:  au  refte,veu  que  les  playescontufcs  (ont  touliours  plus  dangereufes 
que  les  autres,  comme  l'expérience  le  fait  voir,ie  fuis  d'aduis  que  le  Chirurgien 
ne  vienne  pas  à  telles  fortes  d'opérations  cruelles  &  impertinentes. 

Or  il  y  a  quelques  nouueaux  Médecins  des  plus  fameux,    qui  veulent  que 
l'incifion  fe  fallc  en  la  chair  morte,  y  laillant  vne  petite  partie  de  ce  qui  eft.  cor- 
rompu,j3(Hir  euitcr  Tcifufion  de  lang,  la  douleur  ôc  les  convulfions,  &  veulent 
que  l'on  ccniume  ce  qui  rcfte  de  corrompu  aucc  le  Cautère  aélucl ,  maii  il 
fautvoir  li  cette  opération  eft  conforme  aux  trois  préceptes  que  donne  Galieti 
au  liu.4.  de  fa  meth.  chap.  15.  où  il  veut  que  toute  opération  fe  face  prompte- 
ment ,    (curement&  faus  douleur  :    pour  faire  voir  que  l'incifion  qui  fv.fait 
en  la  panie  morte  ne  peut  pas  être  faite  promptement  ,  il.  fe  faut  fouucnic 
de  ce  qu'il  dir ,    que    le  fphacclc  eft  vne  corruption  de  la  fubftance  de  la 
partie,  laquelle  le  communique  même  aux  os  ,     on  voit  donc  par  là,  qu'il 
faut  emporter  tout  ce  qui  eft  nourri  :  mais  ie  ne  puis  pas  comprendre  comme 
cette  extirpation  peut  erre  pvomptemcnt  faire,   s'il  faut  fi  fouuent  réitérer 
l'opération  ;  car  pour  couper  U  chair  pourrie  iufqu'à  ros,&  pour  la  confumec 
iulqu'à  la  chair  viuc,  à  force  de  Caurercsac^luels,  il  faut  alUircmcnt  beaucoup 
de  tcmpSjComme  aufîi  pour  couper  l'os  aucc  la  Sçie:5:  comme  cette operaiion 
ne  fe  fait  pas  fans  douleur  ,  quoy  que  ce  foit  fur  la  chair  morte ,  &  que  cepen- 
dant, le  maUde  eft  piefsc  d'vn  grand  tremblement ,  les  forces  ne  peuuent  de 

Rrr     1 


500  Liure  Cinquicmc 

moins  que  de  Ce  perdre  fi  l'opération  eft  longue  :  mais  quand  on  faic  l'opcra- 
tion  dans  le  vif,pi  incipalemcnt  fi  le  Chirurgien  cft  habile  2c  prompr,cllc  fc  faic 
qualî  en  vn  moment, car  on  coupe  la  chair  iul'qu'à  l'os  en  vn  coiip:quc  fi  le  Chi- 
rurgien fe  veut  Icruir  d'vn'cautcrc  en  forme  de  Coufteau,ii  bouchera  en  même 
temps  les  vailïèaux,  ôc  empêchera  l'hxmorrhagie  :  s'il  fe  veut  Icruir  du  rafoir , 
cela  n'empêchera  pas  qu'il  ncpuilfc  aisément  £k  en  peu  de  temps  ,  ou  lier  les 
vaiiïcaiix  ou  les  cautciilcr  :  le  dis  ces  chofes  fonde  iur  l'expérience,  &  non  pat 
coviictïmc. 

Il  faut  voir  maintenant  fi  cette  opération  fe  peut  faire  feuremcnt  :  or  il  eft 
receiraire  en  cet  endroit  d'examiner  derechef  les  paroles  de  Galicn  ,    car  fi  le 
fphaccle  corrompe  tellement  la  partie  que  le  mal  aille  iufqu'à  l'os  i    il  ne  fuffic 
pas  de  rcgaider  le  mal  qui  eft  en  dehors  5c  en  la  peau  ,  mais  il  faut  voir  iuf- 
qu'oùilva,  afin  de  l'extirper  entièrement  :  autrement  l'opération  fera  vaine, 
parce  que  l'infeClion  qui  eft  imprimée  dans  l'os  attaquera  la  partie  faine    :    il 
fauraulTi  remarquer  que  tant  plus  les  parties  font  chaudes  6c  humides  ,    tant 
plus  facilement  elles  fcpourriirenc  :  or  c'cft  vue  chofe  alfurée  que  les  mufcics 
&  lesvaiireaux  qui  font  profonds,  font  beaucoup  plus  chauds  &  humides  que 
n'cft  pas  lapeauen  dehors,  .Se  par  confcquent  font  plus  fuicts  à  corruption 
de  pourriture:  d'où  fuit  qu'elle  eft  bien  fouuc  ut  plus  grande  au  fond  qu'elle  ne 
paroit  pas  en  dehors  :   partant  (i  on  s'arrête  àl'apparr  nce ,  on  tourmentera  le 
malade  en  vain,  lailîànt  beaucoup  de  chair  morte  en  la  partie  ,    comme  ic  l'ay 
veuen  l'an  1586.  en  vn  ieune  homme Saaoyard,  robufte,  qui  auoitia  gangrené 
en  vne  iambc,   laqr.lle  étoit  montée  iufqu'au  iai  rct:  or  pour  cohferuer  le  ge- 
jfioliiljOn  coupa  la  iambc  iufqu'à  la  racine  du  mal,  puis  on  caurerifa  diligem- 
ment le  tronc  auec  le  fer  chaud  :  le  malade  fut  tourmenté  en  vain ,  car  la  gan- 
grené ctoit  montée  beaucoup  plus  haut  qu'il  ne  paroiiFoit  en  la  peau  :  l'en  ay 
veuvn  exemple  fcmblablc  à  Copet  :  on  voit  la  mémechofe  aux  pommes  & 
poiies,quibien  fouuent  n'ont  qu'vnc  tache  noire  dansl'écorce.  Se  iieantmoins 
font  toutes  pourries  en  dedans:  Il  faut  auffi  voir  ii  l'haemorrhagie  eft-  tant  à  ap- 
préhender, il  faut  donc  regarder  la  conftitution  du  malade  ,  auquel,s'il  <  ft  fort 
dcbilc  &  exténué,  il  faut  conferuer  le  (ang  tant  qu'il  eft  pollîble ,    coupant  la 
cluir  iufqu'à  l'os  aiicc  vn  Cautère  aducl  fait  en  torme  de  coufteau,  qui  bouche 
en  même  temps  roiihcc  des  vaiiîeaux;  on  empêchera  aufli  rha:rronhagie,fi 
on  ferre  bien  le  cordon  qu'on  met  au  deilus  de  la  partie  ou  on  doit  âpliquer  la 
Sçi.^,  car  par  ce  moyen  les  vênes  &  les  artcrts  font  tellement  barrées,  qu'à  pê- 
ne pcut'-il  fortir  trois  ou  quatre  onces  dciang  en  coupant  vne  inmbe ,  pour- 
ucu  que  le  Chirurgien  foit  habile,    &  quoy  quils'en  perde  vn  peu  d'auanta- 
gc*",    il  ne  faut  pas  croire  qu'il  vienne  tout  du  tronc,    vcu  qu'il  en  fort  au(îî 
de  la  partie  qui  a  été  coupée ,  laquelle  verfe  tout  le  fang  qu'elle  aiioit  :  mais 
fi  c'eft  vn  ieun'  -  homme  robufte  &  pléthorique  ,    tant  s'en  faut  qu'il  fail- 
le  appréhender  l'haîmorrhagie  ,    qu'au  contraire  l'Opération  étant   faite, 

il 


des  Opérations  de  chirurgie.  501 

il  en  faut  lailïcr  couler  quelque  quantité  >  car  ccluy  qui  eft  proche  Je  la  chair 
morte  0«  de  la  pourriturc,tenant  d^ia  de  la  corruption  ,  il  ac  peut  que  faite  du 
mal  candis  qu'il  eft  en  la  partie  :  fi  mêmes  on  ne  le  lailTe  pas  ibrtir  en  fuffilante 
quantité  ,  la  gangrené  attaquera  derechef  le  tronc  après  l'opération  ,  ou  du 
moins  il  y  viendra  inflammation  &  douleur  ,  outre  d'ai-tres  accidents  dange- 
rcux,il  elt  donc  nccclïàire  de  lailîcr  fortir  quelque  peu  de  fangjmais  ayant  C'^ard 
aux  forces. 

Il  faut  aufli  voir  maintenant  fi  cette  Opération  qui  fe  fait  dans  la  chair  mor- 
tCjfe  peut  faire  auec  peu  ou  point  de  douleur  :  celle  qui  arriuc  quand  on  tail- 
le quelque  membre  gangrené  fe  fait  à  caufe  des  nerfs  ,  des  membranes  ôc  du 
perioftc:que  fi  on  prétend  que  cette  Opération  le  face  (ans  douleur,  il  faut  que 
CCS  parties  foycnt  entièrement  m^ortcs  ôc  corrorrpues,mais  les  nerfs  &c  les  par- 
ties nerueufes  le  corrompent  beaucoup  plus   tard  que  les  parties  charnues^a 
caufe  de  leur  fechcrclfe  :  il  faut  donc  croire ,  ou  qu'il  faut  beaucoup  lailfer  de 
chair  pourrie^ou  que  cette  Opération  ne  peur  pas  être  faite  fans  douleur  quoy 
qu'elle  foie  en  la  chair  morte:c-ar  bien  fouuenr,combicn  que  la  peau  ôc  la  chair 
loyent  mortes  ôc  fans  fentiment ,   fi  eft-ce  que  les  gros  nerfs  ôc  le  période  ne 
l'ont  pas  encor  perdu  :  pour  cette  raifon  quand  il  faut  couper  l'os  auec  la  fcic, 
alors  on  fent  dcsdouleura  très  violentes  ,  non  à  caule  de  l'os  quieft  infenfiblc, 
mais  à  caufe  du  période  qui  avn  fentiment  fort  vif  :  fi  donc  cette  Opération 
fe  deuoit  faire  fans  aucune  douleur  ,  il   faudroit  que  toute  la  partie  fut  telle- 
ment corrompue ,  que  la  corruption  eut  pafsc  iufqu'à  cette  membrane;  que  il 
cela  étoitjfaudroit'il  pas  croire  que  l'os  fcroic  aulîi  corrompu  comme  aufli  la 
chair  qui  y  cft  attachée  bien  plus  profondement  qu'elle  ne  fcmblc  l'ctie   en 
dehors  ?  Vcu  que  Celle  quicft  proche  de  ros,a  bien  plus  de  difpoiition  à  fe  cor- 
rompre que  celle  qui  cft  proche  de  la  peau  ?  Ainfi  l'Opération  feroic  inutile, 
car  le  reftedecequi  feroit  corrompu  ne  pourroitctre  corrigé  par  le  Cautère: 
or  enpenfantcuitcr  la  douleur, ils  la  font  tkux  fois  grande,  veu  qil'il  fautconûi- 
mer  autant  derhair  moite  qu'ils  veulent  qu'on  en  lailfcà  quoy  ni  deux  ni  trois 
Cautères  ne  pourront  pasiaftire,  non  pas  même  cinqnifix  pour  chauds  qu'ik 
fulîcntjpuis  que,comme  ils  l'anoLicnt,  il  faut  que  le  malade  les  iemc,  a:::rcmcnc 
on  n'a  rien  fait  :  or  quand  le  Cautère  eft  extrêmement  chaudron  fond  la  graille 
Ôc  les  autres  humcuisque  l'on  fait  bouillir,  iSj  ain(i  l'on  brûle  Se  échautrè  par 
trop  les  parties  fcnùbles,  allaucir  les  nerfs ,  tendons  ôc  mcmbranes:dc  la  vien- 
nent des  douleurs  très  aigues5inflammation,fiévre,vcilles,(  onuulfions  »?c  autres 
grands  accidents  :  ce  qui  a  fait  dire  àAuicenne,Celuiqui  Cauteiilele  doitdoii- 
ner  garde  que  la  force  de  la  Cautcn'zaiion  ne  vienne  iulqu'aux  nerfs  ,  ni  aux 
tcnûons,ni  aux  ligamentsjque  s'il  fe  fert  du  Cautère  pour  arrêter  le  fang,il  faut, 
quela.Cauterilation  (bit  forte,  afin  de  faire  vne  cfchaire  épaillc  &  qui  tombe 
vifte,&c.ll  arriue  encor  vne  autre  incommodité  par  le  fer  trop  chaud,  jifanoir 
qu'il  fe  fait  vne  cfchare  trop  épaiffc,  qui  empêche  les  humeurs  putrides  & 

R  rr     j 


501  Liiirc  Cinquième 

malignes  d'exhaler,  lerquclles fans. doute  font  portées  aux  parties  nobles  :  oi> 
tzc  qu'il  cft  impofflblc  que  le  Cautère  dcfscche  tont,&  qu'il  ne  rcfte quelque 
l-iiain  de  nouuclle  corruption  tandis  que  rcfcharc  pourrit  :  d  auantagc  la  chair 
nîorrc  ayant  été  ainfi  confumce  &  la  peau  s'ctanc  retirée  par  la  force  du  Cau- 
tère ,  il  reftc  vne  grande  portion  d'os  qui  auance,  ôc  peut  être  fi  grande  qu'il 
cfl:  necciraire  de  reucnir  à  la  fcie  .'  que  s'il  faut  obferuer  cela  à  l'ordinaire  de 
couper  la  partie  fur  le  mort,  que  ferar'on  quand  le  pic  eft  fphacelé  ?  Faudra- 
l'il  laitier  vne  grande  portion  de  la  iambe  ou  bien  attendre  que  la  pourriture 
&:  corruption  foie  monrccplus  haut  ?    Mais  il  y  aura  du  danger  à  faire  l'vn* 
comme  il  y  aura  de  l'incommodité  pour  le  malade  en  hifant  l'autre  :or  vne 
ligature  forre,comme  les  Chirurgiens  ont  accouftumc  de  la  faire  ,  empêche  la 
viuacitc  dcrcfpric  animal  dans  la  partie  qui  dénient  comme  ftupide,  &  ainfi 
à  pcne  fcnt'eile  palier  le  rafoir  :  l'Opération  don'  en  la  chair  morte  nefe  peut 
pas  faire  ,  puomptcmcnr,fcurcment  ni  (ans  douleur  :  d'autre  côté  la  médecine 
étant  vne  profeflion  noblc,qui  a  aufli  l'object  le  plus  noble  de  tous ,   il  e(l  iufte 
que  les  opérations  le  faccnt  aucc  quelque  appareil  &  orncmen  :mais  quand  on 
fait  cette  opération  fur  la  chair  morte,  ou  l'on  coupe  prcmierem.ent  la  chair 
Se  puis  l'os  ,  en  fuitteon  applique  à  diacrfes  fois  des  fers  rougis  au  fcu,en  for- 
te que  non  Iculemcnr  toute  la  mai(bn,mais  aufli  la  rue  cft  remplie  de  cette  mau- 
uaife  odeur,  comm.c  Fallope  la  remarqué  parlant  de  quclqu'vn,  alors  ie  ne  vois 
ni  ornement  ni  luftre  en  l'opération  :  or  celle  qui  fe  fait  en  la  chair  viuc  ,  étant 
faite  en  vn  momenr,cft  la  plus  airurée  de  toutes, &^  Ce  fait  fans  grande  douleur» 
Examinons  aufli  fi  la  conuullîon  eft  plus  à  apprthcndcr,quand  on  coupe  fur 
le  vîf,quc  fur  le  morr:Hippocrate  &  Galicn  cnfeignenr  qu'elle  fc  fait  ou  par 
rcpletion  ou  par  inanition  :  que  fi  elle  arriuc  quand  on  coupe  quelque  mem- 
brcjCc  ièra  ou  à  caufc  d'vnc  grande  hxmonhagie,ou  vne  violente  douleur ,  ou 
par  quelque  caufc  maligne  qui  monte  de  la  partie  au  Cerueau  :  Ci  elle  vient  d'v- 
nc  grande  h2morrhagie,clle  fera  dangcreufe  au  dire  d'Hippocrate,car  elle  vient 
de  sécherelfc-.il  faut  donc  que  le  'v  hirurgien  foit  diligent  à  conferuer  le  fang, 
principalement  en  ceux  qui  font  délicats  ou  débiles:  or  il  empêchera  l'hciemor- 
rhagic  s'il  fcferr,en  lieu  du  rafoir,d'vn  coureau  rougi  an  feujfaifant  habilement 
lafc6tion:i*ay  coupé  le  bras  prés  de  l'cpauleà  vn  homme  de  Payernc,cn  laquel- 
le opération  i  pêne  fort'il  deux  onces  de  fang,  &  l'an  )6'i^.  iecoupay  la  iam- 
be dans  la  cuilTcjd'oLi  à  pêne  il  fortit  trois  onces:  or  c'etoit  dcspcrfonnescxtrc- 
incmeut  délicates  Se  foibles ,  autrement  ie  ne  me  mets  pas  beaucoup  en  pénc 
quoy  qu'il  forte  vn  peu  de  fang  après  l'opération,  La  douleur  atdre  la  conuul- 
fion,veu qu'il  n'y  a  rien,au  témoignage  de  Galien,qui  caule  plutoil  vne  dcllu- 
xioH  &  qui  attire  plus  que  fait  la  douleur,  d'où  vicntrinflammatica&  lacon- 
uulfi€>n,ûquclle  eft  mortelle  félon  l'opinion  d'Hippocrare  :  or  nous  auons  fait 
voir  ci  delFus  que  l'opération  qui  fe  fait  en  la  chair  viue,cft  quafi  fans  douleur, 
veu  qu'elle  ne  dure  qu'vn  moment  à  comparaifon  de  celle  qui  arriuc  quand  on 

taille 


des  Opérations  de  chirurgie.  ^05 

taille  fuc  le  mort:à  qiioy  f.iuc  âiouter  que  l'on  pciir  apies  l'opcraiion  aidojcic 
ceccc  douleur  par  des  mcdicamcnrs  mcdiocrcmcnc  rafraiLhilVaius  ik  tcpercuf* 
fifsjCar  au  mcme  rnomcnt  que  les  nerfs  foiît  coupes ,  ils  fc  rctiicnt  en  haut  ôc  Ce 
couurcnt  de  chairior  quand  on  coupe  en  la  chair  morte,  quoy  qu'il:  C:  ictircnc 
auflTiversleur  origine,  fi  eft  ce  qu'ils  fe  fondent  à  cauic  du  nombcc d.s Cautè- 
res <3«r  delà  violence  du  fcu:les  humeurs  auflis'cchauftv'nt  en  la  partie  autour 
des  nerfs  <Sc  des  parties  ncrueufes  ,  ôc  les  Praticiens  fçauent  que  la  conuulfion 
vient  d'vne  vapeur  maligne  :quelq!Jcfois,dit  Ican  de  Vigo,  IcsncrBic  pourrif- 
(cnr-.de  cette  pourriture  il  s'cleue  vne  fumée  venimeufc  qui  eft  portée  par  les 
nerfs  au  Ccrueau  ,-,lcqucl  Tentant  l'iniure  de  cette  madere,fait  Tes  efforts  pour  la 
chaflcr,or  quand  on  fera  la  feétion  fur  le  vif,comment  eft:  ce  qu'il  pourra  arri- 
ucr  vne  conuuKion  des  vapeurs  malignes  ,  veuquel'ona  coupe  ce  qui  étoit 
pourri }  Au  contraire  quand  on  fait  l'incifion  fur  le  mort, il  demeure  vnc  partie 
de  la  pourriture  autour  des  nerfs  &  même  dans  les  véncs  &  les  artères,  laquelle 
quoy  qu'elle  foit  en  parti?  deflèchée  par  le  Cautère  ,  ne  fe  confume  pas 
pourtant  entièrement  ,  mais  elle  vient  à  bouillir  ôc  acquiert  de  l'aciimonie  à 
caufedufeu  ,&  quelques  iours  après  les  humeurs  venants  à  s'y  ietter ,  la  partie 
s'échauffe  toufiours  d*auanrage,&  l'epaifTeLC  de  l'efcharre  empêchant  que  cettç 
matière  acretSc  pourrie  ne  fortc,clle  acquiert  de  la  malignité, de  laquclleiil  s'é- 
Icuc  vnc  vapeur  de  même  nature  qui  monte  aux  parties  nobles,  laquelle  étant 
portée  par  les  nerfs  au  Cerueau,  produit  des  conuulfions,des  veilles ,  inquiétu- 
des &  réuerie  :  en  montant  au  cœur  par  les  artères  elle  infecte  Us  efprits  vitaux 
faifant  des  défaillances  5c  abbatant  les  forces  ;  que  H  elle  paruient  au  foye  par  le 
moyen  des  grandes  vêncs,elle  infcârc  la  m.alFe  du  fang,  échauffa' le  foye  &  tour 
le  corps,  ainli  on  peut  voir  que  la  conuulfion  cft:  plus  à  appréhender  fi  on  coupe 
le  membre  fur  le  corrompu  que  fur  le  vif  :  i'ayfait  pUifieurs  diifeClions  mais 
toufîoursfur  le  vif ,  fîeflcequc.  Dieu  m'cft  tefmoin  ,  iamais  aucun  de  mes 
malades  n'a  été  attaqué  de  conuulfion. 

11  y  a  vne  autre  queft:ion,  s'il  efl  loiflble  de  couper  vn  membre  fphicelé  en  la 
iointureîle  fçay  que  quelques  Médecins  fameux  ne  le  veulent  pas ,  i.  parce  que 
les  bleffures  des  iointurcs  font  jdangereufes  Ôc  mêmes  mortelles,  à  caufe  des 
grands  accidents  qui  furuieniient  ,  veu  que  ce  font  des  parties  nerueufcs  Se 
doiiées  d'vnfcntiment  exquis ,  i.  parce  qu'il  y  a  des  gros  os  Ik  peu  de  chair 
auec  débilité  de  chaleur  naturclle,qui  fait  que  la  cicatrice  y  vient  auec  pêne: 
mais  ic  fuis  de  l'âuis  de  Guidon  Laurent,  loubert^:  autres  qui  tiennent  que 
l'amputation  fe  fait  auec  moins  de  difficulté  dans  l'articulation  même  &  fans 
dangcr,comme  ie  l'ay  expérimenté  à  diuerfes  fois,  parce  q^ue  l'opération  fe  peu: 
faire  tout  d'vn  coup  auec  vn  rafoir  bien  trenchant,principalement  fî  le  Chi- 
rurgien à  la  main  légère ,  fans  qu'il  foie  befoin  de  fcie  ni  d'autre  inftru- 
ment  :  ainfî  la  douleur  n'eft:  pas  beaucoup  grande  ,  car  on  ne  coupera 
iamai*  &  fcparcra  fi  precifcmenc  les  particules  d«  nerfs  &  des  mciiibranes 


^o  4  Lîure  Cinquîcmc 

que  la  (de  n'en  vienne  à  rencontrer  qiiclqu*vne,laquelle  clic  dcchirera  aucc  vne 
cxcrcme  douleur  du  malade  :  elle  cft  auffi  fans  danger ,  parce  que  les  nerfs  ôc  les 
tendons  ,  étants  cntkrcment  coupes  ,  Ce  retirent  en  haut  «^  fe  couurcnt  de 
chair/ainfi  ilnefautapprcheudernicouuulliouniautrc  accident:  d'autre  cote» 
comme  elles  ne  font  pas  cliarnucs  &c  que  les  veines  font  apparentcSjOn  arrête 
facilement  le  fang  ••  quant  à  la  Cicatrice, on  n'a  point  de  pêne  à  la  faire  venir, 
carily  a  afscs  de  chair  autour  des  iointurcs  auec  vne  chaleur  narurcllc  afscs 
forte  pour  l'engendrenmais  il  faut  fiire  l'Opération  diuerfement  fclon  la  ditF:- 
rcnce  de  la  partie  ;  car  fi  le  mal  eft  au  pié  ou  en  la  iambe,il  faut  faire  l'amputa- 
tion vers  le  iarret,  afin  que  l'on  puille  âiuftcr  tant  plusjaiscment  laiambede 
bois  :  que  Ci  le  fphaccle  palïè  le  iarrct ,  il  taudra  faire  l'incilion  dans  la  icinture 
même  du  genouïl  :  que  Ci  le  mal  s'eft  Tnill  de  tout  le  doigt,il  le  faut  couper  vers 
Je  métacarpe  en  l'articulation  même  ;  i'ay  fait  quelquefois  cette  Opération  & 
entre  autres  en  1581.  à  Dulf-ldorp  en  vn  homme  robufte  âgé  d'cnuiron  30. ans, 
nomme  P^oger  l^illor ,  laquelle  reiitîit  à  fouhait  :  vn  moufquet  luy  ayant  creuc 
entre  les  mainsja  gaUchefut  enticrcm.cnt  déchirée  :  Colmc  Slotanus  excellent 
Chirurgien  iîthsureufcmciit  l'amputation  fui  le  poignet  mcnfc,en  prcfcncc  du 
Dodtcur  Galeniis  Wierusâl  ne  furuint  aucun  accident  fâcheux,  &  en  peu  de 
temps  il  fut  ^u.:n,chapitre  i~.âu  traîné  de  Ugangirene. 

Le  corps  &  tout  ce  qui  clt  nccelfaire  ayant  été  préparé  &  mis  par  ordre  ,  il 
faut  venir  à  rOperation  tfic'eft  vne  iambe  qu'il  faut  couper,il  faut  mettre  le 
malade  fur  vn  banc  afin  qu'il  foit  plus  ferme:  alors  le  Chirurgien  tirera  en 
haut  les  mufclcsaucc  la  peaujiant  bien  ferré  la  partie  (aine.vn  peu  au  dclFus  dt« 
lieu  ou  il  faut  faire  l'incilion:  on  le  feruira;pour  faire  la  ligaturcjd'vnrubc^.n  de- 
lié,tels  que  font  ceux  dont  fe  feruent  les  femmes  pour  noiier  1  urs  cheucux  :  la 
ligature  fert  à  double  vfage  ,  car  prcmicrem.cnt  elle  ferrera  rcllemc-nt  les  véncs 
&  les  artères  que  l'on  ne  dcura  pas  beaucoup  appréhender  l'hxmorrhagfe  :  en 
après  elle  retiendra  les  cfprics  animaux  &  empêchera  leur  dcfcenrc  par  les  nerfs, 
ainfî  la  partie  deuicndra  comme  ftupide  &  lupportera  mieux  rinciùon:Guidon 
veut  que  l'on  face  vne  autre  ligature  fur  la  chair  morte,  afin  que  l'incilion  le 
faCc  entre  deux&  auecraifon:car  les  affiliants  étants  cpouuanrcs  de  Ihxmor- 
ihagicqui  baille  occafion  de  calomnier  le  Chirurgien,  cette  ligature  retient  le 
fang  dedans  les  vailfcaux  de  la  partie  qui  cft  morte ,  de  forte  qu'il  ne  fort  pas 
fî  abondamment:  il  y  en  a  qui  font  la  ligature  au  dcrifiis  du  gcuouïl  s'il  faut 
couper  vne  iâmbe:vers  le  iarrct,  8c  fous  le  coude  ,  s'il  faut  couper  la  main  au 
poignet,afin  difent'ils  qu'il  y  ait  moins  de  fcntiment  ,  mais  outre  que  les  nerfs 
{ont  trop  profondement  fitucspour  pouuoir  étre-ferrés  par  la  ligature  ,  on 
meurtrit  bien  fouuent  les  parties  mufculeufcs,&:on  fait  vne  nouucUe  intercep- 
tion àzs  cfptits. 

Gcttcfortc  ligature  ayant  été  faitte  ,  le  Chirurgien  mettra  la  iambe  fnr  !è 
bout  d*rnbanc,qui  doit  venir  iufqu'aùx  genouïl  éi  quafi  iufqu'au  lieu  oà  fe 

doit 


des  Opérations  de  Chirurgie.  505 

4oit  faire  llncifion  :  on  attachera  donc  la  iambe  au  bouc  nfiii  qu'elle  foie  im- 
mobile, &  afin  que  la  cuiire  &  legenouïl  y  foycnt  commodément  attaches ,  il 
cft  neccfifairequele  boLicdu  banc  foit  vn  peu  creuse  des  deux  côtés,  le  f^e- 
nouïl  ayant  été  bien  attaché  au  banc  par  vnc  bande,  il  faut  auoir  vne  manche 
de  peau  toute  prefte  faite  en  cette  manière  :  cilc  doit  eue  lon^^ae  d'enuiron 
vnc  paume,  &  dételle  largeur  qu'cllepuilîc  entourer  la  iambe  à  l'endroit  ou 
ondoie  faire  l'incifion  :  elle  doit  ctic  ouuerte  desdeux  bouts  ,  mais  en  for- 
te que  le  deuant  Ce  puilïc  fermer  ?.ucc  vn  double  cordon  comme  vne  bourfe, 
ce  cordon  doit  être  dous  afin  qu'on  le  pui/Ic  bien  ferrer,  rond,  &  eno-iaifsc 
d'buyle  :  le  delfus  de  cette  manche  doit  être  ouucrt,  mais  a-jx  deux  bouts 
Se  au  milieu  elle  eft  attachée  d'vn  fimplc  filet  afin  que  l'os  étant  coupé  ,  on  la 
puilîè  aisément  défaire  auec  le  cifcau  &c  la  iettcr  h. 

Tal'le  AT.  fi^nrcG. 

Or  cette  manche  a  trois  vfagcs,  car  premièrement  elle  arrête  rimpetuofitc 
du  fang,  de  forte  que  le  Chirurgien  peut  beaucoup  mieux  voir  ou  il  faut  ap- 
pliquer la  fcie^  1.  Elle  amène  également  &  fans  pêns  les  mufcles  <Sc  la  peau 
en  haut  qui  décendcnt  en  bûs  après  l'opération,  &  couurcnt  les  extrémités  àz% 
os,ainfi  le  tionc  fe  couurc  plus  aisément  de  Cicatrice  :  3.  Elle  empêche  que 
la  fçie  ne  touche  la  chair  &  ne  i*  déchire  :  Guidon  &:  des  autres  couurent  la 
chair  auec  vn  linge,  mais  il  vaut  mieux  fc  feruir  de  cette  manche  ,  car  il  faut 
beaucoup  de  temps  pour  couuiir  la  char  coupée  iufqu'a  l'os  auec  des  linges; 
en  après  la  fçie  peut  aisément  s'cmbaralllr  dans  le  linge  :  il  n'en  efi:  pas  ainii  de 
la  manche ,  car  par  le  moyen  des  cordons,  onla  ferre  par  tout  autour  de  Tos 
par  le  moyen  descordons  ,  \zs  mufcles  ^  la  peau  étants  également  tirées  en 
haut. 

Quefi  le  Chirurgien  ne  veut  pas  s'en  feiuir,  ilfautâiufter  à  la  ligarnref que 
nousauons  dit  cidclïas  dcuoir  être  faitte  J  vn  cordon  de  chaque  côte  de  la 
iambe,r>fin  que  leferuitcur  qui  tient  le  gcnouïl  lespuilfc  empoigner  auec  les 
doigts  indice  &  celui  du  milieu,&:  que  la  chair  aycnt  été  coupée  iufqu'à  l'os, 
il  la  puilfc  amener  en  haut  par  le  moyen  des  cordons.  Tay  en  cette  façon  coupé 
heureufcm.cnt  quelques  membres  :  le  genouïl  étant  attaché  au  banc  comme 
i'ay  dit, il  faut  fourrer  la  manche  de  forte  que  fa  partie  inférieure  marquée  B. 
couure  le  gcnouïl ,  &  l'antre  bout,que  l'on  ferme  comme  vnc  bourfe  doit  être 
mis  prés  la  ligature  fuperieurc,  afin  que  la  chair  ayant  c:c  coupée  iufqu'à  l'os, 
leleruiteur  qui  tient  le  genouïl  puilfe  incontinent  la  mettre  fur  la  plave&U 
ferrer  autour  de.'l'osjqunnt  à  l'endroit  qui  eft  ouu:rt  (!n:  marqué  A  B  il  doit 
être  mis  au  dcllus  delà  iambc,afin  que  l'amputarion  étant  faite  ,  on  puillè  cou- 
per ces  filets  de  côté  &  d'autre  &  ietter  là  la  manche  :  iccllc  don  c  ayant  été  mi- 
fê  comme  i'ay  dit,  il  faut  auoir  vn  autre  iî  :'ge  q  ui  foit  de  même  hauteur  que  le 


50^  Liurc  Cinquième 

banc  que  l'on  mettra  fous  le  pic  &  foas  la  iambc,  que  l'on  y  attachera  auec 
vue  bande  :il  faut  enfin  auoir  trois  feruiteurs  couragrux,  dcfqucls  Tvii  fe  tien- 
dra dcriicre  les  épaules,  l'autre  aitjrmira  le  banc  ou  cft  attaché  le  pic ,  le  troi- 
licme  Icra  vers  les  genoux  &:  tiendu  terme  lcmaladc,afin  qu'il  ne  branle  de  cô- 
[c  &  d'autre  dans  l'opcrarion  :  mais  il  cft  nccciraire  que  celuy  qui  empoigne  le 
gcnouil  tienne  les  cordons  de  la  manche  aucc  les  doigts  indice  S<.  celuy  du 
milieu,  ou  bien  ceux  de  la  ligature  que  nous  auons  reprefentce  ci  delUis ,  cm- 
brairmt  le  genouil  auec  le  pouce  &C  les  autres  doigts. 

Que  i\  les  nerfs  font  tellement  retirés  &  les  genoux  fi  courbes,  que  le  mala- 
de ne  lespuilFc  pas  cccndrc,il  le  faut  mettre  fur  le  plancher,clcuant  la  iambc  en 
hautjafin  qu'on  la  puilîc  attacher  au  banc  à  l'endroit  ou  il  eft  creusé. 

Et  à  mon  âuis  il  ne  faut  pas  mcpiifer  cette  procédure ,  car  premièrement  la 
iambc  étant  dêia  morte  ou  corrompue  en  quelque  autre  façon ,  on  la  peut  lier 
bien  ferré  au  banc  fans  aucun  danger  :  or  les  Praticiens  fçaucnt  que  tant  plus- 
ferme  eft  attache  le  membre  que  l'on  doit  couper  ,  que  tant  moins  il  y  a  de 
pêne  à  faire  l'amputation  :  fecondemcnt  l'opération  fefaifant  en  cette  manie- 
re,lc  malade  eft  couché  fur  le  dos  ,  &  par  confequcnt  il  y  a  moins  de  danger 
qu'il  tombe  en  défaillance:  j.  L'hxmorrhagie  eft  moins  à  appréhender  la  iam- 
bs  étant  leuée  en  haut  >  mais  il  ne  faut  pas  oublier  de  faire  vne  ligature  fous  le 
gcnouil  outre  les  brides ,  prenant  garde  à  ce  que  le  feruitcur  lire  à  foy  la  chair 
.î^  la  peau  dans  l'opération  :  quant  à  celuy  qiii  tient  les  épaules,  il  ne  doit  pas 
cmbrafiTer  le  malade  auec  les  bras  ou  fcner  la  poitrine  &  le  ventre  en  quelle 
manière  que  ce  foit ,  car  il  empéchcroit  la  refpiration  en  ferrant  celle  la,  que 
s'il  embralïè  celui-ci  en  prefîàntl'eftomach,  le  foye«?cles  autres  parties,  il  aug- 
mentera l'ha^morrhagie  par  la  compreffion  de  la  vêi.ecaue:c'eft  donc  afsés  s'il 
tient  le  bras  &:  les  êpaules:mais  ievcux  aduertir  les  Chirurgiês,  qu'ils  ne  com- 
mencent pas  cette  opération  le  malade  étant  aulidjfinon  qu'il  foit  en  la  poftu- 
re  reprtleotéecidcirusou  qu'il  faille  couper  vn  bras  ou  vne  main  :  car  fi  le 
membre  qui  doit  être  rctrenché,  principalement  la  cuilïè  &:  legt^nouil,  n'cft 
atra.hcc  bien  ferme  au  banc  ,  l'opération  ne  fe  fera  rien  qui  vaiileîl  y  a  quel- 
ques années  que  ie  fus  demande  auec  Meflieiirs  lean  Anthoinc  Sarrazin  & 
George  Icnifchius  Médecins ,  pour  voir^vn  malade  auquel  il  faloic  couper  la 
iambc  :  le  Chiiurgien  l'ayant  laifsé  dans  le  Héi  ôc  attache  feulement  la  iambc 
lur  le  banc,&  laifsé  en  liberté  la  cuiftc  ôc  le  genouil ,  le  malade  fouffrit  beau- 
coup &  longccmpSjCar  étant  oblige  à  caufc  de  la  douleur  defe  tourner  de  côte 
Si  d'autre,  la  fcie  chancdoit  çà  &  là&  demeuroit  engagée  quelquefois  dans 
Tos:  Que  Ci  le  malade  eft  fi  foiblc  qu'il  ne  puilîc  pas  être  mis  hors  du  lh5t ,  il 
faut  mettre  vn  petit  ais  au  pic  du  lid:,&  mettre  le  malade  eu  telle  manière  que 
tout  le  corps  foit  dans  le  Ifd  entre  des  couflins ,  la  iambe  &  le  genouil  étants 
biê  attachées  à  cet  ais,^  s'il  faut  couper  vn  bras  ou  vne  main,lc  malade  pourra- 
demeurer  fur  la  plume  étendant  k  bras  oh  la  main  qu'il  faudra  attacher  fur 


des  Opérations  de  Chirurgie.  507 

va  fcabcan  ou  fur  vnc  planche  que  I'oh  aura  adioucc  au  bord  du  lîA  :  or  afin 
que  le  bras  ou  la  iambe,  qu'il  faut  couper,puiflcnt  erre  attaches  tant  plus  ferme 
tu  banc/ans  branler  de  côrc  ui  d'autre  ,  il  faut  ficher  fur  le  banc  i'inftrument 
fuiuant.  Fiiare  7.  Tai>Ie  X  V ,  La  cuifîc  &  le  bras  étants  attaches  au  banc 
en  la  manière  que  i'ay  dit,&  tout  ayant  été  rais  en  bon  ordrr ,  tant  les  médica- 
ments qu'autres  chofes  necelFaircs  pour  roperarion  ,  le  Chirurgien  coupera  la 
chair  iufqu'a  l'os  auec  vn  rafoir  bien  trcnchaut  ou  aucc  quelque  coufteau 
courbe  &  trcnchant  des  deux  coftcs ,  feparant  en  même  temps  le  pcrioftc  tant 
qu'il  luy  fcrapoflible  :  s'il  y  a  deux  os  parallclcs,comme  au  defTus  du  gcnouil 
&  dclFus  le  poignet ,  il  faut  fepàrer  la  chair  qui  eft  entredeux  aucc  vn  coufteau 
courbe  &  pointu  ,  afin  que  la  fcic  ne  trouue  point  d'empêchement  :  on  com- 
mencera l'incifioH  de  la  chair  au  deifus  de  la  iambe  &  aux  coftés,  feparant  dili- 
gemment le  perioftc  d'auec  l'os  ,  car  fi  la  fcie  ayant  été  vne  fois  mifejne  trouue 
point  d'empéchcment,ellcne  fera  par  après  retardée  par  aucun  obftacle  :  mais 
il  faut  couper  fur  la  fin  le  dcflfous  ou  le  gras  de  la  iambe  6c  le  fcparer  d'auec 
l'os:  car  puis  que  les  plus  grands  vaiffcaux  décendent  parla,  fioncommen- 
çoic  Tincifion  en  cet  endroit ,  il  fc  pcrdroit  cependant  beaucoup  de  fanj 
tandis  que  Ton  feroit  la  fcparation  de  la  peau  6c  de  la  chair  en  haut  .*  mais 
neantmoins  il  faut  faire  le  tout  très  habilement  &  prompccment  &  fcuré- 
sncnt. 

VigHYc  des  Coufleaus  Figure  i.&i.    Table  X  VI» 

Si  tofl;  qi;c  la  chair  aura  été  coupée  iufqu'à  l'os  ,  le  fcruiteur  qui  tient  le 
gcnouil.doit  mettre  promptement  le  bord  delà  manche  fur  l'incifion,  la  fer- 
rant tout  autour  de  l'os  auec  les  cordons  &  tirant  également  la  chair  en  haut» 
afin  que  le  Chirurgien  puifiè  couper  l'os  plus  haut  que  la  chair,8c  faire  vnc 
cicatrice  plus  ferme  auec  le  temps  ,  enfin  il  coupera  l'os  auec  la  fcie,  apportant 
le  plus  de  diligence  &c  ,de  d'cxteritc  qu'il  pourra  :  l'os  ayant  été  fcié ,  il  faut 
promptemcnt  couper  auec  des  cifeauxies  filets  de  la  manche  &  laiettcrla. 

Figure  de  U  Scie  Table  X  VL  Figure  5. 

Et  après  auoir  laifsé  couler  du  i'ang  à  proportion  de  la  plénitude  6c  àzi  for- 
ces du  inalade,il  cauterifera  les  vaifleaux  pour  arrêter  le  fang  6c-l*<ï$  mcmc,afin 
que  les  fragments  tombent  tant  plutoft. 

Cautère  pour  brûler  les  vêncs  &  les  artères.  Voyés  Table  16.  Figure  4. 

Cautère  pour  brwler  l'extrémité  de  l'os.  Vo)€s  Table  16.  Figure  j. 


S((    t 


50?  Lîurc  Cinquième 

Le  fing  ayant  crc  arrctc,il  défera  la  ligature  qui  cft  au  deltas  de  rincilion 
^  applftjuera  vnc  poîg:  ce  d'cronpcs  trcmpce  cnoxycrat  èc  puis  en  des  blancs 
d'œiiFs,  mettant  par  ddlus  de  la  poudre  à  arrêter  le  lang.    ^.  Far.  volatilisa 
5  vi,  fd-'igH.  drac.  tkuris.  an.  \i.  holi  armen.  orient,  'terra  Jîg.  an.  5  Gi.g)pfi  ?  ï  fi. 
r^narum  ajuat. prsparatarum  5  /;'.  (Elles  ont  vnc  mcriieilleufe  propriété  pour 
arrêter  le  fang  J  mufcicranil  hnm.  l  i.pil,  lepor.  minutij],  incifor.^ii.pulit.  albu- 
min.  ouorum/ole  c^nicul.  exJtcCittor.fpHrnd  maris  fpongt&  nonA  torrefa^a  an.  l  i.  m* 
f-phluisfubtiUJl,   Puis  ayant  mis  vu  dcfcndf  <3c  enuelofc  le  tronc  auec  vne  st(~ 
lie  de  bœuf,  il  bandera  derechef  le  tout,ttcmpant  les  bandes  en  de  l'oxycrat  (3c 
ne  changera  point  cet  appareil  iulqu'au  iour  fiîiuant,  fi  c'cft  en  ctc ,  ou  le  troi- 
^eme,(i  c'eilen  hyucr;  or  le  dcfcnlif  doit  ctre  mis  au  dclFus  du  gcnouïl  /î  la 
iambs  a  été  coupée  vers  le  iairet,  ou  autour  du  coude  fi  la  main  a  été  coupée, 
car  étant  mis  delfas  le  tionc  il  cmpéchcroit  que  l'on  ne  mit  commodément 
laveffie,  Enaprcsille  faut  réitérer  tous  ks  iours ,  ce  que  l'on  ne  pourroic 
pas  faire  lî  on  le  mettoit  autour  du  tronc    Or  le  bas  de  la  veflie  de  bœuf  doit 
être  mouillé ,   &  le  haut  (  la  ou  elle  cfl:  ouuertc  )  doit  être  fec ,  afin  qu'il  de- 
meure étendu  &  ouucrt ,  comme  elle  doit  être  moite  au  bas,  afin  qu'elle  re- 
tienne également  &  fermement  les  étouppcs  :  quelques  vus  pour  prcuenir 
plus  airureraent  rha£morrhagie,nt  défont  point  la  ligature  qu'au  fécond  ap- 
pareil, mais  cela  ne  fe  peut  faire  faas  preiudice  du  malade,  parce  que  cet- 
te ligature  cai;  le  de  grandes  douleurs  &  attire  du  fang  &  des  humeurs,  lef^ 
quelss'échaufi:antscnlapartie,y  viennent  à  fuppurcr  ,  ce  qui  baille  naifîànce 
à  de  nouueaux  accidents  :  Quelques  vns  fe  contentent   d'vn  feul  Cautère  fi 
large  qu'il  puilFecouurir  tout  le  tronc  ,  cirayants  auec  iceluy  de  rclFerrer  tou- 
tes \ts  vênes  &  artcies  ,  mais  cette  Opération  eft  incertaine  &  à  mon  âuis 
impertinente  ,   car  fi  toft  que  les  vênes  de  artères  font  coupées  ,  elles  fe  reti- 
rent en  haut  >  de  loi  te  que  ce  Cautère  ainfi  large  ne  peut  pas  les  toucher  à 
caufèdcreminence  de  l'os  :  cependant  la  peau  (e  brûle  &  le  retire  par  la  vio- 
lence du  Feu  ,  ainfi  la  cure  fe  rend  plus  difficile  &c  la  cicatrice  n'eft  pas  fer- 
me :  il  vaut  donc  mieux  pour  refierrcr  les  vailîèaux,  {ê  feruir  d'vn  Cautère 
rond,  &  pour  l'os,  d'vn  large  ^  plat    :    Or  i'ay  fait  peindre  les  Cautères 
faQS  leur  manche,<5c  2UCC  railon  ,  car  en  les  failant  échaufer>  le  manche  fe 
dcioint  ,  de  forte  que  dans  l'Opération  ils  tournent  dans  la  main  ,  ainfi  el- 
le eft  difficile  ,  à  caufc  deqaoy  i'enuelcpe  d'étouppes  les  extrémités  lefquel- 
les  ic  fais   incclTamment  sriofer  d'eau   froide  tandis  qu'ils  rougillcnt  au 
Feu. 

Orauantquc  venir  à  l'Opération,  il  but  confiderer  les  forces  du  malade, 
car  s'il  eft  foible  &  exténué  &  Çi  la  pourriture  n'a  pas  encor  gagné  te  lieu  ou 
l'amputation  doit  être  faite ,  il  faut  auec  toute  la  dihgcnce  poflfjble  impé- 
cher l'cffufion  du  fang,  de  peur  que  leseff  rirsne  fe  dilTipenten  même  temps 
auec  les  forces,  &  que  le  malade  ne  tombe  en  défaillance,  partant  il  faut 

mettre 


des  Opérations  de  Chirurgie.  507 

entre  le  Cautcre  aduclfur  les  grands  vailfcaux  ,  les  faifant  rider,  /ans  fc  fier  à 
aucune  poudre  de  celles  qui  arrêtent  le  fang  ,  pour  cpioui.cc  qu'elle  foie ,  car 
rimpetuofirc  du  fang  qui  fort,  repoulfe  le  medicamcnr,  &  empêche  qu'elle  ne 
puilîc  paruenir  iufqu'aux  vailîcaux  ouuerrs  pour  y  faire  Ton  effort:  Les  Chirur- 
giens donc  commettent  vue  grande  faute  ,  qui  reicttenr  cet  excellent  remède, 
quand  on  coupe  quelque  membre,  ou  en  quelque  opération  importante  :  car 
ils  le  font  à  la  perte  du  malade, vcu  que  tandis  qu'ils  s  amufent  àarrcterlcfang 
auec   leurs    poudres  ,  il  s'en  perd  beaucoup  ,    <3c  le  malade  meurt  bien 
fouuenc  en  l'opération  mcmc  :  veu  donc  que  les  parties  de  i  homme   font 
non  feulement  nourries  parle  fang,    mais  auflj  la  chaleur  naturelle  en  tire 
Tafubftance,  comme  le  feu  à  la  fiennedu  bois  quicftau  foyer  :  il  le  fautcon- 
fèruer  auec  vn  grand  foin.  Se  autant  qu'il  eft  pofliblc  j  Si  neantmoins  la  corru- 
ption eft  venue  iufqu'au  lieu  où  on  a  fiit  l'amputation,  il  eft  neceilàirc  de  lait- 
ier fortir  vnpcu  de  fang,de  peur  qu'en  lailfant  du  fang  corrompu  dans  les  vail- 
feaux,  il  ne  fc  communique  vne  nouuelle  pourriture  au  tronc  ,  mais  il  le  f.uit 
laillcr  couler  peu  à  peu,  ce  qui  fe  fera  trcs-bien  par  le  moyen  d'vn  fer  rouoi 
au  feu,  en  l'appliquant  doucement  &  légèrement  l'ur  les  vailîèaux  ,  iufqu'à  ce 
qu'il  foit  vn  peu  forti  de  fang ,  &  enfin  pour  l'arrêter  entièrement ,   on  prcfle 
fort  le  Cautère:  or  de  peur  que  tandis  que  l'on  ferme  vn  vailFcau  auec  le  Cau- 
tere,le  fang  ne  forte  auec  trop  d'impctuofitéde  l'autrcji'ay  vne  coutume  de  te- 
nir vn  Cautère  en  chaque  main,  que  i'appliquc  en  même  temps  ,  &  pour  cette 
raifon  le  Chirurgien  doit  être  ambidextre  :  les  Chirurgiens  ont  encor  inuentc 
vn  Cautère  en  forme  de  couteau  pour  empêcher  l'ho^morrhagie,  ou  du  moins 
pour  arrêter  l'impctucfitê  du  fang,  duquel  ie  me  fuis  l'erui. ,  au  grand  bien  de 
mes  malades:  car  en  coupant  la  chair  iufqu'à  l'os,  il  fait  aufli  en  même  tcirios 
rider  les  vêncs  &  les  artères  qu'il  brûle  :    le  dos  de  ce  couteau  doit  auoir  vn 
pouce  d'êpaillèur  &  d'auantage,  autrement  il  ne  pourroic  pas  CQnfcrner   afsês 
long^tcmfs  fachaleur,&afin  que  l'on  puilîc  aufli  couper  la  chair  qui  eft  entre 
les  deux  os,  il  doit  être  pointu. 

Figure  du  Cautère  Cttltelh-iire  table  6.  figure  z. 

QuqÙ.  neantmoins  il  arriuoit  contre  notre  opinion,  que  la  peau  Se  la  chair 
ayants  ctê  coupées  par  ce  Cautère  adluel ,  le  lang  ne  laiùa  pas  de  fortir  ,  il  le 
faut  incontinent  arrêter  auec  des  Cautères  ronds,  &c  enfin  couper  l'os  auec  la 
Sçi^',  principalement  file  malade  eft  exténue  Si.  foible  :  or  ie  ne  fçaurois  afsês 
rcprclenter  l'excellence  de  ce  Cautère  ,  car  premièrement  il  empêche  que  le 
fang  ne  coule  auec  trop  grande  impctuofité.  Se  que  les  cfprits  ne  foyent  difli- 
pcs  :  i.  il  ya  moins  de  douleur  en  l'opération,  que  fi  ellefe  faifoit  auec  le  Ra- 
foir,&  même  toute  la  Cure  fe  fait  auec  moins  de  douleur,  comme  l'êuentmcnc 
me  l'a  fait  voir  cnplufieurs  :  la  raifon  eft  à  mon  aduis,  que  les  nerfs  &  les 


j49  Lmc  Cinquième 

pâmes  ncfucurcs,princîpalcment  le  pcrîofte,(i  toc  qu'elles  Tentent  leferchau(3, 
^'c  fcdrenc  incoiuincnt  en  haut  ,  de  force  que  laSçicne  les  touche  point, 
oi  ic  r.e  puis  pas  comprendre  comme  l'on  prut  couper  précisément  le  période 
atiec  le  Rafoir  Se  que  la  Scie  puillè  auoir  Ton  pa(ïagclibre,car  la  Scie  venant  à 
lincontrcr  de  tous  côccs  le  période,  elle  fait  de  grandes  douleurs,  veilles ,  fié- 
vres,inflammarion  &  autres  dangereux  accidents,  outre  qu'il  arriuc  des  autres 
chofes  qui  augmentent  le  mal,  car  la  chaleur  naturelle  étant  fort  diminuée  en 
la  paccicjil  ne  faut  pas  douter  qu'on  ne  l'arroiblifîe  encor  d'auantage.  Ci  on  cou- 
pe la  chair  &c  les  nerfs  auec  vn  couftciu  froid  ,  y  adioutant  encor  en  fuittc  des 
mcdicamcnrs  rafraichîfîàntspour  répercuter  les  huracurs,veu  que  félon  le  dire 
d'Hippocrate,  le  froid  mord  les  vlcetes  6cc.  mais  auec  le  Cautère  Culcellaire, 
on  fcpare  entièrement  le  période,  car  des  qu'il  a  fcnti  le  feu  ,  étant  vue  par- 
tie ncrucufe  ,  il  fe  retire  incontinent  en  haut  &  en  bas  ,  &  la  Scie  trouuc  ic 
patfagc  libre  fans  aucune  partie  nerucuie  :  en  après  par  le  moyen  de  cette  cha- 
leur, la  naturelle  en  cd  fortifiée  ,  qui  ctoit  comme  perdue  en  la  partie:  & 
comme  îccUc,  ainfi  que  dit  encor  Hippocrace;cd  amie  des  vlceres  ,  -des  os  5c 
des  parues  qui  (ontà  découuert,des  nerfs  >5c  de  toutes  les  parties'  nerueufcs,  & 
qu'elle  appaifc  aufTi  la  douleur,  la  playc  vient  incontinent  à  fuppurarion  ,  de 
f'3rte  que  tout  cd  après  en  feuretc  :  i'en  parle  par  expérience,  car  i'ay  coupé 
des  membres  à  plufieurs par  cette metho Je,   &  ay  guéri  le  tronc  ,  de  forK; 
qu'à  pêne  fc  font  ils  plains  de  la  douleur  ,  encor  moins  ed-il  furuenu  aucune 
enflure  au  tronc  :  Il  y  a  bien  vn  pa(ïàgc  dans  Hippocrace  qui  femble  être  con- 
traire ,  quand  il  dit,  que  le  fou  ed  ennemi  des  nerfs  .•    mais  il  ne  parle  pas  en 
ce  pairagc  des  nerfs  coupés  ou  odl-nsés  ,  ains  de  ceux  qui  n'ont  point  de  mal, 
aulquels  certainement  le  feu  cd  très* contraire ,  à  caufe  de  fa  chaleur  &  fubti- 
îicé ,  qui  fait  qu'il  pénètre  iufqu'à  eux,  les  faifanc  retirer  5c  caufant  de  la  dou- 
leur ;   Il  n'en  ed  pas  ainfi  des  nerfs  otfjucés  ,  carveuque,  comme    dit  Ga- 
lien,  plufieurs  chofes  font  rendues  meilleures  par  l'approche  du  feu,  lequel 
didbut  ôc  icpare  toutes  chofes ,  qui  ed-ce  qui  ne  voit  que  le  Cautère  ed  de 
grand  vfage ,  en  vue  Ci  grande  pourriture  amaliée  autour  des  nerfs  :  &  quoy 
que  les  chofes  aillent  ainfi  ,  il  ne  s'enfuit  pas  pourtant  que  cette  mediode  de 
couper  vn  membre  fur  le  mo4:c,&  de  brûler  le  rede  de  la  chair  corrompue  auec 
leCautcre  ,  foicàapprouuer  ,    car  cette  grande  combudion  qu'il  faut  faire, 
non  feulement  échauffe  outre  mcfure  les  nerfs,  maisaudi  les  brûle  tellement 
C  parce  qu'ils  font  encor  en  la  partie  morte ,  de  forte  que  quoy  qu'ils  foycnt 
coupés,  ils  ne  peuuent  neantmoins  plus  remonter  en  haut  »  J  &  les  fait  fi 
fort  retirer,  qu'il  furuient  des  douleurs  fort  grandes  ,   veilles  &c  autres  acci- 
dents, la  graille  auflî  quied  en  la  partie  vient  à  le  fondre  auec  les  humeurs, 
outre  qu'il  s'y  fait  vnc  nouuellc  dcfluxion,  autrement  les  nerfs  ne  deman» 
dent  qucia  chaleur  qui  âpaifc  leurs  douleurs , comme  on  le  peut  voir  en  i'ob- 
(cimÛQa  jj.  liu.  i»   Que  fi  le  malade  cd  icunc ,  robude  &  abonde  en  fang, 

& 


des  Opérations  dcChiruigîe*  511 . 

ôcCih  pourriture  tft  prcTque  paru:  nue  iafquau  lieu  ou  rampiiratiô  le  doit  fai- 
rc,il  cft  nccclïàire  de  lailîcr  couler  quelque  peu  de  fang,car  par  ce  moyc  tout  le 
corps  en  a  quelque  rafiaichillemcnt,(?c  Te  trouuc  plus  Icger  après  auoir  pose  ce 
fardeaUjtTiéme  il  reprend  It s  forces  auec  diminution  de  tous  les  accidcnts-.ray 
fouuent  arrête  riinsmotihagic  en  d<:s  mnladcs  de  cette  nature,  après  auoir  cou- 
pe les  mcmbres,par  le  moyen  de  ma  poudre,  fans  me  fcruir  du  Cautère  ?ctiicl: 
il  eft  neantmoins  bon,que  le  Chirurgien  tienne  des  fers  chauds  tous  prefl:s,afîn 
qu'ils  s'en  puillc  feruir,!!  d'auanturc  la  poudre  ne  fuffiloit  pas  pour  arrêter  l'hx- 


fn  orihagie. 


Or  la  poudre  ne  doit  pas  être  mifc  fur  vn  grand  plumaceau  {cul  d'ctoupes, 
comme  quelques  \ns  ont  accouftumc  ,  mais  fur  pluficurs ,  car  il  eft  comme 
inutile,  &  ne  peut  pas  fuffire  pour  boucher  les  vaifîeaux  qui  fc  retirent  en  haut 
incontinent  après  l'incifion ,   vcu  que  rimpcruoiitc  du  lang  détrempe  ^ 
chafîè  la  poudre  :  voilà  pourquoy  le  Chirurgien  doit  auoit  pluficurs  petits 
plumaceauxbien  prcfscs  ôi  épais,  trempes  en  vn  blanc  d'œuf  &  bicncouuerts 
de  poudre  adftringente  ,  leiqucls  il  doit  mettre^l'vn  après  l'autre ,    fur  ks 
orifices  des  vénes  Se  des  artères,  iufqu  a-ce  que  le  tronc  en  foit  tout  couuerr. 
Sur  la  fin  il  en  appliquera  vn  de  telle  grandeur    qu'il  puiife  couurir  tout  le 
tronc,  qu'il  trempera  aufïî  en  vn  blanc  d'œuf  &  couurira  de  poudre  ,  met- 
tant par  delîiis  lavefliede  bœuf,  &  en  fin  des  bandes  trempées  en  oxycrar^ 
que  l'on  bandci  a  bien  ferme  pour  retenir  la  poudre  :  Galicn    Se  Auiccnnc 
après  luy,  &:  des  autres  feferuentd'vne  autre  méthode  pour  arrêter  le  fang, 
aîlauoir  de  la  ligature  des  vailîèaux    laquelle  eft  conuenable  ,  principalcm.enc 
pour  les  corps  robuftes  &  pleins  de  fang  ,  &  en  ceux  aufquels  l'hœmorragic 
n'cft  pas  fi  dàngercufe;  car  il  faut  du  temps  pour  lier  vn  vailTcau  l'vn  après 
l'autrejfinon  que  le  Chirurgien  ait  la  main  fort  prompte  jmais  en  ceux  qui  font 
délicats  &  exténués,  on  ne  s'en  peut  fcruir  fans  danger ,  au  cohtraire  il  le  faut 
promptemcnt  arrêter  :  Que  fi  on  a  été  contraint  de  couper  le  membre  à  la 
racine  de  la  chair  pourrie  ,    cette  manière  ne  peut  pas  non  plus  auoir  lieu, 
car  il  eft  necelFairc  de  corriger  cette  corruption  auec  le  Cautère  cduehcllc  eft 
auflî  bonne  pour  ceux  qui  font  de  petit  cœur  .  Se  qui  appréhendent  extrême- 
ment le  fer  chaud:Si  tôt  donc  que  le  Chirurgien  aura  coupc-l'os  auec  h  Scie,  il 
prendra  auec  les  pincettes  reprefentées  ci-detTous,lc  vaillcau  le  plus  apparêr,& 
l'ayant  vn  peu  tiré  à  foy,  incontinent  le  compagnon  le  liera  bien  ferré  auec  vn 
filet  de  chanvre,  marqué  A,&  cep:ndantquele  Chirurgien  &  le  compagion 
lient  vn  des  vailîèaux  ,  vn  troificmc  bouchera  les  autres  auec  les  doigts,pour 
empêcher  tant  qu'il  luy  fi;ra  polfiblerimpctuofitc  du  fang  :  que  fi  paraucnture 
il  âtrape  quelque  morceau  de  chair  auec  la  vcnc  &  l'artère  ,    il  n'y  a  point  de 
danger,  &  le  vailïcaa  n'en  fera  que  tant  mieux  bouché  :  les  vailïcaux  ayants 
été  ainfi  diligemment  liés  >  il  ne  laiilèra  p«s  d'y  mettre  encor  pour  plur 


$10  Liurc  Cinquième 

de  iaitctc  des  plumaceaux  de  poil  de  licvrc,  ou  de  cotton  trempes  en  vn  blanc 
d'œuf,  &  couuerts  de  poudre  adftringente,  &  en  fuittc  la  veffic  de  bœuf  auec 
les  bandes. 

Fiinre  6.  de  la  Table  XV I* 

A  c'eft  vn  fil  retors  entrepafsc ,  &  faut  que  le  Chirurgien  en  ait  cinq  ou  fix 
tous  prefts  :  il  le  faut  mettre  fur  les  Tenailles,  afin  que  le  compagnon  le  puif- 
fe  faire  gliflcr  promptementfur  le  vailFeau  Se  faiie  le  nœud,  Ci  tôt  que  le  Chi- 
rurgien Taura  attrape. 

B  vn  relTort  qui  tient  les  Tenailles  ouuertes. 
Qne  fi  la  vcneou  lartcre  s'eft  retirée  en  haut ,  de  forte  que  l'on  ne  puilfc  pas 
l'attraper  auec  les  précédentes  Tenailles,  qui  (ont  larges,  faites  en  bec  d'oyc,il 
fc  faut  fcruir  des  fuiuanres  faites  en  bec  de  Cicogne ,    Figure  7.  table  XVl. 

Quelques  vns,  après  que  le  membre  eft  coupe,  &  que  l'on  a  arrête  le  fang, 
font  vne  coufture  en  croix  auec  vn  long  filet  de  foye,  &  ferrent  tant  qu'ils  peu- 
uent  les  bords  de  la  playe  :  mais  ie  ne  fçaurois  âprouuer  cette  méthode,  car  le 
tronc  venant  à  s'enfler  après  l'opération  ,  cette  future  augmeute  fort  les  dou- 
leurs, &:  le  filet  déchire  la  peau,  la  chair  venant  à  enfler,  ainfila  future  fe  dé- 
fait &  l'opération  eft  inutile;  elle  empêche  aufll  qu'on  ne  puillcâpliqucrbicnà 
propos  lesplumaceaux  fur  l'orifice  àzz  vailïèaux,(i  d'auenture  il  furuenoit  vne 
nouuelle  hsmorrhagie. 

Le  fang  étant  arrêté  &  le"  tronc  bandé  ,  il  faut  lailfcr  le  premier  âpaicil 
iufqu'au  troifiéme  iour,  pouréuiter  le  danger  d'ha^morrhagic  :  oignan:  ce- 
pendant deux  fois  le  iour  toute  la  cuilfe  ou  le  bras ,  auec  huylc  refit  ou  myr- 
thin,  renouuelant  aufl]  tous  \zs  iours  le  Defcnfif  :  puis  quand  \z  Chirurgien 
voudra  ôter  le  premier  âuiarciLil  aura  encor  trois  ou  quatre  petits  plumaceaux 
tousprefts,  accommodés  comme  eft  dit  ci-dellus  :  i]  faut  tout  âpliqucr  dou- 
cement, laiiîant  neantmoins  les  plumaceaux  qu'on  a  mis  au  premier  âpareil, 
s'ils  tiennent  tant  foit  peu,  iufqu'au  iour  fuiuant:  que  s'ils  s'oftcnt  aisément  & 
tombcHt  comme  d'eux  mêmes,  il  en  faut  mettre  des  autres  ,  &  du  clurpis  {zz 
fur  l'os,  mettant  le  Digeftif  fuiuant,  fur  tout  le  refte  de  la  playe  :  IJi.  terebinîh. 
lot£  in  acj .  plamag.  ^ii],  ol.ro/kc.  amygà.  à,  an.^j.  g.  elemi  dijjôltui'  cum  diSîis 
ciels  c^  colati  t^Ç>.  croci'^'].fn.f.  vngu,  additoonivitello  :  on  ne  changera  point 
ces  remèdes  que  la  fuppuration  ne  foit  faite  ,  &  principalement  le  Dcfenfif, 
faupoudrant  toufiours  de  la  poudre  adftringente  ,  iuf^u'à  ce  que  le  danger 
d'hasmorrhagie  foitpafsé  :  alors  le  Digeftif  étant  ôté  on  mundifiera  l'vlccre, 
SLntzXzmonài^ciiùi defucco  api)  :  Il  faut  cependant elliyer  d'amener  en  basla 
peau  &  les  mufclesqui  ont  été  tirés  en  haut,  afin  qu'ils  pullf^nt  couvrir  dere- 
chef peu  à  peu  les  extrémités  Aqs  os,  de  forte  qu'après  que  la  cicatrice  fera  fai- 
te, cette  peau  &  ces  mîifcles  feruent  comm;  de  coulîincts  à  ces  extrémités  dç:s 

os. 


des  Opérations  de  Chirurgie.  51 3 

&  pour  cet  effet  quelques  vus  coufcnt  en  croix  les  leurcsdcla  playe,  aufllrôt 
après  ropcration.ainil  lis  amcncnc  h  peau  &:  h  chair  Ivnc  contre  l'autre:  mais 
ic  n  approuuc  pas  cette  procédure  ,  à  laquelle  ic  prcfcrc  la  future  fcche  que 
ie  fais  en  cette  manière  ;  la  playc  ayant  fuppurc.  Se  n'y  ayant  plus  d'inflam- 
mation ,  i'appliqiicvn  linge qnied  de  telle  longueur,  qu'il  peut  faire  tout  le 
tour  du  tronc,  cnduifant  l'cmplarre  fu.'uanr,  Si  le  mettant  fur  Us  bords  de  la 
playe  ,  mais  en  forte  qu'il  ne  les  touche  pas,  lailfant  qui^lî  l'cpailfcur  du  pe- 
tit doigt  d'cfpace  entre  ks  lèvres  de  la  pbye  ôc  l'emplartre  :  iccluy  étani  bien 
delfechc  &  colle  ,  ie  fais  palier  le  leademain  vue  cguille  aucc  du  fil ,  ôc  iinli 
i'amene  les  lèvres  de  la  playe  l'vne  contre  l'autre ,  tout  de  même  que  fi  i'a- 
uois  coufu  la  peau  &  la  chair,  voici  la  dcfcriprion  de  la  colle  de  laquelle  ic 
nie  fers  :  ^.  far.  ''oolatil.  ^).  manie,  thiirisjfangu.  dracon.  pHluer.  rojar.  rubr. 
gumm.  tragac.  an.  3^).  rn.f.  pnluis  tenuijf.  cui  adde  albumen  vnius  oui ,  ac^.  rofar. 
<j.f.vt  crajjïtiem  mellts  confequaiitr glmlnum  ;  maneant  in  infufione  per  noUtmi 
Jetjuenti  die  fi  nimis  fpijjum  medicarnen  ,  affunde  parum  aq.  rofar.  aut  plantao. 
En  lieu  décolle,  on  ie  peutfcruirderEmplâcrc  ^r/^^//^<«r/>//j,  ou  de  qucl- 
qu'autrcfait  tfATp/Vtf  H<î«^/f ,  colophoma& fmi'ibus  :  Or  cette  colle  fc  relâche 
quelquefois,  ou  à  caufe  de  l'abondance  du  pus  ,  ou  parce  que  le  Chirurgien  à 
applique  quelque  médicament  humide  :  fi  cela  arii ue  à  caufe  du  pus ,  il  faut 
mettre  fur  la  playe  de  la  poudre  fuiuancc  ,  qui  dclfeche  fans  mordicarion  &: 
fait  tomber  l'extrémité  des  os  ,  O/i,  Rad.  ariftoL  rot.  teniii[f  ^uotidiefemel  am  bis 
•vlccrlirifpergendHs  :  Si  ce  linge  emplaftic  vient  à  tomber,  il  en  faut  remettre  vn 
autre,  &  à  chaque  fois  qu'il  fera  debefoin,  car  c'cft  vn  remède  très  allure,  qui 
ne  caufe  point  de  do«,leur  ni  de  danger,  duquel  on  fe  peutferuir  en  toutos  les 
playcsqui  ont  bcfoin  de  future  :  enfin  ,  cependant  que  l'on  pence  la  playe,  il 
faut  faire  en  forte  que  lesexrrem.ités  de  l'os  viennent  à  tomber>quiont  foufFv.rt 
par  rattouchem.cntdcla  Scie  &:  de  l'air,  mettant  par  ddfus  quelque  poudre 
catagmatiquc,  telle  qu'cft  celle  qui  a  elle  ordonnée  ci-dcifus:  mais  le  Chirur- 
gien fc  donnera  bien  garde  de  mettre  des  chofes  humides  &  huyleufes  fur  les 
os  dccouucrts  en  quelque  partie  du  corps  qu'ils  foyenr,  partant  il  couuiira  di- 
ligemment les  os  après  l'opération  aucc  du  charpi  ('^c  &  aucc  àss  poudres  ca- 
tagmatiqucs  :  l'os  tombera  encor  plutôt  fi  après  l'opération,  on  f^it  palfer  le- 
gcrcmentlefer  chaud  fur  l'os,  car  ilconfumerariiumiditc  fupcrfluc  &l  le  for- 
tificra,ce  que  ne  peut  pas  fu're  le  Cautère  potentiel ,  6:  apportera  encor  des 
autres  commodités:  mais  il  faut  appliquer  Icgcrcment  le  fer  chaud  fur  l'os, 
premièrement  parce  qu'il  n'y  a  aucune  carie  ,  mais  feulement  vne  altération 
qui  s'y  cft  faitte  par  la  Sc^it  &c  par  l'air,  fccondcmcnt  sfîn  que  la  moucUc  ne  s'c- 
chaul-e  pas  par  trop  tk  qu'il  ne  vienne  vue  nouuclle  inflammation  :  l'Euphorbe 
aautîi  la  vertu  de  faire  tomber  les  efquilles  desos  ,  comme  aufTi  l'empladrc  de 
Bcthoine.  llfiut  aufli  àés  le  commencement,  comme  i'ay  dit ,  couurir  foi- 
gneufement  l'os  dccouuert  aucc  du  charpy,iufqu'à  ce  que  la  nature  l'ait  rcuéta 

Ttc 


514  Liure  Cinquième 

de  quelque  chair  baueufe,  ce  qui  aiiiuc  le  lo.  ou  i4.iour  après  qu'il  a  été  coupe, 
car  l'air  étant  très  contraire  aux  os  dccouuerts,  la  nature  les  couurc  incoiui- 
rent  de  quelque  chair  baueufe,  de  (ïous  laquelle  elle  ne  laille  pas  de  faire  fepara- 
lion  de  cette  partie  de  l'os  qui  a  eflc  altérée  par  l'air  ,  la  Scie  ou  les  médica- 
ments ,  laquelle  elle  f.iit  palfcr  à  traucrs  cczie  chair  baueufe  j  le  couurant 
par  après  d'vne  bonne  chait  &  folide,  partant  ceux  là  n'ont  pas  raifon  qui  ra- 
clent tous  Icsioursles  os  découuerts,  ou  confumcnt  cette  chair  baueufe  auec 
des  Cauftics,  car  par  ce  moyen  bien  (ouuent  des  playcs  récentes  fe  conuertil- 
fent  en  des  vlceres  malins  &  opiniâtres:  or  les  fragments  des  os  ne  doiuenc 
point  être  lires  par  force  ,  mais  feulement  il  les  faut  ébranler  doucement, 
lailfant  faire  le  relie  à  la  nature  &  aux  médicaments  ,  il  ne  faut  pourtant  pas 
attendre  qu'ils  viennent  à  tomber  auantle  trente  ou  quarante  iour  ,  après  la 
fedlion  :  il  fautaufli  confumer  la  chair  fuperflue  qui  vient  fur  le  tronc  auec 
poudre  d'Alun  brûlé  on  aueclafuiuante,  "^.  Alum.  v/iî  ^i],  lapid.  calamin. 
plumhi  vfli,  cerujjk  an.  ^j.  vitrîoli  calc'tn,  ^&-  m.  f.  pululs  tennij]'.  Il  faut  enfin 
xicaznCcr  Aucc  Y cmplâtïc  palrneum,  de  ceruJJ'aco^a,  vngu.  deficcatiumn  rnbrum 
diapompholig.  &c  femblablcs. 

S'il  n'y  a  que  la  mdnqui  foitoftencée,  il  la  faut  couper  au  poignet  en  la  ma- 
nière fuiuantc  :  on  amènera  la  peau  vers  le  coude  ôc  on  la  liera  bien  ferré, 
puis  on  marquera  vne  ligne  auec  de  l'encre  tout  autour  de  la  iointure  :  en 
fin  quelqu'-homme  courageux  tiendra  bien  ferme  le  bras,  de  le  Chirurgien 
empoignera  de  la  main  gauche  la  main  qu'il  faut  couper  ,  ôc  fera  l'amputa- 
tion auec  la  droite  ,  fuiuant  la  ligne  qui  eft  marquée  ,  fe  feruant  du  coufteau 
reprefeinté  ci-deiTus,  faifant  vn  peu  pencher  la  main,  car  ain(î  la  iointure  fe  fe- 
parera  incontinent,  &  le  Rafoir  palîèra  fans  aucun  obllacle,  par  ce  moyen  l'o- 
pération fera  bien- tôt  faite:  on  guérira  en  f.iitele  tronc  en  la  même  façon  que 
i'ay  dit  de  la  iambe. 

Que  fi  on  doit  couper  le  bras  hors  de  la  iointure,  il  faut  couper  la  chair  de 
la  peau  iufqu'à  l'os,  ou  auec  le  Cautère  cultellaire  ou  autrement ,  en  après  il 
faut  couper  l'os ,  non  auec  des  ciftaux  de  Menuiiler  ou  auec  lahach;r,  comme 
font  quelques  ignoraiits,  mais  auec  la  Scie  :  ôc  afin  que  l'opération  aille  d'au- 
tant mieux,  il  faut  attacher  le  bras  à  vn  banc:  le  Chirurgien  peut  aulli,  fi  bon 
luy  fcmblc  Ce  fcruir  de  la  manche. 

Qoanr  aux  doigts ,  il  ne  faut  aufli  les  couper  qu'auec  le  Rafoir  ôc  la  Scie, 
le  Raloir  doit  erre  petit  ôc  pointu,  s'il  faut  faire  l'opération  dans  l'articula- 
tion ,  fe  fcrua;tde  laSçie,  fi  elle  doic  être  faite  hors  d'ictlle  :  le  feruiteur 
donc  tiendra  le  bras  &  la  main,  ôc  le  Chirurgien  empoignera  le  bout  du 
doigt  auec  des  pincettes  qu'il  tiendra  bien  f.jrme  auec  la  main  gauche  ,  cou- 
pant l'os  auec  vne  petite  fçie  ;  or  il  faut  obferuer  céz  ordre  quand  il  faut  cou- 
per des  doigts  :  s'il  faut  couper  le  bout  du  pouce  marqué  de  la  lettre  G  au 
iiure  I.  chapitre  25.  figure  j;,  dans  Vefal ,  la  fc6tion  fe  fera  en  la  première  arti- 
culation 


des  Opérations  de  Chirurgie.  515 

culation  :  fi  la  pourriture  a  pafsc  plus  auant  >  fans  pourtant  auoir  atteint  la 
plus  proche  qui  cft  marquée  T  en  la  mcmc  figure,  il  faut  couper  le  doigt 
au  milieu  ou  eft  marque  B  ,  que  Ci  la  moitié  de  l'os'  qui  eft  marqué  B  ne  peut 
pas  être  conferuée  ,  ilfaut  faire  lafcéticn  en  la  iointurc  mcmc  marquée  T, 
&  fionnepeutnon  plus  confcrucr  cette  partie  du  pouce  qui  cft  marquée  A 
en  la  fufditte  figure  ,  il  ne  faut  pourtant  pas  couper  le  pouce  au  milicu,ou  l'os 
cft  marque  A  (  car  l'opération  (croit  trop  mal-aisée  pour  le  Chiiurgicn  ,  & 
le  malade  en  fcroit  trop  incommode ,  outre  la  deformité  qui  fuiuroit  J  mais 
vers  le  cinquième  os  du  biachiale  marqué  P  :  l'opération  fe  fera  ainfi  :  vu 
fcniiteur  courageux  tiendra  bien  ferme  de  la  main  gauche  (sii  faut  couper  le 
pouce  ou  quelqu  autre  doigts  de  la  main  droite]  le  bras  vers  le  poignet,  &  de 
la  main  droite  il  empoignera  tous  les  doigt  qu'il  tirera  doucement  contre 
Iby  ,  alors  le  Chirurgien  empoignera  le  pouce  de  fa  main  gauche  &  le  tirant 
vn  peu  à  foy  ,  il  commencera  l'iucihon  aucc  vn  Rafoir  bien  trenehant  droit 
fijr  la  iointure  marquée  T  &  le  portera  tout  droit  iufqu'au  5*.  os  du  Carpe, 
ainfi  en  le  tirant  à  foy  du  pouce  M  le  coupera  aisément  d'vn  coup.ou  en  deux; 
Que  s'il  faut  couper  le  pouce  en  la  main  gauche,  le  feruiteur  tiendra  de  fa  main 
droite  le  bras  au  poignet  <3c  de  la  gauche  les  doigts ,  pui's  on  procédera  en  la 
même  façon  que delfus  :  fi  le  doigt  indice  eft  corrompu  ou  carié,  il  ne  faut 
pas  changer  cette  méthode,  &:  l'os  fe  coupe  très  aisément  au  métacarpe  ou 
poft  brachiale,  c'eft  à  dire  en  la  troihéme  articulation  >  comme  iel'ay  expéri- 
menté en  quelques  vus:  il  f^ut  agir  de  même  en  la  fedion  du  petit  doigt, 
on  peut  toutes  fois  couper  l'os  vers  le  brachiale  ou  eft  la  lettre  N  dans  les  CnC- 
dittcs  figures  &  aucc  peu  de  pêne  :  mais  il  y  a  plus  de  difficulté  quand  il  faut 
couper  le  doigt  du  milieu  Ôc  de  l'annulaire  ,  fi  la  corruption  ou  la  carie  eft 
venue  iufques  la ,  de  foi  te  qu'il  ïaut  de  neceftité  faire  lafedion  en  la  troifiéme 
articuljtion  ou  au  Poft  brachialcjà  caufe  de  la  feparation  des  doigts,  car  il  faut 
bailler  trois  coups  de  Rafoir  :  le  premier  coup  fepare  le  doigt  du  metacarfc 
en  la  première  ariiculation,  leiecond  <3c  le  troifiéme  coupe  la  feparation  des 
doigts  des  deux  collés  du  doigt. 

Par  la  feparation  des  doigts,  i'entends  cette  partie  charnue  qui  cft  fituce  en- 
tre la  troihéme  &i  dcrnicreaiticalation  des  doigts  en  allant  contre  la  féconde, 
comme  on  peut  voir  en  la  fig.i.  ch.iy.  liu.i.de  Vefal  désla  lettre  R  iufqu'à  D: 
.  or  encette  operarion  &■  en  donnant  le  troifiéme  coup  en  l'vn  ou  l'autre  des 
angles  marqué  A  <!^  B,  il  peut  demeurer  quelque  chair  ou  membrane  que 
le  cifeau  n'aura  pas  emporte,  (î>(:  parce  moyen  l'opération  fera  plus  difficile 
&  plus  long.ie  ;  ce  qu'ayant  conlideié  à  part  moy  ,  &  pir  quel  moyen  ie 
pouriois  o^aritier  des  malades  6c  le  Chirurgien  en  même  temps  ,  i'ay 
inuenté  l'inlhument  fuiuant ,  par  lequel  on  peut  couper  le  doigt  en  U 
deriflriere  articulation  auec  la  feparation  de  côrc  Se  d'autre  ,  tout  d'un  coup 
&  fans  aucune  difficulté  :  il  faut  vfer  de  la  même  iprocedure  quand  il  faut 

T  tr    z 


515  Liure  Cinquième 

couper  les  doigts  des  pics:  c'eftvn  cifeaii  trcnchant  &c  aile  ,  duquel  la  partie 
poftcrieure  mar<.|nce  A  cft  en  demi  cercle  <?c  qui  doit  auoir  vne  proportion- 
nccgiandcur  aucc  l'os  qu'il  faut  couper:  les  ailes  marquées  B  &  C  doiuent  être 
longues  d'vn  pouce  &  demi,  ôc  pointues  ,  comme  il  cfl  reprcientc  en  la  fig.  i , 
Table  XVil. 

L'opération  doit  être  faite  ainii:  après  que  le  corps  aura  ère  prépare,  il  faut 
mt  trrc  la  main  fur  vn  banc  ou  fur  vne  rable,que  Ton  fera  tenir  par  vn  homme 
rcfolu  :  puis  on  marquera  bien  foigncuremcnt  auec  de  l'encre  l'articulation 
fur  laquelle  fe  doit  f.n're  l'amputation  ,'&  ay^nt  pose  le  cifeau,  on  frape- 
ra  delïùs  il  fort  aucc  vn  m.aillet ,  que  le  doigt  (oit  coupe  en  vn  coup  :  on 
mettra  incontinent  après  ce  qui  peut  arrelter  le  fang  &  appaifer  la  douleur: 
ôc  quoy  que  i'ayeimpiouuc  ci-delfas  l'amputation  qui  Ce  fait  par  le  ciieau  &c 
des  tenailles,  ncantiTîoins,  puis  que  de  deux  maux  il  faut  choilir  le  moindre, 
&  que  l'on  ne  pçut  pas  faire  autrement,  ie  l'ay  voulu  propolcr  plutôt  que  de 
lailfer  le  malade  en  danger:  or  le  Ledtcur  pourra  voir  dans  Paie  comme  il  faut 
âiufter  vne  iambe  de  bois,  ou  vne  main  de  fer  après  la  Cure. 

Il  y  en  a  qui  donnent  au  malcde  auant  l'opération  quelque  médicament  nar- 
cotic  afin  qu'il  iente  moins  de  douleur,  mais  ie  lais  d'aduis,  auec  Guidon, que 
Ton  s'en  abftienne,  car  ces  médicaments  narcotifs  font  fort  dangereux,  qui  at- 
tirent de  grands  accidents  &  même  la  mort ,  comme  i'cn  ay  veu  des  exem- 
ples; ch.  ip.  du  traité  de  U  oanorene. 


OBSERVATION     CXXXIV. 
T)e  ceux  qui  ont  les  pies  tortus  oh  de  trauers* 

1  *auray  bien  de  la  pêne  de  donner  aduis  fur  ce  garçon  de  cinq  ans  ,  qui  aie 
J  pié  toi  tu  &  rcnuciscf,  fans  Tauoir  vcu,i'aurois  defirc  que  vous  m'cufllcs  en- 
uoyc  la  figure  du  défaut ,  outre  que  ie  ne  fçay  (\  le  mal  eft  venu  d'vne  cau(è 
violente  ou s'^ilTa  apporté  de  la  matrice  :  car  s'il  ctoit  venu  d'vnc  chute  ou 
pour  auoir  ctc  tiop  rudement  manie  par  celle  qui  en  auoit  le  foin  ,  certaine- 
ment il  auroic  eu  de  plus  grands  accidents  des  le  commencement ,  comme  ie 
l'ay  vcu  il  y  a  quelques  années  en  vn  icune  Gentil  -  homme  de  la  maifon 
des  Ditlpach  ,  lequel  s'ctant  légèrement  entors  le  pié  ,  quelques  igno- 
rants ayants  fait  vne  extcnfion  trop  violente,  il  luy  luruint  incontinent  àts  ac- 
cidents très  fà-  h^ux,  &  rry  vcu  la  même  chofe  arriuer  en  des  autres  :  or  il  n'eft 
rien  arriué  de  (cmbU.blt  à  voftic  maladcjainfi  que  vous  me  faites  entcndre,mais 
de  quelle  caufe  que  le  mal  vi.nne,il  ne  faut  pas  dcferpercr  de  fon  rétabliilèment 
en  l'âge  ou  il  eft,  car  on  m'a  fouuenr  prefentc  des  membres  tors,  que  i'ay  gué- 
ri hcurcufcmcnt  en  cette  ville  :  l'aprcuue   KulTi    entièrement   la   méthode 

que 


des  Opérations  de  Chirurgie.  517 

^uc  vousaucs  propose  ,  car  il  faur  premièrement  ram.ollir  ce  qui  cft  endurci 
des  longtemps  par  fomentations  ik  bains  de  racines  &  feuilles  de  guimauue, 
mauucjficurs  dccamomillcjmelilot/cmencc  de  lin,  fœniigreCj  y  âioutant  delà 
betoine  ,  yna  aithctica  ,  fleurs  de  piimula  veris  &  fcmblablcs  qui  fortifient  les 
ncifsjles  huylcs  c mollicntes  font  aufli  à  propos,  les  graiifcs  &  emplâtres  :  oi 
entre  les  chofcs  qui  fortifient  les  nerfs,  i'approuue  fingulieremcnt  le  fuc  des 
vers  de  terre  &  mon  huyle  de  fleurSjCommeaufli  l'eau  de  betoine,  de  fauge,  de 
graine  de  gène  vredidillce  iansvin  :car  i'ay  remarque  en  moy  méme&:  en  des 
autres  que  le  vin  cft  ennemi  des  nerfs  tant  en  dehors  qu'en  dedans  :  ie  fçay 
auffi  par  expérience  que  le  fuc  de  vers  cft  ex-ellent  en  l'atrophie  :  tandis  que 
l'on  le  fcit  de  ces  remèdes  ,  il  ne  faut  rien  lailfer  en  arrière  <\çs  remèdes  vni- 
ucrfels:  Mais  toute  la  difHcultc  confifte  en  la  fabrique  <5c  en  l'application  des 
inftrumcnts,  car  s'ils  ne  font  pas  adaptes  comme  il  faut,  ni  les  emoUients  ni  les 
corroborants  ne  feruiront  de  rien,  partant  il  faut  faire  faire  les  inftrumcnts  par 
auanccjcar  des  que  l'on  fe  fcr^  ferui  des  emoUiiifs  ,  il  faut  incontinent  appli- 
quer rinftrument,autremcHt  fi  l'enfant  vouloir  cllayer  de  marchcr,la  iointurc 
s'entordroit  encord*auantagc,partant  ilcft  necelïairc  qu'il  demeure  au  lit  tan- 
dis que  l'on  fe  feruira  des  emoUicifs  ;  la  grandeur  de  rinftrument  doit  être  pro- 
portionnée au  pic  ;  or  il  faur  aduertir  les  parents  que  la  cure  ne  peut  pas  fe  fai- 
re en  vn  momenr,mais  qu'il  faut  beaucoup  de  temps,  veuque  lemaleft  inuctc- 
rc.car  il  faut  entreprendre  la  cure  des  le  commencement ,  &  cependant  que  le 
garçon  croiftra  »  fi  la  iointure  qui  eft  de  trauers  peut  ccrc  ferrée  par  le  moyen 
du  foulicr  &  del'inftrument  qui  cft  fait  de  fer  blanc  ac  cache  au  ioulier,  fi  elle 
peut  être  ramenée  &  tournée  à  fa  fituation  naturelle  ,  elle  fe  pourra  peu  à  peu 
remettre,  mais  il  eft  neceiraire  que  cet  enfant  porte  rinftrumcntiour&  nui^t: 
pour  rtmcdicr  à  l'atrophie  il  faut  fouuenc  fioter  toute  la  cuilFe  auec  huylc  ou 
fuc  de  vers:i'cfperc  que  par  ce  moyen  ce  défaut  pourra  être  corrigé  peu  à  peu. 
Ohfernation^o,  Cent.vi. 

Voye\ la  figure  i  Je  la  Table  AT/5. 


OBSERVATION     CXXXV. 
Sur  le  même  Suiet, 

IE  defircrois  fçauoîr  comme  a  reiiflî  la  cure  de  ce  garçon  qui  auoit  le  pié 
tors,iS<:  file  modclledc  l'inftrumcnt  que  ie  luy  ay  cnuoyé,  a  été  propre  oir 
non:  iay  fait  quelques  belles  cures  auec  ces  inftrumcnts  tant  aux  oies  qu'aux 
genoux  .-mais  il  faut  tiouuervn  bon  ouurier  pour  faire  de  fcmbUbks  i«ftr»i- 

Tcc     3 


5îS  Liurc  Cinquième 

trm\ts  Si  vn  Médecin  Uboticiix  qui  en  falFe  le  modclc  de  Ces  propres  mains  & 
qiû  les  âicrlle  à  h  partie  ;  i'en  parle  par  expérience ,  ayant  guéri  plafieurs  qui 
auoycnt  les  pics  cors  en  dedans  &C  pluficurs  bolTus  >  mais  i'ay  été  toufiours  obli- 
ge défaire  le  modèle  moy  même. 

L'an  »589. la  femme  de  Noble  Scbaftian  HarzWclc ,  &c.  étant  enceinte  vint 
à  broncher  portant  des  pantoufles  qui  auoycnt  le  talon  vn  peu  haut,  dontelle 
fut  fort  cmue,neantmoins  elle  porta  fon  enfant  à  terme  &  accoucha  d'vn  fîlsj 
quiauoicle  pic  droit  tellement  tortu,que  les  doigts  venoyent  toucher  le  mal- 
léole du  pic  en  dedans  Se  tout  le  pie  ctoit  tourne  en  haut  vers  le  gras  de  la  iam- 
be,de  forte  que  quand  cet  enfanr  vouloit  martherjil  nes'appuyoit  point  fur  la 
plante  du  pic  mais  fur  la  chenille  de  dehors. 

Plulicurs  habiles  Médecins  <Sc  Chirurgiens  furent  cmploycfs,  mais  qui  tous 
n'auancercnt  rien  :  cet  enfant  ayant  palsc  les  trois  ans  ,  on  crut  qu'il  n'y  auoit 
plus  a  efperance  de  le  remettre  ,  ncantmoins  Ton  pcre  m'enuoya  demander  à 
Cologne  ou  ie  demeurois  pour  lors,  &  me  pria  d'vfer  de  toute  mon  indaftrie 
ÔC  capacitciayint  donc  confiderc  le  mal,i'auouc  que  ie  n'efperois  rien,  car  tout 
ctoit  dêia  endurci ,  Si  ell-ce  qu'à  la  (olU'ciration  des  parents  i'cntrepris  ainfi  la 
cure:premierement  comme  l'enfant  ccoitrobufte  &  replet,  ie  Icpiirgeav  auant 
tout'  ccuure  par  interuallcf,  afin  de  ne  pas  attirer  les  humeuts  fuperflucs  fur  la 
partie  par  les  bains  &  fomentations  :  après  la  purgation  ie  me  ferais  dix  ou 
douze  iours  de  fuitte  de  cette  decodion  emolliente',  l'appliquant  chaude  deux 
ou  trois  fois  le  iour.  !^.  /^ad.  alih.  rnahu  an.^  Ç>.h.  (jrfior.ifeton.  ynx  arthet. 
jîor.  camo7n  nKlilot. an.7n.i.  fem.  Uni  &  fœriugr.  afW^  Ci.  am/-^  i.  co^nc  in  decoSlo 
capitis  & pedum  veruecisjfiat  fomemmnAc  luy  faifois  tenir  le  pic  dedans  vnc  demi 
heure  durant:  après  la  fomentarion  i'oignis  toute  la  iambe<3<:la  plante  du  pic 
auec  rhuyle  fuiuante  :  ^.  OI.  lilîor.  alh*  arnygd,  dnlc.  an.  |  fi.  ol.  Linéric.  ^  i. 
§1, ^ran.mnip.T^ii.m.  Puis  i'appliquay  l'emplatrc  fuiuaat.  '^.  Ernpl.  de  rnu- 
cilag.  I  i  i^»g.  Ammoniac.  injpiriiH  'luniperino  dljjoltiti  &  percolav  ,  vtrumquc  ad 
fpijfitHdinem  cerAtt  cerA  nouA  \  fi,  ol.  de  vitell.  ohoy.  ^  i.dijfo'ueje'^t-jfimo  îgne,de!fi 
adde  pulu.  fior.  béton.  ïhx  arthet.  rofuY.nib.  an.  ^  i  i  croci  pnluer.  htrribric.  ter- 
reji.  rnajUc.  oltban.  an.  5  i.  tn.f.  f.  a,  Ceratum  addenda  parwa  olei  rofac.fi  opus: 
c'cft  emplâtre  adoucit  .extrêmement  &  foriihe  les  pairies  neiucufcs  :  le  pîc 
ayant  ctc  par  ce  moyen  (ufïiiamment  ramolli ,  ie  qijitay  les  cmollitifs  pour 
venir  aux  corroboratifs  :  mais  cependant  que  ie  me  fcruois  de  ceux  là,  i  in- 
vcntay  vnebotine  appropriée  à  ce  mal  &  en  fis  moy  même  vn  modèle  auec 
du  fer  blanc  fort  délié,  du  carton '<:  du  bois,  lequel  ic  hs  f.iiie  par  après 
de  fer  par  vn  Serrurier  ;  Et  quoy  que  le  piê  futccrangement  tortu  ,  neant- 
inoinsit;  le  pouuois  aisément  ramener  à  fa  foime  naturelle  après  i'vfage'des 
cmollitifs  &  fans  faite  douleur  ,  mais  en  ôtant  la  main  il  rcprenoit  inconti- 
nent fa  première  figure  j  Et  à  chaque  fois  que  i'etendois    le  pic  (  ce  qu'il 

faut 


des  opérations  de  Chirurgie.  jip 

faut  bien  remarquer^  &queiclay  voulois  donner  la  forme  naturelle  ,  on 
dccouuroit  vn  grand  vuide  ou  finus  entre  le  malléole  interne  &  la  plante  du 
pic,  car  le  piocclfus  de  l'appendice  iiifeiiciirc  de  l'os  de  la  iambe  qui  fait 
le  malléole  interne,  ayant  longtemps  repose  fur  l'os  du  Talon  ,  croit  enfon- 
ce &  éloigne  de  l'os  du  Talon  :  &  l'Apophyfe  du  petit  Focile  qui  fait  leimal- 
Icole  externe,  auançoit  outre'  mcfure,  faifant  tourner  tout  le  pic  en  dedans: 
ilctoitdonc  necclfairc  ponr  réduire  le  pic  en  fa  fituation  naturelle,  d'abail^ 
fer  cette  émincnce  du  petit  Focile, &  d'âlongir  tant  foit  peu  ce  qui  man- 
quoit  à  l'Apophyfe  de  l'Appendice  de  l'os  de  la  iambe  :  l'Art  &  l'induftrie 
repara  l'vn,.S<:  la  Nature  l'autre  :  Or  ie  veux  donner  vn  exemple  de  lafaga- 
citc  de  la  Nature  à  conferuer  fon  indiuidu  :  i'ay  en  mon  cabinet  vn  fcc- 
lete  de  chapon  qui  ayant  eu  l'os  de  la  cuilTè  gauche  rompu  detrauers,& 
l'extrémité  de  l'os  cafsc  ayant  ctê  vnie  par  delliis  l'autre  à  cau(c  du  callus  qui 
s'y ctoit  forme,  par  ce  moyen  cette  cuilfe  deuoit  être  beaucoup  plus  cour- 
te que  l'autre  ,  mais  la  Nature  y  pouruut,  faifant  l'os  de  la  iambe  d'autant 
plus  long  que  le  droit ,  que  la  cuillè  gauche  ctoit  plus  courte  que  la  droite,* 
de  forte  qu'il  ne  refta  aucun' inégalité  :  Que  fi  cela  arriue  aux  beftes  ,  pour- 
quoy  non  aux  enfants  tandis  qu'ils  croiifent  ,  principalement  s'ils  font  de 
bonne  conftitution  comme  ctoit  nôtre  malade  ?  Mais  pour  reuenir  à  mon 
propos  ,  le  pic  ayant  ctc  afscs  ramolli  il  falut  venir  au  refte  ;  l'oignis 
donc  premièrement  toute  la  cuilfc  &  le  pic  auec  du  fuc  de  vers  mclc  auec 
eaux  de  betoine  ,  yua  arthetica,  (auge  &  betoine  ,  puis  i'appliquay  l'cmpla- 
tre  fuiuant  qui  fortifie  extrêmement.  ^.  Empl.  Slotanîl  ii  u  G,  Elemi  pu- 
rijfimi  i  cer&nouAan.^i.  pulHer.maJîich.  olibani  y  pu/u.  lnmbricor.  a^ua  com- 
muni  lotoYum  &  exjïccator.  an.  5  i  i.  rofar.  rub.  balaufl-  nucum  cnprejf.  an.  5  /. 
CHmf.  Cf.  olei  lurnbric.f.  Ceratum  ^  fupra  almam  extendatur  :  Il  le  faut  ap- 
pliquer &  renouueler  de  fix  en  Çi-x.  iours  :  Puis  ayant  remis  k  pic  en  fa  for- 
me naturelle,  ce  que  ic  pus  faire  aisément  &  fans  douleur  ,  iemis  le  pic  c^ns 
rinftrumentfuiuantjou  ilctoit  fibien  lo^qu'il  ctoit  impotTibic  qu'il  put  re- 
uenir en  fa  première  figure  contre  nature  ,  finth^queparauentureles  bandes  ôc 
les  liens  fefuflènt  relâchés  «Se  défaits. 

Dejignation  des  Figures  3,  ^  ^.  de  U 
Table  XV l  L. 

La  première  rcprcfentc  le  dedans  de  l'inftrument,  principalement  pour  faire 
voit  ic  repli  de  la  lame  A  A  car  par  le  moyen  d'iccllcqui  cft  marquée  D  en 
la  féconde  fou  d'cnhaut)  la  plante  du  piécft  tournée  en  dedans  vers  le  jualkolc 


52.0  Liure  Cinquième 

interne  :  celle  qui  cil  faite  de  toile  doit  être  bien  attachée  à  l'inflrumcnt  de 
peur  qu'elle  ne  bouge  de  fa  place,&  afin  que  cela  fe  face  plus  commodcmcnr,il 
faut  mettre  vne  attelle  de  bois  enuelopce  d'ctoupes  &c  de  toile  au  dedans  de  la 
iambe,laquelle  il  faut  attacher  auec  vne  bande  &  des  fortes  courroycs. 

Or  cet  inftrumcnt  étant  bien  attaché  par  tout,  s'il  aduenoit  qu'il  vint  à  fc 
relâcher  vers  le  talon  2c  la  plante  du  pié,on  le  pourra  aisément  tirer  en  hiut 
par  le  moyen  dz  la  vis  marquée  en  la  féconde  5c  croinéme  figure  ,  car  il  auicnt 
fort  rarement  qu'il  foit  necelfaire  de  défaire  les  courroyes  ,  bandages  ôc  autres 
ligatures,n'y  ayaut  rien  à  faire  linon  à  tenir  le  pié  immobile  :  icsluy  ayant  été 
bien  lictSc  arreiCjCette  eminence  delà  Fibula  fut  enfoncée  ou  du  moins  on  fit 
en  forte  qu'elle  ne  s'auança  pas  par  tiop,&  l'apophyfc  de  l'inf.rieure  Appendi- 
ce de  l'os  delaiambe  put  croître  6c  remplir  peu  à  peu  ce  vuide  qui  étoi:  vers  le 
malléole  interne  ;  parce  m.oyen  la  dcformité  du  pié  fut  corrigée,de  force  que 
quand  il  marchoit  ou  n'en  remarquoit  aucune  trace  ,  comme  ie  l'ay  yeu  moy 
♦jnéme  reucnant  du  pays  de  Hellcn  en  l'an  i6ij,  a  Mayence,  ou  il  çr,Sit  Cha- 
noine. 

Or  telle  forte  decuies  requièrent  beaucoup  de  temps  &  vne  grande  diligcn- 
cc>car  on  ne  fait  rien  par  force,  vcu  qu'on  a  bdoiu  du  f^cours  de  la  nature  qui 
corrige  cette  dcformité  h  elle  eft  aidée  par  l'induftrie  du  Médecin  ,  comme  ie 
l'ay  expérimenté  en  ce  malade  ,  car  cette  incommodicc  écoic  déia  inuererc;, 
partant  ie  me  ieruis  vu  an  enuerOk  d'auantage  de  cêtînftrument  :  i'y  mis  par  ' 
après  vne  botine  faite  de  même  façon,  de  laquelle  il  s'eftauffi  fcrui  quelques  an- 
nées fansaucune  incommodité:mais  comme  les  er.fants  croillcacil  faut  rcnou- 
ueler  cet  inftrument  à  chaque  fois  qu'il  efl:  neceilaire  :  or  la  CàaCi:  pour  laquel- 
le il  ne  fut  pas  remis  par  les  Médecins  qui  le  traitèrent  auaat  moy  ,  q  joy  qu'ils 
fulfenthabiles,ne  dépend  pas  des  médicaments  qui  farcntOi  donnés  à  propos, 
mais  par  manque  ;de  bocincs  ?  Parquoy  il  faut  que  le  Médecin  déployé  route 
fon  induftrie  à  inucntcr  des  inilrum.ents  fans  kfquels  les  mcillieuis  médica- 
ments ne  feruiront  de  rien. 

Qjes'ily  a  quelque  tortuo/îtc  es  pics  des  enfants  nouucausnîs,la  Curcn'cft 
pas  11  difficile ,  pourueu  que  Ton  ait  des  botines  bien  propres ,  comme  ie  l'ay 
veu  en  l'an  i6ii.  en  vn  enfint  de  Monfieur  Benoii  Doube  de  Morar,  lequel  ccant 
né  auec  des  pies  tortus  &  comme  raonrtrueux,il  me  fut  apporté  quelque  temps 
tpres  à  Berne,  où  ie  le  remis  heureufement  enl'efpace  de  huit  ou  dix  mois,  mais 
ie  ncmefcruis  d'aucun  emollicnt,  par  ce  que  tout  êcoit  encor  mol  &  flexible: 
ic  comqiençay  donc  &c  a:heuay  .la  Cure  par  les  corroborntifi  Ipccifîés  ci-dcf- 
fus,  ayant  ncantmoins  âiouté  la  botine  rcprcfcntée  ci-dcllous  de  cuiure  délié, 
mais  fi  bien  faite  qu'elle  relïèmbloit  à  vn  pié  .•  ie  lauay  auparauant  les  cuilles 
auec  lesfufdittes  eauxtiédes,  &C  mis  vn  emplaltre  corroboratif  fur  Ici  malléoles, 
puis  i'enuclopayles  pies  &:  les  ïambes  iufqu'aux  genoux  aue.:  des  bandes  de 
lin,  (3c  en  fin  de  peur  que  les  pics  en  les  oignante  ban  danr,ne  foitilfent  de  leur 

place 


des  Opérations  de  Chirurgie.  51ï 

place,  l'y  fis  mettre  les  botincs  rcprefcntces  en  la  tabh  XVII.  Figure  5.  &:  6. 

A  A  des  lames  de  cuiuic  faites  au  modelé  d'vn  pic  bien  forme. 

B  B  vnc  peau  qui  eft  au  milieu,  à  laquelle  ces  lames  font  attachées,  dcpeuc 
qu'elles  ne  fortcnt  hors  de  leur  phice  ôc  que  le  talon  ë<.  le  gros  tendon  qui  y 
âboutif,ne  foit  prefsc  ôc  iou\c:Obferu^o.C€m V l . 


OBSERVATION     CXXXVI. 
Sur  le  même  Suîet. 

L*An  l'îoo-Ia  femme  dcMt'.  Claude  Rolas  Châtelain  du  Chàretu  de  Mont, 
près  de  Rôles  fur  le  Lac  de  G:-neuc,  étant  enceinte  de  Ton  premier  enfant  & 
au  fécond  moisde  fi  g;oirciîe,pairant  auprès  d'vn  gibet ,  &  regardant  auec  trop 
d'attention  vn  Voleur  quictoit  fur  la  roue,  à  qui  on  auoit  rompu  les  iambes, 
engendra  vne  fille  qui  auoit  la  iambc  droite  extrêmement  difforme  :  ayant 
ctc  demandé  le  23.  Février  iGoi.'k  trouuay  qu'elle  n'y  auoit  point  de  palette,U 
ïambe  fort  extcnuée,n'ayanr  point  de  proportion  auec  l'autrcjétai.t  retirée  vers 
iacuiirefans  lapouuoir  étendre:  car  les  os  delaiambeneréponcioyent  pas  à  l'os 
de  la  cuilïcpour  faire  vne  iointurc, mais  ctarrrs  retirés  en  haut,  ils  rempliffoyent 
la  cauité  qui  eft  au  bas  de  l'os  de  la  cuill  -,  de  forte  que  celui  cy  auançoic  quel- 
que peu  en  dehors:aii;/î  rosdelacuiircn'etoit  pas  large  ,î\:  pia:,comme  ilelî  or- 
dinairement vers  legcnouil,  &  n'auoirpas  les  deux  telles  ou  appendices, iSc  en- 
cor  moins  l'interualie  qui  eft  entre  icelles-.  mais  étoit  vn  peu  longuet,  hniirant 
en  pointe,  le  pic  s'étoii  aufi'i  retu'é  vers  le  gras  de  la  iambe,  les  os  d'iccllc  auan- 
çants  en  dehors  tout  de  même  que  czu\  de  la  cuilfe. 

Orquoyque  les  deux  articulations  p:uiîcnt  aisément  être  rncnées  de  côté 
6c  d'autre.h  eft  ce  qu'on  ne  les  pouuoit  remettre  qu'aucc  peine  dans  leur  place 
naturelle, ni  les  y  retenir  quand  01  l:s  auoic  placés,  Se  ce  non  fculemient  à  caufc 
de  la  foibleire  des  iigamen:£,maisaufli  parce  que  ces  os  n'auoyent  ni  leurs  ca- 
uitcs  ni  leurs  cxtuberatTfcs^par  le  moyen  defquelles  ils  s'cmbjirent  les  vus  dans 
\es  autres:ienc  vo.ilus  pas  pour  cette  raifon  y  mettie  la  main:on  âpelaauiTi  quei- 
qu'autres  apresmondepari,maisen  vain:cette  fille  eft  encorviuaute,tres  belle  &: 
très  bien  formée  quant  au  rcft.-,  marchant  fur  des  cfchalîrs  de  fort  bonne  grâce, 
étant  venue  non  leulcmcnrà  l'âge  deconfiftcncc,  mais  mêmes  ayant  eu  des en- 
fmzs:0l?ferH.^6.Cent.^. 


o 


OBSERVATION      CXXXVII. 
Des  cors  aux  piés^  ou  clous. 

N  met  ordinairement  les  clous  des  pies  au  nombre  des  légères  incon;i- 
modités ,  mais  mal  à  propos ,  car  lî  on  fait  quelque  faute  en  traictant  ce 

V  a  11 


^2.1  Liure  Cinquième 

mal, il  le  conuertit  aîscmenc  en  vn  plus  grand  :  i'ay  oay  dire  à  desgents  dignes 
de  foy  qu'vn  Confciller  du  Duc  de  Sauoye  en  c:ou  mort ,   &  i'ay  ven  qu:lqiie 
choie  de  ft-mblal^leen  vn  Paibier,  auquel  ayant  coup:^  vn  petit  clou  qui  étoic 
commevue  verrue  au  bouc  du  pouce  droit,  il  mit  à  mou  inlçsu  vu  peu  d'ac- 
k nie  fur  le  lieu,  &  peu  s\n  falut  qu'il  n'en  mourut  :   cela  arriue  quand  des 
ignorants  &  téméraires  coupent  ces  doux  ou  durillons  iufqu'à  la  chair  viue  & 
puis  y  mettent  vnc  goutte  ou  deux  d'huylc  de  vitriol  ou  d'eau  forte  ou  bien 
vn  pcud'arfenicj.-equicaufc  des  violentes  douleurs  ,  des  inflammationSjCon- 
uullionSjdcfallb.nLCs  ^  autres  giands  acciàcnts,commc  il  ariiua  à  ce  Confcil- 
ler du  Duc  de  5auoye:i'ay  donc  trouuc  vue  autre  méthode  par  laquelle  ie  les  ay 
gucris  en  m;>y  même,en  ma  ftmme  &l  en  des  autres ,  &r  prcmicremenc  comme 
ce  mal  vient  pour  auoir  poitc  JesTouliers  trop  étroits  ,  il  les  faut  quitter  8c  en 
faire  de  cuir  mol  (S:  fouplejccmmccft  le  marroquin  ,  puison  fera  faire  le  bain 
fuiuant  rcmolliiif  pour  les  piés.'^.Rjd.alth.  malnMlior.  alhor.fcrophuf.ma.an.^i. 
fol.viûLir.a!th££,malH<t  jior.camofn.  mel.an.m,i.femin.irai.fœ.ûu^r.  aneth.an.'^t.inci- 
dantur  &  cor.tundanur  ornriia groJJ'o  modo  , so^nantnr  in acjiia ,  On  trempera  les 
pics  en  cciiz  decotlion  rcfpacc  d'vne  heure  ,  deux  heures  après  fonper ,  &  les 
ayant  elluyé  au:c  des  linges  chauds,  on  réitérera  le  bain  le  lendemain  &  le  iour 
f  aiuant:ces  clous  ayants  ctc  ainii  ram.ollis,on  coupera  auec  le  rafoir  tout  ce  qui 
cft  dur,mais  peu  à  peu  &  en  la  lui  face  jii.fques  à  la  iacine(ce  qui  fe  fait  fans  d®u- 
leur_^apres  on  mettra  defîus  de  IVmplatre  de  ciguë  étendu  fur  vne  peau  fort  dc- 
lice5le  liant  auec  vne  bande  de  lin, afin  qu'il  y  demeure  iour  &  nuit,  il  faut  rc- 
ncuuelcr  au  commencement  de  quatre  en  quatre  iours ,  &:  puis  tous  les  mois, 
le  portatît  longtemps  &c  mcfmes  vnc  année  entière  ,  ce  qui  fe  fait  fans  aucune 
incommodité,6ic.  Ohfern.C.  Centnr.VL 


OBSERVATION     CXXXVIII. 

D'vne  varice  en  la  iambe  auec  '•dcere. 

L'An  1589.  i'ay  vcu  prés  d'Hildcn  vn  homme  de  40.  ans,  très  robuftc  &  de 
bonne  conll:i:ution,nomrrié  A-iolphe  Autfdem  Bruch.qui  auoit  vn  vlcere 
malin  &  inuctcrc  en  la  iambe  gauche  nuec  vne  vaiice  de  prodigieufe  grandeur, 
car  elle  étoit  de  la  groflcnr  de  mon  bras  vers  le  poignet,  &prclquc  de  la  1  on- 
gueur  de  douze  pouces,  elle  commençoitauiarret  uC  déccndoitvers  le  pié,fai- 
lant  deux  tours  de  iambe:mais  ce  qui  cil  le  plus  remarquablejfi  tort  qu'il  leuoic 
la  iambe  en  haut,  le  fang  fe  retiroit  incontinent ,  àc  la  mettant  à  terre  il  dccea- 
doit  derechef  en  vnm.oment  ,  Pour  le  dire  en  vnmot,lefat3galloit  &  venoit 
tout  de  m.cme  que  s'il  eut  été  enfermé  en  vn  tuyau  :  or  comme  les  vlceres 

variqueux 


des  Opérations  de  Chirurgie,  $25 

variqdcux  nefegucn(lentpoinr,c]ue  la  varice  ne  foie  coupcc,i'ciitrepris  ainfi  la 
cure,  le  luy  ordonnay  premièrement  vnc  bonne  façon  de  viarc  ,  ielepurgeay 
par  interuallc3j&  tiray  du  fang  au  bras  de  même  côté,  puis  ayant  mis  le  malade 
îur  vn  banCjiefeparay  doucement  la  peau  d'nuec  la  vêne  au  iarret,  puis  faifant 
palîèr  réguille  &  vn  lîl  retors,  i'artrapay  la  varice  &:  fis  le  même  au  bas  d'icel- 
ie  :  mais  auant  que  ferrer  le  filet  &  faire  le  nœud  ,  ie  luy  fis  mettre  la  iambe  à 
terre 'pour  faire  decendre  le  fang,  car  i'apprch:ndois  que  dcuenant  trop  fubtil 
par  CCS  allées  &  venues  ,  il  n'apporta  quelque  incommodité ,  enfin  ie  fcrray  le 
filet  premièrement  au  haut  de  la  varice  &  fis  vn  nœud  ,  faifant  le  même  au  bas: 
ie  baillay  par  après  vn  coup  de  lancette  ^  la  varice  auprès  du  nœud  d'enhaut, 
afin  de  bailler  iîfue  au  fang  qui  y  ctoit  enfermé  comme  dans  vn  fac  :  mais  re- 
marquant que  le  fang  fortoiren  trop  grande  quantité  à  proportion  de  la  gran- 
deur de  la  varice,&  regardant attcntiuement  l'endroit,  ie  trouuay  vn  conduit 
caché  qui  entroit  dans  la  varice  au  dcffous  de  la  ligature  ,  lequel  ne  pounant 
pas  être  lié  auec  vn  fil ,  ie  mis  vn  peu  de  mon  cfcharoftic  fur  Ion  oiifice,^:  en 
fuite  de  ma  poudre  à  arrêter  le  fang  en  abondance,  m.clée  auec  vn  blanc  d'œuf, 
liant  le  tout  auec  vne  bande  trempée  en  oxycrat  iufqucs  au  lendemain  :  ie  pcn- 
çay  après  la  playe  ,  comme  les  autres  fans  rien  lailïèr  en  arrière  de  ce  qui  con- 
cernoit  l'vlccre,purgeant  le  corps  par  interualles  ,'il  fut  par  ce  moyen  très  bien 
remis,  Obfem.  ^^.Cent.lV. 


OBSERVATION    CXXXIX. 

AàuertiJJement  au  Chirurgien  quand  il  doit  couper 
quelque  membre. 

EN  toutes  mes  Opérations  ie  fais  mes  préparatifs  trois  ou  quatre  iours  par 
auance  ,  me  rcmctrant  toufiours  en  mémoire  ccquiarriua  vn  iour  àvn  re- 
nommé Chaftreur  appelé  André  Vitcllius,lequel  ayant  coupé  vne  Tumeur  en 
la  cuilFe  au  Comte  de  Waldck,5c:  n'ayant  pas  de  la  poudre  pour  arrêter  le  fang 
ni  des  Cautères  aélucls ,  ce  Seigneur  mourut  tandis  qu'il  accourut  à  la  cuifise 
pour  faire  rougir  vn  fer.  Au  traité  de  la  Lithotomie  chap.u. 


c 


OBSERVATION     C  X  L 
Z>V«tf  mortfubîtc  arriuce  en  coupant  vne  Tumeur fchirreufe, 

Hacun  fçait  que  la  connoiifancc  de  l'Anatomie  eft  necefïàirc  à  vn  Chi- 
iurgicn,mais  en  voici  vn  exemple  bien  remarquable  :  vn  Gentilhomme 

V  u  u     z 


5t4  Liure  Cinquième 

Allemand  de  grande  réputation, auoit  vn  tubercule  au  dedans  de  la  cuilïè,  qui 
luy  ctoit  venu  pour  aller  tropfouuent  à  c(ieuai&  de  quelqu'autre  caufe  :  Au 
commencement  Se  i'efpace  de  quelques  années,  il  ne  luy  donnoit  pas  beau- 
coup de  pcine,mais  comme  il  au-inçoit  en  âge,cctte  tumeur  augmenta  ôc  luy 
6t  de Udoulcur,àcaulc  de  laquelle  il  prit  rcfolution  de  fe  la  faire  ôter  ,  Se  s'a,- 
drclîàà  vn  EmpiriCjhardi  entrepreneur  >  mais  pourtant  très  heureux  dans  les 
Opérations  de  Chirurgic,qiioy  qu'il  n'entendit  rien  en  l'Anatomie  :  ayant  atta- 
che ce  Seigneur  à  vn  banc.  Se  fansauoir  égard  à  vn  rameau  confidernblc  qui 
pallè  au  iarret  par  le  dedans  de  la  cuilfe  ,  il  le  coupa  auec  le  rafoir  qu'il  porta 
trop  auanr ,  Se  comme  il  n'auoit  aucun  Cautère  adluel  tout  preft ,  &  le  fang 
coulant sbondamment  Scauec  impetuofitéjil mourut  furie  champ.  Oiffem.îi, 
Cemur.^. 


OBSERVATION     CXLI. 

De  t extirpation  d'vn  grand  fleatome. 

VN  Certain  Ican  Giraud  de  la  Four  âgé  de  <?o.ans,  homme  robufte  Se  bien 
conftirué,auoit  vn  fteatome  au  dos  vers  la  fin  àts  vertèbres  du  col,  lequel 
ctoit  venu  à  vne  telle  grolfeur  qu'il  s'ennuya  de  porter  ce  lourd  fardeau,  quoy 
qu'il  ne  luy  fit  aucune  doulcur,ce  qui  l'obligea  de  s'addrcfler  à  dt%  experts  Mc- 
ilecins  Se  Chirurgiens:il  y  auoit  en  ce  temps  à  Laufanne  vn  excellent  Médecin 
Chirurgien,nomm€  lean  Gritfon,mon  Maître  ,  lequel  à  l'inftance  du  malade  Sc 
lies  affiliants  entreprit  la  cure  en  cette  manière  ,  premièrement  i\  luy  ordonna 
vne  bonne  façon  de  viure ,  le  faifant  abftenir  de  vin  Se  de  toutes  chofes  chau- 
des quelque  temps  auant  l'opération  :  illuy  donna  cependant  des  apozcmes  Se 
des  purgarifs  &  hjyouuritla  vêuc  .:  le  corps  ayant  été  (ufïîl^mmcntpreparé,il 
coupa  la  peau  tout  autour  de  la  tumeur  iufques  à  la  chair ,  pi^^is  après  il  fepara 
auec  les  ongles  toute  cette  partie  de  la  tumeur  qui  alloît  contre  l'échiné  aucc 
fa  membrane  &  l'arracha  cntieremcnt,mcttant  à  l'iiiftantmêmc  (cequiétoit  le 
principal  )  fur  la  playe,  ce  qui  pouuoit  arrêter  l'haeraôrrhagie ,  la  traitant  par 
après  comme  les  autres:  cette  cxcrefccnce  mife  à  la  balance  après  l'opération, 
pcfa  !cpt  liiircs  :  il  a  vécu  ^'lulîeurs  années  après  fans  aucune  incommodité  :  Ob^ 
feruation  i^ .  C er.t V I . 


LIVRE 


5iJ 


LIVRE   SIXIEME 

DES 
OBSERVATIONS  CHIRVRGIQVES 

DE  MFABRITIVS 

DE    H  I  L  D  E  N- 

Qui  contient  les  Obfermttons  mêlées. 


OBSERVATION       PREMIERE. 

^ue  [a  maladie  vénérienne  efl  contagieufe  fans  copulation^ 


E  n't ft  pas  vne  chofe  raie  que  la  maladie  7c- 
nerienne  fe  communique  par  le  moyen  des 
habit?  ,  comme ie  l'ay  quelquefois  remarqué, 
en  voici  vn  exemple,  vnc  Damoifcllc  de  Du{^ 
feldorpi  s'étnnc  rrouuc  dans  vne  afTmblcc  ou 
plulîcurs  Gentil- hommes  celebroyent  la  feftc 
des  Roys  ,  quelques  icunes  hommes  pri- 
rent des  h.ibits  de  tilles  ,  &:  au  contraire 
les  filles  rcuctirent  les  chaudes  &  habits  de 
ccsieunes  hommes  :  il  arriua  vn  peu  après 
que  celle  ci  fentit  vne  doukur  aux  parties 
hontcufes  aucc  dcmangement,&  incontinent  il  s'yclcuades  puftules&  vlccrcs 

V  wi     3 


S^^  Liure  Sixième 

rr.Alins  fans  ofer  le  faire  entendre  à  fa  mcre,  iiifqii'à-ce  que  ces  vlcelcs  venants 
i  augmenter  aue-c  la  douleur,  à  pcne  pouuoic-cUe  marcher  :  ayant  été  finale- 
mctu  dcmandé,ie  trouuay  que  les  parties  honteufes  ,  vne  partie  du  col  de  la 
veflie  &  de  la  matrice  êcoyent  rongées  d'vn  vlcerc  très  puant  iufqu'au  gros 
boyau,  les  deux  fphindlcrs  étoycnt  au(fi  rongés,  à  caufe  dequoy  elle  ne  pou- 
uoit  retenir  ni  Ton  vrinc  ni  fes  excréments  :  c'ctoitvne  chofe  horrible  à  voir, 
car  outre  l'vlcerejil  y  auoit  des  douleurs  extrêmes,  fièvre  continue  &  ardente, 
veilles,  nauscc&dcgoaft  :  elle  mourut  en  cette  mifcrc  en  peu  de  iours  :  or 
comme  auant  fa mortjfes  parents  ctoyenten  pcncpour  découuiir  la  caufe  de 
ce  mal,  &  voulurent  prcllcntirfiquelqu'vn  l'aiioit  approche  de  trop  prés  ,  elle 
alluraauec  mille  ferments  que  iamais  homme  ne  l'aucit  touché  :  mais  après 
vne  recerchc  ,  on  fçeut  que  le  ieunc  'lomme  duquel  elle  auoit  pris  le  haut  de 
chaulfc,  ctoit  vilainement  entaché  du  mal  vénérien,  Ohf.  loo.  Cerit.  f. 


OBSERVATION      II. 
Sur  le  même  fuiet, 

E  N  Tan  i<$c9.  vn  payfan  prés  de  Payerne  ,  s'ctant  extrêmement  échauffe 
en  temps  de  moilloii,  fe  gorgca  d'eau  froide,  après  quoy  il  tomba  en  vne 
fièvre  continue,  de  laquelle  il  fut  guéri  fans  médicaments  :  mais  la  nature 
voulant  chalfcr  les  mauuaifes  humeurs  qui  étoycnt  dans  lés  vénes  de  dehors ,  il 
s'engendra  des  puftules  par  tout  le  corps ,  à  caufe  dequoy  il  s'addreifa  à  vn 
payfan  qui  guerillbit  les  maladies  des  bcites  :  lequel  pcrfuada  à  ce  mifcrable 
qu'il  êtoit  malade  de  la  vérole  ,  ôi  ayant  touché  de  l'argent  par  auancc  ,  il  le 
mit  en  vn  lit  où  il  y  auoit  des  linceuls  extrêmement  fales,oii  plusieurs  iufc<5tés 
de  ce  malauoyent  couché,  dans  lequel  ce  bon  payfan  s'infeda  tellement ,  que 
s*étant finalement  addrelsé  à  moy,  ie  ne  pus iamais, par  manière  de  dire,  le 
guérir,  ni  par  le  fer  ni  par  le  feu  ,  à  moins  forte  raifon  par  médicaments, 
mourant  enfin  miferablem.ent  :  on  voit  par  là  que  la  plufpart  des  Chirlatans 
font  méchants  &  impofteurs,  qui  pourvu  petit  gain  &  pour  ne  mettre  pasîc 
malade  en  dcfpends ,  veulent  auec  vne  once  ou  deux  de  mercure  guérir  les 
malades ,  agilîànts  contre  leur  confcience  ,  contre  les  préceptes  "de  l'Art  & 
contre  la  charité  Chrétienne,  mettants  les  malades  en  vn  iid  défi»  infcélé  par 
des  autres  :  Obferu,  loo.  Cent.  5. 

OBSER- 


des  Opérations  cîe  Chirurgie.  517 


OBSERVATION     III. 

T)e  flûOriClion  par  le  v^far^^ent. 

EN  May  1610.  vn  garçon  âge  de  dix  ans  ioliànt  suce  des  autres ,  tomba  fur  - 
quelque  chufc  de  dur  &  k  blciTa  vers  l'œil  gauche,  là  où  l'os  iugil  nuan- 
ce ,  auec  contafion  de  l'os  :  ks  Barbiers  qui  ie  pcnçoycnt,  ayants  êrc  des 
mois  entiers  autour  de  cette  phye,  &  ayants  tires  quelques  petits  os ,   ne  la 
pcurcntiamais  cicatrifer ,  0:1  fe  f^ruit  enfin  d  vu  certain  qui  croit  en  fçauoir 
plus  que  Podalyre  :  icduy  cftimant  que  cet  enfant  ctoit  d.tcnu  du  mal  que  l'on 
appelé  d'vn  mot  fort  mal  propre,  dte  talie  lahme  qui  Cignids  goutte  froide, 
fans  auoir  aucunement  prépare  le  corps  ,  oignit  ce  pauure  malade  r  qui  n*a- 
uoitpasencorpafscdixansjj  auec  du  mercure,  &  dans  vn  poile  deftinc  à  ce- 
la des  long  temps,  oul'on  traite  ceux  qui  font  inf;dcs  de  la  maladie  vénérien- 
ne ,  duquel  non  Iculemenc  l'air,  maisauflî  les  murailles  font  entachées  de  ce 
venin  meruurial ,  donnants  vnc odeur  puante  Jk  pcftil.ntc  ,    &  fi  des  perfon- 
nes  faines  faifoycnt  quelque  feiour ,  lans  difficulté  il  fe  trouueroyent  incom- 
modes de  faliuation&:  d'viceres  de  genciues  :  or  il  luy  oignit  non  feulement 
les  i'ointures  mais  anflî  la  nu^ue  du  col ,  après  qiioy  les  humeurs  montèrent 
de  tout  le  corps  en  haut  en  fi  giande  abondance,  que  la  langue,  lesgenciues  & 
toute  la  tcte  enflèrent  prodigieufemcnt ,  auec  vnc  fi  grande  inflammation  dts 
genciues  &  de  labouche,  vne  telle  faliuation  3c  âbatemcnt  de  forces  ,   que  ce 
garçon  fut  quelques  iours  de  fuite  en  danger  de  la  vie  :  il  en  cchapa  à  la  fin, 
mais  dés  ce  temps  il  a  le  col  tout  farci  de  nœuJs  &  d'ccroii.llc?  :    il  fe  verfa 
aufli  des  humeurs  fi  acrcs,5<:  en  fi  g.ande  abondance  fur  ks  ycux>qu'il  en  a  per- 
du il  y  a  long  temps  la  vtiis  du  gauche,  auec  grand  danger  que  le  même  n'ar- 
riue  au  droit  par  la  continuation  delà  dcfluxion  &  des  pullules  qui  y  naill^nt: 
ilfoufficauffi  des  extrêmes  douleurs,  &  luy  fort  à  loidinaire  quantité  de 
matière  de  l'oreille  gauche,  qui  eft  quelquefois  purulente  ,  quelquefois  fan- 
glante  auec  dcprauation  de  l'ouye   :    or  non  feulement  l'vlcere  qu'il  a  en  l'os 
iugal  gaurhe  ert  ouuert,  mais  il  en  eft  encor  venu  vn  autre  vers  l'œil  droit  à 
caufe  d'vne  dcfluxion ,    IVn  <Sc  l'autre  airurcracnt  étant  accompaa.ié  de  c^ric 
en  l'os  :  tout  le  col  auiîî  auec  les  oreilles  3c  ks  aines  font  ccorchés  :  après  f'a- 
uoir  purgé,  ie  lav  ay  fait  vn  feton  appliquant  tous  les  iouis  des  collyres  ano» 
dyns,  mais  ic  ne  fçay  qu'elle  en  fera  l'ilUie.  Ohfertm-  91.  Cent-  5. 


52.8  Liure  Sixième 


! 


OBSERVATION      IV. 
De  la  Ceinture  ointe  de  mercure, 

ENtrc  les  médicaments  defquels  fe  ferucnt  auiourd'huy  les  Charlatans,  ôc 
'  par  lefqucls  ils  rendent  infâme  la  Chirurgie,  certaincm  :nt  la  Ceinture  de 
mercure  cft  de  grande  réputation  parrri  le  peuple ,  principalement  contre  la 
gale,  &  pour  picferuer  de  la  vermine  cejxqui  voyagent  :  cetfe  cciixurc  a  deux 
doigts  de  largeur,faite  d'vne  lifiere  de  diapjlaqucUc  on  oint  de  vif  argent  cru  J 
mclc  aucc  graille  de  porc ,   la  mcrtant  furies  Reins  nuds  :  vne  Dame  de 
Eaflcâgred*cnuiron4  J.  ans, L-obuftc&:  replettc  ,   ayantmisen  i6i'.vne  fcm- 
blable  Ceinture,  à  caufe  de  quelque  démnngcmcnt  qu'elle  auoit  par  tout  le 
corps,&  l'ayant  porte  ioar&  nui:  trois  lemaincs,  elle  fut  véritablement  gucti- 
de  fa  galle  éc  de  fon  demangemcnt,  mais  elle  tomba  en  vn  mal  bien  plus  grand, 
car  ccant  furuena  vne  lali'.iation  auec  exulceration  desgenciues  ^  pcfinteur  d_- 
tctc,com.mc  elle  voulut  forcir  du  lit  vn  Dimanche ,  elle  fut  faifie  d'vne  nausée 
aucc  vn  certain  abatement  de  forces,  mais  elle  ne  lailFa  pas  d'aller  au  temple, 
ou  les  accidents  augmentcrcnr ,  étant  de  retour,  il  luy  tomba  vn:  dcHuxion 
fur  le  coftc  gauche  accompagnée  de  douleurs,  auec  imj^uiifance  de  remuer 
tout  ce  collé  :  on  demanda  le  Dodeur  leanFridtric  "WT^irtembcrg,  lequel  fie 
en  forte  que  la  plus  part  des  dojkurs  furent  âpaisccs  :  mais  comme  cctre  foi- 
blclTe  du  coftc  êcoit  rcflre  :  ic  fus  aifli  demandé  pour  lavoir   :  or  elle  ne    fc 
plaignoit  pas  feulement  d'vne  débilité  de  bras  &  de  iambe  ,    mais  ai.Hj  d'vne 
nausée  &  d'vn  dcgouft,  à  caufe  d'vne  imbécillité  d'i.(lomach  :  nous  dcmeu- 
lâmcs  d'accord  qu'onluy  ou niroit  la  vcneau  bra^japres  qu'elle  auroit  êcé  pur- 
gée, en  aptes  qu'elle  le  (cruiroic  d'vne  decoélion  iudoiifique  faite  de  racine  de 
chine,  bois  dcgiiac,  filfiph'.as  &  femblables  ,    &•  qu'on  lay  oindroi:  Tepi.ic 
du  dos  après  la  lueur,  leb>as<S:  hcuille  au:c  eau  de  graine  drgcneuvc,  fauge, 
betoine  ÔC  lauendc  :  &  à  caufe  des  maux  de  cœur,  qu'elle  auoit  i^o.t  (oujcn', 
[  qui  auoyent  été  causés  par  la  malignité  du  mercure]  que  l'on  luy  doni-seroic 
de  la  Thcriaque,  du  Bczoar,  delà  confcclijn  d'Alk^rmcs,  eau  de  canellc6.'C. 
par  lefquels  rem:des  &  l'aflattance  de  Dieu  elle  fut  romile. 

Or  il  n'y  a  point  de  doute  que  cette  incommodité  luy  ccoir  venue  pour 
s'être  ferui  du  mercure  hors  de  propos,  comm:  les  accidents  le  faiioyent  vq^-, 
car  on  voit  tous  les  iours,  par  l'exemple  de  ceux  qui  font  oints  de  mercure  à 
caufe  de  lamaladic  vénérienne,  que  les  humeurs,"^  pnncipalemcntles  picui- 
teufes  qu'il  a  fait  fondre  ,  vont  des  parties  les  plus  balks  du  corps  Vài- 
qu'àlatctc:  or  le  corps  de  cette  Dame  n'ayant  point  ccé  puigé  auparauant, 
Jk  les  humeurs  ayant  été  portées  au  Ccrueau,  ne  s'ctant  pas  auflî  empêché 

d'aiicr 


des  Opérations  de  Chirurgie.  52.9 

d'aller  à  Tair  froid,  il  cft  tout  aflùrc  qu'il  fit  vue  comprcflfion  du  Ccrueau  j  6c 
qu'ainfilcs  humeurs  décendirent  furie  côté  gauche,oii  elles  causèrent  ces  dou- 
leurs, &  les  autres  accidents.  Obfer.^y  Cent.  ;. 


OBSERVATION     V. 

Comment  il  faut  trait  fer  U  maladie  Vénérienne  qui  ejî 
inueterée^. 

L'An  1589.  l'on  m'amena  à  Hildcn  vnc  Dame  de  p.  ans ,  qui  ctoit  fort  tra- 
uaillcc  delà  maladie  vénérienne  depuis  trois  ans ,  que  Ton  mari  luy  auoic 
donne  :  car  elle  auoit  des  vlccres  fordidcs  &  malins  en  plusieurs  endroits  de 
Ton  corps,  principalement  en  la  clauicule  droite  auec  carie  d'icelle  :  elle  fou- 
froit,  lanuitprincipalemenr,  des  douleurs  de  tête  &  de  iointures  û  grandes  & 
fi  aigues,qu'elle  ne  pouuoic  marcher  que  iur  des  potences  :  clic  s'ctoit  ferui  de 
plusieurs  Chirurgiens  &  Barbiers,  &c  auoit  écc  par  tioisfois  ointe  de  mercure, 
mais  fans  fruit  ;  i'cn  diiay  la  raifon  ci- après  ;  or  ie  la  trairay  en  cette  manicrc: 
le  luy  ordonr.ay  vne  bonne  façon  de  viurc,  pais  ic  preparay  ôc  purgeay  les  hu- 
meurs ôc  le  corps',  en  après  ie  luy  faiiois  prendre  deux  fois  le  iour  d'vn  apozc- 
me  approprié,  continuant  rcfpacc  de  trois  fcmaines  6c  d'auantagc  ,  la  pur- 
geant par  ii-uerualks  :  ic  mondiliay  Icsvlceres  auec  du  précipite,  6c  mis  vn 
Cautère  aéluel  fur  la  clauicùle  qui  êtoic  cariée,  après  que  refuharc  ôc  i'cTquilIe 
de  l'os  fut  tombée  ,  i'oignisJcs  poignets  S:  les  coudes,  comme  aufli  lespiés  Se 
les  genoux  aiiec  le  linimcnt  fuiuant,  ^.  AxmigUporc.  rec.  ^  j.  pinoned.  huma- 
riA  ('car  elle  addoucit  extrêmement  les  douleurs  J  ^iv.  ol.  ex  florthas  Slotani 
^!î.  Jlirac.  calarn.  benz.oi?ny  wajlicis  an.  51/.  theriacd  (^  mithrid.  an,\t  G.  argenti 
viui  -^v\.  agitentur  dm  in  mortario,adder?do  ol.Jpic<£,falmA ,  c^  gran.  iunip,  an. 
3j.  /.  f.  a.  Imme-fUiim  c^uodferuemr  in  vafe  ''Mreo  aut  vttreato  :  au  commence- 
ment ie  ne  l'oigncis  qa'vnc  fois  le  iour ,  affauoir  trois  ou  quatre  heures  auant 
ledifner,  continuant  iiifi-ju a  ce  que  la  faliuatîon  eût  commencé,  car  lors 
(^c'cft  vne  marque  qu'il  faut  quitter  les  inondions:  )  cile  cracha  pafsc  quinze 
iours  de  la  pituite  gluante  ,  6c  cependant  cous  les  vLeres  furent  cicatrises, 
les  doukurs  6c  les  autres  accidents  s'appailcrentaufli  par  ce  moyen,  elle  fut  en- 
tièrement guérie,  de  (ortc  qu'elle  a  vécu  ena(sés  bon  état  longues  années  après 
la  Cure 

Or  il  fautrccerchcu  pourquoy  cette  Dame,  quoy  qu'elle  fe  fut  feruie  de 
i'inonClion  iufqu'à-cc  que  la  iah"untion  fut  venue,  ne  fut  pas  neantmoins 
guérie  :    Quelqu  vn  pourra  dire  qu'elle  le  fut ,  mais  que  fon  mari  l'infci^ 

Xxx 


>>o  Lîure  Sixième 

derechef:  or  il  n'en  va  pas  ainfi ,  car  il  fut  guéri  à  pcrfedion  des  le  com- 
mencement par  l'inondion  :  mais  il  y  a  deux  caufes  de  cette  recidiiie,  la  pre- 
mière a  ctc  cet  vlccre  en  la  clauiculc,  qui  ctoit  accompagné  d'vne  infedtion 
de  l'os  par  cette  matière  virulence  des  le  commencement,  &  auant  qu'on  eût 
entrepiislaprcmicrcCu'rejCe  quîcA  manifeftc,parce  qu'elle  n'a  iamaispeu  être 
guérie  à  pcifeâ:ion  ,  le  mal  étant  rtuenu  incontinent  après  la  Cure  :  car  on 
s'ctoir  fcrui  de  l'inondlion  auant  que  Tvlccre  eût  été  mondifié,  ôc  que  l'os  ca- 
riéeût  été  tire  dehors  ;  par  ce  moyen  lafurfaccdervlccre  &  la  peau  fe  cen- 
foliderent ,  mais  la  carie  qui  croit  en  l'os  fut  comme  vn  leuain  qui  fcruit  à  in- 
fcdter  tout  le  corps  :  Les  Chirurgiens  doiuent  apprendre  icy  qu'il  faut  mon- 
dificr  les  apoftemcs  <5^  les  vlccrcs  en  la  maladie  vénérienne,  &  qu'il  faut  ti- 
rer les  os  caries  auant  que  venir  aux  inondions  ;  ce  qu'il  faut  aufli  entendre 
des  noeuds^  duretés,  car  s'ils  n'ont  pas  été  fufïifam  ment  ramolis  auant  que 
fc  feruir  de  la  deco6tion  fudorifique  ou  auant  l'inonélion,  à  pêne  pourront-ils 
être  diiîipés  &  confumés  ,  au  contraire  ils  deuiendront  durs  comme  vn 
fchirre,  la  matière  s'épaifillànt  par  la  diflipation  des  parties  les  plus  fubtiles, 
ce  qui  donnera  occafion  à  vne  recidiue  :  La  féconde  caufe  a  efté  parce  que 
les  Chirurgiens  ne  changèrent  pas  d'habits  après  la  Cure  ,  car  il  eft  clair  que 
le  malade  pouuoit  tomber  derechef  en  ce  mal  pour  auoir  repris  Tes  premiers 
habits  qui  êtoyent  infcélés  dcfueur  &  fanie  maligne  :  que  les  praticiens  donc 
apprennent  qu'il  faut  faire  entièrement  changer  d'habits  après  que  l'on  a  guéri 
<}uelqu' vn  de  ce  mal ,  ou  qu'il  les  faut  bien  nettoyer  auecfauge  6c  lexiue  :  il 
n'y  a  perfonne  que  ie  fçache  qui  ait  remarqué  ceci,  ou  qui  en  ait  aduertî  pour 
le  bien  public. 

Il  yeûtencor  ceci  de  confiderable  en  la  Cure  de  cette  Dame  ,  alîàuoir 
que  quand  i'appliquay  le  fer  chaud  ,  qu'elle  ne  fe  plaignoit  pas  de  la  chaleur 
du  feu ,  mais  de  ce  que  i'auois  mis  quelque  chofc  de  bien  froid ,  tant  eft  effi- 
cace l'imaginatiue  des  femmes  quand  elles  ont  conccu  quelque  opinion. 
Oh  fer  Hat  ion  95.  Cent.  y. 


OBSERVATION     VI. 

^ue  les  Jnoficiions  auec  le  vif  argent  Cent  le  feul  contrepoifin 
de  Um/iUdte  vénérienne  ^  pour  inueterée 
qu'elle  foit, 

'An  1610.  i'ay  guéri  à  Bafle  vn  Gentil-homme  qui  auoitefté  fort  incom- 
i-/modé  de  ce  mal ,  depuis  dix  ans  durant,  fç  faifant  fuër  toutes  les  années 

pour. 


des  OpcratioDs  de  Chirurgie.  531 

poui-  le  moins  vne  foi*  &  le  plus  rouucnt  deux ,  aucc  vne  decodion  de  gaiac, 
chine,  faircparciiie&c.car  il  aiioic  vne  celle  aucifion  pour  les  inondions  qu'il 
trcmbloic  par  tout  Ton  corps  à  la  feule  nomination  :  pour  cette  raifon  il 
aiioitconfultc  pkifieurs  Médecins  tantGalcnicjucs  que  Chymiques,  en  France 
ik  en  Italie, Icfquelsauoyent  bien  adouci  le  mal,  mais  ne  l'auoyent  pas  déraci- 
ne :  En  finies  nœuds  croilïànts  de  plus  en  plusaux  iambcs  ,  &  les  douleurs 
qu'il  fouffioit  de  nuit  tant  à  la  tcte  qu'aux  iointuics  venants  à  augmenter  ,  il 
me  demanda  confcil,  me  rcprcfcntant  touccc  quis'ctoit  pa(sc  ,  ôc  voyant  que 
des  habiles  Medecinf  n'auoycntpa:  pu  (urmonter  ce  mal  par  lesfueurs  ,  ie  iuy 
confcillay  de  fc  refoudre  aux  inondions  plutôt  que  de  languir  plus  long-tcms; 
il  s'y  accorda  en  fin,  parquoy  ie  Iuy  ordoiiuay  premièrement  vne  bonne  fa- 
çon de  viure  ,  puis  iclc  purgcay  par  interuallcs,  après auoir  prépare  l'humeur 
peccanie  :  ficft-ceque  ie  nevins  pasaux  inon6tions  immédiatement  après  la 
purgation  ,  mais  i'croployay  quelques  iours  à  ramollir  les  duretés,  mettant 
deux  fois  le  iour  les  fachctsfuiuants,  ^.  rad.  alih.  malux,  bryon.fcrophul.  wa- 
ioïisan.  ^^.fol,  main,  alth,  vioUr.  an.  m.  ^.  flor.  camom.  meltl.  an.  m.  j.  fem, 
anif.  lini,fœnugY.  meliîot.  an.  5/) .  incidantur  (jr  cotitmdantur  oynnîa  crafsé^  indan- 
turfaccnlts  filo  inîerfmis  ehts  magnitndinis  vt  tophos  operire  pojfint ,  coauantHY  in 
a<]u ,  applicenturcalîde  per  koram  autfemihcrarn  :  le  faifois  après  vne  inon- 
dion  aucc  le  Uniment  luiuant ,  ^.  oL  Innibric  Itlior.  alb,  amygd.  d.  pingued. 
hum.  an.'^\.vngiudialth.  '^ïym.  enfin  ie  mis  i'emplaftrc  fuiuant ,  j^.  empl. 
de  ranis  cttm  mercurio  |  t'y  g.  elemi  &  tacamahaci  diJJ'olMorum  in  ol.  amygd.  dulc. 
&  percolatorum  an.  gj  m.f.  cerdîiim  :  le  me  feruis  d'emollients  Sc  d'incilîfs  en- 
uiron  trois  fcmaines  :  cependant  i'vfois  d'apozemes  &  de  purgations  cow- 
uenablcs  :  puis  le  m.-ihde  s'oignit  les  pics ,  les  genoux,  les  poignets  &  les 
coudes  auec  l'onguent  mercuiial,dcciit  en  l'obferuation  précédente  :  ce  qui 
attira  vne  li  grande  laliur.tion, qu'il  crachoir  en  vn  iour  deux  oii  trois  liurcs,& 
ccl'efpacc  de  huit  ou  dixiours:ic  pourueus  cependant  foigneufcment  aux  acci- 
dents qui  furuenoyent  :  Pvir  ce  moyen  les  nœuds  qui  ctoyent  fort  durs  fe  difli- 
percnt  infcnfiblemeiit,  les  douleurs  ar.iTi  &  les  autres  accidents  s'apaircrent.ôc 
le  malade  fut  remis  qui  fc  porte  très  bien  infqu'à  la  prcfente  année  1613.  on 
voit  par  là  que  les  inondions  d'argent  vif  font  la  plus  alïïuée  méthode  pour 
guérir  cette  maladie:  i'auoiic  bien  qu'elle  cft  facheufe  «^' quelque  peudangc- 
rcufe,  mais  il  ne  faut  pourtant  pas  la  iciettcr  en  vn  mal  fi  grand  &  i\  opiniâtre 
que  celuy-ci  ,  or  il  la  faut  adminilber  félon  l'Art,  fe  feruant  du  confcil 
d'vn  fidèle  de  entendu  Médecin  ,  plutôt  que  d'vn  Charlatan  :  Que  h  le  mala- 
de foufre  quelque  fâcherie,  qu'il  apprenne  que  c'eft  vn  ch;ftiment  Scc.  Obfer^ 
uat,  96.  CfKt,  j. 

Xxx    z 


531  Liure  Sixième 


OBSERVATION     VU. 

Que  l'on  feut  je  fer  air  fa^s  daf^ger  de  U  Frïïliôft  es  femmes 
enceihtes  é' ^f^'f^i^^s* 

L*An  1590.  commei'eftoisà  HiUien,  toute  h  famille  desMedman  fut  infe- 
dce  delà  maladie  ^vcnaicnne  en  cette  façon  :  le  Maiftrc  de  la  maifoii 
homme  de  bien  ôi  craignant  Dieu  ,  allant  en  voyage  aiiec  vn  fîen  valet  qui 
ctoit  entaché  de  ce  mal ,  coucha  quelques  nuits  auec  luy  eu  vn  mcmelid:, 
étant  de  retour  à  la  maifon,  il  en  fi:  part  à  fa  femme ,  laquelle  le  communi- 
qua à  trois  enfants  &  à  la  feruanre  :  or  comme  ia  femme  eut  remarque  qu'el- 
le étoit  enceinte  ,  donnant  la  mammelic  en  même  temps  à  vn  enfant  de 
20.  mois  ,  qui  fut  entaché  de  ce  mal ,  elle  &  fon  mari  êtoyent  en  pcne  s'il 
faloitrenuoyer  la  Cure  iufqu'àpres  l'âcouchemcnt  :  ie  fus  d'auis  que  l'on  l'en- 
rreprit  de  bonne  heure  «Se  fansdelay  ,  efperant  que  par  ce  moyen  ie  ferois  d'v- 
ne  pierre  trois  coups,  veu  piincipalemcnt  que  le  mal  n'étoit  pas  inueterc: 
ie  commcnçay  donc  en  cette  manière  :  premierem.ent  ie  luy.  ordonnay  vne 
bonne  nourriture  ,  en  après  ie  la  purgeay  par  quatre  priles  d'apozemes  :  ie  luy 
ordonnay  encor  vn  fyrop  purgatif  duquel  elle  prenoitvne  cueillerée  ou  deux 
trois  heures  au»nt  difner,  ou  feul  ou  auec  fon  apozémc  ,  tandis  qu  elle  fefer- 
uoit  de  ces  remèdes,  elle  allaitoitelle  même  fon  enfant  qui  étoit  purgé  en  mê- 
me temps  :  ie  corps  ayatu  été  i'uffifamment  nettoyé,  ie  luy  fis  oindre  les  ioin- 
rures,  aiTauoir  les  pies,  les  genoux,  les  poignets  &  les  coudes  vne  fois  le  iour, 
iufqu'à  ce  que  la  faliuation  parut ,  mais  fi  doucement  que  ie  n'employois  pas 
pîui  d'vne  once,  ou  d'vne  once  &  demi  d'onguent  à  chaque  fois  :  &  quoy  que 
l'on  ne  fe  ieruit  pas  d'inondion  à  l'enfant ,  fi  eft-ce  qu'il  rcndoit  quantité  de 
faliue  par  la  bouche  :  ce  qu'ayant  vcu,ic  le  fis  feurer  &  nourrir  auec  bouillon 
de  chair  ,  lait  d'amandes ,  panades,  &  autres  viandes  :  ie  le  fis  aufli  met- 
tre incontinent  dans  vne  couchette  à  part,  afin  que  fa  m  ère  ne  luy  commu- 
niqnaft  plusde  ces  vapeurs  mercuriales  :  elle  cracha  quelque  temps  beau- 
coup de  picuice  ;  ie  donnay  cependant  fréquemment  des  cordiaux  >  comme 
confedtion  d'Aike.rmes,  eau  de  canelle  (Sec.  le  pourueus  au(Ti  à  l'cxulcera- 
tion  de  la  bouche  &:  des  genciues  ,  ainfi  la  mère  &  l'enfant  furent  guéris  ,  & 
iix  mois  après ,  elle  accoucha  d'vn  enfant  bien  portant  :  0-jfemation  py. 
Ctm.  5. 

OBSER- 


des  Opérations  de  Chirurgie.  555 


OBSERVATIONVIII. 

Tyvne  Dame  qui  fut  guérie  delà  ''ôerole  pour  Auoir  demeuré  (quelque  temps 

en  ''■Jnpoilei  aux  parois  duquel  les  vapeurs  mercuriales 

s  étoyent  arrêtées, 

COmmei'exeiÇoisla  Médecine  à  Payernc  en  Tan  i/>o7.îc  traitay  vn  icune 
homme  d'vn  Village  prochain ,  qui  ctoic  ctrangemejic  infedc  de  ce  mal 
6c  le  communiqua  àfa  femme  âgée  de  30.  ans,  or  comme  ily  auoit  du  danger 
en  renuoyanc  la  cure  plus  loin ,  (  car  c'ccoit  au  milieu  de  Thyuer  qui  croit  lors 
excrememenc  rude^  il  la  falut  entreprendre  en  ce  temps, ie  confeillay  à  la  fem- 
me de  fe  tenir  près  de  fon  mari  fans  abandonner  le  poile ,  de  peur  que  l'iniurc 
de  l'air  ne  rendit  le  mal  plus  opiniatre,car  elle  ctoic  afsés  dclicacc,  ce  qu'elle  fit, 
&  ayant  pafsc  quelques  iours  &  nuits  entiers  en  ce  poile,qui  croit  petit  &:  bas 
auprcfs  de  fon  mari ,  qui  auoit  fouuent  été  frotte  de  l'onguent  de  mercure,  à 
caufc  que  le  mal  étoit  grand  «Se  iuueterc  ,  la  feule  vapeur  de  l'onguent  agit  tel- 
lement fur  ellc,que  la  faliuation  fut  prouoqucc,  rendant  de  la  pituite  parla 
bouche  tout  de  même  que  Çon  mari,laquclle  au(îi  s'exulcera  :  ce  qu'ayant  ap- 
perçeUjie  la  purgcay  incontinent  doucement  «Se  à  reprifcsjpouruoyant  auflli  aux 
accidents  comme  à  l'exulceration  de  bouche  S<.  des  gcnciucs  &  aux  défaillan- 
ces :  enfin  le  flux  débouche  augmenta  tellement  qu'il  la  falut  loger  en  vnc 
autre  chambre  &  la  feparer  d'auec  fon  mari,  ainfi  elle  fut  guérie  en  même 
temps  que  luy,qu  oy  qu'on  n'eut  point  fait  d'inonélion.  Obferu.^%.  Cem.V, 


OBSERVATION     IX. 

Z)'i).'7f  femme  qui  tomba  en  de  grands  accidents  pour  auoir  demeuré  quelque  temps 
en  vne  chambre  devinée  aux  inondions  des  véroles. 

MArgucrite  Lchmannin  d'vn  Village  prés  de  Berne  l'an  i6ii.  but  vu  trait 
d'eau  froide  après  s'être  bien  échauH-cc,laquelle  luy  artira  vne  dcfluxion 
fur  Tvuulcjquiluy  faifoit  de  la  douleur  aucc  difficulté  d'aualei:elle  s'add;cllà  i, 
vn  idiot  payfan  qui  fans  auoir  aucun  égard  ni  à  tout  le  corps  ni  à  la  partie,  y 
mit  vne  eau  cfcharotique  laquelle  fit  venir  incontinent  douleur,  inflammation 
auec  vnc  telle  conftriélion  du  gofier  qu'elle  fut  en  danger  de  la  vie  xr.ûn  com- 
me les  accidents  furent  arrêtés  3c  qu'elkvtrccouuertfes  forces,  clic  vint  à  Ber- 
ne l'an  lôij.  ou  i'eus  ordre  de  la  ttaitrcr  ;  or  l'vuiilc  étoit  entièrement  rongée 
auec  c;^ulceracion  des  parties  voifines:commc  il  n*y  auoit  point  de  place  vuLie 

Xxx    5 


534  Liiire  Sixième 

dans  rHofpital ,  on  donna  ordre  à  celui  qu'il  a  charge  de  loger  ceux  qui  font 
iîiKcl'cs  de  la  vérole  ,  de  la  reccuoir  ,  i'cnuoyay  donc  les  remèdes  necciraircs, 
mais  auec  ordre  exprès  que  l'on  logea  ccrte  femme  en  vn  lieu  ner,ceque  ne  fie 
pas  ccluy  qui  tient  cette  maifon  ;  car  il  la  mit  dans  vn  poilcfo^t  chaud  ou  l'on 
oignoii  en  même  temps  quelques  infedtcs  de  vérole:  en  peu  de  iourscllc  y  de- 
uinr  11  foiblc  ,  que  comme  on  la  voulut  ramener  en  ville  par  ordre  du  Magi- 
flrac,nous  ci  ùmcs  qu'elle  croie  fur  le  point  de  rendre  Tamc  :  elle  demeura  trois 
mois  dans  i'Hofpitaide  l'Iflc  auant  que  pouaoir  reprendre  fcs  forces  ,  on  Kiy 
donna  cependant  tous  les  cordiaux  neceffàircs  tant  en  dedans  que  dehors  :  elle 
fu^  enfin  remife  ,  mais  elle  demeura  enroiice  à  caufc  que  l'vuulc  auoic  crc  ron- 
gée :  on  voit  par  ces  deux  contraires  opérations  du  mercure  (  en  cctce  obfcrua- 
tion  Se  en  la  précédente  J  duquel  on  s'cft  ferui  en  même  manière,  qu'il  cft  le 
vray  Antidote  de  Iaverole,car  ayant  tiouuccn  cette  piemicrc  frmme  de  la  ma- 
tière difposce  fur  laquelle  il  pouuoitagir  ,  il  luy  rcftitua  la  fanté,  maisen  celle 
cin'ayant point  trouué  de  prife.ilnefic  que  luy  abbatre  les  forces  de  l'auroic 
tue  fi  clic  eut  d'auantagc  demeure  dans  ce  poilc. 

Qjc  les  Chirurgiens  apprennent  icy  combien  il  cfl:  dangereux  de  fc  fcruit 
de  ce  remède  es  atfcdions  du  cuifjvlceres,  douleurs  de  membres,  Se  sutrcsin- 
commoditcsqui  n'ont  point  de  rapport  auec  la  vérole,  car  on  n?  guérir  pas  le 
mal ,  au  contraire  on  détruit  la  nature  Se  toutes  les  forces,  principalem.cnt  les 
vitaleSjqui  font  Ci  necelTàircspourla  deftrudion  des  maladies,  Icfquclles  font 
affoiblies  .Se  corrompues  pat  la  vcnimeufc  qualité  du  mercure.  Ohfertiat.  9? 
Cemur.  V, 


OBSERVATION     X. 

T>es  accidents  qui  arrîuem  itères  finonUion  auec  le  vif  argent, 
faite  mal  à  propos. 

CHacun  fçait  les  loiianges  que  l'on  donne  au  vif  argent  pour  la  guerifon  de 
la  maladie  venericnne,&  comme  il  cft  vn  remède  approuuc  :  mais  les  plus 
habiles  donnent  cet  aduertillèment  qu'il  $c\.i  faut  fcruir  auec  circonCpcction  Se 
prudence,  car  il  n'efl:  pas  poflîble  qu'vn  feul  &  même  remède  puiiTc  feruir  en 
plufieurs  fortes  de  maladies,  comme  font  plufieuis  Tarbieis  ,  Charlatans  Se 
Bourreaux  qui  s'en  fcruenten  toute  forte  d'infection  de  cuir,  &  même  en  cer- 
taine forte  de  goutte  auec  vn  incroyable  preiudicc  des  malades ,  car  fans  pur- 
ger aucunement  le  corps ,  ils  enferment  le  malade  en  vn  lieu  chaud  Se  étroit, 
&  cngrailîènt  les  iointures  auec  l'onguent  d'argent  vif,iufqu'à  ce  qu'il  furuien- 
ÛCYn  grand  flux  de  bouche  &  que  les  dents  tremblent  :  ce  qui  attire  de  très 

mauuais 


des  Opérations  de  chirurgie.  555 

mauuais  accidents  qui  perdent  &  ruinent  le  malade:  or  il  faut  confidercr  le 
naturel  de  la  maladie  ,  car  ce  remède  vent  auoir  vn  obicdt  particulier  fur  le- 
quel il  agilTe  fpccifiqacmcnt  :  le  Chirurgien  donc  doit  auoir  auant  toute  œu- 
iire  vue  entière  connoilfanccdn  mal  &:  des  forces  du  malade:  car  le  vif  ar^^cnt 
a  vne  certaine  vertu  d'amener  les  humeurs piruireufes,  mêmes  des  extrémités, 
&c  de  les  poiilTcr  àlabouche  &  au  gofier  :  ce  que  i'ay  remarque  non  feulement 
au  crudmais  mêmes  en  celui  qui  cil  calclné,quand  i*cn  ay  mis  fur  lc9«vlceres, 
quoy  qu'ils  fulfent  aux  extrémités  des  ïambes  <&  des  mains,  principalement  en 
des  corps  délicats,  veu  que  les  malades  fc  plaignoyent  de  douleur  de  dents  & 
que  les  genciues  leur  deucnoyent  enflés:  or  cette  humeur  gluante  &  pituiteu- 
fequia  étéchafséeauecimpetuofîté  déroutes  les  parties  du  corps  à  la  bouche, 
ne  peut  de  moins  pour  la  grand  part,  de  tomber  dans  les  poulmons ,  qui  ont 
vne  Tubftance  molle  &  fpongieufe,&  de  leur  porter  quelque  prciudice  :  ce  qui 
arriue  principalement  quand  le  malade  cft  d'vn  naturel  foible  &  délicat  & 
n'a  pas  afscsde  vigueur  pour  chaiïèr  dehors  cette  pituite  vifcide,  d'où  viennent 
inflammation ,  courte  halcne ,  &c  enfin  fufFocation,&:  quelquefois  cetle  pituite 
fe  iette  auec  vne  telle  impetuofitc  fur  la  bouche, qu'il  y  vient  gangrené  &  fpha- 
ccle ,  dequoy  ic  pourrois  amener  pluficurs  exemples  mais  les  fuiuants  peuucnt 
fuifire. 

Vn  Saille  âgé  de  ié.ans,reuenant  de  la  guerre  s'arrêta  à  L?.ufannc,tantà  caufe 
du  chemin  qui  luy  reftoit  à  faire,qu'à  caufe  de  fa  foibleife  &  lafllîrude,  au  fuiec 
de  laquelle  &  d'vne  douleur  de  iointurcs,il  aima  mieux  loger  chés  k\\  Chirur- 
gien qu'^n  vn  logis  public,pour  s'y  faire  traitter,  mais  il  tomba  par  malheur  en- 
tre les  mains  d'vn  ignoiant,qui  fans  faire  aucune  confiderarion  ni  des  forces  ni 
du  naturel  de  la  maladie,fe  feruit  de  l'inondion  auec  le  vif  argent  en  toutes  les 
iointares,mêmes  fans  l'auoir  purgé  ,  ne  plus  ne  moins  que  s'il  cuç  été  infcâré  de 
verole,ainfi  fcs  forcess'ctants  entièrement  âbatues,il  tomba  en  vne  licnteiie  qui 
le  deliuradc  fon  mal,  car  il  m.ourut  :  ayant  été  demandé  pour  l'ouurir  après  fa 
mort,ie  trouuay  les  poulmons  tous  liuiJes  ôc  farcis  d'humeur  piruireufc  com- 
me vne  épongejfon  cœur  étant  dcuenu  mol,flafquc  &  dénué  de  fang. 


OBSERVATION     XL 

Sur  le  menie  Suiet. 

Noble  Baptiftc  Mallardct  demeurant  en  vn  Village  appelé  Rii,du  rclfort^de 
Fribourg  en  Suidè  âgé  de  <î<j.ans,  de  fort  incommodé  de  la  goutte  noueu- 
fe  ,  futrrauaiilé  d'vne  gale  qui  vcnoit  de  pituite  falée  :  il  tomba  aufli  entre 
les  mains  d'vn  ignorant  Chulatan  qui  fans  fê  feruir  des  remèdes  generaui-, 
commença  par  l'inondion  mercuriale  ,  puis  le  mit  en  vn  bain  fait 
d'herbes  chaudes  &:  laua  tout  le  corps  auec  de  l'eau  de  vie  :  vn  peu  apRcs 
lo&^ humeurs   piruitcufes  fe  yindreijc  f cadre   fi  abondamment  de    toutes 


5$^  Liure  Sixième 

lespamcs  duc«rps  auxgenciues,  que  la  bouche  enfla  auec  inflammation  <5c 
glandes  douleurs  >  qui  furent  fuiuies  de  courte  halcne  ,  défaillances  &  autres 
grands  accidents:  lez^.  luin  155)8.  ie  fus  demande  &  trouuay  que  les  genciues, 
les  ioiicsjla  langue  &  tous  les  endroits  de  la  bouche  ctoycnt  fphacelcs  :  ayant  at- 
tache vne  petite  éponge  au  bout  dVn  bâton  &  trempé  en  vn  gargarifme 
pour  en  lauer  la  bouche,les  dcnts,vne  partie  de  la  langue  ôc  des  genciues  tom- 
bèrent en  même  temps  ,  il  mourut  le  lendemain  de  la  grandeur  de  ce 
(phacele. 


QBSERVATIONXII. 

St4r  le  méme/ùiet, 

VNe  femme  étant  trauaillce  d\n  vlcere  en  U  cmiVc ,  mais  fans  aucun  foup- 
fon  de  maladie  vénérienne,  fc  mit  entre  les  mains  d'vn  Chirurgien  qui  fe 
fcruit  de  l'onguent  mcrcurial  ;  quelques  iours  après  il  furuint  vne  inflamma- 
tion des  gcnciucs,comme  de  couftume,  laquelle  ayant  été  négligée  ,  il  furuint 
vn  vlcere  pourri  &  fi  le  malin  qu'il  rongea  les  genciues ,  les  iou'cî ,  le  ne  ôc  vue 
partie  du  vifagc  au  delTousdesycuXjil  vécue  en  cette  mifcre  enuiron  deux  mois, 
au  bout  defquels il  mourut:  Ohf.^z.  Cent  3. 

OBSERVATION     XHL 
Sur  le  même  fuiet. 

MOnfieurleaii  Rudolph  Hubert,  Patrice  Bernois,  fut  attaque  de  la  goutte 
âgée  de  i8. ans,  à  laquelle  fon  peieauoit  été audi  fuict  :  au  commcnce- 
mentil  fe lailîa  perfuader  à  quelques  ignorants  quidiioycnt  qu'il  ne  filoit  lien 
faire  en  ce  mal.ainfi  les  douleurs  augmentèrent  peu  à  peu  ,  de  forte  qu'il  ctoit 
quelquefois  des  15.  iours  &  des  trois  femaines  fans  fommcil:  ayant  pafsé  quel- 
ques années  en  cette  mifere,  &  les  conco6tions  ne  fe  fiifants  pas  bien  à  caufc 
de  la  continuation  de  la  douleur  &  Ats  inquiétudes  ,  il  tomba  en  de  grandes 
obftrudions  de  foye,de  ratte,«S:  des  vênesmefaraiques  :  fa  goutte  aulTi  dcuint 
noiieufe  :  le  mal  allant  ainfi  en  augmentant,il  fe  feruit  du  conlcil  de  plufieucs.* 
maisleplus  fouuent  de  genrs  ignorants  :  il  s'en  alla  enfin  il  y  a  enuiron  deux 
ansenArgovv  trouucr  vn  très  ignorant  Charlatan  ,  qui  luy  promit  impu- 
demment guerifon  :  lequel  l'ayant  légèrement  purgé,luy  grailla  les  iointures 
auec  l'onguent  mercuriahiufqu'a  ce  que  le  gofierjla  langue,lcs  genciues  6<  tou- 
te la  bouche  luy  enfla  auec  inflammacioji  &:  cxulccracion ,  ce  qui  luy  âbatit  tel- 
lement 


Ôtfcruatîons  mélccs,  537 

iement  les  forces  qu'il  fut  quinze  iours  durant  comme  aux  extrémités;  mais  il 
fut  tire  de  ce  mauuais  pas  par  le  fccoursd'vn  homme  d'Eglife  qui  fait  la  Mé- 
decine en  ces  lieux  :  étant  de  retour  à  Berne,ie  vis  que  tout  alloit  de  mal  en  pis 
&  qu'outre  l'extcnuatioa  &  débilite  de  toutes  les  parties  externes  de  fon  corps, 
la  chaleur  naturelle  ctoit  extrêmement  diminuée,  8>c  quoy  que  dés  ce  temps  il 
fe  foit  ferui  de  très  bons  mcdicaments,qui  luy  furent  ordonnes  par  des  habiles 
Médecins, &:  mêmes  des  bains  de  Pfcfïcr,qui  font  des  merueilles  es  obftrudiiûns 
des  viiïercs ,  &  qu'on  luy  eut  ouuert  les  Cautères  que  ce  Charlatan  auoir  fait 
fermer  comme  ne  fcruants  de  ricn,(l  cft  ce  que  nolis  ne  pûmes  rien  auancer,  tant 
les  forces  étoyent  abbatues  :  la  maladie_donc  augmenta  tellement  peu  à  peu> 
qu'il ctoir  dans  des  douleurs  contiiîuellcs,non  feulement  des  piés,des  genoux  Se 
desmains,mais  aufli  des  épaules  ,  delà  nuque  &c  des  Cuilfesnl  y  a  quelques  mois 
que  la  maladie  voulant  faire  vn  dernier  cftort,il  luy  furuint  vne  (I  violente  dou- 
leur de  tcfte  qu'il  fembloit  que  Ic^s  futures  s'croyent  déjointes,  &c  peu  de  temps 
après  ille  verfa  vne  certaine  matière  pituitcufe  fur  le  bras  droit  en  fi  grande 
abondance,  qu'iccluy   ,  la  main  &  les  doigts  enflèrent  extremiem.enr,en'forte 
qu'il  y  auoic danger  de  gangrené,  neantmoins  Dieu  donna  tellement  fi  benedi- 
di(îlion  aux  médicaments,  que  ce  bras  fut  remis  en  hui'5V  iours, cependant  il  luy 
dcccndoic  vne  defiuxion  tantoft  fur  vne  iointure,rantoft  fur  l'autre  &  même  fur 
la  poitrine, ce  qui  luy  caufevne  toux  importune  qui  venoic  non  feulement  de 
cette  dcfluxion,mais  de  l'enflure  &:  dureîc  du  foyc  Ôc  de  la  ratte:il  mourut  enfla 
hydropique  n'ayant  pas  cncor  atceint4'.  ans ,   Gl?f.  8z.  Cent.^. 


OBSERVATION      XIV. 

Dh  merHeillcHX  effet  du  mercure  précipite. 

IL  eft  certain  que  le  mercure  ramaflc  toute  la  pituite  qu'il  tronuv:  dans  le  corps 
6c  la  poulie  auec  impetuofitc  à  la  tcfi:e,mais  i'ay  remarque  qu'il  ne  pert  point 
cette  vertu  quand  même  il  eft  calcine  :  L'an.i6i8.  ietraittois  àSolcurrcauec 
Monfieur  le  Dodeur  Sclurande  vne  Dame  qui  auoit  vn  grand  abscs  entre  le 
péritoine  i?c  les  mufclcs  externes  de  l'abdomen,  lequel  ayant  ouuert  vis  à  vis  du 
rein  droit,comme  ie  mondifiois  l'vlcerc  aprcs  la  fuppuration  auec  du  preci^;itc 
bien  préparé  &  redlific  ,  il  furuint  vn  fi  grand  flux  de  bouche  que  bien  fouuent 
en  vniour  elle  crachoir  quelques  liurcs  de  pituite  ne  plus  ne  moins  que  fi  ou 
auoit  oint  toutes  les  iointures,ce  qui  luy  (cruir  extrêmement,  car  tout  le  corps 
ayant  été  par  ce  moyen  déchargé  des  humeurs,  Tvlcerc  en  fut  bien  toft  confo- 
li.^c:  mais  à  caufc  de  l'intcmpcric  &  ma^uiairc  difpoficion  des  villcres  internes 
il  /èfit  vn  nouuelamas  au  bourdcTan,  qui  ni'oblitîca  à  faire  derechef  vne  in- 

Yyy 


55?  Liure  Sixième 

cidon  qui  fc  conuerticcnfin  en  vnefiftulc  ,  laquelle  clic  porte  cncor  à  prefcnc 
ouuerte,mais  pour  Ion  bien,  car  la  nature  dia0c  par  la,  comme  par  vn  égouc 
tous  les  excréments  qui  font  dans  les  parties  piincipales  :  Ohferuation^^. 
Cenmr.  V . 


OBSERVATION    XV. 

Qut  le  payfitm  de  cinabre  ejl  danger enx  employ  è  hors  de  propos. 

]E  vous  ay  dit  autrefois  de  bouche  combien  font  dangereux  les  parfums 
faits  auec  le  cinabre  :  de  quoy  que  des  habiles  Médecins  s'en  feruent  en  la 
maladie  vénérienne  inucterce,&  que  ie  tic  les  condamne  pas  entièrement,  ne- 
antmoins  ie  les  ay  tellement  eu  pour  rurpe(fts  iufqucs  à  prcfenrjque  ie  ne  m'en 
fuis  encor  iamais  (erui:  lî  eft  ce  que  i'ay  guéri  auec  iceluy  plufieurs  qui  ctoyent 
incommodes  de  cetce  maladie  fort  cnuieillie  ■•  or  il  ne  s'en  faut  feruir  que 
quand  le  mal  eft  entieremL-nt  dcfcfpirc,cn  d-.s  perfonnes  extrêmement  robaftes 
èc  quand  les  corps  ont  ctc  cxaâ:emenr  préparés  &  purges  :  ceux  qui  font  au- 
trement ruinent  entièrement  le  corps  des  malades:ie  vous  en  veux  donner  vn 
exemple. 

Vn  ieune  homme  robufte  &  de  très  bonne  conftitution,  étant  trauaillé  d'vnc 
defluxion  qui  luybouchoit  les  narincs,s'addrcfla  à  vn  Charlatan  qui  promit 
de  le  guérir  très  aisément  par  le  né  6c  par  le  palais  :  &  fans  p  jrger  ni  préparer 
le  corps ,  le  mit  nud  dans  vne  cuue  fous  vn  pauillon,&:  parfuma  tout  le  corps 
auec  du  cinabre  qu'il  ictra  fur  \^s  charbons ,  continuant  quelques  îours  de  fui- 
te ;  ce  qui  attira  vn  grand  abbatement  de  ioïccs  ,  &  la  pituite  fe  vint  rendre  C\ 
abondammêt  à  la  bouche  &:  au  nzs  qu'il  s'engendra  vn  vlcere  fordidc  &  puant 
veis  les  oscribreux  :  ayant  été  demandé  pour  le  voir^ie  découuris  que  la  lepa- 
ration  âts  narines  étoit  enticrcmcut  rongcc,&  les  autres  cartilages  en  panie,dc 
forte  qu'il  a  à  prefcnt  le  né  fort  enfoncé  &c  luy  fort  à  l'ordinaire  du  pus  foerijc 
par  les  narines  auec  perte  de  l'odorat  :  d'autre  cofté  les  humcL:rs  fc  iettent  auec 
vne  telle  impctuofîté  fur  levifag*: ,  qui  y  vient  cous  les  iours  des  nouucaux  bou- 
tons :  il  y  a  deux  mois  qu'il  le  rompit  vn  apofteme  au  petit  coin  de  l'œil  gau- 
che,apres  lequel  il  eft  rcfté  vn  vlcere  fordidc  :  le  fourcil  6c  la  paupière  droittc  fe 
font  aufîî  enflés  3c  fe  forme  des  nouueaux  apoftemes  en  ces  partiel. 

Il  me  fouuient  auflî  d'auoir  étéconfulté  par  deux  Gcntilhommcs  de  Fri- 
bourg  il  y  a  quelques  ânnées^aufquels  il  étoit  auflj  demeuré  des  vlccrcs  fordi- 
des  &  puants  dans  les  os  cribrcux  après  de  femblablcs  parfums,  Ohferttation  23. 
Centur,  11. 

OBSER- 


Obfcruations  mélces.  559 


OBSERVATIONXVr. 

Sur  le  mimefmet^ 

VN  Maçon  de  Paycrne  ayaat  trauaillc  quelque tcmps,à  faiic  des  fondements 
de  muraille  auprès  dVn  ruilfeaujfut  trauaillc  d'vne  douleur  grauatiuc  aux 
ïambes  auec  engourdilïèmcnt,  il  ne  tint  point  ^ç  compte  de  Ton  mal  ni  de  mon 
confeiline  fe  fcruant  que  de  celui  de  Charlatans  &:  ignorants  ,  mais  la  chofe  en 
cft  venue  là  qu'il  ne  marche  à  prefent  qu'appuycf  fur  des  potences  auec  vne  ex- 
trême diiïicultc,fi  graritte  cft  la  débilite  izs  nerfs  &  des  parties  nerueufcs  :  vn 
de  ces  vauneants  ayant  promis  de  faire  des  merucilles  en  ce  mal ,  fit  vn  parfum 
de  cinabre, antimoine  <5c  chofes femblables fans  auoir  aucunement  préparé  le 
corp5,cc  qui  augmenta  extrêmement  la  débilite  des  iambeé,  Se  comme  il  n'eut 
point  d'égard  aux  yeux  il  luy  vint  vne  dangereufe  ophthalmie,qui  l'auroit  pri- 
uc  de  la  veu'c  fi  ic  n'y  cufic  pourucu:0^/24  C^«Mi. 


OBSERVATION     XVj^ 
2)''U«  bubon  vénérien. 

DAns  l'accouplement  aucc  vne  perfonne  infc6lce>le  conduit  de  la  verge  & 
tous  ceux  des  parties  génitales  étants  fore  ouuerts  &  dilatés  ,  la  vapeur 
maligne  fc  fourre  à:iT\%  les  vênes  les  plus  proches  iufqu'aux  plus  giades,  &  des 
la  aufoycainh  la  malîè  du  fang  cft  infcdéc:  lefoye  en  outre  s'cchaufte  telle- 
ment par  cette  copulation  illégitime,  &:  fa  chaleur  naturelle  diminue  en  telle 
forte ,  qu'il  n'engendre  point  de  bon  fang  &  s'acqùitc  mal  &  imparfaitcemcnt 
detoutcs  (es fondions  :  en  fuite  ilne  pioduit  que  dzs  crudités  IcfqucUcs  la  na- 
rurc{^qai  cft  toulîoins  attentiuc  à  confcruer  les  parties  nobles)cha(îè  aux  emon- 
*  âroires  du  foye ,  aHànoir  aux  aines  ;c'eft  ainfi  que  s'engendrent  ces  tumeurs  Se 
abfcésquelcs  Médecins  appelcnt bubons  vénériens,  deiquels quelques  vnss'en- 
gendrct  d'vne  matière  qui  approche  plus  du  fing,qui  viennent  aisément  à fup- 
puration;  les  autres  d'vne  humeur,  épaiire,gUnnte  &  ffoide>qui  fuppurcnt  aucc 
grande  dii^icultrj-iufqucls  il  faut  âporter  plus  de  foin  .ï^  diligenccxar  la  nature 
n'étant  pas  quelquefois  afsés  forte  pour  poulfer  cette  matière  iulqucs  au  dehors, 
elle  demeure  cachée  entre  le  péritoine  ot  les  mufclcs,d'où  elle  enuoye  continuel- 
lement des  humeurs  malignes  au  foye  ,  quel. l'jcfois  elle  y  creufe  des  grandes  fi- 
nuofitcs  &  âporte  dîucrs  accidents,  car  les  humeurs  q!ii  font  infectées  de 
cette  maligne  qualité  retournent  au  fovc  ,    infeilcnt  la  malfc  du  fang  & 

Yyy     2 


n^ 


^40  LiureSîxié 

palFcnt  de  là  à  des  autres  parties  du  corpsj  comme  cela  cft  arriuc  à  vn  homme 
de  gtanJc  réputation, lequel  ctancincommojc  d'vn  bubon  en  l'aine  droicc  6c 
ayant  ictardc  quelques  mois  de  Refaite  ouarir  »  cette  matière  acre&  maligne 
le  ictcalur  le  quatiicme   nerf  de  ceux  qui  ierucnt  au  mouucment  de  la  cuiiTè, 
qji  eft  le  plus  grand  de  tous  :  ce  quiluy  caufa  vne  fciatique  très  violente  ,  la- 
quelle ne  luy  donnoit  aucun  rclàcrie  ,   &  le  trauailla  extrêmement  des  mois 
cjKiers  ,  car  il  y  auoic  aulîi  ,dcs  conuullions  ,  fiéurc  continue  ,  inquiétude, 
veilles  j  dcgoutl  &  dcfùihnccs ,  apics  quoy  il  deuint  tellement  exténue  qu'il 
ne  luy  rcftaquc  la  peau  Se  les  qs  auec  le  mouucment  de  la  telle  &c  des  bras  : 
ayant  êrc  demande  aucic  des  Mcdecins  célèbres  pour  confulter  ,  nous  nous 
Icruimcsd'vne  infinité  de  mcdicam^urs  tant  en  dcdaii§  que 'dehors,  mais  auec 
peudv  luccés ,  carie  bubon,  C  ce  qai  eft  remarquable  J  à  pêne  paroilîoit'il 
au  dchors,^non  par  vne  gianJe  dureté  quiétoit  en  l'aine  :  il  n'y  auoit  aulfi 
prcfque  point  de  douleur ,   car  celle  de  la  fciatique  couuroit  celle  ci  :  Enfin 
après  auoir  appliqué  plufîeurs  médicaments  attractifs  ôc  fuppuratifs  ,  le  bu- 
bon fut  ouuert  par  le  moyen  du  Cauftic  ,  duquel  il  fortit  paGé  dix  liures  de 
pusen  l'eipacede  fix  (Se  fepc  iours  :  il  fc  rompit  au(Ti  des  abfcés  yers  le  grand 
rotateur  de  la  cullfe  comme  aufli  eu  la  felfc ,  defqucls  il  fortit  vne  fi  grande 
quantité  de  pus,que  chacun  defefpera  de  fa  faute  ,  car  quoy  que  les  douleurs 
&  les  conuulfions  cuirentccfoé,  ilcft  ce  que  l'inquiétude  étoit  toufiours  fem.- 
blable,  principalement  de  nuiCl  :  il  luy  venoitaufll  quelquefois  des  défaillan- 
ces auec  dégouft  ;  Nous  pourueumes  fi  bien  à  tous  les  accidents  par  médica- 
ments internes  ôc  externes ,  qu'il  commença  vn  peu  à  reprendre  fes  forces  ,  ôc 
après  s'être  fcrui'quelque  temps  des  bains  de  PfetFcr  &  de  Baden  il  fe  retira. 
chésfoy. Oh/lé  ^,Cent,f^. 


OBSERVATION     XVIII. 

Des  vlceres  ver.erîens  en  la,  Bouche» 

VN  Sauoyard  étant  incommoJc  long'temps  d'vn  vlcerc  vcneiicn,  auec 
carie  en  loi  dms  le  palaiî,au  Coic.  gauche  de  la  mâchoire  ,  le  feruit  plu- 
iîeurs  fois  de  la  de^  cduioa  dcgaiac,mais  lans  fruiâ:  :  enfin  il  me  vint  trouuer  à 
Laufanne:  après  auoi:  bien  préparé  le  corps,ie  me  feruis  de  l'onguent  mercurial 
par  lequel  il  fut  bien  toll  rcmis,il  fe  fcpara  véritablement  vue  efquiile  de  l'os  du 
pfalais ,  mais  coiïîme  l'vlcere  étoir  proche  dts  dents  (  ou  l'os  du  palais  eft  fort 
ép^is,  J  ii  fe  iecouuiit  parfaitement  bien  de  chaivn'ay  remarque  la  même  chofe 
en  vn  autre. qui  étoit  trauaillé  d'vne  vilaine  ozine  venerienne,par  ou  l'on  peut 
reconnoître  que  le  mer;urc  apj^liqué  cndt:h*rs  ,  quoy  qu'il  s'aille   rendre 

aisément 


Obferuations  mêlées.  j4c 

aisément  à  la  bouche,  ôc  qu'il  y  chanie  aucc  foy  quantité  de  pituite ,  que  c\il 
neantmoins  vn  trcsairuic  remcde  en  vne  telle  forte  d'vlccrcs  ,  Ôc  que  c'eft  Icnr 
contrcpoifon:  mais  en  mefcruant  d'iceluy  ie  faisvfer  de  gargarifmcs  faits  cm/i 
/cahiofa,  rojïs,  plantaoine,  betonica  ac  meierofaceo  aut  DUmorcm  \  que  s'il  y  a 
quelque  pouriiture,  i'y  aioutc  quelquefois  vnc  goutte  ou  deux  d'onguent  >£- 
gyptiac  auec  vnc  tente  ;  mais  il  faut  fe  donner  garde  autant  qu  il  eft  poflible, 
de  ne  toucher  pas  aux  dents  qui  en  dcuicndroyent  noires:  l'ay  audiaccouftumc 
de  mettre  fur  telle  forte  dVlcercs  malins  &  veneriens,qui  font  en  la  bouche, 
auec  grand  fucccs,  de  l'eau  d'aifenic  ainfi  préparée,  ^.  Arfemci  cryfiaUini 
fiibtUilfimctrui'^i).aq,roftr,pUatag.&fcabiof<tan,'î^i\.  ie  mets  le  tout  dans 
vne  phiolc  afscs  grande,  que  ie  laiflè  14.  heures  fur  le  fable  ou  fur  les  cendres 
chaudes,  puis  donnant  vn  plus  grand  feu,  (3c  ouurantla  phiole,  ie  fais  boliillir 
vn  quart  d'heure  durant  le  fable  &  la  phiole,  eftant  refroidis  d'eux  mêmes ,  ie 
fais  palfer  cette  eau  à  trauers  vn  drap  ou  vn  linge,  &  trempant  vn  pinceau  de- 
dans,i'en  touche  légèrement  les  vlcercs:  mais  il  faut  apporter  du  foin  en  l'ad- 
miniftration  de  ce  remède,  prenant  garde  principalement  de  faire  bailïcr  la  tê- 
te au  malade,n  tôt  que  l'on  a  porté  le  pinceau  trempé  en  cette  eau  fur  l'vlcere, 
de  peur  que  lafaliue  ne  tombe  dans  i'eftomach,  partant  il  ne  faut  pas  confier 
l'application  à  des  apprendfs  ,  cncor  moins  audomcftics  du  malade  :  il  faut 
auffi  prendre  garde  qu'il  ne  fe  iette  point  de  dcfluxion  fur  la  partie,  &  qu'il  n'y 
vienne  point  d'inflammation,  de  peur  d'aiouftcr  vn  mal  à  vn  autrcjce  que  i'ay 
veu  arriuer  en  des  légères  incommodités  débouche  ,  pour  s'ctrc  ferui  mal  à 
propos  &  à  rebours  de  ces  médicaments.  Obfern.  15.  Cent.  6. 


OBSERVATION      XIX. 

*Z)'z/«  vlccre  vénérien  dans  les  parties  homenfes. 

VN  ieune  Sauoyard  âge  de  20.  ans  fort  robufle,  auoir  vn  vlcere  vénérien 
tout  au  bas  du  fcrotum,  auec  àcs  douleurs  de  tête  5c  de  iointure  qui  le 
trauailloycntdc  nuit ,  outre  des  autres  lignes  allures  de  vérole  :  il  me  vint 
trouuer  à  Laufanncl'an  1601.  &  trouuay  qu'il  auoit  la  moitié  du  fcrotum  fie 
du  tcfticule  rongé  :  il  y  auoit  vn  vlccre  au  palais  auec  carie  de  l'os  ;  luy  ayant 
ordonné  vne  bonne  fa^on  de  viure,  ie  le  purgeay  par  vne  prife  de  pilules  ,  Je 
Ichdcmain  ie  luy  ouuris  la  bnllliquc  gauche,  parce  que  la  douleur  de  tête  êroit 
plus  grande  en  cette  partie,  &  qucrvlccrc  du  palais  penchoitplus  àtct  côcc: 
le  luy  fis  après  piendre  des  apozemes  préparatifs  (Se  purgatifs  cinq  matins  de 
fuite  :  &c  pendant  que  ie  preparois  ainfi&  purgeoisle  corps,  ie  ne  laillay  rien 
en  arrière  de  ce  qui  legardoitrvlccrc,  en  après  ie  frotlayles  iointures ,  alà- 
iioir  les  coudes,  les  poignets,  les  genoux  «Se  les  pies  auec  l'oiîguent  mercuiial, 

Yyy    3 


^41  Liurc  Skicrac 

iuiqu  à-cc  qu'il  iuy  fat  venu  douleur  &  inflammation  aux  gcnciucs  aucc  flux 
de  boflche  :  ainfi  la  douleur  de  tête  &  â:s  ioinrurcs  ccfla  ,  Ôc  fut  guéri  en  mê- 
me temps  de  la  vcrole  &  de  Ton  vlccrc  aufcrotum  &  genitoirc  :  il  fortit  auflî 
vne  légère  efquille  de  Tvlccrc  du  palais  ,  qui  futaufli  par  après  guéri.  ObferHa- 
tira  80.  Cent-  x,. 


OBSERVATION     XX. 

2>«  malheureux  fuccés  des  ventoufes  appliquées  fnf  les  épaules. 

VNe  Dame  de  Cuilli  prcs  Laulannc  >  ctawt  trauaillce  de  long-temps  d'vn 
mal  de  tcftc  accompagne  de  rournoycment ,  Ce  fit  appliquer  dc5  'ven- 
toufes le  corps  étant  impur,  peu  de  temps  après  les  bras  furent  faifis  de  paraly- 
fic:  ayant  été  demandé,  iela  fis  purger  conuenablcment ,  ôc  Iuy  ordonnay  des 
mafticatoires,  des  fudorifics  ,  après  icl'cnuoyay  aux  bains  de  Valay  ,  elle  fut 
en  fin  rcmife,  mais  auec  beaucoup  de  pêne  i?c  de  dcfpence. 

le  me  fouuicns  encor  qu'va  Potier  de  terre  Allemand  demeurant  à  Laufan- 
nc,  &  incommodé  de  même  d'vne  douleur  de  tête  auec  vertiges ,  tomba  en 
Pacalyfie  après  s'être  fait  appliquer  des  ventoufes  :  il  alla  en  plufieurs  Bains  6c 
confuma  tout  (on  auoir,  mais  il  mourut  à  la  fin ,  car  ayant  dés  faieunellè  ma- 
nié de  l'eau  &  de  l'argille  qui  eft  froide  ,  les  parties  en  furent  tellement  affoi- 
blics  ,  &c  la  chaleur  naturelle  fi  fort  diminuée  ,  que  quoy  que  l'on 
cuft  employé  les  plus  généreux  médicaments  ,  ils  ne  furent  ncantmoins  pas 
fuffifants  pour  emporter  ce  mal  :  les  apprenrifs  doiuenc  apprendre  par 
là  à  ne  pas  faire  marcher  les  remèdes  copies  auant  les  vniucr  fels.  Obferu,  75. 
Cent»  5. 


OBSERVATION      XXI. 

Du  malhenreHX  fnccès  de  rapplication  des   ve^itoNfes  pour  arrêter 
l'hAmorrhagie  dn  nés. 

LEs  Médecins  fçaucnt  que  l'application  des  ventoufes  fur  les  épaules  ôc  h 
nuque  cft  vn  excellent  remède  pour  arrêter  riixmorrhagie  du  nés  :  i'ay 
neantmoins  remarque  qu'elles  auoyent  été  appliquées  au  prciudice  du  mala- 
de :  vn  Patrice  de  Berne  âgé  de  40.  ans  ,  replet  &  de  bonne  conftitution, 
comme  il  Iuy  fut  veau  vnchœmorrhagic  par  le  nés  ,  fe  fit  appliquer  des  ven- 
toufes auprès  du  feu  parle  confcil  du  Médecin  ,  ce  qui  augmenta  tellement  le 
flux  qu'il  rendit  quelques  liures  de  fang  en  peu  d'heures  :  ayant  été  demande. 


Obferuations  mclées.  543 

ic  le  trouuay  en  la  cuifinc  auprès  d'vn  grand  feu,  &  tout  k  plancher  couucrt 
de  fang  auprès  de  luy  :  ie  le  fis  incontincnc  r^rirer  d'auprès  du  feu  Se  oi'-^nis 
tout  le  dos  aucc  le  Uniment  fuiuant ,  ^.  ol.  nymph^.ofar.  çfr  ''cîolar.  m.  %  ]. 
car/iphor<e,aceto  rofuc.  fo/uu  3/.  m.  inmortarîo  :  ic  fis  incontincnc  d^s  iit-aturcs 
aux  bras  &  aux  iambes,  vers  le  iarretjhien  rerréosn'c  kiy  applic|'iay  fur  le  fionc 
vn  linge  trempé  en  eau  &  vinaigre  :  ic  luy  mis  dans  les  narines  de  ma  poudre 
à  arrêter  le  fangjauec  des  tentes  trempées  en  vn  blanc  d'œuf  :  le  lang  s'ar- 
rêta par  Ces  remèdes,  &  le  malade  reprit  peu  à  peu  Tes  forces  :  or  l'cbullition 
dufangauoir  (-te fi  grande,  que  non  feulement  il  fortoit  des  narines  hurle- 
ment, mais  il  dcccndoitaufli  dans  l'eftomach,  où  s'étant  caille,  il  îc  rendit  à 
abondamment  par  le  vomiifemcnt,  que  le  malade  m'a  alTurc  qu'il  en  étoit  forci 
pafsc  neuf  pots  en  peu  de  iours ,  qui  font  27.  iiures  :  c'eit  certes  vne  chofc  ad- 
mirable, qu'il  y  ait  eu  vne  fi  grande  abondance  dcfang  en  vn  feul  corps,  &  qui 
n  ctoit  pas  desplus  grands. 

Que  les  \c\inçs  apprennent  icy  que  quand  le  fang  fort  de  q'uelle  partie  que 
cefoit,  qu'ihie  faut'pointéchau^er  Iei;orps  ,  lii  frotter  le  dos  auec  i\cs  lin- 
ges chauds ,  encor  moins  mettre  le  malade  auprès  dix  feu  :  car  ie  dos  étant 
cchauftc ,  le  fang,qui  cft.dedans  la  vcne  caue,  s'é.haufff,  dénient  fubcil  &  acre, 
prompt  à  couler  :  auiTi  Hippocrate  enfcigne  Sed.  5.  aph.  2.5.  Qifence  cas  il 
fe  faut  feruir d'eau  froide  ,  l'appliquant  fur  le  lieu  duquel  découle  le  fan»  en 
abondance  ,  &  d'où  l'on  croit  qu'il  doit  découler  :  Le  peuple  a  âcoutumc 
quand  le  fang  fort  par  le  nés,  de  ietter  iur  le  col  du  m.aladc  en  cacheîte  ,  de 
l'eau  froide,  afin  qu'elle  déccndc  par  le  dos  en  bas  iufqu'aux  reins  ,  ce  qui 
rcullitfouucnr,  car  premièrement,  à  caufe  de  lafurprife,  le  fa  no-  retourne 
à  fon  origine  aifaucir  le  Foyc,  aind  nous  croyons  que  la  crainte  rend  les  per- 
fonncs  pâles  &  froides  :  en  après  Cette  afpcifion  d'eau  ftoide  rcfioidit  le  fane 
en  la  véne  caue  qui  court  au  long  du  dos  &  l'épaiflir  en  quelqiie  fîÇon.O^/ij, 
Cent.  6. 


OBSERVATION     XXII. 

D'vne  inflammation  dti  Foye  après  l application  des  ventoujes  fur  U 

région  â'iceluy, 

GAlien  en  fon  cinquième  liure  de  la  méthode  de  guérir  ,  confcille  l'appli- 
cation des  ventoufes  fur  la  région  du  Foye  pour  arrêter  l'hcEmorr-hagic 
du  nés  :  mais  l'hiftoire  fuiuante  fait  voir  que  cela  ne  fe  peut  pas  faire  (ms  dan- 
ger: vn  Gentil-homme  de  la  fuitte  du  Prince  de  luliers,  ayant  vne  grande  hx- 
raortlugiedu  ncs,fc  feruit  du  confeil  d'vn  Chirurgien  afsés  entendu,  lequel 
entr'autres  remèdes  luy  appliqua  des  grandes  ventoufes  fur  la  région  du  Foyej 
le  fang Ycritablcmcut  s'arrêta,  mais  il  furuinc  vne  inflammation  de  Foye: 


54  4  '  ï-'uf S  Sixième 

Cofme  Slotanu5  Chirurgien  du  Princs  ayant  eftc  demande ,  voyant  que  les 
foiccsccoycnrcncor  bonnes,  luy^rdonnavnc  bonne  façon  de  viurs  fobrc  & 
lafraichilïantc  ,  de  après  luy  auoir  donne  vn  lauemenc  doux,  luy  ouuric  la  vc- 
ne  aa  bras  droit ,  &  tira  enuiron  Cix  onces  de  fang  :  il  luy  fît  auiîi  prendre  vn 
iuleprafiâichlirant  incontinent  après  la  Aigncc,  ik  encor  vn  autre  à  miniiic; 
il  oignit  audî  deux  foisleiout  iur4u'au  qnairicmc,  tout  le  coftc  auec  les  hiiy- 
les  fuiuantes.  ^.  ol.  rc/kr.  myrtill.  an.  ^i\.  ol.  abfynth,  ^&.Jantal.  rub.  &  fnbti- 
lîjfjrin  5/j.  camphor£  96.  acetirofAc.parum  m.  Il  fut  enfin  remis  après  quel(^ncs 
laijcmcnts,  vne  douce  purgation  &:  la  continuation  d:-*  ce  iulcp. 

l'eftime  donc  que  quâ  1  le  fang  fort  de  quelque  part, qu'il  vautniieuxâpliquer 
des  médicaments  vn  peu  rafraichilTànrs  fur  le  foye  &  (ur  la  ratte,  que  des  ven- 
toufes,  principalcmentquand  l'hasmorihagieell  grande  auec  ebulliciô  àz  fang, 
car  comme  les  mcdi:aments  rafraichitlans  cpailillcnt  le  fang,  le  rendent  moins 
fluide  ^reJcrrcnt  les  vaitîcaux,aufîi  les  ventoufes  l'attirent  auec  les  humeurs^ 
les  cfprits,&  arrêtent  par  ce  moyen  quelquesfois  vne  h.çrnorrliagie,rr!ais  com- 
me quand  l'hxmorrlngie  efl:  grande,  le  fmg  boult  dans  les  veines  &  le  Foye, 
étant  fubtil  &  êmu  ,  il  eft  facilement  attire  par  l'application  àcs  venronfes  fur 
i'hypochondre  .*  ce  qui  certainement  ne  pût  pas  clhe  fait  lans  danger,  à  caufe 
de  l'importance  de  cette  partie  :  que  fi  au  contraire  il  y  auoit  drs  obftruc- 
rions  dans  les  vifceres,  iiy  auroitdu  danger  d'appliquer  des  chofcs  fort  rafrai- 
clnlfantes,  de  peur  d'y  arrêter  i?«:épai(rird'auantage  la  matière,  Oufernat.  j^j 
Cent.  1, 


OBSERVATION      XXII L 
Dh  maimais  fuccès  d  '\ine  faignêe  au  bras. 

VNieunc  Gentil-homme  de  Berne  âge  de  24.  ans,  de  conflitution  cliv.iJe 
&feche,  mais  rempli  demauuailes  humeurs, ayant  demeuré  quelques  an- 
nées en  garnifon  à  Lyon,  s'y  fi"  cuurir  il  y  a  deux  mois  la  médiane  du  bras 
droit  auec  la  lancette,  incontinent  après  ilicntit  de  la  douleur,  non  feulement 
au  coude  mais  an(fi  par  tour  le  bras ,  qui  alloit  iufqu'au  bout  des  doigts.-  h- 
pouce,  le  doigt  indice  &  celui  du  milieu,  furent  faiiîs  quelques  iours  d'vn  cn- 
gourdllfement  auec  douleur,  puis  après  ils  perdirent  le  fentimcnr  &C  le  mou- 
iiement  :  le  brasanflii  vint  à  enfler  extrêmement  iufqu'a  l'épauL',  peu  de  iours 
après  la  faignée  ,  Ce  qui  l'obligea  de  s'addrdP-r  à  vn  autre  Chirurgien',  lequel 
s'étant  feruid'inonûions,  de  carapiafmcs  &■  chofcs  fcmblablcs ,  la  tumeur  du 
bras  difparut,  hormis  au  lieu  ou  la  fafgnée  aucit  été  faitte,  ou  il  demeura  vne 
tumeur  beaucoup  plus  grolf:  que  le  poing  ,  comme  il  fut  de  retour  en  (on 
pays,  ie  fus  demande  &:  vis  vne  tumeur  afscs  dure  au  coude  ,  &  le  lieu  ou  la 

vcne 


des  Obferuâtions  mêlées.  545 

vcnc  auoic  ctc  piquée,  vn  peu  liuide ,  ce  qui  me  fait  fouucnir  dVn   fcmblablc 
cas  qui  eft  arriuc  à  L^ufanne  en  l'an  1597.  M  idamc  Bcnoire  Malagnie,  ayant  eu 
fa  ieunclîè  vne  fièvre  continue  ,  futlaigncccn  la  médiane  par  l'ordre  du  D. 
Albert  Roux  ,  ce  qui  fut  fuiui  de  pluficurs  &  méchants  accidents  :  outre 
quele  brasenfli  extré.TiJment,  car  il  fcmbloit  que  la  nature  cnuoyoit  fur  le 
bras  la  caui'e  du  mal,  airauoir  les  humeurs  fupciflues:  ayant  ctc  en  fin  deman- 
de, &  ayant  applique  delTus  des  maturarifs  quelques  iours  de  fuicce,  l'abfvéife 
rompit  au  même  lieu  où  la  vcnc  puoii  ctc  ouucrte  :    il  en  fortit  vue  grande 
quantité  de  pus,  quafi  l'cTpace  de  djux  mois,  ôc  tandis  qu'il  couloit,  les  acci- 
dents diminuoyent  peu  à  peu  ,  de  forre  que  le  bras  reprit  fa  première  force.* 
Confideranrdonc  à  part  moy  comme  les  médicaments  auoyent  bien  rciifli  ca 
cette  fcmme,*S<:  l'axiome  gcncral  des  Médecins :Qje  les  contraires  fî-  dctruifenc 
IVn  laurrcj&ce  que  dit  Hippocr.  liù  àe  flatibus^  Que  tout  ce  qui  eft  dur,^oit 
être  ramolli  &  relaxe,  ie  mis  dt (fus  quelques  iours  defuitte  des  maturatifs 
&  fuppuratifs ,  après  lefquels  rapoftcmcs'ctant  ouucrt ,  il  en  foitit  du  pus 
très  puant ,    mais  mclc  aucc  graïKÎc  qr.an;i:é  de  far  g  ik  d'hi-meurs  fercufcs; 
alors  Monfieur  le  D'xlcui  D.irthcl -mi  Di.ns  Médecin  ortiinaire  de  la  Ville, 
m'ayant  êtéadioinc,  nous  filmes  tous  nos  ctfoits  pour  furmonter  les  acci- 
<lents  qui  furucnoycnt,  maisen  vain  ,  car  le  b.as  cnÂoit  tou^ions  de  plus  en 
plus,  le  fang  a-ulli  v'mi  à  lortir  h  :*bonâamment  (  non  pas  pourtant  tous  les 
iours,  mais  Iculomcnt  de  deux  iours  l'vn  ,  ou  de  trois  en  trois  J  qi/on  eut 
beaucoup  de  peine  à  larictcr  :  en  fin  la  gangrené  y  vi;n,  &:  premièrement 
au  lieu  même  cù  on  auoir  donne  le  coup  de  lancette  ,  laquelle  palîà  en  peu  de 
ioursiurqu'àlamaiti&aux  doigrs ,  ^'ayantfiii  en  mortification,  il  fut  ne- 
cclfaire  de  couper  1:  bias  entre  le  coude  <5^  l'épaule:  ie  fis  h  .urcufement  l'o- 
pération le  .Cptiéme  de  ce  mois,  &  toutes  chofes  fem^blent  être  en  alfurancc 
iurqu'àprtfcnt 

On  me  dira  peut'-ctrc  que  cette  tumeur  étoit  vn  aneurîfme  ,  ie  refpons  que 
ce  n'en  pouuoit  ras  écre  vn,  veu  que  l'on  n'y  a  iamais  veu  aucun  battement, 
comme  il  y  en  a  en  l'aneurifrae,  au  contraire  il  y  auoic  duiilcur ,   cngourdillc* 
ment  (Ss:  en  fin  pnuition  de  icntimcnr,  ce  qui  fait  voir  que  ce  n'eftoit  pas  vne 
artère  qui  auoic  efté  piqace,  mais  le  tendon  du  mufclc  biceps,  qui  a,Tes  ncrft 
de  la  fixicmcws:  fepricme vertèbre,  lefqucls  vont  au  pouce,  au  doi^t  indice 
&  celui  du  milieu:  ladoileur  donc  a  fait  attraâiion  des  humeurs  de  tout  le 
corps  quife  lowr  ramnfsces  autour  du  lieu  ou  a  ctc  faite  la  faignéc  ;  or  ces 
humcus  craiits  malignes  &"  acres,  tant  à  caufe  delà  grande  caCochymie  du 
maladc,qu'à  caufe  delà  maladie  vénérienne  qu'il  auoic  tu,  i^»:  d;laquvlleii  n'a- 
uoit  pas  cite  bien  remis,  elles  rongèrent  peu  à  peu  la  veine,  firent  inrîamrra- 
tion  &  éteignirent  la  chaleur  naturelle  ,    ce  que  nocs  dccouurimes  manife- 
ftcmjcnt  après  auoif  coupé  le  bras  ,  car  on  voyoit  en  la  partie  interne  du  brjs, 
à  l'endroit  ou  paiïè  la  bafilique,  vn  conduit  qui  étoit  tant  en  la  partie  du  bras 

Zzz 


34^  Liure  Sixième 

qui  auoic  cftc  coupcc',  que  dans  le  tronc,  par  lequel  ce  pus  fi  puant  dccendoit 
du  corps  Cl  abondamment ,  de  forte  que  ie  fus  contraint  après  que  le  bras 
fût  été  coupé,dc  corriger  cctcc  corruption  aucc  le  Cautère  actuel:  Ohferti.jo. 

Cent.  4. 


OBSERVATION     XXIV. 

D'vne  tHmeuY  au  bras  après  vne  faignée  faîte  ?nal  à  propos. 

G Eorge  Von  Buren  Bourgeois  de  Soleurre  homme  cacochyme  &c  fuiet  à 
de  grandes  obftrudions  des  vifcercs,  âgé  de  cinquante  ans,  fefit  faigncr 
en  la  veine  bafiliquc,  le  corps  étant  impur,  fans  necefîitc  &  de  fon  mouue- 
ment,  &  rcuenant  ce  ic.ir  là  d'vn  fcftin  ou  il  auoit  fait  bonne  chcre  ;  le  lende- 
main de  la  faignée  il  fentit  de  la  douleur  au  lieu  ou  auoit  été  faite  i'incifion, 
qui  n'étoit  pas  grande  au  commencement ,  maisobfcure,  laquelle  augmen- 
ta infenfiblement  &  deuint  fort  grande,  ce  qui  attira  vne  grande  quantité  de 
ferofités  fur  la  partie  :  le  malade, &  le  Barbier  qui  auoit  fait  la  faignée,fe  trou- 
uants  bien  en  pénc,  ie  fus  auflî  demande  ôc  trouuay  le  bras  prodigieufement 
enflé  dés  l'épaule  iufqu'au  bout  des  doigts  auec  inflammation,  &  des  boutons 
qui  étoyent  parfemés,  comme  Ci  c'cuft  efté  vn  herpès  miliaire  :  d'où  il  fortoit 
vne  Cl  grande  quantité  d  humeurs  fcreufes  &  acres  que  rien  plus  :  il  y  auoit 
aufli  vne  telle  inquiétude,  auec  deftruâiion  d'appétit  &  des  forces,  la  fièvre 
auiîiles  douleurs  ôc  l'inflammation  étoitfl  grande>que  i'apprehendois  que  la 
gangrené  n'y  vint  bien-tôt,  ôc  qu'il  ne  peut  iamais  guérir  :  i'entrepris  neant- 
rnoins  la  Cure  en  cette  manière  :  ayant  ordonné  vne  bonne  façon  de  viure, 
cciourU  mémeiedonnay  ouuertureau  ventre  par  vn  fuppofitoire ,  car  il  ne 
vouloir  pas  oiiyr  parler  des  lauements:  après  le  fouper  ie  luy  donnay  vn  peu 
de  laudanum  auec  eau  de  canelle  &  confedtion  d'Alkermes  ,  ce  qui  le  fit  repo- 
fer  quelques  heures  cette  nuit  là  :  le  lendemain  ie  luy  fis  prendre  vne  petite 
médecine,  qui  n'opéra  quafi  point  >  mais  le  iour  fuiuant  luy  ayant  donné 
de  mon  phlegmagogue,  il  alla  trois  ou  quatre  fois  du  ventre  ,  6c  vomit  vne 
fois  fans  aucune  incommodiré  :  le  mis  fur  le  bras  des  médicaments  qui  ap- 
paifent  la  douleur  ,  fortifient  &  rcftaurenr  l'humidité  radicale  &  la  chaleur 
waturclle,  confumcnt  les  humeurs fuperflues  &c  refiftent  à  la  pourriture:  après 
quoy  il  commença  à  Ce  porter  vn  peu  mieux ,  &  ayant  pris  quelques  iours 
de  fuite  des  apozcmes  pour  ouurir  les  obftruélions  des  vifceres,  &  pris  par  in- 
fieruallcs  démon  lenitif  phlegmagogue  &  des  médicaments  qui  purgent  les 
eaux,  i!  fut  fi  bien  remis  qu'il  eftencor  en  bon  érai:on  voit  par  là  comme  il  eft 
dangereux  de  medicanîenter  yn  corps  qui  eft;  farci  &  rempli  de  mauuaifcs  hu- 
meurs 


Obferuatîons  tnélécsl  547 

meurs:  auflî  Galien  dit  4.  meth,  med,  Qi/il  faut  iuger  vnc  playe  ctrc  grande, 
non  feulement  quand  elle  fc  rencontre  en  vne  partie  importante,  ou  àcaufcdc 
la  grandeur  d'ieclle,  mais  auflî  quand  elle  fc  trouue  en  vu  corps  impur  &  ca- 
cochyme,veu  que  Ton  voit  fouucnt  après  vnc  légère  blclîure,  venir  des  incom- 
inoditcs  grandes  &  mortelles}  car  les  mauuaifes  humeurs  fc  vont  rendre  de 
tout  le  corps  à  cette  partie  comme  à  vne  Cloaque ,  ou  elles  dcttuifcnt  la  cha- 
leur naturelle,  &  font  diucrfitc  d'accidens.  Obfer.ji.  Cent.  4. 


OBSERVATION     XXV. 
Uvne  Artère  ouuerte  auec  la  véne. 

LE  Chirurgien  doit  bien  prendre  garde  quand  il  ouurc  la  veine  bafiliquc 
ik  la  médiane ,  car  celle  là  a  vnc  artcre  dcllous  foy ,  &  celle-ci  à  le  ten- 
don du  mufcle  biceps  ,  ainlî  il  peut  artiucr  qu'il  oftèncera  l'vn  ou  l'autre: 
L'an  1587.  vn  Barbier  ouurant  la  bafiliquc  à  vn  certain  de  Gencue,  piqua  en 
même  temps  l'arterejqui  fut  fuiuie  d'inflammation,  aneurifme  &  gangre- 
né ;  &  le  malade  n'ayant  pas  voulu  fouifrir  qu'on  iuy  coupa  le  bras,  il  mou- 
rut bien-tôt  aptes  :  il  y  a  quelques  années  qu'vn  Ba;  bier  à  Cologne  ,  faignant 
vne  ieune  fille  en  la  veine  médiane ,  piqua  en  même  temps  le  tendon  du  muf- 
cle biceps  qui  eftdelîous  :  il  furuint  incontinent  après  vne  violente  douleur 
auec  inflammation  de  tout  le  bras ,  «Se  danger  de  convullion  :  ayant  eftc 
demande  auec  le  Do6tcur  Henri  Botterus  Mcdecin  du  Djc  de  luliers&c 
nous  le  purgeâmes  ,  luyoigiiimcs  le  bras  auec  des  chofes  anodynes,  &  appli- 
cafmes  dts  cataplafmes  de  mefme  faculté»  nous  ouurifmcS'ia  veine  de  la 
cheuillc  du  pic  ,  de  forte  qu'elle  fut  remifc  :  Au  traité  de  la  Gangrené  j  cha- 
pitre 4. 


OBSERVATION    XXVl. 

De  lafaignèe  Neronique. 

ÎL  y  a  vne  couftume  en  Allemagne  qui  (c  pratiqre  principalement  parmi 
nous,  d'ouurir  la  véne  en  même  temps  aux  deux  mains  ou  aux  d'eux  bras,  la- 
quelle façon  de  (aigiiei  i'ay  appelé  Neronicnne  ,  de  laquelle  fc  feruoycnr  les 
Tyrans  quand  ils  vouloyent  f  lire  grâce  à  leurs  amis,  comme  le  pratiqua 
Néron  en  Scneque:  cette  façon  de  laigncr  ne  peur  eftrc  que  dangfrcufc,car  par 
ce  moicn  il  fc  fait  vnc  grande  agitation  du  iang  5c  des  humeurs  dans  le  corps 

Zz  z     1 


54.8  Liure  Sixième 

6c  en  mcme  tcwps  vn  flux  &  reflux  fur  lcspardes,comme  ces  exemples  le  font 
voie 

L'an  i6ii.  Moiificur  Nuolas  Hcnzius  Profc{rcLir  de  la  Langue  Grecque  à 
Berne,  s'ctant  Icntiau  Printemps  las  Se  pefatn  par  tout  le  corps  auec  des  rap- 
ports &:  pcfantcur  de  tcte,  fc  fit  ouiirîr  deux  veines  en  mcme  temps,  fans  s'être 
purge  auparauanr,  adaiioir  au  deux  bras  :  cette  grande  agitation  du  langue 
deshumcuis,  fit  dccendre  auec  impecuolîcc  les  humeurs  peccantes  au  fonde- 
ment, ou  c'cft  qu'il  Icutit  de  la  douleur  trois  heures  après  la  faigncc  ,  premie- 
ment  aucc  ptlantcur,iS:  par  après  piquante  ,  de  lortc  qu'il  fut  fort  inquiète  la 
nui:  fuiuantc:  le iouraprcs  ayant  voulu  le  premener doucement,  la  douleur 
augmenta  incontinent,  l'inflammarion  Â:  l'enflure  :  il  iuiuintaufll  vnc  fièvre 
très  ardente  ,  auec  inquiétude,  nausée  &  autres  accidents:  ayant  été  enfin  de- 
mande, ic  pourueus  aux  accidents  autant  qu'il  me  fut  poflTible  &  fis  meurir 
l'abiccs,  lequel  fe  rompit  peu  de  temps  après  à  côté  du  gros  boyau  :  c'eft  vnc 
chofe  incroyable  quelle  quantité  de  pus  en  fortit  i3<:  très  puant  ;  or  le  finus  de 
cet  abfccsmonroit  droit  vers  l'os  f;icrum,à  collé  de  l'inteftinum  redum;  il  fut 
guéri,  mais  auec  vnc  très  grande  pcne,  Se  eft  en  vie  à  pre(ent  fans  qu'il  loit  re- 
lié aucune  fiftule,  ce  qui  eft  admirable. 


OBSERVATION     XXVII. 
2)«  mannais  fncces  d'vnefaignée  en  vn  corps  impur. 

L'An  \6i6.  au  mois  de  Février  vn  Serrurier  de  Berne  ,  nommé  Ican  Stale, 
homme  robuftc  Se  de  bonne  conftitution,  après  auoir  été  faignc  en  cette 
manière  (ans  aucircftc  purgé,  commençaàlc  trouuer  mal  cette  nuit  là  même. 
Se  àTaiibe  du  iour  eût  de  grands  fiillons  :  vn  peu  de  temps  après  il  luy  vint 
vneiiiflammaiion  au  Fuye  auec  fièvre  trcs  ardente  :  au  quatiicmc  iour  il  eut 
vnccrife,  les  mauuaifcsharsicurs  cftants  décenducs  fur  le  fcrotum  du  côté 
droit  ou  il  fe  ht  vn  grand  abfc  es,  duquel  neantmoins  ie  le  remis  heurcufe- 
ment. 


OBSERVA    TIO   N      XXVIII. 

De  la  Saignée  Neronienne  en  vne  femme  enceinte. 

L'An  i(îi4.la  femme  d'vn  Tilfcraa  de  Berne  nommé  Jean  Laurcnt,ctant  cn- 
cei-ircfe  ht  à  la  peifuafion  de  quelques  femmes  ouurir  les  vtines  aux  deux 
piés(^car  plulîeurs  femmes  ont  cette  opinion  qu'elles  âcouchent  plus  heureufc- 
mcnt  fi  elles  fc  font  faigner  aux  pies  ks  derniers  mois  )  i.ncontineiK  après  elle 

com- 


des  Obfçrimtions  mclccs,  549 

commençai  fc  trouuer  iDal&  le  même  iour  ut  ks  douleurs  d-^  iwiimcmcm  ù 
vio!cnt«  qu'elle  accoucha  dV»  enfant  moir,  k*V  cjui  ii'croir  pasàrermç,  ^à 
pcnc  cwhapat'clleaprcs  pluficuis  zccidsmy,Olff,^i.Cen[y  l . 


OBSERVATION     XXIX. 

Du  mauuais  fuccés  â'''ônefaignée  en  'j»  corps  impur, 

EN  partant  par  Auenchc  l'an  1614.  ie  vis  vn  Coufturicr  de  Bcrnr,  nomrrc 
HicrofmeZubel  âge  de  40. ans, qui  croit  prcfque  aux  cxtremirés  :  ayant  tra- 
uaillc  quelques  iouis  au  Château  ,  il  fut  (ai lî  d'vnc  irri/uillànccde  dorn-.ir,de 
forte  qu'il  palîà  lîx  ou  fcpt  iours  l'ans  fermer  l'œil  ,  ne  faifart  rourc  la  nuit  que 
fe  promener  par  la  chambre:  la  Tcfte  commençant  àluy  fure  mal,  à  caufedcs 
cfprits  qui  s'ctoycntéchaufés  par  ces  veilles,^  perdant  aufli  l'apctir,  il  s'addref- 
fa  à  vn  Batbier,qui  croyant  que  tous  ces  (ymptomes  ne  venoyent  que  du  fang, 
luy  ouurit  la  véne  au  bras  gau.hc  fans  le  p  uiger  auparauanr,maisàpcnecuc'il 
Acenuiron  cinq  onces  de  lang  qu'il  fut  laili  d'vn  mal  de  cœur  &  fcmbant 
par  terrc'jil  fut  aulfi  attaque  d'epilcptic  ,  la  fimmc  de  Moniîcur  le  Br.ililfluy 
donna  incontinent  de  l'eau  de  muguet,  de  psoijia  aucc  corne  de  ceif,  ainli  il  (e 
rcmitpeu  à  peu:demi  heure  après  que  cet  aces  cpil.pciquc  fut  arrêré,cct  im- 
pertinent Baibierluy  ouure  la  véne  du  pouCe  au  bras  droite  en  tira  quanti- 
té de  (ang  j  mais  tandis  qu'il  coulo;t  il  eut  cncor  vnc  attaque  d'cpilepiic  fivio- 
lente,que  chacun  crut  qu'il  s'en  ailoit  mourir  ;  la  f  mme  év  B  n'ilif  luy  donna 
cncor  des  mêmes  eaux,mais  elles  n'eurent  pas  vn  même  !uccês  :  y  étant  venu 
enuiron  les  de»x  heures -p; es  miai ,   ic  le  tio.iuay  comme  3!:x  extrémités  :  le 
poiilsc'oit  h  thangfant  que  ie  n'en  ay  iamais  vcu  vn  Icmblable  en  pcrfonne 
qui  airéchapi  é,cai  il  ctoit  quelquefois  fo:t  &  v;'llr,quclqucfi)is  tardif,  inégal, 
formillant, petit  (îk  langui{îanr,&  cequicltencor  plus  admir.ble  ,  ilétoitpar 
fois  tellement  intermittent  Os:  mmqaoit  en  telle  (orte  ,  que  l'on  croyoit  qu'il 
auoit  rendu  l'amejcar  il  nes'arrétoic  pas  vnc  pulfation  ou  dcnx  ,  mais  quatre 
cinq&  quelquefois  d'auanragCjdeiorrc  que  l'on  poiîuoit  f:!:re  quatre  ou  ciuc 
pas  par  la  chambre  pendant  cet  internallc:  durant  ccrrc  inrermirtion,!on  corps 
étoit  iansm.ouuement  &  rclpirationcom.me  à  vn  apoplrdliqae  ,  ilaujitles 
yeuxouucrts  &  fixes  fans  aucune  apparence  de  vie,hoimis  qu'il  auoir  delà  cha- 
leur au  corf  s  ^  mémos  aux  extrémités  ,  fi  toft  que  ie  fus  aniué  ie  !uy  o'gnis 
les  narines,  les  leures  &  les  tempes  aaecdu  lue  de  Rue  dans  lequel i'auois  dif- 
fout  vn  peu  de  theiiaquc;  ie  luy  mis  des  epithemcs  ch.^.udsfur  le  cœur  Si  fur  les 
poignets,  luy  fiifant  prendre  vnepoudïe  antipilcptiquc  aucc  coi.fcctiond'al- 
kçrmcs  en  eau  de  muguet,  piuoine  &  betoinc:  vn  peu  après  qu'il  eut  pris  cette 

Z  z  2     A 


,.Q  Liurc  Sixième 

potion  aucc  quelques  autres  remèdes  &  qu'il  eut  rccouiiert  la' parole,  ilcom- 
fneiiçi  à  tcucr,(c  iccrant  décote  &  d'autre  dans  le  lict  ,  mais  il  repofa  vn  peu 
après  la  minuid  :  luy  ayant  fait  prendre  h  même  potion  encor  le  iour  fuiuanr, 
ilfe  potta  mieux  contre  mon  opinion  &  celle  de  tous  les  affiliants  :  puis  l'a» 
yant  purge  &  fait  obferucr  vne  bonne  façon  de  viure  ,  il  fut  bien  toft  re- 


ms. 


Il  faut  remarquer  icy  i.  Ce  que  peut  faire  la  nature  quand  elle  cftrobufte, 
même  conti-e  l'attente  du  Médecin,  car  ie  fus  oblige  voyant  ce  pouls  il  bigar- 
ré Se  Cl  foible,mêmc  intermittatit ,  de  déclarer  auxaflilliants  qu'il  ne  tardcroic 
pas  à  mourir  :  &  neantmoins  comme  il  ctoit  icune  &  robufte  il  fut  guéri  en 
quatre  iours  :  orenfaifant  mon  progao{lic,i'auois  cfgard  à  ce  qui  arriue  tous 
lesiourscn  la  pratique  &  à  ce  que  ditGalicn  ySi ,  die- il,  l'artsre  fait  vne  paufe 
de  deux  puUationSjie  ne  crois  pas  que  perfonne  puilFc  rclcuerj&:  au  même  liurc: 
le  ".mouuement  de  l'artcre  s'il  cil  naturel  ,  c'cll  vn  iignc  de  faute  ;  quand  ii 
cft  deprauc  ,  de  maladie  :    mais  quand  il  e(l  ctuieremenc  intermittant ,  de 

mort.  ,        .  ;, 

u  0:i  voit  combien  il  cil  dangereux  douudr  les  vencsendeux  lieux  en 
même  temps  <?c  oppofites  :  car  cela  fait  vne  grande  agitation  &  confufion  des 
humeurs  :  J.  Qu'il  ne  faut  point  ouudr  la  vêue  que  le  corps  n'ait  crc  purge 
auoarauantjCar  y  ayant  vne  double  replction  en  cêc  horamc,allauoir  quant  aux 
vailfeaux  &:  quant  aux  forces  ,  ayant  été  fuied  a  l'epiicphe  depuis  deux  ans,& 
n'ayant  point  ce é  purgé  auant  la  faignéc,il  e(l  très  certain  que  de  cette  agitation 
du  fano-&  des  humeurs  qui  au'?»yent  été  échauffées  par  les  veilles  précédentes, 
il  s'eleua  beaucoup  dcv;ipeurs  qui  montèrent  aucœur,Sc  au  Ccrueau&  firent 
les  fufdits accidents;  Ohf.ii.Cent,^. 


OBSERVATION     XXX. 

^*vne  dangereufe  ophihalmie,auec  perte  de  la  vev'é  &  de  la  parole,<jtn  afmd  la 
faionéede  la  vêne  du  front. 

VN  Coufturier  de  Bsfle  nommé  Michel  Kcfler  âgé  de  ^o.ans,étant  trauaillc 
delongtempsdedoul-nirsdeTcfti  auecac.:csepileptiques,  s'addrcilàà  vn 
Barbier  auquel  il  parla  de  fou  mal,lequel  incontinent  .!<c  fans  préparer  le  corps 
luy  ouuritcc  rameau  de  la  vcne  du  front,  qui  en  quelques  vus  penche  vn  pca 
du  coté  gauche:en  ce  même  moment  l'œil  perdit  fon  mouucment,dcmeurant 
fixc,immobilc  &  fcrmé:la  douleur  de  Telle  augmenta  &  luy  vint  vne  fi  grande 
inflammation  en  l'œil  gauche,  que  les  humeurs  en  fortircnt  par  l'érofion  àcs 
mcmbranes,ôc,cc  qui  cft  encor  plus  confidcrable  ,  après  la  perte  de  la  vcuc  de 

cet 


Obfcruations  mêlées.  551 

cet  œil  j  il  perdit  bien  toft  h  parole ,  mais  il  la  recouura  en  partie  par  rvfagc  des 
médicaments  qui  luy  furent  ordonnes  par  des  Médecins  de  Bjfle. 

Les  leunes  Chirurgiens  doiuent  apprcndic  par  cet  exemple  à  agir  priidcm- 
ment,quand  il  cft  qucflion  d  ouurir  la  vêne  du  front  U  de  ne  l'entreprendre 
pas  ransleconrcilduM£decin:Hippocrate  parlant  dcrouucrtuiedc  cette  vênc 
dit,qu'elle  fert  à  celuy  qui  a  mal  au  derrière  de  la  Tefte ,  car  par  icelle  on  fait 
en  même  temps  reuulfion  évacuation  de  la  mjticrc  coniointe  :  mais  il  faut 
voir  fi  cette  douleur  vient  par  fymparhic  ou  par  idiopathie,  car  fi  elle  vient  par 
fympathicjc'cften  vain  que  l'onouurira  la  vêne  duftont,veu  que  parjce  moyen 
on  attirera  cncor  plus  le  fang  &  les  humeurs  au  Cerneau  :  or  puis  que  l'œil  Se 
les  nerfs  quiferuent  au  mouuemenrd'iceluy  icà  lavoix,nontaucune  commu- 
nication auec  la  véne  du  front,  il  faut  examiner  comme  ces  accidents  font  ar- 
riucs  :  Tous  les  Anaromiftes  âuouent  que  la  membrane  adnatajou  fc  forme  l'o- 
phthalmie,reçoic Tes  vencs  des iugulaires externes,  orcommMlfaut  faire  vne 
ligature  vn  peu  ferrée  au  col  quand  on  veut  ouurir  la  véne  du  front ,  le  fm<y  a 
ctc  attire  en  haut  par  vne  certaine  violence  du  refte  du  corps,  &c  à  rempli  les 
vênes  qui  font  éparfes  par  la  peau  de  la  Tefte  &  lepcricrane,  Or  la  tunique  ad- 
nata  tirant  fon  origine  d'iceluy  ,  &  cet  œil  étant  peut  erre  dcia  foiblc  à  caufc 
des  conuulfions  epilcptiques ,  le  fang  &  les  humeurs  s'y  font  aisément  allé  ren- 
dre à  caufe  de  la  ligarure  qui  a  été  faite  au  cohil  fe  faut  donc  contenter  de  ferrer 
médiocrement  le  col  quand  on  veut  ouurir  la  vêne  du  col  ou  celle  qui  eft  fous 
la  langue  :  or  cette  Hgature  a  non  feulement  attiré  le  fang  parles  vcnes  exter- 
nes,mais  auiTi  pluficurs  mauuaifes  humeurs  des  parties  ba(Ics,par  les  vènçs  in- 
ternes &  carotides ,  qui  iont  montées  au  Cerueau  &c  font  après  tombées  fur  les 
nerfs  récurrents  &  fur  ceux  qui  feruent  à  la  langue  ôc  au  mouaemcnt  de  l'œil: 
La  caufe  donc  principale  de  ces  accidents  a  été  que  le  corps  ne  fut  pas  purgé 
auantlafaignée.-Carlafaignée  du  front  eft  vn  remède  local  qui' ne  doit  mar- 
cher qu'après  les  généraux  &  n'a  lieu  que  quand  les  humeurs  ne  montent  plus 
au  Cerueau  ôc  que  la  plénitude  du  corps  a  été  ûUq  :  Obferumon  18.  Cen- 

tUY,  F» 


s 


OBSERVATION     XXXL 

De  quelques  accidents  furnenus  après  f  application  de  la 
Pierre  Catijîique. 

I  les  Gautcres  potentiels  font  appliques  bien  à  propos  ï  la  nuque,au  bras  & 
ibus le  gcnouiljil  ne  peut  arriuci  aucun  danger ,  ouy  biciî  s'ils  font  mii  im* 


55t  LiurcSkicmc 

prudemment  ;  Maicre  CUude  Marîon  Apothiquaîic  fort  expert  s'ctant  misluy 
mcrrjv  vue  {.n'erre  cauftiquc  fous  le  g  nouil  droir,  &c  n'ayaiîC  pas  bien  obferuc 
le  iicii  ou  ii  là  hiloit  apj:)liqiier  ,  en  fîr  bien  toft  après  la  peaircnce,car  il  furuinc 
incoiuiacnc  vn^forr  grande  douleur ,  inflammation  ,  ficare,  iniquicLude  auec 
danger  de  conuuliîoii  :  ayant  été  densandc,  i'oigais  chaudement  la  cuillè  & 
l'os  lacrum  aaec  huylss  vulpinum,  lumbricorum  ôc  ancth  puis  ie  mis  vn  dcrfcn- 
/îf  fur  \ç  genouil ,  enuelopant  la  iambe  aucc  vn  linge  trempe  en  oxyciat  ,  i'ou- 
misaufli  la  bafilique  du  bras  droit  .•  puis  ie  coupay  la  furface  de  rcfjhare  qui 
ctoit  fort  grande  ,  (car  il  auoirfait  le  Cautère  trop  large  J  ;>fîa  de  bailler  i!luc 
aux  vapeurs  &  faire  penctrcr  les  médicaments  :  puis  ic  mis  l'ongucnr  fuiuant 
pour  faire  tomber rcfcliire,  O^Vng:t.bAfilic.&  hutyr.recaj  roft£Joii,ol.Ulwr.a!b. 
an.Z  Çi.ol.àe  vuelUoHor,%ït.croci  9  i.mHcilag.fem.  cydonior.e^ctr.  cum  a^.  rofac.^  i. 
m.  Par  ce  moyen  la  douleur  &^  les  autres  accidents  cillèrent  peu  à  peu  :  mais 
comme  il  aiioit  mis  le  caullic  en  la  conioncbion  de  los  de  la  iambe  aucc  la  lî- 
bula  d'où  fort  vn  ligament  extrêmement  fort,lec]ucl  auolt  ccc  oftèncc  par  le 
cauflicjil  ne  peut  pas  entretenir  fa  fontanelle  ouuertc  à  caufe  6.^%  douleurs  con- 
liauelles  qu'il  endujoic-.rvlccre ayant  donc  ctc  confolidc,  ie  luy  eu  fis  vn  autre 
en  vn  lieu  conuenablc:  Ohf^^Cent.i. 


OBSERVATION     XXXII. 
De  la  manière  dappliijuer  la  pierre  canjiijne. 

JE  vous  enuoye  les  pierres  à  Cautère  que  vous  m'aucsdemap.dé,il  yen  a  des 
grandes  &  des  pctices,  afin  que  vous  puilTics  vous  feruir  dv-s  vues  ou  des  au- 
tres félon  le  fuict  ou  vousvoudrcs  hs appliquer  ,  alfauoir  lelon  que  la  peau  fera 
ou  cpaiiTe  ou  molle:!:-  les  lailîc  l'clpacc  de  cinq  ou  fix  heures  ,  ^  quelques  fois 
douze:  maisii  faut  bien  prendre  garde  de  ne  faire  pas  vue  tfchare  t.op  grande 
ni  trop  profonde,  car  outre  que  non  ieulement  cela  cft  fà:heux  &  caaf;  de  U 
douleur,  la  fontanelle  en  deuient  comme  inutile, à  caufe  de  l'erofion  d-s  vênes 
capillaires,  par  lefquelles  la  narurechalfe  [zs  mau  laifes  humeurs  :  quelq  jefois 
aufîi  les  parties  ncrueufesfont  ofFen:ces  par  le  caufti^js'il  a  fait  -^ne  trop  pro- 
fonde cfchare  ,  ce  qui  fait  vue  grande  ^  continuelle  douleur  &aut  es  grands 
accidents  :  que  fila  vene  t^'  l'artère  a  été  rongée  en  même  temns  par  ic  tauftic, 
cela  fait  vne  hajmonhagie  grande  &  Jangereufe,  comme  i-ciicit  Tvriue  Uy  a 
quelque  temps  à  vnGt;ndlhomme  de  Laufannc,  aiqucl  vnApothiq'iaifc  ayant 
applique  vn  cauftic  4u  bras  g,'aiche,&:arra:hiut  q^uiques  ionf-s  après  l'cichice 
qui  écoit  grande  &:  profonde  ,  il  furuint  vue  fort  gra;ide&  dangereule  hx- 
inorrhagie,caril  auwt  rongé  ce  rameau  fuperieurquehs  Anatomiitcsappelent 

Cephaliquc: 


des  Obferuations  mêlées.  5j5 

Ccf  halique:  Et  qiioy  que  i'y  fulFe  promptcmcnt  accouru ,  ie  vis  ncantmoins 
qu'il  auoic  dciacpanchc  quelques  limes  de  (ang,car  il  foitoitaucc  vnc  celle 
iropetuolîtCjquc  tous  les  adiftants  &  l'Apoîliiquaiie  même  ccoyent  cpouuantcs: 
i'aiTctay  hcurculèmenc  l'hcEmon-hagic  aiicc  ma  poudre  queie  metcois  fur  des 
ccouppes  trempées  en  vn  blanc  d'oeaf  par  dclfus  Tvicere,  lequel  fe  conloiiJa 
bien  peu  de  temps  après  :  vous  voycsauec  quelle  prudence  il  faut  appliquer  la 
pierre  Cauftiquc,  prenant  bien  giide  qu'en  fe  fondant  elle  ne  s'étende  trop  en 
largeur,  dequoy  vous  viendrcs  aiscmtn:  à  bout  par  le  moyen  de  riiiftrumcnc 
que  ic  vous  enaoyay  il  y  a  deux  ans:  Ol?f.j2.  Cent.^. 


OBSERVATION    XXXIIJ. 

D'vne  pierre  caujii^ue  qui  a  attiré  "we  tumeur  fnr  le  bras. 

IL  y  a  trois  ans  que  ie  fus  demande  pour  aller  au  Bourg  de  Moyrem>vojr 
François  Proli  âge  de  Go.  ans ,  qui  jtuoic  vue  grande  &  inueterce  douleur  de 
Ttftc:apres  Vs  rcmtdesgcn?iaux,îcluy  mis  vn  Cautère  Potcntiel,mais  au  bouc 
de  deux  ou  trois  iours  ,  il  lay  viit  peu  à  peu  vue  douleur  œdcmatcure  au  bras 
qui  augmenta  tellement  que  dci  l'épaule  iufqu'au  bout  des  doigts,  il  ctoit  aufli 
gros  que  les  i^r.:bcs  d'vii  hydiopique  :  ie  fus  donc  dcrc-h  f  deman  Je  6c  fis  des 
fcarifi calions  fur  ce  bras,dç  peur  que  cette  humJci'tc  fupeiflue  ne  diffipa  la  cha- 
leur naturelle  :  il  en  for  rit  quinicitc  dVau  claire  fcrrblable  à  de  la  kxfue  &  à 
celle  qui  fort  des  vlccres  des  liydropiques:  ie  ne  vous  dis  mot  àzs  remèdes  àz{-' 
quel  ie  me  luis  fcrt;i  pour  empêcher  la  corruption  de  la  partie  &  pour  dif^ 
iîpcr  Qyis  humeurs:  Par  le  moyen  d'iceux  ,  cette  tumeur  du  bi  as  fut  entièrement 
diflipcc:maiselie  rcuint  douze  iours  aores,  &  fut  derechef  confr.mee  en  par- 
tie par  les  mêmes  remèdes ,  ce  qui  obligea  les  parents  à  confultcr  diurrs  Méde- 
cins qui  ciûrtnt  que  cet  accident  ctoit  venu  àcraifc  que  le  Cauti-re  auoit  été 
applique!  lur  le  neif ,  &  qiuceluy  ayant  ctc  rongé  &  coupcjl'enu  en  forcoit  r-c 
plus  ne  moins  qu'elle  faitd'vn  faimcnt  qu'on  a  taille  :  mais  il  ctoit  impofîible 
que  le  cauftic  eût  atteint  \(,s  nerfs  qui  font  trop  profonds ,  en  après  il  auoit  crc 
mis  beaucoup  au  de  (fuS  du  tendon  du  mulclc  delroide  ,  il  mourut  trois  mois 
après  d'vne  Heure  !ente,le  bras  luy  étant  dercehtf  venu  g:oscom.me  \qs  ïambes 
d'vn  hydropique,  mais  fans  aucune  gangrené  ,  liuiditc  ni  douleur,hormis  vnc 
pelai  tcur .'  i'aurois  certainement  cru  que  l'application  du  Cautère  ctoit  caufe 
de  cet  accident ,  Ç\zz  n'ciitéic  vn  homme  qui  approchoir  des  70  ans,  car 
quand  la  nature  vient  à  dccliner,il  faut  peu  de  choie  pour  abbatrc  vne  perfbnnt: 
Ohfernq^.Cent.if^ 

Aaaa 


5^4  Liure  Sixième 


OBSERVATION    XXXIV. 

Des  daneereux  effets  de  r Antirnaine. 

IL  y  .1  deux  ans  qii'vne  Dame  de  Bemc,encor  ieune  &  de  bonne  conftitution, 
fe  pLiîgnoic  dVne  pefanteur  d'ctomach  anec  douleur  qui  venoic  de  crudircs, 
&;  s'craiu  addrefsce  à  vn  Mcdccin,il  luy  ordonna  vue  potien  pour  trois  prifes; 
]a  première  futfuiuie  d'vn  grand  &  fréquent  vomillcmcnt  :  le  iour  fuiuant  elle 
prit  la  reConde,qui  caufa  de  li  grands  èc  fréquents  vomiircmcnrs ,  que  peu  s'en 
falut  qu'elle  ne  mourut  &  fut  vn  peu  remife  fur  le  foirjiceux  étants  arrêtes, 
mais  elle  n'auala  pas  la  troifîcme  prile  qui  fans  doute  l'auroit  perdu  :  dans  les 
efforts  à  vomir  elle  perdit  i'ouyejapresauoir  eu  des  tintemens  d'oreille  accom- 
pagnes de  douleur  :  ce  Médecin  y  mit  dedans  certaine  liqueur,par  le  moyen  de 
laquelle  elle  recouura  l'ouye  de  l'oreille  =  gauche  ,  mais  on  ne  luy  a  iamais  peu 
rendre  celle  de  la  droite  ou  elle  auoit  eu  mal  auparauant ,  quoy  qu'elle  en  eut 
été  entièrement  guérie:  i'ay  opinion  que  dans  les  violentes  fecoulfes  du  vomilTè- 
menr,letympanum,qui  eftle  principal  organe  de  rouye,a  été  déchiré  &  rom- 
pu.'car  fi  cette  furdité  ctoitproucnue  de  quelque  humeur  gluante  qui  fut  atta- 
chée à  cette  iïiembrane,comme  il  arriue  es  violents  VGmillèments,  il  y  auroit  eu 
afTuremcnt  vn  grand  bourdonncmô:  d'oicille,maisicy  il  n'y  en  aquafi  pointrot 
ce  vomitoiren'étoit  lien  qu'vne  infufion  de  verre  d'antimoine,comme  le  gouft 
le  manifefl:a(car  la  malade  croyoit  boire  du  vin  pur)  &  la  violence  du  vomilïc- 
ment  accompagné  de  défaillances  &  d'autres  accidents. 


OBSERVATION     XXXV. 

D'^'jnejiupidité  d'e/prit  après  vne  potion  d'Antmoine. 

L'An  1619.  Vn  Empirique  téméraire  &  ignorant  qui  faifoit  la  Médecine  en 
CCS  quartiers,  perdit  prefqu'auec  fon  vomicoire.vnc  Darae  de  Solcurre  qui 
feplaignoit  d'vn  mal  de  Teile,elle  échappa,  mais  elle  deuint  folle  ,  ne  voulant 
point  fortir  du  \\ù.m  ne  parlant  poinr,finon  qu'on  l'in  te  rroga  ,  ne  demandant 
iamais  à  boire  ni  à  manger  :  que  d  on  luy  prcfcntoit  quand  elle  auoit  faim,ellc 
mangeoit  auec  bon  appetit,autrement  cllcrcfufoit:  ilenêtoit  de  même  quand 
il  luy  faloit rendre  fcs excréments,  car  quand  on  luy  demandoit, lors  qu'elle 
auoit  nccinîté,fi  clic  vouloit  aller  fur  felle,  elle  ft^rtoit  à  l'iwftant  du  lid ,  mais 

fi 


Obfcruations  mêlées,  555 

Cl  on  ne  luy  dcraandoit  pas,clle  laiflbit  aller  Tes  cxciemeiirs  comme  vn  petit  en- 
fant :  elle  ctoit  paifible  de  iouu  5c  de  Huit  ,  &  auoit  ordinairement  vu 
mouchoir  oci  vn  linge  entre  les  maip.s  qu'elle  ployoir,&déployoit,  tirant  &  ra- 
rHallantlcs  plurnesde  facoccr-c:mais  c'tll:  vue  choie  ctiange  qu'elle  ûc  Ci  peu  de 
fcntiment ,  que  l«y  étant  venu  vn  gi;iud  vlccreôc  pourri  en  l'os  lacrum  &c  au 
cropion  ,  àcaufc  dclacrimoaie  des  ex:rerr.cnts&  de  ce  qu'elle  croit  ordinai- 
rement couchée  fur  le  dos  ,  ncaurmoins  clic  ne  fe  plaignit  iamais  :  elle  demeura 
quelques  mois  en  ce  miferable  étar,&:  la  viiîcay  quelquefois  auec  le  Dodbcur 
ScharandasuSjcllc  fut  remife  par  fo-i  exrrcme  diligence  ôc  vécut  quelque  temps 
aprc?jayant  le  iugemenc  cndzïiO'jJ^Xll.Cent.V. 


OBSERVATION      XXXVI. 

Du  danger  quap^erisnt  les  médicaments  Chymi^ues. 

CE  bon  Vieillard,  lean  François  Roy,Aporhiquaire,ayant  été  trauaillc  de  la 
goutte  aux  mains,{c  lailfa  perfuader  à  vn  impolleur  (  qui  auoit  acheté  au- 
parauant  quelques  médicaments  en  la  boutique  )  de  prendre  vn  bruuage,qu'il 
difoitctre  composé  de  perles  &  de  pierres  prctieufcs  /à  pênel'eut'il  pris  qu'in- 
continent toutes  (çs  forces  diminuèrent ,  de  forte  qu'au  bout  de  trois  heures  il 
perdit  la  veucjrouycjapaiolej  le  mouuement&le  f;ntiment,apres  auoir  vomi 
vn  peu  de  piruite  j  L'étant  allé  trouuer  le  lcndemain,il  ne  fentoit  pas  quand  on 
le  piquoit  auec  des  c^^inglcs  6c  vécut  cnuiron  vingtquatre  heures  après  ce 
bruuage. 


OBSERVATION   XXXVII. 

Sur  le  même  fmet. 

VN  des  principaux  de  Cette  ville  fat  quafi  tue  par  le  même  impofteur  l'an 
i6zo.  car  ayant  pris  peu  de  temps  auant  le  difner  vn  peu  de  cette  eau  qu'il 
appelle  doréc,vn peu  après  comme  il  étoitencorà  table,  il  luy  vintvn  abbate- 
ment  de  forces  auec  des  vents  &  nausée  :  mais  le  venin  étant  mêlé  auec  la 
viande  ôc  le  bruuage,  fa  méchante  qualité  fut  éteinte  par  re  mélange  ;  «3«:  com- 
me la  nature  étoit  robufte  ,  elle  chalfa  tout  par  le  vomilîement  ,  ainfiil  fut 
remis. 

A  aaa     i 


jj^  Liiire  Sixième 

OBSERVATION     XXXVIII. 

Sttr  le  mhnefuiet^ 

1E  fus  demande  ces  iours  pafsc  pour  aller  au  Village  de  BurgdorfFvoir  yn 
ieune  homme  de  25. ans,  qui  auoir  été  tellement  gâté  par  les  venimeux  médi- 
caments de  ce  fouibj  qu'il  en  tomba  en  rne  maladie  dcicrperéc,&:  neantmoins 
cet  ignorant  &  fccleracna  rcçeu  aucun  chaftiment  du  Magilhat  ;  Obferu.  37. 
CetHurtV. 


OBSERVATION     XXXIX. 

Dm  mertftre  âidcifié  ou  de  vie  &  àefes  effets, 

1E  fçay  que  quelques  vus  s'chferaentaucc  fruid,  fay  veu  auflî  quelquefois  le 
^ontraire,vn  Charlatan  a  demeuré  quelque  temps  à  Berne,  ildonnoit  certai- 
ne poudre  très  blanche  (  qu'il  app^^loic  mercure  de  vie^  en  très  petite  quantité, 
car  il  ne  palïbit  pas  q'iatre  grains ,  fe  feruant  d'iccUe  en  plufieurs  incommodi- 
cés,maisie  plus  rouucnt  auec  danger  de  la  vie:i'en  parle  par  expeiicnce  :  Il  y  a 
quelques  années  que  ic  fus  demande  pourvoir  vue  Dame  deB:rne  auec  Mon- 
fieur  l^îul  LenruljsM£decin,ce  Charlatan  à  pêne  luy  en  donna  t'il  trois  grains 
(^car  iii'ai'oitpesé  en  picfcnce  de  fon  mari)  maisiliuruint  defi  rudes  accidents 
qu'a  pêne  l'a  ^'ûmes  nous  remettre  ,  car  elle  auoit  vn  grand  &  continuel  vo- 
mi'dementauec  des  défaillanccs,des Tueurs  froides  &  abbatement  Je  forces,de 
forte  qu  elle  fut  quelques  iours  de  fuite  en  dander  de  la  vie,neantmoins  elle  fut 
rcmile. 


OBSERVATION    XL, 
Sur  le  même  Suiet. 


I'Ay  fouuent  ouy  dire  qu  vne  Dame  de  Sole urre  nommée  Barbe  Grcdcrs,afth- 
matique,ayant  pris  de  la  même  poudre  qui  luy  fut  donnée  par  ce  Charlatan, 
elle  en  mourut  le  même  iour:le  mercure  donCjloit  qu'il  foit  crud,{bit  qu'il  foie 
métamorphose  en  mercure  de  vie  ou  mal  prcparé,ou  donné  mal  à  propos,cômc 

foQC 


Obferuations  mêlées.  55 ^ 

font  les  Charlatans,  dénient  le  plus  founent  mercure  de  mort ,  ou  bien  on  le 
peut  appeler  mercure  de  vie  cxç\:i\d\c.O(?feruatiorJs  tirées  de  la  lettre  de  l'authettr 
écrite  m  D.  Michel  Doringius, 


OBSERVATION      XLI. 

Sur  le  même  fmet. 

L'An  i(jio, traitant  à  Bafle  le  Sereniflime  Piincc  lanutz  à  Ratzvvil  aucc  Mc{^ 
fleurs  Félix  Plarer  «Se  Martin  Chmilicc  Mcdccins  à  BjIÎc  ,  il  pienoit  con- 
tre noftre  gré  &  confeil ,  parinteruallcs,  du  mercure  dulcifîc  :  mais  ie  puis 
aîTurer  qu*a  chaque  fois  qu'il  en  prenoit,  il  luy  furucnoit  de  grands  accidqnw, 
comme  des  défaillances,  vomiifemcnts ,  inquiétudes ,  oppieflion  de  poitrine, 
de  forte  que  nous  n'attendions  autre  chofe  flnon  que  fon  mercure  d^siz  luy 
fut  vn  mercure  de  mort:  on  dira  peut'- être  gii'il  n'auoit  pas  été  bien  préparé, 
mais  le  Médecin  du  Chefne  luy  même  l'auoit  fu't,  6c  l'auoic  fi  bien  accommo- 
dé au  naturel  de  ce  Prince,  qu'il  s'en  pouuoitferuirà  fon  aduis,  en  tout  temps 
&  en  quelle  incommodité  que  ce  fut  :  Vn  certain  mcdicaftre ,  dit  Laurent 
Hofmannus,  donna  à  quelqu'vn  deux  pilules  de  mercure ,  il  tomba  en  apo- 
plexie ayant  pris  la  première,  &  en  paralyiic  ayant  pris  la  féconde. 


OBSERVATION     XL  II. 

Sur  le  même  fuiet, 

L'An  1610.  il  vint  vn  Tambour  à  Berne  ,  qui  fe  vantoit  impudemment  de 
pouuoir  guérir  la  goutte  &  autres  maladies  incuiablcs,&  fcduifir  entr'au- 
treslebonMonfr.  François  Kenig  qui  étoit  goutteux  ,  auquel  il  donna  de  (on 
médicament  Chyrric  (  lequel  ie  crois  être  du  mcrcute^de  vie  par  les  accidents 
qui  arriuerenrj  vue  heure  après  l'auoir  pris,  ii  perdit  premièrement  la  vclie, 
en  après  l'oUye  6c  la  parole,  ôc  en  fiu  la  connoilïànce ,  puis  décéda 32..  heures 
après  comme  apoplcdique.  Obferti.ii.  Cent.  6. 


OBSERVATION      XLIIL 

Shr  le  mêîne  fuîet 

IL  y  a  quatorze  ans  que  Monfieur  Eleazar  Pcrialdus  Profcflcur  en  Phîlof»- 
phic  à  Laufannc,  ayant  pris  vn  bolus  d'antimoine,  contre  îàuis  de  Monfieur 

Aaa  a    3 


,.%  Liure  Sixième 

Albcii  Rofcius  Mcdecin  ôc  de  moy,  f^cju'il  aiioic  apporte  de  Paris ,  &  diToic 
âuoir  ccc  pieparc  par  le  D.  Du  Ch:lnc,  J  peu  s'en  faliic  qu'il  ne  rendit  ce  iour 
là  l'amc  auec  les  excréments ,  tant  fut  impctuaife  l'opération  par  le  haiic  ^ 
pat  le  bas  qui  dura  tout  le  ioui:  la  nuit  raiuaiitc  il  tut  faifi  de  grandes  douleurs 
de  bras  &  de  cuiiresauec  des  conuulùons  ,  f  hczuCe  de  la  giande  vacuation 
&  dcficcation  des  parties'  nerueulcs  J  défaillances  Se  abatement  de  forces,  par 
la  diiripation  des  clprits  viraux  Se  humi.iitc  radicale  :  Ayant  été  demandé 
auec  le  fufdit  Rofcius  à  deux  heures  de  la  nuit  ,  nous  luy  fîmes  prendre 
incontinent  vue  potion  cordiale,  nous  Iny  donnâmes  des  boiiillons  f^its 
auec  chapon  (?c  chair  de  mou:on,  pour  Iciorciii-r  (3:  rcftaurcr  rhumiditc  ra- 
dicale auec  les  cfprits  vitaux  ;  Nous  limes  oinJre  les  bra«,  les  iamb^-s  &  l'cfchi- 


ne  du  dos  chaudement  auec  le  linimcuc  fuiaaiK  :  ^  ol.  amygd.  d.  tùior.  alb. 
vioUr.  m.  fj.  ol.  Umbric.  vdfin.  pngued.  hnm  &vrfi.  m.  |«'j.  ?/î.  les  douleurs 
furent  véritablement  appaisces  ,  neaucmoins  il  mourut  pAÏliblcment  peu  de 
ioursanres,  tant  à  caufc  de  la  dinlpation  de  l'humidité  radicale,  qui  ne  peut 
point  élire  reftaurce ,  comme  aufli  d'vne  inflammation  qui  vint  au  foye,  par  la 
violence  de  l'attrailion  que  fit  le  médicament  de  la  circumfacnce  au  centre. 


OBSERVATION    X  L  I  V. 
Shy  le   mémefaiet, 

'Aiftre  Brun  Balancier  à  Cologi->c,  ayant 'pris  vu  petit  bruuaje  d'Anti- 
•. .  .M  moine  que  luy  donna  vn  Charlatan,  fon  cllomach  tuf  tellement  ému  5: 
ébranle,  qu'il  en  foufrit  vnc  hernie  d'eftomach,  de  laquelle  il  efl:  encor  incom- 
mode à  preferw,  (  17.  ans  après  la  piifc  de  ce  médicament,  j  l'ayant  vcu  encor 
l'année  pafsce  a  Cologne,  car  à  chaqui  fois  qu'il  baille  le  corps  l'cilomach  luy 
tombe  comme  dans  vn  fac,  non  fans  incommodité. 


M 


OBSERVATION      XLV. 
Sur  le  même  fniet* 

ESrant  à  Vormes  il  y  a  quelques  moisj  ie  fus  demande  pour  voir  vn  Bour- 
geois de  laville,nommc  Pierre  Daling  von  der  burgn'l  croit  trauaillc  d'vne 
hernie inteftinalc,qu'il  auoit  gagné  il  y  a  quatre  ans  pour  auoir  pris  vn  médi- 
cament Chymiquc(^queie  crois  être  de  rAntimoine,)qui  luy  fut  donné  parvn 
Charlatan  :  l'opération  fut  fi  violente  par  le  haut  &  par  le  bas,qu'il  en  fut  atta- 
que leiour  même.  ^„^r.,. 
^                                                                                                 OBSER- 


Obferuations  mclées.  559 


OBSERVATION      XLVI. 

Sur  le  mérnefuiet. 

IL  ya  zo.  ans  qu'vn  McL^erin  Italien  dit  le  D.  Srcrpin ,  exerçant  la  Mtdccine 
à  Tonnon  en  Sauoyc  fuc  le  Lac  Lcman  ,  voulut  donnera  vn  Gentil- hom- 
me,nommc  Monfieur  du  Fou ,  vn  médicament  Chymic  ,  pour  luy  rompre  &: 
chalfcr  la  pierre;  L-  malade  qui  auoir  en  aucrfion  telU  forte  de  médicaments 
le  refufanr,  ce  Médecin  luy  en  apporta  le  lendemain  en  double  quantité  ,  & 
afin  qu'il  le  pritaucc  plus  de  confiance^,  luy  même  en  prie  vne  partie,  luy  pre- 
fentant  l'autre  ,  après  quoy,  ils  moururent  tous  deux  enfcmblc  peu  de  iours 
après  :  on  fie  venir  de  Gencue  Monficut  lean  Antoine  Sarrazin  Médecin  te 
M*.  Ican  Griffop^,  mais  en  vain  :  Obfematton  tirés  d'vne  lettre  de  fauthenr^ 
écrite  an  D.  MichelDorîngiHs. 

OBSERVATION     XLVII. 

De  la  perte  de  veue  à  caufe  de  l'oh/lruSiion  des  nerfs  optiques ,  causée 
par  l'InunBion  mercuriale* 

LA  femmed'AndrcTrechfclBourgcoij  de  BugdorfF,  ne  s'ctanr  pas  bien 
comportée  en  fa  couche,  6c  n'ayant  pas  obierué  le  régime  conucnable, 
tomba  en  dcsobftru6tions  de  Foyc,  &  en  fin  les  iambcs  Liy  enflèrent  extremc- 
menCjà  caufe  d'vne  décente  de  fcrofirés,  elle  s'addredà  à  vn  Chaftreur  qui  Qins 
préparer  le  corps  en  aucune  façon,  luy  frota  toutes  les  iointurcs ,  &  niémes  la 
nuque,  auec  l'onguent  mercuriahaprcs  quoy  les  humeurs  mauuaifes  allèrent 
2uec  vne  telle  impetuofitc  à  la  bouche,  qu'elle  fut  quelques  iours  durant  en 
danger  de  la  vie,  car  toute  la  tefte  ,  principalement  la  face,  labouche  ,  lalan- 
guc  &  lesgenciueSjcftoycnt  tellement  cvi^czs ,  qu'elle  ne  pouuoit  pas  dire^vn 
mot  ni  aualler  du  bouillon  qu'à  grand  peine  ;  elle  guérit  à  la  fin  ,  mais  elle 
perdit  la  veuc:  elle  me  vint  trouuer  à  Berne,  où  l'ayant  bien  préparée  ,  tant 
par  vne  bonne  façon  de  viure  que  par  des  purgations  réitérées ,  ic  luy  fis  vn 
Seton  à  la  nuque  :  ic  luy  mis  de  mon  Collyre  fur  les  yeux  ,  &  luy  fis  boire  vn 
vin  medecinal,duqucl  elle  vfe  cncor  à  prefent  :  elle  fut  fi  bien  rétablie ,  qu'elle 
peut  à  prefent  lire  &  ccrii;^  &c.  ObfAy  Cent.^- 


5^Q  Liure  Sixième 


OBSERVA   TIO   N     XL VI II. 

De  l^i^norance  des  Sagefemmes. 

L  An  1611.  vne  Dame  conflderable  de  Berne  ,  étant  trauaillce  dVne  réten- 
tion d'vrincauec  grande  douleur  &  ftrangLiric,  lit  venir  des  fagcfemmcs 
Icfquclles  firent  tout  leur  pofliblc  pour  la  faiie  accoucher:  ma  femme  fut  auilî 
dcmandccjlaquelle  l'ayant  fecouru  au  dedans  &  dvliors",  il  foctit  vne  pierre  af- 
scs  grande  de  la  ve{lîe,&  porta  eiKor  deux  mois  fon  enfant  qui  vint  à  terme:on 
voir  par  là  combien  il  eft  nccelFairc  que  les  fagcfemmcs  &  toutes  celles  qui  fe 
mêlent  de  les  fecourir,  fçachent  diftingucr  vne  difliculrc  d'vriner  d'aucc  les 
trauaux  de  l'accouchement,  j^h  traité  de  U  Lithotomie  ch.  12. 


j  OBSERVATION    XLIX. 

Tyvne  Bâle  de  plomb  qui  a  demeuré  fx  mois  dans  le  CerHeaUifans  apporter 
aucune  incommodité. 

L'Expérience  fait  voir  qu  vne  bâle  de  plomb  peut  demeurer  dans  la  cauitc 
du  ventre,ou  entre  les  mufclcSjplufKurs  années;  maii  ie  ne  ci  ois  pas  qu'il 
fc  foit  vcu  aucun  exemple  que  cela  foit  arriué  au  Cerueau:  neai.tmoins  icfçay 
(  par  le  rapport  de  Maiftre  lean  Giiffon  Chirurgien  ries  cei  biP,  )  quccela  eft 
arriuc  :  Au  temps  de  la  gurrie  entre  le  Duc  de  Sauoye  ôc  la  ilcpubli^ue  de  Gc- 
neue  ,  lors  que  l'on  attaquoit  le  fort,dit  la  Clulc ,  vn  cei.taùi  de  Gjncue,appe- 
lé  Clerger,reccut  vn  coup  de  moufquet  au  front  auec  grande  fradti're  du  Crâ- 
ne :  ayant  eftc  amené  demi  mort  à  Gencue,  ledit  Giitfon  cncrcp:.it  !a  Cuie 
méthodique,  pourueut  à  la  grandeur  des  accidents  autanr  qu'il  luy  fut  po{^ 
fible>  &c  tira  quantité  d'os  fans  pourtant  trouuer  aucune  baie  :  il  ail  jre  neanc- 
moins  qu'il  fut  gueii ,  &  furuclcut  fix  mois  après  la  Cure  :  étant  mort  d'vne 
maladie  aiguë  il  luy  ouurit  le  Crâne,  &  trouua  la  baie  au  droit  du  fomm.t  de 
la  tcfte,  entre  le  Crâne  &  la  dure  mère  à  cofté  de  la  future  droite  ,  fans  que  la 
membrane  eût  cfté  otfencée  ,  car  la  nature  auoir  engendre  en  cet  endroit  vne 
certaine  matière  callcufe,quiferuoit  comme  d'oreiller  à  la  dtire  mcrc  :  Obf.  z» 
Cent,  2. 

OBSER- 


Obfirruatiotts  mêlées.  5^1 


OBSERVATION     L. 

En  quelle  fojlure  doit  eflre  le  maUàe  quA/id  on  luy  veut 
donner  vn  Latieme^t. 

LEs  laucments  font  de  grande  vtilitc  en  pludciirs  maladies ,  &r  principaic- 
Icment  (\qs  inceftins  j  pourueu  qu'on  les  donne  comme  il  faur,  àc  princi- 
palement fi  on  met  le  malade  en  vnc  fituation  conucnable  :  or  pour  connoi- 
trc  fur  quel  côté  le  malade  doit  ccre  firuc  ,  il  faut  fçauoir  ou  cfi;  loge  le  boyau 
colon,  lequel  prend  Ton  origine  là  où  finit  le  cœcum,very  le  rein  droit  &  bail- 
lant vn  contour,  va  vers  la  partie  caue  du  foyc ,  palfant  fous  le  fond  de  l'efto- 
mach  iufqu'au  côtcgauchc,ou  ils'appuyc  fur  la  rattc  ,  d'où  il  dcccnd  en  arriè- 
re palîant  fur  le  rein  gauthe  auquel  il  tftacr?chc  ,  en  cet  endroit  il  cft  plus 
étroit  qu'ailicurs.n'y  ayant  aucunes  cellules,  des  la  iidccend  ,  &  apre5  auoîc 
baille  deux  concours, il  aboutit  à  i'intcftin  rcdum  :  il  eft  donc  clair  qu'il  faut 
mettre  le  malade  fur  le  coftc  droit ,  car  fi  on  le  met  fur  la  gauche,  toute  la 
malle  desvifccres  comptimerariiKeilin  rcdum,  (Scptincipalcmcnt  la  derniè- 
re partie  du  colon  (  qui  dcccnd  fous  la  Rattc  &  eft  attachée  au  icia  gauch:,) 
de  forte  que  le  Clyllcre  ne  ponria  pas  paruenir  iufqu'à  la  capacité  du  colon, 
mais  s'arrêtera  en  ces  deux  deinicres  conuolutions  ou  il  ne  pourra  pas  demeu- 
rer long-temps:  mais  le  malade  étant  couché  furie  codé  droit,  le  lauement 
ira  facilement  iufqu'au  dtftour  qu'il  prend  fous  la  Ratte  &c  ira  fans  empêche- 
ment iufqu'à  la  Valuulc,  qui  eft  à  la  fin  du  Caecum  &  au  commencement  du 
Colum  ,  [inquelle  a  eftc  découuertepar  le  Do6teur  Gafpar  Bauhin,]  ainfi  tant 
plus  le  malade  retiendra  le  laucment,tant  plus  il  en  rcceura  d'vtilitc  ;  Obf.jj. 
Cent.  I. 


OBSERVATION      L I. 

Figure  GT  defcription  d'vn  Inflrument,  par  le  moyen  duquel  le  malade  fe peut 
aisément  luy  mime  donner  vn  Lauement. 

TOus  les  Médecins  fçauent  combien  les  L  auemcnrs  fontneccllàircs  en  fan- 
té  6c  en  maladie:  mais  comme  plufieurs  ,  &  principalement  des  femmes, 
les  refufcnt  de  honte  ,  i'ay  inuentc  l'inlhumeiu  fuiuanr ,  moyennant  lequel  il 
n'y  a  perfonne  qui  ne  puilïè  fe  les  donner  loy-incme ,  voyés  U  table  XVII.  de 
la  figure  7. 

RbbW 


5^2,  Liure  Sixième 

A  vne  Cannulc  de  bois  de  la  grofTeur  du  pouce  Se  de  24.de  long,de  uqucUe 
h  conduic  eft  de  lagiollcur  d'vnc  plume  de  Cygne,  car  tant  plus  il  lera  ctuoir, 
tant  plus  haut  monccij  le  lauement  3c  aucc  tant  plus  d'impetuofitét 

B  La  Cannule  commune  qui  (c  mec  dans  le  fondement. 

C  Vne  vcffie  de  bœuf  dans  laquelle  il  fàut  mettre  le  lauement  :  elle  doit 
ctre  attachée  en  vnbout  à  la  Cannule  maïquce  A  &  en  l'autre  à  l'entrée  de  la 
veflîe  marquée  D  qui  cft  aufli  faite  de  bois. 

E  La  Clef  de  l'entrée  de  dellus. 

F  La  Clef  de  la  Cannule  marquée  A  par  le  moyen  de  laquelle  le  lauement  eft 
retenu  en  laveflic  autant  que  veut  le  malade. 

Le  lauement  donc  ayant  été  mis  en  la  vedic,  il  la  faut  bien  fermer  auec  les 
clefs  E  F ,  &  le  malade  fe  courbera  fur  le  codé  droit,  puisfe  mettra  la  Canna- 
Ic  B  dans  le  fondement,  ce  qu'il  f:-ra  fans  peir.e  en  courbant  vn  peu  les  cuiircj, 
puis  il  mettra  des  linges  doubles  ou  des  étoupes  à  côté  de  la  Camiule,  de  peur 
qu'elle  ne  tombe,  à  caufe  dequoy  il  étendra  vn  peu  la  cuillè  gauche,  afin  que  le 
genoLiil  gauche  puilT^?  entrer  dans  le  iarret  de  la  iambc  dioitte ,  ainfi  la  Can- 
nule ne  bougera  point  du  fondemcnt,en  fin  le  malade  tournera  la  clef  marquée 
F  afin  que  la  Cannule  s'ouure,  &c  preÛcra  la  vcflie  auec  les  mains,  par  ce  moyen 
le  lauement  viendra  fans  difficulté  iufqu'aux  inteflins:  Ohf.  78.  Cenui. 


.-!j«— «. 


OBSERVATION      LIL 

QyCily  a  du  danger  en  l application  de  l'ar/èmc, 

ENtre  les  médicaments  defquels  on  fc  fert  en  dchors,il  n'y  en  a  point  de  plus 
dangereux  que  l'arfcnic,  car  comme  Galien  enfc!gne,c'eft  vn  médicament 
putcefa6tif  ou  feptic,  lequel  non  feulement  corrompt  &  fiic  pourrir  la  chair, 
mais  aufîî  cnuoye  certaines  vapeurs  malignes  Se  venimeufes  aux  parties  no- 
bles qu'il  ofTncc  fort  :  ôc  quoy  qu'ojî  le  mette  fur  les  bras  &i  fur  les  iambes  ôc 
antres  parties  éloignées  du  cœur  ôc  du  cerneau ,  fi  clt-ce  que  fa  malignité  ne 
lailfe  pas  d'aller  iufqu'à  cci  parties,  paifant  par  les  veines  au  foye,  où  il  impri- 
me vne  intempérie  chaudcj^  brûle  le  (ang  :  il  pénètre  au  cœur  par  les  artères 
3c  caufc  dcsdcfailbnces,  ii  monte  iuiqu'au  Cerueau  par  les  nerfs  ôc  produit 
des  reluerics ,  veilles,  inquiétudes  &  autres  accidents,  voire  quelquefois  la 
mort. 

Vn  Suiire  robufte  âgé  de  40.  ans  ayant  vue  tumeur  chancreufe  au  poignet, 
fe  mit  entre  les  mains  d'vn  Chirurgien  fort  habile  de  dode  ,  lequel  auoitde 
coultume  de  fe  fciuirhcuicrif-mcntdans  les  tumeurs  chancrcufcs  ,  écroUellcs, 
6<:c.d'vne  cerrd^iepoudie  d'arfenic  mcléauec  quf^lqu'autres  fimples,  maiselle 
i)e  luy  reijffit  pas  en  ce  càs,car  fi  tôt  aptes  qu'il  en  eût  mis,il  fiiruint  vne  violente 

douleur 


Obferuations  mêlées.  3<?3 

Joul.cur,  &  par  après  des  inquiétudes  j  veilles  ,  fîcvrc  ardente,  perpétuel  dc- 
gouft  aucc  vomiircment.*  enfin  étant  tombé  en  rcaciic  aucc  des  fréquentes  dé- 
faillances, il  mourut  peu  de  iours  après. 

La  même  chofe  arriua  à  vn  certain  Barbier,r.uquei  i'auois  ôtc  auec  beaucoup 
de  peine  vn  tubercule  qu'il  auoit  au  bout  du  pouce,mais  s'ctant  imaginé  qu'il 
n'étoit  pas  entièrement  emporté,  il  y  mit  vn  peu  d'aifèuic,  après  quoy  les  mê- 
mes accidents  luy  arriuercnc,  il  fur  ncanrmoins  remis. 

On  peut  comprendre  par  là, quelle  raifon  ont  ceux  qui  mettent  parmi  des 
laucments  des  trochifcs  où  entre  Tarfcnic  ,  la  chaux  viuc  ôc  l'orpiment  dans 
les  viccres  putrides  des  intcftiiis  3c  qui  gp.gDcnt  pays:  mais  il  vaut  mieux  quit- 
ter ce  médicament, veu  qu'il  cil  venimeux  X  mortel.  O^  80.  0;î;.6. 


OBSERVATION      LUI. 
Qne  le  ''^iri  employé  extérieurement  es2  contraire  aux  nerfs. 

IE  vous  aurois  repondu  plutôt  fi  l'incommodité  de  ma  m.ain  l'eut  permis,car 
ayant  à  mon  letour  de  Banefcnti  en  icclle  vue  manif^lle  inrempcric  froide, 
i'ay  voulu  faire  clFay  comvnc  ie  me  trouuerois  fî  icla  iauois  au^cdu  vin,  ic  me 
fuis  donc  ferui  trois  iour:(  de  luire  èz  deux  fois  le  iour  de  l'ciprit  d'iceluy ,  mais 
la  douleur  augmenta  tellement,  qu'à  pêne  pouuois-ie  remuer  le  petit  djigt, 
fans  douleur,quclqucs  iours  de  luitc,cc  qui  m'obligea  à  cercher  des  autres  re- 
mèdes par  Iclqucls  \zy  été  entièrement  icmis. 

I'ay  expérimenté  en  l'an  1614,  combien  il  eft  dangereux,  vn  Gentil  homme 
Sauoyard  qui  auoit  les  deux  iambes  paralytiques,  fe  ferait  quelques  ioui  s  de 
fuite  d'vn  bain  fait  auec  des  herbes  appropriées,  mais  cuites  en  du  vin,  au  bouc 
defquels  il  tomba  en  Léthargie  qui  l'emporta  en  trois  iours:  fî  vous  en  voulés 
fçauoir  la  caufj,la  voici,  la  vertu  lulphuréc  &  ignée  du  vin  monta  au  ccrucau 
par  les  nerfs,.^'  y  mena  auec  ioy  quantité  d  humeurs  excrcmeniiries  ,  cri/cs  6c 
pituiteulcs  qui  etoyentaurefte  du  corps,  f car  c'cftoit  vn  homme  cacochyme 
&  pituiteux)lcfquclles  caufcrcat  cet  ailopillcment  Ôic.  Ohf.  86,  Cem.6. 


OBSERVATION    LIV. 

Des  acciderits  ^na  causé  l' FmpLîftre  oxycroceiitn  &  de  ?nucilami^ftt 
appliqué  mal  à  propos. 

MOnfieur  le  Baron  de  Gorfier  âge  de  40.  ans,  homme  replet  &  robufle  en 
l'an  1605?.  ctant  mené  fur  vn  Traîneau  en  temps  dencge,  fe  foula  vn  p:u 

Bbbb   z 


5^4  Liure  Sixième 

le  genoiiU  droir,  Si  il  fut  remis  en  peu  de  iours  par  Tapplication  de  quelques 
médicaments  domcftics  :  mais  venant  à  fcntir  delafoibleflè  deux  mois  après 
en  cerre  partie  ,  il  s'addrclTaà  vn  Chirurgien  ignoranr,qui  y  fît  mettre  vn  cnî- 
plaftrc  de  parties  égales  d'oxycroceum  Se  demucilaginibus;peu  d'heures  après 
ii  y  furuint  de  la  douleur  qui  fut  fuiuic  d'inflammation  &c  de  prurit  5  &  en  fin 
deticvre,  auec  vn  Herpcsmiliaire  &  vne  grande  enflure  en  toute  la  iambe 
Se  laculir^  :  la  douleur  cftoic  violente  &  l'inflammation  fi  grande  qu'il  appré- 
henda que  le  mal  ne  fut  fuiui  de  quelque  grand  accident  ou  même  de  gangre- 
né: auant  mon  arriaée  il  auoit  été  purge  &  faigné,  on  auoic  aufli  applique  des 
remèdes  anodyns  &:  rcpcicurfifs:  neantmoins  l'inflammation  Se  l'Herpès s'é- 
tendoit  iufqu'adx  aines  ;  &  quoy  qu'il  fembla  que  le  mal  fut  fijr  le  déclin, 
neantmoins  ayvprchcndant  qu'il  ne  fcfit  vne  nouuclle  inflammation  Se  fluxion 
[  car  il  y  auoic  vne  grande  plénitude  ,  tant  celle  qui  cft  appelée  des  vailFeaux 
que  l'autre  dite  quant  aux  forces]  ietrouuay  à  propos  de  le  purger  derechef 
lentement  par  vn  apozeme  laxatif,l  ai  flanc  quelques  iours  entredeux ,  &  luy  fis 
encor  ouuiir  la  veine;  on  entoura  aufli  la  iambe  Se  la  cuillè  auec  des  bandes 
trempées  en  vne  Dccodion  de  chofes  déficcatiues  ,  refolutiues  &  corrobo- 
ratiucs,ainfi  il  fut  rerais  en  peu  de  temps;  Ohf.  100.  Cem.lV. 


TRAITE- 


TRAITE' 
ne 

L\  GANGRENE 

ET  D  V  SPH  AGELE. 

ContenafPtj, 

Vne  ample  déclaration  des  diffcrences,caufes,  fignes  & 

prognoftic  defdites  maladiesj  &  cnfcmble 

leur  Cure  Méthodique. 

Compose  en  François  par  G  VILLA  VME 
FABRICIVS    DE   HILDEN. 


^66 


A    M^  I  E  A  N   ANTOINE 

SARAZIN   ,    CONSEILLER     ET 

Médecin  du  Roy  de  France  ôc  de  Nauarre.   x 

Q?^SîEFR ,  ayant  derniercmenî  entendu 
ptr  U  l'otn  dernière  la  bonne  volonté  que 
vous  auez  en  mon  endroit ,  e?i  ce  que  de 
iiô:re  grâce  vom  vcm  êtes  offert  de  tenir 
U  m  Ain  k  ce  que  mon  traité  de  U  Gangre- 
né fiU  imprimé  corre^ement ,  ie  rn  en  fûts 
fent; parti' ffD  honoré  ,  n  ayant  jamais  osé 
fen\er  de  vous  donner  tant  dt  pêne.  Tou~ 
tesfûts  j/uis  q^e  zo'is  auez.  cpinion  que^ 
mon  dit  tra'té  pourra  feruir  (^  do  iner  dti 
profit  au  public ,  tay  ejlimé  fixir^  contre  le  àcuo  rquvn  chacun  doit  àjon 
prochain  ^fi  iele  reÇeruoyeplm  lor;guemrnt  pour  mon  vfigp  pirticul  er. 
Et  pourtant  ie  me  fuis  mis  en  àenci'  de  le  décrire  au  net  du  mieux  qtnl 
nia  etepofible.&levotis  renuoyer^ponr  en  di fp^fer  tout  a'mf  que  vous 
trouucreTetre  bon  :  é'  en  cas  qit  il  forte  en  lumière ,  vouloir  quant  dr 
quant  permettre  que  ce  fuit  fous  votre  nom ,  ^  ne  prendra  g^rde  à  ta  pe- 
tite valeur  an  Prefent  qui  vom  en  ejl  fait  ,  maù  à  la  bon/ze  ^  entière^ 
affection  de  celuy  qui  le  vous  dédie  (jr  confacre-^coînmef  c' et  oit  quelque 
chofe  de  meilleur.  Or  neji  ce  fns plufeurs  &  dinerfes  raifns  que  /o* 
fuà  inuité  a  ce  faire:  car  premièrement  vo  -i*  niaucz  donné  ta  \  t  depreu- 
ues  de  votre  bonne  amitié  que  ieferoispir  trcp  ingrat -^fi  ie  ne  tâchois  a 
le  reconnoitre  en  quelque  façon,  lem'affeure  auf^i  que  fans  auoir  égard 
du  peu  qui  peut  fortir  de  mapart ,  au  rejpe^t  des  fingulieresfaueurs  que 

vous 


vom  maue7  tONjîours  départies  ,  vou^  accepterez  ma  hofine  volonté 
pour  gage  àe  mon  affeciion  e^i  votre  endroit .  D'autre  p.trt  ayant  eu  ce 
bon  heuY  il  y  A  quelques  années  que  d'auoir  tra'itîé  en  votre  compagnie 
phjienrs  perjonnes  dr  de  ïjavte  à"  de  b^ffc  condition  travaillées  de  ma^ 
ladies  de  Gangrené  é"  de  Sphacele^  tay  eu  moyen  de  conférer  auec  v-ous 
familièrement  de  diucrsvomts  qui  concernent  tant  la  Théorique  qtit^ 
Pratique defdites maladies  ft  bienqi-e  ie.puis  dire àbo;s  droit, que  ce.j 
que  ten  ay  appris  ejl  en  partie  voire.  Et  à  prefent  ten  ay  dt  autant  plus 
âoccaji'in^ quil vom plait-^nonohdantvos grandes ^ continuelles  occU' 
pationSfVacquer  kceque  le  toutjoiî  reueu  (^  corrigé  ainfi  qutl  appar^ 
tient.  Or  te  confejfe  bien  que  ce  mien  petit  labeur  n^eji  pas  ji  bien  drefsé 
comme  te  Cauro  is  defiré^ni  de  telle  valeur  quil  vow  doiue  étreprefentéy 
neantmoins  ie  nappas  latfsé  de  prendre  U  hardicffe  de  me  couurir  dç^ 
votre faueuy.^  a  ce  que  vos  vertus  ér  bûnff.iuoir[qui  vous  ont  fait  con- 

noîtrepirmitantdegens  debien  é'  ^^('^'^^^^  »  rnéme  dans  les  pays 
étrangers  )  luy férue nt  de (juelque recommandation  ,  ^  quil  en foit 
mieux  receu  des  gens  dt  bien  >  ^y  n.aintenu  contre  la  médtjance  des  en^ 
uieux^  malvcùlllans.  le  vous  prie  do>/c,  Mor>fieur.^delereceuoir  fotis 
votre  protêt  ton  d'aitft  bon  cœu  ?*,  que  te  prie  L*  Eternel  vous  augmenter 
iûftrnellementfes  dons  é"  je  s  grâces ,  à'  '^'oiis  maintenir  longuement  en 
bonne fanté  é"  pT^fpertté,  De  votre  maifon^ce  5.  Auril  1 597. 

vôtre  tresobeiffint  humble  &  Compère 
&  feruiceur. 

GVILLAVME  FABRI  DE  HILDER 


5<î< 


FREFACE   AV    LECTEVR. 

M  Y  IcAcur  l'cxpcrience  nous  monftre  que  tant  plus  le  Monde 
s'approche  de  fa  fin ,  &  tant  plus  malignes ,  rebelles  tk  diifi-ilesfc 
r  *ndent  la  plus  part  des  maladies  &:  accidents  qui  aduienncnt  à  nos 
corps  :  ce  que  nous  auons  peu  cogiioiliie  ces  années  pafsécs  par  la 
petite  vcrolle,qui  acftc  fi  rebelle,  même  i\  maligne  en  plufieurs  car- 
tiers  ,  qu'outre  ce  que  vnc  infinité  d'cnfans  &:  de  peiToancs  d'âge  aufli  en  font 
morts  ,  prefqa'à  tous  ceux  qui  font  refchappez  il  eft  rcfté  qiielque  grande  6c 
notable  indirpohtion  en  \tm.  corps  :  ce  qui  m'a  fait  dire  fouucnt  en  traitrant 
ceux  qui  en  ctoycnt  trauaillcz ,  qu'il  leur  eût  mieux  vallu  auoir  la  grolîc  verol- 
le,que  la  petite. Toutes  ces  choies  nous  âuienncnt  en  premier  lieu  ,  parce  que  la 
nature  humaine,la  chair  &  le  vieil  Adam  de  iour  à  autre  augmentent  en  malice 
&  rébellion  contre  leur  Créateur  ,  qui  à  cet  occafion  redouble  tref  iuftemenc 
les  maledi(5tions  >  les  playes&  les  autres  maux,  defqucls  il  eft  parle  es  liures  de 
la  Loy.  L'autre  railon  eft  ,  que  le  corps  humain  eft  auiourd'huy  beaucoup  plus 
délicat  &  foible(^  pour  les  grands  excez  qui  fe  commettent  en  toutes  diofcs^ 
qu'il  n'ctoit  du  temps  des  anciens  :  &  de  là  vient  aulîî  que  la  chaleur  naturelle 
en  étant  d'autant  plusatîoiblie  &  ne  pouuanr  rcfiller  es  maladiesjellcs  i'en  reri- 
dent &  plus  malignes  &  plus  difficiles  à  guérir. 

Or  n'y  a-il  prclque  maladie  plus  déplorable  ne  plus  cruelle  ,  que  cette  cy 
dont  nous  prétendons  de  pat  1er  en  ce  traité:  car  outre  les  infinies  douleurs  &  lc< 
tourments  qu'elle  donne  à  nos  corps  ,  qu'cft-cc  q:ii  pourroit  plus  afprcmcnt 
contrifter  l'elprit  d'vn  panure  malade ,  que  de  fe  voir  pourrir  ^'  mourir  mifc- 
rablement  vn  de  Tes  membres  ou  plufieurs  î  Et  nonobftant  que  ladite  maladie 
de  tout  temps  ait  été  alfez  mâl;gne&  difficile,  fi  cil  ce  qu'elle  fe  rend  de  iour 
à  autre  plus  maligne  &  rebelle  aux  médicaments  ,    aufli  bien  que  pluhcurs  au- 
tres :  ce  qui  doit  donner  occafion  au  Chirurgien  de  méditer  faiw  celle  tous  les 
moyens  de  pouuoir  plus  fortement  s'oppofir  U  refiftcr  à  vn  fi  grand  mal.  Cet 
la  caufe  que  pour  mon  particulier  i'ay  repris  en  main  mon  traité  de  la  Gangre- 
né &  Sphacele  que  l'onauoitim^'rimc  aCoulogne  il  y  a  quatre  ans,  &  voyant 
que  l'ordre  &  la  method.e  que  i'y  auois  tcnu,auo!r  pieu  à  plufieurs  gens  do- 
ttcs,mais  non  pas  fa  briéucté,;eme  fuis  mis  à  rechercher  dilig<.mmcr  plufieurs 
Auteurs  tant  Anciens  que  modernes,  qui  auoy eut  traité  de  telle  matière  ,  &  me 
fcruant  de  leur  do<Sl:rine  i'ay  âiouté  la  pratique  &  l'expérience  que  i'ay  eu  de 
relies  malatlies.  Car  i'cn  ay  veu  traitrer  &  en  ay  traitté  moy  même  vne  infinité 

depuis 


AV    LEGTEVR.  56s 

<fcpuis  io.ans,cn  ça  que  i'cxerccla  Ghiriirgie  ,  frcquentanr  d'ordinaire  les  gens 
dotâtes  &  experts  tant  en  Philofophie ,  qu'en  Médecine  &  Chirurgie.  Tant  y  a 
que  i*ay  prins  la  peine  de  traitter  plus  au  long  ladite  matière  ,  cuitant  toutefois 
l'ennuyeufe  prolixité  tant  qu'il  m'a  été  po(îible,  &  me  contentant  d'écrire  iim- 
plcment  les  points  les  plus  necelïaires  pour  la  connoiiïànce  &  la  cure  Mctho- 
dique  defditcs  maladies  :  &  ce  tant  pour  le  i'oulagement  &  profit  des  pauvres 
malâdes,qu'au(Tî  de  ceux  qui  commencent  à  prattiqucr  l'art  de  Chirurgie^auf- 
quels  tant  feulement  i'ay  voiié  ce  mien  petit  labeur ,  &  non  pas  aux  fçauans  <Sc 
éc  expérimentés  qui  n'ont  pas  bcfoin  de  mon  inftrudtion. 

L'ordre  que  nous  auons  tenueft,qu'ayant  dcfîni  ôc  déclaré  que  c'eft  que  Gan- 
grené &  Sphacclc  ,  nous  auons  réduit  toute  forte  de  Gangrené  fous  trois  cau- 
les,alIàuoir  Intempcrature3Q2?litéoccuîfc,3d  Interception  des  cfprits,  comme 
aufli  de  fait  il  n'y  a  Gangrené  ,  quelle  foit,  qui  ne  fc  puifîè  rapporter  à  l'vnc  de 
ces  trois  caufes, déclarées  tant  en  gênerai  qu'en  particulier.En  après  nous  auons 
fpecific  les  figues  par  le(qucls  011  peut  tant  connoîcrc  qtac  diftinguer  lefdites 
Gangrenés,  &  de  mêmes  les  prognoftics:  finalement  nous  auons  poutfuiui  la 
cure  tant  de  la  Gangrené  que  du  Sphacele.  En  fait  des  médicaments  ic  me  fuis 
étudié  de  n'en  mettre  aucun  en  auant  ,  que  ceux  Icfquels  ie  fçay  veritablei|Knc 
tant  par  raifou  <3c  authoiité,que  par  expérience  être  bons  ,  de  aufquels  le  Chi- 
rurgien fe  peut  fier  ôc  alleurer.  Et  combien  que  i'aye  traitté  des  chofes 
qui  concernent  proprement  vn  Médecin  ,  foit  en  ordonnant  le  régime  de  vi- 
ure,ou  préparant  Ôc  purgeantles  corpSjie  ne  veux  pas  entendre  qu'il  foit  permis 
au  Chirurgien, &  encores  moins  aux  B;ubiers  &:  autres  gens  ignorans  &  idiots 
de  s'ingérer  à  ce  quieft  de  la  Médecine  :  mais  ic  I'ay  fait  afin  que  le  Chirurgien 
écantaux  champs  ou  ailleurs,  où  il  n'a  moyen  d'auoir  coufeil  du  ^Médecin, 
puilïè  neantmoins  f^auoir  piomptement  faire  vue  partie  de  ce^qui  eft  requis 
pour  procurer  la  faute  de  Ion  malade.  Car  la  Gangrené  étant  vue  maladie  ttes 
aigu'c  ,  il  faut  erre  prompt  à  y  fubueuir  ,  Ôc  ne  dilayer  point  au  preiudicc  du 
malade. Q^e  ù.  le  Chirurgien  pcutauoir  près  de  foy  le  Médecin,  outr^  ce  que  ce 
luy  cft  vn  grand  honneur  ôc  loulagcmcnt  ,  encores  luy  peut'il  fcruir  pour  fa 
décharge,eu  cas  que  la  maladie  prenne  /ne  mauuaifc  ilîue.  Q^anc  au  ftyle,il  ne 
peut  être  qu'il  ne  foit  trouuc  fort  rude  ôc  de  mauuaifc  grâce  :  mais  peut  être  ic- 
ray-icexcufablcpour  n'écre  pas  trop  bon  François:ioint  quc,comme  ditCtlfe, 
ce  n'cft  pas  l'Eloquence  ni  le  beau  parler  qui  guérit  les  maladics,mais  les  bons 
remèdes,  le  te  pi  ie  donc  »  ami  Leâ:eur,de  prendre  en  gré  &  à  la  bonne  part  ce 
mien  petit  labeur,  ôc  en  faire  ton  profit  au  foulagcment  des  pauvres  malades  ôc 
à  la  gloire  de  Dieu  >  lequel  ic  prie  vouloir  bénir  le  tout  par  fa  fainde  grâce. 
Ain  fi  foi  cil 

Cccc 


570 


TRAîTTE     DE     LA 

GANGRENE    ET    DV    SPHACELE. 
Que  cejl  que  Gangrené  Çf  Sphacelc^. 

CHAPITRE     I. 

E  n*eft  pas  fans  caufè  qu'vn  ancien  Se  excellent  Orateur  nous  a 
auiTcz ,  que  tout  traîttc  ou  difcours  de  quelque  chofe  que  ce  foif, 
doitétic  commence  par  la  définition  ,  6c  laquelle  définition  n'en: 
autre  qu'vne  briéve  déclaration  de  la  chofe  dont  il  eft  queflion.  Et 
quand  ce  point  eft  obmis  oulaifsc  en  arrière  ,  il  ne  peut  erre  que  la  matière  ne 
foit  traitée  en  confufion.  Or  eft  il  qu'il  y  a  deux  fortes  de  définitions  :  l'vne ,  qui 
feulement  déclare  ou  cclaircit  en  quelque  façon  le  nom  de  la  chofe  dont  il  s'a- 
gir ,  comme  eft  celle  qui  rend  raifon  de  l'Etymologie  du  mot  dont  il  eft  que- 
ftion:rautrc,  qui  déclare  plus  à  plain  la  nature  ou  eifence  de  la  chofe.  Celle  là 
les  Dialc(5ticiens  l'appellent  norninis  defimfionem ,  de  cette  dernière ,  rei.  Etant 
d®nqucs  queftion  de  traittêr  de  la  Gangienc  ,  nous  pouuons  dire  que  la  défini- 
tion hominde,  qui  fc  trouue  en  Tauthcur  de  rEtymôlogique,cft  trog  générale, 
quand  il  dit.  LaGangrciic  eft  vn';mal  qui  ronge  les  chairs  j  attendu  que  le 
mot  Grec  de  Gangrena  eft  dcriuc  du  verbe  Giae/n  ,  ou  félon Hefychius,Grai- 
nf<n,qui  vaut  autant  à  dire  que  manger  ou  ronger.  Mais  quant  aux  dcfiuitions 
circntiel'cs  de  Gangrené, il  s'en  rrouuc  pkificurs  es  bons  autheurs  de  Médecine, 
tant  anciens  que  moderncs,donr  toutefois  les  vncs  mciicent  pluftoft  le  nom  de 
defcription  ,  que  de  vraye  définition.  L'authcur  des  définitions  Médicinales 
tient  que  la  Gangrené  eft  vn  changement  de  couleur  natuvclle  en  couleur 
étrange  &:  mortification,  foitauec  vlcerationou,fa;is  i:elle.  Galicn  femble  là 
définir  aiôfi  :  Vn  commencement  de  morcification  de  la  partie  malade,  qui  de 
peu  à  peu  tellement  faific  &  gaigne  les  pavties  voifiiies  &  adiacentes  ,  que  fi 
promptemcnt  n'y  eft  remcdic/ils'enfai:  h  totale  mortification.  Le  même  Ga- 
licn dit,que  la  Gangrené  eft  vue  diipofition  moyenne  entre  les  grandes  Inflam- 
mations &c  le  Sphacelc ,  &  icellc  d'aurant  pire  Se  plus  gricvc,quc  ne  font  lefdi- 
:cs  Inflammations,  d'autant  di  ie  que  ladite  Gangrené  eft  moin  ire  que  le  Spha- 
(jck.  Scmblablcmcat  k  même  Galiai  pa:lar:t  des  Gangrènes  qui  fiu:iucnncnt 

aux 


ôc  du  Sphacele.  571 

aux  inflammatiûDS  diCjqu'on  tient  lors  la  partie  ctrc  Gangrenccquand  pour  la 
grandeur  de  l'inflammation  elle  tend  à  mortifîcation,&  toutesfois  n'cft  encore 
totalement  morte  &  priucfedefon  fentiment.  Ailleurs  aufli  dir,  qu'on  tient  vne 
partie  être  gangrence,quand  pour  la  véhémence  de  l'inflammation  elle  comme- 
ce  à  changer  fa  couleur  &  perdre  le  fentimcntjtcndai^à  mortifîcatiô.  Qni  vou- 
droit  rccctchcr  toutes  les  autres  foycnt  ddinitions  ou  dcfcriptions  de  Gangrené, 
que  les  vns  &  les  autres  ont  mis  en  auant ,  ce  ne  fetoitiamais  fait.  Nous  nous 
contenterons  de  celles  de  cy  dcirus,comme  auïîi  la  plus  part  des  autres  fcmblcnc 
en  auoir  été  tirées  Ôc  comme  tranfcriptes.  Et  quant  à  nous  pour  faire  vne  d':fî- 
nition  de  Gangrcnc,qui  luy  (yitôc  ruccind:c&:  propre,  lî  bien  toutefois  qu'elle 
conuienne  à  toute  Gangrené  de  quelque  caufe  qu'elle  procede;nous  dirons  que 
la  Gangrené  eft  vne  dii'pofîtion  dts  parties  tant  charneufes  que  fpcrmariquesi 
tendant  à  totale  mortification  :  ou  bien  ,  que  c'eft  vne  moitification  d'iccl- 
Ics  incomplète.  Dcmcmc,p®urce  que  nous  auons  aufli  à  tiaitter  duS^^hacele 
comme  étant  vne  dilpofition  non  fort  dillemblable  à  la  précédente  >  même  en 
laquelle  la  précédente  a  le  plus  fouucnt  accouftumé  de  dcgeneretjil  nous  en  faut 
bailler  la  dcfinicion.  Sphacele  donqucs  ou  fphacelirmc,&  fyderatio  des  Latins» 
cfl:  vne  entière  ôc  paif:iite  mortification  d::s  mêmes  parties  que  dcflus  ,  ôc  non 
feulement  des  os(comme  le  plus  fouuent  il  fe  prend  en  Hippocrate)mais  de  tou- 
tes les  autres  parties  folides  tant  du  plus  que  du  moins  ,  aflauoir  ôc  des  parties 
charneufes  &  des  vailîcaux,afuli  que  l'a  pariiculierement  fpccific  GaUen  au  li- 
ure  des  tumeurs  concie  nature. Qji^ant  aux  autres  fignificationsdu  mot  de  Spha- 
cele,i:!Ôti:e  intention  n'ellpas  d'tnpatleri:i,  r'enuoyaut  le  Ledleur  pour  ce  re- 
gard à  ce  qu'il  en  pourra  voir  dans  Galien  au  fécond  De  locis  affcBis.  Tant  y  a 
que  iefçiy  bien, que  f comme  mcmcment  a  rema'quc  Galien  en  quelques  vns 
des  partages  fus  alléguez  jl'on  prend  fouuéc  par  abus  la  Gangrené  pour  le  Spha- 
cele,6(:  au  contraicermais  pour  en  parler  proprement,  nous  Ics'diftinguons  de 
lafaçousque  la  Gangrené ell  vne  mortification  qui  eft  encorcs  inferidinCi  que 
parlent  lesPhyficiens  ,  ôc  la  Sphacele  eft  celle  qui  eft  ia  faite  ,lafubllance  de  la 
partie  étant  déia  corrompue  ,  &  ladire  partie  ayant  perduie  fentiment,  fi  bien 
que  quoy  qu'on  la  picque5taille,ou  biûle,cllen*enfentdu  toutiicn,<?c  de  là  vient 
aulfi  que  la  Gangiene  ne  tiauaille  voloiiticrs  que  les  parties  molles  ,  mais  le 
Sphacele  étant  vn  mal  de  beaucoup  plus  violent,il  faific  non  feulement  lefdites 
parties  mollcs,mais  aufli  les  dures,  cornmc  font  les  os  ôc  les  cartilages. 


CHAPITRE     II. 
Des  caufes  de  la  Gangrené  &  dit  Sphacele  en  gênerai, 

^Vis  que  nous  auons  défini  que  rant  la  Gagrene  que  le  Sphacele  eft  ync  mor- 
tificatiojCette-cicôplcttCjCk  cctte-la  incomplctte,&  que  mortification  u'cft 

CCC  C       (L 


57t  Traité  de  la  Gangrené 

autre  qu'cxtindioii  de  vicjpar  confcqucnt  dcftru<5biô  de  chaleur  naturcllc,d'au- 
tanc  qu'en  icclle  vrayement  confiftc  la  vie ,  il  eft  queftion  de  voir  en  combien 
de  façons  &C  pour  quelles  occafions  peutâuenir  l'extindtion  Se  perte  de  la  cha- 
leur natuielle.Car  les  mêmes  caufcs  venants  à  alTaillirvn  membre  ou  partie  du 
corps,relon  qu'elles  feront  ou  plus  ou  moins  violentes,  peuuent  induire  à  la- 
dite partie  ou  le  Sphaceîe  ou  la  Gangrené,  &  volontiers  au  pris  qu'elles  s'aug- 
mentét  Gangrené  premieremér,puis  après  Sphacele.Or  eft-il  que  la  chaleur  na- 
turelle ne  peut  fubhfter  fans  fon  humidité  radicale,3clans  les  efprits  qui  sot  fixes 
&  corne  arrêtes  en  toutes  les  parties  du  corps,h  biê  que  dès  que  l'humidité  radi- 
cale qui  la  doit  encrcttnir,&  les  efprits  qui  luy  feruét  de  fujet,fûnt  àbon  ccient 
inrerefsês,  auflî  cfl  de  même  la  chaleur  naturelle.  C^nt  à  l'humidité  radicale, 
elle  fe  refout,  diflipe,  6c  consume,  foit  pour  n'être  iuififamment  réparée  &  re- 
ftauréepar  la  nourrit  jrcordinaire,ou  par  l'occurrence  de  quelque  chaleur  étrâ- 
ge,qui  foit  ôc  véhémente  6c  de  dmce  ,  ou  bî.  i •  pour  être  gcllêe  &  comme  fixée 
par  vu  grandilîîmcfroid:femblabierrîfnt  ks  cfprits,lcfqueb  étans  fixes  es  parties 
accompagnent  &  ladite  humidité  radicale  &  la  chaleur  natuiellc,  peuuent  être 
ou  diflipcs  ouluffoquêsou  infcdés.llsfc  diflipcnt,  n'êtans  r.iffiai:his6c  réftau- 
lês  par  l'influence  des  efprits,lefquels  les  parties  priiicipalcs  continuellement  & 
d'ordinaire  communiquent  &c  diftiibuent  à  tout  k  rcfte  du  corps ,  tant  par  les 
nerfs  que  par  les  \èncs  &  Arteres;font  (uiFoqués,  par  vnc  abondance  d'humidi- 
tê,fibienqucla  chaleur  naturelle(laqu(-llc a  bdoiug  d'viieo  diuaire  êuentila- 
non)ne  peut  être  conferuêe  en  fon  enticr.-font  auflî  infcdics  par  vne  matière  to- 
talemêr  maligne,venencufe  &  corrompue.Dc  là  vient  que  toutes  les  caufcs  qui 
peuuent  tarir  ou  fixer  l'humidité  radicale  ,  cellsauflî  q  ;i  di{fipent,fuffoqucnt 
ouinftdcnt  les  efprits  coqftuojiers  d'accoinp-gner  la  dite  humidité  radicale, 
fout  aufli  caufe  de  la  ruine  éc  dcftrudion  de  la  chaleur  naturelle ,  &  par  confc- 
quent  de  la  mor t.Et  de  fait  toute  e/pccc  de  mort,  quelle  quelle  foit  ou  naturelle 
ou  violeiite,fc  peut  réduire  aux  vues  ou  aux  autres  defditesçau(es:carpar  exejn- 
ple,ceux  qui  mcuicntd'vnc  ioogue  ou  violête  fiévr^-jou  par  feu  ou  par  famine, 
ou  de  vieilhife,  meurent  fans  doute  àcanfc  de  la  diflîparion de  l'humidité radi- 
cale,qui  le  fait  aux  vus  plus  promptemcnt  &  comme  à  l'iuftant,  aux  autres  plus 
à  la  longue.   Aufli  ceux  qui  meurent  tranfis  de  véhémente  froidure,on  les  peut 
dire  mourir  par  coiigclation  ou  foii  fixatiô  de  la  mcme  humidité  radicale.Ceux 
qui  meurent  d'vne  graud^  playe  auec  notable  perte  de  faug  ou  3Utrcment,mcu- 
rcnt  indubitablement  à  Caufe  de  la  grande  diflipation  des  efprirs  qui  fe  fait  quat 
de  quant.Ccux  qui  font  étranglés  où  noyés  5c  fubmergcz,ou  qui  mcurêtd'Hy- 
diopifie  ou  d'vne  grande  &:  cnormc  contufion  &  meurtnlfeure,  onpeutdirc 
qu'ils  meurent  par  fjftocation  des  mêmes  tfprits.Finalement  ceux  qui  meurent 
d'vn"  picqucuic  ou  morfure  venencufe,ou  pour  auoir  aualé  du  poilon,meureiit 
par  i'ink(ftion  maligne  que  Icsefpricsen  rcçoiuenr.  Que  fi  tout  vn  corps  vient 
^jnfi  à  mourirjfa chaleur  naturelle  étant  ainii  alfaiiiic  comme  dclfus/oit  à  faute 

de 


&  du  Sphàcele.'  575 

rhumidicc  radicale,  ou  des  cfprits  qui  la  doiuent  accompagner,  il  ne  faar  pas 
clouter  que  certaines  parties  d'iccluy  le  pcuucntde  mêmes  moitihcr,quâd  fcm- 
blabics  défauts  âuienncnt  à  ladite  chaleur  naturelle.  Cai  lors  par  neccflitc  leur 
température  &:  harmonie  fcviaic  à  dilïbudre ,  foit  tout  à  coup  ,  ou  peu  à  peu. 
Etant  donc  pose  ce  que  dellusjnous  pouuons  dire  que  les  membranes  ou  paitics 
du  corps  fe  pcuuent  mortiiicr  par  vne  de  ces  trois  caures,airauoir  .*  Première- 
ment parvnc  vehemcn''ealtciaciQnd.:  qn.ah'rc  manifeftc  ,  comme  d'intcmpc- 
rature  chaude  ,  froide ,  humJce ,  ou  kch-c.  Secondement  par  qualité  oc- 
culte î  c'eft  à  dire  ,  de  matière  maligne  &  vcnimcufc  ,  foie  qu'elle  foie 
engendrée  en  nos  corps  ,  foit  qu'elle  vienne  du  dehors  :  car  comme  que 
Ce  (oit ,  telle  macicre  coi  rompt  de  toute  iafubftancela  chaleur  naturelle ,  &c 
infeâe  les  efprits.  La  troifiéme  caufe  tft  ,  quand  les  parties  du  corps  reçoi- 
uent  le  même  dommage  &  intereft  par  vne  (uffocation  ou  interception  des  ef- 
prits, 6c  ceux  mememcnt  qui  y  doiuent  cftre  portes  pour  les  viuifier,  tellement 
que  lefditcs  caufes  vcnans  à  efleindre  la  chaleur  naturelle  des  parties ,  félon 
qu'elles  font  ou  plus  ou  moins  violentes  ,  caufcront  en  elles  ou  Gangrené  ou 
Sphaccle,  ainfiquc  fera  plus  particuliercrr.ent  fpecifié  ci-apres. 


CHAPITRE     III. 

2)f  la  première  caufe  de  laGan^ene  fnf£riiculier,àfçatmr  de  f  altération  véhé- 
mente par  ûjHaUtè  manifefte  xomme  intemperattire  chaude  froide  .humide  &fech€. 
PVis  que  tontes  ehofes  font  (  comme  dit  Galicii^  confêruccs  par  leur  pro- 
pre chaleur,  qui  cft  tempérée  &  félon  nature^  &  qu'au  contraire  la  cha- 
leur externe  &  contre  nature  les  corrompt ,  il  tft  certain  qu'vne  partie  étant 
loiTg-temps  opprcfsce  d  inflammation  ou  par  offluxion  ou  autrement ,  foit  de 
maxicrcphlegmatiqueoubilicufe,  ilfaut  que  finalement  elle  tombe  en  Gan- 
grene,mcme  en  Sphacclc:&  c'eft  parce  que  la  chaleur  étrange  &  contre  nature 
défeche  &  confume  1  humeur  radical,  de  forte  que  la  chaleur  naturelle  eft  fi- 
nalement éteintc.-ceci  aduient  principalement  quand  es  inflammations  Phleg- 
matiques  font  appliqués  indifcretcment 'les  médicaments  fioids&  Adftrin- 
gents,  comme  aufli  les  Emplaftiqucs,  par  Icfquels  les  efprits  coulants  &  le 
nourrilfcmcnt  font  empêches  de  décendre  en  la  partie  »  &  les  pores  étans  par 
Icfdits  médicaments  referrés,  la  matière  étrange  vient  ï  être  retenue  &  enclofe 
en  la  partie,  fi  bien  qu'elle  fuftbquc  ce  peu  qu'il  y  a  de  chaleur  naturelle.  Pour- 
tant Hippocratt  s  dit  qu'il  n'eft  pas  bon  de  repoulîcr  l'Eryfipelc  du  dehors  au 
dedans.  A  quoy  aufli  s'accorde  Auicennc  quand  il  écrit ,  Que  quelquefois  fur- 
uicnncnt  de  grandes  douleurs  après  l'vfagc  des  repercuflîfs ,  &  que  fouucnt  la 
matière  t'entre  au  dedans,  dont  s'enfuir  que  la  partie  dénient  liiiide  &  noirâ- 
tre, &  en  fomme  fe  pourrit  :  car  les  chofes  qui  n'ont  point  de  rranfpiration  & 
eueniilation  fc  pourrillcnt  facilement,  comme  ditGalicn.  Eftant  donc  la  caa- 
Te  antécédente  &  conioinjc  du  Phlegmon  vnfang  chaud  &  humide  abondanj 

Cccc    i 


574  Traite  de  la  Gangrené 

<oii  en  qiulicc  ou  en  quantité  ,  il  fe  pourrit  &:  corrompt  plus  promptemenC 
que  point  d'ancres  humeurs ,  étant  par  les  repcrculîifs  ou  Emplaftiques  re- 
poufsc  ou  retenu  au  profond  de  la  partie  .*  &c  c'eft  la  caufe  que  la  Gangrené 
i'uitle  plusfouuent  les  Inflammations.  Or  tout  ainii  qu'il  eft  dangereux  d'vfer 
es  inflammations  de  médicaments  adllringents  ou  emplaftiques,  ainfl  aufli  fe 
faut  il  garder  de  ceux  qui  font  par  trop  chauds  ,  fcmblablcment  des  chofes 
gralfcs  &  huyleufes:  car  rvfage  de  l'huyle  îk  (emblables  grailïès  ne  conuient  à 
aucune  inflammation. 

Quand  les  Artère^  font  naurces,la  peau  qui  eft  au  delFus  d'icellcs  fe  reioint, 
mais  l'Artcref  à  caufe  de  fon  continuel  mouuement  ,•  ioint  la  double  &  afscs 
dure  membrane,  donc  elle  eft  rcucftue  ^  ne  fc  peut  reclorrefîtôt  :ain(îaduient 
que  le  Tang  fort  hors  de  fon  vaiircau  ,  ôc  .fait  vue  tumeur  que  les  Médecins 
appellent  Ancurifme.  Le  fang  étant  hors  de  Ion  vaiftcau  ie  corrompt,  <k  s'é- 
chauft'ant  déplus  en  plus  fe  putrific  &c  faitfouucnt  Gangrené  &  Sphacele  :  cet 
accident  furuient  quelquefois,  quand  en  faignant la  veine Bafiiique  du  bras, 
le  Chirurgien  la  perce ,    &  pique  l'Arterc  qui  .eft  au  delTous  de  ladite  vei- 

Les  grandes  caflfures,  comme  les  playes  des  Arqucbuzades  de  autres  bâtons 
à  feu ,  &  généralement  toute  énorme  cafllire  es  parties  charueufcs  aucc  fra- 
cture des  os,  fe  terminent  fouuent  en  Gangrené  2^  Sphacele,  principalement 
quand  telles  calfures  &c  playes  font  traicîccs  long-temps  par  médicaments  ad- 
ftringcnts  comme  quelques  vus  ont  accouftumc  de  f.iie.  Carcmpéchans  la 
digcftion  (^qui  fe  fait  par  médicaments  chauds  &  humides  J  la  chair  cafsce  & 
le  fang  coagulé  fc  corrompent  aisément ,  &  enfin  fc  putrcfians  fuftoqucnt  la 
chaleur  naturelle. 

'■  La  Gangrené  vient  aufii  aux  parties  honteufcs  des  petits  enfans,  foir  que  les 
fagefcmmes  leur  ayent(cn  dcliurant  la  merc^  manié  les  reins  trop  lourdement, 
ou  qu'ils  ayent  êrc  ptcfsés  en  vcnans  au  monde  :  car  les  parties  honteufcs  à  cau- 
fe de  leur  mollelî^:  i^  Ipongioficé  reçoiucnt  incontinent  ce  lang  cafsc  C^  m.-'ur- 
tri ,  lequel  s'y  corrompt ,  îk  fait  douleur  &  inflammation  ,  qui  finalement 
fuflbquc  la  chaleurnaturellc  :  comme  icpuis  témoigner  auoir  veu  auctui  il  n'y 
3.  pas  long-remps. 

Les  énormes  brûlures  fe  terminent  quelquefois  en  Gangrène  ,  même  Spha- 
cele ,  comme  i'ay  veu  en  vne  honorable  fcm.me  à  Hilden,  ëc  c'cft  pour  autant 
que  les  vaiflêaux  fe  rident  6.:  rcfcrr  en  t  par  la  brûlure  ,  en  forte  que  hs  efprits 
«c  peuucnt  paflèr  ôc  décendre  librement  pour  vinifier  la  partie,  aulTi  parce  que 
l'humidité  radicale  de  la  partie  fe  confume  ^  dcfcche  par  la  véhémence  du 
feu:  car  la  chaleur  naturelle  étant  defticuce  de  fon  humiuicc  radicale,  il  ne 
peut  être  que  la  partie  ne  meure.  Il  y  a  auflî  vne  autre  caul'c  ,  c'eft  q'ie  tant 
l'empyreumcque  Icrctirement  de  la  peau  font  caufe  d'vne  grande  douleur,  & 
^i  confequent  d'affluxion  d'humeurs,  lefqucllcss'cchaufiâus  &  s'cuflammans 


en 


ôc  du  Sphâcele.  575 

en  la  partie  j  dcfechcnt  rhumeiit:  radical  &  fufïbqucnî  ladite  chaleur  natu- 
relle. 

Les  inflammations  des  Gcnciues  fur  tout  aux  petits  enfans  Ce  terminent  auC- 
fi  fouuent  en  Gangrené,  tant  à  caufe  de  la  grande  humidité  de  leur  bouche, 
qu'auflî  que  les  rticdicamcnts  ne  s'y  peuucnt  appliquer  &  tenir  comme  le  mal 
ierequerroit.  De  ces  Gangrenés  i  en  ay  vcu  aiuenir  en  la  maladie  nommée 
Scorbut,fort  fréquente  es  pays  Septentrionaux. 

Les  inflammations  internes  fe  terminent  auflî  fouuent  en  Gangrené  Sc 
Sphâcele,  compie  i'en  ay  veu  d'exemples  fort  notables ,  mémcmcnt  es  mem- 
branes du  Cerueau, 

Eftant  furuenue  vue  grande  defluxion  du  cerueau  à  vn  mien  fils  âgé  de  fept 
ans,  elle  fe  ietta  fur  les  deux  vreteres,y  faifant  vne  obftrudtion  d'viine. 

Apres  les  Garfgrenes  d'intcmperature chaude  s'enfuiucnt  celles  de  l'autre  in- 
temperature  la  plus  adiue,  à  fçauoir  de  la  fioidc,  telle  que  nous  voyons  fou- 
uent aduenir  aux  extrémités  des  iambes,  &  des  bras ,  ôc  quand  par  quelque 
grand  refroidifFcment  l'humeur  radical,^  les  efprits  font  tellement  refroidis 
qu'ils  fe  fixent  &  s'endurciirent,  ainfi  comme  nous  voyons  que  la  gtailfejl'hui- 
le,  même  l'eau  fe  durcilïènt  &  épaifiiîcnt  par  le  froid.  L'humeur  radical  étant 
ainfi  endurci,  h  chaleur  naturelle  ne  peut  pas  tirer  fa  nourriture  ,  ioint  que  le 
froid  chafie  <3c  poulie  hors  de  la  partie  lesefprirs  qu'il  y  trouue  ,  ôc  la  nature  y 
cnuoyant  d'autres  efprits  pour  fubuenir  à  la  partie,  &  iceux  ne  trouuans  l'har- 
monie bié  difposée  pour  être  receus,  fe  retirent  fubitemêt  vers  leur  origine:par 
ainfi  la  partie  deftituée  de  fa  chaleur  meurt.  D  j  même  noyons  nous  aduenir  à 
ceux  qui  en  temps  d'Hyuer  marchent  par  la  nége,  glace  ,  Se  eau  froide,  fur 
tout  es  pays  froids  ,  comme  font  les  Alpes,  Iflande  ,  Noruege,  Liuonîe  & 
autres  pays  Septentrionnaux  :  car  en  tels  lieux  c'eft  chofe  ordinaire  de  trouuÇr 
en  temps  dhyuer  les  gents  par  les  chemins  morts  d'engelure  :  à'plufieurs  auflS 
tombent  les  extrémités,  comme  les  bouts  desOrcillcs,Nés,Doigts&  Arteuils. 
A  ce  propos  me  fouuienten  l'an  15S8.  au  mois  de  Décembre  auoir  pensé  auec 
Monfieur  lean  Anthoine  Sarrazin  Dodcur  en  Médecine  vn  Comte  de  Mans- 
fcld,lequel  auoit  Gangrené  prouenante  d'engcleure  en  tuas  les  deux  pies. 

Les  médicaments  Narcotiques  ou  ftnpcfadifs ,  comme  font  l'Opium  ,  la 
Gigue,  1  Hanncbanne,  la  Mandragore,  étansap^diqués  iudifcretcment  fur  les 
inflammation5,peuuent  fixer  l'humeur  radical  &  éteindre  la  chaleur  naturelle 
Ce  que  i'ay  veu  aduénir  par  l'eau  même,  l'an  1 55)1. 

Combien  que  la  qualité  humide  eft  plutôt  pafliuc  qu'adiue,fi  eft  ce  toutes- 
fois  que  [comme  nous  auons  touché  au  fécond  chapitre]  les  rfp'îr^  fixes  &  l'hu- 
midité radicale,  e nfemble  la  chaleur  naturelle  peuucnt  être  1  jffoq.i  s  par  elle: 
doncqucs  toutes  les  fois  que  quelque  partie  de  noftrc  corps  ,  fur  tout  1 -s  iam- 
bes  &  membres  virils,  font  affligés  d'énorme  intcmperaturc  froide  3»:  h/.mide, 
<^'  qu'elle  dure  'ông-temps;elle  peut  être  caufe  delà  Gangituc  &  du  Sphacclc; 


^y6  Traite  de  la  Gangrené 

mais  il  faut  noter  que  cette  efpece  de  Gangrené  ne  vient  à  autrcs,(înon  à  ceux 
qui  ont  été  long-temps  détenus  de  maladie  ,  comme  d'Hydropifie,  &  autrçs 
indifpoficions  grandes  des  parties  internes:  Se  ne  faut  pas  prefumer,  que  ce  foit 
l'intcmpetature  f  qui  fera  déchargée  lur  quelque  partie  externe^  feule  ,  qui 
fac«  tomber  la  partie  en  Gangrené,  mais  c'cft  le  défaut  de  la  chaleur  naturelle 
des  efptits  Se  nourrillcment,  qui  font  par  la  longueur  èc  grandeur  de  la  mala- 
die fort  diminués,  mémement  es  parties  internes  ôc  organiques  ,  Ci  bien  que 
Niiturcneles  pouuant  diftribuer  ni  enuoyeraux  parties  lointaines ,  elles  vien- 
nent à  mourir;  comme  i'ay  veu  iouuent  âucnir  aux  iambes  des  Hydropiques. 
Scmblablement  les  parties  honteufes  étans  prés  des  Emundoires  du  foyc'par- 
tic  fort  rare  &  molle,  font  facilement  imbibées  des  humeurs  fercufes,  lefquel- 
les  y  futïbqucntla  chaleur  nacarelle,tout  ainli  qu'vne  petite  flamme  s'éteint  fa- 
cilement par  l'abondance  d'eau  iettce  dcilus.  Et  fi  quelqu'vn  par  ignorance  y 
âpliquedes  remèdes  emplaftiques  comme  i'ay  veu  faire,tant  plutôt  auiendra  la- 
dite fuffocation»  De  même  intemperature  vient  la  Gangrené  en  la  bouche  des 
petits  enfants,  quand  il  leur  diftille  quelque  grande  humidité  de  la  tête,  nom- 
mément en  ceux  qui  ont  cette  maladie  de  telle  qu'on  nomm.e  Hydiocepha- 

los. 

Combien  que  les  chofes  venans  à  fecher  Te  corrompent  difficilement,  fî 
cft-ce  que  nous  voyons  aufli  vue  efpece  de  Gangrené,  laquelle  ne  peut  être  ré- 
duite à  autre  caufc  qu'à  l'intemperature  feche,  t^  laquelle  n'efl  autre  chofe 
qu  vne  confomption  de  l'humeur  radical  ,  Ôc  dcfcchcment&  fliftriilcure  des 
veines  &  arteres:&:  ce  pour  autant  que  les  parties  organiques  ne  leur  enuoyent 
point  defang,  Ci  bien  que  la  chaleur  naturelle  Se  les  efprits  fixes  n'étants  plus 
fùftantés  Se  entretenus  par  le  fang  naturel  3e  vital ,  il  faut  que  la  partie  meure 
peu  à  peu,  ainfi  que  nous  voyons  qu'vne  lampe  s'éteint,  l'huyleluy  venant  à 
faillir ,  Se  qu'vn  feu  s'amortit  fi  on  n'y  met  d'ordinaire  du  bois.  Or  iiouf  ne 
voyons  furuenir  cette  Gangrené  à  autre  partie  du  corps  qu'aux  extrémités,  fur 
tout  aux  Arteils,  piedsiSriarmbes  de  ceux  qui  font  exténues  Se  dcfechcs  de  ma- 
ladie, comme  fièvres  aiguës  ou  longues,  atrophie,  phthifie  «Se  autres  fembla- 
blcsindifpofitions  des  parties  internes. Semblable  accident  peut  âuenir  es  vieil- 
les gens,  comme  aufTi  à  ceux  qui  ont  endure  grande  Se  longue  famine,  les  vns 
&  les  autres  n'ayants  leurs  parties  internes  Se  organiques.afsés  prouifionnées 
de  fang  Se  efprits  pourenuoyer  à  fuffifance  aux  extrémités  ,  il  faut  que  les 
vaiffeaux,  mêmes  les  parties  entières  fcdéfechent.  AufTi  ks  parties  étants  de- 
ftituces  de  leur  humeur  radicale  Se  chaleur  naturelle,  s'y  allume  peu  à  peu  vnc 
chaleur  contre  nature  laquelle  les  corrompt  &  putréfie. 

Les  diflocations  des  grandes  iointures,  fçauoit  des  hanches  Se  épaules,  n'c- 
tans  pas  bien  rcmifes  ,  l'os  qui  efl  demeure  hors  de  fa  place  poulTe  Se  prcffc 
les  vailfcaux.  Se  empêche  le  fang  Se  les  efprits  de  décendre  en  la  partie  ,  Se  par 
zitiÇi  il  furuienc  Atrophie  Se  amaigriircmcnt  de  la  iambe  ou  bras  :  Se  fî  telles 

petfonncs 


ôc  du  Sphacele.  577 

pcrfonncs  viennent  en  grand  âge,  ou  qu'ils  foyeiit  atteints  nommément  de  lon- 
gue maladif, ils  font  en  danger  que  leur  dires  parties  ne  tombent  en  Gangrené. 
Ce  même  accident  adui::ntpar  obfl:ru6tion  de.  la  vdnc  Caue,  comme  i'ay 
veuil  y  a  quelques  années.  Ces  deux  occafions  dernières  fc  peuuent  aufli  rap- 
porter à  la  Gangrené  par  interception  des  efprics.  l'ay  vcu  pluficnrs  autres 
cxemplesdecefte  efpece  de  Gangrené  ,  Icfqucls  ie  lailfe  de  reciter  ici  ,  pour 
cuiter  proxilitc  :  Tant  y  a  que  nous  pouuons  conclurre  que  toute  intempcra- 
turc  peuc  être  caufe  &  occafion  de  Gangrené  ,  non  pas  que  nous  voulions 
pourtant  dire  que  toutes  intemperaturcs  fc  Terminent  nccelTairement  en  Gan- 
grené, mais  feulement  celles  qui  font  &c  par  trop  exceflîues,  &c  de  fort  longue 
durée. 


CHAPITRE     IV. 

'         De  U  féconde  caufe  de  Gangrené  i  kfçauoir  de  l'altération  -véhémente 

par  ejualité  occulte. 

NOus  auons  déclaré  au  chapitre  précèdent,  comme  les  Gangrenés  iè  font 
par  qualité  manifeftc  ,  c'ell  à  dire  ,  intemperature  tant  chaude ,  f;oide, 
humide  que  icchc,  foubs  lelquclles  nous  auons  auflî  voulu  comprendic  les  in- 
temperaturcs composées  :  car  rarement  en  rcncontrcc'on  vue  toute  feule  & 
iîmple,  comme  die  Galien.  S'enfuie  maintenant  l'autre  caufe ,  à  fçauoir  la  qua- 
lité occulte,  ainfi  âpclce  pourautant  qu'elle  n'agit  pas  en  nos  corps  en  cthauf- 
£ant,refroidiiru)t,  hmnedliant  ou  défechant  manifeftement,commc  font  les  in- 
tcmperatures  fiis  mentionnées:  mais  elle  trauaille  d'vne  façon  du  tout  cachée  & 
incomprehenhblc  à  nôtre  fens  &entendcmcnr,corrompant  en  vn  inftant  la  fub- 
ftance  de  nos  corps,  comme  nous  voyons  airiuer  en  vnepaitie  des  Gangrenés. 
Par  cela  il  appert  que  ce  n'efl  pas  fans  caufe  qu'Hippocrares  nous  a  laiTsc  par 
ccrit,  qu'il  y  a  quelque  chofe  dîuine  en  pliificurs  maladies.  Et  combien  qu'es 
Gangienes  proucnantes  des  médicaments  feptiques,  item  en  celles  qui  procc- 
■dent  de  morfures  &:  piqucurcs  des  belles  venimeules  ,  fe  peut  auflî  remarquer 
le  plus  louuent  quelque  caufe  manitcite,  à  fçauoir  intemperature  (^ce  qui  étoit 
mêmes  la  caufe  qu'en  mon  premier  traitré  de  la  Gangrene,impLimc  à  Cologne 
il  y  a  quatre  ans,  ie  les  auois  compiiles  fous  iesintemperatures  ^  caufes  ma- 
nifeftes,  jli  eft-ce  qu'il  y  a  quelque  chofc  de  particulier  &  de  furnaturel  incom- 
prchenfiblc  à  nôtre  fens,  eommc  ceux  qui  ont  pratiqué  tant  foit  peu  ,  le  peu- 
uent bien  auoir  remarqué. 

Or  la  matière  quieft  âcompagnée  d'vne  telle  malignité  s'engendre  ou  dans 
nos  corpsjou  elle  nous  vient  de  dchors,comme  par  morfurc,  piqueurc,ou  ap- 

Dddd 


578  Traité  de  la  Gangrène 

plication  des  Mcdicâmcnrs  fcptiqucs.Ellc  Ce  peut  dire  ctre  engendrée  dans  nos 
corps,  comme  quand  quelque  caillou  deiatig  qui  cft  hors  de  ion  vailTeau  ,  ou 
quclqu  autre  matière  que  ce  foir/e  venant  à  corrompre,  acquiert  vne  telle  vc- 
nenofirc  &  malignité,  qu'étant  puis  après  [  Il  nature  pour  ce  faire  eft  afsés  vi- 
goureufc  J  ictréeauxextremircSjy  fufîbque  la  chaleur  naturclle,mortifîe&  cor- 
rompt la  partie  en  peu  de  tcms,  ainfi  que  i'ay  veuaueniv  à  vne  ieune  fille  d'vn 
paylan  auprès  de  Dulfcldorft,  à  laquelle  aptes  auoireulap£ftc,&  être  guérie  de 
tous  les  accidents  d*icclle,comme  Bubons,  Charbons,  fièvre  &  autres,  il  vint 
tout  à  coup  vne  h  vthcmcnce  douleur  auxarteils  de  tous  les  deux  pies  >  qu'ils 
furent  promptemcnt  fphacelésjde  forte  qu'il  les  falut  tous  feparer  en  la  derniè- 
re articulation,    l'cftime  qu'il  luy  ctoit  rcftce  quelque  matière  maligae  de- 
puis la  peftejlaquellc  nature  iettoit  par  forme  de  crifc  aux  extremités.Nous  auôs 
veu  leiîiéme  âucnir  en  des  maladies  moins  malignes,  comme  mêmes  en  la  pe- 
tite verolle,nature  fe  déchargeant  critiquement  d'vne  matière  totalement  ma- 
ligne fur  les  extrémités  ôc  iointurcs  ,  fi  bien  que  les  os  mêmes  en  étoycnt  cor- 
rompus. I'ay  veu  en  vne  grande  pefte  qui  fût  à  Nuz  au  pays  bas  Icuer  des  Char- 
bons,qui  en  moins  de  14.  heures  amortiifoyentdes  places  plus  larges  que  deux 
ou  troispaumes  de  la  main,  même  d'auantage,  s'ils  rcncontsoyent  des  parties 
charneufêj,  comme  font  les  fcllès,cuiiïes,  épaules  &  mammeiles  des- femmes, 
tellement  qu'en  fin  elles  en  rombcrent  totalement. Qui  eft  ce  qui  pourroit  bon- 
nement rendre  raifon  de  ccftc  malignité  .''  &  de  fait  il  faut  eftimer  que  tous 
charbons  des  pcftiferés  ('d'autant  qu'ils  mortifient  envn  inftantla  partiejcon- 
riennent  en  eux  vne  qualité  &c  malignité  occulte,laquellc  agi<t  de  toute  fa  fub- 
ftancc. 

A  ccfte  canfc  de  Gangrené  il  nous  fautauflî  réduire  les  Gangrenés  <juî  vien- 
nent par  moifures  &  piqu  urt  s  des  belles  venimeufes:  car  encor  que  le  poifbn 
de  quelques  vnes  foit  ch^ud,  comme  celuy  de  la  vipere,&  del'étoille  marine, 
ôc  qu'il  imprime  vneii<tcmpcraturechaude;de  mêmes  les  p(^{bnsdu  Scorpion 
ôc  de  i'AlpiCjbicn  qu'ilsfoycnt  fioids  &c  que  pour  cette  raifon  ils  congèlent  le 
fang  ôc  le  nourrilfcment  es  veines,  fi.  eft-ce  qu'ils  ont  quelque  propriété  parti- 
culière ôc  occulte  de  piitrifier  les  hLimeurs,&  d'infeâier  les  efprits.Nous^voyoBS 
le  même  euidemmcnt  eniamoriuredu  chien  enragé. 

Qriclqnes  vns  veulent  réduire  les  morfuresduCheual  &  du  Lyon  à  celles  des 
bctcsvenimeif  s  ,  pour  les  grands  accidents  qu'elles  caufcnt  le  plus  fouuent: 
mais  il  ell  vray  femblable  que  ces  bctes  étants  extrêmement  fortes,elles  raeur- 
tri{rent&  froillent-par  leur  morfurc  la  chair,les  vénes  &  nerfs,mcmc  quelques- 
fois  les  os  ,  dont  furviennent  grande  douleur  &  inflammation ,  puis  en 
fin  la  Gangrené  &  Sphacele  pour  l'occafion  (^fauf  meilleur  aduis^  de  la  granr 
de  contufion,  &  non  pas  d'aucune  venenoficé. 

Quant  à  L  morfure  des  Loups, la  maifon  Ruftique  l'cftime  venimeu{è,parcc 
que  les  bctes  qu'ils  ont  mordu  gucrillent  diâficilerncnt ,  &  que  telles  morfures 

torg^eiit 


6c  du  Sphaccle.  ^yc^ 

rombciit  fbuucnt  en  putrcfadion  :  l'en  Jai/fc  luges  ceux  quiontvcu&  traic- 
té  telles  morfures. 

Finalement  les  mcdicamcnsfcpticjucs  [ce  font  les  piitrefadtifs]  comme  no- 
tamment eft  rArfeniCjleSandarachnj&c.  ctansâpliqiics  indifcuettement  ,  fuc 
tout  es  parties  chaudes  &c  humides  ,  comme  en  la  bouche,  parties  honteufes, 
cmun(5toîics,&  en  la  chair  des  petits  enfans,femmcs,&  autres  g^ns  oitîts  ék  dé- 
licats, font  quelquesfois  caufe  de  la  Gangrené  &  du  Sphacelc  :  car  ils  ont  vue 
vertu  occulte  &  de  toute  leur  fubdance  de  fondre  la  chair,;Si  la^jiirtir  ,  dont 
le  vapeur  montant  fubitement  aux  parties  noblcs,infc6tï  les  efpiits.  Et  de  fait 
i'ay  veuâuenir  quelquefois  que  pourâuoir  âpliqucà  pcns  vu  grain  pcfanc  d'Ar- 
(enic  mclc  auec  Tes  correctifs  fur  quelque  vlcere  de  la  iambe  ,  fuiuenoyent  li- 
pothimie,fyncope,iicvre,rcueries,&  inquiétudcilcfqueis  accidcnsjtemoigno)  et 
bien  cuidemmcnr,que  les  trois  membres  principaux,airuioir  leicœ  jr,le  foye  Ôc 
le  cerueau  s'en  rellenroyenr,  leur  étant  portée  la  malignité  de  ce  médicament 
par  le  moyen  des  artcrcs,  vcncs  &  netfj:  De  même  Monfr.Sarrazin  D.  en  Mé- 
decine ma  raconte  être  mort  dans  peu  de  iours  à  Genève  vn  bel  ôc  puillant 
homme  du  pays  des  Suides,  pour  luy  auoir  éré  âpliquée  par  vnChiruigien,aU' 
trement  fçauant  &  bien  expérimenté,  certaine  poudre  où  entroit  de  l'Arfenic 
fus  vnc  tumeur  chancreufe  qu'il  auoit  au  carpe. 


G  HA  PITRE     V. 

"De  la  trotfiéme  &  dernière  caufe  de  la  Gangrené ,  <^Hi  ejî  r interception  oh 
prohibition  des  efprîtf. 

LA  troiiiémc  &  dernière  caufe  de  la  Gangrené  efl:  l'interception  des  cfprits, 
fang  &c  nourrllFement,  alfauoir  quand  leurs  voyes  &  palFageSjqui  l'ont  les 
Artcres,vcnes&  ncrfs,ront  bouchés  &  clos  pour  quelque  caufe  qUc  ce  foit,mc- 
mc  tellement  clos  que  Icfdirs  cfprits  &  fang  ne  peuuent  palïèr  outre  ,  &  entrer 
en  la  partie,  pour  y  entretenir  l'humeur  radical  &c  la  chileur  naturelle  ,  donc 
il  faut  necefi.iiremcnt  que  ladite  partie  meure.  Ceci  adulent  par  trop  fouucnr, 
quand  les  Rabillcurs  &:  autres  gens  inditcrets  ferrent  par  trop  fort  les  fia(5lures 
&  dillocations .'  6ccv\  cefaifantilsfont  deux  fautes  bien  lourdes  :  la  premiè- 
re ,  entant  qu'ils  attirent  beaucoup  de  fang  Se  autres  humeurs  vers  la  partie 
malade  >  la  féconde  ,  en  ce  qu'ils  (errent  fi  fort  les  vaillèaux  de  la  partie  ma- 
lade ,  que  rien  n'y  peut  entrer  ni  fortir.  Pourtant  Hippocrate  &  autres  An- 
ciens non  feulement  défendent  en  telles  cures  la  forte  ligature,  mais  aufîî 
veulent  que  les  aftelles  ne  foycnt  point  miles  ,  que  le  f.ptiéme  ou  onzième 
iour  ne  foit  pafsc  :  car  durant  ce  temps  la  partie  eft  volontiers  fuierte  aux 
douleurs,  atïluxions  .Se  autres  accidents.  Les  Efpnts  Se  nourriture  font  aulTi 
empêchés  de  décendre  en  quelque  partie  ,  quand  il  y  a  au  deffiis  dillo- 
cation   de  iointures  mal   rcmife  ,   ou  qu'il   fc  rencontrent  <iç$    tumeurs 

Dddd  t 


)go  Traité  de  la  Gangrené 

f  .hirreufes  autour  des  grands  vaiflcauxj  comme  acte  déclare  au  ckapicre  troî- 
fîcme. 

Scmblablement  rvfage  immodéré  des  medicamensaftnngents,  que  les  Pra- 
ticiens appellent  dcfenfifs}  rclcricnt  tellement  par  fois  les  vaiiïèaux  6c  empê- 
chent les  cfpiits  de  noLuiiture  ,  reftoidillenr  aulîi  &  fixent  ceux  qui  font  en  la 
partie,qu'cUe  en  dénient  Linguide,&:  fouuent  tombe  en  Gangvene  Se  Sphacele. 
Quand  il  y  a  interception  ou  opilation  de  l'efprit  animal,comme  es  paraliti- 
qnes  Se  apoplccciqucs,lors  Us  parties  de  dclîous  tombent  quelquefois  en  Gan- 
grené &  toL?.le  moitificadonjComrae  i'ay  vcuaduenir  à  vn  ieune  homme  pa- 
ralytique depuis  les  vertèbres  des  iambes  iaf^juaux  plantes  des  pies,  fi  bien'qu'il 
ne  pouuoic  retenir  ni  l'vrine  ni  autres  excréments  :  la  Gangrené  fe  mit  en  l'es 
fcireSjlefquelles  falac  déchiqueter  ,  ôc  neantmoins  il  mourut  bien  tôt  après, 
quelque  diligence  qu'employa  le  doéte  &c  expert  perfonnage  Cofmes  Slo- 
tanus,  premier  Chiruigien  de  nUuftiidimc  piince  de  Cleues,Iuliers  &  Berge. 
Or  eft-il  que  par  ceiVc  priuation  de  rcfpiit  animal, lefdites  parties  fe  rendirent 
lourdes  &  pelantes,  dont  mémement  le  Coccyx  en  fin  fe  vint  à  ca(lèr,&  à  caufc 
de  l'vrine  qui  fe  perdoit  incciramm.!.'nr  s'y  fit  excoriation  &  Gangrené. 

En  rEnterocele,c'eft  à  dire  l'hernie  inre(l:inalc,furuienr  au(îî  Gangrené  par  in- 
terception des  cfprits,  à  fçauoir  lors  que  quelque  poition  du  boyau  fe  trouuc 
vn  temps  retenue  en  la  bouilej  &  qu'cftant  la  partie  du  boyau  qui  efl;  dans  la- 
dite bourfe  emplie  devcntoficcs  &  cxcremenSj&  par  ce  moyen  fort  étendue, 
de  d'ailleurs  en  fa  bafe  fort  comprimcc&prersce  parla  rupture  étroittcdel'Ab- 
domen,ne  pouur.ns  les  efprirs  n'y  aulfi  la  nourriture  palier  outre  :  dont  il  faut 
que  la  partie  tombe  en  Gangrené  &  mortification,  ce  que  i'ay  veu  advenir  fore 
fouuent- 

Il  âuicnt  aufli  la  Gangrené  au  Talion, comme  i'ay  veu  il  n'y  a  pas  long-tems 
aduenir  au  S.  Henrico  Balbani.  Tellr  chofe  furuient  quand  à  caufe  de  quel- 
que fratfture,  playcouvlcere  delà  irimbe^lc  pied  eft  tenu  long-temps  éleué  6c 
couché  fiir  le  Talion,  tellcmciît  qu'il  fc  calïè  Se  comprime:  car  de  telle  calFurc 
ôc  compreflion  a  la  longue  s'enfuit  la  Gangrené  Se  mortification,ctans  les  vei-  , 
nés  &  altères  qui  paifeut  pat  le  iarre-t  Se  poulpe  de  la  iambe  par  laJite  fituation 
prefsécs  o^  rcftrrccs  ,  de  forte  que  les  cfprits  &  le  fang  ne  pcuuent  librement 
palfer  vers  le  Talon. La  continuelle  extenfion  de  la  iambcayde  aulfi  beaucoup 
à  cclaicar  les  vailfeaux  étans  nufll  bandés  par  conlequent,}a  chaleur  naturelle  & 
le  fang  n'ont  pas  moyen  de  décendre  Se  entrer  en  la  partie,  tellement  qu'elle 
fe  refroidit  Se  meurt  finalement.  Or  que  cette  extenfion  Se  bandage  des  vai{^ 
féaux  puilîcrrfroidir  la  partie  il  fc  peut  cognoiftre  ,  par  ce  qu'allant  à  chenal 
il  Ton  tient  les  iambes  long  temps  dans  Icsctriers  ,  kfdites  iambes  en  déuien- 
dront  très  fioides:  quf  -fi  vous  les  laifscs  reprendre  elle  fc  réchaufferont  d'elles 
mêmes:  carie  fang  Se  la  chaleur  retournent  fiibitement  en  laparticy  trouuans 
les  vaiiïèaux  foupples  Se  ouuerts, 

■      CHAP. 


de  du  Sphaccle.  jîx 


CHAPITRE     VI. 
Des  figy^es  de  Gangre?:^^. 

LEs  figncs  àc  la  Gangrène  procédante  d'inflammation  ou  d'intcmpcratufc 
chaude  roiK  ,  que  la  grande  douleur  &  pulfarion,  qui  auoyent  précède  &c 
accompagne  l'inflammation, font  grandement  diminuées  ,  Se  la  couleur  ver- 
meille ou  rubiconde  de  l'inflammation  (e  change  en  couleur  pâle  jfufque,  ten- 
dante à  liuidité  :  s'cleucnt  aufl^  de  grandes  vefcies  pleines  d'eau  fcmblables  à 
lauevre  de  chair.  Toutes  ces  chofes  viennent  parce  que  la  partie  tend  à  morti- 
fication ,  &  qu'vne  partie  du  (ang&:  chaleur  s'en  retournent  vers  leur  centre  & 
originejfçauoirlccœur  &  le  foye  ,<S:  l'autre  fe  corrompr,qui  cft  caufcquela 
partie  dénient  pâle,&:  la  douleur  pulfatile  fqui  le  fait  quand  par  le  combat  de 
la  chaleur  naturelle  Se  celle  qui  eft  contre  nature  s'cleucnt  plufîeurs  vapeurs 
des  humeurs  qui  commencent  à  pourrir  J  s'arrête  &  ccflè.     Oiiî  lemaln'cft 
promptement  lurmontc  &  gagné  ,    en  reuoquant  la  chaleur  naturelle  vers  la 
partie,&:  euacuantcclle  qui  eft  contre  nature  ,  enfemble  les  humeurs  dêia  cor- 
rompues,lors  la  pulfation  des  Artères  ccflc  aufli,  pour  autant  que  l'efprit  n'y  eft 
plus  enuoyé,  ou  s'il  y  eft  enuoyc  il  trouue  la  partie  fi  mal  difposce  qu'il  n'y  peut 
être  reçeu.     Ainfi  àdcfFaut  duditcfprit  vital,  la  partie  s'emplit  d'excremensSc 
d'humeurSjlcfquelles  la  rendent  molle  Ik  lâche,  tcllem.ent  qu'en  laprelïàntil  y 
demeure  vne  foflejlaquclle  ne  fe  releue  pas,  comme  fait  celle  de  l'Oedème.  Fi- 
nalement le  fentiment  des  Nerfs  s'y  diminue,  telle  ment  qu'on  peut  enfin  couD- 
pcr,pincer  &  biûlcr  la  partie,  fans  que  le  malade  rappcrçoiue  ou  puilfe  difcer- 
nervrayement  ce  qu'on  luy  fait.    Aiufi  en  a  il-pris  à  vr.e  D:.mo'irelle  de  Colo- 
gne,à  laquelle  i'appliquois  trois  ou  quatre  caurerts  actuels  en  l'vne  âzÇcs  iam- 
bcs  Gangrenée,  &  ce  en  prefc-nce  de  Moniicur  Henri  Bottcrus  Médecin  du  Lât- 
gratf  de  Helîcn ,  &  Monfieur  Ican  Kueni  dit  Bridenbach  ,  tous  deux  Dodeurs 
en  Médecine. Or  tant  s'en  faut  qu'elle  fe  plaignit  d'are  biûîcc  parle  feu  dcnos 
cautères,  qu'au  contraire  elle  nous  reprochoitincclïàmment  que  Inyauîons  ap- 
pliqué de  la  ncige,glace,  ou  autre  chofe  très  froide.    Cette  prîuation  du  fenti- 
ment n'eft  pas  feulement  vn  figue  certain  de  la  Gangrené  ,  mais  auflî  de  Spha- 
cele.méme  de  la  morr  prochaine:  pource  que  la  pourriture  eft  tcllemeur  auan- 
cccau  dedans  des  vcnes,  Arreres  (Se  Nerfs ,  qu'elle  monte  par  elles  aux  parties 
nobles.  Lors  aufli  s'enfuiuit  vne  fièvre  tref-aigucauec  iyncopcs,doulcur  de  Te- 
fte,rcvcrics,vomiircmens  &  autres  très  mauuais  accidcns. 

Si  la  Gangrené  procède  d'engcleurc,elle  fera  aisée  à  reconnoître  :  car  le  froid 
fait  promptement  grande  douleur  pongitiue^c  cuifante,&  du  commencement 
rouge ur  ctincellente,  à  caufe  que  les  porofitcz  de  la  peau  ccans  rcferrces  par  le 

Dddd   5 


^gi.  Traité  de  la  Gangrené 

fïoid  ,  ladiiicui  a  le  moyen  pour  le  commencement  de  s'y  amafîcr  en  abon- 
dance ,  mais  coft  après  la  paicic  en  lieu  do  rouge  deuienc  liuide  &  fort  froi- 
de,t.;îTL  àcaufe  que  ic  froii  rcpoulTc  le  fang  &c  la  chaleur  naturelle  ,  qu'aufli 
que  lesel'piits  ii.vcsiont  refroidis  ^diiîipés  :  par  ainfi  la  partie  vient  à  perdre> 
fon  mouucment  &  fcntiment  aucc  horreur  ou  tremblement ,  aufli  véhément 
qiieceluyqui  précède  l'accès  dVne  fîcvrc  quarte.  D'auantagc  le  patient  peut 
déclarer  s'il  aéré  parmi  la  neige  oucau,&c.  ou  il  ait  cndutc  de  grandes  froidu- 
res. Oi  fi  le  fioid  continue  li  long  temps ,  que  la  chaleur  naturclk-  de  la  par- 
tie n'y  puiffe  plus  reliftcr,  il  y  (uruicndrale  Sphace le  lî^iT  vne  totale  morcifica- 
cacion  :  car  cemm:  dit  Hippocrare  ,  Le  froid  ett  cnac-mi  des  os,  des  nerfs  ,  du 
ccrueau,&  généralement  de  nôtre  vie ,  laquelle  conlifte  en  chaleur  5c  humidité 
tempérée. 

Les  figncs  de  la  Gangrené  procédante  d'humiiitc  font ,  que  la  partie  acte 
long  temps  aaparauant  faille  de  grande  enflure  pleine  d'eaux  Se  d'humidité  fc- 
reules,œ-icmatcules&  le  patient  eft  foible  ,  exténué  ôc  mal  habitué  ,  ^  le  plus 
fouuent  Hydropique.  Or  ne  viennent  volontiers  ces  Gangrenés  à  autre  par- 
tic  du  corps,qa  aux  ïambes  &:  parties  honteules.fans  toutesfois  qu'aucune  gran- 
de douleur  précède  :  car  l'intemperature  humide  n'engendre  douleur ,  fi 
cea'efl  par  extenfion,  à  caufe  de  l'énorme  abondance  d  humeurs:  toutesfois 
quand  le  m^-mbre  commence  à  mourir,  alors  furuiennent  de  grandes  douleurs, 
auHdoien  qu'es  autres  cfpeces  de  Gangrené.  Finalement  lapulfation  di:s  artères 
ceifejSc  la  partie  deuient  Huide  &  le  fcntimeat  fe  dépérit. 

Les  Gangrenés  qui  onr  pour  caufc  l'intemperature  l'eche  ,  atTauoir  par  faute 
d'atiment,  fe  connoilfcnt  par  ce  que  premîcrcmeiK  il  n'y  a  aucune  douleur, 
fiévte,inflammationoa  tumeur  du  commencement,  à  caufe  qu'il  n'y  a  aulTi  au- 
cune affluxioa  ou  abondance  de  lang  ou  autres  humeurs  qui  fe  puilfent  inflam- 
mer.  Secondement  telle  cfpecc  de  Gangrène  vient  en  dc$  corps  maigres ,  foi- 
blcs  &  cxtcnucs,foit  par  le  grand  âge,ou  par  maladie  longue  $c  griéve,  dont  les 
forces  font  abbatues ,  &  l'aliment  confumé.  En  tioiiiemc  lieu  la  partie  vient 
aufi  tort:  du  commencement  fl:upide,froide.  Se  comme endoimic ,  à  caufe  que 
lesefprit3aaimaux,vîtaux,&  naturels  n'y  reluifent  pis.  En  quatrième  lieu  cet- 
te Gangrené  vient  aux  extrémités,  fçauoir  le  plus  fouuc.it  aux  arteils  &  iambes, 
quelquefois  auflî  aux  doigts  des  mains  ,  au  bout  du  né  &  oreilles.  Cependant 
le  malade  n'apperçoit  pas  bonnement  fon  mal  ,  mais  finalement  quand  il  s'y 
clcuent  des  vefcies  pleiucs  d'eau  iaunaftire  ,  lefquelles  ecans  coupées  fe  void  le 
fonds  liuidc  ayan:  peu  ou  point  de  fentiment  ,  alors  furuiennent  des  grandes 
douleurs,  fièvre  &  autres  accidents ,  &  le  mouuement  &  pulfacion  des  Artères 
s'arrête  quant  «3c  quant. 

Touchant  les  Gangrenés  procédantes  de  qualité  occulte,  il  faut  bien  âui- 
fer  qu'on  ne  les  confonde  aucc  celles  qui  viennent   d'engelcure  ou  d'intcmpc- 

rature 


&  du  Sphaccle.  5^3 

rature  fechc ,  d'autMit  que  (  comme  a  ccc  die  )  fl  rinccmpcraturc  cri  cR  la 
caiife,  ks  accidents  internes  ,  comme  fièvre,  fyncopc  ,  rêverie  &  autres  ne 
fe  monftrcront  pas  finongjue  la  partie  externe  commence  à  fe  vouloir  corrom- 
pre :  maisfi  lacaufe  eftvnc  qualité  occulte  >  c'eft  à  dire,  vnc  matière  ma- 
ligne ,  engendrée  dans  le  corps ,  «3^:  laquelle  nature  poulfc  hors  des  parties  in- 
ternes aux  externes,  il  y  aura  iadubitablement  vn  grand  combat  entre  nature 
&  la  caulé  de  Li  maladie  :  dont  aiiffi  furulennent  promptcment  fièvre,  alté- 
ration, fyncope,  &  puis  la  partie  dénient  liuidc  ,  noire  &  meurt.  Mais  fl 
la  Gangrené  vient  de  morfure  ©upicqueure  de  bête  vcnencufe,  ou  de  char- 
bon pei\ilcntiel,  ou  application  de  quelque  médicament  Septique  ,  cela  fc 
connoîtra  facilement ,  outre  ce  que  le  malade  &  ceux  qui  font  autour  de  luy 
en  pourront  donner  quelque  information.  En  fomme  fi  la  matière  de  la 
Gangrené  a  été  engendrée  dans  nôtre  corps  ,  leidits  accidents  internes  appa- 
roiftront  le  plus  fouuent  les  premiers  ,  &  ,dcuant  qu'on  connoilfc  la  Gangre- 
né :  mais  fi  la  matière  veneneufe  vient  d'ailleurs  que  du  dedans ,  il  fe  verra  le 
contraire. 

Les  figncs  de  Gangrené  venant  d'interception  èiÇ%  efprits  ,  fur  tout  par  for- 
te ligature  es  fraftur  es  ,  luxatiotts  ,  &c.  font,  que  la  partie  eft  fort  enflée, 
dure  &  étendue.  La  raifon  cft  que  la  forte  ligature  a  attiré  beaucoup  de  fang 
&:  d'autres  humeurs ,  lefqucllcsfont  caufcs  de  grande  douleur  &  inflamma- 
tion :  puis  s'éleuent  de  grandes  vefcics  pleines  d'eau  rougeaftre  ,  comme  la- 
ucvre  de  chair.  D'auantage  la  partie  deuient  pelante  &  immobile  ,  pour  au- 
tant que  les  efprits  y  défaillent  ;  c'eft  aufli  la  caufe  que  lors  qu'on  la  preflè, 
il  s'y  fait  vne  folle  qui  ne  fc  relcue  pas ,  &  le  cuir  fcmble  être  feparc  d'aucc  la 
chair.  Q^lquefois  auiïî  la  partie  eft  tendue  pour  être  remplie  de  ventofité, 
tellement  que  quand  on  la  manie  ,  elle  bruit  comme  fait  la  chair  de  veau 
après  que  le  boucher  l'a  bien  emplie  de  fon  Ibuftl?.  D'auantage 'quand  on  la 
picque  auec  la  lancette  ,  il  en  fort  vn  vent  &  foufïle  aucc  quelque  humidité, 
qui  fait  vn  bruit,  tout  tel  que  quand  vn  pot  en  bouillant  ,  verfe  par  quel- 
que pertuis  étroit,  l'ay  obfaaé  toutes  cz%  particularités  ,  vifitant  ran.1595. 
au  mois  de  lanuier  auec  Monfieur  lean  Kiieni  dit  Bridcnbach  Dodcur  en  Mé- 
decine vn  des  feruiteurs  de  Monfieur  Gualtero  del  Prato.  Au  dcmeiurant  on 
pourra  fçauoir  par  le  rapport  du  malade  s'il  a  eu  quelque  grande  bleiTurc, 
dont  les  vaifîèaux  ayent  été  couppez  à  traucrs.  Item  s'il  a  eu  quelque  diflo- 
cation  mal  remifc  ,  ou  «'il  a  porte  long  temps  cmpUtrcs  fort  aftfin- 
gciits. 


^^^4  Traité  de  la  Gangrené 

CHAPITRE     VII. 
Signes  de  Sphacele. 

NOus  auons  a'i  chapitre  précèdent  déclaré  ics  Cignzs  de  la  Gangrené  diffe- 
raiSjfelon  que  les  caufcs  ctoycnt  diftl-reiitcs  :  mais  en  ceux  du  Sphaceic  il 
ne  fera  pas  ainii  fait:,poiucc  que  diueifes  caufes  produifcnt  vn  même  ctfct  ,  tel- 
lement que  foit  que  la  Gangrène  vienne d'imemperature  chaude,froide,humide 
ou  scche,ou  par  interception  des  cfprits ,  les  Sphacelcs  font  tous  femblables  les 
vns  aux  autres  ;  vray  ell  que  celles  qui  procèdent  de  qualité  occulte,amenent 
quant  &  quant  des  accidents ,  comme  fièvres ,  fyncope,  rêverie ,  &:c.  beaucoup 
plus  véhéments,  que  non  pas  celles  qui  viennent  de  qualités  manifcftes.    Don- 
qucsle  premier  fîgae  de  Sphaceic  eft  ,  que  la  partie  deuient  beaucoup  plus  pe- 
(ante  qu'elle  n'ctoit  auparauant,  &  le  malade  à  peine  la  peut  il  remuer  ,  à  caufc 
que  les  efprics  &  la  vie  s'en  retirent,  z.  La  rougeur  «Se  bonne  couleur  fe  per- 
dent,&  la  partie  deuient  liuide,noirejmorLe,(5c  puante  comme  charogne.  3.  La 
partie  ayant  été  en  la  Gangrené  molle,elle  fe  retreche  au  Sphacele.   4.  Prenant 
auec  les  doigts  la  peau  Ik.  i  clcuanr  en  haut  ,  elle  fcicble  être  feparce  d'auec  la 
chair.  5.  U  n'y  a  aucun  fennmcnt  cxa(5l  &  parfait,  tellement  qu'on  peut  facile- 
ment coupper,lier,  brûler,  tirer,  &  faire  tout  ce  qu'on  veur,fans  que  le  malade 
le  fente  vraycmt'nr,U  ce  n'cft  par  imagination  de  la  douleur  piecedente,  ou  ap- 
prchenfion  des  opérations  qui  îont  à  taire.  Qoant  au  mouucment  des  extrémi- 
tés qui  demeure  iufques  bien  tard  en  la  partie ,  il  faut  que  le  Chirurgien  foie 
prudent  à  ne  difterer  l'amputation  à  caufe  dudit  mouiem.-nt  :  car  la  Teftc  du 
îïiufcle  icremuantjla  queue, c'êtaflauoir  le  tendon,  la  fuit  :  aiufi  les  mulclesdc 
laiambe  fercmuans,  les  arreuîls  les  fuiuent,  encores  que  quclqucsfois  il  y  ait 
plus  de  quatre  iours  que  lefdirs  Arteuiis  feront  morts.  Or  comi."»ien  que  quel- 
ques vns  des  fignes  de  Sphaceic  peuuent  être  communs  auec  ceux  de  la  Gan- 
grene,cemmc  la  douleur  liuidc,pefanteur,dcprauation  du  lêntiment  &  autres, 
{\  cft-cc  qu'au  Sphaceic  ils  fe  voyenc  beaucoup  plus  cuidens  &  accomplis  qu'en 
la  Gangrené  qui  la  précède. 


CHAPITRE     VII  î. 

TrognoJli^Hes  des  Gangrenés  é  Sphacele. 

E  Chirurgien  ayant  cogncuîa  Grigrene  &  Sphacele  ,  doit(^auantqu'en- 
étrcr  en  la  cure  jconfiderer  quelle  ifwc  la  maladie  pou.  ra  auoir ,  atifauoir ,  Ci 

clic 


ôc  du  Sphacele  585 

elle  eft  curable,  incurable  ou  aurremcnc  longue:  car  de  guérir  toutes  m^Uuies 
(aînficômc  die  Hipp.)c'cft  chofe  impoflible,combicn  que  cela  fcroic  beaucoup 
plusfouhaittable  cjuc  de  predire:mais  puis  que  cela  ne  fe  peut  faiic  il  fera  au 
moins  necefTaire  au  Chirurgien  ;de  déclarer  à  ceux  qui  funt  autour  du  malade 
les  choies  qui  font  à  vcnir,à  celle  fin  qu'ils  fe  confient  tant  plus  en  luy ,  voyans 
qu'il  entend  Ton  art ,  Ôc  qu'après  ils  n'aycnt  occahon  de  le  blafmer  :  ce  oui  eft 
vn  malheur  auquel  la  Médecine  eft  par  trop  fubîede  auiourd'huy.  Or  pour 
bienprognolliquer  ,  leChiiurgien  doit  conhderer  ces  trois  chofes ,  allauoir 
Tcllcnce  ôc  la  nature  de  la  maladie,  c'cft  à  dire,(a  grandeur  ou  petiteHè  ••  la  for- 
ce ou  imbécillité  des  vertus  du  patient ,  ôc  la  pattie  malade  ^  car  fi  la  maladie 
eft  petite>lcs  forces  du  patient  vigoureuics  &  bonncs,5<:  la  maladie  en  vn  mem- 
bre clogncdes  parties  nobles,cornmeea  laiambi  ou  au  bras,  le  malade  recou- 
urcra  facilement  la  fantc  :  mais  fi  toutes  ces  conditions  ,  ou  vne  partie  d'elles 
fe  trouucnc  au  contrairc>  le  malade  fera  en  danger  de  mort ,  ou  d'auoir  le  mal 
pour  long  temps.  Toutesfois  pour  plus  ample  iaccUigence  de  cette  maiicrc  ce 
ne  fera  que  bon  de  fpecifier  le  tout  vn  peu  plus  au  long. 

La  Gangrené  donc  f  félon  que  dit  Cciie^  eft  curable,  principalement  es  ieu- 
ncs  gens  :  mais  elle  requiert  grande  dih'gence,labeur  Ôc  Içauoir,  ik  que  le  luiecil 
foit  vigoureux  :  autrement  il  ne  pourra  pa>  tant  rtfiftji  à  cette  maladie ,  qu'elle 
ne  fe  termine  en  Sphacele,  Icqu-jl  eft  incurable  (comme  dit  Paulus  ^gincta^ 
finon  qu'on  fcpare  du  vit  tout  ce  qui  eft  infc  6t  S:  moir. 

Les  Gingcenps  des  parties  humides  ,  comme  des  gcnciucs  ,  palais  ,  nacincs, 
membre  viriljdereorrcc  de  la  matrice  ,  Ôc  de  l'iatcftin  droit ,  {ontdifti  ilcs  ôc 
tardiues  à  guérir  :  mais  ii  elles  dégénèrent  en  Sphacele  ,  elles  font  incurables. 
La  caufe  eft  q^^e  leidices  parties  fon:  chaudes  &  humides,  rares  ,(pongieufes  ôc 
promptes  à  r.xeuoir  beaucoup  d'humeurs  ôc  cxcremens.  D'ailleuis  la  chaleur 
naturelle  n'ctanr  pas  h  plus  foi  te  en  CCS  parties  là  ,  elie  eft  tant  pluftoft  fufto- 
quce. 

Les  Gangrenés  des  parties  internes,  comme  du  foye,  de  la  rattcUe,  dçs  roi- 
gnons,6cc.lont  très  daugereules^c  mortelles. 

QiKindil  luruieut  Sphacele  au  Ccrneau^alors  le  parient  mcurten  trois  iours: 
mais  s  il  palle  ledir  tcime,!!  y  aura  elperance  que  la  maladie  déclinera  ,  les  for- 
ces fe  trouuans  vigoureufes  pourauoir  moyen  de  dompter  la  mala  fie.  Tou- 
tesfois Gahen  dit ,  qu'Hippocratc  ne  veut  pas  entendre  en  ce  palfage  ce  que 
nous  appelions  Sphacele  ,  mais  pluftoft  la  Gangrené  ou  qu  Iqne  inflarr  maiion 
cnorme,^  dit  qu'ainfi  les  Grecs  appelloyen;:  la  Gangrené.  Car/^dit-ilj  fi  Spha- 
cele eft  vne  corruption  de  la  fublîance  des  parties  qu'elle  occi'.pe ,  il  n  ft  pas 
poflible  de  le  guérir  :  Or  le  Sphacele  d'Hippocrace  le  guetilc  q-.icl-iucsfois: 
pourtant  il  ne  peut  être  pris  en  ce  lieu-ci  pourcequ'auiourd'huinuuj  appelions 
Sphicele-.mais  pour  Gangicne  qui  eft  l'anant coureur  ôc  la  vo\e  a  Sphacde. 
La  Gar.gicne  qui  vient  aux  iambcs  d°s  Hydropiques,cft  diihcile  a  guérir,  ôc 

Ec  ce 


^%6  Traité  de  la  Gangrené 

tombe  fonuent  en  Sphacele  :  &  fi  de  tout  cela  le  patient  eft  reletic,cncores  fera 
Wlccre  puis  après  de  difficile -3«:  longue  giiciifonainfi  comme  die  Hipp.  vlcera 
H  ydropicoruin,&c.  Car  puis  que  ks  vlceres  ne  fe  gueulfent  pas  qu'ils  ne  foyêc 
desêchés,<?:  que  cela  ne  fe  peut  faire  es  corps  des  Hydropiques,pour  leur  gran- 
de humidité  «Se  indifpolltion  ,  il  finit  ncccdaircment  que  leur  vlceres  foyent  de 
diiHcile  gucrifou^rai  moins  tandis  que  kur  corps  font  tels. 

La  Gangrené  du  Talon  eft  trefdangereufe,  pour  les  accidens  qu'elle  ameine, 
à  caufe  du  grand  tcndon,partic  fort  fcnfiblc:&:  fil'os  du  talon  fe  vientà  corrom- 
pre,il  eft  certain  que  fie  plus  louusntylc  malade  demeurera  eftropic  du  pied, rat 
à  caufe  que  ladite  corruption  ne  fe  peut  que  bien  mal  aisément  corriger,  étant 
ledit  os  fort  mol  «3c  fp®ngicux:qui  eft  caufe  qu'il  attirée  emboit  facilement  les 
lîumiditcSjqui  augmentent  3<:  entretiennent  lacarie^aufliàcaufe  que  ledit  tendo 
eft  corne  délie  &  détache  du  Talonjde  façô  que  le  pic  en  perdfonmouuemenr. 
Le  Sphacele  qui  a  commencé  au  pié  &  à  la  iambe  &  eft  monté  iufqu'au  def- 
lus  du  gcnoLiil,cft  le  plus  fouuent  mortel ,  pour  autant  que  cette  partie  là  étant 
fortcharnue, chaude  &hum{de,lapourriturc  eft  déia  montée  fi  auant  entre  les 
mufcles,qu'on  ne  la  peut  du  tout  extirper,cncores  qu'ô  vienne  à  couper  la  iabe. 

Les  Gangrenés  de  caufe  primiciuejcomme  contuiion;biiilureSjfraâ:ures,',6cc, 
lont  communément  plus  faciles  à  guérir  6c  moins  dangereufes^que  non  pas  cel- 
les qui  furuienent  de  caufe  antecedentexar  elles  monftrent  qu'il  y  aindifpofitiô 
grande  aux  vifceres  internes,  laquelle  empêche  l'opération  des  médicaments. 

La  Gangrené  qui  procède  de  fecherelîe  ôc  faute  de  nourriture,  eft  difficile  & 
delongue  guerifon:mait  fi  elle  fe  termine  en  Sphacclejors  elle  eft  incurable «3c 
mortelle:fur  tout  fi  le  patient  eft  vieux,debilc<S(:  exrcnué,&  que  le  mal  foitaux 
arteuilsj&  iambes/car  cela  monftic  vnc  extrême  fecherelîe  ,  laquelle  eft  incu- 
rable, comme  dit  Gai i en. 

Les  Gâgrcnes  de  qualité  occulte  font  très  dagcreufcs,&  le  plus  fouuét  incura- 
bles &c  m.ortellcsjfur  tout  Ci  elles  fe  terminer  en  Sphaccle:car  dss  parties  fphace- 
Ices  fort  vn  virus  &c  vapeur  veneneufc,  qui  infecte  toraiemét  les  parties  nobles. 

Les  Gangrenés  faidcspar  prohibition  »Sc  interception  des  efprits  vit3ux,na- 
turels  &c  animaux,  fur  tout  celles  qui  furuiennent  ai.rcsdcs  diflocations  mal  rc- 
miles:comme  aulli  quand  les  vaillèauxfont  coupés  par  le  crauers,font  très  diffi- 
ciles :  &  Cl  elles  fe  terminent  en  Sphacele,  lors  elles  font  incurables  &  mortel- 
les: laraiion  a  été  déclarée  au  chapitre  des  caufes  delà  Gangrené. 

L'vlcere  en  la  Gangrené  «3c  Sphacele  eft  aufli  à  confiderer:  car  s'il  deuient  li- 
uide  ôc  fcc,ou  noir  ôc  i'ec^  ne  iettant  plus  rien  ou  peu  de  matière  félon  fagran- 
deurjiSc  que  les  forces  du  patient  declincht,le  malade  mourra  pour  certain  dans 
peu  de  iours.  Car  la  faculté  nutdtiue  eft  tant  aftbiblic ,  qu'elle  ne  peut  plus  en- 
noyer  sag  ou  nourriture  à  la  partie  malade,mais  la  lalife  dcncchcr,«3<:  s'il  y  auoic 
quelque  matière  corrompue  au  corps ,  laquelle  fuft  accouftumée  des'cuacuer 
f  arTvlccrc  ,  la  faculté  expukticc  étant  par  tiop  imbecillc  pour  reuuoyer&: 

poulTei: 


&:  du  Sphaccle.  587 

poufiTcf  aux  partiVs lointaines,  clic  demeure  dans  le  coips,&  partant  offcnfe  les 
parties  neblesrccpendant  aufli  i'viccie  en  dcmeurcia  fcc  &  aride 

Ceux  qui  meurent  de  la  Gangrené  &  Sphacele,  meurent  le  plusfouucnt  auec 
vue  fueur  froide  de  tout  le  corps/oit  pour  autant  que  leur  corps  abonde  tant  en 
humeurs  fioidcs,qu'ils  nt;  peuuentpar  là  chaleur  ni  naturelle  ni  fcbrile  être  cf- 
chauâ-z/oit  aufli  àcaufc  que  nature, ou  fclon  Hipp.la  chaleur  naturelle  cft  ex- 
trêmement imbecillc.  Suruicuncnt  auffi  au  patient  ryncopeSjbattcmens&:  tré- 
blcmensde  cœur:Çc  c'eft  àcaufc  que  les  vapeurs  putrides  montent  par  les  artè- 
res înfqu'au  cœurjCcpcudant  le  pouls  cft  fort  obfcur  S<.  vermiculant,  parce  que 
les  Artères  crans  emplies  defdites  vapeu' s,la  diaftole  &  fyftole  ne  fe  peut  libre- 
ment faire. Il  j  a  fcmblablement  phrcncfîe  ,  &  rêveries, à  caufc  de  plufieurs  va- 
peurs qui  montent  à  la  tefte  &  oftcnfenc  lccerueau.Ot;rout  ainfi  que  les  caufcs 
<^f-  la  Gangrené  font  d!uerfcs,ainfi  aulTi  voyôs  nous  que  les  malades  finillent  leur 
■•■^^■jis  en  dinerfcs façonsicar  quelques  vns  meurent  côme  en  dormant,lcs  autres 
en  parlant.-m.vis  la  plus  grande  paiticaucc  ccrangvS  douleurs,  fpafmes,rcvcries. 
Sec.  Car  ceux  qui  ont  la  Gangrené  d'intépcrature  leche,ou  qui  font  fort  âges  & 
fort  extenucs,mcurcnt  le  plus  fouuent  comme  en  parlant:  mais  ceux  qui  ont  la 
Gangrené  d'intempcrature  humide,meurent  comme  en  dormant, ctantfort  af- 
fopis.    Au  contraire  les  inrcmperatures  chaudes  rendent  la  mort  violente,  ac- 
compagnée de  ficvrc,fynco^ics,  rcuerics ,  phrencfic,  fpafme,&:  fur  tout  fi  le  pa- 
tient eft  ieune  ôc  robufte. 

CHAPITRE     IX. 

Curation  générale  de  la.  Ganaren^. 

LEs  remèdes  de  la  Gangrené  lontjOuvniuerfclsfc'eft;  à  dire,communs  tant  à 
cette  maladie  qu'a  plufieurs  autres jou  particuliers.  Les  remèdes  vniuerfels 
fonr,comme  la  manière  cje  viure  ,  ôc  l'inanicion  du  corps,foit  par  purgations, 
faignéejvcntoufcsjfiidfcions  Se  autres. Les  remèdes  particuliers fonr,comme  fca- 
rifications/vftienstant  adaclles  que  potentielles,  &les  reraedcsqui  refillent  à 
la  putrefadion  &:  malignicc  de  cette  maladie,  comme  fera  déclaré  plus  ample- 
ment cy  après, En  l'adminillrûtion  des  remèdes  vniuerfels,  il  faut  diligemment 
recercher  la  çauf^  interne  ou  autecedenrc,pour  en  prendre  la  première  indica- 
tion curatiue  :  car  fi  la  Gangrené  procède  d'alïluxion  d'humeurs  chaudes  &  hu- 
midîSjil  faut  que  la  manière  de  viure  îk  Tvfage  des  fix  chofes  nô  naturelles  ten- 
dent à  réfrigération  «S:  cxiccation,exceptc  s'iiy  aficvrc.car  lors  il  faudra  que  la 
manière  de  viure  foit  aucunement  humidc,fur  tout  Ci  le  malade  cft  ieune.  Telle 
dictteconuientauffi.loisquela  matière  p.^ccante  cft  chaude  t?c  feche.  Et  s'il  cft 
neceirairc  de  purger  j  il  faudra  que  Cela  fe  face  par  cholagogues ,  comme  Dia- 
febeftem,  Diaprun.  Eled.  Icmr.  rofatum  Mefua',de  fucco  &:  femblables.  La 
faignée  Se  application  des  ver~oafcs  &  fangfjcs  conuiendront ,  tarvt  pour 
faire  rcuulfion  ou  dciiuation  ,  q.i'auilî  pour  cuacucr  l'humcuf  peccante  y  fur 

E  e  c  c     2 


58^  Traite  de  la  Gangrené 

tout  fi  la  (!Sângrene  eft  faite  par  alïluxion  de  fang.  Mais  s'il  n'y  a  que  la  feule  bi- 
le iaunaltre^c'eft  à  dite,  Thumeur  cholérique, il  fe  faudra  abftenir  de  la  faignce: 
carie  Gng  tient  comme  en  bride  l'humeur  bilicufc.    Le  malades'abftiendra 
aulli  duvin  (3c  des  chofcs  chaudes  ,  &  boira  de  la  Ptifane  où  ayent  été  cuits 
quelques  Tamarins  &  de  la  furcUe  »  adiouftant  puis  après  le  lyrop  de  Citrons> 
de  fucco  Limonum,dc  Acctofa,  Aranriorum,  accreux,  Granatorum,&  fcmbla- 
blcs.Au  contraire  filacauf^'ell  froide  &c  hi;mid;>il  hnir  que  tant  le  régime  de 
viure  que  Tvlage  des  iîx  ehofes  non  naUirellcs,  tendent  à  médiocre  chaleur  & 
(iccité.Pq^urcc  mettra  on  parmi  les  viâJes  du  RofmarinjHylfopejThym, Mario- 
laine)  CintUc, racines  de  Pcr(ïl,  f^-ricuïl  &  aucrcs  chofes  diurétiques.  Il  faudra 
aufli  pui;^er  la  pituite  par  l'clcét  in-r'il  mains  &  minus,  Diacurbithde  Diaphœ- 
nicôjle  Diacartharr.û,i?<:  séblablcs,feiôrâgc&  les  forces  du  patienr.Enfin  il  fau- 
dra par  tout  moyêcuas:ucr&  dcrechcrlc(:oips,&:  fortifier  les  parties  interneSj& 
fur  tout  le  foye  auec  rrocifqucs  de Rhab  n  baro,  de  Eupatorio  Ôc  diar .hodô  Ab- 
batij. Si  l'humeur  Melauchoiic  ou  Atrabilaire  prédomine  aux  corps,il  faudra  sê- 
bL.blcment  o^ir.t  le  malade  s'îibltienne  de  toutes  viandes  gro(îîercs  ôc  dures  à  di- 
gérer, comme  chairs  {allres,  eipicerics,  légumes  ,  grollèvenaifon  &c  oifeauX  de 
liuiereA  ayant  préparé  i  humeur  auec  fyropsxlc  Epithymo  ,  de  fumaria,  &  lu- 
pulorum,pripsauec  les  eaux  ciftillcescu  decoélicn  dcfdites  herbes,  faut  le  pur- 
grrauec  Dlr.knnalcnit.  pulu.  Ccnx  prïsp  confcct.  Hamech.  ou  Pillul.  de  fumo 
tctraEj&fe  pcuuent  di&udre  lefditi  Elc(51:uaires  en  vae  decoélion  de  fumaria, 
Epichymum  &  Pojypodium.  Mais  fi  la  caufe  de  la  Gangrené  eft  de  fechereiîc 
6c  par  faute  de  ;!ourricurc,iliera  nccelîàire  de  humcdler  le  dedans  par  bons  ali- 
mcus,ëc  !e  dehors  '^aronciionsdhuyle d'Amandes  douces, de  lis,violat  5c  fcm- 
blablc'^.Iin  cette  cfpcce  de  Gangrené  la  faignce  ne  conuient  pas,  ni  les  fridions 
Osr  -.L.toufe.slî  ce  n'eu: en  la paaio maiadejpour  attirer  les  cTpiirs,  fang  Se  autre 
nourriturc.l.làgr,Ccmplfxion,{"xe,le  Pays  &  lafaifon  nous  donnent  audî  indî- 
ca-.ian  de  ce  qui  eft  à  faire.  Car  il  conuicnt  de  raftlaii,hir  plus  en  vue  comple- 
xiou  biliculcjcn  pays  chauds,tcmps  ,ëc  laifondc  même,  que  non  pas  fi  toutes 
ces  cholc-sle  trouuent  nu  contiairc. 

En  Tviagc  des  remcdes  Topiques^il  faudra  aufli  auoir  égard  à  ces  chofeSjafç. 
àlacâu(è,'.à  l'âgCjj.lcxe  4.aux  foi  ces,^.  à  la  partie  maladcjô.  à  la  véhémence  ôc 
grandeur  de  la  maladie  Uir  tout.  Q^iant  à  îa  cnufe^c'ét  celle  dont  nous  tirons  la 
première  îndicacion:  ar  il  c'ét  vue  afiluxiô  Phlegmatiquc,il  faudra  rafréchir  Sc 
cuacucrp!usviolçmmcnr,que  quand  Jacaufe  côUfteen  l'humeur  pituiteufe,d'a- 
uantagc  il  fauJra  p.u  les  d  -  fcrfifs  repoufcr  les  humeurs,la  ou  au  contraire  on  les 
doit  attirer  fila  caufe  eft  hchei^lfc  ôc  défaut  de  ^ang  Se  d'alimeiK.D'auantage  (i 
la  forte  ligature  en  eft  caufejl  la  faudra  dcfaire,»Sc  âpliquer  les  medicamcts  pour 
inciler,  abftergcr  &  dcfcth.  r  les  humeurs  qui  fe  feront  arrêtés  à  l'endroit  de  la- 
dire  ligature  pour  faire  patî?:ge  aux  efpiits.  Ainfiaudis'ily  adiflocation&emi- 
néce  des  os,il  les  faudra  remettre  fi  faire  fcpeat.Lafccôde  indicatiô  eft  prinfedc 

1  âge: 


ôc  du  Sphaceic.  389 

lâgcicar  fi  le  patient  eft  icune,il  aura  la  chair  ôc  toutes  Ces  parties  fort  tendres  & 
délicates,  &  pourtant  requiert  les  medicamens  moins  vchemcns ,  que  ne  font 
ceux  qui  font  plus  âges.  Cai  leur  cliair&  pu  tics  font   plus   dures  &  folides, 
comme  celles  des  laboureurs,  mariniers,  ciiaiïèurs,  &  portefaix  tSw'  autres  gens 
detrauail.    Le  fcxe  nous  donne  auffi  indication;  car  communc'ment  il  faut 
traitrcr  plus  doucement  vue  femme  3c  fille,  que  non  pas  vn  homm.e  ou  quel- 
que gros  garçon:  fcmblabicmcmcnt  les  gens  qui  viuenc  en  oilîuerc  ou  autre- 
ment délicats,  item  les  eunuches  veulent  erre  rraittcs  plus  délicatement ,  que 
nun  pas  les  fuldirs  laboureurs  &  gens  de  trauail.    La  quatrième  eft  prife  des 
forces  du  patient  :  car  fi  clleslontencores  bonnes,  le  Chirurgien  pourra  fans 
crainte  appliquer  les  remèdes  foi  t?,  &  exercer  1rs  opérations  requifes  :  mais  h 
la  maladie  a  dcja  âbaru  les  vertus  ,  à  rené  pourra  ii  faire  ce  que  la  maladie  au- 
trement requerroit:  &  ainfi  il  vaudra  mieux,  comime  dit  Cclfe,  que  le  malade 
meure  de  fa  maladie,  que  de  donner  occalion  aux  amis  d'iceluy  d'attribuer  l'a 
mort  aux  médicaments  ôc  opérations.  La  cinquième  indication  eft  piife  de 
la  partie  malade;  car  les  yeux,  bouche,  parties  honceufcs,  matrice  ,  le  fonde- 
ment, les  icintures,  vertèbres,  &  telles  autres  parties  internes  ,  ou  celles  qui 
font  pleines  de  fentiment,  veulent  être  traitrccs  plus  delicatcmentjque  non  pas 
les  parties  mufculcufcSjComme  bras,iambes  &  femblables.  Ainfi  le  Chirurgien 
fe  gouuerncra  tant  que  faire  fe  pourra iclon  lefaitcs  indications.  Mais  voici  la 
dernière,  laquelle  renuerfe  prefque  le  tout,  &  c'cft  la  grandeur  de  la  maladie: 
pourtant  fi  la  maladie  ne  fiit  que  de  venir,  &  que  la  pourriture  ne  foit  que  fu- 
perficielle,  il  fuffit  de  fcarihcr  la  partie  légèrement,  &c  y  âpliquer  l'yEgyptiac 
fimple  ou  mclc  auec  miel  Rofat,  félon  la  nature  d'icelle  partie ,  1  âge  ôc  ie  fexe: 
mais  fi  le  mal  eft  grand  &:  prtft  de  dégénérer  enSphacde,  il  faudra  faire  les 
incifions  profondes,  aptliquefT^gypcfac  compose,  ruproires<Sc  cautères  po- 
tentiels, ou  tâ(.her  d'emporter  auec  le  cautère  actuel  tout  ce  <^ui  eft  corrom- 
pu. Car  puis  que  c'eft  vue  maladie  extrêmement  grande  ,  &k-plus  fouuent 
mortelle,  foie  pourtour  le  corps  ou  pour  vue  partie,    fur  tout  quand  elle  fe 
termine  en  Sphacele,  elle  ne  veut  ctrc  aucunement  flattée ,  ^&c  pourtant  fi  par 
les  autres  Indications  nous  auonstant  foit  peu  d'cfperance  ,  il  ue  faudra  faire 
difficulté  d'y  appliquer  quant  &  quant  le  remède  extrême,  fuiuant  ce  que  dit 
Hippocratc.  Extremis  morbis  extremaftintadhibenda  remédia.    Ainfi  le  médi- 
cament étant  proportionne  à  la  maladie  ,  il  ne  peut  apporter  que  profit .  cn- 
corcs  qu'il  fera  trouuc  grand.  Ainfi  ay-ie  veu  qu'au  Suilfe  blefsc  en  latécc,* 
dont  il  a  été  parle  au  ch.^.Maiftre  lean  Gritîbn  Chirurgien  excelh-nt  appliqua 
heureufement  fur  la  dure  mère  du  fyrop  de  l'onguent  iCgyptiac,  c'cft  à  dir. ,  le 
plus  clair  qui  fetrouue  au  dclFus  du  dit  ongucnt,les  poudres  étants  rombc  s  au 
fonds:  car  par  ce  moyen  fut  rôt  arreftéela  putrefa(ftion,qui  auoit  dc-j:i  piins 
place  en  la  dure  mcre  ;  là  où  au  contraire  vn  remède  foible  n'eu^  rien  fçeu  ai- 
der. Or  i'appellr-  ici  i£gyptiac  remède  extrême,  au  regat d  de  la  partie  ou  il  fut 

E  ce  e    5  j 


59  o  Traite  de  la  Gangrené 

applique:  toutcsfois  ie  veux  bien  icy  âiiertii-  le  Chirurgien  de  le  garder  d'.nppli- 
qiici-  ccls  ou  femblables  choies  forces  fur  les  membranes  du  Cerueaujfi  ce  n'eft 
qu'il  y  aie  mar.ifcrtc  pourriture  &C  corruption,  comme  en  ce  Suilfc,  dont  nous 
venons  de  parler  :  autrement  ils  pourroit  furuenir  de  grands  accidents  :  auflîî 
ne  faut  continuer  par  trop  long  temps  Tvfage  de  tels  mcdicamens ,  mais  s'en 
abftenic  incontinent  qu::  l'on  verra  le  mal  arrêté. 

Et  parce  que  généralement  toute  Gangrené  &  Sphaccle  font  C  à  caufe  de  la 
pntrefaulion)  âcomp.^.gnésde  vencnolitCj  plus  ou  moins,  félon  que  la  maladie 
cil  petite  ou  grande', pour  cette  can<(",il  faut  corroborer  &  défendre  les.  parties 
nobles,  comme  le  cœur,  foye  &  le  cerueau,à  celle  fin  qu'ils  ne  foyeac  intéres- 
sés par  les  vapeurs  &  cxhilationsqai  s'éleucnt  de  cctic  pourriture:  ce  qui  fe 
fait  taut  par  des  remèdes  pris  par  dedans,  qu'appliques  au  dehors.  Pour  défen- 
dre le  cœur  des  vapeurs  malignesja  pierre  de  Bczoar  eft  fort  fouucraine  ,    de 
laquelle  on  donne  à  boirela  pefantcur  de  cinq  ou  fix  grains  au;c  vin  blanc, 
s'il  n'y  a  point  de  fièvre;  autrement  auec  eau  de  Biiglollè  ou  de  chardon  bénit. 
A  ceux  qui  ne  peuuent  recouurer  ledit  Bezoar ,  on  dorncra  par  interualles  vn 
fcrupulede  laTcrre  Sellée,  ou  dubolArmcne,  ou  de  la  Licorne.  Toutesfois 
la  corne  de  Cerf  préparée  a  puelqucs  autant  de  vertu  Contre  le  venin,  que  la  Li- 
corne. Le  ius  de  Cirrons  auec  fuccrc  &  ptifan^eftaufli  excellent  pour  ce  mê- 
me effet.  Le  Theriac&  MirhriJat  font  très  excellents  dilfouts  en  eau  ou  de- 
coélion  de  chardon  hzmz,  crans  donnés  au  patienr  repuis  vn  icrupule  iufqu'à 
vue  dragme.  La  conlerue  de  Rofes,violcttcs,  BLiglolîe,  6c  Nénuphar  font  aullî 
fort  propres,&  h  la  fièvre  efi:  grande,  il  faudra  âiouter  aux  choies  cordiales  fiuï 
tout  auec  la  Therîaque  6c  Mithiidat  )  quelque  peu  dcTiocif.  de  Camphora: 
car  le  Camphre refifte  à  toute  p:urcfaâ:ion.  Par  dehors  il  faudra  âpliqucr  iur 
le  cœur  l'cpirhcmc  fi.iiuant  :  l^^aquarum  Rof.  BnglojjA  &  Borraginis ana  ^/j.  vi- 
nt odorati  ^  j.  aceti  -^.Çi./pec.  dl amargar.fr ig.  ^û.  ligni  Aloés,  Cort.  Citrix  rafur. 
Eboris,  ana.  9.{?.  Crottgr.6.  mifcefiat  Epithema:  il  faudra  l'appliquer  tiède  fur 
la  région  du  cœur,  auec  vue   pièce  d'écatlarte.     Pour  ceux  qui  n'ont  pas  les 
moyens,  on  prendra  en  temps  d'Eilé  bonne  quanticé  de  Bourrochcs  auec  va 
peu  deMcli'lîe,  &  les  ayarît  battues  au  mortier  auec  vn  verre  de  vin  blanc  Se 
vn  peu  de  vinaigre  rofat,  &■  le  tout  pafsé  par  vn  linge,  il  faudia  âioûter  vn  peu 
de  la  poudre  dccanelle  di  de  faflfran,  puis  l'appliquer  comme  delfus. 

La  grande  altération  &  chaleur  du  foye  requiert  aulli'  d'être  contcmperée: 
-pourtant  on  donnera  au  patient  du  fyrop  de  Citron,  de  Grenades,  d'ozeille, 
auec  eau  dKtilléeou  deco6cion  d'endinU^  la^Hca^portulac^,  acetofi^  ou  auec  de 
la.ptifane,  à  laquelle  on  peut  âioirer  vn  peu  du  diamargariton  froid.  Le  ma- 
lade s'abftiendra  totalement  du  vin  5c  autres  chofes  ch.uidcs:  par  dehors  il  fau- 
dra âpliquer  f  ir  le  foye  l'epitheme  qui  s'enfuit  :  ^.  acjHxrum  EnâiuU,  cichorift 
laflucx,  Abjinthl]  ana.  |i).  Aseù  |.  (5.  fpec.  DUrrhod.  Abhat.  5J.  fantali  ntbri 
7fi.  mifce.  Eftanc  aux  champs  ou  lefdites  eaux  ne  fe  peuuenr  recouurer  ,    il 

faudra 


^  &  du  Sphacefe.  591 

faudra  prendre  les  herbes  ou  vnc  partie  d'icellcs ,  &  exprimer  le  fuc  ,  oiictj 
faire  vne  dccodion  :  puis  y  ayant  âioûtc  vn  peu  de  vinaigre  ik  Camphre,  l'ap- 
pliquer fur  le  foye. 

Siladoulcur  de  Tcfteeft:  grande,  &  que  le  parient  n'ait  point  de  repos,  il 
faudra  par  clyfteres  &  ruppolicoires  retirer  les  vapeurs  en  bas  ,  piiis  tngrailîcr 
les  temples  &  le  fiontauec  l'onguent  Populcam  ,  ou  nucc  le  inhvdm: 
"yi.  oi  Rof.  Nénuphar,  ana.  \^..  caphuYA,  opi]  dijjohiti in  ac^na  BetonicA  ,  ana.gr. 6, 
mifce  :Jjat  Iwimentum,  On  peut  aiifli  appliquer  pour  ce  même  regard  le  frontal 
qui  s'enfuir:  !^.  aquar.  rofar .^eionic&^  ana.  ^i\.  mifce.  Le  patient  s'abftiendra 
comme  il  a  êtc  dit,  du  vin  &  autres  chofes  chaudes  &  difficiles  à  digérer  :  car 
telles  chofes  pour  certain  enuoycnt  beaucoup  de  vapeurs  au  cerueau:  &  mcme- 
ment  pour  empêcher  lefdites  vapeurs  ,  il  prendra  après  Ton  repas  vn  peu  de 
miuacydoniorum  fine  fpeciebus,  de  la  conferue  de  rôles,  de  Rob  de  Ribes  ou 
de  Berberis  &  cho^s  femblables. 


CHAPITRE      X. 

Cnranon  de  U  (gangrené  en  particulier  ,   ajfauoir  prouenavte  de  f  Altération 
'•cehemente  par  qualité  manifejle. 

NOus  auonsau  chapitre  précèdent  déclare  les  premiers  points  qui  concer- 
nent la  curaiion  de  cette  maladie  :  mais  d'autant  que  c'cft  vnc  des  plus 
grandes  &  difficiles  qui  puille  tomber  entre  les  mains  du  Chirurgien,  on  ne 
trouuera'  pas  étrange  fi  ie  traitte  la  Cure  plus  au  long.  Ayant'  donc  connu 
par  les  figues  ci-dclkis  allégués ,  la  Gangrené  être  par  afiluxion  d'humeurs 
Phlcgmoncufes ,  il  faut  confidcrcr  fi  la  matière  s'arrelle,  ou  Ci  elle  tombe  eu- 
corcs  en  la  partie  malade.  Ceci  fe  connoit  parce  que  la  douleur  &  inflamma- 
tion font  grandes ,  la  fièvre  vchcmentc ,  &  les  glandules  des  aixelles  ou  aynes 
quelque  peu  enflées  &  douloureufes.  Que  fi  ainfi  cft  il  faudra  par  tous  moyens 
1.  coupper  chemin  à  cette  defluxion.  2.  la  diuertit  ailleurs.  3.  euacuercequi 
cft  dc-iaamafsé  en  la  partie.  Quant  pour  couper  le  chemin ,  ilsTe  pourront 
fciuir  des  remèdes  aftringens,  c'cft  àdirc,  Icsdcfcnfifs,  par  Icfqucls  la  defluxion 
peut  être  empêchée  de  tomber  fur  la  partie  malade.  Le  Chirurgien  doncques 
appliquera  incontinent ,  (  ayant  toutesfois  ordonné  la  manière  de  viure, 
qu'elle  a  cfté  déclarée  parîcy-deuant  y)  .iu  dclfus  de  la  partie  malade  le  dc- 
fenfif  qui  s'enfuie  V..  Boli  Armen.  ^iiij.  Terra  figîl/ata  ^ij.  comn  Cerni 
vfii  &  RafHY£  Eboris  ana.  5/j.  catnph.^iij.  Cer^^ii].  ol.Rofat.  fb.j.  Aceti 
Jmj.  AquA  Rofarum^i],  Albumina  ouornm   tmmer.  i.  mifce   :    fat  vn- 


591  Traité  de  la  Gangrené 

«Hentum,  quoâ  dlufertiaripote^.  Ou  pour  auoir  plutôt  fait  &  aucc  moindre 
tVaiS'  ^  fArin£  herdei  5  liij.  boli  Ann.  |  i]  pain.  GalUmm  virid.nHCum  CHpreJJi, 
Cort.  Granat.  ana.  3  j.  t^.  cum  oxymelitepat  catap.    Le  Chirurgien  prendra  011 
l'vn  ou  l'autre,  ou  tel  qu'il  lay  plaira,  tendant  à  mcm:  fin.  Qinnt  à  moy  i'ay  le 
(econd  en  vfage.    Car  toutes  chof^s  ou  entre  dliiiylc  &  autrement  gralTesme 
font fafpedtvS  en  la  Gangrené,  pourtant  elles   empêchent  la  tranfpiration, 
en  bouchant (Screferrant  Us  pores.    La  dcfluxioa  s'arrétant,on  peut  ccllcr 
d'appliquer  Itfdits  défenfifs.à  celle  fin  que  la  chaleur   naturelle  pénètre  auec 
moindre  empêchement  en  la  partie.  Toutes-fois  il  elle  commençoit  à  fc  cor- 
rompre, il  faudra  continuer  à  les  appliquer,à  celle  fin  d'empêcher  les  vapeurs 
&  exhalations,  qui  de  la  pourrirure  pcuuent  momer  aux  parties  nobles.  La  fé- 
conde intention  eft  de  retirer  autre  p.irt  5c  diucrtir  lei  humeurs  qui  tombent 
fur  la  partie  :  ce  qui  doit  être  fait,  (  ôc  le  plutôt  eft  le  mciiieur,  J  par  purga- 
cions,  faignce,  ventoufes,  applications  de  rxngfucs  ôc  femblablcs  reuulfions.  Le 
corps  fera  purgé  par  médicaments  lenitifs,  comme  peut  être  le  Bolus  luiuant: 
2C.  cajfi£  recens  extrada  ^vj.  diacatholici  ^{5.  CHmfAchar  fiât  bolns  :  autrement 
on  le  dilfoudra  auec  eau  de  Bugloire,  ou  vue  decoct'on  d'enitHi^^  UpHl-fcabio/k, 
cichorij  &  fioramcordialifim.  11  faut  tenir  le  ventre  lâche,   tant  que  faire  fe 
pourra,  tant  par  clyfteres  fuppoîuoires,  qu'vfags  d:-  pruneaux  doux  ,  leiquels  ie 
fais  volontiers  cuire  en  vneinfahon  defennc,  de  M.choacam  ,  Àc  Rhabaibe, 
pour  les  rendre  plus  laxatifs:  fi  1  age,lalaifon,  ou  autres  chofcs  n'empêchent ,  il 
faut  ouurir  la  venc,  (Se  tirer  bonne  quantité  de  fang,   prenant  indication  delà 
grandeur  de  la  maladie  «i^  de  la  vertu  dupuient.  La  veaee a  laquelle  la  faigaêc 
le  fait  doit  auoir  co.refpondance  auec  la  partie  malade ,  &  doit-on  en  ladite 
fai^nêeobfeiuer  lareéticude des  fibres.  L'vfao;^  des  ventoufes  cil  aulfi  bon  en 
cette  efpece  de  Gangrené,  mêmes  à  ceuxquinepeuuenc  kipporterla  laigiice: 
femblablement  les  ian^fues  âpliquêcs  au  fon  Jemeat ,    pour  euacuer  l  hum:ur 
Atrabilaire.  La  forte  ligature  des  parties  lointaines  eil  aiiiîipiofitabie  :  m.us 
les  factions  font  nuifibles,  à  caui'e  qu'elles  échauffent  ."^v'   ïcndent  le  (a-igpar 
trop  fubfil.    Apres  ceui  s'enfuit  la  trcdiîéme  intention,  qui  eft  de  remettre-  la 
partie  en  fon  habitude  naturelle  ;  &  pour  ce  faire,  ii  f  uidra  par  tous  moyens 
cuacuerce  (ang  &  autres  humeurs  quiicil-ront  am  i'c.s  6r  cn^iolesen  elle. 
Pourtant  il  faut  incontinentprendre  garde  à  ce  qu'on  aura  à  fiire,  &:  auocla 
pointe  de  la  laiircrte  êprouuer,  fi  la  Gangrené  eft  profonde  ou  Ci  elle  cft  fuper- 
fîcielle,  &ft  Ion  cette  diuerfitc  faire  les  fcaificacîons  ou  plus  légères  ou  plus 
profondes,  puis  en  lailïcr  fortir  afsf^s  bonne  quantité  de  f.mg.    Et  mêmes  s'il  y 
a  quelque  grande  &  notable  vêne  en  la  partie  ,    il  ne  la  faudra  point  craindre, 
mais  l'incifer  hardiment  :  car  par  ce  moyen  la  partie  malade  fe  décharge  de 
rafraîchit, &  robftaidtion  des  porcs f  à  raifon  de  laquelle  éroycnt  empêchées 
le  fyftole  &  diaftole  des  artères  j  fe  r'ouurcnt.    Touresf  )is  cela  ne  fcfait  finon 
^uaud  la  maladie  cft  grande  tk  les  vcrtas  du  malade  trcs- bonnes  :  mais  s'il  y  a 

de 


ôc  du  Sphacele.  5^5 

de  grans  nerfs,  tendons,  &:  artères,  il  Ce  faudra  bien  garder  de  les  toucher,  tan- 
dis qu'il  ne  s'y  appcrçoit  delà  corruption;  car  cela  pourroit  ctrccaufc  decon- 
vuirion,mouuement  perdu,  grandes  douleurs,  «flux  de  fing  &  rcfolution  des 
efprits  vitaux  ,  même  de  fyncope.  Les  fcaiitications  faites ,  nôtre  Guidon  & 
«autres  auchcurs  veulent,  que  ion  applique  des  fangfues  ,  afin  d'cuacuer  tant 
plus  grande  quantité  de  i'ang  &  d'humeurs  :  ce  que  i'ay  aufli  accouftumc  de 
faire,  lors  nicmcmcnt  que  ic  fang  ne  loi t  pas  en  abondance  par  Icfdites  fcari- 
fications.  Et  en  casque  lesfangfues  ne  fe  paillent  recouurer ,   ou  quele  ma- 
lade les  detcfte,  i'appliqucdeuxou  trois  petites  vcntoufes  :  car  les  grandes 
attirent  par  trop  violemment  ,  toutcsfofs  !cs  r^rgfucs  font  plus  propres. 
L'c  fang  étant  cuacuc  ,  il  fautlauer  la  partie  auec  vinaigre  &  fel  marin  ,  fon- 
dus enlcmble:  car  ils  rcfiftent  fort  à  la  putréfaction  :  mais  fi  la  Gangrené  eUt 
profonde  ,  il  ne  fe  faudra  pas  contenter  dudit  laucment ,  mais  en  faire  vn  tel 
comme  s'enfuit;  ^.  lixiui]fortiJ]\  Aceti  optïmiy  ma  tb  liyfcordï],  /ibfmtlo.  Rnta, 
lupin.contHforum  ana  M .  &.  radie.  Arijïol.  rotund.vincetoxici,  ana  |.6  [dis  mar. 
|.«/j.  coquantur  ad  confumptionem  tertidipartîsjn  colatura  dijfo/ue  Aloës,A^yrrh£, 
ana  ^fi.  Aqu^'^itiZ  |  ij.  A  toutes  les  fois  qu'il  cft  necdîaire  de  thanger  lesreme- 
dcSjilfaut  lauer  &  fomenter  la  partie  auec  ladite  fomentation  tiède .'  car  outre 
qu'elle  reiifte  fort  à  la  purrefa6lion,elle  rcuoque  la  chaleur  naturelle. rerout,&: 
dcfeche  les  mauuaileshp.meurs  qui  yfontenclofes.En  après  il  faut  âpHquerfur 
toute  la  partie, auec  du  charpisdans  les  endioits  fcaiific-s  l'onguent  vfigyptiac 
deMcfue,  lequcrl  fc  fait  aiufi.-  '^f.&ruginis  ^.v.  melUs  optimil.  xiiiy  aceti  |.  vi\t 
coejuantur  omnia  fmulidonec  fiât  vnguemumfpifjHm  &  colore purpureumAhis  fi  la 
corruption  eft  grandc^ie  compote  ledit  onguent  à  la  façon  que  s'eni'uiu'  '^.aru- 
ginis  %.iny  Ad ellis  optirni  &  cum  decoElo  Ahjmh.&  fcordî]  defpHmatt  tfe  ]>  Aceti 
Jciltticit  ^.'■'-'j-  Ahminisrochdifolis  Ammomaci  ana.lSs.fucci  kHtA  c^/cordn  ana, 
^J\.coi]uantHr ad fpijfittidinenr.  deitîde  admifceTherîacesoptirnd.Mithrîdati]  anâ, 
|{?.  Cî^W-e  flcquel  pénètre  ^rcfifte  fort  à  la  putrcfadion  J  ^j  Ainfi  préparé 
il  nerelille  pas  feulement  à  la  putréfaction,  mais  au(îî  tempère  6.:  rend  moins 
malignes  les  vapeurs,  qui  fans  ccffe  s'cleuent  de  la  partie  Gangrenée,  &  offen- 
ient  les  parties  nobles-  Qiioy  qu'il  en  Ibitjl'onguent  i£gyptiac  eft  le  plus  excel- 
lent &  premier  endignicc  encre  les  remèdes  de  la  Gangiene,&  fcparela  chair 
morte  d'aucc  la  viue&  bonnejfaifantefchare.  Apres  que  toute  la  partie  fera 
couucrte  dudit  ^^gyptiac,  il  faut  âpliquer  par  dcllus  le  cataplàme  qui  s'enfuit, 
lequel  de  mêmes  refifte  à  laputrcfadion.défechc  les  humeurs  excrcmentcufes 
6c  âpaifc  la  douleur.  IL.furhu  luplnorw/iy  lentînm,falfarHm,lolv,  faits  manniana, 
l.iij.pttlH.  fum.  iAù/inthyfcorditii  RutA ana  5-  j.coquaitur  in  Oxymelite/imp/tciy 
fiâtq\,  cataplaf?na:  &  quand  il  eft  refroidi,il  faut  âioiiter  Aloes,  Myrrhe  ana  f  j. 
Acjua  vitA  I»  ii).  mifce.  Il  faut  noter  que  les  farines  ne  doiuent  être  long-tcnrps 
cuittes:  car  par  ce  m.oyen  elles  rendroyent  le  cataplàjr.eplus  vifqueux  :  ce  que 
îc  croy  auoir  été  lacaufc  que  Nicolaus  Goddiniw  en  fa  Chirurgie  militaire  lésa 

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594  Traité  de  la  Gangrené 

reicttccSjCommc  inutiles  en  la  Gangtcne:les  citimant  Empla(liqcrcs,pourtant  il 
ne  leur  faut  faire  faire  qu'vnconde  ou  deux  aucc  les  poudccs.Or  tous  ces  remè- 
des tant  le  laucmcnc,cataplâmc,autrcmcnt,il  les  faut  âpliqucr  ticdes  &  il  faut 
tenir  des  linges  chaus  autour  de  la  partie,«5«:  n*«uoir  égard  à  ce  que  la  Gangrené 
aura  ctc engendrée d'infiamatiô:  car  par  telmoycla  chaleur  naturelle  prcfques 
éteinte  cft  rcuoquéc  &  r'alluméc  en  la  partie  maladc.Lc  Chirurgien  cônoilïant 
que  par  Tviagc  de  ces  remèdes  fera  fait  efchare,  &c  tâchera  à  toutes  les  fois  qu'il 
péfcra  Ton  malade  de  Icuer  le  delfus  de  ladite  efchare,ou  auec  la  pointe  de  fa  lâ- 
ccttcil  fera  des  incitions  iufqu  à  la  partie  laine,  à  celle  fin  que  le  médicament 
puiilè  mieux  pénétrer  par  tout,  &  corriger  ce  qui  eft  dé-ja  gâté  &  infect.  Et  ne 
changera  point  cette  procédure  iufqu'à  tant  qu'il  voye  le  mal  être  Turmonté 
&  gagne  :  ce  qu'il  connoiftra  parce  que  le  mal  ne  s'élargira  plus  ,  &  qu'alen- 
tour d'iccluy  il  Te  fcravn  cercle  rouge,vif,î&  qsi  aura  le  feniimcnt  exaâ:,  c'eft 
àdire,  il  fc  fera  réparation  entre  la  partie  morte  Ôc  la  chair  viuc,  femblablc- 
ment  aulîi  il  fc  trouuera  en  la  partie  vnc  matière  louable  ,  épailfc  &  bon- 
ne. 

La  corruption  &  la  chair  morte  fc  corrigent  aufij  par  le  cautère  tant  poten- 
tiel qu'acftucl  Le  De  Vigo  ôl  quelques  autres  loiicnt  l'onguent  ^gyptiac  forti- 
fie aui  c  Arfcnicimaisii  nous  confiderons  les  effets  dç  rArltiîic,nous  aurons  oc- 
cafiou  de  reietter  ladite  compofîtion.  Nous  fçauons  donc  qucrA;rcnic  cft  mis 
au  rang  des  medicaments,lcTquels  Gailien  âpclle  feptiqucsjc'cft  à  dire  putrefa- 
6tifs  :  car  ils  corrompent  la  température  de  la  partie  &  y  atrircnt  d'humidités 
ctrangcs.Or  la  Gangrené  le  plus  fouuent  n'tfi:  autre  chofe  que  commencement 
de  putréfaction, laquelle  volontiers  procède  de  chaleur  Se  humiditc.Cc  fcroic 
donc  en  vain  de  pcnfer  que-  rArfeiiiCjqui  a  rnilon  de  ce  que  dclTus  caufe  pourri- 
ture, y  puilFc  faire  quelque  bon  effet  &  profit  ,  là  où  plutôt  il  doit  augmeti- 
ter  ladite  putrcfadion.  D'auantagc  les  piariticns  qui  ont  âj^liqué  es  vlccres, 
écrciiclles  &  fiftulcs des  Onguents  &  Tiocifqucs  ou  entre  de  i'arfcnic  , pcu- 
uent  auoir  obferuc  les  grans  accidcns,  qui  furuiennent  après  râplitation  d'icc- 
iuy,airauoiï,douleur  exrrcmcmenr  grande  ,  laquelle  dure  le  plus  fouuent  24. 
heures  &  d'auantage.  Il  y  furuicntaaiîî  ficvrc,rcucries,lipothimies  ôcryncopes: 
èc  tous  CCS  accidcns  viennent  d'autant  que  l'arfenic  enuoyc  Tes  vapeurs  mali- 
gnes" vers  les  pai  tiesnob!cs,ayant  prcrraieicmenr  fondu  &  liquific  la  chair  en  vnc 
matière  qui  luy  fert  comme  de  vc  hicule  pour  porter  fadite  qualité  maligne  vers 
Icfd i tes  parties  nobles-Lr  cncorcs  que  Icsvlceres  font  bien  éloignés  dcfdites 
p.nrics  nobles,  li  tft-cc  que  famaligruté  ne  lailîc  pas  de  les  recercher  ,  y  étant 
pjrtcc  par  k  moyen  des  véncs,ncrfs  &  artcres.'A'  par  ceci  nous  voyons  l'arfenic 
n'ctre  aucunement  profitable  à  la  Gangrcne.Pour'tant  quand  il  eft  queftiond'â- 
pliquer  le  Cautère  potentiel  en  la  Gangrené  ,  ie  trouuc  vn  fuccés  très  prompt 
ôc  feur  en  l'âplication  des  Ruptoires  faits  d'vnc  tres-fortc  léciuc  de  cendres 
de  ferment  &  de  la   chaux  viuc.    Car  tels  Ruptoires  font  leur  opération 

promptcmcnc 


&  du  Sphaccic.  5^5 

promptemct  &:rans  grade  doulcur,laqucllc  ne  dure  qu'vnc  heure  au  plus,  là  où 
î'aiTcnic  tourmente  i'hôme  24.heurcs,mcmcdcux  iours  entiers  aiiec  des  accidcs 
étranges.  D'auantagc  au  lieu  que  l'arfenic  dillôud  &c  fond  la  chair ,  les  Rup- 
toires  exténuent,  dcfcchent  ôc  diflipent  les  humeurs  fupcrflues.  Item  au  lieu 
que  l'arfenic  monte  aux  parties  nobles,  comme  il  a  ctc  dit,  ces  Ruptoires  étans 
de  fiibArancc  fort  gro(ïîere,  n'opèrent  que  fur  ce  qu'ils  touchent. 

Touchant  le  Cautère  adiiel,  il  ne  faut  point  douter  que  tout  ainfi  que  c'cft 
l'extrême  remède  ,  aulll  cft-ii  le  plus  grand  en  dignité  &c  excellence  ,  tant 
pour  refifter  à  la  putrcfa<5tion,  qu'aulîî  pour  dcfcchcr  &c  corroborer  la  partie, 
fon  opération  n'allant  pas  plus  outre  que  ce  que  le  feu  touche,  &  la  douleur 
cclfant  des  que  le  fer  chaud  eft  Icué  de  delTus  la  partie  :  mais  le  médicament 
fait  tout  le  contraire,  comme  nous  auons  dit  par  cy-deuant.  Et  cette  maxime 
des  anciens  eft  très  vcritable. 

Qu^Acun^ue  non  fanant  medicamenta ,  eaferrum  fanât.  Quét  ferrum  non  fanaty 
ta  ignis  fanât,  Qt{£  ianis  non  fanât  ^  ea  incurabilia  putareoportet.  Toutes- fois 
es  Gangrenés  d'iutcmpcraturc  chaude  fans  aftluxion  ,  comme  auiîl  en  celles  de 
ficcité&  faute  d'aliment,  Icfdits Cautère  pourroyent  eftrc  aucunement  fuf- 
pc^ts. 

Eftant  l'efchare  faire  par  ces  remèdes,  il  faut  en  après  tâcher  par  tout  moyen 
de  la  faire  tomber  au  plutôt;  ce  que  toutes-fois  nefe  doit  faire  par  les  remèdes 
qu'on  a  âcoutumé  d'àpliquer  pour  relâcher  l'efchare  :  comme  font  le  beurre 
fraisjle  Bafilicum,rhuyle  doux,  la  graiiïè  de  porc,  d'oye  ,  de  chappon  &c.  lef- 
quels  ctans  chauds  &  humides,  pourroyent  être  caufe  de  nouuellc  putrefa- 
<5tion,  rendant  l'vlcere  laid  &  fale.  Pourtant  il  faut,  fuiuant  la  dod:rincde  Ga- 
lien,y  âpliquer  le  fuc  de  pourreaux  pilé  &  dilîbut  auec  fcl  :  car  tel  remède  pé- 
nètre 3c  dcfcche  fort,  &  par  ce  moyen  refiftc  à  la  putrefadion  ,  ioint  qu'il  re- 
lâche &  ayde  à  faire  tomber  l'cfcbare,  à  caufe  qu'il  humedre,  comme  dit  Hip- 
poc.  Le  mal  étant  du  tout  arrêté,  Paulus  itgineta  veut  qu'on  âplique  delà  fa- 
rine d'orge  cuicte  inhydreleo,  ou  (ce  que  ie  trouue  meilleur^  farine  d'Orobc 
auec  miel.  L'onguent  fuiuant  cft  aufTj  bon  pour  faire  tomber  rEfchare,abftcr- 
ger  &:  mondifier  l'vlcere;  'yi.farhi.  Erui.yrAâic .  Arijioloch.rotund.lridis  for.  mn- 
cetoxiciana.  5  ù.  Theriaces  5,/;.  CHtnfcj.  Mellts  Rofatifiat  vngHentwn.  Toutes- 
fois  il  ie  faut  i>  y  remettre  en  mémoire  ce  que  nous  auons  dé- ia  auflî  dit  par  cy- 
deuant.  C'cft  qu'il  ne  faut  pas  attendre  le  bénéfice  de  nature,  ou  l'ayde  du  mé- 
dicament à  feparer  l'Eilhaie.  Car  nature  étantfoiblc  rctarderoit  trop  ,  &  ce- 
pendant il  fc  pourroit  engendrer  quelque  nouuelle  pourriture  au  delîbus  de 
l'Efchare;  ioint  auHl  que  l'Elchare  ne  pouuanc  ctie  humectée  par  les  huyles, 
graiifes  ^  femblables  chofes  fc  dcfeche,  &  en  fc  dcfcchant,  fc  fionce  &  retire, 
ce  qu'auflî  ne  fe  peut  faire  (ans  douleur. 

Si  la  Gangrené  procède  d'vn  Eiifypcle  mal  traitté,ou  que  la  propre  chaleur 
de  la  partie  Te  foit  enflammée ,  il  faudra  ordonner  le  régime  de  viure  fioid& 

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59^  Traité  de  la  Gangrené 

humide,donnant  au  malade  force  orges  mondes  &c  autres  bouillons  de  mout6 
&c  volaille,  où  ayenu  été  cuictcs  des  lai6tucs,pourcclaine,ozeillc,bourroches  6c 
fcmblables  :  il  fendra  ^ulîi  purgei'  le  corps  ainll:  J/l.  catholict  7,v\.  Rhaharbari  in 
%ni].aijHA  E'idiiiicS cnmpMico  cinnamo?no  infufi é"  exprejfi  ^].fyyupi rofatifoliit.\i'u 
faîpotiol^^  partie  malade  fera  fcaufice  iulqu'au  vif,puis  on  la  lauera  auec  la  dc- 
codtion  Taillante:  l/é.a^tiarHmE-ndlnUylaBHCx.folaHi.ana  '<Lb.],aceti  tbfi.  litpinorH 
J.j.  R'itx  fcorâi  ,fi.!ls  a7U  A/.(5.  co^uantur ad  confumptionem  tenu  partis.  L'ayant 
ûinli  Iauce,il  faiitâpliqiicr  l'onguent  y£gyp[iac  de  Mcfié,puis  lecaraplâmr-  fui- 
uant:^  farir.£ faharum .l!ipi?2cnim,hordet,ana  ^  il]  fcordi] puluer.'^jycHm  oxyjne- 
litef.at  catapIafma.}Aiis  fi  [nonobftant  que  la  première  caule  aura  ccé  l'humeur 
bilieufe  ou  inflimmacion  fans  af]]uxion,alIàuoir  de  la  propre  chaleur  de  la  par- 
tie] par  continuation  de  la  douleur  &  autres  accidcns  la  partie  s'emplit  d'hu- 
meurs, il  faudra  venir  aux  plus  grans  remèdes  ,  alîauoii  le  cautère  adael  ou 
potenticl5&  procurer  la  fepararioa  de  l'Elcharc  ,  félon  qu'il  a  été  déclare  cj- 
deuant.  Toucesfois  il  ne  fe  faudra  pas  par  trop  hâter  d'appliquer  fans  grande 
nccclîîté  le  Cautère  actuel,  d'autant  que  les  inflammations  bilieufes  êtans  de 
foy  même  feches,  le  cautère  les  dcfeche  encorcs  plus. 

Si  la  Gangrené  eft  d'engelure,  il  faudra  [outre  leschofes  vniucrfelles  que  le 
Chirurgien  verra  ctrcneceiraires]  conhderer  diligemment  5r  prompcemcnt,fi 
la  difpofition  qui  eft  en  la  partie  malade  ne  fait  que  commencer,ou  h  elle  a  dé- 
jà dure  quelque  temps:  ce  que  facilement  fefçaura  par  le  rapport  du  malade  & 
de  ceux  qui  font  autour  de  luy.  A  faute  de  ce  on  fçaura  fi  le  mal  ne  fait  que 
commencer,&fi  la  partie  tft  pleine  de  rougeur  étincelante,  &  fi  la  douleur  eft 
très  grande,poignantc  de  cuifante:  mais  fi  le  mal  àdé-ia  dure  quelque  rems,  la 
partie  fera  liuide  &  froide, comme  nous  auons  dit  au  ch.é.Si  donc  le  mal  ne  fait 
quecommencer,il  ne  fc  faut  point  hâter  d'âprocher  la  partie  dufeu,ou  d'yâpli- 
quer  chofes  chaudes,mais  l'arroufer  d'eau  tres-froide,ou  la  frotter  de  nege;  car 
par  ce  moyen  elle  peut  être  rcfticuce  enfon  habicudc  naturelle,  &  fe  r'echauf- 
fer  peuàpeu.Ce  qu'vn  chacun  facilement  peut  voir  par  cxperienccjfrortant  en 
temps  d'hyuer  Ces  mains  [prelque  gelées  de  froid  j  auec  de  la  nege  ou  d'eau  froi- 
de: car  elles  s'échaufferont  promptemcnt:  mais  s'il  les  âproche  du  feu,il  lentira 
vue  grande  douleur  &  cuifon.  D'auantage  fi  quclqu'vn  ictre  des  pommes  ou 
raues  engelces  dans  de  l'eau  tres-froide  ,  il  verra  que  l'engelure  lorrira  &  fe 
mettra  comme  glaceaucour  dcfdits  fruits,fi  bien  qu'ils  déniendront  frais,bons 
&  fermes  comme  ils  ctoyent  auparauanr:  mais  Ci  on  les  iette  en  de  l'eau  chaude 
ou  tiède,  ils  flétriront  ôt  déniendront  bien  toc  après  noirs  ,  &  fc  pourriront 
tout  à  fait.  Leshabirans  de  Liuonie,d'Irlande,de  Koruege,&  d'auties  pays  Sep- 
tennionnaux  &  tres-froids,fçauent  très- bien  obferuer  cette  façon  de  curarion: 
car  ils  n'entrent  point  le  foir  au  logis,ni  ne  s'approchent  du  fcu  ,  ni  des  poyles 
chauds,q.ie  premièrement  ils  n'ayent  très  bien  frotté  leur  mains  &  le  bouc 
du  nés  de  oreilles  auec  de  la  Neige  à  force  :  &  s'il  y  quelqu'vn  qui  fc  foie 

fait 


&  du  Sphacele.  ^97 

faid  traîner  fur  vne  lige  à  la  façon  de  ces  pays  là,  &:  ne  s'ccant  peu  échauffer  ayc 
les  pieds  de  iambes  cngc liées  ,  ils  nefonr  poinr  de  diiîicuitc  de  luy  mctrre  in- 
continent qu'il  entre  au  logis  Icfdirces  parties  en  d'eau  fioi-ie,  ou  en  la  Neige, 
U  par  ce  moyen  ils  fe  repiennenr.   Car  h  froid  de  l'eau  ou  neige  repoufant  &c 
amalTant  ce  qu'il  y  a  de  refte  de  la  chaleur  narurciîc  en  la  partie  ,  faic  que  ladite 
chaleur  naturelle  fe  renforce  rcllemciu  ,  qu'elle  en  chaffc  hors  le  froid,  comme 
fou  aduei  faire.  Vu  Gentil  hotr.mchouoiable  ^-  digne  de  foy  (  m'aconrc  que 
voyageant  par  ces  pays  là  ,  il  trouua  vn  iour  vn  palïant  près  du  chemin  prcf- 
(^ucmort  &  roided'cngellure,  ôc  i'Ayam  hizmctzi:efui  Contïâinczupou:  le 
conduire  au  picmitr  logis  ,  à  ce  qu'il  uecomban  à  la  ruercy  des  bcftcs  fauua- 
gcs,rhofte  luy  dit  qu'il  luy  faudroit  pl'onger  tout  le  corps  dans  d'eau  froide  :  ce 
qu'ayant  été  faid  ,  l'engrllure  fortit  par  tout  ôc  fut  fon  corps  couuerc  de  glace 
comme  d'vne  cuirallc  :  puis  luy  ayans  donne  à  boire  vn  bon  coup  de  Med  ou 
Hydromelr'breuuage  ordinaire  de  ces  pays  lij  auec  poudre  de  canelle  ,  doux 
de  Giroiïlc,3>:  fleur  de  mulcade, le  firent  fuer  dans  le  lia:,  &  par  ce  moyen  re- 
uint  à  foy,&  ne  perdit  que  les  bouts  des  dofgrs  &  artcils.    Nous  voyons  donc 
que  cette  voyc  6c  manière  de  guérir  les  engelleures  eft  véritablement  feure  ,  ôc 
défait  approuuce  d'vn  grand  perfonnage  Pl.ilofophe  ,  quia  beaucoup  fré- 
quenté CCS  pays  là.     Mais  il  faut  que  cela  fe   face  promptcment  ,  ôc  ce- 
pendant qu'il  y  a  encor  quelque  refte  de   chaleur  naturelle  en  la    partie  : 
car  Cl  icelle  eft  prefques  ou  du  tout  cftainte  ,  l'eau  froide  ne  la  reuoque- 
ra  point  ,  ni  à  peine  aucun  autre  médicament  :   toutesfois  il  faudra  elïayer 
&  tafcher  l'attirer  à  la  partie  par  frictions  &c  autres  moyens   ,  comme  di- 
rons tantoft.    Or  le  Chirurgien  connoiliant  par  IVippailement  delà  douleur 
poignantc,que  l'engelkure  pour  la  plus  paît  eft  addou^ie,!!  deiïftcra  de  l'vfage 
de  l'eau  froide  ou  neige  ,    &  frottera  doucement  la  partie,  puis  la  fomentera 
auec  laict  doux,auquel  ont  ait  cuit  des  feuilles  de  laurier  ,  rofmarin  ,  fauge,  la- 
uande,&  autres  lemblablcschofcs chaudes. Le  bouillon  de  trippcs,pics&:  tcHes 
de  moutoujoù  Ici'ditcs  heibes  ayant  cuit,cft  aulii  lliigulicr  a  attirer  le  fang  ,  Ôc 
redonner  vigueur  a  la  partie. La  décoction  d^s  raues,  item  lesraues  mêmes  pi- 
lées  auec  vn  peu  de  chaux  viue,«S:  appliquées  lont  lingniicres  :  car  les  raues  ci- 
rent au  dehors  toute  engclleure.  Cela  fiitil  faut  mettre  le  patient  dans  le  lid, 
le  couuiirtics  bien,  mettant  des  vticks  plein;  s  de  ladite  décoction  de  rrippcs, 
ou  laid:  doux,entour  les  pai  ticsengellecs  ,  puis  luy  donner  quelque  ch  "'fe  par 
la  bouche  qui  poule  la  chaleur  &'  le  lang  vital  des  pain'es  infr:  es  aux  exter- 
nes ,  à  quoy  faire  il  rry  a  chofc  meilleure  que  le  Thaiac  fi,  dillou"  auec  vin 
blanc  &  généreux.  Le  Icndemuiin  on  continuera  lis  fomentations  du  bouillon 
dctrippes  Se  fufditcsherbesjen  après  on  frottera  la  partie  dhuyle  de  Laterîbus. 
deTi.rtbinthina,dc  Cera,rem.vrtica3,nafturtij,<l<Cc  (S:  nitereraon  q  clquesfoîs 
le  vin  &  la  Thciiaqu:-.    Or  le  froid  ayant  étc  bien  grand,oj  ay.uii  coirriniTc  Ci 
long  temps  que  la  chaleur  naturelle  ait  été  du  tout  fuftbquée  ,  Si  ^.x  la  Gan- 

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j  §  Traité  de  la  Gangrené 

g:  i  rtc  i'y  foie  mifc  à  boncfcicnc,  il  faudra  fcarifîcr  &  appliquer  les  remèdes  que 
fcous  allons  proposés  par  ci  dcuanc.  L'viagc  des  DctFcnlifs  n'a  point  de  lieu  ici, 
ù  ce  uMl  que  le  corps  cunt  forr  plethoric  il  y  foi:  furucnu  quelque  vchemcn- 
te  &  gr  ;nde  ajfîlaxion.ll  faut  tenir  la  partie  chaudement,y  tenant  tou/iours  des 
vcfciei  flcincs  de  la  decodtion  fuiuanre.  ^foliorumUimtmcliJfdyroriJlnArùn^tH' 
tfyoriganufcordiijahjînthuyana  m.G.rad  viticetcxictyOngelicd.  ana  \ti.  cognant nr  in 
'vino  albo  ad  confumptio7Jem  tertio  partis.     • 

Pour  autant  qu'en  la  Gangrené  d'inrempcrarurc  froide  &:  humidc>Ia  fource 
du  mal  gill  le  plus  fouucnc  aux  parties  inrcrncs  j  comme  au  foye,  la  râtelle  ôc 
autres, il  hiut  qu'on  ait  pdncipalem.cn:  c-gard  à  c;s  parties  là,  &  qu'on  ordonne 
lerei;ims  de  viure,lcspurgations  &  aurr-schofeSifclon  que  leur  dirpoiîcion  re- 
quctia-£r  fàudraen  celi  prendre  l'auis  de  quelque  doCte  Médecin.  Qo^ant  aux 
remèdes  topiques, !c  Chirurgien  appliqricra(s'il  y  a  grande  alïluxion  d'humeurs 
pituicaix)  vn  4-*féîif,lc  qurl  toutesfcis  doit  être  composé  des  chofcs  chaudes  & 
feches^côme  eft  celui  qui  s'zv.iixi':^ .ro/^.ntmy  myrtillorufn,  ahfmthu  fcloccnanthi, 
(loechaÀos^ana.yn.^JlirnpfichiiAnthojyoinaparutniniicum  cuprejji  AHijuantHlnm  co- 
tritarnrn  num .decern,  Aluy/iims  roch^/ulis^ana  ^ii.  CimMmomt  ^.i.Croci  9  Ù.  hul- 
liant  omiia Jï?/iul  CH7n  ''■jini  &  lixiiùt  Barbitonforis  Aidais  partibus  y  ^.ddito  panco 
aceto  ad  cenfumptionern  terti&  partis  :  deinde  colenîur  (y  ex  coUtnra  cmn  farina 
fabar.  lentium  ,  &  hordei  ad  i^nernfiat  empla/irnm  folidnm  ,  addenda  ol.  rofa- 
ticornpleti  y  cham£Tj3elini ,  defpica^  ana.^.  n»  Mais  s'il  n'y  a  point  daffluxion, 
le  defenfif  n'aura  pas  lieu,  iî  ce  n'cft  que  la  pourriture  fc {oit fort auancée, 
&  que  la  partie  Toit  prête  à  tomber  en  Sphacele;  car  alors  il  faudra  par  le  dc- 
fenlif  empêcher  que  les  vapcursputredincufes  ne  montent  aux  parties  nobles. 
Le  defenfif  étant  appliqué  ,  il  faudra  par  tous  moyens  deiîccher  les  grandes 
humidités  qui  font  cncloics  en  la  partie ,  &c  donner  exhalation  à  la  chaleur 
ctrangc>qui  à  causé  que  la  putrcfaiflion  s'y  eft  allumée.  Pourtam  ayant  fca- 
rifîé  tous  les  lieux  fufpcéls ,  profondement  ou  fuperfî^iellcment  icton  la  pro- 
fondeur du  mal  ,  il  faudra  fomenter  &  lauer  chaudement  la  partie  aucc  la  dé- 
coction qui  s'enfuit  ;  'yi.liximi  Barbitonfor.]^.  oBo^  calcis^StUit^.  i.cot^uan- 
tur  parum  :  in  colatura  iterum  coque  lupin.  M.  i.fcordiï  yab/inthit.  Rut  £  fait  s  ma- 
riniyana.AÎ.  (s.  tandem  cot^uamur  ad  confumptionem  terttd  partis  :  colaturd  foniter 
exprejpt  admi/ce  aqu£  vit£  ,  acetifcUl'icitici  ana.  %,  iii,  aloés  ,  myrrha  ,  ana.^.  il. 
puis  faut  par  tour  appliquer  nôtre  .r£gyptiac  qu'auons  dcfcript  par  cy  dcuant^ 
ou  les  ruptoires,  s'il  eft  necclTàire  de  faire  efchare  plus  profonde,  &  finalement 
cnueloper  la  partie  du  cataplafmequi  s'enfuit  :  ^.far.  lupinorum  &lolit,ana. 
^iiii.fummit.AbJinth.fcordiiyYHtA  minutiffiTneincif.aut  inpulpierem  re'^.aB.ana.  M. 
ii.pulit. radic.vincetoxici,Ari^elicAyana},.ii.falis  ?narini  M-ii.  co^uantur  letùter  curn 
lixitiio  iam  prjifcripto ,  deinde  cumpenè  refrigeratumfuerit ,  adynifce  Aloés^Myr- 
rh£,analS.j4<jii£vit£  ^iiii.  Mtfce,fiat  cataplafma.  Ayant  ainliaccommodé 
la  patticjil  la  faut  tenir  chaude  dans  le  lid:éc  pour  ce  faire  i'approuue  fort  les 

bricqucs 


&:du  Sphacele.  09 

brîcqucsde  la  pierre  à  moulin  ccliaiiftccs  &  tenues  entour  la  partie:  car  cctrc 
picric  outre  Ce  qu'elle  reuoqac  la  chiileur  naturelle  ,  dcircclie  auflî  &  rcfout 
meruc  illeufement  Le  Chirurgien  Icuanr  le  cacaplafme  ,  tâciiTa  de  fepaicr  l'cf- 
cha  c  faite  par  l'iÊgypciac  ou  Ruptoires»  aucc  la  pointe  de  la  lancetce  ou  au- 
tres inftruments  propres:puis  rclauera  la  pariieaucc  ladite  fomentation,  appli- 
quant l'y^^yptiac  &  cataplafme  comme  auparauant  ,  ôc  ne  changera  telle  pro- 
cédure, iuiqu'à  tant  qu'il  connoille  quelemalcft  arrête  :  enfin  il  s'cuertuera  à 
fcparcr  l'efv  harc  par  les  remèdes  cy  dcfius  mentiomics,  ne  laifTant  de  continuer 
d'appliquer  touliours  le  cataplafme  ,  pour  icfifter  à  la  putrefaâiion.  Si  l'i^gyp- 
tiac  ou  Ruptoirc  ne  font  fuffi'ancs  pour  la  grandeur  de  la  putrefacftion ,  il  fau- 
dra venir  au  cautère  aélucl ,  lequel  i'approuuc  fur  tout  en  cette  efpecc  de  Gan- 
grcncpour  autant  qu'il  dclleche  merucillcuremenrjrefout  &  corrobore  la  par- 
tie ,  ôi.  fa  chaleur  adiuc  pénètre  plus  profondement  que  aucun  autre  re- 
mède. 

Si  la  Gangrené  procède  d'intemperature  fechc  ,  c'cft  afïàuoir  par  faute  de 
,  nourriture ,  il  faudra  par  tout  moyen  humcdter  le  corps  tant  par  bon  régime  de 
viure  qu'autres  choies  que  nous  dirons  cy  après.  Il  faut  donc  que  la  manière  de 
viurc  du  malade,comme  aulfi  l'air  ou  il  fréquente ,  tendent  à  chaleur  ôc  humi- 
ditc:pourtant  vfcra  de  toutes  chofcs  qui  donnentbeaucoupde  fang  ôc  de  nour- 
riture ,  6«:  Te  digèrent  facilement,  comme  coulys,  rf-ftaurants,&:  autres  bons 
bouillons  de  chair  de  mouton,pouIets  &  chappons:rorge  mondé  bien  cuit,  ôC 
pahc  par  vn  tamis  fera  fort  propre  ,  comme  aulîj  l'vfage  du  lai(5tde  femme  & 
au  dtfaut  d'iceluy  celjy  d'Afnelïè.  La  chiimbre  fera  choific  dcuersle  ventdii 
midi.Et  en  fomme  il  faut  huniederle  corps  ,  cuirant  toutes  chofcs  qui  font  le 
contraire  ,  comme  les  fortes  purg.itions,toutes  chofcs  fuJorfliques  Se  diureti- 
ques.Par  dehors  faut  crgrailîcrle  corps  d  huyles  d'Amandes  dauces,de  Lys  ,  & 
de  violetteSjà  celle  fin  de  (errer  par  ce  moyen  les  povres  ^:  conleruer  la  cha- 
leur naturelle  au  dedans.  Les  parties  qui  lont  au  dcflus  du  membre  malade,  ailà- 
uoir  toute  la  iambc  iufqu'àla  Cuilîc  >  iî  le  pic  eft  malade,2uront  befoin  d'être 
engraifsccs  auec  le  ius  de  vers  de  terre  fait  à  la  façon  que  nous  dcfcrirons  à  la 
fin  de  ce  chapitre.  Ledit  lac  ouiuscft  excellent  fur  toutes  choies  ,  pour  autant 
qu'il  efchautfc  &  humecèe  ,  ouuiant  quant  &  quant  les  obitru6èions  qui  font 
auxvaiilcaux,  ôc  parcem.oyen  IcfaiigOt  les  efpdts  en  defcendront  plus  libre- 
ment. Q^iut  à  la  partie  malade,  il  faut  co.iiîdeter  s'il  n'y  a  que  l'intempciaturc 
feche  caulc  de  la  Gangrené  pro  ;hainc,OLi  iî  la  Gangrène  s'y  eft  deia  introduittc. 
S'il  n'y  a  que  lafwchercikjil  faudra  par  tous  moycs  hum- tter^ attirer  la  nour- 
riture à  la  partie  nialadc:pourt.«it  il  la  faudra  fom-  n:er  a'iec  U  bouillô  ticdc  de 
.  trippes,  telles  ôc  pics  de  mouton:  ôc  il  on  fait  cuire  aucc  ledit  bouillon  quelque 
;  quantité  de  vers  de  terre,iî  a-ua  tai  pIuscfçîfivaTe.-puis  y  faut  âpliquer  des  petits 
cornets  eu  vctouics,iâsfcaiificr  ôc  péjac  qu'iceUcs  tirét,couurir  la  partie  d'vn 


600  Traité  de  la  Gangrené 

liiT^e  en  Gcubl-Cjà' éponge,  ou  feutre  trempe  dnns  ledit  bouillon.  Ayant  conri- 
nue  cci.a  iufqu'à  tant  que  la  partie  coniineuce  à  rougir,  faut  promptement  ôter 
^.  les  Cornets  ou  vcntoufes  Hi  les  linges  chauds  de  peur  de  refondre  Se  éuaeucr 
ce  ou'aura  été  attiré,  puis  faut  engvaiiler  la  partie  de  l'onguent  qui  s'enfuit.  ^. 
cLAniygad.amArar.jlnap.ana.l.ii.fuccl  lumbricoYHmterrefi.'^.înl  Mifce,  Eu 
après  appliquer  i'emplaitre  fuiuant.  ^.  picis  liquida  ^.vi.farifid  lolii  (^  Inpino' 
yurn  quantum fatîs  erit  ad  înfpijjmdum.  xMais  il  la  Gangiene  y  a  dcia  mis  pié  ,  Sc 
que  la  partie  commence  aie  corrompre  il  faudra  auoir  double  ou  triple  indi- 
cation, félon  qu'il  y  aura  complication  de  maladies  &  accidens.    Car  d'autant 
que  la  caufe  de  tout  le  mal,eft  vue  defc  dluolité  du  nourriîllmenr,  il  ne  faut  ccf- 
fer  de  l'attirer  tant  qu'il  fera  poffibic  par  trichions   médiocres  f  car  les  foires 
dcilechent  Se  cuacuent  tout  aufli  tôt  ce  qu'elles  ont  attiré  )  tanroft  raiec  linges 
chauds  ,  tantoftauec  la  rr:ain  trempée  dans  les  huyles  cy'ddliis  mentionnez, 
%'cntoufes  2c  autres.  D'autant  aufli  qu'il  y  adcia pourriture, il  faudra  tâch:r  de 
l'euacuerjfoit  par  karificaiions,  ou  fanglucs,  &  application  de  l'i£gypti  ^'^^puis 
appliquera  cataplaime  luiuant,  lequel relifte à  la  pLirrcEdion  &  enîembleat-^ 
tire  aucunement,  l^farmx  Infmormn  &  lolii  ana  ^iiii.fwn.  Abf.nthu.fcordii,fo- 
lior.Riitd.  minutîm  incif.  'ôel  inpiilnerem  reda^.ana  Ai.  i.  rad.  finceioxici  &  An- 
oe!ic£,an.lÇ>.picis  li(^md£  quant -f. fiât. vngit.  Touchant  Tvl^-ge  des  cautères,  fui- 
uant la  doctrine  d'Albucafis,nous  n'approuuons  pas  TatStuel-'cac  il  rclout  &  del- 
fcchc  par  trop.  Pourtant  quand  il  eft  qucftion  de  faire  promptement  Efchare, 
il  faudra  appliquer  des  ruptoires,ou  coupper  auec  le  rafoir  tout  ce  qui  eft  gâci 
ÔC  corrompu,puis  appliquer  l'^gyptiac  ,  &  procéder  à  lacheute  de  l'ei^tare, 
ainfi  que  nous  auons  monftré  par  cideuant.Les  d^fenfiisfont  totalement  à  re- 
ictter  en  cette  efpece  de  Gangrené  ,  d'autant  que  par  leur  affliidtion  ils  empê- 
chent que  iesefprits  &  le  nourriiîement  n'entrent  en  la  ifartie  :  toutesfois  lors 
qu'il  n'y  a  plus  d'cfperance  de  rf  Icruer  la  partie,  &  que  leSphacele  s'y  étant  in- 
troduit il  faudra  venir  au  remède  extreme,âiïauoir  a  l'extirpation  du  membre, 
lors  di  ie  les  defeniifs  auront  lien  >  à  celle  fin  d'cmpcchcr  que  les  vapeurs  de  la 
putrcfadlion  ne  montent  aux  parties  nobles. 

Or  auant  que  venir  à  ladite  extirpation  delà  partie,  le  Chirurgien  progno- 
ftiqucra  amplement  aux  amis  &  parents  du  malade  le  danger  à  venir:  car  encor 
qu'on  couppc  la  partie  afsés  auant  en  la  chair  viue,fi  cfr  ce  que^c  plus  fouuentj 
le  malade  ne  laiifc  de  gagner  comme  auparauant  :  tant  y  a  que  la  plus  grande 
partie  de  telles  Gangrenés  de  fechereifc  font  mortelles,  comme  nous  auons  di^ 
au  Chapitre  huitième  de  ce  traitté. 

La  Gangrené  étant  appaisée  ,  il  faut  mondifîer  S<  incarner  l'vlccre  auec  nô- 
tre mondificatif  de  fuccq  Api  j  ,  duquel  donnerons  la  defcription  à  la  fin  du 
chapitre  15.  ou  auec  miel  rofat,  adiouftant  vn  peu  d'eau  de  vie&  duTheriac, 
s'abftcnant  de  toutes  chofes  graires.  Finalement  il  faut  incarner ,  &  cicatrizer 
comme  vn  autre  vlcerc. 

î-es 


6c  du  Sphacele  eor 

Le  lus  des  rers  de  terre  ,  dont  nous  auons  fait  mention  cy  delîîis,  Ce  ùit  en 
diuerfes façons. Wierus  en  fon  liurc  defcorbuto  prend  les  vcisdcs  cœmcticres 
les  plus  gras  qu'il  peut  auoir ,  Se  les  ayant  bien  laué,prcmicrement  aucc  d'eau, 
puis  après  en  du  vin,  les  couppe  en  pièces  &  les  met  dans  vnc  phiollejaqiiellc  il 
couurede  pâte, puis  la  met  au  four  auec  d'autre  pain,<5(:  iceluy  étant  cuir,  il  tire 
aufli  fa  phiollc  enueloppce  de  pâte,  &  l'ayant  fait  refroidir,  la  met  tremper  ca 
d'eau  ôc  par  ce  moyen  la  pâte  s'ammollillànt  &  fe  feparant  de  la  phiolie,il  y 
trouue  les  vers  relouts  en  liqueur. 

Cofmus  Slotaiius  premier  Chirurgien  de  l'UluftiilIime  Prince  de  Cleucs, 
quand  il  fcvouloit  feruir  du  fucdcfdi:svcrs  es  Atrophies  &  exténuations  parti- 
culicrcs,ou  en  la  Gangrené  de  fecherclfe,  il  prcnoiclefdits  vers,&  les  ayant  net- 
toyés comme  a  été  dit ,  les  mettoit  dans  vn  grand  recipiant>pais  vtrfoit  d^ifus 
quelque  quantité  d'huyle  d'amandes  douces  &  de  violettes,  en  après  fur  les  cen- 
dres chaudes  les  faifoit  refoudre  en  liqueur,&  les  ayant  coule  &:  bien  fort  preA 
se  fe  fcruoit  de  ladite  liqueur  coulée.  Or  ie  trouue  cette  compofition  fur  tout 
excellente  es  fcchcreircs  particulières,  pour  autant  qu'y  demeurent  les  deux  fa- 
cultés ôc  de  rhuyle  ôc  des  vers  :  le  C\ic  que  les  vers  ont  rendu  par  vue  propriété 
particulière  pénètre  promptement,    ôc  cherche  les  nerfs  5c  toutes  parties  uer- 
ueufcs,  même  les  vcnes  &  arreres  ,  à  caufc  de  leur  mcrmbranes  de  fubllancc  ner- 
ueufe,lefquellcs  parties  ledit  fuc  conforte  ,  nourrit  &c  é.hatffe  médiocrement, 
ôtant  les  obftruétions  qui  iont  enicelles.  Jl  y  a  d'autre  part  en  cette  compoiî- 
tion  vue  qualité  vifqucufe  de  la  part  dcfditcs  huyl:s  ,  laquelle  promptement 
après  queled^tlucàptnctiéau  dedans,  ledit  huyle  bouche  &  rc ferre le^ porcs» 
ôc  par  aind  la  chaleur  naturelle  eft  retenue  Se  comme  e^iclofe  au  dedans  de  la 
partie. 


CHAPITRE     XI. 

Cure  de  la  féconde  ejpece  de  Gangrené ,  afjauoîr  de  r  altération 
'■cehemente  par  (qualité  occulte. 

NOus  auons  dit  au  chapitre  quatrième  ,  qu'il  y  a  vneautre  efpece  de  Gan- 
grene,laquellc  ne  pro  jcdc  pas  dcfditcs  caufcs  manifeftes ,  c'eft  à  dire,  d'in- 
temp. rature  foitchaudc,ou  ftoidc,humide,ou  fcche.-mais  d  vne  qualiré  &  ma- 
lignité occulte,  même  incomprthcnfible  à  nôtre  fcns  «Se  entendement:  de  ceci 
s'enfuit  auflî>  qu'il  ne  faut  pas  leulcment  procéder  à  'a  cure  auec  mcdicaments 
qui  opèrent  par  les  ieulcs  qualités  manifeftes  :  mais  au{Tî  par  les  occultes  ,  Se 
iceux  pris  tant  par  la  bouche  ,  qu'appliqiîés  au  dehors  :  entre  lefqucls  la  The- 
riaque,le  Mithridat,le  fcordium ,  vinccîoxicum  ,  Angelica ,  Diétamus  de  Caw- 

Gggg 


602.  Traité  delà  Gangrené 

die  >  &  Içius  dcCitcon  font  les  principaux.  Oc  fauc-il  fur  tout  ctccbicn  vigî- 
lar.c  2c  foigneux  en  cette  cfpccc  de  Gangrené  ,  poiirce  qu'elles  font  le  plus  fou- 
ucnc  moicvlics:  car  elles  cherchent  &  oAenfeiu  incontinent  les  parties  nobles. 
Parcinc  le  Chirurgien  qui  entreprend  les  traider  ,  ôc  ne  les  recagnoit  bonne- 
ment ,  »^'  pour  euiccr  Calomnie  ik  pour  faire  fondeuoir ,  ne  fe  doit  pas  fier  en 
ion  fçauoir,  mais  prendre  i'auis  de  quelque  docle  Médecin  &  autres  gens  fça- 
u-ins  Se  expérimentes  en  l'art  de  Chirurgie. 

Ayant  donc  cogncu  que  la  Gangrené  procède  de  qualité  occulte  ,  il  faudra 
donner  promptemcnt  au  maladc,s'il  a  le  ventre  rclerrc,  quelque  clyftcre  lenitif 
ou  fuppoikoire,3c  iceluy  ayant  fait  Ion  opération  le  pocus  qui  s'enfuit:  ^^.r-^^t- 
atm  j^ngelic£,'vincetoxici,ana.^.'^,Herhfc9rdii:,rHt<£,diSiamn.  ana.p.i.  cocjuantur 
in  f.ci.  a.qiu  BngloJJx  &  Card.  beneditli  'U/  colatura,  redeat  ad  lit,  in  cjnibns  dijjohte 
Thsriaces  opt.^.ifaccicitni^.  Q.  Le  patient  l'ayant  beufecouutira  pour  fuer 
vn  peu  ,  afin  que  par  ce  moyen  la  matière  maligne  puilfe  foriir  Se  abandonner 
les  parties  nobles.  Extérieurement  aufii  fur  le  cœur  faut  appliquer  l'Epitheme 
qu'auons  defcript  au  chapirrc  nsufuiémc  ,  Se  réitérer  quelqucsfois  ledit  potus; 
lequel  le  Chirurgien  fera  plus  ou  moins  foit ,  Iclon  lâgc  Se  diipofition  du  pa- 
tient: &  encores  qu'il  ne  pourra  pas  fuer  à  toutes  les  fois  qu'il  le  prendra ,  fi 
cft  ce  qu'il  ne  lailfc  pas  pour  cela  d'cftie  fort  propre  Se  conuenable  :  car  i\  la- 
dite matière  maligne  a  été  engendrée  dans  noftre  corps ,  ce  potus  la  challè  de- 
hors aux  extrémités,  Se  défend  le  cœur  Se  autres  parties  nobles.  Semblable- 
ment  il  elle  nous  auicnt  du  dehors ,  il  corrobore  Se  défend  lefdites  parties  no- 
bl£S,&:  ne  permet  que  la  malignité  s'approche  d'elles. En  cette  efpece  de  Gan- 
grené ne  conuiennent  aucunement  les  fortes  purgations ,  ni  la  laignée  ,  ni  le 
long  dorrTiirj  de  peur  que  ces  chofts  ne  recirent  le  venin  vers  les  parties  nobles. 
Touchant  le  régime  de  viure  ,  le  malade  doit  cuiter  toutes  choies  difficiles  à 
digérer ,  &c  tout  ce  qui  tft  fort  fallé  Se  elpicé  :  il  humera  le  clair  d'orge  monde 
cuit  parfaittment^ou  de  bous  bouillons  de  chair  de  Mouton  &poul;tSjOu  cha- 
pon ,  ou  sycntcuit  à  force  bourro,h-.s  (^  ozeille  ;  au  lieu  du  vin  boira  d'vnc 
ptibnt  Gufemblablement  aycnt  cuit  borrochc,  ozeille  &  vn  peu  de  fcordium.. 
Il  vfcra  quantité  Se  à  toutes  heures  du  ius  de  Citron  ,  tant  parmi  la  ptifanc 
qu'autre :T.cnt.  En  lieu  dudit  ius  il  pourra  prendre  le  lyrop  co.mposé  d'iceluy 
ius  de  Cictoc. 

Qnant  aux  remèdes  Topiques  ,  le  Chirurgien  doit  attirer  &  euacuer  par 
tous  moyens  la  matière  maligne  :  pourtant  il  fera  des  Icarifications  profondes 
par  tout  ou  il  verra  la  Gangrené  commencer,  puis  laiifera  faigncr  à  fuiîîlance, 
ou  appliquera  des  fangf.es  Se  vcnroufcs  :  en  aprcs  laucra  route  la  partie  auccl^ 
decocliion  qvi  s'enfuie;  ^.  radie.  Anqelic£:,yincetoxici,iinaii,Lupm.fcordii.  Ah- 
fint.  Dicîa,miyrnt£,a,n,i  Ai.i.cof^antur in  lixiuio ad confiunptionemtertiA partis.  Ir^ 
^.li.colaturs,  dijjûlne  Therlaccs  5  ilfi^cci  Citrjj  l.  ii.  Puis  ayant  mis  dans  les  fc^a- 
lifi.ations  de  ncUrc^^gyptiac, qu'auons  defcript  au  chapitre  précèdent,  appli- 
quera 


ôc  du  Sphacelc.  603 

quera  l'Emplaftrc  Tuiuant vn  peu  chaiij.  ^.  lupinoYHmfermemi  acris.alllorH-n^ 
fnb  prunis  coUor.ana  lii.fo/ior.Ru(£,fcordii,  DlclamiCret.  ana,  M.  {^.pHlit.radrc. 
jingelicASôlncetoxici,  ana  \  R.Theriacgs  opiim.  &  Mithridatii,afja  ^t.Cum  deco- 
6I0  Jcordii  fiât  empUftrHm  in  mortario. 

Q3nd  donc  le  Chirurgien  penfera  du  depuis  Ton  patient ,  il  f lut  qu'il  Icuc 
rcfcharcjs'il  y  en  a:puis  que  derechef  il  fcarific  Tendroic  du  mal&  le  face  fai- 
guer,  applique  dcsvenioalcs  &  fangfucs  »  le  laue&:  mette  rargypciac  ,  «Se  cati- 
plafme,  &  ne  change  cette  procédure  qu'il  ne  voye  le  mal  ctiegngné  ;  cnlî;i 
procède  a  la  feparation  de  TElchare  aucc  le  ius  de  pourreaux  ou  (  cz  que  ic 
trouue  le  mcilleur^auec  IcRafoir,  en  après  tienne  long  temps  l'vlccre  ouucvt, 
donnant  àdiucrs  interualles  au  patient  du  Th^riac  èS:  Mithridat  ,.&  autres 
chofes  qui  défendent  le  cœur ,  comme  terre  fellée,  L^p.  Bezoar ,  Corne  de  Li- 
corne, &i.  de  Ceif,  &c.  Or  quand  la  Gangrennc  piocede  de  quelque  matière 
maligne,engendrce  hors  de  notre  corps  ,  alîauoir  aux  parties  excernes ,  comme 
par  morfure  de  belles  vcncncufes  ou  application  des  medicamens  feptiques, 
dont  on  craint  que  la  malignité  Toit  communiquée  aux  parties  nobles ,  il  fera 
requis  de  conlumer  5c  brûler  promptcmentauec  le  Cautère  asftucl  tout  ce  que 
pourroit  fc  refentir  de  cette  malignité.  Autrement ,  &c  pour  faire  mieux,  on 
couppera  auec  le  Raloir  ce  qu'on  tient  pour  fufj  ed ,  puis  le  laiiïcra  on  faignec 
à  luttî(ance,&  en  après  on  appliquera  le  Cautère  aôtucljenfîn  laucraon  l'vlccre 
auec  la  lufdite  Icfciue  ,  Zc  puis  appliquera  ou  nôtre  ^giptiac ,  îk  par  deifus  le 
Cataplalmecy  dclfus  elctir.  Il  faut  aulfi  par  tu  bon  dcfcnlîf  empêcher  que  les 
vapeurs  malignes  ne  montent  aux  parties  nobles.  Mais  h  la  Gangrené  procède 
d'vnc  matière  maligne  engendrée  dans  le  corps  ,  &  laquelle  il-  iette  aux  parties 
externes  ,  il  se  faudra  bien  garder  d  appliquer  aucun  defenlif,  ouehofe  aftrin- 
gentc.  La  Gangvenc  étant  appaisée ,  il  reftcra  à  mondifier  &  incarner  Tvlcere, 
auec  nôtre  môdihcatif  de  lucco  Apii,ou  auec  miel  rofat  où  il  y  ^it  vn  peu  d'eau 
ardent  &  du  Thcriac  ,  puis  à  le  cicauizer  à  la  façon  des  autres  vlceres. 


CHAPITRE     XIL 

Cnre  de  U  troifième  &  dernière  ejfece  de  Gangrené^ 
faite  par  interception  des  efprlts. 

EN  la  cure  de  cette  Gangrené,  ayans  été  ordonnées  \<^  chofes  vniuerri-lîes, 
alfauoir  le  régime  de  viure  ou  foit  Tvfage  des  iîx  chofes  non  naturclieSj 
item  la  faignée,purgations  &  autrcs,felon  que  le  Chirurgien  verra  la  maladie 
lcrequcrir,&  le  malade  le  pouuoir  fupportcr,  il  faudra  diligemment  conlJdc- 
icr  pour  quelle  caufe  les  cfprits  font  retenus ,  ou  empefchcs  d'entier  en  la  par- 
tie: &  fipoflîblc  eft  ôtcr  ces  cmpéchemcnstout  promptement.     Pourtant  fi 

G  <y  CT  (y      i 


^04  Traité  de  la  Gangrené 

c'tft  vne  forte  ligature,  il  h  faucira  relâcher ,  puis  âpliqiier  des  médicaments 
qui  itrohienr,  dclcchcpc  &  inciCnt  ce  que  la  force  ligature  anra  attiré,  comme 
vn  cataplaCmedc  farine  de  Lupins,  fcvcs ,  orobcsC^c  lentilles  cuitrcs  auec  oxy- 
meloufyrop  acctcux:  Ôi  il  ponobftanttout  cela  le  mal  va  en  empirant,  il  fau- 
dra promtemcnc  fcarifîer  la  pareil,  puis  appliquer  les  langfucs  ,  ^^gypriac  Sc 
autics  remcdcs,  fclon  qu'il  a  ecc  déclare  au  chap.  lo.  en  la  Cure  des  Gangrenés 
d'iiuemperature  chaude  6v:  humiJr. 

Si  le  dcfenfif  &  mcJicamcnt  aftringenti  ou  l'application  des  chofes  empla- 
fiiques  en  font  caufc,!!  les  faudia  femblablementôtcr  prompttm.nt,  puis  après 
par  fdârions  modérées  &c  chaudes  r'appelcr  la  chaleur  naturelle  vers  la  partie 
malade,  ou  fomenter  la  partie  auec  vue  bonne  leciue  ,  dans  laquelle  on  ait 
cuit  de  lupins,rcordium,&:  feuiHcs  de  rue,âiouftant  à  lafin  vn  peu  de  vin  aigre, 
afin  que  par  ce  moyen  les  pores  fe  r'ouurenc  Ôc  foyent  nettoyés  de  la  vilcoli- 
te  du  médicament  cmplalcique, 

S  ilyadestumeurs  fcirrheufcs  enrour  les  grandes  artères  &  vênes  &  autres 
vailîèaux,qui  empêchent  &  retiennent  les  clpiits,  il  faudra  tâcher  de  les  amol- 
lirai rcfoudre  par  tel  ou  femblable  onguent  :  J/..pino^H  oaUlnx  ,anatls  ,  vr/î ana 
^.i.oi.liltormn  dborum  iS^.fncci  lumbricorurn  l.  i.  /i.  rnt/ce ,  puis  y  appliquer  vn 
cmpla;l:rcex  mucillaginibus  ,oucx  Ammoniaco  dillbluco  in  aceto.  Mais  iila 
tumeur  eil  en  quelque  parr,cii  l'opt  ration  le  puilFc  £dre  lans  danger  ,  il  vaudra 
mieux  faire  incillon  en  la  peau^puis  feparer  la  tumeur  iufqu'à  fa  racine,  &la 
lier  &c  coupper  ,  pour  donner  tant  plus  tort  palïage  aux  efprits.  Toutesfois  il  fe 
faudra  bien  donner  de  gaide  de  ne  toucher  ou  coupper  à  trauers  lefdits  vaif- 
fcaux  :  car  cela  pourroit  ctre  caufe  d'vne  mort  fubitc;,ou  Gangrené  incurable. 

S'il  y  a  rétention  ou  oppilation  des  c ioiits  animaux  ,  comme  il  aduient  en  la 
paialyfie  &  fpafme  ,  il  f:.udtacngvaiirei  1  oviginc  dcsneifs,  cnfcmble  la  partie 
malade cum  oleo  deCcr3,deTcccbin(hina,dclatcribus:vulpino,coftino&  fuc- 
co  lumbricorum  terrcftiiam5<:  r.mbhbles,ayant  premièrement  fomente  ladite 
criginc  de  ncifsa'vnedecoclion  de  Heurs  de  chamomille,  fange,  rohiiurin,  la- 
uande,maiiol.-.inc,thym.oiigan, grains  de  gencure,cuicc  en  du  vin.  Et  Ci  ladite 
Gjngrcne  vkm  au^rOLipionou  es  feiPes,  il  faut  que  le  malade  fe  couche  tantoft 
fui  rvn.tantod  fur  l'aiài  e  côré,  j-our  foahigcr  la  partie  malade.  Le  même  s'eu- 
tenJ  aulTi  de  la  Gangicnc  duTalpnilequclf'loic  qu'elle  vienne  par  interception 
des  cfpa'rSjCairurcou  autrement^dtmande  laficuation  du  côté  du  pié.  S'il  y  a 
paralyfie  en  la  vcfcie  ,  &c  quervrine  forte  goiitte  à  goutte,  la  faudra  receuoir 
diligemment ,  accommodant  pour  ce  faite  dts  inlh  umcnts  ik  vailltaux  pro- 
pres :  car  h  Icsiam.bes  fjnt  quant  6c  quant  parai)  tiques  S^  que  le  malade  foie 
contraint  garder  le  litl ,  l'vrine  éaiaiittcra  &  efcorchera  le  crouppion,dont  fa- 
cilement h  partie  tombera  en  G;ingrcne,e6me  i'ay  vcuen  deux  diuers  malades. 

Si  la  diiloca-ion  c!l  (.aull^il  la  faudra  remettre  ,  «Se  tenir  l'os  en  fa  place  par 
b,andagei(Sc  comprcifcs  conucnables  >  fe  donnant  de  garde  d'vfer  par  trop  de 

medica- 


&  du  Sphacele.  ^05 

médicaments  adfttingcnts  aprcs  la  rcdudion  de  l'os ,  maiscngiaifTcr  pluftoft 
la  partie  auec  le  fuc  des  vers  de  terre,  auquel  on  pourra  âioiifter  vn  peu  d  huile 
rofat  ou  de  Myrtcs.Et  C\  la  partie  au  dcdbus  la  dillocation  cUfortfcchcjmaicrrc 
&  cxtenuccjil  y  faudra  faire  des  fcaiifications,  fridlicms  £c  autres  chofcsrcqui- 
{es  ,  qui  ont  été  déclarées  au  chapitre  dixième  en  la  cure  ce  la  Gangrené  d 'in- 
tcmpeiacure  fcchc 


CHAPITRE      XIII. 
La  Cure  dn  Sphacele. 

OR  fi  ncnobftant  toute  diligence  &  remèdes ,  que  le  Chirurgien  aura  em- 
ployés &  appliqués,  nature  (uccorrbe  forcée  par  la  grandeur  de  la  ma- 
ladiejtellcmcnt  que  la  Gangrené  fe  termine  en  Sphacele  ,  c'cft  à  dite  moitifi- 
cationparfaitte,alorsilnefaut  plus  prendre  indication  Acs  caufes  précédentes, 
ou  félon  elles  changer  les  remèdes. Car  foit  que  la  Gangrené  prccedenre  ayenc 
cll:é  d'intempcraturechaude,froidej  &c.  le  Sphacele  fera  touhours  de  mêmes, 
c'eft  à  fçauoir,  mortification  j  aufli  bien  en  i'vne^"  qu'en  l'autre.  Le  Sphacele 
donc  (corcwcic  (ouuent  par  ci  deuant  il  a  été  dcdziz)  étant  vnc  corruption  & 
mortification  parfaitte  de  la  fubftancc  de  la  partie/ ainlî  comme  parle  Galien) 
laquelle  peu  à  pcninfcde  &  corrompt  les  parties  p;ochaincs,ileft  impolfible 
de  faire  rccouurer  la  vie  a  vnc  choie  totalement  m.orte  &  conompue.  Le  fcul 
moyen  donc  qu'on  pourra  prendre  en  mainjferade  conlciucr  la  partie  faine: 
ce  qui  le  fait  par  l'application  des  defcnfifs ,  (:k  extirpation  de  tout  ce  qui  cft 
ainlî  corrompu.  Il  faut  donc  appliquer  vn  peu  au  dclfus  ,  ou  à  l'entour  de  la 
partie  de- ja  morte  tel  ou  fcmblablc  defenlif  que  nous  auons  'décrit  ZiU.  com- 
mencement du  chapitre  dixicmej^c  nonobftant  qu'il  n'y  ait  cfpcrancc  de  con- 
feruer  le  lain,  il  ne  faut  pasîailler  de  l'appliquer  (oigneuitmcnt ,  afin  d'cmpé- 
chcr  parce  m-oyen  que  les  vapeurs  &  exhalations  de  la  putri-faôtion  ne  mon- 
tentpar  les  aitercs,vtinesj6i  nerfs  aux  parties  nobles.  L'cxtii  nation  de  ce  qui 
cft  corrompu  fc  tait  en  diueries  façons:  car  quelques  vus  faifans  des  fcatifica- 
tions  profonde  s  entre  le  vif  &  le  mort,  apliquent  dedans  la  poudre  d'arfenic, 
ou  l'iÊg)  ptiac  fortifie  auec  de  l'arfenic  :  mais  nous  auoiis  dé  ia  par  ci-deuant 
remontre  3  que  l'aïknic  eft  du  nombre  des  mcdicamens  fcptiqi;es  ou  putie- 
fadifs,  &:  qu'il  amené  de  grands  &  dangereux  accidcns,  6c  pourtant  il  n'eft 
aucuncmeiit  propre  en  cette  maladie,  mais  au  lieu  dudit  arllnic  ,  ic  loLi:  fort 
Tvfage  des  ruptoires,faitsde  cendres  de  ferment  &  chaux  viue  :  car  ils  fonc 
promptement  &  fans  grande  douleur  vne  profonde  ef».  harc,  &  n'ayans  aucune 
qualité  maligne ,  n'oitcnfcnt  point  les  parties  nobles ,  aii  fi  comme  fait  l'ar- 

G  y  *^   CT      ; 


6o6  Traité  de  la  Gangrené 

fenic  II  les  faut  mettre  dans  les  incitons  faittes  après  la  chair  viue  :  puis 
«tant  faitte  l'efcliare  ,  n'attendre  pas  la  chcutte  d'icellc  ,  foit  par  le  bénéfice 
de  nature  ou  médicaments  ,  mais  la  leucr  <3c  fcparcr  auec  le  Raloir  ou  autres 
inftrumcns  propres  ,  en  fin  fi  le  Chirurgien  connoit  que  la  chair  morte  n'eft 
pas  encores  totalement  extirpée,  il  faut  appliquer lefdics ruptoires  ,  comme 
auparauant,  iufqu'à  tant  que  tout  le  pourri  foitreparc  du  vif  L'autre  voye 
d'extirper  tout  ce  qui  cO:  corrompu  ,  fe  fait  par  le  Cautère  a6tuel  ,  caute- 
rifant  tout  ce  qui  eft  infcdt  &  corrompu,  puis  tâchant  de  feparcr  i'efcha- 
rc  ,  foit  par  le  Rifoit  ou  médicaments  ,  auec  le  ius  de  porrcaux  &  autres  ci- 
dcifus  mentionnés.  La  troifiéme  voye  cft  de  coupper  premièrement  auec  le 
Rafoir  tout  en  vn  coup  ce  qui  eft  corrompu  ôc  mort  >  ou  s'approcher  le  plus 
près  du  vif  que  pofiible  fera  ,  puis  palier  le  Cautère  aârucl  par  toute  laplaye, 
tant  pour  arrêter  le  fang  ,  qu'aufli  pour  dcfecher  &  confumer  ce  qu'il 
pourroit  auoir  de  reftc  de  lang  ôc  humeurs  corrompus  en  la  partie  ,  puis 
procéder  à  la  feparation  de  l'efchare  comme  fouuent  il  a  cftc  dit.  Toutes- 
tesfois  s'il  y  a  en  la  pariie  malade  quelque  vailièau  ,  aflauoir  artères  ou  vcnes, 
cette  opération  fera  d'autant  plus  dangcreufe  qu'ils  feront  grands  .-  pourtant 
s'il  y  a  crainte  d'h^emorrhagic  ,  il  vaudra  mieux  procéder  auec  Cautères 
potentiels  ôi  aducls  que  de  coupper  auec  le  Rafoir  ,  comme  nous  venons  de 
dire  :  combien  que  cette  voye  (croit  la  plus  fcure,  d'autant  qu'en  couppant 
la  chair  morte  il  ie  fait  auffî  euacuation  du  fang  &c  humeurs  corrompus, 
dont  il  ne  peut  être  que  la  partie  ne  fe  décharge  mcrucillcufemcnt  :  d'autant 
au{fi  qu'en  couppant  premièrement  vue  portion  de  lâchait  corrompue  ,  le 
Cautcrca6tucl  peut  mieux  pénétrer  ôc  délecher  ce  qu'il  y  a  de  refte  de  corrom- 
pu en  la  partie  :  là  où  au  contraire  s'il  y  a  encores  de  la  chair  morte ,  le 
Cautère  fera  promptementvne  cf.  hare  rres-durc,  delîous  laquelle  la  putrc- 
fâdlion  demeurera  enclofe  ,  (ans  auoir  aucune  traufpirarion  :  ainfi  il  fera  pis 
qu'auparauaiit.  Or  ces  opérations  fepeuuent  exercer  lors  que  le  Sphacele 
cft  en  quelque  partie  du  corps  ,  où  il  n'cfl  necelfaire  ou  pofllble  d'extirper 
toute  la  partie  :  comme  en  la  cuilîe ,  aux  fellès  ôc  autres  parties  :  mais  fi 
le  Sphacele  eft  en  la  main,  au  pied,  bras  &:iambes,  &  qu'il  occupe  toute  la 
partie,  il  ne  refte  autre,  finoa  d'y  appliquer  le  remède  extrême  ,  c'cft  d'ex- 
tirper non  feulement  les  parties  charncufes ,  mais  l'os  même.  Neantmoins 
auant  que  déclarer  la  façonne  manière  de  faire  cette  opération,  auifonscnquel 
tktt  cUefc  pourra  faire  plus  aiFurcment  ôc  commodément. 

CHAP. 


de  duSphacele.  6O7 

CHAPITRE    XIV. 

Du  lie»  ou  l^amputano»  doit  être  fait  te. 

POur  vcniu  à  parler  du  lieu  ou  l'amputation  doit  ctre  faite ,  il  s'y  faut  gou- 
uerncr  fclon  la  diffcrcnce  de  la  partie  malade:  pourtant  fi  le  Sphacelc  clt  au 
pic  ou  en  laiambe,  l'opération  doit  être  faitte  à  cinq  doigts  au  defTous  du  ^z- 
noliiljc'cfl:  alîauoir  à  la  iarrctierc:car  cncorcs  que  le  Chirurgien  doit  conferucr 
le  corps  en  Ton  entier  tant  qu'il  luy  cfl:  poflTiblcjfi  eft-cc  que  le  refte  du  tronc  de 
la  ïambe  ne  feruant  au  patient  que  d'cmpéi,hcmentjméme  de  tel  crrpcchcmcr, 
qu'il  ieroit  en  aprcs  contraint  de  s'cxpofcr  vnc  autre  fois  au  danger  de  fe  faire 
couper  le  refte  ,  il  fe  doit  faire  l'amputation  audit  lieu  prés  du  genoliil  ;  & 
par  ce  moyen  il  luy  fera  plus  aisé  de  s'aydcr  d'vnc  iambe  de  bois  :  mais  fi  le 
Sphacelc  cft  monté  iufqu'au  delTus  du  gencuil ,  il  faudra  tant  foit  peu  couppcr 
du  bon  &:  fain  qu'il  fera  pofliblc.  Le  même  s'entend  aufli  de  la  main ,  ou  l'o- 
pciation  fe  fera  commodément  en  la  iointure  ,  allriuoir  au  Carpe  :  &  c'cft 
pour  confcruer  tant  qu'il  fera  poffible  le  bras ,  poui  puis  après  y  pouucir  tant 
plus  aifcment  attacher  &  accommoder  vnc  main  de  fer. 

Or  parce  qu'il  y  en  a  qui  veulent  que  la  partie  (oit  couppée  en  la  chair  mor- 
te ,  même  qu'on  laiffe  vne  portion  de  la  corrompue ,  à  celle  fin  (  difent-  ils  ) 
d'euiter  leHuxdtfang&  la  douleur  ••  6r  routcifois  veulent  que  ce  qu'ils  ont 
laifsc.de  pourriture  (oit  confumé  par  le  Cautère  aftuel.     Pour  cette  caufe 
f  en  confideiant  l'importance  de  cette   opération  &  le  danger  qui  s'en  pour- 
roit  enfuiurc  ,  étant  indcucmcnt  adminiftiée,  J  ilnous  faur  aulJî  furcedc- 
clarcr  noihe  opinion.    En  premier  lieu  donc  nous  regarderons  (\  telle  opéra- 
tion pourra  être  fcure  ,  &:  pour  ce  faire  il  faudra  ici  remémorer  ce  que  die 
Galicn,  alîauoir  que  k-  Sphacele  cft  vnc  cori  uptioa  de  la  f  ibftance  de  la  partie 
qu'elle  occupe,  tellement  que  les  os  mêmes  en  font  iufcdls  &  entachés.  Or  fi 
ainfi  cft  ,  il  ne  fi  iîît  pas  de  regarder  exteiieuicment  à  la  peau,  mais  il  Lut  pa{^ 
fet  plusauanr  ,   &  extii perle  tout  :  autrement  l'opération  ne  feruira  de  rien: 
caria  corruption  emprainte  en  l'os  infedrcra  de  nouueau  la  partie (aïwq.  D'au- 
tre part  il  faudra  fçauoir  que  tant  plus  chaudes  &  h;;mides  font  les  pairies ,  s^ 
tant  plus  facilement  fc  pourrilîènt elles.    Or  eft  il  certain  que  les  mufclts  iSc 
vaillcaux  au  profond  de  la  partie  font  beaucoup  plus  chauds  &  humides ,  que 
n'cft  extérieurement  la  peau,  &  pourtant  font  plus  fuiets  à  fe  pourrir  »S»:  cor- 
rompre.   De  ceci  s'enfuit  que  toufiours   la  corruption    &   pourrirurc   eft:" 
beaucoup  plus  haute  au  profond  de  la  partie  ,    qu'elle   ne  fe  monftrc  cx- 
tcrieurtmait  en  la  peau  ;  &  pourtant  fi  on  fc  vouloir  gouuerner  ftloiv 


^o8  Traité  de  la  Gangrené 

l'apparence  extérieure,  on  courmenteroic  le  malade  en  vain,  laillaut  beaucoup 
di.  la  chair  motte  au  proFond  de  la  partici  Touchant  le  flux  de  fang,  il  eft  cer- 
tain qu'en  couppant  la  partie  en  la  chair  morte,  il  n'eft  pas  autrement  à  crain- 
dre :  mais  far  cela  il  nous  faut  conlidcrer  que  les  plus  excellcns  Chirurgiens 
commandent  de  lailïcr  fortir  quelque  quantité  de  fang  af  res  l'opération  ,  Se 
non  fans  rai  Ion  :  car  le  lang  qui  touche  la  pourriture  ou  chair  morte,  ayant 
de- ia  participe  de  cette  corruption,  ne  faie  rien  que  mal ,   tandis  qu'il  eft  en  la 
partie  :  dont  même  âuient  fouuent  que  quand  il  n'eft  pas  bien  euacuc  ,  quel- 
ques iours  après  l'opération  la  Gangrené  le  remet  au  moignon:  finon  il  y  Iiir- 
uientau  moinsinfiammation  ou  phlcgnon,  douleur  &  autres  maiïuais  acci- 
dents :  &:  pour  les  euiter,  il  faut  lailîei  forcir  quelque  quantité  de  fang  félon 
les  forces  du  malade.  Toutesfois  ft  elles  ne  fontfuftîfantcs  de  fupporter  ladite 
cuacuatioa  de  fang,  le  Chirurgien  a  bon  moyen  d'cmpecher  l'hceraorrhagie, 
cncores  qu'il  coupera  la  partie  bien  auantdans  la  chair  viue.*  ^  ne  faudra  que 
bien  étroittemeut  ferrer  le  lien  ou  trelfe  ,  quon  met  au  dcfiusdu  lieu  ou  la 
fçie  doit  paftèr  :  car  par  ce  moyen  les  vailïèaux  des  vénes  &  artorcs  font  rclle- 
mcnz  referrés,  qu'il  ne  fe  pert  pas  trois  ou  quatre  onces  de  fang  à  coupper  vne 
ïambe,  moyennant  que  le  Chirurgien  face  dextrement  fon  opération  :  tou- 
tesfois  s'il  s'en  perd  quelque  peu  d'auanrage  ,  il  ne  faut  pas  eft i mer  que  le  tout 
vienne  d'cnhaur,  mais  il  en  vient  aufli  de  la  partie  qu'on  a  extirpée  ,  laquelle 
regorge  promptement  ce  qu'elle  auoit  retenu  de  fang. 

Quant  à  la  douleur  ,  il  nous  faut  entendre  que  par  la  forte  ligature  que  les 
Chirurgiens  ontaccouftumc  de  fairejl'cfprit  Animal  eft  empêche  de  reluire  en 
lapartie,    de  façon  qu'elle  dénient  comme  endormie  ,  tellement  qu'va  bon 
Rafoir  y  eft  pafsédeuant  que  le  malade  i'ayt  bonnement    appcrceu  :  mais 
quand  on  vient  à  fçier  l'os,  alors  le  patient  fcnt  de  grandes  douû  urs  ,  non  pas 
à  raifon  dei'osqui  n'a  point  de  fentimcnt  ,    mais  à  l'occafioiv  dupeiiofte, 
membrane  merueilleultment  fenfible.    Pour  fiire  donc  l'operatio;!  fans  dou- 
leur, ilfaudroit  que  U  partie  fuft  tellement  corrompue ,  qu"  cette  membrane 
s'en refentit  totalement  :  &  Ci ainli ctoit,  ie  laille  à penfcr  à  vu  ch.cun  ,  fi l'os 
même  ne  feroit  pas  bien  abbreuuc  de  cette  corruption  ,   &  la  chair  auprès  de 
l'os  corrompue,  pourrie  ôc  morte  beaucoup  plus  haur,q  l'cxtcricuremcntil  ne 
fe  feroit  monftré,  étant  ladite  chair  aupies  de  l'os  plus  prcfto  à  fe  corrompre, 
que  de  vers  la  peau  ,  comme  nous  auons  remonftrc  :  par  ai^^ft  l'opération  fe- 
roit fruftratoirc,  n'étant  iamais  poffible  de  corriger  ie  refte  de  la  corruption 
taec  le  Cautère  aéluel. 

Mais  il  me  femble  qu'éuitans  la  douleur  d'vne  part ,  ils  l'augmentent  au 
double.  Car  quand  il  eft  queftion  dcconfumer  vnc  telle  quantité  de  chair 
morte ,  qu'ils  veulent  qu'on  lallFe ,  il  ne  fuirît  pas  vn  ou  deux  Cautères,  mais 
il  en  faudra  cinq  ou  Cix  auec  force  feu  ,  iufqu'à  tant  que  le  malade  les  fenrc  à 
boncfcieMt  ••    autrement  ils  ne  profircroyent  de  lien.  Or  cette  grande  chaleur 

des 


&:  du  5phacele.  ^o^ 

des  cautères  liquéfie  Se  fond  la  grailfc  &  autres  humeurs  ,  même  les  rend 
boiiillans  :  de  ctans  tels  ils  brûlent  &  efchauffcnt  cxccflTiuejnncnt  les  parties  fen- 
fibleSjCommc  font  lesncifs,tcnvîons  ,  &  panniculcs.dont  s'crifin'r  giandKTimc 
douleur  ,  de  qui  pluscft,  parla  vchcmente  caureiization  Ce  fait  vne  edharcou 
crouftetrefdure6<:  efpcflc-jlaquelle  cmpcfchc  qu'aucune  cxh.iLition  des  vapeurs 
malignes  &  putredineufcsfcpiiiiîc  faire  ,  &  q^uc  parconfcqacH:  elhs  montent 
aux  parties  nobles  :  car  il  n'cft  pas  pclTible  que  ks  Cauccfcs  puillcnt  fi  bien 
dclfcchcr  le  tout  ,  qu'il  n'y  demeure  quelque  peu,  lequel  eft  comme  le  leuain 
d'vncnouuclle  corruption  ,  quand l'elchare  fe  vient  à  pourrir.  D'auantagcla 
chair  morte  étant  ainfi  confiiméc  &  la  peau  retirée  par  la  force  des  cautères ,  il 
y  demeure  vne  grande  cminence  de  Tos  ,  Se  poflTible  telle  que  puis  après  on  cfi; 
contraint  reapliqucr  la  fcie.  Mais  s'il  faut  toafiours  coupper  la  partie  en  la 
chair  morte  ,  qu'tfl:  ce  que  l'on  fera  quand  le  Sphaccle  fera  au  pié?ne  faudroic 
il  pas  ou  lailfcr  vne  grand?  portion  de  la  iambe  ,  ou  atten.ire  que  la  pourriture 
ou  putréfaction  fut  montée  plus  haut  ?  Or  cecy  fera  trefdangereux^&r  l'autre 
faicheux  &  pénible  au  patient.  Nous  conclurrons  donc  qu'il  faut  fuiuant  la 
do(5trinc  de  Celfe,d'i£cc&plufieuts  modernes  Médecins  &  Chirurgiens  »  que 
l'opération  fe  face  en  la  partie  laine,  prenant  pluftoft  quelque  peu  du  fain,que 
lailler  tant  foît  peu  de  la  chair  morte:<Sc  n'importe  rien  de  s'informer>  comme 
dit  Celfe  »  fi  cet  aide  e (l  afccs  leur  puis  qu'il  eft  feul,c'ctl  à  direjpuis  qu'il  n'y  en 
a  point  d'autre.  Et  d'autant  que  la  maladie  ctt  extrcme,qui  eft  ce  qui  ne  con- 
felïc  qu'il  y  fautauffivn  remeJefemblabîemcnt  extrême  ?  tant  y  a  que  l'appli- 
quant auecafieurance  nous  pouuous  attendre  meilleure  ilîue.  qu'en  f.u{ant  au 
contraire.  Or  n'y  a  il  point  d'ulleurancc  en  l'operacion  qui  le  fait  en  la  chair 
morte,d'autant  que  la  racine  du  mal  y  demeure.  Qjnnt  à  la  doék;  ine  de  Galien, 
illcmble  qu'elle  loir  répugnante  k  ce  que  pradiquent  Celfe  de  pluficurs  mo- 
dernes:mais  il  nous  faut  confiderer  que  Galien  a  regardé  ?.u  principal  plus  qu'à 
ce  qui  en  dépend.  Pour  autant  donc  qnela  pourriture  eft  toufioursbeaui^oup 
plus  haute  au  ptrofond  de  lapaiti  ,y  était  plus  chaude  «3c  humi  Je,  comme  nous 
auons  remonllré,  Gaiicnn'a  pas  voulu  entendre  qu'on  commence  à  coupper 
extérieurement  à  la  racine  du  mal, pour  iailïer  la  p;  incipalc  racine  Se  pourriru- 
rc  au  profond  de  la  partie  entre  h  s  mulcics&  \aillèaux  :  car  c'cll:  iàoù  gic  la 
vraye racine  de  cette  pourriture  ,  6c  noii  pas  extérieurement  en  la  peau,  i^our 
auoir  donc  cette  racine  h-'û  faut  necelîàii  ement  prendre  vne  partie  du  fnin ,  af- 
fçauoir  extérieurement  :  Se  par  ainlî  il  app.-rc  que  la  dodlrine  de  Gaii.u  ne  ré- 
pugne au:unement  à  celle  de  Ce  lie  Se  autres  que  nt^us  auons  allègues. 

Qoant  à  cette  qnellion  que  Ton  met  en  anaiu  ,  allanoir  fi  les  membi  es  fpha- 
cclcs  lé  pcuuent  coupper  en  la  ioindure  même  ,  ayant  fait  ^c  vcu  faire  telle 
opération,  ie  puis  dire  qu'elle  s'y  fait  auec  moins  de  douleur  Se  fans  danger: 
auec  moins  de  douleur,  d'autant  qu'on  ne  fçauioit  iamaislî  nettement  coup- 
per Se  leparer  les  nerfs  Se  membranes  ,  que  la  fcic  n'en  rencontre  toufiours 

Hhhh 


6io  Traité  de  la  Gangrené 

quelques  vns  j  ou  elle  s'engage  les  arrachant  auec  très  grande  douleur  du  pa- 
tient. Sans  danger,  car  les  neiis,tendons,&  autres  ctans  totalement  coupez  fe 
retirent  en  h.n.it,0<«:  la  chair  les  couure:ain(î  ne  pciiucnt  caufer  ni  fpalmc  ni  autre 
accident.  Mais  ici  il  fe  faut  derechef  gouiierner  fclon  la  différence  de  la  partie 
malade  :car  (ilemalcfl:  au  pic  ou  à  la  iambe.il  la  faat.couppcr  au  iarrct ,  afin 
que  le  malade  s'accomrr.ode  plus  aisément  de  la  iam.be  do  bois,mais  i\  le  Spha- 
ccle  a  paf'sc  le  iirret»l'inci(îon  doit  être  fa'.tc  en  la  ioincture  du  genouil. 


CHAPITRE     XV. 

Comme  il  faut  procéder  à  UfeUïon  du  membre. 

AVant  que  venir  à  l'amputation  delà  partie,il  faut  (^  fi  la  maladie  ne  prcflè 
p.r  trop)ordonner  les  chofcs  vniaerkllcSsComme  le  régime  de  viure,  pur- 
ger le  corps ,  lligncr ,  confoiter  le  cœur,  6i.  faire  autres  chofes  qu'on  verra 
ctre  necefîaires.     Pourtant  li  1:  patient  cft  ieune ,  robi.ifte  &  replet ,  il  le  faudra 
nourrir  peujlt  purger  par  médicaments  lenicifs,pii is  le  faigner.    Au  contraire  fî 
le  patieiir  eflfuiblc  ,  il  le  faudra  bien  nourriL  auec  aliments  de  fav.ile  digeftion» 
&  ne  fera  pas  nccclïàire  de  le  faigner.  Pais  ayant  conforte  le  cœur  par  quelque 
cpiih'  me  ,  tel  qu'a  été  defcript  au  ch;>pirre  9.  donné  au  patient  quelques  œufs 
fi"ais,&  vue  roib'c  au  vin^  (  s'il  5'agill  a'extii  per  vue  iambc^)  le  hiut  faire  afleoir 
fur  vn  banc,ifiii  que  laiambe  fait  tant  plus  fermc:puis  le  '^  hiiurgien  ti;era  les 
mijfcks  è^-  la  peau  eu  h.nitvî?»:  f:ra  vne  forte  ligature  vn  peu  au  deflus  du  lieu  où 
il  prétend  faiic  inciiion  ,  ;;!lauoir  en  b  partie  faine:  cette  ligatuie  fcfcra  auec 
vue  trelfe  foi  te  &  oelicc,tclle  que  Celles  dor;t  les  femmes  fe  f'eruent  à  lier  leurs 
chcueux.Llic  feiuira  à  deux  fins  p.incipalcment:  IVne  efl,qu'ellc  prctlèra  &  ref^ 
ferrera  ks  vciiK's&  aitcrcs  ,  relit  ment  e]u'ilne(cra  à  craindre  aucune  hasmor- 
ih.igic.    L'autre  vtiliié  de  cette  l^oite  ligati^re  tft  ,  que  par  fa  compicllionclle 
empêchera  l'cfprit  animal  de  reluire  par  les  nei  fs ,  dont  la  partie  en  deuiendra 
com.me  endormie  ,  &piiuée  de  ion  lentimcnt,  (k  par  Ce  moyen  l'operarionen 
fera  moins  doulourtuie.  GuiJon  veut  qu'on  mette  vn  autre  lien  en  la  partie 
mcit-j^'  qu'entre  ces  deiùx  on  face  l'incifion  ,  ce  quiiùft  p.i;;  impertinent  :  eau 
comme  ainfifoit  que  l'hœmorrhagie  ou  fîux  de  fangefpouuanteleialîiftans  ,  & 
d.jnncoccafîon  deblamcr  l'o;  cr.ueur  ,   telle  ligatuie  Icit  à  empclcher  que  le 
fang  qui  eft  es  vaiiièaux  de  la  parde  moite  ne  p.:ut  forir  .dnfi  abondammento 
Autres  mettent  vn  lien  au  delfus  du  genouil ,  s'ils  veulent  couppcr  la  iambc  à  la 
iarretticrcjou  au  dclloi-s  du  coude,  s'il  (Il  -que-ftion  Ac  Jouppcr  la  main  au  car- 
pe,pour  rcndvc(dilent  ilsjle  fentimcnr  pi;ii  obfcur  :  miais  outre  ce  que  les  nerfs 
ibnt  fort  profonds  en  ce  lieu  là  ,  tellement  que  la  ligature  ne  les  peut  compri- 
me r^  , 


&  du  Sphacele  ei^ 

mer,cUe  cafTc  fouiient  les  pattics  mufculeuCs,  vc  fait  iiouucllc  interception  des 
cfprirs. 

Lafortc  ligature ainfi  f,,ute  ,  le  Chiruigi^'n  approchera  la  iambc  du  boiitdu 
bauCjtellcment  que  ledit  bout  vienne  iufqu'au  dcllous  du  gcnouil:  puis  aucc  vue 
bande  liera  le  gcnouil  au  banc  >  afi  i  qu'il  ne  bouge  ne  ça  ne  la  :  en  après  aura 
vnc  cicabclle.de  la  même  hauteur  du  banc,  lur  laquelL  ilmettra  le  pic  &:  la 
iambe ,  attar;hant  femblablcmf  ne  le  pic  à  l'cicabcllc  :  nonoblhnt  tout  cela  il 
mettra  vn  homme  fort  \k  courageux  dcnieic  les  cfpaules  du  raalade  ,  puis  vn 
autre  qui  cmbralî'e  le  banc  &  le  genouii,  Se  le  troihémc  tiendra  le  pic  &  l'eica- 
bclle  ,  &  parce  moyen  la  partie  fera  tenue  f.rme ,  Se  le  Chirurgien  fera  tant 
plus  dcxtremcment  l'operaLion  .  &la  f:k  ne  s'engagera  point  :  chofe  qui  fait 
mcrueillcufemcnt  languir  le  paticnc ,  ôc  donne  occafion  à  ceux  qui  alhlle  de 
blafmer  l'operateur.  Ceci  fait  ii  cojppera  auec  vn  rafbir  bon  Se  bien  tcen- 
chàn:,ou  autre  coulleau  courbe  la  chair  iufqu'à  l'os  ,  feparant  au  même  inftant 
le  pcriollc  tant  qu'il  luy  fera  pcffible  :  S:  s'il  y  a  deux,  os  ï'\n  auprès  de  l'autre, 
comme  dclTous  le  gcnouil,3<:  dclKis  le  carpe,  il  faudra  aucc  vn  coufteiu  courbe 
Se  pointu  feparer  la  chair  quicft  entre  lcTdicsos,àcclle  tin  que  la  icienc  tiou- 
ue  point  d'empcLhemenr  :  en  après  couppera  l'os  auec  la  icie  tant  fubtiiement 
^d'extrement  qu'il  luy  fera  poTlible,  Se  ayant  hilsc  cculer  quelque  quantité 
de  fangîfelon  la  plénitude  Se  forces  du  p:.cicnr,  cautciiz:ra  les  vailîcaux  ,  pour 
arrêter  ledit  fang  :  fcmbiab!cm:ntro^.  afia  que  les  eiquilles  s'en  leuent  tant  piu- 
ilofl.Ccciccant  fait,il  dclicrale.'ïen  quicft  au  dcllus  de  i'incihonjpuis  api'liqae- 
ra  vnecompreflè  d'ctonppes, trempées  picmictemcntenOxycrar,puis  en  blauc 
d'œufs,&  io;;poudiiCed 'bonne  quantité  de  Li  poudre  qui^'cnfuic  :  ^.  firin.vo- 
iatil.l.vifii^.drACcnis/rhurlsyalcësyanal  Çs,  bob  Arm.terrjigtl  gypfi  aha  ^.ii. 
Ranarmn  dc-j-.iût'l  prd,.  ivun.  (rnirlfce  enirn  à  proprietate  ^nadam  occulta  fa  igui- 
fiemjijfnfit^  z^.ii  pil.leporjmnHtijJirneindf.fpJJigitt  noua  torrefa^a,  ana  \  Ç^.mifce:fat 
pnlais  fiibnUflirnus.  Enapusaynnt  applique  vn  defcnlîf  entour  1?  moigr.on,  le 
bandera  auec  bandes  trempées  en  oxycrat  ,  Se\\ç.  remuera  c'til  ai  paixil ,  iul- 
qn'iiU  deuxième  ou  troiiîci-ne  ioui,/l  c'eft  en  Elle,  &  iufqii'au  quatrième  ou  cin- 
quième Il  c'ctcn  hyuet.Le  defenlîf  peut  être  tel  qtie  nous  auonsd.iciipr  au  cha- 
pitre lo-  on  ceftuy-ci.  2^.  boli  Arrn  fAigH.dracon.  Map,.gypliyanA\  i.ol.Rofati, 
JHyrtini  ana  ^à-alburnina  ouoriun  num.z.aceti ^.f.  fiint  vngn.tn  mortario.  Quel- 
ques vns  pour  être  bien  alleures  qu  il  n'y  furuienuc  h.emorrhagie  ,  lailT^nc  le 
lien  iufqu'à  ce  qu'ils  appliquent  l'autre  apparciljCe  qui  cft  le  troiiicme  ou  qua- 
trième iour  :  mais  cela  ne  le  peut  pas  faire  qu'au  grand  preiudicc  du  patient, 
pour  autant  qucce  lien  fait  vnc  giande  douleur  ^  attraction  de  fang  Se  d'hu- 
meurs,ie{que]s  ^'enflamment  -k.  s'apoltumentcn  lapaitie,  dont  plulieurs  mau- 
uais  accidcns  iuruiennent  de  nouacau, 

Le  quatrième  ou  ci'iquicrnc  iour  aya:  leuc  le  premier  âpareil,il  faut  remettre 
des  petits  plumaceaiix  d'ctoup^cs  trempées  en  blancs  d'œufs  auec  ladite  poudre 

Hhhh     i 


611  Traité  de  la  Gangrené 

Tar  les  vailîcaiix  ;  5c  fur  l'os  on  merrradcscharyies  feches  ;  pnîs  couiirira-t'-on 
toute  la  playe  d'vn  dig- ftif  tel  que  s'enfuir.  ^.  Terebinth.  lotA  in  Aquâ  piamA- 
gi'ùs  ^.ii\.  ol.  Rofati  ^.fi.  viîelhtm  vnins  oui  t  Croci  9.j.  rn']fce  :  &  ne  changera 
point:  le  Chii mgicn  ces  remcd.-s  que  la  digcftion  ne  foit  taitte ,  fur  tout  le  dc- 
f-n(iJ-,6c  âplicjueia  la  poiidrcfiir  ks  vaiikaux  iufqu'à  tant  que  1  harmonhagic 
ne  foit  plus  à  craindre.  Lors  il  qui:tera  le  digcftif,  &  mondifiera  l'viccrc  auec 
noftic  rriondifiracif  ify;<cfo>4/7/i,  qui.noiisckLriLons  à  la  fiu  de  ce  chapitre, 
ou  auec  vi7  tci  que  s'enluit  :  X..  Tercbnit  Iota  tn  vino  ^.  v].  pn/u.rad.  Arift  ro- 
tund^J/idisfior  furmAhndei,afia.'^in\,  M ellii  Rofati  Xii]  a^ux  vit£  g.  j.  The- 
riAces  5  7j  Mifce-.f.it  Munâlficmuiim.  Pendant  qu'où  pro.cde  ainfi,  il  faut  tâ- 
cher par  tout  rroycii  de  rcâier  en  bas  Irs  muklcs&:  le  ci,ï[,qui  auront  ctc  clc- 
ncs  en  haut,  à  fin  qu'ils  rccouurcntpcu  à  peu  les  extrémités  des  os,  qui  auront 
tfté  coLîppés  c<c  qu'après  la  cicatrice  faittc  ledit  cuïr&:  mufcl^s  feruent  comme 
d'vn  co..fiinct  aufciitcs  extrémités  des  os  :  &  pour  ce  faiie  quelques- vns  font 
quatre  poiiirs  d'aiguille  en  croix  aux  Icures  de  la  playe  ,  incontinent  que  l'opé- 
ration eft  fùitte,  &  par  ce  moyen  approchent  la  peau  6c  la  Ciïair  :  mais  il  n'eft 
pofïîble  de  faire  telle  chofc  li  dexrremcnc,  qu'il  ne  fe  perde  toufiours  quantité 
delang  pins  qu'on  ne  voudioii.  D'autre  part  les  hures  de  la  playe  s'cnflans  & 
tumcfiansiur.ru'a  tant  qucladigcllion  foit  faiîte  ,  lefdirs  points  fc  rclâch:  nt, 
mcme  couppcntl3pe.:u,  telieraee  q  ^'iisne  feiucnt  dericn  En  corfideranr  ces 
inconucnicns  it  tvouuc  bon  d'appliuiic  r  vnc  co.ifturc  fch.-jC'ell  que  i'emplatrc 
vn  li'igf  dv  la  mixtiou  fii  ianre,&  l'applique  encour  le  moigion,  aûTauoirfur 
les  bords  de  la  playt.  '^  fari/ae  volatil.  |  j  MflJiicSThtirts ,  fangnin.  àrac.  pulu. 
Rofar.rub.Gummitraaac.ana.2^i\  tmfce  cum  jilhnmtr.e  oui.  Ledit  einplaftrcs'é- 
tanr  dc{  >.he  «?<;  bien  fort  attache,  i  y  palle  i'aiguillc  auec  le  fil:(S:  p-r  cc  moyen 
appioche  les  leures  de  la  playe,  il  faut  aulîi  ptocurcr  la  ch  ute  des  extrémités 
de  l'oi  que  l'ai:  &:  la  ù^i-  a  tronc  rouehr  6c  altère  :  ce  qui  fe  f  ra  en  appliquant 
fui  Icf-^'itcs  txrrcmit's  hs  poudres  car  igmatiq.ies ,  comme  cctte-C).  ^  radi- 
cum  'rifclûc.rotur.d.  pencedani ,  Iridu  ficrerj.corticnm  pini,  ana.\^.  rntfce. 
L'Luphoib.  a.ihi^  ^acorcs  que  nous  n'auonspas  le  vray  d  ■  Di.>fcoiiJ^  )  fait 
kpai -  r  c\-  tumb.  r  les  clquilLs  des  os  cavicux,  comme  kmbl.  blement  l'Emplâ- 
tre de  Bcton.iv:  .  O  il  ne  fa  .r  pas  tirer  par  violence  les  exrrcmircs  6i  efquilles 
de  l'os,  m/lis  le>  ébranler qu.  Iqui^fois,  puis  lailîci  faire  le  relie  à  natuie 6c  auf- 
ditsmedicameurs.-rSc  Cv^pcndanc  il  ne  fiut  p.s  efperer  la  chcutc  d'i  elles  auant 
le  trentième  ou  qna.  anricme  iour  à  compte  r  dés  laraputation  :  il  faut  anffi  re- 
prim.r  Tf-xcicfccni  e  de  la  chair  du  moignon  r.ncc  la  poudrcd'Ai  inbrûlé.puis 
cic-arn'z  r  k  tout  au^c  l'emplâtre  Palmcnmide  cerufi  coCÎa,vr,g  dcjiccat.  ritbrum, 
iihipomphof ioosy  &  fcmoiables. 

Kutr  appaifer  hi  doul^ur  ^'  les  renâclions  qui  le  plus  fonucnt  iuruienncnt 
ap'csl'c'Peiation,  tant  3..aufc  que  les  neifs  coupés  fe  retirent  vers  leur  origine, 
qu'auiïi  pourtant  que  l'ciprit  animal  ne  pouuaanc  paiTer  outre  donne  en  fe 

retirant 


retirant  Certaines  atteintes  &i  doul-urs  conuiihUici  :  pour  les  âp.iiicrdi-ic  ,  il 
faut  engiuidcr  toute  la  paiii?i  irscmc  h  N!:ti'jc  aiicc  longucnt  c|ui  s'tnfui:  :  2C. 
ol.faluUi  Anethi''ni  Cham.vulpini.  fncc  Inmhricomm  'Uuieri anaî'ï].  cl,  Tere- 
bint.  ^.  j.  ^.  Axtmg.  hum.znix,  i^.'y  crocî  ^.j.  ai^iid  vîu  5  »j.  îfiifce  -.fiât  limtnenturn. 
En  cet  accident  AuibroKc  Paie  loUcfoii:  l'onguciu  t|ui  s'cnfjir ,  lequel  cft  Je 
grande  efficace  contre  k  fpaimc-j  l'^aialyri.,  fti'peur,  coiuo: fions ,  di^enfions, 
&  autres indifpofitions,  piincipaîemcnt  des  Ncifs  prouenantcs  de  caufc  froide. 
'}/i.falui£..Cham£pityos^  \4aioran£,  B^o-nfmarini^  Ruts,^  LaxienàhU^diKi  m.  i  fio' 
rum  Cha?n£m.  Mi^ltlot.fummi  yï?iethi  &  Hyperici,  ana.i]  baccarurn  Lauri  (jr  lu- 
niperi  ana.  ^.ï\.  raà  pyreihri  ^ij.  Ad^iliiuices^  yîjjA  odorat  £  ,  aria  5  i.  R.  Terebimh. 
venetA  tb.j.  ol.  !H?nL'riccri<m,an€t  &  catellorurn  ,  ana.  X.vj  0!,  Terebimhina.  i  uu 
j§}tHngi£  hurnanA  f^i).Croci  5J.  "cîni  a/bi  odoriferi  îhy  cera  auantHm  fuficit. 
Contnndcnda  co  ;tn:-id^nfu'^,  pulue.  ifanda  puluerifentur , pofi eà  co^uanmr  cnm  oleis 
& axnngia  pidii^is  ifi^'cafe  dapltci: fat  linimcntiimfecundum  artem,  add.  tnfine 
aqn&  vit  A  ^  Mj« 

Qmlques-vns  ont  accoutume  de  donner  au  patient  dcuant  que  faire  l'opé- 
ration quelque  mcdicamenr  pour  le  faire  endormir  ,  &  c'cft  a  fin  qu'il  fente 
moins  de  doul  uf.maîs  fi  nous  voulons  cioiie  le  bon  Guiign  de  Caniiac,nous 
n'en  vfcron-.  point  :  &  de  vray  ils  (ont  tics-dangereux ,  j^r  les  grands  acci- 
dcns  qu'ils  v.mtnenr,  même  fouuent  la  mort;  &  pourtant  ie  n'en  parleray  pas 
plus  amplement.  NollremotiJificatif  de  fcco  Apij  pour  nettoyer  &  incarner 
les  vlcercsde  L  Gangrené  ,  &  aut  es  vlcerci  f.i.di  ics  &  malignes  fe  prépare 
comme  s'enfuir.  "^  fncci  Api,fc<jrdt\  y  Arnoglojjkiualoris  ^  KtitA  ,  ana.~.ui\, 
Mellis rofati  tb.j.  c<ii]'UrUHrad c^..fislentiam fyrnpi  : lum  adm'.fce  far.  lnoinorurn 
pufu  rad.Arift.rotwid.Ai^elîcétjZihcetoxki,  Thcrtaccs ,  ana  i.i'>.  a^udvitce^ji 
Âiifce:  fiai  vngnentum  qHodferuetiir  in  vafe  vhrco. 


CHAPITRE     XVI. 

Comment  il  faut  que  le  patient  fe  gonueme  ér  maixtie^KC 
après  la  Cure. 

R  n'cft-il  pas  feulement  necclïàire,que  le  patient  ti  -nne  vns  diertc  ctroit- 
.  „  te  durant  la  Cuve  :  mais  aufli  étant  par  la  grâce  de  Dieu  réchappe  d'vne 
rn.^ladic  fi  gr?ndc  à:  ciguë.  1 1  fr'ut  qu'il  fc  contienne  quelque  tems  auec  vn  bon 
icgimcde  viuic,  cui:.uit  toutes loites  d'excès,  foit  à  boire  du  via  ou  autres 
brcuuages  fovis,  foitauiii  au  manger  plus  que  l'ordinaire ,  iréme  il  viura  plus 
fobrcmcnt  qu'anparauant:  cai  aufli  n'a-t'-ilbefoin  de  tant  d'aliment ,  comme 
<icuant  fa  maladie,  pourtant  que  fon  corps  cft  diminue  d'vn  membre  :    &  fi 

Hhhh    ; 


^i4 


Traité  de  la  Gangrène 


c'cft  quelque  perfonnagc  icunc  ,  robiiftc  Si  fanguin,  il  Ce  purgera  quelquesfois 
ôc  fc  fora  ouu'tir  la  vcir  du  pic.  Car  il  aduioiu  (oaucnc  à  ceux  qui  ont  perdu  vue 
iambe  oubras,que  nature  yciuioyant  du  fang  pour  la  nourricure,comme  aupa- 
rauantA  iceluy  trouuanc  le  palîagc  bouche  6c  la  partie  couppce,il  regorge  im- 
iierueufemcnt  en  haut ,  &  fait  intianimation  aux  parties  internes  ,  allauoir  au 
foye.poulmons,  di-\phragmc  &:autiesLc'  même  s'entend  aulTi  s'il  y  a  :tc  coupé 
quelque  bras  :  pour  obtûcr  donc  à  ces  accidents- là  ,  il  faut  outre  l'abfiincnce  6c 
fobrictcdc  vie  purger  le  corps,5c  faigner  la  vêne  interne  du  pié  ,  à  celle  fin  de 
diminuer  non  fculemmc  les  humeurs  <3c  le  fjn^jTiais  aulTi  les  tirer  en  bas  ,  &c 
diuertir  des  parties  nobles.^ 

L'ade  vénérien  y  ell;  aulTi  très  contiaire,mcme  durant  la  cure,mortelj&:  long 
temps  après  dangereux.  Et  pour  preuue  de  ce, ic  ne  veux  omettre  vne  hiftoiie 
remarquable  d'va  Gentil-homme,  auquel  dias  ValencienneM.ColÂius  Slora- 
nus.homme  dodc  &  très  expert  &  excellent  en  Chiiurgie,auoic  coupe  la  main 
gauche  pour  auoir  été  froifsce  d'vn  coup  d'harqucbuzAdé  donné  en  la  main. 
Etant  le  malade  ieune  homme  &  lux. uieux  ,  on  luy  défendit  à  bon  efcient  de 
ne  s'approcher  de  (à  fcmme:cependant  la  playc  étant  ia comme  du  roiir  guérie, 
.&  tous  les  accidensa^sés,  il  foUicita  fort  fa  femme,  laquelle  toutcsfois  ne  luy 
voulant  complaire  pour  lad.-iFence  que  ledit  lleur  Slotanus  lay  auoîr  faite,  il 
ictccfonfp-iimcfansauoir  fa  compagnie  ,  &  f^biteraenc  recombi  en  fièvre, 
réveiiejfpafme  &  autres  mauuais  accidents ,  tellement  qu'il  mourutlc  quatriè- 
me iourapres.  Par  ce  pouuons  nous  bien  iuger,combica  l'.nde  vénérien  cft 
contraire  aux  nerfs  &  playes  d'iccux ,  comme  lembiablcment  à  la  tcfte  iSc  ioin- 
ruEcs.  „ 

TABLE 


TABLE 

DES    MATIERES- 


A. 


B  S  C  E'  S,  nefjut  pas  atten- 
dre (ju  ils  soutirent  deux  mer 
mes,  pag,  i. 

Matière  pétrifiée.  pag.  i.75  75- 

1>es parties  nerneufes  UiJJe  des  f /lui es 

incurables.  p.  87. 

Sous  l'oreille  guérit  d'vn  é?notion  de  cer- 

ueau  p.  36  z. 

Au  fondement  après  'Mnefaignée.  f  548. 
Abdomen  percé  de  part  encart  par 

vne  baie  fans  offènce  des  intejiins. 

pag.  148. 
Acouchemcnt,  Ffi  facilejile  fnùt  e(i 

Yobufle.  py4' 

Cefarlen  heureux.  p.  45  c'. 

Difficile  ej}  fuiui  le  plus  fouuent  d'in- 

fiarmnation  des  parties.  p.  466. 

Acier  Brin  d'acier  attaché  à  l'oeil  cr 

tiré.  ^  ^  /?.  593. 

iCginfra  Corrigé  &  excusé.        p.  375» 
^ichrio  guerijfoit  la  morfure  du  chien 

enrage.  p.  :oj. 

Ail     hangement  diceluy  ^ecejfaire  dans 

les  maladies  ls>igues,  p.i^U 

Amputation  du  bras  /'.4;i'4 

De  la  iambe  ^.494. 

Auec  le  cf/èau  &  le  maillet  imprimée. 


Tar  deux  larges  couteaux  ^ui  tornhent 

l'vn  fur  l'autre,  improuuée.   p.  4^8, 
Tour^uoy  meurent  le  plus  fouuent  ceux 

a  qui  on  a  couppê  quelque  membre, 

pag.^^S.^ 
Tar  les  tenailles  improuuée,       P'  A99- 
Ne  doit  être  faite  fur  le  mert.pag.  45)51, 

500.  ^01. 
Se  peut  faire  fur  vne  iointure        P»^ot,, 
De  la  iambe .  P*-  5  -  4  • 

Membre  qui  doit  être  couppé  ^  doit  être 

bien  arrêté.  p.  ^c6. 

De  la  main.  p-  $i^» 

Du  bras  hors  de  la  iointure.         /'•5  4- 
Des  doigts.  p.  t  A, 

Préparatifs.  '  p,  e^, 

Anaromic  ,  necejjaire  au  Chiruroien, 

pag.  jzj. 
Ancnri(mc,  ne  doit  être  euuert.     p.  ^j. 
Canfes  d'icclny.  p-9697. 

Antimoine  ,  dcné  dutis  le  commence' 

ment  de  lagrojje  ver  oie  viilertitntj 

P^g'\7' 
AdiiHuais  tffets  di^cluy.  p  5^4.  ^p  j,S. 
Cha/latctt.  or  ?/ialéidc  rneurcn:  eu  même 

temps  à  vne  potion  d  Ant. 
h^QÙx.  exty  ^tiiagi<nt  C"  vne  femme  p .xi/^ 
Des  malades,  don  être  quelquefois  coîi" 

tenté.  p  215. 

Aphorilme  58.  feB,6.  expliqué   p.  4e, 


Table  des  Matières 


Argent  vif.  \^ôyès  Mercure. 
Airierefais,  rétention  d'iceluy  c[i  da?m- 
reufe.  /?^^.490. 

Chafs  é  par  expuljîon  ,    ou    extrait  on, 

Acfciîic ,  dangereux  au  vray  chancre» 

Dânoerciix    applique    exieneitrement, 

Arrcre,  CojiJîruBion  d^ice/let     p.  9^- 

Vic^iiée  auec  la  hajïli<^ne.  p.  ip. 

■Bouchée  par  '•ô'ie  b,ile  de  plomb,   p  4'  §. 

AciO|;hie,  remèdes  de  celle  f(à  vient  de 
luxation.  p.  55^- 

Aiiortemenr,/?/«J  difficile  ejue  laccou- 
c  bernent,  /'•^H* 

Aiuheiir  n'a  rien  voulu  donner  au  pu- 
blic touchant  fextra^ion  de  l enfant. 
pag.  489. 

Aymanc ,  tire  de  l'œil  ''m  brin  d'acier, 
pag.  J95.  ^ 

yl  des  facultés  contraires.  /'•594. 


B. 


BAins  font  le  refuge  des  maladies  dé 
fefferées,  pag.  155. 

Leur  vfage  dans  les  vlceres.         p.i} 5. 
De  Neuhaufen.  p-iJV 

De  Blumen^hln.  /?.i35.  ijy- 

DeVaUy.  p^^- 

Ernollient.  p-  Jii. 

Bihnus  attaché  au  prépuce,      p.  44^. 
Verrue  conuertie  en  vn  fungus   Chan- 

creuXt  iP-4î'' 

Baldus,  luri/cofifulte  meurt  de  la  mor- 

fwre  de  fan  chien  enragé.  p.  104. 

^z\c,ernpoifonnée.  p.  40. 

Partanée  en  deux  à  la  rencontre  d*'vn  os, 

pal-  185. 
"Enfermée  au  cerueau.  p-  100. 


De  plomb  en  la  vejfie.  pag.  352. 

Au  talcn.  p.  joi. 

Forme  vn  abfcés  ^^uand  elle  vemfortir. 

Pl  353- 
PaJJ'ant  de  la  cauité  de  la  poitrine  au 

bras.  pr.yy 

Arrefîee  au  corps  y  produit  diuers  acci- 
dents ,  félon  le  naturel  de  la  partie. 

pag.  ^54. 
Portée  fîx  mois  ait  cerueau  fans  incom- 
Bahc,  voyés  infruments. 

modùé,  p.  (j  60. 

Baibicis,  ignorants      p.  145.  530.  377, 
Impertinents.  /'•  34^. 

Baumes    vulnéraires  font  incertains, 

pag.  121. 
de  Tehi  confonde  les  vlceres.     p.  59  ^. 
Bicïc  fraîche,  cauf  lafiranourie.  /'■ij  i. 
Blc  Ifui  e,  "^ioyès  playe. 
BoiicSj  voyés  Gihbofîtè.   . 
Bouch: ,  maladies  d'icelle  reijuteréht 

vne grand  diligence.  p.  1^9. 

yicere  malin  en  icelle  après  la  fri^ion 

mercuriale,  p-Si^- 

BoiiiTci  IJ.  infîruments. 
BoyâLix  ,  Portion  rendue  par  le  fiege, 

pag.  \u. 
Bras  tumeur  œdemateufe  d'iceluy  après 

l'application  du  caufiic.  /^.  H  5 •  '•  5 ^ 
B'ay -is,  defcription  drfgure.^.il^.izi, 
BtLiic,  mené  autour  d'vn  malade  ,  caufe 

de  fi  mort.  p  143. 

Brûlure,  onguent.  p.  Z9J.  294.  29;. 

Pour  la  brûlure  du  vfage.  p-i9i' 

Bubon  vc^erien  ,    comme  s  engendre. 

P^g-S9' 
Doit  être  pr amplement  ouuert.    p.^40. 

Horrible  quantité  de  pus  fartant  d'vn 
bubon  ouuert.  p-^^o^ 

hûbonoccle^voyés  Hernie, 

Cal 


Table  des  Matières 


Ci 


Cai.  Callofîtc,  Jrmeteré  ne  peut  être 
ramolli.  pa^.  189. 

Z>esfi/fules,  comment  rongée       />.  251. 

Nejeformepas  toiijionrs  p'^99- 

Se  forme  ùterty  fi  leperiofie  demeure  édi- 
fier, p.  ju. 

Se  forme  diffxilement  es  femmes  encein- 
tes» f.  515. 

Par  trop  augmente.  p.  ji  r. 

Comment  reprimé.  Z'-  U 4« 

Cancre,  de  riuiere  contrepolfon  de  la 
morfuredu  chien  enragé,  p.toj.  208. 

N*ejî  pas  l'écreuijfe  ordinaire,     p.  208. 

Caiié  ,  ne  doit  être  corrigée  par  huyle 
de  vitriol  &c.  p.  596. 

Caftration  matkeurenfe.  p.  455. 

Carnafitc  en  la  ^crge ,  mal  opiniâtre, 
pag.  277. 

Remèdes.  p.vjZ, 

Canin :ule  en  la  verge  de  dijjicile  gue- 
rifon.  pA^^ 

Irritée  par  les  médicaments  ou  entre  l'^r- 
fenic.  /7.455. 

Caraplâme  Anodyn  & rnaturatif  p.io. 

Rafraichiffant  &  repercutant,  p.  15.  »6« 

Contre  la  rneurtrijjiire.  p,ïy 

uinodyn  &  rafraichiffant.  p.û.  20.  24. 

.      209.255. 

Refolnant.  /?.  21. i '5.154* 

Anodyn.  p.  81.  165. 

RefaUtant  &  repercutant.   /?.  18.20.23. 
3Î.86. 

Fafraichijfant  &  défechant ,         p.^c). 

Emollient.  p  90  2}  i- 

Emollient  &  carminatif.      /'■105.  117. 

Appliijué  trop  chaud  dans  vne  hernie 

dangereux.  p.\\6, 

' Anodyn  dlfcufif  ^  repercutm*  p.  134. 


Fo  rti fiant  le  cerneau.  /^.149.574. 

Defenfif  pr^(,[, 

Adiîringent  &  refoluant.      p.iCy  ^61. 
Anodyn.  p.  l^.if?;.  100.  245. 293.351. 

426. 
Contre  la    mcrfure  du  chien    enragé. 

p.  106. 
Refijîant  à  la  pourriture .  p.252  255. 291. 
Comment   doit  être  fait    &  appliqué. 

pag.  24?.,.  • 

Deficcattj,  p.156. 

Contre  l  a  gangrené,      p.  iGf.  275.  2bo. 

Suppuratif.  p  275. 

Adflringent.  p,  3o§.  412.  476. 

T*our  les  yeux.  /^*  5  B 7. 

Cautère  aEluelfujpec^  dans  les  tumeurs 

fchirreufes  y   chancreufes  &  vlceres^ 

pag.s^. 

En  la  nuque  d''vn  enfant  caufi  de  defift- 

viwns.  p.  550. 

Totemiel  à  la  nuqne^  donne  vne  mauuai- 

fe  conformation  à  la  tefle  des  enfants. 

pag,  428. 

Atiuel  après  l  amputation  d''\3n  me7n- 

hre»  p.ioç). 

Enferme  de  cotifieau^  p.p9. 

A^iuellonent  chmdfentt  froid,     p  5J0. 

Catarad::',  temps  de  l'âhatre,       /'•383. 

Caurerilation>r(?wf^f  de  la  mcrfure  du 

chien  enragé.  p. 2 04..  205.  207. 

Doit  cire  profonde.  p.  205.2  6 

Parties    neruenfes  ne  la  fouffrent  pas. 

pag.^ox. 

Ceinture  mercuriale  cauje  de  diuers 

accidents.  ^«J^^** 

F/l  en  vfige  contre  la  galle.  p-S^-^- 

Ccrucau, particule  d'iceluy  perdue  Jan^- 

que  la  THort  aitfniui,    /',140141.151. 

Signes  qu'il  e(i  offensé.  P-  ' 5 ï • 

Afon  mouuement  propre  F'^5^^ 

Emotion  d'iceluy  &  diuers  accidents^ 

liii 


Table  des  Matières 


W?5^- 557-^388.  î59.?6o. 
Tent  être  ébranlé  fans  ojfence  du  cranc. 

pag.  361. 
Chair  baneufe  autour  d'vnvlcere.p.St. 
Meurtrie  ,    quelle  fe  cormertit  en  pus. 

pag.  18  S. 
Chancre  à  double  'O^m         p-  3^  49- 
En  la  bouche  p-  ^7  • 

Dsifient  incurable  par  des  medicarnents 

non  conHen.ibles.  p,  35) . 

'Poudre  de  AI  it lier  &<^Penot  danger eU' 

fe.  ^  p.4041. 

Chanchre  vlccrey&  chancre  apojîetne, 

font  fort  différent  Si  &  caufe  d'erreur 

en  la  Cure.  /^•4^-  *^' 

A  vn  noyau  au  milieu:  p.  ^6 

Occulte  ou  caché.  pA9' 

Cure  d'iccluy  ejî  legititne  ou   violente. 

paa.  50. 
Refufe  les  remèdes  evioUlents,       p-  5^« 
"Ne  peut  pas  être gitert par fe^i ion ,  là  oit 

il  y  a  beaucoup  de 'Mi fs  i  '':éneSiOti 

artères,  p.^i. 

Giteri  fansrecidine.  p-5^  S^ 

Crainte  cïudrnorrhagiey  ne  doit  pas  em- 
pêcher la  feston,  p.^ii 
Ulcères  irrités  par  les  efcharotics  ^  rne- 

dica?nents  ccrrofifs.  f*)^' 

f:ig.!es  d'ice'iiy.  p-^j- 

lie  manque  fur  I'ex€Jfon  d'icelny.  p.^iy. 
Ccnppe'  ?,e  rena''jl   ptus  necejjàirement. 

pag.  45  z. 
ChziïïLuiii  leur  temer  lié.     p.  135  123. 

45)- 
Chai iacaus  temente  d iceux  ,     p.  241. 

378.  4S'9.  5^5.527. 
Irnpcfîure.    511,517.  3.6.  540.54». 41c. 
Jgnora.tSy  p.  \   h.^^y  51^. 

Tcrnerité  d'iceux  en  iextratllon  de   la 

pierre,  /^-4^4 

Charpi  préparé  pour  le  aane^p.  ij)  .375. 


Pour  la  cicatrice.  p.i6i 

Cicatrice  belle,  comment  fe  fait.  p.:^c)6. 
CmdkiïQiparfum  fait  mtec  îceluy  &  fes 

inconuenients,  ^.218.558. 

CI)' (le les  font  peu  en  ^^fage  parmi  les 

Allemands  y  p. 10, 

£  molli  ent  &  carmînatif.  p.  107» 

Sortent  par  la  bouche  dans  vne  hernie, 

pag.  117. '20. 
Emoi  lient  C^  purgatif.  ■  p-^^l* 

Clijleres  dans  l'enterocele,  truand  doiuenù 

être  donnes.  p.116  1  ij. 

Po/Iure    coy,uenable  pour  le    receuoir. 

pag,  56  f.  emoliient. 
doux  ou  corps  auxpiés  irrités  par  ap' 

plication  d'  rfenic.  p.  522,* 

Causés    par  des  fouliers    trop    étroits 

Cœti.  fortifiant  le  cerueau.  p' ^^* 

Collyre  rafraichi/Jant.  /'•i5>4» 

Répercuta:^.  p.  380. 

Pour  Paugment  de  P inflam?nation .p .^^q. 
Colcrc  vojés  pajjions  de  Pâme. 
A'wd.in,  p>  55)8. jcjl. 

Defccatif  p.  59'.  596. 398.399, 

Pour  les  humeurs  chancreujes.      p-'^^S' 
Conuailion  vertu  de  la  peau  delhom:- 

rne  pour  les  arrêter.  /^-  5  5  S. 

Caujès  di,' celle.  p.  502. 

CopuK.tlon     dangereufe    aux  blefsés, 

pag.  2!  4. 
Coi  pi  O'fié  Apres  la  mort»  p.  271. 

Impur  demande.lafaig.ee auec pruden- 
ce. /7.  s  48.549. 
Coaccaii  aualéfort  par  Vaine  ,    p  17^. 
Qïûu-, portions  diceluy  etèes  heureufe- 

ment.  p.i^f, 

*'  Play  es  dufnciput,  pourquoy  danger eU" 

fes.  p.  fj^o 

Carié.  P'^S^' 

£?fonçHre^  p.iH!^ 


Table  des  Matières. 

Doit  être  releué. ^  pag.^èj.pi.  Forte,  dangereufe pour  ronger  le  caL 

'Principalement  es  enfants.  p'}!^'-  P'^^:>9)- 

Enfoncé fms  fratlure.  p'Pi-  Arfenicale.  p.  ya.f. 

C^ochn  voyês   înjîruments.  ^ctcuiiVçs  vertus  ds  leur  yeux.    p.iç,0' 

Cropion  inflammation  (^  exulceration  Ecrouclles  tiennent  par  fois  de  la  nature 
d'iceltty  dangereufe.              p.   iS6.  du  chancre.  '^  P.4?. 

Chirurgien  doit  être  ind'ufirieux  à  i^  ''"'''  ' 


uenter  des  infîruments» 


D. 


Vene  ingulaire  couppêe  en  même  temps, 
p.^j-ji.  pag.  ii6. 

Emplâtre  contre  le  chancre  caché,  p.^j. 
yidjlringent.  p.c)6.^6S. 

Dans  l'hernie  p.ii6. 

Oppodeltoch»  p.  lyj. 

Pour  fortifier  le  ^ecTu^afi.       p-  ip.  ^jy. 
Contre   la  rhorfnre    du  chien  enrage. 

pag.  209. 
Tour  la  fracture  des  os.  P.t-99-  Î5  )  • 

'Ncrttal.  p.  {59« 


DArrrc  remèdes  Topiques,  pag.  25. 
Decoélion  pour  les  vlceres  ma- 
lins. p\^. 
Pour  auancer  la  cicatrice              p. 19. 
Vulnéraires,  panacée  des  SuifJ'es.  /^.154. 
Vulnéraire ,  empêche  la  fuppuration, 

iSImfent  à  ceux  qui  ont  des  obflruUfbns,     yidherent  pour  releuer  le  crâne.    P.  5 72 


pag.  \ç)i.  130. 
Adflringente.  p.  116. 

EmoUientc.  p.  296. 518. 

Beterfîite,  p-  A-7r 

Dents  ^    racine  laifsée  caufe  defijlulcy 

pag.  250. 
^^^^^^[.cç  fortifiant  les genciues,  p.35). 
Digs ft if  t/ojf'^  onguent. 


Emollient.  p.  518.551. 

Eo rt i fiant  les  nerfs.  P  S^9' 

Jibus  de  l'oxycroceum  é'  de  mucilagi- 
nibus.  f  5^3- 

Enfants  l'oyés  fœtus,  fartant  du  ve^itre 

de  fa  rnerc  après  la  mort.  /'.4S4. 
Efî  quelquefois  malade  dans  la  matrice^ 

p.^g.  484. 


Dosfympatie  enre  iceluy  &  le  bout  de     T  citant  guéri  par  la  fri^ion  fait  te  À 

la  nourrice.  n,  tii. 

Eponge  préparée.  p.  404, 

Vfage  d'icelle  pour  retirer  ce  qm  efi  ar-  ■ 
reftè  au  go  fier.  p.  419,  ^20 . 

'Ex.)'(\\^z\cfurui  de  gangrené  après  l'ap- 
plication d'huyie  rofat.  p.  265. 
Efpcc  bout  de  fourreau   caché  quatre 
ans  dans  vne playe  de  la  fice.  p.\^$. 


la  mammelle,  p.  2.19 

Luxation\des  vertèbres  dagereufe.  p. ^19 
E/l  ou  complète  ou  incomplète,  p,  3  ij?. 
Douleurycaufes  d'icelle.  P-3%' 

Dyfcnterîe  arrejîée  fuinie  de  gangrené 
enlacuiffc.  p'i.yi-. 

E. 
Chitie  noyés  Dos. 


E 


iEm  aigres  contraires  aux  exulce-  Bout  d'efpée  rendu  par  le  fege.    f .  174 

pag.6.  Etiphoibe  connmab/e  aux   os  cariés. 
/7.44.  /7./^.  248. 39 'î. 

p.6i.  l\eorodH!t  point  d'iujîammation.p  i^?-. 

p.i^y  Vertus  d  iceluy   contre   les  es  cariés. 
p.y^S.        pag.  i5j  2;7. 

I  i  ii  1 


rations  internes. 
Deterfue  contre  le  chancre» 
Dijlillée  contre  le  chancre. 
Froide,  cau/è  de  gangrené, 
Corroboratins  des  nerfs. 


Table  des'Matieres 


Doit  être  pilé  fans  huyle.        pag.  396, 
Excellent  pour    la  fijîule  lachrymale. 

pa^.  ?98. 
Excrcfcence ,  fonguenfe  an   mmbril, 

^^  K^  4M.  _ 

Exophthalmic  ,  causée  par  erreur  ^es 

Charlatans.  /7.58e. 

Exrcnfion,  doit  être  médiocre  dans  les 

fraBures  (^ luxations,  p.  i^-^' 


F. 


FEmme,  enceinte  guérie  de  !a'oero- 
lepArlafriElion  mercHriale  p$ji' 
Fiontail  defe^i/if.  p  581. 

Feu  ennemi  des  nerfs  y   comme  doit  être 
entendu.  /^  5'o. 

Fiftu'ies  comme:'t  dilatées.  p.  149. 

Lachym^/e  guerte  par  le  Seion  p  394. 

19y  597. 
FleiH.s  biaiichvS  arrefêes  par  '•on  Seton 
an  col.  P'597« 

Flux  ôe  how A-\ÇyVo\ésfuUuation, 
Y  •  "^Çïv.  à'\oi\  anodine,  £».14.458. 

Reflîienîc.  p-^t. 

CorrJjorutme  des    parties   neruenfes. 

p.S5.  .97.3^7. 
^'moV.ie  "^te  0.  ;  o  4,  i  o  9 . 

uidjlringente  &  carminatiue.      p,  ii6. 
Corrobot diine  du  cerueau  p.  i<C. 

Tour  les  mots  arrejîés.  p.  477, 

Fœtus  ou  fi  '..i£t  nejl  pas  tcujîours  cor- 
rompu par  lu  mnle.  p.  47(5. 
Dans  le  ventrCiCcmparé  au  fruit  fur  vn 
arbre.  /?-49'. 
Yi^xx'lAXiCvxfortanthoYs.            p  4.37, 
l>lon  percé.                                  p,  ^^8. 
Fontanelles  ''00) es  cautères. 
Fracl  irc    venant    de    caufe    interne. 
pag.ic,%. 

De  f  os  de  la  cuifêide  dif[icUegueriJorf. 


Tref^ue  incurable  auprès  âe  U  anchâ 
pag.^02. 

Quand  doiuent  être  découuertes.  p.  321. 

Emplâtre  de  Slotanus.  p.  ^ij, 

Foyc^blejfures  d'iceluy  ne  font  pas  incu^ 
râbles.  p.  m. 

j^bfcés  au  foye  de  douteux  euenement, 
p^^.  429.430. 

Inflammation  après  vne  faignée  p.  54S. 

Fcoid,  parties  engourdies  comment  doi- 
uent être  traitées.  p.  137, 

En?>emi  desplayes.  p.  iiOr 

Du  cerueau.  p.  571. 

Frictions  échauffent  lefang.  p,6u 

Mercuriale ,   diuers   accidents  après 


tcelle, 
Fungi-is  voyés  natta: 


^  5^7- 534^ 


GAngrenr  après  la  brûlure^  fa  cau- 
fe.        ^  pag.is%. 

Ne  peut  'venir  d  interception /èule  des 
efprits  animaux,  p.i6io 

Es  pies  des  hydropitjues  ha  fie  leur  mort, 
paç.  iG\.i66. 

Causée  par  caife  interne i  e.  1 68. 

Apres  le  charbon  peflilentiel,       /?•  2  90. 

Gargarîfme  adjlringent.   /?.38.  39.167. 
411.4.15.424.  ^ 

Pour  l'vlcere  malin.  /'•i4'« 

Refoluant^  p.j^ii. 

Gfncnolsiycharité  d^îceux.,  p  ^  h 

Chajleté  d*  vne  fille.  p.  399. 

G\oho(\içdes  lumbes,  p5)4' 

Ghitcn  Voyés  future. 

Gouiit  ne  doit  pas  être  laifsée  fans  re- 
mèdes, p.  536. 

Traitiée  par  l'ofiguent  mercurtal  auec 
maunaisfncces.  p.S^^* 

Grcnouillcs,/tf«r  verttidans le  chancre» 
F-3i  5^  ^^^^ 


Table  des  Matières 


Dansthdmorrhajile.  p  ^oS. 

Guêpes  leur  pt<fueure  àangereufe.  /?  135. 

Hmie  d'infujion  à' icelles  guérit  leur  pi- 

^ueure,  f*  i37. 


FL 


HAbits  doiuent  être  'changés  par 
ceux  ^ui  ont  êié  guéris  de  la.  ''vé- 
role, p.  î^o. 
Haemorrhagic  après  fâpUcation  de  la 
pierre cauftîefue.                     p.  344. 
Remèdes  pour  l'arrejîer.           p.;^.66. 
Mortelle  après  vne  amputation  par  la 
faute  du  Chirurgien.  ?•  453« 
^pres  C  amputation  d'vn  membre  >p. ^00. 
Comment  arrejlée.                p.  ^08.5  «o. 
yîccident  à  âprehtnder  après  C amputa- 
tion,                                     P'S^^' 
Irritée  par    le  feu  &   Us  fripions. 

pag.^j,^. 
Jlpres  l'aplication  d'Mne  pierre  caufîi- 
^ue.  f .  552. 

Hernie»  enterocele  guérie  miraculeufe- 
ment.  p.  107. 

Guérie  par  le  repos.  pno. 

Différences  d'icelle.  p.  i  f  4 , 

Hernieux  ne  doiuent  iamais  quitter  leur 
brayers,  p.xi^* 

Hoci^uetfîgne  mortel.  p. m. 

y  ient plutôt  de  relaxation  du  péritoine 
(jur  de  rupture.  pMi. 

Efi  fouuem  héréditaire.  />.  112. 

Z^n  Moine  feignant  dêtrc    hernieux^ 
chafîré.  f»l?. 

Jnueteree  de  djfcileouerifon.       /'•115. 
Médicaments  internes  font  trompeurs. 

pag.n^.\yS. 
Comment  agijfentt  f-^^- 


Spécifiques  internes,  p.  i2f" 

Régime.  P'^y* 

Remèdes  externes*  p.  1 2.6. 

SeHion  dans  i  ce  lie.  p.iiG. 

Hippociacc  expliqué  touchant  la  mole. 

pag.  4,74,. 

Hirondelle,  pierre  qiiifetrouue  dans 

lenr  nidjfort  rare.  p.  390. 

Humeur,  atrabilaire  Je  conuertit  aise- 

weut  enchancrcr  p-V* 

Acquièrent  quelquefois  nature  depoifon. 

27'.  288. 
Huylr,  contraire  aux  inflammations, 

pag.iS.  if. 
Anodyne  &  refoluante.  p.  47« 

Contre  les  conuulfons.  p.  195.  215. 358. 
Bouillante  'hersée  fur  vn  vlcere.  p.  109. 
Anodynci  p.^j^i 

Dkngereuje  pour  ronger  le  cal.  p.  59J» 
Emolîi.'jnte-  /7.518. 

Hydroccle  ejlfouuent  imnte  à  lafarco- 
celé.  p.\yo. 

Vient  foHuent  au  côté  gauche.  p.  ni. 
Efi  alors  de  difficile  guerifon.  p.  13t. 
Incifton  quand  doit  être  faite,  /'.151. 13J. 
Simple  oHco  mposée.  /'•133' 

Guérie  par  le  Seton^  p.  135, 

HydïûCc^hàïc  malincurable,     p.  zy. 


I. 


1  Linque  paflîotTV/Vw/yôrtX^w/  degan, 
X      greneaux  intejîin.r.  p.  16^ 

Imagination  ,  force  d'icelle  es  femme^ 

enceintes.  p.S^  91  521» 

De  cetx  aufquels  on  a  couppê  quelque 

membre.  p-  493. 

Inflammation,  huyle  leur  efi  contraire. 

Incilîons  ^-f  doiuent  et i^e  faites  dans  Us 
cauitésde  la  poitrine  &  du  bas  ventre 
p'7-  liii    3    . 


Table  des  Matières 


'Deficcat'iHe  &  anoâyne.  p-^-^-S- 

'Dam  les  vlceres  nulins  du  nés.  p. 117. 

Inftrumrnrs. 

Du  Medccni,  cruels.  p-  ^3- 

Bourfe  pmr  couper  vn  fmgus.         p.6'è. 

Couteau  pour  couper  vn  fu:igus  en  l'œil, 

pag.  69. 
Botnie  de  cuiurepour  vue  ïamhe  fraÛn,- 

rée.  ^      P'i97' 

Uaroent  mis  an  palais  tro'ùè.  p.  ii7« 
Tour  redrejfer  les  doigts  conrhés  après 

vnebrulHïe.  p.2.'^6. 

Bemora.  ^  /'•joi- 

Moujiiy  înuentèepar  tattiheur.  /7.3  '7. 
Pourlefeton.  ^        P- 3^^- 

Pour  ouurir  vnfeton  fermé.  /'•34^. 
ToHY  l entretenir  ounert.  p.  548. 

Bfl  conuenable  4ux  enfans  à  la. nuque 

pag.  549. 
Pour  tirer  les  bkks  d'arquehfe,  p.  354. 
Poftr  releHcr  le  crâne.  /7.568. 

iSleceffalre  quand  on  abat  la  catara&e, 

pag.  }8i. 
De  bartifchi  examiné.  p.  588. 

Tour  feparer  la  paupière  attachée  à 

l'œil.  /^.398. 

Pour  coHper  vn  fungns   dans  l'oreille. 

pag,  401. 
Pour  fonder  des  poudres  fur  P'vuule. 

fêur  cêuper  l^mile.  pA^i- 

Pêur  retirer  les  chofes  qui  font  arrêtées 

augefier.  /^.4'9'  4'i' 

pe  Tiff,  pour  tirer  te  <^ui  efi  augofio", 

condamné.  p-^^^.. 

Spéculum ''ônéilici.  P«  4îî' 

Pour  receuoir  tvrine  en  cetix  qui  ne  la 

retiennent  pas. ^  P'447- 

Boule  pour  la  décente  de  matrice,  p.  ^6^ 
Tenailles  pour  tirer  la  Mole-  p.  475. 
Manche  pottr  l'amputation.        /^*  505  • 


Ciféau  pour  l'amputation    des    doigts. 

pag.  514. 
Pour  drejjcr  les  membres  tortus.   /7.5  ' 7. 
Pour  les  pieds  tortus.  P'$^9  J^-o* 

Syringue  pour  fe  donner  foy-  même  i)» 

lauernent.  p.  561« 

Inic^'msyvoyés  boyaux. 
lohni\ï(:s  hjdropijie  d'icelle.        p.  175). 
Signes.  p.  180. 

Danger  eiife.  p.\2u 

Co?mneni  doit  être  traittée.  p'^^^' 

Erreurs  des  Chirurgiens  en  la  cure  d'î- 

celles.  /'•2-35. 

Sanie  qui  fort  de  leurs  blejfures  ejî  fort 

acre.  p-'^AA' 

Inondtîon  mercuriale  voyésfrilUon. 
higemcnz  dijf elle.  p.  130» 

Iiigiilaircs  vcnes  peuuent  être  onitertes 

en plufîeurs  ?naladies.  /'•545* 

Requiert  vn  Chirurgien  entendu. p.^:^^. 


L. 


LAu-ment'Uo}ij'  Clyflere. 
h\l^gi^eplayes  d'icellefe  guerijfent 

facilement.  p.  167. 

Ligament  fous  la  langue  t  comment  doit 

être  feparé.  p.  409.  410. 

Lcpre  des  Grecs  en  quoy  diffère  de  celle 

des  Arabes.  p-  9^' 

Signes  de  la  lèpre  des  Arabes.       p-  9  v 
\Ài\[mcmanodyn.  p.\^.  31.  298. 

Pour  vne  tumeur  chancreufe.  p-^\. 

Anodin  pour    les  parties   neracufes. 

pag.  8r. 
Maturatif.  p.  2>6. 

Refoluhnt,  'p.  90. 

Emolliant.  p-9'^-^ii. 

Tour  l'o^œne.  -    p.  116.  zi8 

Adjlrinntns.  p.  544. 

Ligature  des  extrémités  ,  leur  '•ôertu 

pour 


Table  des  Matières 


pour  arrêter  vne  hdmorrhagie.  p.  67. 

504. 
F  ait  te  auec  vn  filet  trejnpé  en  eau  fort  et 

fulpeUe.  p.  403. 

Ligament  de  la  verge  mal  confiormèe* 

pag.  449. 
Loy  Royale  touchant  les  femmes  qui 

meurent  er:ceit;tes,  ^.4^;  5.4? 4. 

Liixacion  âparenie.  p^^à^i. 

M. 

MAchoirc  'ulcérée  de  difficile gue- 
rifon.  p  213.214. 

Malade  ne  doit  iamais  être  abandonné. 

pag.i^u 
Maladies,  quelle  doit  être  dite  arar.de 

pag.  15. 
A  trois  caufes.  p.  6t. 

il  arriue  quelquefois  des  chofes  mon- 

flrueufes  en  i celles.  p'^7S- 

Qui  Viennent  d'intempérie  froide  (^/e- 

che  es  vieillards  font  diffciles.p.iS^. 
M.nncc  déchirée.  P-ll- 

FUyes  d'icelie  fe  refoudent  fans  futur  e, 

pag.  46^^.  ^ 

Déchirée  par  le  fruit,  .^•4^3- 

Mtdccin   théoricien    écrit  quelquefois 

contre  l'expérience,  p.i^b. 

£J}  en  borrenr  au."^  femmes  qui  font  en 

trauail,  p.  478. 

Doit  auoir  connoifancc de  l' opérât io/i,  c u 

de   l  extraWiun   d'vn    etfant  mort. 

pag.  478. 
Médicaments  repercutents  quand  font 

dangereux^  /74^.13.14.18.25* 

Ne  doiuentpaseire  changés  quoy  quon 

nevoyepas  lefuccés.  p.  î2. 

Chyraicsfontfi^eBs,  p- 555- 55^« 

Mercure. 
'^ioLCwit prfclpitL  P  h7' 


Sublimé  dangereux  dans  les    ajfeUions 

chancre  nfes.  p-5^' 

Appliqué  extérieurement    dangereux, 
t.  pag.  54-      ^ 

Précipité  reUifè propre  aux  'dceres  ma- 
lins, p.  226. 
"Excellent  en  tous  vlceres.  p.  231. 
Porte  les  humeurs  à  la  tête.  p.  ^2.2.  /35. 

5î7. 
Fn^ion  auec  iceluy  '"jray  antidote  de  la 

vrrole.  p.  530. 

Précipité,  apliquè  extérieurement  caufe 

vnfiux  débouche.  P%M* 

Ai er cure  de  vie,  ejîfouuent  mercure  de 

mort.  ^  f.}5<î.5î7' 

M  mhïc  Jphacelé doit  être  coupe',  p. ^^6 
Moic  tirée  heureufement.  pA72- 

D'eu  prend  fz  ncurriturf.  p.  4/5. 

'Fié  de  Grlphon.  p.  475, 

De  d.jf.ci'eoiierifon.  /'•474' 

Mo  n  d  i  fi  ca  t  i  f  voy  es  onguent. 
Moi  (lire  de  chien  enraqé  nefî  pas  toi\- 

jours     âcompagnée     d'hydrophobîe. 

pag.  205. 
Potion  de  Luchthend'ert  contre  icelle, 

incertaine.  p.  2^^6.. 

Cancres  de  rmiere  ,     leur  l'ertu  contre 

icelle.  '  p.  irC, 

De     ihat  e^.ragé    caufe  Chy dn  phobie. 

piuy.  2'-i. 
Tviitenu.rfure  ne^pas  toufours  veni- 

rncufe.  p.  i^o. 

Doit  être  traittêe  autrement  qne    les 

pi ayes  ordinaires.  p.  i^ji, 

« 

N. 

NAvcotîcs  ne  dciuent  être  doftnh 
au.vnt  I  amputa- t"v.        p.  ^>è. 
ZN^acta  ou  Fnngiis  ,  s'enoendre  ailleurs 
que  dans  les  membranes  du  ctruakH, 


Table  des  Matières 


Definttio  n  &  génération     pag.  78.157' 

Qui  viennent  à.  la  tefie  ne  font  malignes. 
pag.  78.  80. 

Simple  f  composée,  P'79- 

Celhs^m/è  font  la  dure  mère  étante 
rompue ,  font  de  difficile  guerifon. 
pag.  79. 

Celle  ^m  vient  aux  parties  baJjesfomeKt 
eji  maligne.  /^.  80. 

Cure,  p-  8'. 

1)e  diffc  de  guerifon.  /7-8i. 

FungnsdûltÀtre  arraché  av.ec  fi  racine, 
pag.  81. 

Sur  les  os,  p-  Sa. 

'^2iZ[UCiprotiideiiced'icelle  c^uand  il  y  a 
tjuelqne  chofe' étrangère  dans  le  corps, 
176.  177. 

A  couurir  les  parties  nues.      4<$4.  514. 

Sagacité  d'icelle.  P'S^9' 

Nés  Artificiel.  p.  ^00. 

Noli  me  cangcre»  Vlcere^  chancreux 
AH  vif  âge.  p-  (>j' 

Nombril ,  oHuerture  d'iceluj  es  hydro- 
piques,  p'  45i' 
Q, 

OMcntiimiGangrené  après  vne  her- 
nie. p.109. 

Obftrudkîon  >  engendrée  par  des  ali- 
ments glutinents.  p.  116. 

Vertus  des  "Bains  de  Pfeffer  contre  tcel- 
le.  ^  p.j^y. 

Oeil  »  firuSiure  d'iceluy.  p.  7t. 

jSle  peut  tomber  hors  de  l'orbite  de  luy 
même.  p,  n. 

Humeur  aquée  perdue  peut  être  repa- 
rée, p.  \64f. 

'Bnflammè  par  tvfage  d'vn  medicar/icnt 
ou  entrait  le  vitriol.  p'  ^$9* 

Nuée  en  i^uoy  efl  différente  de  la  cata- 
vaHc  &  onglade.  /'•57S. 


Doit  être  bandé  dans  fes  incommodités. 

pag.  ?So.  j5ji.  596.398. 
A  vnfentimsnt  exquis.  p- o90. 

Eternuement  contraire  à  l' œil  incommo- 
dé, p.^90' 
Ocfophagiic  ,  bouche  par  vn  morceau 
decujr  aualé.  p.  ^\6. 
Par  vn  petit  os.  p.  416. 
Par  vne  arête  de  poljfon.  /^•4>7« 
Sfpingle  arreflée.  p,^i7, 
zJ/Ptorceau  de  viande  arrejîé.  p.'^iZ. 
Sajttuation.  p. ^2.0, 
Ongle ,  entrant  dans  la  chair.  p,i^^, 
Oiïgiicm  i  Aoodyn   &   digtflif.    p.^ 

Confolidatif.  p.îo. 

Contre  tes  ècrouelles.  ^-  5*« 

Contre  les  vlceres  putrides.  p.^^. 

Efcharmc,  p-^^' 

t/£gypîîa€  contraire  aux  vlceres  chan» 

creux,  p.  47. 

*Po«r  les  tumeurs  chancreufes,      p'S'i* 
Adfîrinoent.  p.6\. 

Digefitf»  /'.70.92.131.1^3.205. 

134. 
Mondificatif,         p.  70. 203. 15».  2,48. 

De  Sympathie^  trompeur.  p.ii^. 

Anoàyn  pour  les  vlceres  des  iointures. 

paa.  24^. 
Digefîtfy  pour  les  playes  du  cerueau. 

p-tg.  255. 
Mondificatif  des  vlceres  pourris  &fales 

p  161.  zpi, 
Digeftif.     pag.  166.  X9U  34(5.  j($4. 373. 

y;6.yo. 
Sarcotic.  p.  364.374. 

Mercurial.  p-5^9' 

Pour  faire  tomber  l'efchart<         p.  552. 
Opérations,  conditions  necejfaire  auant 

que  l'entreprendre.        p.  187. 499. 

Precau' 


Précautions  en  les  exerçant,  p.  ^Ji-U^- 
Chirurgie  des  chofes  courtes  ,    inucntée 
parTaliacot.  /?.4oo. 

Exercée  par  Gryphon.  p.j^oo. 

Calcul  tiré  au  petit  âpareil,  /?.  4  4 1. 
Oreille,  fungus  dans  l'oreille,  p.  4c  o. 
Bouton  de  verre  comment  tiré.  p.  /J.05. 
Toix  dedans  le  conduit,  f.  4-7-  408. 
'Epingle.  /7,408. 

Noyau  de  cerife,  p.  40 S. 

purulente  après  la  friBion  Mercuriale. 

pag.  st-j. 
Osy/ans  moelle  en  "M  corps  mort  de  faim 

pag.  84. 

Fragment  d'icenx  fe  re'mljjent  par  le 

cal,  p.i'iS. 

Fragments  d'iceux  fartants  long  temps 

après  la  confoltdation.  p.  198. 

Huyle  de  mtriol  (^  eau  for te^  contraire 

aux  cariés.  p.  14S. 

Cariè  fe  guérit  par  le  cautère  aBuel. 

pag.  ly,. 
^ar  l'euphorbe.  ^.255.157. 

Caufesde  corruption  d'iceux  ^   p.is^i 

1S6.  ^   ^ 

Fragilité  d'iceux.  />.  198. 

OlVclct  trouué  dans  vne  tumeur,  p. 70. 

.  Qmfe  prefente  en  *on  "dcere  co?nmenL. 

doit  être  ttré.  p.  îcjS. 

Triangulaire  arrefîé    en  lafophague. 

pa^.^ic,. 
Oftcocolla,  préparée,  p.i^S. 

Sa '^Jertu  à  former  le  cal.  P-^^.^. 

Oxycroceum  ,  quand  conuenabîe  aux 
fraUures.  pag,  ^ix. 

Appelé  diabolique  par  P^igo.       p. 5 15. 


P. 


I  Anaris,  /J  guérit  par  incifioni   p.  1 5, 
l^a  caufe  çfl  maltgne%  f-  M 


Table  des  Matières 

ParaccnLcic,  remède  douteux.     p"^j^. 


431. 
Paiacclfc-,  erreurs  a  iceluy,  p.  117. 

Paralylic--  après  l'application  des    ven- 
totifes.  p,  ^^2.. 

Pàllioiis  de  l'amc  >  coLre  dannereufe 
dans  les  playes  /7.141.217. 

Surprife^renounelle  l'h-xmorrhagie  p,u6. 
Colère  nuit  à  ceux  qui  ont  des  "dceres, 

pag.  iô,i, 
Vcauypeiltepeaufeparec  de  tout  le  corps. 

pag.v^. 

Trop  mince  cj"  déliée  c.tufe  d'en.pêche- 

ment  d'agglutination.  p.ij^\. 

V'.noi  ^med'.cament  d'iccluy   co7;tre  le 

chancre  trompeur.  p.2.^S. 

Péritoine,    Ouuerture    diceluy  d.ns 

f  hernie.  /7.117.122. 

Vi:n\\éciVlceres  d'iceluy  quels  incurables 

pag.  24V 
Pc  (fai  r  e  adfîringent,  p,  476. 

Piiimolc  paraphimofe  ,  verolique  doit 
être  autrement  traittée,  p'^9' 

Vkïic  tirée  du  fcroiu?n.  f  •  ^îl« 

Trouuêedans  le  cerueau.  P-iS7' 

Tirée  àvne  fem7ne.  /'•459« 

De  monfîrueufegrojfeurenla  vejfie  d'vn 
homme.  r'44'^« 

Caujîique  doit  être prudement  àplt^née. 

pag.^p. 
Playc  de  la  tête  confîderable  fans  grand 
accident.  /7140. 

Quelle    mo-^telle     félon     Hippccrate* 

pag,  146. 
Redoublée,  danger  eufe.  p.iiî. 

Comme  (e  f.ti't.  p.  178. -.Si. 

T'Op  lOt  cicatrisée caufc de  mort,  p.'.j^ 
Petite  ne  d<it  cire  ne^lirce  è.,  tointuies. 

pag.  179. 
Ne  fe  cùiifolide  point  tandis  qs  il  y  a 
qAcLj'.ie'chofe  d'ày.zrigf.  p-'y  • 


Table  des  Matières. 


\Jpres  f'extraflion  de  la  pierre ^cotnnunt 

doit  éiïe  t'Ait'ée.  /^-442.. 

QhjUc  don  être  âpeleegrmde.       /^.547 
Picuc'rfic  après  vn  v'cere  inueteréfer' 

mé.  p.  219. 

V\otrhfamrl;er  à  la  nature-  p.  200.5^2. 
Poiiiri  .-.  bUffure  à'icelle  combien    de 

tenios  djiftsiit  être  L^jfsées  ouuerte^, 

pag.  170 
Ps  hlcjfnrci  dicelUfut  attacher  lesten^ 

Tes  aucc  vn  filet,  p •  ' 7 1  • 

T font  necsjfaires.  pA.t. 

Potion  vulnéraire,  p.  ~76. 

Poudïc pour  arrêter  le  fan£.  p-39.  66* 

508. 
Contre  le  chancre  exidcerè.  p  44. 

*jDe  PenotfiijpeÙe  dans  le  chancre  /'.54. 
Cîcatrifante,  p.  70. 

Contre  les fungHs.  pag.^i. 

Catagmatt(jP!es.  /?•  150.405. 

'Tourles  fimgus  p.  157. 

Dans  la  morfitre    du    chien   enragé. 

107.  i!  -, 

Tour  1)«  vlcere  malin  à  la  bouche, 
pag.  141. 

jidondificatiiie.  p.i^y. 

Pour  le  crâne  ntid.  p.  255. 

Efcharoti^ue.  /7. 404  5  >  4 . 

Poijlmons  blejjitre  de  leur  fiibjhnce 
nejlpas  toufiours  inonellex       p.  j6p. 

Peu  lient  Je  confo  liAer.  /^  •  '  7  ^  • 

Vowhpciit  &.înicr7:iiitcnt.  p-549- 

S'cJ}  pai  t'iiJioHrs  fiii'di  de  mort.  p.  vço. 

V^.s  fa^i'e  fort  en  grand  ^tuntlié  dz-n 
doimiUré.  p.x^o. 

D'vn  vlcere  an  bras  for  tant  par  les  'uri- 
nes, p.  ir% 

VonSic pojir  la  relaxation  de  l'\}-inle. 
pag.  41. 

Adjîrlngeme.  f^)^* 


R. 


RA^ttc  fort  grande»  p.îj^* 

Kïscaufe  d'iceluy.  p- ^^S* 

Rotule  toute  fraBure  d'icelle  ne  rend 
pas  boiteux.  P5^^' 


S. 


SA'hft  pour  Fenfure   des   bourfeel 
pag    <^:>, 
Adjirivgent.  p.  108.409.' 

I^our  l  he.  nie.  p»  *'î* 

Co'-yobnram le  cerueau.  p-^h 

Lesrn-ft.  p  359.?é2. 

Tou-  lirffiammation  des  yeux.      p.^Si, 
yînod^,};  pour  les  yeux»  p-*9i-^9^ 

Ernollient^,  P-Si'i'^ 

Sà^cicmmcsjfaute  truelles  font  en  cou- 
pant le    ligament   de    la    langue^ . 
'pag.  409. 
Leur  Ignora nce.  P-S^^ 

Saliiiacio;i  après  lafriÛion  mercuriale, 

pag.  $1-7. 

Saignée  Ne-'-onicjue.         p.  9.  547.548« 

Doit  être  ordonnée  par  vn  homme  pru- 

dent.  p.  10. 

Abus  d'icelle   parmi  les  Allemands» 

pag.  10. 
Au    bras  fuiuie  de  mauvais  accidents. 

f'^,^' 544  546. 
Sàr  g  fartant  de  Ih^'p'ocondre  droit  fans 

manifejle  ouuerture.  p. 10^. 

Tombant  a  cjne'aiic  cauitéjs'y  corrompt. 

pag.  i8r;. 
Sntcocek'  ccmment  engendrée,     p.  up« 
Gra-ide.  p.tiS/ 

FJÎ  engendrée  le  plus  fouueni  au  cofîé 

guuihe.  p-^^^' 

Schirie  fe  conuevtit  facilement  en  chan- 

erç 


Table  des  Matières 


cre  s  il  rtejî  traittè  methodi^uemenu 

fag.  53. 
Contenant  '\inehumeHr Semblable  à  du 

lard.  />75. 

'Kemolitif  dangereux.  /'.264. 

En  la  matrice.  P'^9^' 

Scrocum  régénéré  ^   après  la gangiene. 

pag.  280. 
Scron  infiruments  pour  le  faire'  p.^^fi. 
ji froid,  préféré  à  celuy  e^ui  fe  fait  auec 

le  fer  chaud  en  la  nu^ue.  p»  3  4  6 

Ejfcace  diceluy  dans  les  maladies  des 

yeux.  p.  581. 

Dans  lafîflule  lachrymale.     55>4-395. 

m- 

Spcculam  vmbilict.  /'•455« 

Sphaccle  efî  quelquefois  plus  grand  in- 
teriemement  (ju  au  dehors.  p.joo. 
Stupidité  d'efprit  après  vne  potion  d'an- 
timoine. /'•SH' 
Sreatome  coitppé  heureufement.  /^.524 
SicnMic  a  des  caufes  cachées.  p.?^- 
En  l'homme  par  défaut  de  corformation. 

pog.  450. 
Stupeui  après  Aine  bleffurCique  Jtgnifie. 
pag.  1^0. 

Auant  coureur  de  gangrené.  p.i2.i..iS^. 
Du  bras  à  caufed'vne  incommodité  d  0- 

teille.  p>  405. 

Suffocation  parvn  morceau  de  cuir  ar- 

rejïé  en  l'ce/ôphagifc.  p.  416. 

Sutuic  par  agglutination.  /7.5 1 3. 


T. 


TAliacor  inaenteur  de  la  réparation 
des  chofcs  cjui  rnancjuent. p. \oo. 
Talon,  inflammation  &    exulceration 
d'icelny  danger eufe.  p.iS6. 

€angrene.  p.  316. 

Taches  apportées  du  ventre  de  la  mère 


ne  font  incurables.  p.^u^i. 

Tenailles,  voyés  inftruments. 

Tempes  playes  d'tceux  ne  font  pas  tou- 
jours mortelles,  P-^îî* 

Incijîon  de  leur  mufcles  dangereufes. 
pag.  160. 

T  cmcs  necejfaires  es  playes  des  doits  des 
mains,  p.iBi. 

Es  playes  de  la  poitrine,  171.181. 

Nombre  incroyable  envn  vlcere.  p.i^S. 

Tefte  playes  d'icelle  ne  doiuent  être  ne- 
gligées  cjHoy  (jue  petites,  p«  *43' 

Blejfure  non  mortelle  par  ''onferde  lance 
pajfant  départ  en  part.  p.  1^6. 

Trépan  tems  defon  application,  p.  374. 

37)- 

uipplîcjuée  vne  année  après  le  coup  par 

ttAigineta.  p-^76. 

Tubercule  apportée  du  ventre  de    la, 

mère  comment  née.  p.  92. 

Caufes.  A.136. 

Cure,  Pm* 

T>ans  lequel  êtoit  vn  fragment  de  verre. 

pag.T^S^.^ 
Excijïonfuiuie  de  mort.  P  S^i- 

Tum-i us  récente  n'efi  pas  durangdes 

fchirres.  *  0.7  j. 


V. 


T  7  Arice  en  l'œil.  P  6')» 

\    De  prodigicufe grandetir.   p.  ^zz. 

Veines  bafilique  ouuerte  auecvn  artère 

pag.  547.  ^  ^ 
Du  front  ne  doit  être  témérairement  ou- 
verte, p.jjo. 
Vcne  vmbilicale    deuient    ligaments 

pag.  176. 
glorifiât  la  blejjiire  d'icelle.     p.  iy(,. 
Ouuerte  en  vn  hydropiq  ue  d'elle  même. 
pag.^,lo. 

Kkkk   2 


Table  des  Matières 


Venin,  interne  caufe  de  fragilité   d'os. 

Venroufes,  ne  doinern  être  appliquées  le 

corps  étant  impur.  PS'^- 

/Ipplicjnees  fur  le  joye  augmente  :t^' kt- 

mor'-hnjte.  p  H^' 

Cattfe  d'i^f animation  de  f-^e.  P-^<ii- 
V zïo\c,  onmnicjtiee  par  des  hahiis  p.  l'y- 
Pjr  des  linceuls  ir>fe&éx.  p.y.6.yi. 
Par  le  feiour  envnech.îrnbre  de(ii':éea 

lafriFlion.  p-^^7'S^y 

Verre,  Fragments  d'icelny  dans  vn  tn- 

bercide.  flV' 

Dans  le  métacarpe.  /^-  )J^ 

WçiSsfoYtatits  d'''.y,iabfcês.  p.  i- 

Fendus  auec  ['"crine»  pu. 

En  la  dure  mère,  pH""' 

Finale  de  vers,  &fa  préparation  p  ;,  '->j. 
Shc  de  vers.  P  y^- 

Savertu  pagyy\ 

Ver  ï  uts^mamere  de  les  guérir.       p.  8  8. 
Aialig7:es  -ne  doinent  être  irritées.  p.S^, 
Vtl'icaroirc   dangereux  aux   hjdropi- 
e^nes.  p.i^H. 

VelTie  fchtrre  en  icelle.  p.ii. 

jibfcés.  p.'i. 

Play  es  d  icelle  aisées  à  guérir ,  Jï  elles 

font  proches  le  <oL  P-  'S't* 

Vtllie  du  fî  1 ,  pierre  trouiiée  dedans. 

pag.i^.^.  vy 
\incbxSylilxatiou  d'tceVes,  31   .  3^.->. 

33-  3'i' 
Faine  en  dedans  ejî  mç- telle  félon  Hip 

pùCrate.  p.  3ii, 

Frriclure  d  U'elles.  Z'  3  H 

V-  Lie  perdue  après  lafricîion  mercuria 

<?.  jP.  5^9. 

Wi3.n6js,<jui produifent  lecul  caufe  d'ob- 

firHUions,  p  316, 

Via  nuit  aux  nerfs  appliqué  extérieur e- 

Fin  de  la  Table 


7n:nt.  p-^9S^r 

'^\n\ïs  erreur  d^icelny,  p-V'"\  ^^7- 

Viuc-^L  ii-  :,  metir:  d'''ôie petite  bleffu. 

re  i!  l  i  paume  de  la  main         p    8}. 
Vie  res  r(fian'<  ndres  la  tnorf'.re-  du 

cV.ieyi  enraoé  àoiuent  être  lona  tentps 

tenus  r.uup'<':s.  p  210. 

Rcfff't  tou^e  ih  f  oMueufe.  p.i  o, 
Siruettx  &  puant  guéri.  p.itS, 

Cuertff'enr  d'autres  ma^niies.  p.  230. 
y Icérss-, putride  efl  différent  du  ^'oace* 

lé.  p-^i^' 

Chancreux  empirent  par  la  pierre  medi- 

camente-fe  de  CroUius.  p-i-]^. 

Sinueux  doiuent  être  dilattés  Jt  tonfce 

cfî  pe:it.  ^.246.147, 

Perpétuels,  caufe  d  iceux .  p.  2  47. 

Sordides  putrides  cornent  înondifiés.  24S. 
Vénériens  quad  doiim  être  traités.  550, 
yi  fa  bouche .  p.  '4.0 . 

Es  parties  honîeufes,  /'•54 *• 

Vro  ■  hus  n  efl  pas  opotert  en  Phome^p.  251 
Vi  in  -  en  vn  moribond  femblable  a  celle 

dvnfuin.  p.\o6. 

Sorta-it  par  vn  vlcere  près  le  nombril- 

p.igi^u 
Vï'i  t r  d  ff.cult'e  eau  ée  pa^  vn  catapla- 

me  ou  eturoyent  desca  .tharides  /7.35. 
Dtff.culi é  après  la  cajîraticn.  p.  43<$. 
Vvulf  rongée  fans  empéchetnent  de  pa- 
role f-2.^5-  41 4* 
Caufe  de  relaxationfelon  Hippocr.p  4S, 
Erreur  de  ceux  ejuifoufem  des  poudres 
chaudes  &  ajfpres.  p  \^^' 
Gangrené  après  relaxation  d' icelle  p.  411 
Jld al  opiniâtre.  p-^^h 
Médicaments  acres,  fufpeUs,  pag.j^ij. 

41;.  19- 
Quelle  n'admet  la  fe^ion,         p.  414. 


des  Matières.  Kkkk  3 

Impiimé  par  P  H.  ÇAMONET. 


Erreurs  quifefontgltféesen  Nr?7firefion. 

Page  8.  ligne  21  Viffifcs,  lises  Virccrcs ,    ligne  i(j.  lises  intendonnc  ,  fie  en 

forte  que  la  matière  qui  &c. 
page  II.   lig.  14-  m':ttés  ij.  points  après  5).  iours. 
pag.  13.  Obferu.H.  Du  Panaris  ou  Paionychic. 
pag.  zy.  lig    13.  liics,  d'arqucbufe 
pag.  ly   lig.  6.  lises  ,  de  \\  cure  palli.uiue. 
pag.  77.  alafinde  rOl'fcruation  51.  âioutés>  lettre  du  D.  Daniel  Sennert. 

en  la  même  page  ,  Obferuation  58.  lises  5;. 
pag.  78-  lig-  I  li'cs,  vn  apoftcmc  chamu  &:c. 

lig.  20.  Exonfcine,  li  es  cxcrcf-cnce 
pag  79.  lig.  28.  liscsj  de  neceflitcquelc  Fungus  furuicmic 

ligne  5.  lises,  Pic  mcrc  monte  faciLmrnc 
pag.  loj.  lig.  5.  lises ,   forti ,  quand  il  CEoit  atrctc 
.  pag.  »2.0.  ligt  23.  lises»  que  ledit  SeigQcui: 
pag.  152.    lig.  12.  lises ,  quand  il  ne 
pag.  iCZ.  lig.  5).  lises  Guy,  maitrc 
pag.  175.  lig.  32,  lises,    étc  gutries 
pag.  149.  lig.  U.  Jiiés,  laucure  de  chair. 

lig.  8.    lises  Obferuat.  22.  liu.  5. 
pag.  2 10.  lig.  il.    lises  Angelici 

l'g.    penulfi-me,    lises,    fut  parfaitement 
pag.  ZI2.  lig.  penult.  de  1  Obferuat. 58.  lises.  Vers  le  carpe 
pag.  214.  lig.  7.  derobfcruat.  65.  Uscs,fans;la  coucher 
pag.  215.   lig.  6.  lises ,    s'arrêta  prorrptcment 
pag. 226.  lig.  «o-  lises,    rentes  imbues  de 
pag.  233.  lig.  X.  apics Obferuat.  xi.   lises  ,     malin  après  l'application  de 

mcdic.im. 
pag.  240.  lig.  23  lises  B. liai  à  M.flîeurs 
pag.  326.  lig.  5.    iis^s  croire,    »S^  page  528.  ligne  27. 
pag,  364.  lig.  25.  lises,  le  fachcc  fuiuant ,  duquel  voycs  la  dcfcriptionpagc 

362.    ligne  2. 
pag.  5"*5.  lig.  2.    lises,    de  ma  demeure 
pag.  381.   lig.  6.  liics  heure,  il  y 
pag.  387.  lig.  3,  Obferuat.  37.    Icfqucls  fc formèrent 
pag.  405.  lig,  ?4.  lises, opération,  Mcflicuis 
pag.  42^.  lig.  18.  lises  Apoftcmc 

pag.  454.  lig.  5.  lises ,  Sinon  qu'en  rendant  fon  vrinc ,  il  vuidaft  le  ventre  en 
même  temps. 


^.400.  ligne  antcpenulc.  lises  Obfcruat.   Ixxxij.  liu.  i. 

pacr.  516.  ligne  17«  lises  malade, 

pag.  518.  lignée,  dont  elle. 

Pag.  118.  lig.  Il'  lises  Obferuation  LXXXI.  " 

pag.  iip.  lig.  lit  lises  Obferuation  LXXXir. 

pag.  tio.  lig.  1!.  lises  Obferuation  LXXXllF. 

pag.  157.  au  num.  lises  137. 

pag.  iii.    lig- 16.  lefqucls  il  auroit  pris  des dens 

pag.  571.  lig.  9.  feruif  de  lises,  feruir  d'vn  Inftrunn, 

Ibid-  lig  10.  elîàcés  faiuint 

pag.  591.  ligne  i.  ou  il  entre  aioutcs  eft, 

pag.  472.  lig.  H»  efacés  ^neft  reprefentée  ci  dejjotts 

pag.  472.  lig  56.  cftaccs  marqpJ^  A, 

pag.  473.  lig.  l.  effaces  marquée  C. 

pag.  510,  lig.  7.  féconde  &  ttoificmf,  lises  troificmc  &  q,uatricmc« 


Le  LeHeur  corrigera  les  autres  moins  m-- 
portantes^  Çf  principalement  celles  de  ptinStuation, 
efquelles  l  Imprimeur  a  été  peu  exaéi  au  commen- 


cement^^ 


^l  fera  auft  aduerti  que  l'  'Jmprimeur ,  par  la 
tranjpoftion  quil  a  fait  de  quelques  chapitres  >  a 
renuersé  en  partie  l  or  are  que  le  Traduéieurauoit  don- 
né à  ïouuràge  :  mais  terreur  n  étant  pas  conftdera^ 
ble ,  il  n  en  fera  pas  moins  détat* 


TABLE 


INDICE   DES   FIGVRES 


TABLE     I. 

la  fig.  I.  de  la  table  i.  eft  en  U 

la  fig.  t.  cH^tnli 

lafig.  j.  cftcnla 

Jafig.  4.  cftcnla 

]a  fig.  y.  eft  cala 

lafig.  <.  cft  en!a 

la  fig.  7,  cftcnla 

les  fig,  8. 9,  Se  10.  font  en  la 


p«g.  }8.  lig.  40. 
pag.6o.lig.54. 

pag.  ôS.hg.jj. 
pag.  dj).  l'g.  10. 
pag.  6^.  hg.j5. 

pag.70  l)g.  I. 
pag.  74.1ig.5<^. 
pag.115.l1g.jj. 


TABLE     II. 

la  fig.  I.  de  la  £.  table  eft  en  la    pag.  n^.  lig.  9- 
la  fig.  t. eft  ibid.Iig.  14. 

les  fig.  j.  &  4,  font  ibid.Iig.  li. 

la  fig.  f. 
la  fig.  6. 

TABLE    m. 

la  fig.  i.  de  1«  î.tablc  eft  en  la      pag- 178.  lig.  7- 
îa  fig.  t.  eft  en  ]a  p«g.  i8j.  lig.  }6, 

la  fig.  j.  eft  en  la  pag.  1S4.lig.17. 

la  fig.  4- eft  ibid.Iig.  jî, 

la  fig.  S'  eft. 
la.  fig.  6. 

TABLE     IV. 

la  fig.  I.  de  la  4.  table  font  en  la    p2g.T^5,Ilg.i4. 

la  fig.  2.  eft  en  la  P*c-^^+'''&*3* 

la  fig.  j.  eft  ibid.Iig. 33. 

la  fig.  4- eft  en  la  P'g- i^î-lig- 4- 

la  fig.  5".  eft  en  la  pag.  isj".  lig.  7. 

3a  fig.  6.  font  en  la  pag.  ip(5.  lig.  ij,  &  17. 

lafig.7.  eft  cala  pag' Ji»?.  l'g.  7. 

TABLE  V. 
les  fig.  I.  &  1.  de  la  y.  table  font  «a  la    pag.197. 

lig.  13. 

lafîg.3. cftcnla  pag.io^.  lig.  19. 

la  fig.  4.  eft  en  U  pag*  ii>.  lig.jf. 

la  fig.  s.  eft  en  la  pag.  ni,  lig.  n 

4a  fig.  <  eft  en  la  pag. .1*7.  lig  34. 

la  fig.  7.  eft  cala  pag.  141  lig.  5, 

la  fig.  8.  font  en  U  pag  145".  lig.  40. 

U  fig.  51.  eft  en  la  pag  i47.  l'g.ao. 


TABLE     VF. 


La  fig.  I.  delà  Ê.  table  eft  en  la 

lig.  14. 
li  fig.  1.  eft  en  /a 
!a  fig.  5.  eft  ci^îa 
la  fig,  4.  eft  cnla^;; 
la  fig.  J.  eft  en  la 
la  fig.  é.  eft  en  la 


P'g.î4?. 


pag.  173.  lig.  11. 

pag.  174.  l'g.». 
p3g.  t^j.l.g.  40. 
p»g. i^fi  lig. 17. 
pag-  P4-!'g-3»' 


TABLE     VII. 


Lafig.  i.delatab]c7.cft  cnla 
lig.  41. 

les  fig.  t.  5.  &  4. font  en  la 
îa  fig,5.  cftcnla 
lafig.  6.  font  en  la 
la  fig.  7.  eft  en  la 
la  fij;.  8.  eft  en  la 


pag-  S04. 


P-ig-^oîl'g  jo. 

pag.  306.  lig. î. 
pag  506  lig.3>. 

pag.308. 1;g.3. 
pag.  308.  lig.  18. 


pag.  jro. 


TABLE    YIII. 

Lafig.  T.  delà  VI II.  table  eft  en  la 

lig.  n. 

la  fig.  1.  eft  en  la  pag.  311.  lig.  10. 

la  fig.  3.  eft  en  la  pag  3,1.  lig  10. 

îaiig.4.cftcula  pag- 333." 


g-iy. 


TA5LE    IX, 


La  fig.  I,  de  la  table ^.  eft  en  la 

lafig.  1.  eft  en  la 

lafig.  3. cftcnla 

la  fig.4,cft  en  la 

la  fia.  J.  eft  en  la 

les  ng.  6. 7. 8.  &  9.  font  en  la 


pag.  34^.  lig.  If. 
pag.  34^.  lig.  lî. 
pag.346.l.g.3}. 
P'gHS  l'g. 34. 
P'8  3îi  lJg.37. 
pag.35J-ligi7. 


Lafig 

'ig 
la  fig. 

IcsfTg 
la  fig. 
lafig. 


TABLE      X. 
.  I.  de  la  table  x.cft  en  la 
,14. 

1.  cftcnla 
3.  cftcnla 
4- eft  cnla 
.y.  6.7.  font  en  U 
8.  eft  cnla 

^.cftcnU 


pag.  368. 


pag.  ;^9  lig.17. 

pag.3«9.1ig.  41. 
pag.j70.l1g.  ^. 
pag.370.  lig.  II. 
pag.  370.  lig,  31. 
pag-  570.  lig.  35. 

LUI 


TABLE  XI; 

la  fig.  I.  de  la  table  il.  eft  en  !a       P^gî7i-  lig  U 

lafig.  2.  cftcnU  P2g-37i- l'g'iS. 

li  fig.  5.  cft  cnla  p*g-37t.l'g-*7. 

lafig.  4- cft  en  la  pag.  372-  lig- J7. 

lafig.  5.  crt  en  la  pag.  38t.  lig.ii. 

la  ng.  6.  cft  en  la  P^g-59i- ''g- ?• 

la  fig.  7.  eft  en  la  pag  J?'- ''g- 15« 

lafig.  8.  cft  en  la  ..     pag.4ci.  lig.7. 

la  fig.  ^.  eft  en  la  pag.  401.  lig.zj. 

TABLE  XII. 

La  fig.  !..  de  la  table  xi  i.  cft  en  la        pag.  401. 

lig.  37. 

lafig,  z. eft  en  la  pag.  404.îig  u- 

les  fig.  5.  4.  5.  font  en  la  pag.  406.  lig,  dcrn. 

lafig.  6.  cft  en  la  pag.  415- Hg.  10. 

la  fig.  7.  cft  ca  la  pag.  41}- l'g  10. 

les  fig.  foiKcnla  psg  4i4.Iig..'i*. 

TABLE  XIII, 

La'fig.  I .  de  la  table  13.  eft  en  la           pag.  4I4- 

lig.jy. 

les  fig.  2.  &  3.  font  en  la  pag  41V.  hg.'i. 

la  fig.  4.  cft  en  h  P'g- 4'7.1ig- ^^ 

lafig,  j.  eft  en  la  pag  41?- lig-3P. 

les  fig.  6.  &  7.  font  en  h  pag.  414-  lig.  17. 

la  fig.  8,  cft  en  la  pag.  417.  lig.  15. 


TABLE     XIV. 

Les  fig.  I.&  2.  d(fla  table  14.  font  en  la   pag.434; 

lig  19. 
la  fig.  j.  4  ^  ^eftjcn  la        pag.  447.  Iig.i8.5&  zz. 
la  fig,  6.  efl  en  la  pag.  454.1'g.}8, 

li  fig.  7.  eft  en  la  pag.  4)0.  l-g.  41; 

TABLE  XV. 

LcJ  fig.  i.&i.  de  Utab.xv.font  enla  pag,4;tr 

lig.  18, 

la  fig  j.  eft  en  la  pag.  471.  lig.  itf.' 

lafig.  4.  eft  en  la  pag.  475.  lig.  18. 

la  fig.  J.  cft  en  la  pag.  47;.  lig.jf, 

la  fig.  6.  eft  en  la  Ipag,  jgj.  lig,  ij. 

lafig.  7. eft  enla  P^g-Î07.jig.4, 

TABLE.  XVI. 
Les  fig.  I.  &t.  delà  table  xyi.font  en  la  pag.' 

;o7.1'g.  II- 

la  fig,  5.  eft  en  la  pag.  f  07.  lig.  jr. 

les  fig.  4.  &  ;.  font  ca  la  pag.  ^  7.  lig.  4o.;4r. 

lafig  é.  eft  en  la  P^g- Jto.  !ig.  j, 

la  fig.  7.  cft  en  la  P^g.  yio.lig.  14.. 

TABLE      XVIL 
Lafig.  I.  de  la  table  17.  cft  cala     pag.  yi<.  lig.  fî 
la  fi iT.  t.  cft  en  la  pag.  517.  lig.  3». 

lesfig.  j.  &4.  font  cola  pag..nj>.  i'g-3;. 

la  fig,  5.  cft  en  la  pag.  jii,  lig.  r. 

lafig.  ^.  cft  enla  .  pag.j6i.lig.  41. 


Fautes  au  renuoy  des  Figures. 

Pdg.  58.  lig.  dernière  propre  a  cela  aioutcs  voycs  la  fig.  i,  Tab.  ù 

pag.  60,  lig.  34  la  pare,  aioutcs  voycs  h  fig.  1.  Tab.  i. 

pag.  68.  lig.  35.  de  mon  inuention  aioutcs,  voycs  la  fig.  3.  Tab.  i. 

pag.  69.  lig.  li.  marquée  a  aioutcs  voyés  la  fig.  4.  Tab.  i. 

pag.  69.  lig.  iy  d'argent,  aioutcs  voycs  la  fig.  5.  Tab.  i. 

pag.  70.  lig.  I.  par  la  figure  aioutcs  6.  Tab.  i. 

pag.  74.  lig.  39.  re laxcc  âioutés  voyés  la  fig.  7.  Tab.  r. 

pag.  115.  lig-  23.  en  cette  façon  aioutcs  voycs  la  fig.  8.  &  9.  Tab.  i. 

Ibidem  lig.  32.  Tur  la  partie  âioatcs,  voycs  la  fig.  10.  Tab.  i. 

pag.  124.  lig.  8-  en  la  figure,  aioutcs  r.  &:  2. 

pag.  157.  lig.  14.  qui  fut  ôcce  aioutcs  voycs  la  fig.  $.  Tab.  2. 

pag.  174.  lig.  ij.  comme  il  cftreprefeaté  âioutés  fig.  ^.Tab.  2. 

pag.  183.  lig.  36.  aptes  fig.  aioutcs  2. 

pag.  1S8.  lig.  II.  après  le  cal,  aioutcs  voycs  la  fig.  de  ces  côtés  Tab.  5.  fig-  5. 

pag.  188.  lig.  37.  après  fortis,  aioutcs  voyés  les  fig.  6,  Tab.  3. 

pag.  194.  lig.  32.  lises,  voycs  la  fig.  4. 

pag.  195.  lig.  4'  lises,  voycs  la  fig.  5. 

pag.  15x3.  lig.  14.  lises,  voyés  la  fig.  6. 

Ibid.  lig.  17.  lises  voycs  la  fig.  7. 

pag.  391.  lig.  I  é.  lises  6.  &  7.  de  la  table  X. 

pag.  339.  lig.  15.  lises  fig.  de  la  Table  XIj 

pag.  401.  lig.  7.  lises  fig.  8. 

pag.  402.  lig.  25.  lises  fig.  9. 

pag.  471.  Ug.  27,  Usés  cable  v*  sHaçnt  x< 

LUI    X 


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